Rivalité fraternelle dans JLFDM, Scène 2
Rivalité fraternelle dans JLFDM, Scène 2
Introduction
→ Jean-Luc Lagarce est à la fois comédien, metteur en scène et dramaturge
→ En 1988, il apprend qu’il a le SIDA. En 1990, il écrit Juste la fin du monde
→ L’auteur met en scène 5 personnages d’une même famille. En fait, il s’agit du retour de
Louis, visant sa mort prochaine, qui déclenche la crise. Les non-dits, les malentendus et
l’incommunicabilité vont faire que Louis ne parvient pas à atteindre son objectif
→ L’action se concentre sur le personnage d’Antoine et sa rivalité avec Louis, presque
réduit au silence ici.
→ Antoine exprime sa colère et sa frustration. Toute la souffrance et la rancœur
accumulées pendant des années refont surface.
Problématique : En quoi cette scène révèle-t-elle la complexité d’une rivalité fraternelle ?
→ Mvt 1 : un personnage “désagréable” rejeté par tous ?
→ Mvt 2 : la confrontation entre les deux frères
ANTOINE. - Qu’est-ce que c’est encore que ça ? → Interrogation : Antoine ne comprend pas et
Elle est impossible aujourd’hui, ce que je disais, demande aux autres de lui expliquer l’hostilité de tout
je ne sais pas ce qu’elle a après moi, le monde à son égard = APPEL À L’AIDE, personnage
je ne sais pas ce que tu as après moi, incompris
tu es différente. → Émotion croissante : répétition négation =
Si c’est Louis, la présence de Louis, incompréhension
je ne sais pas, j’essaie de comprendre, → répétition : conflit autour du “dire”
si c’est Louis, =’incommunicabilité.
Catherine, je ne sais pas,
je ne disais rien, → Antoine va alors s’adresser successivement à chacun
peut-être que j’ai cessé tout à fait de comprendre, des personnages, comme s’il réclamait de l’aide, du
Catherine, aide-moi, soutien
je ne disais rien, MAIS ces adresses restent sans réponse = ANTOINE SE
on règle le départ de Louis, SENT SEUL, ISOLÉ FACE AUX AUTRES
il veut partir, ⇒ désespoir et révolte croissants
je l’accompagne, je dis qu’on l’accompagne, je n’ai rien
dit de plus, → phrase impérative, exclamative, adressée à tous les
qu’est-ce que j’ai dit de plus ? membres de la famille : il cherche une réponse, une
Je n’ai rien dit de désagréable, explication, se sent seul contre tous et sent qui sont un
pourquoi est-ce que je dirais quelque chose de clan contre lui
désagréable, → répétition : se sent attaqué et cherche une
qu’est-ce qu’il y a de désagréable à cela, explication
y a-t-il quelque chose de désagréable à ce que je dis ?
Louis ! Ce que tu en penses,
j’ai dit quelque chose de désagréable ? → réponse de Catherine qui est censée être l’alliée
(blanc) d’Antoine mais elle s’oppose à lui = renforce le
Ne me regardez pas tous comme ça ! reproche
l’atténuation que croit faire Catherine se transforme
CATHERINE. - Elle ne te dit rien de mal, en insistance sur la parole impossible : “on ne peut rien
tu es un peu brutal, on ne peut rien te dire, te dire”
tu ne te rends pas compte, → répétition : reproche mis en valeur
parfois tu es un peu brutal,
elle voulait juste te faire remarquer. → Antoine se défend sans changer de stratégie : il
exprime son incompréhension avec des
ANTOINE. - Je suis un peu brutal ? INTERROGATIONS puis avec des NÉGATIONS
Pourquoi tu dis ça ? (négation très forte : phrase nominale puis phrase
Non. simple)
Je ne suis pas brutal. → Adresse : dans son ressenti, associe tous les
Vous êtes terribles, tous, avec moi. membres de la famille contre lui
LOUIS. -Non, il n’a pas été brutal, je ne comprends pas → Louis vient au secours de son frère → compassion
ce que vous voulez dire. de Louis
→ Rejet l’aide de son frère : ironie + exclamation =
ANTOINE. - Oh, toi, ça va, “la Bonté même” ! violence verbale, qui exprime la frustration croissante
