Types de Radars et Fréquences
Types de Radars et Fréquences
Objectifs
Le radar se décline en une variété de forme et de dimensions selon les demandes de l’usager. Il est utilisé pour
le contrôle du trafic aérien autour d’un aéroport, la surveillance à longue portée, la détection des missiles ou
dans leur système de contrôle de vol, en météorologie, etc. Les radars peuvent être compacts et portables pour
être opérés par un seul opérateur ou être très élaborés et nécessiter plusieurs pièces pour les abriter.
Ce chapitre donne un aperçu d’une variété de radar. L’étudiant devrait en tirer les différences entre les radars
primaires et secondaires, les radars à onde continue et pulsés, les radars imageurs et non-imageurs. Par une
présentation de différentes utilisations, il apprendra à connaître les avantages et désavantages de chacun et les
bandes de fréquences qu’ils utilisent.
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Chapitre 2 Types de radars et fréquences
Radars à impulsions
Les radars à impulsions émettent des impulsions de signal hyperfréquence à forte puissance. Chaque
impulsion est suivie d'un temps de silence plus long que l'impulsion elle-même, temps durant lequel
les échos de cette impulsion peuvent être reçus avant qu'une nouvelle impulsion ne soit émise.
Direction, distance et parfois, si cela est nécessaire, hauteur ou altitude de la cible, peuvent être
déterminées à partir des mesures de la position de l'antenne et du temps de propagation de
l'impulsion émise.
Radars primaires
Un radar primaire émet des signaux hyperfréquences qui sont
réfléchis par les cibles. Les échos retournés sont reçus et
étudiés par le radar même qui en est l'origine. Le radar
primaire a un intérêt principal: la cible qu'il éclaire reste
passive.
Figure 3 : Diagramme typique d’un radar deux
Le diagramme de la Figure 4 montre les composantes d’un dimensions, le faisceau en cosécante carrée
radar primaire à diversité de fréquence qui ne fait que donne la portée et la rotation donne l’azimut.
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Radartutorial ([Link]/[Link])
doubler celles d’un radar primaire standard, Le générateur de synchronisation délivre le signal qui
synchronise la transmission des impulsions, l'écran de visualisation et les autres circuits associés. Le
modulateur élabore, à partir d'une source de très haute tension, l'impulsion qui excitera l'émetteur
pendant la durée voulue. L'émetteur du radar génère le signal hyperfréquence sous la forme d'une
impulsion courte et de forte puissance, rayonnée dans l'air par l'antenne.
Le duplexeur connecte l'antenne alternativement à l'émetteur et au récepteur, rendant possible
l'utilisation d'une antenne unique. Cette commutation est nécessaire afin d'éviter que les impulsions
de forte puissance transmises par l'émetteur endommagent ou détruisent les circuits du récepteur
(calibrés pour le traitement de signaux de très faible puissance).
L'antenne diffuse l'énergie de l'émetteur dans l'espace dans un volume déterminé et avec l'efficacité
voulue. Le processus est identique à la réception, l'antenne captant alors l'énergie diffuse dans un
volume d'espace donné et selon son efficacité. Le récepteur amplifie et démodule les signaux
hyperfréquences reçus. A sa sortie, un récepteur fournit des signaux vidéos qui seront mis à la
disposition de l'utilisateur sous forme graphique sur un affichage facilement interprétable de la
position relative des cibles détectées par le radar.
Radar à diversité de fréquence
Afin de solutionner en partie le problème de la fluctuation de la taille des cibles, de nombreux radars
primaires utilisent deux (ou plus) fréquences d'illumination. La diversité de fréquence est
couramment réalisée grâce à l'emploi de deux émetteurs fonctionnant en tandem permettant d'éclairer
la cible avec deux signaux de fréquences distinctes, comme le montre la Figure 4.
