Les polluants dans l’environnement
aquatique
Hélène Roche, Ecotoxicologue, IR1 CNRS
et Marc Girondot, Professeur Université Paris-sud 11
Unité Ecologie, Systématique et Evolution UMR8079 CNRS-Université Paris 11
Février 2010
Ecotoxicologie aquatique
1 – Définitions et concepts,
2 – Les objectifs de l’écotoxicologie
3 – Outils de l’écotoxicologie et protocoles
4 - Les polluants dans l’environnement aquatique
- Les réseaux trophiques
- La chaîne alimentaire
- Les polluants organiques persistants (POPs)
- La bioaccumulation
- La bioamplification des PCBs et du DDT
5 – Caractérisation d’une bioamplification (démarche
scientifique)
6 – Quelques questions et quelques chiffres
… définitions et concepts…
1- Définitions
Qu’appelle t’on polluant?
Un polluant est un “élément” biologique, physique ou chimique, qui
peut avoir des impacts négatifs (toxicité) sur tout ou une partie d'un
écosystème ou de l'Environnement en général, dans certaines
conditions.
Exposition de Florence Douyrou
… définitions et concepts…
D’où viennent-ils ? Leur présence peut être naturelle…
- gaz des volcans,
- minéraux dans les sols et les eaux,
- produits de dégradation,
- gaz et produits de fermentation,
- hydrocarbures (incendies) , etc.
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
…. ou due à l’Homme (origine anthropique) … définitions et concepts…
production d'énergie
(nucléaire, pétrole, gaz, charbon)
Étang de Berre (13) photo F. Ramade
activités du Usine Alcan, photo F. Ramade
secteur activités industrielles
agricole (chimie, métallurgie, électronique,
(intrants, engrais, automobile et aéronautique,
pesticides...) pharmacie, agroalimentaire,
papeterie, ...)
arbres fruitiers photo F. Ramade
décharges
pollution
décharge sauvage est de Marseille F. Ramade urbaine Paris vue de la Tour Eiffel, photo F. Ramade
… définitions et concepts…
Qu’appelle t’on polluants chimiques?
Les polluants chimiques sont des substances chimiques
- solubles dans l’eau : hydrosolubles
ou - insolubles dans l’eau mais solubles
dans les graisses: lipophiles
Que font-ils dans la nature?
Ils sont dispersés et y rencontrent des « substrats ».
Dispersion - Accumulation
… définitions et concepts…
Propriétés physico-chimiques des molécules qui déterminent la
dispersion des polluants
•La solubilité d'un composé dans l'eau est exprimée en mg/L à 20°C. Les
composés de solubilité plus élevée sont normalement plus facilement
lixiviables dans les eaux souterraines.
•La pression de vapeur est la pression à laquelle un liquide et sa
vapeur sont en équilibre à une température donnée. Plus la pression de
vapeur d’un liquide est élevée plus ce liquide s’évapore rapidement.
• La rémanence désigne l'aptitude d'un polluant à demeurer dans le
milieu
le temp de ½ vie (DT50) temps nécessaire à l’élimination de 50% du
polluant
Circulation atmosphérique des polluants … définitions et concepts…
Les cellules de convection :
La dynamique des masses atmosphériques. [Link]
… définitions et concepts…
Quelles sont leurs « relations » avec les substrats?
- Dans le sol, l’eau, les sédiments ….
ils sont stockés ou dégradés (physico-chimie)
- Dans les organismes (micro-organismes, animaux ou
plantes)
ils sont assimilés, excrétés, métabolisés, mais surtout
ils sont stockés: bioaccumulés
Bioaccumulation
Parmi les plus préoccupants :
Polluants Organiques Persistants (POPs)
… définitions et concepts…
Qui sont les scientifiques qui s’intéressent aux polluants?
Ils sont des écologues qui s ’intéressent aux toxiques
dans les écosystèmes: des écotoxicologues.
L’écotoxicologie est l’étude des effets des polluants sur
l’environnement dans sa totalité (y compris l’homme)
Le rôle de l’écotoxicologie est de comprendre comment
les substances toxiques circulent dans l’environnement,
quels sont leurs effets et comment elles agissent dans les
organismes et les groupes d’organismes (populations,
communautés, écosystèmes, écosphère).
L’écotoxicologie est la science des contaminants dans la
biosphère et leurs effets sur les constituants de la
biosphère en y incluant l’homme.
