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Esvres : Histoire et géographie de la commune

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Esvres

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47° 17′ 06″ nord, 0° 47′ 13″ est

Vous lisez un « bon article » labellisé en 2019.

Esvres-sur-Indre redirige ici.

Pour l’article ayant un titre homophone, voir Èvres.

Esvres
De gauche à droite et de haut en bas :
place Georges-Lhermitte ;
les escaliers du château, le pont Girault ;
le ruisseau de l'Échandon, un verre de touraine-noble-joué.

Blason
Logo

Administration

Pays France

Région
Centre-Val de Loire
Département
Indre-et-Loire
Arrondissement
Tours

Intercommunalité
Communauté de communes Touraine
Vallée de l'Indre
Maire
Jean-Christophe Gassot
Mandat
2020-2026
Code postal
37320
Code commune
37104
Démographie

Gentilé
Esvriens / Esvriennes
Population

municipale
6 208 hab. (2021 )

Densité 173 hab./km2

Géographie

Coordonnées
47° 17′ 06″ nord, 0° 47′ 13″ est

Altitude
Min. 52 m
Max. 96 m
Superficie
35,85 km2
Type
Commune rurale

Unité urbaine
Esvres
(ville isolée)

Aire d'attraction
Tours
(commune de la couronne)

Élections

Départementales
Canton de Monts
Législatives
Troisième circonscription

Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Esvres
 Voir sur la carte topographique de France
 Voir sur la carte administrative de France
Liens

Site web
www.ville-esvres.fr
modifier

Esvres (prononcé [ɛvʁ]), appelée également Esvres-sur-Indre, est une commune


française située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.
Le territoire d'Esvres porte des traces d'occupation humaine depuis le Paléolithique.
C'est surtout au II siècle av. J.-C. que les indices s'accumulent (nécropoles,
e

établissements ruraux, habitat groupé) pour suggérer l'existence d'une


agglomération protohistorique dont l'importance et les contours restent cependant à
définir, mais qui semble rester active jusqu'au Bas-Empire. Esvres, que cite
déjà Grégoire de Tours, devient au VIII siècle le siège d'une viguerie, puis celui
e

d'une seigneurie au Moyen Âge central. Au XIX siècle, la commune ne connaît


e

qu'une faible baisse de sa population, et le nombre de ses habitants augmente sans


cesse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, épisode par ailleurs marqué sur
le plan local par plusieurs figures de la Résistance. Aux XX et XXI siècles, outre sa
e e

forte croissance démographique — la commune compte 6 208 habitants en 2021 et


le nombre de ses résidences principales a presque quintuplé depuis 1945 —, Esvres
connaît un important développement économique avec notamment la création
d'une zone industrielle très active le long de la D 943, principal axe routier
entre Tours et Loches. La vocation agricole d'Esvres se maintient pourtant ;
la céréaliculture domine largement mais les vignes de l'appellation touraine-noble-
joué sont bien présentes et la surface qui leur est consacrée augmente même
légèrement.
L'église d'Esvres, dédiée à saint Médard, semble construite à partir du XII siècle mais
e

elle garde des vestiges d'édifices plus anciens, comme une partie de sa façade et de
ses fondations. Le château de Montchenin est, du XVI siècle à la Révolution,
e

la villégiature des abbés de Saint-Paul de Cormery. Plusieurs châteaux ou manoirs,


souvent médiévaux à l'origine mais reconstruits à la Renaissance et remaniés après
la Révolution, constituent une part importante du patrimoine bâti d'Esvres. L'un d'eux,
le château de la Dorée, qui a appartenu au XVIII siècle à Alexandre-Pierre Odart,
e

maire d'Esvres et savant ampélographe, accueille le troisième plus grand site


français du groupe AG2R La Mondiale ; l'entreprise y emploie en 2016 plus de 500
personnes. Le patrimoine naturel est constitué de quatre zones naturelles d'intérêt
écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) liées aux vallées de l'Indre ou de ses
affluents, ou aux massifs boisés encore très présents dans le nord du territoire
communal.
Géographie[modifier | modifier le code]
Localisation et communes limitrophes[modifier | modifier le code]
Esvres est une commune de la vallée de l'Indre, le bourg se trouvant au niveau du
confluent de cette rivière et de l'Échandon, l'un de ses affluents. La localité se trouve
à environ 14,3 km au sud-est de Tours1, distance exprimée à vol d'oiseau. Dans la
partie nord-est du canton de Monts (12,1 km séparent Esvres du bureau
centralisateur2), Esvres est rattachée à l'aire urbaine et au bassin d'emploi de Tours
alors qu'elle est le siège d'une unité urbaine et d'un bassin de vieI 1.
Communes limitrophes d’Esvres
Azay-
Chambray-lès-
Larçay / Véretz sur-
Tours
Cher

Veigné Truyes

Corme
Saint-Branchs
ry

OpenStreetMap [archive] Limite communale d'Esvres.

Esvres et ses communes limitrophes.

.

Esvres (en rouge) dans le canton de Monts (en vert).

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Carte géologique simplifiée d'Esvres3.


 Bourg
 Limites communales
 e7 : calcaire lacustre de Touraine (Ludien)
 m3-p : sables et graviers du (Miocène)
 Rm3-p : sables argileux et graviers (Tertiaire)
 N : sables éoliens (Quaternaire)
 LP : limon des plateaux (Quaternaire)
 Fw-z : alluvions fluviatiles (Quaternaire)

Au sud du Bassin parisien géologique, le territoire d'Esvres est centré sur une légère
cuvette (synclinal de Courçay) remplie du calcaire lacustre de Touraine déposé à
l'Éocène (e7) sur les strates calcaires crétacées ; la plus récente de ces dernières
est celle de la Craie de Blois, blanche avec des inclusions de silex4. En périphérie de
cette cuvette se retrouvent des dépôts sableux fossilifères du Miocène5, intacts au
nord (m3-p) mais parfois dégradés au sud (Rm3-p), sableux (E) ou
limoneux quaternaires (LP). Les vallées du ruisseau de Nantilly et de l'Échandon ont
creusé leur lit dans ce substrat de calcaire lacustre sans jamais atteindre
le tuffeau turonien sous-jacent ; l'Indre, par contre, a érodé le plateau jusqu'à
entamer cette strate. Des alluvions d'âge variable, témoignant de l'érosion
progressive par les cours d'eau, couvrent le fond de leurs vallées (Fw-z)4,6. Le
calcaire lacustre, souvent meuliérisé, est utilisé dans la construction sous le nom de
« pierre d'Esvres » mais depuis 2003, les carrières ne sont plus en exploitation7.
Le territoire communal affecte sensiblement la forme d'un rectangle légèrement
allongé du nord au sud et séparé en deux parties inégales par la vallée de l'Indre,
environ deux tiers de la superficie de la commune au nord, un tiers au sud4. Avec une
superficie communale de 3 585 ha quand la moyenne nationale s'établit à 1 488 ha8,
Esvres est une commune de grande taille.
L'altitude moyenne du plateau varie autour de 85 m, avec un maximum de 96 m au
nord-ouest et au nord-est de la commune. L'Indre coule dans une vallée dont
l'altitude évolue de 60 m vers l'est à 55 m vers l'ouest4.
Hydrographie[modifier | modifier le code]

Source de la mairie.

Réseau hydrographique d'Esvres.