A l'émission, l'impulsion de fréquence f2 suit l'impulsion f1 après un retard déterminé. Afin d'annuler
ce décalage à la réception (l'impulsion 2 n'ira pas plus vite pour rattraper son retard, même si nous
l'exigeons!), l'impulsion 1 doit à son tour subir un retard exactement identique. Le traitement du
signal peut alors s'appliquer simultanément aux deux signaux synchrones.
Traitement du signal
Lorsque le radar utilise plusieurs fréquences, chaque signal est traité par une voie de réception propre
à sa fréquence. Les signaux sont ensuite combinés et écrêtés par rapport à une valeur seuil. Plusieurs
traitements sont utilisés :
addition linéaires des amplitudes de chaque voie (optimisation de la portée maximum aux
dépends de la résistance au brouillage);
multiplication des amplitudes de chaque voie (optimisation de la résistance au brouillage aux
dépends de la portée maximum);
addition des carrés des amplitudes de chaque voie (procédure optimale!);
addition linéaire des amplitudes de plusieurs voies puis multiplication des sommes
partielles (traitement employé dans le diagramme fonctionnel ci-dessus.);
Multiplication des amplitudes de plusieurs voies puis addition des produits partiels.
L'emploi de l'une de ces techniques permet d'atteindre un traitement des plus efficaces.
Mais il est généralement impossible de connaître celle qui est employée pour un système donné,
cette information étant considérée comme hautement confidentielle.
Radar secondaires
Le radar secondaire fonctionne selon un
principe différent: la cible qu'il éclaire
génère (de façon active) les signaux de
réponse. Le radar secondaire transmet
des impulsions hyperfréquences
(appelées interrogations). Celles-ci
n'ont pas pour but d'être réfléchies, la
cible étant équipée d'un transpondeur
qui les reçoit et les traite. Ensuite, sur
une fréquence différente, le
transpondeur met en forme et émet un
message de réponse qui peut être reçu et
décodé par notre radar secondaire.
Dans le cas des radars secondaires, la
coopération nécessaire de la cible
(utilisation d'un transpondeur) permet
une très forte réduction de la puissance Figure 5 : Diagramme d'utilisation d'un radar secondaire
émise (par rapport à un radar primaire
offrant une portée de détection identique).
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Radartutorial ([Link]/[Link])
On peut considérer que la puissance nécessaire pour un radar secondaire sera en moyenne plus de
1 000 fois inférieure à celle que devra rayonner un radar primaire ayant la même portée. Il résulte de
cela un émetteur sensiblement plus simple, plus petit, et moins cher. Le récepteur peut être moins
sensible, la puissance du signal de réponse étant supérieure à celle de l'écho traditionnel réfléchi par
une cible passive. Ceci a cependant une action néfaste sur les lobes secondaires qui doit alors être
compensée par l'utilisation de dispositifs de suppression des lobes secondaires.
Comme les fréquences d'émission et de réception sont différentes, le problème des échos de sol
n'existe pas. Il est donc inutile de disposer d'un dispositif visualisation des cibles mobiles ou VCM
(en anglais MTI pour Moving Target Indicator) pour séparer les échos utiles des échos de sol
parasites. Par contre un changement de fréquence pour faire face à un brouillage n'est pas
envisageable. D'autre part, des problèmes d'interférences spécifiques aux radars secondaires rendent
nécessaires l'application de mesures spéciales sur le
câblage.
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Chapitre 2 Types de radars et fréquences
nécessaire pour les radars routiers, la distance à laquelle se trouve un véhicule en excès de vitesse
étant sans importance. Lorsque l'on a besoin d'une information de distance, on peut alors utiliser une
modulation de la fréquence ou un codage de la phase du signal émis.
Un radar CW émettant un signal continu non modulé ne peut mesurer que la vitesse d'une cible, par
l'utilisation de l'effet Doppler. Il ne peut ni mesurer de distance, ni discerner deux cibles illuminées
simultanément.
Radars bistatiques
En général, le transmetteur et le récepteur d’un radar
partage la même antenne. C’est le principe du radar
monostatique. Avant le développement du duplexeur,
qui permet d’alterner entre les deux usages, cela était
impossible et les premiers radars devaient utiliser une
antenne pour chacune des fonctions. C’était le cas des
radars de la «Chain Home» britannique, le large
premier réseau de radars mis en opération juste avant
le début de la Seconde guerre mondiale.
