Infection urinaire chez l'enfant : pratiques médicales
Infection urinaire chez l'enfant : pratiques médicales
FACULTÉ DE MÉDECINE
************
Bertrand ICHER
Examinateurs de la thèse
M. le Professeur Vincent GUIGONIS ...............................................Président
M le Professeur Laurent FOURCADE..............................................Juge
M le Professeur Daniel BUCHON ....................................................Juge
M le Docteur Jean-Louis SOULIER .................................................Juge
UNIVERSITÉ DE LIMOGES
FACULTÉ DE MÉDECINE
************
Bertrand ICHER
Examinateurs de la thèse
M. le Professeur Vincent GUIGONIS ...............................................Président
M. le Professeur Laurent FOURCADE.............................................Juge
M. le Professeur Daniel BUCHON ...................................................Juge
M. le Docteur Jean-Louis SOULIER ................................................Juge
2
DOYEN DE LA FACULTE: Monsieur le Professeur VALLEIX Denis
4
MAITRE DE CONFERENCES DES UNIVERSITES-PRATICIENS HOSPITALIERS
P.R.A.G.
5
REMERCIEMENTS
Praticien Hospitalier
C’est un véritable honneur que vous me faites de juger ce travail et d’en accepter la
présidence.
Je tiens à vous remercier sincèrement pour l’aide précieuse que vous m’avez apportée
dans l’élaboration de cette thèse.
Praticien Hospitalier
Je vous remercie d’avoir bien voulu prendre part à mon jury de thèse. Je suis très honoré
de soumettre ce travail à votre jugement.
6
A Monsieur le Professeur Daniel Buchon
Médecine Générale
Directeur de thèse
Je vous remercie de m’avoir accordé votre confiance pour la réalisation de ce travail que
vous avez inspiré.
Vous m’avez toujours réservé un accueil bienveillant, vous m’avez soutenu de vos
conseils, toujours donnés avec la plus grande amabilité.
Veuillez trouvez ici toute ma reconnaissance pour ce que vous avez apporté à ma
formation médicale et personnelle lors de mon stage dans votre service de pédiatrie.
7
Je remercie également :
Madame le Docteur Anne Fargeot, Chef du Service de Pédiatrie de l’hôpital de Brive, pour
son soutien.
Toute l’équipe du service de pédiatrie de l’hôpital de Tulle pour leur accueil et pour leur
aide précieuse dans l’élaboration de ce travail. Je tiens à remercier particulièrement Marie-
Laure et Sylvie pour le temps qu’elles m’ont consacré.
Tous les médecins qui ont jalonné mon parcours universitaire et qui m’ont enseigné la
médecine.
Les médecins qui ont accepté de donner un peu de leur temps pour répondre au
questionnaire : sans eux ce travail n’aurait pas été possible.
8
A Laurine pour son soutien permanent, sa patience, sa compréhension.
A mes parents pour leur soutien, leur dévouement. Merci pour votre confiance et pour tout
ce que vous avez fait pour moi.
A mes amis du Collège Clémenceau et du Lycée Edmond Perrier de Tulle. Merci pour
votre fidèle amitié et pour tous les bons moments passés ensemble.
A Pauline et Damien pour leur amitié, leur générosité et pour tous les bons moments
partagés ensemble lors de notre semestre passé au CHU de Fort-de-France, en
Martinique.
9
SOMMAIRE
REMERCIEMENTS
SOMMAIRE
INTRODUCTION
CONCLUSIONS
ANNEXES
BIBLIOGRAPHIE
ABREVIATIONS
11
INTRODUCTION
L’infection urinaire est une pathologie fréquente en pédiatrie, elle est la cause d’environ
5% des fièvres de l’enfant [1]. Elle se manifeste, chez l’enfant et particulièrement chez le
nourrisson, par des tableaux cliniques divers rendant difficile son diagnostic. Il est
cependant important de poser ce diagnostic car cette pathologie peut être la cause d’une
morbidité immédiate (notamment le risque septicémique). Elle peut aussi entrainer une
morbidité à long terme sous forme d’hypertension artérielle ou d’insuffisance rénale [2].
Bien que fréquente, cette pathologie fait souvent débat auprès des spécialistes. Sa prise
en charge n’est pas toujours consensuelle. Ainsi, au cours de notre formation, nous avons
observé des pratiques différentes selon les médecins rencontrés. Cette diversité des
pratiques en médecine a été mise en évidence par la thèse du Dr Fraudeau, réalisée en
2004, intitulée « L’infection urinaire chez l’enfant : prise en charge en médecine générale »
[3]. Il s’agit d’une étude quantitative, réalisée à l’aide d’un questionnaire envoyé aux
praticiens du Maine-et-Loire. Il leur était proposé notamment, un cas clinique d’un enfant
de 9 mois présentant une infection urinaire. Ainsi en 2004, des divergences étaient
retrouvées dans l’analyse des résultats d’un ECBU et dans la conduite à tenir (traitement
et bilan) une fois le diagnostic d’infection urinaire posé.
Depuis cette étude, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé
(AFSSAPS) a publié, en 2007, des recommandations de bonnes pratiques,
intitulées : « Diagnostic et antibiothérapie des infections urinaires bactériennes
communautaires du nourrisson et de l’enfant » [4]. Elles ont pour objectif de définir une
ligne de conduite claire face à cette pathologie.
Cependant, après la lecture de ces recommandations, des interrogations peuvent
persister sur la prise en charge des infections urinaires chez l’enfant comme sur leur
application en médecine générale.
Ainsi, nous avons voulu étudier ce qui se fait en médecine générale en Corrèze, en 2009,
dans le cadre de cette pathologie. Nous avons adapté le questionnaire utilisé en 2004 et
12
nous l’avons adressé aux médecins corréziens pour essayer d’évaluer l’impact des
recommandations.
Ont-elles permis une harmonisation des pratiques ? Ou, au contraire, est ce que
l’hétérogénéité des pratiques constatées en 2004 persiste toujours ? Si c’est le cas,
pouvons-nous avancer des raisons à ce manque de consensus ?
Dans une première partie, nous présenterons des rappels sur les infections urinaires de
l’enfant en nous basant sur les publications de l’AFSSAPS de 2007. Puis nous
reviendrons sur les principaux résultats de l’étude réalisée en 2004 afin d’analyser les
pratiques antérieures aux recommandations.
La deuxième partie de l’exposé sera consacrée aux résultats du questionnaire proposé en
2009.
Enfin dans la troisième partie nous étudierons l’évolution des pratiques entre 2004 et
2009 ; puis nous rapprocherons nos résultats des recommandations de 2007, afin de voir
si elles ont atteint leurs objectifs.
13
1 .PREMIERE PARTIE
14
1.1 LES PUBLICATIONS DE L’AFSSAPS DE 2007 :
DIAGNOSTIC ET ANTIBIOTHERAPIE DES INFECTIONS
URINAIRES BACTERIENNES COMMUNAUTAIRES DU
NOURRISSON ET DE L’ENFANT
Deux publications sont disponibles pour les médecins : d’une part « l’argumentaire » qui
correspond au texte complet et d’autre part le résumé intitulé : « les recommandations ».
La diffusion de ces publications est faite par internet. Elles sont disponibles en ligne sur le
site de l’AFSSAPS : http://www.afssaps.fr/
1.1.1 METHODES
Les recommandations de bonnes pratiques sont une synthèse des données scientifiques
afin d’informer les médecins de l’état des connaissances actuelles et afin de définir une
stratégie médicale optimale dans une situation clinique donnée.
Ces recommandations ont été émises par une agence nationale : l’Agence Française de
Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS).
Elles reposent sur l’analyse et la synthèse critique de la littérature médicale par un groupe
multidisciplinaire de professionnels concernés par le thème des recommandations.
L’AFSSAPS a choisi de définir les différentes forces des données recommandées selon le
système de niveau de preuve de la Haute Autorité de Santé (HAS) : les niveaux vont du
grade A, preuve scientifique établie (études randomisées de forte puissance), au grade C,
faible niveau scientifique (études cas-témoin, études comparatives avec des biais
importants, études rétrospectives, série de cas, études épidémiologiques descriptives).
Lorsque les données de la littérature sont insuffisantes ou incomplètes, les
recommandations sont basées sur un accord professionnel [4].
15
1.1.2 SOURCES D’INFORMATIONS UTILISEES
Selon l’AFSSAPS ces données sont remises en causes pour plusieurs raisons :
16
- l’évolution des résistances bactériennes aux antibiotiques est préoccupante, elle
limite le choix thérapeutique à quelques molécules chez l’enfant ;
Dans la partie qui suit nous présentons les idées essentielles des publications de
l’AFSSAPS en suivant le plan du document officiel.
1.1.4.1 Introduction
L’infection urinaire est une pathologie fréquente chez l’enfant. La prévalence de la maladie
dépend de multiples facteurs, notamment de l’âge et du sexe :
- dans les trois premiers mois de vie, les infections urinaires sont plus fréquentes
chez le garçon [5, 6] ;
- c’est dans la première année de vie que l’incidence du premier épisode est le
plus important [7] ;
- après la première année de vie, les infections urinaires sont beaucoup plus
fréquentes chez la fille que chez le garçon [5, 6].
17
Les présentations cliniques sont souvent peu spécifiques surtout chez le nouveau-né et le
nourrisson.
1.1.4.2 Définitions
Selon l’AFSSAPS le terme d’infection urinaire regroupe des situations hétérogènes qui
ont, comme caractéristiques communes, la présence d’une quantité significative de
bactéries dans les urines. Le diagnostic repose sur l’examen cytobactériologique des
urines qui impose des conditions rigoureuses de prélèvement, de conservation et de
réalisation.
Sur le plan clinique, les symptômes rencontrés sont divers et variables selon l’âge. La
fièvre peut être le seul symptôme d’une pyélonéphrite aiguë (PNA). Avant l’âge de 2 ans,
et malgré l’absence de signes spécifiques, il faut penser à rechercher une infection
urinaire devant toute fièvre mal tolérée ou persistante pendant 2 à 3 jours [1]. Chez le
nourrisson, une infection urinaire peut également se manifester par une mauvaise prise
pondérale, une irritabilité, une apathie, des troubles du sommeil sans état fébrile [4].
Le diagnostic de pyélonéphrite aiguë est plus facile à évoquer chez l’enfant d’âge scolaire
qui peut signaler une douleur lombaire et/ou abdominale et décrire des troubles
mictionnels qui accompagnent la fièvre.
Un syndrome inflammatoire biologique (hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles,
élévation de la protéine C de l’inflammation, de la vitesse de sédimentation, de la
18
procalcitonine) est souvent associé. Mais les marqueurs biologiques de l’inflammation ne
sont ni constants ni spécifiques [4]. Selon les recommandations, si le recours aux
marqueurs de l’inflammation est utilisé, il existe un accord professionnel pour n’en faire
qu’un seul.
La PNA est le plus souvent d’évolution favorable ; ses complications aiguës sont
représentées par la diffusion bactérienne hématogène à partir du foyer parenchymateux, à
l’origine de bactériémie. Ces bactériémies exposent à un risque d’infection grave et de
localisation secondaire de la bactérie. Ces risques immédiats concernent surtout les
nouveau-nés et les enfants de moins de 2 mois [1, 8, 9].
Les risques de l’infection intra-parenchymateuse sont aussi la constitution de cicatrices
pyelonéphritiques irréversibles. Ces complications sont redoutées par leur fréquence et
leurs éventuelles conséquences [10]. Les cicatrices rénales peuvent entrainer à long
terme une protéinurie, une hypertension artérielle et une réduction néphronique [4, 11, 12].
L’infection urinaire est souvent associée à une anomalie des voies urinaires : lorsqu’une
imagerie (échographie, cystographie rétrograde) est réalisée, une uropathie est retrouvée
dans plus d’un tiers des cas [13]. Le reflux vésico-urétéro-rénal (RVU) est l’uropathie
malformative la plus souvent mise en évidence. Selon leur aspect radiologique en
cystographie rétrograde, ces reflux sont classés en 5 grades (annexe 2). Nous distinguons
ainsi les reflux de haut grade (IV et V) de ceux qui sont de bas grades (I, II, III) [14].
Cependant, selon l’AFSSAPS la découverte d’un RVU ne modifie pas la prise en charge.
Le diagnostic clinique de cystite est essentiellement évoqué chez les filles de plus de 3
ans.
Au cours des cystites, la fièvre est habituellement absente ou modérée (inférieure à
38.5°C). Les signes cliniques comportent : dysurie, brûlures mictionnelles, pleurs lors des
mictions, pollakiurie, envies impérieuses, douleurs hypogastriques, fuites urinaires,
hématurie macroscopique [4].
Il n’y a pas de syndrome inflammatoire biologique.
Les cystites récidivantes sont définies par au moins trois épisodes par an.
C’est la localisation de l’infection urinaire qui détermine, à la fois, la morbidité de
l’infection, la prise en charge thérapeutique et le bilan d’imagerie. Les recommandations
soulignent la difficulté de faire la distinction clinique entre cystite et pyélonéphrite,
particulièrement chez les nourrissons. La scintigraphie rénale au DMSA-Tc 99 précoce est
19
l’examen de référence pour le diagnostic de certitude mais elle n’est pas utilisée en
pratique courante du fait de son coût et de sa disponibilité insuffisante.
L’arbre urinaire est normalement stérile, à l’exception de l’urètre distal, contaminé par la
flore digestive, cutanée, génitale. Les reins sont protégés de l’invasion bactérienne par le
sphincter vésico-urétéral et le flux permanent de l’urine [16]. La flore digestive normale est
habituellement le réservoir des bactéries retrouvées dans les infections urinaires.
L’infection est favorisée par la présence d’une anomalie fonctionnelle, ou organique,
responsable de la colonisation de l’urine vésicale, de la stase urinaire ou du reflux des
20
urines vers le rein. La virulence bactérienne est également un facteur important. Les
différents germes présentent des facteurs spécifiques de pouvoir pathogène. Ces facteurs
donnent aux bactéries la capacité de se fixer sur l’épithélium des voies urinaires.