(M.C. Newman &[Link] Ecotoxicology: a comprehensive treatment, 2007)
… concepts…
écotoxicologie
écosystème
communautés
populations
individus
organes
cellules
molécules
court terme Long terme
toxicologie
Les polluants touchent tous les niveaux d’organisation biologique L’écotoxicologie
s’intéresse à tous les « compartiments » de l’écosystème
… concepts…
Sources et cheminement de la pollution
[Link]/glnpo/atlas/[Link]
…définition et concepts…
Comportement des Polluants en milieu aquatique AIR
P
(vapeur)
EAU
B+C
Dégradation Adsorption
P + Particules en P
(Hydro, photolyse, biodégradation)
(dissoute) suspensions (Adsorbé)
Désorption
Remise en suspension
Sédimentation
précipitation
M+D
Dissolution
Complexation
biotransformation
Lessivage
P pur Transport des
sédiments
SEDIMENT
d’après Marc Girondot, cours d’écotoxicologie Diffusion
2 - Les objectifs de l’écotoxicologie
… objectifs…
2 - Les objectifs de l’écotoxicologie
Évaluation du risque chimique
- approche a priori (tests - bioessais)
- approche a posteriori (bilan, constat, suivi…)
Normes de protection de l’environnement
Recherche scientifique
- la contamination de l’environnement
- le comportement et effets des polluants
- Les conséquences écologiques sur de grandes échelles
spacio-temporelles
(cycles biogéochimiques, processus écologiques
fondamentaux, du paysage à la biosphère)
Remédiation - restauration - Ingénierie écologique
- mise au point d’outils biologiques pour résoudre des problèmes de
pollution, rétablir ou maximiser un service écosystémique.
Interdisciplinarité de l’écotoxicologie
3 - Outils de l’écotoxicologie et protocoles
Outils et protocoles
Les outils à la disposition de l’écotoxicologie
Approche a priori (pronostic)
• in vitro réplicabilité
du tube à essai au mésocosme
Approche a posteriori (diagnostic)
• in situ (in natura )
Écosystèmes naturels représentativité
Outils et protocoles
- a priori : bio-essais
- tests létaux (relation mortalité-temps d’exposition(CL50-24h) concentration
efficace (CE)
tests daphnie, poisson, vers de terre (AFNOR)
- tests sublétaux
croissance d’algues unicellulaires
inhibition de la bioluminescence (microtox)
motilité (truitotest)
inhibition de la reproduction (daphnies, chlorelles)
- bioessais d’effets mutagènes et tératogènes (sur culture de cellules /bactéries)
micronoyaux
test des comètes (comet assay)
brins d’ADN
adduits à l’ADN
Outils et protocoles
- a posteriori - Monitoring et Biomonitoring
Détermination et mesure des niveaux de contamination des biotopes
ainsi que des populations végétales et/ou animales exposées
Evaluation des effets écotoxicologiques sur les individus les
peuplements ou les biocoenoses exposées
Outils : bioindicateurs et biomarqueurs
Outils et protocoles
• Bioindicateurs ou espèces bioindicatrices ou espèces
“sentinelles”
Ce sont des espèces plus ou moins pollusensibles dont l’intérêt est basé
sur leur particularité bioécologique
Principaux critères de sélection des bioindicateurs:
. capacité à accumuler le polluant sans effet “directement” néfaste
. abondance dans le milieu
. sédentarité
. longévité (+ ou -)
. taille suffisante pour échantillonnage
. réponses physiologiques évaluables
. emplacement dans le réseau trophique
…Outils et protocoles…
• Biomarqueurs
“les biomarqueurs sont des changements moléculaires, biochimiques,
physiologiques histologiques et morphologiques spécifiques dans des
populations d'animaux et de plantes, observés après une exposition à
un polluant.” van Gestel et van Brummelen, 1996.
“un changement observable et/ou mesurable au niveau moléculaire,
biochimique, cellulaire, physiologique ou comportemental, qui révèle
l’exposition présente ou passée d’un individu à au moins une substance
chimique à caractère polluant.” Lagadic et al., 1997.
4 - Les polluants dans l’environnement
aquatique
- Les réseaux trophiques
… réseaux trophiques…..
Que fait le polluant quand il « rencontre » un être vivant ?
Il peut s’incorporer dans les organismes : bioaccumulation
• contamination directe: transfert à travers les
épithéliums au contact du milieu (peau, branchies,
aliments …)
• bioamplification : transfert alimentaire
Transfert trophique
… réseaux trophiques…..
Un réseau trophique se définit comme un ensemble
de chaînes alimentaires reliées entre elles au sein
d'un écosystème et par lesquelles l'énergie et la
matière circulent.
Qui mange qui ?
… réseaux trophiques…..
