1- Programme de Formation sur les Droits de la Femme 2023
Introduction aux Droits de l'Homme
Session 1 : Introduction aux Droits de l'Homme
Objectif : Comprendre les concepts fondamentaux des droits de l'homme.
A- Définition des droits de l'homme.
Les droits de l'homme, également appelés droits humains, sont des droits
fondamentaux et inaliénables inhérents à chaque être humain, indépendamment
de sa nationalité, de son sexe, de sa race, de sa religion, de son origine ethnique,
de son statut social, ou de toute autre caractéristique. Ces droits sont considérés
comme universels, inaliénables, indivisibles, et interdépendants, ce qui signifie
qu'ils s'appliquent à tous, qu'ils ne peuvent pas être retirés, qu'ils sont
interconnectés, et qu'ils doivent être respectés de manière égale pour tous les
individus, sans discrimination.
B- Origines et évolution des droits de l'homme.
Les droits de l'homme ont des origines anciennes, mais leur évolution moderne est
le résultat d'un processus historique qui a connu des étapes importantes. Voici un
aperçu de l'origine et de l'évolution des droits de l'homme :
Antiquité et pré-modernité : Les concepts liés aux droits fondamentaux de
l'individu peuvent être retracés dans les philosophies et les codes de lois anciens.
Par exemple, en Grèce antique, les penseurs comme Socrate et Platon ont posé des
questions sur la justice et l'éthique. En Inde, les textes religieux tels que les Vedas
ont abordé des questions de justice et de devoirs. Dans la Rome antique, le concept
de "jus civile" (droit civil) était développé, en Afrique avec la Charte du Mandingue.
Le cylindre de Cyrus 539 av. J.-C : cette tablette en argile, reconnue comme
étant la première charte des droits de l'Homme, présente la proclamation de liberté
et d’égalité énoncée par Cyrus le Grand, le premier roi de l'ancienne Perse.
Magna Carta (1215) : La Magna Carta, signée en Angleterre en 1215, est souvent
considérée comme l'un des premiers documents à énoncer des principes de
limitation du pouvoir du roi et de protection des droits des barons anglais. Bien
que cela ne concerne pas directement les droits de l'homme modernes, cela a jeté
les bases pour la limitation du pouvoir étatique.
La Charte du Manding » ou « Kurukan-Fuga » (1235) : Elle symbolise le
fondement d’un nouveau pacte social définissant : le Mode de distribution du
pouvoir, le partage du pouvoir, le rejet de l’arbitraire…référence aux droits de la
femme…
La Pétition des droits (1628): elle établit les droits et les libertés du peuple par
opposition aux prérogatives de la Couronne britannique.
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La Déclaration d'indépendance des États-Unis (1776): elle proclame le droit
à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur.
La Constitution des États-Unis d'Amérique (1787) : elle établit la législation
fondamentale du système fédéral américain ainsi que les droits fondamentaux des
citoyens américains.
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789) : Lors de la
Révolution française, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a été
adoptée en 1789. Elle proclamait des droits universels tels que la liberté, l'égalité
et la fraternité. Cette déclaration a eu une influence majeure sur le développement
ultérieur des droits de l'homme.
La Déclaration américaine des droits de l'Homme (1791) : elle limite le
pouvoir du gouvernement fédéral et protège les droits de tous les citoyens, de tous
les résidents et de tous les visiteurs sur le territoire américain.
La Première Convention de Genève (1864): elle établit les normes du droit
international.
Déclarations internationales : Au 20e siècle, après les deux guerres mondiales,
les nations ont pris conscience de la nécessité de protéger les droits fondamentaux
de l'homme à l'échelle mondiale. En 1945, la Charte des Nations Unies a été
adoptée, et en 1948, la Déclaration universelle des droits de l'homme a été
proclamée par les Nations Unies. Ces documents ont énoncé un ensemble de droits
de l'homme considérés comme universels.
