L'imagerie par résonance magnétique (IRM) consiste à mesurer l'aimantation des
noyaux d'hydrogène contenus dans les tissus. Cette aimantation est basculée au milieu
d'une onde radiofréquence (RF). Lors de son retours, l'aimantation induit dans une
bobine un courant formant le signal de résonance. La fréquence de ce signal étant
proportionnellement à l'intensité du champ magnétique, des bobines de gradient
établissent un champ magnétique linéaire croissant dans une direction donnée: la
fréquence de résonance d'un voxel est alors proportionnellement à sa position. Le
signal de l'objet comporte un mélange de fréquences que la transformation de Fourier
permet de séparer créant ainsi l'image. Un appareil d'IRM se compose donc de 4
éléments essentiels: l'aimant crée le champ magnétique nécessaire à l'alignement des
noyaux d'hydrogène et donc à l'apparition de l'aimantation. Le système RF sert à
basculer l'aimantation et à récupérer le signal induit par l'aimantation lors de son
retour. Les bobines de gradient permettent d'établir la relation entre distance et
fréquence de résonance à l'origine de la formation de l'image. Un système
informatique est nécessaire pour le contrôle de l'acquisition et le calcul de l'image.
Enfin, les contraintes pour les accessoires environnant l'appareil seront exposées.
L'imagerie médicale est aussi un élément essentiel à la recherche clinique, l’étude des
maladies et la mise au point de nouveaux traitements. Il existe de nombreuses
techniques d’imagerie complémentaires. L'imagerie recouvre à une grande variété de
technologies développées grâce à l'exploitation des grandes découvertes de la
physique du 20e siècle:
Les ondes radio et rayons X
La radioactivité de certains éléments
Les champs magnétiques.
L’objectif est non seulement de diagnostiquer les maladies, suivre leur évolution,
découvrir leur fonctionnement, mais aussi de mieux les soigner. Des techniques sont
mises au point pour localiser les foyers d’infection, les cibler et activer les principes
actifs de médicaments uniquement à l’endroit souhaité. Ou encore, de détruire les
cellules bien localisées grâce à des ondes de cisaillement émises par un échographe, et
donc sans acte chirurgical. Le développement de l’IRM pour la recherche sur le
cerveau ouvre également les perspectives d’une compréhension de plus en plus fine
de cet organe très complexe.
LES DIFFÉRENTES TECHNOLOGIES D’IMAGERIE MÉDICALE
Radiographie | Scanner | Scintigraphie monophotonique | Tomographie par émission
de positons | Échographie | Électro-encéphalographie | Magnétoencéphalographie |
Imagerie par résonance magnétique | IRM de diffusion | IRM fonctionnelle
ancre_radiographie
La radiographie
La radiographie repose sur l’utilisation des rayons X qui ont la propriété de traverser
les tissus de manière plus ou moins importante selon leur densité. Ainsi, une source
émettrice de rayon X est placée devant le corps à radiographier et un détecteur est
placé à l’arrière du corps. Les photons émis vont traverser le corps en étant plus ou
moins absorbés par les tissus rencontrés sur leur chemin. Cela permet de différencier
les os des muscles sur le cliché final.
La radiographie
Principe de la radiographie © C. Beurtey/CEA
ancre_scanner
Le scanner
Le scanner repose sur le même principe que la radiologie, c’est-à-dire utilisation
d’une source de rayons X et d’un détecteur de part et d’autre du corps étudié.
Le fonctionnement d'un scanner X
Il permet d’obtenir des images 3D grâce à une rotation simultanée de la source
émettrice de rayons X et du détecteur autour du corps. Les projections intermédiaires
en 2D sont traitées par informatique afin d’obtenir des images 3D.
Le scanner
Le scanner © C. Beurtey/CEA
ancre_scintigraphiemonophotonique
La scintigraphie monophotonique
La scintigraphie monophotonique repose sur l’utilisation de deux éléments
fondamentaux : un traceur radioactif [1] injecté au patient et une caméra sensible aux
rayons gamma. Le traceur, marqué par un atome radioactif qui émet des photons dans
toutes les directions, va se fixer spécifiquement sur l’organe à analyser. Les photons
émis traversent le corps du patient jusqu’à la gamma caméra. Cette dernière est
équipée d’un collimateur [2] qui ne laisse passer que les rayons parallèles aux espaces
aménagés à cet effet.
La scintigraphie
Leur rôle est de délimiter les points d’émission des photons. La gamma caméra tourne
autour du patient afin d’obtenir, après reconstitution informatique, des images 3D de
l’organe étudié. Les atomes radioactifs utilisés pour l’imagerie scintigraphie ont une
demi-vie courte (6h pour le Tc l’isotope le plus utilisé) et la radioactivité a disparu au
bout de 10 demi-vies.
