Réseaux en Arts Plastiques
Réseaux en Arts Plastiques
EN ARTS PLASTIQUES
Bassin d’Éducation et de Formation Vernon-Louviers
« ÊTRE NATURE »
Pistes pédagogiques
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SOMMAIRE
Introduction…………………………………………………………………………….3
Définitions……………………………………………………………………………...4
Pistes pédagogiques……………………………………………………………………7
Propositions sollicitations…………………………………………………………….39
Citations……………………………………………………………………………....40
Le coin des curieux…………………………………………………………………...42
Cahier des charges du catalogue...................................................................................43
Ressources locales…………………………………………………………………….44
Bibliographie………………………………………………………………………….46
2
Introduction
« …Il est intéressant pour les contemplatifs solitaires qui aiment à s’enivrer à loisir des charmes de la
nature, à se recueillir dans un silence que ne trouble aucun autre bruit que le cri des aigles, le ramage
entrecoupé de quelques oiseaux, et le roulement des torrents qui tombent de la montagne ».
Jean-Jacques Rousseau, Rêveries du promeneur solitaire. 1776
La Nature, sujet de ce dossier pédagogique, désigne surtout la surface terrestre en tant que spectacle :
le paysage sans porter de traces de l’activité humaine dans ses aspects urbains.
Au Moyen-âge, les artistes produisent uniquement des peintures religieuses où la nature est souvent
représentée de manière symbolique. Ce n'est qu'à la fin du XIIIe siècle, à la suite de Giotto, qu’ils
vont multiplier les éléments naturalistes, afin de camper leurs sujets dans un décor plus conforme à la
nature. C’est avec la découverte de la perspective, au XIVe siècle, qu’ils s’intéressent davantage au
paysage. Le premier, sans aucun personnage, est un dessin à la plume de Léonard de Vinci de 1473
(Les Offices, Florence), viennent ensuite les aquarelles détaillées de Dürer. Les sujets religieux et les
scènes historiques deviennent alors l’occasion de peindre des paysages.
Classique ou héroïque, le paysage du XVIIe siècle est idéalisé, habité par d'antiques et nobles
figures. Chez Poussin, le « paysage idéal » renvoie l'image d'une nature, sereine, immuable et
harmonieuse. Le paysage devient intellectuel plus que sensible, alors que dans la peinture
hollandaise, à la même période, il se développe à travers des peintures de marine ou des
représentations d’une campagne domestiquée, qui se déploie sous de vastes ciels nuageux, comme
dans les toiles de Ruisdael.
Au XVIIIe siècle, la spécialité des peintres vénitiens est la vedute, vue détaillée et documentaire de la
lagune ou d’un paysage urbain. Les peintres réalisent des panoramas avec le plus grand nombre de
détails et de motifs que l’on retrouve dans les œuvres de Canaletto, de Guardi ou de Bellotto.
Le paysage du XIXe siècle, avec Corot, Turner et Friedrich, est devenu romantique. Les artistes
préfèrent, comme source d’inspiration, des éléments de la nature avec des contrastes forts de
couleurs, des clairs-obscurs et des formes dynamiques. À la même époque les peintres de Barbizon
délaissent les drames mythologiques pour faire de la nature le sujet de leurs peintures, en attachant
beaucoup d’importance aux détails de la réalité. Elle y est, le plus souvent, dépeinte avec simplicité.
Puis, avec le développement de la peinture de plein air, les impressionnistes vont s'immerger dans
cette nature afin d'en restituer les perpétuelles altérations lumineuses.
La libération de la couleur, initiée au tournant du XXe siècle, conduira les fauves et les
expressionnistes, dans le sillage de Van Gogh, à faire du paysage le miroir subjectif d'un état mental
ou psychologique et ouvrent la voie au paysage cubiste. Ce genre renaît sous la forme renouvelée
d'une abstraction lyrique : compositions de Kandinsky, grandes plages colorées d'Olivier Debré, ou
déflagrations chromatiques de Joan Mitchell.
La fin des années 60 est marquée par la « sortie des ateliers » qui aura infléchi de nouvelles pratiques
contemporaines. La volonté de s’éloigner des lieux consacrés à l’art procédait comme une critique
des circuits marchands et une remise en question des notions de modernité.
Aujourd’hui, les œuvres du Land Art questionnent le paysage dans sa multiplicité d’enjeux et
d’interrogations. Mais cette question appartient à l’Histoire, car à travers elle, on voit l’expression
directe de la relation de l'Homme à son milieu.
Ce dossier offre des pistes pédagogiques à développer et à explorer avec nos élèves sur ce thème
suffisamment ouvert afin que chacun puisse l'investir librement. Que ce soit au collège ou au lycée,
nous favoriserons la pratique des élèves du côté de la recherche et de l’exploration. En situation de
problématiser un concept, ils tenteront des réponses qui peuvent mettre en œuvre des pratiques
diversifiées telles que l’installation, la vidéo, les formes provisoires et éphémères, si possible,
l’exploration de l’espace vert de leur établissement, en résonance avec l'idée de nature et les
nombreuses problématiques qui s'y rattachent.
3
Définitions
Dictionnaire historique de la langue française. Éd. Le Robert.
NATURE n.f est emprunté (119) au latin natura, dérivé de natus « né », participe passé de nacsi (naître).
Natura signifie proprement « fait de naître, action de faire naître » et de là « origine, extraction, caractère inné,
naturel » (également au figuré).
Par la suite, le mot désigne aussi plus largement l’ordre des choses traduisant alors le grec phusis (physique).
En philosophie, natura traduit également le grec phusis au sens « d’élément, substance ».
Enfin, Il est employé par métonymie pour désigner les organes de la génération.
Nature, dans les premiers textes, a le sens de « force active qui établit et maintient l’ordre de l’univers »,
souvent personnifiée avec une majuscule ainsi que dans certains emplois, comme la locution payer le tribut à
la nature, « mourir » (1688).
Dès le XIIème s, le mot désigne l’ensemble des caractères, des propriétés qui définissent les objets (v.1120)
et les attributs propres à l’être (1165). C’est en ce sens qu’il entre dans l’expression nature humaine
(XIIIème) qui servira de modèle au XVIIIème à nature animale (1755) et à nature végétale (1761). Dès le
XIIème s. et en parlant de l’être humain, le mot se réfère à la tendance innée (1170, par nature) ; par suite, il
désigne plus particulièrement la complexion, le tempérament propre à chacun (1480) et, par métonymie, la
personne elle-même (1599), sens vieilli, sauf dans quelques expressions comme une de ces natures, quelle
nature ! Et familièrement une petite nature (XXème s.).
Au début du XIIIème s, nature commence à se dire, sur le plan physique, de la constitution du corps humain,
du principe de vie qui l’anime et le soutient ; depuis le XVème s, le mot désigne l’organisation physique
propre à chaque individu, le mouvement qui le porte vers les choses nécessaires à sa conservation. C’est au
XVIème s, que se fait jour la conception moderne de la nature comme « ensemble du monde, des êtres et des
choses, univers ordonné par des lois » (1580).
A la même époque (1580), le mot est quelque fois pris avec la valeur normative de « modèle », et en
particulier de modèle artistique en peinture dans d’après nature (peindre d’après nature, 1663), ainsi que le
modèle moral dans l’expression contre nature (1535), dans une perspective où il prend la valeur de « faculté
innée de discerner le mal et le bien » (1580). Au XVIIème s, nature prend le sens de « productions de la
nature (et non de la culture ou de la civilisation) » (1690) et de « monde physique excluant l’homme et ses
œuvres » (1696), surtout en tant que spectacle offrant un paysage, emploi resté très vivant. Ces usages se
développent au XVIIIème s, dans une perspective confondant les idées d’instinct inné et d’ordre (ou loi)
extérieur à l’action humaine, les valeurs morales et esthétiques. L’expression état de nature s’y laïcise (1738)
envisagé par les philosophes et l’anthropologie naissante par opposition à l’état de société.
L’emploi adjectivé du mot, propre à l’usage familier, est relevé à partir de 1808 ; il correspond à « conforme à
la nature », objet d’une valorisation ambiguë en «spontané, authentique» en parlant d’une personne (1860) : il,
elle est nature.
PAYS n.m est issu du latin médiéval pagensis, qui signifie proprement « habitant du canton ». Par la suite, le
mot a pris le sens de « compatriote » et celui de « campagnard ».