Figure 9 : Deux radars coopérant pour former un radar
Un tel arrangement est appelé un radar bistatique. Bien bistatique: le premier émet et le second écoute les échos
que l’antenne réceptrice et émettrice puisse être co- des cibles.
localisées, le terme en est venu le plus souvent à
désigner un système radar où une antenne secondaire reçoit la diffusion latérale les échos des cibles
sondé par un radar principal monostatique, lui-même situé à une distance de plusieurs kilomètres ou
dizaines de kilomètres du récepteur secondaire. On peut ainsi adjoindre une antenne réceptrice
bistatique à un radar Doppler monostatique ou mettre en relation deux radars monostatiques qui
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Radartutorial ([Link]/[Link])
utilisent la même fréquence. Dans un tel arrangement, plus la distance est grande entre les deux
composantes, plus le parallaxe est grand. Cela donne deux points de vue de la même cible.
Avantages principaux
Faible coût à l'achat et à l'entretien (si on utilise l'émetteur d'un tiers);
Pas d'autorisation d'utilisation d'une fréquence (si on utilise l'émetteur d'un tiers);
Mise en œuvre secrète du récepteur dans les utilisations militaires;
Bonne résistance aux contre-mesures électroniques car le type d'onde, la fréquence utilisée et
la position du récepteur sont inconnus;
Possibilité d'optimiser la surface équivalente radar (SER) résultante des effets géométriques
de la cible.
Le concept de radar bistatique refait surface lorsque la technologie et les coûts ne permettent pas
l’utilisation d’un radar dédié à une tâche. Il a plusieurs fois disparu, à cause de ses désavantages,
lorsque d’autres solutions ont été trouvées.
Dans le cas d’un radar militaire, il existe différents usages dont celui de rendre possible la détection
d’avions furtifs. Ces derniers sont conçus pour minimiser le retour vers un radar classique mais ce
n’est pas nécessairement le cas pour l’énergie reflétée dans les autres directions, en particulier vers
l’antenne secondaire d’un radar bistatique. Les radars bistatiques sont également fréquemment
utilisés dans le téléguidage des missiles.
Radars multistatiques
En recevant latéralement, les lobes secondaires d’un radar monostatique, le site secondaire peu se
synchroniser avec celui-ci. Si le lobe principal est détecté, l’information sur l’azimut peut être
également calculée. Un certain nombre d’antennes peuvent être intégrées dans un tel système et
peuvent être utilisés pour inter-corréler la position de la cible, on parle alors de radar «multistatique».
Les pales des hélicoptères ont une vitesse de rotation limite et leur bout peut atteindre une vitesse
près de celle du son sans la dépasser. L’analyse multistatique du spectre de vitesse de ces pales par
l’effet Doppler-Fizeau peut donner l’attitude de l’hélicoptère et sa trajectoire.
Une idée qui a fait surface lors de la guerre du Kosovo, au début des années 1990, fut d’émettre un
signal radio dans toutes les directions, hors de la portée politique ou technique des opposants, et de
recevoir passivement avec des antennes bistatiques sur le théâtre des opérations. Ces dernières
auraient permis de contrôler les systèmes de défense anti-aérienne. Des radars VHF comme les P–12
or P–18 étaient particulièrement bien adaptés à ce rôle. En outre, l'effet de camouflage de la cible à
très basses fréquences est presque inefficace à cause de la résonance, la longueur d’onde utilisée
étant dans la région de diffusion de Mie.
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Chapitre 2 Types de radars et fréquences
largeur du faisceau et donc des dimensions de l’antenne. Pour obtenir une bonne résolution,
l’antenne doit être assez grande. La résolution en azimut, Ra, est définie comme:
H H = hauteur au-dessus du sol de l’antenne (hauteur de l’avion)
Ra L = longueur réelle de l’antenne (3)
L cos λ = longueur d’onde du faisceau transmis
θ = angle d’incidence
L’équation montre que la hauteur de l’appareil est déterminante sur la résolution azimutale du RVL.