L'Indre traverse le territoire communal d'est en ouest sur une longueur de
5,602 km9 et sa vallée, parfois marécageuse, est jalonnée de plusieurs bras morts
dont l'emplacement et le tracé ont varié au fil des siècles. Son principal affluent est,
sur la rive gauche, l'Échandon qui se jette dans l'Indre à l'entrée du bourg4. Sur la rive
droite, plus en aval, le ruisseau de Nantilly alimente également l'IndreM 1,10. Le réseau
hydrographique communal, d'une longueur totale de 16,02 km, comprend deux
autres petits cours d'eau9.
L'Indre, d'une longueur totale de 279,4 km, prend sa source à une altitude de
453 m sur le territoire de Saint-Priest-la-Marche dans le département du Cher et se
jette dans la Loire à Avoine, après avoir traversé 58 communes11. Les crues de l'Indre
sont le plus souvent de type inondation de plaineNote 1. Sur le plan de la prévision des
crues, la commune est située dans le tronçon de l'Indre tourangelle13, dont la station
hydrométrique de référence la plus proche est située à Cormery. La hauteur
maximale historique a été atteinte en novembre 1770 avec 4,90 m14. Ce cours d'eau
est classé dans les listes 1Note 2 et 2Note 3 au titre de l'article L. 214-17 du code de
l'environnement sur le Bassin Loire-Bretagne. Au titre de la liste 1, aucune
autorisation ou concession ne peut être accordée pour la construction de nouveaux
ouvrages s'ils constituent un obstacle à la continuité écologique et le renouvellement
de la concession ou de l'autorisation des ouvrages existants est subordonné à des
prescriptions permettant de maintenir le très bon état écologique des eaux. Au titre
de la liste 2, tout ouvrage doit être géré, entretenu et équipé selon des règles
définies par l'autorité administrative, en concertation avec le propriétaire ou, à défaut,
l'exploitant15,16. Sur le plan piscicole, l'Indre est classée en deuxième catégorie
piscicole. Les espèces biologiques dominantes sont constituées essentiellement
de poissons blancs (cyprinidés) et de carnassiers (brochet, sandre et perche)17.
L'Échandon, d'une longueur totale de 25,7 km, prend sa source dans la commune
de Manthelan et se jette dans l'Indre à Esvres, en limite sud du bourg, au droit du
pont supportant la RD 62, après avoir traversé six communes18. La station
hydrométrique de Saint-Branchs permet de caractériser les
paramètres hydrométriques de l'Échandon. Le débit mensuel moyen (calculé sur 51
ans pour cette station) varie de 0,15 m3/s au mois d'août à 1,41 m3/s au mois de
février. Le débit instantané maximal observé sur cette station est de 55 m3/s le 7
juillet 1977, la hauteur maximale relevée a été de 3,01 m ce même jour19,20. Ce cours
d'eau est classé dans la liste 1 au titre de l'article L. 214-17 du code de
l'environnement sur le Bassin Loire-Bretagne15 et en deuxième catégorie piscicole sur
le plan piscicole17. Pour ce qui est des carnassiers, on note la présence d’anguilles,
de brochets et de perches communes qui dominent21.
L'ensemble des cours d'eau de la commune est géré en 2019 par le Syndicat
d’aménagement de la Vallée de l’Indre21 qui a en particulier entrepris en 2017 des
travaux de restauration de l’Échandon22.
La vaste nappe phréatique du Séno-Turonien du bassin versant de l'Indre s'étend en
sous-sol sur l'ensemble de la commune10.
Les vallées servent de réceptacle à de nombreuses exsurgences de
sources karstiques issues d'infiltrations dans le plateau de calcaire lacustre par le
biais de dolines ; c'est par exemple le cas des sources d'Avon à la limite de Truyes4.
Vingt-deux de ces sources sont recensées sur le territoire communalM 2. Plusieurs
d'entre elles s'accompagnent de dépôts de tuf au niveau de leur exsurgence23,24 ; une
autre, canalisée en sous-sol, contourne le chevet de l'église puis passe sous la
mairie dans le mur de laquelle se trouve son exutoire25.
Les cressonnières installées aux sources d'Avon et sur le ruisseau de Nantilly dont
les eaux convenaient bien à leur culture26 cessent leur activité dans les années
200027.
Climat[modifier | modifier le code]
Pour des articles plus généraux, voir Climat du Centre-Val de Loire et Climat
d'Indre-et-Loire.
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines
du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de
données couvrant la période 1971-200028. En 2020, Météo-France publie une
typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est
exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Moyenne
vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation (1 850 h/an) et un été peu
pluvieux29.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,2 °C, avec
une amplitude thermique annuelle de 14,7 °C. Le cumul annuel moyen de
précipitations est de 701 mm, avec 10,4 jours de précipitations en janvier et 6,7 jours
en juillet28. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée
sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Reignac », sur la
commune de Reignac-sur-Indre à 11 km à vol d'oiseau30, est de 12,1 °C et le cumul
annuel moyen de précipitations est de 668,5 mm31,32. Pour l'avenir, les paramètres
climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission
de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France
en novembre 202233.
Paysages naturels et biodiversité[modifier | modifier le code]

Zonage paysager communalCP 1.


La partie septentrionale de la commune, principalement au nord-est de la D 943,
reste très boisée ainsi que, dans une moindre mesure, les vallées des cours d'eau ;
les bois représentent un tiers de la superficie communale10. Le reste du territoire de
part et d'autre de l'Indre est occupé par des cultures (céréales au sud de l'Indre et
cultures plus variées incluant des prairies, avec une implantation nette de la vigne
dans un secteur bien délimité au nord), ou bien construit (habitat et activités
commerciales ou industrielles)4,CP 2.
Quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF)
intéressent, à des degrés divers, le territoire de la commune.
Cartographie des ZNIEFF d'Esvres.
La ZNIEFF continentale de type I des « prairies et coteaux de l'Indre au moulin de
Vontes » (identifiant national 240030978) intéresse Esvres et Truyes, mais
également, et dans une moindre mesure, Cormery. Elle est remarquable par la
diversité de ses habitats, prairies à flore des lieux humides comme le Pigamon
jaune (Thalictrum flavum), grottes à chiroptères comme le Grand
Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), pelouses sèches à orchidées comme
la Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum)34.
La ZNIEFF continentale de type I des « landes de la Petite Bamboche » (identifiant
national : 240006216), d'une superficie un peu supérieure à 4 ha, est intégralement
située au nord du territoire esvrien, en limite d'un cimetière communal. La Cicendie
filiforme, plante protégée au niveau national, fait partie des espèces recensées sur
cette ZNIEFF35.

Sources tufeuses de l'Échandon.


La ZNIEFF continentale de type I des « sources tufeuses de l'Échandon, moulin
Perrion » (identifiant national : 240009609) ne couvre que 4 ha ; elle est incluse dans
la ZNIEFF de la vallée de l'Échandon. Séparée de cette rivière par une route qui est
un facteur de fragmentation, elle se caractérise par la présence de sources calcaires
abritant des bryophytes36.
La ZNIEFF continentale de type II de la « vallée de l'Échandon » (identifiant national
240031562) se développe sur sept communes, dont Esvres, et sur une superficie de
plus de 860 ha le long de la rivière. Sur le territoire communal esvrien elle inclut la
ZNIEFF des « sources tufeuses de l'Échandon, moulin Perrion ». Dans des habitats
très variés (pelouses calcicoles sur les coteaux, forêts sur les pentes et prairies
humides dans le fond de la vallée), de très nombreuses espèces animales ou
végétales sont recensées, dont sept sont protégées à l'échelon régional37.
Outre ces sites remarquables, la diversité floristique d'Esvres se traduit par la
présence de nombreux massifs de buis dans les vallées38. Cependant, cet arbuste
est fortement menacé depuis 2014 à la suite de l'invasion de la Pyrale du buis en
Indre-et-Loire39.
Urbanisme[modifier | modifier le code]
Typologie[modifier | modifier le code]
Esvres est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu
denses, au sens de la grille communale de densité de l'InseeNote 4,40,41,42. Elle appartient
à l'unité urbaine d'Esvres, une unité urbaine monocommunale43 de 6 010 habitants en
2017, constituant une ville isolée44,45.
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Tours, dont elle est une
commune de la couronneNote 5. Cette aire, qui regroupe 162 communes, est
catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants46,47.
Le plan local d'urbanisme d'Esvres est déposé en 2006. Il est modifié en 2011, 2014,
2016 et 2018CP 3.
Occupation des sols[modifier | modifier le code]
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de
données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC),
est marquée par l'importance des territoires agricoles (55 % en 2018), néanmoins en
diminution par rapport à 1990 (58,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la
suivante : terres arables (42,4 %), forêts (33,4 %), zones urbanisées (7,9 %), zones
agricoles hétérogènes (7,4 %), prairies (5,2 %), zones industrielles ou commerciales
et réseaux de communication (2,6 %), espaces verts artificialisés, non agricoles
(1 %)48. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures
peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire :
la carte de Cassini (XVIII siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou
e

photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)Carte 1.

Carte des infrastructures et de


l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Logement[modifier | modifier le code]
Le tableau ci-dessous présente une comparaison de quelques indicateurs chiffrés du
logement pour Esvres et l'ensemble de l'Indre-et-Loire en 2015I 2,I 3.

Le logement à Esvres en 2015.

Esvre
Indre-et-Loire
s

Parc immobilier total (en nombre d'habitations) 2 411 315 335

Part des résidences principales (en %) 92,0 87,3

Part des logements vacants (en %) 5,7 8,2

Part des ménages propriétaires de leur logement (en %) 78,3 59,1

Seuls 2,3 % des habitations d'Esvres sont des résidences secondaires, sans
changement depuis 2010. Les occupants des résidences principales en sont à plus
de 78 % propriétaires. Le parc immobilier communal s'est fortement accru depuis
1970 puisque 1406 des 2090 résidences principales que compte la commune en
2015 sont construites après cette date. Les maisons individuelles représentent près
de 92 % du parc des résidences principalesI 2. Ces résidences principales comptent
en moyenne 5 pièces au plan communalI 2, soit une de plus que la moyenne
départementaleI 3.
Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Urbanisation progressive du bourg d'Esvres.