d’Antoine
CATHERINE. - Antoine. → Compassion de Catherine : veut calmer Antoine
→ réponse brutale, exclamation : rejette l’aide, refuse
ANTOINE. - Je n’ai rien, ne me touche pas ! le contact physique
Faites comme vous voulez, je ne voulais rien de mal, → Met en valeur sa situation d’incompréhension et de
je ne voulais rien faire de mal, victime : répétition expression négative
il faut toujours que je fasse mal, → volonté mais incapable de s’exprimer
je disais seulement, → Situation d’injustice dont il se sent victime :
cela me semblait bien, ce que je voulais juste dire répétition avec variations
- toi, non plus, ne me touche pas ! - → comparaison : dénonce son statut de victime
je n’ai rien dit de mal, → accusation exclamative à l’impératif
je disais juste qu’on pouvait l’accompagner, et là,
maintenant,
vous en êtes à me regarder comme une bête curieuse,
il n’y avait rien de mauvais dans ce que j’ai dit, ce n’est
pas bien , ce n’est pas juste, ce n’est pas bien d’oser
penser cela,
Conclusion
→ Dans cet extrait on remarque une montée de la frustration et colère d’Antoine, qui se
sent incompris et attaqués par tous
→ Quand les gens de la famille veulent venir en aide, il est déjà trop tard : la violence est au
plus au degré
Simon ouvre l’enveloppe → Paradoxe : Nawal est celle qui parle tandis qu’elle est morte
NAWAL. → Modalité interrogative accompagné d’une réponse : Nawal
Simon, Est-ce que tu pleures ? demande à son fils s’il pleure, démontrant qu’elle le connaît
Si tu pleures ne sèche pas tes larmes bien (modalité hypothétique)
Car je ne sèche pas les miennes. ⇒ La lettre adressée aux jumeaux était rédigée par Nawal cinq
L’enfance est un couteau planté dans la gorge ans auparavant : anticipation de la mère qui savait
Et tu as su le retirer. pertinemment comment ses enfants allaient se comporter
À présent, il faut réapprendre à avaler sa salive. lors de la découverte du terrible secret = connaissance intime
C’est un geste parfois très courageux. pour ses deux jumeaux malgré les apparences trompeuses de
Avaler sa salive. l’absence de communication entre eux
À présent, il faut reconstruire l’histoire. → impératif négatif : libérer l’âme
L’histoire est en miettes. → Présent d’énonciation : Ses réactions sont celles d’une
Doucement personne vivante et sensible
Consoler chaque morceau → Pronom : impliquée dans ses énoncés, intérêt de la mère à
Doucement l’égard de son fils
Guérir chaque souvenir → métaphore qui montre la fierté de la mère envers son fils
Doucement renforcé par la conjonction de coordination “Et”, puisqu’il a
Bercer chaque image. pu surmonter sa douleur et atteindre tous les objectifs qu’elle
lui avait tracés.
→ Parallélisme de construction : Après la découverte de
l’horrible secret, Nawal invite Simon à surmonter les
difficultés qu’il affronte en l’invitant à accomplir un geste qui
semble banal mais qui symbolise la vie
→ Tournure impersonnelle de modalité injonctive : rôle de
maternité de Nawal, recommandation forcée → surpasser le
passé
→ Superlatif avec adv : Elle valorise l’action de son fils,
comme si le courage était sa première qualité.
→ Anaphore : le souhait de la mère à ce que son fils puisse
surpasser son passé, malgré le fait que « l’histoire est en
miette » (métaphore du désastre vécu par toute la famille
dans le passé)
→ Parallélisme de construction + anaphore = rythme assez
régulier : Pour Simon, Nawal devient enfin la mère aimante
qui lui chante la berceuse à laquelle il n’avait probablement
jamais eu droit ⇒ la berceuse crée un monde de douceur,
désignant une action réparatrice. Il s’agit d’une métaphore
filée de la construction et de la destruction.