Traités internationaux : Depuis lors, de nombreux traités et conventions
internationaux ont été négociés pour détailler et protéger divers aspects des droits
de l'homme, tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et
le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
Luttes pour les droits civiques et les droits de l'homme : Au cours du 20e
siècle, il y a eu des mouvements importants pour les droits civils et les droits de
l'homme, notamment le mouvement des droits civiques aux États-Unis, la lutte
contre l'apartheid en Afrique du Sud, et de nombreuses autres luttes pour l'égalité
et la justice à travers le monde sans oublié la marche des femmes à Bassam.
L'évolution des droits de l'homme est donc le résultat d'une combinaison de
philosophie politique, de révolutions, de déclarations internationales, de traités et
de mouvements sociaux. Ils continuent d'évoluer et de s'adapter aux besoins et aux
défis de la société contemporaine.
C- Principaux instruments internationaux de protection des droits de
l'homme.
Il existe de nombreux instruments internationaux qui visent à protéger et à
promouvoir les droits de l'homme à l'échelle mondiale. Voici quelques-uns des
principaux instruments internationaux de protection des droits de l'homme :
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La Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) : Adoptée par
l'Assemblée générale des Nations Unies en 1948, la DUDH énonce un ensemble de
droits fondamentaux considérés comme universels. Elle est le point de départ de
la protection internationale des droits de l'homme.
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) :
Adopté en 1966 et entré en vigueur en 1976, le PIDCP établit un ensemble de droits
civils et politiques, tels que le droit à la vie, la liberté d'expression et le droit à un
procès équitable. Les États parties à ce pacte sont tenus de respecter et de protéger
ces droits.
Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels (PIDESC) : Adopté en 1966 et entré en vigueur en 1976, le PIDESC
reconnaît des droits économiques, sociaux et culturels, tels que le droit au travail,
le droit à l'éducation et le droit à un niveau de vie suffisant.
La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants : Adoptée en 1984 et entrée en vigueur en 1987, cette
convention interdit la torture et d'autres formes de mauvais traitements et impose
aux États parties l'obligation de prévenir la torture et de punir les auteurs de tels
actes.
La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à
l'égard des femmes (CEDAW) : Adoptée en 1979 et entrée en vigueur en 1981,
la CEDAW vise à éliminer la discrimination à l'égard des femmes dans tous les
domaines de la vie.
La Convention relative aux droits de l'enfant : Adoptée en 1989 et entrée en
vigueur en 1990, cette convention définit les droits des enfants, y compris le droit
à la protection, à l'éducation et à un niveau de vie décent.
La Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de
discrimination raciale (CERD) : Adoptée en 1965 et entrée en vigueur en 1969,
la CERD interdit la discrimination raciale sous toutes ses formes et encourage
l'élimination de la discrimination raciale dans le monde.
La Convention relative au statut des réfugiés : Adoptée en 1951 et entrée en
vigueur en 1954, cette convention définit le statut et les droits des réfugiés, et elle
impose aux États parties l'obligation de protéger les droits des personnes fuyant la
persécution.
Ces instruments internationaux, parmi d'autres, forment la base du système
international de protection des droits de l'homme. Les États qui sont parties à ces
traités sont tenus de respecter, protéger et garantir les droits énoncés dans ces
documents, et divers organes internationaux surveillent leur mise en œuvre et
examinent les plaintes de violations.
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Session 2 : La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH)
Objectif : Examiner en détail la DUDH et son importance.
A- Histoire et contexte de la DUDH.
La Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) est un document
fondamental en matière de droits de l'homme, adopté par l'Assemblée générale des
Nations Unies le 10 décembre 1948. Son histoire et son contexte sont étroitement
liés à la période de l'après-Seconde Guerre mondiale et aux efforts déployés pour
prévenir de telles horreurs à l'avenir.
Histoire et contexte de la DUDH :
La Seconde Guerre mondiale : La DUDH a été élaborée en réponse aux
horreurs de la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle des violations
massives des droits de l'homme, notamment le génocide, ont eu lieu. Les atrocités
commises pendant la guerre ont renforcé la conviction qu'il était nécessaire de
mettre en place un cadre international pour protéger les droits fondamentaux de
l'homme et prévenir de telles tragédies à l'avenir.