En français le mot s’est longtemps écrit païs, il désigne une région géographique habitée, plus ou moins
nettement délimitée, et, selon des critères plus rigoureux, une division territoriale considérée des points de vue
géographique et humain : dès La chanson de Roland (1080), il est employé pour désigner l’Espagne, la
Barbarie (le Maghreb), la France. Dans une acceptation restreinte, pays recouvre la contrée, le territoire auquel
on appartient, dont on est originaire, dont on a la charge, la partie, en particulier dans des expressions et
locutions dont être bien de son pays (1611), péjorativement « être simple, naïf », sortie d’usage, du pays
(1671) « du terroir dont on parle », avoir la maladie du pays (1718) étant remplacée par avoir le mal du pays.
Par extension, le mot s’applique au domaine attribué à diverses réalités ou abstractions : en ancien français, il
désigne ainsi l’enfer, dans doloros païs « pays de douleur » (1140) et, au XVIIIe siècle, il donne lieu à
quelques emplois métaphoriques et allégoriques, comme le Pays du Tendre de Mlle de Scudéry, dont la carte
est célèbre.
4
PAYSAGE n.m. est dérivé de pays avec le suffixe -age (1549).
C’est un terme de peinture désignant la représentation d’un site généralement champêtre, puis le tableau lui-
même : Richelet (1680) signale que les peintres prononcent pésage, la prononciation moderne étant alors
réservée aux profanes. Dans l’histoire de la peinture européenne, le traitement du paysage comme thème
pictural principal est une création de la Renaissance (fin XVe-XVIe s. Mantegna, Dürer, Leonard, Bruegel) et
doit beaucoup aux études cartographiques et à l’amplification de motifs liés aux attributs de la Vierge (plaine
bien cultivée, champ non labouré, puits, pont, château, village, nuage).
Par métonymie, le mot désigne dès le XVIe s. l’ensemble du pays, le pays (1556). Avant la fin du siècle, il
désigne couramment l’étendue de pays que l’œil peut embrasser dans son ensemble (1573) et c’est cette
valeur visuelle qui l’a emporté. Le mot a pris la valeur figurée de « situation générale » (le paysage politique,
audiovisuel, après 1950).
ESPACE n .m . Est un emprunt du XII s. Au latin spacium « champs de course, arène », puis « espace libre,
étendue, distance » et aussi « laps de temps, durée ». Le mot est d'origine obscure.
-Espace, indifféremment masculin ou féminin en ancien et en moyen français, s'est introduit avec une valeur
temporelle, la plus fréquente avant le XVIIIe s. (dans, l'espace d'un mois).
-Espace reprend ensuite (v.1200) le sens de « surface déterminée, étendue » puis, en ne considérant qu'une
seule dimension (1314), celui de « distance, intervalle », d'où l'allocution d'espace en espace de « distance en
distance » et des emplois spéciaux en imprimerie (1680), où le féminin est conservé (un espace), puis en
musique (1755) et récemment en journalisme (espace d'annonces). -Espace a eu aussi un sens figuré, « écart,
différence ».
Le mot se dit ensuite (milieu du XVIIIe s, Du Bellay) pour « étendue des airs » et pour « volume déterminé ».
-C'est au XVIIe s. qu'il devient un terme scientifique (1647, Descartes) avec la valeur de « milieu dans lequel
ont lieu les phénomènes observés », désignant en géométrie le milieu abstrait des phénomènes étudiés (1691).
-Par extension du sens « étendues des airs », il est employé pour désigner l'espace céleste (1662, Pascal),
acception sortie d'usage au pluriel (Les espaces), d'où au figuré (XVIIIe s.) espaces imaginaires « rêve,
utopie » et l'expression se perdre dans les espaces imaginaires « se créer des idées chimériques » (av.1778).
-Une valeur récente correspond à « moment, cadre» (un espace de dialogue).
-Espace « étendue» est employé dans quelques expressions du XXe s : espace vital « territoire revendiqué
comme indispensable », espace aérien (v.1960), espace vert, « lieu planté (parc, jardin) dans une ville ». Le
mot est à la mode pour « lieu aménagé » (pour des manifestations spectacles, ...)
Par extension du sens d ' « espace céleste », il désigne aussi au XXe s. le milieu extra-terrestre (la conquête de
l'espace).
-En physique, dans la théorie de la relativité, espace-temps (XXe s) se dit du milieu à quatre dimensions où
quatre variables sont considérées comme nécessaires pour déterminer un phénomène.
LIEU n. m. attesté en ancien français sous les formes loc. (Xe s . ) , leu (1050) puis lieu ( vers 1120) est issu
du latin locus « lieu, place, endroit » qui sert à traduire le grec topos (topo; isotope, topique, utopie) et en a
repris les sens techniques (médecine, littérature) et rhétoriques. Locus a également reçu le sens figuré de «
situation, rang ». Son étymologie n'est pas claire.
Lieu, apparu avec son sens général de « portion déterminée d'espace », est aussi pris spécialement dans lieu
saint (v.1150) « temple, église » dont le pluriel les lieux saints est attesté ultérieurement pour désigner les
lieux de la vie de Jésus en Palestine.
La plupart des sens du mot sont apparus au XVIe s. et en langue classique: il entre dans lieu public (v.1538)
employé en géométrie.
5
SITE n. m. attesté vers 1303, est issu du latin situs « position, situation », spécialement en parlant
d'une ville, et « situation prolongée », d'où « état d'abandon, jachère », aussi « moisissure, rouille »,
«saleté corporelle »
Site est d'abord dit pour « place, emplacement ». Il n'est ré attesté qu'en 1347, puis en 1512, spécialisé depuis
le XVIIe s. (1660, d’Aubigné, texte posthume ; site d'une place de guerre) au sens de « configuration d'un
lieu, du terrain, où s'élève une ville, manière dont elle est située au point de vue de son utilisation par
l'homme ».
Par ailleurs, le français de la Renaissance a emprunté à l'italien sito le sens de « partie de pays considéré du
point de vue pittoresque, de l'esthétique », valeur employée depuis le XVIe s. (1580, Montaigne) pour parler
de la disposition générale des éléments d'un paysage.
Au XXe s. le sens classique de « disposition esthétique d'un paysage » a été réactivé, par exemple dans
protection des sites, sites classés. Par ailleurs, site archéologique désigne tout lieu où s'effectuent des fouilles.
Site propre (1965) « endroit réservé à la circulation des véhicules de transport en commun » un terme
administratif.
Par calque de l'anglo-américain site, le mot s'applique aux adresses du réseau Internet où l'on peut obtenir des
informations.
En arts plastiques
Comment savoir si c'est de l'art ? Ed. BELIN
Paysage C’est l’étendue de terre qui s’offre à la vue de quelqu’un. C’est aussi un genre pictural majeur à
partir du XIXème siècle dans l’art occidental. Avant cette époque, il n’est que très peu représenté pour lui-
même. Il existe plusieurs sortes de paysages, ruraux, urbains, industriels, historiques, etc.
In situ : une œuvre in situ est exécutée en fonction du lieu où elle est montrée, pour y jouer un rôle actif. Elle
revêt souvent la forme de l’installation, mais peut se limiter à une intervention plus discrète de l’artiste, telle
que l’apposition d’une plaque sur un mur, voire de quelques coups de pinceau seulement. La notion de
dialogue entre l’acte artistique et son site, développée comme un artiste tel que Daniel Buren, a pris une
extension particulière avec le Land Art.
Installation : dans l’art contemporain, le mot installation désigne des œuvres conçues pour un lieu donné, ou
du moins adapté à ce lieu. Ses divers éléments constituent un environnement qui sollicite une participation
plus active du spectateur. Pour éviter les connotations statiques, certains artistes préfèrent parler de dispositifs.
En règle générale, l’installation échappe au marché de l’art, même si on peut en avoir quelques unes exposées
en permanence dans certaines collections de musées. Elles sont présentées pendant une courte période, puis
démontées et ne subsistent plus que par des documents photographiques
Land-art : le terme anglais de land-art s’est implanté dans le vocabulaire français alors même que les
Américains le troquaient contre earth art. Il recouvre une tendance qui s’est dessinée dans la seconde moitié
des années 1960 autour de deux préoccupations : le refus opposé à l’aspect de plus en plus commercial de
l’art, et l’intérêt pour le tout nouveau mouvement écologique. Tous ces artistes interviennent directement sur
le paysage et affrontent les éléments naturels.
De manière générale, les représentants du Land-art exposent les photographies qui témoignent de leur travail
intransportable par définition.