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Jeanne, Est-ce que tu souris ? → Modalité interrogative en totale contradiction avec « est-ce
Si tu souris ne retiens pas ton rire que tu pleures ? » : Nawal demande à sa fille s’il elle sourit, la
Car je ne retiens pas le mien. modalité hypothétique montre que la mère semble deviner la
C’est le rire de la colère réaction de sa fille : le rire comme les larmes de Simon ont
Celui des femmes marchant côte à côte une fonction de libérer l’âme.
Je t’aurais appelée Sawda → impératif négatif : libérer l’âme par le rire comme elle
Mais ce prénom encore dans son épellation l’avait fait par les larmes avec Simon
Dans chacune de ses lettres → Pronom : l’empathie de la mère envers ses enfants
Est une blessure béante au fond de mon cœur. → Nawal semble se reconnaître en Jeanne : sait qu’elle affiche
un « sourire » qui traduit sa révolte.
→ Elle voit en Jeanne une fê avec qui elle aurait pu marcher «
côte à côte », puisque sa fille est quelqu’un qui a appris à
penser et s’est lancée dans la quête demandée par Nawal
→ L’assimile à Sawda, à une meilleure amie, à laquelle Nawal
d’ailleurs confie la douleur (hyperbole) concernant sa mort
Souris, Jeanne, souris → Impératif : invitation que Nawal lui adresse afin qu’elle vive
Notre famille, Les femmes de notre famille, nous pleinement et trouve le bonheur.
sommes engluées → la colère de Jeanne s’inscrit dans une réaction commune de
dans la colère. toutes « les femmes de notre famille » : déterminants et
J’ai été en colère contre ma mère pronoms ⇒ une communauté de femmes liées par le destin
Tout comme tu es en colère contre moi → La métaphore de la glu : difficulté qu’il y a à s’en extirper de
Et tout comme ma mère fut en colère contre sa ce destin.
mère. → répétition : rappelle que l’histoire est identique à celle des
Il faut casser le fil, autres femmes
→ Passé composé, présent, et passé simple : caractère
perpétuel et infini du destin partagé par toutes les femmes
→ Nawal veut pouvoir aider Jeanne à se libérer de sa colère ;
la seule solution est « casser le fil » : recommandation
renforcée par l’emploi du verbe falloir = métaphore qui oblige
Jeanne à rompre le cycle infernal qui dure depuis toujours.
Conclusion
→ Consolation de la mère à l’égard de ses deux enfants dans le but qu’ils puissent supporter
l’atrocité de leur origine.
→ De plus, c’est l’occasion de prendre connaissance avec une nouvelle facette du
personnage de Nawal en tant que mère aimante soucieuse d’apaiser l’âme de ses enfants,
en leur donnant les conseils et les choix nécessaires afin de surpasser cette douleur grâce à
l’amour.
→ Le silence d’une mère refusant de parler à ses enfants a trouvé à la fois son explication et
sa fin, la quête a été accomplie et les jumeaux sont récompensés, par leur réintégration
dans la lignée familiale et la solution qui leur est offerte pour échapper à l’horreur de leur
naissance.
Parcours associé : Écrire et combattre pour l’égalité
POSTAMBULE
Introduction
→ OdG est une auteure engagée dont ses écrits reflètent ses nombreux combats pour
l’égalité et la justice entre les êtres humains.
→ Elle écrit La DDFC, discours politique imprégné du Mvt des Lumières et paru en 1791
pour réécrire les manquements de La DDHC (1789).
→ Après l'énumération des différents articles, elle s'adresse directement aux femmes dans
ce Postambule, pour les inciter à rejoindre son combat et reprendre une Révolution
inaboutie, qui a exclu les droits et les devoirs du sexe féminin.
Problématique : Nous verrons comment OdG invite toutes les femmes à lutter avec elle,
tout en les blâmant.
→ Mvt 1 : Appel à la révolte
→ Mvt 2 : La critique des femmes
Femme, réveille-toi; le tocsin de la raison se fait → Discours injonctif (emploi de l'impératif, forme
entendre dans tout l'univers, reconnais tes droits. exclamative) : texte argumentatif qui s'adresse
directement à la femme, pour qu'elle se sente intégrée
au combat (mise en place de la 2° pers. du singulier).
→ métaphore de la révolution
→ Registre épique : hyperbole (« tout l'univers »).
