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Cours Droit Droit Du Marketing

Ce document traite des règles régissant la concurrence, la distribution et la consommation au Burkina Faso. Il présente les règles relatives aux rapports entre entreprises, notamment l'interdiction des pratiques anticoncurrentielles comme les ententes, et la protection des consommateurs.

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Cours Droit Droit Du Marketing

Ce document traite des règles régissant la concurrence, la distribution et la consommation au Burkina Faso. Il présente les règles relatives aux rapports entre entreprises, notamment l'interdiction des pratiques anticoncurrentielles comme les ententes, et la protection des consommateurs.

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DROIT DU MARKETING

Assistant : M. Annicet Kouka SAWADOGO

Doctorant en Droit public à l’Université Thomas Sankara

1
Introduction Générale
Le défi d’une économie forte et prospère, crédo de l’ensemble des Etats aujourd’hui,
passe obligatoirement par une règlementation des comportements concurrentiels et de
consommation, afin d’éviter les abus. L’Etat se trouve obligé de s’immiscer dans la sphère
économique privée (les affaires privées), afin de garantir une saine concurrence, levier du
développement durable.

Ainsi, au Burkina Faso, le droit de la concurrence et de la consommation est régi par la


loi N°016-2017/AN du 27 avril 2017 portant organisation de la concurrence au Burkina
Faso1, le décret N°2019-0057/PRES/PM/MCIA/MINEFID/MJDHPC/MDNAC/MS du 24
janvier 2019 fixant les modalités d’application des clauses d’exclusivité ou de non
concurrence, des prix imposés, de la facturation, de l’information du consommateur, du
refus de vente, de la déclaration du lieu de stockage complétée par le droit communautaire
de l’UEMOA, notamment le Traité constitutif de l’organisation en ses articles 4, 6, 16, 20, 23,
24, 26, 42 à 46, 76, 88, 89, 101 et 102 ainsi que les règlements et directives suivants :

- Règlement n°2/2002/CM/UEMOA du 23 /05/ 2002 relatif aux pratiques anticoncurrentielles


à l'intérieur de l'union économique et monétaire ouest africaine
- Règlement n°3/2002/CM/UEMOA/du 23/05/2002 relatif aux procédures applicables aux
ententes et abus de position dominante à l'intérieur de l'union économique et monétaire ouest
africaine
- Règlement n°4/2002/CM/UEMOA du 23/05/2002 relatif aux aides d’Etat à l’intérieur de
l’union économique et monétaire ouest africaine et aux modalités d’application de l’article
88 (c) du traité
- La Directive n° 01 / 2002 / CM / UEMOA du 23/ 05/2002 relative à la transparence des
relations financières d’une part entre les Etats membres et les entreprises publiques et
d’autre part entre les Etats membres et les organisations internationales
- La Directive n° 02/2002/CM/UEMOA du 23/05/2002 relative à la coopération entre la
commission et les structures nationales de concurrence des Etats membres pour l’application
des articles 88, 89 et 90 du traité de l’UEMOA.
La loi N°016-2017 postule en son article 2 que :

1
Cette loi a remplacé la loi N°15-94/ADP

2
« La présente loi vise à :
- Prévenir toute pratique anticoncurrentielle ;
- Enrayer les pratiques restrictives de la concurrence et les pratiques illicites des
prix ;
- Assurer la transparence du marché et une concurrence saine et loyale ;
- Contribuer à l’amélioration de la compétitivité des activités économiques et
financières ;
- Contribuer au bien-être des consommateurs ;
- Promouvoir l’emploi et l’innovation ».
On comprend, au travers de la lettre de cette disposition, que l’objectif de la loi n’est pas de
défendre un acteur de la chaîne économique au détriment d’un autre mais plutôt de les
protéger dans leur globalité. Aussi bien les professionnels que les consommateurs et même
l’Etat en filigrane, sont protégés par la loi. L’article 3 dispose que « les dispositions de la
présente loi s’appliquent à toutes les activités de production, de distribution, et de service au
Burkina Faso, y compris celles qui sont le fait de personnes morales de droit public ».
La matière du droit de la concurrence est assez vaste pour être étudiée en quelques heures.
C’est pourquoi nous nous pencherons sur les aspects les plus essentiels notamment ceux
concernant l’organisation de la concurrence et ceux relatifs au consommateur. Nous
étudieront donc dans un premier temps les règles relatives aux rapports entre entreprises et
en second lieu les règles protégeant les consommateurs.

3
TITRE UNIQUE : LES REGLES REGULANT LA CONCURRENCE, LA
DISTRIBUTION ET LA CONSOMMATION

Ces règles comprennent non seulement les règles relatives aux entreprises mais
également les règles relatives aux actions publiques et aux relations avec les tiers.

CHAPITRE I: LES REGLES RELATIVES AUX RAPPORTS ENTRE


ENTREPRISES

Ces règles consistent en la prohibition des pratiques anticoncurrentielles et en


l’interdiction des pratiques restrictives de concurrence.

Section 1 : la prohibition des pratiques anticoncurrentielles


Parmi les comportements généralement considérés comme les plus nuisibles à la
concurrence et devant être combattus en priorité figurent en tête les pratiques
anticoncurrentielles par opposition aux pratiques restrictives de concurrence. C’est donc en
toute logique que le droit de la concurrence de l’UEMOA va s’atteler à lutter contre les
pratiques anticoncurrentielles en édictant un ensemble de règles relatives aux entreprises et
aux Etats. Plus précisément les règles relatives aux entreprises se résument d’une part en
l’interdiction de principe des ententes et d’autre part en la prohibition des abus de position
dominantes.

§.I- l’interdiction de principe des ententes


Dans bien de matières du droit et du domaine du droit de la concurrence, il n’est pas
rare que le législateur adopte une règle générale et l’assortisse d’exceptions destinées à éviter
que l’application intransigeante de celle-ci n’aboutisse à des résultats déraisonnables et
préjudiciables à la société au vu de la spécificité de certaines situations, même si dans la
plupart des cas, le recours à la règle générale est jugée bénéfique. C’est en empruntant une
technique semblable que le législateur de l’UEMOA va régir les pratiques économiques que
sont les ententes à travers l’édiction d’un principe d’interdiction de celles-ci et l’acceptation

4
subséquente d’exception à ce principe afin de tenir compte des exigences du développement
des pays membres de l’espace communautaire en vertu d’une sorte de « règle de raison ».

A. Le principe d’interdiction des ententes


Ce principe est formulé par l’article 88 alinéa a du traité de l’UEMOA et par les
règlements n°02-2002 CM/UEMOA et n°03-2002 CM/UEMOA du 23 mai 2002. La
lecture et l’interprétation de ces différents textes notamment à la lumière du droit
européen de la concurrence (en particulier le droit primaire et dérivé et la jurisprudence de
la Cour de Justice des Communautés européennes –CJCE-) permettent de cerner d’une
part la notion générale d’entente prohibée et d’autre part les principaux types d’ententes ;

1– la notion générale d’entente prohibée

Selon l’article 88 alinéa a du traité de l’UEMOA, sont interdits de plein droit : « les
accords, associations et pratiques concertées entre entreprises ayant pour objet ou pour
effet de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence à l’intérieur de l’union ». les
dispositions susmentionnées consistent en réalité à poser le principe d’interdiction des
ententes notamment à l’image du droit européen et de différents droit nationaux de la
concurrence, puisque l’entente est classiquement définie comme un concours de volonté
entre entreprise autonomes tels qu’un accord, une décision d’association ou une pratique
concertée qui a pour objet ou pour effet de fausser ou d’entraver le jeu de la concurrence.
Ainsi la notion d’entente repose principalement sur la réunion d’un certain nombre de
conditions, à savoir en premier lieu l’existence d’un concours de volontés entre entreprises
autonomes et en second lieu le fait que ce concours de volontés doit avoir pour objet ou
pour effet de porter atteinte à la concurrence.