Dans un écosystème marin
Phytoplancton → Zooplancton → Harengs → Thons → Dauphins
Le plancton: organismes de très
petite taille qui flottent et se
déplacent à la surface de la mer et
sur une dizaine de mètres de
profondeur, au gré des courants
Le plancton végétal
urs
(phytoplancton) est à la c te
du
base de la chaîne
P ro
alimentaire marine
Il est constitué d’algues
microscopiques flottantes qui se
développent grâce à l'énergie solaire Les Diatomées (algues dorées) sont
responsables de la majorité de la
(photosynthèse) photosynthèse océanique
… réseaux trophiques…..
Phytoplancton → Zooplancton → Harengs → Thons → Dauphins
Le plancton animal (zooplancton) se nourrit du phytoplancton ou d’autres
organismes zooplanctoniques
res
im ai
Petits animaux de pleine eau (crevettes, larves de poissons ou petits
crustacés)
pr
urs
a te
mm
n s o
Co
Méduse Krill
Crustacés
Copépode Nourriture des baleines
Petits crustacés
… réseaux trophiques…..
Phytoplancton → Zooplancton → Harengs → Thons → Dauphins
Les harengs mangent le zooplancton
re s
nd ai
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rs s
te u
m a
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Con
Les thons mangent les harengs Les dauphins mangent les thons…
… réseaux trophiques…..
… et les organismes sédimentaires….
ur s
os e
mp
é c o
d
… réseaux trophiques…..
un réseau trophique
est l’ensemble des organismes d’un écosystème liés entre
eux par des relations alimentaires
Il est constitué d’organismes producteurs, de
décomposeurs et de consommateurs.
On définit des
Guildes trophiques
ou compartiments trophiques
4 - Les polluants dans l’environnement
aquatique
- Les réseaux trophiques
- La chaîne alimentaire
Fonctionnement d’une chaîne alimentaire
Transfert de matière
Transfert d’énergie
Transfert de polluants
4 - Les polluants dans l’environnement
aquatique
- Les réseaux trophiques
- La chaîne alimentaire
- Les polluants organiques persistants
(POPs)
… les POPs…
Dans l’ensemble des polluants, les POPs sont
Des pesticides organochlorés (DDT, lindane….)
Des PCBs (polychlorobiphényls) (isolants, plastiques…)
Des HAPs (hydrocarbures) (pétrochimie, combustion)
Des dioxines (organochlorés polychlorés) (combustions incomplètes,
incinérateurs, défoliants….)
Des PBDE (polybromodiphényls) (retardateurs de flammes)
+ autres polluants émergents..
Quelles sont leurs particularités ?
Micropolluants (traces)
Troubles métaboliques à partir de doses faibles
(perturbateurs endocriniens; carcinogènes,
immunodépresseurs…) (toxiques)
Sources diffuses et difficilement contrôlables
Incorporation facile dans l’organisme (lipophiles)
Long temps de demi-vie et dégradation limitée
Détection et analyse difficiles ……….
ils sont … les POPs…
PBT Persistant Bioaccumulatif et Toxique
Liste des 12 produits PBT considérés prioritaires
Convention de Stockolm (2001)
• aldrine/dieldrine
• mercure et ses dérivés
• benzo(a)pyrène
• mirex
• chlordane
• octachlorostyrène
• DDT, DDD, DDE
• PCBs
• hexachlorobenzène
• dioxines and furanes
• alkyl plomb
• toxaphène
… les POPs…
Impacts des POPs sur les écosystèmes
dans les organismes
bioaccumulation directe ou bioamplification
toxicité
altérations métaboliques ou endocriniennes
dans les écosystèmes
altération des « relations » trophiques : flux d’énergie;
circulation de la matière; abondance et disponibilité des
sources alimentaires; intensité de la prédation
effets sur la longueur des chaînes trophiques dans le
cas d’une exposition chronique
effets sur la biodiversité……….
4 - Les polluants dans l’environnement
aquatique
- Les réseaux trophiques
- La chaîne alimentaire
- Les polluants organiques persistants
(POPs)
- La bioaccumulation
…bioaccumulation…
Exemple célèbre de Bioaccumulation (Arctique)
d’après Inuit Tapiriit Kanatami
- transfert atmosphérique des POPs
- contamination du sol et des végétaux
- consommés par des herbivores
- consommés par des carnivores et
des omnivores
- transfert atmosphérique des POPs
- contamination des déposivores et
des producteurs primaires
- puis des consommateurs 1aires
(invertébrés)
- des consommateurs 2aires
- des carnivores et des omnivores…..