6
Le paysage dans l’art
En Chine, le paysage peint fut durant des siècles l’une des principales formes d’art. En Europe, son histoire fut
plus tourmentée et complexe. Il apparaît souvent dans le décor des constructions romaines de l’Antiquité, mais
eut beaucoup moins de succès au Moyen-âge. Au XVIe siècle, il s’affirma peu à peu comme un genre
artistique autonome et gagna ses lettres de noblesse au XVIIème siècle. Au XIXème, les impressionnistes
contribuèrent à en faire un des thèmes picturaux les plus en vogue. Questionner les élèves sur ce genre ; le
paysage, c’est aussi leur permettre d’exprimer leur vision du monde. Comment perçoivent-ils cette nature
domptée et pour certains alors qu’elle est la toile de fond de leur univers, comment peuvent-ils porter un
regard sur elle ?
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Joseph Mallord William Turner-
John Constable- C. David Friedrich- La mer de glace-
Snow Storm
Cathédrale de Salisbury- 1823- huile sur 1821- [Link] toile- 126x96cm- Hambourg
91x121-1856- Tate Gallery Londres
toile- 87x111 cm- Victoria and Albert
Muséum- Londres
Claude Monet, Impression soleil levant, Claude Monet, Jean-Baptiste Camille Corot
1872, Huile sur toile, 48 x 63 cm, Les rochers de Belle-Ile, la Côte sauvage Souvenir de Mortefontaine-
1886. Huile sur toile, 65x81,5 cm, 1864- toile 65x89- Louvre, Paris
Musée Marmottan Paris
Musée d'Orsay. Paris
Eugène Boudin, Marée basse, Étaples, 1886 Paul Signac, Le Château des Papes, Paul Signac, Les Andelys, La Berge
Huile sur toile, 79X109cm, 1900, Musée d'Orsay, Paris. 1886, Musée d’Orsay, Paris
Musée des Beaux-arts de Bordeaux
8
André Derain Paul Cézanne, La montagne Sainte Victoire, Nicolas de Staël,
Le faubourg de Collioure, 1905 1905-1906, huile sur toile, 60x73 cm Sicile (Vue d’Agrigente),
Huile sur toile, 59-5x73-2cm Kunsthaus Zurich. 1954. Huile sur toile, 114 x 146 cm,
CNAC/MNAM/RMN Musée de Grenoble
9
Métamorphoses
« Métamorphose : changement de forme, de nature ou de structure si considérable que l’être (ou la chose) qui
en est l’objet n’est plus reconnaissable », nous indique le dictionnaire Le Robert. Ces passages d’un règne à
l’autre (minéral, végétal, animal) relèvent de la métaphore ou de l’analogie. Un grand nombre d’œuvres s’est
inspiré des aventures mythologiques que racontent Les Métamorphoses, de la Léda de Michel-Ange à la
Daphné de Chassériau, des Amours de Jupiters peints par Corrège au Narcisse de Dali et bien sûr Titien. A
travers la métamorphose, cette faille nous laisse entrevoir l’une des peurs les plus archaïques, celle de perdre
notre humanité.et de régresser jusqu’aux origines de l’espèce. Aujourd’hui, avec les nouvelles
technologies, la greffe, le décodage du génome, la chirurgie esthétique ont contribué à une autre définition de
la métamorphose. Le corps n'est plus conçu dans sa globalité mais comme une addition d'éléments, de
membres, d'organes modulables. Les techniques utilisées par les artistes montrent les différentes étapes de ces
changements corporels qui sont à la fois terrifiants et fascinants pour les élèves. Proposer une recherche sur la
mutation et l'hybridation, c'est s'interroger sur les transformations du corps et ses différentes étapes, naturelles,
matérielles ou virtuelles. Les pistes possibles sont : corps et nature, corps et animalité, corps et identités
sexuelles.
Daphné.
Matthew Barney, Charles Le Brun, deux têtes Titien, Robert Anning Bell, Sirène,
Cremaster 5, de cochon et d'homme, Allégorie de la Prudence, 1900
vidéo, 1997 XIXème Huile sur toile 1565
10
D'après Michel-Ange, Léda et le France Dimanche du 15 avril École française du XVIIIe s,
La Féline, Jacques Tourneur,
cygne, 1530, National Gallery 1950, Paris, BNF Maréchal duc de Biron, portrait
1942
Collection, Londres changé en paon, Châteaux de
Versailles et de Trianon
P. Persico, A. Brunelli et P. Levi van Veluw, Veneer, Levi van Veluw, Landscapes, Levi van Veluw, Gravel,
Solari, Actéon attaqué par photo, 120x90cm, 2009 photo, 120x160cm, 2008 photo120x100cm, 2007
ses chiens, 1751-1774,
Caserta, Grande cascade du
parc du Palazzo Reale Corps/animal - Être fantastique - La beauté naît de la Nature
Mutations/Métamorphoses - La nature en mutation
Paysage microscopique - Inventer un nouveau monde
Le petit théâtre de la nature - Le mélange des règnes
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Signes, traces, empreintes
Le paysage est une page, une surface sensible à toutes sortes d’inscriptions, de marques, de signes, de traces.
Certains se font sans la main de l’homme, mais d’autres portent ses empreintes. A travers le temps, le paysage
est devenu un vaste musée à ciel ouvert, dans les champs du Dorset avec leurs géants gravés, dans les grottes
de Dordogne et dans le massif du Tibesti, tout fait signe, tout est signe. Du simple trait, vague gravure, jusqu’à
la nomenclature des figures (cercle, polygone, …), le graphisme et la peinture sont sortis du cadre pour
recouvrir la nature. Les artistes du Land Art ont recourent à des signes simplifiés : gestes usuels, géométries
élémentaires, rythmes modulaires tout en tenant compte de l’environnement, même si chacun s’en empare
différemment. Le signe se pose ou s’insère pour donner sa vision du monde. Quel signe, trace ou empreinte
les élèves vont-ils apposé sur la page de la nature ? De quelle manière vont-ils s’emparer de cet espace ? De
manière éphémère ou pour la postérité ?
Ana Mendieta, Ochum, Miami, Andy Goldsworthy, feuilles polies pour capter Richard Long,
1981, sculpture éphémère en la lumière, plissées et pliées, agrafées avec Une ligne faite en marchant, Angleterre,
sable des épines, Tarbes, 22 août 1989 1967
12
Cartes et déambulation
L’intérêt pour la cartographie s’est développé dans le monde de l’art depuis les années soixante,
conjointement à l’art conceptuel. La carte est le moyen de « documenter » des actions éphémères ou
de localiser des réalisations difficiles d’accès. En même temps elle est considérée pour ses aspects
plastiques et obtient le statut d’œuvre d’art. La « géographie de l’espace » devient alors la
« géographie de l’esprit » selon J. Wreford Watson. Ainsi les artistes du Land Art, comme les
paysagistes ou les architectes, ont recours à la cartographie alors qu’ils interviennent dans des lieux
inaccessibles hors des musées et des galeries, pour y produire des œuvres éphémères ou durables. La
carte contribue à poser pour l’œuvre la question du non site. Parfois elle est accompagnée de légende
comme chez Long, et donne un titre, la description d’un processus comme la marche, une date, une
localisation. La carte devient le trajet. Chez Smithson, elle a un rôle de production comme un site.
13
Dennis Oppenheim, Dennis Oppenheim, Time Pocket, Richard Long, A walk of four hours and fours circles,
Gallery Transplant, plan de la 1968, Fort Kent, Maine, configuration Angleterre, 1972
galerie 3, carte détail de la ligne de changement de date,
réduite et tracée sur le terrain gelé.
Document photographique
101,6x152, 4 cm
François Morellet,
Richard Long, Two walks, À la française encore une fois ; Laurent Tixador et Abraham Poincheval
Dartmoor, 1972 Kreis, quadrat und dreieck, détail, 1987, L'inconnu des grands horizons, 2002
Münster, Allemagne
Itinérance
14
Jardins
Le premier paysage est un jardin : il est avant l’homme, pour l’accueillir dans le scénario de la
Création. Il est Paradis chrétien, paysage idéal de l’Arcadie, l’Eden des mythologies antiques, lieu
bucolique de la poésie grecque et romaine. L’hortus conclusus, jardin clos qui contient en ses murs
les éléments symboliques avec au centre l’arbre de la connaissance est une scène peuplée de ses
habitants, il y condense l’activité humaine. Pour les élèves inventer un jardin, c’est inventer un
monde, concevoir un univers, le tracer et organiser ses espaces dans l’espace, tout en questionnant la
logique du regard et de l’imaginaire.