L’infection urinaire débute avec la colonisation du tube digestif par une bactérie
uropathogéne qui va coloniser l’aire péri-urétrale, puis migrer le long de l’urètre vers la
vessie, puis le long de l’uretère vers le rein [16].
Escherichia coli est responsable de 60 à 90% des infections urinaires de l’enfant, selon les
séries [1-4]. Les autres germes les plus fréquemment retrouvés sont Proteus mirabilis, les
entérocoques et Klebsiella spp. Les infections urinaires dues à Pseudomonas aeruginosa,
Staphylococcus spp sont rares et surviennent dans des contextes particuliers
(antibiothérapie, hospitalisation…) [17, 18].
Staphylococcus saprophyticus est une cause d’infection urinaire rencontrée surtout chez
l’adolescente et la femme adulte jeune [4].
Figure 1 : E. coli
21
1.1.4.3.3 Resistance bactérienne
Les résistances des E. coli aux antibiotiques varient d’un pays à l’autre. Il est
particulièrement élevé chez l’enfant en France [4]. Selon l’AFSSAPS, ce haut niveau de
résistance s’explique par la surconsommation d’antibiotiques dans les infections
respiratoires.
D’après les études citées par l’AFSSAPS :
- certaines souches montrent une sensibilité moindre au céfixime par rapport aux
C3G injectables. L’AFSSAPS cite l’étude de Goldstein publiée en 2000 [19]. Elle
remet en cause l’utilisation du céfixime comme antibiothérapie probabiliste dans
le traitement de la pyélonéphrite ;
- enfin, ces souches restent, dans la grande majorité des cas, sensibles aux
aminosides.
22
1.1.4.4 Outils du diagnostic
Le diagnostic d’infection urinaire repose sur l’existence d’un tableau clinique évocateur,
d’une bactériurie et d’une leucocyturie significatives. Ce diagnostic est souvent difficile à
poser, notamment chez le nourrisson de moins de 3 mois ; trois raisons sont données
dans les recommandations :
C’est un examen banal, qui impose des techniques de prélèvement rigoureuses, des
conditions de conservation et de réalisation précises, ainsi qu’une interprétation critique
des résultats.
23
1.1.4.4.1.1 Prélèvement d’urines
Le prélèvement d’urine doit être fait avec beaucoup de soins pour éviter une
contamination par la flore commensale qui colonise l’urètre et la région périnéale.
Quelle que soit la méthode de recueil des urines, le prélèvement doit être précédé d’une
toilette soigneuse de la région périnéale, au savon et avec un antiseptique, suivie d’un
rinçage à l’eau. La présence d’antiseptique dans l’échantillon peut inhiber la croissance
bactérienne. Une fois l’échantillon recueilli dans un récipient stérile, il faut le faire parvenir
le plus rapidement possible au laboratoire (au mieux en moins d’une heure).
- le prélèvement par cathétérisme, en utilisant une sonde souple pré lubrifiée est
une alternative fiable. Mais il partage en partie les mêmes inconvénients que la
technique précédente. Il est plus difficile à réaliser chez le garçon. Les risques
d’infections urinaires iatrogènes et de lésions urétrales, chez le garçon,
semblent faibles. Cette technique est aussi considérée comme fiable par
l’AFSSAPS ;
- le prélèvement d’urine en milieu de jet est une technique non invasive et elle ne
partage pas les mêmes inconvénients des deux méthodes précédentes. C’est la
technique à utiliser chez les enfants ayant des mictions volontaires. Ce type de
recueil peut aussi être proposé chez l’enfant de moins de deux ans ; elle
demande alors de la patience mais les résultats sont meilleurs que ceux
obtenus par la technique de prélèvement utilisant une poche ;
24
- le prélèvement utilisant une poche à urine est la technique la plus utilisée chez
les enfants de moins de deux ans. Il expose à une contamination de l’échantillon
urinaire par la flore périnéale ou péri-urétrale. La poche doit être changée toute
les trente minutes. De nombreux auteurs ainsi que des recommandations
internationales remettent en cause l’intérêt du prélèvement par poche [20, 21,
22].
Elles ne doivent jamais être conservées plus de 2 heures à température ambiante ou, à
défaut, conservées à +4°C pour une durée maximale d e 24 heures. Des milieux de
transport, contenant de l’acide borique, permettent de conserver les urines à température
ambiante pendant 48 heures [4].
L’examen direct, au microscope, avec coloration de Gram, est une étape capitale pour le
dépistage et le diagnostic rapide. Il permet de quantifier une leucocyturie éventuelle et de
reconnaître une bactériurie.
L’examen direct doit être fait systématiquement et réalisé en moins d’une heure.
Elle correspond à une bactériurie ≥ 105 UFC (unités formant colonies) par millilitre [4].
La coloration de Gram permet d’orienter d’emblée le traitement antibiotique en décrivant
les bactéries observées et le caractère mono- ou polymicrobien de la bactériurie.
Elle permet éventuellement d’orienter le choix des milieux de culture pour le laboratoire.
25
La leucocyturie
Une bactériurie, sans leucocyturie, doit faire évoquer par ordre de fréquence une souillure,
une colonisation urinaire, et une infection urinaire débutante [23].
26
de pyélonéphrites [24]. Le prélèvement ayant été réalisé sur des urines en milieu de jet.
Aucune étude comparable n’a été réalisée chez l’enfant.
Cependant l’AFSSAPS rappelle que l’interprétation doit aussi tenir compte de plusieurs
données :
Tableau 1 : Critères diagnostiques pour les infections urinaires d’après Hellerstein [25].
27
- le patient : l’interprétation est plus facile chez l’enfant de plus de 2 ans continent
et chez le garçon circoncis ;
Les germes peuvent être mis en évidence indirectement à l’aide de bandelettes réactives.
C’est un test de dépistage, pas de diagnostic. Il comporte la recherche de leucocytes et de
nitrites [26].
Les bandelettes ont une valeur prédictive négative de 97% si l’on considère à la fois la
négativité des leucocytes et des nitrites [4].
28
Chez le nourrisson de moins de 3 mois, la bandelette urinaire a une valeur prédictive
négative insuffisante. En revanche, ce test présente un intérêt évident en cas de fièvre
isolée après 3 mois [4].
- devant un tableau clinique, associant fièvre et signes urinaires, l’ECBU peut être
demandé sans test préalable.
L’ECBU prélevé à l’aide d’une poche est une technique peu fiable. Une culture
bactérienne ≤ 103 UFC/ml a une excellente valeur prédictive négative, mais si elle est
supérieure à 104 UFC/ml elle doit être interprétée avec prudence. Il ne faut pas hésiter,
avant de débuter une antibiothérapie et des explorations, à renouveler l’examen dans des
conditions toujours aussi rigoureuses, ou à proposer un prélèvement par cathétérisme, ou
ponction, chez le nourrisson ou l’enfant trop jeune pour uriner sur commande [4].
Concernant le bilan biologique : selon l’AFSSAPS et comme nous l’avons déjà vu, si le
recours aux marqueurs biologiques de l’inflammation est utilisé, il ne faut en choisir qu’un
seul.
29
L’hémoculture est recommandée chez les enfants hospitalisés du fait du syndrome
septique ou de l’âge (nourrisson de moins de 3 mois).
Il n’existe pas de consensus sur l’intérêt des examens d’imagerie au décours d’une
infection urinaire.
Deux antibiotiques sont recommandés : le cotrimoxazole (contre indiqué avant l’âge d’un
mois) à la dose de 30 mg/kg/j de sulfaméthoxazole et de 6 mg/kg/j de triméthoprime en
deux prises quotidiennes ou le céfixime, 8 mg/kg/j en deux prises quotidiennes (indication
AMM à partir de 3 ans). Cette dernière molécule devrait être réservée en cas de
résistance, d’intolérance ou de contre indication au cotrimoxazole.
Le contrôle de l’examen bactériologique des urines, après traitement, n’est pas utile.
30
1.1.4.5.2 Pyélonéphrites aiguës
Les pyélonéphrites doivent être traitées par des antibiotiques se concentrant bien dans les
urines, le sang (du fait du risque de bactériémie) et le parenchyme rénal (pour limiter le
risque de cicatrices rénales).
Le traitement doit être immédiat en cas de certitude du diagnostic, de syndrome septique,
d’uropathie connue, d’immunodépression, et chez le nourrisson de moins de 3 mois.
Selon les recommandations, le traitement des pyélonéphrites doit associer deux phases :
- soit la ceftriaxone par voie intramusculaire (IM) ou intraveineuse (IV) pour les
patients hospitalisés ou en ambulatoire à dose quotidienne unique de 50 mg/kg,
sans dépasser la dose adulte de 1 g/j ;
31
- soit, en monothérapie, notamment en cas d’allergie aux bêta-lactamines chez le
sujet à fonction rénale normale.
Ces traitements sont prescrits pour une durée de 2 à 4 jours, en fonction de l’évolution
clinique de l’enfant.
Cette première phase est suivie d’un traitement par voie orale
32
L’ECBU de contrôle n’est pas recommandé que ce soit sous traitement ou, à l’arrêt de
celui-ci. Cependant, il reste indiqué en cas d’évolution clinique inhabituelle ou si la bactérie
isolée s’avère résistante au traitement initial.
Une surveillance, avec une réévaluation à 48-72 heures après le début du traitement,
s’impose, pour vérifier la bonne évolution clinique et la sensibilité de la bactérie au
traitement initial et au traitement relais.
L’hospitalisation est recommandée chez tout enfant de moins 3 mois et chez tout enfant
présentant des signes cliniques d’infection sévère. Les autres enfants peuvent bénéficier
du même traitement en ambulatoire.
Elle a deux objectifs : réduire la fréquence des épisodes d’infection urinaire et prévenir, ou
au moins limiter, les lésions rénales, secondaires aux épisodes répétés de pyélonéphrites
aiguës.
- être actif sur E. coli, principale bactérie cause d’infections urinaires récidivantes ;
Ils sont prescrits en une prise quotidienne, soit le matin chez l’enfant de moins de 2 ans,
soit le soir pour les autres (moment du pic de concentration osmolaire des urines pour une
meilleure efficacité).
34
- d’une hygiène périnéale adaptée ;
35
1.2 PRINCIPAUX MESSAGES DES RECOMMANDATIONS
Le dépistage des IU repose sur les bandelettes réactives, sauf avant 3 mois.
Le diagnostic des IU repose sur la clinique et l’examen cytobactériologique des urines. Le
diagnostic des pyélonéphrites doit être systématiquement évoqué devant toute fièvre sans
foyer infectieux patent.
- Prise en charge
L’hospitalisation est recommandée chez l’enfant de moins de 3 mois ou présentant des
signes cliniques d’infection sévère.
37
Antibioprophylaxie dans les infections récidivantes
38
1.3 PRISE EN CHARGE DES INFECTIONS URINAIRES EN
MEDECINE GENERALE EN 2004 (ETUDE A PARTIR D’UNE
THESE REALISEE DANS LE MAINE ET LOIRE)
Dans cette dernière partie, nous avons étudié quelle était la prise en charge des infections
urinaires chez l’enfant par le médecin généraliste avant les recommandations de
l’AFSSAPS de 2007.
Nous nous sommes aidés pour cela des travaux d’une thèse soutenue en 2005. A l’aide
de cas cliniques, elle permettait de faire un état des lieux des pratiques en médecine
générale face à l’infection urinaire chez l’enfant.
Cette étude réalisée en 2004 dans le Maine-et-Loire nous a servi donc de point de
comparaison avec les pratiques actuelles. Ainsi nous pourrons voir si les
recommandations de l’AFSSAPS parues entre temps, ont modifié les pratiques des
médecins généralistes.
- la seconde était les différences de prises en charge constatées chez ces enfants
entre le service des urgences et les médecins généralistes.
39
Pour analyser la prise en charge des infections urinaires de l’enfant en médecine générale
en Maine-et-Loire, un questionnaire a été réalisé et a été envoyé à 115 médecins du
département en septembre et octobre 2004. Ces questionnaires, ont été expédiés, de
façon aléatoire, avec les courriers de sortie d’enfants adressés aux urgences pédiatriques
du CHU d’Angers.
40
QUESTIONNAIRE SUR L’INFECTION URINAIRE EN PEDIATRIE
Homme / Femme
Commune d’exercice :
Vos commentaires :
IV - CAS CLINIQUES
A- Vous voyez Paul, 9 mois, pour fièvre isolée à 39° depuis 48 h, bien tolérée, sans
autre symptôme que quelques épisodes de frissons. Il n’a pas d’antécédent
particulier.
1- Que faites-vous ?
a- Antipyrétiques Oui / Non
b- Demande NFS, CRP Oui / Non
c- Demande ECBU Oui / Non
d- Adressé aux urgences pédiatriques Oui / Non
42
4- Et si l’enfant était une petite fille de 9 mois, votre attitude serait-elle changée ?
a- sur l’attitude initiale Oui / Non
b- sur le bilan ultérieur Oui / Non
1- Que faites-vous ?
a- Antipyrétiques Oui / Non
b- Demande NFS, CRP Oui / Non
c- Demande ECBU Oui / Non
d- Adressé aux urgences pédiatriques Oui / Non
43
1.3.2 RESULTATS DE L’ETUDE
Dans cette partie nous nous sommes intéressés aux principaux résultats du questionnaire
concernant, les médecins étudiés, leur analyse de l’ECBU, et les résultats du premier cas
clinique. Le deuxième cas clinique ne faisant pas partie du questionnaire utilisé en 2009,
ces résultats n’ont pas été repris.
38.5% des médecins interrogés utilisaient la bandelette urinaire. Ceux qui ne les utilisaient
pas évoquaient principalement deux raisons :
- le manque de temps ;
- l’autre raison était liée aux bandelettes elles-mêmes : manque de matériel, prix
des bandelettes, délai rapide de péremption.
