0 évaluation0% ont trouvé ce document utile (0 vote) 450 vues248 pagesMarketing Digital
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Marketing
digital
> Nouveaux comportements
de consommation
» Parcours d’achat et leviers d’actions
> Interviews d'experts
Préface de Frédéric Roy
DUNOD
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EDITEUR DE SAVOIRS
Mise en page : Belle Page
le pidopranme qui figue come dex spine, pocquoy Ue
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Yes ginraisbe dons le Soblswenen Grands Augustine, 75006 Pars).
© Dunod, 2018
11, rue Paul Bert, 92240 Malakoff
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ISBN 978-2-10-077915-4
le Code de lo propriété inellecuelle n'outrisont, eux termes de Fortcle
122.5, 2° et 3° 0}, c'une pon, que lee «copies av reproductions shiclement
réservées 8 usoge privé du copste et non desinges 6 une vilation collec »
«1, autre pat, que les analyses ees coures citations dans un but d'exemple et
dillutretion, « toute representation ov reproduction Inigrale ou parle fia
ane le consentament de auteur ou da 8s cyants dro ou ayante cause eit
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Cote représenaton ov reproduction, pr quelave procédé que ce sot, conte:
‘eit done une contelacon sonctionnge por les artes, 3352 et suivants du
Code dela propricté inallecteleTable des matiéres
Préface
Remerciements
Introduction
1 tes concepts fondamentaux avant de vous lancer!
Section 1 Identifier le parcours d’achat des consommateurs : du funnel au
consumer journey
Section 2 Le tournant Big Data : définitions, enjeux majeurs
et principales notions associées
Section 3 Les stratégies de ciblage dans le domaine du marketing digital
Section 4 Les principaux modéles de rémunération online
Section 5 Les entretiens d’experts
2. Vévolution des besoins des consommateurs
et de leurs facteurs d’activation
Section 1 Les concepts fondamentaux
Section 2 L’évolution des besoins des consommateurs
Section 3 L’évolution des facteurs d’activation
des besoins externes des consommateurs
Section 4 Les entretiens d’experts
"
2
a
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33
38
49
50
55
76Marketing digital
VI
3 Larecherche d'information omnicanal des consommateurs
Section 1 Les concepts fondamentaux : recherche interne et externe
Section 2 Approches et classifications des sources d'information
Section 3 Les différentes sources d'information digitales
a disposition des consommateurs
Section 4 Les entretiens d'experts
4 evaluation du consommateur en situation d’hyperch:
Section 1 Les concepts fondamentaux
Section 2 Uutilisation des comparateurs de prix
Section 3 Les facteurs clés logistiques pour faciliter
évaluation globale des consommateurs
Section 4 La réalité augmentée pour tester les produits a distance
Section 5 Le recours a son réseau social comme ultime facteur décisionnel
Section 6 Les nouveaux outils digitaux présents
en magasin physique pour mieux informer le client
Section 7 ’A/B testing pour améliorer l’expérience utilisateur
Section 8 Les entretiens d’experts
5 Les autres facteurs déterminants du passage a l’acte d’achat
Section 1 Les concepts fondamentaux : I’acte d’achat
Section 2 L’atmosphere des sites et des applications
Section 3 Les caractéristiques fondamentales de l'image de stabilité du site
Section 4 Les outils menant a l'achat d’impulsion
Section 5 Vers une approche de plus en plus servicielle
Section 6 Les entretiens d’experts
6 U’expression de la satisfaction ou
de l’insatisfaction du consommateur
Section 1 Les concepts fondamentaux
Section 2 Le partage de l’expérience vécue
Section 3 La participation active du consommateur
Section 4 Ventretien d’experte
Bibliographie
Index
89
90
98
107
129
1
wz
151
155
162
166
170
1B
185
186
193
194
199
™m
212
219
220
224
233
241Préface
PRAGMATISME ET PARADOXES
uest-ce qui m’a conduit & accepter de préfacer un ouvrage aussi sérieux
et documenté que celui que vous avez entre les mains ? La question n’est
pas de pure forme, de l’ordre de celle que se pose |’ auteur devant une page
blanche. Non, elle est trés sérieuse et tient en fait A celle d’un parcours
client. Les auteurs formulent une demande, I’argumentent sans autre élément que
leur pouvoir de conviction, puisqu’d ce moment le livre n’est pas écrit. Puis, en
fonction de leurs propos, de I’intérét qu’elles portent & mon propre travail, ce qui
joue naturellement sur mon ego, je me décide en leur faveur et accepte cette tache.
Je pourrais introduire des variables comme l’envie de faire connaitre mon point de
vue, la séduction intellectuelle exercée par les auteurs, le défi de se confronter 4 un
exercice jamais réalisé. Le tout est contrebalancé par le manque de temps, la fatigue
due la surcharge de travail, I'inquiétude de ne pas étre 4 la hauteur de l’enjeu...
Quoi qu’il en soit, le résumé de I’échange avec les auteurs et de la décision qui en
découle est extrémement succinct alors qu’en réalité, méme si la discussion n’a duré
que quelques dizaines de minutes, le processus qui a mené & ma décision est natu-
rellement plus complexe. Ce faisant, je ne fais pourtant que reprendre — devrais-je
écrire singer ? — une méthode universitaire trés en vogue dans le monde du marke-
ting consistant & rationaliser un comportement en réalité tres irrationnel. Depuis que
la consommation est devenue une industrie, & la fin du x1x* siécle, les chercheurs
s'interrogent sur la maniére dont on peut comprendre et systématiser le comporte-
ment de l’acheteur. Qu’est-ce qui fait que I’on passe de I’état de simple individu &
celui de consommateur ? Quelles sont les raisons du choix ? Par quelles étapes
passe-til et pourquoi ? Quels sont les facteurs déclenchants ? Toutes ces questions
—Marketing digital
et quelques autres ont donné lieu & moult études, livres et communications. La plus
connue de ces théories est représentée par Ia fameuse pyramide de Maslow, lequel
était, rappelons-le, un psychologue et non un marketeur qui s’interrogeait sur la
higrarchie des besoins dans une optique d’accomplissement de soi-méme. Si sa
théorie est encore largement utilisée et sert de base 4 de nombreuses constructions
en marketing, la pyramide de Maslow a naturellement été amendée, critiquée et
méme contestée. J'emploie a dessein le terme « naturellement », car toute théorie
sur les comportements humains est remise en cause & un moment ou & un autre, tant
leur modélisation est délicate.
C'est A ce point que le choix d’accepter de préfacer ce livre se rév@le pertinent. Car
il s’agit ici d’envisager et d’expliquer avec le plus grand pragmatisme tous les para-
doxes du marketing 4 ’ére du digital. Pragmatisme, parce qu’il faut poser comme
un préalable le fait que l'ensemble de la chaine de la communication et du marketing,
n’a qu'un but, celui de réaliser des ventes et d’augmenter celles-ci. Lorsque je parle
de vente, il ne s’agit pas nécessairement d’ une action purement commerciale ~ pre-
mier paradoxe — puisqu’il peut aussi bien s’agir de dons en vue d’actions humani-
taires ou de I’adhésion & telle ou telle organisation dont le but n’est pas nécessaire-
ment lucratif. Mais que la finalité soit de donner A une ONG ou d’acheter un yaourt,
une chaine de moyens est mise en ceuvre pour augmenter la performance des ventes
Nous sommes ici dans le fameux funnel — en francais I’entonnoir — qui transforme
le passant en client, ’internaute en acheteur, l’intéressé en actif. C’est 1a que toutes
les méthodes qui sont décrites, expliquées, détaillées et commentées dans ce livre
sont mises en ceuvre. « Tres bien, diront les sceptiques et les plus anciens, mais ce
funnel, ces théories et cette pyramide existent depuis bien longtemps et rien n’a
changé depuis, si ce n’est qu'une couche digitale a été rajoutée & des processus
existants ». Oui, leur répondra-t-on, mais c’est un peu plus compliqué que cela.
Certes, le cerveau humain n'a pas changé avec I’émergence du numérique et des
réseaux sociaux, le désir non plus, pas plus que les mécanismes mentaux qui
déclenchent le passage & 'acte d’achat. Pourtant, le digital a profondément changé
le commerce, le marketing et la publicité. Et il n’a pas fini de le faire. Parce qu’a
défaut de modifier notre cerveau, il lui a offert de nouvelles possibilités de le stimu-
ler. Avec des effets trés varigs qui ne vont pas tous dans le sens d’une augmentation
de la consommation.
Tl convient done de prendre avec délicatesse cette matidre qu’est le digital. Au-dela
du jeu de mots, c’est li en effet enjeu de ce livre : comment s’approprier ces outils
pour optimiser les actions avant, pendant et aprés la vente, Simple ? Pas du tout.
Compliqué ? Non plus. Délicat. Car ce que nous ont apporté des nouvelles tech-
niques, c’est une souplesse et une adaptabilité qui peut étre aussi efficace que contre-
productive. Revenons & nos sceptiques. $°il est vrai que lorsqu’Internet est devenu
un outil commercial & la charnigre du xx° et du xxr° sidcle, il ne s’agissait alors que
d'un complément agile des médias et supports existants, qu’il s’agisse de la télévi-
sion, de la presse, de l'affichage ou du marketing direct. La donne a profondémente est un dé
© Dunod ~ Toute reproduction non
changé avec I’apparition quasi simultanée des smartphones et des réseaux sociaux.
La montée en puissance paralléle de l’outil et du modéle d’usage a profondément
changé notre rapport au monde et par conséquent a la consommation. Pour appro-
fondir ce dernier point, qui est celui qui nous intéresse ici, les points de contact avec
le consommateur se sont non seulement multipliés mais surtout, ils se sont diversi-
fiés, Pour ne prendre qu’un seul exemple de cette évolution, la géolocalisation offre
des perspectives totalement nouvelles par rapport a tout ce qui a pu se passer aupa-
ravant. Une simple carte peut devenir un outil d'action marketing pour peu qu’elle
soit utilisée @ bon escient. Le mot simple doit étre compris ici du point de vue de
Tutilisateur, sachant que la mise en ceuvre technologique peut étre d’une grande
complexité. C’est la encore un paradoxe de notre monde numérique. Plus la techno-
logie est sophistiquée, moins l'utilisateur doit s’en apercevoir. C’est en raisonnant
ainsi que Steve Jobs a construit le succes d’ Apple. C’est ce qui a permis 4 'iPhone
et A ses descendants de devenir la télécommande universelle de notre vie digitale. La
simplicité d’ usage est d’autant plus importante que les réseaux sociaux ont donné au
consommateur une voie (et une voix) de retour qui peut étre au moins aussi puis-
sante que celle des marques. On pourra discuter a V'infini sur la manigre dont ces
derniéres peuvent et doivent « entrer en conversation » avec leurs clients et pros-
pects, selon I’expression en vogue. Il n’en demeure pas moins qu’elles doivent
désormais tenir compte de cette possibilité d’échange qui fait que, pour la premigre
fois dans histoire, les clients peuvent, par les réseaux sociaux, communiquer mas-
sivement. En positif ou en négatif.