Création de l'Organisation des Nations Unies (ONU) : À la fin de la Seconde
Guerre mondiale, les Alliés ont créé l'ONU en 1945 dans le but de promouvoir la
paix, la coopération internationale et la sécurité. Les droits de l'homme sont
devenus une préoccupation majeure de l'ONU, et l'Assemblée générale a décidé de
travailler sur une déclaration internationale qui énoncerait les droits
fondamentaux de l'homme.
La Commission des droits de l'homme des Nations Unies : En 1946,
l'Assemblée générale de l'ONU a créé la Commission des droits de l'homme des
Nations Unies, chargée de rédiger la Déclaration universelle des droits de l'homme.
La Commission était composée de représentants de différentes nations et a été
présidée par Eleanor Roosevelt, l'épouse du président américain Franklin D.
Roosevelt.
Élaboration de la DUDH : La Commission des droits de l'homme a travaillé
pendant deux ans à la rédaction de la DUDH, en prenant en compte les
contributions de nombreux experts et organisations non gouvernementales. Le
document final a été adopté à Paris le 10 décembre 1948, avec 48 États membres
de l'ONU votant en sa faveur, aucun votant contre, et huit s'abstenant.
Portée et importance : La DUDH est devenue le premier document international
à énoncer un ensemble complet de droits de l'homme fondamentaux et universels.
Elle a été saluée comme un jalon dans l'histoire de la protection des droits de
l'homme et a inspiré de nombreux autres traités et conventions internationaux
ultérieurs.
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Influence et impact : La DUDH a influencé la rédaction de nombreuses
constitutions nationales et a servi de base à la création de traités internationaux,
tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Elle continue de
jouer un rôle central dans la promotion et la protection des droits de l'homme à
l'échelle mondiale.
En résumé, la Déclaration universelle des droits de l'homme a émergé comme une
réponse aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale et a été élaborée dans le cadre
des Nations Unies pour énoncer les droits fondamentaux de l'homme de manière
universelle, influençant ainsi la protection des droits de l'homme à l'échelle
internationale.
B- Les droits énoncés dans la DUDH.
La Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) énonce un ensemble de
droits fondamentaux et universels, notamment :
Le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité.
Le droit à l'égalité et à la non-discrimination.
Le droit à la liberté d'expression, de pensée, de religion et d'association.
Le droit à un procès équitable et à la présomption d'innocence.
Le droit à l'éducation, au travail et à un niveau de vie décent.
Le droit à la protection contre la torture, l'esclavage et la discrimination raciale.
Le droit à la participation à la vie politique et culturelle.
Le droit à la dignité et au respect de la personne humaine.
Ces droits sont considérés comme inaliénables et doivent être respectés et protégés
par tous les États membres des Nations Unies, indépendamment de la nationalité,
de la race, de la religion ou d'autres caractéristiques.
C- L'impact de la DUDH dans le monde.
L'impact de la DUDH dans le monde est significatif : elle a inspiré des lois
nationales, des traités internationaux et des mouvements pour les droits de
l'homme, contribuant à promouvoir la liberté, l'égalité et la dignité humaine à
l'échelle mondiale.
D- Certains Principes et fondements des droits de l'homme
Les droits de l'homme reposent sur certains principes et fondements fondamentaux
qui sous-tendent leur définition et leur mise en œuvre. Voici quelques-uns de ces
principes et fondements :
Universalité : Les droits de l'homme sont universels, ce qui signifie qu'ils
s'appliquent à tous les êtres humains, indépendamment de leur nationalité, de leur
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sexe, de leur race, de leur religion, de leur origine ethnique ou de toute autre
caractéristique. Ils sont inhérents à la nature humaine.
Inaliénabilité : Les droits de l'homme sont inaliénables, ce qui signifie qu'ils ne
peuvent pas être retirés ni renoncés volontairement. Aucun individu ou État ne
peut priver quelqu'un de ses droits fondamentaux.
