I – Le classicisme : contexte historique
♦ Une stabilité religieuse
♦ Une stabilité politique et économique
II – Les caractéristiques du classicisme
A – Le souci de légiférer la création littéraire
B – L’imitation de la nature
♦ La règle de la vraisemblance
♦ La règle des trois unités au théâtre
C – La soumission à la raison
♦ La règle de bienséance
♦ La volonté de plaire et instruire
D – Un idéal : l’honnête homme
III – L’esthétique du classicisme
A – Le parallélisme
B – Le chiasme (A–B–B–A)
C – L’emploi d’un alexandrin équilibré, avec la césure à l’hémistiche.
IV – Les auteurs du classicisme
Le classicisme est un mouvement littéraire du 17ème siècle, qui
commence à se manifester dès 1634 avec la création de l’Académie
française et qui va connaître son apogée de 1660 à 1715 durant le
règne du Roi-Soleil (Louis XIV). Le classicisme se caractérise par la
recherche de l’ordre, de la clarté, de la mesure et de la retenue.
Loin du foisonnement baroque, l’écriture classique est maîtrisée et se
plie à des règles exigeantes.
I – Le classicisme : contexte historique
Nous avons vu que le mouvement baroque reflétait l‘instabilité du
monde qui prédomine à la fin du 16ème siècle et au début du 17ème
siècle, notamment à cause des guerres de religions. Or à partir de la
seconde moitié du 17ème siècle, la France entre dans une période de
stabilité :
♦ Une stabilité religieuse car la prééminence du catholicisme a été
réaffirmée en France;
♦ Une stabilité politique et économique incarnée par Louis XIV, le «
Roi-Soleil », qui centralise le pouvoir et unifie le Royaume de France
par la guerre et par les arts.
Le classicisme reflète cette nouvelle stabilité, cet ordre et cette
mesure qui prédomine sous le règne de Louis XIV.
II – Les caractéristiques du classicisme
A – Le souci de légiférer la création littéraire
Le classicisme est tout d’abord marqué par un souci de légiférer la
création littéraire. On voit l’émergence d’écrits théoriques qui fixent
des règles à respecter en littérature comme les règles du théâtre
classique. Boileau, un théoricien du XVIIème siècle définit des règles
poétiques dans Art poétique. Mais il faut comprendre que ces règles
classiques ne sont pas fixées au hasard. Leur but réside dans le souci
d’imiter la Nature et les Anciens (c’est à dire les latins et les grecs) et
de se conformer à la raison.
B – L’imitation de la nature
Pour les auteurs classiques, une œuvre d’art réussie est une œuvre
qui imite au mieux la nature d’où :
♦ La règle de la vraisemblance (ce qui est raconté ou représenté doit
être vraisemblable)
♦ La règle des trois unités au théâtre
C – La soumission à la raison
La plupart des règles classiques reposent sur la nécessité de se
soumettre à la raison, c’est à dire à la mesure et à l’équilibre. D’où :
♦ La règle de bienséance (ne pas montrer ce qui pourrait choquer le
bon goût)
♦ La volonté de plaire et instruire.
L’œuvre littéraire doit plaire mais aussi être utile. Par exemple, les
comédies de Molière ont pour but de corriger les mœurs. Les fables
de La Fontaine sont plaisantes mais délivrent toujours un message.
Les tragédies classiques de Racine sont censées permettre la
catharsis (la purgation des passions).
D – Un idéal : l’honnête homme
Ce culte de la raison et de la mesure s’incarne dans l’idéal de
l’honnête homme. L’honnête homme au XVIIème siècle désigne
l’homme élégant, mesuré, discret, qui a intégré toutes les règles de
civilité et de politesse. (L’honnête homme n’est donc pas seulement
un homme honnête ! )
III – L’esthétique du classicisme
Les écrivains classiques recherchent la concision, la clarté. Le style est
simple, clair, le vocabulaire précis. Pour donner une impression de
mesure et d’équilibre, les auteurs classiques ont souvent recours à
des figures de symétrie :
A – Le parallélisme
Par exemple chez RACINE dans Phèdre, Acte II, scène 2 : « Présente,
je vous fuis, absente, je vous trouve»
B – Le chiasme (A–B–B–A)
Par exemple dans l’Avare, acte III, scène 1 de MOLIERE : « Il faut
manger pour vivre et non pas vivre pour manger».
C – L’emploi d’un alexandrin équilibré, avec la césure à l’hémistiche.
IV – Les auteurs du classicisme
Le classicisme s’est exprimé dans tous les genres littéraires, mais en
particulier dans le théâtre, la fable et le portrait. Pour le théâtre, on
retiendra les tragédies de Racine (comme Britannicus ou Phèdre) et
les comédies de Molière (L’école des femmes, Le Misanthrope).
L’esprit classique s’exprime également dans les fables de La Fontaine,
les maximes de La Rochefoucauld ou les portraits dépeints dans Les
caractères de La Bruyère.
Ces auteurs sont des moralistes, c’est à dire des peintres de l’âme
humaine.
A l’époque classique, le roman est un genre mineur. On retrouve
toutefois l’esprit classique dans La Princesse de Clèves de Mme de la
Fayette.