On le voit, la pyramide et l'entonnoir sont toujours 12, mais Ia forme et la matiére
se sont singuligrement sophistiquées. Ce qui était linéaire est devenu tortueux, ce qui
était hermétique est devenu poreux. A cela s’ajoute une donnée temporelle. Internet
a accéléré le temps de transmission des données et surtout des idées. L’intelligence
collective s'est développée au rythme de la rapidité et de la facilité des connexions.
Des forums aux blogs, des blogs aux réseaux sociaux, le monde s’est mis & tout
partager pour le meilleur et pour le pire. Intéressons-nous ici au meilleur. Les bonnes
idées circulent et font naitre de nouveaux concepts et de nouveaux outils. Certains
perdurent, d’autres non, Qu’il s’agisse de logiciel, d’idées ou de mots, combien dans
les métiers du marketing ont vu le jour, prospéré puis disparu ? Nombreux. On ne
comptera pas parmi ceux-ci la data et son grand frére le Big Data. Nul doute que
cette matiére continuera a se développer. Mais elle a aussi toutes les caractéristiques
des concepts nés du digital : cette data fait fantasmer tout autant qu’elle fait peur.
Entre les tenants du tout data qui attendent des miracles de la connaissance intime
des clients et les défenseurs de la privacy qui s’inquiétent légitimement des intru-
sions grandissantes dans la vie privée des citoyens, chacun a ses raisons. Le débat
sur les équilibres nécessaires entre ces deux points de vue n’en est qu’a ses débuts.
Encore faut-il qu'il soit alimenté par une connaissance aussi objective que possible
du sujet. C’est aussi 'une des vertus de cet ouvrage dont on appréciera la parole
donnée aux acteurs.
PréfaceMarketing digital
Les outils que nous a apportés le digital n’ ont pas fini de nous étonner. Nous avons
dans nos poches des ordinateurs cent fois plus puissants que ceux qui ont permis
d’envoyer I’homme sur la Lune, Le monde est & nos pieds et I’avenir ne dépend que
de notre imagination et de notre sagesse. C'est aussi vrai du marketing que de la
science. Puisse ce livre vous permettre de mieux vous guider dans ce monde en
perpétuelle évolution. Et donc passionnant
Frédéric Roy
Directeur de la rédaction et rédacteur en chef de CB NewsRemerciements
es auteures remercient les experts interviewés qui nous ont accordé de leur
temps, de leurs savoirs et de leur expérience afin de proposer un ouvrage riche
en enseignements pratiques et actuels. Les remerciements s’adressent également
a Alain Goudey et Karen Arrouasse pour leur contribution au chapitre 4. Elles
expriment également leur reconnaissance & Frédéric Roy qui a préfacé cet ouvrage.
Elles saluent également les étudiants avec lesquels elles sont en contact quotidien,
dont les questionnements et les réflexions ont inspiré l’approche pédagogique de
Vouvrage. Enfin, les auteures remercient chaleureusement les éditions Dunod pour
leur confiance et leur soutien, en particulier Odile Marion, Chloé Schiltz, Rebecca
Berthaut et Julie Robert.
Elles sont également reconnaissantes envers leurs maris et leurs enfants d’avoir
fait preuve de patience et d'un soutien sans faille pendant la rédaction de cet
ouvrage.“pound gT0z @ a6UuAdo>Introduction
ujourd’hui, 83 % des internautes francais ont déja acheté en ligne, alors que
ces achats ne représentent que 8 % du commerce de détail!. Les canaux
numériques remplissent notamment un réle majeur d’information avant un
achat. En effet, pres de 70 % des acheteurs en magasins se sont renseignés au préalable
sur Internet et 53 % ont utilisé leur smartphone au sein du magasin®, Ainsi, avec
Vavénement du mobile, les consommateurs pratiquent aussi bien du web-to-store que
du store-to-web* ; ce qui leur confére un caractére ubiquitaire (Badot et Lemoine,
20134). Comme le soulignent Collin-Lachaud et Vanheems (2016, p. 535) : « les
multiples canaux font vivre au consommateur une expérience singulidre qui ne
s’apparente ni a un shopping classique en magasin, ni a une navigation sur écran quel
que soit le support, mais & de nouvelles formes de déambulation hybrides ». Les
enseignes se doivent donc de multiplier les points de contact. L’ objectif des entreprises
est de réaliser des parcours « sans couture » permettant aux clients d’aller du physique
‘au virtuel de facon fluide.
Lobjectif de cet ouvrage est de répondre & deux questions : avec l’appropriation des
outils digitaux® par les consommateurs, quels sont les nouveaux parcours d’achat
FEVAD, INSEE (site de la FEVAD), 2017,
1
2. Observatoire du Consommateur Connect,
3
Pratiques et Usages, Septembre 2016, Médiamétie et FEVAD.
Web-to-tore: consultation sur Internet avant achat en magasin physique; Stoe-o-ieb visite en magasin
physique avant achat sur Internet.
4. Badot 0. et Lemoine JF, « Editorial : du paradigme dichotomique de Vexpérience d'achat au paradigm
ubiquitaire», Recherche et Applications en Marketing, 28. 3, 3-13. 2013
5. Collin-Lachaud I et Vanheems R, « Naviguer entre espaces virteletrél pour faire ses achats: exploration
de Fexpérience de shopping hybride », Recherche er Applications en Marketing, 31, 2, 43-61, 2016,
6. Ensemble des outs électroniques, mobiles ou non, mis & disposition des individus pour obtenir evou
échanger des informations online evou afin.Marketing digital
offline et online ? Quelles sont les recommandations en termes de marketing digital
qui en découlent pour les entreprises ?
Afin d’accompagner les éléments théoriques et les illustrations de l'ouvrage, les
auteures ont mené une série d’interviews d’experts sur les nouvelles pratiques des
individus en matigre de consommation. Les professionnels interrogés appartiennent
aussi bien a des entreprises pure player qu’a des entreprises click and mortar’.
Les experts interviewés
Cyril Bous
Kelkoo, Ciao !)
Philippe Courbois > Directeur Client et Innovation, en charge de la digitalisation, de
la data et de la relation client et du métier Caisses de Auchan Retail France
Mathieu Gabard > Directeur Marketing de Twitter a la date de interview (actuelle
ment Country Manager Small & Medium Business chez Waze)
Christel Hennion > Directrice Digital et CRM de Petit Bateau
Benjamin Lequertier > Directeur marketing de Facebook pour l'Europe du Sud
Christian Lou > Directeur Marketing et Digitalisation de Darty
Philippe Moati > Professeur agrégé d’économie a I'Université Paris-Diderot
‘Véronique Rousseau > Directrice marketing Clients de Yves Rocher
> Commercial Director FR and BE Groupe [Link] (Leguide,
Catherine Spindler > Directrice marketing et communication de Vente-privee
Yaelle Teicher > Responsable des réseaux sociaux aux Galeries Lafayette & la date de
interview (actuellement Responsable de l'ofire en influence du Groupe aufeminin)
Frangois Vasseur > Directeur Marketing de la Fédération Frangaise de Football
Seuls sont rapportés les extraits des entretiens qui permettent d/approfondir les
notions vues dans le chapitre.
Le plan du livre est structuré selon les grandes étapes dun processus d’achat
classique (figure 1), Les comportements des consommateurs ont évolu€ avec les outils
digitaux et aménent des changements dans l'ensemble de ce schéma qui sont présentés
au fur et & mesure de l'ouvrage.
1. Pure player : organisation dont la présence est uniquement en ligne ; Click and Mortar : organisation qui
dispose la fois de points de vente physiques et numériques : Brick and Mortar organisation disposant uniquement
de points de vente physiques.Introduction
Facteur d'activation
du besoin
Identification d’un besoin Neacedl i laccelechad
probléme de consommation
/
bain
Recherche d'inform:
Evaluations des alternatives
Achat
Evaluations post-achat
Figure 1 ~ La représentation schématique d’un processus d’achat classique
Chaque chapitre débute par les concepts fondamentaux de I’étape du processus
dachat concernée, Ensuite sont développés les nouveaux outils digitaux & disposition
des marketeurs pour toucher les consommateurs 8 différents points de contact. Puis,
le chapitre présente le point de vue détaillé d'un ou deux experts sur P’évolution du
comportement des consommateurs, les démarches marketing qui ont assuré le succes
de chaque entreprise, la stratégie marketing actuelle et les défis pour l'avenir. Enfin,
un quiz revenant sur les notions principales du chapitre et un exercice d’application
sont proposés aux lecteurs pour tester leurs connaissances et leur capacité & proposer
des solutions pertinentes. Pour tous les exercices d’application, les questions posées
sont progressives en termes de difficulté afin de s’adresser & des étudiants du premier
et du second cycle (BTS, DUT, Licences, Bachelors ou Masters).
Face 2 un univers de consommation qui se complexifie, la combinaison des
approches pratiques et théoriques de cet ouvrage permet également de s’adresser un
public professionnel voulant approfondir ses connaissances en marketing digital.
© Dunod ~ Toute reproductMarketing digital
10
Le chapitre 1 a été congu afin de donner les prérequis généraux et nécessaires pour
amorcer la compréhension des concepts abordés dans l'ensemble de ’ouvrage : il y est
présenté entre autres les notions de points de contact, de parcours d’achat, de Big Data,
de ciblage en marketing digital et les principaux modéles de rémunération en ligne.
Le chapitre 2 passe en revue les besoins traditionnels et les facteurs d’ activation des
besoins et propose un regard nouveau sur I’évolution de toutes ces notions.
Le chapitre 3 aborde la problématique de la recherche d'information des
consommateurs, une étape clé oii les sources d'information se sont démultipliées avec
le digital.
Le chapitre 4 se focalise sur I’évaluation des alternatives produits/services/marques
des individus qui disposent aujourd’hui d’une palette riche de solutions digitales pour
les accompagner dans leur choix
Le chapitre 5 se concentre sur la décision d’achat du consommateur et les stratégies
digitales pour I’y encourager.
Le chapitre 6 présente la phase post-achat of les consommateurs évaluent et
partagent leur expérience vécue, notamment dans l’univers virtuel.Les concepts
fondamentaux
avant de vous
lancer!
Comprendre la notion de parcours client.
Ss
Présenter les différentes stratégies de ciblage en marketing digital.
les principaux enjeux du Big Data pour le marketing
Distinguer les principaux modes de rémunération en ligne.
SECTION'T Identifier le parcours d’achat des consommateurs
du funnel au consumer journey
SECTION 2 Le tournant Big Data : définitions, enjeux majeurs et principales notions
associées
SECTION 3 Les stratégies de ciblage dans le domaine du marketing digital
SECTION’ Les principaux modéles de rémuneération online
SECTION'S Les entretiens d'expertsChapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
12
e chapitre présente quatre axes essentiels qui permettent de faciliter la
compréhension de nombreux éléments dans les différents chapitres de cet
ouvrage. Ils permettent d’amorcer la compréhension dans la modification
des comportements du consommateur avec 'avénement du digital. Deux approches
analyse du parcours d’achat sont tout d’abord présentées : le funnel et le
consumer journey. Puis, la notion de Big Data est développée ; il s’agit d'un
élément essentiel au regard des évolutions du marketing d’ aujourd’ hui. Comprendre
ce que cette notion sous-tend permet de mieux identifier les enjeux actuels des
entreprises, particuligrement au regard des nouveaux parcours d’achat, Les
stratégies de ciblage des consommateurs et les principaux modes de rémunération
dans le domaine du digital sont également détaillés. Enfin, le chapitre se conclut
par deux entretiens qui illustrent I’évolution de deux entreprises dans le domaine
du digital et qui accordent une attention forte aux attentes de leurs consommateurs :
‘Véronique Rousseau (Yves Rocher) et Frangois Vasseur (Fédération Frangaise de
Football).