44
Concernant l’examen cytobactériologique des urines, l’auteur du questionnaire a demandé
aux médecins leurs critères de positivité d’un ECBU à l’aide d’un questionnaire à choix
multiples.
Les résultats ont montré que l’interprétation de l’ECBU était variable en fonction des
médecins :
Les réponses à l’interprétation de l’ECBU ont montré que seulement 15.4% des médecins
utilisaient les critères de positivité classiques : leucocyturie pathologique à partir de 104/ml
associée à une bactériurie supérieure à 105 UFC/ml.
L’énoncé du cas clinique proposé était : « Vous voyez Paul, 9 mois, pour fièvre isolée à
39°C depuis 48 heures, bien tolérée, sans autre sym ptôme que quelques épisodes de
frissons. Il n’a pas d’antécédent particulier».
45
1.3.2.3.1 Question 1 : « Que faites-vous ? »
La majorité des médecins (83.3%) ont choisi de traiter per os. Les antibiotiques prescrits
étaient variables : les C3G (17.2%), l’amoxicilline seule (17.2%), ou associée à l’acide
clavulanique (23.4%), le cotrimoxazole (12.5%). 25% ont répondu prescrire l’antibiotique
en fonction de l’antibiogramme sans préciser ce qu’ils faisaient en attendant ces résultats.
46
Ces réponses ont révélé, que la pratique de la majorité des médecins généralistes n’était
pas en accord avec les recommandations en vigueur de l’époque. La conférence de
consensus de 1990 proposait un traitement parentéral pour tout nourrisson de moins de
18 mois. L’antibiothérapie recommandée dans ce cas là était l’association d’un aminoside
et d’une C3G [28].
De plus, l’antibiothérapie choisie pour un traitement oral était très variable en fonction des
praticiens, et souvent inadaptée à l’évolution des profils de résistance bactérienne.
Seulement 17.2% des médecins prescrivaient une C3G.
En revanche, la durée moyenne de l’antibiothérapie orale (10.2 jours) était conforme aux
recommandations qui préconisaient 10 à 14 jours de traitement pour une pyélonéphrite
aiguë [28].
Sept examens étaient proposés : un ECBU de contrôle, une échographie vésicale, une
échographie rénale, la cystographie, l’urographie intraveineuse (UIV), le cliché de
l’abdomen sans préparation (ASP) et la scintigraphie rénale.
L’ECBU de contrôle était demandé par 93% des médecins. Or cette attitude
n’était déjà plus préconisée [29]. Selon l’auteur, ce pourcentage élevé de demande
d’ECBU de contrôle, pouvait s’expliquer par la forte proportion de cystographies
demandées par les médecins de l’étude.
La majorité des médecins ne modifiait ni leur attitude initiale ni leur bilan ultérieur en
fonction de l’âge et du sexe de l’enfant.
Parmi ceux qui modifiaient leur attitude initiale ou leur bilan ultérieur, les comportements
les plus fréquents étaient :
48
1.3.3 CONCLUSIONS DE L’ETUDE
Cette étude, réalisée fin 2004, a permis de mettre en évidence une grande hétérogénéité
des pratiques en médecine générale face à l’infection urinaire chez l’enfant.
Ainsi, l’attitude des médecins était homogène concernant les modalités d’administration du
traitement, cependant elle était en contradiction avec les conférences de consensus de
1990 et de 1999.
De plus, beaucoup de prescriptions d’antibiotiques n’étaient pas adaptées à l’écologie
bactérienne.
49
3) Les examens complémentaires les plus prescrits étaient :
50
2 .DEUXIEME PARTIE
ENQUETE ET RESULTATS
51
2.1 LA METHODE
Le but de cette étude était d’une part, de faire un état des lieux de la pratique des
médecins généralistes face à l’infection urinaire de l’enfant en 2009 et d’autre part, de la
comparer avec celle des médecins généralistes du Maine-et-Loire en 2004.
Nous avons voulu également essayer d’évaluer l’impact des recommandations de
l’AFSSAPS parues en 2007.
Ces différents appuis nous ont confortés dans l’idée de mener cette étude auprès des
médecins généralistes libéraux installés en Corrèze en 2009. Ainsi, bien que les enquêtes
de 2004 et 2009 aient été réalisées dans deux départements différents, nous avons pensé
que nous pouvions en tirer des enseignements sur l’évolution des pratiques des médecins
généralistes suites aux recommandations de l’AFSSAPS.
52
2.1.2 METHODE D’OBSERVATION : LE QUESTIONNAIRE
2.1.2.1 Création
Afin de pouvoir comparer la prise en charge des infections urinaires de l’enfant, entre 2004
et 2009, par le médecin généraliste, nous avons repris, en partie, le questionnaire utilisé
en 2004. Nous y avons en effet apporté quelques modifications.
Le questionnaire envoyé aux médecins corréziens est le suivant (les modifications par
rapport à celui de 2004 apparaissent ici en caractères gras et en italiques) :
53
QUESTIONNAIRE SUR LES INFECTIONS URINAIRES BACTERIENNES
COMMUNAUTAIRES DU NOURRISSON ET DE L’ENFANT
Homme / Femme
Commune d’exercice :
54
3-Votre interprétation de l’ECBU :
- quel seuil de leucocyturie retenez-vous comme significatif : <104 ≥104 ≥105 /ml
(soit en mm3 : <10 ≥10 ≥100 / mm3)
- quel seuil de bactériurie retenez-vous comme significatif : <104 ≥104 ≥105 UFC /
ml (UFC : Unité Formant Colonies).
- avec combien d’espèces bactériennes isolées ? 1 germe, 2 germes, ou plus de 2
germes.
Vous voyez Paul, 9 mois, pour fièvre isolée à 39° depuis 48 h, bien tolérée, sans autre
symptôme que quelques épisodes de frissons. Il n’a pas d’antécédent particulier.
1- Que faites-vous ?
a- Antipyrétiques Oui / Non
b- Demande NFS, CRP Oui / Non
c- Demande ECBU Oui / Non
d- Adressé aux urgences pédiatriques Oui / Non
55
2- Vous demandez un ECBU qui s’avère positif. Que faites-vous ?
4- Et si l’enfant était une petite fille de 9 mois, votre attitude serait-elle changée ?
56
Le questionnaire de 2009 se divise en plusieurs parties :
- la deuxième comporte des questions sur les examens urinaires. Dans cette
partie, des items ont été rajoutés pour étudier l’interprétation de l’ECBU par le
médecin généraliste. Les seuils de leucocyturie et de bactériurie proposés ont
été modifiés par rapport à ceux de 2004, là aussi des classes se
chevauchaient ;
- la troisième comporte l’étude d’un cas clinique d’un garçon de 9 mois, cas
clinique identique à celui du questionnaire de 2004. Les seules modifications
ont consisté à proposer des durées de traitement pour l’antibiothérapie et à
regrouper l’échographie rénale et l’échographie vésicale en une seule
proposition. Le deuxième cas clinique n’a pas été conservé, nous avons estimé
le questionnaire trop long ;
- enfin à travers une dernière question nous avons voulu savoir quelles
références utilisaient les médecins généralistes à propos des infections urinaires
de l’enfant.
57
2.1.2.2 Passation
Ces questionnaires ont été expédiés du centre hospitalier de Tulle, accompagnés d’une
enveloppe prête à affranchir. Le secrétariat du service de pédiatrie de l’hôpital de Tulle
s’est consacré à l’organisation de ce travail.
Les courriers ont été adressés à 249 médecins généralistes corréziens. La liste des
médecins généralistes exerçant en libéral, installés en Corrèze en 2009, nous a été
transmise par le Conseil départemental de l’Ordre des Médecins.
Les questionnaires ont été envoyés le 20 novembre 2009 avec un délai de réponse de 45
jours.
Les médecins qui n’ont pas répondu n’ont pas été relancés du fait du caractère anonyme
des réponses.
Les comparaisons des résultats de notre enquête avec ceux de l’enquête de 2004 ont été
réalisées à l’aide des tests du Chi2 et des tests exacts de Fischer (quand les conditions le
nécessitaient). Le seuil de significativité a été fixé à 0.05. Ces calculs ont été réalisés avec
l’aide de l’Unité Fonctionnelle de Recherche Clinique et Biostatistique du CHU de
Limoges.
Le calcul des pourcentages a été réalisé soit en fonction du nombre de médecins ayant
répondu à la question soit en fonction du nombre total de médecins (101). Le choix de la
population pour ces calculs de pourcentage est déterminé par ce qui a été fait en 2004
afin de pouvoir comparer les résultats.
Afin d’analyser les réponses un recodage des données a été nécessaire dans certains
cas. Certains questionnaires présentaient : des réponses illisibles, des réponses
incohérentes, des réponses inattendues, des rajouts d’items dans des questionnaires à
choix multiples.
58
2.2 RESULTATS DE L’ETUDE DE 2009
Parmi les 249 médecins contactés 102 ont renvoyé le questionnaire (taux de réponse de
41%). Un questionnaire a été renvoyé alors que les résultats étaient déjà traités. Il n’a pas
été pris en compte. La population de notre étude était donc de 101 médecins généralistes.
2.2.1.1 Sexe
Parmi les 101 médecins, nous comptions 80 hommes (soit 79,2%) et 21 femmes (soit
20.8%).
2.2.1.2 Age
Le graphique suivant représente la répartition des médecins par âge selon le sexe.
hommes femmes
50 47
45
40
35
30
Nombre de
25
médecins 19
20
13
15 11
10 5
3 2
5 1
0
moins de 35 ans de 35 à 45 ans de 46 à 60 ans plus de 60 ans
Age
59
Au moment de l’enquête : 5 médecins avaient moins de 35 ans, 16 avaient entre 35 et 45
ans, 60 avaient de 46 à 60 ans et 20 avaient plus de 60 ans.
60
48
50
40
Nombre de 30
30
médecins
20 15
8
10
0
<5 5 à 15 16 à 25 > 25
Durée d'installation (en année)
La grande majorité des médecins sont installés en Corrèze depuis plus de 15 ans (77.2%).
60
2.2.1.4 Répartition géographique
Dans le tableau ci-dessous, nous avons classé les villes en fonction du nombre de
médecins ayant participé à notre étude.
61
Figure 2 : Répartition en Corrèze des médecins ayant répondu au questionnaire.
Ces deux documents montrent que la majorité des médecins de l’étude se situent à Brive,
Tulle, et dans la zone concentrique autour de ces deux villes. Ces zones correspondent
aux densités de population les plus fortes de Corrèze [30]. C’est donc dans ces zones
également qu’il y a la plus forte densité médicale.
Nous avons obtenu moins de réponses provenant du Nord et de l’Est du département,
territoires moins peuplés, et moins médicalisés. Il se peut aussi que les médecins exerçant
dans ces zones travaillent davantage avec le CHU de Clermont-Ferrand.
62
2.2.1.5 Pourcentage de pédiatrie
Nous avons voulu connaître la part de pédiatrie dans l’activité des médecins.
La question était ouverte. Pour les médecins qui ont donné des réponses du type « 20 à
30% », la valeur retenue était la valeur supérieure : ici, 30%.
50 44
40
30
Nombre de
21
médecins 18
20
7 8
10
3
0
0 à 10 11 à 20 21 à 30 31 à 40 > 40 non répondu
Pourcentage de pédiatrie (%)
Le pourcentage moyen d’activité de pédiatrie parmi ces 93 médecins était de 20.3%, avec
des extrêmes allant de 5% à 50%.
On constate que 89.2% des médecins ont moins de 31% d’activité de pédiatrie dans leur
patientèle.
63
2.2.2 ACCESSIBILITE AUX EXAMENS COMPLEMENTAIRES
Nous avons ensuite étudié les possibilités d’accès aux examens complémentaires ainsi
qu’aux services de pédiatrie dans le cadre de la prise en charge des enfants suspects ou
atteints d’infection urinaire.
Pour cela, la distance séparant les cabinets médicaux des différentes structures a été
évaluée.
La distance moyenne séparant les laboratoires des médecins de l’étude était de 9.7
kilomètres avec des extrêmes allant de 0 à 50 kilomètres.
Pour 37.6% des médecins le laboratoire se situait à moins de 2 kilomètres.
38.6% des médecins étaient à plus de 10 kilomètres d’un laboratoire.
40 38
35 31
30
24
25
Nombre de
20
médecins
15
10
5
5 3
0
0à2 2,1 à 10 10,1 à 20 20,1 à 30 > 30
Distance séparant le laboratoire du cabinet médical (km)
Les délais d’obtention des résultats dans ces laboratoires étaient satisfaisants pour 98
médecins. Un médecin n’était pas satisfait, il se situait à 25 kilomètres d’un laboratoire.
Deux médecins n’ont pas répondu à cette question.
64
2.2.2.2 Centre de radiologie
La moyenne des distances entre les centres de radiologie et les cabinets médicaux était
de 15.7 kilomètres avec des extrêmes allant de 1 à 50 kilomètres.
30 28
25
25 23
20
Nombre de
15
médecins 12
10
7
6
5
0
0à2 2,1 à 5 5,1 à 10 10,1 à 20 20,1 à 30 > 30
Distance en km
Concernant les délais d’obtention des rendez-vous dans les centres de radiologie, 91
médecins (soit 94.8%) les trouvaient satisfaisants. Cinq médecins n’ont pas répondu.
Cinq praticiens estimaient ces délais trop longs. Ces médecins non satisfaits étaient plutôt
proches d’un centre de radiologie (trois étaient situés à moins de 10 kilomètres, les deux
autres se situaient respectivement à 10 et 16 kilomètres).
Enfin, devant la nécessité d’hospitaliser parfois les enfants atteints de pyélonéphrite aiguë
(notamment pour un diagnostic urgent ou pour un traitement par voie parentérale), la
distance séparant le cabinet médical du service de pédiatrie le plus proche a été étudiée.
