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Manuel ONU pour Bataillons d'Infanterie

Ce document présente un manuel destiné aux bataillons d'infanterie des Nations Unies. Il fournit des informations sur l'historique, les principes, les politiques, les mandats, les capacités et les tâches des bataillons d'infanterie dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

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Manuel ONU pour Bataillons d'Infanterie

Ce document présente un manuel destiné aux bataillons d'infanterie des Nations Unies. Il fournit des informations sur l'historique, les principes, les politiques, les mandats, les capacités et les tâches des bataillons d'infanterie dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

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Manuel destiné aux
bataillons d'infanterie
des Nations Unies
Volume I

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DÉPARTEMENT DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX
DÉPARTEMENT DE L’APPUI AUX MISSIONS
AOÛT 2012

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Le premier bataillon d’infanterie des Nations Unies a été déployé
dans le cadre de la Force d’urgence des Nations Unies (FUNU-I).
Les soldats d’infanterie marchent sur Port Saïd (Égypte) en
décembre 1956 pour prendre en charge les opérations.

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« Le bataillon d’infanterie des Nations Unies constitue l’épine


dorsale des activités de maintien de la paix des Nations Unies; il
brave le danger, vient en aide aux civils en détresse et rétablit la
stabilité dans des sociétés déchirées par la guerre. Nous saluons
votre précieuse contribution et vous souhaitons de sauver le plus
de vies possible. »

BAN Ki-moon
Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies

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Avant-propos

Avant-propos
C’est avec un plaisir immense que je présente le Manuel à l’usage des
bataillons d’infanterie des Nations Unies, un guide pratique destiné aux
commandants et à leurs états-majors dans le cadre d’opérations de main-
tien de la paix, ainsi qu’aux États Membres et aux responsables de la plani-
fication militaire ou autres au Siège de l’Organisation des Nations Unies.
Compte tenu de l’évolution constante des opérations de maintien de la
paix et des défis et menaces complexes et variés auxquelles elles sont con-
frontées, des mécanismes de réponse crédibles doivent impérativement
être mis au point. Dans ce contexte, les composantes militaires déployées
dans le cadre d’opérations de maintien de la paix jouent un rôle fonda-
mental s’agissant d’assurer la sûreté, la sécurité et la stabilité de la zone
de mission et elles contribuent de manière significative à l’exécution de
chaque mandat de mission. Le bataillon d’infanterie constitue l’épine dor-
sale de toute force de maintien de la paix; à ce titre, sa formation, son équi-
pement et son déploiement revêtent une grande importance aussi bien
pour les pays fournisseurs de contingents que pour les responsables de
mission et le Siège de l’ONU.
Soucieux de renforcer la formation, la capacité opérationnelle et l’efficacité
des bataillons d’infanterie des Nations Unies, le Département des opéra-
tions de maintien de la paix et le Département de l’appui aux missions,
aidés des États Membres, des missions de maintien de la paix et de parte-
naires liés au système des Nations Unies, ont décidé d’élaborer le présent
Manuel. Ce dernier illustre des questions stratégiques et opérationnelles
pertinentes, propose des directives sur l’engagement tactique d’un batail-
lon d’infanterie des Nations Unies et tente ainsi de définir et de regrou-
per toutes les dimensions importantes d’opérations de maintien de la
paix dans un seul et même document. J’ose espérer qu’il contribuera à
l’obtention de meilleures performances sur le terrain.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude aux États Membres, aux parte-
naires du système des Nations Unies, aux missions sur le terrain, aux
établissements de formation et à d’autres praticiens et parties prenantes
du maintien de la paix pour leur soutien sans faille et leur contribution non
négligeable à la rédaction du présent Manuel. J’adresse également mes
remerciements au Bureau des affaires militaires, qui a piloté cette initiative.

Hervé Ladsous
Secrétaire-général adjoint aux opérations de maintien de la paix
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United Nations Infantry Battalion Manual

Le Manuel se veut dynamique. Le Département des opérations de main-


tien de la paix et le Département de l’appui aux missions affineront donc
ce Manuel et continueront à l’actualiser afin qu’il reste en phase avec un
environnement opérationnel en mutation et réponde aux aspirations des
États Membres et des Nations Unies.

Hervé Ladsous
Secrétaire-général adjoint aux opérations de maintien de la paix

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Avant-propos

Crédits
Bureau des affaires militaires,
Département des opérations de maintien de la paix
Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies
One UN Plaza, New York, NY 10017
Tél : 917-367-2487
Approuvé par Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint aux opérations de
maintien de la paix
Août 2012
Contact : PDT/OMA/DPKO
Date de révision : septembre 2014
Remarque : Les nouvelles politiques, directives et modifications publiées avant la
première révision seront mises en ligne sous forme d’additif au Manuel à l’usage des
bataillons d’infanterie des Nations Unies, s’il y a lieu.

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Imprimé aux Nations Unies, New York
© Nations Unies 2012. Cette publication est couverte par les droits d’auteur en
vertu du Protocole no2 annexé à la Convention universelle sur le droit d’auteur.
Les autorités gouvernementales et les États Membres sont libres de reproduire
toute partie de la présente publication exclusivement à des fins de formation.
Toutefois, aucune partie de la présente publication ne peut être reproduite
à des fins de vente ou de publication en série sans le consentement exprès
par écrit du Bureau des affaires militaires du Département des opérations de
maintien de la paix des Nations Unies.

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United Nations Infantry Battalion Manual

Table des matières

Avant-propos vii
1. Portée et objectifs 1
2. Principes, politiques et cadre 5
3. Mandat, directives et ordres 47
4. Capacités 69
5. Tâches 83
5.1 : Introduction. 83
5.2 : Objectif. 83
5.3 : Tâches du bataillon d’infanterie. 83
5.4 : Descriptions des tâches. 85
Tâches primaires 85
5.4.1 : Patrouilles. 85
5.4.2 : Poste d’observation. 86
5.4.3 : Point de contrôle. 87
5.4.4 : Relations extérieures et rayonnement. 88
5.4.5 : Appréciation des situations. 89
5.4.6 : Bouclage et fouille. 90
5.4.7 : Convoi et escorte. 92
5.4.8 : Base opérationnelle. 93
Tâches de soutien 94
5.4.9 : Désarmement et démobilisation. 94
5.4.10 : Protection d’infrastructures et d’établissements essentiels. 95
5.4.11 : Gestion des foules. 96
5.4.12 : Détention. 98
Autres tâches 99
5.4.13 : Zone tampon. 99
5.4.14 : Opérations conjointes. 100
5.4.15 : Renforts/relève. 101
5.4.16 : Extraction/évacuation. 103
6. Protection des civils 107
7. Appui à la mission 119
8. Effectifs et dotations 139
9. Déploiement 175
10. Formation 187
11. Capacité opérationnelle et auto-évaluation 197

CD joint avec cette publication avec vol. I, vol. II et message du conseiller militaire

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CHAPITRE 1 asdf

Portée et objectifs
Cette première édition du Manuel à l’usage des bataillons d’infanterie des
Nations Unies vise à fournir aux commandants d’un bataillon engagé dans
une opération de maintien de la paix, à leur état-major, aux commandants
de compagnie et aux chefs des unités subordonnées, un guide de référence
qui les aidera à planifier et à mener les opérations inhérentes à un mandat
de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Dans cette optique, le Manuel
traite des normes capacitaires, des missions, des effectifs et des dotations,
ainsi que des outils d’auto-évaluation du niveau de préparation opéra-
tionnelle d’un bataillon de maintien de la paix nécessaires pour que celui-ci
soit apte à remplir ses missions.
Bien que le présent Manuel soit essentiellement destiné aux bataillons
d’infanterie des Nations Unies, il servira en outre de guide pour les plan-
ificateurs nationaux et du Siège des Nations Unies ainsi que pour ceux qui
assurent la formation, le soutien et l’emploi des bataillons d’infanterie de
maintien de la paix de l’ONU. Il entend épauler les chefs de corps sur le ter-
rain et les aider à faire de leur bataillon, entité militaire nationale, une partie
intégrante d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies unifiée.
Le Manuel s’inspire des directives officielles des Nations Unies, notam-
ment des retours d’expérience et d’informations de missions sur le terrain
et d’anciens chefs de corps, ainsi que de la contribution de spécialistes du
maintien de la paix qui ont appuyé des bataillons de maintien de la paix
des Nations Unies, ou travaillé avec eux, mais il tire aussi parti d’une consul-
tation active avec les pays fournisseurs de contingents (PFC). Il constitue
une piste de réflexion sur la manière dont les bataillons de maintien de la
paix des Nations Unies peuvent opérer en tant que partie intégrante du
commandement d’une force ou d’un secteur. Il n’entend pas imposer des
solutions en ce qui concerne la formation, les opérations ou les structures
des forces des PFC. Il ne constitue pas non plus un instrument de sélection.
Les PFC expérimentés dans le domaine des opérations de la paix peuvent
utiliser les outils proposés dans le présent Manuel des Nations Unies en com-
plément des manuels nationaux. Pour ceux qui n’ont aucune expérience en

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United Nations Infantry Battalion Manual

la matière, le Manuel peut servir de guide pour constituer et envoyer sur le


terrain des bataillons de maintien de la paix efficaces et compétents.
Il n’est pas réaliste de créer une structure unique adaptée à tous les scé-
narios de maintien de la paix. Néanmoins, l’élaboration de modèles organ-
isationnels, tels que décrits dans le présent Manuel, équipés et préparés
conformément à des normes établies, et dont la structure peut être adap-
tée pour satisfaire aux exigences spécifiques d’un mandat de mission
donné ainsi qu’à la structure organisationnelle d’un pays fournisseur de
contingents, présente un intérêt majeur pour ces derniers et pour l’ONU.
Ces modèles ne doivent pas être considérés comme un « résultat final »
mais comme un « point de départ », certains éléments organisationnels
pouvant être « greffés » ou « retirés » en fonction des besoins. En fin de
compte, les structures des bataillons seront conformes au mémorandum
d’accord conclu entre l’ONU et les PFC.
Le Manuel comporte deux volumes. Le volume I est axé sur des aspects
conceptuels liés au maintien de la paix et ayant trait à diverses poli-
tiques de l’ONU, aux normes capacitaires des bataillons, à des missions
générales, à l’organisation, ainsi qu’aux besoins en matière d’évaluation
et de formation. Le volume II traite de manière plus exhaustive des mis-
sions spécifiques, des normes capacitaires et des fiches d’auto-évaluation
et fournit divers modèles et annexes en guise de directives pratiques pour
la mise en œuvre des fonctions.
On ne soulignera jamais assez l’importance de la formation pour garantir
une grande efficacité sur le terrain. La formation du commandant, de l’état-
major et des commandants de compagnie du bataillon doit faire l’objet
d’une attention particulière, comme indiqué au chapitre 10. Des modules
spécifiques aux missions et basés sur des scénarios sont proposés et doivent
être utilisés autant que possible, non seulement au cours de la phase de pré-
déploiement mais également sur le terrain au moment du déploiement.
Les composantes militaires participant à des opérations de maintien de
la paix sont composées d’unités émanant de divers pays contributeurs de
contingents, conjuguant des langues, des cultures et des éthiques profes-
sionnelles différentes aux fins du maintien de la paix. Le présent Manuel
constitue un cadre de référence commun qui améliorera l’interopérabilité.
C’est le chef de corps, son état-major dédié et bien entraîné ainsi qu’une
force composée de soldats disciplinés, motivés et parfaitement formés qui
permettent de disposer en fin de compte de la souplesse et des capacités

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Portée et objectifs

requises pour garantir le succès d’un bataillon d’infanterie dans le cadre


d’une mission de l’ONU.

Contexte
Le concept du présent Manuel destiné aux bataillons d’infanterie des
Nations Unies découle d’un programme global axé sur le développement
des capacités de maintien de la paix et visant à renforcer l’interopérabilité
et l’efficacité des moyens utilisés par les missions en rapprochant les
politiques et directives de l’ONU et les opérations de maintien de la paix
basées sur les capacités. Ce programme a été introduit en 2009 dans le
cadre de l’initiative de réforme des opérations de maintien de la paix inti-
tulée « Horizons Nouveaux ». Il est considéré par les États Membres et le
Secrétariat comme un pilier central de l’effort collectif en faveur du ren-
forcement du maintien de la paix des Nations Unies. Il cherche à dégager
un consensus autour d’une vision stratégique relative au maintien de la
paix par les Nations Unies plaçant les résultats au cœur des opérations.
Le Manuel à l’usage des bataillons d’infanterie des Nations Unies est le
fruit d’un vaste processus de consultations et d’une collaboration entre
les contributeurs aux opérations de maintien de la paix, le Secrétariat des
Nations Unies et les missions sur le terrain. Toute une série d’ateliers et de
débats informels ont été organisés dans ce contexte. De plus, un Groupe
technique de référence, composé d’experts des États Membres en matière
d’opérations de maintien de la paix menées par les bataillons d’infanterie,
issus des missions permanentes, leurs homologues nationaux, les missions
sur le terrain, les centres de formation au maintien de la paix et le Secré-
tariat ont révisé le contenu du Manuel.

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United Nations Infantry Battalion Manual

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CHAPITRE 2 asdf
Principes, politiques et cadre
2.1 : Généralités.
Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies ont évolué, en par-
ticulier après la fin de la guerre froide dans les années 90, devenant l’un des
principaux outils dont la communauté internationale se sert pour gérer les
crises complexes qui menacent la paix et la sécurité internationales. Ces
dernières années, elles sont devenues pluridimensionnelles, impliquant
une série de composantes, notamment les composantes militaire, police,
affaires politiques, état de droit, droits de l’homme, reconstruction, infor-
mation, protection de l’enfance et égalité des sexes. Le maintien de la paix
n’est plus exclusivement du ressort des militaires. Par ailleurs, il a désormais
un caractère plus multinational, compte tenu du nombre croissant de pays
fournisseurs de contingents (PFC).

2.2 : Objectif.
Le présent chapitre vise à fournir une vue d’ensemble des principes, des
politiques et du cadre des Nations Unies, tels qu’ils s’appliquent aux opéra-
tions de maintien de la paix, par nature globales et multisectorielles. Il pré-
cise l’orientation stratégique et établit des directives opérationnelles afin
de favoriser une meilleure compréhension des diverses questions qui se
posent au niveau du bataillon d’infanterie.

2.3 : Historique des opérations de maintien de la paix des


Nations Unies.
Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies reposent sur le
principe selon lequel une présence impartiale sur le terrain peut atténuer
les tensions entre les parties hostiles et ouvrir un espace de réconciliation
politique. Le maintien de la paix pourrait combler l’écart entre la cessation
des hostilités et une paix durable, mais uniquement si les parties au conflit
sont animées de la volonté politique nécessaire pour atteindre cet objectif.
Conçu au départ pour réagir à un conflit entre États, le maintien de la paix
est de plus en plus utilisé dans le sillage de conflits intra-étatiques et de
guerres civiles, impliquant souvent plusieurs factions armées, qui poursui-

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United Nations Infantry Battalion Manual

vent des objectifs politiques différents et sont régies par des chaînes de
commandement morcelées.
Sans perdre de vue le caractère multidimensionnel, un bataillon doit être
prêt à remplir diverses missions opérationnelles ou non dans un contexte
multinational, pluriculturel et plurilinguistique. Le Conseil de sécurité a de
plus autorisé les composantes militaires des opérations de maintien de la
paix à recourir à la force au-delà de la légitime défense pour concrétiser
certains objectifs des mandats, et notamment à des fins de la protection
des civils. Par ailleurs, plusieurs domaines, tels que l’appui aux missions
et la sécurité du personnel, restent essentiels pour garantir le succès des
opérations de maintien de la paix, quel que soit le mandat d’une mission
spécifique.
Référence :
• Manuel sur les opérations multidimensionnelles de maintien de la paix des Nations Unies,
2003 (Préface, L’évolution du maintien de la paix).

2.4 : Organisation des Nations Unies.


L’ONU est une organisation internationale qui entend faciliter la coopéra-
tion dans les domaines du droit international, de la sécurité internatio-
nale, du développement durable (socioéconomique et environnemen-
tal), du progrès social, des droits de l’homme, et de la concrétisation de
la paix dans le monde. Les activités de maintien de la paix s’opèrent dans
un contexte tant physique que social, économique et politique, mais
surtout évolutif. Un ensemble de problèmes évolutifs ne peut être traité
sans une certaine souplesse. Le succès n’est jamais garanti, en particulier
parce que les missions de maintien de la paix de l’ONU sont en général
déployées dans des contextes géographiques et politiques extrême-
ment complexes.

2.5 : Principes de base des opérations de maintien de la


paix de l’ONU
Trois principes de base ont traditionnellement été avancés et continuent
de définir l’activité de maintien de la paix des Nations Unies comme un
outil spécifique du maintien de la paix et de la sécurité internationales :
• Le consentement des parties.
• L’impartialité.
• Le non-recours à la force (sauf en cas de légitime défense ou de défense du
mandat).

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Principes, politiques et cadre

Ces principes sont interdépendants et se renforcent mutuellement. Il est


primordial que toutes les parties qui interviennent dans la planification et
la conduite des opérations de maintien de la paix des Nations Unies com-
prennent leur sens et leur relation mutuelle, afin de pouvoir les mettre en
œuvre efficacement.
2.5.1 : Consentement des parties. Les opérations de maintien de la paix
des Nations Unies sont déployées avec le consentement des principales
parties au conflit. Cela implique l’adhésion des parties à un processus poli-
tique (et notamment à un accord de cessez-le-feu) et leur consentement à
la présence de l’opération de maintien de la paix qui est chargée d’appuyer
ce processus. Le consentement des principaux protagonistes permet de
jouir de la liberté d’action politique et physique dont elles ont besoin pour
accomplir les missions prévues par les mandats. Faute de consentement,
une opération de maintien de la paix des Nations Unies court le risque de
se voir impliquée dans le conflit, ou entraînée dans une action coercitive,
et de s’éloigner ainsi de sa vocation première qui est de maintenir la paix.
Dans l’accomplissement de son mandat, une opération de maintien de la
paix des Nations Unies doit toujours s’efforcer de préserver le consente-
ment des principales parties au conflit, tout en assurant l’avancement du
processus de paix.
À cet égard, il est essentiel que toutes les personnes impliquées dans
l’opération aient une bonne compréhension de l’histoire, des coutumes
et de la culture de la région concernée et qu’elles possèdent la capacité
d’évaluer les intérêts et les motivations changeantes des parties. À l’issue
d’un conflit, le consentement des parties peut s’avérer incertain et peu
fiable à cause de la méfiance qui persiste entre elles. Il faut que l’opération
de maintien de la paix surveille et analyse son environnement opérationnel
de manière constante afin d’anticiper et de devancer tout fléchissement du
consentement. Une opération de maintien de la paix doit être dotée des
capacités politiques et analytiques, des ressources opérationnelles et de la
volonté nécessaires pour gérer l’absence ou l’érosion du consentement au
niveau local. Parfois, il arrive que le recours à la force soit inévitable.
2.5.2 : Impartialité. Une opération de maintien de la paix des Nations
Unies doit s’acquitter de son mandat sans faveur ni préjudice à l’égard de
l’une ou de l’autre des parties. L’impartialité est essentielle pour préserver
le consentement et la coopération des principales parties. Pour autant,
elle ne doit pas se confondre avec la neutralité ou l’inaction. Le personnel
œuvrant dans une opération de maintien de la paix des Nations Unies doit

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United Nations Infantry Battalion Manual

rester impartial dans ses relations avec les parties en conflit. Toutefois, ceci
ne signifie pas qu’il doit rester neutre dans l’application du mandat de la
mission. Malgré le besoin d’établir et de préserver de bons rapports avec
les parties, il faut qu’une opération de maintien de la paix évite scrupule-
usement toute activité qui puisse compromettre son image d’impartialité.
La nécessité d’être équitable envers toutes les parties ne peut justifier
l’inaction face à des comportements clairement nuisibles au processus de
paix. Tout comme un bon arbitre est impartial mais siffle les fautes, une
opération de maintien de la paix ne peut pas fermer les yeux sur les actions
d’une quelconque partie qui viole les termes d’un accord de paix ou les
normes et les principes internationaux qu’une opération de maintien de la
paix des Nations Unies est censée faire respecter.
Une mission ne doit pas transiger dans l’application stricte du principe
d’impartialité par crainte de malentendus ou de mesures de rétorsion.
Toutefois, avant d’agir, il est toujours prudent de s’assurer que la justifica-
tion de l’action est bien établie, comprise et clairement communiquée à
tous. Faute de quoi, l’opération de maintien de la paix court le risque de
perdre sa crédibilité et sa légitimité, et de provoquer le retrait du consente-
ment à sa présence par une ou plusieurs des parties. Lorsqu’une opération
de maintien de la paix se voit obligée de contrer de telles violations, il faut
qu’elle agisse de manière transparente et ouverte et qu’elle soit en mesure
de communiquer les raisons de son action de manière efficace.
2.5.3 : Le non-recours à la force (sauf en cas de légitime défense ou de
défense du mandat). Les opérations de maintien de la paix des Nations
Unies ne peuvent servir d’outil d’imposition de la paix. Toutefois, il se peut
qu’elles utilisent la force au niveau tactique, avec l’autorisation du Conseil
de sécurité, pour se défendre ou défendre leur mandat. Les contextes dans
lesquels ces opérations sont déployées sont souvent caractérisés par la
présence de milices, de bandes criminelles et d’autres fauteurs de troubles
locaux qui tentent de perturber le processus de paix ou qui constituent
une menace pour la population civile.
Plusieurs opérations de maintien de la paix des Nations Unies déployées
dans ce type d’environnement ont reçu mandat du Conseil de sécurité les
autorisant à « employer tous les moyens nécessaires » pour prévenir toute
tentative de troubler le processus de paix, pour protéger les civils en cas de
menace imminente d’atteinte à l’intégrité physique des personnes ou pour
aider les autorités nationales à maintenir l’ordre public. L’usage préventif

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Principes, politiques et cadre

de la force pour défendre le mandat a permis à ces opérations de maintien


de la paix d’améliorer la situation sécuritaire et de créer un environnement
propice à la consolidation de la paix dans les pays où elles sont déployées.
Il convient de n’opter pour le recours à la force qu’en dernier ressort, après
avoir épuisé toute autre méthode de persuasion. Une opération de main-
tien de la paix des Nations Unies doit faire preuve de retenue dans son
usage de la force.
L’usage de la force sert, en fin de compte, à influencer ou à dissuader les
groupes cherchant à saper le processus de paix ou qui s’attaquent aux
civils, et non à les éliminer physiquement. Il doit toujours être calibré,
précis, proportionnel et approprié, conformément au principe de la force
minimale nécessaire pour atteindre l’effet recherché, tout en maintenant
le consentement à la présence de la mission et à son mandat. Les soldats
de la paix doivent rester sensibles à la nécessité d’une réduction rapide du
niveau de la violence et d’un retour à l’usage de moyens de persuasion non
violents. Compte tenu des implications politiques du recours à la force, les
décisions concernant l’usage de la force doivent être prises à un niveau
approprié au sein de la mission, tout en tenant compte d’un ensemble de
facteurs, notamment les capacités de la mission, les perceptions du public,
l’impact humanitaire, la protection de la force, la sécurité du personnel et
surtout les répercussions que ces décisions peuvent avoir sur le consente-
ment des parties tant au niveau national qu’au niveau local.
2.5.4 : Autres facteurs de succès. La conduite des opérations de maintien
de la paix des Nations Unies continue à être guidée par les principes de
base du consentement, de l’impartialité et du non-recours à la force sauf
en cas de défense légitime ou de défense du mandat. Pour être couron-
nées de succès, les opérations de maintien de la paix doivent également
apparaître comme légitimes et crédibles, en particulier aux yeux de la pop-
ulation locale et il est nécessaire de promouvoir l’appropriation nationale
et locale afin de contribuer à la mise en place d’une paix durable.
2.5.5 : Légitimité. La légitimité internationale représente un des princi-
paux atouts d’une opération de maintien de la paix. Cela découle du fait
qu’elle est créée sur la base d’un mandat octroyé par le Conseil de sécurité
des Nations Unies qui détient la responsabilité principale du maintien de
la paix et de la sécurité internationales. La grande diversité des États Mem-
bres renforce cette légitimité internationale. La légitimité des opérations
de maintien de la paix se base également sur le fait qu’elles sont placées

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United Nations Infantry Battalion Manual

sous la direction du Secrétaire général des Nations Unies, une figure inter-
nationale impartiale respectée et vouée à la défense des objectifs et des
principes de la Charte des Nations Unies.
La manière dont une opération de maintien de la paix des Nations Unies
se conduit sur le terrain a une influence profonde sur la perception de sa
légitimité. La fermeté et l’impartialité avec lesquelles elle remplit son man-
dat, la circonspection dont elle fait preuve dans son usage de la force, la
discipline qu’elle impose à son personnel, le respect qu’elle montre envers
les coutumes, institutions et lois locales et la façon dont elle interagit avec
la population locale ont un impact direct sur la légitimité de cette opéra-
tion. Les missions de maintien de la paix doivent rester sensibles aux ques-
tions de souveraineté nationale. Le rôle des acteurs internationaux doit
décroître d’autant plus rapidement que les structures gouvernementales
légitimes s’établissent. Les opérations de maintien de la paix des Nations
Unies doivent promouvoir l’appropriation nationale et locale, encourager
la création de capacités locales et rester sensibles aux effets que leur con-
duite peut avoir sur la population locale.
2.5.6 : Crédibilité. La crédibilité d’une opération de maintien de la paix
des Nations Unies dépend directement du niveau de confiance dont elle
jouit au sein de la communauté internationale et de la population locale
quant à sa capacité à mener à bien son mandat. La crédibilité d’une mis-
sion dépend des ressources mises à sa disposition, de son efficacité et
de sa capacité à gérer les attentes et à y répondre. Idéalement, pour être
crédible, une opération de maintien de la paix des Nations Unies doit se
déployer le plus rapidement possible, disposer de ressources dimension-
nées et s’appliquer à donner une image de confiance, de compétence et
de cohésion. L’établissement rapide d’une présence crédible dissuade les
fauteurs de troubles et réduit la nécessité d’un éventuel recours à la force
pour l’exécution du mandat.
Pour qu’une opération de maintien de la paix des Nations Unies soit
crédible, son mandat doit être clair et réalisable et elle doit disposer des
ressources et des capacités nécessaires pour le remplir. La mission doit se
doter d’un plan d’action solide et intelligible, diffusé à tous les niveaux et
exécuté de manière impartiale et efficace. Le déploiement d’une opéra-
tion de maintien de la paix des Nations Unies suscite toujours des attentes
élevées au sein de la population locale quant à sa capacité à répondre à
ses besoins les plus urgents. Si la population estime que cette opération
n’a pas répondu à ses attentes, elle risque de devenir l’objet d’un mécon-

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Principes, politiques et cadre

tentement populaire ou, pire encore, d’une opposition active. La crédibilité


d’une mission est étroitement liée à sa capacité à gérer ces attentes tout au
long de son déploiement. Le maintien de la crédibilité est donc une condi-
tion essentielle à sa réussite.
2.5.7 : Promotion de l’appropriation nationale et locale. L’appropriation
nationale et locale est essentielle pour qu’un processus de paix soit mené à
bien. Lors de la planification et de la mise en œuvre de ses programmes et
de ses activités centrales, une opération de maintien de la paix des Nations
Unies doit s’efforcer de promouvoir l’appropriation nationale et locale et
d’encourager la confiance et la coopération entre les acteurs nationaux.
Une approche efficace de la promotion de l’appropriation nationale et
locale renforce la légitimité d’une opération de maintien de la paix des
Nations Unies et facilite l’accomplissement du mandat tout en contribuant
à la durabilité des capacités nationales après le retrait de l’opération.
Les partenariats avec les acteurs nationaux doivent se baser sur l’impartialité,
la diversité, l’inclusion et l’égalité entre les sexes. L’appropriation nationale
et locale exige tout d’abord une connaissance approfondie du contexte
national (la situation politique et socioéconomique du pays). Une opéra-
tion de maintien de la paix des Nations Unies est parfois amenée, sur le
court terme, à remplir certaines fonctions de nature étatique, notamment
dans le domaine de la sécurité et de l’ordre public. Cela doit toutefois se
faire de manière consultative. Le but ultime est de restaurer dès que pos-
sible la capacité des acteurs et des institutions nationaux à assumer leurs
responsabilités et à exercer leur pleine autorité dans le respect des règles
et des normes internationalement reconnues. Toute activité de forma-
tion visant à développer les capacités nationales doit offrir une chance
égale aux femmes et aux hommes. Des mesures ciblées pourraient parfois
s’avérer nécessaires pour réduire l’inégalité entre les sexes.
Il importe que tous les membres du bataillon comprennent parfaitement
les principes des Nations Unies ainsi que les facteurs de succès éprouvés,
et qu’ils en tiennent compte dans le cadre de l’exécution des tâches des
missions de maintien de la paix.
Référence :
• Opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Principes et Orientations, 2008.

2.6 : Cadre juridique des opérations de maintien de la paix.


La Charte des Nations Unies, signée à San Francisco le 26 juin 1945, con-
stitue le document de référence qui atteste du bien-fondé de tout le tra-

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United Nations Infantry Battalion Manual

vail des Nations Unies. L’ONU a été créée pour « préserver les générations
futures du fléau de la guerre » et l’un de ses principaux buts est de main-
tenir la paix et la sécurité internationales. La Charte confère au Conseil de
sécurité de l’ONU la responsabilité principale du maintien de la paix et de
la sécurité internationales. Dans l’exercice de cette responsabilité, le Con-
seil peut adopter différentes mesures, dont la création d’une opération de
maintien de la paix des Nations Unies. La base juridique d’une telle action
se trouve dans les Chapitres VI, VII et VIII de la Charte des Nations Unies.
Tandis que le Chapitre VI traite du « Règlement pacifique des différends », le
Chapitre VII contient des dispositions relatives à l’« Action en cas de menace
contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression ». Le Chapitre VIII
de la Charte prévoit également la participation de dispositifs et d’accords
régionaux dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Le développement et l’encouragement du respect des droits de l’homme
et des libertés fondamentales pour tous sont deux des objectifs des
Nations Unies, tels que définis par leur Charte. L’engagement des Nations
Unies à l’égard des droits de l’homme consacré dans la Charte a été suivi du
développement du droit international des droits de l’homme qui constitue
une composante essentielle du cadre normatif global des opérations de
maintien de la paix des Nations Unies. Texte fondateur, la Déclaration uni-
verselle des droits de l’homme stipule que les droits de l’homme et les lib-
ertés fondamentales sont universels et garantis pour tous.
Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies doivent être
menées dans le respect total des droits de l’homme tout en essayant de faire
avancer ces derniers à travers la mise en œuvre de leur mandat. Ce point
de doctrine a d’importantes répercussions opérationnelles sur le travail des
composantes militaires de l’ONU, lesquelles sont censées promouvoir et
protéger les droits de l’homme tout en remplissant des missions telles que
des patrouilles et des activités d’observation et de liaison avec les homo-
logues militaires du pays hôte ou la formation des forces armées locales. Il
est essentiel que le personnel déployé dans les opérations de maintien de
la paix des Nations Unies soit formé et préparé pour assumer ces fonctions.
Connu également sous le nom de « droit de la guerre » ou « droit des conflits
armés », le droit international humanitaire limite les répercussions des con-
flits armés en encadrant les moyens et méthodes utilisés dans le contexte
d’un conflit. Le droit international humanitaire est conçu pour protéger ceux
qui ne participent pas ou ne participent plus aux hostilités, les malades et les
blessés, les prisonniers et les civils et pour garantir les droits et obligations

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Principes, politiques et cadre

des parties à un conflit dans la conduite des hostilités. Il est contenu dans les
quatre Conventions de Genève de 1949 et les 2 Protocoles additionnels de
1977. Il comprend aussi des conventions et traités interdisant le recours à cer-
taines armes et tactiques militaires et protégeant certaines catégories de per-
sonnes et de biens, de même que la propriété culturelle et l’environnement
pendant les conflits armés. La circulaire du Secrétaire général sur le respect
du droit international humanitaire par les forces des Nations Unies du 6 août
1999 (ST/SGB/1999/13) détaille les principes et les règles fondamentaux du
droit international humanitaire applicables au personnel déployé au sein
d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies.
Références :
• Charte des Nations Unies, 1945.
• DOMP/DAM, Opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Principes et Orientations,
2008.

2.7 : Activités préliminaires de consolidation de la paix.


Généralités. La stratégie pour les premiers stades de la consolidation de
la paix (La contribution des activités de maintien de la paix de l’ONU aux
premiers efforts de consolidation de la paix : stratégie du DOMP/DAM pour
les soldats du maintien de la paix) fournit des orientations aux soldats de
la paix de l’ONU pour hiérarchiser, ordonner et planifier des missions ini-
tiales de consolidation de la paix. Les initiatives prioritaires sont celles qui
permettent de faire avancer le processus de paix ou les objectifs politiques
d’une mission, d’assurer la sécurité et/ou de jeter les fondations pour le
renforcement à long terme des institutions. L’ordonnancement des mis-
sions sera spécifique à chaque site et dépendra de la mesure dans laquelle
les missions prioritaires sont réalisables.
Ces initiatives sont menées de manière progressive : les activités préalables
au déploiement en premier lieu et ensuite les initiatives opérationnelles,
qui peuvent être lancées simultanément et visent à atteindre deux objec-
tifs principaux :
• Piste 1. Les activités qui assurent la sécurité, instaurent et renforcent la con-
fiance dans un processus de paix et offrent l’espace nécessaire à d’autres
acteurs internationaux et des Nations Unies.
• Piste 2. Les initiatives qui contribuent à consolider le processus de paix et
à faciliter un retrait en douceur d’une opération de maintien de la paix en
jetant les fondations nécessaires à une consolidation institutionnelle à plus
long terme.

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United Nations Infantry Battalion Manual

Facteurs de succès/risque. La volonté politique aux niveaux national,


régional et international; la connaissance des réalités locales grâce à des
évaluations approfondies; un mandat clair et réalisable appuyé par un
financement adéquat; un leadership fort; des partenariats basés sur des
rôles clairement définis, des avantages comparatifs et des approches inté-
grées; une appropriation nationale et locale; la participation de la popu-
lation à la définition des priorités; la disponibilité des compétences et de
l’équipement nécessaires; et des moyens de déploiement rapide, entre
autres, figurent parmi les facteurs qui déterminent le succès des initiatives
préliminaires de consolidation de la paix.

Rôle des militaires


Dans la majeure partie des cas, les soldats de la paix seront les premiers
agents déployés dans la région au lendemain d’un conflit. Le processus
de génération de force visant à mettre de nouveaux soldats de la paix à
la disposition de l’ONU ne peut être démarrer qu’après avoir obtenu l’aval
du Conseil de sécurité, ce qui occasionne systématiquement un retard du
déploiement initial. Les facilitateurs militaires sont également détermi-
nants dans les premières phases pour fournir les moyens vitaux de génie,
de transport et de soutien médical. Les soldats de la paix s’efforceront
dans l’immédiat de faciliter le rétablissement de la sécurité et d’instaurer
un environnement sécurisé au sein duquel les organismes humanitaires et
autres pourront opérer.
Piste 1. Les soldats de la paix seront probablement amenés à assurer la
sécurité sur des sites spécifiques, tels que des institutions nationales, des
installations clefs, des camps de personnes déplacées, ou à collaborer avec
la Police des Nations Unies (si elle est déployée à ce stade) afin de limiter les
troubles à l’ordre public. Ils établiront sans tarder un système de patrouilles
régulières, lesquelles peuvent contribuer dans une large mesure à apaiser
une situation explosive, à rassurer la population et à témoigner de manière
visible d’un soutien extérieur lorsque la situation l’exige. Avec le déploie-
ment de la Police des Nations Unies, les patrouilles seront probablement
réalisées conjointement, la responsabilité étant progressivement confiée à
cette police au fur et à mesure que la situation s’apaise. Des contacts seront
ensuite noués avec les principaux dirigeants civils et militaires nationaux
afin de rassurer et de favoriser une connaissance et une compréhension
mutuelles. Les patrouilles pourront alors être élargies, notamment en
organisant des patrouilles ciblées chargées de traiter des violations récur-

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Principes, politiques et cadre

rentes des droits de l’homme telles que la violence sexuelle et sexiste. À


titre d’exemple, il pourra s’agir d’escorter des femmes partant chercher du
bois de chauffage ou ramasser les récoltes, lorsqu’elles seraient autrement
régulièrement attaquées ou agressées.
Piste 2. Les initiatives pourront viser à épauler ou former une partie
des forces nationales, voire être une étape préalable à des opérations
conjointes, si le mandat l’exige, comme cela a été le cas en République
démocratique du Congo. Ces activités exigent des compétences militaires
de base, lesquelles seront ensuite adaptées au contexte des opérations
de maintien de la paix afin d’assurer une protection efficace des civils. La
formation militaire de base doit également enseigner des compétences
spécifiques à la mission afin d’optimiser l’efficacité lors du déploiement sur
le théâtre des opérations. Il pourra s’agir d’une formation linguistique ou
de l’enseignement de compétences spécialisées portant sur des sujets div-
ers tels que les patrouilles longue distance ou les communications longue
portée ou une liaison efficace avec d’autres contingents et factions. Les
compétences en matière de compte rendu s’avèrent également primor-
diales pour que les composantes militaires puissent assurer la transmission
d’informations fiables en temps opportun au Quartier général de la force
de paix, au Centre opérationnel conjoint et à la Cellule d’analyse conjointe
de la mission afin de tenir les hauts dirigeants informés. La planification
intégrée, l’information dans le contexte des relations publiques et la coo-
pération civilo-militaire (CIMIC) sont d’autres compétences qui peuvent
être développées dans le cadre de la formation.
Cette stratégie vise à améliorer la capacité des opérations de maintien de
la paix à accomplir des missions de manière prévisible, efficace et respon-
sable dans les domaines complexes que sont la sécurité, la fourniture de
services de base, le soutien aux processus politiques, le rétablissement et
le renforcement de l’autorité de l’État.
Références :
• La contribution des activités de maintien de la paix de l’ONU aux premiers efforts de
consolidation de la paix : stratégie du DOMP/DAM pour les soldats de la paix (2011).
• Peacekeeping and Peacebuilding : Clarifying the Nexus, septembre 2010.
• Rapport du Secrétaire général sur la consolidation de la paix au lendemain d’un conflit,
A/63/881-S/2009/304.
• Opérations de maintien de la paix des Nations Unies - Principes et Orientations, 2008.

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United Nations Infantry Battalion Manual

2.8 : Droits de l’homme.


Comme précisé dans la Charte, le maintien de la paix et de la sécurité inter-
nationales ainsi que la réalisation d’une coopération internationale pour
développer et encourager le respect des droits de l’homme et des liber-
tés fondamentales pour tous font partie des objectifs poursuivis par les
Nations Unies. Le respect des droits de l’homme est en soi fondamental
pour promouvoir la paix et la sécurité, et l’adoption d’une approche unifiée
par les Nations Unies est primordiale pour concrétiser ces deux objectifs
inscrits dans la Charte. Les violations des droits de l’homme sont une con-
stante des situations conflictuelles dans lesquelles les opérations de paix
sont déployées. La défense et la promotion des droits de l’homme sont
des éléments essentiels des initiatives des Nations Unies visant à prévenir
les conflits, maintenir la paix, et faciliter les efforts de reconstruction après
les conflits; il est capital de tenir dûment compte des aspects inhérents
aux droits de l’homme propres à ces diverses formes d’intervention pour
garantir la réussite des activités des Nations Unies dans ces domaines. Les
opérations de maintien de la paix des Nations Unies sont de plus en plus
multidimensionnelles, compte tenu de l’inclusion fréquente de mandats,
composantes, missions et fonctions liés aux droits de l’homme.
Les chefs et les militaires en général doivent être conscients que, dans le
cadre de leurs fonctions, il leur appartient de surveiller, de promouvoir et
de protéger les droits de l’homme. Dès lors, il est primordial d’instaurer une
coopération efficace avec les responsables des droits de l’homme de la
mission afin de promouvoir le programme commun concernant ces droits.
La consolidation du partenariat entre la composante militaire et celle des
droits de l’homme peut renforcer dans une large mesure la capacité d’une
opération de maintien de la paix à protéger et favoriser une analyse plus
prompte des menaces qui peuvent surgir et une sensibilisation plus effi-
cace des potentiels fauteurs de troubles ou auteurs de violations des droits
de l’homme. Cela permettra en fin de compte d’obtenir une idée plus claire
de la situation et contribuera également à la légitime défense des soldats
de la paix, la détérioration de la situation des droits de l’homme étant sus-
ceptible d’indiquer que les forces belligérantes changent d’attitude et de
tactiques.
Les responsabilités militaires en matière de droits de l’homme sont détail-
lées dans la Politique du DOMP/HCDH/DAP/DAM concernant les droits de
l’homme dans les opérations de maintien de la paix et les missions poli-

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Principes, politiques et cadre

tiques des Nations Unies, et plus précisément dans ses dispositions rela-
tives au personnel militaire des Nations Unies (par. 84 à 88) :
• Les militaires jouent un rôle important en consignant des informations per-
tinentes sur les droits de l’homme, y compris les allégations ou les indices de
violations potentielles des droits de l’homme (meurtres, viols, etc.) lors des
patrouilles, des contrôles et des fouilles. Il convient de faire part sans tarder
de telles allégations à la composante droits de l’homme afin de vérifier les
faits, d’enquêter à leur sujet et d’assurer le suivi.
• L’ensemble du personnel militaire doit être capable d’identifier une violation
des droits de l’homme et être prêt à intervenir conformément au mandat et
aux règles d’engagement et de comportement. Les officiers supérieurs ont
deux responsabilités à cet égard :
 Veiller à ce que des procédures soient mises en œuvre pour guider les
opérations des soldats de la paix confrontés à des violations des droits de
l’homme.
 Veiller à ce qu’une formation adéquate soit dispensée au personnel mili-
taire avant le déploiement afin qu’il ait un niveau de compréhension sat-
isfaisant de la relation entre ses missions et les droits de l’homme, et de le
préparer à assumer ces responsabilités.
• Les militaires peuvent fournir un appui important au personnel chargé des
questions relatives aux droits de l’homme à travers son expertise militaire
et/ou en assurant une escorte dans le cadre des enquêtes sur les droits de
l’homme. La coopération entre le personnel militaire et la composante droits
de l’homme peut aussi se traduire par la mise en place de patrouilles com-
munes ou d’une stratégie de mobilisation commune envers les auteurs pré-
sumés de violations des droits de l’homme afin de mettre fin à ces violations.
• Le rapport de retour d’expérience établi par le Haut-Commissariat des
Nations Unies aux droits de l’homme intitulé « Human Rights Integration in
the Work of UN Military Components (2010) » fournit des exemples positifs
de contributions du personnel militaire dans le domaine des droits de
l’homme, au sein des opérations de paix.
Référence :
• Politique du DOMP/HCDH/DAP/DAM relative aux droits de l’homme dans les opérations de
maintien de la paix et les missions politiques des Nations Unies, septembre 2011.

2.9 : Sûreté et sécurité.


C’est au gouvernement hôte qu’incombe au premier chef la responsabilité
d’assurer la sécurité et la protection des membres du personnel des organ-
ismes des Nations Unies, des personnes reconnues à leur charge et de leurs

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United Nations Infantry Battalion Manual

biens ainsi que des biens des organismes. Sans préjudice de ce qui précède
et sans non plus affranchir le gouvernement hôte de ses obligations à cet
égard, l’Organisation des Nations Unies est tenue, en tant qu’employeur,
de renforcer les capacités dudit gouvernement quant à l’exercice de
ces obligations et, le cas échéant, d’y suppléer lorsque le personnel des
Nations Unies opère dans des zones où l’insécurité exige la mise en œuvre
de mesures d’atténuation qui dépassent ce que l’on peut raisonnablement
attendre du gouvernement en question.
Aux termes de l’Article 97 de la Charte des Nations Unies, le Secrétaire
général est le plus haut fonctionnaire de l’Organisation. Le Secrétaire
général délègue au Secrétaire général adjoint à la sûreté et à la sécurité
l’autorité nécessaire à la prise de décisions d’ordre administratif concer-
nant la direction et le contrôle du système de gestion de la sécurité des
organismes des Nations Unies, ainsi que la sûreté et la sécurité du person-
nel civil et des installations et des biens dans les villes sièges et les bureaux
hors siège. Le Département de la sûreté et de la sécurité assume la respon-
sabilité générale de la sûreté et de la sécurité des Nations Unies dans le
monde.
Il lui incombe de gérer les préoccupations en matière de sûreté et de sécu-
rité dans toutes les installations des Nations Unies et d’y répondre. Mais les
soldats de la paix sont également tenus de veiller à leur sécurité ainsi qu’à
celle de leur matériel, en plus d’assurer la sécurité d’autres membres du
personnel des Nations Unies et en particulier du personnel civil. Le cadre
de responsabilité promulgué par le Département de la sûreté et de la sécu-
rité stipule les responsabilités et obligations des responsables et du per-
sonnel des Nations Unies à divers niveaux de fonction. Tous les soldats de
la paix des Nations Unies sont responsables de ce qui suit :
Acquérir une formation appropriée sur la sûreté et la sécurité;
• Adopter un comportement qui ne met pas sa vie ou celle d’autrui en danger;
• Faire part dès que possible de tous les incidents liés à la sûreté et à la sécurité
au coordonnateur pour les questions de sécurité;
• Se conformer aux réglementations et procédures des Nations Unies en mat-
ière de sûreté et de sécurité, durant les heures de service et en dehors;
• Porter à tout moment son badge ONU de manière visible dans l’enceinte de
l’ONU.

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Principes, politiques et cadre

Par ailleurs :
• Les chefs de corps doivent se mettre en rapport avec le responsable de la
sûreté et de la sécurité/l’agent de liaison de la zone d’opérations;
• Les bataillons d’infanterie doivent restaurer et préserver la sûreté et la
sécurité de la zone de responsabilité (ZDR) en faisant preuve d’un esprit
d’initiative.
Référence :
• Système de gestion de la sécurité des Nations Unies (2008).

2.10 : Protection des civils.


Les civils continuent à être victimes de violations des droits de l’homme
et du droit international humanitaire en période de conflit armé. Dans le
contexte du maintien de la paix des Nations Unies, le Conseil de sécurité a
confié à plusieurs opérations la mission de protéger les civils exposés à la
menace imminente de violences physiques. Cette mission difficile est sou-
vent le critère sur la base duquel la communauté internationale, de même
que les personnes que les opérations de maintien de la paix s’efforcent de
protéger, jugent l’utilité des soldats de la paix. Ces aspects seront traités
plus en détail au chapitre 6.
Les missions liées à la protection des civils sont réalisées quotidiennement
par la force des Nations Unies, en étroite coordination avec d’autres com-
posantes de la mission. Les chefs de corps à tous les niveaux doivent avoir
conscience des menaces pesant sur la population ainsi que des vulnérabili-
tés de cette dernière, et sont tenus d’y faire face. Ils doivent en outre tenir
compte des aspects pertinents relatifs à la protection des civils dans le
cadre de la planification et de l’exécution de missions. Ces aspects seront
traités plus en détail au chapitre 6.
Référence :
• Concept opérationnel du DOMP/DAM sur la protection des civils dans les opérations de
maintien de la paix des Nations Unies (2009).

2.11 : Égalité entre les sexes.


Afin de renforcer la contribution des femmes dans la préservation de la paix
et de la sécurité internationales, le Conseil de sécurité a adopté à ce jour cinq
résolutions consacrées aux femmes, à la paix et à la sécurité : la résolution
1325 (2000), la résolution 1820 (2008), la résolution 1888 (2009), la résolu-
tion 1889 (2009) et la résolution 1960. Ces textes disposent que les missions
de maintien de la paix doivent encourager la participation des femmes à la

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United Nations Infantry Battalion Manual

prise de décisions après un conflit, prévenir les actes de violence sexuelle,


protéger les civils, y compris les femmes et les enfants, renforcer la présence
des femmes au sein du personnel de maintien de la paix, et dispenser une
formation systématique à tous les Casques bleus sur le traitement des pro-
blèmes liés à l’égalité entre les sexes dans le cadre de leur travail.
Dans ce contexte, l’accomplissement des missions militaires dans le cadre
des missions de maintien de la paix pluridimensionnelles nécessite de
plus en plus une interaction avec les populations locales. Il est dès lors
indispensable d’identifier les différentes répercussions des activités des
soldats de la paix sur différents groupes de la population locale, et d’en
tenir compte, afin de s’assurer que les préoccupations des femmes, des
hommes, des jeunes filles et des jeunes garçons en matière de sécurité
sont traitées de manière adéquate dans toutes les phases d’une mission
de maintien de la paix. Pour mettre en œuvre cette approche, il convient
d’exploiter l’expertise professionnelle du personnel militaire masculin et
féminin afin d’assurer une efficacité opérationnelle optimale.
Références :
• Principes directeurs du DOMP/DAM sur l’intégration d’une perspective de genre au travail
des forces armées des Nations Unies dans les opérations de maintien de la paix, mars 2010;
• Directive politique du DOMP/DAM sur le respect de l’égalité des sexes dans le cadre des
opérations de maintien de la paix, 2010.

2.12 : Violences sexuelles commises en période de conflit.