Le bourg s'est développé sur le flanc de la rive droite de l'Indre, le long de la rivière.
La partie la plus ancienne, de forme ovalaire et peut-être primitivement close d'une
enceinte, est ramassée à l'est de l'église et au pied du château. Le centre-bourg qui
s'est ensuite peu à peu agrandi est redessiné au XIX siècle, avec un élargissement
e

des voies, un alignement des façades et une surélévation des immeubles. Des
extensions sous forme de lotissements pavillonnaires se construisent à partir de la
fin des années 1950 au nord de ce noyau sur le plateau lui-même, phénomène très
sensible à partir de 19804. Dans les années 1970 se constitue un second pôle à
vocation industrielle et commerciale de part et d'autre de la D 943, distinct du centre
historique d'Esvres. Au cours des deux décennies suivantes, le périmètre urbanisé
ne s'agrandit pas de manière importante, les nouvelles constructions s'insérant des
les espaces laissés libres entre les plus anciennes par comblement des dents
creusesCP 4. Par contre, au XXI siècle, le bourg s'étend de nouveau par construction
e

d'une couronneCP 5.
En dehors de l'agglomération esvrienne, l'habitat est composé, comme souvent dans
la Champeigne, de hameaux centrés sur une route ou un carrefour, le maillage du
territoire étant complété par quelques grosses fermes isoléesCP 6. Ces hameaux se
trouvent dans leur très grande majorité dans la partie du territoire située au sud-
ouest de la D 943CP 7, les fermes isolées vers le nordCP 6. Même si l'habitat rural est en
partie composé de longères bâties en moellons enduits et couvertes d'ardoise,
complétées par des dépendances, il est difficile d'y retrouver une identité
architecturale forte entre les Gâtines de Loches au sud et le Val de Loire au nord 49.
Risques naturels et industriels[modifier | modifier le code]
Même si les habitations du bourg sont pour la plupart construites hors d'atteinte des
crues de l'Indre, la commune est exposée à cet aléa, comme en novembre 1770
lorsque de nombreux bâtiments et équipements sont emportésM 3. Le plan de
prévention du risque inondation pour le val de l'Indre adopté en 2005 s'applique donc
à Esvres50. Il stipule que les habitations et équipements du bourg situés de part et
d'autre de la D 17 sont soumis à un risque « fort » d'inondation. Ce secteur n'est
toutefois pas interdit à la construction. Au plus près de l'Indre, l'aléa est qualifié de
« très fort » et les constructions sont interditesCP 8.
L'aléa lié au phénomène de retrait-gonflement des argiles est lié à la nature des
terrains affleurants : il est estimé fort sur le plateau où le calcaire lacustre
prédomine ; il est plus faible dans les autres secteurs de la commune, là où d'autres
formations géologiques de surface sont observées (limons, alluvions)51.
Esvres est soumise à un risque sismique faible (niveau 2 sur une échelle de 1 à 5)52 ;
les chroniques locales mentionnent toutefois deux séismes53,54, le 11 septembre
1749 (intensité V ou VI, épicentre en limite du Poitou et de la Touraine)55 et le 13
septembre 1855 (intensité V, épicentre en Touraine)56.
De 1982 à 2011, douze phénomènes naturels ont abouti au placement de la
commune en état de catastrophe naturelle : inondations et coulées de boue,
mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse, effondrement de terrain57.
Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]
Réseaux routier et autoroutier[modifier | modifier le code]
Le territoire communal est traversé du nord-ouest au sud-est par la D
943 (ancienne N 143 déclassée) qui passe très largement à l'est du centre urbain.
L'aménagement en deux fois deux voies de cet axe a pour conséquence de
supprimer certains des accès qui le reliaient directement à la communeCP 9. Longeant
l'Indre sur sa rive droite depuis Azay-le-Rideau à l'ouest, la D 17 traverse le centre
d'Esvres pour rejoindre à l'est la D 943.
L'accès no 10 à l'autoroute A 85 (Angers-Vierzon) se trouve à un peu plus de 4 km au
nord-est du centre d'Esvres sur la D 943.
Réseaux de transport en commun[modifier | modifier le code]
Gare SNCF d'Esvres.
Les trains et autocars Rémi Centre-Val de Loire assurent la desserte de la
commune :
- Via la gare d'Esvres, grâce à la liaison régulière entre les gares de Tours et Loches
(Géré par la Société nationale des chemins de fer français)58.
- Via la ligne F, la liaison Esvres ↔ Veigné ↔ Tours (Géré par la région Centre-Val
de Loire et exploité par Transdev Touraine)59.
Les bus du réseau Fil bleu assurent la desserte de la commune :
- Via la ligne de transport à la demande R12, la liaison Gare de Tours ↔ Esvres-sur-
Indre - Nécropole Esvres60.
Itinéraires pédestres et cyclistes[modifier | modifier le code]
L'« Indre à vélo » est un itinéraire touristique permettant aux cyclistes de découvrir le
patrimoine des communes qui bordent la rivière, de Jeu-les-Bois à Azay-le-Rideau. Il
emprunte notamment la route qui longe la rive droite de l'Indre, franchit la rivière à
Cormery pour poursuivre en aval sur la rive gauche puis encore sur la rive droite à
partir d'Esvres61.
Le « sentier de grande randonnée 46 » qui relie Toulouse à Tours parcourt
notamment la vallée de l'Indre. Entre Courçay et Cormery, il emprunte la rive droite
de la rivière, qu'il franchit sur le pont de Cormery et continue sur la rive gauche avant
de traverser à nouveau au niveau d'Esvres62.
Toponymie et hydronymie[modifier | modifier le code]

Esvres (limites communales modernes en jaune) sur la carte


de Cassini.

Onomastique partielle du toponyme Esvres63,Note 6 :

 Evena : VIe siècle, Histoire des Francs, Grégoire de Tours ;


 Evira vico : monnaie mérovingienne ;
 Condita Eveninse : 791, cartulaire de l'abbaye de Cormery ;
 Evvra : v.1116, cartulaire de l'abbaye de Noyers ;
 Evria : 1207, cartulaire du prieuré Saint-Jean-du-Grais (Azay-sur-Cher) ;
 Paroisse Saint-Médard d'Esvres : aveu du 5 mars 1666 ;
 Esvres-sur-Indre : XVIIIe siècle :
 Esvres : 1764, Carte de Cassini.

À la fin de l'Antiquité le site d'Esvres est connu sous le nom d'Evena comme
l'indique Grégoire de ToursZ 1. Ce toponyme semble bien être issu de la racine
prélatine *avara (*av- : eau) comme en témoignent plusieurs dénominations
(monnaie, cartulaires du XII siècle et postérieurs). Dans ces conditions, la
e

graphie Evena mentionnée par Grégoire de Tours ne s'explique pas63.


Bien que couramment utilisée à l'époque contemporaine, la dénomination « Esvres-
sur-Indre » n'est pas la forme officielle63,I 4.

Les sources d'Avon.


Les toponymes composés avec Avon ont souvent pour origine Abonnis (villa),
« domaine d'Abon », anthroponyme d'origine germanique fréquent. Dans le cas des
« sources d'Avon », il pourrait plutôt s'agir d'une référence au gaulois abon (rivière)64.
Plusieurs toponymes dérivent directement du patronyme de l'un de leurs anciens
propriétaires, comme « la Caillaudière » (domaine de Caillaud) ou « la Duporterie »
(domaine de Duport)M 4. D'autres lieux évoquent la topographie locale, comme
« Nantilly », issu du prélatin nanto (vallée) et du suffixe -ialo (clairière) ou « le Peu »
(parfois orthographié « Peux »), du latin podium (lieu élevé), ou encore la végétation
naturelle avec « les Buis »65. La « Haute-Cour » garde peut-être le souvenir d'une
ancienne cour (curtis) carolingienne, ensemble de bâtiments clos pour un riche
propriétaire et ses domestiques66.
Histoire[modifier | modifier le code]
Préhistoire[modifier | modifier le code]

Livres de beurre.
De l'outillage en pierre (dont des bifacesM 5) témoigne d'occupations sur le territoire
communal, notamment aux lieux-dits La Haute-Cour et Vaugrignon, dès
le Paléolithique ancien67,68 ; ces différents outils semblent de fabrication locale69.
Des nucléus de débitage laminaire (« livres de beurre ») attribuables à la culture
pressignienne sont également retrouvés sur les mêmes sites70. Il s'agit peut-être de
groupes « nomades » ayant fait de simples haltes sur le territoire71.
Des meules néolithiques en grès sont retrouvées à la Haute-Cour72. Le site de
Nantilly a livré des grattoirs, des haches polies, des pointes de flèches et des
fragments de céramique73. La nature des artéfacts suggère que les populations
néolithiques esvriennes sont plus sédentarisées que les précédentes71. L'ancienne
dénomination cadastrale « la Pierre-à-Vinaigre » sur le territoire communal évoque le
souvenir d'un mégalithe (menhir probablement) disparu servant de réceptacle à
des offrandes de vinM 6,74. Un dolmen ruiné est également mentionnéM 6.
Protohistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]
Un dépôt métallique de la fin de l'âge du bronze (950-800 av. J.-C.) est découvert
dans le secteur de la Dorée en 190675. Constitué d'une cinquantaine d'objets ou
fragments d'objets, dont certains proviennent des îles Britanniques, il est longtemps
interprété comme une « cachette de fondeur »M 7. Les chercheurs considèrent
maintenant que cette hypothèse est erronée et que ces stocks ont été enfouis dans
un cadre rituelZ 2.
Image externe
Le site des Billettes (Esvres) [archive] (photo Nicolas Fouillet) sur le
site de Citeres [archive]