Section
1 IDENTIFIER LE PARCOURS D’ACHAT
DES CONSOMMATEURS : DU FUNNEL
AU CONSUMER JOURNEY
Lobjectif ultime du marketing est d’atteindre un consommateur aux différents
moments qui vont étre importants dans sa prise de décision d’achat. Ces moments
sont communément appelés points de contact (touchpoints). Aussi, le marketing
veut toucher le consommateur au bon endroit, au bon moment, avec le bon mes-
sage. Les approches complémentaires du funnel et du consumer journey offrent une
facon d'analyser les parcours d' achat des individus et d'identifier pas a pas tous les.
contacts potentiels a établir avec une cible. La méthode des persona propose une
solution possible pour envisager des actions a chaque étape d’un processus d’ achat.
1 La notion de point de contact
Les consommateurs disposent de moyens multiples pour entrer en contact ou étre
contactés par les entreprises, en particulier par le biais des canaux digitaux. Ceux-ci
constituent les diverses routes par lesquelles les entreprises et les consommateurs
entrent en contact (Edelman, 2010)!. Il existe une multitude de points de contact
1. Edelman D., « Branding in the digital age: you're spending your money in all the wrong places », Harvard
Business Review, 88, 12, 62-69, 2010,© Dunod ~ Toute reproduction non autorisée est un dit
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
qui peuvent varier notamment en fonction de la catégorie de produits et des
individus.
Straker, Wrigley et Rosemann (2015)! ont identifié trente-quatre points de contact
digitaux lors dune enquéte auprés de cent entreprises internationales. Ils les ont
regroupés selon quatre typologies de canaux formées par le regroupement de certains
points de contact : fonctionnel, social, communautaire et commercial. L’exemple
suivant illustre ensemble des points de contact décisifs pour l'achat d’un véhicule
automobile.
ENSEMBLE QE scteursen
ors = 3125 ireyeme
POINTS DE
CONTACT
x
Décisies es
i ll om
Figure
Les points de contact dans |’achat automobile
Source : Etude #DRIVE de la régie 366 et Kantar TNS, 2016.
Les points de contact peuvent avoir une influence variable selon I’étape du processus
dachat dans laquelle se trouve le consommateur (voir exemple ci-aprés pour l'achat
d’un véhicule neuf).
1. Saker K., Wrigley C. et Rosemann M., « Typologies and touchpoints: desi
strategies », Jounal of Research in Interactive Marketing, 9, 2, 110-128, 2015,
jing multichannel digital
13Chapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
oy
rr
(4 % médias (presse Pome
automobile spécialisée CGE | 59% concession (essai
_ Pee un vébicule en
Patents concession :33%) | «31 8 concession (service client
+65 % concession (auprés | |*36%bouche-d-orelle | | d'une marque automobile: 17%)
des consellers 235 X médias 125 % MKG direct ~CRM
tenconcession :38 %) 3 Activation eeeaaee
+ 61% médias eee
+ 50% bouche-3-orelle re es
ates
Cae eae
PS rene
eae eS
Source : d’aprés Spécial Auto, Le Futur Cest Maintenant, CB News, n* 52, octobre 2016, p. 22.
Figure 1.2 - Le parcours d’achat des acheteurs de voitures neuves
Bele fume! eee Eero ere eee reer eee Pere ee ePe eer PeeP oH
Le funnel se traduit littéralement par le terme d’entonnoir. Il désigne plus exacte-
ment l’entonnoir de conversion des consommateurs pour une catégorie de produits
et/ou une marque donnée. L’idée sous-jacente est qu’un certain nombre d’individus
(prospects, leads! et clients) vont amorcer un parcours d’achat, mais seulement une
partie d’entre eux se retrouvera & la fin du processus. La figure 1.3 (p. 16) propose
une représentation d’un processus de décision simplifiée. La mise en place d'une
telle démarche doit étre orientée vers l’action, c’est-A-dire identifier des étapes clés
suecessives du parcours d’achat d’un consommateur afin de proposer des orienta-
tions stratégiques pertinentes, puis de mettre en place les actions opérationnelles qui
en découlent. A l'exception des achats impulsifs et des achats routiniers comme
achat d’une baguette de pain, de son paquet de café ou de céréales habituelles, les
processus de décision se découpent en plusieurs phases.
Le funnel repose sur le principe que le consommateur garde & l'esprit un ensemble
; de marques envisageables pour son achat? au début de son processus de décision.
; Les techniques marketing vont pouvoir l’aider a affiner son choix pour sélectionner
5 le produit finalement acheté. On cherchera & mesurer le taux de conversion lors duu
# passage d'une étape A l'autre. Aussi, on retiendra deux phases clés dans l'analyse
2 dun funnel :
1. découper le processus d’achat en étapes successives ;
2. analyser les taux de conversion (voir définitions p. 15).
1. Voir détinition p. 15.
2. Appelé ensemble de considération ou ensemble évoqué.
4© Dunod ~ Toute reproduction non
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
DEFINITIONS
Taux de conversion : également appelé taux de transformation, il mesure la part
d'individus touchée par une action marketing (par exemple, ouverture d’un compte
utilisateur, le remplissage d’un formulaire, l'inscription un programme de fidélité, 1a
demande d'information, achat d'un produit...) qui y répondent favorablement. Pour un
site en ligne ou une application sur mobile de vente, le taux de conversion désigne en
principe la part de visiteurs qui se « transforment » en acheteurs.
Prospect : client potentiel. Il nest pas encore acheteur d’une marque, dune enseigne, d’un
site...
Lead : correspond A « un contact commercial dont le potentiel est avéré ou supposé »
(Mercanti-Guérin et Vincent, 2016, p. 138). Par exemple, une entreprise spécialisée dans les
mutuelles considérera comme lead un individu qui a demandé des devis sur un site de
‘comparateurs de mutuelles.
Selon Mercanti-Guérin et Vincent (2016), certains assimilent les notions de lead et prospect,
tandis que d'autres considérent le statut de lead comme se situant juste avant celui de
prospect.
Il faut souligner qu’il n’y a pas de funnel standard ou idéal mais des fiunnels
spécifiques & chaque catégorie de produits et/ou chaque segment de consommateurs.
En fonction de la catégorie de produits, on va introduire certaines étapes, Par exemple,
la phase « essai » est importante dans le secteur de l’automobile. Il est également
possible en fonction du type de produit d’ajouter une étape « négociation », De
Baynast et Lendrevie (2014) proposent, par exemple, un fiunnel dans le secteur de
lautomobile avec les taux de conversion dune phase & l'autre (figure 1.4). On trouve
les phases spécifiques du produit concemné : essai, négociation et recommandation aux
autres (avant méme une éventuelle étape de fidélité vu qu’ un rachat n'est pas immédiat
pour une voiture). Ce funnel a été réalisé auprés d’un échantillon de personnes ayant
acheté un véhicule du segment du modéle étudié sur une méme période :
= les chiffres qui ne sont pas en gras sur le schéma désignent le pourcentage de la
cible restante aux différentes étapes du parcours d’achat, La schématisation peut
se lire ainsi : 60 % des individus, sur la totalité de I’échantillon étudié, ont pris en
considération le modéle de la marque A. Mais au final, seulement 1,5 % des indi-
vidus ont acheté ce véhicule ;
—chaque pourcentage en gras situé en bas entre deux phases indique le taux de
conversion dune étape a l'autre. Par rapport & I'exemple donné, il conviendrait
pour un marketeur de s’interroger sur une étape en particulier : parmi toutes les
personnes qui demandent des informations sur le véhicule, seuls 20 % demandent
a essayer, soit une perte de 80 % des prospects d’une étape A l'autre. Par exemple,
est-ce que les vendeurs ont fourni toutes les informations demandées ? Ontils été
suffisamment rapides ? Est-ce que les informations ont suscité l’envie d’essayer la
voiture ? Etc.
15Copyright © 2018 Dunod.
Chapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
Lianalyse d'un funnel pour un processus d’achat en ligne est un instrument
intéressant car il mesure précisément la fuite du flux d’une phase & autre ; il est ainsi
possible d’identifier les étapes ot les taux d’abandon sont élevés et de s’interroger sur
ce qui améne un processus & s’arréter & une étape donnée. Dans T’idéal, il est
intéressant d’ analyser le parcours dune cible de consommateurs pour un ensemble de
‘marques concurrentes et de comparer les différents indicateurs pour identifier les bons
leviers & activer.
Source : De Baynast A. et Lendrevie J,, Publicitor, Dunod, 8° édition, 2014, p. 95.
Figure 1.3 ~La représentation schématique d’un funnel simplifié
cable,
100
Recommandion
BI 20% 0% 19% 100%
Source : De Baynast A. et Lendrevie J., Publicitor, Dunod, 8¢ édition, 2014, p. 97.
Figure 1.4 —Un exemple de funnel pour l’achat d’un véhicule neuf de la marque A
16© Dunod ~ Toute reproduction non
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
3_Le consumer journey
Le consumer journey' proposé par le cabinet de conseil McKinsey et que I’on peut
traduire par « le voyage du consommateur » est présenté par Court et al. (2009)
comme une alternative au fine! prenant en compte les nouvelles fagons d’intégrer
des informations aux différentes étapes du processus d’achat, Selon ces auteurs, le
funnel ne permet pas de capter la croissance importante des choix de produits ainsi
que la multiplication des supports numériques avec un consommateur qui est de plus
en plus exigeant et informé. De plus, il faut bien prendre en compte que la
communication est de moins en moins unidirectionnelle et de plus en plus
bidirectionnelle et interactive. De ce point de vue, le processus d’achat ne se
présente plus sous une approche linéaire mais circulaire : le voyage du consommateur
est dés lors considéré comme un voyage comprenant cing phases (dans article de
2009, les auteurs font uniquement référence aux quatre premiéres étapes) :
1. La considération : individu considére un ensemble initial de marques basé sur
la perception qu’il a de celles-ci et l'exposition & des informations marketing
récentes, Contrairement au funnel, le nombre de marques envisagées au cours de
cette étape peut augmenter et non uniquement diminuer au fur et 4 mesure que les
consommateurs cherchent de l'information, Une marque qui appartient ici 4 Pen-
semble de considération ne peut plus prendre cela pour acquis et devra mettre en
place un moyen d’entrer en contact avec le consommateur pour conserver ce statut
au cours de son parcours d’achat.
2. L’évaluation active : le consommateur ne regoit plus seulement des informations de
la part des entreprises mais va lui-méme aller chercher ce que pense son entourage, par
exemple par le biais des réseaux sociaux ou sur des sites qui donnent des informations
sur les marques... L'article de 2009 publié dans McKinsey Quarterly indique que 2/3
des activités de recherche portent sur des démarches volontaires (bouche-d-oreille
provenant de la famille ou d’amis, consultation d’Internet...) lors de cette phase.
