0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
62 vues14 pages

Alea Et Vulnéra

Ce document traite de l'évaluation de la vulnérabilité sismique et du risque sismique dans la région du Rif au Maroc. Il présente une étude de cas sur la ville d'Al Hoceima où la vulnérabilité de bâtiments résidentiels est évaluée en utilisant différentes méthodes. Le risque sismique est également évalué selon des scénarios déterministes et probabilistes.

Transféré par

Ghita Nour
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
62 vues14 pages

Alea Et Vulnéra

Ce document traite de l'évaluation de la vulnérabilité sismique et du risque sismique dans la région du Rif au Maroc. Il présente une étude de cas sur la ville d'Al Hoceima où la vulnérabilité de bâtiments résidentiels est évaluée en utilisant différentes méthodes. Le risque sismique est également évalué selon des scénarios déterministes et probabilistes.

Transféré par

Ghita Nour
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Aléa et vulnérabilité

Rappels
Risque et vulnérabilité sismique

Aléa sismique :

La probabilité d’occurrence d’un évènement en termes d’intensité, au cours d’une période de


référence, une secousse sismique atteigne ou dépasse en ce site une certaine valeur.

Risque sismique :

Le degré de pertes, de destructions ou de dégâts sur une période de référence (en général un
an) sur une région donnée. Les pertes se réfèrent aux vies humaines et aux biens exposés.

Vulnérabilité sismique :

Le degré d’endommagement pour différents évènements. La vulnérabilité dépend des


caractéristiques physiques et géométriques des bâtiments.

Le risque peut être exprimé comme le produit de l’aléa sismique (probabilité d’occurrence),
de la vulnérabilité (degré d’endommagement) et de la valeur de l’élément exposé.

Risque sismique = Aléa sismique ×Vulnérabilité sismique × Valeurs

Introduction
La région du rif est l’une des zones les plus activement sismiques au Maroc, le fait est illustré
par les nombreux évènements sismiques reportés dans les catalogues et les études
sismologiques. L’activité sismique dans la région est due à la convergence des plaques
africaine et eurasienne, ce qui a causé, à ce jour, des tremblements de terre d’une intensité de
sol relativement modérée. Pourtant, les dommages très importants, observés suite aux séismes
dans la région du Rif, ont indiqué que l’endommagement n’avait pas pour cause la magnitude
des séismes mais plutôt, la vulnérabilité faible des bâtiments existants et les effets de site dans
certaines régions. Le présent travail consiste en l’évaluation de la vulnérabilité des bâtiments
existants à Al Hoceima et à Imzouren, au Nord du Maroc, et en l’évaluation du risque
sismique dans la région et au niveau national, suivant les scénarios de séismes.

Objectifs
L’objectif principal de cette étude est d’évaluer la vulnérabilité sismique et le risque sismique
dans la région du Rif, et proposer une meilleure évaluation du risque au niveau national en
termes d’exposition de la population.

A cet effet, les principales tâches à réaliser sont :

 Application et adaptation de la Méthode d’indice de Vulnérabilité MIV (RISK-UE) au


contexte de la construction marocaine pour :

L’évaluation de la vulnérabilité sismique des bâtiments existants de la ville d’al Hoceima


(Nord du Maroc).

L’évaluation du risque sismique selon deux scenarios de séisme (déterministe et probabiliste)


et représentation des pertes économiques et des dommages sur les bâtiments et la population.

 Elaboration des courbes de capacité pour les typologies de bâtiments en béton armé à
faible élévation.
 Application et adaptation de la Méthode d’indice Sismique (Méthode Japonaise) et
évaluation de la vulnérabilité sismique des bâtiments en B.A. de la ville d’Al
Hoceima.
 Estimation de l’exposition de la population au risque sismique au Maroc, en
considérant la distribution de la population et l’intensité sismique.
Evaluation de la vulnérabilité et du risque sismiques par la méthode
RISK-UE
La zone d’étude

La chaine du Rif, au nord du Maroc, est une zone sismique modérée (Poujol et al. 2014). Elle
est également considérée comme la région la plus sismique au niveau national et son haut
niveau de sismicité en fait l’une des zones actives les plus étudiées en Méditerranée.