Indivisibilité et interdépendance : Les droits de l'homme sont indivisibles, ce
qui signifie qu'ils sont tous interconnectés et interdépendants. Les droits civils et
politiques, tels que la liberté d'expression, sont liés aux droits économiques,
sociaux et culturels, tels que le droit à un niveau de vie suffisant.
Égalité : Les droits de l'homme garantissent l'égalité de traitement et de dignité
pour tous les individus, sans discrimination. Cela inclut l'égalité entre les sexes, la
race, la religion, l'orientation sexuelle, etc.
Non-discrimination : Les droits de l'homme interdisent toute forme de
discrimination injuste ou arbitraire. Les individus ne doivent pas être traités de
manière discriminatoire en raison de caractéristiques telles que la race, le sexe, la
religion, l'origine ethnique, etc.
Justice et équité : Les droits de l'homme exigent la justice et l'équité dans
l'application des lois et la prestation des services. Cela comprend le droit à un
procès équitable et le droit à des recours effectifs en cas de violations.
Participation et inclusion : Les droits de l'homme encouragent la participation
active des individus dans les processus politiques, sociaux et économiques de leur
société. Ils visent à garantir que tous les groupes de la population ont leur mot à
dire.
Responsabilité : Les gouvernements et les institutions ont la responsabilité de
respecter, protéger et promouvoir les droits de l'homme. Les violations doivent
faire l'objet de sanctions et de réparations.
Progressivité : Les États sont tenus de progressivement améliorer la réalisation
des droits économiques, sociaux et culturels dans la mesure de leurs ressources
disponibles.
Ces principes et fondements sont essentiels pour la compréhension et la mise en
œuvre des droits de l'homme à travers le monde. Ils guident les actions des
gouvernements, des institutions internationales et de la société civile dans la
promotion et la protection des droits fondamentaux de l'homme.
Session 3 : Obligations des Gouvernements
Objectif : Comprendre les titulaires de droit et les garants de ces droits
A- Obligation de respecter
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La première obligation de l’Etat est le respect des droits de l’Homme. Par respect,
on entend l’obligation pour l’Etat de s’abstenir d’interférer de manière injustifiée
dans les droits garantis des individus. Il s’agit d’une obligation négative et ne
requiert aucune action positive de l’Etat. Cela signifie pour l’individu qu’il peut se
défendre contre les ingérences dans ses droits commises par l’Etat. Ce droit de
défense ou l’obligation de respecter s’y rapportant ne s’applique, en règle générale,
pas de manière absolue. Il existe, en effet, dans certains cas, des raisons légitimes
à une restriction des droits de l’Homme par l’Etat.
B- Obligation de protéger
Le deuxième type d’obligation est celle qui consiste pour l’Etat de protéger les
droits des individus contre les abus des tiers, soit des personnes privées ou des
acteurs non étatiques, comme les entreprises ou les associations sportives.
L’obligation de protéger peut être de nature soit préventive soit réparatrice. L’Etat
est obligé de prendre les précautions nécessaires pour prévenir un risque avéré
d’atteinte aux droits humains par un tiers. Et si un droit devait être finalement
violé, l’Etat doit veiller à ce qu’une réparation soit obtenue.
C- Obligation de garantir ou de mettre en œuvre
Le troisième niveau d’obligation de l’Etat consiste à s’assurer que les droits d’un
individu puissent être effectifs en pratique. Cela signifie que l’Etat est obligé de
créer les conditions nécessaires à la jouissance réelle d’une garantie de droits de
l’Homme. L’Etat doit prendre des mesures pour établir les bases légales,
institutionnelles ou procédurales pour une réalisation complète du droit en
question. Ces obligations impliquent un comportement actif des États et s’adresse
le plus souvent au législateur. L’Etat doit, par exemple, mettre au point une
législation prévoyant un système scolaire sans lequel le droit à l’éducation n’aurait
aucun sens. Selon les cas et le droit en question, l’Etat doit fournir certaines
prestations monétaires ou en nature.