Plus la hauteur de la plateforme de transport du radar est élevée, plus l’antenne (L) doit être longue
pour garder une bonne résolution. Ce type de radar est donc peu pratique pour les satellites car il
nécessiterait une antenne excessivement grande. Ils utilisent plutôt un traitement différent des
données, soit le radar à synthèse d’ouverture (RSO).
La dimension de la cellule de résolution du radar va également varier avec l’angle de visée. Elle est
la plus petite sous l’appareil (nadir) et augmente avec l’angle latéral. Cela implique une distorsion
dans les données angulaire: les échos provenant d’un angle près du nadir sont beaucoup mieux
résolus que ceux provenant d’un angle plus grand.
Dans tous les cas, l’antenne du radar sonde dans la direction radiale entre le radar et une zone au sol,
c’est le champ oblique. La portée est la distance entre la trajectoire de l’appareil et la zone sondée au
sol. La résolution latérale au sol du faisceau, Rr, est définie par :
Le principe du RSO est similaire à celui d’une antenne réseau à commande de phase. La différence
provient du fait qu’au lieu d’utiliser un grand nombre d’éléments radiants pour sonder une seule fois,
le RSO utilise de multiples sondages successifs, décalés dans le temps et l’espace, pour obtenir un
sondage composite.
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Radartutorial ([Link]/[Link])
Une cible, telle un navire, n’occupe qu’une partie du faisceau. Durant le déplacement du porteur du
radar, elle rétrodiffusera de l’énergie vers le radar. L’intensité et la phase de ces échos variera selon
sa position dans la suite d’impulsions. Le logiciel de traitement des données emmagasine les
résultats de ces sondages durant la période T que prend le porteur pour aller de A à D dans la
figure 11. Cela permet de reconstituer le signal qu’aurait reçu une antenne de même longueur (A à
D), soit v fois T où v est la vitesse de l’avion. Comme le point de vue du radar change lors de son
déplacement, une synthèse de ces données est équivalente à allonger l’antenne réelle utilisée comme
si elle était de longueur T et donc d’obtenir une meilleure résolution.
La largeur du faisceau composite et le temps accru passé à balayer la cible se contrebalancent de telle
sorte que la résolution reste constante durant tout le couloir sondé. La résolution que l’on peut
atteindre avec un RSO est approximativement la moitié de la longueur de l’antenne réelle du radar et
ne change pas avec l’altitude de prise des données ou la distance entre le radar et la cible.
Équipement nécessaire à un RSO :
Un transmetteur entièrement cohérent et très stable ;
Un ordinateur efficace et puissant pour effectuer le traitement des données ;
Une connaissance exacte de la trajectoire et de la vitesse de vol du porteur.
En utilisant la technique du RSO, les ingénieurs peuvent obtenir avec une antenne normale des
résolutions qui nécessiteraient une antenne énorme, jusqu’ à 10 mètres, et qu’il serait impossible à
placer sur un avion ou un satellite.
Il existe trois modes de sondages :
En bande : similaire au sondage du RVL où l’angle d’incidence du radar est fixe ;
Saisie hyperfine, connu également par le terme anglais de « Spotlight » ou « Spot » : il
s’agit d’orienter le radar toujours vers la même zone lors du déplacement du porteur. Dans ce
mode, on utilise une antenne réseau à commande de phase dont le faisceau est orienté grâce à
un logiciel. Cela permet d’obtenir un plus grand nombre de balayages de la zone d’intérêt que
dans le mode classique et donc plus d’informations, ce qui a pour effet d'augmenter la
longueur de l'ouverture synthétique et donc la résolution. Le tout se fait cependant aux
dépends de la couverture spatiale ;
Balayage : Dans ce mode, le faisceau radar effectue un balayage angulaire entre le point sous
le porteur (le nadir) et un angle déterminé d’incidence au sol. Comme le porteur, avion ou
satellite, se déplace, le couloir sondé prendra la forme d’une série de bande en zigzags si
l’angle varie linéairement du nadir vers l’extérieur puis l’inverse. Si l’angle varie du nadir
vers l’extérieur puis recommence au nadir, on aura une couverture en bandes parallèles avec
un certain angle entre elles.
