Résolution des Équations Différentielles
Résolution des Équations Différentielles
Équations diérentielles
ordinaires
Dans ce chapitre nous nous intéressons à la résolution des équations dif-
férentielles. Nous aborderons dans un premier temps la résolution des équa-
tions ordinaires d'ordre un. Nous allons ensuite nous intéresser aux équations
diérentielles d'ordre supérieur. Une équation diérentielle ordinaire est une
équation qui établit une relation entre la variable x, une fonction inconnue
x 7→ y(x) et ses dérivées y , y ” , . . . , y n dénie par
0
0
F (x, y(x), y (x), y ” (x), . . . , y n (x)) = 0.
d'ordre un.
Une équation diérentielle ordinaire admet une innité de solutions à des
coecients près. La recherche d'une solution y(t) prenant en un point donné
x0 une valeur donnée y0 est appelée problème de Cauchy et admet une unique
solution.
1
CHAPITRE 1. E. DANGBÉ, IUT NDÉRÉ 2
Équation de Riccati
Toute équation du type
(1.8)
0
y + a(x)y 2 + b(x)y + c(x) = 0
avec c(x) 6= 0 est appelée équation de Riccati.
Soit y1 (x) une solution particulière de l'équation diérentielle (1.8). Pour la
1 1
résoudre, on pose y(x) = y1 (x)+ . En remplaçant y(x) par y1 (x)+ et
z(x) z(x)
0
z (x)
y par y1 (x) − on est amené à résoudre l'équation diérentielle linéaire
0 0
z 2 (x)
d'ordre 1 suivante :
(1.9)
0
z − (2a(x)y1 + b(x)) z = a(x)
CHAPITRE 1. E. DANGBÉ, IUT NDÉRÉ 4
dy
paramètre. on écrit ainsi = t. L'équation (1.10) dévient
dx
y = xf (t) + g(t) (1.11)
En dérivant chacune des deux membres de l'équation (1.11) par rapport à la
variable x, on obtient :
dy dt 0 dt 0
= f (t) + x f (t) + g (t) (1.12)
dx dx dx
En remplaçant dy par tdx, l'équation (1.12) dévient
(1.13)
0 0
(f (t) − t)dx + (xf (t) + g (t))dt
Équation de Clairaut
L'équation particulière de Lagrange du type
(1.15)
0 0
y = xy + g(y )
z ” (x)h(x) + 2z (x)h (x) + z(x)h” (x) Par substitution de y(x), y (x) et y ” (x)
0 0 0
(1.21)
0 0
a(x)h(x)z ” (x) + (2a(x)h (x) + b(x)h(x))z (x) = d(x)
10
E. Dangbé, IUT Ndéré 11
autonome et s'écrit
dx1
= f1 (x1 , x2 , . . . , xn )
dt
dx2
= f2 (x1 , x2 , . . . , xn )
dt
. (2.2)
.
.
dxn
= fn (x1 , x2 , . . . , xn )
dt
Pour transformer un système non autonome en un système autonome, on
introduit une variable z tel que z(t) = t. Le système (2.1) dévient
dx1
= f1 (z, x1 , x2 , . . . , xn )
dt
dx2
= f2 (z, x1 , x2 , . . . , xn )
dt
.
. (2.3)
.
dxn
= fn (z, x1 , x2 , . . . , xn )
dt
dz
= 1
dt
où bi (t) sont des fonctions continues sur un intervalle I . Les fonctions bi (t)
sont appelées termes libres du système.
E. Dangbé, IUT Ndéré 12
Posons
a11 a12 . . . a1n x1 (t) b1 (t)
a21 a22 . . . a2n
x2 (t)
b2 (t)
. . .
A= , X(t) = , B(t) = .
.
.
.
. . .
an1 an2 . . . ann xn (t) bn (t)
L'écriture matricielle du système (2.4) est donnée par :
Ẋ = AX + B(t) (2.5)
Le système d'équations diérentielles (2.4) est dit homogène si B(t) ≡ 0.
2.1.1 Généralités
Dénition 1. Soit A une matrice carrée d'ordre n.
Le polynôme det(A − λI) est appelé polynôme caractéristique associé à la
matrice A. L'équation caractéristique est dénie par det(A − λI) = 0. Les
n solutions réelles ou complexes de l'équation caractéristique sont appelées
valeurs propres de la matrice A.
Dénition 2. Soient A une matrice carrée d'ordre n et λ une valeur propre
associée à la matrice A. L'ensemble des solutions du système AX = λX
est un sous-espace de Rn appelé sous-espace propre de A associé à la valeur
propre λ.
Dénition 3. Une matrice A d'ordre n est diagonalisable s'il existe une
matrice inversible P d'ordre n et une matrice diagonale D d'ordre n telles
que P −1 AP = D.
Théorème 1. Une matrice carrée A d'ordre n est diagonalisable si et seule-
ment si elle possède n vecteurs propres linéairement indépendants
Théorème 2. Les vecteurs propres correspondant à des valeurs propres dis-
tinctes sont linéairement indépendants.
Proposition 1. Si A est une matrice diagonalisable telle que P AP = D,
−1
où ci ∈ C.
Pour résoudre le système d'équations linéaires homogène, on cherche les
valeurs propres λi de la matrice A. Pour cela, il faut résoudre l'équation
caractéristique det (A − λIn ) = 0.