a- L’existence d’un concours de volontés entre entreprises autonomes

Ce sont surtout les articles 15 et 16 de la loi N° 016-2017 ainsi que l’article 3 du


règlement n°02-2002 et l’annexe 1 du règlement n°03-2002 qui apportent les plus
grandes précisions quant au contenu exact de la notion d’entente prohibée contenue

5
dans le traité de l’UEMOA. A cet égard l’entreprise dans laquelle la notion d’entente
prohibée existe est définie comme une organisation unitaire d’éléments personnels,
matériels et immatériels, exerçant une activité économique à titre onéreux, de manière
durable, indépendamment de son statut juridique public ou privé et de son mode de
financement et jouissant d’une autonomie de décision (note 1 de l’annexe 1 du
règlement n°03-2002).
A travers une telle définition on retrouve donc une notion d’entreprise
s’appuyant davantage sur un critère fonctionnel ( la nature de l’activité effectuée par
l’entité dont il est question) que sur un critère institutionnel (la forme juridique de
ladite entité) à l’image de la solution qui s’est progressivement dégagée de la
jurisprudence de la Cour de Justice de la Communauté Européenne dans un contexte
marqué par une absence de définition élaborée par le législateur européen. Ainsi
l’entreprise dont il est ici question peut être une personne physique, une société civile
ou commerciale ou encore une entité juridique ne revêtant pas la forme d’une société,
sinon un opérateur économique du secteur informel.
De surcroît il apparaît que la notion d’entente doit être entendue de la façon la plus
large à l’instar de l’interprétation déjà faite par le juge européen. En ce sens
l’existence d’un accord entre entreprises au sens de l’article 88 alinéa a du traité
n’implique pas nécessairement un contrat écrit. L’accord en question peut seulement
consister en une convention verbale, en un accord simplement tacite. Les décisions
d’association d’entreprises pourront se manifester notamment sous la forme de
délibérations des associations professionnelles. Enfin de simples comportements
parallèles pourront consister en un accord ou une pratique concertée.
Même si le législateur de l’UEMOA n’insiste pas sur le fait qu’il faut que ce
concours de volontés existe entre au moins deux entreprises autonomes, cela paraît
s’imposer de façon logique. A ce propos, à défaut d’indications précises fournies par
les textes de l’UEMOA, se pose en particulier le problème de savoir si un accord
conclu entre une société mère et sa filiale peut être qualifié d’entente.
En guise de réponse, à titre comparatif, la CJCE estime que ce concept
d’entente ne s’applique pas aux relations entre une société mère et sa filiale. CJCE 14
juillet 1972 Imperial Chemical Industries LTD C. Commission
CJCE 31 octobre 1974 Affaire Centrafarm.

6
b- L’objet et l’effet de l’entente : l’atteinte à la concurrence.

Comme nous le laisse apparaître clairement la législation de l’UEMOA, la seule


existence d’un concours de volontés entre entreprises autonomes ne suffit pas pour
qu’il y ait entente prohibée. Il faut en plus que ce concours de volonté ait pour objet ou
pour effet de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence à l’intérieur de l’union.
L’évaluation de cet effet anticoncurrentiel notamment par la commission de
l’UEMOA doit être faite en utilisant le critère de la part de marché détenue par les
parties à la pratique (cf note 4, annexe 1 du règlement n°03). Plus précisément la
détermination de cette part du marché nécessite au préalable la définition précise du
« marché en cause »(ou « marché pertinent ») qui apparaît comme le résultat de la
combinaison entre le « marché de produit en cause » et le marché géographique.
Aux termes de la note 4 susmentionnée le « le marché de produits en cause »
englobe tous les produits et ou services que le consommateur considère comme
interchangeables ou substituables en raison de leur caractéristiques, de leur prix et de
l’usage auquel ils sont destinés.
Le marché géographique en cause correspond quant à lui au territoire sur lequel
les entreprises concernées contribuent à l’offre de produits et de services.
Une telle évaluation des parts de marché a pour objectif de voir si l’entente a
un effet significatif ou insignifiant. A cet égard il est prévu à terme à l’image du droit
européen l’indication de taux minimum à partir duquel on pourra considérer que
l’effet anticoncurrentiel est significatif.

2) les principaux types d’ententes

Les principaux types d’ententes font l’objet d’une énumération non exhaustive par
le législateur. A ce propos on relève une tentative de classification de ces principaux
types d’ententes par une partie de la doctrine.

a- Une énumération non exhaustive par le législateur

Comme exemple d’ententes prohibées l’article 3 du Règlement n°02-2002 mentionne :

7
- Les accords limitant l’accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par
d’autres entreprises ;
- Les accords visant directement ou indirectement le prix, à contrôler directement le prix
de vente et de manière générale à faire obstacle à la fixation du prix par le libre jeu du
marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse ;
- Les répartitions des marchés ou des sources d’approvisionnement ;
- Les accords ou les pratiques visant à limiter ou à contrôler la production, les
débouchés, le développement technique et les investissements ;
- Les discriminations entre partenaires commerciaux au moyen de conditions inégales
pour des prestations équivalentes ;
- Les subordinations de la conclusion de contrats à l’acceptation par les partenaires des
prestations supplémentaires qui par leur nature ou selon les usages commerciaux n’ont
pas de liens avec l’objet de ces contrats ;

L’énumération des types d’entente ne peut être exhaustive tant la pratique montre
comment sont variés les moyens imaginés par les parties pour altérer le jeu normal de la
concurrence ; aussi on ne peut que se contenter d’énumérer les principaux.

b- La tentative de classification par une partie de la doctrine

Pour permettre de mieux appréhender les principaux types d’ententes, certains auteurs
comme BOUTARD-LABARDE et CANNIVET les regroupent en deux catégories :

- Les ententes visant à réduire le nombre des concurrents ;


- Les ententes visant à restreindre la liberté des concurrents ;

Parmi les ententes visant à réduire le nombre des concurrents, on peut citer entre autres les
ententes résultant de convention ou de clause de non concurrence, les concertations en cas
d’appel d’offre privé ou public et enfin le boycott ou la mise à l’index. Dans le premier cas
par exemple deux grands magasins de grande distribution en tout produit de consommation
courante, proches géographiquement, peuvent s’entendre pour se réserver à chacun la vente
de certains produits que l’autre ne devra plus vendre sur le même marché.

8
Dans le deuxième cas par exemple les entreprises peuvent se concerter préalablement au
dépôt de leurs offres. Ces concertations peuvent prendre la forme d’échange d’information sur
les offres respectives de ces entreprises (prix, moyens humains et techniques) ou sur le
nombre et l’identité des compétiteurs. En atténuant l’incertitude de chaque soumissionnaire
sur le contenu des offres de ses concurrents, cette pratique limite l’intensité de la concurrence.
Il arrive que la concertation soit poussée plus loin et conduise à désigner l’entreprise la moins
disante qui se verra attribuer un marché. Les concurrents déposent alors des offres dites de
couverture. Ce type d’entente débouche généralement sur des concertations lors d’appels
d’offre ultérieurs où les entreprises qui avaient déposé des offres de couverture seront à leur
tour les moins disantes.

Au titre des ententes visant à restreindre la liberté des concurrents on peut citer :

 La fixation entre entreprise du prix minimum ;


 L’entente pour bloquer les marges bénéficiaires en excluant l’éventualité de leur
réduction ;
 La fixation de conditions commerciales communes ou la réduction de la liberté de
chacun de gérer son entreprise. Toutefois le législateur a prévu l’existence
d’exemption à ce principe d’interdiction des ententes.