→ Idée de la Raison chère aux Lumières (l'utilisation de
la pensée rationnelle, de la logique et de la réflexion
critique)
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Le puissant empire de la nature n'est plus environné de → Passé composé à la forme négative : l'opposition de
préjugés, de fanatisme, de superstition et de deux époques (passé/présent).
mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les → Champ lexical de l'inégalité (accumulation) + antithèse
nuages de la sottise et de l'usurpation. → Image du « flambeau », métaphore = lumière, Raison.
→ Gradation ≠ Raison.
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L'homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de → « L'homme esclave » est celui d'avant la Révolution.
recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il → Champ lexical de la libération; les révolutionnaires
est devenu injuste envers sa compagne. imposent aux femmes ce qu'ils ont refusé de se voir
imposer par les nobles. Tyrannie des hommes = les avant
tyrannisés deviennent tyrans.
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O femmes! femmes, quand cesserez-vous d'être → Passage au pluriel (« Femme » à « femmes ») =
aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez généralisation du propos
recueillis dans la Révolution ? → + apostrophe directe avec le « ô » vocatif
→ Questions rhétoriques : il est temps d'agir ! Demande
insistante de par la répétition de « femmes »
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Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les Réponse = une prise de conscience renforcée par phrase
siècles de corruption vous n'avez régné que sur la nominale formée sur un parallélisme.
faiblesse des hommes. → Retour sur le passé : opposition directe entre les
hommes et les femmes.
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Votre empire est détruit; que vous reste-t-il donc ? la → Situation des femmes, au présent,
conviction des injustices de l'homme. La réclamation de → question appelant à la révolte ; réponse phrase
votre patrimoine, fondée sur les sages décrets de la nominale dirigée contre les hommes.
nature; qu'auriez-vous à redouter pour une si belle → appel aux femmes à réclamer leurs biens que le
entreprise ? le bon mot du législateur des noces de Cana mariage leur enlève.
? Craignez-vous que nos législateurs français, → Argument d'autorité -> « sages décrets » : l'égalité est
correcteurs de cette morale, longtemps accrochée aux naturelle.
branches de la politique, mais qui n'est plus de saison, → critique de la religion qui a longtemps rabaissé les
ne vous répètent : femmes, qu'y a-t-il de commun entre femmes : périphrase désignant le Christ
vous et nous ? Tout, auriez-vous à répondre. S'ils → champ lexical de la peur
s'obstinaient, dans leur faiblesse, à mettre cette → Parole donnée aux détracteurs des femmes, et
inconséquence en contradiction avec leurs principes; réponse immédiate par le pronom indéfini « tout »,
opposez courageusement la force de la raison aux hyperbolique.
vaines prétentions de supériorité; réunissez-vous sous → Critique de la société de son temps : Termes péjoratifs
les étendards de la philosophie; déployez toute l'énergie donnés aux hommes, présentés comme têtus = dominés
de votre caractère, et vous verrez bientôt ces par la «faiblesse», «l'inconséquence», «les prétentions».
orgueilleux, nos serviles adorateurs rampant à vos → Opposition faiblesse/«force» des femmes =
pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de courageuses
l'Être suprême. Quelles que soient les barrières que l'on → Trois impératifs : pour appeler à la révolte.
vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir; → Termes péjoratifs, adjectifs méprisants
vous n'avez qu'à le vouloir. [...] → Idée que les femmes sont les égales des hommes,
qu'elles possèdent la capacité de réfléchir et d'agir avec
intelligence.
→ Importance des notions de «vouloir» et de «pouvoir».
Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La → Changement de ton : partie vise les femmes, montrées
contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce complices de leur servitude
que la force leur avait ravi, la ruse leur a rendu ; elles → jugement fort : le comparatif, critique explicite des
ont eu recours à toutes les ressources de leurs charmes, femmes
et le plus irréprochable ne leur résistait pas. Le poison, → Caractère trompeur des femmes est fini, il appartient
le fer, tout leur était soumis; elles commandaient au au passé.
crime comme à la vertu. → Pluriel utilisé pour montrer toutes les dissimulations
et les ruses féminines : reproche fait aux femmes d'avoir
tenté de s'imposer par la séduction plutôt que par
l'intelligence de leurs idées et leur raison.