15
Claes Oldenburg, La Bicyclette ensevelie, 1990, Parc de la Villette, Paris
Jardinier du monde
Un jardin au compas
Sculpture en terre
Sculpture en pot
Jardin cultivé
Potager extraordinaire
Chut ! Ça pousse…
Petit théâtre de mon jardin
Inventer un nouveau
monde
Une figure surgit du jardin
Jardins virtuels
Réaliser un jardin au
Ken Yonetani, Niki de Saint Phalle, Joan Mitchell, Begonia, 1982 compas
Sweet Barrier Reef, La Papesse, 1979-1993, Huile sur toile 111 x 80cm
Installation en sucre, Mon rêve de jardin
ciment armé, céramique, Castellani Art Museum of
Pavillon Australie, miroir, verre, Niagara University Collection.
Biennale de Venise 2009 Capalbio, Garavicchio, Italie
Robert Irwin, The Central Garden, 1997, Nathalie Djurberg, Garden of Eden, Paul Armand Gette,
Jardin du [Link] Getty Museum Installation et vidéos Étiquetage à l'occasion de l'exposition
Biennale de Venise 2009 Proposition paysagère, été 1994,
Centre d'art du Crestet
16
Sculptures dans le paysage
Richard Serra rappelait que l’évènement majeur de l’histoire de la sculpture moderne fut la
suppression du socle. C’était le début d’une conquête de l’étendue affirmée quand les artistes ont
investi les espaces naturels associant leur travail de sculpture au parcours de vastes distances. Pour
A.M Hammacher dans « La Sculpture » (Cercle de l’art, 1988), on assiste avec Rodin, et après lui, à
la naissance d’un « sens du lieu appelé à devenir un sens de l’espace » dont il voit les formes les plus
ultimes dans les œuvres du Land Art. Faire pénétrer l’étendue dans la sculpture, c’est faire de la
marche du spectateur, à l’intérieur de l’œuvre, un autre objectif que celui de la contemplation. Nous
pouvons amener les élèves à s’interroger sur l’importance de l’espace dans la sculpture et se
questionner sur la place du spectateur. Comment percevoir l’œuvre sans vivre l’expérience du lieu ?
Quel est alors le rapport entre espace, lieu, temps et mouvement ?
Sculpture de Vénus dans les Constantin Brancusi, Krijn Giezen, Kijk Uit Attention, Evert Strobos, Palissade,
Jardins de Versailles La colonne sans fin à Tirgu Jiiu, 1986-2005, matériaux divers, Musée 1973, acier, Musée Kröller-
1937 Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas Müller, Otterlo, Pays-Bas
17
François Morellet, La plate-bande, 1988, Tony Smith Wandering rocks 1967-1970, Robert Morris et Claudio Parmiggiani,
Musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas Musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas Melencolia II, 2002, marbre et bronze,
15x10m, Fattoria di celle, Santomato di
Pistoia, Italie
Chris Booth, Echo of the veluwe, Luciano Fabro, La doppia fàccia del cielo,
2004-2005, granite, Musée Kröller-Müller, 1986, marbre (Azul de Bahia), Sjoerd Buisman, Phyllotaxis, 1987,
Otterlo, Pays-Bas Musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas Musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas
Richard Long,
Richard Harris, Sentiero, 2000, Sol Lewitt, Bloque de ceniza, Claudio Parmiggiani, La Torre,
Un cercle en Bretagne, 1986,
terre, pierre, acier, Arte Stella, 2001, Montenmedio ARTE 1988-1989, briques, hauteur 4m,
disque de pierre, diamètre
Borgo Valsugana, Italie contemporaneo, Vejer de la diamètre 6m, Parc du Château de
900cm, domaine de
frontera, Espagne Saint-Géry, Rabastens, France
Kerguéhennec, Bignan, France
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Paysage avec figures
Cette thématique désigne traditionnellement des tableaux, peintures d’histoire ou peintures de genre, dans
lesquels le rapport d’échelle entre les personnages et le décor naturel dans lequel ils évoluent tend, à partir du
XVIIème siècle, à privilégier largement l’image de la nature. Le paysage joue un rôle dans le récit ou oppose
sa sereine indifférence à l’agitation des héros. Avant que la peinture de paysage sans figure ne s’impose
tardivement dans notre culture. Parallèlement, il n’est pas de parc ou de jardin qui ne compte de statuaire. Elle
semble parfois même relever d’une nature fabuleuse et mythique, elle émerge du minerai ou du végétal,
comme dans le jardin maniériste italien, ou qu’elle préserve au contraire son humanité raisonnable par sa
blancheur des marbres, les proportions et surtout l’inévitable socle, comme dans le jardin classique, la figure
est là, encore, omniprésente. Dans l’aventure du Land Art, de nouveaux rapports à la nature changent la place
de la figure dans le paysage. Les artistes perpétuent cette tradition en interrogeant l’idée de nature et de site.
Interroger les élèves sur ce rapport figure/nature, revient à les questionner sur la place de l’homme dans la
nature. Il semble pertinent dans le contexte actuel de se pencher sur ce rapport.
« Je poursuis un dialogue entre le paysage et le corps féminin (à partir de ma propre silhouette). Je pense que c'est
une suite directe de ce que j'ai vécu dans mon adolescence, quand on m'a arrachée à mon pays (Cuba). Je suis
envahie par le sentiment d'être sortie des entrailles (de la nature). Mon art est ma manière à moi de renouer les
liens qui m'unissent à l'univers. C'est un retour aux origines maternelles. Par mes sculptures de Land Art corporel,
je fusionne avec la terre, le sol... je deviens un prolongement de la nature et la nature devient un prolongement de
mon corps. Cette façon obsessionnelle de réaffirmer mes attaches avec la terre est en fait une reviviscence de
croyances primitives (…) dans une force féminine omniprésente et l'image rémanente du blottissement dans le
ventre maternel est une manifestation de ma soif d'exister. » Ana Mendieta, Propos inédits, 1981 (catalogue de
l'exposition être nature organisée par la fondation Cartier en 1998, Ed. Actes Sud)
19
Ernest Pignon Ernest, Les Aborigènes, 1983, Anthony Gormley, Havmannen, 1995, Henri Rousseau, Le Rêve, 1910
Sculptures bio végétales, Forêt d’Uzeste, Granite, hauteur 10,15m, baie de Rana, Huile sur toile, 204,5 x 298,5 cm, New
France programme artscape in Nordland, Norvège York Museum of. Modern Art
Charles Simonds,
Paysage-Corps-Demeure- 1974, Action
dans le parc de Niagara Gorge.
Levi van Veluw
Autoportrait nature,
LandescapesII
120x110cm, 2008
20
Territoires d’artistes
Un ensemble de sites ont comme caractéristique commune d’avoir été investis par un seul artiste.
Certains sont de véritables jardins, d’autres plutôt des terrains d’expérience. Leur créateur en est
souvent le propriétaire et en a fait son lieu de vie. Certains comme le jardin de Derek Jarman sont
minuscules, certains ne se visitent pas alors que d’autres sont ouverts au public. Ils sont tous des
musées à ciel ouvert et tous témoignent de la façon dont un artiste pense et met en acte la relation
entre son travail et son environnement naturel. Comment les élèves peuvent-ils s’approprier un
espace de travail naturel et quel regard peuvent-ils porter sur cette relation entre nature/création ?
Les laisser expérimenter et investir un lieu naturel peut leur permettre de s’exprimer sur les notions
d’espace, de nature, d’environnement et appropriation.
Ian Hamilton Finlay, Ian Hamilton Finlay, Horizons for little Niki de Saint Phalle,
Apollon terroriste, 1988, résine fields, pierre, bronze, Le Dragon, 1974,
et feuille d'or, Little sparta, Stony path, environs de Béton armé, hauteur 6m, longueur 30m, Fort St
Little sparta (1966-2006), Lanark, Royaume-Uni Pol, Knokke, Belgique
Stony path, environ de Lanark,
Royaume-Uni
21
Serres, théâtres, fabriques et labyrinthes
Les artistes contemporains sont invités à intervenir dans les parcs ou les jardins tout en s’inspirant
des édifices qui en furent les ornements au cours des siècles. Certains étaient des abris, d’autres
remplissaient des fonctions de prestige lié à une vie de cour comme les théâtres de verdure. Le
XVIIIe siècle vit se multiplier les « fabriques » ou « folies » sous l’influence de la peinture. Comme
le rappelle Monique Mosser dans « Les architectures paradoxales » ou « Petit traité des fabriques »
Histoire des jardins de la Renaissance à nos jours, au-delà d’une poésie intrinsèque, il faut insister
sur le rôle culturel des fabriques. Qu’il s’agisse d’une « tholos » antique, d’un pont chinois ou d’un
donjon gothique, elles sont perçues comme des objets emblématiques, hautement significatifs d’une
contrée lointaine, d’une époque révolue. Un grand nombre d’artistes ont réalisé une relecture
contemporaine de ces formes historiques : labyrinthe, serre, cabanes, …
Le Désert de Retz est un jardin anglo-chinois – ou folie – créé à la fin du XVIIIe siècle par un aristocrate, François Nicolas
Henri Racine de Montville.