La composante militaire des opérations de maintien de la paix joue un
rôle capital en matière de protection des femmes et des enfants dans le
cadre de son mandat de protection des droits de l’homme, notamment
dans des situations où la menace imminente de violence physique est bien
réelle. Cela implique non seulement de protéger les femmes et les hom-
mes contre la violence sexuelle, mais également de prendre conscience de
la dynamique communautaire relative à la réinsertion socioéconomique
des survivants, et d’apporter le soutien nécessaire. En vue de la réalisation
de ces objectifs, il est recommandé à l’armée de recruter davantage de
femmes pour traiter cet aspect primordial de la sécurité dans les opéra-
tions de maintien de la paix et, surtout, de veiller à ce que l’ensemble du
personnel des Nations Unies comprenne que l’amélioration de la sécurité
des femmes augmente les chances de succès de la mission.
L’amélioration de l’efficacité des réponses apportées aux cas de violence
sexuelle dans le cadre des problèmes rencontrés au cours des conflits
est un nouvel aspect du maintien de la paix auquel le Conseil de sécu-

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Principes, politiques et cadre

rité est de plus en plus attentif. Les Nations Unies ont fourni aux forces de
maintien de la paix en uniforme des directives claires, illustrées par des
exemples, sur les réponses à apporter aux violences sexuelles liées aux
conflits démontrant clairement qu’une plus grande prise de conscience
permet d’améliorer la situation sur le terrain. Le Casque bleu doit rester un
emblème de l’espoir, de la paix et du progrès pour tous les civils – hommes,
femmes, garçons et filles. La question de la protection des civils contre la
violence sexuelle liée aux conflits est une mission qui n’incombe pas aux
seuls militaires mais qui exige également la participation de nombreuses
autres parties prenantes de manière à construire un environnement où la
sécurité physique et matérielle est assurée.
La coordination des missions de chaque unité doit impliquer toutes les
composantes concernées de la mission principale, telles que les com-
posantes droits de l’homme, égalité entre les sexes et protection de
l’enfance, ainsi que les membres de l’équipe de pays des Nations Unies, si
l’on veut inscrire les initiatives de lutte contre la violence sexuelle et sexiste
dans un cadre pluridimensionnel et tirer parti de tous les moyens offerts
par le système des Nations Unies, plutôt que de travailler de manière cloi-
sonnée. Les responsables de la coopération civilo-militaire (CIMIC) peuvent
également être des intermédiaires efficaces entre la force, les organismes
humanitaires et les composantes civiles, tels les observateurs des droits de
l’homme chargés de la liaison et de la gestion de l’information, afin que les
chefs de corps restent informés des activités de protection, notamment en
ce qui concerne la violence sexuelle.
Lorsque la violence sexuelle est utilisée comme un outil stratégique à des
fins militaires ou politiques, et/ou qu’elle est généralisée et/ou systéma-
tique, elle est considérée comme un crime de guerre, un crime contre
l’humanité ou un élément constitutif du crime de génocide, qui peut com-
promettre le rétablissement de la paix et de la sécurité (résolutions 1820,
1888 et 1960 du Conseil de sécurité de l’ONU). Le Conseil de sécurité a donc
intégré des dispositions dans le programme des Nations Unies visant à
prévenir et à réprimer la violence sexuelle, programme qui prévoit notam-
ment : un Représentant spécial du Secrétaire général chargé de la question
des violences sexuelles commises en période de conflit; un mécanisme de
surveillance, d’analyse et de communication de l’information relatif aux
violences sexuelles liées aux conflits en vue d’améliorer la prévention,
la réaction et la mise en jeu de la responsabilité; le recours à des indica-
teurs d’alerte rapide concernant les violences sexuelles liées aux conflits;

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United Nations Infantry Battalion Manual

des conseillers pour la protection des femmes; un processus de dialogue


concernant les « engagements » établis avec les parties au conflit armé
afin de prévenir et de traiter les cas de violence sexuelle perpétrée par les
parties; et une procédure de dénonciation publique avec l’inclusion, dans
le rapport annuel du Secrétaire général, d’une liste des parties à des con-
flits soupçonnées, selon des indices graves et concordants, d’avoir perpé-
tré des actes de violence sexuelle liée aux conflits (voir chapitre 6 sur la
protection des civils). L’accent a été mis sur la prévention de la violences
sexuelles, l’amélioration de la coordination entre les partenaires et les ser-
vices pour les victimes de violence sexuelle ainsi que sur la poursuite des
responsables d’actes de violence sexuelle.
Référence :
• Répondre à la violence sexuelle en temps de conflit, Inventaire analytique
des pratiques de maintien de la paix, 2010.

2.13 : Protection de l’enfance.


La protection des enfants dans les conflits armés est une préoccupation
fondamentale en matière de paix et de sécurité sur laquelle insistent huit
résolutions du Conseil de sécurité concernant les enfants et les conflits
armés (1261 de 1999, 1314 de 2000, 1379 de 2001, 1460 de 2003, 1539 de
2004, 1612 de 2005, 1882 de 2009 et 1998 de 2011). Par ailleurs, le Con-
seil de sécurité a intégré des dispositions spécifiques à la protection de
l’enfance dans divers mandats des opérations de maintien de la paix des
Nations Unies. Ces résolutions et mandats exigent que les missions de
maintien de la paix engagent plusieurs activités visant à promouvoir la
protection de l’enfance, et notamment :
• Surveiller et signaler les graves violations commises à l’encontre des enfants;
• Négocier des plans d’action visant à libérer les enfants aux mains des
groupes armés, ainsi que réprimer d’autres violations graves;
• Veiller à ce que l’ensemble du personnel des opérations de maintien de la
paix ait reçu une formation sur les questions relatives à la protection de
l’enfance.
La Directive d’orientation du DOMP/DAM relative à la prise en compte
systématique de la protection, des droits et du bien-être des enfants tou-
chés par les conflits armés dans les opérations de maintien de la paix des
Nations Unies (Réf. [2009.17]), en date du 1er juin 2009, contient des indi-
cations détaillées sur la manière dont les missions de maintien de la paix
doivent procéder pour intégrer la protection de l’enfance dans leurs activi-

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Principes, politiques et cadre

tés. Les conseillers pour la protection de l’enfance déployés au sein de ces


missions fournissent des orientations, des conseils et un soutien sur les
questions connexes.
Les militaires ont un rôle particulier à jouer en matière de promotion de
la protection de l’enfance dans les zones d’opérations et dans le cadre de
la prévention des violations, de l’exploitation et des violences sexuelles. Il
convient que les commandants d’unité se penchent, entre autres, sur les
questions suivantes : les violations graves commises contre des enfants
telles que leur recrutement et utilisation par les forces et les groupes
armés, les meurtres et mutilations, les enlèvements, les attaques contre
des écoles et des hôpitaux, le refus de laisser les enfants bénéficier de l’aide
humanitaire ainsi que le désarmement, la démobilisation et la réinsertion
des enfants et leur détention.
Il est dès lors nécessaire de prêter une attention particulière aux besoins
de protection des jeunes filles et des jeunes garçons qui sont extrêmement
vulnérables en situation de conflit. Voici des principes importants auxquels
les bataillons d’infanterie ne doivent pas déroger :
• Les enfants ne doivent pas être mis dans une situation de danger immédiat
ou être utilisés à des fins de collecte d’informations dans le cadre d’opérations
militaires.
• En cas de capture d’enfants ou lorsqu’ils quittent des groupes armés, ils ne
doivent pas être soumis à un interrogatoire.
• Lorsqu’un enfant doit être interrogé afin de réunir des éléments probants,
le personnel civil des missions, et lorsqu’il est présent, le spécialiste de la
protection de l’enfance, doit mener l’entretien. Les filles doivent être interrogées
de préférence par une femme.
• Lorsqu’il s’agit de confier les enfants aux acteurs de la protection de l’enfance,
les procédures opérationnelles permanentes doivent être respectées.
• Les militaires ne doivent pas utiliser les écoles dans le cadre de leurs opérations.
• Le personnel militaire doit s’abstenir de toute forme d’exploitation ou d’abus
des enfants.
• Il est strictement interdit à la Mission des Nations Unies (et notamment au
bataillon d’infanterie) de faire travailler des enfants de moins de 18 ans ou d’en
employer à des tâches quelconques (directive du DOMP/DAM sur l’interdiction
du travail des enfants dans les opérations de maintien de la paix des Nations
Unies).
Lorsqu’une mission dispose d’une composante protection de l’enfance, les
informations relatives aux violations doivent être transmises aux spéciali-

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United Nations Infantry Battalion Manual

stes de la protection de l’enfance. Les protocoles d’échange d’informations


doivent être établis en collaboration avec l’équipe responsable de la pro-
tection de l’enfance en tenant compte de la confidentialité et de la sen-
sibilité que requièrent les problèmes liés aux enfants. Afin de faciliter ce
processus ainsi que la coopération, et par ailleurs pour s’assurer que les
questions relatives à la protection de l’enfance bénéficient d’une attention
constante, les militaires doivent nommer des coordonnateurs de la protec-
tion de l’enfance au sein de leurs structures sur le terrain et au Quartier
général afin d’assurer une coordination et une collaboration étroites avec
le Groupe de la protection de l’enfance des Nations Unies.
Références :
• Directives d’orientation du DOMP et du DAM relative à la prise en compte systématique de
la protection, des droits et du bien-être des enfants touchés par les conflits armés dans les
opérations de maintien de la paix des Nations Unies, (1er juin 2009].
• Directive du DOMP/DAM sur l’interdiction du travail des enfants dans les opérations de
maintien de la paix des Nations Unies.

2.14 : Traite des êtres humains.


Les Nations Unies luttent activement contre la traite des êtres humains
dans les zones de déploiement des opérations de maintien de la paix
non seulement parce qu’elle constitue un délit grave ainsi qu’une viola-
tion des droits de l’homme, mais également parce que cela nuit forte-
ment à la légitimité de la mission et à sa capacité de mettre en œuvre
son mandat. La traite des êtres humains se définit par le commerce illégal
d’êtres humains à des fins d’esclavage de procréation, d’exploitation sex-
uelle commerciale, de travail forcé, ou une forme moderne d’esclavage. Le
Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en
particulier des femmes et des enfants, a été adopté par les Nations Unies
en 2000. C’est un accord juridique international qui est inséré dans la Con-
vention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée.
Toute implication dans la traite des êtres humains ou toute autre forme de
violence ou d’exploitation sexuelle imputable à des personnels de main-
tien de la paix constitue une faute grave et est passible de sanctions disci-
plinaires, pouvant aller jusqu’au renvoi ou au rapatriement.
Références :
• Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Vienne, ST/SGB/2004/6, 15 mars 2004.
• Outil 9.17 Conduite du personnel des opérations de maintien de la paix et des forces de
l’ordre.
• Principes et directives concernant les droits de l’homme et la traite des êtres humains :
recommandations; Commentaire, 2010.

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Principes, politiques et cadre

2.15 : Sensibilisation au VIH/sida.


La lutte contre le VIH/sida reste un défi considérable dans le monde. Plus de
38 millions de personnes sont porteuses du virus du VIH/sida, et des millions
d’autres sont infectées chaque année. Une médication existe désormais,
capable de garantir un traitement très efficace, même si elle ne constitue
pas un remède contre le sida. Reconnaissant que les régions touchées par
des conflits ou sortant d’un conflit constituent un environnement à haut
risque pour la propagation du VIH parmi les soldats de la paix et la com-
munauté, les résolutions 1308 (2000) et 1983 (2011) du Conseil de sécu-
rité soulignent l’importance des activités de sensibilisation de même que
des actions de prévention axées sur le VIH/sida pour les Casques bleus des
Nations Unies. Le DOMP a développé des modules d’information sur le VIH/
sida destinés aux pays fournisseurs de contingents (PFC) dans le cadre de la
formation préalable au déploiement. Une sensibilisation au VIH/sida propre
à la mission est également prévue dès l’arrivée dans la zone de la mission
au même titre que d’autres interventions et services du DOMP liés au VIH
tels que le dépistage et les conseils volontaires et confidentiels, la program-
mation pour la promotion de l’usage du préservatif ainsi que des trousses
de prophylaxie post-exposition. Les commandants choisiront des membres
du personnel pour une formation à l’éducation mutuelle dispensée par le
Groupe du VIH, laquelle sera répétée à chaque relève des contingents.
Référence :
• DOMP/DAM Réf. [DPKO/DFS 2007/11] Rôle et fonctions des unités VIH/sida dans les
opérations de maintien de la paix des Nations Unies et système de gestion de la sécurité des
organismes des Nations Unies, 2008.

2.16 : Déontologie et discipline.


Les Nations Unies demandent aux Casques bleus d’adopter une conduite
conforme à leur vocation qui est de servir et de protéger, comme le prévoit
la Charte des Nations Unies. L’obligation pour tout le personnel des Nations
Unies de maintenir les plus hautes qualités d’intégrité est inscrite dans la
Charte.
Les Casques bleus des Nations Unies s’engagent à se comporter de
manière professionnelle et disciplinée à tout moment, à respecter les lois
du pays hôte ainsi que les us et coutumes de la population locale, à traiter
les habitants du pays hôte avec respect, courtoisie et considération et à
agir en toutes circonstances avec impartialité, intégrité, indépendance et
tact. Les Nations Unies ont une politique de tolérance zéro à l’égard de

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United Nations Infantry Battalion Manual

l’exploitation et des abus sexuels. Les Nations Unies interdisent strictement


tout rapport sexuel avec des prostituées et toute personne de moins de 18
ans. Elles découragent en outre fortement les relations avec les bénéfici-
aires de l’aide.
L’exploitation sexuelle est définie comme « le fait d’abuser ou de tenter
d’abuser d’un état de vulnérabilité, d’un rapport de forces inégal ou de rap-
ports de confiance à des fins sexuelles, y compris, mais non exclusivement,
le fait de tirer un avantage pécuniaire, social ou politique de l’exploitation
sexuelle d’autrui ». Quant à l’« abus sexuel », il est défini comme « toute
atteinte sexuelle commise avec force, contrainte ou à la faveur d’un rap-
port inégal, ou la menace d’une telle atteinte ». Dans le rapport qu’il a
adressé à l’Assemblée générale en 2002, le Secrétaire général Kofi Annan
déclarait ceci : « L’exploitation et la violence sexuelles du fait d’agents des
services d’aide humanitaire ne sauraient être tolérées. Elles bafouent tout
ce que l’Organisation des Nations Unies a pour vocation de défendre. Les
hommes, les femmes et les enfants déplacés en raison d’un conflit ou
d’autres catastrophes comptent parmi les populations les plus vulnérables
de la planète. Ils attendent de l’ONU et des organismes humanitaires qui
lui sont affiliés qu’ils leur fournissent abri et protection. Tout fonctionnaire
de l’Organisation ou d’organismes apparentés qui trahit cette confiance
sacrée doit répondre de ses actes et, lorsque les circonstances l’exigent,
traduit en justice ».
Rappelant les obligations stipulées dans le mémorandum d’accord con-
clu entre l’Organisation des Nations Unies et les pays fournisseurs de con-
tingents, la circulaire du Secrétaire général sur les dispositions spéciales
visant à prévenir l’exploitation et les abus sexuels dispose ce qui suit :
• L’exploitation et les abus sexuels constituent des fautes graves passibles de
sanctions disciplinaires, pouvant aller jusqu’au renvoi sans préavis.
• Toute relation sexuelle avec un enfant (toute personne âgée de moins de
18 ans) est interdite, quel que soit l’âge de la majorité ou du consentement
dans le pays considéré. La méconnaissance de l’âge réel de l’enfant ne peut
être invoquée comme moyen de défense.
• Il est interdit de demander des faveurs sexuelles ou d’imposer toute autre
forme de comportement à caractère humiliant, dégradant ou servile en
échange d’une somme d’argent, d’un emploi, de biens ou de services, y
compris toute assistance due à toutes personnes.
• Les relations sexuelles entre fonctionnaires des Nations Unies et bénéfici-
aires d’aide sont vivement déconseillées car elles se fondent sur un rapport

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Principes, politiques et cadre

de force inégal par définition. En outre, ce type de relation entame la crédi-


bilité et l’intégrité de l’action menée par les Nations Unies.
• Tout fonctionnaire des Nations Unies qui soupçonne un collègue, au service
ou non du même organisme et que celui-ci appartienne ou non au système
des Nations Unies, de se livrer à une exploitation ou à des abus sexuels doit
en référer à qui de droit par l’intermédiaire des mécanismes créés à cet effet.
• Les fonctionnaires des Nations Unies sont tenus d’instaurer et de préserver
un environnement propre à prévenir toute exploitation et tout abus sexuels.
En particulier, il incombe aux responsables à tous les niveaux de mettre en
place des dispositifs visant à préserver cet environnement et d’assurer leur
fonctionnement.
Le chef de corps est responsable du maintien de la discipline et de l’ordre
parmi tous les membres de son unité pendant leur affectation aux opéra-
tions de maintien de la paix des Nations Unies. Cette responsabilité englobe
le fait de veiller à ce que tous les membres du contingent militaire national
respectent les normes de conduite des Nations Unies, les règles propres à
la mission ainsi que les règlements ou les obligations découlant des lois et
règlements nationaux et locaux. Les normes de conduite des Nations Unies,
telles qu’applicables aux membres des contingents militaires, sont stipulées
dans le document intitulé « Nous, membres du personnel de maintien de la
paix », repris à l’annexe A (p. 253 du vol. II du présent Manuel). Les mesures à
prendre pour gérer les procédures disciplinaires au niveau du bataillon sont
détaillées à l’annexe B (p. 256 du vol. II du présent Manuel).
Les soldats des contingents nationaux sont placés sous la compétence
exclusive de leur gouvernement pour toute infraction et tout crime qu’ils
pourraient commettre et sous la compétence en matière disciplinaire de
leur gouvernement pour toutes autres fautes ou fautes graves commises.
Références :
• DOMP/DAM Réf 2011.01, Procédure opérationnelle permanente relative à la mise en
œuvre des modifications en matière de déontologie et de discipline dans le modèle de
mémorandum d’accord, 2011.
• Circulaire du Secrétaire général relative aux dispositions spéciales visant à prévenir
l’exploitation et les abus sexuels (ST/SGB/2003/13).
• Mémorandum d’accord conclu entre l’Organisation des Nations Unies et les pays fournisseurs
de contingents (y compris l’annexe H du mémorandum d’accord) A/61/19 (partie III).

2.17 : Conscience culturelle.


Les « chocs culturels » ne sont pas inhabituels. Il s’agit simplement de la
réaction naturelle d’un individu qui est extrait d’un contexte familier et

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United Nations Infantry Battalion Manual

plongé dans un autre Ce processus peut occasionner une certaine gêne


ou s’avérer déroutant. La conscience culturelle est la capacité d’un indi-
vidu à faire preuve d’ouverture d’esprit et à prendre conscience des valeurs
et coutumes culturelles inhérentes à la culture qui est la nôtre. Ce qu’un
groupe de personnes peut juger normal et acceptable peut s’avérer inha-
bituel ou inacceptable dans une autre culture. Lorsqu’une personne est en
compagnie d’autres personnes d’une culture différente, elle doit être con-
sciente de leurs croyances et coutumes, et les respecter. Développer une
conscience culturelle permet de comprendre, communiquer et interagir
efficacement avec les gens au-delà des différentes cultures.
Un bataillon d’infanterie doit cerner les diversités et sensibilités culturelles
qui prévalent au sein d’une zone de mission (tant des entités de la mission
de l’ONU que de la population locale). Il devra en outre veiller à ce que tous
les grades respectent les directives et les meilleures pratiques en vigueur
et se conduisent en accord avec elles.
Référence :
• Éthique et maintien de la paix, 2005.

2.18 : La société civile.


Les acteurs de la société civile (et notamment la société civile internatio-
nale, les acteurs non gouvernementaux, les partenaires opérationnels
potentiels des Nations Unies ainsi que les programmes, fonds et institu-
tions, etc.) constituent un maillon essentiel du processus de paix dans
des pays fragiles en situation d’après conflit Dans la plupart des cas, avant
même la mise en place d’une mission de maintien de la paix, certains
acteurs locaux de la société civile seront le fer de lance des initiatives visant
à dégager une solution pacifique au conflit. De la même manière, certains
acteurs de la société civile auront contribué à attiser le conflit en prenant
ouvertement parti pour un des groupes en conflit. Dans ce contexte, les
soldats de la paix doivent interagir avec les acteurs de la société civile dans
leurs zones d’opérations de même qu’avec les femmes et les filles afin de
s’assurer que leurs préoccupations en matière de sécurité, leurs faiblesses
et leurs besoins soient pris en compte. Il conviendra de rester à l’écoute
de leurs conseils dans le cadre de la planification des opérations militaires.

Références :
• Opérations de maintien de la paix des Nations Unies - Principes et Orientations, 2008.
• Engaging Civil Society in Peacekeeping, 2007.

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Principes, politiques et cadre

2.19 : Affaires civiles.


Habituellement déployées au niveau local, les composantes affaires civiles
facilitent l’exécution des mandats de maintien de la paix sur le plan sous-
national et s’emploient à créer les conditions sociales et civiques du retour
à la paix. Réalisant toute une série de tâches essentielles, les spécialistes
des affaires civiles sont souvent le visage humain de la mission pour leurs
interlocuteurs locaux.
Les spécialistes des affaires civiles sont notamment reconnus pour leur flex-
ibilité et leur capacité à s’adapter à des besoins différents à des moments
différents et en des lieux différents. Les conditions varient considérable-
ment entre les missions de paix et les affaires civiles ont assumé toute une
série de tâches et de rôles au fil des années afin de satisfaire aux besoins de
ces différentes missions. Si les tâches varient considérablement, la direc-
tive commune du Département des opérations de maintien de la paix et
du Département d’appui aux missions définit trois rôles clefs, en fonction
du mandat et de la situation sur le terrain.
• Rôle 1 : Les spécialistes des affaires civiles exercent des activités de représen-
tation à tous les niveaux de la mission, suivent les progrès du processus de
paix et l’exécution du mandat de la mission au niveau local : ils tiennent les
responsables de la mission informés de la situation locale, procèdent à des
analyses de conflit et déclenchent l’alerte en cas de conflit local, y compris
en vue de protéger les populations civiles.
• Rôle 2 : La consolidation de la confiance, la gestion des conflits et l’appui au
développement de la sphère politique font partie intégrante du maintien
de la paix et sont des activités centrales des composantes affaires civiles au
sein des opérations des Nations Unies. Ces composantes soutiennent active-
ment la création de conditions propres à favoriser une paix durable, la par-
ticipation des populations et la confiance dans le processus de paix.
• Rôle 3 : Le soutien apporté au rétablissement et au renforcement de
l’autorité de l’État pour stabiliser les États fragiles est un domaine dans
lequel les spécialistes des affaires civiles jouent un rôle de plus en plus actif
en appuyant les institutions publiques et les bonnes pratiques de gouvern-
ance aux plans local et régional.
Projets à effet rapide (PER). Les opérations de maintien de la paix des
Nations Unies mettent souvent en œuvre des projets à effet rapide : ce sont
des projets à petite échelle destinés à instaurer et renforcer la confiance
dans la mission et le processus de paix, et à créer par là même un con-
texte plus favorable à la bonne exécution du mandat. Structurés autour

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United Nations Infantry Battalion Manual

de divers types d’activité, dont l’assistance infrastructurelle et la création


d’emplois à court terme, ces projets sont réalisés en collaboration avec les
forces militaires.
La sélection de projets à effet rapide adéquats doit être basée sur les
critères de la sexospécificité, de l’ethnicité et de la vulnérabilité, en ten-
ant compte des considérations liées à l’accès et aux avantages procurés
par le projet à différents éléments de la communauté, tels que les femmes,
les jeunes, les divers groupes ethniques ou les franges marginalisées de
la population. Il est essentiel de comprendre que de tels projets ne se
substituent pas à l’aide humanitaire et/ou au développement. Il importe
également de ne pas soutenir des projets susceptibles de contribuer à la
réalisation d’objectifs politiques, idéologiques ou religieux. Par exemple,
il faudra éviter de construire des églises ou des mosquées ou de soutenir
directement des partis politiques.
Les commandants de compagnie et les chefs de corps doivent harmoniser
leurs plans et activités en se basant sur les politiques relatives aux affaires
civiles (y compris les projets à effet rapide) de manière à établir des syner-
gies et à obtenir le résultat escompté.
Références :
• Opérations de maintien de la paix des Nations Unies - Principes et Orientations, 2008.
• Directive de politique générale du DOMP et du DAM sur les affaires civiles (avril 2008).
• Manuel sur les affaires civiles (avril 2012).
• Directive de politique générale du DOMP et du DAM relative aux projets à impact rapide
(février 2007).
• Principes directeurs du DOMP et du DAM relatifs aux projets à impact rapide (mars 2009).

2.20 : Aspects humanitaires.


Les opérations de maintien de la paix modernes sont souvent consi-
dérées comme des opérations pluridimensionnelles car elles recourent à
des méthodes et missions sortant du champ d’application conventionnel
du maintien de la paix. Les fonctions incluent entre autres la facilitation
des processus de paix politiques, l’assistance en faveur du programme
de désarmement, démobilisation et réintégration, l’appui à l’organisation
d’élections, ainsi que la défense et la protection des droits de l’homme et
l’aide au rétablissement de l’état de droit. Par ailleurs, bien souvent il y a
plusieurs domaines dans lesquels le rôle des opérations de maintien de
la paix se limite à la facilitation des activités d’autres acteurs au sein et à
l’extérieur du système des Nations Unies.

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Principes, politiques et cadre

Si l’aide humanitaire incombe essentiellement aux organisations, fonds


et programmes civils spécialisés concernés des Nations Unies, ainsi qu’au
Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et à
l’ensemble des organisations non gouvernementales (ONG) locales et
internationales, les opérations de maintien de la paix sont souvent char-
gées d’appuyer l’assistance humanitaire en veillant à instaurer un climat
de sécurité et de stabilité permettant aux acteurs humanitaires d’exercer
leurs activités. Une telle aide humanitaire peut nécessiter de faciliter ou de
protéger les ravitaillements en vivres et en médicaments, ou de protéger
les civils.
Il est primordial que les unités militaires consultent les acteurs humani-
taires et établissent un dialogue et une coordination avec eux pour apai-
ser les craintes que les décisions politiques et les activités militaires liées
aux opérations humanitaires ne compromettent la neutralité, l’impartialité
et l’indépendance réelles et perçues de l’action humanitaire. Les com-
mandants de mission/force/bataillon doivent être conscients qu’il est
fondamentalement nécessaire de préserver le caractère civil de l’aide
humanitaire et il leur sera demandé de veiller à ce que les moyens mili-
taires employés pour soutenir l’aide humanitaire soient utilisés de manière
appropriée et opportune, qu’ils soient les seuls disponibles et les seuls
capables de répondre aux besoins de la situation, et qu’ils satisfassent à la
législation internationale et aux principes humanitaires, de même qu’aux
lignes directrices internationales, telles que les Directives sur l’utilisation
des ressources militaires et de la protection civile dans le cadre des opéra-
tions de secours en cas de catastrophe (Directives d’Oslo), les Directives sur
l’utilisation des ressources militaires et de la protection civile dans le cadre
des situations d’urgence complexes ainsi que les directives spécifiques à
la situation/au pays, le cas échéant. Les commandants doivent être prêts à
participer au dialogue avec les acteurs humanitaires. Les missions éventu-
elles varieront dans une large mesure en fonction de la configuration de la
mission et des acteurs locaux.
Références :
• Directives sur l’utilisation des ressources militaires et de la protection civile étrangères dans le
cadre des opérations de secours en cas de catastrophe (Directives d’Oslo).
• Directives sur l’utilisation des ressources militaires et de la protection civile dans le cadre des
situations d’urgence complexes.

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United Nations Infantry Battalion Manual

2.21 : Équipe de pays des Nations Unies.


L’Équipe de pays des Nations Unies est composée de représentants des
organismes, fonds et programmes des Nations Unies qui entreprennent
des activités opérationnelles contribuant au développement, au redres-
sement d’urgence et à la phase de transition dans un pays ou un ter-
ritoire particulier. Elle assure la coordination interinstitutions et la prise
de décisions au niveau national. Afin d’améliorer et de valoriser la coo-
pération, la coordination et la collaboration entre les missions de main-
tien de la paix, les institutions/l’Équipe de pays des Nations Unies et les
partenaires externes, en particulier au sein d’une mission intégrée, les
coordonnateurs résidents/coordonnateurs des opérations humanitaires
ont été nommés représentant spécial adjoint du Secrétaire général dans
le cadre de l’organisation de la mission. Cela garantit une intégration et
une synergie entre tous les acteurs sur le terrain et favorise la conver-
gence et la continuité des initiatives de maintien et de consolidation de
la paix. L’Équipe de pays des Nations Unies est composée entre autres
du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), du
Haut-Commissariat des nations Unies pour les réfugiés (HCR), du Haut-
Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), d’ONUSIDA, du Fonds
des Nations Unis pour l’enfance (UNICEF) d’ONU-Femmes, du Fonds
des Nations Unies pour la population (FNUAP), de l’Organisation mon-
diale de la Santé (OMS), du Programme alimentaire mondial (PAM), de
l’Organisation internationale du Travail (OIT) et du Fonds monétaire
international (FMI)/de la Banque mondiale. Les fonctions majeures de
l’équipe de pays sont, entre autres :
• Faciliter des activités complémentaires et coordonnées du système des
Nations Unies dans la zone de la mission grâce à une compréhension claire
et partagée des priorités en fonction de l’objectif global, identifier les rap-
ports de complémentarité avec le mandat de la mission et intégrer son
expertise collective dans la stratégie politique globale.
• Créer une plus grande cohérence stratégique et assurer une transition effi-
cace entre les secours d’urgence et le rétablissement, la reconstruction, le
renforcement des institutions ainsi qu’un renforcement des capacités à long
terme.
• Faciliter la mise en œuvre d’une aide humanitaire et d’une aide au dével-
oppement efficaces, bien coordonnées et en temps voulu, aides qui sont
des éléments importants du mandat de la mission, non pris en compte dans
le budget de cette dernière.

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Principes, politiques et cadre

• S’assurer que la planification des missions et la gestion des opérations sont


compatibles avec les objectifs de développement nationaux à long terme et
facilitent en conséquence des initiatives favorisant un retour à une activité
normale aux niveaux communautaire et national.
• Établir une relation entre les différentes dimensions du maintien de la paix
(politique, développement, humanitaire, droits de l’homme, état de droit,
aspects sociaux et sécurité) en les intégrant dans une stratégie de soutien
cohérente.
• Assurer la participation d’un large éventail d’acteurs, parmi lesquels les
autorités nationales et la population locale, les institutions financières inter-
nationales et les ONG, à un effort prolongé de renforcement de la paix en
instaurant les conditions nécessaires à la transition.
• Édicter des dispositions relatives à la sécurité et à la protection du personnel
des fonds, programmes et institutions spécialisés des Nations Unies.
• Stocker des informations précieuses sur les réalités locales à l’usage d’une
mission, étant donné que l’Équipe de pays des Nations Unies a souvent
opéré dans la zone pendant de nombreuses années et conserve un vaste
réseau de collaborateurs et de contacts.
• Superviser l’incidence des conflits armés sur les groupes vulnérables, en par-
ticulier les femmes et les enfants, et en rendre compte.
• Conformément aux stratégies de sortie de la mission, faire office de succes-
seur pour assurer la relève et continuer à construire une paix durable dans
des situations d’après conflit.
Les bataillons d’infanterie des Nations Unies sont tenus de se concerter
avec les composantes de l’équipe de pays des Nations Unies dans leur
zone de responsabilité (ZDR) respective et de coordonner les fonctions,
la sécurité et/ou toute autre assistance, conformément aux exigences/à
l’environnement opérationnels et aux directives générales de la mission.

2.22 : Coordination civilo-militaire.


Dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations Unies,
la coordination civilo-militaire (CIMIC-NU) assure la coordination aux
niveaux opératifs et tactique entre les partenaires militaires et civils des
Nations Unies, y compris les composantes civiles des missions des Nations
Unies, la police des Nations Unies, les organismes, fonds et programmes
des Nations Unies, le gouvernement du pays hôte, les organisations non
gouvernementales et les organisations locales, conformément à leurs
principes.

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United Nations Infantry Battalion Manual

Les missions intégrées des Nations Unies s’attachent à coordonner les


dimensions de la politique, de la sécurité, du développement, des droits
de l’homme et de l’humanitaire ainsi que de l’état de droit. Le concept
CIMIC-NU est une fonction d’état-major d’appui au commandant et à
la mission. D’un autre côté, la coordination civilo-militaire des opéra-
tions humanitaires des Nations Unies (CMCoord-NU) est une fonction
purement humanitaire réservée aux organisations humanitaires et à
l’ensemble de la communauté humanitaire. Les deux fonctions liées à la
coordination entre les partenaires civils et militaires des Nations Unies
doivent être complémentaires sur le terrain. Pour ce faire, une bonne
compréhension des rôles et responsabilités associés à ces fonctions est
indispensable. Le Comité permanent interorganisations définit la coor-
dination civilo-militaire des opérations humanitaires des Nations Unies
comme le dialogue et les relations entre acteurs civils et militaires enga-
gés dans l’action humanitaire d’urgence qui sont indispensables pour
défendre et promouvoir les principes humanitaires, éviter la concur-
rence, réduire au minimum les incohérences et poursuivre des objectifs
communs, le cas échéant.1 Selon la pratique et la définition, cette coor-
dination est donc un processus de dialogue permanent guidé par les
principes humanitaires.

Références :
• Opérations de maintien de la paix des Nations Unies - Principes et Orientations, 2008.
• Coordination civilo-militaire dans le cadre des missions de maintien de la paix intégrées des
Nations Unies (CIMIC-NU), 2010.
• IASC Reference Paper on Civil-Military Relationship in Complex Emergencies, 28 juin 2004.

2.23 : L’état de droit.


Dans sa forme la plus simple, l’état de droit est le principe selon lequel nul
n’est au-dessus des lois. La règle découle logiquement de l’idée voulant que
la vérité, et donc le droit, est fondée sur des principes fondamentaux qui
peuvent être découverts, mais qui ne peuvent être créés par un acte volon-
taire. L’application la plus importante de l’état de droit concerne le principe
voulant que l’autorité gouvernementale ne soit exercée légitimement que
dans le respect de lois rédigées et publiques adoptées et exécutées selon
les étapes de procédure établies de ce qu’on nomme l’application régu-

1 Document de référence du Comité permanent interorganisations sur les relations entre les
composantes civiles et militaires dans les situations d’urgence complexes, 28 juin 2004.

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Principes, politiques et cadre

lière de la loi. Le principe vise à protéger contre la gouvernance arbitraire,


qu’il s’agisse d’un dirigeant totalitaire ou de la voyoucratie.
Le chef de corps doit s’assurer que ses unités respectent les lois du pays
hôte et qu’aucun de leur acte ne ternit l’image des Nations Unies. Ils doivent
respecter la population locale, sa culture et ses coutumes, et ne doivent
jamais la traiter avec mépris. Les formations préalables au déploiement et
en cours de mission doivent inclure une formation sur l’état de droit.
Les bataillons d’infanterie des Nations Unies doivent privilégier une
approche intégrée dans le cadre de l’exécution de leurs missions
essentielles, en sollicitant le concours de partenaires civils aux fins de
l’accomplissement du mandat de la mission. Ils doivent encourager les
partenariats, la collaboration et une approche inclusive avec les autres
partenaires au sein de la ZDR.

Référence :
• Opérations de maintien de la paix des Nations Unies - Principes et Orientations, 2008.

2.24 : Réforme du secteur de la sécurité.


Une fois que le conflit a pris fin, il est essentiel de réformer le secteur de la
sécurité dans le pays. Cela s’avère indispensable si l’on veut instaurer une
paix et un développement durables qui permettent aux populations de
se sentir en sécurité et d’avoir confiance dans les institutions étatiques.
L’ONU appuie la réforme du secteur de la sécurité pour assurer la mise en
place dans ce domaine d’institutions efficaces, efficientes, responsables et
à coûts modérés. C’est un processus dirigé par les autorités nationales, et
la réforme doit être menée sans discrimination et dans le plein respect des
droits de l’homme et de l’état de droit.
Il n’existe pas de modèle universel de secteur de la sécurité. L’ONU con-
sidère néanmoins que ce secteur doit normalement comprendre des
structures, des institutions et un personnel chargés de la gestion, de la
prestation et de la supervision des services de sécurité. Par exemple : les
forces armées, les services de maintien de l’ordre, les services pénitenti-
aires, les services de renseignement, et les institutions responsables du
contrôle des frontières, des douanes et de la protection civile. Dans cer-
tains cas, le secteur comprend également certains éléments du système
judiciaire chargés de statuer sur les allégations d’actes délictueux et de
mauvais usage de la force. Le secteur de la sécurité doit également com-
porter des organes de gestion et de contrôle et, dans certains cas, peut

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United Nations Infantry Battalion Manual

faire appel à la participation de fournisseurs informels ou traditionnels de


services de sécurité.
La réforme du secteur de la sécurité d’un pays est essentielle après un con-
flit. Il est en effet indispensable, en pareilles situations, de redonner aux
populations le sentiment de pouvoir vivre sans crainte dans la sécurité et
de créer (ou de rétablir) un climat de confiance entre l’État et les citoyens,
faute de quoi une paix et un développement durables seront impossibles.
Dans d’autres contextes, la réforme du secteur de la sécurité peut même
empêcher qu’un conflit ou une crise n’éclate ou ne reprenne et c’est un
processus auquel beaucoup d’États ont recours périodiquement pour faire
face à des menaces émergentes ou à des pressions internes ou externes
potentielles. Sur le terrain, nos équipes responsables de la réforme du
secteur de la sécurité aident les autorités nationales à :
• Faciliter le dialogue national concernant la réforme du secteur de la sécurité.
• Élaborer des politiques, stratégies et plans nationaux en matière de sécurité
et de défense.
• Renforcer les capacités de contrôle, de gestion et de coordination.
• Rationaliser la législation relative au secteur de la sécurité.
• Mobiliser les ressources pour des projets de réforme du secteur.
• Harmoniser l’appui international à la réforme du secteur de la sécurité.
• Renforcer les capacités dans les domaines de l’éducation et de la formation,
ainsi que les capacités institutionnelles.
• Suivre et évaluer les programmes et leurs résultats.

Politique de réforme du secteur de la défense. La politique de réforme


du secteur de la défense fournit des orientations au personnel des Nations
Unies chargé d’épauler les États Membres dans la mise en œuvre des initia-
tives de réforme du secteur de la défense. L’appui apporté par l’ONU aux
activités nationales de réforme du secteur de la défense remonte à 2003 et
le Conseil de sécurité a ajouté des éléments relatifs à la réforme du secteur
de la défense dans le mandat d’au moins cinq opérations de maintien de
la paix. D’autres acteurs des Nations Unies ont pour leur part apporté un
soutien dans ce domaine à la demande des États Membres. Toutefois, ce
soutien était souvent ponctuel et ne reposait sur aucun principe, norme
ou approche communs. Compte tenu de cette lacune et à la demande
de l’Assemblée générale des Nations Unies, la politique de réforme du
secteur de la défense s’inspire des enseignements et meilleures pratiques

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Principes, politiques et cadre

d’initiatives précédentes, en mettant en exergue les paramètres et élé-


ments du soutien de l’ONU en faveur des initiatives nationales axées sur
la réforme de ce secteur, y compris des éléments propres au concept, aux
tâches principales et aux contraintes d’une mission. La politique souligne
par ailleurs les liens entre la réforme du secteur de la défense et les proces-
sus plus vastes de réforme du secteur de la sécurité, de mise en place de
l’état de droit, de consolidation précoce de la paix et de développement à
long terme, entre autres priorités.
L’expérience de l’Organisation montre à l’évidence qu’un secteur de la
défense efficace, efficient, responsable et à coûts modérés (une com-
posante importante du secteur plus général de la sécurité) est une con-
dition sine qua non d’une paix et d’un développement durables et qu’il
conviendrait de le considérer comme une dimension importante de
l’assistance que l’ONU apporte aux États Membres. La mise en œuvre de
la politique sera lancée en 2012 et des modules de sensibilisation et de
formation préalables au déploiement seront mis au point à l’intention du
personnel militaire des Nations Unies. Ces modules exposeront la doctrine
de la réforme du secteur de la défense, basée sur l’expérience acquise et les
enseignements tirés par nos soldats de la paix.
Les bataillons d’infanterie des Nations Unies pourront avoir un rôle limité
dans la formation et toute autre assistance à la sécurité apportées aux
forces de sécurité du pays hôte, dans le cadre de la politique globale de la
mission en matière de réforme du secteur de la défense.
Références :
• Politique de réforme du secteur de la défense, 2011.
• Rapport du Secrétaire général intitulé « Assurer la paix et le développement : le rôle des
Nations Unies dans l’appui à la réforme du secteur de la sécurité » (A/62/659).

2.25 : Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR).


Le processus DDR a pour objet de contribuer au rétablissement de la sécu-
rité et de la stabilité après un conflit afin de préparer la voie au redressement
et au développement. Le programme de DDR contribue à l’instauration
d’un environnement propice au processus de paix en s’efforçant de traiter
le problème de sécurité postérieur à un conflit qui survient lorsque les ex-
combattants (hommes et femmes) se retrouvent sans moyens d’existence
ou sans réseaux de soutien, hormis leurs anciens camarades, pendant
la période vitale de transition du conflit à la paix et au développement.
En désarmant les combattants, en les poussant à quitter leurs organisa-

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United Nations Infantry Battalion Manual

tions militaires et en facilitant leur réinsertion sociale et économique


dans la société, le programme de DDR s’attache à aider les anciens belli-
gérants à devenir des acteurs du processus de paix. Outre les combattants
appartenant à des formations armées officielles, les programmes de DDR
se concentrent également souvent sur les groupes armés officieux tels que
les gangs et les milices, ainsi que sur des communautés entières victimes
d’actes de violence.
Dans l’environnement opérationnel type des missions de maintien de la
paix des Nations Unies, la principale contribution d’une composante mili-
taire d’une mission à un programme de DDR consiste à assurer la sécurité,
pour autant qu’elle soit mandatée pour ce faire. La composante militaire
peut aussi contribuer au programme de DDR en collectant et transmettant
des informations spécifiques à ce programme, de même qu’en assurant
un suivi et un compte rendu sur les questions de sécurité. Une expertise
spécialisée dans les armes et munitions militaires pourrait faciliter le traite-
ment des aspects techniques du désarmement.
Par ailleurs, les capacités militaires pourraient être exploitées afin de gérer
divers aspects du soutien logistique, qu’il s’agisse de la construction de
camps, des communications, des transports ou de la santé, sous réserve
de la disponibilité de capacités inutilisées. Il convient de noter que les
capacités logistiques militaires ne peuvent être garanties que si les missions
de DDR militaires ont été planifiées et que les forces ont été organisées en
conséquence. Afin que tous les moyens militaires puissent être employés à
bon escient dans le cadre d’un programme de DDR, il est essentiel d’en tenir
compte dans la planification et dans la définition des besoins opérationnels
approuvée pour la mission, qu’ils fassent l’objet d’un mandat spécifique
et soient dotés de ressources suffisantes. Dans le cas contraire, cela risque
de nuire aux activités que la composante militaire réalise pour assurer la
sécurité.
Les chefs de corps doivent veiller à ce que le personnel militaire soit
formé au rôle des forces armées dans le cadre d’un programme de DDR et
qu’il traite ces missions en étant soucieux de la problématique hommes-
femmes. Dans le cadre de la phase préalable au prédéploiement, ils doi-
vent solliciter l’aide du Service intégré de formation ainsi que de la Sec-
tion du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration au Siège
des Nations Unies et, pendant leur déploiement, celle des services de la
mission chargés du désarmement, de la démobilisation et de la réinté-

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Principes, politiques et cadre

gration ainsi que de la réforme du secteur de la sécurité. S’agissant du


désarmement, de la démobilisation et de la réintégration, les militaires
peuvent contribuer à l’établissement des camps, à la collecte des armes et
à la création des programmes visant à permettre aux ex-combattants de
passer à la vie civile ou d’être intégrés dans des armées nationales.
Références :
• Norme intégrée de DDR 4.10 relative au désarmement et norme intégrée de DDR 4.20 relative
à la démobilisation.
• Module 4.40 : « Rôles et responsabilité de la force militaire des Nations Unies » dans les
Normes intégrées de désarmement, démobilisation et réintégration, 2006.
• Site internet du programme de DDR ([Link]).

2.26 : Lutte antimines.


La lutte antimines ne consiste pas simplement en des activités de démi-
nage. Elle englobe également des initiatives qui apprennent comment se
protéger du danger dans un environnement miné et vont jusqu’à plaider
pour un monde exempt de mines. La lutte antimines ne porte pas unique-
ment sur les mines terrestres. Dans de nombreux pays, les munitions non
explosées constituent une menace encore plus importante pour la sécurité
de la population. Les munitions non explosées comprennent les bombes,
les mortiers, les grenades, les missiles ou les autres dispositifs qui ne déto-
nent pas à l’impact et, restant volatiles, risquent de tuer quelqu’un s’ils sont
touchés ou déplacés. Les programmes de lutte antimines sont axés sur les
problèmes posés par les mines terrestres, les munitions non explosées et
les « restes explosifs de guerre », à savoir les munitions non explosées et
les « munitions abandonnées », c’est-à-dire les armes que les forces armées
ont abandonnées en quittant une zone.
Les commandants des forces militaires doivent être conscients que des
unités civiles ou militaires peuvent être déployées dans leur ZDR et être
coordonnées par un Centre de coordination de la lutte antimines, des
unités et des équipes étant chargées de l’enlèvement des mines et des
munitions non explosées. Il est primordial d’établir un canal de communi-
cation avec le Centre de coordination de la lutte antimines afin d’assurer
un échange d’informations entre les éléments chargés du déminage et
l’unité militaire.
Référence :
• Lutte antimines et coordination efficace : la politique interinstitutions des Nations Unies (6
juin 2005).

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United Nations Infantry Battalion Manual

2.27 : Élections.
Les élections sont des processus officiels de prise de décisions à travers
lesquels une population (hommes et femmes) choisit un individu pour
occuper une fonction publique. Elles constituent le mécanisme conven-
tionnel sur lequel repose la démocratie représentative moderne. Les élec-
tions peuvent octroyer des sièges au sein des instances législatives, exécu-
tives et judiciaires ainsi qu’au sein des pouvoirs locaux et régionaux. La
réforme électorale désigne le processus consistant à mettre en place des
systèmes électoraux équitables aux endroits qui en sont dépourvus, ou
bien à améliorer l’impartialité ou l’efficacité des systèmes existants. Le chef
de bataillon doit être conscient du fait que, dans le cadre du processus
de consolidation de la paix dans un pays sortant d’un conflit, les Nations
Unies peuvent superviser les élections et que le bataillon sera probable-
ment tenu de faciliter le processus (assurer la sécurité globale, en tenant
notamment compte de différentes menaces auxquelles les femmes et les
hommes peuvent être exposés, escorter le personnel électoral et les urnes,
garder les isoloirs, assurer le soutien logistique, etc.) dans le cadre de la
stratégie globale de la mission.

Référence :
• Site internet ([Link]/fr/peacekeeping/issues/[Link])

2.28 : Environnement.
La préservation de l’environnement fait partie intégrante des mandats de
la plupart des organismes des Nations Unies afin d’aider les pays à élaborer
et mettre en œuvre une bonne gestion des ressources naturelles et envi-
ronnementales aux échelles nationale et internationale. Elle constitue le
septième objectif du Millénaire pour le développement. Il est dès lors pri-
mordial que toute opération de maintien de la paix des Nations Unies et
son personnel opèrent en respectant ces objectifs des Nations Unies afin
de montrer l’exemple. Pour ce faire, depuis 2009, le DOMP et le DAM dispo-
sent d’une politique environnementale spécialement conçue à l’intention
des missions des Nations Unies sur le terrain, laquelle traite de domaines
clefs tels que l’énergie, les eaux usées, l’eau, les déchets, les substances
dangereuses, la faune et la flore ainsi que la gestion des ressources histo-
riques et culturelles.

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Principes, politiques et cadre

La politique environnementale stipule clairement que « l’ensemble du per-


sonnel doit se conduire conformément aux dispositions du présent docu-
ment » et rend par ailleurs l’officier des forces armées responsable de sa
mise en œuvre. Le commandant de la force confie à un officier au sein de
la composante militaire le soin d’assurer la liaison avec le spécialiste des
questions d’environnement de la mission. Le coordonnateur militaire pour
les questions d’environnement coordonne les actions relatives aux pro-
blèmes environnementaux au sein de la composante militaire. Le batail-
lon d’infanterie des Nations Unies dispose également d’un spécialiste des
questions d’environnement chargé de coordonner la mise en œuvre et
d’assurer une surveillance environnementale.
Le chef de corps se doit de veiller à ce que ses troupes soient formées et
conscientes de leurs obligations environnementales, qu’elles ne dégradent
pas l’environnement dans leur ZDR, et qu’elles se concertent avec le coor-
donnateur pour les questions d’environnement de la composante militaire
afin de mettre en œuvre les objectifs environnementaux de la mission. La
politique environnementale contraint le bataillon d’infanterie à s’acquitter
entre autres des obligations suivantes :
• Des bassins de confinement d’une capacité suffisante doivent être placés
sous les réservoirs à carburant et les points de collecte de carburant.
• Toutes les eaux usées doivent être traitées avant d’être déversées dans la
nature.
• Pas de fosse d’incinération. Les déchets doivent être triés (y compris les
déchets dangereux) afin de les recycler et/ou les éliminer correctement con-
formément aux objectifs environnementaux de la mission.
• Profiter des patrouilles pour ramener les bouteilles d’eau (en plastique) vides
dans les camps (ne pas jeter les bouteilles/emballages directement dans la
nature).
• Prendre des mesures de conservation de l’énergie : débrancher les appareils,
les lumières et l’air conditionné. Éviter autant que possible de laisser tourner
les moteurs des véhicules au ralenti.
• Prendre des mesures de conservation de l’eau, en particulier dans les régions
où elle est une denrée rare.
• Ne pas importer de plantes/semences d’un pays d’origine qui ne sont pas
endémiques dans le pays de déploiement et vice-versa.

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United Nations Infantry Battalion Manual

• Se procurer ni plantes ni animaux sauvages, vivants ou morts. Éviter


l’utilisation de charbon.
• Connaître l’emplacement des sites culturels, historiques et religieux et adop-
ter un comportement conforme aux sensibilités locales.
Remarque : Le Chapitre 7 (aAppui à la mission) met également l’accent sur les domaines
particuliers pour lesquels les contingents doivent envisager d’atténuer l’impact envi-
ronnemental.
Les bataillons peuvent également montrer l’exemple à la population locale
en matière de gestion environnementale en mettant sur pied des activi-
tés telles que la plantation d’arbres et/ou des projets de recyclage, lorsque
cela s’avère approprié et conforme à la politique et aux priorités des projets
à effet rapide. Les ressources naturelles peuvent également constituer l’un
des moteurs du conflit, par exemple lorsque des ressources de grande val-
eur sont exploitées illégalement et/ou qu’une concurrence s’instaure pour
l’accès à des ressources naturelles rares. Dès lors, il est primordial que la
population locale ne perçoive pas le bataillon comme un agent qui attise
le conflit par des interférences dans les ressources naturelles (consomma-
tion de charbon, par exemple) et/ou comme un « concurrent qui convoite
les ressources » (consommation d’eau dans les régions où elle est une den-
rée rare, par exemple).