→ Gradation : pouvoir reconnu des femmes; qui se
servaient de leurs charmes pour bafouer les valeurs
morales
= acte condamné par OdG qui fait appel à la raison et aux
revendications des droits des femmes
Conclusion
→ La réécriture de la DDHC permet à OdG de mettre en avant le rôle majeur des femmes
au sein de la société. Ici, elle s’adresse directement à elles et vise à les amener à réfléchir
sur leur condition pour agir avec raison et revendiquer leurs droits naturels. La modernité
de ce texte se mesure au fait que le discours féministe déployé par OdG pour valoriser et
défendre les droits des femmes au XVIIIe s. est toujours d’actualité.
Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est → S’adresse directement aux hommes : “Homme” + pronoms et
une femme qui t'en fait la question ; tu ne déterminants possessifs de la 2e personne du singulier
lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? → 2e personne : s’adresse à l’homme comme son égal = égalité
Qui t'a donné le souverain empire voulue mettant l’homme et la femme au même niveau, retirant une
d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes distance entre les 2 sexes
talents ? Observe le créateur dans sa → Impératifs + Futur injonctif : lance un défi
sagesse ; parcours la nature dans toute sa → Question rhétorique : met en avant le manque de respect de la
grandeur, dont tu sembles vouloir te part des hommes = l’Homme n’est pas juste
rapprocher, et donne-moi, si tu l'oses, → OdG accuse les hommes de les avoir retiré tous les droits, mais il
l'exemple de cet empire tyrannique. le prévient de ne pas retirer celui de poser des questions
→ Précaution oratoire est prise donc son discours peut commencer :
elle devient légitime à parler
→ 4 questions rhétoriques + champ lex de la tyrannie
→ OdG est le porte-parole de la cause féminine
→ Mise en opposition de l’homme avec la nature : elle veut que
l’homme s’en rende compte qu’il est le seul à agir de cette façon, que
la distinction entre les 2 sexes n’est pas naturelle sinon sociale,
construite, artificielle
→ Proposition subordonnée circonstancielle de
condition/hypothèse : défi lancé, donne à l’homme une chance de
changer la situation
Remonte aux animaux, consulte les → Actions qu’il va devoir faire pour changer, impératifs/champ lex
éléments, étudie les végétaux, jette enfin de la recherche/démarche scientifique = afin de comprendre
un coup d'œil sur toutes les modifications comment fonctionne la nature et voir que l’Homme agit de manière
de la matière organisée ; et rends-toi à inverse
l'évidence quand je t'en offre les moyens ; ⇒ sa domination sur la femme est illégitime
cherche, fouille et distingue, si tu le peux, → Proposition subordonnée d’hypothèse : en fait, l’Homme serait de
les sexes dans l'administration de la nature. trouver les distinctions sexuelles dans la nature, puisqu’elles
Partout tu les trouveras confondus, n’existent pas
partout ils coopèrent avec un ensemble → Autorité discursive : elle impose un rapport d’autorité de sa parole
harmonieux à ce chef-d’œuvre immortel. sur le masculin
→ Lexique renvoyant à l’égalité
→ Répétition adverbe de lieu : insistance sur le fait que l’homme lui-
même vit dans cet univers d’égalité naturelle
→ métaphore artistique : ce qui se passe dans la nature est parfait,
dès tout temps
L'homme seul s'est fagoté un principe de → Passage du “tu” au terme générique “L’homme” : adresse directe
cette exception. Bizarre, aveugle, qui généralise le propos pour faire le constat que l’homme est le seul
boursouflé de sciences et dégénéré, dans responsable de la situation
ce siècle de lumières et de sagacité, dans → Adjectif : renforce la culpabilité unique de l’homme d’une
l'ignorance la plus crasse, il veut distinction entre les 2 sexes
commander en despote sur un sexe qui a ⇒ l’homme s’est retiré volontairement des règles naturelles, il a
reçu toutes les facultés intellectuelles ; il décidé d’être différent des autres espèces et donc il pouvait agir
prétend jouir de la révolution, et réclamer différemment
ses droits à l'égalité, pour ne rien dire de → terme péjoratif : il s’est donné un droit de manière artificielle, tout
plus. en donnant l’illusion d’une pensée structurée
