Propriétés Optiques des Nanostructures Métalliques
Propriétés Optiques des Nanostructures Métalliques
THESE
Présentée devant
L’UNIVERSITE ABOU BEKR BELKAID TLEMCEN
FACULTE DES SCIENCES
DEPARTEMENT DE PHYSIQUE
Par
DOCTEUR
Spécialité : Physique des matériaux
A ma famille.
REMERCIEMENTS
Le présent travail a été effectué au sein de l’université Abou Bekr Belkaid, Faculté des
Sciences Tlemcen. Sa réalisation a été accompagnée d’événements inoubliables. Je tiens à
remercier toutes les personnes, qui au hasard de ces événements ont contribué à ouvrir des
perspectives pour mes travaux.
Il me tient à cœur également d’exprimer ici ma profonde amitié au Pr. Ilhem Faiza
HAKEM. Durant toutes ces années, elle était présente à mes cotés, subissant mes périodes de
découragement avec beaucoup de gentillesse. Il n’y a pas de mots pour la remercier pour tout
ce qu’elle a fait.
Je n’oublierais pas les personnes qui au hasard du parcours ont ouvert pour moi
certaines portes, parmi elles le Dr. Guillaume BACHELIER du laboratoire de spectrométrie
ionique et moléculaire LASIM CNRS, qui m’a inspiré dans la conception informatique.
Je n’oublie pas mon amie Farah LALLAM à qui je souhaite beaucoup de courage et surtout
une route sans entraves.
Sommaire
Introduction générale 1
Chapitre 1 : Propriétés optiques des métaux nobles
1. Introduction………………………………………………………….......... 8
2. Présentation des métaux nobles massifs ………………………………... 10
2.1 Propriétés électroniques ………………………………………………….. 10
2.2 Propriétés optiques des métaux nobles ………………………………….. 13
2.2.1 Constantes optiques ………………………………………………. 13
2.2.2 Fonction diélectrique ……………………………………… 14
2.2.2.a Contribution des transitions intrabande : Modèle de Drude
Classique ………………………………………………………………….. 15
2.2.2.b Contribution des transitions interbandes …………………… 18
2.2.3 Fonction diélectrique mesurée ……………………………….. 18
2.2.4 Fonction diélectrique totale ………………………………….. 22
3. Métal à l’échelle nanométrique……………………………………… 23
3.1 Confinement diélectrique …………………………………………………… 25
3.2 Effet Spill out ……………………………………………………………….. 27
3.3 Rôle de l’interface ………………………………………………………….. 28
3.4 Fonction diélectrique d’un nano métal ……………………………………… 28
3.4.1 Modèle de Drude phénoménologique ………………………….….. 29
3.4.2 Modèle de Drude Lorentz ………………………………………….. 31
3.4.3 Modèle de Drude à points critiques ………………………………….. 32
1
Introduction générale
Un certain nombre d'aspects de ce comportement résonnant, est devenu ces temps derniers
d’un intérêt considérable en raison des applications potentielles. La grande absorption optique, et pour
les particules plus grandes, la dispersion ou diffusion significative, ainsi que la position de la RPS dans
la région visible du spectre sont devenues sujets de grandes études théoriques et de recherches
expérimentales.
Au cours de cette dernière décennie, les nanométaux nobles, sont largement trouvés dans les
solutions colloïdales pour des applications biologiques et médicales. La forte absorption implique une
élévation significative de la température de la particule et par conséquent ces nanométaux,
essentiellement sous forme sphériques ou cylindriques excités à des longueurs d’ondes positionnées
dans la bande infrarouge et visible, sont largement utilisées dans la thérapie du cancer [97-111], où ils
sont considérés comme source de forte température.
En plus des applications médicales, les nanométaux structurés furent sujets d'un
développement et d'une utilisation expansive dans une série d'applications. Ces milieux composites de
type métallo-diélectrique, sont devenus très compétitifs dans le développement de la prochaine
2
génération des applications optiques et optoélectroniques ultra-intégrées, puisqu’ils démontrent des
propriétés optiques uniques.
La première famille est constituée de films métalliques continus nano-structurés entre des
diélectriques, supportant des discontinuités de formes variées : ouvertures circulaires, rectangulaires
etc….Ces métamatériaux sont conçus à partir des techniques de la micro fabrication à l’échelle
nanométrique. La seconde catégorie est un réseau de nanoparticules métalliques individuelles
alignées (sphères, cylindres, etc..). C’est une génération de nouveaux matériaux non pas encore
largement étudiés par la communauté des scientifiques, mais qui démontrent un grand potentiel dans le
développement des composantes photoniques à l’échelle sub-longueurs d’ondes. Un point commun
entre ces deux catégories est la possibilité de modéliser leur réponse optique en changeant leurs
propriétés géométriques.
On s’intéresse dans ce présent travail à la seconde catégorie, c’est à dire aux nanométaux
structurés sous des formes sphériques, cylindriques, sphéroïdales ou autres, se trouvant une matrice
hôte diélectrique, formant ainsi un nanocomposite. L’investigation des propriétés optiques de ce type
de matériau pose un problème à cause de son inhomogénéité.
Cependant, l’étude des propriétés physiques et optiques des matériaux hétérogènes est un fort
axe de recherche depuis plusieurs décennies. La constitution nanoscopique de ces matériaux relève
généralement d’un assemblage aléatoire de constituants souvent très différents les uns des autres selon
une topologie compliquée. Il est cependant possible de prédire les propriétés électromagnétiques
moyennes d’un tel matériau en le remplaçant par un matériau homogène effectif équivalent et d’en
étudier la réponse à l’échelle macroscopique. La théorie de l’homogénéisation répond à cette attente.
3
déjà plus de 150 ans; il s’agit des célèbres formules de Claussius Mossotti, de Maxwell Garnett et de
Rayleigh. Cependant les travaux sur les lois de mélanges se poursuivent encore et ce dont témoigne
l’abondance de la bibliographie consacrée à ce sujet. La raison de cette évolution est que les lois de
mélanges ne peuvent prédire que les propriétés électriques de certains milieux composites particuliers,
et seulement dans certains cas spécifiques. Les problèmes principaux qui se posent encore, concernent
les grandes concentrations de la charge dans la matrice, les interactions multipolaires qui ne sont pas
prises en considération, les rapports importants des valeurs de permittivités des phases constituantes,
la forme des inclusions et la répartition des particules dans la matrice.
Dans les années 1980 et 1990, les sciences des matériaux ont connu une renaissance grâce aux
développements des outils de simulation de la morphologie de ces systèmes complexes. La simulation
numérique est ainsi devenue une troisième voie de recherche entre la théorie et l’expérience. A l’heure
actuelle, les simulations numériques permettent de traiter la majeure partie des problèmes physiques
ouverts et les modèles utilisés ne cessent d’évoluer. La possibilité de simuler des phénomènes toujours
plus complexes entraîne toutefois une augmentation du nombre de grandeurs physiques nécessaires à
la caractérisation des matériaux composites en utilisant des modèles numériques. Les résultats
numériques peuvent ainsi contribuer à l’acceptation ou au rejet des théories analytiques et peuvent
également indiquer les directions dans lesquelles de nouvelles approches doivent être développées.
Parmi les méthodes numériques utilisées pour traiter les problèmes fondamentaux concernant les
matériaux composites, on notera celles basées sur les différences finies (FD), les éléments finis
(FEM), les équations intégrales de frontières, la méthode des moments, la dynamique moléculaire, ou
encore la méthode de Monte-Carlo.
Depuis environ trois décennies et grâce aux progrès considérables réalisés dans la
modélisation et les calculs électromagnétiques, les efforts et tentatives utilisant les méthodes
numériques pour le calcul de la permittivité diélectrique effective des composites ont permis d’obtenir
des valeurs plus proches des valeurs exactes que celles données par les lois de mélanges analytiques.
L’exactitude de la méthode employée, le temps et la mémoire nécessaire pour les calculs sont autant
de sujet de discussions relatés dans ces travaux.
La modélisation des matériaux composites permet leur analyse d’une manière universelle et
une économie de temps et de coût, ce qui est d’une immense importance des points de vue scientifique
et industriel. Mais ceci permet avant tout une étude plus complète de leurs propriétés.
Dans le présent travail, nous allons caractériser les modes de résonances optiques de
nanostructures métalliques via leur fonction diélectrique effective.
Les dimensions des inclusions métalliques étant généralement inférieures aux longueurs de l’onde
incidente et dans le cadre quasi-statique, nous proposons de traiter le problème numériquement à partir
4
de la méthode des éléments finis pour modéliser le nanocomposite. Cette modélisation est basée
essentiellement sur le calcul de la fonction diélectrique effective complexe du composite. Le
problème sera traité numériquement en résolvant l’équation de Laplace, dans le cadre quasi-statique et
selon les hypothèses dipolaires. A partir de l’homogénéisation du composite, les spectres optiques
seront déterminés.
Cependant, même avec l’arrivée de ces outils numériques, de nombreux problèmes ouverts
existent sur les propriétés de polarisation d’hétérostructures déterministes. C’est dans ce contexte que
cette étude s’est réalisée. En "écartant" délibérément la notion d’aléatoire pour ne conserver que des
objets qui ne se recouvrent pas, ou régulièrement positionnés sur des réseaux, nous cherchons à
essayer de dégager des premiers principes qui nous permettront de contribuer à une meilleure
connaissance de la réponse optique de matériaux multiphasiques contenant des inclusions métalliques
de forme arbitraire. Ce travail se divise en cinq parties principales :
La permittivité du métal massif joue un rôle essentiel dans le comportement optique, nous
commençons en rappelant les principes essentiels des propriétés optiques du métal à l’état massif, dans
le chapitre 1. Ensuite nous donnerons, les différents modèles analytiques pouvant décrire la fonction
diélectrique du métal à l’échelle nanométrique.
Ensuite, nous présenterons dans le chapitre 2, le modèle de Mie qui est une théorie exacte, traitant les
propriétés optiques d’une nanosphère métallique individuelle, placée dans une matrice diélectrique. On
verra que lorsque la taille de la particule est inférieure à la longueur de l’onde incidente, la limite
mathématique de cette théorie découle aux mêmes résultats que ceux obtenus dans le cadre du modèle
quasi-statique et dipolaire, qui sera exposé dans le même chapitre.
Dans le chapitre 3, nous introduisons la théorie des mélanges et essentiellement la théorie des milieux
effectifs qui permettra l’homogénéisation du matériau à partir de sa permittivité effective. On
s’intéresse au modèle théorique le plus populaire, le modèle de Maxwell Garnett.
Dans le chapitre 4, nous développerons la méthodologie par la méthode des éléments finis de volume
dans le cadre quasi-statique. Dans cette section, est présentée, la modélisation décrivant des matériaux
artificiels composite constitués de nanostructures métalliques sous forme d’inclusions placées dans
une matrice diélectrique. Ce modèle permettra la réduction du réseau en cellules unitaires.
Dans le chapitre 5, nous allons investiguer la RPS à partir de la fonction diélectrique complexe
effective et les sections optiques, dans les systèmes en 2D pour un réseau de nanoparticules
métalliques de formes discoïdales, ensuite dans les composites en 3D, où le réseau est constitué soit de
sphères, de sphéroïdes, ou de cylindres. Une étude détaillée sur les effets géométriques et physiques
sur les spectres optiques d’absorption et de diffusion est donnée dans ce chapitre.
5
6
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
Chapitre 1
7
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
Chapitre 1
1. Introduction
Les résultats des propriétés optiques dans les cristaux plasmoniques sont la propagation
d’ondes plasmon de surface polariton (SPP modes), alors que les modes propres de résonance,
supportés par les arrangements de nanoparticules, sont d’origines le phénomène plasmon de surface
localisé, appelé aussi résonance plasmon de surface (RPS).
8
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
La résonance plasmon localisée est caractérisée par deux paramètres: l’énergie de résonance
ΩR ( 1.05 est la constante de Planck) et la largeur homogène, notée Γ , qui est
reliée au temps d’amortissement de l’oscillation, noté , par la relation :
Γ 2 ⁄T
Ces deux paramètres sont très largement influencés par la nature, la taille et la forme des métaux
à l’échelle nanométrique, mais également par le milieu diélectrique dans lequel ils sont insérés. Il
faut cependant faire la différence entre cette largeur et celle de la bande du spectre optique. De
nombreux travaux théoriques ont prédit les effets remarquables de la RPS de très petites
nanoparticules métalliques. Cependant beaucoup de ces effets n’ont pas encore pu être caractérisés
expérimentalement à l’échelle de la particule individuelle du fait de la sensibilité limitée des
techniques expérimentales actuelles.
La fonction diélectrique du métal massif joue un rôle essentiel dans le comportement optique
des nano-métaux, Alors avant de discuter de la réponse optique d’une nano-inclusion métallique,
nous allons tout d’abord donner les propriétés optiques des métaux massifs et plus particulièrement
ceux des métaux nobles. Cette partie préliminaire consacrée aux métaux n’a pas pour but de faire
une présentation exhaustive de leurs propriétés mais seulement d’introduire les éléments dont nous
nous servirons par la suite pour traiter le cas des nanoinclusions métalliques placées dans une
matrice hôte diélectrique.
9
Chapitre I Prop
priétés op
ptiques dees métaux nobles
(a ) (b) (c)
2 Présen
2. ntation dees métau
ux nobles massifs
2 Propriéétés électrroniques
2.1
Afin de décrrire les proprriétés optiquees spécifiquees des métauux nobles à l’état nanoméétrique, il
est néécessaire de passer
p en revvue certainess caractéristiq
ques de ces métaux
m à l’éttat massif [15-17].
L
L’or mes possédannt la même structure
et l’argeent massifs sont des métaux constiitués d’atom
électrronique, leurrs orbitales d sont compllètement rem
mplies et Ils possèdent
p chhacun un éleectron sur
10
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
une orbitale de type s. Ce sont ces électrons qui délocalisés dans le réseau cristallin rempliront les
bandes de conduction dans le matériau massif. Le réseau cristallin est de type cubique à faces
centrées (cfc). Ces deux métaux possèdent des structures de bandes similaires, comprenant un
ensemble de cinq bandes de valence peu dispersées (dites bandes d car essentiellement formées à
partir des niveaux électroniques provenant des orbitales d des atomes) et d’une bande s-p à moitié
pleine, dite bande de conduction. Le niveau de Fermi caractérisé par l’énergie de Fermi désigne
le niveau de plus haute énergie occupé par les électrons de conduction à température nulle.
Pour décrire correctement les propriétés optiques des métaux, il faut comprendre la structure
électronique des métaux, nous donnons sur la figure 1.3 un schéma représentatif de la structure de
bandes des métaux nobles.
Dans les métaux, des bandes électroniques associées aux électrons liés aux noyaux atomiques
(bande de valence d) se trouvent chevaucher la bande de conduction, peuplée par les électrons
délocalisés (bande s-p) ,qui en général n'est pas totalement remplie. Il y a donc des états libres dans
la bande de conduction, au dessus du dernier niveau rempli par les électrons, le niveau de Fermi. Il
ne sera donc pas nécessaire de fournir beaucoup d'énergie à un électron de la bande de valence pour
le faire transiter dans la bande de conduction au-dessus du niveau de Fermi. C'est ce processus que
l'on appelle transition interbandes.
Par contre, une énergie minimale sera nécessaire pour produire cette transition, c'est celle qui
correspond à la plus petite distance énergétique entre le niveau occupant le plus haut dans la bande
de valence et le niveau de Fermi. On l'appelle énergie de seuil des transitions interbandes, noté
.. Ce sera donc aussi l'énergie du photon qui aura été nécessaire pour l'exciter.
Le cas des électrons délocalisés (quasi-libres) est différent, puisqu'ils sont tous proches des états
libres de la bande de conduction. Il suffira donc d'un photon d'énergie très faible pour les faire
changer d'énergie au sein même de leur bande de conduction par un processus qualifié de transition
intrabande.
La structure électronique de l’or, l’argent et le cuivre massif ainsi que les valeurs respectives de la
densité d’électrons de conduction , de la masse effective de ces derniers (ou masse
optique), l’énergie de Fermi , la vitesse de Fermi des électrons de conduction et le libre
parcours moyen , sont rappelés dans le tableau 1.1.