Amphore gauloise provenant de la nécropole de


Vaugrignon.
Le village d’Esvres est occupé depuis le deuxième siècle avant Jésus-Christ. Les
nécropoles de Vaugrignon67 et de La Haute-Cour76,77 ont été utilisées de La
Tène finale jusqu'au Haut-Empire, les abandons les plus tardifs ayant lieu
au II siècle. Elles peuvent constituer un même espace funéraire, composé de
e

plusieurs ensembles78. Un habitat a été reconnu sur le rebord du plateau et sous le


village actuel sur plus de 2 ha grâce aux recherches archéologiques ; il pourrait s'agir
d'un site routier bordant les routes qui suivent l'Indre ainsi qu'une éventuelle voie
reliant Caesarodunum (Tours) à Augustoritum (Limoges)
par Mantalomagus (Manthelan)Z 1 mais il semble prématuré de relier directement ce
site aux nécropoles esvriennes78. Les recherches archéologiques79,80,81, font apparaître
plusieurs établissements ruraux de La Tène finale et l'Antiquité sur le territoire
communal dont celui des Billettes82 et celui du Bois de la Duporterie, situé à
proximité83 (opération d'archéologie préventive préalable à la construction de
l'autoroute A 85 en 2005).
Moyen Âge[modifier | modifier le code]
Monnaie mérovingienne d'Esvres84.
Le site est un vicus (Evena vicus) de la fin de l'Antiquité. Grégoire de Tours indique
(Histoire des Francs, X, 31, VI) qu'une église y a été fondée au V siècle par
e

l'évêque Perpet et la tradition rapporte que Monégonde de Chartres y accomplit un


miracle. Dès cette époque, l'église abrite des reliques de saint MédardL 1 mais elle est
peut-être alors dédiée à l'archange Gabriel85. Des monnaies sont frappées au nom
du vicus d'Esvres durant les VI et VII sièclesZ 3.
e e

Extrait du cadastre napoléonien.

Moulins médiévaux à EsvresM 8.


Du VIII au X siècle Esvres est le chef-lieu d'une des 21 vigueries de TouraineZ 4. Le
e e

nombre et la localisation des villas qui la composent restent imprécis, et le territoire


de cette viguerie peut s'étendre soit au sud, soit de part et d'autre de l'Indre L 2.
L'abbaye Saint-Paul de Cormery, fondée à la fin du VIII siècle, s'enrichit de plusieurs
e

biens ou territoires provenant de la viguerieL 3. Les découvertes archéologiques


témoignent de la persistance de l'occupation du bourg : la présence
de sarcophages et les bas reliefs en remploi dans le chevet de l'église renforcent
l'hypothèse d'un lieu de culte du haut Moyen Âge à l'emplacement de l'édifice actuel
dont les plus anciennes structures peuvent remonter au XI ou au XII siècle86. Hormis
e e

le château et l'église, aucun vestige ne se rapporte pourtant à l'occupation


médiévale. Quelques observations de terrain confortent l'hypothèse d'une enceinte
pour interpréter l'anomalie parcellaire qui marque la morphologie du bourg ancien au
parcellaire extrêmement morcelé, encore très visible sur le cadastre
napoléonien (1832)L 4, mais elle n'est ni datée ni caractériséeZ 1. Des actes
du IX siècle mentionnent que de nouvelles terres sont devenues cultivables sur le
e

territoire d'Esvres, mais elles peuvent résulter de défrichements forestiers ou de


gains sur des parcelles inondables de la vallée de l'IndreL 5.
Selon le cartulaire de l'abbaye de Cormery, un ermite de cette abbaye nommé
Léothéric fonde vers la fin du XI siècle le prieuré Saint-Pierre de Vontes où il
e

s'établitM 9,87 sur cette terre donnée à l'abbaye par Foulques le Réchin.
De nombreux moulins sont établis sur l'Indre, mais aussi sur l'Échandon et le
ruisseau de NantillyM 10, les plus anciens, à Vontes sur l'IndreL 6, étant mentionnés dès
107088.
Une charte de l'abbaye de Cormery de 1338 permet d'imaginer un bourg groupé près
de l'église et indique la présence de vignes et chènevières sur le territoire paroissial89.
En 1358, pendant la guerre de Cent Ans, une bande armée opérant en marge des
troupes anglaises, commandée par le Français Basquin du Poncet et basée à La
Roche-Posay, commet plusieurs méfaits dans la région. Elle s'installe à l'abbaye de
Cormery, dévaste et pille le prieuré Saint-Pierre de Vontes qui dépend de ce
monastèreM 11. Elle détruit également la grange du domaine de Montchenin90.
Époque moderne[modifier | modifier le code]

Montchenin. À gauche de la route, le hameau (Saint-


Branchs). À droite, le château et ses dépendances (Esvres).
Le renouveau architectural de la Renaissance française se manifeste à Esvres où les
propriétaires de la Dorée, Vaugrignon, la Roche-Farou font reconstruire leurs
châteaux médiévauxM 12. Denis Briçonnet, premier abbé commendataire de Saint-Paul
de Cormery, fait édifier en 1521 le château de Montchenin (ou Montchenain), à la
limite d'Esvres et de Saint-BranchsM 13 — l'édifice est entièrement reconstruit en 1850
en style néo-Renaissance91.
La propriétaire de la Roche-Farou, cité en 1672, est Martin Sain. À partir de cette
date, la famille Sain de Bois-le-Comte marque durablement l'histoire d'Esvres
jusqu'au milieu du XIX siècle92.
e

En 1709, la rigueur de l'hiver occasionne un nombre de décès double d'une année


« moyenne », tant par mort directe due au froid que par la famine qui s'ensuit, en
raison de la destruction des culturesM 14. La crue de l'Indre dans la nuit du 26 au 27
novembre 1770, provoquée par de fortes pluies sur son bassin versant, cause
d'importants dégâts à Esvres. Aucune victime n'est à déplorer dans la paroisse, mais
le corps d'un habitant de Truyes y est retrouvé au niveau d'un moulin cinq mois
après. Ces catastrophes naturelles, dont les conséquences se font durement
ressentir sur la population esvrienne, attisent certainement les mécontentements à
l'approche de la RévolutionM 15. En 1781, Claude Sain de Bois-le-Comte est cité
comme seigneur de Saint-Médard d'Esvres93, un vaste domaine qui comprend une
grande partie de la commune actuelle d'Esvres au nord et à l'est de la D 94394.
De la Révolution à la fin du XIX siècle[modifier | modifier le code]
e

Le cahier de doléances rédigé par le tiers état pour les États généraux de
1789 témoigne d'un profond sentiment antireligieux dans la population puisque les
habitants réclament la « suppression des abbayes et couvents de tous ordres » ;
comme beaucoup d'autres, ce document dénonce également l'inégalité face à
l'impôtM 16. La Révolution est marquée en 1792 par le transfert symbolique de la
gestion de l'état-civil d'Esvres de la paroisse à la communeM 17. En 1793, à l'occasion
de la levée en masse, la commune d'Esvres doit fournir un contingent de 54
soldats95. Les domaines de nombreux nobles, le château, la Vilaine et la Roche-
Farou qui en dépendent, Vaugrignon et les moulins des Poulineries, Sauquet,
Vaugrenier, Bellevue sont saisis comme biens d'émigrésM 18. C'est ainsi que tous les
biens et domaines de la famille Sain de Bois-le-Comte sont saisis96 bien que certains
de ses membres n'aient pas semblé hostiles aux idées révolutionnaires97 et que le
propriétaire du château ait pu fournir un certificat de non émigration98.
En 1802, une erreur administrative dans les relevés parcellaires attribue à la
commune de Veigné un territoire dépendant d'Esvres. L'erreur n'est partiellement
réparée qu'en 1834, Esvres perdant 22 ha dans l'opération99. Alexandre-Pierre Odart,
maire de la commune en 1825, se livre sur son domaine de la Dorée à de
nombreuses expériences sur la culture de la vigne100,M 19. Les trois plébiscites
organisés par Louis-Napoléon Bonaparte, en 1851 puis en 1852 et 1870 quand il est
devenu empereur, témoignent d'une grande constance dans l'opinion des Esvriens :
pour chacun d'eux, le « oui » l'emporte avec plus de 90 %. Lors de son passage à
Tours le 15 octobre 1852, le prince-président est accueilli par des délégations
communales et celle d'Esvres brandit une bannière portant « Au Sauveur de la
France »101. Les habitants sont donc très majoritairement favorables à l'empereur
mais une opposition, même très minoritaire, existe, et elle se manifeste à chaque
scrutinM 20. Le 15 juillet 1878, le premier tronçon de la ligne de Joué-lès-Tours à
Châteauroux, allant jusqu'à Loches, est inauguré ; il comporte une gare à Esvres.
Onze ans plus tard, il est complété par une ligne du réseau des chemins de fer
départementaux du Sud de l'Indre-et-Loire qui relie Esvres au Grand PressignyM
21
mais cette seconde ligne, à voie métrique, ne survit pas au-delà de 1949M 22.
Les fours à chaux et les briqueteries, répandus en Touraine, sont peu nombreux à
Esvres où seuls deux fours sont recensés ; l'un est connu par une mention sur un
plan cadastral et l'autre n'a fonctionné que de 1868 à 1876102.
XXe et XXI siècles[modifier | modifier le code]
e

