CHAPITRE III
PALEOECOLOGIE ET PALEOAUTECOLOGIE
La paléoécologie est une science issue de la
paléontologie qui étudie les relations des êtres vivants
fossiles avec leur milieu de vie, sous les aspects physico-
chimiques (paléobiotope) aussi bien que biologiques
(paléobiocénose). On parle aussi d'écologie rétrospective.
Ses méthodes sont diverses et reliées à l'écologie et aux
autres sciences géologiques : paléontologie,
palichnologie, palynologie, sédimentologie, géochimie,
etc.
BIOSTRATIGRAPHIE
Les fossiles ont un intérêt primordial pour la datation des
terrains dans un système appelé la chronologie relative. Elle
étudie l’évolution des espèces (naissance, vie et mort) dans
une fourchette de 1 à 10 millions d’années.
On parle en effet de fossiles marqueurs ou fossiles
stratigraphiques, qui ont une durée de vie courte (faible
extension verticale) et une grande répartition géographique. Il a
donc vécu pendant une période courte mais dans beaucoup
d’endroits.
On peut dire si les couches sont plus ou moins anciennes les
unes par rapport aux autres. C’est pour cela que cette
chronologie est relative, il n’y a rien de précis, on compare le
contenu en fossile des différentes couches sans définir l’âge
exacte de celles-ci.
• Ces fossiles marqueurs définissent des biozones qui sont des
zones caractérisées par la présence d’un animal. Une échelle
géologique est donc une suite de biozone. Une échelle que l’on
peut donc compléter grâce à des phénomènes physiques. Mais le
fossile gagne en rapidité, en coût et en précision qui est inférieure
au million d’années.
• On établit donc une échelle de fossiles marqueurs. C’est une
échelle qui est divisée avec des zones inconnues ou des fossiles
marqueurs qui n’ont pas été trouvés. On définit grâce à ces
fossiles des tranches de temps que l’on nommera.
Exemple : on trouve un nouveau fossile d’une nouvelle époque à
Givet dans les Ardennes(France) =>ça donne le Givétien. On ne
sait pas toujours dater précisément en millions d’années.
Certains fossiles ne sont pas de bons fossiles
stratigraphiques. C’est l’exemple de la blatte qui n’a pratiquement
pas évolué depuis le Permien il y a 300 million d’années jusqu'à
aujourd’hui.
Quand on ne se sert pas des fossiles marqueurs, on se sert
des associations de fossiles qui ont de très grandes
extensions verticales. Les fossiles ne sont pas donc des
marqueurs en eux même, ils passent par des zones non
définies où ils se croisent, ce sont donc des tranches de temps
caractérisées par l’occupation de 2 types de fossiles.
L’utilisation des associations de fossiles sur plusieurs
groupes permet de donner encore plus de précision à l’échelle
stratigraphique des temps ce qui permet une plus grande
division des couches.
PALÉOENVIRONNEMENT
La datation des terrains permet d’étudier les
paléoenvironnements car tous les groupes apportent plus ou
moins bien des informations sur leurs conditions de vie passée :
• Profondeur ;
• Température : Ex. Les coraux vivent au milieu plus profond et
en eaux chaudes ;
• Salinité ;
• L’oxygénation ;
• L’existence des forces de courant (coquilles entières ou
désarticulées) ;
• L’abondance de la nourriture.
Tous les groupes donnent une indication mais certains
groupes sont plus favorables que d’autres comme par exemple
les Ostracodes :
On faisant des prélèvements d’Ostracodes près des
rivages de la Nouvelle-Zélande du nord, il a été constaté que
ceux-ci vivaient à différentes profondeurs et on peut donc
réaliser un profil de la profondeur de l’époque de la côte
jusqu’au Talus continental.
Un autre exemple : on sait que le Phosphate, ressource
naturelle qui se forme dans des conditions particulières, se
forme plus favorablement à une profondeur correspondant à
celles que l’on peut trouver aux plates-formes continentales.
Des recherches pour trouver du Phosphate peuvent être
orientées vers cette profondeur.
PALÉOGÉOGRAPHIE
L’étude de la paléogéographie a deux buts principaux. Le
premier est de tracer les anciennes positions de continents. Le
deuxième est d’illustrer les modifications, dans le temps, de la
distribution des montagnes, des plaines, des mers et des
bassins de faibles profondeurs. Les anciennes positions des
continents peuvent être déterminées en utilisant les 5
domaines d’études suivants : Paléomagnétisme, Anomalies
magnétiques, histoires géologiques, Paléobiogéographie,
Paléoclimatologie et Cartographie.
La distribution dans le passé des plantes et des animaux
(études Paléontologiques), donne des indices importants sur
les continents (latitude) et leurs positions relatives. La faune
des eaux froides peut souvent être distinguée de la faune des
eaux chaudes et avec la flore antique, ensemble, reflètent les
Paléo-températures et les Paléo-précipitations. La similitude ou
la discordance de la faune et de la flore, sur les différents
continents, peut être employée pour estimer leur proximité
géographique.
En outre, l’histoire évolutive des groupes de plantes et
d’animaux sur différents continents, peut indiquer le moment où ils
ont été reliés ou isolés l’un de l’autre. Exemple : Distribution des
fossiles au sud de la Pangée il y a 200 Ma (les fossiles d’une même
espèce furent trouvés sur de nombreux continents).