65
La distance moyenne séparant le cabinet médical du service de pédiatrie le plus proche
était de 22.4 kilomètres avec des extrêmes allant de 0.1 à 80 kilomètres.
30
25
25
22
20
17
16
Nom bre de
15
m édecins 11
10
10
0
0à2 2,1 à 5 5,1 à 10 10,1 à 20 20,1 à 30 > 30
distance (en km )
Sur les 100 réponses à cette question, 89 médecins ont dit ne pas être gênés.
Parmi les 11 médecins qui ont répondu être gênés, deux n’estimaient pas satisfaisants les
délais d’obtention des rendez-vous de radiologie. Les neuf autres médecins ont répondu
qu’ils étaient satisfaits des délais d’obtention des résultats des laboratoires et des délais
des rendez-vous de radiologie.
Globalement, les éventuelles difficultés d’accessibilité aux examens ne semblent donc pas
être un frein à leur prescription.
66
2.2.3 LA PRATIQUE DES EXAMENS URINAIRES
Le diagnostic d’infection urinaire repose sur l’examen clinique et sur des analyses d’urine
sous la forme d’une bandelette urinaire de dépistage et/ou sur la réalisation au laboratoire
d’un ECBU.
C’est la pratique de ces examens (bandelette urinaire, ECBU) chez l’enfant qui a été
étudiée dans cette partie. Elle comportait des questions ouvertes et il nous est apparu
intéressant de retranscrire littéralement les réponses proposées en notant entre
parenthèses, le nombre de réponses pour chaque proposition.
78 des 101 médecins ont répondu qu’ils utilisaient des bandelettes urinaires.
Nous avons demandé de préciser dans quelles circonstances et à partir de quel âge ils
utilisaient les bandelettes urinaires. Pour les médecins qui ont répondu en donnant une
tranche d’âge comme « 2/3 ans », nous avons retenu la valeur la plus basse, ici 2 ans.
Concernant l’âge limite à partir duquel ils faisaient usage des bandelettes urinaires les
réponses ont été variées :
67
- huit médecins ont mis la limite d’âge vers 2 ans. La plupart de ces médecins ont
précisé qu’ils utilisaient la bandelette urinaire dès que l’enfant a acquis une
miction volontaire ;
- 17 médecins ont répondu qu’ils utilisaient des bandelettes urinaires dès que
l’enfant a la « possibilité d’uriner sur commande » ou « dès que le recueil peut
se faire au cabinet médical » sans préciser l’âge ;
- 11 autres n’ont pas donné d’âge précis : « chez le nourrisson » pour trois
médecins ; « dès que possible » ou « le plus tôt possible » pour cinq médecins.
« Sans âge » et « pas d’âge » pour deux autres. Enfin un médecin a noté « dès
que le recueil peut-être réalisé par les parents au cabinet » ;
Nous avons demandé de préciser dans quelles circonstances ils utilisaient les bandelettes
urinaires :
68
- pour 29 autres médecins, en cas de fièvre mais aussi dans d’autres
circonstances : douleurs abdominales, signes fonctionnels urinaires pour la
majorité, certains ont rajouté d’autres réponses comme « en cas d’altération de
l’état général », « refus alimentaire », « vomissement », « mauvaise prise de
poids », « anorexie » ;
69
2.2.3.1.2 Ceux qui ont répondu ne pas utiliser les bandelettes urinaires
Nous avons demandé aux 23 médecins qui ne les utilisaient pas d’en préciser les raisons.
- des difficultés d’ordre technique sont évoquées par quatre médecins : deux
mettaient en cause les délais rapides de péremption des bandelettes et les
stocks de pots pour recueillir les urines, les deux autres ne précisaient pas leurs
raisons ;
- les difficultés de recueil d’urine chez les enfants au cabinet médical sont
rapportées par deux médecins ;
70
2.2.3.2 L’ECBU
Les résultats d’un examen cytobactériologique des urines comportent plusieurs éléments
que sont la leucocyturie, la bactériurie avec un ou plusieurs germes identifiés.
Nous avons voulu savoir d’une part, à partir de quel seuil de leucocyturie et de bactériurie
les médecins diagnostiquaient une infection urinaire et, d’autre part comment les
médecins interprétaient cet examen.
90 médecins ont répondu à cette question, 57 estimaient cette technique fiable, soit
63.3%.
Cependant parmi les médecins qui estimaient cette technique fiable certains ont rajouté
des commentaires : « à condition de changer la poche au bout d’un certain délai » (2),
« de réaliser une toilette périnéale rigoureuse avant la pose de la poche » (2), « que ce
prélèvement soit réalisé par des professionnels » (1).
Un médecin a rajouté qu’il y avait beaucoup de faux positifs avec cette technique.
Deux médecins ont entouré les 2 réponses « oui » et « non ». Un n’a pas entouré de
réponse mais notait en commentaire « plutôt oui »
Un médecin qui avait répondu « non », notait que cet examen était « utile quand même ».
71
2.2.3.2.2 La leucocyturie
Le graphique ci-dessous reprend l’ensemble des réponses données par les médecins.
60
52
50 46
40
Nombre de
30
médecins
20
10
2 1
0
<104 >104 >105 Non répondu
Nombre de leucocytes par millilitre
2.2.3.2.3 La bactériurie
70 63
60
50
Nombre de 40 32
médecins 30
20
10 2 4
0
<104 >104 >105 Non répondu
Nombre de colonies par millilitre
BACTERIURIE
Non
< 104 ≥104 ≥105
répondu
< 104 0 1 1 0
≥104 2 18 30 2
LEUCOCYTURIE
≥105 0 13 32 1
Non
0 0 0 1
répondu
Tableau 3 : critères de leucocyturie et de bactériurie pathologiques retenus par les médecins
interrogés.
Ainsi, pour 30 médecins l’ECBU est pathologique en présence d’une leucocyturie ≥104 /ml
associée à une bactériurie ≥105 UFC/ml ; 32 autres ont retenu l’association d’une
leucocyturie ≥105 /ml à une bactériurie ≥105 UFC/ml.
73
2.2.3.2.4 Nombre de germes
Nous avons demandé avec combien de germes la bactériurie était considérée comme
pathologique. Trois réponses étaient proposées : 1 germe, 2 germes ou plus de 2 germes.
Quatre praticiens n’ont pas répondu. Parmi eux, un médecin a rajouté que cela
« dépendait de la leucocyturie ».
63.3% des médecins interrogés estiment fiable la technique de prélèvement utilisant une
poche à urine.
Le seuil de leucocyturie considéré comme pathologique est de 104 par ml pour 52% des
médecins, celui de la bactériurie est de 105 UFC/ml pour 65% des médecins.
L’association d’une leucocyturie ≥104 /ml à une bactériurie ≥105 UFC/ml est donnée par
29.7% de l’ensemble des 101 médecins.
74
2.2.3.2.5 L’absence de leucocyturie et de bactériurie permet-elle d’exclure
une infection urinaire ?
Il était proposé de répondre par « oui ou non ». 99 médecins ont répondu à la question :
- trois médecins ayant répondu « oui » ont rajouté des commentaires : « sauf en
cas d’infection décapitée par une antibiothérapie » (2), un a évoqué la
possibilité « d’une erreur de laboratoire » surtout si le contexte clinique était
évocateur d’une infection urinaire ;
- pour 88 médecins une infection urinaire est caractérisée par une leucocyturie et
une bactériurie ;
76
2.2.3.2.8 En présence d’une bactériurie isolée sur deux ECBU réalisés à
24 heures d’intervalle, quel diagnostic évoquez-vous ?
Les trois mêmes réponses étaient proposées : « une infection urinaire », « une
contamination du prélèvement », « une colonisation urinaire », et une possibilité de
réponse ouverte (« autre diagnostic »).
92 praticiens ont répondu :
77
Concernant l’interprétation de l’ECBU :
- pour 77% des praticiens l’absence de leucocyturie et de bactériurie permet d’exclure une
infection urinaire ;
- une infection urinaire est caractérisée par l’association d’une leucocyturie et d’une
bactériurie pour 88% des médecins ;
- une bactériurie avec deux germes évoque pour la majorité des médecins une
contamination du prélèvement (86.7% des médecins ont cité la contamination du
prélèvement dans leurs réponses) ;
- 25% des praticiens mentionnent la colonisation urinaire face à une bactériurie isolée sur
deux ECBU consécutifs.
2.2.3.2.9 Commentaires
- concernant la question sur la bactériurie avec deux germes : des médecins (4)
ont rajouté que la réponse dépendait aussi de la leucocyturie ;
- concernant la question portant sur une bactériurie isolée sur deux ECBU
consécutifs : trois médecins ont noté que cela dépendait du nombre de germes
ou du type de germe ; cinq médecins ont rajouté qu’ils ne faisaient jamais deux
ECBU à 24 heures d’intervalle.
78
2.2.4 CAS CLINIQUE
Nous avons ensuite proposé l’étude d’un cas clinique. Là encore nous avons parfois
retranscrit littéralement les propositions faites par les médecins pour ne pas en modifier la
teneur.
Ce cas clinique est celui qui a été proposé aux médecins généralistes du Maine-et-Loire
lors de l’étude de 2004.
Intitulé : « vous voyez Paul 9 mois, pour une fièvre isolée à 39° depuis 48 heures, bien
tolérée sans autre symptôme que quelques épisodes de frissons. Il n’a pas d’antécédent
particulier ».
Nous retrouvons le nombre de réponses pour chacun de ces items sur le graphique
suivant :
79
Répartition en fonction des attitudes de première intention
120
97
100
78
80 70
Oui
Nombre de
60 51 Non
médecins
Non répondu
40 31
23
19 19
20
8
1 3 4
0
Antipyrétiques NFS,CRP ECBU Hospitalisation
Attitudes proposées
Nous constatons que la grande majorité des médecins ont prescrit des antipyrétiques,
l’ECBU était demandé dans 80.4% des cas.
Nous proposions aux médecins, soit de traiter l’enfant avec une antibiothérapie per os, soit
avec une antibiothérapie parentérale. Ils devaient alors préciser le nom et la durée de
l’antibiothérapie. Les médecins pouvaient aussi choisir d’hospitaliser l’enfant. Enfin ils
avaient la possibilité de proposer d’autres prises en charge.
81
2.2.4.2.1 Antibiothérapie per os
Les médecins ont fait plusieurs propositions, certains ont proposé parfois trois
traitements :
- dix médecins ont proposé un traitement par une céphalosporine dont huit
précisaient de 3ème génération. Parmi eux, quatre médecins ont choisi le
céfixime et trois le cefpodoxime proxétyl ;
- neuf médecins ont traité par amoxicilline, deux ont réévalué leur traitement avec
les résultats de l’antibiogramme ;
- trois autres ont proposé deux antibiotiques : soit une céphalosporine de 3ème
génération soit de l’amoxicilline. Un d’entre eux, a réadapté son traitement aux
résultats de l’antibiogramme ;
82
- trois médecins ont proposé trois antibiotiques : cotrimoxazole ou amoxicilline
associée à l’acide clavulanique ou une céphalosporine de 3ème génération pour
deux médecins. Cotrimoxazole ou pénicilline ou céphalosporine de 3ème
génération pour un autre. Un a réadapté le traitement avec l’antibiogramme ;
-
pour un médecin, sans l’antibiogramme il aurait traité par cefpodoxime proxétyl.
Avec l’antibiogramme, il aurait traité soit par amoxicilline soit par cotrimoxazole ;
1 11
8
18
selon antibiogramme
cephalosporine 3eme génération
7
cephalosporine
amoxicilline
amoxicilline+ac clavulanique
cotrimoxazole
quinolone+c3g
15 15
large spectre
2
penicilline bétalactamine bactrim
83
Concernant l’antibiothérapie orale, de nombreuses molécules sont proposées.
Les réponses les plus fréquentes sont :
- 26.1% choisissent leur traitement en fonction de l’antibiogramme ;
- Les céphalosporines sont proposées par 24.6% des médecins ;
- 21.7% choisissent l’amoxicilline ;
- 10.1% associent l’amoxicilline à l’acide clavulanique ;
- Le cotrimoxazole est prescrit par 11.6% des praticiens ;
- 18.8% des médecins n’ont pas précisé leur choix.
35 32 33
30
25
20
Nombre des
médecins 15
10
5 2 2
0
0
<5 5à9 10 à 14 > 14 Non répondu
Durée de l'antibiothérapie orale (en jours)
84
Deux médecins ont traité l’enfant pendant moins de 5 jours : l’un avec de l’amoxicilline,
l’autre a choisi l’antibiotique en fonction des résultats de l’antibiogramme. Aucun des deux
n’a associé une antibiothérapie parentérale.
Le médecin qui traitait par voie intraveineuse, le faisait à condition que « l’enfant soit
ramené tous les jours pour faire son injection » et que le milieu social soit « favorable »,
sinon il hospitaliserait l’enfant. Il ne précisait ni l’antibiotique ni la durée du traitement.
L’antibiotique choisi serait la Ceftriaxone pour six médecins. Les cinq autres n’ont pas
précisé le nom de l’antibiotique.
Parmi les médecins ayant choisi de traiter par voie parentérale, huit d’entre eux ont aussi
proposé une antibiothérapie orale :
85
- un autre a choisi de traiter per os avec de la cefpodoxime proxétyl auquel il
associait « plus ou moins » un traitement par ceftriaxone IM pendant moins de 5
jours. Il n’a pas précisé sur quels critères il choisissait une double
antibiothérapie ;
- deux autres médecins ont entouré les deux réponses. Mais ils ont précisé
choisir la voie parentérale seulement si les résultats de l’antibiogramme ne
permettaient pas une antibiothérapie per os ;
- deux médecins ont traité soit per os soit en parentéral ; ils n’ont pas expliqué
leurs choix : l’un a précisé « plutôt » choisir l’antibiothérapie parentérale ; l’autre,
au contraire, a rajouté : « le plus souvent per os » ;
36 médecins ont hospitalisé Paul en pédiatrie, 60 ne l’ont pas hospitalisé et cinq n’ont pas
répondu à la question.
