Cours Droit Droit Du Marketing
Cours Droit Droit Du Marketing
1
Introduction Générale
Le défi d’une économie forte et prospère, crédo de l’ensemble des Etats aujourd’hui,
passe obligatoirement par une règlementation des comportements concurrentiels et de
consommation, afin d’éviter les abus. L’Etat se trouve obligé de s’immiscer dans la sphère
économique privée (les affaires privées), afin de garantir une saine concurrence, levier du
développement durable.
1
Cette loi a remplacé la loi N°15-94/ADP
2
« La présente loi vise à :
- Prévenir toute pratique anticoncurrentielle ;
- Enrayer les pratiques restrictives de la concurrence et les pratiques illicites des
prix ;
- Assurer la transparence du marché et une concurrence saine et loyale ;
- Contribuer à l’amélioration de la compétitivité des activités économiques et
financières ;
- Contribuer au bien-être des consommateurs ;
- Promouvoir l’emploi et l’innovation ».
On comprend, au travers de la lettre de cette disposition, que l’objectif de la loi n’est pas de
défendre un acteur de la chaîne économique au détriment d’un autre mais plutôt de les
protéger dans leur globalité. Aussi bien les professionnels que les consommateurs et même
l’Etat en filigrane, sont protégés par la loi. L’article 3 dispose que « les dispositions de la
présente loi s’appliquent à toutes les activités de production, de distribution, et de service au
Burkina Faso, y compris celles qui sont le fait de personnes morales de droit public ».
La matière du droit de la concurrence est assez vaste pour être étudiée en quelques heures.
C’est pourquoi nous nous pencherons sur les aspects les plus essentiels notamment ceux
concernant l’organisation de la concurrence et ceux relatifs au consommateur. Nous
étudieront donc dans un premier temps les règles relatives aux rapports entre entreprises et
en second lieu les règles protégeant les consommateurs.
3
TITRE UNIQUE : LES REGLES REGULANT LA CONCURRENCE, LA
DISTRIBUTION ET LA CONSOMMATION
Ces règles comprennent non seulement les règles relatives aux entreprises mais
également les règles relatives aux actions publiques et aux relations avec les tiers.
4
subséquente d’exception à ce principe afin de tenir compte des exigences du développement
des pays membres de l’espace communautaire en vertu d’une sorte de « règle de raison ».
Selon l’article 88 alinéa a du traité de l’UEMOA, sont interdits de plein droit : « les
accords, associations et pratiques concertées entre entreprises ayant pour objet ou pour
effet de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence à l’intérieur de l’union ». les
dispositions susmentionnées consistent en réalité à poser le principe d’interdiction des
ententes notamment à l’image du droit européen et de différents droit nationaux de la
concurrence, puisque l’entente est classiquement définie comme un concours de volonté
entre entreprise autonomes tels qu’un accord, une décision d’association ou une pratique
concertée qui a pour objet ou pour effet de fausser ou d’entraver le jeu de la concurrence.
Ainsi la notion d’entente repose principalement sur la réunion d’un certain nombre de
conditions, à savoir en premier lieu l’existence d’un concours de volontés entre entreprises
autonomes et en second lieu le fait que ce concours de volontés doit avoir pour objet ou
pour effet de porter atteinte à la concurrence.
5
dans le traité de l’UEMOA. A cet égard l’entreprise dans laquelle la notion d’entente
prohibée existe est définie comme une organisation unitaire d’éléments personnels,
matériels et immatériels, exerçant une activité économique à titre onéreux, de manière
durable, indépendamment de son statut juridique public ou privé et de son mode de
financement et jouissant d’une autonomie de décision (note 1 de l’annexe 1 du
règlement n°03-2002).