3. Lrachat.
4. Lexpérience post-achat.
5. La fidélité : c'est au cours de l’expérience post-achat que le consommateur va
forger son opinion pour ses achats futurs. Aussi, on trouve cette boucle qui apparait
rapidement dans la schématisation, Certains des individus fidéles & une marque
seront percus comme actifs car ils communiquent sur leur expérience de
consommation.
Comme le soulignent Pires et Stioui (2016, p. 26)? : « Chacune de ces phases au
cours desquelles le consommateur utilise son mobile est une opportunité pour la
1. Court D., Elzinga D., Mulder S., and Vetvik O. J., « The consumer decision journey », McKinsey Quarterly,
juin 2009,
2. Pires T. et Stioui E., M-commerce, Construire et piloter sa stratégie commerciale sur mobile, Dunod, 2016.
7Chapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
marque d’ accroitre sa visibilité, prendre la parole, convertir une transaction et péren-
niser une relation durable avec son client. »
Evaluation
Cree Boucle de fidelite
Expérience post-achat
Source : Court D., Elzinga D., Mulder S. et Vetvik O. J,,« The consumer decision journey »,
‘McKinsey Quarterly, juin, 2009 — Principales phases du schéma traduites en francais.
Figure 1.5 ~Le consumer journey
L'importance de chaque point de contact varie selon la catégorie de produits et le
segment de consommateurs ciblé. L’exemple ci-dessous illustre l’application de
l'approche du consumer journey au secteur des produits électroniques.
Cette approche mise en place par le cabinet McKinsey propose aux entreprises une
démarche plus dynamique que le processus traditionnel, tenant compte des
comportements plus actifs des consommateurs utilisant les outils technologiques pour
‘informer en continu. Cela permet de mieux saisir les réles de différents canaux dans
le parcours du consommateur et de définir la place de chacun dans le modéle
économique dune entreprise.
30% des acheteurs de produits 49% des consommateurs vont sur
électroniques estiment que les Internet pour s'assurer de la
canaux numériques constituent les disponibilité des articles en magasin
points de contact les plus décisifs Evaluation
pour la considération initiale
Considération
Achat
31% des consommateurs
achétent en ligne, mais
Fidelité récuperent leur article en
programme deltas un Expérience fii
distributeuren ligne analyse 23% des consommateurs publient
attelnt un taux de é-achat de des commentaires ou des critiques 3
ang propos des distributeurs sur Facebook
Figure 1.6 — Le parcours d’achat pour des produits électroniques’
1. « McKinsey analyse le parcours d'achat multicanal du consommateur », Journal du Net, 28 juin 2013
18Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
Lianalyse des parcours d’achat permet ainsi aux entreprises de déterminer les
points de contact & favoriser et également d’envisager "harmonisation de leur
stratégie qui se doit d’étre de plus en plus omnicanal (cf. Focus ci-dessous) ; le
consommateur peut en effet aussi bien utiliser son téléphone en magasin (De
Kerviler et al., 2016), commander et payer en ligne et récupérer lui-méme son achat
au sein du point de vente une heure aprés (technique du click & collect)...' Aussi,
de nombreuses entreprises ont aujourd’hui plusieurs canaux de distribution. La
difficulté consiste 4 avoir une cohérence entre eux et réussir A mettre en place une
bonne orchestration pour glisser du multicanal vers l’omnicanal (figure 1.7).
Le multicanal, le cross canal et |’omnicanal
risée est un deli
© Dunod ~ Toute reproduction non
Une stratégie multicanal repose sur la
multiplication des canaux de vente mis 8
disposition : vente en ligne (site Web,
application mobile, vente par les réseaux
sociaux...), vente & distance par le biais
d'un catalogue, vente par téléphone,
magasin physique, etc. II n'y a pas, dans
cette démarche, de connexion entre les
différents canaux. Le client doit faire un
choix et utiliser le plus pratique pour lui
Une stratégie cross canal permet au
client d'utiliser plusieurs canaux pour un
méme achat, ce qui permet de fluidifier le
parcours client. Par exemple, il commande
une machine a café en ligne sur le site de
Darty et la récuptre en magasin une
heure aprés, Autre exemple : une personne
qui commanderait aprés avoir parcouru
un catalogue mais préfére I'acheter en
1. Kovaks B., « L’e-commerce se mobilise », CB News, Novembre 2016, n°
ligne plutot que de le commander par le
biais du bon de commande.
Une stratégie omnicanal enrichit la
précédente parla simultanéitéd’utilisation
possible entre 2 canaux ; par exemple,
un consommateur passe commande en
ligne d’un produit qui n’est pas en stock
par le biais d'un support mobile mis a
disposition par le magasin dans lequel le
consommateur se trouve (mo
store). Un canal va donc servir l'autre.
Lentreprise doit mettre en place une
seule plateforme d'interaction qui lui
permettra de reconnaitre le client quel
que soit le canal emprunté, mémoriser
ses choix dans un canal pour lui proposer
des produits cohérents dans un autre
canal, etc.
pp. 94-98
19Chapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
20
‘Multicanal
Proposer différents canaux de vente
- Interconnexion
des canaux en ligne
et physiques
Cross canal
Simplifier le parcours d’achat par le biais
de plusieurs canaux - Possibilité d'utilisation simultanée
des canaux offline et online
par le consommateur
Omnicanal
Proposer plusieurs canaux et pouvoir
les utiliser simultanément
Figure 1.7 - L’évolution des entreprises en termes de synergie entre
ses points de vente offline et online : du multicanal 'omnicanal
4 La méthode des persona, une solution pour utiliser les bons
arketing a if achat
Quelle que soit l’approche utilisée par les entreprises pour analyser le parcours
achat des consommateurs, il s’agit de trouver des solutions pour les phases qui
génerent le moins de conversion vers les phases suivantes.
Le concept des persona a éé mis en avant par 'américain Alan Cooper. Il s’agit
des « profils types qui sont représentatifs des différentes cibles visées » (Isaac et
Volle, 2014, p. 261). On présente les persona comme des représentations des
utilisateurs types actuels et potentiels d’un site ou d’une application en fonction des
cibles visées. Ils sont illustrés sous forme de fiche avec un nom et un prénom fictifs,
ge et profession pour chaque persona. Selon Isaac et Volle (2014), Pentreprise
identifie généralement trois A quatre persona, c’est-A-dire trois A quatre
consommateurs-types de leur cible.
La méthode des persona constitue un bon moyen d’adresser le bon message au bon
moment 8 la cible concernée pour chaque étape (Salgues, 2015)!. Il est par exemple
envisageable de mettre en place un e-book ou un livre blanc en B to B en haut d’un
funnel. Puis de réaliser un webinar (séminaire en ligne) & I’étape de l’évaluation des
solutions. Enfin, pour enclencher un achat, il est possible de travailler sur les
1. Salgues F, « Funnel : entrez dans le cercle vertueux », e-marketing. fr, 9 décembre 2015.Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
comparatifs produits. Les commerciaux doivent savoir reprendre le relais pour
convertir les prospects chauds en clients & cette étape décisive.
Différentes méthodes permettent de collecter des données afin d’analyser les
comportements des persona!. On peut citer les données collectées par les réseaux
sociaux ou celles proposées par des acteurs tels que Google Analytics, par exemple,
ainsi que des entretiens individuels ou des focus groups? avec des consommateurs
ou des commerciaux.
Une entreprise peut maintenant approfondir la connaissance de ses clients ou de
ses prospects grace au Big Data. Les données recueillies dans ce cadre permettent
de passer du déclaratif (obtenu lors des entretiens avec des consommateurs ou des
commerciaux) aux comportements effectifs.
Secti
“9°12. Le TOURNANT BIG DATA : DEFINITIONS, ENJEUX
MAJEURS ET PRINCIPALES NOTIONS ASSOCIEES
La collecte de données existe depuis de nombreuses années, Mais la capacité &
collecter en temps réel et & une vitesse de traitement extrémement rapide confére au
Big Data des caractéristiques particuligres qui changent la donne au sein des
entreprises et notamment le marketing (Crié et Willart, 2016).
Comme le soulignent Davoust et Volle (2014, p. 4) : « Ce phénoméne semble étre
plus qu’une simple mode, mais une tendance de fond qui doit étre prise au sérieux
par les entreprises ». Ces dernigres années, le terme Big Data est done sur toutes les
lévres avee pléthore de vocabulaire associé : cookie, DMP, Open Data... Cette
section vise tout d’abord & proposer une présentation pédagogique du concept de
Big Data et des principales notions qui lui sont liés. Puis, les descriptions et les
opinions sur ce sujet des experts du marketing digital interrogés pour cet ouvrage
sont présentées et synthétisées.
e est un dsl
Me Wale eaten tess seca Gsteeetee eee Hace tetas CSEE CCE
1.1 Définition générale
De facon globale, on considére le Big Data (ou mégadonnées) comme toutes les
données que I’on peut collecter quelle que soit leur provenance : vidéos publiées,
1. Salgues F,, « Personas : dans Ja peau dun profiler»,
marketing. tr, 8 décembre 2015.
2. Focus group : Groupe dindividus séleetionnés sur la base de eritéres pertinents au regard du sujet d'une étude
‘marketing qui vont étre interrogés ensemble.
© Dunod ~ Toute reproduct
2Chapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
22
informations médicales, signaux GPS, données de climat, achats effectués et
montants dépensés dans un magasin ou site en ligne'... L’utilisation d'outils Big Data
permet aux entreprises d’atteindre différents objectif’s : améliorer l’expérience client,
optimiser des processus de performance opérationnelle et renforcer ou diversifier un
modele d’affaires
1.2 Caractéristiques majeures du Big Data
Au regard du focus de cet ouvrage sur le parcours client, nous nous concentrerons
sur les données liges au consommateur. Ces données peuvent done provenir dune
carte de fidélité utilisée en magasin, de l'ensemble des sites visités, des pages par-
courues lors de la visite d’un site donné, des informations qu’un individu a postées
sur les réseaux sociaux ou celles qu'il a consultées, de ses recherches effectuées sur
un moteur de recherche, des produits qu’il a achetés... Les vépécistes historiques
(par exemple, La Redoute et Yves Rocher) ou les acteurs de la grande distribution
avec leur carte de fidélité, géraient depuis des années déja des bases de données
importantes. En revanche, avec l'utilisation permanente des outils numériques, la
quantité de données disponibles et leurs provenances se sont considérablement
démultipliges. I] n’est donc plus envisageable de gérer ce flux de données avec les
traditionnels outils de gestion de base de données ou logiciels de gestion de ’infor-
mation.
De plus, avec les évolutions technologiques et leur maitrise, la capacité et Ia rapi-
dité & traiter ces informations ont permis d’analyser plus aisément ce volume expo-
nentiel de données provenant de différentes sources.
Le cabinet Gartner fait référence aux 3V du Big data : volume, vélocité et variété.
Les données sont en volume trés important (volume). Elles sont générées et captu-
rées trés fréquemment en quasi-temps réel (vélocité). Elles peuvent aussi (variété) :
— provenir de différentes sources (collectes de cookies’, informations saisies dans un
formulaire, données publiques, données provenant de la géolocalisation...
—étre de différents types (pages parcourues, données factuelles comme des mon-
tants dépensés, conversations ou messages sur les réseaux sociaux, photographies
ou vidéos postées ou vues sur différents sites...)