(Les générations des droits de l’Homme)
D- Violation des droits de l’Homme, qu’est-ce que c’est ?
Une violation des droits de l’Homme c’est « toute action ou omission contraire aux
dispositions contenues dans les différents instruments relatifs aux droits de
l’Homme ».
Les violations des droits de l’homme recouvrent aussi bien des actions que des
omissions de la part de l’Etat.
Ils se produisent quand une loi, une politique ou une pratique gouvernementale,
contrevient délibérément à des obligations juridiques ou les ignore, retire ou
supprime des garanties existantes en matière des droits de l’homme. Ici, celui qui
« agit » (l’auteur) ou qui « n’agit pas » doit être un agent de l’Etat.
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Session 4 : Les Mécanismes de Protection des Droits de l'Homme
Objectif : Explorer les organes et les mécanismes chargés de protéger les droits de
l'homme.
A- Les organes des Nations Unies chargés des droits de l'homme.
Les principaux organes des Nations Unies chargés des droits de l'homme sont :
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH)
: Dirige et coordonne les efforts en matière de droits de l'homme au sein de l'ONU.
La Commission des droits de l'homme des Nations Unies (maintenant
remplacée par le Conseil des droits de l'homme) : Examinaient les questions
relatives aux droits de l'homme à l'échelle mondiale.
Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies : Organe principal de
l'ONU chargé de la promotion et de la protection des droits de l'homme.
Les Comités de suivi des traités : Surveillent la mise en œuvre des traités
internationaux relatifs aux droits de l'homme par les États parties.
Les Rapporteurs spéciaux et les Experts indépendants : Mènent des
enquêtes et font rapport sur des questions spécifiques liées aux droits de l'homme
dans le monde.
B- Les procédures de plainte et de suivi
Les organes des Nations Unies chargés des droits de l'homme disposent de
procédures de plainte et de suivi qui permettent aux individus et aux groupes de
dénoncer des violations des droits de l'homme et de rechercher des réparations.
Ces procédures comprennent :
Les mécanismes de plainte individuelle : Les individus ou groupes peuvent
soumettre des plaintes directement aux organes de surveillance des traités
(comités de suivi) en alléguant des violations spécifiques des droits de l'homme en
vertu des traités auxquels les États sont parties. Les organes examinent ces
plaintes et émettent des recommandations aux États concernés.
Les Rapporteurs spéciaux et les Experts indépendants : Ces experts
mandatés par les Nations Unies peuvent recevoir des informations sur des
violations des droits de l'homme, enquêter sur ces allégations et faire rapport sur
la situation dans des pays spécifiques ou sur des questions thématiques.
Le processus d'examen périodique universel (EPU) : Tous les États membres
de l'ONU sont soumis à un examen périodique de leur bilan en matière de droits
de l'homme par le Conseil des droits de l'homme. Cet examen implique un dialogue
entre l'État examiné et d'autres États membres.
Le rapportage des États : Les États parties aux traités internationaux relatifs
aux droits de l'homme sont tenus de soumettre régulièrement des rapports sur la
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manière dont ils mettent en œuvre les dispositions de ces traités. Les comités de
suivi examinent ces rapports et formulent des recommandations.
Les actions d'urgence : En cas de violations graves et urgentes des droits de
l'homme, les organes des Nations Unies peuvent émettre des déclarations et des
alertes pour sensibiliser à la situation et appeler à une action immédiate.
Ces procédures visent à garantir que les droits de l'homme sont respectés, protégés
et promus à l'échelle mondiale et à tenir les États responsables de leurs obligations
en matière de droits de l'homme.