A travers une telle définition on retrouve donc une notion d’entreprise
s’appuyant davantage sur un critère fonctionnel ( la nature de l’activité effectuée par
l’entité dont il est question) que sur un critère institutionnel (la forme juridique de
ladite entité) à l’image de la solution qui s’est progressivement dégagée de la
jurisprudence de la Cour de Justice de la Communauté Européenne dans un contexte
marqué par une absence de définition élaborée par le législateur européen. Ainsi
l’entreprise dont il est ici question peut être une personne physique, une société civile
ou commerciale ou encore une entité juridique ne revêtant pas la forme d’une société,
sinon un opérateur économique du secteur informel.
De surcroît il apparaît que la notion d’entente doit être entendue de la façon la plus
large à l’instar de l’interprétation déjà faite par le juge européen. En ce sens
l’existence d’un accord entre entreprises au sens de l’article 88 alinéa a du traité
n’implique pas nécessairement un contrat écrit. L’accord en question peut seulement
consister en une convention verbale, en un accord simplement tacite. Les décisions
d’association d’entreprises pourront se manifester notamment sous la forme de
délibérations des associations professionnelles. Enfin de simples comportements
parallèles pourront consister en un accord ou une pratique concertée.
Même si le législateur de l’UEMOA n’insiste pas sur le fait qu’il faut que ce
concours de volontés existe entre au moins deux entreprises autonomes, cela paraît
s’imposer de façon logique. A ce propos, à défaut d’indications précises fournies par
les textes de l’UEMOA, se pose en particulier le problème de savoir si un accord
conclu entre une société mère et sa filiale peut être qualifié d’entente.
En guise de réponse, à titre comparatif, la CJCE estime que ce concept
d’entente ne s’applique pas aux relations entre une société mère et sa filiale. CJCE 14
juillet 1972 Imperial Chemical Industries LTD C. Commission
CJCE 31 octobre 1974 Affaire Centrafarm.
6
b- L’objet et l’effet de l’entente : l’atteinte à la concurrence.
Les principaux types d’ententes font l’objet d’une énumération non exhaustive par
le législateur. A ce propos on relève une tentative de classification de ces principaux
types d’ententes par une partie de la doctrine.
7
- Les accords limitant l’accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par
d’autres entreprises ;
- Les accords visant directement ou indirectement le prix, à contrôler directement le prix
de vente et de manière générale à faire obstacle à la fixation du prix par le libre jeu du
marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse ;
- Les répartitions des marchés ou des sources d’approvisionnement ;
- Les accords ou les pratiques visant à limiter ou à contrôler la production, les
débouchés, le développement technique et les investissements ;
- Les discriminations entre partenaires commerciaux au moyen de conditions inégales
pour des prestations équivalentes ;
- Les subordinations de la conclusion de contrats à l’acceptation par les partenaires des
prestations supplémentaires qui par leur nature ou selon les usages commerciaux n’ont
pas de liens avec l’objet de ces contrats ;
L’énumération des types d’entente ne peut être exhaustive tant la pratique montre
comment sont variés les moyens imaginés par les parties pour altérer le jeu normal de la
concurrence ; aussi on ne peut que se contenter d’énumérer les principaux.
Pour permettre de mieux appréhender les principaux types d’ententes, certains auteurs
comme BOUTARD-LABARDE et CANNIVET les regroupent en deux catégories :
Parmi les ententes visant à réduire le nombre des concurrents, on peut citer entre autres les
ententes résultant de convention ou de clause de non concurrence, les concertations en cas
d’appel d’offre privé ou public et enfin le boycott ou la mise à l’index. Dans le premier cas
par exemple deux grands magasins de grande distribution en tout produit de consommation
courante, proches géographiquement, peuvent s’entendre pour se réserver à chacun la vente
de certains produits que l’autre ne devra plus vendre sur le même marché.
8
Dans le deuxième cas par exemple les entreprises peuvent se concerter préalablement au
dépôt de leurs offres. Ces concertations peuvent prendre la forme d’échange d’information sur
les offres respectives de ces entreprises (prix, moyens humains et techniques) ou sur le
nombre et l’identité des compétiteurs. En atténuant l’incertitude de chaque soumissionnaire
sur le contenu des offres de ses concurrents, cette pratique limite l’intensité de la concurrence.