B. L’existence de certaines exemptions à l’interdiction de


principe des ententes
Sur cette question on peut d’abord examiner les dispositions explicites du droit de la
concurrence de l’UEMOA en matière d’exemption avant de voir la possibilité implicite
d’exemption de certains accords de distribution exclusive ou de distribution sélective.

1- Les dispositions explicites en matière d’exemption

Les dispositions explicites en matière d’exemption consistent essentiellement en


l’exigence de la réunion de quatre conditions pour pouvoir bénéficier d’une exemption et
en l’énumération de certains types d’accords pouvant bénéficier d’une exemption.

a- L’exigence de la réunion de quatre conditions d’exemption

9
L’article 89 §3 du traité de l’UEMOA laisse au Conseil des Ministres la possibilité de
prévoir des exceptions limitées à l’interdiction de principe des ententes afin de tenir compte
de situations spécifiques. Dans cet esprit il apparaît aux termes de l’article 7 du Règlement
n°002-2002 que la commission peut accorder des exemptions individuelles ou par catégories
en ce qui concerne certaines ententes. Il s’agit des ententes qui satisfont aux quatre conditions
suivantes :

- Contribuer à améliorer la production ou la distribution des produits ou à promouvoir le


progrès technique ou économique ;
- Réserver aux utilisateurs une partie équitable du profit qui en résulte ;
- Ne pas imposer aux entreprises intéressées des restrictions qui ne sont pas
indispensables pour atteindre leurs objectifs ;
- Ne pas donner à ces entreprises la possibilité pour une partie substantielle des produits
en cause d’éliminer la concurrence.

Ces quatre conditions générales des exemptions existent d’ailleurs au niveau des règles de
concurrence de l’Union Européenne notamment à l’article 81 §3.

b- L’énumération de certains types d’accords pouvant bénéficier d’exemption

De façon plus précise, il ressort que la commission de l’UEMOA peut adopter


par voie de règlement d’exécution des exemptions par catégorie et notamment ce qui
concerne les accords de spécialisation, les accords de recherche et de développement
et les accords de transfert de technologie (article 6 du Règlement n°03).

Les accords de spécialisation sont des accords pour lesquels des entreprises
s’engagent réciproquement à des fins de spécialisation soit à ne pas fabriquer elle-
même ou ne pas faire fabriquer des produits déterminés et à laisser à leur
cocontractants le soin de fabriquer ces produits soit à ne fabriquer ou ne faire fabriquer
des produits déterminés en commun.

Les accords de recherche et de développement sont les accords entre


entreprises, ayant pour objet la recherche et le développement communs de produits ou
de procédés, ainsi que l’exploitation en commun de leurs résultats ; l’exploitation en
commun des résultats lors de recherche conjointe sur la base d’un accord antérieur ; la

10
recherche et le développement en commun de produit ou de procédés à l’exclusion de
l’exploitation de leurs résultats dans la mesure où ils tombent sous le coup de l’article
88 alinéa a.

Les accords de transfert de technologie sont les accords entre entreprises de


licence de brevet ou de licence de savoir-faire, les accords mixtes de brevets de savoir-
faire, les accords comportant des clauses accessoires relatives à des droits de propriété
intellectuelle autres que les brevets.

Par ailleurs en matière d’exemption, le législateur de l’UEMOA estime qu’il


faut distinguer les accords entre entreprises en deux catégories qui sont respectivement
les accords verticaux et les accords horizontaux (cf note 5 de l’annexe 1 du règlement
n°03).

Les accords verticaux sont définis comme les accords conclus entre deux ou
plusieurs entreprises dont chacune opère à un niveau différent de la chaine de
production ou de distribution et qui concerne les conditions dans lesquelles ces
entreprises peuvent acquérir, vendre ou revendre certains biens ou services.

Les accords horizontaux sont appréhendés en tant qu’accords conclus à un


même niveau de production ou de distribution ou en d’autres termes en tant
qu’accords conclus entre producteurs ou accords entre détaillants.

Pour le législateur de l’UEMOA, les accords verticaux sont moins restrictifs de


la concurrence que les accords horizontaux. Aussi estime-t-il que la commission de
l’UEMOA doit avoir une politique plus souple à l’égard des accords verticaux en les
laissant hors du champ d’interdiction des ententes à l’exception des deux types
d’accords dont les effets anticoncurrentiels sont jugés plus importants que les effets
positifs. Il s’agit d’une part des accords comportant une protection territoriale absolue
et d’autre part des accords portant sur la fixation du prix de revente. De même la
commission est invitée à exercer un contrôle strict sur tous les accords verticaux entre
parties occupant une position dominante sur le marché en cause.

Au regard de toutes ces dispositions expresses et du droit comparé européen on


peut penser qu’il existe de façon implicite la possibilité d’exemption de certains
accords de distribution exclusive ou de distribution sélective.

11
2- La possibilité implicite d’exemption de certains accords de distribution exclusive ou
de distribution sélective

a- Les accords de distribution exclusive

Les accords de distribution exclusive se caractérisent essentiellement par l’octroi à un


négociant ou revendeur indépendant de l’exclusivité de la vente de certains produits dans un
territoire déterminé. Lorsqu’aucune possibilité de revente en dehors du territoire concédé
n’est permise, on est en présence d’un cloisonnement du marché normalement incompatible
avec le principe d’interdiction des ententes. Pour le moment le droit positif de l’UEMEOA ne
prévoit pas de dispositions expresses sur les accords de distribution exclusive mais
l’interprétation des dispositions susmentionnées (accords verticaux) et le retour au droit
comparé européen nous permettent d’affirmer qu’il y a une possibilité d’exemption de tels
accords.

Au titre du droit comparé européen, il est à noter que la commission de l’Union


Européenne n’a jamais nié que les accords de distribution exclusive peuvent être qualifiés
pour une exemption par rapport au principe d’interdiction des ententes puisqu’ils entrainent
souvent une amélioration de la distribution surtout pour les petites et moyennes entreprises du
fait qu’ils facilitent les ventes à l’étranger et permettent un meilleur approvisionnement de la
clientèle. De surcroît elle a souvent pensé que certains accords d’achat exclusifs sont
susceptibles d’entraîner une amélioration de la distribution en permettant au fournisseur de
planifier la vente de ses produits de manière plus exacte et plus longtemps en avance. En plus,
ils assurent au revendeur un approvisionnement régulier pendant la durée du contrat. De tels
accords peuvent également contribuer à réserver aux utilisateurs une partie équitable du
produit qui en résulte du fait que ceux-ci bénéficient d’un approvisionnement régulier et qu’ils
peuvent se procurer plus vite et plus aisément les produits en cause.

Ainsi la commission européenne n’a jamais mis en cause le principe de base des
clauses d’exclusivité à savoir l’engagement pris par le producteur de ne livrer ses produits
dans un territoire donné qu’à un seul revendeur chargé de leur commercialisation. Mais
appuyée par la Cour de Justice de la Communauté Européenne, elle a condamné dès le début
de la mise en œuvre du principe d’interdiction des ententes, les accords d’exclusivité qui
organisent une protection territoriale absolue en faveur des distributeurs exclusifs d’un même

12
fabricant, c’est-à-dire qui soustraient chacun d’eux dans le territoire qui lui est concédé à la
concurrence directe ou indirecte d’autres revendeurs des mêmes produits. La règlementation
de l’UEMOA va dans le même sens à travers la note 5 de l’annexe 1 du Règlement n°03.