Parmi les réponses affirmatives nous trouvons neuf médecins qui ont proposé aussi un
traitement à domicile :
- six médecins ont choisi de traiter per os et ont aussi choisi l’hospitalisation. Ces
médecins ont souvent ajouté des commentaires : « hospitalisation s’il n’y a pas
d’amélioration clinique après 48 heures d’antibiothérapie » (3), « présence
d’autres symptômes » (1), « après avis pédiatrique » (1) ;
86
- trois médecins, parmi ceux qui ont préféré traiter en IM, ont aussi choisi
d’hospitaliser Paul. Un a rajouté « en l’absence d’amélioration au bout de 48
heures ». Un autre a noté que le plus souvent il choisissait l’hospitalisation.
2.2.4.2.5 Synthèse
En cas d’infection urinaire fébrile confirmée par l’ECBU, (parmi les médecins ayant
répondu aux questions) :
87
- 10.9% optent pour une antibiothérapie parentérale, les médecins qui citent l’antibiotique
ont tous choisi la ceftriaxone. La durée du traitement est de moins de 5 jours pour 36.4%
d’entre eux ; 45.5% traitent pendant 5 à 9 jours ;
Le questionnaire proposait six examens : le premier était un ECBU de contrôle et les cinq
autres étaient des examens radiologiques (échographie vésico-rénale, abdomen sans
préparation, urographie intraveineuse, scintigraphie rénale).
Nous avons demandé aux médecins quels examens ils prescriraient et dans quel délai.
Le graphique suivant représente l’ensemble des réponses données par les médecins pour
chacun des examens.
100 92
90
N om bre de m édecins
76 74
80 70 72
70 60
60
50
40
30 22 22 25 25
19 19
20 9
6 3 6 4
10 2
0
ECBU Echo ASP CGR UIV Scinti
Examens complémentaires proposés
88
2.2.4.3.1 ECBU de contrôle
25
21
20
Nombre de médecins
17
16
15 14
12 12
10
5
2
1
0
sous ≤2 3à5 6 à 10 11 à 15 > 15 non non
traitement répondu chiffrable
délai sous et après traitement (en jours)
Les deux réponses : « après avis spécialisé » et « selon évolution » ont été considérées
comme non chiffrables.
Trois médecins ont proposé de faire deux prélèvements : le premier a fait un prélèvement
à trois jours puis à dix jours après l’arrêt des antibiotiques. Le deuxième les a faits deux
jours après le début du traitement et deux jours après l’arrêt des antibiotiques. Le dernier
les a proposés à deux jours et à un mois après le traitement.
Pour un médecin le contrôle de l’ECBU serait mensuel, et il en referait un plus tôt, en cas
de syndrome infectieux.
89
2.2.4.3.2 Echographie vésico-rénale
Elle était demandée par 76 médecins, 19 ne l’ont pas prescrite et six n’ont pas répondu.
Les délais de réalisation de cet examen s’étendaient des premiers jours de l’infection à 30
jours après celle-ci, avec une moyenne de 10,7 jours.
Les délais chiffrés exprimés sont répertoriés dans le graphique suivant :
25 23
20
16
14
15
Nombre de 11
médecins
10 7
5
5
0
≤2 3à7 8 à 15 16 à 30 non répondu non
chiffrable
Délai en jours après le début de l'infection
Certains médecins ont donné des indications temporelles sans donner un nombre de jours
précis pour le délai. Ces indications ont été réparties de façon arbitraire.
Ainsi les réponses : « rapidement », « le plus tôt possible », « sans délai », « immédiat »,
« dès le diagnostic fait » ont été comptées avec les réponses inférieures ou égales à 2
jours.
Sept réponses ont été considérées comme non chiffrables : « si récidive » (2), « en
fonction de l’évolution » (2), « après avis », « au cours de l’hospitalisation », « sans
urgence ».
90
2.2.4.3.3 Cliché d’Abdomen sans préparation (ASP)
L’ASP a été prescrit par neuf médecins. Aucun de ces médecins n’a demandé
d’urographie intraveineuse.
Concernant le délai de réalisation de l’ASP : deux médecins ont noté « rapidement », un
autre a répondu 15 jours.
70 médecins ne l’ont pas prescrit. Parmi eux, un le prescrirait s’il suspectait une
« constipation rebelle » associée.
22 praticiens n’ont pas répondu à la question.
19 médecins ont prescrit une CGR après ce premier épisode d’infection urinaire.
60 ne l’ont pas prescrite.
22 n’ont pas répondu ; un médecin a entouré les deux réponses « oui » et « non » en
précisant que cet examen n’était pas systématique après une première infection urinaire.
Ce médecin a été compté avec les « n’ont pas répondu ».
- cinq médecins ont donné des réponses chiffrables : trois la prescrivaient dans le
mois suivant, un médecin a répondu 1 à 2 mois après l’infection, un autre dans
3 mois ;
Quatre médecins ont demandé une UIV, 72 ne l’ont pas prescrite, 25 n’ont pas répondu.
Concernant les délais de réalisation de cet examen, un médecin a répondu trois mois
après l’infection, deux autres médecins n’ont pas donné de réponses précises : « à
distance de l’infection », « en fonction des résultats de l’échographie ».
Le dernier n’a pas précisé sa réponse.
2.2.4.3.7 Commentaires
Certains médecins (10) ont considéré que la prescription des examens complémentaires
comme la scintigraphie, l’UIV et la cystographie relevait de la spécialité. Un a rajouté que
l’UIV était maintenant abandonnée au profit de l’uroscanner.
92
2.2.4.3.8 Synthèse
- les examens les plus demandés après cette première infection urinaire sont : l’ECBU de
contrôle (93.9%) et l’échographie vésico-rénale (80%) ;
- la scintigraphie est prescrite par 2.6% des médecins, 25 médecins ne se prononcent pas
sur cet examen ;
93
2.2.4.4 Si l’enfant était une petite fille de 9 mois, votre attitude serait-elle
changée ?
Un médecin a jugé la situation plus fréquente chez la petite fille : alors qu’il avait choisi
d’hospitaliser Paul, il aurait agi avec « moins de précipitation » pour une fille, sans donner
plus de précision.
Un médecin qui avait hospitalisé le garçon, aurait traité une fille en ambulatoire.
Deux médecins ont noté que les infections urinaires étaient plus fréquentes chez les filles,
mais ils n’ont pas précisé en quoi ils modifieraient leur prise en charge initiale.
Un médecin a noté que la constipation était très fréquente chez la fille, qu’il fallait la
rechercher et la traiter. Il a également souligné le risque plus élevé de souillure lors de
l’analyse d’urine et a précisé qu’il fallait donc « bien vérifier la leucocyturie avant de traiter
trop facilement ». Il a rajouté que : « la dysurie est plus courte et l’infection urinaire
ascendante plus révélatrice que chez le garçon ».
Un autre a estimé la situation plus grave chez la petite fille avec un risque de
« colonisation bactérienne plus important avec atteinte pyelo-calicielle » il aurait
hospitalisé la fillette pour faire plus d’examens complémentaires et pour avoir un avis
pédiatrique. Il avait traité Paul per os (5 à 9 jours) et avait demandé uniquement un ECBU
de contrôle comme examen complémentaire.
94
Un autre aurait « recherché l’infection plus précocement » chez une fille.
Quatre médecins n’ont pas précisé en quoi, ni pourquoi ils modifieraient leur attitude
initiale.
La plupart des médecins qui ont choisi de modifier leur bilan, ont estimé qu’une première
infection urinaire chez une fille était plus banale. Leur prise en charge serait moins lourde :
- un médecin attendrait chez la petite fille, la 2ème infection pour demander une
cystographie. Il avait prescrit pour Paul un ECBU, une échographie et une
cystographie d’emblée ;
95
- un praticien aurait traité la fillette à son domicile et n’aurait pas prescrit de bilan
complémentaire pour une première infection. Il avait hospitalisé Paul, et
demandé un ECBU, une échographie, et une UIV ;
- un autre a noté que les infections urinaires chez le garçon « sont souvent
révélatrices d’anomalies urinaires qui sont à rechercher » ; ainsi il avait prescrit
un ECBU, une échographie, une cystographie et une UIV pour Paul. Il n’a pas
précisé les modifications de sa prise en charge pour une petite fille.
D’autres médecins (10), au contraire ont estimé que, pour une fille, le bilan ultérieur devait
être plus complet :
- pour une fille, un médecin aurait prescrit en plus une échographie pour faire un
bilan plus précis des lésions. Il n’avait demandé qu’un ECBU pour Paul ;
96
- deux médecins proposeraient une surveillance annuelle du reflux ;
- enfin, pour un médecin, il faudrait rechercher une constipation sous jacente, plus
fréquente chez la petite fille.
Trois médecins n’ont pas dit en quoi ils modifieraient leur bilan ultérieur.
Neuf médecins qui avaient choisi d’hospitaliser le petit Paul, auraient traité l’enfant de 3
ans à domicile.
Un autre qui avait hospitalisé l’enfant de 9 mois, aurait fait un « ECBU en ville » et donné
des antipyrétiques en attendant les résultats.
Trois praticiens ont estimé l’examen clinique plus fiable à cet âge et n’auraient donc pas
demandé immédiatement les examens complémentaires initiaux (NFS, CRP, ECBU).
Deux médecins qui avaient choisi de traiter l’enfant de 9 mois avec une antibiothérapie en
IM, modifieraient leur attitude : un médecin traiterait l’enfant de trois ans per os, l’autre
choisirait de l’hospitaliser.
97
Autres réponses : « moins d’urgence à dépister un reflux vésico-urétéral »(1), au contraire
« attitude différente pour rechercher un reflux vésico-urétéral » (1), ces médecins n’ont
pas précisé pas en quoi ils modifieraient leur attitude initiale.
Enfin un médecin a noté : «prélèvement plus facile donc plus fiable à cet âge» sans
expliquer en quoi il modifierait son attitude initiale.
Les autres médecins (8) n’ont pas indiqué en quoi ils modifieraient leur attitude initiale.
Deux autres ne feraient pas de cystographie en systématique lors d’un premier épisode
chez un enfant âgé de 3 ans. Ils l’avaient demandé pour l’enfant de 9 mois en plus de
l’ECBU et de l’échographie.
Un médecin qui avait hospitalisé le petit Paul, le traiterait à domicile et ferait son bilan en
externe avec un ECBU et une échographie s’il était plus âgé.
Au contraire certains ont estimé qu’il y avait plus de risque de malformations à cet âge : un
médecin demanderait une cystographie le plus rapidement possible, il ne l’avait pas
demandé pour l’enfant de 9 mois.
Un autre ferait en plus de l’ECBU, de l’échographie et de la cystographie, une UIV pour
« rechercher une malformation associée ».
98
Un autre qui avait demandé un ECBU pour l’enfant de 9 mois, ferait en plus une
échographie vésico-rénale : « c’est le principal examen pour rechercher un reflux ».
Deux autres ont insisté sur le fait qu’il faudrait rechercher un reflux sans préciser les
examens qu’ils demanderaient. L’un d’eux a rajouté qu’il ferait une surveillance annuelle.
Un médecin a noté : « qu’une bonne partie des reflux disparaissait vers l’âge de 2 ans et
qu’après cet âge là, il fallait envisager une prise en charge chirurgicale selon les cas ».
Enfin un dernier praticien a souligné le fait qu’à cet âge il y avait un « risque important
d’atteinte rénale et qu’il était donc important de s’assurer de la négativité de l’ECBU de
contrôle ».
2.2.4.5.3 Synthèse
La majorité des médecins ne modifieraient par leur prise en charge en fonction de l’âge ou
du sexe de l’enfant.
99
2.2.5 REFERENCES UTILISEES PAR LES MEDECINS DANS LES
INFECTIONS URINAIRES
60
53
50
50
38
40
Nombre de
30 24
médecins
21
20
8 8
10
0
afssaps afssaps cours de revues FMC autres non
pédiatrie urologie faculté médicales répondu
100
Concernant les autres références utilisées :
- dix médecins ont noté « leurs expériences personnelles » parmi les dix, un a
précisé qu’il avait travaillé dans un service de pédiatrie ;
- cinq médecins ont demandé des avis spécialisés auprès des pédiatres.
- un a noté l’antibiogramme.
Les références les plus fréquemment utilisées par les médecins généralistes sont : les
revues médicales (57%) et la Formation médicale continue (53.8%).
101
3 .TROISIEME PARTIE
102
3.1 LES MEDECINS INTERROGES
Le but de ce travail, est de faire un état des lieux des pratiques en médecine générale
dans la prise en charge des infections urinaires chez l’enfant, et de comparer la prise en
charge actuelle, par les médecins corréziens, à celle qui se faisait en 2004 dans le
département du Maine-et-Loire.
Par ce travail, nous avons voulu savoir si les recommandations de l’AFSSAPS, intitulées
« diagnostic et antibiothérapie des infections urinaires bactériennes communautaires du
nourrisson et de l’enfant », apparues en 2007, entre les deux études, ont modifié les
pratiques des médecins.
Dans notre première partie, nous avons pu analyser quelle était, en 2004, la prise en
charge d’une pyélonéphrite aiguë chez un enfant de 9 mois par les médecins généralistes.
Cette étude a été réalisée à partir d’un cas clinique, soumis aux médecins du Maine-et-
Loire [3]. Dans notre deuxième partie, nous avons étudié les réponses des médecins
corréziens exposés au même cas clinique.
Nous allons maintenant faire une analyse des résultats du questionnaire et les comparer à
ceux de 2004 afin de mettre en évidence des changements éventuels lors de situations
cliniques identiques.