11
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
0
Energie électronique (eV) Niveau de Fermi
Ag Au
Cu
5
Bande de
10
Conduction s‐p
Bande de valence d
10
Etant donné que la bande de valence des métaux nobles est située juste en dessous de la bande de
conduction, le seuil est suffisamment bas pour être atteint avec des photons lumineux dans le
domaine spectral du visible et du proche UV (la bande UV se situe entre 100nm-400nm, la bande
du visible se situe entre 380nm-770nm et la bande infrarouge se situe entre 770nm-10000nm [96]).
Comme déjà cité, en marge de ces transitions interbandes, d’autres transitions entre deux niveaux
de la bande s-p seront qualifiées de transitions intrabande (électrons libres de conduction).
On note que les métaux nobles se distinguent des métaux alcalins par la présence d’une première
bande de valence (bande d’énergie des électrons d) peu éloignée des bandes de conduction s et p.
12
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
(1.1)
Il est souvent commode de décrire la réponse optique de manière équivalente à partir de l’indice
complexe de réfraction noté , tel que désigne l’indice de réfraction décrivant la
vitesse de phase de l’onde et désigne l’indice d’extinction décrivant l’absorption de l’onde au
cours de sa propagation dans le matériau. Le champ électrique associé à l’onde plane qui se
propage avec une fréquence ω, dans le matériau, selon une direction , est solution de
l’équation d’onde suivante:
0 1.2
c désigne la vitesse de la lumière dans le vide. La solution de l’équation (1.2) est sous la forme:
, exp 1.3
, (1.4)
1.5
2
1.6
2
13
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
Les parties réelle et imaginaire de la fonction diélectrique sont déduites à partir des relations:
1.7
2 1.8
On rappelle que certaines quantités physiques explicites peuvent être exprimées en fonction de
ou en fonction de . Parmi ces quantités, on cite le coefficient de réflectivité, qui est défini pour une
incidence normale dans le vide comme :
1
1.9
1
, 1.10
Sachant que l’intensité du champ incident est définie comme et l’intensité du champ
exp 1.11
Le coefficient d’atténuation, lié à la partie imaginaire de l’indice de réfraction complexe est posé:
2 1.12
1.13
14
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
élevé de cette même bande. Ce terme sera décrit ultérieurement par le modèle de Drude, d’où
l’indice « D ».
Dans le paragraphe suivant, nous allons présenter le modèle de Drude qui va permettre de décrire la
composante intrabande due aux électrons quasi-libres.
Ce modèle a été introduit par Paul Drude en 1908 [18] s’inspirant des concepts de la théorie
cinétique des gaz. Il est connu pour donner des résultats satisfaisants, bien qu’il repose sur une
approche classique des électrons libres dans un plasma. Il donne généralement une bonne
description de la dynamique intrabande des électrons de conduction (donc Il fournit une assez
bonne description de la réponse optique des métaux alcalins).
Dans le cadre du modèle de Drude, les électrons de conduction du métal massif sont considérés
comme un ensemble de particules indépendantes, se déplaçant librement. Ces charges subissent des
collisions aléatoires avec d’autres particules (ions du réseau, autres électrons, phonons, défauts,
etc.….) avec une probabilité par unité de temps appelée taux de collision :
Le temps correspondant est relié au libre parcours moyen des électrons, noté ℓ
représente la vitesse de Fermi). L’effet moyen de ces collisions (dont le modèle ne prétend pas
décrire la nature ni le mécanisme) c'est-à-dire toutes les interactions électron-électron et électron-
phonon, est modélisé d’une façon phénoménologique par une force de frottement.
Les électrons de conduction sont essentiellement libres mais avec une masse effective qui
traduit quantitativement l’influence de l’environnement sur la capacité des électrons libres à être
mis en mouvement autrement leur inertie.
15
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
1.14
Cette équation est valable pour un électron, en fait nous avons besoin de la vitesse moyenne sur
l’ensemble des électrons, or les collisions électron-électron conservent généralement le vecteur
d’onde, par conséquent la vitesse moyenne est constante. Par conséquent, ce type de collisions ne
va donc pas intervenir dans le modèle de Drude.
1.15
1.16
Dans la mesure où l’intensité du champ n’est pas très forte, la polarisation et le champ sont reliés
par la susceptibilité électrique :
1.17
est la permittivité du vide, elle a pour valeur égale à 8.854187817e-12 F/m. On rappelle que la
susceptibilité d’un matériau se trouvant le vide, est définie par:
1 1.18
ω 1 1.19
16
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
1 1.20
Il apparaît dans le modèle de Drude, une pulsation appelée fréquence plasma du métal massif ou
plasmon de volume, dont l’expression est:
1.21
1 1.22
1.23
En général, pour les métaux nobles (TAB. 1.2), dans le domaine proche ultra-violet
jusqu’au proche infrarouge, alors :
1 1.24
1.25
Dans la bande infrarouge, l’énergie du photon est très inférieure au seuil des transitions
interbandes dans les métaux nobles et la contribution interbandes de la constante diélectrique est
négligeable. La mesure de la partie réelle permet de déduire et par la suite la valeur de la
masse optique des électrons. On retrouve, dans le cadre de cette approximation, que l’absorption
est proportionnelle à l’amortissement du mouvement électronique .
On observe des excitations collectives du gaz d’électrons libres. Lorsque la permittivité du métal
est nulle, il peut y avoir un mode propre du système d’électrons correspondant aux oscillations de
plasma. Sur ces expressions (Eqs. (1.24), (1.25)), on voit que l’excitation du plasmon de volume, se
produit lorsque , et elle correspond à l’annulation de la partie réelle de la fonction
diélectrique 0 et à la baisse de la valeur de sa partie imaginaire c'est-à-dire que 1. La
fréquence du plasmon d’électrons libres se manifeste dans deux sens dans les métaux massifs, pour
les fréquences supérieures à , 0 1, le métal devient transparent, alors que dans le cas
où les fréquences sont inférieures à , la réflectivité est presque égale à 100%. Les pertes
17
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
Il faut remarquer que la valeur du plasmon de volume peut être tirée à partir de la mesure
expérimentale de . Par conséquent la masse effective des électrons libres peut en être déduite.
Par ailleurs, le taux de collision supposé indépendant de ω, se déduit de l’ajustement de
par le modèle de Drude pour .
Le modèle de Drude (Eq. (1.20)) est approprié pour décrire la fonction diélectrique (parties
réelle et imaginaire) d’un métal alcalin aux fréquences optiques. Cependant la réponse optique des
métaux nobles massifs ne peut être complètement décrite par le modèle de Drude à cause des
transitions interbandes qui provoquent l’accroissement de la partie réelle et imaginaire de la
fonction diélectrique. Seul un modèle quantique pourrait décrire correctement cette contribution
interbandes des métaux nobles [19].
Dans le paragraphe suivant, nous allons présenter les valeurs mesurées de la fonction diélectrique,
comparées au modèle de Drude afin de le quantifier.
D’autres mesures de la constante diélectrique de l’or et l’argent ont été publiés et méritent
également d’être considérées [22]. Cependant nous retiendrons dans ce travail les mesures de
Johnson et Christy qui comptent parmi les plus utilisées.
18
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
Les valeurs de la fonction diélectrique (J&C) sont extraites des mesures de la réflectivité et de la
transmission de la lumière sur des films métalliques de 25 à 50nm d’épaisseur, à température
ambiante. A partir de ces mesures, un tableau de valeurs des indices de réfraction et d’extinction est
dressé dans une bande de fréquence comprise entre 0.64eV jusqu’à 6.60eV, ce qui est équivalent
aux longueurs d’onde dans la bande optique entre 180nm à 1900nm.
A partir des expressions données dans les équations (1.7) et (1.8), nous avons calculé les parties
réelle et imaginaire de la fonction diélectrique des trois métaux Au, Ag et Cu. Ensuite, nous
avons reporté respectivement sur les figures 1.4, 1.5 et 1.6, les valeurs mesurées de en fonction
de l’énergie photonique de l’onde qui est donnée en électron Volt (eV). Quelques autres
mesures de Shultz et Weaver [20] sont aussi reportées sur ces courbes. Nous avons aussi tracé le
modèle de Drude (Eq. (1.20)) pour chaque métal considéré afin de voir si le modèle représente
correctement les fonctions diélectriques de ces métaux nobles.
15
ε1=-2εm
0
10
-50
Au
ε1
ε2
-100
5
-150
ER
=
2
.
3
5
e
V
-200
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 1.4 : Partie réelle (a) et partie imaginaire (b) de la fonction diélectrique
de l’Or massif. Les résultats expérimentaux de Johnson et Christy sont
données en ( ), les mesures de Weaver (•). Ces mesures sont comparées au
modèle de Drude (trait pointillé noir) et au modèle de Drude modifié (trait
plein noir). La position de la résonance plasmon selon l’approximation
quasi-statique est indiquée pour 2.25.
19
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
10 8
0 Ag
-10 ε =-2ε 6
1 m
-20
-30 4
ε1
ε2
-40
-50 2
-60
ER=3.2ev Ag
-70 0
-80
0 1 2 3 4 5 6 7 0 1 2 3 4 5 6 7
E(eV) E(eV)
(a ) (b)
14
0
ε1= -2εm
12 Cu
10
-20 8
ε2
6
ε1
Cu
4
-40
ER=2.64eV 2
0
-60
0 1 2 3 4 5 6 7 0 1 2 3 4 5 6 7
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 1.6 : Partie réelle (a) et partie imaginaire (b) de la fonction diélectrique du métal
massif cuivre. Les mesures de Johnson et Christy ( ) et de Shultz (•) sont comparés au
modèle de Drude (trait plein noir). La position de la résonance plasmon selon
l’approximation quasi-statique est indiquée pour 2.25.
20
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
D’un point de vue expérimental, la contribution interbandes s’obtient par soustraction aux valeurs
mesurées de la fonction diélectrique, de la partie intrabande estimée par le modèle de Drude. Les
résultats obtenus pour la contribution interbandes sur les parties réelle et imaginaire de sont tracés
sur les figures 1.7.
6
12
ib Au ib
ε1
ε1 4
contribution interbande
10
contribution interbande
8
2
6
0 ib
4 ε2
ib
2
ε2 -2
Ag
0
-4
1 2 3 4 5 6 7 2 3 4 5 6 7
E(eV) E(eV)
Cu
contribution interbande
ib
4 ε2
0
ib
ε1
-4
2 3 4 5 6 7
E(eV)
La contribution interbandes (FIG. 1.7) pour l’or et l’argent, à la partie réelle de est
significative pour les énergies et elle est décroit pour les énergies . Donc la
contribution interbandes dans est faible et chute rapidement au-delà de . Par contre la
21
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
contribution des électrons liés à la partie imaginaire de (c’est à dire ) est faible pour et
significative pour . Dans le cas du cuivre la contribution interbandes, dans la partie réelle
et imaginaire est négligeable (presque nulle) en dessous du seuil interbandes.
1.26
On suppose que la constante diélectrique interbandes est la somme d’un terme statique et
d’un terme dépendant de la fréquence ω :
0 1.27
Le terme statique traduit la contribution des électrons liés (essentiellement les électrons de cœur de
la bande d), à la constante diélectrique. Elle est nulle dans le cas du modèle de Drude où seuls les
électrons de conduction sont considérés. Alors la fonction diélectrique totale devient:
1 0 1.28
1.29
On verra plus tard que l’effet des électrons liés (c'est-à-dire la contribution interbandes) est
d’atténuer la fréquence d’oscillation plasma dans le métal d’un facteur par rapport à celle
associée au modèle de Drude classique.
Dans le domaine optique, les fréquences sont telles que , ce qui nous autorise à exprimer les
parties réelle et imaginaire de la constante diélectrique (Eq. (1.29)) selon :
1.30
1.31
22
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
A partir des relations (1.30) et (1.31), nous avons reporté sur les mêmes figures 1.4, 1.5 et 1.6, le
tracé de la fonction diélectrique totale complexe des trois métaux, en prenant en compte maintenant
la contribution statique des électrons d dans l’expression de , c'est-à-dire selon le modèle de
Drude modifié. Les valeurs des paramètres et de et utilisées dans ces relations sont
reportées sur le tableau 1.2.
Métal (eV)
TAB. 1.2 : Paramètres de Drude modifié dans le domaine optique pour l’argent, l’or
et le cuivre, selon [21, 23]
Pour les métaux cités, et selon les courbes 1.4, 1.5 et 1.6, est maintenant bien ajustée par
le modèle de Drude modifié, en particulier dans le domaine proche infrarouge surtout pour l’or et
l’argent. Ce même modèle est en bon accord avec les mesures de jusqu’à une valeur seuil
au-delà de laquelle est dominée par les transitions optiques interbandes.
Ainsi donc, le modèle de Drude modifié est mieux approprié pour décrire la fonction diélectrique
des métaux massifs nobles (Au, Ag, Cu) aux fréquences optiques inférieures au seuil .
23
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
Ces propriétés sont nettement influencées par la taille, la forme de la nanoparticule ainsi que la
nature du milieu hôte.
Un schéma simple permet d’obtenir une formule facile [24], donnant le nombre d’atomes
contenu dans une nano sphère en fonction de son rayon :
/
1.32
est le rayon de Wigner-Seitz (exprimé en unité atomique (ua), 1ua=0.05292nm), défini comme le
rayon d’une sphère dont le volume est égal au volume occupé par un atome dans le métal massif.
Le diamètre calculé à partir de la relation (1.32) est donné en fonction du nombre d’atomes dans la
sphère, pour l’or et l’argent dans le tableau 1.3.
2R(nm)
N Cuivre Or
10 1.3 1.5
10 2.8 3.2
10 6.1 6.8
10 13.1 14.7
10 28.2 31.8
10 60.9 68.5
10 131.1 147.5
2.669ua, Au : 3.002ua 24 .
Le confinement c'est-à-dire la limitation de l’étendue spatiale des métaux nobles leur confère de
nouvelles propriétés optiques: les résonances plasmon localisées ou plasmon de surface (RPS) qui
sont des oscillations collectives des électrons de conduction avec l’excitation lumineuse.
Un des aspects les plus intéressants est que leurs propriétés optiques dépendent fortement de leur
taille. Eclairé en lumière blanche, l’or massif brille d’une teinte jaune (en réflexion) tandis qu’une
lame de verre couverte d’un film mince d’or apparait bleue (en transmission). En outre la couleur
24
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
d’une solution colloïdale d’or varie continûment du bleu à l’orange, lorsque la taille des
nanoparticules est réduite jusqu’à 3nm (FIG. 1.8).
Comme cité, précédemment, les propriétés optiques des nanoparticules métalliques sont
dominées par l’oscillation collective des électrons de conduction induite par interaction avec un
rayonnement électromagnétique. Le champ incident induit la formation d’un dipôle dans la nano
inclusion. Une force de rappel s’oppose alors aux déplacements des électrons par rapport au centre
de la particule (confinement spatial). Comme un oscillateur harmonique, l’oscillation des charges
dans l’inclusion est résonante pour une certaine fréquence d’excitation que l’on appelle Plasmon
résonance. Seuls les métaux possédant des électrons libres essentiellement l’or, l’argent, le cuivre
et les métaux alcalins ont leur plasmon résonance dans le spectre du visible et présentent pour cette
raison de telles couleurs intenses.
25
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
Ces plasmons jouent un rôle majeur dans les propriétés optiques des métaux. Une onde
électromagnétique de fréquence inférieure à la fréquence plasma est réfléchie, car le champ
incident est écranté par les électrons du métal. Une onde de fréquence supérieure à la fréquence
Plasma est transmise car les électrons ne répondent pas suffisamment rapidement pour pouvoir
écranter l’onde.
La RPS est une oscillation transverse et collective des électrons de conduction et elle est
résonante avec le champ électromagnétique incident. L’excitation d’une RPS est donc possible
directement par des photons.
Les effets de confinement diélectrique dans le cas d’une nanosphère peuvent s’interpréter de
manière simple dans le cadre du modèle des électrons libres. Considérons une sphère métallique
encapsulée dans une matrice diélectrique transparente (électrons liés). On peut considérer que la
nanosphère comme étant la somme d’une carcasse ionique fixe et d’un nuage électronique libre
(FIG. 1.9), totalement superposés en l’absence d’excitation extérieure.
D’un point de vue classique, si on soumet la nanosphère métallique à l’action d’un champ
électrique extérieur, il va exercer une force sur les électrons de masse et les ions de masse
constituant la sphère. Etant donné que , le réseau ionique peut être considéré comme fixe.