C- Les mécanismes juridictionnels et non-juridictionnels interne
Ils usent des pouvoirs coercitifs qui leur sont conférés pour contribuer à la
protection des droits des populations (juridictionnels : Le Conseil Constitutionnel,
le Conseil d’Etat, la Cour de Cassation, les Tribunaux) et ils assurent, chacun en
son domaine, la promotion et la protection des droits de l’homme, sans moyens de
coercition (non-juridictionnels : Le Conseil National des Droits de l’Homme, le
Médiateur de la République, la Haute Autorité à la Bonne Gouvernance, la
Commission Electorale Indépendante, la Haute Autorité à la Communication
Audiovisuelle, l’Autorité Nationale de la Presse, le Ministère de la justice et des
droits de l’homme)
D- Les rôles des ONG et de la société civile.
Les ONG et la société civile jouent un rôle essentiel dans la protection des droits
de l'homme en :
Surveillance : En observant, documentant et signalant les violations des droits
de l'homme.
Plaidoyer : En plaidant en faveur de la protection des droits de l'homme auprès
des gouvernements, des organisations internationales et du public.
Sensibilisation : En éduquant et en informant les gens sur les droits de l'homme
et les questions connexes.
Assistance : En fournissant un soutien direct aux victimes de violations des droits
de l'homme.
Mobilisation : En mobilisant la société pour l'action en faveur des droits de
l'homme et de la justice.
Contrôle : En surveillant la mise en œuvre des recommandations et des
engagements pris par les gouvernements et les institutions internationales en
matière de droits de l'homme.
10- Programme de Formation sur les Droits de la Femme 2023
Session 5 : Les Droits des Femmes comme Partie Intégrante des Droits de
l'Homme
Objectif : Comprendre la relation entre les droits des femmes et les droits de
l'homme.
A- Les spécificités des droits des femmes.
Les droits des femmes sont une composante essentielle des droits de l'homme et
englobent un ensemble de spécificités et de préoccupations propres à la situation
des femmes en tant que groupe historiquement marginalisé et discriminé. Voici
quelques-unes des spécificités des droits des femmes :
L'égalité de genre : Les droits des femmes exigent l'égalité entre les sexes dans
tous les domaines de la vie, y compris l'accès à l'éducation, à l'emploi, à la
participation politique et à la prise de décision.
L'élimination de la discrimination : Les femmes font face à des discriminations
systématiques en raison de leur sexe, ce qui nécessite des mesures spécifiques pour
éliminer ces discriminations et promouvoir l'égalité.
Les droits reproductifs : Les droits des femmes englobent le droit à la
planification familiale, à l'accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, à la
maternité sans risque et au choix en matière de procréation.
La lutte contre la violence basée sur le genre : Les femmes sont souvent
victimes de violence liée au genre, telle que la violence domestique, le harcèlement
sexuel et la traite des êtres humains. Les droits des femmes visent à prévenir et à
éliminer ces formes de violence.
La participation politique : Les femmes sont souvent sous-représentées dans
les institutions politiques et la prise de décision. Les droits des femmes promeuvent
leur participation égale à la vie politique et publique.
L'accès à l'éducation : Les filles et les femmes ont historiquement été exclues de
l'éducation formelle. Les droits des femmes garantissent l'accès à l'éducation pour
toutes les filles et les femmes.
L'économie : Les droits des femmes comprennent le droit à un travail équitable
et à des salaires égaux pour un travail de valeur égale, ainsi que la protection
contre la discrimination en milieu de travail.
Les droits des femmes autochtones : Les femmes autochtones font face à des
défis spécifiques liés à la discrimination multiple et à la perte de leurs droits
culturels. Les droits des femmes autochtones reconnaissent ces préoccupations
particulières.
Les droits des femmes sont donc un ensemble de droits spécifiques visant à
garantir l'égalité des femmes par rapport aux hommes. Ils englobent la lutte contre
la discrimination fondée sur le genre, l'accès à l'éducation, à la santé, à l'égalité
11- Programme de Formation sur les Droits de la Femme 2023
salariale, à la participation politique et à la protection contre la violence de genre.
Ces droits visent à éliminer les inégalités historiques et culturelles entre les sexes.