Ces dernières décennies, la région a connu plusieurs tremblements de terre, certains très
violents, comme était le cas des séismes de 1994 (MW = 6,0) et 2004 (MW = 6,4) (Woerd et
al. 2014). Très récemment, un tremblement de terre de magnitude 6,3 a frappé à 50 km de la
côte d'Al Hoceima le lundi 26 janvier 2016 (USGS), causant des dégâts matériels. Cette
sismicité est due à la convergence entre les plaques eurasienne et africaine.

Inspection des bâtiments

Les bâtiments résidentiels de la ville d’Al Hoceima ont constitué l’objet de cette étude.
L’intérêt d’avoir choisi cette ville est sa position dans la chaine rifaine évidemment, mais
également, vu sa proximité de l’épicentre du séisme du 24 Février 2004. Comme rappel, le
séisme a causé 629 morts, 966 blessés, 2539 ménages endommagés ou détruits et 15 600
personnes sans-abris. La plupart des dommages ont été observés dans les zones rurales.

Selon les statistiques officielles de 2014, la ville comptait 56 716 habitants et 13 881
bâtiments résidentiels, avec un taux d’accroissement de 4% pour les habitants et 20% pour les
habitations par rapport au recensement de la population en 2004. Les ménages considérés
inférieurs aux taux de pauvreté représentent 4,6% de la totalité des bâtiments, alors que les
ménages inférieurs au seuil de vulnérabilité représentent 7,6%
La Figure représente les typologies de bâtiments existants et la distribution des bâtiments
selon leur année de construction pour la ville d’Al Hoceima. La typologie dominante est la
maison marocaine moderne qui, généralement, est une structure en béton armé avec
remplissage en maçonnerie.

Dans le cas d’Al Hoceima et en raison des ressources limitées, certaines zones ont été
inspectées plus que d’autres. La priorité a été donnée au centre-ville, puisqu'il est le quartier le
plus peuplé. La Figure 20 montre le niveau d'étude de chaque section représentée par le
pourcentage des bâtiments étudiés.
Résultat 1

Selon les premiers résultats, les bâtiments résidentiels ont certaines caractéristiques similaires.
Notamment, la plupart des habitations sont des structures poteaux-poutres en béton armé de
formes régulières, comme le montre la Figure. Il s'agit généralement de structures de faible
hauteur, construites sur des lots de terrain relativement petits (100m2 à 150m2) de 3 à 4
étages sans jamais dépasser 6 étages

Evaluation de l’aléa sismique

Scenarios déterministes et probabiliste


Lors de cette étude, l'action sismique a été estimée en termes d'intensité macrosismique en
utilisant un scenario déterministe et un autre probabiliste. Compte tenu de la petite taille des
villes, l'intensité macrosismique est considérée comme constante pour les deux scénarios.

Le scénario déterministe se réfère à un séisme de référence choisi comme le plus proche du


site et ayant la plus haute intensité épicentrale. Dans cette étude, on considère que cet
évènement est similaire au tremblement de terre du 24 Février 2004. L’intensité épicentrale
est estimée égale à IX à l’échelle MSK (Medvedev et al. 1963). Une intensité égale à VIII est
estimée pour la ville d’Al Hoceima. Le séisme a eu lieu à une distance épicentrale de 10 km et
a été attribué une profondeur comprise entre 6 et 10 kilomètres.

Effets de site

A partir d’une caractérisation géotechnique des formations géologiques de la zone d’étude, on


a élaboré une carte des différents types de sols Figure. Les sites ont été classés en quatre
catégories principales, les zones A, B et C correspondant respectivement à: des matériaux
compacts, des matériaux semi-compactés et des sables non-cohérents en plus de la roche (R).