Les acteurs du Big Data y ajoutent deux autres V (Davoust et Volle, 2014) : la
véracité et la valeur, Il faut aussi Gtre vigilant sur la fiabilité et la erédibilité des
informations collectées, dont on ne peut parfois pas justifier l’authenticité des conte-
nus (véracité). Enfin, il est important de savoir ce que les données peuvent apporter
A une entreprise en termes de valeur ajoutée (valeur) (par exemple, améliorer la
personalisation des offres proposées au visiteur d’un site de vente).
1. http:/www-lebigdatafr/definition-big-data
2. Is‘agit d’un fichier texte qui se dépose sur le disque dur d'un device quand un internaute se connecte & un site.Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
En outre, on distingue trois types de données online et offline! :
— les données /* party directement collectées par une entreprise comme les données
de la navigation d’un internaute sur son site Web ;
—les données 2” party, intéressantes pour les entreprises ayant peu de données
1* party? (comme les acteurs qui ne font que de la vente indirecte), proviennent de
partenariat établis avec d’autres entreprises comme la grande distribution par
exemple (Auchan, Carrefour...) ;
— les données 3” party sont des données achetées 4 des fournisseurs de data comme
Weborama.
Ces données sont intégrées 4 une DMP : Data Management Platform (plateforme de
gestion de données) qui permet de regrouper des données provenant de différentes
sources, les exploiter et les analyser. Les cing axes suivants décrivent les points clés pour
la mise en place d’une telle plateforme.
‘Avant de comparer es fonctionnalités,lergonomie,
les prix des DMP. i faut d'abord sinterroger sur les
) Bf raisons dea déployer et ies usages envisages.
Dresser état des sources de données
internes et externes qui pourront étre
| UF ‘assembices et expiitées au seindela ne fois
DMP: la diversité des données compte
© Dunod — Toute reproduction non autorisée est un dit
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Test and learn: c'est aN ‘seénarios qui
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‘qué a rensemble
dun segment
cet analyser les compor-
tements des utisateurs,
afin d'anticiper leurs
besoins et de person-
naliser les campagnes
pblicitaires, pour leur
‘apporter une réponse
adaptée leurs attentes!
Source : Exploiter une Data Management Plateform, trois cas d’usage concrets,
Livre Blanc, Eulerian Technologies, novembre 2016, p. 1
Figure 1.8 - Les cing points-clés pour exploiter une DMP
1. Carcassonne E. et House B., « Parlez-vous le langage data? », e-marketing fr, 7 février 2017.
2. Mercanti-Guérin M. et Vincent M, (2016), Publicité Digitale, Dunod, 2016.
23Chapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
24
1.3. Notions associées au Big Data
Une entreprise quia mis en place une stratégie data-driven signifie qu'elle méne une
démarche de Big Data. Avant de se lancer dans une telle démarche, il faut s’interroger
notamment sur les sources de données d'une entreprise, c’est-d-dire! :
~ les données qu’elle peut collecter ;
— disposer ou recruter des personnes compétentes pour mettre en place une stratégie
Big Data ;
—assurer son exploitation en ayant entre autres les bons outils & disposition ou en
les acquérant.
Les données collectées sont done nombreuses et sont stockées dans des dara
centers (ou centre de données). Il s’agit de sites physiques regroupant du matériel
informatique : serveurs, ordinateurs centraux, cables réseaux et télécommunications,
etc. Un data center peut étre géré directement par une entreprise pour la gestion de
son Big Data ou externalisé par des prestataires spécialisés (par exemple, EMEA
data & analytics, Experian Marketing Services ou Amazon Web Services).
En outre, on parle d’Open Data pour les données numériques publiques qui sont
libres de droit. Elles sont donc ouvertes, accessibles et exploitables par tous les usa-
gers. Par exemple, le site [Link] recense différents flux financiers des
nombreux gouvernements (budget, dotations, aides humanitaires....). En France, les
sites [Link] et [Link] synthétisent les activités Iégislatives et de
controle du gouvernement des députés et des sénateurs : informations diverses (man-
dat en cours, profession...), nombre de jours de présence au Parlement, responsabi
lités, travaux législatifs, questions posées au gouvernement, champ lexical utilisé,
productions parlementaires....
2 La notion de Big Data vue par les experts interrogés =
Le Big Data est important pour les entreprises aujourd’hui, mais reste & ce jour
une notion aux contours flous méme dans le champ du marketing (Crié, 2016). Le
Big Data permet de mieux contextualiser, personnaliser en fonction des
caractéristiques des individus, géolocaliser et rendre plus interactives les actions
marketing. L’analyse des données collectées permet d’obtenir un insight?
comportemental des consommateurs (Crié et Willart, 2016). Aussi, il est possible
entre autres d’améliorer le ciblage, la communication, ensemble du parcours
client? oud’ anticiper les actions futures des acheteurs pour faire des recommandations
1. Salgues F, « Les entreprises fra
2. Insight : attitude, attente ou fagon d’envisager un sujet, un domaine, un produit, une marque... par les
consommateurs, qui permet de définir les actions marketing et d’innovation (Cri et Willart, 2016).
3. Pour un exemple, voir larticle de Gautier et Gayer (2016) dans Statistique et Soctété sur le développement
‘une plateforme de Big Data et ses apports pour le parcours client chez EDF.
ies exploitent-elles bien leurs data ? », e-marketing fr, 30 novembre 2016.© Dunod ~ Toute reproduction non
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
stratégiques pertinentes. A titre illustratif, grace & une politique judicieuse de data,
Fauchon, I’épicier frangais de luxe, a pu mettre en évidence qu’un temps nuageux et
pluvieux était un temps & vendre plus de chocolat. Ils mettent done en avant les
produits qui trouveront un bon accueil 4 ces moments-Ia dans des newsletters, les
réseaux sociaux... Ils ont également découvert que la clientéle brésilienne était la
troisiéme nationalité la plus encline & les visiter et sont done maintenant en train
d’étudier l’opportunité de s’implanter au Brésil!.
Le marketing ne peut pas faire du Big Data dans « son coin » : il nécessite d’étre
en partenariat avec la fonction commerciale, la DSF et souvent avec des prestataires
extérieurs (Davoust et Volle, 2014). Les compétences des marketeurs doivent done
de plus en plus porter sur des connaissances techniques et analytiques.
Le Big Data
Sont ici regroupés les principaux extraits
des interviews des experts qui ont fait
référence explicitement a des définitions
ou des caractéristiques importantes du Big
Data.
Cyril Bouskila
«La data représente toutes les informa-
tions que l'on peut traquer online. On peut
y ajouter de la data offline. Il faut ensuite
déterminer grace & elle des actions 3
prendre. La data peut étre la reconnais-
sance d’une IP, savoir d’ou elle vient, sur
quelle page linternaute a cliqué, etc. »
Philippe Courbois
«On étudie les données, on est dans le Big
Data qui désigne Vaccessibilité aux don-
nées tout d’abord. On doit en premier lieu
capter cette donnée. Les données sont
traitées en trés grands volumes, & une
vitesse quasi instantanée et sont trés
variges. Il y a également la notion de véra-
cité. La donnée peut ne plus étre bonne ou
polluée. Au final, le Big Data, pour Auchan,
améliore notre capacité & traiter de
manigre pertinente l'ensemble de ces don-
nées pour améliorer le service qu’on
apporte & nos clients et de facon plus
générale, Vexpérience client, Cette tech-
nologie nous permet de gérer d’énormes
volumes et des variétés importantes de
données en qualifiant la véracité et en
sécurisant ces donnéesa. On fait atten-
tion ne pas étre intrusif, en apportant le
bon message & la bonne personne au bon
moment par le bon média. Ensuite, si l'on
traite du Big Data au vu de l'offre- produit,
on traite aussi cette donnée pour traiter de
manigre rapide nos assortiments. »
Christian Lou
« Ma définition du Big Data est assez
simple : C'est une source d'information
disponible que l'on recueille autour d'un
client. Cette masse d’informations doit
tre retraitée, hiérarchisée et classée afin
de faire du business comme le client
Vattend. »
we
1. Fouria Kamal, « Imerview de Jules Trecco, Directeur Marketing Communication et Digital chez Fauchon »,
CB News Special Luxe, Décembre 2016/Janvier 2017, numéro 54, pp 70-71
2. Direction des Systemes d’Information.
Chapitre 1
25Chapitre 1
26
&
Mathieu Gabard
« La data est partout. Coté consommateur,
cela permet de savoir qui nous utilise et qui
ne nous utilise pas. Les usages sont tres
différents d’un pays a "autre. Pour la publi-
cité, nous utilisons la data en ciblant les
personnes par rapport & ce qu’elles sont et
ce qu’elles font : des données sociodémo-
graphiques mais aussi comportementales,
Sans notion de contexte, la publicité ciblée
n’a pas d'intérét. Avant, on ne pouvait
cibler les personnes que par rapport & ce
gu’elles sont, non par rapport a ce qu’elles
faisaient. Par exemple, on achetait des
habillages sur certains sites en se disant
que 80 % des hommes ou des femmes
consultaient ce site. Ensuite, on est passé
d’un extréme a Vautre avec ce qu'on
appelle le people base marketing sur la
personne. Ainsi, je sais qu’une personne
est cliente de la marque, qu’elle a deja
acheté mon produit, quielle a déja
manifesté un intérét et elle a deja été
touchée par certains canaux marketing,
Aujourd’hui, on arrive & un équilibre en
fournissant le bon message a la bonne
personne et dans le bon contexte. Il y a
beaucoup de marques qui essaient de
retrouver cette notion de contexte et c’est
celle qu’on apporte. La data est utilisée
pour créer des segments d’audience les
plus précis possibles et avoir des messages
les plus appropriés et les plus efficaces.
La data est utilisée aussi pour la détection
d'insights comportementaux parce que les
utilisateurs témoignent de l'usage d’un
produit ou critiquent un service. Ils vont se
servir de cette data pour créer un message
cohérent.
La data permet la mesure de la perfor-
mance : les marques veulent toutes avoir
un retour sur investissement quel que soit
leur objectif (de branding, de performance,
de conversion, ou de fidélisation). II faut
que chaque euro investi génére un ROI. La
deta permet dattribuer la bonne valeur au
bon canal et d’optimiser son mix marketing
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
de maniére beaucoup plus efficace. La
notion de contribution, ce n’est pas un
canal contre un autre, c’est l'un avec
Vautre.
Je n’aime pas trop le terme Big Data, cela
veut tout et rien dire. Il y a une prise de
conscience de la part des marques de
maitriser, de consolider et d’exploiter ses
propres données avec des investissements
technologiques et humains qui sont consi-
dérables. Mais, c’est au bénéfice de la
connaissance de leurs clients et de l’effica-
cité de leurs actions marketing online et
offline. »
Christel Hennion
« Petit Bateau ne s’est pas encore doté de
DMP ou de Data Lake. Nous faisons du
data « malin ». Nous travaillons avec la
société RichRelevance qui fait de la
recommandation produits. Via cette
société, nous avons intégré toutes nos
données offline et online — les achats, la
récurrence sur les achats... en magasin et
sur le site, ainsi que des données de
navigation. Tout cela est intégré & une
plateforme RichRelevance et aide &
générer des algorithmes pour faire de la
recommandation produits et de la
personalisation. Les résultats sont
incroyables : sur les produits mis en avant
en fonction des comportements clientes,
on double les taux de clics. Pour les e-
mails sur lesquels on fait ces re-
commandations, en faisant des A/B tests
classiques, le chiffre d'affaires augmente
de 30 %. La personnalisation en fonction
du comportement a donc une influence
considérable.