Ces spécificités des droits des femmes reconnaissent que les femmes ont été
historiquement désavantagées et qu'il est nécessaire de prendre des mesures
spéciales pour remédier à ces inégalités et promouvoir l'égalité des sexes. Les
droits des femmes sont intégrés dans le cadre plus large des droits de l'homme, et
leur promotion est essentielle pour parvenir à une société juste et égalitaire.
B- L'égalité des sexes comme principe fondamental.
L'égalité des sexes est un principe fondamental qui vise à garantir que les femmes
et les hommes ont les mêmes droits, les mêmes opportunités et le même accès aux
ressources et aux responsabilités dans tous les domaines de la société. Cela inclut
l'égalité en matière d'éducation, d'emploi, de participation politique, de prise de
décision, de rémunération, de soins de santé, et la protection contre la violence et
la discrimination fondée sur le genre. L'égalité des sexes est essentielle pour
promouvoir la justice sociale et le développement durable. Elle est inscrite dans de
nombreuses lois nationales et instruments internationaux, dont la Déclaration
universelle des droits de l'homme.
C- La Convention sur l'élimination de toutes les formes de
discrimination à l'égard des femmes (CEDAW).
La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes (CEDAW) est un traité international adopté en 1979 par l'Assemblée
générale des Nations Unies. Voici quelques points clés concernant la CEDAW :
Objectif : La CEDAW vise à éliminer toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes et à promouvoir l'égalité des sexes dans tous les domaines de la vie.
Contenu : Le traité énonce un ensemble de droits spécifiques pour les femmes,
notamment le droit à l'égalité en matière de droits civils et politiques, le droit à
l'égalité en matière d'éducation, d'emploi, de santé et d'accès aux ressources, ainsi
que le droit à la protection contre la violence et la discrimination fondée sur le
genre.
Obligations des États parties : Les États qui ratifient la CEDAW s'engagent à
prendre des mesures pour éliminer la discrimination à l'égard des femmes dans
leurs lois, leurs politiques et leurs pratiques. Ils sont tenus de soumettre des
rapports périodiques sur les mesures prises pour mettre en œuvre la Convention.
Organe de suivi : Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des
femmes est chargé de surveiller la mise en œuvre de la CEDAW par les États
parties. Le Comité examine les rapports des États, formule des recommandations
et peut enquêter sur des violations graves des droits des femmes.
Impact : La CEDAW a eu un impact significatif sur l'amélioration des droits des
femmes dans de nombreux pays. Elle a été ratifiée par un grand nombre d'États à
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travers le monde et a contribué à sensibiliser davantage aux questions de genre et
à promouvoir l'égalité des sexes.
Complémentarité avec d'autres instruments : La CEDAW complète d'autres
traités internationaux relatifs aux droits de l'homme et aux droits des femmes, tels
que la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Convention relative aux
droits de l'enfant.
La CEDAW est un instrument clé dans la promotion de l'égalité des sexes et la
protection des droits des femmes à l'échelle internationale. Elle a joué un rôle
central dans la reconnaissance des droits des femmes en tant que droits de l'homme
universels.
CONCLUSION
En conclusion, les droits des femmes et les droits de l'homme sont deux
composantes essentielles de la protection des droits fondamentaux de chaque
individu, indépendamment de son sexe. Les droits des femmes visent à corriger les
inégalités historiques et culturelles qui ont perduré pendant des siècles,
garantissant aux femmes l'égalité des chances et la dignité. Ils sont étroitement
liés aux droits de l'homme universels, qui englobent l'égalité, la liberté et la justice
pour tous. Pour construire un monde véritablement égalitaire et respectueux des
droits de chacun, il est impératif de continuer à promouvoir et à défendre ces droits,
en veillant à ce qu'aucun individu ne soit privé de ses droits fondamentaux en
raison de son genre. Les progrès réalisés dans la lutte pour l'égalité des sexes sont
inextricablement liés à la promotion plus large des droits de l'homme, et c'est en
unissant nos efforts que nous pourrons construire un avenir plus juste et équitable
pour tous. L’avènement de ce programme de formation constitue, sans doute, un
bon début de promotion…