L'intensité a été incrémentée en fonction du type de sol :


Classification des types de sols pour la ville d’Al Hoceima

La figure 1 montre la carte de l'aléa sismique selon le scenario déterministe avec des effets de
site en termes d'intensité de la ville d'Al Hoceima, tandis que la Figure 2 montre la carte de
l'aléa sismique selon le selon le scenario probabiliste pour une période de retour de 475 ans, y
compris les effets de site. Comme on peut le constater à partir des figures, l'intensité
macrosismique selon le scénario déterministe est légèrement supérieure à celle prévue par le
scénario probabiliste. Quant à la zone affectée par les effets de site, elle ne représente que 7%
de la surface totale de la ville.
Evaluation du risque sismique en utilisant la Méthode d’Indice de Vulnérabilité

La méthode d'Indice de Vulnérabilité (MIV) ou méthode de niveau 1 (LM1), tel que proposé
dans le cadre du projet RISK-UE a été considérée pour cette étude.

La méthode MIV a été basée sur l’Echelle Macrosismique européenne. Elle est favorisée par
rapport aux méthodes statistiques similaires car elle met l'accent sur les différences entre les
constructions qui ont le même système structurel.

Des coefficients de pondération ont été assignés aux paramètres les plus importants,
influençant la capacité sismique des bâtiments. L'aléa sismique est défini en termes d’intensité
macrosismique, tandis que la résistance des bâtiments est définie en termes d’indice de
vulnérabilité dont les valeurs varient entre 0 (bâtiment le moins vulnérable) et 1 (bâtiment le
plus vulnérable).

La méthode MIV fournit un système de classification typologique afin de grouper les


structures ayant la même performance sismique (Tableau 1), puis rajoute des modificateurs de
comportement propres à chaque bâtiment, pour calculer un indice de vulnérabilité total pour
chaque bâtiment, selon l’équation suivante :

n
V I Bâtiment = V I classe + ∆ M R + ∑ V mj
j=1

V I Classe : l’indice de vulnérabilité correspondant à la classe du bâtiment

∆ M R : un modificateur régional qui prend en considération les caractéristiques de la région


n

∑ V mj: des modificateurs de comportement qui incluent d’autres aspects qui affectent la
j=1

performance sismique des bâtiments.

Le modificateur régional a été pris égal à zéro. L'adaptation de la méthode MIV ou LM1 a été
réalisée en définissant le niveau de code selon les principales périodes de construction

Valeurs d’indice de vulnérabilité pour différents types de bâtiments selon RISKUE

Deux types de modificateurs de comportement sont définis ; modificateurs de bâtiment et


modificateurs d’emplacement.

Les modificateurs de bâtiment prennent en compte les caractéristiques du bâtiment isolé de


son voisinage, comme l'état d’entretien, le nombre d'étages, les irrégularités en plan et en
élévation. Quant aux modificateurs d’emplacement, ils étudient le bâtiment dans son
environnement ; par exemple, la position de l'immeuble dans le bloc auquel il appartient (au
milieu, coin, tête d’ilot) ou la différence de hauteur entre le bâtiment et les constructions
adjacentes.
Niveau de la réglementation
Facteurs de vulnérabilité Vmj
Bas Moyen Haut
Niveau de code +0.16 0 -0.16
Mauvais entretien +0.04 +0.02 0
Bas (1,2) -0.04 -0.04 -0.04
Nombre d’étages Moyen (3,4,5) 0 0 0
Haut (6 or more) +0.08 +0.06 +0.04
Forme +0.04 +0.02 0
Irrégularité en plan
Torsion +0.02 +0.01 0
Irrégularité en élévation +0.04 +0.02 0
Poteau-court +0.02 +0.01 0
Fenêtre en saillie +0.04 +0.02 0
Joint insuffisant (non parasismique) +0.04 0 0
Connectées 0 0 0
Fondations
Isolées +0.04 0 0
Pente +0.02 +0.02 +0.02
Morphologie du sol
Escarpement +0.04 +0.04 +0.04

Concernant les états de dommages, la version RISK-UE MIV propose cinq degrés non-nuls ;
Légers, Modérés, Importants, Très importants et Destruction. Le degré de dommages moyen
𝜇𝐷 est introduit pour caractériser les dommages prévisibles pour les bâtiments, pour une
vulnérabilité donnée (𝑉𝐼) et une intensité donnée (𝐼).