Par conséquent si la carcasse ionique est supposée fixe dans la matrice, le débordement du nuage
électronique dans le diélectrique neutre conduit à une densité de charge négative, alors que le côté
opposé en l’absence du nuage électronique, induit une densité de charge positive.
L’interaction entre le réseau ionique chargé positivement et cette densité de charge surfacique se
traduit par une force de rappel. Le centre de masse électronique oscille à la fréquence du champ
26
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
On rappelle que dans le cas d’un métal massif, il existe deux types de contribution électroniques
lors des interactions avec les photons lumineux, d’une part la contribution interbandes qui concerne
les électrons de la bande de valence, d’autres part la contribution intrabande qui concerne les
électrons de la bande de conduction.
Le modèle de Drude nous a permis de mettre en évidence un mode d’excitation collective des
électrons de conduction sous la forme du plasmon de Volume (PV) de fréquence :
Dans le cas d’un métal infini (massif), ce mode peut être excité par perte d’énergie, ce qui donne
naissance à une onde longitudinale de compression/ dilatation de la densité électronique afin de
relaxer l’énergie acquise. Cependant quand le matériau n’est plus infini, le traitement du cas d’une
nanosphère à l’interface avec le vide et excitée par une onde lumineuse, associe donc un nouveau
type d’oscillations. Nous verrons que selon l’approximation quasi-statique et si le métal est décrit
par le modèle de Drude classique, alors la résonance se produit pour la condition suivante :
1 2
L’effet Spill-out est d’origine quantique et produit un décalage de la RPS vers le rouge. Il a
été bien décrit par le modèle du Jellium. Quand la hauteur du puit de potentiel est finie, les
fonctions d’onde électronique s’étendent au-delà des dimensions classiques de la nanoparticule et
27
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
1.33
Où décrit le nombre (plutôt la densité) moyen d’électrons hors des limites géométriques de la
nanoparticule. En injectant l’expression (Eq. (1.21)) dans la relation (1.33), on trouve que:
1 1.34
Il y’a pour conséquence du Spill out un décalage vers les basses énergies ou grandes longueurs
d’ondes (vers le proche infrarouge).
28
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
nanoparticule sont alors plongés dans le potentiel crée par cette gelée; les interactions entre
électrons sont traitées dans l’approximation du champ moyen. Ces potentiels sont donnés de façon
phénoménologique à partir de potentiel de type oscillateur harmonique, ou selon le modèle de
Woods-Saxon [24].
A l’opposé, les nano inclusions relativement volumineuses, pouvant être considérées comme un
petit solide de dimensions nanométriques, leurs propriétés optiques sont déterminées à partir de
modèles électrodynamiques classiques utilisant la constante diélectrique du matériau massif. Dans
ce chapitre, nous nous intéressons aux particules de diamètre supérieur ou égal à 10nm (soit
N≥10000 atomes).
Dans ces limites, la réponse optique de la nanoparticule métallique peut être décrite donc par sa
permittivité complexe , mais il est cependant très primordial de bien exprimer cette grandeur.
Nous verrons plus loin, l’effet du choix des modèles sur la permittivité effective des composites et
sur les spectres optiques.
L’idée de base est simple: le taux de collision dans le modèle de Drude qui est l’inverse du
temps de relaxation des électrons libres de conduction dans un métal massif, est augmenté à cause
des chocs additionnels d’un électron au niveau de la surface de l’agrégat métallique. Avec
l’hypothèse que ces électrons sont réfléchis à la surface, alors, le taux de collision est donné :
1.35
et sont respectivement le taux de collision du métal massif et du métal confiné. est le libre
parcours effectif des collisions avec la surface. La valeur ⁄ représente l’amplitude du terme
correctif. Il dépend à priori du rapport / et surtout du milieu diélectrique extérieur.
Kreibig [26] a estimé la longueur égale à 4 ⁄3 pour une sphère de diamètre 2 . Cependant
29
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
on retient une formule plus générale, où le rapport entre le libre parcours effectif et le rayon de la
particule n’est plus 4⁄3 mais un facteur g, le taux de collision du métal confiné s’écrit donc:
2 1.36
Le paramètre g (sans dimension) de l’ordre de l’unité est appelé coefficient de diffusion de surface.
Il est ici introduit de manière phénoménologique, en considérant que les seuls processus déphasant
additionnels sont dus à des chocs entre les électrons de conduction et la surface de la nanoparticule.
1838
70 1.37
1828
20 g 1.38
La fonction diélectrique intrabande d’une nano inclusion métallique confinée s’écrit finalement
comme selon le modèle de Drude:
, 1.39
En 1966, Kawabata et Kubo [27] ont proposé un modèle semi-classique permettant de calculer
analytiquement , à partir de la théorie de la réponse linéaire d’un système quantique
composé de N électrons libres et indépendants dans un potentiel à symétrie sphérique. Cette
approche a permis d’obtenir une expression similaire à l’équation (1.36) avec pour coefficient
dépendant de la variable / :
1.40
Le modèle de Kubo (modèle qui ne prétend pas décrire la contribution interbandes) comme le
modèle classique, prédit l’existence d’un terme correctif de surface proportionnel à 1/D.
Néanmoins, l’interprétation physique de ce terme est très différente de son interprétation
phénoménologique. Dans l’approche semi-classique, la surface de la nanoparticule n’est pas à
l’origine d’une limitation du libre parcours moyen, mais détermine les énergies et fonctions d’onde
propres du système électronique.
30
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
Plusieurs approches semi-classiques ont été proposées par la suite [26]. Toutes prédisent un
terme variant comme 1/D. Cependant, les valeurs estimées pour le coefficient g varient
sensiblement entre 0.1 et 1 en fonction du formalisme employé. Certains travaux [28] citent que la
valeur de g est égal à 1.6 dans le cas de nanosphères en argent placées dans une matrice d’alumine
et prend la valeur de 0.25 dans le cas où elles sont placées dans le vide. Les travaux de Alvarez
relatifs à l’Au citent la valeur de g=1 pour une diffusion de la lumière isotropique, g=3/4 si elle est
diffusive et g=0 si elle est élastique [29].
Bilan : La plus part des phénomènes dus aux dimensions réduites de la nanoparticule sont décrits
par un terme proportionnel au apport surface/volume, s’ajoutant au taux de collision électronique
du métal massif. Nous négligeons l’effet du Spill out sur la fréquence plasma, la longueur de Spill
out est de l’ordre de quelques dixièmes d’Angstrom [30].
, 2 1.41
Le coefficient g prend en compte tous les processus déphasant additionnels dus à la taille finie de la
nanoparticule et à l’interaction de ses électrons avec l’interface. Pour le métal or, et en supposant
une valeur de g=0.25, la correction 2 ⁄ est négligeable pour des diamètres D>40nm. ce terme
est du même ordre de grandeur que dés que 40 .
Ω
∞ 1.42
Ω Γω
31
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
d’optimiser les paramètres dans la relation (1.42), et ceci en minimisant l’écart entre ce modèle et
les valeurs mesurées. Les travaux de Vial [31] sur la permittivité notée avec deux termes
Lorentziens des métaux or, argent, (aussi du chromium et de l’aluminium) ont permis de concevoir
un modèle avec les paramètres tabulés dans Tab.1.4.
(eV)
TAB. 1.4 : Paramètres de Drude Lorentz de la fonction diélectrique de l’Au etl’ Ag entre 0.5eV
à 3.5 eV.
Pour mieux voir les différences entre les différents modèles, on trace le modèle DL pour les
métaux Au et Ag respectivement sur les figures 1.10 et 1.11. On note une meilleur concordance
dans la bande de fréquence entre 0.5eV jusqu’à 3.5eV pour l’or, alors que pour le cas de l’argent, le
modèle coïncide avec les valeurs mesurées de la partie réelle et surestime la partie imaginaire. En
conclusion, le modèle de Drude Lorentz décrit mieux la fonction diélectrique de l’or et la
contribution interbandes jusqu’à 3.5ev, essentiellement pour l’or.
∞ Ω 1.43
Ω Γ Ω Γ
Les paramètres du modèle DCP sont tabulés dans le tableau 1.5. Le tracé du modèle DCP pour les
métaux Au et Ag sont donnés respectivement sur la figure 1.12 et 1.13. On voit bien que le
modèle DCP décrit encore mieux la fonction diélectrique de l’Au et concorde mieux avec les
valeurs expérimentales puisqu’il introduit la contribution interbandes élargissant ainsi la validité
du modèle dans la bande de fréquence entre 0.5eV jusqu’à 6.5eV (200nm à 2400nm). Cependant,
32
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
nous tenons à signaler que selon les courbes pour l’argent, le modèle DCP prend des valeurs
négatives dans la bande entre 2eV et 3eV pour la partie imaginaire de la permittivité ce qui peut
fausser les résultats plus tard.
(eV)
Un dernier modèle à 3 points critiques (DCP3) [33] est donné pour les métaux Au et Ag dans une
bande de fréquence plus large. Ce modèle est plus précis que celui de Lorentz à quatre points (L4)
qui est décrit dans [34]. On donne dans le tableau 1.6, les valeurs des termes de DCP3
correspondant à la relation suivante :
⁄
∞ Ω 1.44
Ω Γ Ω Γ
⁄ (eV) (eV)
33
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
Là aussi, afin de mieux illustrer le modèle DCP3, on reporte son allure sur les figures 1.14 et 1.15. On
note la concordance entre ce modèle analytique (DCP3) et les valeurs expérimentales dans une bande assez
large allant de 180nm jusqu’à 2000nm (0.6eV-7eV). Il faut noter que bien que le modèle DCP3 donne une
très bonne description de la fonction diélectrique de ces métaux dans la gamme optique allant de 0.6eV à
7eV, on relève cependant que dans le cas de l’or, le modèle DCP à deux points critiques est meilleur que le
modèle DCP3 puisqu’il s’approche plus des valeurs mesurées interbandes.
10
Au JC
0
8 DLorentz
Drude
6
-40
Au
4
ε2
ε1
2
-80
JC
DLorentz 0
Drude
-120 -2
0 1 2 3 4 5 6 7 0 1 2 3 4 5 6 7
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 1.10 : Fonction diélectrique, partie réelle (a) et imaginaire (b) donnée à partir
du modèle de Drude Lorentz (trait plein vert) pour l’or. Les mesures de Johnson et
Christy ( ) et le modèle de Drude (trait plein noir) sont aussi donnés. On note une
bonne concordance surtout dans les parties réelles.
Ag JC
0
Ag Drude
6 DLorentz
-25
4
ε2
ε1
-50 2
JC
Drude
DLorentz 0
-75
1 2 3 4 5 6 7 0 1 2 3 4 5 6 7
E (eV) E(eV)
(a) (b)
34
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
12
JC
0
10
Au Drude
DCP
8
-50 Au
ε2
6
ε1
4
-100
JC
2
Drude
DCP
0
-150
0 1 2 3 4 5 6 7 0 1 2 3 4 5 6 7
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 1.12: Fonction diélectrique, partie réelle (a) et imaginaire (b) à partir du
modèle de Drude à deux points critiques DCP (trait plein vert) pour l’or .Les
mesures de Johnson et Christy ( ) et le modèle de Drude (trait noir) sont aussi
présentés. Les mesures de l’or sont bien modélisées.
10 8
JC
7 Ag
0
Drude
6 DCP
-10 5
Ag 4
-20
ε2
ε1
-30
2
JC 1
-40
Drude
DCP 0
-50
1 2 3 4 5 6 7 0 1 2 3 4 5 6 7
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 1.13 : Idem que FIG. 1.12 : métal Ag . Une déviation du modèle DCP vers des
valeurs négatives est signalée pour la partie imaginaire de l’Ag.
35
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
14
JC
0
12 Au Drude
DCP3
10
-50
8
Au
ε2
ε1
-100
JC 4
Drude
DCP3 2
-150 0
0 1 2 3 4 5 6 7
0 1 2 3 4 5 6 7
E(e V)
E(eV)
(a) (b)
FIG. 1.14 : Fonction diélectrique partie réelle (a) et imaginaire (b) tracée à partir du
modèle de Drude à trois points critiques DCP3 (trait plein vert) pour Au. On porte
sur ce graphe aussi les mesures de J&C ( ) et le modèle de Drude (trait noir)
Ag JC
0 6
Drude
DCP3
-10 Ag 4
ε2
ε1
-20
2
-30
JC
Drude
0
DCP3
-40
1 2 3 4 5 6 7 1 2 3 4 5 6 7
E(eV) E(eV)
(a) (b)
36
Chapitre I Propriétés optiques des métaux nobles
Bilan
Nous avons présenté quatre modèles qui pourraient décrire les nano métaux:
- Drude modifié avec terme correctif tenant compte des effets de taille et d’interface,
- Drude Lorentz (DL),
- Drude à deux points critiques (DCP),
- Drude à 3 points critiques (DCP3).
Selon notre étude comparative entre ces quatre types de modèles, on retiendra dans ce travail
ce qui suit:
Cette diversité nous donnera une idée de l’effet des modèles sur les spectres optiques.
Les méthodes numériques entre autres la FDTD associées à un modèle simple comme le modèle de
Drude, montrent ici leur fiabilité à décrire la contribution interbandes des métaux et nous n’avons
pas eu besoin de résoudre le problème en passant par la mécanique quantique. Ce qui ne diminue
en rien le pouvoir de la mécanique quantique à expliquer et décrire les effets qui apparaissent lors
de la diminution de la taille de ces métaux [35].
37
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
Chapitre 2
38
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
Chapitre 2
1. Introduction
Plusieurs théories ont été développées afin de décrire les propriétés optiques des inclusions
métalliques de forme quelconque dans une matrice diélectrique, parmi les plus importantes même
si assez anciennes, il y’a la théorie de Mie et celle de Maxwell Garnett.
La théorie de Mie est basée sur la résolution des équations de Maxwell en coordonnées
sphériques avec les conditions aux limites suivantes : les composantes tangentielles et radiales des
champs électrique et magnétique doivent être continues à l’interface sphère\métal. Elle met en
évidence les modes de résonances multipolaires. A partir de cette théorie, les puissances absorbées
et diffusées sont calculées.
39
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
introduira la théorie de Mie et le modèle quasi statique, expliquant cette interaction. Nous
montrerons que dans le cadre de l’approximation quasi statique (particules de dimensions petites
devant la longueur d’onde de la lumière), le confinement prend une expression mathématique
simple où le métal est entièrement représenté par sa fonction diélectrique. Dans le cas où la taille
des particules n’est plus négligeable par rapport à la longueur d’onde, l’électrodynamique classique
nous permettra de déterminer les propriétés optiques à partir de la théorie exacte de Mie. Une
étude qualitative basée sur ces résultats sera faite à base des formules de la théorie de Mie, afin de
présenter les différents spectres optiques, ainsi que les différents facteurs pouvant les influencer
(milieu environnant, dimensions, forme géométrique etc..).
2.1
2.2
2.3
En d'autres termes, la section efficace d’extinction est la surface fictive totalement opaque,
reproduisant le pourcentage observé de lumière manquant au faisceau lumineux après interaction
avec la sphère par rapport à la quantité de lumière du faisceau incident. Il est souvent commode de
donner les facteurs d’extinction, d’absorption et de diffusion (sans dimensions) selon les relations
suivantes:
40
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
le rayon effectif de la nanoinclusion, dans le cas d’une sphère, est le rayon de la sphére,
pour un cylindre ou un sphéroïde, est souvent calculé en utilisant le principe d’égal volume
ou bien d’égale surface.
Le problème de l’interaction d’une particule sphérique de taille arbitraire avec une onde plane
monochromatique a été traité analytiquement dés 1908 par Gustav Mie [36]. Pour résoudre
l’équation de propagation des ondes électromagnétiques dans une sphère diélectrique, Mie a utilisé
une analogie avec la propagation du son. La théorie de Mie procède au calcul de la diffusion de la
lumière par des sphères de taille arbitraires. Cette théorie porte souvent le nom de Lorentz-Mie.