Il arrive que la concertation soit poussée plus loin et conduise à désigner l’entreprise la moins
disante qui se verra attribuer un marché. Les concurrents déposent alors des offres dites de
couverture. Ce type d’entente débouche généralement sur des concertations lors d’appels
d’offre ultérieurs où les entreprises qui avaient déposé des offres de couverture seront à leur
tour les moins disantes.
Au titre des ententes visant à restreindre la liberté des concurrents on peut citer :
9
L’article 89 §3 du traité de l’UEMOA laisse au Conseil des Ministres la possibilité de
prévoir des exceptions limitées à l’interdiction de principe des ententes afin de tenir compte
de situations spécifiques. Dans cet esprit il apparaît aux termes de l’article 7 du Règlement
n°002-2002 que la commission peut accorder des exemptions individuelles ou par catégories
en ce qui concerne certaines ententes. Il s’agit des ententes qui satisfont aux quatre conditions
suivantes :
Ces quatre conditions générales des exemptions existent d’ailleurs au niveau des règles de
concurrence de l’Union Européenne notamment à l’article 81 §3.
Les accords de spécialisation sont des accords pour lesquels des entreprises
s’engagent réciproquement à des fins de spécialisation soit à ne pas fabriquer elle-
même ou ne pas faire fabriquer des produits déterminés et à laisser à leur
cocontractants le soin de fabriquer ces produits soit à ne fabriquer ou ne faire fabriquer
des produits déterminés en commun.
10
recherche et le développement en commun de produit ou de procédés à l’exclusion de
l’exploitation de leurs résultats dans la mesure où ils tombent sous le coup de l’article
88 alinéa a.
Les accords verticaux sont définis comme les accords conclus entre deux ou
plusieurs entreprises dont chacune opère à un niveau différent de la chaine de
production ou de distribution et qui concerne les conditions dans lesquelles ces
entreprises peuvent acquérir, vendre ou revendre certains biens ou services.
11
2- La possibilité implicite d’exemption de certains accords de distribution exclusive ou
de distribution sélective
Ainsi la commission européenne n’a jamais mis en cause le principe de base des
clauses d’exclusivité à savoir l’engagement pris par le producteur de ne livrer ses produits
dans un territoire donné qu’à un seul revendeur chargé de leur commercialisation. Mais
appuyée par la Cour de Justice de la Communauté Européenne, elle a condamné dès le début
de la mise en œuvre du principe d’interdiction des ententes, les accords d’exclusivité qui
organisent une protection territoriale absolue en faveur des distributeurs exclusifs d’un même
12
fabricant, c’est-à-dire qui soustraient chacun d’eux dans le territoire qui lui est concédé à la
concurrence directe ou indirecte d’autres revendeurs des mêmes produits. La règlementation
de l’UEMOA va dans le même sens à travers la note 5 de l’annexe 1 du Règlement n°03.
13
b- Les accords de distribution sélective
De cette pratique décisionnelle largement confirmée par les arrêts de la Cour de Justice
de la Communauté Européenne, on peut tirer les lignes générales suivantes selon le type de
distribution sélective mise en œuvre. Ainsi par exemple, il apparaît que l’un des types de
distribution sélective est celui où le fabricant choisit ses distributeurs en précisant uniquement
les conditions relatives à leur qualification professionnelle et à la présentation des installations
requises pour pouvoir être approvisionnés en produits concernés en vue de la revente.
14
A- L’existence préalable d’une position dominante
De nombreux critères sont prévus pour déterminer l’existence d’une position dominante. Le
critère le plus éminent pour évaluer l’entreprise d’une telle position est la part de marché
qu’occupe une entreprise sur le marché en cause (cf. note 3 susmentionnée de l’annexe 1 du
règlement N° 03). Cette part de marché se calcule en tenant compte des ventes réalisées par
l’entreprise concernée et de celles réalisées par ses concurrents. Lorsque cette part de marché
ne suffit pas à elle seule pour établir l’existence d’une position dominante, les instances
communautaires doivent recourir à des critères supplémentaires pour juger de celles-ci tels
que le degré d’intégration verticale de l’entreprise, la puissance financière de l’entreprise et
du groupe auquel elle appartient, l’existence de barrière à l’entrée.