Le Big Data est la capacité a gérer des
données comportementales de nos
clientes et de nos non-clientes en temps
réel et de les actionner en temps réel.
Toutes les données collectées nous
aideront 4 mieux conseiller nos clientes et
& mieux aider dans leur quotidien. »
=reproduction non au
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
1
Philippe Moati
« Le Big Data est supposé autoriser une
connaissance microscopique des consom-
mateurs, ce qui- face a Vindividualisation de
la demande — est une condition sine qua non
de la capacité & identifier la maniére dont se
pose le probléme pour chacun pour tenter
d'apporter une réponse personnalisée. Mais,
au-dela, il s’agit d’intégrer explicitement les
consommateurs en amont de la chaine de
valeur, de les faire participer & la construc-
tion de Voffre, voire apporter leur
contribution au processus de création de
valeur : extemnalisation des services d’assis-
tance dans lesquels des consommateurs
aident d'autres consommateurs, voire
recours au crowdsourcing pour résoudre des
problémes de R&D.
Le Big Data et ensemble du systéme
technique qui va avec (objets connectés,
intelligence artificielle...) vont permettre
le déploiement de modéles serviciels sur
les marchés de consommation en rendant
possible une “relation de ser
personnalisée de masse”. »
Véronique Rousseau
«Le Big Data est la capacité & analyser des
masses de données beaucoup plus impor-
tantes, trés rapidement, pour une compré-
hension business plus pertinente. »
Yaelle Teicher
«La data est travaillée et centralisée dans le
data lab, mais cela fait longtemps que la
donnée client nous intéresse et nous per-
En synthase, le Big Data...
— apporte de Ia valeur 4 une marque ;
—concerne la collecte de données brutes online et offline qui seront retraitées, hié-
rarchisées et classées ;
~ porte sur des données en grand volume, collectées & une vitesse quasi instantanée
et de natures trs variées ;
~ est composé entre autres des infi
met de créer des profils. Nous essayons de
nous concentrer sur des case studies qui
nous semblent pertinents. Le but du data
lab est de savoir comment on crée une
vision unique du client. Celui-ci ne doit pas
étre retargeté un trop grand nombre de fois,
et doit avoir la bonne information au bon
moment. Nous voulons créer de la vraie
valeur. II y a tant d'informations & disposi-
tion qu'il est compliqué d’en sortir quelque
chose d’intéressant pour nous et le client,
Avant, les données clients étaient réparties
en fonction des services, c’est-8-dire que le
marketing, les magasins et le site Web
avaient de la donnée. Nous sommes actuel-
lement en train de rationaliser toute la data
sur un seul et méme serveur. Pour nous, la
data est constituée de user case et est géné-
ratrice de valeur. Plus ily a d'outils et donc
de facons de se connecter et plus il y a de
données. Evidemment nous connaissons
nos clients et nous les avons profilés. Nous
essayons de leur proposer des offres, des
produits et des services qui correspondent &
chaque type de profil de client. Avec toutes
les données disponibles sur le Web, on peut
6tre beaucoup plus fin. »
Francois Vasseur
« C’est dorénavant un élément du mix
marketing qu’ll faut réussir 4 appréhender
pour créer de la valeur chez une marque.
Clest un outil d’aide au marketing rela
nel qui fait qu’on est passé d’un marketing
de masse 8 un marketing plus individua-
lisé. »
ations disponibles recueillies sur le client :
— donne ensuite lieu 4 un traitement des données utile au marketing pout
Chapitre 1
27Chapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
28
* créer des profils clients ;
+ mieux répondre & leurs attentes ;
* détecter des insights comportementaux ;
+ améliorer l'ensemble de l’expétience client, dont le service apporté ;
+ permettre plus de personnalisation (passage du marketing de masse & un marke-
ting plus individualisé), voire établir une relation de service personnalisée de
masse :
* optimiser la recommandation produits ;
* faire participer les consommateurs & la construction de l’offre ;
* créer des segments d'audience les plus précis possibles pour réaliser des mes-
sages plus adaptés et diffusés au bon moment ;
+ mesurer la performance des actions mises en ceuvre en attribuant la bonne valeur
au bon canal
La connaissance du consommateur s’affine done par le biais du Big Data et permet
notamment d’optimiser les stratégies de ciblage des actions de marketing digital
@une entreprise.
Section 7
3 LES STRATEGIES DE CIBLAGE DANS LE DOMAINE
DU MARKETING DIGITAL
Les moyens de communication digitaux proposent une palette de stratégies de
ciblage qui peuvent se combiner entre elles. Par exemple, sur Google Adwords. il
est possible de cibler en fonction de la requéte (ciblage contextuel), de a position
géographique (qui fait référence au ciblage géographique) et du moment (heure et
jour de la journée, soit le ciblage temporel).
Ily acing stratégies de ciblage dans le domaine du marketing digital.
11 Le ciblage sociodémographique ou socio-économique
Il sagit d’atteindre une audience dont un critére sociodémographique ou socio-
économique (PCS', sexe, nombre d’enfants, statut marital...) est le principal levier de
la consommation du produit/service. Pour connaitre précisément "Age, le sexe... d’un
site éditeur, il y a les études classiques comme les sondages mais les internautes
1. Professions et Catégories Socioprofessionnelles.Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
peuvent effectuer de fausses déclarations de leur profil. Certains sites peuvent aussi
fournir ces informations de fagon trés fiable lorsque l’internaute est en mode connecté
(Cest le cas des réseaux sociaux ou des sites accessibles uniquement en mode
connecté comme celui de Vente-privee).
2. Le ciblage géographique
Une publicité digitale s’affiche en fonction de la géolocalisation, en fonction de
extension du nom de domaine utilisé (fr, .be,.ca...), de la langue utilisée ou des
paramétres du navigateur qui indique le pays de connexion (dans ces trois deniers
cas, il s’agit d’un ciblage par pays).
3_Le ciblage temporel
Une publicité s’affiche uniquement certains jours ou A certaines heures. Un groupe
de restauration peut programmer une campagne de liens sponsorisés sur Google
deux heures avant 'heure du déjeuner ou du diner, ou uniquement les jours od il
reste des tables disponibles. Une marque de barre chocolatée peut insérer
automatiquement des bannigres au moment des « petits creux » du matin,
4 Le ciblage contextuel
Il concerne les publicités ciblées en fonction du contenu textuel de la page (publier
des annonces pour des chaussures de sport, des raquettes ou des balles de tennis dans
une interview d’un joueur de tennis) ou en fonction d'une requéte effectuée par
Vinternaute. Dans ce dernier cas, on peut citer le référencement payant comme pour
les moteurs de recherches classiques ou les comparateurs de prix.
5_Le ciblage comportemental
Une publicité est mise en avant en fonction du comportement de l’internaute sur
le site et/ou en fonction de sa fagon de « surfer » méme & lextérieur du site éditeur.
Cette forme de ciblage se fonde sur activité de navigation passée d’un internaute.
Aussi, on la désigne également par le ciblage par centres d’intérét mais également
par le terme de surf centric. Il est & noter que le ciblage comportemental repose sur
la fagon de « surfer » & travers le temps et non a un instant comme c’est le cas pour
le ciblage contextuel, qui repose sur les mots clés saisis ou le contenu des pages
parcourues au sein du site éditeur. Le profil du client est done inféré & partir de son
© Dunod ~ Toute reproduction non
29Chapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
30
comportement en ligne. Les données sont enregistrées grice aux cookies collectés
et A d’autres traceurs (cf. Focus ci-dessous). On distingue notamment trois types de
données pouvant étre collectées : les données qui découlent des comportements
achat effectif sur un site donné comme le moyen de paiement ou les montants
dépensés, les données de navigation onsite avec, par exemple, les pages vues sur un
site d’un e-commergant ou toutes les données offsite sur la navigation d’un internaute
comme les sites visités. Chacun de ces types de données pourra donner lieu A des
messages spécifiques en ligne & adresser aux consommateurs.
Le retargeting ou le reciblage publicitaire (également appelé le remarketing ou
action centric) dérive du ciblage comportemental sur lequel il repose. En revanche,
il s’agit dans ce cas de communiquer exclusivement auprés de prospects
« abandonnistes » par le biais d’un e-mail (appelé e-mailing retargeté, cf. Focus
ci-dessous et figure 1.9) ou d’une publicité display mettant en avant le produit vu.
Leenjeu est de relancer un prospect qui a débuté un acte de saisie ou la visite d'un
site et n’a pas été jusqu’a l'acte d’achat quelques minutes ou jours aprés cette visite
Des entreprises se sont spécialisées dans le retargeting, dont le leader est Criteo.
La réglementation sur le dépét des cookies et autres traceurs
La loi impose maintenant aux responsables de sites ou d’applications, ainsi qu’aux
fournisseurs de solutions informatiques, d'informer les internautes/mobinautes et de
recueillir leur accord avant d’insérer des cookies ou d'autres traceurs. Une fois l'accord
donné, il sera valable pendant une durée de 13 mois au maximum. Lors de la visite
d'un site, d’une application..., un bandeau doit apparaitre quelle que soit la page
diatterrissage afin d’informer sur les finalités des cookies utilisés, de la possibilité de s'y
opposer et de changer les paramétres en cliquant sur un lien et que la poursuite de la
navigation équivaut & un accord au dépdt de cookies sur le device concerné.
Il_y a deux étapes synthétisées ainsi par la CNIL (Commission Nationale de
Informatique et des Libertés)
ETT!
Voici un exemple de bandeau d'information préalable (étape 1) proposé par la CNIL
pour des dépéts de cookies publicitaires et de mesure d'audience,
=Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez
utilisation de [Cookies ow autres traceurs] pour vous
proposer [Par exemple, des publicités ciblées adaptés & vos
centres d'intéréts] et [Par exemple, réaliser des
statistiques de visites].
Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs
La CNIL propose exemple de bandeau suivant comme solutions possibles & proposer
8 un intermaute lors de I'étape 2 « pour en savoir plus et paramétrer les traceurs ».
Lorsque vous naviguez sur notre site internet, des informations sont susceptibles etre
‘enregistrées, ou lus, dans votre terminal, sous réserve de vos choi.
Acceptez-vous le dépat etl lecture de cookies afin que nous et nos partensires puissions
analyser vos centres dintéréts pour vous proposer des publicités personnaisées ?
ry
Acceptez-vous le dépdt et la lecture de cookies afin que nous et nos partenaires puissions
‘analyser vos centres d'intéréts pour vous proposer des publicités personnalisées ?
Noo
Acceptez-vous le dépdt et la lecture de cookies afin d'analyser votre navigation et nous
ermetire de mesurer audience de notre ste internet :
# on
© Non
Acceptez-vous le dépatet/ou la lecture de cookies pour vous permettre de partager des
‘contenu de notre site avec d'autres personnes ou de faire connaitre ces autres personnes
votre consultation ou votre opinion (boutons "Jaime" de Facebook par exemple):
© ow
© now
Uaccord doit étre sans aucune ambiguité. Aussi, le bandeau de I’étape 1 ne doit pas
disparaitre tant que la navigation n‘est pas poursuivie en se rendant sur une autre page
du site ou en cliquant sur un élément du site image, lien, bouton « rechercher »). La
visite de la page « pour en savoir plus et paramétrer les traceurs » n’équivaut pas & un
consentement au dépat des cookies.