Exemple : Le Glossoptéris, est une fougère qui fut trouvée sur les
continents de l’Amérique du sud, l’Afrique, l’Inde et l’Australie.
La distribution d’autres espèces peut aussi être expliquée
par une expansion initiale à travers la Pangée, suivie par la
dislocation du supercontinent et des mouvements des
continents jusqu’à leurs positions actuelles. Finalement
étudier des fossiles et dater des terrains permet de
comprendre l’origine et l’évolution de la vie et de découvrir
l’existence des grandes crises biologiques.
LA PALEOECOLOGIE
La paléoécologie est une science issue de la
paléontologie introduite aux années soixante du précédent
siècle. Elle étudie les relations des êtres vivants fossiles avec
leur milieu de vie, sous les aspects physico-chimiques
(paléobiotope) aussi bien que biologiques (paléobiocénose).
Elle étudie les paléoenvironnements qu’on cherche à
reconstituer grâce aux fossiles et aux modèles contemporains.
Les méthodes sont diverses et reliées à l’écologie et aux autres
sciences géologiques:
paléontologie,
palichnologie,
palynologie
et sédimentologie etc.
Basée sur le principe d’actualisme, cette
science trouve ses limites dans l’application des
méthodes de l’écologie aux espèces fossiles.
L’écologie est subdivisée en : autécologie,
synécologie et dynamique de population.
l’autécologie
C’est une discipline qui s’intéresse plus les espèces
particulièrement à l’action des facteurs et agents
environnementaux sur les espèces. Ces facteurs sont de deux
sortes : abiotiques indépendants des êtres vivants
(édaphiques, climatiques) et biotiques, liés aux êtres vivants
(les organismes vivants animaux et végétaux exercent les uns
sur les autres différents types d’action), c’est l’exemple du
parasitisme, symbiose, et la prédation etc.
Synécologie
Elle étudie les communautés d’êtres vivants et le milieu
qui les entourent, c'est-à-dire les rapports qui s’établissent
entre les diverses espèces végétales et animales et le milieu
extérieur. En synécologie, une unité importante est la
biocénose ; elle correspond à une communauté d’êtres vivants
qui habite une portion du paysage et sont adaptés aux
conditions de ce milieu.
Les premières synthèses Paléoécologique s’appuyaient
essentiellement sur le registre paléontologique. Plus tard on
intégra également les informations fournies par les sédiments
encaissants. Puis au fur et à mesure que progressaient les
connaissances sur l’écologie et sur la dynamique des
environnements actuelles, la compréhension des paysages
anciens s’enrichit. En particulier l’étude des populations contribua
a affiné l’interprétation des associations fossiles.
Les comparaisons avec des biotopes actuels s’avéraient
d’autant plus aisées que l’âge des gisements fossilifères était
plus récent. En s’éloignant dans le temps, elles devenaient
d’autant plus difficiles que certains milieux de vie anciens
n’avaient plus d’équivalant dans la nature actuelle.
Approche paléoautécologique:
C’est l’étude écologique au niveau de l’individu
• Elle concerne la reconstitution du mode de vie et de l’habitat par le
biais d’une étude de la morphologie des fossiles. Ces études fondent
leurs conclusions sur une analyse morphofonctionnelle.
• Cette approche a permis de mettre en évidence de nombreux modes
de vie, notamment dans le milieu marin.
• La paléoichnologie est autres témoignages d’activités biologiques,
ont fournis d’intéressants éléments paléoécologiques tels, les traces
de déplacement, de prédation, de repos et autres comportements
habituels ou occasionnels d’êtres vivants.
Approche paléosynécologique
C’est l’étude écologique au niveau de la communauté ou
biocénose qui correspond à un ensemble d’êtres vivants de toutes
espèces, végétales et animales coexistant dans un espace défini (le
biotope), et qui offre les conditions extérieures nécessaires à leur vie.
Deux approches sont possibles :
• La description simple de l’écosystème (composition densité de
population, peuplement et compétition intra/interspécifiques)
• L’approche dynamique ou synécologie fonctionnelle (évolutions
temporelles des populations et peuplements qui compose
l’écosystème ; études des transferts d’énergies et de la matière entre
les éléments de l’écosystème).
• En paléoautécologie et paléosynécologie, des approches
descriptives et empiriques sont utilisées. Elles peuvent être
jumelées à des approches quantitatives ou statistiques. En
paléoautécologie on réalise souvent des mesures
morphomètriques ; en paléosynécologie on procède au
dénombrement de taxons au fin de calcul de pourcentages, de
concentrations, de flux ou d’analyses multivariées. La
paléosynécologie peut conduire par l’étude de la dynamique des
populations, à établir des relations quantitatives entre les
assemblages fossiles et environnement ainsi que retracer les
environnements du passé.
Conclusion
• Le préalable à toute synthèse paléoécologique consiste en un
examen critique des conditions de genèse des gisements.
C’est l’objet des analyses taphonomiques qui justifièrent le
développement des chantiers de fouilles. Aux données
paléontologiques des gisements s’ajoutèrent progressivement
des observations fournis par l’ichnologie, la sédimentologie et
la géochimie.
• Récemment des techniques d’investigations plus fines, faisant
notamment appel à la paléochimie ou la géomicrobiologie
complètent la qualité du message délivré par les gisements
fossilifères.