Les deux guerres mondiales[modifier | modifier le code]


Cinquante-deux Esvriens meurent au combat pendant la Première Guerre
mondiale103,M 22.
Pour tenter de freiner l'avancée allemande, le pont d'Esvres est détruit le 19 juin
1940 en fin de nuit par les troupes du GénieM 23. Après l'armistice du 22 juin 1940, 200
soldats allemands prennent leurs quartiers au château de VaugrignonM 23. Esvres se
trouve en zone occupée mais à quelques kilomètres seulement de la ligne de
démarcation. Cette situation favorise les tentatives de passages clandestins de cette
ligne. Des passeurs esvriens viennent en aide aux clandestins ; parmi eux, l'abbé
Georges Lhermitte qui est arrêté, relâché, arrêté à nouveau puis déporté
à Buchenwald où il meurt en 1944M 24. Le maire Auguste Noyant est arrêté par
la Gestapo, probablement le 9 janvier 1944 ; il est déporté au camp
de Buchenwald du 27 janvier 1944 jusqu'au 7 janvier 1945 ; il meurt le 22 janvier
1945 au cours de son transfert vers Cham104. À la mi-juillet 1944, des mouvements
de Résistance cachent dans les caves du château de Vaux des armes parachutées.
Après une dénonciation, la Gestapo procède à 26 arrestations du 30 juillet 1944 au 3
août 1944 au château, à Esvres et dans les environs ; quatre personnes sont
fusillées sur l'aérodrome de Saint-Symphorien, les autres sont déportées et dix-huit
meurent dans les camps de concentration nazis105. Parmi ces victimes figure
l'instituteur Joseph Bourreau, mort le 21 avril à Ravensbrück106. Fin août 1944, pour
couvrir leur retraite, les troupes allemandes détruisent à leur tour le pont sur l'Indre M
25
. La guerre de 1939-1945 fait au total 25 victimes dans la population communale,
six d'entre elles mourant dans les camps de concentration103.
Le développement urbain à partir des Trente Glorieuses [modifier | modifier le code]

Lotissement moderne du
Peu.
La commune se développe de manière importante à partir des années 1950,
profitant de sa proximité avec la ville de Tours et de la présence de la D 943 de part
et d'autre de laquelle se déploie la zone industrielle71. En 1981, pour faire face à la
menace de saturation de ses cimetières, tous situés au nord de la Loire, la ville de
Tours installe à Esvres, sur une surface de 33 hectares, un nouveau cimetière. Il est
doté d'un crématorium pour accompagner l'évolution des pratiques funéraires107. En
1983, le dernier moulin esvrien, sur l'Échandon, cesse de fonctionner108. La
croissance démographique s’accélère nettement entre 2010 et 2015, avec 26 %
d'habitants en plus, la troisième plus forte du département d'Indre-et-Loire sur cette
période. La municipalité encourage alors les constructions, délivrant
jusqu'à 200 permis de construire par an. En 2014, la ville décide de revenir sur cette
politique afin d'éviter « de basculer en grosse cité-dortoir, sans vie »109. Les
modifications apportées au plan local d'urbanisme en 2016CP 10 et 2018CP 11 ainsi que le
projet d'aménagement et de développement durablesCP 12 témoignent de cette
nouvelle orientation.
Politique et administration[modifier | modifier le code]

Façade de la mairie d'Esvres.


Découpage territorial[modifier | modifier le code]
Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]
Depuis le redécoupage cantonal de 2014, Esvres est l'une des 10 communes qui
composent le canton de Monts110. Elle est également rattachée à l'arrondissement de
Tours111 et à la 3e circonscription de l'Indre-et-Loire112.
Depuis le 1er janvier 2010 et la suppression du tribunal d'instance de Loches, le
tribunal d'instance de Tours est compétent pour l'ensemble du département. Toutes
les juridictions intéressant Esvres sont ainsi regroupées à Tours, à l'exception
du tribunal administratif et de la cour d'appel qui siègent à Orléans113, préfecture de la
région Centre-Val de Loire.
Intercommunalité[modifier | modifier le code]
Esvres et vingt-et-une autres communes composent la communauté de communes
Touraine Vallée de l'Indre114. Jusqu'au 31 décembre 2016, elle relevait de
la communauté de communes du Val de l'Indre. Cette situation lui confère en outre
un rattachement de fait au « Pays Indre et Cher », qui a pour mission
de « coordonner diverses missions transversales confiées par les collectivités, dans
les domaines de l’aménagement du territoire, de l’environnement, de l’économie et
du patrimoine »115.
Le « syndicat intercommunal d'énergie d'Indre-et-Loire » (SIEIL), fondé en 1937,
assure le contrôle et la coordination de l'ensemble des concessionnaires opérant en
Indre-et-Loire dans le domaine de la distribution de gaz et d'électricité ; il intervient
également sur le renforcement des réseaux de distribution d'électricité116. Pour toutes
les communes d'Indre-et-Loire, Tours exceptée, l'adhésion au service « Électricité »
du SIEIL à titre individuel est rendue obligatoire par arrêté préfectoral en date du 23
avril 2008117. Esvres a en outre choisi de bénéficier du service « Gaz » du SIEIL ; le
syndicat en organise la distribution sur le périmètre de ses communes adhérentes118.
Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]
Comme en témoignent les résultats d'élections publiés sur le site du ministère de
l'Intérieur119, l'électorat d'Esvres, lors des consultations au suffrage universel
direct qui se sont déroulées depuis 2002, a rigoureusement réparti sa préférence
entre les listes ou les candidats présentés par la gauche ou la droite, 50 % pour
chacuneNote 7.
Élection présidentielle la plus récente[modifier | modifier le code]

Article connexe : Élection présidentielle française de 2017.


En 2017, au deuxième tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron (La
République en marche), élu, a obtenu 72,78 % des voix et Marine Le Pen (FN),
27,28 %. Le taux de participation s'est élevé à 80,92 %120.
Élection municipale la plus récente[modifier | modifier le code]

Article connexe : Élections municipales de 2014 en Indre-et-Loire.


Le nombre d'habitants au recensement de 2011 étant compris entre 3 500 et 4 499,
le nombre de membres du conseil municipal pour l'élection de 2014 est de 27121.
Lors des élections municipales de 2014, les 27 conseillers municipaux ont été élus à
l'issue du second tour ; le taux de participation était de 68,86 %122. Ont obtenu :

27 sièges à
Suffrages exprimés 2 541
pourvoir

Liste Tête de liste Tendance Suffrages Pourcentage Sièges Var.


politique acquis

Esvres 2014 - Jean-


responsable et Christophe LUD 1 316 51,79 % 21 / 27
solidaire Gassot

Esvres sources Jean-Yves


LDVG 744 29,28 % 4 / 27
d'avenir Brassé

Francis
Ensemble pour Esvres LDVG 481 18,93 % 2 / 27
Cousteau

Les listes Esvres 2014 - responsable et solidaire et Esvres sources


d'avenir obtiennent respectivement trois et un sièges au conseil communautaire.
Liste des maires[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Liste des maires d'Esvres.