En revanche les accords d’exclusivité ouverts c’est-à-dire ceux où le concessionnaire


exclusif reste soumis à la concurrence « intra-band » notamment par le biais d’importation
parallèles ont toujours bénéficié d’un préjugé favorable. Depuis 1967 cette catégorie d’accord
d’exclusivité est exemptée de l’interdiction de l’article 81 §1 du traité de Rome par des
règlements d’exemption pris par la commission. Il en est ainsi du Règlement 2790/99 du 22
décembre 1999 exemptant certaines catégories d’accords verticaux et de pratiques concertées
dont justement les accords de distribution exclusive. La plupart de ces règlements
d’exemption dont le règlement susmentionné admettent un certain nombre d’obligations
imposées au concessionnaire exclusif dont notamment les obligations suivantes :

- Acheter des quantités minimales ;


- Vendre les produits sous les marques du fabricant ;
- Présenter un assortiment complet ;
- Entretenir un stock ;
- Assurer la garantie ou employer un personnel spécialisé car on estime que ces
obligations sont indispensables à la bonne distribution des produits concernés et
comme nécessaires pour assurer les avantages au consommateur. De même la
commission estime que le fournisseur peut imposer au distributeur exclusif
l’interdiction de faire de la promotion active de vente en dehors de son territoire mais
ceci ne signifie pas que le fournisseur puisse interdire à son distributeur exclusif de
vendre en dehors de son territoire. Au contraire il doit le laisser libre de donner suite à
toute demande qu’il recevrait d’un acheteur établi en dehors de sa zone. Pour que cela
soit réellement le cas, il est prévu que ni le producteur que ni le distributeur ne peuvent
prendre des mesures ayant pour but de restreindre la possibilité pour les intermédiaires
ou les utilisateurs d’acheter ailleurs les produits visés au contrat. Cette possibilité
d’importation dite parallèle est destinée à empêcher que le producteur ne pratique des
prix trop largement différents d’une région à l’autre ou d’un pays à l’autre de la
communauté au détriment des consommateurs. C’est d’ailleurs pourquoi il n’est pas
permis au producteur d’imposer au distributeur exclusif le respect des prix de revente
déterminé ou une marge bénéficiaire fixe.

13
b- Les accords de distribution sélective

La distribution sélective consiste pour un fabricant à réserver la vente au détail de ses


produits de marque à un certain nombre de distributeurs sélectionnés. Pendant longtemps, la
distribution sélective a été essentiellement utilisée pour commercialiser soit des produits de
haute technicité, soit des articles ou produits de luxe. En raison de la spécificité des secteurs
concernés, pendant longtemps, la commission européenne n’a pas jugée opportun d’adopter
des règlements d’exemption de portée générale. Elle a plutôt suivi une approche de cas par
cas.

De cette pratique décisionnelle largement confirmée par les arrêts de la Cour de Justice
de la Communauté Européenne, on peut tirer les lignes générales suivantes selon le type de
distribution sélective mise en œuvre. Ainsi par exemple, il apparaît que l’un des types de
distribution sélective est celui où le fabricant choisit ses distributeurs en précisant uniquement
les conditions relatives à leur qualification professionnelle et à la présentation des installations
requises pour pouvoir être approvisionnés en produits concernés en vue de la revente.

Si l’accès au réseau de vente spécialisée est ainsi subordonné au respecte de critères


objectifs de choix des revendeurs qui ne vont pas au-delà de ce qui est nécessaire à une bonne
distribution des produits, conformes à la nature de ceux-ci et si ces critères quantitatifs sont
fixés d’une manière uniforme et appliqués sans discrimination, l’exemption est accordée.

§.II- L’interdiction des abus de positions dominantes


Comme dans le domaine des ententes, le traité de l’UEMOA se limite à poser de façon
succincte le principe d’interdiction des abus de position dominante. A cet égard l’article 88
alinéa b dudit traité dispose que sont interdits de plein droit toutes pratiques, d’une ou de
plusieurs entreprises, assimilables à un abus de position dominante sur le marché commun ou
dans une partie significative de celui-ci. Ce sont surtout les dispositions des règlements N° 02
et du règlement N° 03 qui viennent préciser le contenu de cette interdiction des abus de
position dominante. A travers ces dispositions la législation de l’UEMOA met en exergue le
fait que pour qu’il y ait abus de position dominante, il faut d’abord que l’entreprise en
question soit en position dominante et qu’ensuite cette entreprise exploite de façon abusive
cette position dominante.

14
A- L’existence préalable d’une position dominante

La position dominante est définie comme la situation où une entreprise a la capacité


sur le marché en cause, de se soustraire d’une concurrence effective, de s’affranchir des
contraintes du marché en y jouant un rôle directeur.

De nombreux critères sont prévus pour déterminer l’existence d’une position dominante. Le
critère le plus éminent pour évaluer l’entreprise d’une telle position est la part de marché
qu’occupe une entreprise sur le marché en cause (cf. note 3 susmentionnée de l’annexe 1 du
règlement N° 03). Cette part de marché se calcule en tenant compte des ventes réalisées par
l’entreprise concernée et de celles réalisées par ses concurrents. Lorsque cette part de marché
ne suffit pas à elle seule pour établir l’existence d’une position dominante, les instances
communautaires doivent recourir à des critères supplémentaires pour juger de celles-ci tels
que le degré d’intégration verticale de l’entreprise, la puissance financière de l’entreprise et
du groupe auquel elle appartient, l’existence de barrière à l’entrée.

Ces barrières à l’entrée peuvent résider dans des obstacles législatifs et règlementaires ou dans
les caractéristiques propres au fonctionnement du marché en cause dont par exemple la
complexité technologique propre au marché de produits, la difficulté d’obtenir les matières
premières nécessaires ainsi que les pratiques restrictives des fournisseurs déjà établis.

La notion de position dominante est rapprochée de celles de concentration par le législateur de


l’UEMOA. A ce propos, il ressort que les faits suivants constituent une concentration :

- La fusion entre deux ou plusieurs entreprises antérieurement indépendantes

- L’opération par laquelle une ou plusieurs personnes (détenant déjà le contrôle d’une
entreprise au moins) ou une ou plusieurs entreprises acquièrent directement ou
indirectement (que ce soit par prise de participation au capital, achat d’éléments
d’actifs, contrat ou tout autre moyen) le contrôle de l’ensemble ou d’une partie, d’une
ou de plusieurs autres entreprises ;

15
- La création d’une entreprise commune accomplissant de manière durable toutes les
fonctions d’une entité économique autonome. Ainsi, le législateur de l’UEMOA
aborde la question de la concurrence à travers la question de la position dominante
alors que le droit européen a tendance à distinguer fréquemment les concentrations des
ententes et des positions dominantes. De la sorte au niveau de l’Europe il y a des
textes spécifiques qui consacrent cette catégorie de comportement des entreprises à
savoir la concentration en tant que conception autonome de la position dominante.
C’est le cas avec le règlement CEE N° 4064/89 du conseil des communautés
européennes du 21 décembre 1989 relatif au contrôle des opérations de concentration
d’entreprises (et les modifications introduites par le règlement du conseil N° 1310/97
du 30 juin 1997)

En tout état de cause, la seule existence d’une position dominante ne suffit pas pour qu’une
entreprise tombe sous le coup de l’interdiction des abus de positions dominantes. Pour ce
faire, il faut que cette entreprise exploite abusivement ladite position dominante.

B- L’exploitation abusive de cette position dominante


Les textes de l’UEMOA indiquent avant toute chose que le fait pour une ou plusieurs
entreprises d’exploiter de façon abusive une position dominante sur le marché commun ou
dans une partie significative de celui-ci est incompatible avec ce marché commun et est
interdit (art. 4 paragraphe 4.1 du règlement N° 02)

La législation de l’UEMOA mentionne comme comportement constitutifs d’abus de position


dominante les pratiques consistant à :

- Imposer de façon directe ou indirecte des prix d’achat ou de vente ou d’autres


conditions de transaction non équitables ;

- Limiter la production, les débouchés ou le développement technique au préjudice des


consommateurs ;

16
- Appliquer à l’égard des partenaires commerciaux des conditions inégales à des
prestations équivalentes en leur infligeant de ce fait un désavantage dans la
concurrence ;

- Subordonner la conclusion de contrat à l’acceptation par des partenaires de prestations


supplémentaires qui par leur nature ou selon les usages commerciaux n’ont pas de lien
avec l’objet de ces contrats.