Soit une onde électromagnétique plane de vecteur d’onde et dont les champs incidents sont
donnés sous la forme:
exp . 2.4
exp . 2.5
En réponse à ce champ lumineux incident, il y’a apparition d’un champ à l’intérieur et à l’extérieur
de la particule (FIG. 2.1). Il est très simple de montrer que ces champs obéissent à l’équation de
Helmholtz:
0 2.6
2.7
2.8
41
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
champ diffusé
Champ incident
A l’interface particule-matrice (où représente le vecteur normal à l’interface), ces champs doivent
satisfaire aux équations de passage représentant la continuité de leurs composantes tangentielles :
2.9
2.10
2 1
2.11
1
2
2.12
42
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
cos 2.13
cos 2.14
⁄ ′⁄
1 sin cos cos
′⁄
2.15
⁄ ′⁄
1 sin cos cos cos
′⁄
2.16
2.17
De la même façon, après résolution de l’équation (2.6), le champ diffusé est trouvé être en fonction
des mêmes harmoniques sphériques de la manière suivante:
∞
2.18
2.19
Les coefficients et dans les relations (2.18) et (2.19) sont déterminés en appliquant les
conditions aux limites sur l’interface particule/milieu extérieur. Ces coefficients sont appelés
amplitudes de diffusion, ils sont trouvés être:
′ ′
′ ′
2.20
′ ′
′ ′
2.21
2.22
2.23
43
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
2.24
2
2.25
1 2.26
1.3.5 … 2 1 1! 2 3 2! 2 3 2 5
1.3.5 … 2 1
1 2.27
1! 1 2 2! 1 2 3 2
Le nombre d’ordre à prendre en compte dans la décomposition des champs, dépend de la taille en
unité de longueur d’onde de l’agrégat de particules. Si la particule est très petite comparée à la
longueur d’onde, on retombe sur la diffusion de Rayleigh. Seul le premier ordre est excité. Plus la
particule est grande comparée à la longueur d’onde plus le nombre de modes excités sera grand.
1
2.28
2
1
2.29
2
. 2.30
. 2.31
représente le taux de l’énergie diffusée qui sort de la sphère A, c'est-à-dire qui n’est pas
absorbé par la particule, d’où la convention du signe négatif.
44
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
La valeur moyenne du flux des pertes d’énergie par extinction infligées par la particule à l’onde
incidente est donnée par:
2.32
Il s’avère que ces grandeurs sont proportionnelles à , qui n’est rien d’autre que l’intensité de
l’onde plane incidente: .
Ainsi, la connaissance des champs diffusé et incident permet le calcul des différentes puissances.
Par conséquent, les sections d’extinction et de diffusion données par les relations (Eqs. (2.1), (2.2)
et (2.3)) sont ainsi calculées à partir de la théorie de Mie et formulées finalement selon:
∞
2
2 1 | | | | 2.33
∞
2
2 1 2.34
Comme illustration, nous allons déterminer les expressions des sections de diffusion et d’extinction
pour deux termes seulement dans la série précédente. En remplaçant les expressions des fonctions
de Bessel (Eq. (2.26)) et de Hankel (Eq. (2.27)) dans les fonctions de Bessel-Ricatti d’ordre 2 (Eq.
(2.22) et Eq. (2.23)), on trouve que :
′ 2 4
2.35
3 30 3 30
′ 2
2.36
2 3 2 3
′ 3
2.37
15 15
3 ′ 6
2.38
En injectant ces expressions dans les relations (2.20) et (2.21), nous obtenons les coefficients de
diffusion:
2 1 2 2 1 4 1
2.39
3 2 5 2 2 9 2
1 2.40
45
1
2.41
15 2 3
45
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
2.42
8 1
2.43
3 2
1
4 2.44
2
Il faut noter que nous avons négligé les termes en pour calculer l’expression et les
termes en pour calculer .
Nous verrons plus loin que la polarisabilité d’une sphère est proportionnelle à son volume et elle
est liée à la constante diélectrique grâce à une relation de type Clausius-Mossotti. Elle est exprimée
par la grandeur:
3 2.45
2
En remplaçant l’expression de la polarisabilité (Eq. (2.45)), dans les relations (2.43) et (2.44), nous
arrivons aux théorèmes optiques pour les particules de dimensions petites devant la longueur de
l’onde:
| | 2.46
6
2.47
2.48
Bien que ces théorèmes découlent de la théorie de Mie relative à une sphère, ils sont considérés
comme des théorèmes valables pour n’importe quelle forme d’inclusions, à condition que leurs
dimensions soient petites par rapport à la longueur de l’onde lumineuse [37]. Pour les particules
sphériques dont les dimensions sont comparables à la longueur d’onde, il faut prendre en
considération des termes supérieurs dans la série (2.26) et (2.27).
Le second modèle que nous allons développer dans ce paragraphe, est basé sur les principes de
l’électrodynamique, il est très simple mais il donne des résultats satisfaisants. Il est considéré
comme une limite de la théorie de Mie.
46
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
Chaque élément de volume dV est donc assimilé à un dipôle élémentaire générant un champ
. Lorsque les charges se déplacent de part et d’autre, ce champ se crée dans le sens inverse
2.49
3
2.50
2.51
3
47
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
On sait que la polarisation macroscopique et le champ dans la sphère sont reliés par définition
grâce à la susceptibilité électrique selon la relation :
2.52
2.53
En injectant les équations (2.52) et (2.53) dans l’équation (2.51), on trouve la formule qui relie le
champ interne au champ local:
3
2.54
2
2.55
Si le matériau possède une densité volumique de dipôles noté ( nombre de dipôles par unité de
volume), alors la polarisation macroscopique serait , et elle s’écrit:
48
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
2.56
En remplaçant l’expression du champ (Eq. (2.51)) dans cette dernière relation, on obtient:
2.57
3
Si on injecte l’expression de (Eq. (2.52)) dans cette dernière équation, on tire finalement la
relation entre la susceptibilité et la polarisabilité dans une sphère:
2.58
3
Cette relation est connue sous le nom de Clausius-Mossotti. Elle relie une grandeur macroscopique
qui est la susceptibilité et une grandeur microscopique qui est la polarisabilité. A partir des
équations (2.53) et (2.58), on trouve que :
3 2.59
2
3
Si la sphère est supposée être un seul dipôle, par conséquent 1⁄ . On retrouve finalement la
polarisabilité d’une sphère qui s’écrit :
3
2
Il faut noter que la valeur de la polarisabilité, donnée ici est statique car le champ appliqué est
supposé statique ( 0).
3
2
En injectant dans cette dernière, l’expression de la polarisabilité (Eq. (2.45)), on trouve la relation
déjà posée (Eq. (2.56)) reliant la polarisation macroscopique et champ local :
Cette expression servirait plus tard, au calcul de la polarisabilité pour la détermination des sections
de diffusion et d’extinction par la méthode des éléments finis.
49
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
2
1 2.60
3 3
3
2.61
3 1 2 ⁄3
3 2.62
2
2
3
A l’ordre 0, c'est-à-dire pour 1 (autrement dit pour des dimensions de l’inclusion faibles par
rapport à la longueur d’onde du champ appliqué), on retrouve les expressions du champ de
dépolarisation et la polarisabilité statiques dans une sphère polarisée uniformément.
1 1 Φ 1 Φ
Φ 0 2.63
Etant donné la symétrie du problème, les potentiels sont indépendants de la variable azimutale
(FIG. 2.3). Les conditions de continuités de la composante tangentielle du champ électrique et de
la composante normale du vecteur déplacement électrique au niveau de l’interface séparant la
sphère métallique et le milieu extérieur, accompagnent cette équation.
A r=a, on a :
50
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
1 Φ
2.64
Φ
2.65
Φ 2.66
Φ 2.67
2.68
2.69
En plus, il faut aussi imposer que loin du dipôle, le champ électrique est un champ non perturbé,
autrement:
lim Φ 2.70
∞
A partir de la relation (2.70), on trouve que parmi les termes non nuls, seul . Le reste
des coefficient sont calculés pour r=a. Lorsqu’on substitue les séries (2.66) et (2.67) dans les
relations (2.68) et (2.69), ceci résulte en deux séries de fonctions de Legendre s’annulant. Puisque
ils doivent diminuer pour tout , le coefficient de chaque fonction de Legendre doit aussi
51
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
s’annuler de façon séparée. A partir de ces conditions, les coefficients et sont calculés
donnant cette série d’équations :
2 1 1
3
Φ 2.71
2
1
Φ 2.72
2
3
2
On retrouve la relation déjà posée (Eq. (2.54)). On rappelle que la densité de charge polarisée est
par définition :
· / 2.73
Ainsi, donc:
3 2.74
2
Remarque : Dans le cas statique, le potentiel en un point de position radiale r, crée par un dipôle
électrique idéal possédant un moment dipolaire , s’écrit:
·
Φ 2.75
4 4
En ne comparant que les contributions du dipôle dans les expressions dans (2.75) et (2.72), on tire
l’expression du moment dipolaire:
1
4 2.76
2
52
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
1
Φ 2.77
4
Φ
1 2.78
2
1 Φ
1 2.79
4
1 2.80
4
Si on suppose que la position où l’on calcule les composantes du champ est assez lointaine par
rapport au dipôle, alors 0 et le champ diffusé est réduit aux expressions suivantes:
2.81
4
2.82
4
La puissance diffusée est par définition le flux d’énergie traversant une surface de rayon dont
l’élément surfacique selon le vecteur unitaire est donné en coordonnées sphériques par
. L’expression de la puissance rayonnée est par conséquent:
1 1
2.83
2 2
53
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
1
2 4
| | 2.84
6
| |
6
On retrouve donc dans le cadre de l’approximation dipolaire, la relation déjà posée par la
théorie de Mie dans le cadre de l’approximation quasi-statique où 1 (cas limite). Ainsi,
remplacer une sphère de faibles dimensions par rapport à la longueur d’onde par un dipôle idéal est
bien justifié. Nous avons obtenu les mêmes résultats prévus par la théorie de Mie dans le cas limite.
Ceci n’est pas un hasard, la justification est faite par ce qui va suivre : supposant que l’onde
appliqué est polarisée selon l’axe ox, à n’importe quel instant, l’amplitude de l’onde appliqué sur la
sphère est , cependant si 1, alors 1 et le champ appliqué est
approximativement uniforme sur toute la région dans laquelle se trouve la sphère.
Lorsque la taille de la particule n’est pas négligeable par rapport à la longueur d’onde de la
lumière incidente (D ⁄5), l’amplitude et la phase du champ électromagnétique incident ne
peuvent pas être considérées comme uniformes sur le volume de la nanoparticule. Dans ce cas
l’approximation dipolaire cesse d’être valide et il est nécessaire de prendre en compte les effets de
retard dus au champ excitateur ainsi que les termes multipolaires dans le calcul des sections
efficaces. Contrairement au cas des petites nanoparticules où l’absorption prédomine, nous verrons
que pour les nanoparticules plus grosses la diffusion n’est plus négligeable.
⁄ 3
3 2.85
2
54
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
3 2.86
2
Pour une même nanosphère, le rapport des sections efficaces de diffusion et d’extinction est
proportionnel au volume :
Ainsi, pour 1, l’extinction est largement dominée par l’absorption et nous avons :
Dans cette approximation, la réponse optique d’une nanosphére métallique présente une seule
résonance dont la position spectrale est indépendante de sa taille (Eq. (2.85)). L’amplitude de la
section efficace d’extinction de la nanosphère est proportionnelle à son volume. Elle dépend bien
entendu des fonctions diélectriques du métal et du milieu environnant, ainsi que de la longueur
d’onde du rayonnement incident. Pour des valeurs faibles ou lentement variables de la partie
imaginaire de la fonction diélectrique du métal, le dénominateur de cette expression passe par un
minimum lorsque :
2 2.87
Dans ce cas prend une valeur faible. Pour la longueur d’onde satisfaisant cette égalité, La
résonance plasmon de surface se produit, autrement dit lorsque les conditions de cette résonance de
l’interaction entre la lumière et la nanoparticule sont remplies, la combinaison est optimale entre
les forces électriques exercées sur le nuage électronique (dues au champ électrique appliqué et au
rappel de la carcasse).
Donc selon la relation (Eq. (2.85)), l’exaltation du champ à l’intérieur de la nanosphère métallique
est susceptible d’être résonante à condition qu’il existe une pulsation (appelée fréquence de
Fröhlich) qui minimise le module du dénominateur | 2 |. Cette condition peut être satisfaite
par les métaux où 0 dans le domaine optique. La condition de résonance pour s’écrire :
2 0
Nous avons négligé le terme dépendant de la fréquence dans la contribution interbandes, nous
obtenons l’expression simplifiée:
55
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
2.88
2
Selon les paramètres du modèle de Drude dans le tableau 1.2, le phénomène de résonance plasmon
de surface se manifeste autour de 3 pour l’argent et 2.3 pour l’or.
Il faut noter que la condition de résonance 2 0 n’est valable que dans le cas où la
forme de l’inclusion est sphérique.
Nous avons omis de prendre les formules du cas limite (quasi statique) afin d’avoir un
champ d’études plus large et surtout pour permettre de bien poser par la suite les hypothèses
nécessaires à la suite du formalisme numérique.
Dans cette partie, nous passons en revue certaines propriétés optiques remarquables de la
résonance plasmon d’une nano inclusion sphérique d’or et nous discutons les processus physiques à
l’origine. Nos calculs numériques sont effectués à partir d’un programme [41] écrit en langage
Fortran faisant appel aux formules (Eqs. (2.33), (2.34)).
56
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
En premier lieu, on trace sur la figure 2.4.a, le facteur d’extinction efficace, facteur sans
dimensions (extinction efficiency factor) en fonction de l’énergie photonique . On note
que la forme du spectre selon le modèle de Drude est de type gaussien. Cette courbe montre
l’apparition d’un seul mode de résonance, on y introduit donc, les grandeurs suivantes, l’énergie de
résonance , et ⁄ respectivement pleine largeur à mi-hauteur et demi largeur de la RPS, on
rappelle que cette largeur est différente de celle correspondante au temps d’amortissement.
La résonance se produit pour 2.37 , c'est-à-dire pour une longueur d’onde égale à
environ 520nm. L’estimation de selon l’approximation dipolaire 2.38 est en bon
accord avec les valeurs déterminées graphiquement à partir de la théorie de Mie. La pleine largeur
à mi hauteur est égale à 205 .
On trace ensuite, sur la figure 2.4.b, les trois sections d’extinction, d’absorption et de diffusion
(en unité ) pour la même nanosphère. On voit que l’absorption est presque égale à l’extinction,
la diffusion est très négligeable, ceci concorde bien avec les prédictions de l’approximation
dipolaire.
10
εm=2.25 D=20nm
8 σabs
2000 εm=2.25 σdiff
σi (cross section nm2)
1500
4
1000
2 Γ
Γ1/2 500
0 ER
2.0 2.1 2.2 2.3 2.4 2.5 2.6 2.7 2.8 0
1,8 2,0 2,2 2,4 2,6 2,8
E(eV)
E(eV)
(a ) (b)
FIG. 2.4 : cas de nanosphère de diamètre D 20nm, placé dans une matrice de permittivité
2.25, décrite par le modèle de Drude (g=0.25, (Eq. (1.39))).
a Facteur efficace d’extinction calculé à partir de la théorie de Mie. La résonance se produit à
environ 2.37eV.
b Spectres optiques d’extinction (en trait noir), d’absorption (en trait rouge) et de diffusion
(en trait vert) calculées à partir de la théorie de Mie.
57
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
Pour voir l’effet des dimensions sur les spectres optiques, on porte sur la figure 2.5, les
facteurs efficaces d’extinction et d’absorption pour deux diamètres différents. En premier lieu, on
note le décalage de la RPS vers le rouge (redshifted) lorsque le diamètre augmente. Ensuite on
observe pour un diamètre égal à 20nm, que la diffusion est presque nulle et l’extinction est
dominée par l’absorption. Cependant lorsque D=60nm, l’absorption diminue et la diffusion
augmente (elle est même supérieure à l’absorption). Ce qui signifie que plus la taille de la particule
diminue plus l’absorption est dominante et plus elle augmente plus la diffusion devient dominante.