Liste des maires depuis la Libération123,124

Période Identité Étiquette Qualité

194 1945 Henri PerreauNote 8 cultivateur


4

194 1946 Louis VergneNote 8 cultivateur


5

194 1947 Ernest LejeauNote 8 charpentier


6

194 1965 Louis Germain cultivateur


7

196 1971 Pierre-Louis Le Gall


5
197 1977 Roger Vergne
1

197 1985 Michel Turco DVD


7

198 1995 Pierre Godel DVD


5

199 2008 Michel Turco DVD


5

200 2014 Lucie Degail DVG


8

201 En cours Jean-Christophe Gassot UMP-LR Entrepreneur en bâtiment


4

Politique de développement durable[modifier | modifier le code]


En septembre 2018, la commune présente un projet d'aménagement et de
développement durables. Ce document fixe comme objectifs la préservation et la
valorisation du cadre de vie, l'amélioration de l'accès aux services pour l'ensemble
de la population, notamment en facilitant les déplacements en « modes doux », le
renforcement du développement économique et la maîtrise d'une croissance urbaine
qui doit privilégier le centre-bourgCP 12.
Déchets ménagers[modifier | modifier le code]
Les habitants d'Esvres ont accès à une déchèterie installée sur le territoire
communal125. La communauté de communes organise la collecte en porte-à-porte
des déchets ménagers et recyclables.
Eau potable et assainissement[modifier | modifier le code]
Cette compétence est du ressort de la communauté de communes ; elle en délègue
la gestion à Veolia pour la période 2017-2021.
L'eau potable provient de quatre forages regroupés sur deux sites et situés à Esvres.
Trois de ces forages puisent dans les ressources hydrologiques du calcaire lacustre ;
le dernier, plus profond, exploite la nappe profonde des sables du Cénomanien126.
Deux équipements de stockage d'une capacité totale de 1 600 m3 complètent ce
dispositifCP 13.
L'assainissement des eaux usées se fait grâce à quatre stations d'épuration (trois
fonctionnant avec des filtres à sable, la quatrième par boues activées) d'un capacité
totale 3 730 EH (équivalent-habitant) qui traitent les effluents d'Esvres avec rejet
des eaux épurées dans l'Indre127. En 2005, 1 028 foyers soit environ 2 570 habitants
sont raccordés à ce dispositif. Les autres bénéficient de structures individuelles ou,
dans la mesure du possible, d'installations collectives de petite dimensionCP 14.
Fleurissement et aménagement paysager[modifier | modifier le code]
Dans son palmarès 2018, le Conseil national des villes et villages fleuris de France
attribue deux fleurs à la commune au concours des villes et villages fleuris128,129.
Finances locales[modifier | modifier le code]
Le tableau ci-dessous présente l'évolution de la capacité d'autofinancement, un des
indicateurs des finances locales d'Esvres, sur une période de dix ans130 :

Capacité d'autofinancement (CAF) à Esvres de 2008 à 2017


Résultats exprimés en €/habitant.
Strate : communes de 3 500 à 5 000 habitants appartenant à un groupement fiscalisé de 2008 à 2014, communes
de 5 000 à 10 000 habitants appartenant à un groupement fiscalisé de 2015 à 2017.

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017

Esvres 228 169 188 162 162 159 121 28 189 156

Moyenne de la
152 155 166 181 181 177 165 171 179 179
strate

■ CAF d'Esvres ■ CAF moyenne de la strate

Depuis 2008, la capacité d'autofinancement de la communeNote 9, toujours positive,


évolue aux alentours de la moyenne de la strate avec deux exceptions, en 2008 où
elle est très supérieure et 2015 où elle est très inférieureNote 7. Le fonds de roulementNote
10
, positif, évolue autour de la moyenne de la strate de 2008 à 2013 alors qu'il est
régulièrement supérieur de 2014 à 2017. Le résultat comptableNote 11, toujours positif
sauf en 2015 où il est légèrement négatif, se démarque peu de celui de la moyenne
de la strate130,Note 7.
Jumelages[modifier | modifier le code]
Au 1er janvier 2016, Esvres est jumelée avec :

 Riesbürg (Allemagne) depuis 1973 ;


 Casaleone (Italie) depuis 2004.
Le partenariat noué en 2006 avec la ville camerounaise de Messaména est
suspendu en 2017 faute de contacts réguliers133.
Population et société[modifier | modifier le code]
Démographie[modifier | modifier le code]
Les habitants d'Esvres se nomment les « Esvriens »63.
Évolution démographique[modifier | modifier le code]
Les registres paroissiaux sont disponibles à partir de 1574 pour ce qui concerne les
baptêmes. En 1691, la population de la paroisse atteint un maximum de 432 feux ;
elle diminue progressivement jusqu'en 1789, dernière année où ce mode de
recensement familial est en vigueur99.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la
population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins
de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est
réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant
quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation134. Pour la commune, le
premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été
réalisé en 2005135.
En 2021, la commune comptait 6 208 habitantsNote 12, en augmentation de 8,87 % par
rapport à 2015 (Indre-et-Loire : +1,19 %, France hors Mayotte : +1,84 %).
Évolution de la population [ modifier ]

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851


1 588 1 588 1 779 1 751 1 739 1 801 1 820 1 818 1 833

on de la population [ modifier ], suite (1)

1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896

1 859 1 871 1 813 1 776 1 867 1 808 1 862 1 770 1 802

on de la population [ modifier ], suite (2)

1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954

1 765 1 681 1 637 1 625 1 543 1 661 1 681 1 765 1 955

on de la population [ modifier ], suite (3)

1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010

2 081 2 473 3 050 4 160 4 234 4 278 4 403 4 411 4 523

on de la population [ modifier ], suite (4)


2015 2020 2021 - - - - - -

5 702 6 161 6 208 - - - - - -


De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population
municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999136 puis Insee à partir de 2006137.)
Histogramme de l'évolution démographique

Soldes de variation annuelle de la population d'Esvres


exprimés en pourcentagesI 5,Note 13.

1968 - 1975 1975 - 1982 1982 - 1990 1990 - 1999 1999 - 2010 201

Taux de variation annuel de la population + 3,1 % + 4,5 % + 0,2 % + 0,1 % + 0,5 %

Solde naturel + 0,5 % + 0,6 % + 0,4 % + 0,5 % + 0,4 % +

Solde migratoire + 2,6 % + 3,9 % - 0,2 % - 0,3 % + 0,1 % +

Depuis le Révolution française et l'instauration d'un recensement individuel, la


population communale n'a pas connu de baisse importante ou brutale. À compter de
la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre d'habitants ne cesse de s'accroître
dans la commune. Depuis les années 1960, époque à partir de laquelle des données
plus détaillées sont disponibles, l'augmentation de la population esvrienne s'opère
par paliers, au gré de l'évolution du solde migratoire. L'accroissement
démographique communal est fort de 1968 à 1982, très faible de 1982 à 2010, puis à
nouveau important depuis 2010Note 7.
Pyramides des âges[modifier | modifier le code]
La population de la commune est relativement jeune. En 2018, le taux de personnes
d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 33,6 %, soit en dessous de la moyenne
départementale (34,9 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60
ans est de 25,0 % la même année, alors qu'il est de 27,8 % au niveau
départemental.
En 2018, la commune comptait 2 935 hommes pour 3 122 femmes, soit un taux de
51,54 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (51,91 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage138
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 90 ou + 0,9
6,4 75-89 ans 7,1
17,7 60-74 ans 17,5
21,1 45-59 ans 20,4
20,4 30-44 ans 20,9
13,1 15-29 ans 12,8
21,0 0-14 ans 20,4
Pyramide des âges du département d'Indre-et-Loire en 2020 en pourcentage139
Hommes Classe d’âge Femmes
0,9 90 ou + 2,2
7,7 75-89 ans 10,1
17,1 60-74 ans 17,9
20 45-59 ans 19,3
18 30-44 ans 17,3
18,4 15-29 ans 17,4
17,9 0-14 ans 15,7

Petite enfance, enseignement et jeunesse[modifier | modifier le code]

Collège Georges-Brassens.
La commune propose les services d'une crèche et d'un accueil de loisirs sans
hébergementC 1. En outre, 57 assistantes maternelles sont installées sur la
commune140.
Esvres accueille trois écoles primaires. Deux sont publiques, l'école maternelle « Les
Sources » (198 élèves à la rentrée 2018) et l'école élémentaire « Joseph-Bourreau »
(382 élèves) ; l'école primaire « Sainte-Thérèse », regroupant maternelle et
élémentaire, relève de l'enseignement privé (174 élèves)141. Le collège « Georges-
Brassens » accueille les enfants de la sixième à la troisième142. La carte scolaire
prévoit qu'Esvres se trouve dans la zone de recrutement du lycée Grandmont de
Tours143. Un service de transport scolaire est mis en place par la communauté de
communes144.
Santé, sécurité et services d'urgence[modifier | modifier le code]
Esvres est une commune dotée de nombreux professionnels de santé dont
des médecins généralistes ou spécialistes et deux pharmaciesC 2. L'hôpital le plus
proche est le centre hospitalier régional universitaire de Tours, à Chambray-lès-
Tours, à environ un quart d'heure de trajet automobile d'Esvres145.
La brigade de gendarmerie la plus proche d'Esvres est celle de Cormery146.
Cormery, Courçay, Esvres et Truyes ont mutualisé leurs ressources pour construire
en 2013 sur cette dernière commune un centre de secours intercommunal
des sapeurs pompiers147.
Sport et culture[modifier | modifier le code]
Équipements collectifs[modifier | modifier le code]

Salle des fêtes Pierre-Louis-Le-Gall.