Sont également assimilées à des comportements constitutifs d’abus les opérations de


concentration qui créent ou renforcent une position dominante détenue par une ou plusieurs
entreprises. La seule existence de ces comportements abusifs ne suffit pas pour qu’il y ait
abus de position dominante sanctionné par le droit de la concurrence de l’UEMOA. Encore
faut il en second lieu que de tels comportements aient pour objet ou pour effet d’entraver la
concurrence dans le marché commun ou dans une partie significative de celui-ci.

A l’image de la démarche et des critères utilisés pour apprécier l’effet anticoncurrentiel d’une
entente, ici également sera utilisée comme critère principale la part de marché détenue par les
parties en cause soit à l’échelle de l’ensemble du territoire communautaire, soit à l’échelle
d’un pays bien donné. De ce point de vue le territoire géographique d’un Etat membre peut
être considéré comme une partie significative du marché commun.

Enfin, on peut noter que le législateur de l’UEMOA n’énonce pas d’exemption au


principe de l’interdiction des abus de position dominante. Il est seulement indiqué à l’art. 89
paragraphe 3 du traité de Dakar que le conseil des ministres peut également édicter des règles
précisant les interdictions énoncées dans l’article 88 ou prévoyant des exception limitées à ces
règles afin de tenir compte de situation spécifique étant entendu que les interdiction énoncées
à l’article 88 sont celles relatives aux ententes, aux abus de position dominante et aux aides
publiques.

Section 2 : L’interdiction des pratiques restrictives de concurrence


Les pratiques restrictives de concurrence ont été définies comme un ensemble de
comportements intervenant dans les relations entre professionnels et dont le but est de
restreindre le libre jeu de la concurrence. Font partie de ces pratiques le refus de vendre, la

17
pratique des prix imposés ou conseillés, la revente à perte, les fraudes, les ventes sauvages, le
paracommercialisme et la vente à des conditions discriminatoires.

A la différence des pratiques anticoncurrentielles, ces pratiques restrictives de concurrence


sont exclusivement régies à l’heure actuelle par le droit national de la concurrence, en partie
par la loi N° 016-2017 du 27 avril 2017 portant organisation de la concurrence au Burkina
Faso.

De façon globale on peut dire que cette loi interdit de telles pratiques. Un examen plus
approfondi de ses dispositions révèle en réalité deux sortes de règles à l’égard de tout
professionnel dans ses rapports avec les autres professionnels. D’une part les interdictions
proprement dites et d’autre part les obligations.

§.I. Les interdictions


Aux termes de la loi 016-2017 sont respectivement interdits en tant que pratique
restrictives de concurrence, la pratique des prix imposés ou conseillés, la revente à perte, les
pratiques discriminatoires, le refus de vente et de prestation de service, les ventes liées, les
ventes sauvages, paracommercialisme et la fraude.

A- L’interdiction des prix imposés ou conseillés

C’est l’art.33 de la loi N°016-2017 qui interdit toute forme de pratique de prix
imposés. On parle de marge ou de prix imposé dans la revente d’un bien, d’une prestation de
service dès lors qu’il y a un maximum ou un minimum à respecter. L’obligation pèse sur les
fabricants, importateurs et grossistes à l’égard des distributeurs ou redistributeurs, des demi-
grossistes et détaillants.

B- L’interdiction de la revente à perte

La revente à perte est en principe proscrite par l’art.34 de la loi N°016-2017


Cependant il existe des cas, des exceptions où ce texte autorise la revente à perte.

18
1- Le principe de la prohibition de la revente à perte

La revente à perte était souvent pratiquée en France notamment par de gros


distributeurs qui n’hésitaient pas à revendre certains produits à perte pour attirer la clientèle et
éliminer également les concurrents qui pratiquaient des prix économiquement justifiés. Après
l’élimination de ses concurrents, les gros distributeurs en question pratiquaient des prix
abusifs au détriment du consommateur. Une telle pratique n’est pas totalement étrangère au
Burkina-Faso d’autant plus qu’à la faveur de la fraude fiscale certains commerçants ou gros
importateurs qui arrivent à importer des produits en dehors de tout droit de douane
normalement exigé pratiquent des prix s’apparentant à la revente à perte à l’égard de leurs
concurrents. C’est pour toutes ces raisons que les diverses législations dont celles du Burkina
vont proscrire la revente à perte dans le souci de garantir un minimum de concurrence dans le
secteur commercial et de protéger le consommateur.

Selon l’art 34 de la loi N°016-2017, est interdit la revente de tout produit en l’état à un
prix inférieur à son prix d’achat effectif. Le prix d’achat effectif est présumé être le prix porté
sur la facture majoré de toutes les taxes afférentes à cette revente et le cas échéant du prix du
transport.

2- Les exceptions

L’interdiction de la revente à perte comporte des exceptions prévues à l’art 34 de la loi


N°016-2017. Conformément à ces dispositions, seule la revente à perte de tout produit en
l’état est clairement interdite. Cela exclus notamment un certains nombres de produits ayant
subit des transformations. En dehors de cette hypothèse logique la loi autorise expressément :

- La revente de produits périssables dès lors qu’ils sont menacés de détérioration


rapide ;

- La revente volontaire ou forcée motivée par la cessation ou le changement d’activité


commerciale sur autorisation administrative et les ventes effectuées sur décision de
justice ;

19
- Les ventes en fin de saison de produits dont la commercialisation présente un caractère
saisonnier marqué ;

- Les ventes de produits qui ne répondent plus à la demande générale en raison de


l’évolution de la mode ou de l’apparition de perfectionnement technique c'est-à-dire
des produits démodés ou dépassés ;

- Les ventes de produits dont le réapprovisionnement s’est effectué ou pourrait


s’effectuer en baisse ;

- La vente de produits dont le prix de revente est aligné sur le prix légalement pratiqué
pour les mêmes produits par un autre commerçant dans la même zone d’activité.

C. L’interdiction des pratiques discriminatoires

Aux termes de l’art 39, alinéa 1 de la loi N°016-2017 est interdite l’application de
conditions discriminatoires de vente de produits ou de services par un producteur, industriel,
commerçant ou artisan lorsque cela ne se fonde pas sur des causes objectives. En particulier il
est interdit pour les personnes ci-dessus visées de pratiquer à l’égard d’un partenaire
économique ou d’obtenir de lui des prix, des délais de paiement, des conditions de ventes ou
d’achats discriminatoires et non justifiées par des contre parties réelles en créant de ce fait
pour ce partenaire un désavantage ou un avantage dans la concurrence.

D. L’interdiction de refus de vente

Aux termes de l’alinéa 2 de l’art 39 de la loi N°016-2017, il est interdit à tout producteur,
industriel, commerçant ou artisan de refuser de satisfaire aux demandes des acheteurs de
produits ou de biens ou aux demandes de prestations de services lorsque :

- Ces demandes ne présentent aucun caractère anormal ;

- Quelles sont faites de bonne foi ;

- Et que le refus n’est pas justifié par des dispositions législatives ou réglementaires.

20
La demande d’un acheteur est présumée présenter un caractère anormal lorsqu’il est
notamment établi que ce dernier procède à une des pratiques interdites que sont : la pratique
des prix imposés ou conseillés, la revente à perte et le refus de vente.