14
Qext Qext
12
Qabs Qabs
D=60nm D=20nm
10
(Facteur efficace)
4
Qi
E(eV)
L’effet du paramètre g sur le spectre d’extinction est donné sur la figure 2.6. Dans le cas de
l’or massif, et pour un diamètre égal à 20nm, l’ajout du paramètre g à la fonction diélectrique n’a
aucun effet apparent sur la position de la RPS. Par contre ce terme est responsable de
l’élargissement de la RPS. La variation de la largeur de l’amortissement est une conséquence de la
dépendance en taille D. L’effet du terme correctif, sur le spectre d’extinction est apparemment
d’élargir la résonance de plasmon et corollairement d’abaisser son amplitude, essentiellement
quand D est faible. On note cependant que ceci est une simple modélisation numérique, qui nous
donne une idée générale sur le comportement physique de l’objet étudié, seule une confrontation
avec l’expérience pourrait trancher sur l’exactitude des conclusions trouvées, surtout à l’échelle
nanométrique.
58
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
12 g=0
g=0.2
10 g=0.4
g=0.6
g=1
8
Qext
6
0
2,20 2,25 2,30 2,35 2,40 2,45 2,50
E(eV)
Nous utilisons comme illustration, le modèle de Drude Lorentz donné par l’équation (1.42)
pour décrire la permittivité de l’inclusion sphérique en Or, de diamètre D=20nm et placée dans une
matrice hôte de permittivité 2.25.
On représente sur la figure 2.7, les différents facteurs efficaces optiques (extinction, absorption,
diffusion) à partir de la théorie de Mie. On observe une différence entre l’aspect décrit par le
modèle de Drude et celui de Drude Lorentz où la contribution interbandes dans le tracé des courbes
est très apparente. La forte dispersion de la fonction diélectrique interbandes au voisinage de est
à l’origine de l’asymétrie observée sur ces spectres. Autrement dit les variations non négligeables
de au voisinage de la RPS sont la raison de l’allure de la RPS essentiellement pour l’Au. Plus
tard, nous verrons que dans le cas du métal Ag, l’allure reste pratiquement gaussienne quelque soit
le modèle utilisé car la bande inferieure de la contribution interbandes est située assez loin de la
RPS.
Les maximums obtenus dans les différents spectres, réalisées à partir du modèle de Drude
Lorentz sont inférieurs à ceux obtenus dans le cas du modèle de Drude qui tient compte du terme
correctif g=0.25, où on a remarqué qu’il a tendance à diminuer la largeur de la résonance et à
augmenter son maximum, ce qui explique cette différence. Les spectres d’absorption et
d’extinction sont égaux, la diffusion étant très faible et négligeable devant l’absorption optique. La
fréquence de résonance dans ce cas se situe à environ 2.31 ( 535 ). Elle est
légèrement inférieure à celle estimée dans le cas de l’utilisation du modèle de Drude où
2.37 520 . La pleine largeur à mi-hauteur de la RPS est d’environ 400 .
59
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
Extinction D=20nm
2,0 absorption
diffusion
1,5
Q
1,0
0,5
0,0
E(eV)
Nous augmentons le diamètre de la sphère à 80 et nous présentons les trois spectres qui
lui sont associés dans la figure 2.8.a On observe comme prévu, un décalage de la RPS vers le
proche infrarouge et une élévation de l’extinction. On note l’augmentation de la diffusion et on
constate qu’elle est légèrement supérieure à l’absorption. Donc selon la théorie de Mie, plus le
diamètre de la sphère augmente, plus la diffusion augmente. Pour permettre la comparaison, sur la
figure 2.8.b, nous traçons les facteurs efficaces de diffusion et d’absorption pour la même particule
métallique en or pour deux diamètres différents 40 et 80 . On note en premier lieu
que pour 40 , la diffusion est toujours négligeable. Cependant pour 80 , la diffusion
et l’absorption sont comparables.
6
extinction D=80nm absorption
8
absorption diffusion
diffusion
6 4 D=40nm
D=80nm
4
Q
0
0
1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 2.8 : a Idem que la FIG. 2.7 avec D 80nm. La diffusion est supérieure à
l’absorption. (b) Spectres de diffusion et d’absorption pour deux diamètres 40nm
et 80nm.
60
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
On reporte sur les figures 2.9, le facteur d’absorption en fonction de l’énergie photonique pour
différents types de matrice. Ces figures donnent l’évolution de la RPS en fonction de . On
constate l’effet de l’environnement selon qu’on prend un milieu d’indice égal à 1 (ce qui
correspond au vide ou l’air) ou 1.5 (ce qui correspond à la silice). Quand l’indice de matrice hôte
augmente, la position spectrale de la RPS se déplace vers le proche infrarouge et son amplitude
augmente. La variation de la fréquence de la RPS avec l’indice du milieu est donnée dans la figure
2.10, le décalage observé est assez significatif. Certains travaux [49] prédisent l’augmentation de
la valeur de l’indice environnant avec la chaleur provoquée par le laser (qui est la source de
l’excitation), cette augmentation d’indice est la raison du déplacement de la RPS vers le rouge (Eq.
(2.88)).
9 2,5
nm=1. nm=1
8
redshift nm=1.33 nm=1.33
facteur d'absorption
Qabs facteur d'absorption
2,0
7
nm=1.5 redshift nm=1.5
6
1,5
5
4
1,0
3
Qabs
2
0,5
1
0
0,0
1,75 2,00 2,25 2,50 2,75 3,00 3,25 1,75 2,00 2,25 2,50 2,75 3,00 3,25 3,50
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 2.9 : Spectre d’absorption d’une nanosphère en or, D=20nm, pour trois
milieux (l’air : 1, l’eau : 1.33 et le verre : 1.5). Le facteur
efficace d’absorption est calculé à partir de la théorie de Mie. La fonction
diélectrique de l’or est décrite par le modèle de Drude avec g=0.25 (a) et par le
modèle de Drude Lorentz (b).
Eventuellement, on pourrait expliquer l’effet de la matrice hôte par le fait que lorsque
augmente, l’écrantage de l’interaction électron-électron au voisinage de l’interface devient plus
important et la densité électronique pénètre de plus en plus dans la matrice conduisant ainsi à un
effet de Spill-Out plus important. Par conséquent, la résonance optique prédite par la théorie de
Mie se déplace vers le rouge et ce déplacement devient de plus en plus important au fur et à mesure
que la taille (D) diminue.
61
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
2,6
D=20nm
g=0.25
2,4
2,2
ER (eV)
2,0
1,8
1,6
2 4 6 8
εm
Selon ces courbes le facteur d’absorption augmente pour D compris entre 5nm et 60nm, puis il
diminue pour D>60nm. Un deuxième mode de plasmon apparait pour D>90nm. La théorie de Mie
prédit donc l’apparition de deux modes de résonance pour des grandes valeurs du diamètre, l’un en
proche infrarouge et l’autre au bleu, c’est le mode quadripolaire.
Une baisse dans l’absorption est observée à partir de 40nm et donc une augmentation de la
diffusion. Tous ces résultats correspondent à ce que nous avons déjà cité au début du chapitre et
concordent aussi avec les prédictions trouvées dans [45] à partir de l’approximation dipolaire
discrète.
La même évolution est donnée la figure 2.11.b, pour le modèle de Drude Lorentz. Il intéressant
de voir la diminution de l’absorption n'apparait qu’à partir d’un diamètre supérieur à 60nm, or dans
la figure 2.11.a, ceci se produit à partir d’un diamètre supérieure à 40nm. La puissance absorbée
est plus intense dans le cas du modèle de Drude et le mode quadripolaire n’est pas apparent encore
apparent pour un diamètre de 80nm. Ceci montre que l’interprétation des spectres optiques
62
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
Sur la figure 2.12, l’évolution de la fréquence de la RPS en fonction du diamètre D est donnée,
on observe un décalage significatif non linéaire de valeur d’environ 74nm pour une variation entre
10nm et 100nm (décalage relatif de 0.82). Ce décalage est bien observable même pour des
diamètres inférieurs à 20nm.
12
D=5nm 5 D=5nm
D=10nm D=10nm
Qabs (Facteur efficace d'absorption)
10 D=20nm
D=20nm
4
D=30nm D=30nm
8 D=40nm D=40nm
D=50nm 3 D=60nm
D=60nm D=80nm
Qabs
6 D=70nm
D=80nm 2
4
1
2
0
0
1,8 2,0 2,2 2,4 2,6 2,8 3,0 1,8 2,0 2,2 2,4 2,6 2,8 3,0
E(ev) E(eV)
(a) (b)
FIG. 2.11 : Spectre d’absorption pour différentes valeurs du diamètre d’une
nanosphère en or dont la permittivité est décrite par le modèle de Drude (g=0.25)
(a) et par le modèle de Drude Lorentz (b). 2.25
2.40
εm=2.25
2.35
g=0.25
2.30
ER(eV)
2.25
2.20
2.15
2.10
10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
D(nm)
63
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
à partir de la théorie exacte de Mie. Cependant dans le cas comme les sphéroïdes et les cylindres, la
résolution théorique est difficile voire impossible. La réponse optique peut être calculée
analytiquement dans l’approximation quasi-statique si l’objet présente une symétrie suffisante. La
formule analytique qui existe, connue sous le nom de théorie de Gans [47], est basée sur les
théorèmes optiques (Eq. (2.46) à (2.48)), où les sections optiques sont déterminées à partir de la
polarisabilité de l’inclusion sphéroïde.
Pour cela on présente les résultats de la théorie de Gans qui traite l’équation de Laplace dans le
cas quasi-statique, pour une forme sphéroïdale. On considère un sphéroïde défini par ses demi axes
a, b et c (a>b>c et a<<λ). Dans le cas où deux axes sont identiques, on discerne deux types: le
prolate et l’oblate (figure 2.13). Le prolate prend la forme d’un ballon de rugby et
l’oblate prend la forme d’une soucoupe.
4 2.89
3 3
L’anisotropie présente dans la forme de l’ellipsoïde est la raison pour laquelle la polarisabilité est
différente selon les trois axes principaux. Selon le théorème optique (Eq. (2.47)), la section
d’extinction est :
⁄
2
2.90
1
Pour une sphère 1⁄3 pour chaque axe. L’égalité des deux axes implique l’égalité des
polarisabilités relatives à ces deux axes : .
1 1 1
1 2.91
2 1
1 1 1 11
2.92
2 2 2
64
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
Une configuration plus réaliste est lorsque l’ellipsoïde est arbitrairement orienté par rapport au
champ extérieur, dans ce cas la section d’extinction moyenne est une moyenne des trois sections
d’extinction selon les trois axes :
2.93
3
Dans la théorie de Gans, l’extinction dominée par l’absorption est indépendante des dimensions
réelles et absolues. La dépendance est introduite à travers les facteurs de forme ou facteurs de
dépolarisation relatifs aux trois dimensions de la particule. Pour le cas des sphéroïdes, ceci se réduit
uniquement à deux facteurs, puisque la particule présente une symétrie de rotation autour de l’axe
oz.
Nous traçons sur les figures 2.14, l’évolution de la section d’extinction pour une nanoparticule
prolate dont le volume est équivalent à celui d’une nanosphère de diamètre D=20nm. Tout d’abord,
du fait de l’anisotropie du sphéroïde, il existe deux modes distincts placés de part et d’autre de
l’énergie de résonance d’une sphère de même volume. Le mode longitudinal selon l’axe long
résonne à une énergie et le mode transverse selon l’axe court ou l’axe
résonne à une énergie .
65
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
3000 3000
mode long prolate
Prolate mode long
mode court a/c=0.5
2500 a/c=0.9 mode court 2500 sphere
sphere
2000 2000
σext (nm2)
σext (nm2)
1500 1500
1000 1000
500 500
0 0
1,8 2,0 2,2 2,4 2,6 2,8 1,6 1,8 2,0 2,2 2,4 2,6 2,8
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 2.14 : Spectre d’extinction d’un prolate, placé dans une matrice hôte de
permittivité 2.25 et dont la fonction diélectrique est décrite par le modèle de Drude
(g=0.25). Le volume du prolate est égal au volume d’une sphère de diamètre
D=20nm. 0.9 (a) et 0.5 (b)
6. Conclusion
Nous avons vu que la propriété intéressante des métaux à l’échelle nanométrique est la présence
de plasmons localisés. Ces résonances sont dues à des oscillations collectives des électrons de
conduction en réponse à une onde électromagnétique dans la bande optique, qui provoque une forte
polarisation de la particule. La fréquence de la résonance plasmon dépend de plusieurs facteurs :
66
Chapitre II : Propriétés optiques d’une sphère métallique en matrice diélectrique
Bien que la théorie de Mie soit exacte, elle n’est cependant valable que pour la diffusion de l’onde
lumineuse, par une seule sphère ou un ensemble de sphères isolées (sans interaction mutuelles),
autrement de faibles fractions. Il est par conséquent nécessaire de trouver d’autres outils
mathématiques et numériques afin d’étudier les propriétés optiques de particules de géométries
différentes et à des fractions élevées.
Souvent, les travaux qui traitent les propriétés optiques d’une distribution de sphères
métalliques, font référence à une méthode numérique, appelée T-matrice, récemment développée.
L’algorithme de la T-matrice [41, 42] est considéré comme une extension de la théorie de Mie dans
le cas d’un ensemble de particules sphériques. Les particules simulées pourront atteindre une
centaine de longueurs d’onde de diamètre, ce qui fait de cette méthode une des méthodes capable
de simuler les particules les plus grosses [43].
67
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
Chapitre 3
68
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
Chapitre 3
1. Introduction
Maintenant nous devons poser deux questions : Est-ce que une structure périodique ou non
(comme illustration, nous donnons un exemple sur la figure 3.1) avec des cellules unitaires de
dimensions sub-longueur d'onde est elle équivalente à un milieu homogène effectif? La réponse à
une telle question est le point clé pour l'homogénéisation des particules artificielles et la théorie du
milieu effectif. Dans ces composites souvent appelés métamatériaux, les inclusions artificielles de
taille sub-longueur d'onde remplacent les atomes et les molécules des matériaux conventionnels.
Puisque l'échelle de ces inclusions est beaucoup plus petite que la longueur d'onde, une description
homogénéisée dans le macroscope est valide [52,53]. Dans le cadre de l'homogénéisation, les
champs électromagnétiques macroscopiques sont déterminés en moyennant les champs locaux. A
partir des champs moyens, la fonction diélectrique (et la perméabilité) ramenées à une moyenne
sont ainsi définies.
69
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
L’étude du transport d’une onde électromagnétique dans les systèmes hétérogènes est devenue
un sujet majeur depuis plusieurs décennies et ceci dans le but de concevoir de nouveaux matériaux
composites appropriés à une fonctionnalité spécifique. La propagation d’une onde
électromagnétique dans une hétéro-structure est généralement compliquée à décrire théoriquement,
ceci est dû à la nature des fluctuations spatiales locales associées aux inhomogénéités.
Différents modèles ont été proposés dans la littérature depuis le début de l’électromagnétisme
moderne. Dans la plus part de ces modèles, l’étude des propriétés de polarisation a été basée sur
une approche quasi-statique, c'est-à-dire caractérisée par l’interaction d’un champ de grande
longueur d’onde avec le matériau composite. Ainsi, dans le cadre d’une description grande
longueur d’onde, la notion de milieu effectif permet de décrire la réponse diélectrique de l’hétéro-
structure par une moyenne définie sur un volume représentatif du matériau.
La notion de fonction diélectrique effective est introduite ici pour décrire d’un point de vue
macroscopique, les propriétés d’un milieu hétérogène constitué de plusieurs matériaux. Une telle
modélisation nécessite que la taille des inclusion réparties dans la matrice diélectrique soit petite
par rapport à la longueur d’onde de la lumière incidente de sorte que les approximations quasi
statique et dipolaire soient applicables.
De nombreux travaux ont été réalisés dans le cadre des lois des mélanges visant à exprimer la
fonction diélectrique effective d’un milieu hétérogène en fonction des permittivités et des fractions
volumiques des constituants.
Ainsi les lois de Maxwell-Garnett (MG) [54] ou de Bruggemann (BG) [55] ont été proposées
pour trouver un support théorique en termes de premiers principes manquant dans des lois de
70
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
mélange. D’autres méthodes sont apparues en parallèle donnant non pas la fonction diélectrique
effective mais les bornes d’intervalles dans lequel ses valeurs sont autorisées.
Les théories du milieu effectif (EMT), ont été développées à partir de l’électrodynamique basée
sur les notions de champ local et moyen [56,57]. Elles apparaissent dans plusieurs domaines de la
physique. Apparaissant superficiellement différentes, elles sont souvent mathématiquement
équivalentes. Ces lois ne tiennent pas compte des interactions des inclusions entre elles et entre les
inclusions et la matrice.