Références :
• Politique environnementale pour les missions des Nations Unies du Département des
opérations de maintien de la paix et du Département de l’ appui aux missions, 2009.6.
• Draft DPKO/DFS Environmental Guidelines for UN Field Missions (2007).

2.29 : Information publique.


Les communications publiques et les informations au sein d’une mission
de maintien de la paix sont placées sous la responsabilité du Bureau de
la Section de l’information. Ce bureau, composé de civils, est générale-
ment dirigé par un directeur ou par un chef qui élabore une stratégie
d’information à l’échelle de la mission, conseille le Représentant spécial
du Secrétaire général ou le chef de la mission sur les problèmes de com-
munication et coordonne l’ensemble des activités d’information et de
sensibilisation.
Dans le domaine du maintien de la paix, l’information repose sur les prin-
cipes essentiels suivants :

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Principes, politiques et cadre

• Les communications et l’information sont un multiplicateur de force stra-


tégique.
• Une mission, une voix (civils, militaire, police).
• Coopération stratégique et opérationnelle avec le spécialiste civil de
l’information; partenariat entre le commandant de la force et le directeur du
bureau civil de l’information.
• Opportunité des actions médiatiques : informer tôt, informer souvent,
informer régulièrement, rectifier les informations erronées, préparer les
communications de crise, planifier avec le spécialiste de l’information civil.
• Les médias et les communications jouent un rôle essentiel dans le traite-
ment des cas d’exploitation et de violence sexuelles impliquant le personnel
militaire, qui exige également la non-divulgation de l’identité des victimes :
demander conseil au directeur du bureau civil de l’information.
• Constitution des forces : assurer la liaison avec la Section des affaires pub-
liques du DOMP au Siège afin de garantir l’efficacité des produits de com-
munication et faciliter la sensibilisation des PFC.
Communications internes au sein de la composante militaire. Le directeur
civil de l’information se concertera avec la composante militaire pour garan-
tir l’intégration des efforts de communication et respecter ainsi le principe
« une mission – une voix ». Les communications publiques doivent être un
multiplicateur de force stratégique, en aidant le personnel civil et le person-
nel en uniforme de la mission à atteindre leurs objectifs communs. Le com-
mandant de la force doit désigner un officier supérieur dûment qualifié en
tant que responsable de l’information et, s’il y a lieu, d’autres agents respon-
sables de l’information (dont des photographes/vidéographes). Pour les
missions bénéficiant de grands bureaux régionaux, le commandant de la
force doit envisager la nomination de coordonnateurs des responsables de
l’information au sein de tous les bureaux régionaux.
Les communications internes au sein de la composante militaire sont
également importantes. Tous les militaires en service doivent connaître
le mandat, les objectifs stratégiques ainsi que les normes de conduite de
la mission, et être conscients qu’il est primordial de préserver l’anonymat
des victimes de violences sexuelles. Le directeur de l’information peut con-
seiller le commandant de la force au sujet des communications internes
mais n’est pas responsable de la gestion de ces dernières au sein des com-
posantes militaires.

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United Nations Infantry Battalion Manual

2.30 : Partenariat.
La zone d’opérations de la mission de maintien de la paix est suscep-
tible de compter des unités militaires d’États Membres, de coalitions et
d’organisations régionales telles que l’Union africaine (UA), l’Union euro-
péenne (UE) et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Ces
déploiements sont effectués sur la base d’une invitation du pays hôte,
notamment dans le cadre d’accords bilatéraux sur les services de sécurité
et l’appui à la formation, ou sont consécutifs à un mandat octroyé par le
Conseil de sécurité pour appuyer l’opération de maintien de la paix. La
coopération, la coordination et l’intégration des diverses unités militaires
au sein de la zone de la mission de maintien de la paix seront délimitées
par des résolutions, des accords et des ordres. Le chef de corps des Nations
Unies doit en tenir compte dans le cadre de la planification et de l’exécution
des opérations.

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CHAPITRE 3 asdf
Mandat, directives et ordres
3.1 : Généralités.
La composition d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies
dépend du mandat que le Conseil de sécurité dicte en fonction des objec-
tifs à atteindre dans la zone de conflit. Ces dernières années, des opérations
multidimensionnelles de maintien de la paix tendent à être déployées en
lieu et place des opérations traditionnelles, qui visent essentiellement à
garantir et surveiller la séparation des forces en présence. Le commande-
ment des opérations de maintien de la paix relève du Secrétaire général,
sous l’autorité du Conseil de sécurité. Le Secrétaire général délègue la
responsabilité générale de la conduite et de l’appui des opérations au
Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, à savoir le
chef du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP).

3.2 : Objectif.
Le présent chapitre se penche sur la structure d’une mission de maintien
de la paix au niveau opérationnel et décrit le mandat, le cadre stratégique
intégré, le concept d’opérations, les ordres d’opérations, la constitution des
forces, le régime juridique, la structure organisationnelle générale, les dis-
positions relatives à la direction et au commandement ainsi que d’autres
mesures d’appui à la mission. Il détaille le cadre général d’une mission de
maintien de la paix dans lequel un bataillon d’infanterie opérera pour rem-
plir le mandat.

3.3 : Mandat.
Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies se déploient sur
la base d’un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU. Les missions qu’une
opération de maintien de la paix doit accomplir sont énoncées dans la
résolution du Conseil de sécurité. Les mandats du Conseil varient selon la
situation, la nature du conflit et les défis particuliers qu’il présente. Puisque
les opérations de maintien de la paix des Nations Unies sont généralement
déployées pour appuyer l’application d’un cessez-le-feu ou d’un accord de

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United Nations Infantry Battalion Manual

paix plus global, ces mandats ont influencés par la nature et le contenu des
accords conclus entre les parties.
Sans mettre en cause le droit à la légitime défense, le Conseil de sécurité
peut autoriser et autorise de plus en plus les opérations de maintien de la
paix des Nations Unies à recourir à la force au-delà de la légitime défense
afin de concrétiser certains objectifs des mandats, dont la protection des
civils. Le DOMP assure la direction politique et exécutive des opérations de
maintien de la paix de l’ONU, partout dans le monde. Il établit une relation
privilégiée avec les membres du Conseil de sécurité, les pays fournisseurs
de contingents et/ou de ressources financières et les parties au conflit dans
chacun des pays où il est amené à intervenir. Un organigramme général du
DOMP ainsi que du rôle et des fonctions du Bureau des affaires militaires
est détaillé à l’annexe D (p. 274 du vol. II du présent Manuel).

3.4 : Concept et cadre stratégique intégré de la mission.


Outre le mandat, le concept de la mission, qui englobe le concept stra-
tégique militaire des opérations, le concept d’opérations pour la com-
posante de police et le plan de soutien logistique de la mission, définit une
vision et un cadre communs pour les activités d’une mission des Nations
Unies. Afin que la présence des nations Unies soit aussi efficiente et effi-
cace que possible, la mission élabore un cadre stratégique intégré avec
d’autres interlocuteurs des Nations Unies (tels que l’Équipe de pays des
Nations Unies) pour définir une stratégie commune sur le long terme. Le
cadre stratégique intégré fixe les objectifs stratégiques ainsi que les résul-
tats que les Nations Unies doivent concrétiser collectivement dans une
zone de mission spécifique.

3.5 : Concept stratégique militaire des opérations.


Dans le cadre de la mise en œuvre du mandat du Conseil de sécurité pour
une opération de maintien de la paix des Nations Unies, le concept straté-
gique militaire des opérations définit l’objectif stratégique qui sous-tend
l’utilisation de moyens militaires pour concrétiser un objectif global. Le
concept des opérations doit être en adéquation avec le concept général
de la mission et guider les plans opérationnels au niveau des composantes.
Dans le cadre du concept des opérations, les moyens militaires et la com-
position de la force sont précisés dans l’énoncé des besoins de la force.
Dans le sillage de l’énoncé des besoins de la force, l’énoncé des besoins

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Mandat, directives et ordres

de l’unité est établi pour chaque unité de la force. Il définit la mission prin-
cipale, les missions spécifiques, l’organisation, le personnel et le matériel.
3.5.1 : Énoncé des besoins de la force. L’énoncé des besoins de la force
comprend en général l’un des deux éléments suivants :
• Une force avec des observateurs militaires des Nations Unies ou non et/ou
des conseillers militaires ou des officiers de liaison (formulation générique :
experts militaires des Nations Unies en mission);
• Une mission d’observateurs composée uniquement d’observateurs mili-
taires des Nations Unies /d’experts militaires des Nations Unies en mission.
3.5.2 : Constitution de la force. Les besoins sont déterminés dans le cadre
du processus de génération de force. Le Bureau des affaires militaires du
DOMP lance le processus par le biais de la base de données du Système
de forces et moyens en attente des Nations Unies, dans laquelle est con-
signée une version actualisée des engagements pris par les PFC intéressés.
Il est également tenu compte des offres et engagements exprimés par ces
derniers proposés dans une correspondance formelle/informelle avec le
DOMP et dans le cadre de contacts entre les hauts responsables de l’ONU
et les dirigeants nationaux. Pour la sélection, de nombreux éléments sont
pris en compte, notamment les aspects politiques, les droits de l’homme,
les résultats obtenus par le passé, les délais de déploiement, la disponibil-
ité des ressources, les capacités, la formation et la préparation, les con-
traintes et l’approbation du pays hôte/des parties au conflit. Lorsqu’un
PFC est retenu, il soumet un tableau d’effectifs et dotations ainsi qu’une
liste des membres du personnel et le DOMP confirme l’approbation de
l’engagement/de l’offre.
La séquence de mobilisation des unités et des éléments requis pour les mis-
sions de maintien de la paix est représentée graphiquement ci-dessous :

3.6 : Règles d’engagement


Les règles d’engagement (ROE) sont édictées par le Secrétaire général
adjoint aux opérations de maintien de la paix pour chaque opération. Elles
confèrent l’autorité nécessaire pour le recours à la force et expliquent le
cadre légal, les politiques, les principes, les responsabilités ainsi que les
définitions des ROE. Les ROE doivent être conformes au droit international
humanitaire et au droit des droits de l’homme, qui sont des sources supéri-
eures. Il s’agit de directives adressées aux commandants opérationnels
délimitant les paramètres selon lesquels la composante militaire de

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l’opération de maintien de la paix peut recourir à la force aux fins de


l’exécution des missions dictées par son mandat. Elles reposent sur les
résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

Lorsqu’elles ont valeur d’une interdiction, elles intiment l’ordre de ne pas


prendre certaines mesures particulières. Lorsqu’elles ont valeur d’une
permission, elles confèrent aux commandants le pouvoir de prendre des
dispositions spécifiques si elles sont jugées nécessaires à la réalisation
de l’objectif poursuivi par l’opération de maintien de la paix. Bien qu’elles
revêtent un caractère essentiellement défensif, les ROE autorisent au
besoin une action offensive pour garantir la mise en œuvre des missions
prescrites par le Conseil de sécurité. Elles proposent en outre des défini-
tions sur les circonstances dans lesquelles le recours à la force, y compris la
force létale, peut être justifié.
Les ROE sont régies par buts énoncés dans la Charte des Nations Unies et
les principes applicables du droit international, y compris le droit des con-
flits armés. Le personnel militaire est tenu de respecter le droit international,
dont le droit des conflits armés, et d’appliquer les ROE dans le respect de
ces lois. Les ROE sont adressées au commandant de la force, qui est ensuite
chargé de les communiquer à l’ensemble des commandants subordonnés.
Il appartient en outre aux commandants à tous les niveaux hiérarchiques de

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Mandat, directives et ordres

veiller à la compréhension, à l’application et au respect des ROE. Le comman-


dant de la force est responsable en dernier ressort de leur mise en œuvre. Un
modèle de ROE pour la composante militaire des missions de maintien de la
paix est présenté à l’annexe C (p. 262 du vol. II du présent Manuel).

3.7 : Directive à l’attention du chef de la composante


militaire.
Cette directive, qui est édictée par le Siège de l’ONU, fournit des orienta-
tions et des conseils sur les responsabilités administratives et organisation-
nelles que le chef de la composante militaire est tenu d’assumer dans le
cadre de ses fonctions. Des orientations et conseils opérationnels relatifs
à l’emploi de la composante militaire sont proposés dans le concept des
opérations spécifique à la mission.

3.8 : Accord sur le statut des forces/accord sur le statut de la


mission.
Un accord sur le statut des forces ou un accord sur le statut de la mission
est un accord entre un pays hôte et l’ONU qui consacre le consentement de
l’État hôte quant à la présence de l’opération de maintien de la paix sur son
territoire. Il régit le statut, les privilèges et les immunités dont cette opéra-
tion bénéficie dans le pays hôte.
En vertu des dispositions de l’accord sur le statut des forces ou de l’accord
sur le statut de la mission, un gouvernement accueillant un organe ou une
entité des Nations Unies, en l’occurence une opération de maintien de la
paix, est tenu de garantir la sûreté et la sécurité de cette opération, de son
personnel, de ses locaux et de ses biens, ainsi que de prendre des mesures
pour protéger les membres de l’opération et ses locaux et ses biens contre
les attaques ou toute action les empêchant de s’acquitter de leur mandat.
L’accord sur le statut des forces ou l’accord sur le statut de la mission dis-
pose en outre que tous les membres sont tenus de respecter les lois et
règlements locaux et de s’abstenir de toute action ou activité incompatible
avec la nature impartiale et internationale de leurs missions.
D’autres dispositions portent sur des questions telles que la liberté de
mouvement pleine et entière, le port des armes et des uniformes, l’entrée
et la sortie du pays, l’immunité de poursuites et l’exonération de l’impôt.
L’une des dispositions les plus importantes est celle prévoyant que le per-
sonnel militaire des contingents nationaux affectés à la composante mili-
taire d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies est soumis

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United Nations Infantry Battalion Manual

à la juridiction exclusive de l’État participant dont il est ressortissant pour


toute infraction pénale qu’il pourrait commettre dans l’État hôte.

3.9 : L’ordre d’opérations de la force.


L’ordre d’opérations de la force découle du concept des opérations. L’ordre
d’opérations est généralement élaboré au quartier général de la force et
communiqué aux formations/secteurs subordonnés afin qu’ils s’acquittent
de leurs missions. Une fois qu’il a reçu l’ordre d’opérations, chaque élément
militaire subordonné définit ses propres ordres.
Afin d’opérer efficacement dans un contexte de mission dynamique, la
composante militaire doit être flexible, proactive et réactive. Pour ce faire, il
est nécessaire de constituer des réserves à tous les niveaux et d’utiliser des
bases temporaires et permanentes pour appuyer les opérations. La force
sera ainsi en mesure d’effectuer des patrouilles, d’interagir avec la popula-
tion locale et de dissuader les fauteurs de troubles. Grâce à ces activités,
la mission dans son ensemble et d’autres composantes disposeront d’un
appui. Le dispositif militaire est déterminé sur la base d’une évaluation
exhaustive de la situation en matière de sécurité, de l’identification des
missions assignées et des ressources disponibles.
Le chef de corps des Nations Unies et les effectifs de son bataillon doivent
être animés d’un esprit expéditionnaire, disposés à établir une présence
temporaire, à utiliser des réserves et/ou à transférer la totalité du batail-
lon ou certains éléments de celui-ci en cas de besoin. Les bases opéra-
tionnelles du volume d’une compagnie sont considérées comme les plus
petites qui puissent être établies de manière permanente. Toutefois, afin
de garantir une flexibilité opérationnelle, des bases opérationnelles tem-
poraires peuvent être établies à l’échelle d’une section pour renforcer la
présence temporairement.

3.10 : Dispositions relatives au commandement et au


contrôle.
Le personnel militaire que les États Membres mettent à la disposition
d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies demeure sous la
juridiction de ses forces armées nationales. Les prérogatives de comman-
dement sur ces forces et ce personnel sont néanmoins confiées à la struc-
ture de commandement et de contrôle unifiée de l’ONU et dévolues au
Secrétaire général. Les prérogatives de commandement des Nations Unies
incluent le droit de publier des directives opérationnelles dans les limites

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Mandat, directives et ordres

d’un mandat spécifique et de la zone de la mission, et ce pendant une péri-


ode convenue, étant entendu que le retrait avancé d’un contingent néces-
siterait un préavis suffisant du pays contributeur.
Dans certaines situations, lorsque l’opération de maintien de la paix repose
exclusivement sur un mandat militaire, le chef de la composante militaire2
peut également être le chef de mission désigné. Il est responsable devant
le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’exécution des missions
assignées à la composante militaire. Lorsqu’il ne fait pas office de chef de
la mission, le chef de la composante militaire rend compte à ce dernier. Le
commandant de la force exerce un « contrôle opérationnel » sur l’ensemble
du personnel militaire, y compris les observateurs militaires, au sein de la
mission de maintien de la paix. Il peut déléguer le « contrôle opérationnel »
des observateurs militaires au chef des observateurs militaires. Dans de
nombreuses missions, le commandant adjoint de la force fait également
office de chef des observateurs militaires. Les commandants des différents
contingents composant les forces de maintien de la paix des Nations Unies
rendent compte au commandant de la force de toutes les questions opéra-
tionnelles. Ils ne doivent pas recevoir ou accepter de leurs autorités nation-
ales des instructions contraires au mandat de l’opération.
Le chef de la composante militaire constitue la chaîne de commande-
ment opérationnelle militaire comme suit : chef de la composante mili-
taire; commandants de division; chefs de secteur (brigade); chefs de corps;
commandants de compagnie et d’unités subordonnées. Lorsqu’une telle
structure militaire n’existe pas, le chef de la composante militaire peut
établir la chaîne de commandement nécessaire conformément au schéma
de déploiement militaire de la mission. Cette chaîne de commandement
opérationnelle militaire est créée comme un « Cadre de commandement
des opérations ». Le chef de la composante militaire s’assure que le com-
mandement de formations ou d’unités n’est pas confié à des officiers
d’état-major. Les chefs de corps doivent connaître la chaîne de commande-
ment en place.
Prérogatives de commandement des Nations Unies. L’autorité trans-
mise aux Nations Unies par les États Membres pour faire usage des capaci-
tés opérationnelles de leurs contingents militaires nationaux, leurs unités

2 Le terme « chef de la composante militaire » désigne à la fois le commandant de la force et


tout autre commandant d’une composante militaire, par exemple le commandant d’une
mission de liaison ou d’observation.

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United Nations Infantry Battalion Manual

militaires ou de police constituées et/ou leurs effectifs militaires et de


police dans l’accomplissement des missions prescrites. Les prérogatives
de commandement sur ces forces et ces effectifs sont dévolues au Secré-
taire général, sous l’égide du Conseil de sécurité. Le concept de « préroga-
tives de commandement des Nations Unies » englobe le plein pouvoir
de publier des directives opérationnelles dans les limites 1) d’un mandat
précis adopté par le Conseil de sécurité; 2) d’une période convenue, étant
entendu que le retrait avancé d’un contingent nécessiterait un préavis suf-
fisant du pays contributeur; et 3) d’une zone géographique spécifiée (la
zone de la mission dans son ensemble).
La notion de « prérogatives de commandement des Nations Unies »
n’implique pas la responsabilité de certaines questions de personnel, telles
que la solde, les indemnités et les promotions des membres des contin-
gents. Ces fonctions relèvent d’une compétence nationale. En ce qui con-
cerne les affaires disciplinaires, bien que la discipline du personnel militaire
reste de la responsabilité des pays fournisseurs de contingents, les Nations
Unies sont habilitées à prendre des mesures administratives en cas de
faute, telles que le rapatriement de membres de contingents militaires et
d’officiers détat-major [voir à ce sujet le projet révisé de modèle de mémo-
randum d’accord dans le document A/61/19 (Part III)].
S’agissant des experts en mission, y compris les membres de la Police des
Nations Unies et les observateurs militaires, l’ONU prendrait des mesures
administratives et des sanctions disciplinaires conformément aux Direc-
tives des Nations Unies en matière disciplinaire applicables aux membres de
la police civile et aux observateurs militaires (DPKO/CPD/DCPO/2003/001,
DPKO/MD/03/00994 de 2003, diffusées par la voie du télégramme chif-
fré 1810 du 1er juillet 2003 et modifiées par la voie du télégramme chiffré
2697 du 7 octobre 2005) et la résolution de l’Assemblée générale sur la
responsabilité pénale (62/63).
Définitions. Les termes importants relatifs au commandement et au con-
trôle sont définis comme suit :
• Commandement. L’autorité dont un commandant militaire est investi pour
la direction, la coordination et l’encadrement des forces et du personnel mili-
taire. Le commandement dispose d’un statut légal et désigne l’exercice fonc-
tionnel d’une autorité militaire compétente aux fins de l’accomplissement
d’objectifs ou de buts militaires.
• Contrôle opérationnel des Nations Unies. L’autorité accordée à un com-
mandant militaire dans une opération de maintien de la paix des Nations

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Mandat, directives et ordres

Unies pour la direction des forces attribuées afin que le commandant puisse
accomplir les missions ou les missions spécifiques qui sont normalement cir-
conscrites par la fonction, le temps ou le lieu (ou une combinaison des trois),
pour le déploiement des unités concernées et/ou du personnel militaire, et
pour l’attribution ou la conservation du commandement ou du contrôle tac-
tique de ces unités et de ces effectifs. Le contrôle opérationnel comprend
le pouvoir d’attribuer des missions séparées aux unités constitutives d’un
contingent, selon les besoins opérationnels, dans la zone dont la mission est
responsable, en consultation avec le commandant du contingent et avec
l’accord du Siège de l’ONU.
• Commandement tactique des Nations Unies. L’autorité déléguée à un
commandant militaire ou de la police au sein d’une opération de main-
tien de la paix des Nations Unies, qui lui permet d’attribuer aux forces
placées sous son commandement les missions spécifiques nécessaires à
l’accomplissement de la mission assignée par une autorité supérieure.
• Contrôle tactique des Nations Unies. La direction détaillée et locale et
le contrôle des mouvements, ou manœuvres, nécessaires à la réalisation
des missions assignées. Selon les besoins opérationnels, le chef de la com-
posante militaire peut déléguer le contrôle tactique de forces militaires dési-
gnées aux commandants de secteurs et/ou d’unités subordonnés.
• Contrôle administratif. L’autorité exercée sur les organisations subordon-
nées et autres au sein des contingents nationaux en ce qui concerne les affaires
administratives telles que la gestion du personnel, l’approvisionnement, les
services et autres missions non opérationnelles de ces organisations.

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United Nations Infantry Battalion Manual

Niveaux d’autorité, de commandement et de contrôle dans les opérations


de maintien de la paix des Nations Unies

Références :
• Nations Unies, Directive d’orientation du Département des opérations de maintien de la paix
et du Département de l’, intitulée « Autorité, commandement et contrôle dans les opérations
de maintien de la paix des Nations Unies », (réf. 2008.4), février 2008.
• Handbook on UN Multidimensional Peacekeeping Operations, United Nations 2003, Chapter
V: Military Command and Control.

3.11 : Organisation de la mission.


Les dispositifs mis en place par les Nations Unies pour diriger et gérer les
opérations de maintien de la paix sont distincts de ceux mis en place par
d’autres organisations, notamment celles qui ne déploient que des capaci-
tés militaires. Cette différence tient dans une large mesure au fait que le
maintien de la paix des Nations Unies est désormais une entreprise com-
plexe et multidimensionnelle qui emploie, dans une structure intégrée,
des effectifs provenant d’un large éventail de pays, de disciplines et de cul-
tures professionnelles, et impliqués dans une vaste gamme d’activités. Les
missions intégrées multidimensionnelles comportent des composantes
civiles, policières et militaires placées sous la direction d’un chef de mission
civil. Dans certains cas, des relations sont même établies en dehors de la
zone de la mission, par exemple dans le cadre d’une coopération intermis-
sions, qui peut s’avérer utile, en particulier pour des formations militaires.

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Mandat, directives et ordres

3.11.1 : Organisation générique d’une mission.


Le quartier général d’une mission de maintien de la paix est composé de
l’équipe dirigeante, des structures intégrées d’appui et de prise de déci-
sions ainsi que de diverses composantes organiques. Une structure généri-
que du quartier général d’une mission est détaillée ci-dessous à titre de
référence :

Représentant spécial du Secrétaire général


(chef de mission) BUREAU conjointd’analyse
de la Mission
Conseiller en Centre
Secteur de CEM opérationnel conjoint
chef pour la
sécurité sécurité (Chef D’État Major)
Centre intégré de
intégré Porte-paroles Déontologie et discipline formation du personnel
des missions
Bonnes Pratiques
EQUIPE DIRIGEANTE
Représentant spécial adjoint du Commandant de Composante
Représentant spécial Secrétaire général/Coordonnateur la Force/ police/ Directeur du soutienà
adjoint du résident/Coordonnateur des Chef de la composante Chef de la mission/
Secrétaire général (P) opérations humanitaires militaire la composante police Chef du soutien à la mission

Équipe de pays des Composantes organiques Soutien à la mission


Nations Unies

PNUD Services de soutien intégrés


Affaires civiles Affaires politiques
• Contrôle des mouvements
OCHA
• Transport
Affaires électorales Droits de l’homme • Travaux
HCR
• Service de l’informatique
et des communications
HCDH Conseiller pour État de droit (questions • Aviation
la problématique
hommes-femmes judiciaires et pénitentiaires) • Approvisionnements
PAM
Services administratifs
OMS Protection de l'enfance Commission militaire conjointe
• Directeur financier
UNICEF • Santé
Réforme du secteur • Achats
Lutte antimines de la sécurité • Services généraux

Désarmement, Centre conjoint des


VIH/sida démobilisation et
réintégration opérations logistiques

Reconstruction et Information
reprise du public

Opérations humanitaires Bureau de liaison

Bureau local

Affaires juridiques

Note: L’état-major de la mission interagira et assurera une coordination avec l’équipe de pays
des Nations Unies, par l’intermédiaire du Représentant spécial adjoint du Secrétaire
général/Coordonnateur résident/Coordonnateur des opérations humanitaires.

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United Nations Infantry Battalion Manual

3.11.2 : Interaction avec les entités de la mission. Il incombe à l’opération


de maintien de la paix d’organiser régulièrement des rencontres et des
partages d’informations avec tous les acteurs et, dans la mesure du possi-
ble, d’harmoniser les activités en sollicitant leurs avis sur le processus de
planification de la mission. Le chef de corps doit être au fait de la manière
dont les Nations Unies, les ONG nationales et internationales, ainsi que les
autorités du pays hôte sont organisées au sein de la ZDR du bataillon.

Références :
• Opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Principes et Orientations, (Doctrine
fondamentale). Chapitre 7, Gestion des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.
• Handbook on UN Multidimensional Peacekeeping Operations, United Nations, 2003, Chapter
IV: Public Information Cooperation and Coordination with Key Partners.

3.12 : Composante militaire.


3.12.1 : Généralités. Les opérations de maintien de la paix ont gagné
en complexité et en ampleur. Alors qu’auparavant il s’agissait essentiel-
lement de missions d’observation militaire, à présent, ce sont des opéra-
tions multidimensionnelles qui supervisent la mise en œuvre d’accords de
paix globaux. Les missions des composantes militaires de l’ONU sont de
plus en plus complexes étant donné que les conflits dans lesquels elles
interviennent n’impliquent plus seulement les forces militaires nationales
mais également des forces irrégulières, des factions de guérilla, voire des
bandes criminelles armées. Les moyens militaires à la disposition du com-
mandement des Nations Unies ont donc également évolué, celui-ci n’étant
désormais plus seulement doté d’armes légères, comme c’était générale-
ment le cas au cours des 40 à 50 premières années de l’intervention de
l’Organisation dans le domaine du maintien de la paix.
3.12.2 : Rôle. La fonction principale d’une composante militaire consiste
en général à fournir un environnement sécurisé afin de pouvoir mettre en

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Mandat, directives et ordres

œuvre les autres éléments du processus de paix, dont l’observation des


droits de l’homme, la réconciliation nationale et le renforcement des insti-
tutions. Les composantes militaires des opérations de maintien de la paix
sont de plus en plus contraintes de collaborer avec les forces militaires
d’autres entités, telles que les organisations régionales, des coalitions mili-
taires et des unités militaires du pays hôte. À cet égard, il convient de rester
attentif au fait que ces forces risquent de commettre des violations des
droits de l’homme. L’appui des Nations Unies doit être apporté conformé-
ment à la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme du
Secrétaire général relative à l’appui des Nations Unies aux forces de sécu-
rité n’appartenant pas au système des Nations Unies. Le nombre croissant
de protagonistes et la portée grandissante des activités des opérations de
maintien de la paix multidimensionnelles appellent un élargissement des
liens entre les composantes militaires et autres.
3.12.3 : Le quartier général (QG) de force. Le QG de force a essentielle-
ment pour rôle d’assurer le commandement et le contrôle des opérations
militaires de la mission afin de faciliter la mise en œuvre du mandat de
cette dernière. Quelle que soit la nature de la mission, le QG d’une force
assume des fonctions communes par l’entremise de groupes fonctionnels.
Une organisation type d’un QG de force et d’un poste de commandement
de secteur est illustrée ci-dessous à titre de référence :

Organisation générique de du QG de force type

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United Nations Infantry Battalion Manual

3.12.4 : Poste de commandement de secteur/brigade. Le QG de la force


comptera plusieurs postes de commandement de secteur/brigade char-
gés d’exécuter le mandat dans une zone opérationnelle désignée et sous
l’autorité desquels les bataillons d’infanterie accompliront les missions
assignées. Une organisation type du poste de commandement de secteur/
brigade est illustrée ci-dessous à titre de référence :

Organisation générique d’un poste de commandement de secteur type


Commandant de la Force

Adjoint du Commandant de la Force/


Chef d’état-major/
Chef des Observateurs Militaires

Secteur A Secteur B Secteur C

Commandant de secteur

Personnel Information Opérations Logistique ACM Communications

État-major des
Quartier général
observateurs militaires
des contingents
des Nations Unies

Base Base Base Base Base


opérationnelle opérationnelle
d’opérations ‘A’ d’opérations ‘B’ d’opérations ‘C’ de compagnie temporaire

Référence :
• Handbook on UN Multidimensional Peacekeeping Operations, United Nations, 2003, Chapter
V: Military.

3.13 : Coopération entre missions.


La coopération entre missions implique le déploiement ou la mise à dispo-
sition de moyens opérationnels et logistiques d’une mission particulière
en appui d’une autre mission afin d’assurer une intervention rapide dans
une situation de crise ou de pallier une lacune. Elle renforce la souplesse
opérationnelle des Nations Unies et assure une réaction plus rapide ainsi
qu’une optimisation des ressources. La coopération entre missions est une
solution provisoire dans la perspective d’une éventuelle constitution de
forces. Elle repose sur un processus politico-juridique impliquant la par-
ticipation du Conseil de sécurité, du Siège de l’ONU, des PFC, du QG de
la mission et du pays hôte. Au niveau du bataillon, la coopération entre
missions ne donne pas lieu à une modification des dispositions relatives
à la conduite des opérations de maintien de la paix; elle implique des

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Mandat, directives et ordres

changements uniquement dans les dispositions régissant le commande-


ment et le contrôle au niveau de la mission (le commandement et le con-
trôle nationaux restent intacts), dans la situation géographique et dans
l’environnement opérationnel.

3.14 : Gestion des connaissances.


Les commandements militaires doivent clairement définir et satisfaire les
attentes de l’organisation en ce qui concerne l’acquisition et le partage
des connaissances en recourant à des outils de partage des connaissances
normalisés. Ils doivent être au fait des ressources civiles et militaires dis-
ponibles au sein de leur mission pour les meilleures pratiques, y compris la
base de données sur les politiques et les pratiques de maintien de la paix
et la « Boîte à outils Meilleures pratiques ». Cette base de données consigne
les enseignements tirés des missions, les pratiques optimales ainsi que les
politiques et orientations approuvées en matière de maintien de la paix; la
Boîte à outils Meilleures pratiques contient des modèles de document et
des orientations sur les analyses après action, les notes de passation des
fonctions, les rapports de fin d’affectation, les enquêtes sur les pratiques et
les retours d’expérience. La base de données sur les politiques et les pra-
tiques de maintien de la paix et la Boîte à outils Meilleures pratiques sont
disponibles sur l’intranet des opérations de paix.
• Le spécialiste des meilleures pratiques du QG de la force sera chargé de
faciliter l’acquisition et l’amélioration des connaissances organisationnelles.
Plus précisément, il elle devra s’acquitter des missions suivantes :
• Établir, coordonner et communiquer des directives pour un réseau de
responsables de la coordination des meilleures pratiques militaires.
• Veiller à l’utilisation d’outils normalisés pour le recensement des meilleures
pratiques et des enseignements tirés.
• Traiter et analyser les rapports sur les pratiques optimales afin d’en extraire
les principales tendances et questions.
• Faire part des tendances et des questions nouvelles au commandant mili-
taire et au Service des politiques et des meilleures pratiques du DOMP/DAM.
• Centraliser les pratiques de référence et les retours d’expérience ainsi que
partager ces enseignements et pratiques avec le Service des politiques et
des meilleures pratiques du DOMP/DAM.
Les bataillons d’infanterie des Nations Unies disposeront d’un spécialiste
des meilleures pratiques qui travaillera en coordination avec celui du QG
de la force/du secteur. Ce spécialiste est chargé de :

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United Nations Infantry Battalion Manual

• S’assurer que le personnel militaire est au fait de la Directive du DOMP sur le


partage des connaissances;
• S’assurer que le personnel militaire s’acquitte de ses responsabilités quant au
respect et aux contributions aux processus organisationnels d’apprentissage
et de perfectionnement concernant les opérations de maintien de la paix
des Nations Unies;
• Coordonner et organiser des séminaires sur la philosophie des meilleures
pratiques et les outils du maintien de la paix des Nations Unies;
• Élaborer des directives visant à faciliter la mise en œuvre et à assurer une
utilisation cohérente des outils sur les meilleures pratiques (orientations sur
les analyses après action, retours d’expérience, rapports de fin de mission et
notes de passation de consignes);
• Assurer l’achèvement en temps voulu des analyses après action, des rap-
ports de fin de mission, des notes de passation de consignes, et des retours
d’expérience;
• Faire au besoin office de conseiller pour les analyses après action et les
retours d’expérience.
• Fournir au QG de la force/PC de secteur une version finalisée des analyses
après action, retours d’expérience, rapports de fin de mission et notes de
passation de consignes en vue de les intégrer dans la base de données des
politiques et pratiques du maintien de la paix.
Référence :
• ([Link]

3.15 : Aspects juridiques.


Dans le cadre de la conduite des opérations de maintien de la paix, chaque
commandant du bataillon doit veiller à ce que les effectifs de son unité
soient correctement informés des droits et obligations juridiques qui leur
incombent. Le commandant de l’unité doit, entre autres, se pencher sur les
aspects juridiques suivants :
• L‘ensemble du personnel a-t-il été sensibilisé au respect des dispositions
du droit humanitaire international et du droit international des droits de
l’homme?
• Tous les membres du personnel comprennent-ils les lois locales pertinentes
du pays hôte, ses coutumes, traditions et pratiques?
• Les soldats connaissent-ils les instructions générales des Nations Unies rela-
tives à la détention par le personnel des Nations Unies et sont-ils pleinement
au fait de la procédure juridique régissant le traitement des détenus?

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Mandat, directives et ordres

• Les officiers, sous-officiers et militaires du rang sont-ils au fait des disposi-


tions de l’accord sur le statut des forces/l’accord sur le statut de la mission,
des règles d’engagement et de toutes les autres directives/procédures opé-
rationnelles permanentes des Nations Unies, directives et arrêtés adminis-
tratifs spécifiques à la mission?
• Sont-ils conscients de la portée et de la nature des privilèges et immunités
dont ils jouissent?
• L’unité dispose-t-elle d’un mécanisme de contrôle interne efficace pour
superviser la conduite du personnel, rendre compte de tout acte lié à une
accusation de faute ou de faute grave, mener les enquêtes requises, sanc-
tionner les individus impliqués de manière à traiter de façon appropriée les
affaires ? Il convient de signaler le chapitre 9, article 7 de l’édition 2011 du
Manuel relatif au matériel appartenant aux contingents (MAC), à lire con-
jointement avec le document A/61/19 (Part III) et la résolution 61/267 B de
l’Assemblée générale.
• Tous les membres du personnel connaissent-ils la politique des Nations
Unies régissant la structure de commandement et de contrôle au sein de la
zone de la mission?
• Tout le personnel de l’unité a-t-il été familiarisé avec le mécanisme juridique
global des Nations Unies relatif aux questions de déontologie et de discipline?
• Les règles/règlements ainsi que les politiques/procédures opérationnelles
permanentes importants des Nations Unies ont-ils été traduits dans la
langue nationale des PFC afin d’en faciliter la compréhension par les soldats?
• Tous les effectifs ont-ils été formés et respectent-ils la déontologie et
la discipline et en particulier les dispositions spéciales visant à prévenir
l’exploitation et les abus sexuels?

3.16 : Soutien logistique.


Le soutien logistique peut être apporté par plusieurs sources. Le soutien
logistique primaire en faveur du bataillon d’infanterie sera apporté par une
unité de soutien logistique militaire nationale placée sous le contrôle du
PFC. Les entrepreneurs civils peuvent eux aussi fournir un soutien. Les uni-
tés peuvent emporter des articles d’équipement majeurs ou les Nations
Unies peuvent les fournir dans la zone de la mission. Le Département de
l’appui aux missions (DAM) fournit un appui spécialement adapté aux mis-
sions de maintien de la paix dans les domaines des remboursements, de
la logistique, de l’information, des technologies de l’information et des
communications, des ressources humaines ainsi que de l’administration
générale afin d’aider les missions à promouvoir la paix et la sécurité. Si le

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United Nations Infantry Battalion Manual

DAM fournit un appui aux missions, et en retour aux PFC, le rembourse-


ment aux États Membres pour le MAC est déterminé par le Groupe de tra-
vail sur le matériel appartenant aux contingents et les organes délibérants
des Nations Unies. Les détails dudit remboursement au niveau du con-
tingent sont stipulés dans le Mémorandum d’accord. Le mémorandum
d’accord est la principale source pour les modalités du soutien logistique
dont bénéficie un bataillon engagé dans des missions de maintien de la
paix.
Références :
• Manuel des règles et procédures régissant les remboursements et le contrôle relatifs
au matériel appartenant aux forces militaires ou de police des pays qui participent aux
opérations de maintien de la paix (Manuel MAC) A/C.5/66/8, en date du 27 octobre 2011.
• LCS/SUPPLY/GT Sourcing of UNOE Weapons and Ammunition in Peacekeeping Operations,
25 septembre 2002.
• DPKO/DFS Ref. 2008.26 DPKO/DFS Fuel Operations Manual for Peacekeeping Missions.

3.17 : Soutien sanitaire des forces.


Garantir la santé et le bien-être des membres des opérations de maintien de
la paix de l’ONU passe par la planification, la coordination, la mise en œuvre,
le suivi et la supervision professionnelle de soins médicaux d’excellence
dispensés sur le terrain. Les opérations de maintien de la paix des Nations
Unies ont des caractéristiques spécifiques qui entraînent des conséquences
fondamentales pour le soutien sanitaire. En voici quelques-unes :
• La complexité politique et le caractère dynamique des opérations de main-
tien de la paix.
• Les différences géographiques, démographiques, culturelles et linguis-
tiques au sein des zones de mission.
• Des modèles épidémiologiques et des schémas de morbidité spécifiques.
• Une participation multinationale aux opérations de maintien de la paix,
avec des normes nationales diverses en matière de formation, de procé-
dures opérationnelles, d’équipements et de fournitures.
Il convient de tenir compte des sensibilités culturelles et religieuses ainsi
que des sexospécificités dans le cadre de l’élaboration du plan de soutien
sanitaire afin que chaque mission satisfasse aux exigences opérationnelles
spécifiques. Ces plans doivent demeurer suffisamment souples pour pou-
voir être adaptés à l’évolution des circonstances et des exigences. Ils doivent
être jugés acceptables par l’état-major de la mission respective et les PFC
participants. Le DOMP doit en outre les approuver au niveau du Siège. Il sera
éventuellement nécessaire de les adapter au système national en vigueur.

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Mandat, directives et ordres

Référence :
• Medical Support Manual, 2012.
• Medical Support Manual for Peacekeeping Operations (9/12/1999).

3.18 : Conditions de vie (Welfare).


La mise à disposition d’installations de détente et de loisirs est primordiale
pour garantir des conditions de travail, de vie et de loisirs saines à toutes
les catégories de personnel de l’Organisation en poste dans les opérations
de maintien de la paix. Un tel environnement est essentiel pour permettre
à la mission de s’acquitter avec succès de son mandat et pour promouvoir
la bonne conduite et la discipline. Un Comité du bien-être et des loisirs
sera mis sur pied au QG de la mission. Le chef de la mission constituera
des équipes régionales qui seront chargées de mettre en œuvre le plan
de travail du Comité du bien-être de l’état-major de la mission dans les
régions. Ces équipes seront composées au minimum de représentants des
composantes civiles, militaires et de police de la mission. Toutefois, cela
n’exclut pas les arrangements relatifs au bien-être adoptés par les batail-
lons eux-mêmes.
Référence :
• Opérations de maintien de la paix des Nations Unies - Principes et Orientations.

3.19 : Etablissement d’un budget axé sur les résultats.


Le budget axé sur les résultats est un mode de gestion centré sur les résul-
tats à obtenir, une stratégie générale de gestion visant à modifier la façon
dont fonctionnent les organismes des Nations Unies, en mettant l’accent
sur les moyens d’améliorer leur efficacité. Elle consiste à élaborer des bud-
gets-programmes sur la base de plusieurs résultats souhaités, définis dès
le début du processus budgétaire, et au regard desquels les résultats effec-
tivement obtenus sont mesurés en fin d’exercice annuel pour le compte
d’appui et d’exercice biennal pour le budget ordinaire.
La procédure est composée de la formulation des programmes et de la jus-
tification des ressources, qui s’articulent autour d’un ensemble d’objectifs
prédéfinis,3 de résultats escomptés, de produits, de moyens (activités) ainsi
que d’indicateurs de résultats qui constituent un « cadre logique ». Le cadre
identifie les résultats escomptés justifiant les ressources nécessaires, déter-

3 Les objectifs doivent satisfaire aux critères SMART - spécifiques – concrets, détaillés et bien
définis; Mesurables – nombres, quantités et comparaisons; Atteignables- possibles et réalis-
ables; Réalistes – prennent en compte les ressources et peuvent être accomplis; Temporels
– une limite de temps spécifique au cours de laquelle les activités doivent être effectuées.

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United Nations Infantry Battalion Manual

minées en fonction et découlant des produits requis, afin d’obtenir de tels


résultats. Enfin, les résultats obtenus sont mesurés à l’aide d’indicateurs
objectifs et sont présentés aux organes délibérants sous la forme de rap-
ports sur l’exécution.
Chaque mission de maintien de la paix des Nations Unies définira son pro-
pre cadre annuel de budgétisation axée sur les résultats et ses besoins en
ressources qui seront déterminés et approuvés bien avant le déploiement
de l’unité auprès de la mission. Étant un maillon essentiel des opérations de
maintien de la paix des Nations Unies, le bataillon d’infanterie aura un rôle
à jouer pour atteindre ces résultats escomptés et les indicateurs de perfor-
mance. Le bataillon déployé servira à mettre en œuvre des objectifs et indi-
cateurs prédéfinis, sur lesquels il aura rarement un impact direct compte
tenu du processus budgétaire et du mandat octroyé pour le déploiement
de l’unité. Toutefois, les meilleures pratiques et les enseignements tirés par
les unités devraient favoriser une amélioration et l’approbation des objec-
tifs et des résultats escomptés de la budgétisation axée sur les résultats.

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Mandat, directives et ordres

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United Nations Infantry Battalion Manual

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CHAPITRE 4 asdf
Capacités
4.1 : Introduction.
Pour opérer efficacement dans un environnement complexe et multidi-
mensionnel, un bataillon d’infanterie doit disposer de capacités opéra-
tionnelles multiples et variées et des ressources nécessaires, en combinant
judicieusement les aptitudes d’un personnel spécialisé et un équipement
adapté. Le bataillon d’infanterie des Nations Unies est spécifiquement
configuré de façon à renforcer l’efficacité opérationnelle requise pour
une utilisation intégrée en fonction des besoins des missions de main-
tien de la paix. Tirant parti des moyens conventionnels de l’infanterie, les
entités pluridisciplinaires non organiques de ce bataillon sont conçues de
manière à remplir les missions et les responsabilités spécifiques au main-
tien de la paix.
Dans le domaine du maintien de la paix, une « capacité » est définie sur
le plan opérationnel comme l’aptitude et la disposition à agir selon une
norme raisonnable. Elle repose sur une combinaison d’éléments : les
capacités humaines et matérielles, l’état de préparation (organisation, pro-
cessus et formation) et le soutien logistique nécessaires pour accomplir les
missions confiées.

4.2 : Objectif.
Le présent chapitre a pour objet de préciser les normes à respecter pour
les capacités de base afin que le bataillon d’infanterie des Nations Unies
et ses unités subordonnées puissent planifier, organiser, équiper, former,
déployer et mener des opérations de maintien de la paix pour la réalisation
du mandat de la mission.

4.3 : Rôle et responsabilités.


La fonction principale d’un bataillon d’infanterie des Nations Unies est de
rétablir et de maintenir un environnement stable et sécurisé dans sa zone
de responsabilité (ZDR), en application des ordres d’opérations de la mis-
sion. La ZDR du bataillon et de ses unités subordonnées sera définie et

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United Nations Infantry Battalion Manual

délimitée en fonction des capacités du bataillon en termes de troupes, de


ressources, de l’étendue de sa zone d’influence statique et dynamique, des
besoins opérationnels, des impératifs de terrain, des lignes de communica-
tion, des attentes de la population locale et, surtout, de la réalisation des
objectifs opérationnels. Par voie de conséquence, le bataillon doit pou-
voir assurer la liberté de circulation ainsi que la protection des civils et du
personnel, des biens, des locaux et des installations des Nations Unies au
sein de sa ZDR. Outre les missions de maintien de la paix (opérationnelles
et non opérationnelles), le bataillon doit être formé à la planification et à
la conduite des opérations offensives et défensives conventionnelles de
manière à remplir le mandat et à redresser une situation défavorable dans
la zone de la mission.

4.4 : Capacités de base.


Il a été établi que le bataillon d’infanterie des Nations Unies doit disposer
de huit capacités de base afin de pouvoir s’acquitter de son rôle, de ses
responsabilités et des missions spécifiques à la mission principale confor-
mément au mandat et au concept des opérations :
4.4.1 : Commandement, contrôle et communications (C3). Le comman-
dement du bataillon doit être capable :
• D’exercer efficacement le commandement et le contrôle de tous les élé-
ments et ressources qui lui sont attachés et subordonnés en s’appuyant sur
un dispositif de commandement, de contrôle et de communications con-
ventionnel fiable, dynamique, réactif et adapté au cadre du maintien de la
paix;
• D’établir des chaînes de commandement et de contrôle claires, en définis-
sant les responsabilités et les devoirs de tous les éléments subordonnés et
en prévoyant une allocation des ressources en fonction des missions assi-
gnées;
• D’assurer un contrôle efficace des opérations en cours conformément aux
plans, directives et politiques en vigueur; de donner des ordres opportuns
durant les phases d’engagement pour produire l’effet escompté;
• De mener des opérations dans toutes les conditions climatiques, de jour
comme de nuit, 24 heures sur 24 dans une ZDR spécifique afin de remplir les
missions spécifiques de la mission principale.
4.4.2 : Puissance de feu. Le bataillon doit pouvoir :

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Capacités

• Disposer d’un armement organique ou en renforcement pour protéger et


pour dissuader, dominer ou atténuer les menaces potentielles dans sa ZDR,
de manière létale ou non;
• Assurer un soutien logistique autonome en ce qui concerne les armes
lourdes au niveau des bases opérationnelles de compagnie et des bases
opérationnelles temporaires (tous les éléments opérationnels étant inclus)
et utiliser les armes d’appui de la compagnie sur des plateformes mobiles;
• Faire preuve de souplesse dans le cadre du déploiement et du rassemble-
ment/regroupement des armes lourdes du bataillon selon les situations tac-
tiques et la réalité de terrain;
• Diriger et effectuer des tirs indirects et/ou des tirs à partir d’hélicoptères
d’attaque si nécessaire.
4.4.3 : Mobilité. Le bataillon doit être capable :
• D’assurer sa liberté de mouvement sans entrave dans un environnement sûr
et sécurisé au sein de sa ZDR, quelles que soient les conditions climatiques,
de jour comme de nuit, ainsi que celle des éléments des Nations Unies et de
la population locale;
• D’effectuer des mouvements tactiques ou non, à pied, ou à l’aide de moy-
ens aériens, fluviaux ou motorisés, et de véhicules blindés de transport de
troupes (VBCI), pour se déployer en temps voulu à l’emplacement le plus
avantageux;
• De mener des opérations mobiles et dynamiques afin de dominer la zone
d’opérations, de surveiller et de contrôler les accords de paix, de maintenir
une présence visible dans les zones de menace potentielle, d’améliorer la
sécurité, d’instaurer un climat de confiance pour la population locale et de
soutenir le volet sécuritaire de la mission;
• De maintenir une capacité de réaction rapide et de mobilité sous protection
aux niveaux compagnie et bataillon afin d’exécuter les missions assignées
ou de faire face à toute situation d’urgence;
• D’organiser des déplacements en toute sécurité dans une zone désignée
pendant une durée précise en recourant aux ressources organiques.
4.4.4 : Protection de la force. Le bataillon doit être capable :
• D’assurer la protection individuelle et collective de la force contre les men-
aces directes et indirectes pour tous les éléments en mission au sein de la
ZDR;
• De mettre en place des mesures de protection résultant d’une combinaison
de l’analyse des risques, de la sécurité physique, des mesures dictées par le

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United Nations Infantry Battalion Manual

cadre tactique, des mesures liées aux procédures, des mesures environne-
mentales et de la médecine préventive;
• De sensibiliser l’ensemble du personnel à la nécessité d’apporter des
réponses mesurées en évitant tout dégât collatéral conformément aux nor-
mes opérationnelles spécifiques au maintien de la paix.
4.4.5 : Informations tactiques. Le bataillon doit disposer de moyens
pour :
• Acquérir, traiter, analyser et transmettre précocement des informations tac-
tiques aux niveaux bataillon et compagnie grâce à un personnel spécialisé
et à des capteurs multiples (notamment grâce à des indicateurs d’alerte
avancée);
• Maintenir sa capacité d’appréciation de la situation 24 heures sur 24 afin
d’être en mesure de planifier et d’exécuter les missions de maintien de la
paix assignées au bataillon, et d’assurer la protection de la force et des civils
(hommes et femmes, garçons et filles);
• Intégrer et optimiser l’appui technologique pour obtenir un avantage tac-
tique et opérationnel, et pour faciliter une prise de décisions opportune et
pertinente afin d’atteindre les objectifs de la mission.
4.4.6 : Soutien logistique. L’état-major du bataillon et les bases opéra-
tionnelles de compagnie doivent :
• Disposer d’une capacité à durer logistique totalement autonome et
indépendante (notamment en ce qui concerne les denrées alimentaires,
l’eau, le logement, l’hygiène et les sanitaires (pour les hommes et les
femmes), le transport, la réparation, la maintenance préventive, le soutien
sanitaire, le bien-être et la gestion des déchets);
• Appuyer et satisfaire les besoins opérationnels de l’unité grâce à un appro-
visionnement, un stockage et un réapprovisionnement efficaces, assurés de
façon continue et en temps opportun.
4.4.7 : Interopérabilité. Le bataillon doit être capable :
• D’opérer de manière efficace, efficiente et intégrée, soit dans un contexte
national/multinational, soit dans un cadre pluri-institutionnel;
• D’assurer la mise en place de dispositifs de commandement, de contrôle et
de communications bien coordonnés et de systèmes de communication
interopérables pour des opérations conjointes;
• De maîtriser la langue vernaculaire et la langue de la mission.
• De définir des procédures opérationnelles permanentes et des normes com-
munes et de promouvoir une vision commune.