Ces barrières à l’entrée peuvent résider dans des obstacles législatifs et règlementaires ou dans
les caractéristiques propres au fonctionnement du marché en cause dont par exemple la
complexité technologique propre au marché de produits, la difficulté d’obtenir les matières
premières nécessaires ainsi que les pratiques restrictives des fournisseurs déjà établis.
- L’opération par laquelle une ou plusieurs personnes (détenant déjà le contrôle d’une
entreprise au moins) ou une ou plusieurs entreprises acquièrent directement ou
indirectement (que ce soit par prise de participation au capital, achat d’éléments
d’actifs, contrat ou tout autre moyen) le contrôle de l’ensemble ou d’une partie, d’une
ou de plusieurs autres entreprises ;
15
- La création d’une entreprise commune accomplissant de manière durable toutes les
fonctions d’une entité économique autonome. Ainsi, le législateur de l’UEMOA
aborde la question de la concurrence à travers la question de la position dominante
alors que le droit européen a tendance à distinguer fréquemment les concentrations des
ententes et des positions dominantes. De la sorte au niveau de l’Europe il y a des
textes spécifiques qui consacrent cette catégorie de comportement des entreprises à
savoir la concentration en tant que conception autonome de la position dominante.
C’est le cas avec le règlement CEE N° 4064/89 du conseil des communautés
européennes du 21 décembre 1989 relatif au contrôle des opérations de concentration
d’entreprises (et les modifications introduites par le règlement du conseil N° 1310/97
du 30 juin 1997)
En tout état de cause, la seule existence d’une position dominante ne suffit pas pour qu’une
entreprise tombe sous le coup de l’interdiction des abus de positions dominantes. Pour ce
faire, il faut que cette entreprise exploite abusivement ladite position dominante.
16
- Appliquer à l’égard des partenaires commerciaux des conditions inégales à des
prestations équivalentes en leur infligeant de ce fait un désavantage dans la
concurrence ;
A l’image de la démarche et des critères utilisés pour apprécier l’effet anticoncurrentiel d’une
entente, ici également sera utilisée comme critère principale la part de marché détenue par les
parties en cause soit à l’échelle de l’ensemble du territoire communautaire, soit à l’échelle
d’un pays bien donné. De ce point de vue le territoire géographique d’un Etat membre peut
être considéré comme une partie significative du marché commun.
17
pratique des prix imposés ou conseillés, la revente à perte, les fraudes, les ventes sauvages, le
paracommercialisme et la vente à des conditions discriminatoires.
De façon globale on peut dire que cette loi interdit de telles pratiques. Un examen plus
approfondi de ses dispositions révèle en réalité deux sortes de règles à l’égard de tout
professionnel dans ses rapports avec les autres professionnels. D’une part les interdictions
proprement dites et d’autre part les obligations.
C’est l’art.33 de la loi N°016-2017 qui interdit toute forme de pratique de prix
imposés. On parle de marge ou de prix imposé dans la revente d’un bien, d’une prestation de
service dès lors qu’il y a un maximum ou un minimum à respecter. L’obligation pèse sur les
fabricants, importateurs et grossistes à l’égard des distributeurs ou redistributeurs, des demi-
grossistes et détaillants.
18
1- Le principe de la prohibition de la revente à perte
Selon l’art 34 de la loi N°016-2017, est interdit la revente de tout produit en l’état à un
prix inférieur à son prix d’achat effectif. Le prix d’achat effectif est présumé être le prix porté
sur la facture majoré de toutes les taxes afférentes à cette revente et le cas échéant du prix du
transport.
2- Les exceptions
19
- Les ventes en fin de saison de produits dont la commercialisation présente un caractère
saisonnier marqué ;
- La vente de produits dont le prix de revente est aligné sur le prix légalement pratiqué
pour les mêmes produits par un autre commerçant dans la même zone d’activité.