La scintigraphie
La scintigraphie monophotonique © C. Beurtey/CEA
ancre_tomographieparemissiondepositons
La tomographie par émission de positons (TEP)
La tomographie par émission de positons (TEP) est basée sur l’utilisation d’un traceur
marqué par un atome radioactif, le Fluor 18 ou le Carbone 11, qui émet des positons.
La tomographie par émission de positons
Après son injection dans l’organisme par voie intraveineuse, le traceur s’associe à sa
cible biologique. Les positons, émis lors de cette association, s’annihilent avec les
électrons environnant en émettant deux photons dans des directions diamétralement
opposées. Une couronne de détecteurs placée autour du patient va permettre de capter
les photons de part et d’autre de la région cible. Le traitement de l’ensemble de ces
captures conduira à la reconstitution, au besoin, d’une image 3D de la zone étudiée.
Les atomes radioactifs utilisés pour la TEP ont une demi-vie courte (20 min à 2 h
environ selon les isotopes) et l’essentiel de la radioactivité disparaît au bout de 10
demi-vies.
La tomographie par émission de positons
La tomographie par émission de positons (TEP) © C. Beurtey/CEA
ancre_echographie
L’échographie ultrasonore
L’échographie ultrasonore est une modalité d’imagerie médicale qui repose sur
l’exposition de tissus à des ondes ultrasonores et sur la réception de leur écho.
L’échographe se compose d’un écran et d’une sonde émettrice et réceptrice des ondes
(appelée transducteur).
L'échographie ultra-sonore
Soumises à un courant électrique, les micro-céramiques à la surface de la sonde
vibrent et émettent des ondes ultrasonores. Ces ondes traversent les tissus et y font
écho différemment selon leur densité : plus un tissu est dense, plus l’écho est
important. Les ondes reviennent au niveau de la sonde, font vibrer les céramiques qui
induisent un courant électrique traité par informatique. Ainsi, lors d’une échographie
réalisée dans le cas d’un suivi de grossesse, il est possible de différencier le squelette
du fœtus, de ses organes, du liquide amniotique…
L’échographie ultrasonore
L’échographie ultrasonore © C. Beurtey/CEA
ancre_electro-encephalographie
L’électro-encéphalographie
L’électro-encéphalographie est l'une des technologies d’imagerie les plus anciennes.
Elle permet de visualiser, et de localiser, rapidement une activité cérébrale. Pour cela,
elle utilise les différences de potentiel [3] qui se créent au niveau des synapses,
espaces entre deux neurones où circule l’influx nerveux.
L'électro-encéphalographie
Celui-ci passe d’un neurone à l’autre grâce à la libération de neurotransmetteurs. Ces
molécules chimiques vont créer une tension électrique entre les deux neurones qui
pourra être mesurée grâce aux électrodes placées sur le cuir chevelu du patient. Le
signal détecté résulte des signaux émis par l’ensemble des neurones présents dans la
zone du cerveau activée.
L’électro-encéphalographie
L’électro-encéphalographie © C. Beurtey/CEA
ancre_magnetoencephalographie
La magnétoencéphalographie
La magnétoencéphalographie est une technologie d’imagerie « passive » du cerveau,
tout comme l’électroencéphalographie, car elle repose sur la captation du champ
magnétique résultant de l’activité du cerveau.
La magnétoencéphalographie (MEG)
La circulation de l’influx nerveux le long des neurones équivaut à la circulation d’un
signal électrique le long d’un fil conducteur, ici les axones. Un courant électrique
induit un champ magnétique perpendiculaire au sens de sa circulation. C’est ce très
faible champ magnétique, plus d'un million de fois plus faible que le champ
magnétique terrestre, qui va être mesuré grâce à des capteurs appelés SQUID
(Superconducting QUantum Interference Device). Appliquant le principe inverse, un
champ magnétique induit un courant dans une bobine, ce courant est ensuite analysé
pour visualiser les zones d’activité du cerveau.
La magnétoencéphalographie
La magnétoencéphalographie © C. Beurtey/CEA
ancre_imagerie-par-resonance-magnetique
L’imagerie par résonance magnétique
L’imagerie par résonance magnétique repose sur les propriétés magnétiques des
molécules d’eau qui composent à plus de 80% le corps humain. Les molécules d’eau,
plus précisément ses atomes d’hydrogène, possèdent un "moment magnétique", ou
spin, qui agit comme un aimant.
L'IRM
L’appareil IRM consiste à créer un champ magnétique puissant (B0) grâce à une
bobine. Le patient est placé au centre de ce champ magnétique, et toutes les molécules
d’eau présentes dans le corps vont s’orienter suivant B0. Une antenne placée sur la
partie du corps étudiée (ici la tête) va permettre d’émettre et de réceptionner certaines
fréquences. A l’émission, la fréquence induite va faire basculer les molécules dans un
plan perpendiculaire à B0. Lorsque l’antenne arrête d’émettre, les molécules
reviennent à leur position d’origine en émettant à leur tour une fréquence captée par
l’antenne. Celle-ci est ensuite traitée comme un signal électrique et analysée par des
logiciels. Le signal diffère selon que les tissus observés contiennent plus ou moins
d’eau.
