CORRIGÉ DU DM 1
S. BOUCKSOM
Exercice 1
1) L’ensemble en question n’est pas dénombrable. Pour le montrer, on peut raisonner par
l’absurde et utliliser l’argument de Cantor. On peut alors décrire cet ensemble comme
(xn )n∈N , une suite indexée par N, dont chaque élément xn est une suite à coefficients
(i) (i)
dans Z. i.e. xn := (xn )i∈N , avec xn ∈ Z. On construit y := (y (i) )i∈N qui n’est pas dans
(i) (i)
la liste ci-dessus en chaoisissant y 6= xi , pour tout i ∈ N.
2) L’ensemble des suites en question est dénombrable. En effet, une telle suite est uni-
quement déterminée par la donnée des coefficients a1 , . . . , ap et des conditions initiales
u0 , u1 , . . . , up−1 . L’ensemble des suites considérées est donc en bijection avec Z2p , qui est
bien dénombrable.
Exercice 2
1) Plus généralement, montrons que tout sous-espace vectoriel de dimension finie V d’un
espace vectoriel normé E est nécessairement fermé dans E. En effet, V est complet pour
la norme induite, par équivalence des normes. Si (xk )k ≥0 une suite de V qui converge
dans E, alors (xk )k ≥0 est de Cauchy dans E, donc aussi dans V pour la norme induite.
Par complétude de V (xk )k ≥0 converge vers un x ∈ V , ce qui montre que la limite de
(xk )k ≥0 dans E appartient bien à V , par unicité de la limite.
Montrons maintenant que le seul sous-espace vectoriel d’intérieur non-vide V d’un es-
pace vectoriel normé E est E lui-même. En effet, si V est d’intérieur non-vide, il contient
nécessairement une boule ouverte B de E, qu’on peut supposer centrée en 0 par invariance
de V par translation. Pour tout x ∈ E on peut alors trouver t > 0 tel que tx ∈ B ⊂ V ,
ce qui implique que x = t−1 tv est aussi dans V . On a donc bien montré que V = E.
2) Plus généralement, montrons qu’aucun espace de Banach E ne peut s’écrire comme
réunion dénombrable de sous-espaces vectoriels fermés stricts En , n ∈ N. En effet,
S chaque
En est nécessairement d’intérieur vide dans E par ce qui S précède, donc n En l’est
également par le théorème de Baire, ce qui implique E 6= n En .
Exercice 3
Si on choisit n’importe quel ensemble dénombrable dense D de R (par exempleS Q), alors
R−D est d’intérieur vide, et ne saurait être de mesure nulle puisqu’on a R = D (R−D)
avec D négligeable.
1
2 S. BOUCKSOM
Exercice 4
1) Posons pour chaque N ∈ N
X X
gN (x) := |f (x + nT )| et g∞ (x) := |f (x + nT )|.
|n|≤N n∈Z
Chaque gN est alors mesurable comme somme finie de translatées de fonctions mesu-
rables, et g∞ est donc elle aussi mesurable comme limite simple de fonctions mesurables.
Il est en outre clair que g∞ est T -périodique.
Par ailleurs, un changement de variable évident montre que
Z T Z (N +1)T
gN dx = |f |dx,
0 −N T
d’où Z T Z
g∞ dx = |f |dx,
0 R
par le théorème de convergence monotone. Il en résulte que g∞ < +∞ p.p. sur [0, T ],
donc p.p. sur R par T -périodicité de g∞ . Ceci établit donc que la série définissant fT
converge absolument presque partout.
2) Comme les sommes partielles de fT sont toutes dominées par g∞ , le théorème de
Z T Z
convergence dominée montre comme ci-dessus que fT dx = f dx.
0 R
Exercice 5
1) Puisque A est de mesure finie, les fonctions caractéristiques de A et de −A sont
intégrables et 1A ? 1−A est bien définie.. On vérifie que leur convolée est continue en
utilisant l’inégalité
Z
0
|1A ? 1−A (x ) − 1A ? 1−A (x)| ≤ |1A (x0 −y)−1A (x−y)| dy = k 1A (x0 −x−·)−1A (·)kL1
RN
et la continuité des translations dans L1 (c.f. Corollaire 6.3.5 du cours).
2) Le théorème de Tonelli implique facilement que
Z Z Z
1A ? 1−A dx = 1A dx 1−A dx = |A| · | − A| = |A|2 .
RN RN RN
On a aussi Z
1A ? 1−A (0) = 1A (y) 1−A (−y)dy = |A|
RN
par définition de la convolée.
3) Plus généralement, on voit que
Z
1A ? 1−A (x) = 1A (y)1−A (x − y)dy = |A ∩ (x + A)|
RN
Remarquons maintenant que x ∈ A − A si et seulement si A ∩ (x + A) est non-vide.
Comme 1A ? 1−A est continue et > 0 en 0, il existe un voisinage U de 0 tel que 1A ? 1−A
soit > 0 sur U . Il s’ensuit que U est contenu dans A − A, qui est donc en particulier
d’intérieur non vide.
CORRIGÉ DU DM 1 3
Exercice 7
Montrons d’abord que f 0 est bien mesurable. Pour chaque m ∈ N la fonction
fn (x) := n f (x + n1 ) − f (x)
est en effet bien définie et continue sur
1
Im := [a, b − m]
pour tout n ≥ m (où l’on suppose aussi que m > (b − a)−1 , afin que Im soit non-vide). La
restriction de f 0 à Im est limite simple de la suite (fn ), donc est mesurable. Comme [a, b]
s’écrit comme la réunion dénombrable des intervalles Im il s’ensuite que f 0 est mesurable
sur [a, b].
On aSpar ailleurs |fn | ≤ M sur Im pour tous n ≥ m, donc aussi |f 0 | ≤ M sur
[a, b] = m Im . On en déduit que f 0 est bien intégrable sur [a, b], et que
Z b− 1 Z b− 1
m m
0
f dx = lim fn dx,
a n→∞ a
par le théorème de convergence dominéee. Mais
Z b− 1 Z b− 1 Z b− 1 + 1 Z 1
a+ n Z 1 1
b− m + n
m m m n
fn dx = n f dx − f dx = n f dx − f dx .
1 1
a a a+ n a b− m
Comme f est continue on vérifie facilement que
Z a+ 1 Z 1 1
b− m + n
n
1
lim n f dx = f (a) et lim n f dx = f (b − m ),
n→∞ n→∞ 1
a b− m
et on obtient donc
1
Z b− m
f (b − 1
m) − f (a) = f 0 dx.
a
Lorsque m → ∞ le membre de gauche converge vers f (b) − f (a) par continuité de f , et
Z b
le membre de droite converge vers f 0 dx par convergence dominée, et on en déduit le
a
résultat désiré.
Exercice 8
1) Comme les images réciproques commutent aux réunions on a
[ [
S −n (U0 ) = S −n S −k (E) = S −k−n (E) = Un .
k≥0 k≥0
2) et 3) Comme on le voit aisément, l’ensemble S des x ∈ Ω tel que S n (x) ∈ E pour un
infinité d’indices n s’écrit \
S= Un .
n≥0
On cherche à démontrer que E − S est négligeable. Comme Un+1 ⊂ Un , Ω peut s’écrire
comme la réunion disjointe de S et des ensembles An := Un − Un+1 . On a de plus
|An | = |Un | − |Un+1 | = |U0 | − |U0 | = 0
S
d’après la question 1), et il s’ensuit que E − S = n≥0 E ∩ An est bien négligeable.