E. L’interdiction des ventes liées

L’alinéa 1 de l’article 39 de la loi 016-2017 interdit les ventes qu’un producteur,


industriel, commerçant ou artisan peut être tenté de pratiquer à l’égard de ses acheteurs
professionnels en subordonnant la vente d’un produit ou la prestation d’un service, soit à
l’achat d’une quantité imposé d’autres produits, soit à la prestation d’un autre service. La loi
ajoute que la vente liée est permise lorsqu’elle est autorisée dans certaines hypothèses par une
règlementation spéciale.

F. L’interdiction des ventes sauvages et du para


commercialisme

En l’article 40 de la loi 016 sont interdits la vente sauvage et le paracommercialisme.


La vente sauvage peut être comprise comme le fait pour toute personne d’offrir des produits à
la vente ou de proposer des services en occupant dans des conditions irrégulières le domaine
public de l’Etat et des collectivités locales. Le paracommercialisme est le fait d’une personne
qui, de façon habituelle offre des produits à la vente ou fournit des services, alors qu’elle ne
remplit pas les conditions d’exonération de la profession de commerçant déterminées par les
textes en vigueur.

Les deux notions se complètent dans la mesure où les vendeurs sont généralement des
personnes qui ne remplissent pas les conditions d’exercice de la profession de commerçant
déterminées par les textes en vigueurs et qui pratique donc le paracommercialisme. De telles
pratiques très répandues au Burkina Faso permettent également d’échapper aux services
fiscaux en même temps qu’elles causent des nuisances aux usagers des voies publiques, aux
voisinages et aux consommateurs.

G. L’interdiction de la fraude

21
Cette interdiction est formulée par l’article 52 de la loi 016. Aux termes dudit article sont
interdits entre autres :

- l’importation, l’exportation sans titre ou sans déclaration en douane

- des biens soumis à ce régime ;

- l’importation, l’exportation ainsi que la détention ou la vente de marchandises en


violation de la réglementation du contrôle des marchandises avant expédition ;

- l’importation ou l’exportation de produits contrefaisants destinés au commerce ;

- toute falsification pratiquée sur des documents d’importation, d’exportation ;


- toute utilisation de faux documents à des fins d’importation, d’exportation ;

- toute forme de cession de titre d’importation ou d’exportation.

§. II. Les obligations


Deux obligations à proprement parler pèsent sur tout professionnel à l’égard des autres
professionnels. Il s’agit d’une part de l’obligation de délivrer une facture et d’autre part de
l’obligation de communication des barèmes de prix et des conditions de ventes.

A. L’obligation de délivrer une facture


Cette obligation est formulée par les articles 35 et 36 de la loi n° 016-2017 même si ce
texte ne donne pas une définition expresse de la facture il est utile d’avoir à l’esprit que la
facture peut être définie comme l’écrit dressée à l’occasion d’une vente ou d’une prestation de
service qui constate l’existence de cette opération commerciale et en précise les conditions.

Les textes susmentionnés nous permettent de voir non seulement le champ


d’application et les obligations respectives des vendeurs et de l’acheteur, mais également le
contenu de la facture.

Selon l’article 35 en question, tout achat de bien, de produit ou toute prestation de


service ou une action commerciale doit faire l’objet d’une facturation. La facture est donc
obligatoire pour tout achat ou toute prestation réalisée entre professionnels. Il pèse sur le
vendeur une obligation de délivrance de la facture et sur l’acheteur ainsi que sur le vendeur
une obligation de conservation de la facture pendant cinq ans. De surcroît, l’acheteur doit

22
conserver la facture jusqu’à l’épuisement du stock étant entendu que ce délai peut largement
excéder les cinq ans exigés au minimum.

La facture doit être établie en double exemplaires et comporter un certain nombre de mentions
dont en particulier :

- le nom des parties contractantes

- leurs adresses ;

- la date de la vente ou de la prestation de service ;

- la dénomination précise, la quantité et les prix unitaires et totaux hors taxe des
produits vendus ou des prestations rendues ;

- le taux et le montant de la TVA ;

- les rabais, remises et ristournes éventuels ;

- la date à laquelle le règlement doit intervenir et les conditions d’escompte.

B. L’obligation de communication des barèmes de prix et des conditions de vente


Cette obligation est imposée par l’article 37 de la loi sur la concurrence. Il s’agit
surtout d’une obligation qui pèse sur les industriels, grossistes ou importateurs à l’égard des
revendeurs. Plus précisément, en pareille hypothèse, les fabricants, grossistes et importateurs
doivent communiquer par tout moyen les conditions de règlement et éventuellement les rabais
et ristournes appliqués aux ventes en question.

Les conditions de règlement doivent obligatoirement préciser les modalités de calcul et


les conditions dans lesquelles les intérêts moratoires sont applicables dans le cas où les
sommes dues sont versées après la date de paiement figurant sur la facture.

Les conditions dans lesquelles un distributeur se fait rémunérer par ses fournisseurs en
contrepartie de services spécifiques doivent également faire l’objet de communication.

23
CHAPITRE II: LES REGLES PROTEGEANT LES CONSOMMATEURS

Aux termes des Principes Directeurs pour la Protection du Consommateur (les PDPC)
dont les recommandations sont prises en compte par les textes internationaux et nationaux du
droit de la concurrence et de la consommation, le consommateur a un certain nombre de droit.
Plus précisément le consommateur a :

- Droit à la protection de sa santé et de sa sécurité ;


- Droit à l’information pertinente pour faire un choix éclairé selon ses désirs et ses
besoins.
- Droit à la promotion et à la protection de ses intérêts économiques.
- Droit à l’obtention d’une réparation effective des tords qui lui sont causés.
- Droit d’adhérer à des groupes ou associations de consommateur ayant de leur côté le
droit de participer aux décisions les concernant. Ces différents droits du
consommateur se traduisent le plus souvent par les obligations du professionnel à son
égard sinon vis-à-vis de l’Etat par le biais d’un certain nombre de règles protégeant le
consommateur. Les règles protégeant le consommateur peuvent être reparties en deux
catégories :
D’une part, les règles relatives à la qualité, à la sécurité des produits et services et à
l’information du consommateur et d’autre part les règles relatives aux contrats de
consommation.

Section 1 : Les règles relatives à la qualité et à la sécurité des produits et services et


l’information du consommateur

Ces règles consistent en premier lieu en l’obligation de conformité et de sécurité des


produits et services et en l’interdiction subséquente des tromperies et falsifications sur les
produits et services et de l’écoulement de produits et services dangereux ; Et en deuxième
lieu en l’obligation de juste information du consommateur.

24
§.I : L’obligation de conformité et de sécurité des produits et services
Cette prescription peut être appréhendée successivement en ses deux volets distincts
que sont d’une part l’obligation de conformité et d’autre part l’obligation de sécurité.

A. L’obligation de conformité (aux normes et règles existantes)


Les dispositions de l’art. 65 de la loi 016 indiquent entre autre que le responsable de la
mise sur le marché d’un produit ou d’un bien est tenu de vérifier que celui-ci est conforme
aux prescriptions en vigueur, à la demande des agents habilités pour appliquer ces
dispositions. Il est tenu de justifier des vérifications et contrôles effectués. De telles
dispositions obligent les producteurs ou transformateurs à se conformer aux règles et aux
normes existantes relativement aux différents produits ou services qu’ils fabriquent ou
vendent.

Ainsi par exemple : l’article 2 du décret du 2/04/1938 portant règlement d’adhésion


publique pour l’application au Burkina Faso de la loi du 1er Août 1905 sur la répression
des fraudes en ce qui concerne les laits stérilisés, pasteurisés, concentrés et en poudre, dit
que le lait pasteurisé ou stérilisé ne peut être préparé qu’avec du lait provenant d’une
vache laitière normale et à la condition :

- d’être propre à la consommation humaine ;

- de ne pas provenir d’une traite incomplète ;

- de n’avoir subi aucun écrémage même partiel ;

- de n’être additionné en quelle que proportion que ce soit d’eau ou d’une substance
quelconque exception faite de celle autorisée par arrêté ministériel.