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Capacités

4.4.8 : Rapports avec la société civile. Le bataillon doit être capable :


• De mener des activités de sensibilisation et de rayonnement auprès de
la population locale, y compris auprès de groupes de femmes et d’autres
acteurs de la société civile, dans le cadre d’une action civilo-militaire (ACM)
bien coordonnée et dotée de ressources, d’activités de loisirs, de projets à
effet rapide intégrant la dimension « hommes-femmes », d’un soutien aux
opérations humanitaires assuré, sur demande, par l’équipe de pays chargée
de l’action humanitaire par l’intermédiaire du coordonnateur des opéra-
tions humanitaires ou du coordonnateur résident, ainsi que d’autres formes
d’assistance primordiales disponibles aux niveaux bataillon et compagnie;
• De diriger efficacement par l’intermédiaire des commandants et du person-
nel en liaison, en coordination et en intégration avec les éléments civils de
la mission, le coordonnateur ACM de l’ONU, les organismes, fonds et pro-
grammes des Nations Unies, le gouvernement du pays hôte ainsi que les
organisations internationales, les ONG et les organisations locales, civiles et
les forces de sécurité du pays hôte;
• D’assurer une coordination et une intégration avec les autres acteurs sur
le terrain afin de traiter des problèmes spécifiques émergents affectant la
population et de veiller à un engagement constructif de tous les secteurs de
la société, en vertu du mandat.
• D’entretenir des contacts avec les conseillers militaires et civils pour la prob-
lématique hommes-femmes afin de faciliter les interactions avec les femmes
au sein de la communauté locale, faciliter la mise en place de mesures de
protection sensibles aux sexospécificités et favoriser leur participation ainsi
que leur responsabilisation.

4.5 : Normes fixées pour les capacités.


4.5.1 : Généralités. Le bataillon d’infanterie des Nations Unies doit être
capable de planifier et d’exécuter les missions spécifiques inhérentes à la
mission principale pour s’acquitter du mandat dans ce qui relève de son
domaine d’action et de responsabilité. Les capacités standard demandées
sont particulières aux opérations de maintien de la paix. Elles sont définies
par référence au mandat et à des missions mesurables et/ou quantifi-
ables, et recouvrent l’ensemble des capacités du bataillon d’infanterie des
Nations Unies et de ses unités subordonnées. Les normes applicables au
niveau du bataillon, de la compagnie et de la section, exposées dans les
paragraphes suivants, sont de nature indicative et peuvent être adaptées à
la diversité des missions en fonction de la réalité de terrain.

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United Nations Infantry Battalion Manual

4.5.2 : Concept d’emploi. Les paramètres opérationnels de l’emploi d’un


bataillon d’infanterie des Nations Unies reposent sur les aspects indisso-
ciables suivants :
• Le bataillon d’infanterie est composé de trois ou quatre sous-groupements
tactiques autonomes capables de se déployer et d’opérer de manière
indépendante afin de s’acquitter des missions spécifiques, rôles et respon-
sabilités essentiels de la mission en application du mandat en vigueur au
sein de la ZDR du bataillon;
• Les compagnies dotées de capacités organiques effectuent des opérations
dynamiques et statiques à partir de bases opérationnelles défendables,
indépendantes et autonomes d’un point de vue logistique. Ces bases peu-
vent être celles de la compagnie ou des bases opérationnelles temporaires.
• Le bataillon d’infanterie doit constamment être en mesure d’établir/trans-
férer rapidement des bases/postes mobiles et statiques afin d’obtenir un
avantage opérationnel. Il doit aussi être en mesure de réagir à l’évolution
de la situation notamment pour stabiliser toute situation défavorable, voire
toute dégradation des conditions sécuritaires grâce aux forces/équipes de
réaction rapide et aux réserves;
• Le bataillon d’infanterie doit être en mesure de grouper et de regrouper
ses unités subordonnées et des plateformes/systèmes d’armes (éléments
mécanisés, mortiers d’infanterie, mitrailleuses moyen calibre/lance-gre-
nades automatiques, etc.) pour bénéficier d’une souplesse opérationnelle
et garantir la cohérence de son emploi lors de missions spécifiques;
• Le bataillon d’infanterie doit être capable d’accueillir des éléments supplé-
mentaires ou d’en détacher certains au besoin pour venir en appui à d’autres
contingents de la mission, avec des arrangements parfaitement clairs en
termes de C3;
• Le bataillon dans son ensemble sera responsable de la conduite des opé-
rations de maintien de la paix au sein de la ZDR désignée à l’aide de ses
propres moyens. Les compagnies seront quant à elles responsables de leur
ZDR respective et relèveront du bataillon pour la conduite des opérations de
maintien de la paix, dans le cadre du mandat et du concept des opérations;
• Un bataillon d’infanterie des Nations Unies est tenu de s’acquitter de sa
responsabilité en matière de maintien de la paix 24 heures sur 24, 7 jours
sur 7, de jour comme de nuit, pendant la durée de son déploiement dans la
zone de sa mission.

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Capacités

4.5.3 : Capacités au niveau du bataillon.


• Missions spécifiques inhérentes à la mission principale. Le bataillon et
ses unités subordonnées doivent être formés, équipés et capables d’exécuter
des missions (opérationnelles ou non) au sein d’une ZDR désignée, con-
formément au mandat de la mission principale, au concept d’opérations et
à l’ordre d’opérations, et ce, en fonction des ressources organiques disponi-
bles. Tous les commandants et le personnel doivent être capables de plani-
fier et de réaliser efficacement les missions qui leur sont confiées.
• État-major. L’état-major du bataillon doit être capable de se déployer par la
route ou par les airs et de maintenir en condition un poste de commande-
ment tactique temporaire.
• Force de réserve. En cas d’affectation comme une force de réserve,
s’entraîner, s’équiper et être capable de remplir efficacement des missions
spécifiques rattachées à la mission principale conformément à l’ordre
d’opérations, afin de remédier à toute situation défavorable.
• Force de réaction rapide. Maintenir et mettre à disposition un sous-
groupement tactique mixte en tant que force de réaction rapide/de réserve
afin de pouvoir intervenir :
 Dans les deux (2) heures pour être opérationnel n’importe où au sein de la

ZDR du bataillon et en fonction des ressources organiques;


 Dans les six (6) heures, n’importe où au sein de la ZDR de la mission, en

fonction des ressources organiques ou supplémentaires de la mission;


 Dans les 24 heures dans le cadre de la coopération entre missions, en

s’appuyant sur les ressources de la mission (sous réserve de certaines con-


ditions).
• Réserves. Être en mesure de détacher jusqu’à deux compagnies en l’espace
de 72 heures (notamment une compagnie de réaction rapide en 24 heures)
pour une durée limitée afin de déployer/mener des opérations tactiques
n’importe où dans la zone de la mission, en s’appuyant sur les ressources
organiques (capacités liées à la mobilité, à la puissance de feu, au comman-
dement, au contrôle et aux communications ainsi qu’au soutien logistique
autonome) ou en recourant aux moyens de la mission (aéronefs à voilure
tournante ou fixe, transport de surface et appui logistique supplémentaire).
Ce détachement fait l’objet de dispositions particulières relatives au com-
mandement et à la conduite des opérations.
• Aéromobilité. La réserve (dont la force de réaction rapide) et une section
par compagnie doivent être entraînées et équipées de manière à pouvoir
être aérotransportées (en aéronef à voilure tournante ou fixe).

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United Nations Infantry Battalion Manual

• Renforts. Maintenir la capacité d’intégrer sous son contrôle opérationnel une


ou deux compagnies supplémentaires du contingent d’un autre PFC et de
leur fournir un appui logistique afin d’opérer au sein de la ZDR du bataillon.
• Missions spéciales. Maintenir une force de réaction rapide du volume d’une
section, bien entraînée et dotée de l’équipement adapté pour exécuter des
missions spéciales, notamment des opérations héliportées dans la zone de
la mission en l’espace de deux (2) heures.
• Moyens de réaction rapide. Maintenir une capacité de réaction rapide
composée d’une section au niveau de la compagnie susceptible d’être
déployée n’importe où au sein de la ZDR du bataillon.
• Base opérationnelle temporaire. Être capable, avec une compagnie ou
une section, d’établir une base opérationnelle temporaire comprenant
des installations adéquates (y compris pour des membres du personnel
de police et civil des Nations Unies en prévoyant des installations séparées
pour les femmes); être capable de subsister pendant 30 jours à l’aide des
ressources organiques et avec le soutien des Nations Unies.
• Patrouille à longue distance. Être capable d’effectuer au minimum une
(1) patrouille de longue distance, avec une section en autonomie complète
pendant une durée minimum de 7 jours et pour une durée plus importante,
avec le soutien de la mission, afin d’étendre la présence des Nations Unies et
de dissuader les fauteurs de troubles potentiels.
• Patrouilles conjointes. Effectuer au moins cinq (5) patrouilles conjointes
avec les composantes civiles et de police dans le cadre d’une mission spéci-
fique ou dans le cadre d’activités de sensibilisation et de rayonnement, ou
encore en fonction des besoins sur le terrain.
• Activités opérationnelles. Au titre de l’engagement opérationnel minimal,
être capable, sur un cycle de 24 heures, d’établir huit (8) points de contrôle et
de mener quatorze (14) patrouilles de niveau groupe/six (6) de niveau sec-
tion (ou une combinaison des deux) au sein de la ZDR du bataillon.
• Redéploiement. Lorsque la situation opérationnelle ne justifie plus la
présence du bataillon dans un secteur initial de déploiement, transférer et
redéployer les bases opérationnelles ainsi que l’intégralité des moyens vers
une nouvelle zone d’engagement potentiel.
• Opérations conjointes. Être capable d’effectuer des opérations conjointes
avec d’autres contingents nationaux, les forces de sécurité du pays hôte
ainsi que les unités de police des Nations Unies.
• Mobilité. Être capable d’assurer la mobilité sous protection de tous les élé-
ments opérationnels et des systèmes d’armes du bataillon afin de garantir la
rapidité d’action et une action dans la profondeur.

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Capacités

• Centre opérationnel du bataillon. Maintenir au niveau du bataillon un cen-


tre opérationnel statique et/ou mobile 24 heures sur 24, doté d’un système
électronique de suivi, de moyens de communication dont une permanence
téléphonique et des installations de vidéo-téléconférence en contact avec le
centre opérationnel de la compagnie et le niveau de commandement supé-
rieur pour un suivi, un contrôle et une coordination des opérations en temps
réel. Les modalités du fonctionnement du centre opérationnel du bataillon
sont précisées par l’annexe E (p. 277 du vol. II du présent Manuel).
• Troubles civils. Une compagnie au niveau du bataillon et une section au
niveau de la compagnie doivent être équipées et capables de réagir aux
troubles civils.
• Appréciation de la situation. L’état-major du bataillon et les commande-
ments subordonnés jusqu’au niveau de la section doivent être capables
d’alerter au plus tôt et de rendre compte de la situation au sein de leur ZDR
respective.
• Rapports avec la société civile. L’état-major du bataillon et les bases opé-
rationnelles de compagnie doivent être capables de mener des activités de
sensibilisation et d’autres actions à grande échelle auprès de la population
locale et des autres acteurs au sein de la ZDR.
4.5.4 : Capacités au niveau de la compagnie.
• Missions spécifiques inhérentes à la mission principale. Être capable
de réaliser les missions spécifiques (opérationnelles ou non) assignées, soit
seules, soit dans le cadre des opérations menées au niveau du bataillon au
sein de la ZDR de la compagnie.
• Force de réaction rapide. La compagnie participant à la force de réaction
rapide doit être en alerte à deux (2) heures en vue d’un déploiement avec ses
propres moyens ou avec un soutien extérieur (des hélicoptères, par exem-
ple) dans une zone désignée pour mener des opérations au sein de la ZDR
du bataillon, ou en l’espace de six (6) heures pour être déployée n’importe
où dans la ZDR de la mission ou encore en 24 heures dans le cadre d’une
coopération entre missions.
• Réserves. En cas d’affectation comme compagnie de réserve, être capable
de se déployer ou de mener des opérations n’importe où dans la ZDR de la
mission, être prête à intervenir en l’espace de 72 heures à l’aide de ses moy-
ens organiques et/ou des ressources de la mission et/ou du bataillon.
• Redéploiement. Être prête à être redéployée en l’espace de 48 heures
n’importe où dans la ZDR du bataillon en recourant aux moyens aériens et
de transport de surface.

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United Nations Infantry Battalion Manual

• Renforts. Le poste de commandement de la compagnie doit être capable


d’accueillir, de coordonner et d’employer en opérations une ou deux sec-
tions supplémentaires de contingents d’autres nations (avec une coordina-
tion du commandement, du contrôle et des communications et en étant
interopérable).
• Aéromobilité. Le poste de commandement de la compagnie et toutes
les sections d’infanterie doivent être entraînés, organisés en fonction des
besoins et équipés pour conduire des opérations héliportées avec une sec-
tion, en l’espace de deux (2) heures et une compagnie (moins une section)
en l’espace de six (6) heures.
• Missions spéciales. Le cas échéant, entraîner et équiper une section pour
mener des opérations spéciales héliportées.
• Moyens de réaction rapide. Se tenir prêt à lancer une section de réserve
autonome en guise d’équipe de réaction rapide en l’espace de 30 minutes
avec un soutien intégral en matière de transport déployable n’importe où
dans la ZDR du bataillon.
• Réaction locale. Maintenir une capacité de réaction rapide locale avec une
section prête à intervenir en l’espace de dix (10) minutes.
• Intervention immédiate. La base opérationnelle doit être capable
d’intervenir/réagir immédiatement à tout moment en fonction de la men-
ace perçue. En dehors des services de garde, le personnel de la base opéra-
tionnelle doit pouvoir être « à son poste » afin de faire face à toute menace
en l’espace de deux (2) minutes.
• Base opérationnelle temporaire. Être capable de mettre en place une base
opérationnelle temporaire avec une section mixte capable de tenir pendant
une durée spécifique à l’aide de ressources organiques et/ou des ressources
de la mission.
• Patrouille longue distance. Être capable d’effectuer une patrouille de
longue distance de sept (7) jours minimum à l’aide d’une section mixte en
autonomie complète et, pour une période plus longue, grâce au soutien la
mission.
• Patrouilles conjointes. Effectuer au moins deux (2) patrouilles conjointes
par semaine (avec les composantes civiles ou de police de la mission) dans le
cadre d’une mission spécifique, ou dans le cadre d’activités de sensibilisation
et de rayonnement ou encore en fonction des besoins sur le terrain.
• Activités opérationnelles. Au titre de l’engagement opérationnel minimal,
être capable, sur un cycle de 24 heures, de mettre en place deux (2) points
de contrôle et de mener quatre (4) patrouilles de niveau groupe/deux (2)
de niveau section (ou une combinaison des deux) au sein de la ZDR de la
compagnie.

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Capacités

• Appréciation de la situation. Être capable de maintenir une appréciation


anticipative de la situation et une base de données d’informations tactiques
de la ZDR à l’aide de moyens organiques spécifiques et des capacités sup-
plémentaires du bataillon.
• Protection. Être capable de protéger la base opérationnelle de compagnie,
les biens et le personnel de l’ONU contre tout type de menace physique à
l’aide de barrières de protection successives, de sentinelles, de points de
contrôle des entrées/sorties ainsi que par le feu et l’observation.
• Mobilité. Être capable de déployer tous les éléments opérationnels et le
poste de commandement de la compagnie à l’aide des moyens de transport
organiques et des véhicules blindés de transport de troupes (VBCI) afin de
mener des opérations dynamiques robustes dans la ZDR du bataillon.
• Équipement. Mettre en place des dispositions efficaces d’observation
diurne et nocturne, de surveillance électronique et d’appui feu pour assurer
la protection de tous les éléments opérationnels de la force.
• Centre opérationnel. Mettre en place un centre opérationnel fixe ou mobile
(avec des installations de vidéo téléconférence et une permanence télépho-
nique) afin de contrôler et de coordonner toutes les opérations au sein de la
ZDR de la compagnie.
• Rapports avec la société civile. Être capable de faire preuve d’efficacité au
niveau de l’interopérabilité ainsi que des rapports avec la société civile et de
mener des opérations conjointes avec d’autres éléments (Police des Nations
Unies, composantes civiles de la mission, organismes des Nations Unies,
forces de police et de sécurité locales, etc.) de la mission.
• Troubles civils. Tenir une section prête, entraînée et équipée afin de réagir
aux troubles civils au sein de la ZDR de la compagnie ou du bataillon.

4.5.5 : Capacités au niveau de la section.


• Missions spécifiques. Être capable d’effectuer les missions spécifiques
(opérationnelles ou non) requises par la mission principale, de manière
autonome ou dans le cadre d’opérations menées au niveau de la compag-
nie, avec ses moyens propres (chaîne C3, puissance de feu, mobilité et res-
sources logistiques).
• Aéromobilité. Être entraînée et équipée pour mener des opérations aéro-
transportées (par avion) ou héliportées (sur ordre) en fonction de la réalité
de terrain.
• Moyens de réaction rapide. Être capable de réagir dans le délai fixé dans la
ZDR de la compagnie ou du bataillon.
• Base opérationnelle temporaire. Mettre en place une base opérationnelle
temporaire/une base de patrouille/un poste d’observation en fonction de la

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United Nations Infantry Battalion Manual

mission spécifique pour 14 jours ou plus, avec l’appui des ressources orga-
niques et du matériel de la mission.
• Patrouille longue distance. Être capable d’effectuer une patrouille longue
distance à n’importe quel endroit de la ZDR du bataillon pendant sept (7)
jours avec ses propres ressources.
• Activités opérationnelles. Être capable de mettre sur pied un (1) point de
contrôle et d’effectuer deux (2) patrouilles au niveau du groupe ou une seule
au niveau de la section dans un cycle de 24 heures.
• Équipement. Disposer de lunettes de vision nocturne, d’un système de
localisation (GPS) et de systèmes de communication (avec redondance)
jusqu’au niveau du groupe.
• Relations extérieures et rayonnement. La section et les groupes doivent
pouvoir faire preuve d’efficacité au niveau de l’interopérabilité et des rap-
ports avec la société civile et mener des opérations conjointes avec d’autres
éléments de la mission.
4.5.6 : Capacités de stockage. Le bataillon et les unités subordonnées
maintiendront les capacités de stockage logistique minimales suivantes :
BASE BASE
NUMÉRO CATÉGORIE BATAILLON OPÉRATIONNELLE DE OPÉRATIONNELLE REMARQUES
COMPAGNIE TEMPORAIRE
a Munitions Conformément aux Directives concernant les dotations Ou comme
en munitions pour les opérations de maintien de la stipulé par les
paix de septembre 2002, publiées par le Bureau des missions/le
affaires militaires/DOMP Département
b Ration (sèche et en 7 jours 7 jours 7 jours de l'appui aux
boîte) missions
c Eau potable Minimum 7 jours d'eau en Conformément
bouteilles pour la mission/ aux procédures
bataillon/compagnie opérationnelles
permanentes
d Eau en vrac Minimum 3 jours Conformément
Eau en vrac pour les bases aux procédures
opérationnelles de compagnie opérationnelles
permanentes
e Médicaments 3 mois 1 mois
f Carburants et Conformément aux directives
lubrifiants
g Pièces de rechange/ 3 mois 1 mois
consommables
h Fournitures 3 mois 1 mois
générales

Remarque : Les délais, chiffres et les groupes tactiques n’ont qu’une valeur indicative et
ne priment pas sur les procédures opérationnelles permanentes spécifiques à la mission.

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Capacités

4.6 : Conclusion.
À la lumière de l’environnement et des besoins opérationnels des missions,
le Bureau des affaires militaires définit les besoins des forces et des unités.
La définition des besoins de l’unité recense les besoins à satisfaire pour
la mission principale, les missions spécifiques, l’organisation, le matériel
et le personnel du bataillon d’infanterie des Nations Unies. Les bataillons
d’infanterie des Nations Unies sont tenus de remplir les missions spéci-
fiques essentielles à la mission principale en fonction de leurs moyens
dans un environnement opérationnel donné. Les normes capacitaires min-
imales d’un bataillon d’infanterie des Nations Unies et de ses unités sub-
ordonnées seront complétées par des critères détaillés et des check-lists
pour les commandants, au chapitre 3 du volume II du présent Manuel. Afin
de garantir l’efficacité des opérations dans la zone de la mission, il est pri-
mordial que le bataillon atteigne ces normes et les maintienne à niveau via
un processus de génération de force délibéré, en allouant les ressources de
manière judicieuse, en dispensant des formations intégrées et en effectu-
ant des exercices réalistes.

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United Nations Infantry Battalion Manual

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CHAPITRE 5 asdf
Missions
5.1 : Introduction.
Les opérations menées par les contingents militaires d’une mission de
maintien de la paix doivent être conformes au mandat de la mission et
doivent également respecter les principes de base du consentement, de
l’impartialité et du recours à la force en cas de légitime défense ou de
défense du mandat et pour tout autre motif autorisé par le Conseil de sécu-
rité. L’attitude ferme et déterminée et la prévoyance dont le bataillon fait
preuve à travers des déploiements statiques et des opérations de protec-
tion dynamiques est une condition sine qua non du succès de la mission.
Dès lors, un bataillon d’infanterie est un maillon essentiel pour instaurer la
stabilité requise dans la ZDR en s’acquittant des missions de son mandat
par des opérations bien ordonnées et favorables à la population permet-
tant d’avoir un ascendant moral et de faire en sorte que toutes les parties
au conflit aient foi dans le processus de paix.

5.2 : Objectif.
Le présent chapitre a pour objet de fournir au chef de corps, au personnel
de l’état-major du bataillon et aux commandants de compagnie des infor-
mations sur les missions spécifiques de maintien de la paix à réaliser dans
la zone d’une mission. Elles faciliteront la planification et la préparation, la
composition des groupes chargés de l’organisation des missions, la con-
duite de formations spécifiques aux missions ainsi que l’équipement de
l’unité et des unités subalternes afin d’accomplir les missions de manière
efficace. De plus, elles aideront les chefs de secteur et de la force à utiliser
correctement les ressources du bataillon dans la zone d’une mission.

5.3 : Missions du bataillon d’infanterie.


Au sein de la zone d’une mission, un bataillon d’infanterie est tenu de
rétablir la sécurité et la liberté de circulation et d’en assurer le maintien afin
de faciliter la réalisation des objectifs prescrits en mettant en œuvre toute
une série de tactiques, techniques et procédures axées sur le maintien de
la paix. L’énoncé des besoins de la force/de l’unité, le mandat, la directive

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United Nations Infantry Battalion Manual

du commandant de la force, le concept des opérations ainsi que les ordres


d’opérations définiront clairement les missions spécifiques que le bataillon
doit exécuter dans une ZDR donnée, sous réserve des règles d’engagement
applicables. Les seize missions qui suivent ont été identifiées comme des
missions de maintien de la paix à partir desquelles il est possible de dériver
des missions indispensables pour mener à bien une mission particulière
en tenant compte de son mandat et de son environnement opérationnel
spécifiques. La description détaillée des missions – exposant leur objet,
des considérations relatives à la planification, les modalités d’exécution
ainsi que des aspects organisationnels et concernant le soutien logistique
pour chacune des tâches du maintien de la paix – sont présentées dans le
volume II du présent Manuel.
5.3.1 : Missions primaires. Les missions primaires correspondent aux mis-
sions de base que le bataillon d’infanterie effectue quotidiennement pour
assurer sa visibilité, observer et contrôler les activités, mener des opéra-
tions dynamiques et de contrôle robustes et appuyer les activités de pro-
tection des civils et de coordination civilo-militaire. Elles recouvrent :
• Les patrouilles.
• Les postes d’observation.
• Les points de contrôle.
• Les relations extérieures et de rayonnement
• L’appréciation de situation.
• Les bouclages et les fouilles.
• Les convois et les escortes.
• Les bases opérationnelles.
5.3.2 : Missions de soutien. Les missions de soutien exigent une augmen-
tation des ressources et un renforcement organisationnel spécifique afin
de contribuer aux activités de maintien de la paix à plus grande échelle
dans une zone de mission. Il s’agit entre autres des missions suivantes :
• Désarmement et démobilisation.
• Protection d’infrastructures et d’établissements essentiels.
• Contrôle de foules.
• Détention.
5.3.3 : Autres Missions. Il s’agit de missions spécifiques à une situation
opérationnelle particulière pour lesquelles un bataillon d’infanterie doit
être entraîné et préparé. Elles recouvrent notamment :

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Missions

• Les zones tampons.


• Les opérations conjointes.
• Les renforts et la relève.
• L’extraction et l’évacuation.
Dans le cadre de l’exécution des missions spécifiques inhérentes à la mis-
sion principale évoquées ci-dessus, un bataillon d’infanterie des Nations
Unies pourra être amené à détecter et à neutraliser des mines/munitions
non explosées ainsi que des engins explosifs improvisés (EEI) en fonction
des moyens disponibles. En raison du risque croissant d’attaques à l’engin
explosif improvisé à l’encontre des soldats de la paix des Nations Unies lors
de missions complexes de maintien de la paix, une méthode permettant de
gérer ces EEI est proposée à l’ annexe I (Vol. II, p. 297 du présent Manuel).

5.4. : Descriptions des missions.


Les sections ci-après proposent une description succincte des tâches que
le bataillon doit réaliser dans le contexte du maintien de la paix.

Missions primaires.

5.4.1 : Patrouilles.
La conduite de patrouilles par divers moyens (à pied, véhicules, navires et
hélicoptères) constitue des missions fondamentales du maintien de la paix.
Elles permettent d’accroître la visibilité de l’ONU en adoptant une posi-
tion robuste, d’insuffler la confiance dans le processus de paix en instau-
rant un lien et en comblant le fossé avec la population locale, d’assurer
la protection et la sécurité de la mission sur une large zone, d’identifier
les menaces qui pèsent sur les civils, de faciliter la liberté de circulation
et de contribuer à une mise en œuvre du mandat à plus grande échelle.
Spécifiques à la mission, les activités de patrouille sont stipulées dans les
ordres d’opérations et les procédures opérationnelles permanentes de la
mission. Lorsque les patrouilles font l’objet d’une planification efficace et
sont exécutées de manière vigoureuse et intelligente, elles peuvent pro-
curer un avantage tactique majeur à la force. La planification et l’exécution
d’une patrouille doivent être conformes au concept des opérations et aux
ordres d’opérations de la mission.
En règle générale, les patrouilles peuvent être réalisées pour concrétiser
n’importe lequel des objectifs suivants ou une combinaison de ceux-ci :

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United Nations Infantry Battalion Manual

établir une appréciation de situation et obtenir des informations tac-


tiques (notamment sur les dangers pour la protection des civils); observer,
surveiller, superviser et vérifier les lignes de cessez-le-feu/le respect des
accords/les déploiements de troupes et s’interposer entre les parties bel-
ligérantes; observer et signaler les mouvements d’autres groupes armés;
inspecter les positions actuelles ou abandonnées; mener des inspections
ou des vérifications; enquêter sur les incidents; effectuer une reconnais-
sance afin de recueillir ou de confirmer des informations; effectuer une
reconnaissance d’itinéraire; établir un lien physique et préserver les voies
de communication entre des positions adjacentes des Nations Unies mais
relativement isolées; établir des postes d’observation/points de contrôle
mobiles pour couvrir les territoires que des postes d’observation/points
de contrôle fixes ne peuvent surveiller et/ou observer à partir de postes
d’observation isolés/inoccupés; établir des bases opérationnelles tempo-
raires/bases opérationnelles avancées ou des patrouilles longue distance
dans des zones spécifiques afin de renforcer la présence de l’ONU et de
dissuader les fauteurs de troubles potentiels ainsi que ceux qui sont sus-
ceptibles de violer les droits de l’homme; mener des patrouilles de surveil-
lance conjointes (comprenant des femmes) pour concrétiser des objectifs
spécifiques; mettre en place et préserver une liberté de circulation pour les
forces des Nations Unies et la population locale comme exigé par le man-
dat; établir des contacts avec les dirigeants locaux (hommes et femmes)
ainsi qu’avec les factions; rassurer et protéger les communautés isolées/
menacées, les personnes déplacées et les femmes en danger qui vivent
dans les zones rurales et se déplacent pour l’élevage/l’agriculture, pour
s’approvisionner en eau/en bois de chauffage ou pour se rendre au marché;
assurer la protection de la population locale se déplaçant sans escorte des
Nations Unies; surveiller les couvre-feux; et montrer la présence et la visi-
bilité de l’ONU à toutes les parties en présence au sein de la ZDR.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques des patrouilles figure à la
page 23 du volume II du présent Manuel.

5.4.2 : Poste d’observation.


Un poste d’observation (PO) est une position de maintien de la paix habitée
visant à surveiller et observer une zone, un objet ou un événement déter-
miné. Un PO peut être permanent, temporaire, statique ou mobile. Les rap-
ports émanant des PO fournissent des informations opportunes, exactes,
fiables et pertinentes au niveau de commandement supérieur et aux uni-

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Missions

tés voisines. L’observation et le recueil de renseignements à partir de ces


postes comptent parmi les missions centrales des opérations du maintien
de la paix. Une analyse exhaustive des observations et comptes rendus
précis et communiqués en temps opportun par un poste d’observation
fournit au chef de corps et à son état-major des informations essentielles
nécessaires pour consigner et comprendre les situations qui surviennent
et qui ont une incidence sur les missions des opérations de maintien de la
paix des Nations Unies.
Le PO a pour mission d’observer toutes les activités pertinentes dans la
zone d’observation et d’en rendre compte au niveau de commandement
supérieur selon les procédures opérationnelles permanentes en vigueur,
de même qu’aux unités ou postes d’observation voisins si cela s’avère
nécessaire ou opportun. Il contribue au renforcement de la sécurité dans
la zone d’opérations en matérialisant la présence visible et vigilante des
soldats de la paix pour toutes les parties en présence et les populations de
la région; en surveillant les déplacements à l’intérieur et autour de l’espace
aérien, des zones côtières, des aérodromes, des zones tampons, des lignes
de cessez-le-feu (LCLF), des frontières et des zones protégées; en effectu-
ant des comptages de véhicules spécifiques, qu’il s’agisse de véhicules mili-
taires, de chars, de véhicules blindés de transport de troupes, ou encore de
l’artillerie; en surveillant les activités de parties impliquées dans le conflit
ainsi que toute autre activité anormale ou suspecte dont celles d’acteurs
armés soupçonnés de se livrer à des violences sexuelles et autres violations
des droits de l’homme; en surveillant les violations des accords ou traités
internationaux; en observant les restrictions liées à la zone tampon et à
la zone démilitarisée (ZDM), et, enfin, en appuyant d’autres opérations du
bataillon au besoin.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques d’un poste d’observation
figure à la page 33 du volume II du présent Manuel.

5.4.3 : Point de contrôle.


Un point de contrôle est une position habitée et autonome déployée sur
une route ou une piste afin d’observer/vérifier, d’inspecter/fouiller des per-
sonnes ou des véhicules, de prévenir la traite des femmes et des jeunes
filles ainsi que de contrôler les entrées et sorties d’une zone désignée (une
zone tampon, une ZDM ou une zone spécifique au sein de la ZDR d’une
compagnie). Un point de contrôle peut être soit permanent soit tempo-
raire. Les points de contrôle permanents sont établis sur les itinéraires

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United Nations Infantry Battalion Manual

principaux et ne peuvent être déplacés ou fermés sans l’autorisation du


commandant de la force. Les points d’accès temporaires (points de con-
trôle mobiles à pied ou à bord d’un véhicule) peuvent être établis sur des
itinéraires secondaires, pour une durée limitée, en général sur l’ordre du
chef de corps.
Le point de contrôle est un mécanisme de supervision important mis
en place par le bataillon d’infanterie pour contrôler les déplacements et
instaurer des contrôles de sécurité préventifs. Des membres de la Police
des Nations Unies et/ou de la police locale ainsi que de l’administration
civile sont en général affectés aux points de contrôle. Par ailleurs, dans des
cas particuliers, des experts des composantes civiles de la mission (DDR,
information, etc.) peuvent également être affectés à un point de contrôle.
Le personnel du point de contrôle doit être bien sensibilisé à la probléma-
tique de la culture, respecter les us et coutumes locaux, avoir des compé-
tences linguistiques fonctionnelles, faire preuve d’amabilité et se conduire
de manière amicale et professionnelle.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques d’un point de contrôle
figure à la page 39 du volume II du présent Manuel.

5.4.4 : Relations extérieures et rayonnement.


Le bataillon doit assumer une responsabilité majeure : instaurer et préserver
un environnement sûr et sécurisé qui favorise la paix, le redressement et le
développement. La sécurité, la protection et l’émancipation des femmes
sont essentielles pour mettre en place une gouvernance démocratique. Les
divers commandants et membres du personnel du bataillon doivent donc
préserver d’excellentes relations de travail avec les autres acteurs d’une
mission de terrain et entretenir de bons rapports avec les autorités gouver-
nementales locales, y compris les femmes occupant des postes de respon-
sabilité et les organisations féminines, ainsi qu’avec les parties au conflit.
Les activités de relations extérieures et de rayonnement visent à toucher
tous les secteurs de la population, les emplacements géographiques dis-
tants de la ZDR ainsi que les divers centres de pouvoir afin de susciter la
confiance et la foi dans le processus de paix grâce à des mesures spéci-
fiques axées sur la création d’un climat de confiance permettant de restau-
rer la normalité, de soulager les souffrances des démunis, d’acquérir une
compréhension des menaces et vulnérabilités auxquelles la population est
confrontée, et de trouver une solution durable.

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Missions

Les relations extérieures et de rayonnement englobent toutes les mesures


prises par les éléments du bataillon pour interagir de manière constructive
et active avec la population locale et d’autres acteurs sur le terrain (dont
les groupes de femmes et de jeunes, les autorités civiles du pays hôte, les
organisations militaires et de police; les parties au conflit et les fauteurs
de troubles), la coordination civilo-militaire (avec les organismes des
Nations Unies et d’autres partenaires – organisations internationales,
organisations régionales, ONG, etc.), les activités relatives au bien-être de
même que les projets à effet rapide entrepris par le bataillon au sein de
la ZDR et coordonnés dans le cadre d’une initiative intégrée et globale à
l’échelle de la mission.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques relatives aux relations ex-
térieures et de rayonnement figure à la page 45 du volume II du présent Manuel.

5.4.5 : Appréciation des situations.


Afin d’instaurer et de préserver un environnement pacifique et sécurisé
dans le cadre de la mission, les commandants militaires, à tous les éche-
lons, ont besoin d’informations en temps opportun pour devancer et
prévenir divers problèmes ou pour y réagir de manière appropriée. Il est
dès lors essentiel de collecter et de traiter efficacement les informations,
ainsi que de les diffuser pour garantir le succès des opérations de main-
tien de la paix. Afin d’être efficace, un bataillon d’infanterie doit recueillir
systématiquement et analyser délibérément les informations relatives aux
conditions opérationnelles propres à la ZDR de la mission.
Les bataillons d’infanterie des Nations Unies opèrent souvent dans des
environnements de conflit dangereux et imprévisibles au sein desquels
il est primordial de se doter d’une capacité d’appréciation des situations.
Cette capacité repose sur trois piliers : la connaissance, la compréhension
et l’anticipation. Pour assurer une bonne appréciation de situation, il con-
vient de définir les besoins en information; de collecter des informations
et de les vérifier, de rassembler ces renseignements dans des banques de
données, ainsi que de les analyser et de les diffuser en temps réel auprès
des parties concernées.
Au niveau du bataillon, la gestion de l’information consiste à corroborer les
informations existantes, à appréhender et analyser l’évolution des attitudes
et des perceptions, à identifier les facteurs de risque probables et les men-
aces potentielles pour les civils ainsi qu’à alerter rapidement les chefs de

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United Nations Infantry Battalion Manual

la mission (notamment au sujet des menaces de violences sexuelles et des


besoins spécifiques pour la protection des femmes et des filles) afin qu’ils
évaluent la situation et instaurent des mesures préventives. Les renseigne-
ments sur les difficultés opérationnelles et l’aptitude à interagir de manière
constructive avec la population locale et d’autres acteurs clefs sont utiles
pour la protection de la force et pour éviter toute entrave à l’exécution des
missions prévues dans le mandat du bataillon. Il est primordial de pouvoir
agir plus rapidement que les fauteurs de troubles qui s’emploient à désta-
biliser un processus de paix. Au sein de sa ZDR, le bataillon doit s’efforcer
d’être maître de l’information, d’anticiper les développements probables
et de réagir en conséquence.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques relatives à l’appréciation
des situations figure à la page 57 du volume II du présent Manuel.

5.4.6 : Bouclage et fouille.


Une opération de bouclage et de fouille consiste à isoler une zone désignée
pour procéder à une fouille ciblée aux endroits où des objets et des agisse-
ments illégaux ou des personnes recherchées sont censées se trouver, sur
la foi d’informations spécifiques. La fouille vise à faire comprendre claire-
ment que toute tentative d’ignorer les règlements et lois applicables ne
sera pas tolérée et à renforcer la stabilité au sein de la zone, entre autres en
saisissant les armes qui pourraient être utilisées contre les unités de main-
tien de la paix ou contre les parties au conflit.
Dans le cadre des opérations de maintien de la paix, la fouille aura concrète-
ment pour objet de localiser et de confisquer les armes ou les fournitures
militaires illégales (explosifs et matériels divers); de trouver et de confisquer
les produits de contrebande; d’arrêter et de placer en détention les suspects,
le personnel non autorisé ainsi que les criminels ou les personnes recher-
chés entravant le rétablissement de la paix et de la stabilité; de protéger les
cibles potentielles en agissant en temps voulu; de recueillir des éléments de
preuve sur des activités illégales en cours; de gagner la confiance de la popu-
lation locale (en particulier chez les femmes) et d’interdire aux belligérants
tout accès à la zone ou à la population; de contribuer à la démobilisation, de
prévenir les actes de violence ainsi que les risques de violations graves des
droits de l’homme et d’afficher la détermination de l’ONU à faire appliquer le
mandat pour l’action en faveur de la paix et de la sécurité.

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Missions

Les éléments du bataillon chargés des opérations de bouclage et de fouille


comprendront aussi systématiquement personnel féminin, militaire ou
de la police des Nations Unies, des membres de la police militaire et de
la police locale, des interprètes militaires et civils, ainsi que des spéciali-
stes de la coordination civilo-militaire et des techniques d’appréciation
des situations. Elles pourront également être associées à une équipe de
neutralisation des explosifs et munitions, et employer des chiens afin de
faciliter les opérations. Les populations locales doivent être informées du
motif de l’initiative engagée. Par ailleurs, les opérations de bouclage et de
fouille doivent être complétées par des activités adéquates en matière de
bien-être et de coopération civilo-militaire (assistance médicale, distribu-
tion de denrées alimentaires et d’aides de première nécessité, assistance
aux personnes âgées, femmes et enfants, etc.).
Il est primordial d’entretenir et de garder la confiance des femmes locales.
Il convient également de consulter les agents de liaison civils compétents
de la mission pour s’assurer du bien-fondé de toute assistance et de tout
programme et que ces derniers cadrent avec les priorités de la mission.
Aucune opération ne peut être engagée sans informations tactiques pra-
tiques car le fait de ne pas divulguer des activités illégales entamera la
crédibilité de la force.
Les contingents doivent être prêts à faire face à une résistance locale qui
revêtira diverses formes notamment mais pas uniquement, un manque de
coopération, une désobéissance civile, une résistance pacifique, des jets
de pierres, des agressions physiques, la mise à feu d’engins explosifs impro-
visés, des tirs isolés, des émeutes ou une résistance armée de la part de la
population locale, de milices ou des forces armées régulières. La force doit
être au fait des procédures relatives aux arrestations, à la mise en déten-
tion et à la remise des individus à la police dans un contexte de maintien
de la paix, telles que définies dans les instructions opérationnelles perma-
nentes et les documents d’orientation pertinents. Il convient de réagir de
manière tactique à toute menace à l’encontre des contingents, en se con-
formant aux règles d’engagement. Tout doit être fait pour éviter les viola-
tions des droits de l’homme et les dommages collatéraux. Conformément
aux instructions opérationnelles permanentes de la mission, une évalua-
tion de tout dommage éventuellement occasionné doit être réalisée après
la fouille en vue de l’adoption de mesures d’atténuation. Le bataillon doit
procéder à une planification prospective afin d’anticiper les représailles
potentielles à l’encontre de la population civile à la suite des opérations

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United Nations Infantry Battalion Manual

de bouclage et de fouille. Il convient d’afficher une conduite exemplaire et


de respecter les coutumes locales. Les dirigeants et/ou les notables locaux
doivent être consultés si possible.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques des opérations de bou-
clage et de fouille figure à la page 69 du volume II du présent Manuel.

5.4.7 : Convoi et escorte.4


Les opérations de convoi consistent à organiser et escorter une colonne
de véhicules afin d’assurer un déplacement sécurisé et fluide entre un
point de départ désigné et une destination déterminée au préalable. Elles
concernent les déplacements du personnel des Nations Unies (civil ou
militaire, ou les deux simultanément); le soutien logistique de la force; les
convois administratifs des troupes déployées; les déplacements du per-
sonnel humanitaire et l’acheminement de l’aide, les déplacements du per-
sonnel et du matériel électoraux, l’escorte de dignitaires importants et le
transport de réfugiés/personnes déplacées (y compris les femmes et les
enfants), ou de prisonniers/détenus. Des dangers multiples peuvent sur-
venir : obstacles (non surveillés), barrages routiers (installés par des belli-
gérants), mines et toute une série d’engins explosifs improvisés, infiltration
d’autres véhicules non autorisés, manifestations ou attaques de foules,
prises d’otages, vols, tirs à distance et notamment tirs isolés, embuscades,
attaques, pillages, accidents de la circulation ou pannes mécaniques.
Le convoi doit comporter des interprètes, des véhicules protégés con-
tre les mines, des véhicules blindés de transport de troupes à roues, des
brouilleurs mobiles anti EEI, des ambulances ainsi que des véhicules de
dépannage et la protection d’autres véhicules de transport logistique con-
tre les armes de petit calibre et les menaces d’engins explosifs improvi-
sés doit être renforcée. Le personnel-clef doit avoir les compétences lin-
guistiques permettant de communiquer avec les interlocuteurs locaux.
Chaque fois que possible, des membres du personnel et des interprètes
militaires de sexe féminin peuvent accompagner l’escorte. Un briefing et
des exercices de répétition détaillés, une manœuvre tactique vigilante,
des signes distinctifs et une capacité opérationnelle permettant une réac-
tion rapide et spontanée renforceront les chances pour qu’une mission

4 Les convois humanitaires doivent être mis à disposition uniquement sur demande des
acteurs humanitaires. Veuillez consulter le document intitulé « Utilisation d’escortes mili-
taires ou armées pour les convois humanitaires », (Document d’analyse et directives non
contraignantes) du Comité permanent interorganisations en date du 14 septembre 2001

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Missions

d’escorte s’effectue sans problème. Lorsque cela s’impose, il convient de


poser un balisage, de déminer et de dépolluer les routes, d’instaurer une
surveillance aérienne et de planifier des mesures d’urgence pour renforcer
le convoi ou extraire le personnel qui en fait partie. Face à une situation
potentiellement dangereuse, il convient de toujours faire preuve de pru-
dence et de retenue de manière à éviter toute escalade et à négocier une
solution adéquate tout en préservant l’équilibre tactique.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques des opérations de convoi
et aux escortes figure à la page 79 du volume II du présent Manuel.

5.4.8 : Base opérationnelle.


La mise en place et le maintien d’une base opérationnelle fonctionnelle et
sécurisée pour le bataillon et ses unités subordonnées constituent deux des
responsabilités majeures du chef de corps. Contrairement aux bataillons
d’infanterie conventionnels, les bataillons d’infanterie des Nations Unies ne
manœuvrent pas dans le cadre d’opérations offensives et défensives. Ces
bataillons et leurs unités subordonnées opèrent à partir de – et retournent
à – des bases fixes, également dénommées « bases opérationnelles de com-
pagnie ». Par ailleurs, une base opérationnelle temporaire peut être mise sur
pied à des fins spécifiques et pour une durée limitée en fonction des besoins
opérationnels. La mise à disposition de bases opérationnelles sécurisées
et fonctionnelles pour le bataillon est une condition préalable pour que ce
dernier et ses unités subordonnées puissent assurer le succès de la mission
dans son ensemble tout en effectuant d’autres missions assignées au batail-
lon. Les bases sécurisées sont également utilisées comme des pôles admi-
nistratifs, logistiques et de planification aux fins de l’appui à la mission des
Nations Unies dans la zone d’opérations du bataillon.
Les bases opérationnelles sont mises en place et gérées comme des sites
sécurisés réservés aux opérations et aux activités de soutien logistique. Les
bases opérationnelles du bataillon et des unités subordonnées doivent être
des plateformes de projection autonomes et dispersées, permettant une
couverture opérationnelle de la totalité de la zone d’opérations du batail-
lon. Dans la plupart des cas, les bataillons d’infanterie des Nations Unies
établiront ou déploieront des camps de base statiques pour la durée de
leur déploiement. Dans le cadre de la sélection du site, le commandant
doit donc examiner attentivement si celui-ci est adapté pour une période
prolongée, en tenant par ailleurs compte des exigences opérationnelles et
environnementales. Ces considérations valent également pour la sélection

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United Nations Infantry Battalion Manual

des sites des bases opérationnelles temporaires. Afin d’assurer la sécurité du


camp, le commandant et les troupes qui l’occupent doivent être prêts à réa-
gir à toute situation d’urgence environnementale et provoquée par l’homme
susceptible de compromettre la sécurité et la maintenance de la base.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques d’une base opérationnelle
figure à la page 89 du volume II du présent Manuel.

Missions de soutien.

5.4.9 : Désarmement et démobilisation.


Le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) signifient
respectivement le retrait des armes, le démantèlement des structures mili-
taires et la transition de la vie militaire à la vie civile (réinsertion communau-
taire et offre de perspectives économiques viables pour des emplois dans
d’autres secteurs). Par ailleurs, un processus DDR peut aider à apporter des
changements fondamentaux (un changement d’attitude au fil du temps)
et à jeter des bases pour l’avenir (changement d’attitude de la génération
suivante). Le but recherché est d’améliorer et de consolider la sécurité de
manière à appuyer le processus de paix et préparer ainsi le terrain pour
l’entreprise de reconstruction après le conflit et le relèvement général.
Ce sont les acteurs nationaux (gouvernement hôte ou intérimaire, partis
politiques, groupes armés, police locale et armée, société civile) qui sont
responsables au premier chef des programmes DDR. Dans de nombreux
cas, l’ONU aide les acteurs nationaux à mettre sur pied un organe qui se
charge exclusivement des questions de DDR (souvent dénommé « com-
mission pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration »). Elle
a pour tâche de faciliter le processus DDR en faisant preuve d’impartialité
grâce à la fourniture de compétences et de conseils techniques spéciali-
sés, ainsi que de différents types de ressources (personnel, fonds, logis-
tique, etc.), aux autorités nationales. Au sein de la mission, la composante
DDR civile joue un rôle moteur et recourt en général à des moyens mili-
taires exclusivement pour des besoins spécifiques, notamment dans les
domaines des communications, de l’aviation, du génie et du soutien logis-
tique et sanitaire.
Toutefois, la totalité ou une partie du bataillon d’infanterie peut être
amenée à contribuer directement au désarmement et à la démobilisa-
tion, selon les termes du mandat de la mission, ou être chargée d’appuyer

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Missions

l’initiative civile générale. Les missions qu’un bataillon d’infanterie remplit


pour faciliter le désarmement et la démobilisation reposent sur la stratégie
DDR intégrée détaillée dans le concept des opérations de la mission et qui
tient compte des sexospécificités.
Le bataillon peut être amené à s’acquitter entre autres des missions suiv-
antes : instaurer et préserver un environnement stable et sécurisé au sein
de la ZDR, y compris la liberté de circulation; contribuer au désarmement
(établir et gérer des points de contrôle habités, enregistrer et protéger les
sites de dépôt d’armes et de munitions, collecter et détruire des armes et
des munitions); contribuer à la démobilisation (assurer notamment la sécu-
rité des zones de rassemblement et des sites de cantonnement, des mis-
sions d’escorte et des patrouilles, assurer le transport et la garde sécurisée
des armes et munitions recueillies, maintenir l’ordre public dans les camps);
recueillir et diffuser des informations sur le processus DDR en coordina-
tion avec le Centre opérationnel conjoint et la Cellule d’analyse conjointe
de la Mission et mener des campagnes de sensibilisation et d’information
conformément aux politiques et directives de la mission, superviser l’état
d’avancement du programme de DDR et en rendre compte, mettre à dis-
position des agents de liaison (y compris des agents de sexe féminin pour
faciliter la sensibilisation des femmes, des combattants, des personnes à
charge, etc.) afin d’entrer en contact avec des groupes cibles ou associés
aux groupes cibles; apporter des compétences techniques et une aide
spécialisées (armes/munitions, communication, neutralisation des engins
explosifs et matériels aéronautiques); interagir de manière dynamique
avec les groupes armés et notamment les fauteurs de troubles/belli-
gérants; escorter les forces étrangères et leurs armes en dehors du pays;
aider les observateurs militaires des Nations Unies et la Police des Nations
Unies à remplir des missions spécialisées; apporter un soutien logistique/
administratif au programme; faciliter la création d’infrastructures; apporter
un soutien de base au personnel DDR (transports, sécurité, escortes, com-
munications, couverture logistique de base, etc.) et faciliter la réintégra-
tion.
Remarque : Une description détaillée des missions relatives au désarmement et à la dé-
mobilisation figure à la page 101 du volume II du présent Manuel.