Il existe également des RSO
inversés (RSOI) qui utilisent le
mouvement de la cible sondée
par un radar relativement fixe
pour arriver à des résultats
similaires. Cette technique est
importante pour les avions de
patrouille maritime afin de
reconnaître leur cible.
Figure 12 : De gauche à droit : RSO en bande, en saisie hyperfine et en balayage
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Chapitre 2 Types de radars et fréquences
Systèmes radar
Militaires Civils
Radars
Veille Veille Radar en route météorologiques
Contrôle des Radars de contrôle
Maritime RSA
combats routier
Interception des Radar de Radars de régulation
Radar d‘approche
missiles contre-batterie de distance
Radars multifonctions
Les antennes à commande de phase actives et multifonctions permettent aux armes modernes de
pouvoir détecter une multitude de missiles ayant chacun une très faible signature radar dans un
environnement radio très brouillé. Ces radars ont un grand nombre de canaux de contrôle de tir qui
peuvent chacun suivre les projectiles ennemis et donner des commandes à ceux amis.
Les antennes de ces radars sont des panneaux plats où l’on retrouve une série d’émetteurs à semi-
conducteurs à l’arséniure de gallium (GaAs) qui transmettent des impulsions de période variable,
donnant une image détaillée de la zone de surveillance. Une telle antenne compte habituellement
autour de 2 000 éléments par panneau et quatre panneaux faisant face à chacune des quatre directions
orthogonales. Comme chaque panneau couvre 90° en élévation et en azimut, toute la sphère
entourant le radar est couverte.
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Radartutorial ([Link]/[Link])
Ces radars sont utilisés par les contrôleurs aériens pour l’identification des
avions, l’assignation de leur séquence d’approche et pour la supervision de leur
atterrissage.
Ils vont également assimiler les données provenant d’autres sources, comme
les radars militaires ou le mode 4 des radars secondaires (sauf pour les petits
aéroports). Les réseaux qu’ils tissent ainsi peuvent opérer en toutes conditions
climatiques. Figure 17: Radar de
surveillance aérienne
Radar météorologique
Les radars météorologiques sont utilisés pour détecter les précipitations. Ils
sont des radars primaires dont les caractéristiques sont adaptées à ce rôle:
vitesse de rotation de 3 à 6 tours minutes, angles d’élévation multiples,
longueur d’onde adaptées à la taille des hydrométéores. Ils souffrent des
mêmes limitations que tout radar primaire : problèmes d’échos de sol, de
réfraction anormale à travers l’atmosphère, de cibles biologiques comme les
oiseaux et les insectes, de blocages, etc. Figure 18: Un écran
radar météorologique
La différence fondamentale entre les deux est dans le traitement des données.
Alors qu’un radar primaire ne doit qu’identifier la présence et la position d’une
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Chapitre 2 Types de radars et fréquences
cible (présente oui/non), le radar météorologique sonde un volume de l’atmosphère qui est rempli
d’une multitude de hydrométéores (pluie, neige, grêle, etc.). Il doit non seulement permettre de
reconnaître la position de ces précipitations mais à partir du signal de retour, il doit estimer leur
intensité, la vitesse à laquelle elles se déplacent et leurs mouvements à l’intérieur des nuages. Ils sont
utilisés individuellement ou en réseaux pour suivre les précipitations, estimer leur intensité et les
accumulations, détecter les orages ou autres phénomènes météorologiques dangereux.
Certains de ces radars ont été spécialement conçus pour la navigation aérienne: meilleure résolution
spatiale, sondages plus fréquents, algorithmes informatiques spécialement adaptés. C’est le cas des
radars météorologiques d’aéroports TDWR.