Établi dans un domaine de 40 hectares situé en bordure de la forêt de Marly, à Saint-Jacques de Roye (ou de Retz), dans la
commune de Chambourcy, le Désert de Retz tirait son originalité de ses dix-sept fabriques et de ses essences rares importées des
quatre coins du monde. S'étendant aujourd'hui sur une vingtaine d'hectares, il est l’un des rares spécimens de « Désert », cet
endroit solitaire où l’on aimait se retirer et recevoir sans étiquette aux XVIIe et XVIIIe siècles , à avoir subsisté dans une forme
proche de sa création d’origine. Sept folies ou fabriques sont encore présentes sur 17
22
Jean Dubuffet, Jardin d'émail, 1974, béton, Robert Morris, Labirinto de Pontevedra,
Bernard Leitner, Le Cylindre sonore, 1987, 1999, 900x1200x200cm, granite gris,
polyester, polyuréthane,
jardin des Bambous, Parc de la Villette, Paris
Musée Kröller-Müller, Pays-Bas Pontevedra, Isla de esculturas, Espagne
Sculpture en serre
Architecture de fortune
Construction provisoire
Un labyrinthe de chemins
Petit théâtre de mon jardin
Tisser un cocon avec des
éléments naturels
Cabanes
Le nid
Nils Udo, Waternest, 1995, branches, osier,
Robert Irwin, Réaliser un lieu de protection
Nine spaces, nine trees, 1983,
foin, réalisé pour le cd-rom Eve de Peter Publics Savety Building Plaza, Seattle
Gabriel
23
Formes d’eau
De tous temps, l’irrigation et la maîtrise des eaux sont apparues comme essentielles à la composition
des jardins. René-Louis Girardin en a fait une classification : « cascade écumante », « cascades
suaves », « eaux rapides », « rivières », « eaux calmes »… Un certain nombre d’œuvres
contemporaines, dans les parcs et jardins, relève d’une relation nouvelle à cet élément, abordé tant
comme support que comme matériau, ou qui s’insère dans le grand paysage. Parfois ces œuvres
ravivent la présence d’une eau absente ou disparue.
Dans ce domaine, les réalisations contemporaines ne s’inscrivent pas dans le droit-fil d’une tradition,
elles s’inscrivent dans un contexte plus général : donner forme à l’eau, pas seulement à ses
contenants, est l’un des défis de l’art dans l’objectif de repousser les limites de la sculpture. Le
travail avec la vapeur ou l’évaporation chez Hans Haacke ou Robert Morris s’inscrit dans une
sculpture de l’informe. Les œuvres éphémères de glace ou de neige ont été pérennisées par les
photographies d’Andy Goldsworthy et Nils Udo. Par ailleurs la sortie des artistes les a amenés aux
rivages : on se souviendra du Trou dans l’eau réalisé par Barry Flanagan, avec le concours de la
marée montante, cette même marée qui venait d’effacer sur le sable la « perspective corrigée » tracée
par Jan Dibbets. Comment les élèves peuvent-ils se saisir de ce matériau liquide et difficilement
exploitable ? S’interroger sur ce matériau peut les amener à repousser les limites de la sculpture.
Le bassin de l'Encelade, les Jardins des Marta Pan, Scultura flottante celle, 1990,
Max ERNST, Le Jardin de la Châteaux de Versailles aluminium verni, 250x75cm et 125x37,5
France, 1962. Huile sur bois, 144 x cm, Fattoria di celle, Santomato di
168 cm, Centre Georges Pompidou. Pistoia, Italie
Ça flotte !
Voyage au bord de la Seine
Boucles de la Seine
Un bateau pour les mouches
L’eau, ça mouille !
Sculpter l’eau
Ecrire avec de l’eau
Au fil de l’eau
Sculpture de neige
Michel Gérard, Cellsismic, Narcisse
Marta Pan, Floating Sculpture;
1960-1961,
1990, verre, bronze, aluminium. Ondine, fille de l’eau
Diamère 700cm,
Parc du Musée Kröller-Müller, Otterlo, Fattoria di Celle, Santomato di Pistoia,
Les grandes eaux
Pays-Bas Italie Travailler pour un orage
Maman, les p’tits bateaux…
24
David Nash, Wooden Boulder (1978), Per Barclay, untitled, 1993, marbre, aluminium, Per Barclay, untitled, 1993, marbre,
Pays de Galle, Royaume Uni, dimensions des pierres 120x300x400cm, aluminium, dimensions des pierres
Vue de la pièce en 2002 programme artscape in Nordland, 120x300x400cm, programme artscape in
Fauske, Norvège Nordland, Fauske, Norvège
Michael Singer, Andy Goldsworthy, sans titre, Ferdinand Sanchez Castillo, Klaus Rinke,
First Gate Ritual Series 4-79, 1992, Centre d'art et du Fuente, 2002, 3,5x5x2, 5 m, Hommage à Bachelard,
Miami River, Dayton Ohio, paysage, Vassivière-en- Montenmedio, arte contemporaneo, 1984, métal, bois, largeur de l'arc
1979 Limousin, France vejer de la Fontera, Espagne 2400cm, Lusigny-sur-Barse, France
Gloria Friedmann, Stigma, 1991- mur et pigment rouge- bois- Guiseppe Penone, Arbres des Voyelles, 1999, Paris,
600x1600cm- Parc de Wanas- Knislinge- Suède Jardins des Tuileries
26
Ian Hamilton Finlay, Roxy Paine, Transplantado, Jeny Holzer, Black garden, 1994,
Rousseau, 1980-1982, cinq Anya Gallaccio,
2001, acier inox- H. 1400 cm- Some dreams they forgot, 2003, Nordhorn, Allemagne
colonnes pour le Musée Montenmedio,
Kröller-Müller, Pays-Bas hauteur 6m, programme de
Arte contemporaneo verbeelding, Zeewolde, Pays-Bas
Vejer de la frontera- Espagne
27
In Situ
Les « sites » sont des lieux où se trouve implantée une œuvre, envisagée dans ses caractéristiques
propres, sa topologie, sa géologie, sa végétation, ses aspects saisonniers mais aussi son histoire
humaine (modelage des sols, occupation, toponymie…). On s’attachera davantage à l’articulation,
conceptuelle, matérielle et visuelle, entre une œuvre et le lieu qu’elle occupe. Le Parc du Musée
Kröller-Müller est l’un des sites, au sens le plus large du terme, alors que la petite vallée de ce même
parc dans laquelle elle se déploie « Spin Out » de Richard Serra, est le site de l’inscription de
l’œuvre, pour lequel elle a été pensée. « Site specific work », « arte ambietale », « art in situ », autant
d’appellations pour des créations dont le rapport à leur lieu d’implantation est déterminé par la règle
commune de la « spécificité au site ». On amènera les élèves à s’interroger sur la triade
objet/spectateur/espace. Ils se questionneront sur l’implantation d’un objet dans un lieu, dans lequel
il pourrait s’insérer. Comment l’intervention artistique devient-elle un jeu entre le site et la création
de l’œuvre ? L’attitude des élèves impliquera leur regard au monde.
Andy Goldsworthy, sans titre, 1992, Barbara Kruger, Picture This, 1998, Elizabeth Ballet, Trait pour trait, 1993,
murs de pierres sèches (granite), longueur béton et matériaux de construction, North acier inoxydable, hauteur 5m, diamètre
totale 38m, hauteur 1,60m, deux boucles Carolina Muséum of Art, Raleigh, 11,5m, Domaine de Kerguéhennec,
de 15m de diam et de 17m de longueur, Caroline du Nord Bignan, France
Centre d'art et du paysage de Vassivière-
en-Limousin
28
Le Mont Rushmore, 1927-1941, Keytone, Marinus Boezem, Michael Heizer, Double Negative, 1969,
Dakota du sud, Etats Unis De groene Kathedraal, une surface nue déplacement de 244800 tonnes de rhyolite et
avec plots, une surface plantée de 178 de grès, 457x15mx9m de largeur, Mormon
peupliers, tracés au sol de béton blanc, Mesa, Nevada, USA
chacune 150x75m, Tureluurweg Almere,
Pays-Bas
29
Machines à voir
Belvédères ou observatoires, cabanes ou pavillons, constructions rustiques ou savantes, offrant des
vues simples, panoramiques, filtrées, fragmentées, réfractées, réfléchies, réelles ou virtuelles, des
chambres de Chris Drury équipées d’une camera obscura au Carré rouge de Gloria Friedmann dans
la verdure, si justement sous-titré « Tableau refuge » en passant par les jeux de miroirs des pavillons
de Dan Graham, les formes répondant à ces fonctions sont multiples. Sous les aspects les plus divers,
ces sculptures se donnent à voir dans le site et sont également des abris, lieux pour le corps. Tournés
vers le paysage ils offrent aux spectateurs l’observation et la contemplation. Comment les élèves
pourront donner à voir un paysage ? Quels moyens plastiques exploiteront-ils ?