Plus récemment sont apparues les méthodes de l’électromagnétisme numérique, on cite les
plus populaires, la méthode des éléments finis (FEM) [58] et la méthode des différences finies dans
le domaine temporel (FDTD) [59]. D’un point de vue de transport électromagnétique, ce type de
modélisation dépend fortement du rapport entre la taille des inclusions et la longueur d’onde.
Comme cité précédemment, l’hypothèse « idéale » est de considérer que cette taille typique est
beaucoup plus petite que la longueur d’onde. La permittivité effective est alors celle d’un matériau
homogène qui se comporte de façon identique en matériau hétérogène réel d’un point de vue
transport de l’onde.
L’objectif de ce qui suit est de rappeler les concepts de base essentiels à l’analyse des propriétés
de matériaux composites. Nous présentons en premier lieu, le principe de polarisation électrique
qui sous entend le principe de base de l’étude suivante: la fonction diélectrique. En seconde partie,
nous donnerons quelques théories des milieux effectifs utilisées plus tard comme moyens de
comparaison avec les résultats numériques obtenus à partir de la FEM.
2. Phénomène de Polarisation
Les phénomènes de propagation d’une onde électromagnétique dans un milieu
possédant les propriétés électriques (caractérisées par la permittivité ) et magnétiques
(caractérisées par la perméabilité ) peuvent être étudiés dans le cadre de
l’électrodynamique classique. Selon la théorie de la réponse linéaire, lorsqu’un matériau
donné est soumis à un champ électrique, l’induction électrique résultante est reliée à ce
champ par une relation linéaire proportionnelle à , de façon analogue, s’il est soumis à un
champ magnétique, l’induction magnétique résultante est reliée à ce champ par une
relation linéaire proportionnelle à . Généralement, ces deux grandeurs sont des
complexes, dont la partie réelle caractérise la capacité du matériau à stocker l’énergie, et la
partie imaginaire caractérise la dissipation de cette énergie.
71
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
* Polarisation électronique: elle est due à l’oscillation du barycentre du nuage des charges
électroniques par rapport au noyau de l’atome sous l’influence du champ électrique. Ces
oscillations ont lieu à des fréquences très élevées comprises entre 10 et 10 . Elle
existe dans tous les matériaux sans exception. La déformation de l’orbite qui l’accompagne
est élastique, c'est-à-dire que le travail n’est pas converti en chaleur mais stocké dans le
champ électrique. La polarisation électronique et les dipôles induits disparaissent quand le
champ est supprimé.
* Polarisation atomique (ou ionique): elle se produit lorsque les noyaux se déplacent les
uns par rapport aux autres. Elle est effective pour les fréquences de
l’ordre 10 (domaine de l’infrarouge).
* Polarisation dipolaire (d’orientation): elle concerne les molécules possédant un moment
dipolaire permanent, la structure de ces molécules étant asymétrique. Ce type de
polarisation est observé pour les fréquences radio.
* Polarisation macroscopique ou inter faciale appelée aussi polarisation de la charge
spatiale: elle est due au déplacement limité (le mouvement des charges est limité à cause
des états énergétiques de capture ou des barrières de potentiel) et à l’accumulation de
charges libres aux interfaces entre des milieux différents.
* Polarisation spontanée: elle apparaît dans des milieux caractérisés par la présence de
domaines comportant des particules polarisées de manière identique. Les domaines
désordonnés au début s’orientant à l’application d’un champ extérieur d’où l’apparition de
la polarisation spontanée qui a tendance à augmenter la permittivité du matériau.
E=0 E
Type de polarisation
Electronique
Ionique
Dipolaire
Interfaciale
cation
polaire anion
atome moléculaire grain
3. Approche quasi-statique
| | 1
| | 1 1,2, …
étant le vecteur d’onde dans le milieu et définit la taille typique du désordre,
⁄ ⁄ représentent le vecteur d’onde associé à la phase (i) de permittivité
et de perméabilité .
73
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
En raison des restrictions quasi-statiques, les pertes de dispersion ne sont pas incluses dans la
permittivité effective, sont prises en considération, les pertes par absorption. Si les constituants ou
phases du composite sont avec pertes, la permittivité effective est une grandeur complexe.
Dans cette théorie, les grandeurs macroscopiques telles que le potentiel, les champs
d’induction ou la polarisation macroscopique sont considérées comme des grandeurs moyennes. Au
niveau microscopique de l’atome et de la molécule, on ne plus assimiler le milieu à un continuum,
les interactions entre dipôles font que le champ agissant effectivement au niveau d’un dipôle
dépend de l’orientation et de la position de tous les autres, d’où la nécessité de définir le champ
effectif interne en fonction des grandeurs macroscopiques.
Sans rentrer dans les détails des développements physiques qui ont engendré la théorie du
milieu effectif, nous allons présenter les principes de cette approche. Cette théorie repose sur
l’hypothèse qu’une particule diélectrique plongée dans un champ uniforme , se comporte comme
un dipôle de moment dipolaire électrique noté . Lorsque plusieurs particules sont plongées dans
, le champ vu par chaque particule (ou dipôle) est la somme du champ appliqué et d’un champ
d’interaction. Le champ interne, noté est donc par définition le champ régnant à
l’emplacement d’un dipôle placé en un point M défini par :
3.1
Autrement le champ interne est la résultante du champ régnant à son voisinage et des champs crées
par tous les autres dipôles. On note la somme de toutes les contributions dipolaires
soit, ∑ .
L’expression du champ dipolaire crée en un point M du diélectrique, par une distribution de dipôles
électriques ponctuels est donné de façon générale [39] par:
3
3.2
4
étant le vecteur reliant le point M au point où est localisé le dipôle . Cette expression valable
dans le cadre de l’approximation dipolaire est justifiée car les distances entre dipôles
74
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
(interatomiques et intermoléculaires) sont grandes devant la longueur des dipôles. Cependant son
utilisation dans la pratique est impossible en raison du nombre d’éléments à prendre en
considération et elle nécessite aussi la connaissance de l’orientation individuelle de chaque dipôle
en tout instant.
Ce problème a été résolu dans le cadre de la sphère de Lorentz [60]. La méthode consiste à
déterminer le champ interne d’une particule dans le cas où le milieu est constitué de particules
sphériques disposées aux nœuds d’un réseau. Selon ce principe, le milieu est décomposé en deux
parties fictives (FIG. 3.3):
‐ une sphère virtuelle S appelée sphère de Lorentz, de centre M qui représente le point où on
désire calculer le potentiel et de rayon R suffisamment faible pour qu’à l’intérieur de la
sphère la polarisation et le champ électrique macroscopique puissent être considérés
comme constants, et suffisamment grand pour contenir un nombre important de dipôles.
‐ Le reste du milieu est considéré comme un continuum homogène (partie diélectrique
extérieure), de charge volumique nulle et caractérisé par une polarisation macroscopique
uniforme .
Si on désigne par le champ (local) que subit l’échantillon, le champ interne agissant
effectivement sur un dipôle est alors:
3.3
représente le champ macroscopique provenant du continuum (le signe négatif provient du fait
que ce champ est inverse à la polarisation) et représente la somme des champs individuels
crées par les dipôles (particules sphériques) se trouvant à l’intérieur de la sphère de Lorentz.
Dans l’hypothèse posée par Lorentz, le continuum ne possède pas de charges volumiques, alors
le champ est donc équivalent à celui crée par une distribution superficielle de charges que l’on
note qui est répartie sur la surface délimitant le continuum. Cette surface est décomposée en
deux parties, la surface extérieure notée et la surface interne notée et limitant la sphère S
autour du point M, soit :
3.4
. . 3.5
75
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
Le signe négatif vient de l’orientation de la normale dirigée vers l’extérieur du continuum donc
vers le centre O de la sphère S et l’angle entre la direction du vecteur unitaire selon la normale
et . Le vecteur projeté sur l’axe a pour composante égale à – .
FIG. 3.3 : La notion de la sphère de Lorentz permet de simuler l’espace en deux régions
différentes. La sphère est choisie de taille grande par rapport à la taille de l’inclusion, la
partie de l’espace extérieur à la sphère est considérée comme un continuum.
Selon la loi électrostatique, le champ crée au centre de la sphère O, par une densité de charge
est :
.
3.6
4 4 4
L’élément de surface porté selon la normale à la sphère est une couronne donnée en coordonnées
sphériques dont la valeur est 2 . Le module du champ est trouvé ainsi être:
2 3.7
4 2
3.8
3
Le terme 1⁄3 est le facteur de dépolarisation d’une sphère. On note que le champ , crée par la
densité de charge (distribuée sur la surface extérieure ), fait parti du champ macroscopique à
l’intérieur du continuum, il apparait donc comme le champ polarisant l’échantillon.
Il reste à calculer le champ qui est crée par les dipôles se trouvant à l’intérieur de la sphère
S. Sans rentrer dans les détails du calcul, on cite juste que si le milieu est isotrope et par raison de
symétrie, le champ è est nul. Ce qui consiste à dire que la somme des champs d’origine
76
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
dipolaires, crées par les sphères situées à l’intérieur de la cavité, est nulle. Ce résultat est exact
lorsque tous les nœuds du réseau sont occupés et que la symétrie du réseau est cubique.
Donc suite à l’approche de Lorentz et à partir d’un calcul électrostatique, nous arrivons à :
- le champ macroscopique crée par un milieu effectif continu uniformément polarisé vaut :
3.9
3
3.10
3
On rappelle que la polarisation macroscopique est proportionnelle au champ dans le milieu, via la
susceptibilité (Eqs. (2.52), (2.53)), en remplaçant l’expression de la polarisation dans la relation
(3.10), on a:
1
3.11
3
3
2
Le champ vu par les dipôles (et que subit ces dipôles) est différent du champ électrique
régnant au voisinage de la sphère (champ local), il dépend de la structure interne du matériau. Il
faut noter que sa détermination est l’un des principaux problèmes de la théorie des diélectriques,
c’est un problème assez complexe et sa résolution passe toujours par certaines approximations qui
arrivent à des relations simples reliant le champ interne et le champ local .
77
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
moyenne aux différents constituants. Cette quantité dépend de certaines propriétés, morphologie,
orientation, fractions volumiques, formes et tailles des inclusions.
E E
3.12
3.13
Ainsi, selon ce principe cité, nous pouvons dire que pour un composite homogénéisé décrit par une
permittivité effective notée , la polarisation macroscopique induite dans ce composite est :
1 3.14
Si, on suppose que le composite est constitué de type d’inclusions (que nous supposons des
dipôles placés dans le vide). Par définition, la polarisation est la somme de tous les moments
multipolaires induits. Elle peut être reliée à une caractéristique des constituants microscopiques du
milieu que l’on appelle polarisabilité notée . La relation reliant et est donnée comme:
3.15
La sommation s’effectue sur tous les différents types d’inclusions (dipôles), représente la
densité volumique des inclusions et le champ vu par l’inclusion . Cette expression permet
78
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
En supposant que le champ est assez uniforme et agit de la même façon sur toutes les inclusions,
alors les champs vus par toutes les inclusions de type sont identiques à , donc:
3.16
1 3.17
et mésoscopique, c'est-à-dire qu’il y’a une relation entre le champ macroscopique local au
voisinage des dipôles et le champ interne .
En injectant l’expression du champ interne (Eq. (2.54)), dans la relation (3.17), on trouve que :
3
1 3.18
2
Après simplification, on obtient la célèbre relation [60] connue sous le nom de relation de Clausius
Mossotti:
1 1
3.19
2 3
79
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
1 l’approximation dipolaire est valable aussi bien pour l’atome que pour l’inclusion,
2 le champ est uniforme sur le dipôle ce qui limite la taille supérieure de l’inclusion
(approximation quasi-statique). Dans ces conditions on reprend le raisonnement pour passer de
l’échelle méso-micro (FIG. 3.5) pour aboutir à:
1 3.20
1 1
3.21
2 3
est le champ polarisant l’atome, est le nombre d’atomes par unité de volume de
l’inclusion .
ε ε α ε
1 1
3.22
2 2
1 1
3.23
2 2
80
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
Comme cité précédemment, la caractérisation d’un milieu non homogène par sa fonction
diélectrique n’est pas si évidente, puisqu’il faut connaître l’arrangement exact des constituants du
matériau. Cependant, si la longueur d’onde du rayonnement électromagnétique est beaucoup plus
grande que la dimension de la particule, les théories des milieux non homogènes présument que le
matériau peut être traité comme une substance homogène avec une fonction diélectrique effective.
Cette grandeur dépend des propriétés des constituants aussi bien que de leurs fractions et leurs
tailles.
Les lois de Mélange les plus célèbres sont les théories du milieu effectif, connues sous le nom de :
- la théorie de Maxwell-Garnett (MG)
- la théorie de l’approximation du milieu effectif (EMA), connue sous le nom de théorie de
Bruggeman (BG).
Dans un article original [54], « colours in metal glasses and metallic films » (1904), Maxwell
Garnett avait traité la coloration des verres par la dispersion d’une très faible quantité de particules
métalliques dans une matrice continue. La théorie établie par Maxwell Garnett est dérivée à partir
de la relation de Clausius-Mossotti (Eq. (3.19)). La célèbre formule établie est:
3.24
2 2
La théorie MG, consiste à déterminer la polarisation induite par un champ uniforme externe sur des
inclusions sphériques isolées de permittivité (FIG. 3.6), placées dans une matrice hôte continue
de permittivité .
Dans le cas où les inclusions sont identiques (un seul type d’inclusions), le milieu est considéré à
deux phases et la relation MG est simplifiée:
3.25
2 2
1
1 3.26
1
1 1 1
3
81
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
FIG. 3.6 : Cellule représentant le milieu modélisé par la théorie MG. Toutes les
inclusions modélisées par des sphères sont ramenées à une inclusion unique. Elles
sont sans interaction.
La théorie MG a été généralisée pour le cas bidimensionnel (2D), nous donnons l’expression de la
fonction effective, pour des inclusions discoïdales de fraction surfacique :
1
1 3.27
1
1 1 1
2
Les équations pour le cas 2D et 3D peuvent être réécrites sous une seule forme générale :
1
1 3.28
1 1 1
Dans le cas où, la sphère de diamètre D porte un enrobage unique (appelé aussi shell) de diamètre
DS et de permittivité ε s , tel qu’on définit le paramètre f s = D 3 Ds3 , alors la permittivité effective
s’écrit comme [37] :
⎛ φV (ε s − ε m ) + (ε + 2ε s ) + f s (ε − ε s )(ε m + 2ε s ) ⎞
ε eff = ε m ⎜⎜1 + 3 ⎟ (3.29)
⎝ ε s (1 − φV ) [(ε + 2ε m ) + 2 f s (ε − ε S )] + ε m (2 + φV ) [(ε + 2ε s ) − f s (ε − ε s )] ⎟⎠
Comme toute théorie basée sur des approximations, le modèle de Maxwell Garnett possède des
limites, il est clair que l’ensemble des inclusions est équivalent à un dipôle unique isolé dans la
matrice et dont la polarisabilité est la somme des polarisabilités individuelles ainsi les inclusions
n’interagissent pas entre elles. Cette théorie est donc valable pour un système d’inclusions de
faibles fractions et pour des grandes distances inter particules. Toutes les inclusions sont supposées
sphériques.
82
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
Le modèle MG est incertain pour des concentrations d’inclusions élevées, certains travaux [62]
posent que la théorie MG est valable pour 0.3. D’autres travaux [63,64] posent une
correction au modèle de Maxwell-Garnett, en ajoutant un terme correctif radiatif afin de prendre en
considération les interactions entre les grosses particules et élargir ainsi la gamme de fractions.
En pratique, il est difficile de décider lequel des composants devraient être considéré comme la
matrice hôte. Pour palier à ce problème, la théorie de Bruggeman a été posée. Dans ce modèle
(FIG. 3.7), l’hypothèse de l’existence du matériau hôte n’est plus considérée, au lieu de cela les
particules d’un composant simple sont supposées encastrées dans un milieu effectif de permittivité
égale à la permittivité du mélange , que l’on désire trouver. Selon la théorie (BG), la
permittivité effective est déterminée à partir de la relation:
1 0 3.30
2 2
FIG. 3.7 : Cellule de la théorie de Bruggeman. Les deux types de phases baignent
dans le milieu effectif. Elles sont en interaction.