Au delà de cette réglementation au sens strict par l’Etat, par l’édiction de textes juridiques
obligatoires, il existe des normes internationales ou nationales de production ou de
transformation de la plupart des produits en tant que manifestation du phénomène de
normalisation de la production des divers produits et services.

Dans cette optique la normalisation peut être définie comme le "fait de fournir ou de
produire des documents de référence comportant des solutions à des problèmes
techniques et commerciaux concernant les produits, biens et services".

Les documents de références s’appellent des normes.

25
Originairement la normalisation avait pour but principal d’assurer la compatibilité des
produits en déterminant par exemple l’écartement des prises de courant électriques.

Ce but n’a évidemment pas disparu mais il s’intègre depuis le milieu du siècle dernier (20 e
siècle vers les années 1950) dans un dessein plus vaste : la normalisation cherche à
définir des produits et services conformes à l’attente des utilisateurs et ne présentant
pas de danger pour la santé ou la sécurité des personnes. Depuis de nombreuses
années, l’horizon s’est encore élargi : les économies d’énergie, la protection de
l’environnement font partie des buts de la normalisation.

Dans les différents pays, il existe généralement un organisme chargé de l’élaboration et de


la centralisation des normes et de la certification des produits et services conforme à ces
normes. Placés généralement sous la tutelle du ministère de l’industrie et du commerce ou
rattachés à celui-ci ce sont le plus souvent des organismes qui regroupent aussi bien des
représentants de l’administration publique que des professionnels et des consommateurs.
C’est ainsi qu’au Burkina Faso il existe également un organisme national de normalisation
appelée Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM),
créé par le décret N°2012-821/PRES/PM/MEF/MICA du 08 octobre 2012. Elle a pour
mission la mise en œuvre de la politique nationale en matière de normalisation, de
certification, de contrôle et de promotion de la qualité, de métrologie et d’accréditation.

B. L’obligation de sécurité
Une telle obligation s’énonce d’abord en l’interdiction des tromperies, de falsifications
sur les produits et les services et de l’écoulement de produits et services dangereux. Aux
termes des articles 56 et 57 de la loi 016-2017, il est interdit à toute personne qu’elle soit ou
non partie au contrat de tromper ou tenter de tromper le cocontractant par quelque moyen ou
procéder que ce soit, même par l’intermédiaire d’un tiers notamment sur la nature, l’origine,
les qualités substantielles telles que la date et la teneur en principes utiles ou la date de
péremption de toute marchandise ou de produit alimentaire. L’article 61 de la Loi du 27 avril
2017 dispose que : "les produits et services doivent être dans des conditions normales
d’utilisation ou dans d’autres conditions raisonnablement prévisible par le professionnel,
présenter la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre et ne pas porter atteinte à la
santé des personnes".

26
L’article 63 ajoute entre autre qu’"en cas de danger grave ou immédiat, le Ministre
Chargé du Commerce et les autres ministres intéressés peuvent suspendre par arrêté pour une
durée n’excédant pas un an la fabrication, l’importation, la mise sur le marché à titre gratuit
ou onéreux d’un produit et faire procéder à son retrait en tout lieu où qu’il se trouve ou à sa
destruction en attendant que les sanctions plus lourdes soient prononcées par les tribunaux".

L’article 64 quant à lui, indique notamment qu’"en cas de danger grave ou immédiat
l’administration compétente prend les mesures d’urgence qui s’imposent. Elle s’en réfère
aussitôt au Ministre intéressé qui se prononce par arrêté dans un délai de 15 jours. Elle peut
dans l’attente de la décision ministérielle faire procéder à la consignation des produits
susceptibles de présenter un danger pour la santé ou la sécurité des personnes".

§.II : L’obligation de juste information du consommateur

Cette obligation de juste information du consommateur recouvre en réalité, aussi bien


des obligations au sens strict que des interdictions à proprement parler.

A. Les obligations

Au titre des obligations on peut surtout mentionner l’obligation d’information du


consommateur sur les prix et les conditions de vente et l’obligation d’information en langue
officielle.

1. L’obligation d’information sur les prix et les conditions de vente


Cette obligation est formulée par l’article 41 de la loi 016-2017. Au point de vue de son
contenu, l’obligation d’information comprend essentiellement l’information sur les prix,
l’information sur les conditions de vente et les éventuelles restrictions de responsabilité
contractuelle.

L’information sur les prix doit consister en l’indication du prix de la marchandise toutes taxes
comprises (TTC), des frais de livraison, des frais accessoires indispensables.

L’information sur les conditions de vente se ramène essentiellement à l’indication des clauses
limitatives de responsabilité et des conditions particulières de vente.

Du point de vue de son champ d’application, l’obligation d’information concerne tous les
produits et services soumis à la vente. Le débiteur de l’obligation est tout vendeur ou tout
prestataire de service et le créancier de l’obligation est tout acheteur. Du point de vue des

27
moyens l’obligation d’information peut être exécutée par voie de marquage et d’étiquetage,
d’affichage ou par tout autre procédé approprié.

L’alinéa 2 de l’article 41 ajoute que : « Tout producteur doit, par voie d’étiquetage ou par
tout autre procédé approprié, informer le consommateur sur la composition ou les
caractéristiques techniques, les dates de fabrications et de péremptions ainsi que les dates
limites de consommation optimale ».

2. L’obligation d’information en langue officielle

Elle résulte de l’article 42 de laquelle : « Dans la désignation, l’offre, la présentation,


le mode d’emploi ou d’utilisation, l’étendue et les conditions de garantie d’un bien ou d’un
service, ainsi que dans les factures et quittances, l’emploi de la langue officielle est
obligatoire. Toutefois, le recours à tout autre terme ou expression nationale équivalente est
autorisé ».

B. Les interdictions

Au nombre des interdictions on peut surtout mentionner l’interdiction de la publicité


mensongère ou trompeuse, l’interdiction de la publicité de certains produits et services sur
certaines professions et également de certaines formes de publicité. Cette interdiction est
notamment formulée par l’article 43 de la loi de 2017, mais également par la Loi du 25
Octobre 2001 portant code de la publicité au Burkina Faso.

Aux termes des dispositions susmentionnées est d’abord interdite, la publicité


mensongère ou trompeuse pratiquée par un professionnel à l’égard des consommateurs. En
particulier selon l’article 43 sus-cité, sont interdites et considérées comme publicité trompeuse
ou mensongère faite par un professionnel à l’égard du consommateur, toute publicité sur un
produit ou un service sous quelle que forme que ce soit comportant des allégations, des
indications ou présentation fausses ou de nature à induire en erreur lorsqu’elles portent sur un
ou plusieurs des éléments quelconques de ce produit ou service tel que sa nature, son origine,
ses qualités intrinsèques, sa quantité, son prix et ses conditions de vente. Est ensuite prohibé
sinon fortement règlementé la publicité pour certains produits ou services ou sur certaines
professions. Il s’agit notamment de la publicité sur les armes et munitions, le tabac, les alcools
d’un certain degré ou sur certaines professions comme les pharmaciens, les médecins, les
avocats, les huissiers et notaires et même les experts comptables.

28
Section II : Les règles relatives au contrat de consommation

Par contrat de consommation, il faut entendre les accords entre professionnels et


consommateurs dans le but de fournir un bien ou une prestation de service au dernier
(consommateur) pour les besoins de celui-ci.