Wolfgang Laib,
La Chambre des certitudes,
Grotte artificielle tapissée de
cire, 200x350x650 cm, Roc
del Maure, Marcevol, France
Le Carré Rouge est la commande tout à la fois d'une sculpture et d'un gîte initiée par la
Fondation de France (dans le cadre de son programme "Nouveaux Commanditaires"), en
Le Carré rouge. Tableau refuge.
partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations. Sa réalisation en a été confiée à 1999
l'artiste Gloria Friedmann. Le commanditaire, Hubert Guénin, a mis à disposition son
terrain. Adelfo Scaranello, architecte, a quant à lui assuré le suivi de construction. La
commande a d'abord consisté à proposer un contexte où inscrire la proposition plastique
et sociale imaginée par l'artiste: le choix s'est porté sur un site à l'environnement
privilégié (en bordure d'un étang) afin de permettre aux utilisateurs du gîte un contact
maximum avec la nature. Le caractère volontairement spartiate du confort (sans eau
courante, ni électricité...), le recours à des matériaux comme la terre battue ou la brique
pour les parements intérieurs et le bois pour le mobilier, le parti pris de transparence de
la façade ouverte sur le paysage, agit comme autant de facteurs propices à
l'établissement d'une relation vraie avec le milieu et l'environnement. A l'inverse, le
projet même de cette œuvre ne vise pas l'intégration au sens le plus communément admis
: l'architecture cubique, l'emploi de béton, la face rouge telle un signal, affirment ainsi Le Carré rouge. Tableau refuge.
avec force une réalité contemporaine. 1999,
30
Dan Graham,
Two different anamorphic surfaces, 2000, Dan Graham, Untitled, 1996. Daniel Buren,
deux miroirs sans tain, acier, Miroir sans tain, acier inox. 250x300cm, Sulle Vigne, Punti di vista, 2001,
550x420x240cm, Commune de Vagan, Norvège Mur percé de quatre fenêtres, miroir,
Parc de Wanas, Knislinge, Suède marbre blanc et noir, 25x2 m, Italie
James Turell, Boullèe's eye, 2003, James Turell, Celestia vault, 30x40m, mur 5m de
Nancy Holt, Up and Under, 1998,
Collection Lhoist, Belgique haut, accès par un tunnel de béton de 6m de long,
2 bancs de pierre jaune, l'un à l'intérieur, l'autre à Le projet Strata, Pinsiö, Finlande
l'extérieur du cratère, Kijkduin, Pays Bas
Nancy Holt, Sun Tunnels, 1973-77. Béton, Nancy Holt, Sun tunnels, diam Nancy Holt, Sun Tunnels, détail
5,48m de longueur et 2,43 de diamètre pour extérieur3,72 m, diam intérieur 2,44
chaque tunnel. The Great Basin Désert, m, détail coucher du soleil au
Utah solstice d'été. Aménager des postes d'observation
depuis le site du collège.
Amener les élèves à découvrir et à
mettre en valeur des points de vue
sur l'extérieur.
Construire des dispositifs
permettant de visualiser et de
valoriser la présence parfois
négligée ou insoupçonnée de la
nature dans l'espace du collège ou
du lycée
Perejaume, Un espace mental plus que
Le jardin philosophique du musée de la maison
d'Érasme. Gloriette composée de 83 panneaux de
physique.
Softroom Architects,
Kielder belvedere, 1999, vitrail, structure d'acier recouvert de cuivre, Un espace de méditation.
Architecture acier inoxidable, 360x240x180 cm. C'est à travers des verres de Montrer un morceau de nature
lunettes, plus ou moins déformants selon l'endroit
verre, h240cm, L400cm,
où l'on place son œil, que l'on regarde le jardin, Un cadre de verdure
Kielder water and forest park,
Northumberland, comme depuis un observatoire ironiquement Raconter le paysage à travers une
philosophique, qui peut aussi, au sens le plus strict,
Royaume-Uni
corriger la vue du spectateur.
série de cadres
31
Nature et architecture
« Le paysage est la forme d'architecture la plus simple. C'est l'homme en possession de sa terre (…)
Tant qu'il était fidèle à sa terre, son architecture était créatrice. »- « Mon sentiment du mur, ce n'était
plus la paroi d'une boîte. C'était une clôture de l'espace, (qui devait) faire entrer dans la maison le
monde extérieur et permettre à l'intérieur de la maison d'aller au dehors » Franck Lloyd Wright.
Aldo van Eyck, Pavilion for the 5th Gerrit Rietveld (1888 - 1964),
Musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas International Sculpture Exhibition in the Rietveld Pavilion, 1964-1965 steel, reed
Sonsbeek Park Arnhem, 1966; rebuilt in the and glass, Musée Kröller-Müller, Otterlo,
sculpture garden of the museum, 2005-2006 Pays-Bas
Musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas
Mario Merz, Igloo di Pieta, 1982, Musée Cornelius Rogge, Tentenproject, 1975, canvas, La façade végétale du bâtiment administratif
Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas metal and rope, Musée Kröller-Müller, Otterlo, du musée du Quai Branly - Paris- a été
Pays-Bas réalisée par Patrick Blanc- botaniste et
chercheur au CNRS
32
Charles Silonds Dwelling, 1978 Hundertwasser Hundertwasser HILL HOUSES
Photographie couleur Spiral house model by manhardt
Alvar Aalto- Villa Mairea- Colonnes de la Sagrada Hector Guimard Hôtel Tassel - Bruxelles -
Noormarkku- Finlande- 1939 Familia - Gaudi - Barcelone Marquise de l’édicule Dauphine Victor Horta - 1893
1900
Architecture de fortune
Construction provisoire
Réalisez une architecture avec des
matériaux de récupération
Cabanes
Réaliser par des matériaux de
récupération, une architecture
utopique.
L'envers du décor.
Réaliser un lieu de protection
Intérieur/Extérieur : une architecture
sans limites
Dedans/Dehors Franck Lloyd Wright Frank Lloyd Wright
Taliesin West,
L’abri de mon jardin La maison sur la cascade, 1936,
USA Scottsdale Arizona, USA, 1938.
Comment habiter la nature?
33
Nature et design
La nature sous toutes ses formes est convoquée dans la production d’objets de ces dernières années et
ce thème est illimité dans le champ du design. De nombreuses pistes ont été empruntées pour
présenter une vaste palette d’interprétations, d’évocations ou d’imitations. D’une pièce à l’autre,
d’une période à l’autre, le dialogue entre naturel et artificiel s’ébauche et se construit. De nombreux
créateurs offrent un vaste panorama qui montre des approches variées : manipulations,
appropriations, répliques d’éléments naturels jouant sur les usages et les matériaux, imitations ou
simulacres, hybridations ou mutations… Comment les élèves, face à cette nature, peuvent-ils réaliser
des objets ou des projets qui invoquent celle-ci, sans jamais pouvoir la capturer ?