1 1 1 1 1 1 4 1 2 1 (3.31)
Pour les faibles fractions volumiques, les deux théories MG et BG donnent des résultats
proches pour la permittivité effective. Cependant, le modèle de Bruggemann assure la validité aux
fractions volumiques plus élevées puisqu’il traite les deux constituants de manière symétrique.
‐ Loi de Böttcher: Dans cette approche, la matrice hôte et les inclusions sont symétrisées
[65]. Böttcher a proposé une formule permettant de retrouver la permittivité effective dans
83
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
laquelle, la concentration des particules est si élevée que chaque inclusion est entourée par
le mélange plutôt que par un composant :
3 3.32
2
‐ Loi de Looyenga: Dans cette approche [66], les deux constituants sont supposées avoir des
permittivités proches l’une de l’autre, ∆ ∆ avec ∆
pris assez petit pour faire un développement en série de Taylor. La relation donnant la
permittivité est :
3.33
‐ Modèle de Wiener [67] : Les particules et la matrice sont supposés dissociées. Le milieu
est assimilé à une capacité résultant de l’association des inclusions et de la matrice hôte. Si
le champ électrique et orthogonal aux couches, les deux condensateurs sont en série. La
valeur de la permittivité effective est donnée par l’équation :
1 1
3.34
Si par contre le champ appliqué est parallèle aux couches, les deux condensateurs sont en
parallèle. La permittivité effective est donnée par:
1 3.35
Lorsque le champ appliqué est orienté de manière quelconque, la permittivité effective résultante
est donnée sous la forme :
1
est la projection du vecteur unité normal, le long de la composante du champ appliqué.
Dans notre étude, on verra que le modèle de Wiener perpendiculaire dans le cas des inclusions
métalliques, permet la détection de la réponse optique mais les valeurs de la position de la
résonance plasmon ne sont pas comparables aux résultats numériques, ni aux résultats de MG.
‐ Loi de Battan: c’est une formule connue aussi sous le nom de Bohren-Battan [68], elle
donne la permittivité effective d’un mélange de sphéroïdes orientés d’une façon aléatoire:
3.36
1 1
84
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
1
3.37
3
, ,
est le facteur de dépolarisation du sphéroïde selon l’axe i prédéfini dans les équations (2.91) et
(2.92).
7. Théorie de la percolation
L’étude expérimentale de la conductance d’un milieu statistiquement aléatoire, avec des
inclusions conductrices ou non conductrices, indique qu’en dessus d’une certaine concentration de
ces inclusions, le milieu est isolant et au dessus de cette concentration, le système devient
conducteur. Autrement dit, pour une fraction d’inclusions conductrices plus faible que la fraction
85
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
critique notée , il peut y apparaître seulement des amas de conducteurs localisés, isolés les uns
des autres. Mais lorsque la concentration atteint la valeur critique appelée seuil de conduction ou
de percolation (en anglais percolation threshold), un amas de conducteur continu apparaît.
Ce concept a été introduit pour permettre la description statistique des systèmes formés
d’objets pouvant être reliés entre eux. Le seuil de percolation est un paramètre très important dans
la caractérisation des composites métallo-diélectriques puisqu’il détermine la concentration pour
laquelle se produisent des changements dramatiques dans les propriétés diélectriques.
, ~
, ~
Le seuil de percolation des inclusions sphériques métalliques est tiré à partir de la relation donnée
par Bruggeman (Eq. (3.30)), où on remplace l’expression des permittivités en fonction de la
conductivité:
1 0 3.38
2 2
est la conductivité de la matrice hôte diélectrique. Dans le cas statique où 0, 0. En
injectant cette dernière condition dans l’équation (3.38), on trouve que la conductivité du
composite doit satisfaire à 3 1 /2, donc la conductivité du composite diminue avec
86
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
Selon la théorie exacte de percolation, les inclusions cylindriques (appelées aussi Sticks, lorsque
le rapport de la longueur notée h sur le diamètre noté D est assez grand), possèdent un seuil de
percolation de l’ordre du rapport 2D/h c'est-à-dire ~2 / . La permittivité statique diverge
lorsqu’on se rapproche de part et d’autre du seuil de percolation selon la loi de puissance suivante :
1
0, |∆ |
2
avec exposant critique égale à 1.
8. Electromagnétisme numérique
L’utilisation des méthodes numériques devient incontournable pour l’étude des propriétés
physiques des matériaux composites ou simples. L’aspect multi-échelle, le désordre spatial, les
éventuelles interactions à différentes échelles forment un ensemble de paramètres qui peuvent être
pris en considération chacun indépendamment par la simulation numérique. Le fait de pouvoir
évaluer l’influence d’un paramètre indépendamment des autres, constitue le principal bénéfice des
approches numériques qui seront exposées dans le chapitre suivant. Cet aspect numérique permet la
conception virtuelle de structures avant le passage au laboratoire, permettant d’éliminer des voies
de synthèses infructueuses. Nous soulignons cependant la vigilance dans les interprétations
physiques des résultats numériques basés sur les équations de l’électrodynamique; dans ce
contexte, les approches théoriques gardent leur intérêt afin de valider et analyser les résultats
obtenus.
87
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
On remarque que ces courbes ne sont pas superposables sur la gamme de concentrations
considérées, les évolutions des différentes prédictions théoriques sont sensiblement différentes.
Pour cette exemple, trois modèles nous semblent en accort, celles de Maxwell-Garnett, de
Bruggeman et de Looyenga.
2,2 Looyenga
Wiener //
2,0
Wiener P
Burggeman
MG
1,8
ε=1
εeff
1,6
εm=2.25
1,4
1,2
1,0
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Φ
FIG. 3.8 : Valeurs des fonctions diélectriques effectives d’un milieu composite constitué
de deux phases: inclusion discoïdale 1 placée dans une matrice hôte sans pertes
2.25 en fonction de la fraction de l’inclusion. Les courbes correspondent aux
formules de Maxwell-Garnett, de Bruggeman, Looyenga, de Wiener et .
10. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons tenté de présenter quelques lois de mélanges rencontrées dans
la littérature sans prétendre les avoir toutes décrites. Les différentes lois, modèles et théories de
calcul de la permittivité effective, établies dans le cadre de l’approximation quasi-statique
présentent chacun et chacune ses avantages et ses limites. Cependant, nous nous servirons de
référence pour discuter nos résultats numériques en montrant que parmi elles, seule la théorie de
Maxwell-Garnett peut prédire correctement le plasmon résonance des structures métallo-
diélectriques.
Le défaut le plus apparent dans toute théorie du milieu effectif est le fait de négliger les fluctuations
dans le champ dipolaire engendré par une particule, dues aux éléments dans le voisinage immédiat.
88
Chapitre III : Modélisation de la fonction diélectrique de matériaux composites
Malgré ceci, ces théories furent largement exploitées pour l’interprétation des résultats
expérimentaux.
Excepté pour les fractions faibles, les deux théories du milieu effectif (MG et BG)
prédisent des spectres d’absorption largement différents, surtout pour les milieux composites à
inclusions métalliques. La théorie MG donne de meilleurs résultats pour les inclusions de type
métalliques placées dans une matrice hôte diélectrique où il existe une interface distincte entre les
deux milieux, l’existence de cette surface est une des raisons de la RPS. La théorie de Bruggeman
brouille l’interface entre les constituants (elle est engluée), ce qui va masquer le phénomène
plasmon de résonance. Cependant la théorie BG, possède l’avantage de l’applicabilité pour des
fractions arbitraires et en fait prédit correctement le seuil de percolation lié à la conduction
métallique.
Il est à noter que la permittivité effective dépend des permittivités des matériaux
constituants, de leurs fractions volumiques, de leurs formes, et de leurs orientations. Son calcul
dépend du degré de complexité de la structure du composite. Si le mélange présente une certaine
périodicité, la permittivité effective peut être évaluée analytiquement sous certaines conditions. Par
contre, si la distribution spatiale des inclusions est désordonnée, il n’existe pas de solutions
rigoureuses, il faudrait faire recours soit aux méthodes numériques soit pour construire la
morphologie interne du composite [75], soit pour le caractériser.
89
Chapitre IV : Méthodes numériques
Chapitre 4
90
Chapitre IV : Méthodes numériques
Chapitre 4
Méthodes Numériques
1. Introduction
Le calcul de la permittivité effective d’un matériau non homogène passe par la résolution de
l’équation de Poisson ou de Laplace. Cette résolution permet la détermination du potentiel et du
champ électrique locaux. Les énergies emmagasinées, les pertes diélectriques et la polarisation
dans le composite ainsi que d’autres grandeurs physiques peuvent être déterminées par la suite. La
méthode des éléments finis est souvent utilisée pour déterminer les propriétés des milieux
composites diélectriques à partir de la permittivité effective; de nombreux travaux ont été réalisés
dans ce cadre [77-80].
Avec l’évolution des moyens informatiques et des logiciels de calcul scientifique, les méthodes
numériques sont devenues un moyen très utilisé dans la résolution des problèmes
électromagnétiques. Depuis quelques décennies des progrès considérables ont été réalisés dans la
modélisation et l’électromagnétisme numérique. Le développement des méthodes numériques a
ouvert des champs d’applications très divers, plus particulièrement celui de la caractérisation des
91
Chapitre IV : Méthodes numériques
matériaux non homogènes. L’efficacité de ces méthodes numériques n’est plus à démontrer. Parmi
les méthodes numériques les plus répandues pour la résolution des équations aux dérivées partielles
décrivant les structures électromagnétiques, on cite entre autres la méthode des éléments finis
(finite element method FEM) [81,82], la méthode des différences finies, la méthode des
différences finies dans le domaine temporel FDTD [59], la méthode ab Initio [83].
Au cours de ces décennies, des progrès considérables ont été réalisés dans la modélisation
numérique et l’électromagnétique numérique en 2D et 3D. Ce développement dans l’outil
informatique a poussé les chercheurs à s’intéresser à leurs applications dans les lois des sciences
matériaux ce qui a permis de mieux comprendre et de contrôler certaines lois telles que les lois des
mélanges.
Dans ce chapitre nous décrivons brièvement la méthode des différences finies et les principes
liés à la compréhension de la méthode des éléments finis dans l’objectif est de pouvoir l’utiliser
pour déterminer les grandeurs optiques d’un matériau composite métallo-diélectrique.
C’est une méthode adaptée à la résolution numérique des équations aux dérivées partielles, elle
fut la première à être implémentée sur ordinateur. Elle consiste à résoudre localement les équations
de Maxwell selon les étapes abrégées suivantes :
9 réalisation d’une grille de rectangles ou de carrés en deux dimensions (FIG. 4.1.a), ou bien
une grille de parallélépipède en trois dimensions. Cette étape est appelé maillage et chaque
sommet du carré de la grille sera considéré comme la position où les grandeurs inconnues
seront calculées. L’utilisation d’un maillage régulier permet d’obtenir pour chaque cellule
la même forme d’équations.
9 Approximation de toutes les conditions aux limites associées au problème par des
différences. Ces conditions sont souvent de type Neumann ou de type Dirichlet (exemple
dans le cas où l’inconnue est un potentiel, alors c’est soit la valeur du potentiel ou soit sa
dérivée par rapport à la normale qui doivent être connues ou bien les deux ensembles).
92
Chapitre IV : Méthodes numériques
Frontière du milieu
Pour illustrer la méthodologie de la méthode des différences finies, nous considérons le cas de
l’équation de Laplace en coordonnées cartésiennes en deux dimensions:
, 0 4.1
On considère donc la cellule centré au point , que l’on numérote par 0 (par illustration) et ses
quatre points voisins numérotés de 1 à 4 (FIG. 4.1.b). La longueur de chaque cellule est noté ∆
(∆ et ∆ sont appelés pas de discrétisation). A chaque point appartenant au segment [P1P3], le
potentiel peut être exprimé en fonction du potentiel au point 0 et ses dérivées successives à partir
d’un développement en série de Taylor au point 0 de coordonnées , .
4.2
!
Pour le point P1 ∆ :
∆
1 4.3
!
∆
4.4
!
93
Chapitre IV : Méthodes numériques
∆
P P
∆ 0
P
FIG. 4.1.b: Cellule de calcul des différences finies
Si le pas ∆ est assez faible, le développement en série de Taylor peut être limité à deux termes :
∆
∆ 4.5
2
∆
∆ 4.6
2
2 ∆ 4.7
2 ∆ 4.8
Nous remplaçons les dérivées partielles dans l’équation de Laplace (Eq. (4.1)), par les expressions
(4.7) et (4.8), et on obtient :
2 2
0 4.9
∆ ∆
4 0 4.10
L’équation ci-dessus est valable dans chaque cellule centrée au point , , le schéma numérique
est donc sous la forme, en introduisant la permittivité qui peut varier si le milieu n’est pas
homogène:
4 0 4.11
94
Chapitre IV : Méthodes numériques
Le balayage des indices , sur l’ensemble des carrés a pour résultat un système algébrique
s’écrivant sous forme matricielle:
4.12
Ce système est de type linéaire dont l’inconnue représente , c'est-à-dire le potentiel en tout
point du domaine. Sa résolution se fait à partir de la connaissance des conditions aux limites
associées au problème.
Il existe d’autres types de schémas numériques tels que les schémas décentrés. Cependant cette
méthode présente certains inconvénients liés au maillage du domaine dans le cas où la frontière
limitant le domaine d’études est curviligne. Ce dernier nécessite la détermination des points
d’intersection du maillage avec la frontière et donc l’écriture d’un algorithme laborieux. La
méthode des différences finies ne prend pas en compte les matériaux à géométries complexes.
La méthode des éléments finis est une méthode numérique qui a fait preuve d’efficacité dans
divers domaines notamment l’électromagnétisme. C’est une des méthodes les plus utilisées
aujourd’hui pour résoudre les équations aux dérivées partielles telles que les équations de Maxwell
qui régissent les phénomènes électromagnétiques. La FEM est une méthode générale s’appliquant à
la majorité des problèmes rencontrés en physique: problèmes stationnaires ou non stationnaires,
linéaires ou non linéaires, homogènes ou hétérogènes, à géométries simples ou complexes et en
toutes dimensions. Néanmoins cette méthode nécessite un traitement particulier des équations qui
sont transformés à l’aide d’une formulation intégrale, puis discrétisées pour aboutir à la fin à un
système d’équations algébriques. La méthode est robuste mais nécessite généralement des moyens
de calculs très importants.
La FEM est basée sur la technique d’approximation par éléments finis, qui permet
d’approcher une fonction dans un espace donné à partir de la connaissance des valeurs en certains
nœuds du domaine. Cependant la complexité de la géométrie des systèmes considérés rend très
95
Chapitre IV : Méthodes numériques
FIG. 4.2 : Maillage destiné aux calculs par la méthode des éléments finis
La génération d’un maillage de haute qualité joue un rôle essentiel dans l’analyse par
éléments finis. Elle peut être effectuée d’une façon automatique ou semi-automatique.
Cette étape est réalisée dans notre travail grâce à l’utilisation du logiciel FEMLAB sous
L’interface MATLAB qui permet la génération contrôlée des mailles d’éléments finis à
travers des fichiers d’entrée-sortie contenant des instructions complètes : numérotation des
éléments, numérotation des nœuds, nombre de nœuds par éléments [84]. Il faut que ce
maillage automatique permette d’avoir des résultats suffisamment fin pour garantir la
qualité de la convergence et suffisamment réduit pour obtenir des résultats en un temps
limité.
Le maillage dans la FEM nécessite un domaine borné c'est-à-dire limité par une frontière.
Cependant, il existe des problèmes où le domaine d’étude est ouvert, tels que les phénomènes de
diffraction ou de rayonnement. Dans ce type de problème la FEM utilise soit des conditions aux
limites de type absorbantes (absorbing boundary conditions ABCS), ou soit des couches
parfaitement absorbantes (perfectly matched layers PMLs) [85]. L’idée de générale de ce type de
conditions (ABCs), est de poser une surface ou frontière fictive autour du milieu étudié, sur
laquelle sont imposées des conditions aux limites (qui sont généralement des opérateurs) annulant
96
Chapitre IV : Méthodes numériques
ou minimisant la réflexion sur la surface. Par contre les PMLS sont sous forme de couche
artificielle fictive, d’une certaine épaisseur, posée autour de l’objet étudié. Elle doit posséder des
propriétés physiques (pour le cas des équations des ondes, généralement ce sont les grandeurs
perméabilité et permittivité) prédéfinies permettant l’absorption totale ou bien l’annulation de toute
onde réfléchie par la couche.