→ Accumulation de qualifications péjoratives construite sur une
gradation ascendante
→ Même l’évocation de la science, qui pourrait paraître méliorative,
se révèle négative, car l’homme en est “boursouflé” : ses
connaissances sont mal utilisées, exagérées, et finalement ne lui
servent à rien
⇒ son discours artificiel prend une justification scientifique
→ l’homme se trouve en contradiction avec le siècle
→ une fois de plus, évocation de la tyrannie : montre que l’homme a
décidé seul de se donner tous les pouvoirs, un pouvoir absolu et
arbitraire que les philosophes du siècle ont combattu
→ mise en contradiction de cette tyrannie avec ce que la nature a
donné aux femmes, et donc rien ne les prédestine à la soumission
→ mise en avant de l’honnêteté intellectuelle et du droit de la femme
à faire ce discours : le sexe féminin réclame son dû, tout simplement
de profiter des droits de la Révolution la donnés au genre humain
Conclusion
→ Tout en blâmant le comportement de l’homme, OdG fait l’éloge de la nature pour insister
sur l’idée que l’homme seul s’est donné le droit illégitime de dominer le sexe féminin. Ce
texte, motivé par l’indignation, interpelle directement le sexe masculin pour le défier et le
rendre coupable. Ainsi, nous pouvons comparer ce blâme vindicatif de l’homme à la
culpabilité qu’OdG confère aux femmes dans son Postambule.
Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la → Énumération ternaire (en 3 temps) de qualificatifs
Nation, demandent d’être constituées en Assemblée féminins, de liens familiaux entre les femmes elles-
nationale. mêmes mais aussi entre les hommes et les femmes, ce
qui crée des liens de solidarité au sein de ses
destinataires
→ Périphrase qui représente toutes les femmes
→ Passage du biologique au politique
→ Pluriel : renvoi à toutes les fê, à la communauté des
revendications (communes à toutes les fê)
Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des → Féminisation de la DDHC, remplaçant “homme” par
droits de la femme, sont les seules causes des malheurs “femme” : mise en valeur de l’abscense des fê et
publics et de la corruption des gouvernements, ont l’exclusion de leurs droits dans la DDHC
résolu d’exposer dans une déclaration solennelle, les → Les inégalités envers les fê sont la cause des
droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin dysfonctionnements de la société
que cette déclaration constamment présente à tous les → énumération d’adjectifs reprise directement de la
membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs DDHC pour mettre en avant l’égalité voulue, désirée
droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des entre hommes et fê, et que les droits de ces dernières
femmes, et ceux du pouvoir des hommes pouvant être à sont autant légitimes que ceux des hô
chaque instant comparés avec le but de toute → Anaphore en rythme ternaire : présente les objectifs
institution politique, en soient plus respectés, afin que de la déclaration (3 propositions circonstancielles de
les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur but/conséquence) :
des principes simples et incontestables, tournent 1. La déclaration doit rappeler les droits et les
toujours au maintien de la Constitution, des bonnes devoirs des fê à la société : périphrase renvoyant
mœurs, et au bonheur de tous. à la société
2. Volonté que ces droits et devoirs soient respectés
3. Que les fê contribuent et participent au bon
fonctionnement de la société, notamment dans
les principes politiques puisqu’elles sont devenues
citoyennes (dans les faits ce n’est pas le cas)
→ Rajout mélioratif : “bonnes moeurs” = façon de vivre
respectable -> les fê sont les premières victimes des
mauvais moeurs masculines
Conclusion
→ La réécriture de la DDHC offre l'occasion à OdG de critiquer avec fureur la tyrannie
masculine tout en défendant les droits de la femme. En annonçant la dimension juridique
de son projet dans son Préambule, l’autrice souligne que sans une présence féminine dans
la vie publique et politique, et sans le respect des droits de l’ensemble des citoyens, la
société ne parviendra pas à combattre la corruption et les malheurs sociétaux. C’est ainsi
que les articles qui suivent mettent en avant l’égalité entre les 2 sexes.