Les comparaisons des résultats de notre étude à ceux de l’étude de 2004, ont été
réalisées par des tests du Chi2 et des tests exacts de Fisher.
Le seuil de significativité a été fixé à 0.05.
103
3.1.1 CRITIQUE DE LA METHODE
Nous les avons interrogés sur les mêmes caractéristiques que celles de 2004 : sexe, âge,
durée d’installation, part de pédiatrie dans leur activité, distance entre leur cabinet et
différentes structures de soins (laboratoires, centres de radiologie, services de pédiatrie).
3.1.2.1 Sexe
104
Comparaison de la répartition des médecins selon le sexe
90 79,5 79,2
80
70
60
50
% de médecins
40
30 20,5 20,8
20
10
0
hommes femmes
sexe
Les résultats de notre étude de 2009, nous montre que la grande majorité des médecins
corréziens (près de 80%) ont plus de 46 ans. Seulement 5% ont moins de 35 ans.
70
59,4
60
50 46,2
39,7
40
% de médecins
30
19,8
20 15,8
10,3
10 5 3,8
0
< 35 35 à 45 46 à 60 > 60
Age (en années)
105
La comparaison de la répartition des médecins selon l’âge met en évidence, que le
pourcentage des médecins de moins de 45 ans est plus important en 2004 dans le Maine-
et-Loire qu’en 2009 en Corrèze : 50% en Maine-et-Loire contre 20% en Corrèze.
Et, inversement, le pourcentage de médecins plus âgés (entre 45 et 60 ans) est plus
important en Corrèze (59.4% des médecins) que dans le Maine-et-Loire (46.2% des
médecins).
Quant aux médecins de plus de 60 ans leur part est également plus importante en
Corrèze (19.8%) qu’en Maine-et-Loire en 2004 (3.8%).
La différence d’âge au moment de l’enquête est très significative (p<0.0001).
50 47,5
45
40 34,6
% de médecins
35 29,7
30 26,9
25
20 17,9
14,9
15 10,3 10,3
10 7,9
5 0
0
<5 5 à15 16 à 25 > 25 non répondu
Durée d'installation en années
Cette comparaison de la répartition des médecins selon leur âge est appuyée par la
comparaison de la répartition des médecins selon leur durée d’installation.
Si l’on confronte la durée d’installation : le plus gros pourcentage des médecins du Maine-
et-Loire, soit 34.6%, sont installés depuis 5 à 15 ans en 2004 au moment de l’étude (donc
nous avions des médecins plutôt jeunes).
106
En 2009, le pourcentage le plus important des médecins corréziens (soit 47.5%) sont
installés depuis plus de 25 ans.
Là aussi, la différence entre les résultats des deux études est très significative (p<0.0001).
Cela confirme l’idée selon laquelle, la majorité des médecins qui ont répondu à notre
questionnaire en Corrèze sont plus âgés, plus anciens dans la profession.
Le graphique montre la part occupée par la pédiatrie dans l’activité des médecins.
80
66,7
70
60
47,6
50 42,9
% de médecins 40
30,1
30
20
9,5
10 3,2
0
Moins de 20% De 21 à 40 % Plus de 40 %
pourcentage de pédiatrie
107
3.1.2.5 Accessibilité aux laboratoires d’analyses médicales
70 62,8
60
% de médecins
50
37,6 38,6
40
30
21,8
20 15,8
10,3 7,9
10 5,1
0
0à2 2,1 à 5 5,1 à 10 > 10
distance en km
La différence de distance entre cabinet médical et laboratoire est très significative entre
2004 et 2009 : p<0.0001.
108
3.1.2.6 Accessibilité aux centres de radiologie
60
49,3
50
% de médecins
40
30,7 29,7 2004
27,7
30
21,3 22,7 2009
20
11,9
10 6,7
0
0à5 5 à 10 10 à 20 > 20
distance en km
Ce tableau fait ressortir qu’en Maine-et-Loire, la plupart des médecins (56%) sont situés à
moins de 10 km d’un cabinet de radiologie alors qu’en Corrèze la majorité des médecins
(57.4%) sont établis à plus de 10 km d’un centre de radiologie.
109
3.1.2.7 Accessibilité aux services de pédiatrie
Le graphique suivant représente les distances séparant les cabinets médicaux d’un
service de pédiatrie.
45 41,6 40,6
40
35 31,1
% de médecins
30 26,7
25 20,8 21,8 2004
20 2009
15 10,9
10 6,5
5
0
0à5 5 à 10 10 à 20 > 20
distance en km
Là encore, nous constatons qu’une part importante des médecins généralistes corréziens
est éloignée des équipements hospitaliers.
Les médecins corréziens sont plus éloignés des centres de pédiatrie, la différence entre
2004 et 2009 est significative (p=0.04).
110
3.1.3 Synthèse
Cette population est sans doute aussi plus âgée (si l’on en juge par le peu de place que
tient la pédiatrie dans la clientèle des médecins généralistes corréziens).
111
3.2 LES EXAMENS URINAIRES
90
77,2
80
70
60
50
% de médecins 38,5
40
30
20
10
Les bandelettes sont fréquemment réalisées en 2009, puisque 77.2% de notre échantillon
déclarent s’en servir. La plupart des médecins la propose dès que l’enfant est capable
d’uriner sur commande. Ils la pratiquent dans de nombreuses circonstances. Les
situations les plus fréquentes sont : fièvre isolée, douleur abdominale, signes fonctionnels
urinaires.
L’étude de 2004 montrait des résultats différents : seuls 30 des 78 médecins généralistes
pratiquaient cet examen (soit 38.5%).
La différence entre l’utilisation des bandelettes urinaires en 2004 et 2009 est très
significative (p<0.0001)
112
Cette différence entre 2004 et 2009 peut s’expliquer par le rôle des recommandations et
peut être, aussi, par l’éloignement des laboratoires d’analyses médicales.
Les raisons avancées par ceux qui n’en pratiquent pas en 2009 sont similaires à celles de
2004 : manque de temps, facilité de prescription d’un ECBU, délai de péremption rapide
des bandelettes et donc problème de stockage, examen peu fiable.
113
3.2.2.2 Analyse et comparaison des réponses aux critères de positivité d’un
ECBU
70
58
60 52
46
% de médecins
50
40 32,4
30
20
9,5
10 2
0
<10ₑ4ⁿ 105
Nombre de leucocytes par millilitre
Ces résultats de 2009, mettent en évidence que les critères de leucocyturie pathologique
ne sont pas homogènes pour tous les médecins.
114
3.2.2.2.2 Concernant la bactériurie
70 65
60
% de médecins
50 44,3
40
40 33
30
20 15,7
10 2
0
<104 >104 >105
Nombre de colonies par millilitre
D’après les critères de Kass elle est pathologique lorsqu’elle est supérieure ou égale à 105
UFC/ml [24]. C’est le seuil retenu par les recommandations de 2007.
La plupart des médecins (65%) donnent cette réponse en 2009. Seulement 44.3% des
médecins interrogés en 2004 retenaient cette limite.
35 % des médecins ayant répondu à la question, choisissent une valeur inférieure à 105
UFC/ml et seraient donc susceptibles de dépister, par excès, une infection urinaire. En
2004 ce pourcentage était de 55.7%. 2% des médecins en 2009 considèrent comme
pathologique une bactériurie inférieure à 104 UFC/ml contre 15.7% en 2004.
Ainsi, comme pour la leucocyturie, tous les médecins n’ont pas les mêmes critères de
définition d’une bactériurie pathologique.
Ces résultats non homogènes étaient déjà constatés en 2004 [3].
115
3.2.2.2.3 Interprétation de l’ECBU
L’analyse des réponses combinées, associant une leucocyturie ≥104 /ml à une bactériurie
≥105 UFC/ml, révèle qu’en 2009, 29.7% des médecins donnent des réponses
concordantes avec les données théoriques. Ce pourcentage parait assez bas. Mais, en
2004 seulement 15,4% des praticiens donnaient des réponses conformes aux critères
pathologiques théoriques [3].
Pour 31.7% des médecins corréziens, l’interprétation de l’ECBU est aussi en accord avec
les critères pathologiques théoriques puisqu’ils retiennent l’association d’une bactériurie ≥
105 UFC/ml à une leucocyturie ≥ 105 /ml. En revanche, ces médecins, infirmeraient à tort
le diagnostic d’infection urinaire pour une leucocyturie inférieure à 105 /ml.
Dans les deux études, pour la grande majorité des médecins (98% en 2009 et 92.6% en
2004) une infection urinaire est monobactérienne. Cette notion d’infection
monobactérienne est reprise dans les recommandations : selon l’AFSSAPS, la quasi-
totalité des infections urinaires communautaires ne comporte qu’une seule espèce
bactérienne [4].
Les réponses aux autres questions sur l’analyse d’urine montrent, que 77% des médecins
éliminent une infection urinaire en l’absence de leucocyturie et de bactériurie à l’ECBU.
88% des médecins ayant répondu à la question, estiment que les infections urinaires sont
caractérisées par l’association d’une leucocyturie à une bactériurie.
Ces réponses sont en accord avec les recommandations de l’AFSSAPS [4]. Cependant,
nous estimons importante la part des médecins (23%) qui n’éliminent pas une infection
urinaire malgré la négativité de l’ECBU. Un seul de ces praticiens rajoute un commentaire
et, évoque, une infection urinaire décapitée par une antibiothérapie.
116
3.3 ANALYSES DES REPONSES DU CAS CLINIQUE
Nous rappelons que le cas clinique, soumis aux médecins, concernait un petit garçon de 9
mois, sans antécédent particulier, présentant une fièvre isolée à 39°C depuis 48 heures.
Le graphique suivant compare les attitudes de première intention des médecins entre
2004 et 2009.
120
98,6 99
100
83,8 80,4
80
% des médecins
prescrivant les 60
attitudes proposées 37,8
40
18
20 10,3
5
0
antipyrétiques NFS, CRP ECBU Hospitalisation
Attitudes proposées
117
La différence de prise en charge entre 2004 et 2009 est significative (p=0.01) pour la
prescription de la biologie sanguine.
N’ayant pas demandé d’argumenter la prescription, nous ne pouvons pas expliquer le
choix des médecins. Cependant, en 1990, pour la conférence de consensus de la SPILF,
la définition de pyélonéphrite comportait la notion de signes biologiques d’inflammation
[28]. En revanche, pour L’AFSSAPS, les marqueurs biologiques de l’inflammation ne sont
pas suffisamment discriminants et ne sont pas nécessaires pour le diagnostic de
pyélonéphrite. S’ils sont utilisés, il est recommandé de n’en faire qu’un seul [4].
90 83,3
80 68,3
70
60
50 37,5
% de médecins
40
30 25,4
20 11,5 10,9
10
0
antibiothérapie orale antibiothérapie hospitalisalisation
parentérale
Attitudes proposées
118
En 2009, 68.3% des médecins choisissent un traitement per os pour traiter une
pyélonéphrite sans signe de gravité, contre 83.3% en 2004. Nous constatons aussi une
augmentation des demandes d’hospitalisation.
La prise en charge n’est donc pas, globalement, en accord avec ce qui est recommandé
en France. Les recommandations actuelles proposent un traitement parentéral pour tout
enfant présentant une pyélonéphrite, ainsi qu’une hospitalisation pour les enfants de
moins de 3 mois, comme pour ceux présentant des signes cliniques d’infection sévère.
Selon l’AFSSAPS, aucun traitement initial, par voie orale, n’est envisagé dans une
pyélonéphrite [4].
Nous notons quand même une modification des pratiques, avec une diminution
significative (p=0.03) du traitement per os entre 2004 et 2009 et une plus grande tendance
à l’hospitalisation.
La prescription d’une antibiothérapie parentérale au domicile est loin d’être une habitude
en médecine générale. En 2009, 10.9% des médecins optent pour un traitement par voie
parentérale. Parmi eux, un seul précise choisir un traitement d’attaque IM pendant 2 jours
et faire ensuite un traitement oral de relais, pour une durée totale de 10 à 14 jours. Cette
attitude est conforme aux recommandations. Les schémas thérapeutiques des autres
médecins sont moins précis.
Cependant le choix entre le traitement oral ou parental de l’infection urinaire reste source
de débats.
L’AFSSAPS se base sur l’étude américaine d’Hoberman et al, réalisée en 1999. Les
résultats de cette étude n’ont pas montré de différence significative dans la fréquence et
l’extension des cicatrices rénales définitives, après un traitement par C3G oral pendant 14
jours, ou un traitement par C3G IV pendant 3 jours, suivi d’un traitement oral pendant 11
jours [31]. Les recommandations françaises s’appuient aussi sur d’autres analyses comme
celle de Bloomfield qui conteste le plan méthodologique de l’étude d’Hoberman.
Bloomfield souligne que les intervalles de confiance de l’étude américaine sont larges et
laissent persister des incertitudes sur le développement de cicatrices rénales chez les
patients traités uniquement par céfixime [32]. Les rédacteurs des recommandations
précisent aussi que le céfixime n’a pas l’AMM en France dans le traitement initial des
119
pyélonéphrites aigües, et que le pourcentage de souches d’E. Coli sensibles au céfixime,
est évalué à 83% contre 99% pour les C3G injectables [4]. Ils appliquent ainsi le principe
de précaution.
Il est actuellement difficile de trancher entre « oral ou parentéral ». Mais nous pouvons
penser que les éléments nouveaux apportés par les études de Montini et de Neuhaus
seront pris en compte lors de l’élaboration de nouveaux consensus. Les recommandations
françaises pourraient ainsi évoluer vers un allégement des thérapeutiques.
Nous allons maintenant étudier quels sont les antibiotiques choisis par les médecins en
2009.
L’analyse statistique (calcul de la valeur de p) permettant d’évaluer les différences avec
les données de 2004, n’a pas été possible, en raison du nombre important de catégories
différentes d’antibiotiques données par les médecins.