[Link]/environment/[Link]
4 - Les polluants dans l’environnement
aquatique
- Les réseaux trophiques
- La chaîne alimentaire
- Les polluants organiques persistants
(POPs)
- La bioaccumulation
- La bioamplification des PCBs et du DDT
…bioamplification des PCBs…
La bioamplification (biomagnification) est le phénomène
par lequel une substance, présente dans le biotope,
naturelle ou polluante, connaît un accroissement de sa
concentration au fur et à mesure qu’il circule vers les
maillons supérieurs d’un réseau trophique.
…bioamplification des PCBs…
Les PCBs:
les Polychlorobiphényles
• 209 molécules (congénères)
(pyralène, arochlor..) possibles dont
120 sont présents dans les produits
commerciaux, fabriqués entre 1929 et
1977
• Interviennent de la composition de nombreux matériaux utilisés comme additifs
d’huiles, de produits de de soudure, dans certains adhésifs, certaines peintures,
transformateurs, condensateurs, certains composants électroniques...
- peu dégradables (chimiquement inertes)
- thermiquement stables
Propriétés - excellents isolants
- persistants
- leur combustion incomplète dioxines, furannes
- bioaccumulables, très lipophiles
- rémanents
- transfert atmosphérique, eau de ruissellement, trophique
- bioamplifiables (+ chlorés)
- toxicité humaine (chloracnée, cancer, diminution de fertilité,
immunosuppression….)
Modélisation de la concentration en PCB dans les poissons
du Lac Léman
d’après F. Ramade, 2000
- La production des PCBs est réduite à partir de 1970.
- 15 ans après, les concentrations ont continué à croître dans les poissons du lac
Léman
- Il faudra attendre 40 ans pour espérer observer une décroissance de la
contamination chez ces espèces
…bioamplification des PCBs…
Exemple célèbre de bioamplification (Arctique)
d’après Inuit Tapiriit Kanatami
Le phoque et l’ours polaire bioconcentrent les contaminants
lipophiles (PCBs etc…) à partir de leurs aliments
…bioamplification des PCBs…
Bioamplification des PCBs dans une chaîne trophique arctique
Estimation à partir de données de la littérature scientifique
1,60E+09
1,20E+09
eau
plancton
8,00E+08 poissons
1,6E+09
ng/kg phoques
ours polaires
4,00E+08
1
2000000 50000000
0,00E+00 4,00E+08
de la concentration en PCBs du plancton à l’ours polaire X 800
…bioamplification des PCBs…
Dispersion Globale des PCBs: Cas de la contamination de L’antarctique
In F. Ramade “Introduction à l’Ecotoxicologie” Lavoisier Tec&Doc, 2007
…bioamplification du DDT…
Autre exemple célèbre: le DDT
• Insecticide organochloré le + utilisé et le plus fabriqué au monde
• Utilisé contre les moustiques vecteurs de la malaria
la mouche tsé tsé
les poux, les tics, les puces ….
• Utilisé durant la Deuxième Guerre mondiale… (Prix Nobel de
médecine pour Müller 1948)
• Après la guerre : largement utilisé sur diverses cultures agricoles et pour lutter
également contre les vecteurs de maladies (3 millions de tonnes entre 1943-
1980)
…bioamplification du DDT…
Bioamplification du DDT à Long Island Sound (USA)
de la concentration
en DDT du plancton
au balbuzard X 625
cf. Rachel Carson,
Silent spring,
1962.
1 ppm (une partie par million) = 1 mg par litre ou par kilogramme
5 – Caractérisation d’une bioamplification
Démarche scientifique qui permet de mettre en évidence une
contamination d’un écosystème, par transfert alimentaire,
conduisant à une bioamplification.
Etude de cas : Roche, H., Vollaire, Y., Persic, A., Buet, A., Oliveira-
Ribeiro, C., Coulet, E., Banas, D., Ramade, F. 2009. Organochlorines in the
Vaccarès Lagoon trophic Web (Biosphere Reserve of Camargue, France).
Environmental Pollution,, 157, 2493-2506.
bioamplification
Un cas particulier : bioamplification des POPs dans un écosystème
aquatique protégé : l’étang de Vaccarès (Camargue)
- Zone humide protégée
- Réserve nationale française depuis 1927
- Réserve Intégrale : Conservation de la biodiversité
& Recherche scientifique
- Ressources halieutiques contrôlées
- Haute valeur patrimoniale….
Quelle démarche scientifique permet de caractériser une
contamination par transfert alimentaire?