5.4.10 : Protection d’infrastructures et d’établissements essentiels.


Étant chargé au premier chef de rétablir, d’instaurer et de préserver la sécu-
rité au sein de la ZDR, un bataillon d’infanterie des Nations Unies peut être

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United Nations Infantry Battalion Manual

amené à contribuer à la protection de diverses organisations internation-


ales, ainsi que d’infrastructures et d’équipements publics et civils cruciaux
pour le processus de paix. C’est le QG de la mission qui identifie ces derniers,
les analyse et délibère à leur sujet en consultation avec les autorités nation-
ales du pays hôte, à la lumière de l’évaluation des risques et des conditions
opérationnelles existantes. Il peut s’agir entre autres d’organisations inter-
nationales/régionales, d’ONG, d’administrations et institutions gouverne-
mentales du pays hôte, d’organismes chargés de l’application des lois, de
centres assurant des services de base (approvisionnement en électricité,
eau, etc.), de voies de communication, de centres de communication, et
autres entités similaires, susceptibles d’avoir une incidence sur le proces-
sus de paix.
Toute détérioration ou mise en danger de tels infrastructures ou établisse-
ments risque d’avoir de graves répercussions politiques et fonctionnelles
sur la stabilité et la sécurité globales, de même que sur le fonctionnement
de l’économie. Aussi les forces des Nations Unies seront-elles peut-être
appelées à assurer temporairement leur protection jusqu’à ce que les
forces et organismes de sécurité nationaux du pays hôte soient en mesure
de prendre la relève. Ces fonctions jouissent d’une grande visibilité pub-
lique et ont un impact sur l’attitude de la population locale à l’égard des
entités de la mission et des Nations Unies. Le bataillon doit donc faire tout
ce qui est en son pouvoir pour éviter tout incident fâcheux.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques de protection des infra-
structures et des établissements essentiels figure à la page 117 du volume II du présent
Manuel.

5.4.11 : Contrôle des foules.


Une mission de maintien de la paix est déployée dans le sillage ou dans le
contexte marqué par une exacerbation du conflit, qui se traduit éventuel-
lement par une criminalité accrue, un dysfonctionnement des institutions
juridiques et une inefficacité de la police. Il se peut que les populations
locales manifestent dans les villes et villages pour faire entendre leurs
doléances, soulever des problèmes ou protester sur des questions qui les
touchent directement ou non. Bien que la majorité de ces rassemblements
soient pacifiques et de nature politique, ils peuvent basculer dans la vio-
lence et donner lieu à des troubles ou à des émeutes. Ces manifestations
cibleront éventuellement le gouvernement hôte, des groupes sociopoli-
tiques ou ethniques voire la mission de maintien de la paix elle-même.

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Missions

La responsabilité du rétablissement et du maintien de l’ordre incombe en


principe à l’État hôte, une unité de police constituée des Nations Unies
ou la police des Nations Unies, en fonction du mandat, se chargeant de
fournir un appui opérationnel ou des conseils. La police des Nations Unies
est en général responsable de la coordination des opérations avec l’état-
major des Nations Unies ainsi que les autorités de police et civiles de la
région. Dans le cas exceptionnel où les autorités civiles ne parviennent pas
à faire face à la situation, une assistance militaire sera éventuellement req-
uise pour autant que le mandat autorise une intervention et que les règles
d’engagement habilitent les militaires à recourir à des moyens permettant
de gérer les foules. Il convient de souligner que, si le personnel de police
n’est pas présent sur le site où des hostilités ont éclaté, les chefs sont tenus
d’exiger qu’il s’y rende en utilisant les moyens les plus rapides possible.
Le contrôle de foules est une opération sensible qui ne peut se concev-
oir sans un respect des droits de l’homme, une formation, un équipement
approprié ainsi que des dispositifs clairs de commandement et de contrôle
de manière à apporter une réponse adéquate et mesurée à une situation
explosive. Il importe de ne pas empêcher l’expression légitime des opin-
ions de la foule réunie, tout en évitant une escalade, les pertes humaines
ainsi que les dommages collatéraux.
Un bataillon d’infanterie peut être amené à maîtriser les foules dans quatre
situations précises :
• Lorsqu’il est mandaté pour sécuriser le périmètre de la zone d’opérations tac-
tique au sein de laquelle la police de l’État hôte et/ou la police des Nations
Unies assurent le maintien de l’ordre public.
• Lorsque la situation échappe au contrôle de la police de l’État hôte et/ou
de la police des Nations Unies et a débouché sur une situation de désordre
public.
• Lorsque la police de l’État hôte ou la police des Nations Unies ne sont pas
présentes au moment où les troubles se produisent et qu’elles ne peuvent
atteindre la zone dans un délai raisonnable.
• Lorsqu’il lui est demandé de protéger le personnel, les locaux, les installa-
tions, l’équipement ou les institutions des Nations Unies.
Le contrôle de foules est suivi par des poursuites menées par la police civile,
lesquelles peuvent donner lieu à l’enregistrement d’une action pénale, des
arrestations, des perquisitions et des saisies ainsi qu’une action pénale
devant les tribunaux. La police civile et la police des Nations Unies sont

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United Nations Infantry Battalion Manual

formées et équipées pour gérer ces activités. Les chefs de corps ne doivent
pas hésiter à tirer parti de cette expertise lorsque la situation l’exige.
Qu’il s’agisse de la police de l’État hôte, de la police des Nations Unies ou
des éléments militaires du maintien de la paix, le recours progressif à la
force pour maîtriser les foules sera régi par le mandat et encadré par div-
ers documents opérationnels pertinents (concept des opérations, règles
d’engagement et de comportement, ordres d’opérations et directives
régissant le recours à la force). Le maintien de l’ordre dans le cadre des
opérations de maintien de la paix des Nations Unies fait intervenir plus-
ieurs éléments importants, notamment : une planification et une prépara-
tion préalables, la capacité de faire face à diverses situations d’urgence,
l’allocation et le maintien de ressources humaines et matérielles adéquates
(contingents entraînés et spécialisés, matériel de transport et équipements
spéciaux), la mise sur pied d’un QG conjoint pour coordonner et intégrer
la planification et la conduite des opérations, des dispositifs de coordina-
tion et de communication avec l’ensemble des protagonistes intervenant
dans la gestion de l’ordre public, le respect des règles d’engagement et des
directives sur le recours à la force, l’engagement des principaux dirigeants
ou encore l’intégration d’interprètes et d’un personnel de police/militaire
de sexe féminin au sein des forces.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques de contrôle de foules fig-
ure à la page 123 du volume II du présent Manuel.

5.4.12 : Détention.
La détention et la remise des prisonniers sont régies par les « Procédures
opérationnelles provisoires relatives à la détention dans le cadre des opéra-
tions de paix des Nations Unies » en date du 25 janvier 2011, lesquelles stip-
ulent les normes spécifiques au traitement des personnes détenues par le
personnel des Nations Unies dans le contexte de ces opérations. Ce docu-
ment exige que les personnes détenues soient traitées avec humanité et
conformément au droit international des droits de l’homme, au droit inter-
national humanitaire, au droit international des réfugiés et aux normes et
principes qui s’y rapportent.
Les procédures opérationnelles provisoires s’appliquent aux missions aux-
quelles le Conseil de sécurité ou l’Assemblée générale ont conféré une telle
autorité. Leur mise en œuvre doit être conforme aux règles d’engagement
militaire, aux accords sur le statut des forces et aux accords sur le statut des

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Missions

missions, aux directives de politique générale relatives à l’usage de la force


ainsi qu’au droit international des droits de l’homme, au droit international
humanitaire et au droit international des réfugiés, et aux normes et prin-
cipes qui s’y rapportent. Il convient de tenir dûment compte des orienta-
tions supplémentaires publiées par le chef de la mission ou son représent-
ant. Si les procédures opérationnelles provisoires énoncent des consignes
opérationnelles internes, elles ne traitent pas des questions de procédure
pénale, qui sont régies par les lois de l’État hôte respectif.
Les procédures et principes applicables à la détention des détenus et à leur
remise à des autorités sont détaillés dans les procédures opérationnelles
provisoires, lesquelles resteront en vigueur jusqu’à l’approbation des
procédures opérationnelles permanentes.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques relatives à la détention
figure à la page 137 du volume II, du présent Manuel.

Autres missions.

5.4.13 : Zone tampon.


Une zone tampon est une zone établie entre des belligérants et des civils,
protégée et surveillée par les forces de maintien de la paix du bataillon et
de laquelle ont été exclues les forces belligérantes ainsi que les attaques
mutuelles ou sur la population civile. Les forces du bataillon contrôlent
et surveillent la zone tampon, y compris la ligne de cessez-le-feu, de
manière à limiter le risque d’une résurgence du conflit. L’établissement et
la gestion d’une zone tampon comptent parmi les missions fondamen-
tales des opérations de maintien de la paix et peuvent constituer la mis-
sion principale d’un bataillon d’infanterie des Nations Unies. Le concept
spécifique appliqué pour le recours à la force sera fonction du mandat et
conforme au cadre juridique d’une opération relevant du Chapitre VI ou
du Chapitre VII. En cas de nouveaux conflits, un bataillon de maintien de
la paix primo entrant sera éventuellement contraint de mener des mis-
sions d’interposition relevant du chapitre VII aux côtés d’autres forces afin
d’établir une zone tampon et un climat de confiance.
Les opérations spécifiques à la zone tampon contribuent à instaurer un
environnement stable et sécurisé permettant aux organisations civiles de
concrétiser les objectifs économiques et politiques à long terme énoncés
dans l’accord de paix ou le mandat des Nations Unies. Une zone tampon

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peut être locale ou s’étendre sur toute la longueur d’un ou de plusieurs


pays. Les opérations d’un bataillon propres à une zone tampon sont pre-
scrites par le concept des opérations des Nations Unies et leur niveau de
commandement supérieur, lesquels attribuent souvent à la ZDR du batail-
lon des secteurs de responsabilité très spécifiques, avec des systèmes de
vérification élaborés et des responsabilités visant à limiter le nombre de
forces belligérantes et d’armes dans des zones à plusieurs niveaux allant
jusqu’à la zone tampon. Les accords et traités peuvent aussi instaurer
un système élaboré de règles et d’inspections, et prévoir des moyens de
contrôle concrets que les forces du bataillon doivent mettre en œuvre ou
étayer afin que les parties belligérantes respectent leurs obligations.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques relatives à la zone tampon
figure à la page 147 du volume II du présent Manuel.

5.4.14 : Opérations conjointes/interarmées.


Un bataillon d’infanterie peut être amené sur ordre à effectuer des opéra-
tions conjointes avec la police des Nations Unies et/ou la police et/ou les
forces militaires du pays hôte, afin d’appuyer les opérations de maintien
de la paix. La présente section traite essentiellement des opérations con-
jointes avec la police des Nations Unies, et fournit également des indica-
tions sur les modalités relatives à la conduite d’opérations conjointes avec
la police et les forces miliaires du pays hôte, lorsque cela s’avère utile.
Le maintien de l’ordre public est une responsabilité qui incombe essentiel-
lement à l’État hôte. Toutefois, la plupart du temps, on constate une détéri-
oration générale de l’ordre public, caractérisée par un dysfonctionnement
de la police et d’autres fonctions de sécurité, en plus d’une administration
locale inefficace ou inexistante. En pareils cas, l’intervention de la police
des Nations Unies est primordiale, que ce soit pour prodiguer des conseils,
dispenser des formations, fournir du matériel ou, dans certaines circon-
stances, pour assurer temporairement le maintien de l’ordre.
Dans la plupart des missions de maintien de la paix, les éléments de la
police des Nations Unies – des policiers et des unités de police consti-
tuées – opèrent de manière intégrée avec d’autres entités de la mission.
Des rôles et responsabilités spécifiques sont attribués à toutes les entités
présentes dans la zone de déploiement d’une mission. Pour faire face à
certains problèmes majeurs, le personnel militaire et la police travailleront
conjointement de manière à atteindre des objectifs communs ou à bénéfi-

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Missions

cier d’un appui pour leurs fonctions respectives. La chaîne de commande-


ment et l’état-major du bataillon doivent tenir compte des capacités de
la police des Nations Unies ainsi que de leur forte interdépendance dans
le contexte du maintien de la paix afin d’élaborer des stratégies de col-
laboration permettant de combler les lacunes fonctionnelles et d’assurer la
convergence des initiatives engagées. La visibilité de la police des Nations
Unies et/ou de la police locale renforce la légitimité et la crédibilité de la
force. Plus précisément, les actions complémentaires des éléments mili-
aires et de la police dans le cadre de la phase de stabilisation d’une opéra-
tion de maintien de la paix facilitent le rayonnement et l’ouverture vers
l’extérieur, ainsi que le rétablissement de la sécurité. Le bataillon doit pren-
dre l’initiative d’établir des contacts et d’assurer une coordination et une
intégration pour élaborer un plan commun global cohérent.
Il convient de tenir dûment compte de la politique de diligence voulue en
matière de droits de l’homme du Secrétaire général, s’agissant du soutien
de l’Organisation aux forces de sécurité n’appartenant pas au système des
Nations Unies. Cette politique exige que l’ensemble des organismes des
Nations Unies, y compris les opérations de maintien de la paix, qui envisa-
gent d’apporter leur soutien à des forces de sécurité ne relevant pas de
l’Organisation (par exemple dans le cadre d’opérations conjointes) identifient
les risques de violations graves de droits de l’homme. Si de tels risques exis-
tent, les opérations de paix sont tenues d’engager un dialogue avec l’entité
bénéficiaire pour déterminer des mesures permettant de supprimer ou de
limiter les risques. En cas de violations graves après que les Nations Unies
ont apporté leur soutien, les responsables des opérations de paix doivent
intercéder auprès des autorités nationales compétentes pour faire cesser de
telles violations. Toutefois, si la situation persiste, ils sont tenus de suspendre
l’aide apportée aux éléments commettant ces violations ou y mettre fin.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques des opérations conjointes
figure à la page 155 du volume II du présent Manuel.

5.4.15 : Renforts/relève.
Partie I : Renforts.
Dans le cadre des opérations de maintien de la paix, un bataillon d’infanterie
des Nations Unies ou ses unités subordonnées peuvent être amenés à
fournir ou à recevoir des renforts en cas de dégradation imminente de la
situation ou de situations de vulnérabilité. Les renforts peuvent avoir pour

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objectifs de s’interposer entre des factions en guerre, de renforcer la base


opérationnelle de compagnie au sein de la ZDR du bataillon, de soutenir
ou d’extraire des troupes menacées dans le cadre de l’accomplissement
de leurs devoirs, de renforcer une base opérationnelle de compagnie d’un
autre contingent ou des composantes militaires sur le terrain, d’exécuter
toute mission d’urgence liée à la mission principale ou d’épauler les forces
de sécurité du pays hôte si la demande en est faite ou le mandat l’exige; ils
peuvent aussi être utilisés pour renforcer une zone de menace potentielle
en tant qu’entité indépendante au sein voire même en dehors de la ZDR de
la mission au titre de la coopération entre missions. Le recours ponctuel à la
force, soit préventivement lorsque le danger est imminent, soit lorsqu’il s’est
manifesté, traduirait la détermination de l’Organisation et la solidarité dont
elle fait preuve pour empêcher l’apparition ou l’aggravation d’une menace.
Le maintien en état de disponibilité opérationnelle de forces de réserve spé-
cialisées et entraînées, mises en œuvre et dynamisées de façon adéquate,
dotées des moyens de transport les plus rapides, s’appuyant sur une infor-
mation tactique en temps réel de la situation de terrain, soutenues par des
dispositifs de commandement, de contrôle et de communication efficaces,
d’une planification méthodique et bénéficiant de simulations de scénarios
et d’exercices d’actions conjointes constitue un des aspects essentiels des
opérations de renforcement.
Partie II : Relève sur zone.
La relève sur zone consiste à relever tout ou partie de la force au sein d’une
ZDR désignée par une nouvelle force. Les opérations de relève ont pour
objectif de maintenir une capacité opérationnelle tout en transférant la
responsabilité opérationnelle d’une force à l’autre et de préserver la conti-
nuité des opérations. La relève peut prendre la forme d’une relève de rou-
tine soumise à un calendrier, ou elle peut être organisée pour remplacer
une force existante dans une situation d’urgence ou endosser une partie
de la responsabilité opérationnelle lorsque la situation l’exige et dans le
cadre d’un changement d’attributions entre deux forces.
En collaboration avec le Département de l’appui aux missions, l’état-major
local des Nations Unies responsable des unités relevantes et relevées doit
coordonner de manière centralisée le déplacement et l’arrivée/la dis-
ponibilité opérationnelle/les inspections finales (évaluation de la valeur
et de la quantité de matériels appartenant aux contingents déployés ou
retirés), la reconnaissance par des éléments de commandement et des
personnels clefs, l’envoi d’un détachement de reconnaissance, les disposi-

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Missions

tions relatives au transport, à l’accueil, à l’orientation et au déploiement du


gros des troupes de même que les dispositions en matière de sécurité, une
familiarisation commune avec la ZDR et le rôle opérationnel, les modalités
de transfert de la responsabilité ainsi que le transport de l’unité sortante
et son rapatriement. Il convient de pourvoir au soutien logistique néces-
saire au transport et pour les phases initiales jusqu’à ce que le réapprovisi-
onnement régulier reprenne à partir de sources locales.
Remarque : Une description détaillée des missions spécifiques relatives aux renforts/à la
relève figure à la page 171 du volume II du présent Manuel.

5.4.16 : Extraction/évacuation.
Partie I : Extraction.
Un bataillon d’infanterie des Nations Unies sera éventuellement amené à
assurer l’extraction de soldats de la paix, du personnel des Nations Unies
ou de civils (membres du personnel d’organisations internationales, ONG,
ressortissants du pays hôte, etc.) qui sont détenus, pris en otages ou sur
lesquels pèse une menace imminente. Dans de telles situations, le batail-
lon est tenu de veiller à ce que la base opérationnelle de compagnie la
plus proche ou l’élément militaire opérant dans le voisinage intervienne
rapidement et de manière spontanée pour protéger le personnel des
Nations Unies ou le personnel associé. L’extraction consiste entre autres à
mobiliser une force adéquate sur le lieu de l’incident/de l’action, à engager
des négociations pour résoudre le problème ou à libérer, isoler, confiner
et dominer le site de l’incident, à procéder à une extraction physique en
employant des moyens militaires conformément aux règles d’engagement
et aux directives régissant le recours à la force, et à assurer un retrait organ-
isé hors du site concerné.
Certains éléments essentiels doivent être pris en compte, notamment
: le maintien en condition opérationnelle d’une force de réaction rapide
ou d’une capacité de réaction rapide au niveau du bataillon et de la
base opérationnelle de compagnie, le regroupement des facilitateurs et
des multiplicateurs de force pour garantir la rapidité de la mobilité et du
soutien , une gestion efficace des informations tactiques, des dispositifs de
sécurité, de prévoyance et de prévention des risques, l’engagement des
principaux dirigeants et des négociations pour désamorcer la situation,
l’intégration de la police locale ainsi qu’une intervention tactique mesurée
afin de garder la situation sous contrôle.

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Partie II : Évacuation.
La détérioration des conditions de sécurité dans un pays et le transfert ou
l’évacuation qui en résulte au sein d’une zone de mission concerne tous
les éléments des Nations Unies présents dans ce pays et exige une finesse
de jugement de la part des responsables de la mission, une très bonne
connaissance de la situation, ainsi qu’une capacité à réagir de manière adé-
quate et en souplesse dans les situations d’urgence. Dans une mission de
maintien de la paix, le chef de la mission est le responsable désigné chargé
d’assurer la sûreté et la sécurité de tous les membres du personnel, des con-
tingents et des volontaires. Une équipe de gestion de la sécurité est mise
sur pied, composée du commandant de la force/commandant en second
de la force, du Directeur de l’Administration, de responsables du PNUD et
d’autres responsables des Nations Unies compétents (pour la plupart des
organismes, programmes et fonds des Nations Unies) ainsi que d’éléments
militaires. Le chef de mission consulte l’équipe de gestion des crises de la
mission à propos des incidents majeurs compromettant la sécurité.
Toutes les missions de maintien de la paix des Nations Unies disposent
d’un plan de sécurité global, coordonné et mis en œuvre de manière cen-
tralisée, afin de gérer la sécurité de leur personnel. Il précise les diverses
mesures de sécurité à prendre ainsi que les procédures à suivre dans des
situations de criminalité ou d’urgence graves, qu’il s’agisse d’hostilités, de
troubles internes ou de catastrophes naturelles. Le « plan de sécurité de
la mission » stipule les responsabilités de certains intervenants, les dispo-
sitions à prendre ainsi que les étapes à suivre pour l’évacuation. Il exige
d’analyser la situation sécuritaire, de veiller à la sécurité du personnel des
Nations Unies, de préparer des plans d’urgence pour le déplacement et le
rassemblement du personnel, de procéder ultérieurement à une évacua-
tion vers des zones/abris sûrs et de coordonner l’ensemble des moyens de
communication et de transport pour les exploiter de manière optimale en
cas d’urgence. La composante militaire est cruciale pour établir la domina-
tion nécessaire à la protection des zones vulnérables aux fins de la mise en
œuvre du plan. La plupart du temps, les bases des contingents militaires
feront office de zones de regroupement temporaires, où tous les membres
du personnel des Nations Unies se concentreront. Les membres du person-
nel seront ensuite escortés vers des zones sécurisées par des contingents.
Remarque : On trouvera un aperçu détaillé des missions spécifiques d’extraction/
d’évacuation à la page 177 du volume II du présent Manuel.

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Missions

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CHAPITRE 6 asdf
Protection des civils
6.1 : Contexte.
Plus de 90 % du personnel de maintien de la paix des Nations Unies est
actuellement déployé dans des missions auxquelles le Conseil de sécurité
a donné pour mandat de « protéger les civils exposés à une menace immi-
nente de violences physiques ».5 Les mandats de protection des civils des
Nations Unies sont sans préjudice de la responsabilité du gouvernement
hôte. L’État hôte, la population locale ainsi que la communauté internatio-
nale jugent la plupart du temps la valeur d’une opération de maintien de la
paix, de même que la légitimité et la crédibilité des Nations Unies, à l’aune
de son succès pour la protection des civils. Dans la zone de la mission, plus-
ieurs protagonistes contribuent à la protection des civils. Toutefois, la com-
posante militaire de la mission joue un rôle irremplaçable lorsqu’il s’agit
de protéger ces derniers contre les violences physiques. À cet égard, les
missions mandatées pour protéger les civils sont autorisées à « employer
à tous les moyens nécessaires », y compris la force, afin de prévenir et
d’anticiper les problèmes de protection des civils et d’y faire face.

6.2 : Objectif.
Le présent chapitre entend présenter l’approche de la protection des civils
adoptée dans le maintien de la paix et le rôle que les bataillons peuvent
jouer dans ce contexte. Il traite en outre de certaines considérations essen-
tielles à prendre en compte à cette fin. Un complément d’information pré-
cisant en quoi les missions spécifiques du bataillon contribuent à la protec-
tion des civils est proposé au chapitre 2 du volume II. Ce chapitre concerne
surtout les bataillons déployés dans des missions de maintien de la paix
ayant pour mandat de « protéger les civils exposés à une menace immi-
nente de violences physiques ».

5 Le présent chapitre concerne uniquement les bataillons déployés dans le cadre de missions
auxquelles le Conseil de sécurité a confié cette tâche.

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6.3 : Approche globale de la protection des civils.


Afin de faire face aux préoccupations en matière de protection des civils,
les opérations de maintien de la paix doivent utiliser toute la panoplie des
outils (civils, militaires et de police) mis à leur disposition. À cet égard, la
protection des civils est un effort qui mobilise toute la mission. Le Con-
cept opérationnel du DOMP/DAM relatif à la protection des civils dans les
opérations de maintien de la paix montre de quelle manière les opérations
de maintien de la paix traitent la protection des civils par le biais d’une
action à trois niveaux. Ces trois niveaux se renforcent mutuellement et il
est important de les faire progresser en même temps, en respectant les
priorités de la mission et en tenant compte de la situation sur le terrain. Les
rôles spécifiques que les commandants et l’état-major du bataillon peu-
vent jouer dans le cadre de ces trois dimensions sont précisés ci-dessous.
6.3.1 : Niveau 1 – La protection par des moyens politiques. La protec-
tion des civils sera l’un des principaux axes de la concertation que les hauts
responsables de la mission établiront avec les parties sur le plan politique.
Les commandants et l’état-major du bataillon seront des maillons essentiels
pour appuyer ce processus en renforçant la confiance des parties au conflit
au niveau local et prévenir les incidents concernant la protection des civils.
6.3.2 : Niveau 2 – La protection contre la violence physique. La plupart
des missions dont il est question au chapitre 5 du volume I relèvent de
l’appui à fournir à ce niveau. L’expérience a montré que le fait d’assurer la
présence de la mission, notamment par des patrouilles militaires statiques
et d’autres projections de force, est l’une des formes de sécurité les plus
visibles et rassurantes qu’une mission puisse fournir à la population locale.
Le bataillon peut se retrouver contraint de recourir à la force afin de proté-
ger les civils contre la violence.
Phases. Comme indiqué ci-dessous, ce niveau peut être subdivisé en
4 phases. Ne se suivant pas forcément, elles peuvent se dérouler simul-
tanément ou de manière indépendante, en fonction de la nature ou de
l’imminence des menaces.
• Phase 1 – Rassurer et prévenir : Les mesures de cette phase visent à ras-
surer les populations locales quant à la volonté de la mission de les protéger,
en général par des mesures de routine et passives. L’exécution de missions
régulières par le bataillon, telles que la conduite de patrouilles ou le recueil
et l’analyse de renseignements, est un volet fondamental de cette phase. Les
activités d’information du public et la création de liens avec les principaux

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Protection des civils

dirigeants sont également des éléments majeurs. Il est essentiel de commu-


niquer régulièrement avec la population locale.
• Phase 2 – Anticiper : Lorsque les mesures de la première phase sont
insuffisantes, ou lorsque des risques accrus sont signalés, des mesures
d’anticipation plus actives sont parfois nécessaires. La composante militaire
devra déployer des forces et il est recommandé d’augmenter les patrouilles
à haute visibilité en faisant preuve de prévoyance. Les activités ci-après
seront engagées pendant cette phase pour décourager la violence contre
les civils : une liaison accrue avec les acteurs armés gouvernementaux et
non gouvernementaux et les parties potentielles à un conflit, une surveil-
lance et une défense plus actives des droits de l’homme et la production de
rapports plus nombreux à leur sujet, ainsi qu’une intensification de la pres-
sion politique.
• Phase 3 – Intervenir : En cas de menace évidente de violences physiques
à l’encontre des civils, et si les actions des phases 1 et 2 se révèlent insuf-
fisantes, des mesures plus actives dissuadant les agresseurs potentiels de
commettre des actes hostiles seront éventuellement requises. Le rôle de la
composante militaire sera vital dans le cadre de cette phase. L’action militaire
directe doit être considérée comme une option, qu’il s’agisse d’une interpo-
sition de soldats de la paix entre une population vulnérable et des éléments
hostiles ou de l’usage de la force en dernier recours quand la population est
sous la menace imminente de violences physiques.
• Phase 4 – Consolider : Cet ensemble d’activités vise à stabiliser une situa-
tion de sortie de crise. Il s’agit d’aider la population locale et les autorités du
pays hôte à revenir à une situation de normalité et de créer les conditions
limitant le risque d’un retour de la crise.
6.3.3 : Niveau 3 – Instauration d’un environnement protecteur. Les
opérations de maintien de la paix entreprennent plusieurs activités qui
contribuent à établir un environnement renforçant la sécurité et étayant
les droits des civils. Dans ce contexte, il peut être demandé au bataillon
d’aider la mission à mener à bien ses activités de désarmement, démobili-
sation et réintégration ainsi que de réforme du secteur de la sécurité.

6.4 : Considérations fondamentales.


La mise en œuvre des mandats de protection des civils dans le cadre des
opérations de la paix met en lumière bon nombre de complexités. Il s’agit
notamment des défis liés au fait de privilégier les missions de protection
par rapport aux autres missions prescrites, d’optimiser l’utilisation de res-

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United Nations Infantry Battalion Manual

sources limitées, de recourir à la force pour protéger les civils, dont les
femmes et les jeunes filles, contre les violences sexuelles, et de trouver un
juste milieu entre la responsabilité qu’ont les autorités hôtes de protéger
les civils et le mandat de la mission pour ce faire. Si les hauts responsables
de la mission doivent traiter ces questions complexes, les points suivants
sont des considérations essentielles que les chefs de corps doivent pren-
dre en compte pour s’acquitter de leurs responsabilités sur le terrain.
6.4.1 : Soutien au gouvernement du pays hôte. Comme indiqué dans la
description du concept opérationnel, la protection des civils relève au pre-
mier chef de la responsabilité de l’État hôte et la mission est déployée pour
assister l’État hôte dans l’exercice de cette responsabilité et renforcer les
capacités dont il dispose à cette fin. Toutefois, lorsque l’État hôte ne peut
ou ne veut pas honorer ses obligations, les missions sont autorisées, en
vertu des mandats dont elles sont investies par le Conseil de sécurité, à agir
de façon indépendante pour protéger les civils. Sachant qu’elles opèrent
conformément aux principes qui sont à la base du maintien de la paix et
conformément à leurs mandats, elles sont habilitées à recourir à la force
contre toute partie, y compris des éléments des forces gouvernementa-
les, lorsque ces éléments se trouvent eux-mêmes impliqués dans des vio-
lences physiques contre les civils.
Les activités de protection des civils entreprises par les missions de main-
tien de la paix des Nations Unies doivent refléter et observer les princi-
pes qui sous-tendent ces opérations, à savoir le consentement du gou-
vernement hôte et des parties principales au conflit, l’impartialité et le
non-recours à la force, si ce n’est à des fins de légitime défense et pour
assurer l’exécution du mandat de la mission. En outre, les missions ont
l’obligation de respecter et de promouvoir le droit international des droits
de l’homme, le droit international des réfugiés et le droit international
humanitaire. Lorsque la mission fournit un appui à des responsables de
la sécurité n’appartenant pas au système des Nations Unies, l’aide accor-
dée doit également être conforme aux buts et principes de la Charte des
Nations Unies et est tributaire de la capacité de l’État à assumer ses obli-
gations au titre du droit international. D’autres directives concernant une
telle assistance sont précisées dans la politique de diligence en bonne et
due forme en matière de droits de l’homme du Secrétaire général relative
à l’appui des Nations Unies aux forces de sécurité n’appartenant pas au
système des Nations Unies.

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Protection des civils

6.4.2 : Consentement. Le consentement stratégique du gouvernement


hôte et celui des principales parties au conflit est l’un des principes du
maintien de la paix des Nations Unies. Sans ce consentement, les opéra-
tions de maintien de la paix onusiennes ne sont pas en mesure remplir
efficacement leurs mandats. Néanmoins, aux niveaux tactique et opéra-
tionnel, des éléments armés des principales parties peuvent être respon-
sables de menaces de violences physiques contre les civils, les opérations
de maintien de la paix étant mandatées pour y faire face.
Il est primordial que les missions s’engagent dès le départ aux côtés des
parties principales par des voies politiques afin de faire connaître claire-
ment le message dont le mandat de la mission est porteur, la volonté de
cette dernière de protéger les civils ainsi que les conséquences éventu-
elles auxquelles s’exposent ceux qui commettent des violations du droit
international contre les civils. Par ailleurs, les chefs de corps doivent être
conscients des répercussions politiques de certaines violations du droit
humanitaire international (violences sexuelles, recrutement d’enfants,
attaques contre des écoles et/ou des hôpitaux, meurtre et mutilation
d’enfants, etc.) et en informer les parties au besoin.
Il est primordial de disposer de structures institutionnelles permettant
l’échange d’informations et des contacts à tous les niveaux entre la mis-
sion et les autorités nationales, notamment entre les responsables poli-
tiques et les administrateurs chargés de la sécurité. En cas d’aggravation
ou d’escalade de la situation dans des proportions ingérables, les chefs de
corps doivent faire part de leurs préoccupations aux hauts responsables
de la mission, en allant jusqu’à contacter le Siège de l’ONU et/ou le Conseil
de sécurité. En cas de retrait du consentement stratégique des principales
parties, du gouvernement hôte en particulier, l’environnement nécessaire
au maintien de la paix n’est pas maintenu. Dans ce cas, toute action supplé-
mentaire de la part de la communauté internationale devrait être décidée
par le Conseil de sécurité.
6.4.3 : Compréhension des dispositions du mandat du Conseil de
sécurité relatives à la protection des civils. Ces dispositions autorisent
souvent la mission à « utiliser tous les moyens nécessaires pour protéger
les civils sous la menace imminente de violences physiques ».
• « Les actions nécessaires » ne font pas uniquement référence à l’action
militaire. Elles comprennent également toute une série d’actions civiles,
policières et militaires. Toute mesure de prévention, d’anticipation ou

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United Nations Infantry Battalion Manual

d’intervention peut être appliquée pour écarter, atténuer ou affronter une


menace identifiée.
• Des activités d’anticipation et de prévention efficaces n’exigent pas néces-
sairement un recours à la force. Toutefois, pour une dissuasion crédible, il
faut être prêt à recourir à la force.
• Une menace de violences à l’encontre d’un civil est considérée comme
« imminente » à partir du moment où elle est identifiée comme telle, jusqu’à
ce que la mission soit en mesure d’établir qu’elle n’existe plus. Les soldats de
la paix dotés d’un mandat de protection des civils sont autorisés à recourir à
la force dans n’importe quelle situation qui leur donne à penser que les civils
sont exposés à une menace de violence.
Les chefs de corps les commandants de leurs unités subordonnées et les
officiers d’état-major doivent se référer au mandat, au concept des opéra-
tions, aux règles d’engagement et aux instruments juridiques interna-
tionaux lorsqu’ils prennent des décisions concernant leurs activités sur
le terrain. Si les soldats de la paix ont des questions sur l’application de
ces instruments dans le cadre de l’exercice de leurs activités, ils doivent les
soumettre à leur chef de corps et au conseiller juridique de la mission. Ils
devront au besoin les soumettre au Siège de l’ONU.

6.4.4 : Civils et combattants. Les soldats de la paix des Nations Unies sont
tenus de faire à tout moment une distinction claire entre les civils et les
combattants et entre les biens civils et les objectifs militaires. En vertu du
droit international humanitaire, les civils sont des « personnes protégées »
– ils ne peuvent pas être pris pour cible et leur vie et leur dignité doivent
être respectées. Les civils sont présumés ne pas participer directement
aux hostilités et ont donc droit à une protection pleine et entière contre
les attaques. Ils ne perdent cette protection que s’ils « participent directe-
ment aux hostilités » et pendant la durée de cette participation. La simple
possession d’une arme ne confère pas nécessairement à une personne le
statut de « combattant ». Les civils possédant des armes (notamment à des
fins de légitime défense ou pour protéger leurs biens) mais qui ne sont pas
engagés dans les « hostilités » jouissent d’une protection.
6.4.5 : Évaluation et prévention des risques liés à la protection des
civils. Les mesures préventives sont la meilleure forme de protection des
civils. Dans le cadre de leurs missions de maintien de la paix, les batail-
lons doivent avoir une bonne connaissance des menaces qui pèsent sur
la population et de ses vulnérabilités (un complément d’information sur

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Protection des civils

la manière de procéder à une telle évaluation des risques en matière de


protection des civils est proposé dans le Cadre d’élaboration des stratégies
de protection des civils pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU
du DOMP/DAM). Ces menaces doivent être évaluées dans une optique
sexospécifique afin de faire face aux menaces qui pèsent sur les femmes,
les filles, les garçons et les hommes, lesquelles varieront notamment en
fonction de l’âge, du sexe, de l’ethnicité ou de la religion. Il doit être tenu
compte d’une telle analyse pour hiérarchiser les risques liés à la protection
des civils ainsi que les mesures d’atténuation à envisager en coordination
avec d’autres acteurs de la zone d’opérations.
6.4.6 : Enfants. Les Nations Unies ont élaboré un cadre de protection spé-
cial, le « mécanisme de surveillance et de communication de l’information
sur le sort des enfants en temps de conflit armé », lequel porte sur les
missions de maintien de la paix jusqu’aux membres du Conseil de sécu-
rité. Dans ce cadre, les bataillons jouent un rôle essentiel car ils constitu-
ent le premier point d’action. Étant les yeux et les oreilles sur le terrain,
le bataillon peut attester du recrutement et de l’utilisation des enfants
comme enfants soldats, des violences sexuelles, du meurtre et des muti-
lations d’enfants, des attaques contre des écoles et des hôpitaux ou de
l’enlèvement d’enfants. Si certains incidents concernant des enfants sont
portés à son attention, les forces armées doivent informer le spécialiste de
la protection de l’enfance le plus proche au sein de la mission ou alerter
l’organisme de protection de l’enfance (UNICEF, par exemple) afin qu’il
envoie un observateur qualifié. Les forces armées ne doivent toutefois pas
interroger directement les enfants ou enquêter sur les incidents.
En vertu des résolutions 1539, 1612, 1882 et 1998 du Conseil de sécurité,
le Secrétaire général peut désigner publiquement les parties qui com-
mettent les six violations définies comme les plus graves et le Conseil de
sécurité peut imposer des sanctions à leur encontre.

6.4.7 : Violences sexuelles liées aux conflits. Le Conseil de sécurité a


reconnu que lorsque la violence est utilisée ou commanditée comme une
tactique de guerre ou dans le cadre d’une attaque généralisée ou systéma-
tique contre les civils, elle peut exacerber le conflit armé et faire obstacle au
rétablissement de la paix et de la sécurité internationale [résolutions 1820,
1888 et 1960 du Conseil de sécurité (les femmes, la paix et la sécurité)].
Pour remédier à ce problème, le Conseil de sécurité a instauré un cadre
de responsabilisation draconien, insistant par ailleurs sur la nécessité de

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United Nations Infantry Battalion Manual

prévenir et réprimer ces actes de violence sexuelle de manière à contribuer


grandement au maintien de la paix et de la sécurité. En vertu de la résolu-
tion 1960, les parties à un conflit armé soupçonnées, de façon crédible,
d’avoir commis des actes de violence sexuelle peuvent être dénoncées par
le Secrétaire général. Ces informations peuvent être utilisées par les comi-
tés des sanctions.
Lorsque des violences sexuelles liées aux conflits sont perpétrées, les
bataillons militaires ont un rôle crucial à jouer. Plus particulièrement, ils
contribueront à la prévention de ces actes de violence et feront rapport
sur les menaces et incidents par les voies hiérarchiques appropriées. Si des
incidents spécifiques en rapport avec des violences sexuelles sont portés
à l’attention du bataillon, les forces armées doivent informer le spécialiste
des droits de l’homme/des questions relatives à l’égalité des sexes le plus
proche au sein de la mission de manière à apporter la réponse/prendre la
mesure la plus adéquate. Les militaires ne doivent toutefois pas interroger
les femmes ou enquêter directement sur l’incident.
6.4.8 : Ressources et capacités. La résolution 1894 (2009) du Conseil de
sécurité dispose que, lorsqu’il s’agit de décider de l’usage des capacités et
ressources disponibles, la priorité doit être accordée à la protection des
civils. Les opérations de maintien de la paix se heurteront toujours à des
contraintes de ressources et de capacités. En coordination avec les hauts
responsables de la mission, les chefs de corps doivent dès lors être prêts à
décider de l’ordre de priorité de certaines ressources et capacités essenti-
elles à utiliser pour s’acquitter du mandat de la mission en matière de pro-
tection des civils. Le tableau des ressources et des capacités requises pour
la protection des civils du DOMP/DAM s’avérera utile à cet égard.
6.4.9 : Stratégie de protection des civils. La résolution 1894 (2009) du
Conseil de sécurité contient par ailleurs une disposition demandant que
toutes les missions de maintien de la paix dotées d’un mandat de protec-
tion des civils élaborent des stratégies de protection des civils spécifiques
à la mission. Les chefs de corps et les états-majors de bataillon doivent être
impliqués dès les premières étapes du processus d’élaboration et de révi-
sion de la stratégie de protection des civils puisque cette dernière déter-
mine les priorités de la mission en la matière en se basant sur l’évaluation
des risques, les principales structures de coordination ainsi que les rôles et
responsabilités des acteurs concernés de la protection des civils, et notam-
ment les acteurs humanitaires des Nations Unies. Le cadre d’élaboration

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Protection des civils

des stratégies de protection des civils pour les opérations de maintien de


la paix de l’ONU du DOMP/DAM fournit un modèle et rappelle plusieurs
points utiles pour la formulation de telles stratégies. Les stratégies de pro-
tection des civils doivent s’inscrire dans la ligne de la vision et des priori-
tés énoncées dans le Cadre stratégique intégré et d’autres documents de
planification.6
6.4.10 : Interaction avec la communauté locale. La perception qu’a la
communauté locale (hommes et femmes) de la situation sur le plan de la
sécurité est primordiale pour comprendre les menaces auxquelles elle est
exposée. Un dialogue soutenu avec la population locale – notamment les
femmes, les enfants, les réfugiés et les personnes déplacées – s’impose
pour identifier les menaces qui pèsent sur elle et ses vulnérabilités et pour
comprendre comment la mission peut renforcer les moyens dont la com-
munauté locale dispose déjà pour se protéger. Les informations recueil-
lies à travers une telle interaction doivent aider la mission à apporter la
réponse adéquate pour assurer la protection. Ce dialogue permettra aussi
d’indiquer plus facilement à la population ce que la mission est en mesure
de faire ou non pour la protéger. Les consultations engagées avec la pop-
ulation locale doivent inclure les femmes, les groupes clefs de la société
civile ainsi que les jeunes garçons et les jeunes filles. Le recours à des assis-
tants linguistiques et à un effectif civil féminin de même qu’à des membres
du personnel militaire et de police de sexe féminin pour les patrouilles et
les missions d’évaluation, a parfois aidé les troupes à mieux communiquer
avec la population.
6.4.11 : Coordination avec la Police des Nations Unies. Il peut être
demandé au bataillon de planifier et de coordonner son action avec la
composante police des Nations Unies, en particulier lorsque qu’une esca-
lade potentielle de la situation risque de poser une menace de nature mili-
taire. Lorsqu’un recours soutenu aux armes à feu ou aux armes militaires
s’avère nécessaire, la composante militaire doit avoir la primauté lorsqu’il
s’agit de venir en aide aux autorités compétentes du pays hôte ou de colla-
borer avec elles. La Directive d’orientation du DOMP/DAM sur les unités de
police constituées dans les opérations de maintien de la paix des Nations
Unies et la Directive d’orientation concernant l’autorité, le commande-

6 Pour un complément d’information sur le Cadre stratégique intégré, veuillez consulter


« Directives des Nations Unies pour la préparation des missions intégrées : planification
intégrée pour les entités présentes sur le terrain ».

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United Nations Infantry Battalion Manual

ment et le contrôle dans les opérations de maintien de la paix des Nations


Unies définissent les contours d’une telle coopération et coordination avec
la composante de la Police des Nations Unies. À cet égard, consulter le
chapitre 2.11 sur la gestion des foules et le chapitre 2.14 sur les opérations
conjointes du volume II.
6.4.12 : Acteurs clefs de la protection des civils du système des
Nations Unies et autres. En plus de s’assurer que les composantes de la
mission adoptent une approche commune en matière de protection des
civils (notamment en concertation avec les conseillers pour les droits de
l’homme, la protection de l’enfance, l’égalité entre les sexes, les affaires civi-
les, les questions de police et la protection des femmes) les hauts respon-
sables de la mission sont tenus de définir des modalités de coordination
et de communication efficaces en matière de protection des civils avec les
organismes des Nations Unies et autres agences. Les acteurs de la protec-
tion humanitaire disposent souvent d’informations et d’analyses utiles qui
facilitent les actions menées dans le cadre de l’opération de maintien de la
paix en faveur de la protection des civils et vice-versa. Il convient néanmoins
de ne pas perdre de vue que les informations sur la protection ont souvent
un caractère sensible et qu’elles ne peuvent être partagées. Le Groupe de
la Protection (Protection Cluster), qui opère en général sous l’égide du Haut-
Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ou du Haut-Commissar-
iat aux droits de l’homme, est la principale instance au sein de laquelle la
communauté internationale coordonne son action sur les questions de
protection. Une fois le bataillon déployé, le chef de corps doit identifier les
mécanismes existants pour la coordination avec les acteurs humanitaires
et déterminer comment les forces armées peuvent interagir au mieux avec
eux pour garantir un échange et une analyse efficaces des informations, et
doit ensuite définir les modalités de l’assistance aux acteurs humanitaires.
Les bases opérationnelles de compagnie/temporaires doivent également
collaborer avec les groupes (Clusters) de la Protection, lesquels opéreront
éventuellement au niveau du secteur.
6.4.13 : Formation à la protection des civils en cours de mission. Les
bataillons doivent assurer des formations régulières en cours de mission,
axées entre autres sur la protection des civils. Le DOMP/DAM a récem-
ment mis au point un module de formation à la protection des civils dans
le maintien de la paix à l’ONU qui propose 12 exercices de simulation. Si
les PFC sont déjà incités à les intégrer dans leurs programmes de forma-
tion préalable au déploiement, les contingents doivent régulièrement dis-

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Protection des civils

penser des formations en cours de mission sur la protection des civils de


manière à favoriser une familiarisation avec le contexte dans lequel ils sont
déployés. Les experts en matière de protection des civils de la mission ainsi
que les formateurs des centres de formation intégrés des missions, formés
à partir de ces modules, peuvent être d’une grande utilité pour les contin-
gents. De plus, les bataillons doivent effectuer des exercices de gestion des
crises en partant de scénarios potentiels qui leur permettront de préserver
leur capacité opérationnelle et leur capacité de réaction rapide.
6.4.14 : Liste des principaux documents d’orientation et de formation
des Nations Unies sur la protection des civils. Concept opérationnel du
DOMP/DAM relatif à la protection des civils dans les opérations de main-
tien de la paix des Nations Unies (avril 2010).
.DPKO-DFS Protection of Civilian Resources and Capability Matrix (février
2012).
• Politique de diligence en bonne et due forme en matière de droits de
l’homme du Secrétaire général relative à l’appui des Nations Unies aux forces
de sécurité n’appartenant pas au système des Nations Unies (juillet 2011).
• Modules de formation spécialisée du DOMP/DAM à la protection des civils,
aux mesures de prévention et d’intervention en cas de violences sexuelles
liées aux conflits (novembre 2011).
• Concept opérationnel du DOMP/DAM relatif à la protection des civils dans
les opérations de maintien de la paix des Nations Unies (avril 2010).
• Cadre d’élaboration des stratégies de protection des civils pour les opéra-
tions de maintien de la paix de l’ONU du DOMP/DAM (2011).
• Politique du DOMP/DAM concernant les unités de police constituées dans
les opérations de maintien de la paix des Nations Unies (mars 2010).
• Politique du DOMP et du DAM relative à la prise en compte systématique de
la protection, des droits et du bien-être des enfants touchés par les conflits
armés dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies (juin
2009).
• Directive d’orientation du DOMP/DAM concernant l’autorité, le commande-
ment et le contrôle dans les opérations de maintien de la paix des Nations
Unies (février 2008).

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United Nations Infantry Battalion Manual

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CHAPITRE 7 asdf
Appui à la mission
7.1 : Introduction.

Département de l’appui aux missions.


Le Département de l’appui aux missions a été créé par l’Assemblée
générale en 2007 pour renforcer la capacité de l’Organisation à gérer et
à appuyer les opérations de paix dans le monde. Le Département fournit
un appui direct aux opérations de maintien de la paix, aux missions poli-
tiques spéciales et à d’autres opérations dans les domaines du budget et
des finances, de la logistique, des ressources humaines, de l’administration
générale ainsi que de l’information et des technologies de l’information
(ST/SGB/2010/2). Le Département dispose de cinq bureaux principaux au
Siège de l’ONU à New York :

• Bureaux du Secrétaire général adjoint (SGA) et du Sous-Secrétaire


général (SSG). Le Bureau du Secrétaire général adjoint et le Bureau du Sous-
Secrétaire général fournissent un appui administratif au Secrétaire général
adjoint et au Sous-Secrétaire général. Outre leur personnel, ils se composent
de l’équipe chargée de la stratégie globale d’appui aux missions, de la Sec-
tion des nominations aux postes de haute direction, du Groupe de la déon-
tologie et de la discipline, de la Section de l’application des recommanda-
tions d’audit et des Commissions d’enquête, de l’Équipe de liaison pour les
achats des missions et de la Section des transports aériens.

• Division du personnel des missions. La Division du personnel des mis-


sions encadre, recrute, forme et gère des effectifs civils pour les opérations
hors Siège.