Esvres dispose de plusieurs équipements sportifs : aires multisports, courts de
tennis, piscine découverte, dojo, gymnase, salle de danse, stades de football et de
rugbyC 3.
La commune propose également une salle polyvalente et une médiathèque
intercommunale regroupées avec d'autres équipements collectifs au sud de la
mairieCP 15 — la médiathèque fait partie du réseau des bibliothèques gérées par
le conseil départemental d'Indre-et-Loire148 —, une maison des jeunes, une salle de
musique et plusieurs salles de réunion de quartierC 4.
Vie associative[modifier | modifier le code]
Le site internet de la commune recense 48 associations ayant leur siège à Esvres et
intervenant dans le domaine du sport (19 d'entre elles), de la culture ou des loisirs
(20) ou de l'action sociale (9)C 5.
Manifestations sportives et culturelles[modifier | modifier le code]
Depuis plus de quinze ans, les Foulées du noble-joué sont un trail parcourant, au
mois de juin, le vignoble de l'appellation, au départ et à l'arrivée d'Esvres149.
Un marché de Noël150 et un forum des associations sont également organisésC 6.
Médias et numérique[modifier | modifier le code]
Le quotidien régional La Nouvelle République du Centre-Ouest consacre quelques
pages de son édition Indre-et-Loire, Touraine Est, à l’actualité du canton de Monts.
La commune d'Esvres édite un bulletin municipal annuel. La chaîne de télévision TV
Tours Val de Loire et la station de radio France Bleu Touraine relaient les
informations locales.
La commune ne possède pas en 2017 de réseau à haut débit par fibre optique151.
Culte catholique[modifier | modifier le code]
Le territoire de la commune dépend de la paroisse Saint-Brice au sein
du doyenné de Loches lui-même partie de l'archidiocèse de Tours, au même titre
que six autres doyennés152. L'église Saint-Médard accueille, en alternance avec
d'autres églises de la paroisse, des offices dominicaux153.
Économie[modifier | modifier le code]
Revenus et fiscalité[modifier | modifier le code]
En 2015, le revenu fiscal médian par ménage est de 38 864 €, alors que la moyenne
départementale s'établit à 32 011 € et que celle de la France métropolitaine est de
32 409 €I 6. En 2014, le revenu disponible par ménage était de 22 807 € dans la
communeI 7 contre une moyenne de 20 710 € au niveau départementalI 8. Le taux de
pauvreté est de 6,5 % des ménages fiscaux à EsvresI 9 alors qu'il s'établit à 12,5 %
au niveau départementalI 10.
Emploi[modifier | modifier le code]
Les deux tableaux ci-dessous présentent les chiffres-clés de l'emploi à Esvres et leur
évolution de 2010 à 2015I 11,I 12 :

Structure de la population active de Esvres (37)


en 2010 et 2015.

Esvres 2010 Esvres 2015 Évolution

Population de 15 à 64 ans 2 999 3 575 + 19,2 %

Actifs (en %) 72,8 78,5 + 7,8 %

dont :

Actifs ayant un emploi


68,3 72,0 + 5,4 %
(en %)

Chômeurs (en %) 4,5 6,5 + 42,2 %

Évolution de l'emploi à Esvres (37) en 2010 et 2015.

Esvres 2010 Esvres 2015 Évolution

Nombre d'emplois dans la zone 2 063 2 326 + 12,7 %


Indicateur de concentration d'emploi 100,3 89,3 - 11,0 %

De 2010 à 2015, la physionomie de l'emploi à Esvres s'est profondément modifiée.


La population active progresse, son taux d'emploi s'améliore. Les emplois proposés
sur la commune sont plus nombreux, mais cette dernière progression, un peu moins
rapide que celle de la population active, induit une légère diminution de l'indicateur
de concentration d'emploi. Toutefois, le taux de chômage, selon les critères définis
lors du recensement, a augmenté de près de 50 % et touche principalement les
jeunes de 15 à 24 ansI 12. Sur les 2 603 Esvriens pourvus d'un emploi, seuls 607
travaillent dans la commune elle-mêmeI 13,Note 7. À la fin des années 1990, la ville de
Tours est le lieu de travail de plus de 22 % des actifs esvriens ; à l'inverse, près de
9 % des personnes travaillant à Esvres viennent de ToursCP 16.
Tissu économique[modifier | modifier le code]
Le tableau ci-dessous détaille le nombre d'entreprises implantées à Esvres selon leur
secteur d'activité et le nombre de leurs salariésI 14 :

Établissements actifs par secteur d'activité au 31 décembre 2015.

1à9
0 10 à 19 20 à 49 50 salariés
Total % salarié
salarié salariés salariés ou plus
s

100,
Ensemble 477 325 120 14 14 4
0

Agriculture, sylviculture et pêche 27 5,7 19 8 0 0 0

Industrie 32 6,7 12 16 1 2 1

Construction 70 14,7 38 26 2 3 1

Commerce, transports, services


290 60,8 211 66 8 4 1
divers

dont commerce et réparation automobile 86 18,0 56 25 4 1 0

Administration publique,
enseignement, santé, action 58 12,2 45 4 3 5 1
sociale
Champ : ensemble des activités.

En 2016, 42 entreprises nouvelles sont créées, dont plus de la moitié sont


consacrées aux services aux entreprises ou aux particuliersI 15.
Agriculture[modifier | modifier le code]
Le tableau ci-dessous présente les principales caractéristiques des exploitations
agricoles d'Esvres, observées sur une période de 22 ans154 :

Évolution de l'agriculture à Esvres (37) entre 1988 et 2010.

1988 2000 2010

Nombre d’exploitations 50 25 22

Équivalent unité de travail annuel 70 39 37

1 56
Surface agricole utile (SAU) (ha) 1 412 1 769
6

1 06
Cheptel (nombre de têtes) 969 613
9

1 46
Terres labourables (ha) 1 326 1 631
0

Cultures permanentes (ha) 30 36 39

Surfaces toujours en herbe (ha) 73 42 93

Superficie moyenne d’une exploitation


31,3 56,5 80,4
(ha)

L'évolution de l'agriculture esvrienne depuis 1988 est marquée par la diminution du


nombre d'exploitations, compensée par l'augmentation de superficie de celle qui
subsistent, puisque la surface agricole utile n'a pas tendance à diminuer, au
contraire. Les cultures permanentes, qui gagnent un peu de terrain, sont
essentiellement constitués par des vignes de l'appellation touraine-noble-joué,
d'implantation assez récente sur le territoire communal4. La vigne couvre environ 40
ha dans le secteur du château de la Dorée, loin des 300 ha qu'elle occupait au début
du XIX siècle et jusqu'à l'invasion du Phylloxéra dans les années 1880155 ; elle
e

concerne toutefois dix des vingt-trois exploitations agricoles communalesCP 17.


L'agriculture communale reste majoritairement tournée vers la polyculture et
l'élevageNote 7.
Industrie, artisanat et services[modifier | modifier le code]
Installé au château de la Dorée, le site d'AG2R La Mondiale emploie en 2016 près
de 550 salariés ; c'est le troisième plus important site du groupe en France156 et le
premier employeur de la commune devant un site du groupe Eiffage situé en bordure
de la D 943 (101 salariés au 31 décembre 2015)I 16. C'est près de cette dernière
entreprise qu'est installée depuis 1976 la communauté Emmaüs d'Indre-et-Loire157.
La commune elle-même est un important employeur (91 salariés au 31 décembre
2018)158,I 16.
La taille de la commune permet le maintien d'un nombre important de commerces
locaux variés, permettant de répondre sur place aux besoins des habitantsC 7. Un
supermarché est implanté dans le bourg, deux autres dans la zone industrielle en
bordure de la D 943. Un marché hebdomadaire est organisé dans le bourgC 8.
Tourisme[modifier | modifier le code]
Esvres ne compte ni hôtel ni camping, ni établissements dédiés à l'hébergement
collectifI 17. Des possibilités d'hébergement touristique sont toutefois proposées par le
biais de plusieurs gîtes ruraux et chambres d'hôtesC 9.
Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]
Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Carte simplifiée du patrimoine d'Esvres.


Les emplacements des lieux et monuments cités dans cette section sont reportés sur
la « carte simplifiée du patrimoine d'Esvres ».
Édifices religieux[modifier | modifier le code]
Du prieuré Saint-Pierre de Vontes, (I) construit à partir du XI siècle et rattaché à
e

l'abbaye Saint-Paul de Cormery, subsistent la porte fortifiée et la chapelle inscrite au


titre des monuments historiques en 2001159. Des travaux de restauration conduits
dans les années 2000 révèlent la présence de peintures murales du XII au XV siècle,
e e

remises en état à cette occasion ; l'une d'elles représente certainement saint Éloi160.
L'église dédiée à saint Médard (II) remplace très certainement un édifice plus ancien,
dont la partie septentrionale de la façade garde la trace. Cette façade, dans sa partie
méridionale cette fois, réutilise des fragments de sarcophages médiévaux. Dans les
années 2000, elle fait l'objet, par tranches successives, de la restauration de la
presque totalité de ses maçonneries161. Trois bas-reliefs attribués
aux XII et XIII siècles, enchâssés dans le pignon oriental de nef au-dessus de
e e

l'abside, sont répertoriés depuis 1907 comme objets classés dans la base Palissy. Ils
représentent le Christ en gloire, le Christ bénissant deux apôtres ainsi qu'un
animal162.