Une étude de cas: bioamplification des POPs dans un écosystème
aquatique protégé, une lagune méditerranéenne, l’étang de Vaccarès
(Camargue). Réserve de biosphère MAB-UNESCO
Photos Patrick Lelong, Astrid Buet, Hélène Roche, François Ramade
Rafinerie de Lavera (13) photo F. Ramade
Mais ….
Rizières Java (indonésie) F. Ramade
…bioamplification…
Protocole mis en œuvre
1- Description des maillons
d’un réseau trophique
aquatique (niveau
trophique chiffré) (méthode des
isotopes stables)
2 - Mesure de la concentration en
POPs dans les maillons de ce
réseau trophique
? 3 - y-a t’il une relation entre la
concentration en POPs et le niveau
trophique des organismes ?
…bioamplification…
Quelques représentants des réseaux trophiques concernés
Copépodes sp. Cerastoderma glaucum Siriella armata Gammarus salinus
Crangon crangon Sphaeroma hookeri Paleomonetes varians Syngnathus acus
Muge sp. Gobius sp. Atherina boyeri Gasterostrus aculateus
Stizosteidon lucioperca Lepomis gibbosus Anguilla anguilla
…bioamplification…
Leurs guildes trophiques:
Zooplancton - consommateurs primaires Copépodes
phytoplanctonophages
Invertébrés benthiques - consommateurs primaires
déposivores
Cardium
Invertébrés pélagiques - consommateurs secondaires
zooplanctonophages
Crevette
Poissons herbivores - consommateurs primaires
Poissons prédateurs
- consommateurs secondaires Epinoche
Muge
Poissons ichtyophages Anguille
superprédateurs
- consommateurs tertiaires
…bioamplification…
Bioamplification des polluants
Copépodes Cerastoderma glaucum
sp.
Crangon crangon Sphaeroma hookeri
Isotopes stables
Muge sp. Gobius sp.
Les isotopes stables permettent de
caractériser les liens alimentaires et
définir les compartiments ou guildes
trophiques
Stizosteidon lucioperca Anguilla anguilla
…bioamplification…
Tertiary consumers
Détails des
relations
Stizostedion lucioperca
« proie- yellow Anguilla anguilla
t r op h i q ues
C omp ar t i ment s
prédateur »
déterminée à l’aide Lepomis gibbosus
des isotopes Abramis brama
Secondary consumers
stables juvenile Anguilla
anguilla
Potamoschistus Gobius niger Atherina boyeri Gasterosteus aculateus
Syngnathus acus minutus
Crangon crangon
Primary consumers
juvenile Mugil cephalus
Palaemonetes varians
Mysis sp. Gammarus salinus
Cerastoderma glaucum
detritus
organic matter
Producers
bacteria zooplancton (copépodes)
Zostera noltii Ruppia cirrhosa
and macrophytes
Phytoplancton
Relations alimentaires connues et vérifiées ou révélées par la méthodologie isotopique
…bioamplification…
Bioamplification des polluants
Les pesticides et les PCB ont été dosés dans tous les compartiments trophiques.
La concentration augmente avec le niveau trophique, excepté chez les organismes déposivores.
6 – Quelques questions et quelques chiffres
Après un tel constat, plusieurs questions se posent :
✔ Comment remédier à ces contaminations?
✔ Sont-elles "universelles" ?
Si oui
✔ quels sont les risques pour l’écosphère???
L’ensemble de la biosphère est contaminé par les POP,
soit par apport direct, soit par transport
atmosphérique .
Que se passe t’il dans les écosystèmes non directement
impactés ?
…..comme dans les zones polaires et subpolaires de
l’hémisphère sud et dans les lacs de montagne…….
Quelques chiffres sur les pollutions aquatiques globales
• « Plus de 120.000 substances chimiques sont commercialisées dans le
monde alors que la plupart n’ont pas fait l‘objet d’une évaluation préalable
de leur impact potentiel sur l’environnement.
• Environ 80 % des fleuves du monde coulant dans des zones habitées
servent surtout à transporter des déchets dans les océans
• Les pluies acides ravagent les habitats d’eaux continentales sur des
dizaines de millions de km2
•Près de 2 milliards de personnes ne disposent pas d’eau potable en
raison des pollutions microbiologiques et de plus en plus chimiques.... .
• Les eaux superficielles et souterraines sont de plus en plus contaminées
par des substances chimiques d’origine industrielle et/ou agricoles (on
dénombre en France plus de 50 pesticides différents dans certains
aquifères... )
• Plus de 60 millions de km2 d’océan sont recouverts en permanence d’une
fine couche de pétrole. » François Ramade, 2006