• Division du budget et des finances. La Division du budget et des finances


a pour mission de fournir des services d’appui financier aux opérations de
la paix pour garantir un financement approprié et une gestion responsable
des fonds. La Division se compose du Service des budgets et des rapports
sur leur exécution ainsi que de la Section de la gestion des mémorandums
d’accord et des demandes de remboursement. La Division est responsable
de la gestion de l’ensemble du système applicable au matériel appartenant

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United Nations Infantry Battalion Manual

aux contingents (MAC), des négociations et des préparations des mémoran-


dums d’accord avec les pays contributeurs de troupes et de contingents de
police, ainsi que du remboursement du MAC (matériel majeur/soutien logis-
tique autonome) mis à disposition et d’autres créances. En outre, la Division
certifie toutes les lettres d’attribution et les demandes d’indemnisation en
cas de décès ou d’invalidité pour les contingents militaires et les unités de
police constituées, détermine les montants à rembourser et fournit des rap-
ports réguliers sur l’état des demandes de remboursement.

• Division des technologies de l’information et des communications.


Cette division fournit aux opérations sur le terrain des services et solutions
informatiques stratégiques et sécurisées dans le domaine des technolo-
gies de l’information et des communications. Elle appuie les fonctions de
commandement, de contrôle et de communications, ainsi que les fonctions
informatiques, y compris sur le plan de la coordination, pour le compte des
composantes militaires et de police des missions. La Division se compose du
Service de l’informatique opérationnelle et de la Section de l’informatique et
de la sécurité des missions. Un complément d’information sur cette division
est proposé dans le volume II.

• Division du soutien logistique. La Division du soutien logistique met en


œuvre et supervise les politiques et procédures relatives à la logistique
des opérations hors siège notamment le soutien à la planification et aux
programmes, la gestion des approvisionnements, l’ingénierie et le maté-
riel appartenant aux contingents, ainsi que l’assistance médicale et car-
tographique, tout en faisant attention à l’empreinte écologique au sein de la
zone de la mission. La Division organise par ailleurs le transport du person-
nel civil et militaire ainsi que du fret en direction et à partir des missions
par terre, air et mer. Elle se compose de deux services : le Service du soutien
stratégique et le Service stratégique des transports ([Link]
SitePages/[Link]).

7.2 : Objectif.
Le chapitre consacré à l’appui aux missions traite de concepts logistiques
généraux à l’appui des missions de maintien de la paix. Il porte plus partic-
ulièrement sur l’autorité responsable de la gestion financière ou des ordres
de mission et sur la structure d’appui du bataillon d’infanterie (notamment
les moyens d’appui, les aspects liés au matériel appartenant aux contin-
gents et au mémorandum d’accord, diverses politiques administratives, les
déplacements et le déploiement du bataillon d’infanterie).

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Appui à la mission

7.3 : Concept de l’’ appui aux missions.


Concept logistique. Le concept logistique des opérations du maintien de
la paix des Nations Unies est basé sur l’intégration des ressources propres
des Nations Unies, des ressources apportées par des contingents militaires
et celles provenant de contrats. L’appui à la mission ou les fonctions de ser-
vice, quelle que soit leur origine, sont considérés comme étant partie inté-
grante de la mission dans sa globalité et relèvent de la responsabilité du
Directeur de l’appui à la mission/Chef de l’appui à la mission qui assurent
la liaison avec tous ses éléments.

Autorité donnant les ordres. Au nom du Directeur de l’appui à la mission/


Chef de l’appui à la mission, le Chef des services d’appui intégré est respon-
sable de la délivrance des ordres de mission pour l’ensemble du personnel
logistique des corps en tenue et des unités de soutien qui comprennent
les unités médicales, les unités de transmissions, les unités de logistique,
les unités de génie du bâtiment (le génie de combat/de campagne étant
exclu), les unités des transports et des mouvements, y compris les hélicop-
tères de transport militaires dans la mission de maintien de la paix.
Références :
• Directives d’orientation du DOMP/DAM concernant l’autorité, le commandement et le
contrôle dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies (2008.04).

Biens et services. Les biens et services généraux comprennent notam-


ment :
• Les services médicaux, les services d’hygiène du milieu et, s’ils sont spécifiés,
les services dentaires;
• La construction et la gestion des logements;
• Les projets de génie civil;
• Les conseils environnementaux;
• Les services du Système d’information géographique (GIS);
• Le contrôle des mouvements et les services de transport aérien;
• Les services de transport de surface, y compris le transport fluvial et/ou
côtier;
• Les services d’installation et d’exploitation des communications et les ser-
vices informatiques;
• La comptabilité, l’entreposage et la distribution des biens, du matériel et
d’autres produits de base essentiels comme le carburant, l’eau et les rations.

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United Nations Infantry Battalion Manual

Autorité financière. Seul le Directeur de l’appui à la mission/Chef de l’appui


à la mission est habilité à engager les ressources financières de la mission
pour des objectifs quelconques, y compris la passation de contrats pour
l’utilisation de ressources/services locaux. Toutes les demandes de res-
sources/services locaux doivent être adressées par l’intermédiaire du Cen-
tre conjoint des opérations logistiques. Elles incluent notamment, mais
non exclusivement, l’hébergement, les carburants et lubrifiants (y compris
les carburants pour avions), les produits frais, les rations de combat, l’eau, la
location de matériel, des installations de service public et la main-d’œuvre
civile.

7.4 : Structure de soutien du bataillon d’infanterie.


7.4.1 : Approvisionnement initial et niveau de stocks. Durant le déploi-
ement initial, les PFC doivent assurer, contre remboursement, la dotation
en eau, rations, carburants, huile et lubrifiants pendant une durée limitée,
jusqu’à ce que l’ONU soit en mesure d’assurer la fourniture de ces articles
consommables. Tous les contingents constitués sont tenus d’assurer les
niveaux d’approvisionnement suivants dans la zone de la mission, à moins
que le DAM/DOMP n’en décide autrement :

NIVEAU INITIAL DES STOCKS DANS LA ZONE DE MISSION À FIXER POUR CHAQUE MISSION SPÉCIFIQUE

Rations de combat 7 jours de rations alimentaires, et 7 jours d’eau en bouteille au minimum.


L’avant-garde doit assurer son propre soutien logistique pour l'eau potable.

Carburants et Tous les réservoirs de carburant des véhicules doivent être remplis
lubrifiants spécifiques conformément aux règlements internationaux applicables. Les lubrifiants
spécifiques qui ne font pas partie du stock de l'ONU au cours des premières
semaines doivent être apportés.

Munitions et explosifs Se reporter aux « Directives concernant les dotations en munitions pour
les opérations de maintien de la paix » de septembre 2002, publiées par le
Bureau des affaires militaires du DOMP.

Fournitures médicales Fournitures médicales et produits consommables pour au moins 60 jours.

Pièces détachées/de Selon des arrangements de « contrat de location avec services », les Nations
rechange Unies assureront le transport de pièces de rechange pendant 90 jours à
compter du déploiement initial; la responsabilité reviendra ensuite à l’État
du contingent.

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Appui à la mission

• Rations. Par le biais d’un contrat commercial, les Nations Unies se chargent
de l’approvisionnement en produits frais, congelés, réfrigérés et secs. Les
PFC doivent commander la livraison initiale de produits frais, congelés,
réfrigérés ou secs par l’intermédiaire de la Division du soutien logistique du
Département de l’l’appui aux missions pas moins de 60 jours avant l’arrivée.
• Eau. Le bataillon doit disposer d’installations de traitement et de test de
l’eau et apporter des stations de traitement des eaux capables de satisfaire
aux besoins d’une compagnie et dotées de dispositifs de filtration, de désin-
fection et de sédimentation conformes aux normes de l’OMS.
 Les normes fixées par les Nations Unies pour assurer la santé et maintenir
l’efficacité opérationnelle des troupes sont les suivantes :

TYPE QUANTITÉ

Eau potable 4,5 litres par personne par jour


Eau potable (Directives de l’OMS)
pendant 7 jours

Eau en vrac purifiée pour le nettoyage, la 80 litres par personne par jour pendant
douche, les ablutions et autres usages 3 jours

 Acheminement de l’eau. Le bataillon doit disposer de suffisamment de


camions-citernes/remorques pour transporter de l’eau non traitée de la
source aux camps des contingents. Les camions-citernes ne devront pas
être utilisés comme un élément du dispositif de stockage de l’eau des PFC.
 Stockage de l’eau. Le PFC devra prévoir des installations séparées pour
les réserves d’eau statique d’une part, et pour le stockage de l’eau potable
d’autre part. Les capacités de stockage doivent être suffisantes pour que
chaque personne puisse consommer de l’eau pendant trois jours.
 Eaux usées. Toutes les eaux usées doivent être traitées avant d’être
déversées dans la nature. Une coordination avec la composante civile est
primordiale.

• Lubrifiants et carburants. Le QG de la mission négociera un contrat com-


mercial « clefs en main » en vue de la fourniture, de l’entreposage et de la
livraison de carburants et lubrifiants en vrac pour les véhicules, les aéronefs
et autres équipements à moteur tels que les groupes électrogènes et les
systèmes de chauffage. L’entreposage et la distribution interne au sein du
bataillon constituent une responsabilité nationale et doivent respecter les

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United Nations Infantry Battalion Manual

règlements des Nations Unies régissant l’enregistrement et la distribution.


Des bassins de confinement d’une capacité suffisante doivent être placés
sous les réservoirs et les points de collecte de carburant.

• Besoins supplémentaires en produits frais, eau, carburants/lubrifi-


ants et autres fournitures. Le DAM informera les PFC de toute demande
de produits supplémentaires, d’eau potable, de carburants/lubrifiants et
autres fournitures qui devront être amenés par des militaires au moment du
déploiement initial durant la planification du déploiement et la négociation
du mémorandum d’accord.

• Véhicules et matériel majeur. Les véhicules et le matériel majeur doivent


être en état de remplir leurs fonctions de base, peints en blanc et porter les
marquages des Nations Unies en noir. Les ambulances et les autres véhicules
réservés au transport du personnel médical ou de fournitures médicales
doivent porter des marquages conformes à la Convention de Genève. Les
Nations Unies fourniront une assurance responsabilité civile pour tous les
véhicules faisant partie du matériel appartenant aux contingents. Les PFC
doivent communiquer le plus tôt possible à leur mission des détails sur tous
les véhicules et le matériel ainsi que les numéros des châssis et des moteurs
et ce, avant le déploiement afin que les démarches obligatoires relatives
à l’assurance et à l’immatriculation soient effectuées. Tous les contingents
seront déployés avec des capacités intégrales de réparation et de récupé-
ration permettant d’effectuer la réparation et la récupération requises des
véhicules appartenant auxdits contingents, comme l’exige le mémorandum
d’accord.

7.4.2 : Catégories de moyens d’appui.

Dispositions générales. Dans la zone de mission, le bataillon doit satis-


faire aux normes de soutien logistique autonome stipulées dans le mémo-
randum d’accord, l’énoncé des besoins de la force/l’énoncé des besoins
de l’unité ainsi que dans le Manuel MAC (chap. 9 annexe E). Le niveau de
soutien logistique autonome requis implique la capacité de fournir et de
maintenir à niveau les ressources et le personnel nécessaires pour appuyer
le contingent sur les plans administratif et logistique pendant la durée de
la mission. Les PFC doivent déployer différentes catégories de moyens de
soutien logistique autonome, lesquelles seront fonction de « l’énoncé des
besoins de l’unité » et du soutien logistique que la mission ou d’autres uni-

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Appui à la mission

tés seront susceptibles de leur fournir. Voici une récapitulation des catégo-
ries de moyens de soutien logistique autonome :

• Restauration. Chaque contingent doit fournir l’équipement de restau-


ration, notamment les cantines, la vaisselle et les couverts, la capacité
d’entreposage pour le matériel d’entretien, des produits frais (14 jours),
des produits secs (28 jours), des produits réfrigérés (14 jours) et congelés
(21 jours) ainsi que des installations pour le nettoyage et l’entreposage des
ustensiles pour chaque site de déploiement des contingents. Toutes les
installations de stockage des denrées alimentaires doivent être dotées de
dispositifs de contrôle/surveillance de la température [Référence : DPKO/
DFS Food Rations Management Guidelines (directives générales du DOMP/
DAM relatives à la gestion des rations alimentaires)].

• Communications. Le matériel pour les communications entre le Siège de


l’ONU et le poste de commandement de secteur/l’état-major du bataillon
sera fourni par l’ONU en tant que matériel appartenant aux Nations Unies.
Les Nations Unies fourniront également un réseau téléphonique au quartier
général de la mission et jusqu’au niveau de l’état-major du bataillon. Par
ailleurs, l’Organisation pourra faciliter les communications jusqu’au niveau
de la force individuelle ou des petites unités indépendantes en fonction
des besoins. Le bataillon est responsable des liaisons entre la mission des
Nations Unies et le pays d’origine ainsi que des communications internes.

• Matériel de bureau. Le bataillon est censé être autonome dans cette caté-
gorie de moyens, conformément aux normes fixées dans le Manuel MAC.

• Matériel électrique. Le bataillon est tenu de fournir ses propres générateurs


d’électricité au-delà de 20 kVA afin de satisfaire à ses propres besoins, soit
2,5 kVA par personne selon un ratio standard. Les générateurs seront rem-
boursés étant donné qu’ils appartiennent à la catégorie du matériel majeur.
Le bataillon est tenu de distribuer de l’électricité aux stations des petites
unités semi-autonomes décentralisées et de prévoir un système de secours
d’urgence. Les Nations Unies fourniront le carburant pour les groupes élec-
trogènes. Ordinairement le voltage et la fréquence usuel de l’électricité pour
les missions de terrain sont respectivement de 220 V et 50Hz.

• Petits travaux de génie. Les bataillons déployés dans le cadre de missions


de maintien de la paix des Nations Unies sont généralement autonomes
pour tout ce qui touche aux « Petits travaux ». L’appendice 16 des annexes
A et B du chapitre 3 du Manuel MAC (2011) détaille le contenu de la catégo-
rie des moyens de soutien autonome relative à ces travaux et la répartition

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United Nations Infantry Battalion Manual

des responsabilités entre le PFC et les Nations Unies. Le bataillon doit être
capable, dans ses zones de cantonnement, de réaliser des travaux de con-
struction légers ne relevant pas de la défense des périmètres, d’effectuer de
petits travaux de réparation et de remplacement du matériel électrique, de
réparer les systèmes de plomberie et d’adduction d’eau, d’effectuer de petits
travaux d’entretien, et de fournir tout le matériel d’atelier ainsi que les outils
et les fournitures nécessaires à cet effet.

• Neutralisation d’explosifs et de munitions (NEDEX). Lorsqu’un soutien


logistique autonome est requis de la part du bataillon en matière de neu-
tralisation d’explosifs et de munitions, le contingent doit disposer des moy-
ens de neutralisation en question afin d’assurer la sécurité de ses zones vie.
• Blanchissage. Le bataillon est tenu de fournir des installations de blan-
chissage et d’assurer les services connexes pour tous les vêtements mili-
taires/personnels (matériel, entretien et fournitures nécessaires) et pour
l’ensemble du personnel des contingents; il doit aussi veiller à ce que toutes
les installations soient équipées d’un matériel permettant de préserver
l’hygiène et la propreté des lieux.
• Nettoyage. Chaque contingent doit fournir des installations de nettoy-
age (avec l’équipement, la maintenance et les fournitures nécessaires) pour
l’ensemble de son personnel et veiller à ce que toutes les installations soient
équipées d’un matériel permettant de préserver l’hygiène et la propreté des
lieux.

• Matériel de campement. Le bataillon doit être pleinement autonome au


niveau du matériel de campement, et disposer entre autres de tentes pour
des bureaux et autres espaces de travail temporaires, au moins pendant
les six premiers mois suivant son arrivée. Les Nations Unies assureront dès
que possible un hébergement dans des modules à parois dures ou souples,
conformément aux normes qu’elles ont fixées, en accordant la priorité
aux unités dont les activités incluent des opérations à partir de positions
statiques. Si l’Organisation des Nations Unies n’a pas fourni de modules
d’hébergement en dur/semi-rigide après six mois de cantonnement sous
tentes, le PFC pourra prétendre au remboursement du soutien logistique
autonome pour les tentes et le matériel d’hébergement. Compte tenu
de leurs besoins en matière de mobilité, certaines unités auxquelles les
Nations Unies ont fourni des modules à parois dures/souples, devront
éventuellement conserver des tentes (suffisamment de tentes pour une
compagnie par bataillon). Les tentes conservées seront reprises dans
le mémorandum d’accord comme des éléments de matériel majeur. Il

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Appui à la mission

conviendra de veiller tout particulièrement à la mise à disposition d’unités


de logement et de blocs sanitaires séparés pour le personnel féminin dans
tous les contingents.

• Hébergement. En règle générale, les Nations Unies mettront des modules


d’hébergement en dur ou semi-rigide à la disposition de tous les contin-
gents. Toutefois, le PFC peut décider de fournir lui-même ces moyens de
soutien logistique autonome à son contingent. Pour pouvoir prétendre
à un remboursement au taux fixé pour le matériel d’hébergement, il doit
acheter ou construire des structures permanentes rigides permettant de
loger le personnel du contingent, équipées du chauffage, de l’éclairage,
d’un revêtement de sol, de sanitaires et de l’eau courante, ainsi que de
mobilier de réfectoire et de bureaux ou d’espaces de travail. Lorsque l’ONU
ne peut fournir un matériel d’hébergement répondant à ces normes et que
le PFC loue des structures appropriées, le coût effectif de la location est
remboursé à ce pays en vertu d’un arrangement bilatéral spécial qu’il passe
avec l’ONU.

• Lutte contre l’incendie. Chaque bataillon doit fournir un équipement de


base suffisant de détection des incendies, d’alarmes incendie et de lutte
contre l’incendie de même que le matériel léger et les consommables néces-
saires à cet effet.

• Santé. Le bataillon est censé être autonome dans cette catégorie de moy-
ens, conformément aux normes fixées dans le Manuel MAC aux paragraphes
43 à 61 du chapitre 3.

• Observation. Le bataillon doit être en mesure d’effectuer des observations


dans l’ensemble de sa zone d’opérations et de satisfaire aux normes spéci-
fiques aux sous-catégories « matériel général d’observation », « matériel de
vision nocturne » et matériel de localisation ».

• Identification Chaque bataillon doit être capable de conduire des opéra-


tions de surveillance, de traiter et d’effectuer un montage des informations
visuelles obtenues, ainsi que de fournir le matériel et les fournitures néces-
saires et d’en assurer l’entretien.

• Fournitures pour la défense des périmètres. Le PFC est responsable de la


fortification de son camp, du périmètre, du logement et des installations à
l’aide de fournitures pour la défense des périmètres mises à disposition par
l’ONU, de matériel élémentaire d’électricité et de ses capacités autonomes
d’ingénierie et de travail.

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United Nations Infantry Battalion Manual

• Zones à risque (épidémiologique élevé). Les zones à risque (épidémi-


ologique) constituent une sous-catégorie de la catégorie des moyens de
soutien logistique autonome « Santé » et la responsabilité pour leur gestion
est convenue par le biais du mémorandum d’accord. Celle-ci couvre les four-
nitures médicales, la chimioprophylaxie et les mesures préventives contre
les maladies courantes dans la zone de mission où l’on ne dispose pas de
vaccins. Ces dispositions incluent, sans s’y limiter, les médicaments contre le
paludisme, les insectifuges, les pulvérisateurs d’insecticide, les insecticides,
les raticides, les pièges à animaux et d’autres mesures de lutte antivectorielle.

• Fournitures diverses. Le bataillon doit être autonome dans les sous-caté-


gories de moyens « matériel de couchage », « mobilier », « qualité de vie »
et « accès à Internet » comme stipulé au paragraphe 68 du chapitre 3 du
Manuel MAC. 68.
 Matériel de couchage. Le personnel du bataillon doit recevoir des draps
de lit, des couvertures, des alèses, des oreillers et des serviettes. Les sacs
de couchage peuvent remplacer draps de lit et couvertures. Il conviendra
d’en fournir en quantité suffisante afin de permettre les rechanges et le
nettoyage.
 Mobilier. Le bataillon doit fournir à chacun de ses membres un mobilier
suffisant et notamment un lit, un matelas, une table de nuit, une lampe de
chevet et une petite armoire-vestiaire, ou d’autres meubles permettant
de constituer un espace de vie adéquat.
 Conditions de vie. Du matériel et des agréments dans tous les domaines
du bien-être (divertissement, gymnastique, sports, jeux et communica-
tions) doivent être fournis en quantité suffisante au personnel déployé
sur chaque site de la zone de mission. La vérification du respect des nor-
mes établies se fondera sur les arrangements relatifs à la qualité de vie
conclus entre les PFC et le Secrétariat, dont le texte figure à l’appendice 2
de l’annexe C du mémorandum d’accord. Un bataillon d’infanterie a droit
à 6,73 dollars américains par personne et par mois pour assurer le bien-
être au sein de l’unité.
 Accès à Internet. Les PFC sont encouragés à se doter du matériel et d’une
bande passante suffisants afin que leurs troupes puissent envoyer des
communications vocales et des courriels en guise de mesure en faveur
de la qualité de vie. L’accès à Internet doit être établi par les fournisseurs
d’effectifs militaires et de police et ne doit pas être lié au système de com-
munications de l’ONU existant.

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Appui à la mission

• Matériel à caractère exceptionnel. Tout matériel mineur ou consommable


article consomptible particulier non pris en compte dans les taux de rem-
boursement au titre du soutien logistique autonome susmentionnés est
considéré comme du matériel exceptionnel. Ces articles font l’objet d’un
accord bilatéral spécial entre le pays fournisseur de contingents militaires/
de police et l’ONU.
Remarque : Pour un complément d’information sur les principes de vérification et les
normes de performance applicables au matériel mineur et aux consommables fournis
pour chaque catégorie de moyens de soutien logistique autonome, voir l’annexe B du
chapitre 3 du Manuel MAC.

7.4.3 : Soutien travaux.


• Déploiement. Dans le cadre des discussions relatives au déploiement,
il peut être décidé de déployer une compagnie du génie en lieu et place
d’une compagnie d’infanterie pendant une période convenue. Ce déploie-
ment aura pour objectif de permettre au PFC de mettre en place les infra-
structures du bataillon. Un état des lieux environnemental doit être réalisé
pour chacun des sites afin de s’assurer de leur adéquation aux objectifs
environnementaux de la mission (pour un complément d’information, voir
chapitre 2, section 2.23 « Environnement » ).
• En application de la stratégie globale d’appui aux missions, les Nations Unies
mettront en place un système de collecte et d’évacuation des eaux usées et
un programme de gestion des déchets solides aux endroits où les troupes
sont déployées. Il est primordial que les contingents respectent les pratiques
liées aux objectifs environnementaux de la mission. Il convient par exemple
de trier les déchets (notamment les déchets dangereux) à des fins de recy-
clage et/ou pour les éliminer de façon appropriée conformément aux direc-
tives de la mission, de ne pas utiliser de fosses d’incinération ouvertes à cette
fin et de traiter les eaux usées avant leur déversement dans la nature.
• La compagnie du génie interviendra en soutien logistique direct du batail-
lon d’infanterie et peut être déployée au cours de la phase de démarrage
d’une mission aux motifs suivants :
 Si une mission spécifique ne dispose pas de tous les moyens voulus pour
réaliser les missions de génie requises et si un soutien supplémentaire est
convenu.
 Si le bataillon établit une ou plusieurs nouvelles bases et qu’un soutien
génie est nécessaire.

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United Nations Infantry Battalion Manual

Après l’accomplissement des missions assignées et conformément au


plan de la mission, le PFC remplacera la compagnie du génie par un sous-
groupement tactique ou une compagnie motorisée.
• Besoins du bataillon en services de travaux. Les besoins du bataillon
doivent être gérés au départ en puisant dans ses ressources. Les besoins
que les ressources du bataillon ne peuvent satisfaire doivent être clairement
identifiés et présentés par l’intermédiaire de l’officier du génie du bataillon
au chef du génie de la force, lequel, en consultation avec le chef du génie de
la mission, déterminera la marche à suivre, notamment s’agissant des res-
sources humaines, de l’équipement et du matériel.
• Principales activités du génie militaire. Les missions principales du génie
militaire sont du ressort de la mission et sont reprises dans le plan-cadre du
génie de cette dernière. Les ressources nécessaires aux tâches du génie sont
allouées en fonction des priorités de la mission. L’officier du génie de la force
gère les missions militaires du génie – y compris le recours aux compagnies
militaires du génie – en coordination avec le chef du génie de la mission.

7.4.4 : Matériel appartenant au contingent (MAC)/mémorandum


d’accord.

Généralités. Les types et le numéro du MAC sont déterminés sur la base


des dotations précisées dans le présent document, des directives spéci-
fiques à la mission adressées aux PFC et du mémorandum d’accord spéci-
fique au contingent. Conformément au mémorandum d’accord, le MAC
est vérifié régulièrement, notamment à l’arrivée dans la zone de mission,
pendant toute la durée du déploiement du bataillon et au moment du
rapatriement. Le remboursement est effectué sous réserve de la réalisa-
tion de ces vérifications conformément aux procédures stipulées dans le
Manuel MAC. C’est aux commandants des contingents qu’il appartient de
réviser et d’approuver (signer) tous les rapports de vérification.
• Discussions autour du mémorandum d’accord. Une fois la discussion aut-
our du mémorandum d’accord terminée au Siège de l’ONU, le PFC devra
faxer la liste des besoins supplémentaires éventuels en matière de soutien
logistique à la Division du soutien logistique/au Département de ll’appui
aux missions. Une fois la liste acceptée, les Nations Unies pourront prendre
des dispositions complémentaires pour pallier les déficiences connues au
niveau des fournitures et de l’équipement.

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Appui à la mission

• Vérifications du matériel appartenant aux contingents. (Manuel MAC,


chapitre 3, par. 10 et suivants). Les catégories de matériel majeur et les capac-
ités de soutien logistique autonome que le bataillon amène sur le théâtre
des opérations font l’objet de diverses inspections, décrites ci-dessous :
 Inspection à l’arrivée du matériel appartenant aux contingents. Cette
inspection doit être effectuée immédiatement à l’arrivée et être terminée
dans un délai d’un mois. Lorsque le matériel et le personnel sont déjà
présents dans la zone de la mission au moment de la signature du mémo-
randum d’accord, la première inspection a lieu à une date conjointement
arrêtée par la mission et les autorités responsables du contingent, et doit
être menée à bien dans un délai d’un mois suivant cette date.
 Inspections périodiques du matériel appartenant aux contingents.
Le Groupe MAC de la mission met à disposition une équipe chargée de
procéder à des inspections périodiques (équipe d’inspection). La pério-
dicité des inspections est arrêtée après consultation entre le Siège de
l’ONU et la mission mais ces dernières sont en général effectuées tous les
trimestres. Un rapport d’inspection, appelé « rapport de vérification », est
établi par l’équipe d’inspection après chaque inspection. Ce rapport rend
compte des conclusions de l’inspection. Il est examiné conjointement
avec l’état-major du bataillon et signé par le représentant du bataillon et
le commandant de la force. Lorsque le bataillon doit être partiellement ou
totalement redéployé dans la zone d’une mission, la date de l’inspection
périodique suivante sur le nouveau site est décidée conjointement par la
mission et le chef de corps.
 Rapports mensuels sur l’état de fonctionnement opérationnel. Des
rapports standard d’inspection opérationnelle sont établis chaque mois,
selon un modèle type, au niveau du bataillon. Ces rapports sont conservés
par le bataillon aux fins de présentation à l’équipe d’inspection du MAC à
la demande de celle-ci. Ils doivent contenir une description de l’état effec-
tif du matériel et des services fournis par le bataillon et par l’ONU.
 Inspection de l’état opérationnel du matériel appartenant aux con-
tingents. Cette inspection doit être effectuée au moins tous les six mois
durant la période de présence du bataillon dans la zone de la mission, et à
tout moment lorsque la mission estime que le matériel ou les services ne
sont pas conformes aux normes. L’état du matériel majeur et du soutien
logistique autonome est inspecté afin de déterminer si la capacité mise
en place est suffisante et donne satisfaction.

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United Nations Infantry Battalion Manual

 Inspection finale du matériel appartenant aux contingents. Cette


inspection a pour but de comptabiliser l’ensemble du matériel majeur du
PFC doit être rapatrié et de vérifier l’état du matériel majeur fourni, le cas
échéant, au titre d’un contrat de location sans services.

7.4.5 : Élément de commandement national/élément de soutien


national. Un PFC peut fournir, à ses frais, du personnel supplémentaire
sous la forme d’un élément de soutien national, avec le consentement
préalable de l’ONU. L’Organisation n’effectuera aucun paiement au titre
des dépenses afférentes au contingent, à la relève ou au soutien logis-
tique autonome et n’assumera aucune autre obligation financière en ce
qui concerne le personnel de l’élément de soutien national. Pour des rai-
sons juridiques, ce personnel sera considéré comme faisant partie inté-
grante du contingent. Le personnel affecté à des missions spécialisées
de courte durée, à la demande de l’Organisation des Nations Unies, peut
être couvert par des avenants au mémorandum d’accord, le cas échéant.
Le personnel civil que le PFC aura affecté à des unités militaires consti-
tuées sera considéré comme faisant partie du bataillon. Les membres
du personnel de l’élément de soutien national se verront remettre entre
autres un badge de l’ONU, des uniformes et des plaques minéralogiques.
Aucune Médaille des Nations Unies ne peut toutefois leur être attribuée.
Les fonctions habituellement assumées par l’élément de soutien national
sont notamment les suivantes :
• Communication entre le bataillon et son pays d’origine (aux frais du pays);
• Point de contact pour les personnels du bataillon sur les questions nationales;
• Bureau postal pour le bataillon vers le pays d’origine ou à partir du pays
d’origine;
• Bureau des voyages pour le bataillon;
• Bureau de services pour les personnels du bataillon;
• Trésorier national et bureau de change;
• Tenue des dossiers relatifs aux remboursements, y compris les procédures
MAC;
• Service de réception et de remplacement du MAC approuvé;
• Organisation de visites nationales approuvées par le Siège de l’ONU dans la
zone de mission;
• Soutien au personnel hospitalisé du bataillon;
• Organisation des activités sociales nationales;
• Coordination des fournitures à partir de sources nationales; et

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Appui à la mission

• Entretien de l’ensemble du MAC et de tout matériel national, conformément


au mémorandum d’accord.

7.4.6 : Lettre d’attribution. L’ONU peut prendre des dispositions, par le


biais d’une lettre d’attribution, pour répondre à des besoins logistiques
spécifiques qui ne sont pas énoncés dans le mémorandum d’accord ou qui
ne peuvent pas être couverts par une entreprise commerciale. Il s’agit d’un
contrat d’approvisionnement permettant aux Nations Unies d’organiser la
fourniture de produits ou de services spéciaux par un État Membre. Les
lettres d’attribution sont utilisées quand :
• Un PFC doit assurer le déploiement ou le rapatriement de son personnel et
de son matériel par ses propres moyens.
• Un PFC doit assurer la relève de son personnel par ses propres moyens.
• On a besoin de matériel ou de services essentiels qui ne sont pas disponibles
auprès des sources d’approvisionnement habituelles.
• Les articles ou les services dont la mission a besoin ne sont pas mentionnés
dans un mémorandum d’accord.
• Un PFC fournit des aéronefs ou des navires à une mission.

7.4.7 : Règles administratives.

• Personnel. Les PFC font en sorte que le personnel qu’ils affectent réponde
aux normes définies par l’Organisation des Nations Unies pour servir dans
le cadre de la mission pour ce qui est entre autres du grade, de l’expérience,
de la condition physique, de la spécialisation et des connaissances linguis-
tiques des intéressés. Le personnel se conforme à toutes les règles et pro-
cédures que l’Organisation aura pu établir au sujet des examens médicaux
et des autres formalités, des vaccinations, des voyages, des expéditions
d’effets, des permissions et de toutes autres prestations. Le personnel est
formé à l’utilisation du matériel fourni au bataillon. Les personnes accusées
d’infractions pénales ou de violations du droit international humanitaire ou
du droit international des droits de l’homme ne peuvent pas être admises
pour une affectation au sein d’un contingent des Nations Unies.

• Normes médicales. Le personnel affecté aux opérations de maintien de la


paix peut être exposé à des situations dangereuses qui ne sont générale-
ment pas associées à des services similaires en temps de paix. En outre, le
caractère stressant et changeant du milieu du travail est un facteur qui peut
aggraver des états médicaux latents. Une attention particulière devrait dès
lors être portée aux patients ayant des antécédents médicaux.

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United Nations Infantry Battalion Manual

• Préparatifs d’ordre médical préalables au déploiement. Une liste


normalisée des préparatifs d’ordre médical organisés à l’intention des
membres du personnel de maintien de la paix préalablement à leur
déploiement doit être communiquée au DAM par les PFC. Cette liste
doit préciser les examens cliniques et radiologiques, les analyses de
laboratoire ainsi que les vaccins administrés. C’est aux pays qu’il appartient
d’administrer les vaccins, tels qu’ils sont recommandés par l’ONU. L’ONU
fournira les informations nécessaires sur le type de vaccins et de mesures
préventives qui seront dispensés à l’ensemble du personnel des Nations
Unies préalablement au déploiement.

• Rapatriement des personnes.


 Rapatriement de bienveillance. Le commandant de la force peut
recommander au Représentant spécial du Secrétaire général de rapatrier
des personnes avant la fin de leur période de service pour des motifs
humanitaires, aux frais de l’ONU. Sur la base de cette recommandation, le
Directeur de l’appui à la mission/Chef de l’appui à la mission prendra les
dispositions nécessaires pour l’organisation des voyages. Les raisons du
rapatriement pour raisons humanitaires peuvent inclure :
- Une maladie grave et dangereuse ou la blessure grave d’un parent au
premier degré (parent, conjoint ou enfant);
- Une maladie grave et dangereuse ou la blessure grave d’un frère, d’une
sœur, ou d’un parent proche qui est le seul parent survivant de la per-
sonne concernée; et
- Les funérailles de l’une des personnes susmentionnées.
 Rapatriement anticipé. Si une personne est rapatriée à la demande de
son pays, pour n’avoir pas satisfait aux exigences requises ou pour des
raisons disciplinaires, tous les coûts inhérents à son voyage de retour et à
l’arrivée de son remplaçant pour la durée de la période de service restante
seront à la charge du gouvernement national.
 Rapatriement pour raisons médicales. Les membres d’un bataillon
peuvent être rapatriés dans leur pays d’origine si l’on estime qu’ils ne sont
pas médicalement aptes à servir dans les trente jours qui suivent ou s’ils
ont besoin d’un traitement que la mission ne peut leur fournir.
 Rapatriement pour raisons disciplinaires. Les membres du personnel
impliqués dans des affaires disciplinaires avant la relève (même en qualité
de témoins) et visés par une commission d’enquête, resteront sur place
le temps de l’enquête et rentreront dans leur pays d’origine une fois les
travaux de ladite commission terminés.

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Appui à la mission

• Rapatriement de dépouilles (décès d’un militaire du bataillon). Dans


le cas regrettable du décès d’un militaire dans l’exercice de ses fonctions
au service d’une mission de maintien de la paix, tous les coûts associés au
retour de la dépouille dans le pays d’origine et au voyage de la personne
qui le remplace dans la zone de mission sont assumés par les Nations
Unies.
• Indemnisation en cas de décès ou d’invalidité. Les directives relatives
aux indemnisations en cas de décès ou d’invalidité sont présentées dans
les documents de l’Assemblée générale A/52/369 du 17 septembre 1997 et
A/63/550 du 17 novembre 2008.
• Vêtements et équipement individuel. Les personnels du bataillon doivent
être intégralement équipés conformément aux dispositions de l’appendice
1 de l’annexe A du mémorandum d’accord et à leurs barèmes de dotation
nationaux établis, y compris casques et gilets de protection pare-balles/
pare-éclats. Les Nations Unies fourniront un béret bleu ONU, une casquette,
un insigne en métal, un écusson de tissu pour l’épaule, un brassard olive et
un foulard. Les demandes d’accessoires d’uniformes de l’ONU doivent être
déposées au moins huit (8) semaines avant le déploiement.
• Identification personnelle. Le personnel du bataillon doit avoir en sa
possession une pièce d’identité (un passeport national par exemple) con-
formément aux règlements nationaux idoines. À leur arrivée dans une zone
de mission, tous les membres du personnel se verront délivrer une carte
d’identité par la mission de paix des Nations Unies.
• Congés. Les membres du bataillon ont droit à 2,5 jours de congé par mois
(15 jours/6 mois; 30 jours/12 mois).

7.5 : Mouvements du personnel et du matériel appartenant


aux contingents des pays fournisseurs de contingents.
7.5.1 : Généralités. La Section du contrôle des mouvements de la Division
du soutien logistique du Département de l’appui aux missions se char-
gera de coordonner le transport nécessaire au déploiement, à la relève
et au rapatriement. Le transport aérien sera le moyen de transport usuel
pour le personnel et le transport maritime pour le matériel. La Section du
contrôle des mouvements de la mission respective coordonnera les mou-
vements dans la zone de la mission entre l’aéroport/le port de débarque-
ment et la ZDR du bataillon. Les Nations Unies assurent le transport du
personnel du PFC vers/à partir de la zone de la mission au moment du
déploiement, de la relève et du rapatriement; pour le MAC, le transport

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United Nations Infantry Battalion Manual

est assuré uniquement au moment du déploiement et du rapatriement.


En coordination avec les Nations Unies, les PFC peuvent fournir ce service
selon les dispositions d’une lettre d’attribution. Le bataillon doit planifier
son ordre de mouvement pour s’assurer que le personnel déployé à la
première phase de chaque mouvement est capable d’apporter son aide
pour les arrivées ultérieures.

7.5.2 : Besoins préalables au déploiement en matière de planifica-


tion et d’information. Sous réserve du mode de transport, la Section de
contrôle des mouvements demande que les informations requises soi-
ent communiquées au moins six (6) semaines, ou de préférence huit (8)
semaines avant le mouvement prévu ou la date de disponibilité. Chaque
PFC est invité à communiquer les informations suivantes au DAM :
• L’adresse dans le pays d’origine à laquelle les pièces d’uniformes de l’ONU
seront expédiées.
• Les descriptifs volumétriques de chargement des expéditions effectuées par
voies aérienne et maritime.
• La liste du matériel et des approvisionnements fournis, y compris les véhi-
cules par type et quantité.
• La liste du matériel et/ou des approvisionnements que les PFC sont incapa-
bles de fournir.
• L’adresse postale dans le pays d’origine.
• Une copie du barème national des vivres.
• La liste des articles d’habillement, de paquetage et d’équipement indivi-
duels ainsi que les armes personnelles et les munitions qui sont alloués en
vertu des règlements nationaux.
• L’agent de liaison des états-majors militaires du PFC habilité à traiter directe-
ment avec le DAM en ce qui concerne les détails relatifs au déploiement/
redéploiement.

7.5.3 : Mouvements de déploiement/relève/rapatriement. Le matériel


appartenant aux contingents (MAC) ne peut être déplacé aux frais de l’ONU
que lors du déploiement dans la zone de mission ou du rapatriement à
partir de cette zone. L’Organisation prendra les dispositions voulues pour
le mouvement du matériel du point d’arrivée au camp du quartier général
du contingent dans la zone des opérations. Ce mouvement doit être assisté
par le PFC avec la mise à disposition de chauffeurs et d’opérateurs du MAC.
Le personnel du contingent effectue une rotation tous les six mois aux frais

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Appui à la mission

des Nations Unies. Le déplacement d’undétachement précurseur consti-


tué au maximum de 10 % de l’effectif de l’unité, aux fins de l’organisation
du transfert opérationnel de l’unité, doit être coordonné avec le Bureau
des affaires militaires du Département des opérations de maintien de la
paix. Au cours des rotations, seul le personnel est transféré; le transfert du
MAC de l’ancien contingent au nouveau sera effectué conformément au
mémorandum d’accord/à la lettre d’attribution.
• Bagages autorisés pour le personnel du bataillon. Les dispositions régis-
sant les bagages autorisés pour les contingents se résument comme suit :
 Pour un tour de service de 12 mois, le poids et le volume des bagages
personnels autorisés sont fixés à 100 kg et 0,6 m3 par personne.
 Pour moins de 12 mois, le poids et le volume des bagages personnels
autorisés sont fixés à 45 kg et 0,3 m3.
• Chargement. Conditions de chargement des passagers et/ou du fret :
 Les règles de sécurité de l’Association du transport aérien international
(IATA) s’appliquent à l’embarquement des passagers et/ou au chargement
du fret.
 Les armes personnelles peuvent être transportées et rangées dans la
soute de l’aéronef.
 Une quantité limitée de munitions de petit calibre (de classe 1.4S unique-
ment) peuvent être transportées et rangées dans l’aéronef conformé-
ment aux règles de sécurité de l’IATA.
 Le PFC doit fournir un manifeste des passagers, un manifeste des cargai-
sons et un manifeste des cargaisons dangereuses.
• Mouvements de transport aérien. Les informations suivantes sont exigées
par la Section du contrôle des mouvements :
 Lieu d’embarquement, nom et localisation de l’aéroport d’embarquement.
 Effectif du contingent à déplacer et date à laquelle les troupes seront
prêtes à partir.
 Point de contact dans le PFC pour coordonner le mouvement.
• Si le DOMP/DAM autorise le transport de fret par voie aérienne, les informa-
tions suivantes devront être fournies :
 Liste complète et précise des cargaisons présentée sous la forme standard
définie par les Nations Unies.
 Dates auxquelles les cargaisons sont prêtes.

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United Nations Infantry Battalion Manual

 Confirmation que des chauffeurs accompagneront les véhicules pour le


transport aérien.
 Informations complètes sur les neuf catégories de cargaisons dangere-
uses.
 Toute demande de transport routier à l’aéroport de destination.
 Informations relatives à l’expéditeur.
• Transport maritime du fret. Les informations suivantes sont exigées par la
Section de contrôle des mouvements :
 Demandes de transport préalable de cargaisons du lieu de stationnement
de l’unité au port d’embarquement.
 Port d’embarquement préféré.
 Date à laquelle la cargaison sera prête pour le transport à partir du lieu
d’origine et/ou le chargement au port d’embarquement.
 Liste complète et précise des cargaisons présentée sous la forme standard
définie par les Nations Unies.
 Informations complètes sur les neuf catégories de cargaisons dangere-
uses.
 Besoins éventuels concernant des accompagnateurs de fret/passagers.
 Point de contact dans le PFC pour coordonner le mouvement.
 Informations relatives à l’expéditeur.
• Cargaisons dangereuses. L’identification, l’emballage, l’étiquetage et la
documentation des cargaisons dangereuses relèvent de la responsabilité
de l’expéditeur (le PFC). Les cargaisons dangereuses qui ne satisfont pas
aux dispositions du Code maritime international des marchandises dan-
gereuses/règlements de l’IATA ne pourront pas être embarquées à bord de
bateaux ou d’aéronefs affrétés par les Nations Unies.

7.6 : Conclusion.
Les informations fournies dans la présente rubrique peuvent être modi-
fiées et faire l’objet d’une clarification ou d’une mise à jour dans le cadre du
processus de constitution des forces et en particulier au cours des activi-
tés de déploiement préalable, y compris la négociation du mémorandum
d’accord. Veuillez consulter les politiques et/ou documents de référence
répertoriés ci-dessous pour un complément d’information.

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Appui à la mission

Références :
• .Directives générales à l’intention des pays fournisseurs de contingents, 2012.
• .Manuel MAC 2011.
• Politique environnementale du DOMP/DAM applicables aux missions des Nations Unies
(2009.6).
• Directive du DOMP/DAM relative à l’autorité, au commandement et au contrôle dans les
opérations de maintien de la paix des Nations Unies (2008.04).
• Projet de directives environnementales du DOMP/DAM pour les missions des Nations Unies
(2007).
• Directives concernant les dotations en munitions pour les opérations de maintien de la paix,
de septembre 2002, publiées par le Bureau des affaires militaires/du DOMP.
• Directives relatives aux indemnisations en cas de décès ou d’invalidité – document A/52/369
de l’Assemblée générale en date du 17 septembre 1997.
• UN ForceLink ([Link] outil MovCon pour les opérations de déploiement/relève/
rapatriement des PFC.
• UN Field Mission Liquidation Manual (Manuel de liquidation des missions des Nations Unies).
• Code maritime international des marchandises dangereuses.
• Association du transport aérien international, Réglementation relative aux marchandises
dangereuses.
• [Link]
• DPKO/DFS Food Rations Management Guidelines (Directives générales du DOMP/DAM
relatives à la gestion des rations alimentaires).

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United Nations Infantry Battalion Manual

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CHAPITRE 8 asdf
Effectifs et dotations
8.1 : Introduction.
La structure organisationnelle du bataillon d’infanterie des Nations Unies
se compose de trois ou quatre compagnies d’infanterie et d’une compag-
nie d’appui, avec un effectif de 850 militaires, prêts à se déployer dans la
plupart des missions multidimensionnelles de maintien de la paix. La struc-
ture organisationnelle vise à développer et renforcer des compétences
multiples en matière de maintien de la paix que le bataillon est censé
apporter dans une zone de mission en intégrant des capacités essentielles
propres à améliorer les résultats obtenus. L’organisation permet d’adapter
la composition de la force et le profil d’équipement en fonction des exi-
gences spécifiques de la mission. Grâce à sa souplesse, elle peut égale-
ment s’adapter à la structure organisationnelle du PFC en greffant ou en
enlevant des modules.
Axée sur les capacités, la configuration du bataillon sera fonction du nom-
bre des missions simultanées à remplir; de la taille de l’élément de la force
s’acquittant de ces tâches; des moyens clefs, des compétences spéciali-
sées et des capacités techniques requises pour le maintien de la paix; de
l’environnement opérationnel (analyse pragmatique des menaces actuelles
et futures ainsi que du mandat et des objectifs de la mission); des impéra-
tifs de terrain ainsi que de la dissémination/dispersion géographique du
déploiement. S’ajoutent à cela les facteurs variables sous-jacents que sont
les besoins liés à la mobilité, la puissance de feu et la protection de la force
au sein d’une zone de mission.
8.2 : Objectif.
Le présent chapitre entend préciser la structure organisationnelle et le pro-
fil d’équipement types d’un bataillon d’infanterie des Nations Unies, adapt-
ables et modifiables en fonction des besoins spécifiques de la mission. Il
fournit des orientations et aidera les commandants de bataillon, les PFC,
les hauts responsables et le personnel du QG de la force et des postes de
commandement de secteur des diverses missions, ainsi que le DOMP et le
DAM au Siège de l’ONU à planifier, structurer, équiper et utiliser le bataillon
dans le cadre de diverses opérations multidimensionnelles de maintien de
la paix.

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United Nations Infantry Battalion Manual

8.3 : Profil organisationnel.


8.3.1 : Généralités. L’organisation du bataillon d’infanterie des Nations
Unies repose sur une structure modulaire dotée d’une capacité opéra-
tionnelle indépendante et d’un soutien logistique lui permettant d’être
flexible et de réaliser diverses tâches spécifiques au contexte du maintien
de la paix. Les qualifications et compétences techniques diverses ainsi que
les améliorations du matériel spécialisé concernant les moyens de base
indiquées dans l’organisation visent à garantir des résultats optimaux dans
la zone de la mission.
8.3.2 : Caractéristiques. Le bataillon est en général déployé dans trois
à quatre bases opérationnelles statiques dispersées et autonomes à par-
tir desquelles il exécute des tâches spécifiques à travers des opérations
mobiles robustes et dynamiques, quelles que soient les conditions cli-
matiques, de terrain et de visibilité, aux fins de l’accomplissement de
la mission. L’organisation du bataillon d’infanterie des Nations Unies
présente certaines caractéristiques majeures notamment : une capac-
ité inhérente de commandement, de contrôle et de communication
jusqu’au niveau du groupe; une capacité d’appui feu direct et indirect
renforcée par des plateformes mobiles jusqu’au niveau de la section;
une mobilité protégée crédible au niveau de la compagnie; une capac-
ité de mobilisation rapide de tous les éléments opérationnels grâce à
des moyens de transport organiques; des améliorations technologiques
de pointe pour les dispositifs de surveillance, d’observation, de con-
trôle, de suivi et de communication; une structure de soutien logistique
autonome et spécialisée; un dynamisme et une réactivité permettant
de mener des activités de relations extérieures et de rayonnement; le
développement de capacités systématiques et structurées axée sur le
maintien de la paix; et un haut niveau de préparation opérationnelle
à la mission (capacité à mener des opérations défensives et offensives
conventionnelles pour protéger le mandat, etc.).
8.3.3 : Structure organisationnelle du bataillon d’infanterie des
Nations Unies. La structure organisationnelle du modèle type du batail-
lon d’infanterie des Nations Unies est présentée ci-dessous, suivie de la
structure détaillée de l’état-major du bataillon, de la compagnie d’appui et
du sous-groupement tactique :

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Effectifs et dotations

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United Nations Infantry Battalion Manual

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Effectifs et dotations

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United Nations Infantry Battalion Manual

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Effectifs et dotations

8.3.4 : État-major du bataillon. L’état-major du bataillon est composé de


soixante (60) personnes, soit dix-neuf (19) officiers, huit (8) sous-officiers
supérieurs, vingt-sept (27) sous-officiers subalternes et six (6) militaires du
rang.
• Groupe de commandement. Le chef de corps sera assisté par le comman-
dant en second, l’officier supérieur adjoint ainsi que les BSWO et BSM (prési-
dents des officiers techniciens et sous-officiers) pour exercer son encad-
rement administratif et opérationnel. L’état-major du bataillon sera assisté
par un officier juriste (pour la gestion des affaires juridiques de l’unité), ainsi
que par un spécialiste de la protection de l’enfance et des questions relatives
à l’égalité des sexes en qualité de conseillers.
• Personnel de l’état-major du bataillon. Le personnel de l’état-major du
bataillon opérera sous les ordres du commandant en second et en son nom;
l’officier opérations coordonnera les fonctions de toutes les autres sections
de l’état-major. Le personnel sera responsable du travail d’état-major, de la
planification, de l’organisation , de la direction, du contrôle et de la prise
en compte de toutes les responsabilités opérationnelles et administratives
du bataillon conformément aux procédures opérationnelles permanentes
de l’unité et de la mission. Il convient de veiller à ce que les femmes soient
représentées de façon adéquate au sein du personnel. Les officiers d’état-
major doivent être qualifiés dans leurs domaines respectifs et avoir reçu une
formation polyvalente afin d’endosser des responsabilités supplémentaires,
conformément aux procédures opérationnelles permanentes de l’unité.
Outre les responsabilités conventionnelles, certaines fonctions importantes
des différentes sections de l’état-major utiles dans le contexte propre au
maintien de la paix sont répertoriées ci-dessous :
 Bureau ressources humaines. Ce bureau se compose du chef et de ses
collaborateurs, d’un conseiller spirituel, d’un conseiller bien-être, d’un psy-
chologue ainsi que d’un spécialiste du contrôle interne et de ses collabora-
teurs (personnel de police militaire). IL est responsable de l’administration
et du bien-être, du moral et de la motivation du personnel ainsi que du
maintien de la discipline et d’une bonne conduite au sein de l’unité. La
police militaire dotée d’une équipe cynophile fournira également une cou-
verture d’appui pour la détection entre autres d’engins explosifs improvi-
sés et d’armes, en complément de l’équipe NEDEX du bataillon.
 Bureau appréciation de situation. Ce bureau se compose d’un officier,
d’un officier technicien et de quatre sous-officiers chargés de coordon-
ner l’acquisition, la collecte, la vérification et la diffusion des informations
tactiques afin d’assurer une bonne appréciation de situation dans la ZDR.