Toutes les données disponibles ont été recueillies et intégrées dans un tableur, puis
introduites dans un système d'information géographique, qui a permis d'effectuer une
analyse des constructions. L’affichage des résultats a été élaboré en utilisant la
subdivision mentionnée précédemment, afin de permettre des résultats plus clairs et
plus cohérentes.
Résultats
La ville d'Al Hoceima a été récemment fondée et ne comporte que des constructions en béton
armé. On distingue trois typologies principales, toutes en béton armé :

 Structures poteaux-poutres en béton armé ;


 Structures régulières en béton armé avec murs de remplissage en maçonnerie ;
 Structures poteaux-poutres irrégulières.

Ces typologies correspondent respectivement à RC1, RC3.1 et RC3.2 de la Matrice de


Typologie du Bâtiment représentée précédemment. Comme peut-il être constaté selon
Tableau 13, chaque niveau de règlementation parasismique correspond à une typologie de
bâtiments prédominante, cela revient aux changements dans les pratiques de construction et
les normes associées à chaque période principale (avant 1960, entre 1960 et 1994, après
1994).

Période de construction Avant 1960 1960 – 1994 Après 1994


Niveau de réglementation Bas Moyen Haut

Niveau de réglementation
Typologie Nombre de bâtiments (%)
Bas Moyen Haut
RC1 544 (50%) 9% 73% 18%
RC3.1 224 (20%) 0% 15% 85%
RC3.2 334 (30%) 68% 29% 3%
L'indice de vulnérabilité prend des valeurs allant de 0,2 à 0,9 pour les bâtiments étudiés, avec
une valeur moyenne de 0,49. Les valeurs de V
I I Bâtiment pour les différentes sections de la

ville sont représentées dans Figure 35. Les quartiers Mirador Bas et Mirador Haut sont les
plus vulnérables dans la ville d’Al Hoceima, avec des indices de vulnérabilité moyens de 0,81
et 0,83 respectivement. Cela est probablement dû au mauvais choix du terrain de construction
et à la faible qualité de la construction dans ces régions en particulier. Tandis que les autres
régions ont des indices de vulnérabilité modérés.
Dommages directs

En ce qui concerne les dommages moyens de la ville d’Al Hoceima, leur répartition suit la
distribution de l’indice de vulnérabilité (Figure 35), puisque les effets de site n’ont pas un fort
impact sur les bâtiments (les effets de site sont présents dans un terrain équivalent à 7% de la
surface totale de la ville). Figure 1 et Figure 2 représentent les valeurs de dégâts selon les
scénarios déterministes et probabilistes, où on remarque que la différence entre les deux
scenarios n’est pas très significative. Les valeurs de dégâts physiques varient de 0,17 à 3,07
pour le scénario déterministe et de 0,11 à 2,54 pour le scenario probabiliste, avec des valeurs
moyennes de 0,96 et 0,7 respectivement. Cela correspond dans les deux cas à des dommages
Légers selon le tableau.

Deterministic scenario
100%
Collapse
80%
Very heavy
60% Substantial to heavy
Moderate

No damage

Probabilistic scenario
100%
Collapse
80%
Very heavy
60% Substantial to heavy
Moderate

No damage
Conclusion
L’évaluation de la vulnérabilité sismique et du risque sismique a été réalisée pour la ville d’Al
Hoceima, tel que proposé dans le cadre du projet RISK-UE. L'étude a permis d'estimer
correctement les dommages en fonction de deux scénarios sismiques. Un scénario
déterministe qui considère le tremblement de terre de 2004 qui a frappé la région d'Al
Hoceima comme séisme de référence et un scénario probabiliste d’une période de retour de
475 ans. Les données recueillis pour cette étude ont permis une évaluation acceptable de la
vulnérabilité des bâtiments. Cependant, l’étude pourrait bénéficier d’une plus grande collecte
de données, particulièrement au niveau des zones qui n’ont pas été aussi bien étudiées à Al
Hoceima (Figure 20). L’aléa sismique a été évalué en termes d’intensité macrosismique, en
tenant compte à la fois des scénarios déterministe et probabiliste, y compris les effets de site.

Vous aimerez peut-être aussi