Source : https :/[Link] fr/ir/site-web-cookies-et-autres-traceurs
a
© Dunod — Toute reproduction non autorisée est un dit
3nod.
ight © 2018 D
Chapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
8@ 1: depot des cookie Phase 2 : le reciblage
— = =
Uinternaule —_Lintemaute rego Arouverturede | L'inleaute intemoute
Sinseit surune une-malldela'e-malun ccokle | vite unite —_recolf un e-mal
base de données partdelabase de est déposé sur e-commeice ——_écapitulant sa
et accepte do genes le terminal do Utiisant une vite aaressé par
recevot les offies intemaute chnologie de‘ éditeur de la
de ses partenaires reciblage sans base de données
volider de panier G laquelle Ws'est
insen et quia
donete le cookie
Source : Le Marketing é la performance, tome 2 : Bonnes pratiques
et facteurs clés de succés, Livre blanc, \AB', octobre 2013, p. 29.
Figure 1.9 Le fonctionnement de l’e-mail retargeting
ExempLe ~L’e-mail retargeté
Voici un e-mail regu suite une visite du site Maisons du Monde oi l’internaute Sandy a
vu ces modéles de cousins.
A MAISONS ©
Aono
1. Interactive Advertising Bureau.
32Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
‘Ces méthodes de ciblage illustrent toute la potentialité des actions de communica-
tion digitale pour toucher les individus selon leur profil, le lieu ot ils se trouvent, le
moment de la journée, leur navigation, etc. Ces actions ont un cofit qui varie en
fonction des modéles de rémunération présentés dans la section suivante.
Section 4) LES PRINCIPAUX MODELES DE REMUNERATION
ONLINE
A noter : les sites éditeurs (ou publishers) désignent ceux qui publient de la publi-
cité (liens, bannitres, vidéos...) sur leurs pages. Les sites annonceurs sont ceux qui
réalisent ces publicités pour promouvoir leurs produits / services ou leur marque,
Il existe trois modéles de rémunération en ligne de base : le CPM, le CPC et le
CPA. A partir de ces modéles, on peut trouver un certain nombre de déclinaisons.
Afin de comprendre les enjeux derrigre toute la palette des modéles de rémunération
qui existent en ligne, il convient de saisir les caractéristiques propres & chacun de ces
trois modéles initiaux.
LIAB propose dans son livre blanc Le Marketing a la performance a illustrer les
différents mod2les de rémunération selon le modéle théorique des effets publici-
taires : le modéle AIDA. Rappelons que cet acronyme représente : A : pour « attirer
l’Atention », I pour « susciter I'Intérét », D pour « provoquer le Désir » et A pour
« inciter 4 l’Action ». La figure 1.10 permet d’envisager I’ objectif principal attendu
par l’annonceur selon le modéle de rémunération utilisé.
Modéle AIDA
Proton)
Impressions CPM Clics CPC Leads CPL Ventes CPS
—_,—_J
Actions CPA
right © 20
Source : Le Marketing d la performance, Livre Blanc, IAB France, novembre 2010, p. 71
Figure 1.10 ~ Les modeles de rémunération publicitaire selon les 4 effets
principaux du modéle théorique AIDA
© Dunod ~ Toute reproduction non autorisée est un dit
1. Sensiblement adapté : ajout CPA dans la schématisation.
33Chapitre 1
34
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
1LecPM
Le CPM désigne le codit pour mille impressions, c’est-d-dire le cotit pour 1 000
affichages d’un objet publicitaire. En anglais, on le désigne par CPT soit Cost Per
Thousand. L’annonceur est done facturé en fonction du nombre de fois ot une
publicité s’est affichée sur un site éditeur au cours de la campagne.
Lannonceur poursuit dans ce cas deux objectifs principaux : étre présent et donc
visible et « alimenter » ou accroftre sa notoriété. II présente un avantage certain du
coté de I’éditeur : le chiffre d'affaires des publicités qu’il diffuse sur son site est
facile & évaluer. L’annonceur pourra pour sa part comparer aisément les tarif's des
différents éditeurs. Si le CPM d’un éditeur est de 2 € et qu’une publicité de la
marque ABC s'est affichée 40 000 fois au cours du mois de mai, le codt total sera
de 80 € pour l’annonceur ABC : (40 000/1 000) * 2 € = 80 €. La somme due par
V'annonceur repose sur la formule suivante : (Nombre d’impressions sur la
période/1 000)* CPM.
Précisons qu'une impression est une occasion de contact avec une publicité en
ligne et ne signifie pas que I'internaute a effectivement vu la publicité. Cela
correspond aux notions d’ODV (occasion de voir pour I’affichage, par exemple) et
ODE (occasion d’entendre, en radio) utilisées dans le média-planning traditionnel.
L’impact de la campagne et sa rentabilité sont difficiles & mesurer pour un annonceur.
Le comptage d’une impression
Une impression est comptée sur la base
de l'ad request (c’est-a-dire le moment ou
une publicité est appelée pour étre
affichée)'. Or, la publicité peut ne pas se
charger ou seulement en partie pour des
raisons techniques. On peut pariois cliquer
sur une croix de fermeture avant méme
qu'une publicité ne s‘affiche. Et pourtant,
Vimpression est comptée. Le secteur
évolue de plus en plus vers un comptage
qui corresponde a une impression réel-
lement délivrée. Il est, par exemple,
1. huaps/vwn.e-marketing fr/Thematique/gene-
ral-1080/Breves/Mesure-mobile-standards-passes-
[Link]=CPC4+CPA+CPM#Vd
qBFSqalytesbEV.97
possible de choisir Voption CPM visible
comme modéle de rémunération d'un lien
sponsorisé sur le réseau display de Google
ou « Une annonce est compiabilisée
comme “visible” lorsque 50 % de
Vannonce apparait l'écran pendant au
moins une seconde pour les annonces
illustrées et au moins deux secondes pour
les annonces vidéo
Certains acteurs vont plus loin en ne
facturant que les impressions chargées
100 % + 1 seconde pour rassurer les
annonceurs de la visibilité de leurs
publicités.
2. [Link]© Dunod ~ Toute reproduct
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
2 Le CPC
Le CPC fait référence au cofit par clic (ou Cost per Click en anglais). L’éditeur
percevra une rémungration & chaque clic de Pinternaute sur une publicité display ou lien
sponsorisé, par exemple. Le choix de ce modéle de rémunération repose sur un objectif
principal de la part d’un annonceur : acquérir du trafic qualifié. En principe, si
Pinternaute a cliqué, c’est qu’il est intéressé. L’éditeur est done rémunéré uniquement
sila campagne est efficace, c’est-2-dire suffisamment attractive pour amener l’internaute
a cliquer sur une publicité ; il est donc tributaire de la qualité de l’'annonce en termes de
création et d’ofires. En revanche, le choix de ce modéle permet en principe & I’éditeur
obtenir un meilleur revenu que le CPM. L’annonceur peut facilement évaluer
'efficacité de sa campagne et peut en plus en limiter le cofit comme pour une campagne
de liens sponsorisés dans AdWords de Google. En revanche, il faut absolument que
V'annonceur garde & esprit qu’un clic n’assure pas une visite de son site.
3 Le CPA
Le CPA est l’acronyme du coat par action (Cost per Action). Il peut se décliner en
CPL, cotit par lead et en CPS (Cost per Sale), cofit par vente. Pour le CPL, le lead
désigne une action non payante réalisée par un internaute et peut correspondre &
acquisition d’une inscription une newsletter, I’ ouverture d’un compte, la réponse
A un sondage, le téléchargement d’un document... Pour le CPS, l’annonceur est
facturé au nombre de ventes ou au pourcentage du montant des ventes réalisées. Ce
modéle de tarification est une pratique moins fréquente que les autres mais peut bien
correspondre & une campagne d’affiliation,
Loobjectif principal du CPA est l'acquisition de contacts et/ou la réalisation des
ventes. Ce modele est fondé sur une relation gagnant-gagnant, En effet, pour
l’éditeur, le CPA est plus élevé qu’un CPC. L’annonceur, de son c6té, ne le rémunéra
qu’a la performance.
Afin de s’assurer de la génération dun lead (par exemple, inscription & une newsletter)
ou la réalisation d’une vente, il faut traquer les ventes avec des cookies. Pour encourager
les internautes & cliquer sur les publicités que I’éditeur héberge, il faudra proposer des
matériaux publicitaires changeants pour éviter la lassitude des visiteurs. En outre, la
rentabilité des espaces peut s’avérer plus risquée que pour une campagne a l’affichage
puisqu’il faut que action attendue soit réalisée pour étre rémunérée ; méme si la
publicité amene un clic, cela n’est pas suffisant. D’oit la nécessité d’attirer un trafic
qualifié et donc d’étre en cohérence avec la cible du site éditeur et le contexte d’affichage
pour maximiser les chances de succés. L'annonceur pourra de son cdté aisément
évaluer son coat d’acquisition et ainsi maitriser le ROT! de sa campagne.
1. ROT: Rerum On Investment: Retour sur investissement,
35ight © 2c
Chapitre 1 = Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
36
Ce modele de rémunération est utilisé notamment pour les programmes d’ affiliation
(voir exemple de programme proposé par Ebay ci-des le site affilié (I'éditeur)
renvoie des acheteurs vers le site affilicur (I’annonceur). Le premier est rémunéré par
commission par le second. Les cofits sont proportionnels aux résultats obtenus : ils
sont caleulés en fonction du chiffre d’ affaires généré, du nombre de prospects recrutés
ou du nombre de clics selon que l'on est au CPS, au CPL ou au CPC. Selon De
Baynast et Lendrevie (2014), il est d’usage que l'annonceur reverse entre 8 et 12 %
du chiffre d'affaires généré par la campagne (voir exemple de tarif's appliqués au CPL
pour les affiliés de Meetic).
Exempe —Les programmes d’affiliation
Présentation du programme dail
ion d’Ebay!
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a} cemererecate
Etre Remunéré
Les CPL des campagnes d’affiliation de Meetic
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1. hutps://[Link]/
2. hutps:/[Link]/alilation/atfiliate php.8 Dunod,
© Dunod ~ Toute reproduction non autorisée est un.
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer! = Chapitre 1
Les relations entre les sites affiliés et les annonceurs sont gérés par des plate-
formes d’affiliation comme Tradedoubler (figure 1.11). En bref :
~Vaffilicur congoit le programme ;
—Vaffilié le relaie :
— la plateforme le médiatise.
Affilieur : lla
site qui
site qui Plateforme souhaite se
souhaite commu- d'affiliation rentabiliser
niquer
Linternaute qui visite le site de laffilié va cliquer surla
création de l'affilieur et étre redirigé vers son site
Source : Florés L, Mesurer lefficacité du marketing digital, 2° édition, Dunod, 2016, p. 38.