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United Nations Infantry Battalion Manual

Ils disposent en outre d’un personnel spécialisé, de dispositifs de surveil-


lance ainsi que de systèmes de communication jusqu’au niveau du sous-
groupement tactique. La section Reconnaissance et surveillance de la
compagnie d’appui, dotée d’une capacité de suivi en temps réel, ainsi que
d’une capacité d’analyse des images, et la cellule appréciation de situa-
tion aident la Section à gérer la base d’informations tactiques. Le bureau
coordonnera en outre les activités des assistants chargés de la liaison avec
la population locale et des réseaux d’alerte locaux afin d’assurer la trans-
mission ou le partage des informations en temps voulu.
 Bureau opérations. Ce bureau se compose d’un officier opérations, du
personnel du Centre opérationnel du bataillon, d’officiers de liaison et
d’une cellule Aviation. Il coordonne l’ensemble des activités opération-
nelles et des mouvements au sein de la ZDR, assure la liaison, coordonne
les mouvements aériens et maintient le Centre opérationnel en disponi-
bilité opérationnelle permanente (à l’aide d’installations de suivi et de
visioconférence). Il coordonne par ailleurs le recours aux équipes de réac-
tion rapide, aux forces de réaction rapide et aux forces de réserve en fonc-
tion de la situation opérationnelle. Il lui incombe de veiller à la sûreté et à
la sécurité globales du personnel, du matériel et des informations. La Sec-
tion établira et assurera la liaison avec les contingents voisins de même
qu’avec le niveau de commandement immédiatement supérieur aux fins
de la coordination et du contrôle des activités. En collaboration avec le
personnel chargé des actions de relations extérieures et de rayonnement,
elle organisera et coordonnera également les négociations et le recrute-
ment des interprètes. Des directives importantes relatives à la conduite
de négociations et à l’emploi d’interprètes sont présentées aux annexes F
et G (p. ... et ... respectivement du Volume II du présent Manuel.
 Bureau logistique. Ce bureau se compose d’un officier logisticien et d’un
officier finances/spécialiste du MAC. Il coordonnera l’ensemble du soutien
logistique à prévoir pour l’unité selon des arrangements conformes aux
dispositions du mémorandum d’accord, de manière à planifier, ravitailler,
approvisionner et reconstituer les provisions et fournitures; de même qu’à
réparer/remplacer et à gérer l’équipement. Cela garantira un entretien, un
état de fonctionnement et une inspection adéquats du matériel apparte-
nant à l’ONU ainsi que du MAC, aux frais de l’unité. Le bureau gère toutes
les opérations financières et la comptabilité de l’unité. Le logisticien sera
responsable du contrôle des mouvements de l’unité et fera office de «
coordonnateur des questions d’environnement ».

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Effectifs et dotations

 Bureau d’état-major chargée des relations extérieures et du rayonne-


ment. Ce bureau est composé d’un officier spécialiste de l’information/des
actions de sensibilisation et de rayonnement (coordonnateur des actions
de sensibilisation et des relations avec les médias) et d’un officier CIMIC
(coordonnateur des ACM et des actions humanitaires). Il assure la coor-
dination avec d’autres composantes de la mission et mène des actions
de communication et de rayonnement auprès de la population locale,
des mesures de renforcement de la confiance, des collaborations avec les
collectivités, des actions civilo-militaires, des projets à effet rapide, des
actions sociales, des actions médiatiques, des campagnes d’information
et une concertation avec les principaux dirigeants. Il fera appel aux ser-
vices des interprètes du bataillon (quatre hommes et deux femmes)
à bon escient en conjonction avec les interprètes locaux (au minimum
quatre par sous-groupement tactique). En étroite coordination avec les
composantes civiles de la mission, notamment les services chargés des
affaires civiles et des droits de l’homme, il établira des contacts avec divers
acteurs humanitaires et d’autres parties prenantes, dont les fauteurs de
troubles et les forces de sécurité du pays hôte.
 Bureau communications. Ce bureau assure la disponibilité et l’entretien
d’un réseau de communication vocale et de données (et d’un système
de secours) avec le niveau de commandement supérieur et les éléments
subordonnés.
• Protection. L’état-major du bataillon et la compagnie d’appui seront
installés dans les mêmes locaux qu’un sous-groupement tactique, lequel
assurera une protection accessoire.
• Réaction rapide. L’état-major du bataillon disposera en permanence d’une
équipe de réaction rapide capable de remplir des missions spéciales. Dans
chaque base opérationnelle de compagnie, les compagnies concernées
maintiendront une équipe de réaction rapide formée d’une section, qui
pourra être mise à la disposition de l’état-major du bataillon. Le sous-
groupement tactique installé dans les locaux de l’état-major du bataillon
fera office de force de réaction rapide.
8.3.5 : Compagnie d’appui. La compagnie d’appui compte 130 per-
sonnes, soit onze (11) officiers, douze (12) officiers techniciens, cinquante
(50) sous-officiers et cinquante-sept (57) militaires du rang. Compte tenu
de la nature spécialisée des tâches qui leur incombent, tous les membres
de la compagnie doivent être qualifiés dans leurs spécialisations fonction-
nelles respectives, quel que soit leur grade. La composition de la compag-
nie d’appui est précisée ci-dessous :

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United Nations Infantry Battalion Manual

• Groupe de commandement. Le groupe de commandement de la compag-


nie est chargé d’assurer le soutien opérationnel (avec les facilitateurs) ainsi
que la couverture logistique du bataillon par la chaîne d’approvisionnement
nationale et il coordonne le soutien à la mission des Nations Unies, con-
formément au mémorandum d’accord.
• Section de mortiers. La section est composée de six mortiers d’infanterie
afin que les bases opérationnelles du bataillon disposent d’un appui feu
indirect et d’une couverture éclairante. Selon les besoins opérationnels et
l’appréciation du commandant, la section de mortiers peut être soit centrali-
sée ou déployée dans les bases opérationnelles de compagnie. La section
est placée sous les ordres de l’officier opérations. Au moins 25 % des officiers
et officiers techniciens doivent recevoir une formation de contrôleur de tirs
de mortier.
• Section génie. La Section génie est placée sous l’autorité du Bureau opé-
rations. Elle assure et coordonne le soutien génie apporté à toutes les
bases opérationnelles de compagnie/bases opérationnelles temporai-
res ainsi qu’aux postes d’observation, fournit et entretient les systèmes
d’alimentation en eau et d’épuration des eaux usées, aménage des aires
de tri des déchets solides (y compris les déchets dangereux), fournit et
gère l’électricité (installations fixes et groupes électrogènes, y compris
des bassins de confinement), assure la maintenance des installations
d’hébergement et de l’infrastructure qui y est liée ainsi que l’enlèvement
d’urgence des mines, des engins explosifs improvisés et des engins non
explosés et apporte un soutien génie pour les activités de bien-être/ACM
dans le cadre des opérations de sensibilisation, de communication et de
rayonnement. L’officier du génie fera également office de « conseiller génie
» auprès du chef de corps.
• Section de reconnaissance et de surveillance. La section est placée sous
l’autorité du Bureau opérations. Elle dispose d’un groupe de reconnaissance
spécialement formé (qui peut également faire office d’équipe spéciale de
réaction rapide) et d’un groupe de surveillance doté d’un drone tactique
ainsi que d’un analyseur des communications. Le Groupe de surveillance
coordonne l’utilisation de radars de surveillance au sol et de drones
miniatures par les sous-groupements tactiques. Les activités de la Section
font également l’objet d’une coordination avec le Bureau appréciation de
situation.
• Section de soutien logistique. La section est placée sous l’autorité du
Bureau logistique. Elle se compose du Groupe logistique, du Groupe trans-

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Effectifs et dotations

missions, du Groupe transports et d’un atelier de campagne. Elle assure


l’autonomie et la maintenance nécessaires au bataillon et à ses unités sub-
ordonnées.
 Groupe logistique. Il coordonne les approvisionnements et tous les
types de ravitaillement pour les fournitures générales, les magasins
d’armes et de munitions, les rations ainsi que les fournitures d’hygiène et
d’assainissement.
 Groupe transmissions. Le Groupe est placé sous la direction du Bureau
communications. Il est chargé de mettre sur pied et d’entretenir le réseau
de communications de la mission et de l’unité conformément aux procé-
dures opérationnelles permanentes et gérera le brouilleur mobile d’EEI
ainsi que le dispositif de surveillance des communications au niveau du
bataillon.
 Groupe transports. Cette section est placée sous la direction des bureaux
opérations et logistique et fournit les chauffeurs spécialisés, l’assistance et
les services de dépannage nécessaires pour faciliter les services essentiels.
De plus, elle contrôle l’entretien et la réparation des véhicules affectés aux
sous-groupements tactiques et veille au respect des normes minimales
concernant l’état de fonctionnement du matériel.
 Atelier de campagne. L’Atelier de campagne se voit confier les travaux de
réparation et de dépannage nécessaires au bataillon (armes, instruments,
matériel de transmissions et du génie, véhicules, etc.). Il coordonne égale-
ment l’entretien et la réparation de toutes les armes et du matériel légers.
Au besoin, il met des équipes de réparation mobiles à la disposition des
sous-groupements tactiques.
Remarque : L’ensemble des membres du personnel du Groupe transports et de l’Atelier
de campagne doivent être des conducteurs qualifiés (double qualification).

• Section médicale. L’infirmerie de niveau 1 du bataillon satisfait aux spé-


cifications stipulées dans l’édition 2011 du Manuel MAC et peut déployer
deux équipes médicales de l’avant si la situation l’exige. S’agissant des bases
opérationnelles de compagnie déployées en dehors du périmètre couvert
par l’infirmerie de niveau I du bataillon, deux infirmiers/auxiliaires sanitaires
supplémentaires peuvent se joindre aux équipes médicales conformément
au mémorandum d’accord et aux besoins opérationnels. L’infirmerie est
placée sous la direction du Bureau ressources humaines. Elle fournit le sout-
ien médical de niveau I au bataillon ainsi que le soutien logistique autonome
nécessaire à la couverture médicale de tous les sous-groupements tactiques

151

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United Nations Infantry Battalion Manual

et coordonne les évacuations des blessés par voie terrestre et aérienne. Elle
se compose de deux médecins, six auxiliaires sanitaires, trois membres du
personnel d’appui (un technicien de laboratoire, un préparateur en phar-
macie et un secrétaire médical) et un conducteur ambulancier. Le personnel
médical auxiliaire doit compter au moins deux femmes (1 infirmière et 1 aide-
infirmière). La Section coordonne le soutien médical et les évacuations avec
le détachement médical du sous-groupement tactique (1 infirmier/infirmi-
ère et 1 aide-infirmier/aide-infirmière pour une ambulance). L’infirmerie de
niveau I peut être amenée à apporter une aide médicale au personnel civil
au sein de la ZDR. En fonction des besoins opérationnels, de la répartition
géographique et des points de déploiement, un bataillon d’infanterie des
Nations Unies peut se voir adjoindre une formation sanitaire supplémen-
taire de niveau I.

8.3.6 : Sous-groupement tactique. Un sous-groupement tactique


compte 165 militaires et plus précisément quatre (4) officiers, cinq (5) sous-
officiers supérieurs, quarante-trois (43) sous-officiers et cent treize (113)
militaires du rang. Le bataillon peut avoir une structure à trois ou quatre
compagnies, chacune d’elles étant composée de quatre sections (1 section
mécanisée et 3 sections d’infanterie motorisée) avec une section d’appui
dotée de moyen organiques de commandement, contrôle et communica-
tions et de mobilité ainsi que d’une puissance de feu. Doté de quatre sec-
tions, un sous-groupement tactique est capable de remplir des missions
permanentes et simultanées de manière optimale afin d’accroître le ray-
onnement et la visibilité opérationnels au sein de la ZDR. En fonction des
exigences de la mission principale et de la nature des missions spécifiques
envisagées, les sous-groupements tactiques font preuve de réactivité,
et sont adaptables, souples et autonomes à tous points de vue jusqu’au
niveau du groupe. Les caractéristiques majeures du sous-groupement tac-
tique sont les suivantes :
• Poste de commandement. Le poste de commandement du sous-groupe-
ment tactique est composé du poste de commandement/centre opération-
nel, d’un détachement équipé d’un radar de surveillance au sol ainsi que
du personnel responsable des transmissions. Le centre opérationnel sera
mobile (motorisé ou doté de VBCI à roues en fonction de la situation). Il dis-
pose des moyens nécessaires pour acquérir et traiter des informations tac-
tiques de manière à garantir une meilleure appréciation de situation, pour
mener des opérations en toute indépendance en s’appuyant sur un soutien
logistique autonome au sein de la ZDR et pour conduire des actions efficaces

152

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Effectifs et dotations

en matière de sensibilisation et de rayonnement. Le matériel de surveillance


et de vision nocturnes amélioré, les systèmes de communication efficaces
et un profil d’armement équilibré à la disposition du sous-groupement tac-
tique garantissent des résultats optimaux. La responsabilité du commande-
ment sera assumée par le commandant du sous-groupement. Le comman-
dant en second de ce dernier, qui assiste le commandant, fera également
office de coordonnateur/responsable des composantes sensibilisation et
rayonnement, appréciation de situation, égalité entre les sexes, protection
de l’enfance, questions environnementales, bien-être du sous-groupement
et gestion des connaissances (base de données sur les meilleures pratiques
et les retours d’expérience).
• Section mécanisée. Étant une unité de réaction rapide à mobilité proté-
gée et dotée d’une bonne puissance de feu, la section mécanisée appuie
au besoin les opérations de la section motorisée, assure la projection d’une
force robuste et renforce la présence opérationnelle et la domination au sein
de la ZDR du sous-groupement.
• Sections motorisées. Ces sections sont capables de mener des opérations
dynamiques/à pied/héliportées robustes et sont dotées d’une capacité de
feu direct et indirect ainsi que de moyens de transport organiques.
• Section d’appui. Le poste de commandement de la Section dispose d’un
officier chargé de coordonner les appuis et le soutien logistique du sous-
groupement, aidé en cela par un officier technicien (logistique) et un sous-
officier technicien. Le Groupe d’appui dispose d’un détachement de sys-
tèmes de mitrailleuses moyen calibre et de lance-grenades automatiques
avec une plateforme mobile (montée sur véhicule tout-terrain). Compt-
ant deux spécialistes NEDEX/de génie de campagne, il fournit un appui
opérationnel au sous-groupement. Le Groupe du soutien logistique four-
nit la cuisine mobile; assure le bon fonctionnement des stations d’eau et
l’approvisionnement de tous les types de réserves et fournitures générales;
il gère les installations d’hébergement, les blocs sanitaires et la blanchisserie;
il met à disposition, entretient et répare les moyens de transport organiques
et fournit une couverture médicale vitale.

8.4 : Technologie.
Axée sur les capacités, l’approche suivie dans ce domaine tend à délaisser
la stratégie « du nombre » pour mettre l’accent sur les compétences, les
aptitudes et la volonté du personnel, en privilégiant par ailleurs un équi-
pement à la pointe de la technologie pour obtenir les résultats souhaités.

153

UNIBAM_Vol-I_French.indd 153 6/26/14 9:30 AM


United Nations Infantry Battalion Manual

Dès lors, afin d’en tirer un avantage opérationnel et d’améliorer les résul-
tats obtenus dans la zone de la mission, la configuration des composantes
militaires utilisées pour les missions de maintien de la paix doit intégrer
les avancées majeures observées dans le secteur de la technologie mili-
taire. Un aperçu détaillé d’une partie du matériel susceptible d’améliorer
l’efficacité des opérations de maintien de la paix figure à l’annexe L (p. ... du
vol. II du présent Manuel).

8.5 : Matériel.
Les détails des armes, des instruments, du matériel et des fournitures du
bataillon d’infanterie des Nations Unies sont établis sur la base de l’édition
2011 du Manuel MAC et présentés par catégorie, en précisant leur répar-
tition dans diverses entités tactiques. Ces chiffres ont été déterminés au
terme de délibérations intensives sur les meilleures pratiques et en tenant
compte des besoins opérationnels et logistiques des missions.
Toutefois, les éléments et chiffres repris dans le tableau ne sont précisés
qu’à titre indicatif et ne se substituent pas à l’autorisation accordée dans le
Manuel MAC. Les PFC jouissent de la marge de manœuvre nécessaire pour
adapter ou modifier les besoins au cours de la négociation du mémoran-
dum d’accord, en tenant compte de l’état des besoins de la force. Les PFC
disposent de toute latitude pour mettre à disposition du matériel ou des
fournitures non mentionnés dans le Manuel MAC. Certains articles qu’ils ne
seraient pas en mesure de fournir peuvent être achetés progressivement,
obtenus par le biais d’un accord bilatéral avec un pays tiers et/ou mis à dis-
position provisoirement par l’ONU, comme précisé dans le mémorandum
d’accord.
Maintenance préventive. Un bataillon d’infanterie doit s’assurer que
toutes les armes ainsi que tous les instruments et le matériel utilisés au sein
de la zone de la mission sont en parfait état de marche et font l’objet d’une
maintenance irréprochable. Un mauvais entretien et un mauvais état de
fonctionnement (qui occasionneront une réduction des remboursements)
nuiront à l’efficacité opérationnelle, surtout dans les moments critiques.
Afin de garantir une capacité opérationnelle optimale et le rendement
maximal de l’équipement, les commandants, à tous les niveaux de la

154

UNIBAM_Vol-I_French.indd 154 6/26/14 9:30 AM


Effectifs et dotations

hiérarchie, devront veiller à une maintenance régulière et périodique ainsi


qu’à des réparations et des inspections en temps voulu.
Remarques :
• L’organisation du bataillon d’infanterie des Nations Unies est proposée à titre indicatif à des
fins de planification et de préparation au Siège de l’ONU et au sein des missions et des PFC.
La véritable configuration de la force sera fonction de l’« énoncé des besoins des unités », des
négociations sur la teneur du mémorandum d’accord ainsi que des impératifs opérationnels
de la mission spécifique concernée.
• Il est primordial de déployer des femmes au sein du bataillon, notamment dans les zones
qui sont le théâtre de déplacements massifs, d’enlèvements et de violences sexuelles liées
aux conflits.

155

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United Nations Infantry Battalion Manual

156

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8.5.1 Tableau du personnel
ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE
COMPAGNIE TOTAL SECTION TOTAL TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE MAJOR DU COMMANDEMENT DE COMMANDEMENT SECTION REMARQUES

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D’APPUI COMPAGNIE D’APPUI SECTION GÉNÉRAL
BATAILLON COMPAGNIE DE SECTION
PERSONNEL
1 Officier @ 19 11 04 03 01 0 0 0 46@ @
attribuables
Effectifs et dotations

Officier
à des
technicien
2 08 12 05 0 01 01 01 0 40@ officiers et
(warrant officer)
des officiers
@
techniciens
3 Sous-officier 27 50 43 05 09 07 (# 08) 01 (# 02) 02 249
MDR (militaire du # Section
4 06 57 113 04 11 24 (#26) 02 08 515
rang) mécanisée
5 Total général 60 130 165 12 22 32 (# 35) 04 (# 05) 10 850
4x 16 x
48 x Sections
compagnies sections

Notes :
1. Structure hiérarchique. Si les PFC peuvent librement adapter la structure hiérarchique à leur structure 5. Communications. Tous les membres du personnel doivent être capables de faire fonctionner le matériel de
organisationnelle, ils doivent s’assurer que les membres du personnel disposent des savoir-faire et des qualifications transmissions et doivent avoir une maîtrise fonctionnelle de la langue vernaculaire.
requis dans leurs domaines respectifs. Toutefois, le grade minimal stipulé pour un chef de corps est celui de lieutenant 6. Élément de soutien national. Les Nations Unies approuveront des effectifs supplémentaires dans le cadre de
colonel, les commandants de compagnie doivent être des commandants et les officiers d’état-major des capitaines. l’élément de soutien national au-delà de 850 membres du personnel.
2. Participation des femmes. Le personnel doit compter un nombre adéquat de femmes parmi les soldats et 7. Interprètes. En plus de six (6) interprètes militaires, chaque compagne d’infanterie et l’état-major du bataillon
les policiers en uniforme, ce qui vaut également pour les interprètes ainsi que pour les autres fonctions logistiques et disposeront de quatre (4) interprètes locaux (pour un total de 20 interprètes locaux), lesquels contribueront également aux
opérationnelles du bataillon activités de sensibilisation et de rayonnement ainsi qu’aux responsabilités liées à l’appréciation de la situation militaire.
3. Compétences spéciales. Les officiers d’état-major du bataillon, les éléments de commandement et le personnel de 8. Chien. La police militaire implantée au sein de l’état-major du bataillon disposera d’un chien (spécialement entraîné
la compagnie d’ appui (mortier, génie, reconnaissance et surveillance, logistique, transmissions, transports et atelier, ainsi à la détection des explosifs/EEI).
que les sections et groupes médicaux) doivent être qualifiés pour leur rôle opérationnel/au sein du personnel technique.
4. Conducteurs. Les militaires des unités de combat et ceux de la logistique (autres que les membres du personnel
autorisés dans la catégorie conducteurs) assumeront la responsabilité de conduire les véhicules en plus de leur charge
normale de travail. Le bataillon doit former et tester les aptitudes à la conduite du personnel adéquat.

157

6/26/14 9:30 AM
8.5.2 Tableau des dotations

158
ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS

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ARMEMENTS ET ACCESSOIRES
1. Fusil 30 90 120 07 12 25/27 01/03 08 600 Armes personnelles
sous réserve
2. Carabine/Fusil 20 28 38 03 06 07/08 01/02 02 200
d’autorisation
automatique
3. Pistolet 08 14 07 02 03 00/02 00/02 - 50
4. Mitrailleuse 01 03 12 03 01 52 Mitrailleuse légère
(maximum 10 mm)
5. Lance-grenades / 01 03 12 03 01 52 Lance-grenades /
Lance-roquettes Lance-roquettes
(maximum 84 mm)
6. Mortiers (au niveau 04 01 16 À apporter en plus si
des sections) nécessaire
(maximum 60 mm)
7. Mitrailleuse 01 01 04 Mitrailleuse moyenne
Avec viseur de jour et
de nuit{AC}Montées
sur véhicule/VBCI
(11 – 15 mm)
United Nations Infantry Battalion Manual

6/26/14 9:30 AM
ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS

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8. Lance-grenades 01 01 04 1 Avec viseur de jour
automatique et de nuit
Montées sur véhicule/
Effectifs et dotations

VBCI
9. Mortiers d’infanterie 06 06 Avec accessoires
10. Système tireur d’élite 01 01 01 06 1, 3
11. Lunette de visée 01 03 12 03 01 52 1
(Jour)
12. Lunette de visée 01 03 12 03 01 52 1
(Nuit)
13. Pistolet lance-fusées 01 01 04 01 01 18
14. Télémètre 02 01 6
15. Véhicule blindé de 04 04 16 Véhicule blindé de
transport de troupes transport de troupes
à roues/ chenilles
15 Poste de 01 01 01 05 Installé dans un
commandement véhicule blindé à
mobile roues
ÉQUIPEMENTS / INSTRUMENTS ÉLECTRONIQUES
Observations :
1 Pour autant que les articles figurent dans le tableau de dotations de 3 Articles ne pouvant être payés par le biais d’un remboursement au titre du
l’organisation du bataillon d’infanterie du PFC. matériel appartenant aux contingents s’il n’est pas autorisé.
2 Articles pouvant être employés uniquement si l’État hôte avalise leur 4 Utile pour mener à bien la mission mais pas couvert par le système de
utilisation dans le cadre des opérations. remboursement du matériel appartenant aux contingents

159

6/26/14 9:30 AM
ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE

160
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS
16. Boussole 02 10 22 02 04 04 01 01 100

UNIBAM_Vol-I_French.indd 160
17. Jumelles 05 12 22 02 04 04 01 01 105
18. Appareil de vision 02 10 22 02 04 04 01 01 100 Portable
nocturne
19. Jumelles / Lunette 02 03 05 01 01 25 Idem
d’observation À-
monter sur trépied
20. Dispositif 01 03 05 01 25 2 x Réserve
d’observation Sur trépied
nocturne
21. GPS portable 03 03 16 04 01 01 70 2 x Réserve
22. GPS monté sur 160 1 Tous les véhicules
véhicule
23. Systèmes 01 01 1, 2
électronique de
localisation par GPS
24. Système de 01 02 01 07 1, 3
visioconférence
25. Radar de surveillance 01 04 1, 2
26. Capteurs 02 02 10 1, 2
27. Drone tactique 01 01 1, 2
28. Drone miniature 01 01 04 1, 2
United Nations Infantry Battalion Manual

6/26/14 9:30 AM
ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS

UNIBAM_Vol-I_French.indd 161
29. Appareil photo 02 03 12 03 01 53 1, 3
numérique
30. Caméra vidéo 01 02 04 01 19 1, 3
Effectifs et dotations

31. Projecteur 03 03 26 02 04 01 01 110 2 x Réserve


32. Projecteur à large 04 04 20 4 x Réserve
faisceau
33. Système d’imagerie 01 04 1
thermique – version
sol

Notes :

* Les drones et les radars de surveillance au sol seront acceptés uniquement * Pour les dispositifs d’observation, les GPS et les télémètres, veuillez
si les PFC en disposent, s’ils sont nécessaires dans la zone de la mission et consulter le paragraphe 62 de l’annexe E du chapitre 9 du Manuel MAC.
convenus dans le mémorandum d’accord.

161

6/26/14 9:30 AM
ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE

162
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS
MATÉRIEL DE TRANSMISSION

UNIBAM_Vol-I_French.indd 162
34. Téléphone satellite 02 02 02 12 3 1 Réserve
35. Station de 01 01 01 06 1 Réserve
radiodiffusion
36. Central téléphonique 01 01 01 06 100 lignes minimum
électronique
auxiliaire
37. Téléphone mobile @ 03 01 01 120 4
38. Radio VHF $ 110
39. Radio HF % 40
40. Téléphone 10 10 5 40 1
41. Appareil de contrôle # 01 01 1, 2
42. Radio de 02 01 01 06 Communication entre
communication la cellule Aviation/la
sol-air base opérationnelle
et les pilotes
d’hélicoptère

Notes :

@ Les téléphones mobiles font l’objet d’accords avec les PFC et nécessitent la présence % Distribution de radios HF : 16 pour les sections, 3 pour la compagnie d’appui, 1
d’une infrastructure de communication dans la zone de la mission (distribution : 48 pour l’équipe de réaction rapide, 5 pour les échanges avec la compagnie, 5 pour le
pour les groupes, 16 pour les sections, 3 pour la compagnie d’appui, 1 pour l’équipe réseau de commandement, 5 pour la Section des transports, 5 pour les antennes/
de réaction rapide, 28 pour les officiers, 20 pour les nominations particulières, 4 la force de réserve.
pour la force de réserve).
# Contrôle de la transmission du signal dans les systèmes de communications des
United Nations Infantry Battalion Manual

$ Distribution de radios VHF : 48 pour les groupes, 16 pour les sections, 3 pour la bataillons pour une veille radio permanente.
compagnie d’appui, 1 pour l’équipe de réaction rapide, 5 pour les échanges avec
* De plus, l’ONU fournira du matériel de transmissions relevant de la catégorie du
la base opérationnelle de compagnie, 28 pour les officiers, 5 pour les nominations
matériel appartenant aux Nations Unies, conformément l’Annexe H (p. du vol. II
particulières, 4 pour la force en réserve.
du présent Manuel.

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ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS

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TRANSPORTS
43. Jeep 4x4 05 06 06 02 03 01 (Sec. méc.) 35 1
44. Véhicule utilitaire/ 02 05 12 01 01 03 (par 01 (x 3) 55 1
Effectifs et dotations

camion 2,5/5 tonnes Sec.


01
(Sec.
méc.)
45. Véhicule utilitaire/ 02 08 05 02 01 (par Sec.) (x 4) 30
camion 7/10 tonnes
46. Camion-citerne (eau) 02 01 01 06 10 000 litres
47. Remorque-citerne 04 02 02 12 2 000 / 7 000 litres
(eau)
48. Remorque légère 04 02 02 12 Taille moyenne
49. Camion-citerne 02 02 10 000 litres
(carburant)
50. Remorque-citerne 02 01 01 06 2 000 / 7 000 litres
(carburant)
51. Moto 01 01 01 05 1
52. Dépanneuse légère 01 01
53. Dépanneuse lourde 01 01 01 05
54. Camion-atelier 01 01 Entretien des
camions
55. Tracteur du génie 01 01 01 05 Polyvalent

163

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ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE

164
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS
56. Chariot élévateur 01 01

UNIBAM_Vol-I_French.indd 164
léger
57. Chariot élévateur 01 01
lourd
TRANSPORT

58. Ambulance légère 01 01


59. Ambulance lourde 01 01 01 05 (sur véhicule blindé)
60. Réfrigération 02 01 01 06 Camion
61. Dépannage VBCI 01 01
Total 09 33 29 04 11 03/04 01/02 03 158

Notes :

1. Jeep et véhicule utilitaire/camion – Il est préférable d’inclure un nombre suffisant 4. Tous les véhicules doivent ctre cquipés d’une radio et d’un GPS.
de véhicules équipés de blindages de protection contre les mines et dotés d’un
5. Tous les véhicules doivent disposer d’un dispositif d’attelage et d’auto-
dispositif permettant de monter un système d’armes automatiques au besoin.
dépannage (un treuil si possible).
2. Il convient de modifier tous les autres véhicules de transport de troupes afin
6. Un tiers au minimum de l’effectif du bataillon doit être composé des chauffeurs
qu’ils soient à l’épreuve des tirs d’armes légères et des explosions de mines/
formés, contrôlés et qualifiés, outre le personnel de l’atelier de campagne et de
d’engins explosifs improvisés si la situation opérationnelle l’exige.
la section des transports de la compagnie d’appui ainsi que des mécaniciens de
3. Un véhicule tout-terrain (jeep) sera modifié pour accompagner le poste de la compagnie d’infanterie.
commandement mobile du bataillon.
United Nations Infantry Battalion Manual

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ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS

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MATÉRIEL DU GÉNIE
62. Dispositif de 01 01 1
neutralisation à
Effectifs et dotations

distance des engins


explosifs
63. Cynodétection des 01 01
vapeurs d’explosif
64. Détecteur d’engins 01 01
explosifs à circuits
électroniques
65. Brouilleur d’engins 01 01 1 Neutralisation
explosifs improvisés d’engins explosifs
improvisés
66. Détecteur de mines 02 01 06
profondément
enfouies
67. Détecteurs de métal 04 02 12
portatifs
68. Exploseur Dynamo 01
69. Sonde 04 02 12
70. Miroir d’inspection 02 01 06
sous le véhicule
71. Assortiment 30 KG 30 KG Fusibles, câbles,
d’explosifs et de dispositifs
fournitures

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ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE

166
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS
MATÉRIEL DU GÉNIE
72. Combinaison 01 1 lot

UNIBAM_Vol-I_French.indd 166
et équipement
d’artificier
73. Combinaison et 01 1 lot
matériel NEDEX
74. Pompe à eau de 02 01 6 lots 1 Réserve
campagne
75. Fournitures pour 01 01 6 lots
la défense des
périmètres pour les
bases opérationnelles
de compagnie
76. Lot de pionnier 01 1 lot
77. Tronçonneuse 02 02
78. Fournitures du génie 5 lots Fourni par l’ONU
79. Herse 06 06 30

Notes :

1. La Section du génie doit être capable de procéder au déminage d’urgence de 3. Génie de campagne, approvisionnement en eau et capacité d’appui aux projets
mines/munitions non explosées/engins explosifs improvisés et à la neutralisation à effet rapide.
des explosifs et des bombes.
4. Un brouilleur d’engins explosifs improvisés monté sur véhicule doit accompagner
2. Un matériel de détection doit être fourni au niveau de la compagnie et la le convoi en fonction des besoins opérationnels.
neutralisation réalisée par un personnel spécialisé de la Section du génie ou avec
United Nations Infantry Battalion Manual

le concours du Centre de coordination de la lutte antimines de la mission.

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ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS

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GROUPES ELECTROGÈNES ET ALIMENTATION ELECTRIQUE
80. 51 à 75 kVA 02 03 * 03 17 *4 x compagnies
d’infanterie
Effectifs et dotations

81. 41 à 50 kVA 02 02 Hôpital de niveau I


82. 31 à 40 kVA @ 02 # 03 * 03 17 Réserve pour les
bases opérationnelles
temporaires{ACJ}Base
opérationnelle
83. 15 à 20 kVA 05 02 02 15 Tracté / portable
pour les opérations
mobiles
84. 7,5 à 11 kVA 02 03 03 17
85. 2,5 à 5 kVA 05 02 02 15
86. Accessoires 07 kits (Câbles, supports,
électriques pour les ampoules et
bases opérationnelles autres fournitures,
de compagnie et la projecteurs à large
réserve faisceau)

167

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ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE

168
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS
MATÉRIEL ANTIÉMEUTE/DE CONTROLE DES FOULES

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87. Mégaphone 1 lot de
compagnie
88. Système de Annonce publique
et 3 lots de
sonorisation
section{ACJ}
89. Lanceur de gaz Conformé-
lacrymogènes ment au
Manuel MAC
90. Grenade
actuel
étourdissante/
fumigène
91. Bouclier protecteur
92 Protection pour
coudes, genoux et
épaules
93. Casque à visière Masque de protection
faciale
94. Masque à gaz
95. Matraque
96. Pistolet
pyrotechnique/
Pistolet neutralisant
(Taser)
97. Fournitures pour
barrières
United Nations Infantry Battalion Manual

6/26/14 9:31 AM
ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS

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MATERIEL DE TRAITEMENT PUBLIC DES RÉSERVES D’EAU
98. Station de traitement 01 01 5 lots 1
des eaux
Effectifs et dotations

99. Dispositifs de 4 4 20 lots 1


traitement de l’eau
100. 500 litres 5 4 4 25
101. 1 000 litres 4 3 3 18
102. 3 000 litres 2 2 2 12
103. Réservoir souple 10 4 4 30 5 Réserve
104. Jerricane 33 5 53 Véhicules
STOCKAGE DES CARBURANTS ET DES LUBRIFIANTS

105. Baril 30 15 90
106. Jerricane 33 05 05 53

Note :

Il convient de fournir des locaux temporaires/tentes à usage d’habitation, de bureaux et d’entrepôts ainsi que pour les divers autres besoins du bataillon.

169

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ÉTAT GROUPE DE GROUPE DE

170
MAJOR DU COMPAGNIE TOTAL COMMANDEMENT SECTION TOTAL COMMANDEMENT TOTAL
NUMÉRO NOMENCLATURE BATAILLON D’APPUI COMPAGNIE DE COMPAGNIE D’APPUI SECTION SECTION SECTION GÉNÉRAL OBSERVATIONS
FOURNITURES DIVERSES
107. Fournitures 01 1 kit 1 kit 5 lots Conformément aux

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opérationnelles besoins opérationnels
héliportées
108. Matériel de lutte anti- 01 01 01 6 lots
incendie
109. Cuisine mobile 01 02 01 07 lots Configuration PFC
110 Matériel de 01 01 01 6 lots
blanchissage
111. Blocs sanitaires de 01 01 01 6 lots
terrain
112. Équipements 01 1 lot
médicaux
113. Conteneurs 05 04 04 25
114. Tentes/abris portatifs Pour Configuration PFC 1
tout le
bataillon
115. Matériel informatique En
et matériel de bureau fonction
des
besoins

Note : Le bataillon dans son ensemble et les sous-groupements tactiques en tant que telles doivent être équipés et assurer leur propre soutien logistique autonome au
niveau des tentes en vue d’un déploiement opérationnel en dehors des sites statiques pendant un nombre de jours spécifique dépendant de la situation opérationnelle
United Nations Infantry Battalion Manual

et ce, tout au long de la période du déploiement. Les dispositions nécessaires à l’obtention de petites tentes portatives (tentes d’expédition/bivouacs) pour de petits
détachements seront également prises en vertu d’un accord avec le TCC.

6/26/14 9:31 AM
Effectifs et dotations

8.6 : Variantes.
En fonction des contraintes et de conditions opérationnelles de la mission,
un bataillon d’infanterie des Nations Unies peut être configuré soit exclu-
sivement comme un bataillon d’infanterie mécanisé soit exclusivement
comme un bataillon d’infanterie motorisé. L’organisation proposée pour
ces deux variantes est présentée aux pages 172 et 173.

8.7 : Conclusion.
Le bataillon d’infanterie des Nations Unies est structuré autour d’un ensem-
ble de moyens opérationnels indépendants, autonomes, spécialisés et
axés sur le maintien de la paix qui permettent de conjuguer le personnel,
le matériel et les capacités de manière optimale pour réaliser les objectifs
du mandat dans le contexte complexe et multidimensionnel de la mission.
Un bataillon d’infanterie doté de ressources suffisantes et correctement
formé pour mener des opérations favorables aux intérêts des populations,
en s’appuyant sur une équipe de direction dynamique et polyvalente, peut
apporter un soutien majeur au processus de paix.

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United Nations Infantry Battalion Manual

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Effectifs et dotations

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United Nations Infantry Battalion Manual

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CHAPITRE 9 asdf
Déploiement
9.1 : Introduction.
Le processus de déploiement commence par la sélection - par les Nations
Unies - d’un PFC pouvant mettre à disposition un bataillon parfaitement
capable de remplir une mission d’une opération de maintien de la paix des
Nations Unies et se termine par le rapatriement du bataillon dans son pays
d’origine. Un bataillon est soit un bataillon d’entrée initiale, déployé avec
l’ensemble de son matériel, soit un bataillon tournant qui en remplace un
autre déjà déployé, le matériel étant en place/prépositionné dans la zone
d’opérations.
Afin de faciliter la tâche aux PFC, le Département des opérations de
maintien de la paix/Bureau des affaires militaires a publié des directives
générales pour les PFC. Ce document, intégrant les contributions d’autres
entités du Département des opérations de maintien de la paix et du
Département de l’appui aux missions, fournit aux PFC des informations sur
des questions administratives, logistiques et politiques préalablement au
déploiement d’une unité militaire au sein d’une mission.

9.2 : Objectif.
Le présent chapitre réunit des informations sur ce que le PFC et le chef
de corps doivent savoir, prendre en considération et ce à quoi ils doivent
donner suite, à chaque étape du déploiement après la sélection. Il traite du
prédéploiement, du déploiement (notamment le transfert d’autorité), du
redéploiement et du rapatriement.

9.3 : Calendrier du déploiement.


Une fois sélectionné, un calendrier de déploiement est déterminé et négo-
cié par des consultations entre le PFC et les Nations Unies. Le calendrier est
crucial afin que les moyens soient déployés en temps utile et en fonction
des besoins opérationnels. Il fait l’objet d’une supervision étroite du DOMP
et du DAM.

175

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United Nations Infantry Battalion Manual

9.4 : Prédéploiement.
9.4.1 : Constitution des forces par le PFC. Un bataillon d’infanterie des
Nations Unies est configuré et constitué par le PFC sur la base de l’énoncé
des besoins de l’unité. Il est considéré qu’un PFC est susceptible de con-
stituer l’unité selon les trois configurations principales suivantes :
• Priorité I. Un bataillon d’infanterie organique doté d’éléments supplémen-
taires non organiques.
• Priorité II. Une combinaison d’unités d’infanterie subordonnées issues de
plusieurs unités d’infanterie dotées d’éléments non organiques supplémen-
taires.
• Priorité III. Une unité organique d’une autre arme que l’infanterie constit-
uée de militaires de l’infanterie et d’autres éléments non organiques.

Compte tenu des difficultés opérationnelles et des besoins sur le terrain,


il est préférable de mettre à disposition un bataillon de maintien de la
paix d’infanterie cohérent. Il y a lieu de noter que les besoins définis dans
l’énoncé des besoins de l’unité ont été établis en partant du principe que
les PFC fourniront un bataillon d’infanterie organique renforcé par des élé-
ments supplémentaires comme indiqué à la Priorité I. Un bataillon mixte
(tel que celui prévu aux priorités II et III) doit être constitué seulement
lorsque les circonstances l’exigent.

9.4.2 : Soutien logistique autonome et remboursements. Le système


applicable au matériel appartenant aux contingents (MAC) a été mis sur
pied pour aider les PFC à déployer des unités capables de fournir leur propre
matériel et d’en assurer l’entretien, ainsi que d’être totalement autonomes
sur le plan du soutien logistique dans toutes les catégories détaillées dans
le Manuel du MAC. Les taux mensuels de remboursement aux PFC pour le
matériel et le personnel sont approuvés par l’Assemblée générale.

9.4.3 : Reconnaissance par le PFC et liste finale du matériel. Lorsque


les Nations Unies ont accepté l’unité proposée par le PFC, conformé-
ment à l’énoncé des besoins de l’unité, le PFC sera autorisé à effectuer
une reconnaissance de la zone de la mission, laquelle sera coordonnée en
conséquence. Une directive et une procédure standard fixent les modali-
tés de la reconnaissance. Il est prévu que le PFC supporte les coûts dans
un premier temps et qu’il soit remboursé par les Nations Unies après le
déploiement. Un compte rendu de reconnaissance doit être avalisé par la
mission sur le terrain et le PFC. La mission transmet alors le compte rendu

176

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Déploiement

de reconnaissance approuvé mutuellement au DOMP et le PFC soumet


ensuite la liste finale du matériel. La Section de la gestion des mémoran-
dums d’accord et des demandes de remboursement du Département de
l’appui aux missions se basera sur ladite liste finale pour élaborer le projet
de mémorandum d’accord qui sera négocié au Siège des Nations Unies.
Une fois les moyens militaires du PFC déployés, les Nations Unies ne rem-
bourseront pas les reconnaissances ultérieures effectuées par un bataillon
d’infanterie sortant. Il est fortement conseillé de faciliter toute rotation en
procédant à une reconnaissance, de manière à ce que le chef de corps dis-
pose des meilleures informations préalables possibles.

9.4.4 : Processus de négociation du mémorandum d’accord. Le pro-


cessus de négociation du mémorandum d’accord est engagé une fois
que le Bureau des affaires militaires a identifié un PFC ayant consenti à
déployer son unité dans une mission de maintien de la paix. Ces négocia-
tions sont menées par une équipe composée des représentants du PFC
et de membres du personnel concerné du Siège des Nations Unies issus
de divers départements et bureaux, et plus précisément d’experts dans
le domaine de la constitution des forces et du soutien logistique, et de
fonctionnaires de la Division du budget et des finances/Section de la ges-
tion des mémorandums d’accord et des demandes de remboursement du
Département de l’appui aux missions. La Section de la gestion des mémo-
randums d’accord et des demandes de remboursement traite régulière-
ment les demandes relatives au remboursement des matériels majeurs, du
soutien logistique autonome et des mises en peinture du matériel majeur
en début et en fin de mission, aux indemnisations en cas de décès et
d’invalidité d’un membre du contingent , ainsi que les demandes relatives
aux lettres d’attribution. Les négociations du mémorandum d’accord et les
autres réunions sont traditionnellement menées par cette équipe, dirigée
par le Bureau des affaires militaires. Chaque unité à déployer fait normale-
ment l’objet d’un mémorandum d’accord distinct.
Le Manuel du MAC est l’unique référence pour la négociation du mémo-
randum d’accord. Le mémorandum est composé d’un texte principal et de
sept annexes, les annexes A, B et C étant les seules négociées. L’annexe A
stipule l’effectif du contingent de l’unité, fournit la liste des effets de paqu-
etage et mentionnera tout élément national de soutien logistique arrêté
d’un commun accord entre les Nations Unies et le PFC. L’annexe B traite
de l’ensemble des matériels majeurs autorisés. L’annexe C couvre toutes
les catégories de biens et de services à fournir et à rembourser au titre du

177

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United Nations Infantry Battalion Manual

soutien logistique autonome. L’annexe G renvoie aux directives pour les


pays fournisseurs de contingents. Il est primordial que le(s) représentant(s)
du PFC soie(nt) au fait des procédures propres au mémorandum d’accord/
MAC avant le début des négociations. Le mémorandum d’accord n’est pas
un document opérationnel et ne stipule pas les besoins opérationnels. La
procédure propre au mémorandum d’accord n’inclut normalement pas le
chef de corps.

9.4.5 : Visite d’inspection avant déploiement. Une fois le mémorandum


d’accord négocié et la formation et les préparatifs du bataillon lancés,
une équipe composée de membres du personnel du DOMP/Bureau des
affaires militaires, du Département d’appui aux missions ainsi que de la
mission effectue une visite d’inspection avant déploiement. Cette équipe
rend visite au PFC et s’assure que les personnels et le matériel satisfont aux
normes requises par les Nations Unies. Elle prend note des insuffisances,
le cas échéant, et invite le PFC à s’engager à remédier à toute lacune dans
un délai imparti. Il s’agit de confirmer la conformité des matériels majeurs
avec le mémorandum d’accord négocié, et de s’assurer que l’unité peut
satisfaire aux exigences stipulées dans l’énoncé des besoins des unités.
Avant le départ du PFC, ce dernier et l’équipe de la visite d’inspection
avant déploiement doivent avaliser le rapport de ladite visite d’inspection.
L’équipe de la visite d’inspection avant déploiement joue également un
rôle de conseiller du PFC, afin de lui faciliter la tâche.
Référence :
• Directive relative aux visites d’inspection avant déploiement (05/10/2005).

9.4.6 : Finalisation du Mémorandum d’accord. Une fois que la visite


d’inspection avant déploiement a été effectuée et que toute modifica-
tion du mémorandum d’accord a été approuvée conjointement par les
représentants du PFC et du Secrétariat, le mémorandum d’accord peut
être finalisé par la Division du budget et des finances/Section de la ges-
tion des mémorandums d’accord et des demandes de remboursement.
Les annexes A, B et C du mémorandum d’accord seront passées en revue
à la lumière des conclusions et des recommandations formulées lors de la
visite préalable au déploiement. La Section de la gestion des mémoran-
dums d’accord et des demandes de remboursement diffuse en interne la
mouture finale du mémorandum d’accord afin d’obtenir l’agrément de la
Division du soutien logistique et du Bureau des affaires militaires. Une fois
le mémorandum approuvé en interne, la Mission permanente du PFC est

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Déploiement

sollicitée afin d’obtenir son approbation. Enfin, deux exemplaires originaux


du mémorandum d’accord final sont transmis pour signature au Secrétaire
général adjoint à l’appui aux missions et pour une transmission ultérieure
à l’Ambassadeur de la Mission permanente du PFC pour signature. Les PFC
se voient rembourser les dépenses afférentes aux « contingents » et ce,
dès l’arrivée de leurs contingents dans la zone de la mission, que le PFC ait
signé ou non le mémorandum d’accord. Il n’est pas procédé au rembourse-
ment des matériels majeurs et du soutien tant que le mémorandum n’est
pas signé, que les fonds nécessaires ne sont pas disponibles et que l’unité
n’est pas déployée avec le matériel négocié, lequel sera vérifié à l’arrivée
par l’Équipe de contrôle du MAC de la mission.
Toute modification du concept des opérations ou de l’effectif de la mission
et d’autres facteurs peut donner lieu à un amendement du mémorandum
d’accord. Toute modification du mémorandum d’accord doit faire l’objet
de consultation préalables entre le PFC et les Nations Unies.

9.5 : Déploiement.
9.5.1 : Informations relatives à la planification du chargement. Le choix
suivant s’offre au PFC : soit il laisse aux Nations Unies le soin de prendre
les dispositions nécessaires au déploiement du personnel et du matériel
de l’unité, soit il organise lui-même le déploiement de son propre person-
nel et/ou matériel sur la base d’une lettre d’attribution négociée avec les
Nations Unies. Si un PFC choisit de déployer lui-même son unité, le rem-
boursement est basé sur le montant du remboursement demandé par le
PFC ou sur la somme que les Nations Unies auraient dû débourser pour
ce faire en utilisant des moyens commerciaux, si elle est inférieure. Si le
déploiement est organisé par les Nations Unies, la Section du contrôle des
mouvements du DAM organise le déplacement en privilégiant un moyen
de transport (par route, rail, mer ou air) adapté en fonction de la date de
déploiement désirée.
Le déploiement des membres du contingent s’effectue généralement par
transport aérien. L’attribution des contrats relatifs au transport du person-
nel ou des marchandises organisé par les Nations Unies, entre le moment
auquel le Secrétariat reçoit des informations précises et exploitables sur
les passagers et les marchandises et la mise à disposition d’un moyen
de transport sur le territoire d’un PFC, nécessite approximativement 6
semaines. Il est primordial que le PFC fournisse un état de chargement

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United Nations Infantry Battalion Manual

général et un état de colisage des marchandises dangereuses précis, qu’il


confirme le nombre de membres du contingent qui seront déployés et que
le personnel et le matériel soient prêts à être déployés avant que toute
action puisse être engagée au titre du contrat. Il convient de souligner que
tout retard dans la réception de ces informations essentielles retardera le
déploiement en conséquence.