Karl Blossfeldt
Delphinium Larkspur Part of a Karl Blossfeldt
dried leaf magnified six times Crosses de fougères 1928
34
« Pour inscrire les projets présentés au sein d'une
réflexion globale, il convient de conclure
l'exposition par une synthèse scientifique et
prospective portant sur la spécificité botanique de
l'architecture végétale et sur l'avenir du bio
mimétisme : une approche nouvelle du design qui,
en de multiples domaines, s'inspire désormais de la
logique des structures naturelles, notamment celles
du règne végétal, afin de développer des
technologies et des stratégies durables en symbiose
avec la biosphère. »
Robby et Francesca Cantarutti, Forest, 2007, Tanya Aguiniga, PTree, 2004, Teté Knecht, Grand pouf de paille, 2005,
Fauteuil, aluminium, 81x55x54cm fauteuil, mousse d'isolation paille et latex sur moule, 48x190x140cm
découpée, renforcée d'acier, sprayée
de polyuréthane et laque pour
automobile, 120w84x84cm
Nature en Kit
Mutation d’un arbre en chaise
Objet/Nature
Un palais pour mon canari
Tabouret végétal
Donner vie à un objet
Denis Santachiara, Nuvola, 2005,
Terry Dwan, Maui, 2006,
Lampe suspendue, diffuseur textile anti-feu, cadre
Fauteuil cèdre, 75x47cm
métallique motorisé, 51,4x135x50cm
35
Histoire Naturelle
L’usage de l’image pour représenter la diversité de la nature a beaucoup évolué grâce aux nouvelles
technologies comme la photographie et la vidéo qui offrent d’importantes possibilités. Au XVIème
siècle Léonard de Vinci déclara que « l’œil est le principal outil qui permet à l’intelligence
d’apprécier de la façon la plus complète et abondante l’infinité des œuvres de la nature ». L’artiste de
l’époque pouvait rendre, avec précision et concision, la réalité grâce à des outils graphiques et
picturaux. Au XXe siècle c’est la télévision qui commença à présenter des documentaires dont le
naturaliste sir David Attenborough fut l’un des pionniers. Mais quelque soit la technique employée,
la nature a été présentée de manière très variée selon la sensibilité et le caractère de l’artiste qui
montre son intérêt pour le monde. Comment les élèves peuvent à leur tour porter leur regard sur cette
diversité et quel dispositif plastique peuvent-ils employer ?
Alexandre Poiteau et Alexandre Poiteau et Pierre- Etienne Martin Cassiano dal Pozzo, Gloria Friedman, Envoyé
Pierre-Jean-François Jean-François Turpin,Traite L’Amandier, bois Bigaradier, crocus spécial, 1995, cerf
Turpin, des arbres fruitiers, Paris- amandier, 1969, Musée printanier, couleuvre à naturalisés journaux-
Traite des arbres fruitiers, Strasbourg, 1807-1835 d’art moderne de la ville collier et chenille de 300x100x170 cm
paris-Strasbourg, 1807- de Paris cossus gâte-bois,
1835 1650-1682
Albrecht Dürer, Un rhinocéros, 1515 Cassiano dal Pozzo, Pélican d'Europe, 1635
Conrad Gesner, une licorne,
Historia animalium, 1551
36
Etienne Martin- Le Rhinocéros- 1969- Un griffon, extrait d'un bestiaire Hubert Duprat, Étuis de Trichoptères, 1983-1998
bronze- Fonte Clémenti- exemplaire 9-9- anglais, v.1230-1240 or, perles, pierres précieuses ; 1 à 3 cm chacun
[Link]ée d-art moderne de la ville de coll. Frac Lorraine
Paris
Damien Hirst,
Javier Pérez,
The Dream, Sotheby's
Mutaciones, Palacio de Cristal,
auction 'Beautiful inside Museo National Centro del Arte Jan Favre, Plafond Maurizio Cattalan,
My Head Forever' 2008, Reina Sophia, Madrid, 2004 Biennale de Venise 2009 Sans titre, Punta della
Londres. Dogana, Venise, 2009
37
Propositions sollicitations
Traces et trous : sculptures en dessous du Vue à vol d’oiseau /Vue aérienne
sol Travailler dans un lieu naturel en y laissant
Signer le paysage sa trace
Petits arrangements avec le paysage S’approprier intimement un lieu naturel
Une figure surgit du paysage Paysage naturel
Signe du temps Montrer par des prélèvements, des
Ça a eu lieu enregistrements ou autres dispositifs votre
La géométrie à grands pas parcours champêtre
Corps/paysage La nature en mutation
Corps/animal Petit théâtre de mon jardin
Jardinier du monde Inventer un nouveau monde
Un bateau pour les mouches Une figure surgit du jardin
Un jardin au compas Le récit d’une trajectoire
Sculpture en terre L’univers sonore d’un paysage
Sculpture en pot Identité territoriale
Sculpture en serre Réaliser une architecture avec des
Jardin cultivé matériaux de récupération
Potager extraordinaire Un geste qui marque
Architecture de fortune Parcours dans la nature
Travaux des champs Potager urbain
Construction provisoire Tisser un cocon avec des éléments naturels
Parcours dans le paysage Cabanes
Dessiner son territoire Le nid
Marquer son territoire Signaler le lieu
Territoire inconnu Jardins virtuels
Voyage dans mon jardin Réaliser un jardin au compas
Un labyrinthe de chemins Travailler dans un lieu naturel de
Relique d’un parcours champêtre l'établissement scolaire afin d'inscrire sa
L’observateur du marché trace ou son intervention.
Coin de verdure dans mon collège/lycée Réaliser un paysage infime / Réaliser un
Un musée dans mon parc paysage intime.
L’éloge de la nature Réaliser par des matériaux de récupération,
La beauté naît de la Nature une architecture utopique.
Mutations/Métamorphoses Paysage microscopique / Panorama.
Colorer le désert / Repeindre les arbres Inventer un nouveau monde.
Totem pour un temps Le petit théâtre de la nature.
A grands pas… L'envers du décor.
Un espace mental plus que physique Réaliser un lieu de protection
Un espace de méditation Réaliser un carnet de voyage.
La route est une sculpture. Montrer un morceau de nature
Dessiner dans le ciel Réaliser un paysage virtuel
Chut ! ça pousse… Réaliser votre jardin d'Éden.
Voyage au bord de la Seine Nature en Kit
Boucles de la Seine Mon rêve de jardin
Mille fleurs Marcher c’est créer
Comme un oiseau Faire corps avec la nature/paysage
38
CITATIONS D’ARTISTES
« Les tranchées ont simplement pour fonction de suggérer un volume ou de persuader de son existence »
« L’artiste est responsable de tout : de l’œuvre comme de l’usage que l’on en fait. On a suffisamment critiqué
mon œuvre pour que j’aie pensé à la protéger, comme un chien enterre un os. » Michael Heizer 1969
« Je ne pense pas au plan artistique, qu’on soit plus libre dans le désert qu’à l’intérieur d’une pièce ».
« Vous savez un caillou bougeant de trente centimètres en deux millions d’années a de quoi entretenir mon
enthousiasme. Mais certains d’entre nous doivent simuler le branle-bas, intensifier l’action. On doit parfois
recourir à Bacchus. A l’excès, à la folie. A la fin du monde. Au massacre de masse. A l’écroulement des
empires ». Robert Smithson, 1969
« Faire des sculptures (au sens habituel du mot) en bronze, j’ai quelques difficultés à le faire, mais pour me
servir du bronze à la façon des plantes, cela ne pose pas de problème »., 1984
« J’ai fait des pommes de terre anthropomorphes, à mon image. J’ai donné la forme au moment où les
tubercules grossissaient, puis je les ai tirées en bronze. 1988
« L’homme est incapable de comprendre quelque chose qui n’est pas semblable à lui. Guiseppe Penone, 1988
« Il me semble que l’une des fonctions principales de l’engagement artistique est de repousser les limites de ce
qui peut être fait et de montrer aux autres que l’art ne consiste pas seulement en la fabrication d’objets à
placer dans des galeries ; qu’il peut exister, avec ce qui est situé en dehors de la galerie, un rapport artistique
qu’il est précieux d’explorer ».
« Il faut croire que l’art s’est éloigné de sa phase manuelle, et qu’il est désormais plus spéculatif, plus
préoccupé du lieu où il placera son matériau. Ce qui fait qu’aujourd’hui, plutôt que de la réaliser, on doit
visiter l’œuvre d’art ou l’abstraire à partir d’une photographie ». Denis Oppenheim, 1969
« Ce n’est pas pour contrôler, pour dominer, pour ériger des monuments qu’Ana Mendieta se battait avec la
terre. Elle recherchait l’intimité, des lieux de repli, des habitats protecteurs qui offrent un répit temporaire, un
espace de confort et de méditation ». Nancy Spero
« Il n’est pas tant question d’un paradis perdu que du vide de cette terre originaire, orpheline et sans nom de
baptême, et du temps par quoi elle nous toise. Il y a par-dessus tout une quête de l’origine » Ana Mendieta,
1981
« Si, la lumière est un médium et si l’espace est un médium, alors on peut dire que l’univers est un médium.
Je sais bien qu’il n’est pas immédiatement praticable pour autant, mais quand je dis que le médium c’est
l’univers, que le monde peut-être même une forme d’art, alors le jardinage de notre univers ou la conscience
que l’on en a dirait le niveau de participation à l’art… C’est pour cette raison que j’ai aussi d’autres
activités ». Robert Irwin
« Ce lieu ancien possède une mémoire, des formes identiques l’occupèrent. Comment être finalement fidèle
sans nostalgie aucune et apporter sa culture contemporaine ».