Figure 1.11 - Les différents acteurs d’un programme d’affiliation
Tableau 1.2 — Synthése des trois principaux modéles de rémunération en ligne
PM era cn
ead Coit Pour Mille Coat Par Clic oat Par Action
CPL — Coat par lead
CPS — Cost per Sale
Cr ta Visibilité Acquérir du trafic qualifié | Acquisition de contacts
Orci Notorié eviou ventes
Ped Chitite affairs a Meilleur revenu que Meilleur revenu que
pour Véditeur [MERacitt lecrm lecrc
Limite(s) Revenu plus faible que | Rémunéré uniquement si] Nécessite de renouveler
CMU] pourles autres modeles | la campagne estefficace | réguliérement le matériel
Cer promotionnel utilisé
na? Neécessite des cookies de
tracking
PCTS} Comparaison aisée des | Possbilité de limiter le | Facile d’évaluer son coat
PULLS tails des différents oii de la campagne acquisition
éditeurs Facile d’évaluer Remunération a la
Vefficacité de sa performance
campagne
37Chapitre 1
38
Cee)
Corny
Pia eure
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
ts
ee) Impression » publicité
‘ffectivement vue par
Vinteraute
Risque de non-
‘chargerent ou
‘chargement partiel pour
des raisons techniques
(lorsque le comptage est
basé sur Vad request)
Un clic => visite non
garantie
Nécessite des cookies de
tracking
Section
5 LES ENTRETIENS D’EXPERTS
Seuls sont rapportés ici les extraits des entretiens permettant d’approfondir le
chapitre.
Entretien
VERONIQUE ROUSSEAU, Directrice Marketing Clients
chez Yves Rocher FRANCE
Yves Rocher est passé de la vente & distance &
Ja distribution en magasin physique et sur
Internet. Tous les canaux de vente sont
actuellement utilisés (courrier papier,
téléphone, points de vente et site), avec une
attention forte et croissante portée sur leur
synergie. En outre, la marque place les clientes
au coeur de sa stratégle en étant 2 Vécoute
Cconstante de leurs attentes. Yves Rocher, de par
son business model, a toujours disposé de
données issues de la VPC! dont la portée
évolue aujourc’hui avec le Big Data.
Le périmétre dexpertise actuel de Véronique
Rousseau porte sur la data, lintelligence client,
les plans de contacts adressés aux clientes et le
contenu marketing quien découlent. Elle
Soccupe également du pilotage de Vactvité
commerciale et des _investissements
‘commerciaux.
‘Vente pat correspondance.
Oitest fa place du digital dans le fonction-
nement d’Yves Rocher ?
« Le cligital est fondamental car il est au cceur
de tout. II a beaucoup évolué. Au dépar, la
vente par correspondance constituat le réseau
historique. La. vente par magasin est arrivée
assez vite, puis Internet, début 2000. Ce canal
a dabord €é utilisé comme un tosiéme
réseau pour servir le chitfre d'affaires de la
vente & distance et palier la décroissance du
réseau traditionnel VPC, en utilisant les mémes
leviers. Depuis quelques années maintenant,
ce modéle a été rev pour placer le digital au
coeur de écosystéme Yves Rocher en ne le
considérant plus comme un simple canal de
distribution e-commerce. Cela permet
Véritablement de servir la marque et ses
clientes. Diailleurs, le digital permet de se
frayer un chemin vers la data et savexe 6tre uneLes concepts fondamentaux avant de vous lancer!
caisse de résonance de pré-achat et de post
achat par les consommatrices qui, elles-mémes,
ne le consicerent plus comme un simple canal
de distribution. »
La data?
« La data pour Yves Rocher n'est pas quelque
chose de nouveau Les business de VPC ont
tous évolué avec une intention particuliére sur
la data parce que c’éait la piéce maftresse pour
adresser un plan de vente par correspondance.
ela permettait de bien gérer des fichiers, les
investissements et d'analyser le comportement
des consommatrices aux diférents messages
requs. Aujourd hui, les outils de data évoluent.
‘Comme les autres entreprises, on débute dans
le Big Data avec des nouvelles plateformes
d'études et des nouvelles fagons danalyser les
données provenant du digital. est vai que le
Big Data est un mot un peu valise. Chez Yves
Rocher, nous voulons nous en servir pour
améliorer notre compréhension du parcours
client, des investissements sur les médias
digitaux et in fine notre compréhension de la
cliente elle-méme. Cette année, on a démamé
Via un POC! un projet important de Big Data,
cen y associant un outil de DMP. Vobjecf est
analyser plus concrétement et globalement
les interactions entre tous les points de
contact consommateurs ou clients : physiques
etvirtuels, propritaires et achetés, par exemple,
ce qui se produit & partir des médias de trafic
(display, rélérencements, afiliation...) vers le
site Internet puis du site vers le magasin. On a
cconstaté qu/avant un achat en magasin, 50 %
des clientes sont passées par le site : les
investissements en médias digitaux peuvent
done avoir un impact aussi important sur le site
e-commerce qu’en magasin physique. Le
raisonnement « jfinvestis 1 € dans un média
digital, il doit me rapporter tout de suite un
Proof Of Concept
Voir p. 27.
chitfre daffaires e-commerce » rest ainsi plus
possible, On peut investir sur des banniéres en
clsplay et finalement, ce rest pas forcément la
banniée vue par la cliente qui va étre cliquée
mais un mot-clé qui sera saisi dans Google trois
jours plus tard qui drainera vers le site qui, lui-
méme provoquera un achat dans une boutique.
Les Equations sont maintenant beaucoup plus
complexes avec des investissements 8 rebond
Cette facilité d'accés & plus de données et un
traitement rapide grace au Big Data, nous a
permis de mettre nos intuitions face a des
résultats concrets. [...? »
Qu’en est-il des études traditionnelles qua-
litatives ou quantitatives pour étudier les
comportements des consommatrices chez
Yves Rocher ?
«< On est extrémement attentif aux études qua-
litatives? parce que le chitfte c'est bien, mais i
ne dit pas tout. Par exemple, dans le business
model d’Yves Rocher, on a beaucoup de petites
attentions, beaucoup de cadeaux. On sollicte
Via e-mail nos clientes pour nous aider & choisir
ces cadeaux : on va leur demander les décors
ou les formes quelles préterent, de choisir
centre plusieurs bijoux, etc. Nous continuons
également a faire beaucoup de focus groups.
Nous faisons aussi des entretiens individuels.
Ces méthodes classiques sont conservées pré=
cieusement parce que la encore, c'est la
proximité qui joue, On revient tout le temps
‘aux femmes qui nous consomment et qui nous
cconnaissent. Les études traditionnelles. se
réinventent aussi. Par exemple, on peut mainte-
nant suivre des focus groups via Skype. On
rest plus obligé de se déplacer. Génétique-
iment, Yves Rocher est une marque qui expéri-
mente beaucoup. Il faut comprendre ce qui se
‘cache derriére un usage, dertiére un comporte-
iment qui a 'air de pointer le bout de son nez
Chapitre 1
3. Les études qualitatives ont pour objectif de comprendre en profondeur des attitudes ou des comportements,
I s‘agit généralement d'entretien individuel ou de groupes qui permettent de « collecter » du discours, On les
‘oppose aux études quantitatives qui reposent principalement sur la méthodologie des questionnaires et permettent
essentiellement d’obtenir des données chillrées,
© Dunod ~ Toute reproduction non autorisée est un.
39ight © 2c
Chapitre 1
40
Les concepts fondamentaux avant de vous lancer!
‘On avance step by step. On expérimente et
petit & petit, on va réinjecter le nouveau en
faisant 6voluer le modale historique
Vous avez précédemment fait référence
aux comportements des clientes avant un
achat au regard de la proportion qui se
rendent sur le site avant dValler en maga-
sin. Qu’en [Link] des comportements post-
achat ?
« Les clientes viennent poster leurs avis sur
notre site Intemet, qui est une formidable
caisse de tésonance. Cela nous permet de
déceler les fameux « signaux faibles »
détectables d'apres ce que les clientes écrivent
sur nos produits. On a aussi un barométre de
satisfaction envoyé par e-mail apres Vachat
qui nous permet dappréhender comment la
visite en magasin s‘est passée. Nos clientes
postent aussi beaucoup sur Facebook oi elles
vont commenter Vactualité de la marque,
notamment a travers les posts que la marque
publie sur les collections produits, mais aussi
leurs visites en magasins ou leurs commandes
sur le site. On a beaucoup de fans sur
Facebook, environ un million. Et ce sont des
clientes trés engagées et trés réactives. On a
‘aussi des sites de notation comme « Beauté
{est », par exemple. De facon générale, quand
les clientes ne sont pas satisfaites, on a plus de
chance davoir un retour. Mais on a des
clientes trés satisfaites également qui mettent
leurs avis. Il faut apprendre la lecture des
notations. II faut quiil y ait sulfisamment de
‘commentaires pour pouvoir en tenir compte,
II faut aussi regarder qui a épondu en termes
d’3ge notamment. Une notation faible peut
s‘expliquerparun problémede comprchension
de la promesse produit. Ou il peut aussi y
avoir un probleme sur lfficacité produit (ce
qui est évidemment trés rare). La encore, on a
des outils qui permettent d'approfondir la
compréhension, par exemple V'analyse des
nuages de mots ou celui de la cible
répondante. Ceci permet d’apporter la
réponse adaptée & un mauvais commentaire,
pouvant aller jusqu’au retraite la distribution
du produit, ce qui est exceptionnel. Les avis
des internautes constituent une belle
opportunité pour mieux comprendre nos
clientes, »
Quelle est la répartition des achats par
canal de distribution ?
« On dépasse légerement les 80 % de CA en
magasin, et on réalise les 20 % restant en
vente distance avec encore une place
importante de la VPC traditionnelle. Dans la
VPC, on inclut aussi le média téléphone qui
reste puissant. On Putilise le deux fagons : les
femmes qui ont recu ces fameux mailings
peuvent procéder 3 Vachat par télgphone. On
a également une activité de télévente aupres
du fichier de clientes VPC pour aller leur
proposer nos produits sans passer par un
mailing, »
Est-ce que cela signifie que les techniques
de communication digitale comme le dis-
play, les vidéos... sont plus orientées vers
les cibles jeune adulte/adulte ?
«© Oui mais c’est & nuancer : il y a des
disparités d'age selon les techniques de
communication digitale : par exemple, le
média e-mail est un tres bon levier de
communication notamment sur les cibles
moins jeunes. On est aussi tis friand de
Facebook qui est un réseau social qui vieilit
également. On a des palettes qui évoluent
avec la maturité de chaque média. Sur
Facebook, on s/acresse et on est suivi par des
femmes dans la moyenne de noxre fichier ~
probablement autour de la quarantaine. Avec
notre million de fans, nous avons une
communauté importante et méme si ce sont
sans doute les clientes les plus jeunes qui
interagissent le plus avec nous, on s/adresse
un peu tout le monde par la variété des
posts qu’on diffuse, Facebook est le réseau
qui permet de jouer la carte de la proximité
avec sa communauté, ce qui correspond bien
a VADN de la marque. Il est le réseau social
des clientes. On peut les faire interagir et les
cengager. On peut leur donner des signes de
reconnaissance par des interactions avec des
lots & gagner et des contacts directs. Elles
donnent leur avis. Instagram, cest autre
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