Un des problèmes en météorologie
radar est de connaître avec précision
les mouvements dans les nuages. Un
seul radar ne permet de connaître que
la vitesse radiale des précipitations et
de ne calculer que les divergences. Il
est possible de voir des indices de
rotation mais non d’en calculer
l’intensité avec précision.
Figure 19 : Radar monostatique avec deux récepteurs bistatiques.
L’utilisation d’un radar bistatique
permet à peu de frais d’obtenir la composante tangentielle du vent horizontal car le récepteur
secondaire reçoit l’information d’un angle différent. Il s’agit d’une façon beaucoup moins coûteuse
que de construire un second radar météorologique.
Une fois les deux composantes du vent horizontal connues, ainsi que la répartition des précipitations
dans le nuage, il est possible de calculer les mouvements à trois dimensions dans le nuage, incluant
les rotations. Cela est particulièrement intéressant dans l’étude des orages. Ces informations peuvent
ingérées dans les modèles numériques de prévision du temps à fine échelle.
Les antennes secondaires ont un assez large angle de réception azimutal (30 à 60 degrés) et vertical
(2 à 10 degrés). Il faut donc une excellente synchronisation entre le radar primaire et les antennes
secondaires afin de déterminer la position des échos retournés. Cela limite également la zone de
couverture à un emplacement bien défini, comme au-dessus d’un aéroport. La recherche semble être
au point mort depuis le milieu des années 2000 à cause de certains problèmes liés à la résolution de
ce type de radar.
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Radartutorial ([Link]/[Link])
Radar de contre-batterie
Un radar de contre-batterie sert à déterminer le point de départ d'un tir
d'artillerie adverse (canons, mortiers ou même lance-roquettes) par
calcul de la trajectoire des projectiles afin d'y riposter le plus vite
possible. La position supposée de l'artillerie ennemie est alors affichée
sur un écran de situation tactique, en temps réel, dans le poste de
commandement qui peut ainsi ajuster le tir de contre-batterie. Figure 23 : Principe du radar
de contre-batterie
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Chapitre 2 Types de radars et fréquences
Une autre fonction des radars de veille aérienne est de guider les patrouilles
aériennes au combat. L’information obtenue par le radar passe de
l’opérateur aux avions par radio, vocalement ou numériquement. Dans les
chasseurs, la mission primordiale du radar est celle d’un aide à la
navigation, de l’interception et de la destruction des avions ennemis. Cela
nécessite un suivi des trajectoires.
Figure 25 : Radar de contrôle
Téléguidage des combats
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Radartutorial ([Link]/[Link])
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Chapitre 2 Types de radars et fréquences
Maritime
Les radars maritimes sont conçus pour la navigation dans de mauvaises
conditions météorologiques. Ils aident le pilote à trouver les obstacles et les
autres navires le long de son trajet quand la visibilité est réduite par les
précipitations ou le brouillard.
Figure 32 : Ecran d'un radar
de navigation
Radar de régulation de distance
L’image montre le capteur radar Distronic placé sur la calandre d’une
Mercedes-Benz SL-Class roadster. Il fait parti d’un système radar qui sonde
à l’avant de l’automobile, jusqu’à 150 mètres, pour détecter les obstacles.
Le système de régulation de vitesse avertira le conducteur s’il s’approche
d’un véhicule plus lent et pourra même appliquer les freins en dernier
ressort.
Figure 33 : Radar de
Radar à pénétration de sol régulation distance
Un radar à pénétration de sol est un appareil géophysique pour étudier la
composition et la structure des sols. En général, on utilise la bande des
micro-ondes et des ondes radio (VHF/UHF). On peut sonder ainsi une
variété de terrains, incluant les calottes glaciaires et les étendues d'eau.