Pour ce qui est de l’antibiothérapie parentérale, tous ceux qui précisent leur choix optent
pour la ceftriaxone. Aucun ne l’associe à un aminoside. La ceftriaxone est une des
molécules recommandées dans le traitement de l’infection urinaire.
Concernant l’antibiothérapie par voie orale, de nombreuses molécules sont proposées par
les médecins. Comme nous l’avons vu, du fait de l’évolution des résistances des germes
aux antibiotiques, il est important de tenir compte du profil des résistances dans le choix
du traitement initial. Il est nécessaire aussi de traiter avec des antibiotiques qui se
concentrent bien dans le sang, les urines et le parenchyme rénal.
Les traitements choisis parmi les 69 médecins qui proposent un traitement oral, sont
nombreux. 14.5% de ces médecins donnent plusieurs propositions d’antibiotiques.
120
Les réponses les plus fréquentes sont : une céphalosporine pour 24.6% d’entre eux, et,
parmi ces derniers, 88% précisent qu’ils utilisent une céphalosporine de 3ème génération.
21.7% des médecins choisissent l’amoxicilline et 10.1% prescrivent de l’amoxicilline
associée à l’acide clavulanique. En France, l’augmentation des E. coli résistants à
l’amoxicilline et à l’association amoxicilline et acide clavulanique, ne permet plus d’utiliser
ces molécules dans le cadre des infections urinaires de l’enfant, même si le germe est
sensible sur l’antibiogramme [4, 17].
Le cotrimoxazole est utilisé par 11.6% des médecins de notre étude. Ce traitement n’est
pas recommandé au début de l’infection, mais peut être envisagé en traitement relais de
l’antibiothérapie parentérale initiale.
26.1% des médecins choisissent leur traitement en fonction des résultats de
l’antibiogramme sans qu’on puisse préjuger de ce qu’ils font en attendant le résultat.
18.8% ne précisent pas le nom du traitement oral choisi.
Concernant l’étude de 2004, les C3G étaient proposées dans 17.2% des cas, l’amoxicilline
dans 17.2%, l’amoxicilline associée à l’acide clavulanique dans 23.4% et le cotrimoxazole
dans 12.5% des cas. Prés de 25% des autres médecins avaient répondu prescrire
l’antibiothérapie en fonction de l’antibiogramme [3].
A travers ces résultats nous pouvons constater, que le choix de l’antibiothérapie orale par
les médecins généralistes, a quelque peu évolué depuis 2004. L’emploi des
céphalosporines est plus important en 2009 (24.6% en 2009 contre 17.2% en 2004) et,
parallèlement, les médecins utilisent moins l’amoxicilline seule ou associée à l’acide
clavulanique (31.8% en 2009 contre 40.6% en 2004). La baisse d’utilisation de
l’amoxicilline et de l’acide clavulanique va dans le sens des recommandations. Ces
molécules étant toujours prescrites, il pourrait être intéressant d’évaluer leur impact sur la
prévalence des résistances des germes en France dans l’infection urinaire.
121
céfixime ou par amoxicilline et acide clavulanique pendant 7 à 10 jours [35]. Elles
recommandent la voie parentérale uniquement si le traitement per os est impossible [35].
La place du traitement oral dans les infections urinaires n’est pas résolue.
Les médecins de notre étude sont partagés quant à la durée de l’antibiothérapie orale :
49.2% traitent pendant 10 à 14 jours, 47.8% traitent pendant 5 à 9 jours, 3% traitent
pendant moins de 5 jours. En 2004, seulement 20.8% des médecins traitaient pendant
moins de 10 jours.
Ainsi en 2009, la majorité des médecins (50.8%) traitent pendant moins de 10 jours une
pyélonéphrite et ne sont donc pas en accord avec les recommandations de l’AFSSAPS.
Cependant, selon les recommandations britanniques, la durée de l’antibiothérapie orale
est de 7 à 10 jours chez l’enfant de plus de 3 mois [35]. La durée du traitement d’une
pyélonéphrite fait encore débat.
122
3.3.3 LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES
Nous allons étudier maintenant les réponses données par les médecins à la question :
« quels examens demandez-vous après cette première infection urinaire ? ».
2004 2009
100 93,393,9
90 85,7
80
80 69,4
% de médecins
70
60
50
40
30 24
20 11,4
5,1 8,3 5,3
10 0 2,6
0
ECBU Echo ASP CGR UIV Scinti
Examens complémentaires proposés
123
Les dernières recommandations de l’AFSSAPS ne préconisent plus cette attitude. L’ECBU
de contrôle est inutile sous traitement, et, à l’arrêt de celui-ci dans la majorité des cas. Il
reste indiqué en cas d’évolution clinique inhabituelle ou, lorsque la bactérie isolée s’avère
résistante au traitement antibiotique initial [4].
124
3.3.3.2.1 L’échographie rénale
Dans notre étude, l’échographie rénale est demandée par 80 % des médecins. L’attitude
de prescription de cet examen est donc inchangée entre 2004 et 2009.
L’échographie reste considérée comme un examen utile à réaliser en période aiguë dans
une infection urinaire notamment, pour rechercher une éventuelle complication [20, 37].
Elle peut mettre en évidence un calcul rénal obstructif ou un abcès rénal. Elle permet
aussi de dépister une uropathie sous jacente. Par ailleurs, l’échographie rénale a une
sensibilité faible pour évoquer le diagnostic de pyélonéphrite [38].
Selon les recommandations britanniques, la pratique de cet examen ne devrait pas être
systématique. Sa réalisation dépend de l’âge, du caractère « typique » ou non de
l’infection urinaire et de sa récurrence [35]. Nous pouvons aussi citer l’étude nord-
américaine d’Hoberman réalisée entre 1992 et 1997 : sur 309 enfants présentant une
infection urinaire fébrile, l’échographie était normale dans 88% des cas alors que la
scintigraphie rénale au DMSA précoce, montrait des signes de pyélonéphrite aiguë pour
61% des enfants. Devant la faible fréquence des anomalies échographiques retrouvées et,
en l’absence de modification de la prise en charge devant une anomalie, Hoberman
recommandait même de ne pas faire d’échographie après une première infection urinaire
fébrile chez les enfants qui ont eu une échographie anténatale de bonne qualité vers 30-
32 semaines d’aménorrhée [23].
125
3.3.3.2.2 La cystographie rétrograde (CGR)
La différence entre 2004 et 2009 est très significative pour la prescription de la CGR
(p<0.0001). Cet examen permet la détection et en règle générale l’appréciation de la
gravité du reflux vésico-urétéral selon la classification internationale en cinq grades [14].
La cystographie était prescrite par 69.4% des médecins en 2004. Dans notre étude
seulement 24% la prescrivent.
Différentes approches ont été proposées pour affiner l’indication de la CGR, après une
première pyélonéphrite, dans le but de diagnostiquer uniquement les reflux de haut grade.
Ces derniers seraient à risque de cicatrices rénales et seraient susceptibles de bénéficier
d’une antibioprophylaxie ou d’être opérés. L’échographie manque de sensibilité pour les
diagnostiquer [43].
Des études récentes montrent l’intérêt du dosage de la procalcitonine : une valeur
inférieure à 0.5 ng/ml lors du diagnostic de la PNA exclurait un reflux de haut grade [44].
Cette approche pourrait diminuer le nombre de cystographies inutiles.
L’indication de la CGR, après une première pyélonéphrite aigue, reste à être précisée. Cet
examen semble être indiqué chez les enfants à haut risque de récurrence infectieuse et de
126
cicatrice rénale. Alors, la réalisation d’une CGR est bénéfique car elle peut aboutir à un
traitement. Il serait intéressant de définir plus clairement cette population d’enfants,
comme par exemple : lors d’un 2ème épisode de PNA, en cas de rein unique, ou en cas
d’anomalie échographique ou scintigraphique [43].
Donc, ce changement d’attitude entre 2004 et 2009, correspond à la tendance actuelle.
Cependant la prescription de cet examen semble tenir plus de la spécialité que de la
médecine générale.
3.3.3.2.3 La scintigraphie
La scintigraphie rénale au DMSA, est un examen qui n’était pas prescrit en 2004. Dans
notre étude de 2009 seuls deux médecins la demandent sans préciser les délais.
La place de cet examen reste encore à définir en France.
La scintigraphie rénale permet de détecter des lésions rénales au cours d’une infection
urinaire et elle permet de confirmer le diagnostic [45]. Cependant, elle est rarement utilisée
dans ce but.
En France, cet examen est surtout utilisé pour le suivi évolutif d’enfants atteints de reflux
vésico-urétérale. La scintigraphie rénale, réalisée à distance de l’infection urinaire fébrile
(6 à 12 mois), est un examen fiable pour identifier les cicatrices rénales [13, 46].
127
3.3.3.2.4 Autres examens
L’UIV ne fait plus partie du bilan de première intention d’une PNA. Actuellement, elle est
supplantée par l’uro-IRM, cet examen est non irradiant et non agressif pour l’enfant [45,
47].
Ces examens sont plutôt réservés, au bilan morphologique des uropathies complexes,
notamment, dans le cadre d’un bilan pré opératoire.
L’UIV reste très peu demandée par les généralistes. Seulement quatre médecins la
prescrivent en 2009.
L’abdomen sans préparation ne fait pas partie des examens recommandés en première
intention. Il est peu prescrit par les médecins de notre étude : seulement neuf praticiens le
demandent. Il n’était prescrit que par trois médecins en 2004.
128
3.3.4 MODIFICATION DES ATTITUDES EN FONCTION DE L’AGE
ET DU SEXE DE L’ENFANT
A la fin du cas clinique, nous demandions aux médecins s’ils modifieraient leur attitude
initiale et leur bilan ultérieur, dans le cas où l’enfant serait une fille, puis dans le cas, où
l’enfant serait âgé de 3 ans.
25 21,9 20,8
20 17,4
Etude de 2004
15 12,1
Etude de 2009
10
5 2,6
0
Modification de Modification du Modification de Modification du
l'attitude initiale bilan ultérieur si l'attitude initiale bilan ultérieur si
si l'enfant est l'enfant est une si l'enfant est l'enfant est agé
une fille fille agé de 3 ans de 3 ans
La différence de prise en charge, entre notre étude et celle de 2004, est significative pour
le bilan initial si l’enfant était une fille de 9 mois.
En 2009, la majorité des 12 médecins, qui modifient leur attitude initiale, justifient leur
choix, en expliquant que l’infection urinaire chez la petite fille est plus fréquente. Leur prise
en charge est moins « lourde » : pas d’hospitalisation, antibiothérapie plus courte
notamment. Lors de l’étude de 2004, seulement deux médecins ont choisi de modifier leur
attitude initiale sans préciser en quoi, ni pourquoi.
129
Les médecins qui choisissent de modifier leur bilan ultérieur, si l’enfant est une fille, sont
plus nombreux mais aussi plus partagés sur l’importance de ce bilan.
En 2009, 30 médecins choisissent de modifier leur bilan ultérieur si l’enfant est une fille. 17
d’entre eux estiment que la situation est plus banale chez la fillette. Ils proposent donc un
bilan moins conséquent que pour le garçon. A l’inverse, pour dix autres, la situation est
jugée plus grave, et justifie un bilan plus complet.
Les médecins de notre étude, qui changent leur attitude et leur bilan, en fonction de l’âge
de l’enfant, choisissent, le plus souvent, de ne pas hospitaliser l’enfant de 3 ans (ces
médecins avaient choisi d’hospitaliser l’enfant de 9 mois).
130
3.4 EN CONCLUSION DE L’ETUDE DE CE QUESTIONNAIRE
A la suite de cette enquête quelques idées principales ressortent sur la prise en charge de
l’infection urinaire chez l’enfant et sur l’impact des recommandations de l’AFSSAPS.
Face à un enfant fébrile, les médecins corréziens pensent à une infection urinaire. En
effet, les examens urinaires sont largement prescrits : 77.2% des praticiens utilisent la
bandelette urinaire et 80.4% des médecins demandent un ECBU pour l’enfant de 9 mois
présentant une fièvre isolée.
Cette attitude est conforme aux recommandations et permet une prise en charge rapide
de l’enfant.
La majorité des médecins de notre étude (68.3%) choisissent de traiter une pyélonéphrite
aiguë par une antibiothérapie orale.
Cette attitude va à l’encontre des recommandations françaises actuelles. Mais d’autres
recommandations, ainsi que d’autres études, hors de l’hexagone, autorisent
l’antibiothérapie per os [11, 33, 34, 35].
L’antibiotique utilisé en première intention est très variable et souvent inadapté à
l’évolution des profils des résistances bactériennes.
131
Les médecins sont également divisés sur la durée du traitement par voie oral. 50.8% des
médecins corréziens traitent pendant moins de 10 jours. L’AFSSAPS recommande de
traiter pendant 10 à 14 jours. Ainsi dans un grand nombre de cas, la durée du traitement
n’est pas conforme aux recommandations de 2007.
L’impact des recommandations sur les pratiques actuelles est difficile à évaluer, puisque
76.2% des médecins de notre échantillon ne se servent pas des recommandations de
l’AFSSAPS dans la prise en charge des infections urinaires de l’enfant.
Sans doute, y a-t-il des raisons à cette attitude.
D’une part, nous pouvons penser qu’il faudrait revoir leur mode de diffusion (en plus
d’internet, revues médicales, FMC …).
D’autre part, ces recommandations semblent manquer de précisions sur plusieurs points,
ainsi :
133
Concernant l’antibioprophylaxie et le suivi des enfants porteurs d’un reflux vésico-
urétéral :
L’AFSSAPS ne statue pas sur les indications de l’antibioprophylaxie mais propose une
stratégie thérapeutique soit avec le cotrimoxazole soit avec la nitrofurantoïne.
Actuellement, il n’y a pas de consensus sur le traitement optimal du reflux vésico-urétéral
notamment sur la place de l’antibioprophylaxie et de la chirurgie par rapport à la
surveillance simple.