9.5.2 : Transfert d’autorité. Lorsque les unités/contingents nationaux et


les observateurs militaires sont placés sous le contrôle d’un commandant
désigné par les Nations Unies, le transfert de « l’autorité opérationnelle »
doit être immédiat. Ce transfert survient en général lorsque le personnel
en uniforme et les unités arrivent dans la zone de la mission. En fonction
des impératifs opérationnels, ce transfert peut néanmoins se faire au
port de débarquement de l’unité (avant son déploiement dans la zone
d’opérations) ou dans une base de transit intermédiaire. Quoi qu’il en soit,
le calendrier exact du transfert d’autorité sera fixé lors des négociations
entre les Nations Unies et les autorités nationales. Les États Membres con-
tributeurs négocient avec le Siège des Nations Unies (le Département des
opérations de maintien de la paix et le Département duappui aux mis-
sions), la date précise et le lieu où les Nations Unies assument l’« autorité
opérationnelle » sur leur personnel en uniforme et les unités.
Les États Membres sont tenus de confirmer, dans une communication
officielle au Siège des Nations Unies (au Département des opérations
de maintien de la paix), l’heure et le lieu du transfert de l’« autorité
opérationnelle des Nations Unies » sur leur personnel en uniforme,
en précisant la composition et les effectifs des groupes ou des unités
constituées. Lorsque l’« autorité opérationnelle » des Nations Unies sur
les unités et le personnel en uniforme est reprise des Nations Unies,
l’État Membre contributeur est également obligé d’informer le Siège
des Nations Unies (le Département des opérations de maintien de la
paix) de façon officielle. Il est considéré que l’autorité opérationnelle sur
les « Experts en mission » militaires et de la police, qui comprennent les
observateurs militaires et les officiers/conseillers individuels de la police,
est automatiquement transférée aux Nations Unies lorsqu’un « Expert en
mission » envoyé par un PFC se présente à l’autorité des Nations Unies
désignée afin de prendre ses fonctions dans la zone de responsabilité
opérationnelle. L’autorité opérationnelle est rendue aux autorités
nationales respectives une fois la mission auprès des Nations Unies
terminée ou au moment du rapatriement

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Déploiement

9.5.3 : Transfert de responsabilités. Le transfert de la responsabilité doit


être soigneusement planifié et coordonné sans compromettre les besoins
opérationnels. Les considérations et modalités du transfert sont décrites à
la section 2.15 (relève sur zone et renforcement) du chapitre 2 du volume II.

9.6 : Redéploiement.
Le redéploiement d’un bataillon d’infanterie des Nations Unies peut être
effectué au sein de la zone d’une mission ou de la zone d’une mission adja-
cente en fonction des besoins opérationnels. Le redéploiement peut être
temporaire ou définitif. La procédure est la suivante :
• Planification et consultation au sein de la mission et, le cas échéant, avec une
autre mission.
• Le commandant de la force coordonne les besoins avec le Siège des Nations
Unies.
• Une fois la coordination terminée, le Bureau des affaires militaires avise la
Mission permanente du PFC concerné à New York.
• Transfert des responsabilités à une force de remplacement éventuelle et
prise en charge de la responsabilité de la nouvelle ZDR.
Au sein de la nouvelle ZDR, le bataillon peut se rendre dans des bases
existantes de l’ONU, ou dans des camps totalement nouveaux. Dans les
deux cas, il appartient au Directeur de l’appui à la mission de veiller à ce
que les camps soient prêts, que ce soit avant le déplacement du batail-
lon ou après, lorsque les besoins opérationnels exigent un déploiement
immédiat. Il devra en outre s’assurer que le soutien logistique est organisé
de manière adéquate.
Le transport des conteneurs et du MAC sera organisé par la Section MOV-
CON de la mission et les véhicules du bataillon se déplaceront en général
par convois organisés. Le déplacement des véhicules blindés et d’autres
véhicules lourds peut être organisé différemment afin de limiter le nombre
d’heures moteur et les opérations de maintenance.

9.7 : Rapatriement
Plusieurs raisons peuvent motiver le rapatriement d’un bataillon. En voici
quelques-unes :
• Retrait décidé par le gouvernement du PFC;
• Décision prise par le Secrétariat des Nations Unies pour des motifs opéra-
tionnels ou disciplinaires, ou parce que le DOMP réduit les effectifs de la

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United Nations Infantry Battalion Manual

composante militaire afin de préparer la transition vers une mission de sta-


bilisation ou une mission politique.
Si le PFC opte pour un retrait, le Secrétariat reçoit la notification de la Mis-
sion permanente du PFC à New York. Le Secrétariat détermine ensuite si
une unité de remplacement est nécessaire et, le cas échéant, procède à
la constitution de cette unité de remplacement. Parallèlement à cela, il
assurera la liaison avec la Section MOVCOM du DAM afin d’organiser le
rapatriement.
Si la décision du rapatriement émane du Secrétariat, ce dernier transmet la
notification au gouvernement concerné et une discussion visant à préciser
les détails du rapatriement sera engagée. La Section MOVCOM aura besoin
d’au moins six semaines pour pouvoir mettre en place les contrats néces-
saires au retour du personnel et des marchandises vers le pays d’origine.
Une fois convenu, le rapatriement respectera un calendrier établi par la
mission.
Si le contingent souhaite laisser sur place le matériel de camp qu’il a installé
pour un certain coût, et s’il désire le céder aux Nations Unies, la négociation
sera engagée entre le DAM et le représentant désigné par le Gouverne-
ment. De la même manière, la vente du matériel d’infrastructure inamov-
ible au contingent qui prend la relève (s’il est fourni par un PFC différent)
découle d’un accord bilatéral à négocier entre les représentants des deux
PFC.
Le don ou la vente du MAC au gouvernement hôte constitue une opéra-
tion bilatérale à négocier entre les représentants désignés du gouverne-
ment hôte et du PFC. Dans tous les cas, le commandant du contingent
veillera en particulier à ce que la gestion des déchets et toute opération de
dépollution soient finalisées avant le départ du contingent.

9.8 : Liste récapitulative pour le déploiement du bataillon.

9.8.1 : Prédéploiement.
• Sélectionner et préparer les contingents ainsi que le matériel en fonction de
l’énoncé des besoins de l’unité.
• Remplir tous les documents nécessaires bien dans les temps (tableau des
dotations et la liste du personnel).
• Être au fait des divers documents concernant la préparation et le déploie-
ment sur le terrain.

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Déploiement

• Préparer et effectuer une reconnaissance.


• S’assurer que tous les membres du personnel et le matériel sont préparés
et prêts pour la visite d’inspection avant déploiement, conformément aux
demandes du DOMP.
• Veiller à pallier toutes les lacunes et à donner suite à toutes les observations
faites par l’équipe de la visite d’inspection préalable, avant le déploiement
dans la zone de mission.
• S’assurer que tous les paquetages sont conformes aux spécifications et que
des manifestes précis et détaillés sont préparés.

9.8.2 : Déploiement.
• Le chargement est assuré dans les délais impartis, conformément au calen-
drier convenu.
• Le personnel est prêt à être déployé avec le matériel personnel, les certificats
médicaux d’aptitude physique et des documents en ordre.
• Transfert d’autorité aux Nations Unies.
• Effectuer le transfert de responsabilités sur les lieux de la mission, afin
d’assurer la continuité des opérations.

9.8.3 : Redéploiement.
• Prendre les dispositions voulues pour une reconnaissance de la nouvelle
ZDR sur le théâtre de la mission.
• Réceptionner l’ordre d’opérations du QG supérieur, et notamment les infor-
mations générales nécessaires relatives à l’environnement. Établir des con-
tacts avec les entités existantes des Nations Unies et avec des unités mili-
taires des Nations Unies, s’il y a lieu.
• S’assurer que tous les éléments d’appui nécessaires seront prêts pour la nou-
velle ZDR : conditions de sécurité, logement, fournitures, nourriture, eau,
carburant, défense des périmètres, etc.
• Vérifier les conditions de transport du MAC et du personnel (sécurité, délais).
• Si le contingent (uniquement des hommes de troupe) remplace un contin-
gent précédemment déployé d’un même PFC, s’assurer que tous les docu-
ments, concernant notamment les examens médicaux, sont dûment com-
plétés largement à l’avance.
• Effectuer le transfert de responsabilités sur les lieux de la mission, afin
d’assurer la continuité des opérations.

183

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United Nations Infantry Battalion Manual

9.9 : Directives pour les PFC.


Le PFC est tenu de s’assurer que chaque membre du bataillon d’infanterie
des Nations Unies qu’il présélectionne n’a pas été condamné et ne fait pas
actuellement l’objet d’une enquête ou de poursuites judiciaires pour une
infraction pénale, y compris des violations du droit international humani-
taire ou du droit international des droits de l’homme. S’agissant des can-
didats qui ont été visés par une enquête, mis en examen ou qui ont fait
l’objet de poursuites pour une quelconque infraction pénale mais n’ont
pas été reconnus coupables, le gouvernement est prié de communiquer
des informations sur ladite enquête ou les poursuites en question. Il est
également demandé au PFC de certifier qu’il n’a nullement connaissance
d’une quelconque allégation à l’encontre des membres présélectionnés
selon lesquelles ils auraient commis des actes susceptibles de constituer
des violations du droit international humanitaire ou du droit international
des droits de l’homme.
Autres points supplémentaires à ne pas perdre de vue :
• Les PFC sont encouragés à se familiariser avec les systèmes et procédures
des Nations Unies avant de prendre un engagement.
• Lorsqu’ils font des promesses de contribution, il est demandé aux PFC de
décrire le matériel mis à disposition de manière aussi détaillée que possible.
Cela permet au DOMP d’évaluer plus précisément les moyens du PFC.
• Les PFC sont invités à faire en sorte que leur préparation soit optimisée
autant que possible à l’avance. Ils se voient remettre des énoncés génér-
iques des besoins de l’unité afin de comparer les besoins éventuels et les
moyens disponibles. Les PFC sont invités à rester constamment en contact
avec le DOMP afin de se tenir au courant des besoins nouveaux et à tenir le
Bureau des affaires militaires bien informé des calendriers réalistes arrêtés
pour l’obtention de l’aval des dirigeants politiques/militaires, les achats de
matériel ainsi que la disponibilité pour envoi dans la zone de la mission.
• Les PFC sont tenus de s’assurer que le personnel sélectionné respecte scru-
puleusement le Code de conduite des Nations Unies et les normes de pro-
fessionnalisme et d’intégrité les plus rigoureuses.
• Il arrive parfois que le PFC soit prêt en ce qui concerne le matériel majeur et
les effectifs, mais que le matériel nécessaire au soutien logistique autonome
lui fasse défaut, qu’il s’agisse des cuisines mobiles, des blocs sanitaires, des
stations d’épuration de l’eau, des tentes ou encore des abris. De telles lacu-
nes entravent la préparation opérationnelle et retardent le déploiement sur

184

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Déploiement

le terrain. Dès lors, il importe de prendre les mesures d’approvisionnement


en temps voulu pour le matériel de soutien logistique autonome.
• Les PFC doivent s’efforcer de rester au fait des besoins en capacités actuelles/
futures de manière à faire des offres opportunes aux Nations Unies.
• La préférence est souvent donnée aux PFC disposant de contingents
entraînés et de ressources immédiatement mobilisables.
Référence :
• UN ForceLink ([Link] outil MovCon pour les opérations de déploiement/
rotation/rapatriement des PFC.
• Directives générales à l’intention des pays fournisseurs de contingents, 2012.

185

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United Nations Infantry Battalion Manual

186

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CHAPITRE 10 asdf
Formation
10.1 : Introduction.
L’ensemble des formations aux opérations de maintien de la paix des
Nations Unies doivent viser et contribuer à une meilleure exécution du
mandat. Afin que tous les membres du personnel du maintien de la paix
aient une vision harmonisée du maintien de la paix dans le cadre des
Nations Unies et qu’ils soient capables d’opérer de manière intégrée une
fois déployés sur le terrain, la formation préalable au déploiement dis-
pensée par les États Membres au personnel militaire et de police et celle
dispensée par les Nations Unies lors du déploiement reposeront sur les
mêmes principes et les mêmes normes.
Au sein du DOMP, le Service intégré de formation (SIF), qui fait partie de
la Division des politiques, de l’évaluation et de la formation (DPEF), a pour
tâche d’édicter les normes applicables à toutes les phases de la formation
au maintien de la paix en fonction des priorités et politiques des départe-
ments, des enseignements retenus et des meilleures pratiques. Il commu-
nique les normes nécessaires à tous les partenaires de la formation, y com-
pris les États Membres et les missions.
La formation des bataillons d’infanterie relève de la responsabilité des pays
contributeurs. Les bataillons d’infanterie des Nations Unies sont tradition-
nellement constitués d’unités d’infanterie mixtes (ou non) dont le person-
nel est formé par les systèmes de formation nationaux, selon les paramètres
définis par le SIF/DOMP en consultation avec les États Membres. Dès lors,
la formation au maintien de la paix, dispensée à une unité d’infanterie qui
est déjà en mesure de réaliser tout l’éventail des tâches, vise à réorienter
les capacités opérationnelles de l’unité de manière à pouvoir opérer dans
le contexte opérationnel du maintien de la paix. Les caractéristiques de cet
environnement opérationnel – un cadre intégré réunissant diverses com-
posantes qui opèrent sous couvert d’un mandat commun et poursuivent
tout un ensemble d’objectifs – seront en général différentes du contexte
national (environnement opérationnel conventionnel). Pour faire face à
ce problème en amont, des « modules de formation spécifiques à la mis-
sion » ont été élaborés en complément du présent Manuel. Intégrés à la

187

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United Nations Infantry Battalion Manual

formation, ces modules permettront de réorganiser/d’adapter un batail-


lon d’infanterie particulier en fonction des tâches/problèmes rencontrés,
en mettant l’accent en particulier sur les opérations de maintien de la paix.

10.2 : Objectif.
Le présent chapitre vise à présenter un aperçu général, d’une part, des
méthodes de formation proposées pour les bataillons d’infanterie des
Nations Unies dans le cadre du prédéploiement, de la formation à l’arrivée
et de la formation en cours d’opérations et, d’autre part, des différentes
étapes, du calendrier et des normes actuellement applicables.

10.3 : Formation au maintien de la paix.


Au sens large, la formation au maintien de la paix correspond à toute activ-
ité de formation qui vise à améliorer la mise en œuvre du mandat en dot-
ant le personnel civil, de police et militaire des Nations Unies – sur le plan
tant individuel que collectif – des connaissances, compétences et attitudes
qui leur permettront de :
• Surmonter les nouveaux défis propres aux opérations de maintien de la paix
(OMP) en respectant les principes, les politiques et les directives du DOMP et
du Département de l’appui aux missions (DAM), et en s’inspirant des ensei-
gnements tirés de l’expérience sur le terrain.
• S’acquitter de leurs fonctions spécialisées avec efficacité, professionnalisme
et cohérence.
• Faire preuve de leur adhésion aux valeurs et compétences fondamentales
de l’ONU.

10.4 : Phases de la formation au maintien de la paix.


La formation au maintien de la paix comporte trois phases :
10.4.1 : Formation préalable au déploiement. Il s’agit d’une formation
au maintien de la paix générale spécialisée ou, le cas échéant, spécifique
à la mission qui est fondée sur les normes des Nations Unies et est assurée
avant le déploiement au sein d’opérations sur le terrain. Les États Membres
dispensent cette formation au personnel militaire et de police ainsi qu’aux
unités constituées sur leur territoire national. Pour un bataillon d’infanterie
des Nations Unies, c’est une phase absolument essentielle dans laquelle
l’unité doit parvenir à maîtriser les techniques du maintien de la paix pour
concrétiser ses objectifs opérationnels sur le terrain, de préférence en fonc-

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Formation

tion d’aspects spécifiques à la mission. Au cours de cette phase, un batail-


lon d’infanterie passe d’une formation conventionnelle à une formation
axée sur le maintien de la paix visant à garantir un haut niveau de capacité
opérationnelle en vue d’un déploiement au sein d’une OMP.
10.4.2 : Cours d’initiation. Il s’agit de la formation dispensée aux membres
du personnel civil, policier et militaire à leur arrivée au sein d’une OMP. Elle
a pour objectif de compléter la formation préalable au déploiement. Pour
un bataillon d’infanterie déployé dans la mission, cette phase consistera en
une courte formation d’orientation d’une à deux semaines (en fonction du
temps pouvant être alloué aux cours d’initiation spécifiques destinés à la
composante). Une telle formation est dispensée par des formateurs sélec-
tionnés ou quelques-uns des principaux cadres du bataillon ayant déjà
suivi un cours de formation des formateurs organisé par la Cellule intégrée
de formation du personnel de la mission préalablement à l’initiation. Les
capacités que les cellules intégrées possèdent pour dispenser les cours de
formation des formateurs varient en fonction de la mission.
10.4.3 : Formation continue. La formation continue s’entend de toute for-
mation ou activité d’apprentissage destinée aux membres du personnel
civil, policier ou militaire des opérations de maintien de la paix, organisée
pendant la durée de la mission, consécutivement à leur initiation. Pour un
bataillon d’infanterie des Nations Unies, cette phase sera mise en œuvre ou
non en fonction des ressources et du temps disponibles. Une telle forma-
tion peut être axée sur le respect des normes ou consister en un « cours
de rattrapage » (des exercices de tir réel ou des exercices de simulation,
par exemple). Les instructions du commandant de la force relatives à la
formation, qui sont publiées annuellement, fournissent des orientations
opérationnelles de formation propres à la mission indiquant aux bataillons
d’infanterie déployés comment pallier d’éventuelles lacunes et renforcer
les capacités existantes. Une formation commune au sein de la zone de
la mission est hautement souhaitable afin de garantir une interopérabilité
avec d’autres composantes (Police des Nations Unies, civils et autres parte-
naires) et les dirigeants de la mission doivent également édicter des lignes
directrices la concernant.

10.5 : Formation du bataillon d’infanterie des Nations Unies.


C’est aux pays qu’ incombe la formation d’un bataillon d’infanterie des
Nations Unies, laquelle peut varier en fonction des spécificités et des res-
sources nationales. Toutefois, dans le cadre de la préparation au déploie-

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United Nations Infantry Battalion Manual

ment au sein d’une mission de maintien de la paix, il convient de respecter


certaines caractéristiques fondamentales de la formation :
• La formation doit être réaliste : tout doit être fait pour reproduire les situa-
tions réelles auxquelles le bataillon est susceptible de devoir faire face sur
le terrain.
• La formation doit être spécifique à la mission : l’environnement de formation
doit être conforme à la réalité opérationnelle de la mission.
• L’instruction individuelle et la formation collective doivent être axées sur
l’interaction avec les divers éléments de la mission, les partenaires de la mis-
sion et les autres acteurs présents dans la zone des opérations.
• Les méthodes de formation doivent s’inspirer des pratiques réelles.
• La formation doit être basée exclusivement sur les règles d’engagement et
de comportement en vigueur dans la mission.
La formation sur les aspects propres à la mission est indispensable pour
préparer l’unité à faire face aux problèmes rencontrés dans la zone de
la mission. Tout doit dès lors être fait pour enrichir autant que possible
la formation préalable au déploiement d’éléments propres à la mission.
Des directives spécifiques aux missions peuvent être consultées dans les
documents publiés par le Bureau des affaires militaires du Département
des opérations de maintien de la paix (notamment l’énoncé des besoins
de l’unité et les directives pour les pays fournisseurs de contingents),
par le Service intégré de formation (dossiers d’information sur le prédé-
ploiement), et par les missions (instructions du commandant de la force
relatives à la formation). Il est recommandé que le commandant et le per-
sonnel du bataillon procèdent toujours à une reconnaissance de la zone
de responsabilité (ZDR) du bataillon, qui constitue un excellent moyen
d’enrichir la formation préalable au déploiement du bataillon d’éléments
spécifiques à la mission.

10.6 : Programme de formation du bataillon d’infanterie


des Nations Unies.
Un programme d’instruction individuelle (commandant, personnel et
principaux cadres) et collective (personnels et contingents) conçu pour
un bataillon d’infanterie des Nations Unies est exposé ci-dessous à titre
indicatif :

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Formation

PAYS D'ORIGINE ZONE DE LA MISSION


PRÉDÉPLOIEMENT FORMATION
ÉTAPE 1 ÉTAPE 2 ÉTAPE 3 ÉTAPE 4 INITIATION CONTINUE
Renforcement Formation sur Formation sur Effectuer Formation des * Formation
des moyens et les moyens et les moyens et un exercice formateurs s'appuyant sur
compétences de compétences compétences sur le pour les des exercices de
base/communes des opérations spécifiques aux terrain principaux simulation pour
d'infanterie tels de maintien missions spécifique responsables le personnel du
qu'applicables de la paix de (et notamment à la du bataillon bataillon
au maintien de l’ONU une formation mission du * Entretien des
la paix s’appuyant sur bataillon capacités et
des scénarios compétences
pour les unités * Formation
subordonnées visant à assurer
ou subalternes) l'interopérabilité
avec d'autres
composantes
* Cours de
rattrapage

CALENDRIERS PROPOSÉS

2 semaines 3 à 4 semaines 4à5 2 à 3 semaines 3 à 4 jours Période de service


semaines de l'unité

Ce calendrier (d’une durée de trois mois environ) correspond à la durée


minimale nécessaire à un bataillon d’infanterie de type classique pour
assurer une formation optimale axée sur les opérations de maintien de
la paix, préalablement au déploiement. Le bataillon doit être constitué,
regroupé et équipé avant le délai minimal suggéré pour la formation pré-
alable au déploiement.
Il faut compter, en principe, environ 6 à 7 mois au total pour former et pré-
parer un bataillon d’infanterie des Nations Unies aux opérations de main-
tien de la paix. Il est préférable qu’un bataillon sur le point d’être déployé
ait finalisé l’étape 4 au moins 15 jours avant le déploiement. Les forma-
tions à l’arrivée et pendant la durée d’affectation dans la zone de la mission
seront coordonnées par le QG de la force et basées sur les instructions du
commandant de la force.

191

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10.7 : Normes de formation.

192
Les formations dispensées à un bataillon d’infanterie des Nations Unies doivent respecter au minimum les normes
de formation des Nations Unies suivantes :

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NORME DE FORMATION DES NATIONS UNIES TYPE DE FORMATION ET OBJECTIF REMARQUES
DESTINATAIRES
Supports de formation de base préalable au déploiement * Formation générale * Présenter les connaissances * Ce programme de formation doit être
Unité 1 – Aperçu stratégique du maintien de la paix des Nations Unies individuelle et collective. essentielles nécessaires pour adapté aux besoins de chaque groupe
tous les membres du personnel spécifique du bataillon (commandant et
Unité 2 - Établissement et fonctionnement des opérations de maintien * Tous les soldats de la
paix, du commandant du du maintien de la paix – état-major; jeunes officiers; troupes, etc.).
de la paix des Nations Unies
bataillon à la recrue. militaire, policier ou civil – afin * Il est recommandé d'enrichir les
Unité 3 - Mise en œuvre effective des mandats d'accomplir efficacement les exposés et les activités d'apprentissage
Unité 4 - Normes, valeurs et sécurité du personnel des Nations Unies tâches au sein d'une opération des supports de formation de base
de maintien de la paix des préalable au déploiement d'un contenu
Nations Unies (ONU). spécifique aux missions.
Outils didactiques spécialisés destinés aux officiers d'état-major * Formation générale * Préparer chaque officier * Ce programme de formation propose
Module 1 - L'organisation et le règlement de base du personnel au individuelle. d'état major à s'acquitter de tout le contenu nécessaire pour préparer
sein de l'état-major de la mission des Nations Unies * Officiers d'état-major ses tâches au sein d'un QC de les officiers d'état-major aux opérations
des QC de la Force et de mission complexe. de maintien de la paix.
Module 2 - Aspects juridiques des opérations de maintien de la paix
des Nations Unies secteur * Il serait fort utile de former le personnel
d’encadrement du bataillon sur le
Module 3 - Préparation des missions intégrées contenu de ces supports.
Module 4 - Collecte de l'information
Module 5 - Processus de prise de décisions militaires
Module 6 - Aperçu pratique de la logistique des Nations Unies
Module 7 - Initiation à la gestion des crises
Module 8 - Exercice intégré pour les officiers d'état-major
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NORME DE FORMATION DES NATIONS UNIES TYPE DE FORMATION ET OBJECTIF REMARQUES
DESTINATAIRES
Outils didactiques spécialisés destinés aux bataillons d'infanterie des * Formation collective * Familiariser l'élément de * Ce programme de formation

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Formation

Nations Unies spécifique à la mission. commandement du bataillon vise à préparer les éléments de
Module 1 - Exercice de poste de commandement (XPC) * Commandant du avec les aspects opérationnels commandement et de l’état-major du
bataillon,état-major spécifiques aux missions et bataillon aux problèmes rencontrés dans
Module 2 - MONUSCO
et commandants de apprendre à réagir de manière les contextes opérationnels complexes
Module 3 - MINUAD adéquate aux éventuelles de missions de maintien de la paix
compagnie
Module 4 - MINUSS situations critiques. spécifiques.

193

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United Nations Infantry Battalion Manual

10.8 : Liste des documents de formation pertinents.


Outre les supports de formation dont il est question dans le présent chap-
itre, la liste des documents de formation ci-après peut aider les comman-
dants du bataillon d’infanterie et leurs états-majors mieux comprendre le
système de formation au maintien de la paix, de même qu’à mieux cerner
les ressources disponibles, ainsi que les rôles et responsabilités des partici-
pants.
10.8.1 : Politique de formation de l’ensemble du personnel de main-
tien de la paix (2010). Cette politique énonce les principes directeurs et
définit les rôles, responsabilités et procédures spécifiques à la formation au
maintien de la paix.
10.8.2 : Directive sur le soutien à la formation militaire et de police
préalable au déploiement dans les opérations de maintien de la paix
de l’ONU (2009). Ce document d’orientation a trait aux normes du main-
tien de la paix, à la mise à disposition d’informations et de directives de for-
mation propres à la mission, à la procédure de validation des formations,
aux équipes mobiles d’appui à la formation et à l’organisation de cours de
formation des formateurs ainsi qu’aux possibilités de partage des informa-
tions sur la formation au maintien de la paix.
10.8.3 : Directives sur les attributions des officiers d’état-major des
Nations Unies et les normes relatives à leur formation (2009). Ces
directives détaillent les principales attributions et compétences des offi-
ciers d’état-major des Nations Unies. Elles fournissent par ailleurs des lig-
nes directrices visant à aider les chefs des composantes militaires à utiliser
les officiers d’état-major dans le cadre des opérations.
10.8.4 : Procédures opérationnelles permanentes sur la reconnais-
sance de la formation (2009). Ces procédures opérationnelles per-
manentes donnent des indications claires sur la manière de demander,
d’examiner et d’attribuer la reconnaissance officielle des cours organisés
par les États Membres.
10.8.5 : Procédures opérationnelles permanentes destinées aux équi-
pes mobiles d’appui à la formation au maintien de la paix (2009). Ces
procédures opérationnelles permanentes fournissent des instructions sur
le lancement, l’organisation et le déploiement d’équipes mobiles de for-
mation des Nations Unies pour apporter un soutien direct à la formation
militaire et de police des États Membres.

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Formation

10.8.6 : Procédures opérationnelles permanentes sur la formation


des formateurs (2009). Ces procédures fournissent des directives sur la
manière de mettre en place, d’organiser et de dispenser les cours de for-
mation des formateurs afin d’aider les États Membres et de permettre aux
formateurs de se familiariser avec les nouvelles normes des Nations Unies.
10.8.7 : Dossiers d’informations importantes avant le déploiement.
Les informations spécifiques à une mission seront réunies dans des dos-
siers créés pour chaque mission contenant des informations importantes à
connaître avant le déploiement créés pour chaque mission. Elles incluront
des renseignements utiles sur le pays hôte de même que sur la mission
tels que son mandat, la composition de l’équipe de pays des Nations Unies
ainsi que la dynamique du conflit et la culture locale.
Référence :
• Ces documents sont disponibles sur le site Internet de la Plateforme de ressources du
maintien de la paix :
• ([Link]

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United Nations Infantry Battalion Manual

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CHAPITRE 11 asdf
Préparation opérationnelle et auto-évaluation
11.1 : Introduction.
Étant le pilier d’une mission de maintien de la paix multidimensionnelle,
un bataillon d’infanterie des Nations Unies exécute les missions prescrites
dans un contexte complexe et très périlleux imposant d’énormes con-
traintes opérationnelles. Afin de se préparer et de réagir de manière adé-
quate pour concrétiser les objectifs de la mission de manière profession-
nelle et mesurée, il est impératif que le bataillon préserve un haut niveau
de « préparation opérationnelle », en procédant notamment à une « auto-
évaluation », entre autres pratiques en vogue en matière d’évaluation.
La préparation opérationnelle d’un bataillon d’infanterie des Nations Unies
fait intervenir les possibilités de synergie offertes par les normes conven-
tionnelles et celles du maintien de la paix; les tactiques, techniques et
procédures; l’organisation et le matériel; la formation; le moral, la motiva-
tion et la volonté; la réactivité et le leadership à tous les niveaux. Le respect
des normes et critères minimaux spécifiés permettra de garantir un haut
niveau de capacité opérationnelle et d’afficher une présence plus crédible
et dissuasive, y compris en recourant à la force dans la zone de la mission.

11.2 : Objectif.
Le présent chapitre précise la méthodologie, la structure et les princi-
paux critères/normes d’évaluation nécessaires au niveau du bataillon
d’infanterie. L’approche de l’« auto-évaluation » est fondée sur les pratiques
bien établies qui favorisent le respect des normes relatives à la capacité et
à l’évaluation opérationnelles des PFC; elle repose également sur les poli-
tiques et meilleures pratiques des Nations Unies afin de développer des
principes directeurs généraux axés sur le maintien de la paix. Elle aidera
les planificateurs du DOMP, les dirigeants de la mission, les PFC ainsi que le
chef de corps dans le cadre de l’organisation, de la formation, de la prépa-
ration et du déploiement, et contribuera à l’obtention de bons résultats sur
le terrain. La formalisation de la capacité opérationnelle et de l’auto-évalu-
ation vise à aider les PFC et les commandants des bataillons d’infanterie à
assurer la capacité opérationnelle d’un bataillon qui est axé sur les tâches

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United Nations Infantry Battalion Manual

prescrites et parfaitement capable de remplir sa mission pour mener à


bien les opérations de maintien de la paix liées à un mandat spécifique en :
• Proposant des lignes directrices aux PFC et au chef de corps sur la méthode
recommandée pour procéder à une auto-évaluation basée sur des critères
et des normes quantifiables et mesurables.
• Précisant les mesures à prendre dans le cadre du prédéploiement et de
l’évaluation en cours de mission.
• Fournissant une évaluation en temps opportun afin de prendre des mesures
correctives adéquates à mi-parcours bien avant le déploiement.
• Facilitant la planification, la formation et d’autres préparatifs nécessaires aux
opérations de maintien de la paix.

11.3 : Assistance des Nations Unies.


Le DOMP et les dirigeants de la mission jouent un rôle auxiliaire en encad-
rant et en facilitant les dispositions qui garantissent la capacité opéra-
tionnelle et, par ailleurs, en aidant à procéder à une auto-évaluation de
l’unité comme suit :
11.3.1 : DOMP. Le DOMP (Bureau des affaires militaires et Département
de l’appui aux missions) encourage l’auto-évaluation, la préparation
opérationnelle et le respect des normes des Nations Unies par les mesures
suivantes :
• Orienter, appuyer, faciliter ou compléter les évaluations entreprises par les
PFC grâce à une approche souple et accommodante.
• Apporter une aide à la formation par l’intermédiaire du Service intégré de
formation.
• Coordonner les formations et l’assistance en recourant à des tiers.
• Effectuer une visite d’inspection avant déploiement (uniquement pour le
déploiement initial) afin de vérifier la disponibilité et la qualité du matériel
et de s’assurer de la mise en œuvre des dispositions de l’énoncé des besoins
de l’unité/du mémorandum d’accord.
• Mettre à disposition des équipes opérationnelles consultatives du Service
de la planification militaire/Bureau des affaires militaires afin de guider et
d’épauler les nouveaux PFC (fournir une aide sur demande aux autres PFC).
• Une structure de haut niveau indépendante du DOMP facilitera l’évaluation
et l’analyse de la capacité opérationnelle, supervisera le degré d’efficacité du
personnel en uniforme dans la mise en œuvre des missions prescrites, con-

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Préparation opérationnelle et auto-évaluation

formément aux politiques, pratiques et normes des Nations Unies, et rendra


compte à ce sujet.
11.3.2 : Responsables de la mission. Les responsables de la mission
assurent et coordonnent la fourniture de l’aide qui consiste à :
• Informer les PFC des objectifs opérationnels à atteindre par le bataillon, des
exigences liées à la préparation préalable au déploiement et des besoins
spécifiques pour une formation axée sur la mission.
• Coordonner la reconnaissance préalable au déploiement, organiser les
cours d’initiation dispensés à l’arrivée dans les missions par l’intermédiaire
des centres intégrés de formation des missions, fournir un appui logistique
et bien expliciter les tâches, rôles et responsabilités opérationnels du batail-
lon.
• Veiller au respect des règles d’engagement et de comportement et coor-
donner tout appui opérationnel à la mission supplémentaire apporté au
bataillon.
• Procéder à l’évaluation des résultats opérationnels et de la capacité logis-
tique du bataillon en cours de mission, en fonction des besoins.
• Aider le PFC et le bataillon à pallier les lacunes, à adopter des mesures
correctives à mi-parcours et à amener les dirigeants de la mission respec-
tive à prendre les mesures qui s’imposent à la lumière des conclusions de
l’évaluation.
• Faciliter les plans de rotation des troupes et un transfert d’autorité en dou-
ceur sur le plan opérationnel.

11.4 : Fondements de l’auto-évaluation.


En plus du Manuel destiné aux bataillons d’infanterie des Nations Unies, les
documents relatifs au maintien de la paix des Nations Unies ci-après expo-
sent des normes et directives auxquelles les bataillons d’infanterie doivent
se conformer pour l’auto-évaluation et la capacité opérationnelle :
• Manuels, directives et procédures opérationnelles permanentes des Nations
Unies spécifiques aux pays fournisseurs de contingents.
• Mandat de la mission, mémorandum d’accord, accord sur le statut des forces
et règles d’engagement et de comportement.
• Énoncé des besoins de la force/de l’unité publié par le Bureau des affaires
militaires.
• Concept des opérations de la mission, directives et ordres d’opérations,
plans d’opérations, procédures opérationnelles permanentes et études de
cas spécifiques à la mission, etc.

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United Nations Infantry Battalion Manual

• Directives générales pour les pays fournisseurs de contingents en vue du


déploiement d’unités militaires (2012), Manuel relatif au matériel apparte-
nant aux contingents (2011) et Directives sur la formation au maintien de la
paix (2011).
• Retours d’expérience et meilleures pratiques des missions antérieures et
actuelles de maintien de la paix.
• Informations recueillies dans le cadre d’une visite de reconnaissance du
groupe de commandement du bataillon et commentaires de l’unité relevée.
• Comptes rendus de retour d’expérience et rapports de fin d’affectation des
unités et de divers commandants.

11.5 : Méthodologie.
Ces directives peuvent être adaptées et doivent être appliquées dans le
respect de l’éthique, de la tradition et des valeurs et normes profession-
nelles militaires du PFC concerné, lesquelles forment conjointement
la base nécessaire à la réalisation des tâches prescrites dans la zone de
déploiement de la mission.
• Spécialisations fonctionnelles. Un bataillon d’infanterie des Nations Unies
est censé réunir trois spécialisations fonctionnelles globales, autonomes et
bien définies, avant d’être déployé dans la zone d’une mission. Tout d’abord,
il doit avoir atteint un très haut niveau de compétence dans le domaine de
l’infanterie de base et disposer de la capacité opérationnelle usuelle; ensuite,
il doit se spécialiser dans les aspects généraux des opérations de maintien
de la paix des Nations Unies en se réorientant et en acquérant des compé-
tences propres au maintien de la paix; enfin, il doit développer une expertise
et se doter de capacités spécialisées et spécifiques à la mission. La possibilité
de créer des synergies et l’application optimale de ces trois éléments, de
manière générale et collective, contribuent à l’efficacité de la mission. Une
insuffisance dans n’importe lequel de ces domaines fonctionnels nuira aux
résultats que le bataillon obtiendra sur le terrain.
• Paramètres. Les points de référence de l’auto-évaluation reposent sur des
critères et normes quantifiables et mesurables qui ont un caractère concret,
fonctionnel et réaliste sont assortis de délais.
• Équipe spécialisée. La formation, la préparation et le maintien de la dis-
ponibilité opérationnelle incombent au commandement. Toutefois, le
bataillon doit être épaulé par une équipe spécialisée constituée par le PFC
pour procéder à une évaluation de la formation et de l’appui (par exemple,
un état-major de terrain, un centre national de formation au maintien de la
paix ou des experts ou praticiens nationaux du maintien de la paix).

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Préparation opérationnelle et auto-évaluation

• Évaluation progressive. L’évaluation peut être réalisée de manière progres-


sive par niveau (soldat - état-major – chef de corps) et par activité (équipe
- groupe - section - compagnie - bataillon) afin d’acquérir l’expertise de
manière systématique et d’intégrer des capacités à exploiter dans le cadre
de synergies
• Ressources. La capacité opérationnelle sera renforcée par des ressources
adéquates en termes d’espace de formation, de formateurs, de munitions
pour le tir réel et d’équipements/instruments de formation similaires à ceux
utilisés dans le contexte de la mission.
• Processus à double sens. Non seulement les directives facilitent l’auto-
évaluation mais elles constituent un outil grâce auquel le PFC et le chef de
corps peuvent prendre des mesures pour la planification, l’organisation des
achats, la formation et la fourniture de l’appui nécessaire au bataillon.
• Moyens d’évaluation. Les politiques, directives, procédures opération-
nelles permanentes et instructions générales des Nations Unies, les listes
récapitulatives détaillant les critères et les normes, les évaluations informel-
les et formelles effectuées sur la base d’exercices d’entraînement et de tirs
réels, ne sont que quelques-uns des moyens suggérés.

11.6 : Fondements et prémisses de l’auto-évaluation.


11.6.1 : Prédéploiement. L’auto-évaluation est un processus continu et
simultané dans le cadre duquel le commandement est censé instaurer des
mesures et développer les capacités organisationnelles permettant de
constituer les capacités spécifiques visées pour la mission en recourant à
des moyens bien définis. On présume qu’un bataillon d’infanterie est bien
entraîné et que ses capacités militaires de base, de même que ses tactiques,
techniques et procédures offensives et défensives courantes sont évaluées
sur la base de normes militaires nationales spécifiques, préalablement à
la formation d’orientation au maintien de la paix. Un bataillon d’infanterie
peut réaliser les activités suivantes avant la visite d’inspection préalable au
déploiement organisée par le DOMP :
• Veiller à constituer, assembler et équiper le bataillon d’infanterie en fonc-
tion de l’énoncé des besoins de l’unité et des dispositions du mémorandum
d’accord.
• Dispenser une formation au maintien de la paix basée sur des scénarios pro-
pres à la mission.
• Développer des capacités et une expertise individuelles et collectives, spé-
cialisées et spécifiques à la mission.

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United Nations Infantry Battalion Manual

• Identifier les lacunes et instituer des mesures correctives afin de contribuer


à l’amélioration des capacités.
• Utiliser des formateurs et soldats de la paix expérimentés issus de batail-
lons récemment rentrés au pays pour former le nouveau bataillon en attente
d’être déployé.
• Acquérir une cohérence opérationnelle au moyen d’une intégration
progressive en procédant, dans un premier temps, à des exercices axés
sur des tâches précises au niveau de la compagnie, puis à des exercices
d’entraînement organisés par les postes de commandement des opérations
de maintien de la paix des Nations Unies (dont des exercices d’état-major)
et, enfin, à des exercices d’entraînement collectifs au niveau du bataillon.
• Procéder à des ajustements opportuns/adopter des mesures correctives à
mi-parcours.
• Organiser un exercice final avant le déploiement de l’ensemble du batail-
lon réalisé par les experts nationaux du maintien de la paix dans le cadre
d’arrangements avec le PFC, avec des jeux de rôles.
• Assurer la continuité de la formation à la relève des troupes attendant dans
le pays d’origine d’être déployées dans la zone de la mission.
11.6.2 : En cours de mission. Les méthodes suggérées pour maintenir la
disponibilité opérationnelle et procéder à une auto-évaluation sont les sui-
vantes :
• Une familiarisation avec le terrain, la formation à l’arrivée et des exercices
axés sur des tâches précises.
• Il est préférable de réaliser la première évaluation en cours de mission lors du
deuxième mois du déploiement de manière à valider et reproduire les résu-
ltats obtenus avant le déploiement et l’efficacité opérationnelle au cours de
la mission en ce qui concerne les tâches, rôles et responsabilités respectifs.
Elle peut être suivie d’évaluations trimestrielles/semestrielles selon les nor-
mes de la mission.
• Afin de préserver l’excellence, il est primordial que l’élément de commande-
ment du bataillon et les responsables de la mission analysent et supervisent
l’efficacité en mission sans discontinuer et de manière simultanée.
• Identifier les segments éventuellement faibles et mettre en place des évalu-
ations sélectives périodiques pour apporter des mesures correctives.
• Réévaluer les capacités et les compétences lorsque la situation opéra-
tionnelle de la mission évolue ou en cas de discordance entre la réalité et
l’efficacité sur le terrain.

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Préparation opérationnelle et auto-évaluation

• Prendre note en particulier des écarts de performance évidents dans les


moments critiques de même que dans les situations défavorables et y remé-
dier.
• Valider les principales nominations au niveau du commandement et de
l’état-major de manière à assurer une adéquation entre les responsabilités
et le potentiel; fournir des conseils et une aide au besoin.
• Organiser une visite d’une équipe du PFC - composée de responsables mili-
taires et d’experts du maintien de la paix - afin de superviser et de valider
l’action de l’unité.

11.7 : Paramètres de l’auto-évaluation.


11.7.1 : Structure. La capacité opérationnelle d’un bataillon d’infanterie
peut être évaluée sur la base de paramètres distincts, notamment : la struc-
ture organisationnelle, les normes opérationnelles, la capacité à s’acquitter
des tâches spécifiques à la mission et des tâches non militaires connexes,
les niveaux atteints dans le cadre de formation et les normes logistiques
et administratives, entre autres. L’évaluation portera sur différents niveaux
de l’organisation du bataillon, à savoir les individus, les unités spécialisées,
les unités subordonnées, l’état-major et les commandants (des chefs de
groupe jusqu’aux chefs de corps) et elle impliquera une analyse des activi-
tés fonctionnelles au niveau du groupe, de la section, de la compagnie et
de l’état-major du bataillon. Afin de faciliter cette démarche, une liste de
vérification exhaustive et intégrée spécialement conçue pour les opéra-
tions de maintien de la paix est proposée à l’attention des commandants à
la page 188 de la section 3.5 du chapitre 3 du volume II du Manuel destiné
aux bataillons d’infanterie des Nations Unies.
11.7.2 : Auto-évaluation du prédéploiement. Les principaux facteurs
déterminants (points clefs) qui peuvent être pris en considération pour
évaluer la capacité opérationnelle d’un bataillon d’infanterie sont résumés
ci-dessous :

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United Nations Infantry Battalion Manual

RUBRIQUE FACTEURS DÉTERMINANTS ÉVALUATION REMARQUES


a Compétences usuelles. Tous les membres du personnel
(soldats, état-major et chefs) du bataillon sont-ils formés
et capables de mettre en œuvre des compétences de
base d'infanterie et de mener des opérations offensives et
défensives de jour comme de nuit, quelles que soient les
conditions climatiques, en respectant les normes nationales
avant le déploiement dans la zone de la mission?
b Compétences générales dans le domaine du maintien de
la paix. Tous les membres du personnel (soldats, état-major
et chefs) du bataillon sont-ils formés et sensibilisés aux
principes directeurs et aux directives régissant la conduite
des opérations de maintien de la paix? Attestent-ils d'une
bonne compréhension de ces principes directeurs et
directives?
c Compétences spécifiques dans le domaine du maintien de la
paix. Tous les membres du personnel (soldats, état-major et
chefs) du bataillon sont-ils formés, équipés et organisés pour
s'acquitter des tâches inhérentes à des missions spécifiques
conformément aux normes applicables au maintien de la
paix?
d Organisation. L'unité est-elle organisée en groupes
spécialisés avec une structure d'appui conformément aux
besoins de la force?
e Direction. La chaîne de commandement du bataillon est-elle
compétente, réactive et tenue d'atteindre les objectifs fixés
dans un contexte spécifique au maintien de la paix?
f État-major. L'état-major du bataillon est-il intégré, formé et
capable de planifier, d'organiser, de coordonner et de diriger
les tâches diverses, opérationnelles ou non, du bataillon dans
le contexte du maintien de la paix?
g Capacités. L'unité maintient-elle les normes requises en ce
qui concerne les fonctions liées aux capacités de base que
sont le commandement, le contrôle et les communications,
la puissance de feu, les informations tactiques,
l'interopérabilité, les contacts avec les civils, le soutien
logistique et la protection de la Force?
h Instruction. Le bataillon a-t-il mis sur pied une formation
spécifique à la mission et axée sur le maintien de la paix
et a-t-il satisfait aux normes requises conformément aux
directives de l'ONU?
i Ressources. L'unité dispose-t-elle ou a-t-elle accès aux
ressources nécessaires en termes d’effectifs, d'armes, de
munitions, d'équipement, d'accessoires, de pièces de
rechange, de fournitures et de consommables, selon le
mémorandum d'accord et les besoins de la mission?

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Préparation opérationnelle et auto-évaluation

RUBRIQUE FACTEURS DÉTERMINANTS ÉVALUATION REMARQUES


j Gestion du matériel. L'unité fait-elle le nécessaire pour
préserver la disponibilité opérationnelle minimale (90 %)
et est-elle capable d'organiser une maintenance préventive
ainsi que des réparations/une récupération sur site?
k Armes, instruments et véhicules. Toutes les armes sont-elles
réglées, les instruments calibrés, les véhicules entretenus,
inspectés et leur fonctionnalité certifiée conformément aux
normes applicables?
l Logistique. Les bases opérationnelles des compagnies sont-
elles configurées pour un soutien logistique autonome et
indépendant (denrées alimentaires, eau, logement, hygiène
et assainissement, transport, santé, etc.)?
m Matériel médical. Tous les membres du personnel satisfont-
ils aux critères médicaux requis et ont-ils été vaccinés
conformément aux exigences de la mission?
n Intégrité. Tous les membres de l'unité ont-ils conscience des
règles, des règlements et du Code de conduite de l'ONU et
ont-ils témoigné d'un professionnalisme et d'une intégrité
irréprochables?
o Moral et motivation. La motivation des troupes est-elle
suffisante pour opérer dans un contexte complexe, restrictif,
multinational et multidimensionnel et pour garder le moral?
p Qualité de vie. L'unité maintient-elle un niveau élevé de
qualité de vie pour les contingents conformément aux
normes nationales et aux besoins de la mission?
q Cadre juridique. Le personnel et les commandants de
l'unité comprennent-ils bien qu'ils sont tenus de respecter,
promouvoir et protéger le cadre juridique des opérations de
maintien de la paix des Nations Unies en ce qui concerne en
particulier l'accord sur le statut des forces/sur le statut de la
mission, les règles d’engagement et de comportement, les
droits de l'homme et le droit humanitaire, d'autres normes
juridiques internationales applicables et la législation
nationale du pays hôte?
r Évaluation. L'unité a-t-elle procédé à une auto-évaluation
formelle du bataillon, les lacunes ont-elles été comblées et
les autorités du PFC ont-elles certifié que l'unité est apte à
être déployée en temps voulu dans le cadre de la mission?

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United Nations Infantry Battalion Manual

11.7.3 : Paramètres de l’évaluation en cours de mission. Outre les


facteurs déterminants mentionnés dans le tableau précédent, le comman-
dant disposera des paramètres déterminants suivants au sein de la zone
de la mission :

NUMÉRO CRITÈRES ÉVALUATION REMARQUES


a Exécution. L'unité s'acquitte-t-elle efficacement des tâches
critiques conformément aux normes du maintien de la paix et
aux procédures opérationnelles permanentes de la mission?
b Lacunes. L'unité a-t-elle pris de mesures correctives pour
combler les lacunes constatées par l'unité, l'équipe MAC ou les
responsables de la mission en termes de résultats/ressources?
c Formation sur le terrain. La chaîne de commandement
instaure-t-elle des mesures favorisant une formation en cours
d'emploi pour l'ensemble du personnel de manière à préserver
le rendement qualitatif?
d Formation en cours de mission. Le bataillon dispense-t-il
régulièrement une formation spécialisée en cours de mission
et spécifique à celle-ci conformément aux directives de la
cellule intégrée de formation du personnel de la mission?
e État de fonctionnement. L'unité effectue-t-elle une
maintenance préventive de même que les réparations requises
en temps voulu et remplace-t-elle les éléments hors d'état
d'usage?
f Déontologie et discipline. L'unité maintient-t-elle une
déontologie et une discipline irréprochables, tous rangs
confondus?
g Relations extérieures et rayonnement. L'unité est-elle
parvenue à établir de bons rapports et des contacts avec la
population locale à travers des activités liées à la qualité de vie,
des projets à effet rapide et la coopération civilo-militaire?

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Préparation opérationnelle et auto-évaluation

11.8 : Conclusion.
Les pays fournisseurs de contingents doivent rationaliser et officialiser des
procédures ainsi que des méthodes permettant de procéder à leur pro-
pre évaluation, élaborer des normes et des listes de contrôle détaillées
mettant l’accent sur l’état de préparation logistique et opérationnelle au
maintien de la paix défini par rapport aux normes escomptées établies
par les Nations Unies, et déterminer le degré de préparation de l’unité. Il
convient de pallier efficacement et rapidement les lacunes capacitaires au
niveau du commandement pour garantir la disponibilité opérationnelle
et l’efficacité de la force déployée. Les contraintes concernant le budget
et les finances, les infrastructures, le matériel, le personnel spécialisé et/
ou la formation opérationnelle doivent être traitées de manière progres-
sive en fonction des capacités nationales ou avec le concours d’une tierce
partie de manière à satisfaire les besoins de la mission. Dans la mesure du
possible, les Nations Unies soutiendront l’effort consenti par le PFC pour
satisfaire aux normes requises. Une évaluation transparente, honnête et
réaliste par le PFC permettra, à terme, de déployer un bataillon parfaite-
ment capable d’assumer sa mission sur le terrain.

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United Nations Infantry Battalion Manual

Bataillon d’infanterie des Nations Unies :


protection, paix et prospérité

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NK
BLA

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