En géologie, le radar de pénétration de sol sert à cartographier les couches
du sous-sol, incluant la roche-mère, le niveau de la nappe phréatique,
l’épaisseur du sol arable, les couches sédimentaires et les failles
géologiques. L’utilisation de ces radars avec d’autres méthodes
Figure 34 : Un radar à
géophysiques, comme les essais sismiques, la mesure de résistivité et de pénétration de sol en action
conductivité électromagnétique du sol, permet de réduire les incertitudes
dans l’évaluation d’un site.
D’autres applications incluent la recherche d’objets
enfouis comme des tuyaux d’égout, des tambours, des
réservoirs souterrains, des câbles, des rochers,
cartographier les dépotoirs et leurs tranchés de ceinture à
la recherche de pertes de contaminants. L’archéologie et
les services policiers sont également des utilisateurs car les
radars à pénétrations de sols permettent de localiser des
objets avant de creuser.
Une étude de Dean Goodman effectuée au Japon a permit
de cartographier en trois dimensions un monticule
funéraire avec la chambre mortuaire clairement visible
tout en bas (Error! Reference source not found.). La
figure 35 montre une coupe en trois dimensions de cette
chambre trouvée sur l’île de Kyushu. Elle contenait les
restes d’un guerrier ainsi qu’une variété d’artefacts, dont
des épées de bronze.
(Source des images: Dean Goodmann) Figure 35 : Coupes horizontales du sous-sol
Test de matériau
Des radars spécialisés sont utilisés pour pénétrer les objets manufacturés afin de détecter toute
défectuosité, sans endommager le matériau.
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Radartutorial ([Link]/[Link])
Télémétrie et télédétection
Les radars à visée latérales (RVL) et à synthèse d’ouverture (RSO) permettent de cartographier la
surface terrestre ou d’identifier des objets, comme des navires et des bâtiments, en 2 dimensions. Si
on utilise simultanément deux radars à synthèse d'ouverture, ou bien le même radar est utilisé à des
instants différents, les différences de phase point à point des images générées permettent de retrouver
par interférométrie la dimension verticale des cibles.
Si plusieurs images simultanées sont générées en utilisant deux faisceaux polarisés orthogonalement,
à 90 degrés l’un de l’autre, les cibles rencontrées donneront des retours différents pour chaque
faisceau. L'intensité venant des différentes ondes va varier avec le type de cibles rencontrées
(matériaux, formes, mécanismes de "rebonds"). Les différences d'intensité et de phases entre les
images générées à partir de ces différentes polarisations permettre de déduire des paramètres
descriptifs de la scène imagée. On peut ainsi rehausser les contrastes de certains détails non visibles
sur des images classiques (non polarimétriques), ou déduire les propriétés de la cible telles que le
type de végétation ou le type de sol.
Astronomie
En astronomie, le concept du radar bistatique a été utilisé pour étudier la trajectoire et les
caractéristiques de certains objets passant près de la Terre. En particulier, lors du passage
d’astéroïdes comme celui de Golevka 6489, le 9 juin 1995. Un puissant faisceau radar est émis par
un radar a été émis par une antenne et est reflété vers la Terre où l’antenne principale et des antennes
secondaires situées dans d’autres pays, ou même continents, peuvent la recevoir. La différence de
point de vue permet une meilleure estimation des dimensions de l’objet, de sa vitesse de déplacement
et de sa trajectoire.
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Chapitre 2 Types de radars et fréquences
puissance pour obtenir une portée équivalente de la bande D. Par exemple, le radar MPR, de son
nom en anglais Medium Power Radar, utilise une impulsion de 20 MWatts.
Les précipitations commencent à être notées avec ces bandes et c’est pourquoi elles sont utilisées
dans les radars météorologiques, généralement dans les régions tropicales et subtropicales. En effet,
dans la bande S (l’ancienne nomenclature est plus connue des utilisateurs), l’atténuation est
relativement négligeable dans les forts taux précipitations se rencontrant dans ces régions ce qui
permet de « voir » au-delà des premiers orages. Cela n’est pas vrai avec les fréquences plus élevées
des radars météorologiques utilisées dans les latitudes plus nordiques.