Les auteurs des recommandations ne prennent pas position. En revanche, ils insistent sur
la nécessité de développer des études de niveau de preuves élevé pour pouvoir statuer.
Les recommandations ne précisent pas quel doit être le suivi d’un enfant porteur d’un
reflux, ni sur celui des enfants présentant des cicatrices rénales.
Nous notons aussi que les recommandations citent les facteurs de risque d’infection
urinaire à répétition tel que : le manque d’hygiène périnéale, la réplétion rectale, les
troubles mictionnels, le prépuce physiologiquement étroit, sans indiquer les moyens de les
prendre en charge.
Enfin, l’éducation des parents à la pratique de la bandelette urinaire en cas de fièvre chez
les enfants porteurs de RVU, n’est pas abordée.
134
Concernant le partage des responsabilités :
Dans notre enquête ce sentiment de manque de clarté ressort : les 24 médecins qui ont
pris connaissance des recommandations, ont des attitudes non homogènes dans leur
prise en charge de l’infection urinaire de l’enfant de 9 mois. En effet, parmi ces 24
médecins : 11 ont traité l’enfant per os ; huit l’ont hospitalisé ; un a traité par voie
parentérale ; trois ont choisi deux réponses : l’antibiothérapie orale et l’hospitalisation ; un
a répondu qu’il débutait par une antibiothérapie en IM puis qu’il faisait un relais per os ;
enfin un dernier a choisi l’antibiothérapie parentérale et l’hospitalisation.
A travers cette étude, nous constatons donc que les objectifs de l’AFSSAPS ne sont pas
atteints. Les médecins généralistes de notre enquête traitent les infections urinaires de
l’enfant en se basant sur leurs connaissances, leur expérience, sans se servir de ces
recommandations.
Ces recommandations doivent certainement être plus précises, plus claires et mieux
diffusées.
135
CONCLUSIONS
Cette étude nous permet de constater que la prise en charge des infections urinaires chez
l’enfant et, notamment de la pyélonéphrite aiguë, n’est pas encore consensuelle en
médecine générale. Les pratiques paraissent plus divergentes pour le diagnostic que pour
le traitement.
En effet, nos résultats (seulement valables pour notre échantillon de médecins
généralistes corréziens) permettent d’avancer qu’en 2009 les réponses des médecins
généralistes, concernant l’analyse d’urine, sont toujours discordantes. Ainsi, les critères de
bactériurie et de leucocyturie pathologiques, retenus par les médecins, ne sont pas
toujours conformes à ceux qui sont recommandés dans la littérature : seuls 29.7% des
médecins corréziens utilisent les valeurs seuil recommandées par l’AFSSAPS.
Cependant, ils semblent d’accord sur quelques grands principes :
En revanche, par rapport à 2004, il est intéressant de constater que deux fois plus de
médecins en 2009 utilisent des seuils de leucocyturie et bactériurie pathologiques en
accord avec ceux de l’AFSSAPS (29.7% en 2009 contre 15.4% en 2004).
Même si l’antibiothérapie orale reste majoritaire en 2009, la différence avec 2004 est
significative : 68.3% la choisissent en 2009 contre 83.3% en 2004.
136
Le choix de l’antibiotique per os a évolué : une part plus importante est faite aux
céphalosporines de 3ème génération alors que l’utilisation de l’amoxicilline seule ou en
association à l’acide clavulanique, diminue.
De plus, entre l’étude de 2004 et celle de 2009, nous constatons une augmentation
significative de l’utilisation de la bandelette urinaire, ainsi qu’une diminution significative de
la prescription de la cystographie rétrograde, après une première infection urinaire.
Ce changement d’attitude chez les médecins généralistes corréziens, dénote bien :
Cependant, il est difficile d’évaluer le rôle des recommandations dans les modifications
des pratiques. En effet, 76.2% des médecins interrogés ne se servent pas de ces
recommandations dans leurs pratiques. Les 24 médecins qui les utilisent n’ont pas une
attitude consensuelle dans leur prise en charge de l’infection urinaire de l’enfant de 9
mois.
Nous pouvons donc nous interroger sur les difficultés d’application de ces
recommandations en médecine générale. Peut-être, ne répondent-elles pas aux attentes
des médecins.
- ces recommandations sont relativement récentes et il faut peut être un peu plus de
temps, pour modifier, de façon plus globale les pratiques des médecins ;
- il se peut que le mode de diffusion choisi (internet) soit un frein. Les médecins ont
répondu le plus souvent se servir des revues médicales, des cours de facultés et des
formations médicales continues dans leur prise en charge des infections urinaires
chez l’enfant ;
137
- ces recommandations semblent, le plus souvent, s’adresser à une population
médicale urbaine, proche des laboratoires d’analyses et des services de pédiatrie.
Elles semblent également plutôt destinées aux spécialistes qu’aux généralistes
(prélèvement urinaire par ponction vésicale, instauration de traitement par voie
parentale chez le petit enfant…) ;
- de plus, les médecins peuvent émettre des doutes sur ces recommandations,
lorsqu’ils savent que les recommandations britanniques sur le même thème, apparues
la même année aboutissent à des conduites à tenir différentes.
En conclusion, l’infection urinaire est une pathologie fréquente et beaucoup plus complexe
qu’il n’y parait. Il faut insister sur la gravité potentielle de cette maladie et sur la nécessité
d’une prise en charge rapide. Pour cela, il semble primordial que les critères de diagnostic
soient les mêmes pour tous les médecins, que les techniques de prélèvements d’urine
soient fiables. Enfin, il faudrait statuer sur une prise en charge thérapeutique immédiate
claire et réalisable par tous les médecins.
138
ANNEXES
Annexe 1
Tulle le 18/11/2009
Bertrand ICHER
3 place d’Aine
87000 LIMOGES
06.99.06.61.06
[email protected]
Monsieur Bertrand ICHER qui vient de terminer son stage interné dans le service de pédiatrie de Tulle,
prépare actuellement sa thèse de docteur en médecine, thèse qui a pour thème « Prise en charge en médecine
générale de l’infection urinaire chez l’enfant ».
Pour ce faire, il a besoin de votre aide et vous demande de remplir un questionnaire portant sur votre
pratique quotidienne, questionnaire que vous trouverez ci joint (temps à consacrer moins de 5 minutes). Nous savons
bien que vous subissez de trop nombreuses sollicitations administratives et autres ; nous avons conscience de l’effort
que cela demande mais la cause de notre futur confrère généraliste est juste ! ! !
Une étude similaire a été réalisée auprès des médecins généralistes du Maine et Loire en 2004, ce qui
nous oblige à reproduire en partie un même questionnaire sans doute un peu scolaire mais nécessaire pour apprécier
l’évolution des pratiques. Vous savez en effet que cette pathologie fréquente fait débat auprès des spécialistes dans sa
prise en charge.
Bertrand ICHER est accompagné dans son travail par le Professeur Vincent GUIGONIS de l’hôpital
Mère enfant du CHU de Limoges, par le Docteur Anne FARGEOT chef de service de pédiatrie à Brive et par le Docteur
Jean-Louis SOULIER chef de service de pédiatrie à Tulle.
Nous nous engageons à faire parvenir les conclusions de cette thèse à celles et ceux qui répondront à
ce questionnaire. Par ailleurs, si c’est votre choix, Bertrand ICHER s’engage à respecter votre anonymat ; il vous suffit
pour cela de ne pas apposer votre tampon professionnel sur le questionnaire.
En vous remerciant pour votre collaboration, recevez, Madame, Monsieur, l’expression de nos
sentiments dévoués et reconnaissants.
139
Annexe 2 : Définition des différents grades du reflux selon la classification internationale
des reflux vésico-urétéraux.
Grade V : dilatation importante des uretères, du bassinet et des calices, avec disparition
de l’empreinte papillaire.
140
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146
ABREVIATIONS
147
TABLE DES MATIÈRES
REMERCIEMENTS ………………………………………………………………………………..6
SOMMAIRE ………………………………………………………………………………………10
INTRODUCTION………………………………………………………………………………….12
148
1.3 PRISE EN CHARGE DES INFECTIONS URINAIRES EN MEDECINE
GENERALE EN 2004 (ETUDE A PARTIR D’UNE THESE REALISEE DANS LE
MAINE ET LOIRE)……………………………………………………………………………39
1.3.1 PRESENTATION DE L’ETUDE…………………………………………………39
1.3.2 RESULTATS DE L’ETUDE………………………………………………………44
1.3.2.1 Les médecins de l’étude.......................................................................44
1.3.2.2 Concernant les examens urinaires .......................................................44
1.3.2.3 Analyse du cas clinique........................................................................45
1.3.2.3.1 Question 1 : « Que faites-vous ? »...................................................46
1.3.2.3.2 Question 2 : « Vous demandez un ECBU qui s’avère positif que
faites-vous ? ».....................................................................................................46
1.3.2.3.3 Question 3 : « Après le traitement de cette première infection
urinaire, quels examens demandez-vous ? »......................................................47
1.3.2.3.4 Questions 4 et 5 : modification de la prise en charge en fonction de
l’âge et du sexe de l’enfant .................................................................................48
1.3.3 CONCLUSIONS DE L’ETUDE…………………………………………………..49
149
2.2.2.4 Les éventuelles difficultés d’accessibilité aux examens étaient elles un
frein à leur prescription ...........................................................................................66
2.2.3 LA PRATIQUE DES EXAMENS URINAIRES……………………….. ………..67
2.2.3.1 La bandelette urinaire...........................................................................67
2.2.3.1.1 Ceux qui ont répondu en faire usage ...............................................67
2.2.3.1.2 Ceux qui ont répondu ne pas utiliser les bandelettes urinaires ........70
2.2.3.2 L’ECBU ................................................................................................71
2.2.3.2.1 Estimez-vous fiable la technique utilisant une poche à urine ? ........71
2.2.3.2.2 La leucocyturie .................................................................................72
2.2.3.2.3 La bactériurie ...................................................................................72
2.2.3.2.4 Nombre de germes ..........................................................................74
2.2.3.2.5 L’absence de leucocyturie et de bactériurie permet-elle d’exclure une
infection urinaire ?...............................................................................................75
2.2.3.2.6 La plupart des infections urinaires sont caractérisées par ...............75
2.2.3.2.7 En présence d’une bactériurie avec 2 germes, quel diagnostic
évoquez-vous ?...................................................................................................76
2.2.3.2.8 En présence d’une bactériurie isolée sur deux ECBU réalisés à 24
heures d’intervalle, quel diagnostic évoquez-vous ?...........................................77
2.2.3.2.9 Commentaires..................................................................................78
2.2.4 CAS CLINIQUE……………………………………………………………………79
2.2.4.1 Que faites-vous ? .................................................................................79
2.2.4.2 Vous demandez un ECBU qui s’avère positif. Que faites-vous ?.........81
2.2.4.2.1 Antibiothérapie per os ......................................................................82
2.2.4.2.2 Antibiothérapie parentérale ..............................................................85
2.2.4.2.3 Hospitalisation en pédiatrie ..............................................................86
2.2.4.2.4 Autre prise en charge.......................................................................87
2.2.4.2.5 Synthèse ..........................................................................................87
2.2.4.3 Après le traitement de cette première infection urinaire, quels examens
demandez-vous ? ...................................................................................................88
2.2.4.3.1 ECBU de contrôle ............................................................................89
2.2.4.3.2 Echographie vésico-rénale...............................................................90
2.2.4.3.3 Cliché d’Abdomen sans préparation (ASP)......................................91
2.2.4.3.4 Cystographie rétrograde (CGR) .......................................................91
2.2.4.3.5 Urographie intraveineuse (UIV)........................................................92
2.2.4.3.6 Scintigraphie rénale .........................................................................92
2.2.4.3.7 Commentaires..................................................................................92
150
2.2.4.3.8 Synthèse ..........................................................................................93
2.2.4.4 Si l’enfant était une petite fille de 9 mois, votre attitude serait-elle
changée ?................................................................................................................94
2.2.4.4.1 Attitude initiale..................................................................................94
2.2.4.4.2 Bilan ultérieur ...................................................................................95
2.2.4.5 Si Paul avait 3 ans votre attitude serait-elle changée ?........................97
2.2.4.5.1 Attitude initiale..................................................................................97
2.2.4.5.2 Bilan ultérieur ...................................................................................98
2.2.4.5.3 Synthèse ..........................................................................................99
2.2.5 REFERENCES UTILISEES PAR LES MEDECINS DANS LES INFECTIONS
URINAIRES……………………………………………………………………………….100
151
3.3.2 PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE D’UNE PYELONEPHRITE
AIGUE…………………………………………………………………………………….. 118
3.3.3 LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES………………………………………123
3.3.3.1 L’ECBU de contrôle............................................................................123
3.3.3.2 Les examens morphologiques ...........................................................124
3.3.3.2.1 L’échographie rénale......................................................................125
3.3.3.2.2 La cystographie rétrograde (CGR) .................................................126
3.3.3.2.3 La scintigraphie ..............................................................................127
3.3.3.2.4 Autres examens .............................................................................128
3.3.4 MODIFICATION DES ATTITUDES EN FONCTION DE L’AGE ET DU SEXE
DE L’ENFANT…………………………………………………………………………….129
3.4 EN CONCLUSION DE L’ETUDE DE CE QUESTIONNAIRE………………131
3.4.1 Concernant la prise en charge de l’infection urinaire chez l’enfant………...131
3.4.2 Concernant le rôle des recommandations de l’AFSSAPS…………………..132
CONCLUSIONS…………………………………………………………………………………136
ANNEXES………………………………………………………………………………………..139
BIBLIOGRAPHIE………………………………………………………………………………..141
ABREVIATIONS…………………………………………………………………………………147
SERMENT D’HIPPOCRATE…………………………………………………………………...153
152
SERMENT D’HIPPOCRATE
Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma
langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrompre les
moeurs ni à favoriser les crimes.
153
Résumé
Mots clés
154