Aux termes de l’art 39, alinéa 1 de la loi N°016-2017 est interdite l’application de
conditions discriminatoires de vente de produits ou de services par un producteur, industriel,
commerçant ou artisan lorsque cela ne se fonde pas sur des causes objectives. En particulier il
est interdit pour les personnes ci-dessus visées de pratiquer à l’égard d’un partenaire
économique ou d’obtenir de lui des prix, des délais de paiement, des conditions de ventes ou
d’achats discriminatoires et non justifiées par des contre parties réelles en créant de ce fait
pour ce partenaire un désavantage ou un avantage dans la concurrence.
Aux termes de l’alinéa 2 de l’art 39 de la loi N°016-2017, il est interdit à tout producteur,
industriel, commerçant ou artisan de refuser de satisfaire aux demandes des acheteurs de
produits ou de biens ou aux demandes de prestations de services lorsque :
- Et que le refus n’est pas justifié par des dispositions législatives ou réglementaires.
20
La demande d’un acheteur est présumée présenter un caractère anormal lorsqu’il est
notamment établi que ce dernier procède à une des pratiques interdites que sont : la pratique
des prix imposés ou conseillés, la revente à perte et le refus de vente.
Les deux notions se complètent dans la mesure où les vendeurs sont généralement des
personnes qui ne remplissent pas les conditions d’exercice de la profession de commerçant
déterminées par les textes en vigueurs et qui pratique donc le paracommercialisme. De telles
pratiques très répandues au Burkina Faso permettent également d’échapper aux services
fiscaux en même temps qu’elles causent des nuisances aux usagers des voies publiques, aux
voisinages et aux consommateurs.
G. L’interdiction de la fraude
21
Cette interdiction est formulée par l’article 52 de la loi 016. Aux termes dudit article sont
interdits entre autres :
22
conserver la facture jusqu’à l’épuisement du stock étant entendu que ce délai peut largement
excéder les cinq ans exigés au minimum.
La facture doit être établie en double exemplaires et comporter un certain nombre de mentions
dont en particulier :
- leurs adresses ;
- la dénomination précise, la quantité et les prix unitaires et totaux hors taxe des
produits vendus ou des prestations rendues ;
Les conditions dans lesquelles un distributeur se fait rémunérer par ses fournisseurs en
contrepartie de services spécifiques doivent également faire l’objet de communication.
23
CHAPITRE II: LES REGLES PROTEGEANT LES CONSOMMATEURS
Aux termes des Principes Directeurs pour la Protection du Consommateur (les PDPC)
dont les recommandations sont prises en compte par les textes internationaux et nationaux du
droit de la concurrence et de la consommation, le consommateur a un certain nombre de droit.
Plus précisément le consommateur a :
24
§.I : L’obligation de conformité et de sécurité des produits et services
Cette prescription peut être appréhendée successivement en ses deux volets distincts
que sont d’une part l’obligation de conformité et d’autre part l’obligation de sécurité.
- de n’être additionné en quelle que proportion que ce soit d’eau ou d’une substance
quelconque exception faite de celle autorisée par arrêté ministériel.
Au delà de cette réglementation au sens strict par l’Etat, par l’édiction de textes juridiques
obligatoires, il existe des normes internationales ou nationales de production ou de
transformation de la plupart des produits en tant que manifestation du phénomène de
normalisation de la production des divers produits et services.
Dans cette optique la normalisation peut être définie comme le "fait de fournir ou de
produire des documents de référence comportant des solutions à des problèmes
techniques et commerciaux concernant les produits, biens et services".
25
Originairement la normalisation avait pour but principal d’assurer la compatibilité des
produits en déterminant par exemple l’écartement des prises de courant électriques.