Jean-Pierre Raynaud
39
« Une pelouse, ce n’est jamais seulement de l’herbe coupée ».
« L’art du jardin, comme celui de l’écriture, de la peinture ou de la sculpture, repose sur la composition, la
réalisation d’une harmonie, à partir d’éléments disparates »
« Un jardin de mauvaises herbes, c’est l’indolence justifiée » Ian Hamilton Finlay, 1985
« Je me tourne vers la nature parce qu’elle satisfait ma conception de l’espace » Michael Heizer
« La peinture et la sculpture aident les gens à voir à quel point le monde dans lequel nous vivons est
merveilleux » Henri Moore
« Dieu a créé le monde et les Hollandais ont créé les Pays-Bas » Proverbe Hollandais
« Je savais qu’un jour je construirais mon Jardin du Bonheur » Niki de Saint Phalle
« L’île est un petit espace au sein duquel des gens de toutes origines culturelles se rencontrent » Karl-
Heinrich Müller
« De l’art dans un lieu où, semble-t-il, il n’a rien à y faire » William L. Fox
« Dans ce parc, des sculptures des quatre coins du monde rencontrent un public des quatre coins du monde ».
Magdalena Abrakanowicz
« A une époque où il devient impératif d’instaurer une communication mondiale intelligente et de restructurer
notre environnement, l’art est appelé à jouer un rôle important ».
Agnès Denes
« Je soupçonne l’humanité de craindre la nature et de faire de son mieux pour la domestiquer, l’élaguer et la
déraciner » Daniel Spoerri
« Donnez-moi un lieu à éclairer et j’inventerai une installation qui fera surgir la lumière ». Dan Flavin
« Dessiner avec des fleurs. Peindre avec des nuages. Écrire avec de l'eau. Enregistrer le vent de mai, la course
d'une feuille tombante. Travailler pour un orage. Anticiper un glacier. Orienter l'eau et la
lumière....Dénombrer une forêt et une prairie.... »
« Avec mon travail dans et avec la nature, j'abolis la frontière entre l'art et la vie. »
« Même si je travaille parallèlement à la nature, et n'interviens qu'avec la plus grande prudence, une
contradiction essentielle demeure. [...] Mon travail fait du tort à ce qu'il touche : la virginité de la nature. »
« Ouvrir l'espace concret, vivant et tridimensionnel de la Nature. Avec l'intervention la plus minimale
possible, mettre sous tension et transformer cet Espace de la Nature en Espace de l'art... » Nils-Udo
40
Le coin des curieux
Sites de centre d’art et du paysage :
[Link]/retz/[Link] - Désert de Retz : historique, ses monuments ou fabriques.
L’ATHANOR-MUSÉE ÉTIENNE MARTIN Château du Bois Orcan, Noyal sur Vilaine, France, [Link]-
[Link]
41
INSIDE AUSTRALIA, Menzies, Australie, [Link]
« Être Nature»
Les Éditions d’à côté
Pour réaliser cet ouvrage, quelques conditions sine qua non sont à respecter :
- le texte de l’enseignant, qui explique la démarche qu’il a mise en place avec ses élèves, avec
des commentaires d’élèves doit contenir 2000 caractères environ, tout compris.
- 10 à 20 photos des réalisations d’élèves de bonne qualité.
L’objectif est d’obtenir un ouvrage homogène et facile à mettre en page. Nous attendons de votre
part un texte cohérent, traduisant votre itinéraire pédagogique avec vos élèves, sans coquille. Songez
à le faire relire par une tierce personne avisée.
Faites parvenir par mail, vos textes et photos à Bertrand Desbois et Antoine Josse.
Calendrier : 1er envoi possible 20 juin 2010, 2ème envoi 20 décembre 2010.
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Ressources locales
Arts Plastiques :
Musée des impressionnismes à Giverny
[Link]/
En 2010 Programmation :
L'Impressionnisme au fil de la Seine (1er avril - 18 juillet 2010)
Olivier Mériel. Lumière argentique (5 juin - 31 octobre 2010
Maximilien Luce, néo-impressionniste. Une rétrospective (28 juillet - 31 octobre 2010)
Claude Monet a vécu de 1883 à 1926, soit près de quarante-trois ans, dans sa maison de Giverny. Passionné
par le jardinage autant que par les couleurs, il a conçu son jardin de fleurs et son jardin d’eau comme de
véritables œuvres. En se promenant dans son jardin et dans sa maison, les visiteurs ressentent toujours
l’atmosphère qui régnait chez le maître de l’impressionnisme et s’émerveillent devant les compositions de
fleurs et devant les nymphéas qui ont été ses sources d’inspiration les plus fécondes.
La Fondation Claude Monet est fermée pendant l'hiver. Réouverture le 1er avril 2010.
Ré ouvert au public en 1983, le musée de Vernon a été installé dans l’ancien hôtel particulier des Le Moine de
Bellisle (XVe - XVIIIe siècles) près de la Seine.
Le musée porte le nom d’un érudit local, Alphonse Georges Poulain, qui légua à la ville ses collections
archéologiques en 1927.
Spécialisé depuis en art animalier (Bugatti, Pompon, Jouve...), avec une riche collection présentée par
roulement, il constitue également une étape indispensable de la visite de Giverny, avec ses tableaux de Monet
et des artistes qui y vécurent (Butler, Mac Monnies, Hoschedé-Monet...). Des tableaux de Bonnard -qui fut, à
Vernon, le voisin de Monet entre 1912 et 1926 - et des Nabis (Vuillard, Denis, Vallotton) enrichissent la
section consacrée aux paysages de la région.
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Parcs et Jardins
Le Parc du Château de Bizy
[Link]/rf2/[Link]
Caché derrière des frondaisons centenaires,
le château de Bizy, qu'on appelait " le petit
Versailles ", offre au visiteur la majesté de
sa cour d'honneur, la beauté de son mobilier
et le charme de son parc (classé Monument
Historique) agrémenté de fontaines, de cas-
cades et autres jeux d'eau qui évoquent l'an-
cienne splendeur baroque du18ème siècle.
Le château fut construit pour le maréchal de Belle Isle, petit-fils du célèbre Fouquet, à partir de 1723, puis le
domaine échut au Duc de Penthièvre, petit-fils de Louis XIV qui en fit sa résidence principale jusqu'à sa mort
en 1793.
Le château est situé à la sortie de Vernon en direction de Pacy sur Eure, Evreux, A13 Rouen. 02 32 51 00 82
44
Bibliographie
Œuvre et Lieu, Petit Lexique de l’Art Long Term Parking, Les incertitudes du corps, de
Essais et documents, Contemporain Armand, SCEREN, CNDP, métamorphoses en
Anne-Marie Charbonneaux et Robert Atkins, 2006 transformations,
Norbert Hillaire Ed Abbeville Press Nadine Vasseur, Seuil, 2002
FLAMMARION 2002
Jardins, potagers et
50 Activités pour Andy Goldsworthy Andy Goldsworthy, labyrinthes,
découvrir l’architecture Pierres, Guide des Arts, Hazan
et l’urbanisme avec le
CAUE, SCEREN, CRPD
45
Être nature, Histoire matérielle et Recherches Poïétiques, n°2
Fondation Cartier pour Grandes idées, petites structures
immatérielle de l’art Faire et défaire le paysage
l’art contemporain, moderne, Florence de Printemps-été 1995
XS vert
Acte Sud Thames and Hudson
Méredieu, Larousse PUV, SIP
Curiosités et merveilles de la
Illustration Botanique,
Habiter écologique Claude Monet, Nymphéas, nature, chefs d'œuvre
Quelles architectures pour une Pierre Georgel, Edition Hazan, William Wheeler, Les
extraordinaires d'histoire
ville durable ? Editions du Carrousel,
1999 naturelle, David Attenborough
Acte Sud 1999
Edition France Loisirs
46
Le jardin contemporain- Les jardins de Louis XIV à Versailles, Delacroix et le Maroc, Nature en Kit,
Hervé Brunon- Monique Pierre Arizzoli-Clémentel, Edition Guy Dumur, Edition Mudac, infolio, 2008
Mosser. Ed. Scala- 2006 Gourcuff Gradenigo, 2009 Herscher, 1988
Le Désert de Retz
Paysage choisi, La Nature Instrumentalisée,
L'Herbier de la Renaissance,
Julien Cendres et Chloé Musée de Louviers, salle
Claudia Swan, Minerva,
Radiguet, Stock, 1997 d'armes de Pont-de-L’arche
1998
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