Une fois les valeurs propres obtenues, on détermine les vecteurs propres Vi
associés aux valeurs propres λi .
On obtient ainsi la solution du système d'équations diérentielles linéaires
homogène donnée par
i=n
(2.7)
X
X(t) = ci eλi t Vi
i=1
où ci ∈ C.
E. Dangbé, IUT Ndéré 14
Posons
c1
c2
.
K=
.
.
cn
et la matrice
e λ1 t 0 . . .
0
0 e λ2 t . . . 0
. . .
R(t) = V1 V2 . . . Vn
. . .
. . .
0 0 ... e λn t
appelée matrice résolvante.
On réécrit ainsi la solution donnée par le système (2.7) par X(t) = R(t)K .
Exemple 9. Résoudre le système d'équations diérentielles linéaires suiv-
ant :
dx
= 4x − y − z
dt
dy
= x + 2y − z
dt
dz = x − y + 2z
dt
Zt
H(t) = R−1 (s)B(s)ds
E. Dangbé, IUT Ndéré 15
dy
= 2x − y − 2 cos(t)
dt
Cas où les deux valeurs propres sont des nombres complexes con-
jugués α ± iβ
1. Si α > 0, alors le point xe est un foyer instable. Les trajectoires sont
des spirales qui s'éloignent du point xe.
2. Si α < 0, alors le point xe est un foyer stable. Les trajectoires sont
des spirales qui se rapprochant du point xe.
3. Si α = 0, alors le point xe est un centre. Les trajectoires sont des
cercles qui entourent le point xe.
Les gurent qui illustrent portrait de phase au voisinage du point
d'équilibre pour chacun des cas présentés dans cette section sont
données dans le document en annexe
Exemple 12. Étudier la nature des points xes du système suivant :
dx 2
dt = −x + 2y − x
dy
= x(1 + x − 2y)
dt
2.3 Exercices
Exercice 1. Résoudre chacun des systèmes suivants :
dx
= −2y + 2z dx
dt
dt
= −y
dy
= x−y+z , ,
dt 2
d y = −x − y + dy
dz =
y−z
dt dt2 dt
dx dx
= 32 x + y − 32 z
= −4x + y + z
dt dt
dy dy
= 2x + 5y − 6z , = x − y − 2z
dt dt
dz = 3 x + 3y − 7 z dz = −2x + y − z
2 2
dt dt
Exercice 2. Résoudre chacun des systèmes d'équations linéaires suivants :
dx
= x + y − z + cos(t)
dx
dt
t
dt = 3x + 3y + cos(t) + e
dy
, = 2x + 3y − 4z + e2t
dy
dt
= 4x − 2y − 4 sin(t)
dt
dz =
4x + y − 4z
dt
Exercice 3. 1. On considère l'équation diérentielle
d2 x dx
2
= + 2x.
dt dt
(a) Écrire le système diérentiel du premier ordre associé.
(b) Résoudre le système correspondant.
0 1
(c) Déduire e , où A =
At
2 1
.
E. Dangbé, IUT Ndéré 18
19
E. Dangbé, IUT Ndéré 20
La fonction échelon
La fonction échelon permet de modéliser des phénomènes où il y a dis-
continuité à l'origine. La fonction échelon unitaire est dénie par :
0 si t < 0
u(t) =
1 si t > 0
La fonction impulsion
La fonction impulsion est aussi appelée fonction de Dirac et notée δ . En
physique, cette fonction permet de modéliser des pulses de très courtes durées
rencontrées assez souvent, lors de l'étude de circuits.
Mathématiquement, la fonction impulsion est dénie par :
+∞
R
δ(t)dt = 1
−∞
δ(t) = 0 si t 6= 0
3.1.2 Propriétés
Propriétés sur les transformées de Laplace
Proposition 3 (Linéarité). Soient α et β deux réels, f et g deux fonctions
dénies de R+ −→ C et admettant des transformées de Laplace L(f ) et L(g).
On a : L(αf + βg) = αL(f ) + βL(g).
E. Dangbé, IUT Ndéré 21
Remarque 2. Si F (p) = L(f )(p), alors la fonction f (t) est appelée fonction
originale de F (p) et on a : f (t) = L−1 (F )(t).
Exemple 13.
ε(t)
Déterminer L (ε(t) cos(2t)) et L sin(2t)
2
p+1
Déduire L−1 (F (p)) où F (p) = 2 .
p +4
peut être obtenue en utilisant les transformées de Laplace des deux membres
de l'équation. On a :
0
a0 L(y)(p) + a1 L(y )(p) + · · · + an L(y n )(p) = L(f )(p).
Exercices
Exercice 5. 1. Déterminer les transformées de Laplace des fonctions suiv-
antes :
ε(t)
ε(t) cos(2t), sin(2t), ε(t) cos2 t, ε(t) sin2 t, ε(t)tn eat et
2
(t + 2)ε(t) + (t + 3)ε(t − 2).
2. Déterminer les transformées inverses de Laplace des fonctions suiv-
p+1 1 − 2e−p + e−2p 1 + e−pπ
antes : F (p) = 2 , F (p) = , F (p) = 2 ,
p +4 p p +1
3(p + 1) − 2 1 1
F (p) = , F (p) = et F (p) = arctan( ).
(p + 1)2 + 4 (p − 1)(p − 2)2 p
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