Ce but n’a évidemment pas disparu mais il s’intègre depuis le milieu du siècle dernier (20 e
siècle vers les années 1950) dans un dessein plus vaste : la normalisation cherche à
définir des produits et services conformes à l’attente des utilisateurs et ne présentant
pas de danger pour la santé ou la sécurité des personnes. Depuis de nombreuses
années, l’horizon s’est encore élargi : les économies d’énergie, la protection de
l’environnement font partie des buts de la normalisation.
B. L’obligation de sécurité
Une telle obligation s’énonce d’abord en l’interdiction des tromperies, de falsifications
sur les produits et les services et de l’écoulement de produits et services dangereux. Aux
termes des articles 56 et 57 de la loi 016-2017, il est interdit à toute personne qu’elle soit ou
non partie au contrat de tromper ou tenter de tromper le cocontractant par quelque moyen ou
procéder que ce soit, même par l’intermédiaire d’un tiers notamment sur la nature, l’origine,
les qualités substantielles telles que la date et la teneur en principes utiles ou la date de
péremption de toute marchandise ou de produit alimentaire. L’article 61 de la Loi du 27 avril
2017 dispose que : "les produits et services doivent être dans des conditions normales
d’utilisation ou dans d’autres conditions raisonnablement prévisible par le professionnel,
présenter la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre et ne pas porter atteinte à la
santé des personnes".
26
L’article 63 ajoute entre autre qu’"en cas de danger grave ou immédiat, le Ministre
Chargé du Commerce et les autres ministres intéressés peuvent suspendre par arrêté pour une
durée n’excédant pas un an la fabrication, l’importation, la mise sur le marché à titre gratuit
ou onéreux d’un produit et faire procéder à son retrait en tout lieu où qu’il se trouve ou à sa
destruction en attendant que les sanctions plus lourdes soient prononcées par les tribunaux".
L’article 64 quant à lui, indique notamment qu’"en cas de danger grave ou immédiat
l’administration compétente prend les mesures d’urgence qui s’imposent. Elle s’en réfère
aussitôt au Ministre intéressé qui se prononce par arrêté dans un délai de 15 jours. Elle peut
dans l’attente de la décision ministérielle faire procéder à la consignation des produits
susceptibles de présenter un danger pour la santé ou la sécurité des personnes".
A. Les obligations
L’information sur les prix doit consister en l’indication du prix de la marchandise toutes taxes
comprises (TTC), des frais de livraison, des frais accessoires indispensables.
L’information sur les conditions de vente se ramène essentiellement à l’indication des clauses
limitatives de responsabilité et des conditions particulières de vente.
Du point de vue de son champ d’application, l’obligation d’information concerne tous les
produits et services soumis à la vente. Le débiteur de l’obligation est tout vendeur ou tout
prestataire de service et le créancier de l’obligation est tout acheteur. Du point de vue des
27
moyens l’obligation d’information peut être exécutée par voie de marquage et d’étiquetage,
d’affichage ou par tout autre procédé approprié.
L’alinéa 2 de l’article 41 ajoute que : « Tout producteur doit, par voie d’étiquetage ou par
tout autre procédé approprié, informer le consommateur sur la composition ou les
caractéristiques techniques, les dates de fabrications et de péremptions ainsi que les dates
limites de consommation optimale ».
B. Les interdictions
28
Section II : Les règles relatives au contrat de consommation
De tels contrats tendent de plus en plus à faire l’objet d’une attention du législateur pour
protéger le consommateur vis-à-vis du professionnel souvent considéré comme en situation de
supériorité économique. Dans cette optique on peut d’abord identifier des règles de protection
commune à tous les contrats avant d’indiquer les règles propres aux contrats de vente et de
crédit qui constituent des contrats très courant dans le domaine de la consommation.
Parmi ces règles on peut surtout retenir, en l’état actuel du droit burkinabè de la
consommation, d’une part l’exigence d’une formation régulière du contrat et de son exécution
normale et de bonne foi, et d’autre part, l’interdiction des clauses abusives.
(Cf. T.G.O sur les vices du consentement en particulier sur la violence, le dol, l’erreur dont
l’existence aboutit à une formation irrégulière du contrat et à sa nullité.