Les radars spéciaux de surveillance aérienne aux aéroports fonctionnant dans cette bande ont une
portée de détection des avions, ainsi que de la météo, qui se situe généralement à l’intérieur de 100
km (50 à 60 milles nautiques). Cependant, les radars météorologiques de bande S, comme le WSR-
88D du service météorologique américain, ont une portée de plus de 250 km.
Bande G (radar de bande C)
Ces fréquences sont utilisées par plusieurs radars mobiles de champs de bataille pour la surveillance
aérienne et le contrôle de tir des missiles de courte et moyenne portée. Comme la résolution pour un
même diamètre d’antenne est proportionnel à la fréquence, cette bande permet d’obtenir une bonne
résolution avec une antenne réduite et facile à déplacer. Ces fréquences sont également utilisées par
les radars météorologiques des régions plus nordiques, comme le Canada et le nord de l’Europe, à
cause des coûts beaucoup plus faibles de l’antenne et du transmetteur.
Les précipitations causent une atténuation dans ces fréquences si leur taux horaire est important,
ainsi les forts orages « bloquent » partiellement ou totalement la vue. Ce phénomène peut être
compensé par un réseau plus dense de radars ayant des zones de couverture se chevauchant
partiellement et de points de vue différents.
Bandes I et J (radar de bandes X et Ku)
Ces bandes se situent entre 8 et 12 GHz et nécessitent une antenne encore plus petite, c’est pourquoi
elles sont populaires pour les systèmes qui nécessitent légèreté de l’ensemble radars et une portée
limités, car ces ondes sont fortement atténuées par les précipitations, même légères. En autres, les
avions de chasse, d’interception et d’attaque, qui disposent de peu de place, en font grand usage. Le
système de téléguidage au sol de missiles tire également profit des petites antennes qui permettent
une très grande mobilité.
Ces bandes sont également communes dans les radars maritimes civils et militaires. Elles permettent
l’utilisation de petites antennes peu coûteuses ayant une portée intéressante et une bonne précision.
Généralement, il s’agit d’antennes à guide d’onde à fentes ou à plaque (antennes patch) qui sont
protégées par un radôme.
Finalement, les radars à synthèse d’ouverture (RSO) pour la cartographique civile et militaire par
avion, ou satellite, utilisent le plus souvent ces fréquences. Un radar RSO inverse spécial de
patrouille aérienne maritime utilise également ces fréquences pour la mesure de la pollution
atmosphérique.
Bande K (radars K et Ka)
Plus la fréquence augmente, plus l’absorption atmosphérique est grande et cause une atténuation du
faisceau radar ce qui limite la résolution en distance et la portée. Les radars de bande K sont donc
limités à la très courte portée de très grande précision et à un taux très rapide de balayage. Les radars
de surface utilisent de très courtes impulsions de quelques nanosecondes à ces fréquences. Ils
peuvent ainsi suivre les mouvements des véhicules sur le tarmac et les pistes d’aéroports leur
résolution permettant de visualiser la silhouette des véhicules.
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Chapitre 2 Types de radars et fréquences
Bande V
L’atténuation est de plus en plus grande. Même la vapeur d’eau contenue dans l’air cause une
dispersion du signal. La portée des radars qui utilise la bande V n’est donc que de deux mètres et se
limitent à la détection de mouvement.
Bande W
Nous arrivons maintenant dans une page de fréquences qui comportent deux modes dus à la forte
atténuation par les molécules d’oxygène (O2). Autour de 75 GHz, l’atténuation est maximale, alors
qu’à 96 GHz elle est minimale. Les radars récents utilisés pour le stationnement, couvrir les angles
morts et la régulation de vitesse dans certaines automobiles de luxe utilisent une fréquence de 75 à
76 GHz. L’atténuation de l’oxygène les immunise des interférences des autres fréquences.
Certains équipement de laboratoires utilisent des fréquences de 96 à 98 GHz pour des expériences
sur les radars de fréquences extrêmement élevés, jusqu’à 100 GHz.
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