De tels contrats tendent de plus en plus à faire l’objet d’une attention du législateur pour
protéger le consommateur vis-à-vis du professionnel souvent considéré comme en situation de
supériorité économique. Dans cette optique on peut d’abord identifier des règles de protection
commune à tous les contrats avant d’indiquer les règles propres aux contrats de vente et de
crédit qui constituent des contrats très courant dans le domaine de la consommation.

§.1 : Les règles communes à tous les contrats

Parmi ces règles on peut surtout retenir, en l’état actuel du droit burkinabè de la
consommation, d’une part l’exigence d’une formation régulière du contrat et de son exécution
normale et de bonne foi, et d’autre part, l’interdiction des clauses abusives.

A. L’exigence d’une formation régulière du contrat et de son exécution normale et


de bonne foi

(Cf. T.G.O sur les vices du consentement en particulier sur la violence, le dol, l’erreur dont
l’existence aboutit à une formation irrégulière du contrat et à sa nullité.

De plus même régulièrement formé, le contrat de consommation doit être normalement


exécuté aussi bien par le professionnel que par le consommateur en faisant preuve de bonne
foi étant entendu que cette exigence est plus lourde à l’égard du professionnel jugé en
situation de position dominante.

B. L’interdiction des clauses abusives

Cette interdiction est formulée par l’article 53 de la loi de 2017. « Dans les contrats de
vente ou de prestation de service conclus d’une part entre le professionnel et non
professionnels et d’autre part entre professionnel et consommateurs, les clauses tendant à
imposer aux non professionnels ou aux consommateurs un abus de la puissance économique

29
de l’autre partie et à lui conférer un avantage excessif peuvent être interdites ou réglementées
par décret après avis de la commission nationale de la concurrence et de la consommation
lorsqu’elles portent sur le caractère déterminé ou déterminable du prix, le versement du prix
la consistance de la chose, les conditions de livraison, la charge des risques, l’étendue des
responsabilités garanties, des conditions d’exécution, de résolution, de résiliation ou de
révision des conventions ». De telles clauses sont réputées non écrites et concernent tous les
contrats quels que soit leur forme, ou leur support.

A la lumière de cette prescription, on peut dire que les clauses abusives sont des
stipulations contractuelles qui, dans une convention donnée, créent dans les obligations
réciproques des parties un déséquilibre à l’avantage de l’un des cocontractants.

On rencontre ce type de clauses surtout dans les contrats d’adhésion.

Deux remarques peuvent être formulées à la lecture de ces dispositions :

- L’imprécision des termes professionnels, non professionnels et consommateurs, que le


législateur ne définit nulle part.
- La lourdeur de la procédure d’interdiction des clauses abusives par voie de décret
après avis de la commission nationale de la concurrence et de la consommation ;
lourdeur qui risque de transformer en lettre morte les dispositions de ladite interdiction
si surtout on estime que les tribunaux ne devraient sanctionner ces clauses qu’en se
fondant sur ce décret.

§.II : Les règles propres aux contrats de vente et de crédit

En matière de vente et de crédit on observe dans chacun de ces domaines l’insécurité


des règles de protection du consommateur.

A. La protection du consommateur dans le domaine de la vente

Parmi les règles de protection du consommateur dans le domaine de la vente, on peut


notamment mentionner l’interdiction du refus de vente et des ventes liées, l’obligation de
garantie et de service après vente, sans oublier la réglementation de contrat types de vente tel
que la vente par démarchage, la vente à distance tel que la vente par correspondance ou la
vente électronique.

30
En particulier, en ce qui concerne l’interdiction du refus de vente et des ventes liées de
telles pratiques sont proscrites par l’article 38 aux termes duquel sont prohibés à l’égard du
consommateur, non seulement le refus de vente d’un bien ou la prestation d’un service, sauf
pour motifs légitimes, légal, mais également les ventes de produits et de services liés à l’achat
d’une quantité imposée ou d’un autre produit ou service ou encore la subordination de la
prestation d’un service à celle d’un autre service ou à l’achat d’un bien.

En ce qui concerne plus spécifiquement le refus de vente, celui-ci peut du point de


vue, de ces modalités, consister en un refus pur et simple ou en la fixation de conditions de
vente, tel qu’un prix inacceptable pour l’acheteur ou en dissimulation du produit dans un but
de créer une pénurie ultérieurement profitable.

Ce refus peut être justifié dans certaines hypothèses dont en particulier :

1ère l’hypothèse : des ventes règlementées par exemple pour les produits pharmaceutiques, les
armes et les munitions.

2ème pour motif légitime lié notamment à l’indisponibilité du produit, à une demande
anormale de l’acheteur ou à sa mauvaise foi.

S’agissant de l’obligation de garantie et de service après vente, il est à souligner qu’elle est
instituée notamment par l’article 53. Elle concerne non seulement la garantie du bien ou du
service mais également le service après vente. Plus précisément, tout vendeur, fabricant ou
importateur de produits industriels, objets, appareils ou bien d’équipements destinés au
commerce doit le garantir pendant une durée minimale clairement précisée. L’interprétation
de cette disposition conduit à exclure les produits alimentaires de son champ d’application.
De même les clauses du style « au risque et perte de l’acheteur » sont illégales surtout au vue
des dispositions susmentionnées sur les clauses abusives. Relativement au service après vente,
le professionnel doit assurer la disponibilité des pièces de rechange mais également la
réparation éventuelle.

Cette obligation pèse lourdement sur les vendeurs de produits neufs.

31
B. La protection du consommateur en matière de crédit

Une telle protection est opérée à travers un certain nombre de mesures et de règles tels
que la protection contre le surendettement ou l’interdiction de l’usure.

En ce qui concerne par exemple la protection contre le surendettement, les textes de


droit bancaire et financière n’autorisent les créanciers que sont les banques et les
établissements financiers à ne prélever qu’une quotité cessible maximale. Selon l’article 3 du
décret n°2008-741/PRES/PM/MTSS/MEF/MFPRE/MJ/DEF du 17 novembre 2008, la quotité
saisissable et cessible est :

- Du SMIG à 75 000f : 33,33%

- De 75 001f à 100 000f : 40%

- De 100 0001f à 200 000f : 45%

- De 200 001f à 300 000f : 50%

- Au-delà de 300 000f : 55%

32
Conclusion

Le droit de la concurrence et de la consommation demeure un domaine assez vaste. Au


terme de ce cours, il s’agit de rappeler quelques aspects essentiels qui ont fait l’objet de nos
analyses, en rappelant qu’il existe bien des questions assez importantes qui n’ont pu
malheureusement être abordées dans le présent cours. Il s’agit notamment de la question
contentieuse combien importante, autant pour le consommateur que pour les professionnels,
mais également pour l’Etat qui demeure le garant des libertés et droits individuels.

Il convient donc de garder à l’esprit que le droit de la concurrence vise à garantir une
organisation saine et équilibrée des relations entre professionnels du commerce mais
également d’accorder une protection au consommateur qui est à n’en point douter la partie la
plus fragile dans cette chaîne de production, de vente et de consommation. Ainsi, dans le droit
positif Burkinabè, la loi N°016-2017 et son décret d’application (décret N°2019-
0057/PRES/PM/MCIA/MINEFID/MJDHPC/MDNAC/MS du 24 janvier 2019 fixant les
modalités d’application des clauses d’exclusivité ou de non concurrence, des prix imposés, de
la facturation, de l’information du consommateur, du refus de vente, de la déclaration du lieu
de stockage.) renforcée par le droit communautaire de l’UEMOA, donne un arsenal juridique
assez consistant aux différents acteurs.

Toutefois, la pratique sur le terrain reste marginale par rapport aux garanties offertes par le
droit positif. La commission nationale de concurrence et de la consommation devrait donc
redoubler d’efforts dans la mise en œuvre de ses attributions pour une pratique saine de la
concurrence et protectrice du consommateur.

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