Cette interdiction est formulée par l’article 53 de la loi de 2017. « Dans les contrats de
vente ou de prestation de service conclus d’une part entre le professionnel et non
professionnels et d’autre part entre professionnel et consommateurs, les clauses tendant à
imposer aux non professionnels ou aux consommateurs un abus de la puissance économique
29
de l’autre partie et à lui conférer un avantage excessif peuvent être interdites ou réglementées
par décret après avis de la commission nationale de la concurrence et de la consommation
lorsqu’elles portent sur le caractère déterminé ou déterminable du prix, le versement du prix
la consistance de la chose, les conditions de livraison, la charge des risques, l’étendue des
responsabilités garanties, des conditions d’exécution, de résolution, de résiliation ou de
révision des conventions ». De telles clauses sont réputées non écrites et concernent tous les
contrats quels que soit leur forme, ou leur support.
A la lumière de cette prescription, on peut dire que les clauses abusives sont des
stipulations contractuelles qui, dans une convention donnée, créent dans les obligations
réciproques des parties un déséquilibre à l’avantage de l’un des cocontractants.
30
En particulier, en ce qui concerne l’interdiction du refus de vente et des ventes liées de
telles pratiques sont proscrites par l’article 38 aux termes duquel sont prohibés à l’égard du
consommateur, non seulement le refus de vente d’un bien ou la prestation d’un service, sauf
pour motifs légitimes, légal, mais également les ventes de produits et de services liés à l’achat
d’une quantité imposée ou d’un autre produit ou service ou encore la subordination de la
prestation d’un service à celle d’un autre service ou à l’achat d’un bien.
1ère l’hypothèse : des ventes règlementées par exemple pour les produits pharmaceutiques, les
armes et les munitions.
2ème pour motif légitime lié notamment à l’indisponibilité du produit, à une demande
anormale de l’acheteur ou à sa mauvaise foi.
S’agissant de l’obligation de garantie et de service après vente, il est à souligner qu’elle est
instituée notamment par l’article 53. Elle concerne non seulement la garantie du bien ou du
service mais également le service après vente. Plus précisément, tout vendeur, fabricant ou
importateur de produits industriels, objets, appareils ou bien d’équipements destinés au
commerce doit le garantir pendant une durée minimale clairement précisée. L’interprétation
de cette disposition conduit à exclure les produits alimentaires de son champ d’application.
De même les clauses du style « au risque et perte de l’acheteur » sont illégales surtout au vue
des dispositions susmentionnées sur les clauses abusives. Relativement au service après vente,
le professionnel doit assurer la disponibilité des pièces de rechange mais également la
réparation éventuelle.
31
B. La protection du consommateur en matière de crédit
Une telle protection est opérée à travers un certain nombre de mesures et de règles tels
que la protection contre le surendettement ou l’interdiction de l’usure.
32
Conclusion
Il convient donc de garder à l’esprit que le droit de la concurrence vise à garantir une
organisation saine et équilibrée des relations entre professionnels du commerce mais
également d’accorder une protection au consommateur qui est à n’en point douter la partie la
plus fragile dans cette chaîne de production, de vente et de consommation. Ainsi, dans le droit
positif Burkinabè, la loi N°016-2017 et son décret d’application (décret N°2019-
0057/PRES/PM/MCIA/MINEFID/MJDHPC/MDNAC/MS du 24 janvier 2019 fixant les
modalités d’application des clauses d’exclusivité ou de non concurrence, des prix imposés, de
la facturation, de l’information du consommateur, du refus de vente, de la déclaration du lieu
de stockage.) renforcée par le droit communautaire de l’UEMOA, donne un arsenal juridique
assez consistant aux différents acteurs.
Toutefois, la pratique sur le terrain reste marginale par rapport aux garanties offertes par le
droit positif. La commission nationale de concurrence et de la consommation devrait donc
redoubler d’efforts dans la mise en œuvre de ses attributions pour une pratique saine de la
concurrence et protectrice du consommateur.
33