L'IRM anatomique
L’imagerie par résonance magnétique © C. Beurtey/CEA
ancre_irm-de-diffusion
L’IRM de diffusion
L’IRM de diffusion repose sur les principes de base de l’IRM tout en se focalisant sur
le déplacement des molécules d’eau présentes à l’intérieur des fibres nerveuses (ou
axones).
L'IRM de diffusion
Ces fibres sont gainées de myéline, principalement constituée de lipide, qui va, en
partie, retenir les molécules d’eau à l’intérieur de l’axone. C’est pourquoi, dans un
temps donné, les molécules d’eau, qui bougent de manière aléatoire, vont parcourir
une plus grande distance lorsque leur déplacement se fera dans le sens de la fibre.
L’analyse IRM va ensuite permettre de visualiser le parcours de chacune des
molécules et ainsi de reconstituer le réseau de fibres nerveuses à l’intérieur du
cerveau.
L'IRM de diffusion
L’IRM de diffusion © C. Beurtey/CEA
ancre_irm_fonctionnelle
L’IRM fonctionnelle
L’IRM fonctionnelle permet de visualiser les zones du cerveau activées par un
stimulus présenté ou appliqué au sujet. Par exemple, lorsque l’on demande à la
personne de regarder une image, les zones activées dans le cerveau vont recevoir un
apport d’oxygène par voie sanguine plus important qu’en l’absence du stimulus. Les
échanges d’oxygène entre le sang et les neurones modifient le signal IRM.
L'IRM fonctionnelle et l'IRM anatomique
Cette différence de signal IRM entre les états de repos et de stimulation est analysée
par informatique. Les images IRM dont le signal est rehaussé correspondent à la zone
du cerveau impliquée dans la réponse au stimulus.
IRM fonctionnelle
L'IRM fonctionnelle © C. Beurtey/CEA
LES PROGRÈS ATTENDUS DE L’IMAGERIE MÉDICALE
L'avenir de l'imagerie médicale passera par plusieurs axes d'amélioration, aujourd'hui
développés en parallèle :
Des instruments plus puissants et possédant donc une meilleure définition. Par
exemple, la conception d'aimants créant le champ puissant B0 conduira une définition
plus fine des images obtenues par IRM, à la détection d'un signal plus faible.
Des agents de contrastes plus efficaces qui permettent d'obtenir des informations sur
le fonctionnement même des cellules.
Le recours à des plateformes d'imagerie multimodales, c'est-à-dire permettant
d'utiliser, consécutivement ou non, plusieurs technologies d'imagerie pour obtenir des
données complémentaires sur le plan anatomique, fonctionnel et moléculaire des
dysfonctionnements ou pour mettre en oeuvre un traitement de précision en le
contrôlant continûment.
De nouveaux logiciels et algorithmes de calcul pour le traitement et l'interprétation
des images et de l'information sont fondamentaux et indispensables. Ce domaine fait
partie intégrante de l'imagerie médicale.
Premières images de l'IRM à 11,7 teslas
Concernant les applications de l'imagerie médicale, c'est probablement pour
l'observation du cerveau que l'imagerie continuera de jouer un rôle fondamental. Le
cerveau est en effet l'un des organes à la fois le plus complexe et le moins accessible
du corps humain et l'imagerie médicale permet son observation in vivo et sans
traumatisme.
[1] Un traceur radioactif est une molécule d'intérêt biologique qui est marquée par un
radio-isotope qui lui sert d’étiquette. L'instabilité de ce radio-isotope provoque la
désintégration qui se traduit par l’émission de rayonnements. Il suffit alors de disposer
d’outils de détection appropriés pour suivre à la trace ces radio-isotopes. Le marquage
peut être effectué de deux manières : remplacement d’un atome de la molécule par un
de ses isotopes radioactifs ou accrochage à la molécule d’un atome radioactif. La
molécule marquée est alors un traceur.
[2] Le collimateur est un dispositif placé devant la gamma caméra qui permet de
recueillir uniquement les faisceau de photos parallèles entre eux. Il se présente sous la
forme d'une plaque en plomb ou tungstène percée de trous cylindriques parfaitement
parallèles entre eux.
[3] Il se crée, au moment du passage du message nerveux, une différence ionique, et
donc de charges, au niveau de la synapse, zone de connexion entre deux neurones.
C'est cette différence de charges, ou différence de potentiels, qui va créer un légère
tension électrique locale. C'est l'ensemble de ces micro tensions qui va être mesurable
par les électrodes présentes sur le cuir chevelu du patient.