Porte du prieuré Saint-Pierre de Vontes

Bas-reliefs de l'église Saint-Médard.

Cuve de sarcophage (flèche jaune) en remploi dans l'église.


Châteaux et manoirs[modifier | modifier le code]
Le château d'Esvres (1) est construit du XIII au XVIII siècle. Il est le siège de la
e e

seigneurie d'Esvres depuis au moins le XVIII siècle. Il est partiellement inscrit comme
e

monument historique en 1963163 mais, au XXI siècle, les bâtiments sont partagés
e

entre plusieurs propriétaires.


Le domaine agricole appelé Mons Caninus, plus tard Montchenin (2), est cédé par le
seigneur de Nouâtre à l'abbaye de Cormery au terme de négociations débutées
sous Foulques Nerra et conclues sous Foulques le Réchin, près de 80 ans plus
tard164,165. Pendant la guerre de Cent Ans, les moines de Cormery, qui doivent verser
une forte rançon aux Anglais en échange de leur liberté, ne peuvent entretenir
Montchenin qui est laissé à l'abandon. Le domaine est à nouveau entretenu sous
l'abbatiat de Jean du Puy mais c'est Denis Briçonnet, premier abbé commendataire
de Saint-Paul de Cormery, qui reconstruit le château sur ses fonds propres166. La
même famille en est propriétaire jusqu'à la Révolution167. Vendu comme bien national,
il est détruit puis reconstruit vers 1850 mais la grange dîmière est sauvegardée168.
Le logis seigneurial de la Roche-Farou (3), dont les plus anciens éléments datent
du XVI siècle, est remanié par ses propriétaires successifs, dont la famille Sain de
e

Bois-le-Comte, qui possède le domaine de la fin du XVII au début du XIX siècle. Une
e e

chapelle169, une fuie cylindrique tronquée à la RévolutionM 26,Note 14 et une tour d’escalier
carrée sont les éléments les plus remarquables de son architecture170.
Proche de la Roche-Farou, les bâtiments du manoir de la Baudellière (4) sont
certainement plus anciens que la date de 1668 gravée sur un des murs ne le laisse
penser, puisque le fief est déjà mentionné en 1639. Le corps de bâtiment principal
s'accompagne d'une tour d'escalier carrée. La Baudellière est, au début
du XVIII siècle, une autre propriété de la famille Sain de Bois-le-Comte171.
e

Le château de la Dorée (5), construit et remanié par étapes du XVI au XVIII siècle, est
e e

plus remarquable par ses propriétaires que par son architecture : il a appartenu à la
famille de Lucien Bonaparte avant d'être la propriété du comte Odart, agronome et
maire d'Esvres au XIX siècle172. En 1910-1911 le banquier Xavier Rousseau loue le
e

château pour y séjourner avec son amante Mata Hari38.


Au sud du territoire communal, les bâtiments de ferme de la Brosse (6), datant peut-
être du début du XVII siècle, sont organisés autour d'une cour fermée. Dans le
e

courant du XVII siècle, il s'agit probablement d'une métairie du couvent


e

des minimes qui existe alors au château de Plessis-lèz-Tours, ce qui vaut à la


Brosse d'être saisie et vendue comme bien national à la Révolution173.
Le château de Vaugrignon (7) est construit au XV siècle. Dans le dernier quart
e

du XIX siècle, ses propriétaires le restaurent, notamment en plaquant sur l'ancienne


e

une nouvelle façade néo-gothique. Deux tourelles prenaient place aux extrémités du
corps de logis principal. L'une est arasée au niveau du sol, l'autre, couverte d'une
toiture conique, est aménagée en oratoire174. Côté est, une aile en retour est couverte
en terrasse169.
Le fief de la Vilaine est mentionné dès 1260 mais son château (8) est entièrement
reconstruit au XIX siècle175.
e

Tour d'angle sud-est de l’enceinte du château.


Porte de l'enceinte du château.

Porte fortifiée du château de Montchenin.

Logis seigneurial de la Roche-Farou.

Château de la Dorée.

Château de la Vilaine.
Aménagements remarquables[modifier | modifier le code]
Les moulins de Vontes (A), sur l'Indre, existent depuis au moins 1070, date à
laquelle deux roues sont mentionnées. Un troisième mécanisme est construit au
début du XIX siècle. Vendus à des propriétaires différents en 1813, ils cessent leur
e

activité entre la fin des années 1910 et 196488.


Le pont Girault (B) sur l'Échandon, propriété commune d'Esvres et de Saint-Branchs,
date du XIII ou du XV siècle mais il est parfois faussement appelé pont « gallo-
e e

romain »38. La tradition veut que Jeanne d'Arc l'ait emprunté sur son trajet
de Domrémy à Chinon en 1429176. Cette tradition n'est cependant pas vérifiable,
l'itinéraire précis de Jeanne d'Arc entre Gien et Sainte-Catherine-de-Fierbois où elle
arrive le 5 mars 1429177, étapes attestées sur le chemin de Chinon, n'est pas
connu178,M 27. Ce pont piétonnier construit en moellons de calcaire lacustre — les
véhicules empruntent un gué en aval immédiat — sur la route médiévale d'Amboise
à Poitiers aurait été construit pour faciliter la traversée de l'Échandon par les pèlerins
tourangeaux se rendant à Sainte-Catherine-de-Fierbois puis, de là, à Saint-Jacques-
de-Compostelle179.
À la fin du XIX siècle ou au début du XX siècle le château de Vilaine disposait
e e

d'une éolienne Bollée (C) actionnant une pompe l'alimentant en eau. Trop
endommagée, elle est démontée et remplacée par une autre, restaurée au début
du XXI siècle180.
e

Le lavoir dit « de la rue de Tours » (D) date du XIX siècle. Il est immédiatement
e

longé, à l'ouest, par l'ancien chemin de Tours qui passe en contrebas de la route
moderneC 10.
Un four à chaux, au lieu-dit « le Fourneau » (E), est construit en 1877 mais son
activité semble cesser dès 1891. Construit en moellons avec un chaînage de pierre
de taille, il se compose de deux cuves accolées. Sur la terrasse surmontant les fours
une salle à manger est bâtie en 1987181.


Moulins de Vontes.

Pont Girault.

Éolienne Bollée du château de la Vilaine.

Lavoir de la rue de Tours.


Patrimoine gastronomique[modifier | modifier le code]

Vignoble de touraine-noble-joué à Esvres.


La commune est située dans les aires d'appellation d'origine contrôlée du touraine-
noble-joué, de dix autres vins ainsi que du fromage sainte-maure-de-touraine. Bœufs
du Maine, rillettes de Tours et 120 types de vins peuvent prétendre à une indication
géographique protégée s'ils sont produits sur le territoire communal182.
Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Stèle à la mémoire de Noël Carlotti.


Mata Hari.
Alexandre-Pierre Odart (1778-1866), polytechnicien, ampélographe, est maire de la
commune de 1818 à 1826. Une rue d'Esvres porte son nom.
Mata Hari (1876-1917), danseuse et courtisane, séjourne en 1910-1911 au Château
de la Dorée, loué à la Comtesse de La Taille-Trétinville par son amant le banquier
Xavier Rousseau.
Auguste Noyant (1877-1945) est maire d'Esvres de 1929 à 1944. Résistant, il meurt
en déportation104. Une place d'Esvres à son nom rappelle sa mémoire.
Georges Lhermitte (1884-1944) est curé d'Esvres de 1934 à 1944; résistant, il meurt
en déportation à BuchenwaldM 24. La place d'Esvres qui se trouve au chevet de l'église
porte son nom.
Noël Carlotti (1900 à Pietroso-1966 à Tours), résistant, est curé de la commune de
1945 à 1966. Déporté, il devient l'aumônier « officieux »Note 15 du camp de
concentration de Watenstedt (de) (satellite de Neuengamme). Il est président
national de la Fédération des amicales de réseaux « Renseignement et évasion »,
Commandeur de la Légion d'honneur (décret du 26 juillet 1957183) et titulaire de
la médaille de la Résistance française184. Une stèle à l'entrée de l'église Saint-Médard
et une rue à son nom célèbrent sa mémoire.
Joseph Bourreau (1910-1944) est instituteur à Esvres. Résistant, il est arrêté le 3
août 1944 et déporté. Il meurt à Ravensbrück le 21 avril 1945106. Une place et l'école
élémentaire de la ville portent son nom.
Héraldique[modifier | modifier le code]
Article connexe : armorial des communes d'Indre-et-Loire.
Les armes d'Esvres se blasonnent ainsi :
D'or à une roue dentée de sable encerclée de deux tiges de blé de sinople, à trois tours
couvertes de gueules, soutenues d'une grappe de raisin fruitée du même, tigée et
feuillée aussi de sinople, brochant sur le toutC 11.
Le blason symbolise la double vocation agricole (tiges de blé et grappe de raisin) et
industrielle (roue dentée) de la commune, ainsi que son château (trois tours)C 11.

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