Ainsi lorsque, le domaine étant limité par une frontière réelle ou fictive, on procède à sa
subdivision en éléments finis. Ces derniers sont généralement regroupés en famille topologiques:
segments, triangles, quadrilatères, tétraédriques, parallélépipèdes, prismes.
Comme illustration nous présentons seulement trois les types d’éléments de subdivision utilisés
au cours de notre simulation, on cite: l’élément de Lagrange triangulaire linéaire, l’élément
quadratique linéaire (2D) et l’élément tétraédrique (3D).
Les éléments de Lagrange triangulaires linéaires d’ordre 1 en deux dimensions (en 2D) sont
très populaires et très utilisés pour leur simplicité. Soit un triangle, noté , défini par 3 nœuds
géométriques 1,2,3 , dont les coordonnées cartésiennes sont , , 1,3 (FIG. 4.3). Les
nœuds géométriques de cet élément sont confondus avec les nœuds d’interpolation.
1 1 1 1
∆ 4.13
2
23 ∆
4.14
123 ∆
13 ∆
4.15
123 ∆
12 ∆
4.16
123 ∆
97
Chapitre IV : Méthodes numériques
, ,
1 ,
/2∆ 4.18
/2∆ 4.19
∑ ∑ ∑ 1 4.20
La valeur de la coordonnée est nulle sur le coté opposé au point géométrique 1 et elle est égale
à 1 au point numéroté 1. Ceci est similairement valable avec les deux autres coordonnées et .
Cette propriété fait d’eux une bonne base de fonctions polynômiales pour un élément triangulaire
linéaire, ainsi les polynômes d’interpolation sont choisis comme:
1,2,3 4.21
Autrement :
Il faut noter que lorsqu’on utilise les éléments de maillage, il faut respecter certaines règles de
maillage qui se résument généralement comme suit : deux éléments de maillage en 2D, doivent
avoir soit un sommet commun, soit un coté commun, soit le vide .
L’élément de Lagrange triangulaire quadratique d’ordre 2 est donné sur la figure 4.4. Il est
représenté par 3 sommets géométriques et 6 Nœuds d’interpolation.
98
Chapitre IV : Méthodes numériques
6 2
2 1 1,2,3 4.22
4 4 4 4.23
Les polynômes définis dans l’équation (4.22) sont relatifs aux nœuds placés sur les 3 sommets et
les polynômes définis dans l’équation (4.23) sont relatifs aux nœuds placés aux milieux des cotés
du triangle. Les relations mathématiques suivantes permettent de calculer les dérives des
coordonnées barycentriques:
,
4.24
,
4.25
4.26
2∆
4.27
2∆
1,2,3 et 1, 2 sont calculés en modulo 3. On donne une relation très utile en termes de
coordonnées barycentriques qui est valable pour l’élément triangulaire linéaire ou quadratique. Elle
sera utilisée plus tard dans la simplification du calcul intégral:
! ! !
2∆ 4.28
2 !
99
Chapitre IV : Méthodes numériques
4 , ,
1 , , P 3 , ,
2 , ,
Encore une fois nous pouvons introduire, ce qu’on appelle les coordonnées volumiques ou
coordonnées simples, afin de simplifier les fonctions de formes (ou bien les polynômes
d’interpolation). Tout point , , situé à l’intérieur du tétraèdre possède les
coordonnées suivantes:
234
4.29
1234
341
4.30
1234
412
4.31
1234
123
4.32
1234
1
1 1
det 4.33
6 1
1
/6
4.34.
100
Chapitre IV : Méthodes numériques
/6
4.34.
/6
4.34.
/6
4.34.
Toute position à l’intérieur de cet élément est donnée selon les coordonnées suivantes:
∑ ∑ ∑ avec 1 ∑ 4.35
Comme dans le cas bidimensionnel, les polynômes d’interpolation sont égaux aux coordonnées
volumiques: 1,2,3,4
Ces coordonnées simplifient grandement les intégrations sur les éléments tétraédriques. Une
relation très utile aux calculs est donnée ici:
! ! ! !
6 4.36
3 !
Il faut signale, qu’il ya des règles de maillage qu’il faut respecter, entre autres un élément de
maillage ne doit pas être commun à deux milieux différents (ou phases) constituants la structure
étudiée. L’élément de maillage doit être homogène du point de vue propriétés physiques.
101
Chapitre IV : Méthodes numériques
N représente le nombre total de nœuds d’interpolation générés dans un élément, sont les
polynômes d’interpolation appelées aussi fonctions de formes et sont appelées valeurs nodales.
4.37
étant l’opérateur différentiel appliqué sur la fonction à déterminer , , il peut être linéaire
ou non linéaire, est une fonction connue. Dans l’approximation des résidus pondérés la solution
, est approximée par l’expression:
4.38
∑ 0 4.39
L’idée de base est d’annuler ce Résidu et parmi les méthodes qui peuvent annuler une quantité dans
un domaine est la méthode des résidus pondérés. Un développement mathématique plus détaillée
sera donné plus loin.
Nous avons vu que la FEM peut être appliquée à l’étude des systèmes en deux ou trois
dimensions. Elle est aussi adaptée à la modélisation des matériaux composites périodiques ou
aléatoires. Elle permet de calculer la permittivité effective complexe de matériaux composites à
partir de la résolution de l’équation de Laplace et l’utilisation des conditions aux limites
appropriées.
102
Chapitre IV : Méthodes numériques
Soit une structure non homogène périodique à deux phases, comportant des inclusions
homogènes de formes quelconques placées dans une matrice hôte. En prenant en compte les
propriétés de symétrie et de périodicité, la géométrie du matériau est réduite à une cellule
élémentaire [86, 87] comme le montre la figure 4.6. La cellule est composée de l’arrangement
désiré c’est à dire d’une inclusion de permittivité et de la matrice de permittivité . La longueur
de la cellule représente pour un arrangement périodique, la période du réseau.
FIG. 4.6 : Schéma de principe pour le calcul de la permittivité effective d’un composite.
Ainsi, on modélise le composite par une cellule (FIG. 4.7 et FIG. 4.8) assimilée à un
condensateur plan soumis aux conditions aux limites adéquates. La cellule modélisant le
composite est soit en 2D, de longueur L1 et de hauteur L2, ou bien en 3D de longueur L1, de
largeur L3 et de hauteur L2, contenant une inclusion métallique placée dans un environnement
diélectrique.
Sur les parois latérales, les conditions aux limites imposées sont ⁄ 0. Sur les parois plates,
on impose une différence de potentiel 2 1 , qui sera appliquée sur le condensateur modélise
le champ électrique extérieur appliqué suivant direction d’un des axes. Le potentiel en bas de la
structure est posé 1 alors qu’en haut le potentiel imposé est de valeur 2.
4.40
103
Chapitre IV : Méthodes numériques
2
0 0
FIG. 4.7 : Modélisation d’un composite en 2D, en cellule de longueur L1 et de hauteur L2,
contenant une seule inclusion.
2
1
33
2
=0 =0
1
FIG. 4.8 : Modélisation d’un composite en 3D, en cellule de longueur L1 et de hauteur L2 et de
largeur L3, contenant une seule inclusion.
Le composite (inclusions+matrice hôte) sujet de ce travail, est supposé être un milieu sans
charges ni courants, mais il sera considéré comme milieu avec pertes. Par conséquent, pour un
matériau avec pertes, sans charges libres ni sources de courant, les solutions numériques du
problème électrostatique et par conséquent la détermination du potentiel local est basée sur la
résolution de l’équation de Laplace dans un milieu non homogène suivante:
104
Chapitre IV : Méthodes numériques
. 0 4.41
Le calcul de la fonction diélectrique complexe dans la direction du champ électrique appliqué que
ce soit pour des structures composites 2D ou 3D procède en trois étapes :
(1) définition des cellules élémentaires, l’espace étant rempli de l’arrangement désiré. (2) Maillage
automatique de la cellule unitaire Ω contenant ainsi une grille de points permettant une bonne
approximation du domaine spatial étudié. (3) calcul de la distribution du potentiel local à l’intérieur
de Ω à partir des conditions aux limites adéquates.
5. Formulation du problème
Comme illustration, nous allons dans ce qui suit donner un développement mathématique
dans lequel on montre comment formuler le problème grâce à la FEM. Pour cela, considérons
l’équation de Laplace en 3D, qui s’écrit pour un milieu non homogène, en coordonnées
cartésiennes comme:
, , 0 4.42
, , , , 0 4.43
4.44
Le second terme de l’expression (4.44), contient les termes représentant les conditions aux limites
sur les frontières de type Neumann.
105
Chapitre IV : Méthodes numériques
4.45
4.46
Selon la méthode de Galerkin la fonction test est choisie: , 1,2,3,4. En injectant ces
expressions dans la relation (4.44), on trouve :
, ,
, , , , , , 4.47
4.48
est la matrice élémentaire (4x4) associée à l’élément de maillage. Chaque élément matriciel
est exprimé par :
, , . 4.49
Les composantes du vecteur sont les inconnues aux nœuds du même élément. Le vecteur
prend en compte les conditions aux limites imposées sur les surfaces (dans ce cas ce seront les
conditions de type Dirichlet). Etant donné que la structure composite a été modélisée par un
condensateur, nous avons posé les conditions aux limites: ⁄ 0, sur toutes les surfaces
latérales limitant ce condensateur. Par conséquent le second terme dans l’expression (4.49)
s’annule. A partir des relations (4.22) jusqu’à (4.27), les éléments matriciels sont très
facilement calculés, Nous donnons le développement des calculs dans l’annexe I. Mis à part la
grandeur , , , l’expression mathématique de ces éléments matriciels est identique pour tous
les éléments de la subdivision. Il suffit donc de faire un balayage sur l’ensemble des éléments en
introduisant la permittivité adéquate, correspondante aux phases du composite, dans le programme
à chaque fois que l’on change d’élément.
106
Chapitre IV : Méthodes numériques
Ensuite, l’étape suivante consiste à faire numériquement l’assemblage de toutes les matrices
élémentaires aboutissant ainsi à un système matriciel global linéaire de type :
4.50
Avec : matrice globale, : vecteur de toutes les inconnues, : vecteur global connue.
La résolution de ce système linéaire se fait à partir de méthodes numériques classiques telles que
la méthode de Gauss ou la décomposition LU (décomposition de la matrice en produit de deux
matrices supérieure et inférieure), cependant étant donné la taille de la matrice qui est très grande,
et dont le traitement numérique prendrait beaucoup de temps, on a opté au cours de ce travail pour
des méthodes de résolution itératives telle que la méthode de Jacobi.
Ayant obtenu le potentiel électrique local V(x,y,z) en chaque nœud du maillage, on procède,
au calcul des grandeurs ⁄ , ⁄ , ⁄ nécessaires au calcul des énergies
emmagasinées et des pertes diélectriques. Le calcul des composantes du champ électrique est
donné en Annexe I. L’énergie électrostatique en chaque élément de maillage est définie
comme:
1
, , 4.51
2
′
Où et sont respectivement la partie réelle de la permittivité diélectrique et le volume de
l’élément k. L’énergie totale est la somme des énergies de tous les éléments de nombre :
4.52
Comme il a été cité précédemment, nous avons modélisé le matériau composite par une cellule
′
contenant une inclusion remplissant un condensateur plan. Par conséquent la partie réelle de la
permittivité effective selon la direction du champ appliqué peut être calculée à partir de l’énergie
dans un tel condensateur lorsqu’une tension est appliquée à ses armatures :
1
4.53
2 2
107
Chapitre IV : Méthodes numériques
De la même manière, les pertes diélectriques sont déterminées pour chaque élément de maillage
comme suit :
1
, , 4.54
2
1
, , 4.55
2
′′
où est le facteur de pertes de l’élément k à la fréquence , est la partie imaginaire de la
permittivité de l’élément k. Les pertes diélectriques totales de la cellule sont calculées par
sommation sur tous les éléments :
4.56
′′
La partie imaginaire de la permittivité effective complexe du composite est calculée à partir
des pertes diélectriques totales selon la relation suivante :
1 ′′
4.57
2
′
2 4.58
′′
2
4.59
Remarque : Pour avoir les grandeurs relatives, il suffit de diviser les termes trouvés dans les
équations (4.58) et (4.59) par la permittivité du vide ,
108
Chapitre IV : Méthodes numériques
inclusions, cette méthode n’est plus applicable car elle ne permet pas de résoudre un problème avec
une géométrie mal définie ou compliquée à cause du nombre de cellules élémentaires distribuées
aléatoirement. Généralement les nanostructures métalliques plasmoniques ou diélectriques insérées
dans une matrice sans pertes, utilisées dans le domaine de la nanoélectronique ou nanooptique, la
distribution des inclusions est souvent périodique.
La fraction volumique des inclusions dans une configuration cubique simple ainsi que leurs
dispositions les unes par rapport aux autres dans la matrice hôte sont deux paramètres importants
dans le calcul de la fonction diélectrique effective complexe des matériaux hétérogènes. La fraction
volumique des inclusions dans une cellule est donnée d’une façon générale :
avec nombre d’inclusions dans une cellule, et sont respectivement le volume d’une
inclusion et le volume total de la cellule. Si 1, cela signifie que l’inclusion est considérée
isolée.
Le calcul de la fonction diélectrique effective complexe est réalisé pour une configuration cubique
simple avec 5 types d’inclusions: discoïdales, rectangulaires, sphériques, cylindriques et
sphéroïdales.
Si on veut simplifier les calculs, on peut prendre 1, ce qui revient à normaliser les dimensions
de l’inclusion. La fraction surfacique de l’inclusion isolée serait:
109
Chapitre IV : Méthodes numériques
Ce type de matériau présente une anisotropie. La permittivité effective complexe est un tenseur,
elle varie en fonction de la direction d’application du champ appliqué, elle est donc différente si
l’axe de la polarisation extérieure est ou bien l’axe est (ou autre).
4
3
110
Chapitre IV : Métho
odes numé
ériques
(a ) (b)
I 4.9 : (aa) Dispositioon périodiquue d’inclusiions discoïddales dans uune cellule carrée,
FIG. c
(b) Celluule unité poour une inclu
usion discoïïdale isolée.
111
Chapitre IV : Métho
odes numé
ériques
4
3
6..6 Matéria
aux à incluusion posssédant un enrobage
L inclusionns métalliquees peuvent poorter un ou plusieurs
Les p enrobages, en fonction du domaine
d’appplicabilité. On
O modélise sur
s les figurees 4.14, des in
nclusions poortant un seull shell.
112
Chapitre IV : Méthodes numériques
7. Modélisation du composite
La fraction surfacique ou volumique dans une configuration cubique simple, ainsi que leurs
dispositions les unes par rapport aux autres dans la matrice hôte sont deux paramètres très
importants dans le calcul des permittivités effectives complexes des milieux hétérogènes. Dans le
cas d’une distribution périodique des inclusions dans la matrice, la fraction calculée pour une seule
inclusion isolée dans une cellule est égale à la fraction totale des inclusions par rapport au volume
total de la matrice.
Remarque : On peu simuler une poly-dispersion des inclusions, en prenant non pas une seule
inclusion dans une cellule mais un nombre et par conséquent, la fraction volumique serait par
exemple pour des inclusions sphériques :
4
3
La cellule élémentaire utilisée pour la modélisation en 2D et 3D est une cellule cubique d’arrête
L, bien qu’une configuration parallélépipède soit applicable, seulement il faut en tenir compte au
cours des calculs effectués. Au centre de la cellule on place l’inclusion à étudier.
Tous les géométries étudiées présentent une symétrie radiale et azimutale qui aurait pu être
exploitée pour traiter que le 1/4 de la structure, ce qui a pour conséquence une réduction de la taille
de la matrice du système et un affinage du maillage et une diminution du temps de calcul,
cependant nous avons opté pour le traitement de toute la géométrie entière afin de pouvoir
l‘exploiter dans l’étude l’effet du couplage entre les inclusions.
Une des étapes essentielles dans la modélisation est le maillage des volumes (ou surfaces). Dans
ce travail, nous avons utilisé le mailleur automatique existant dans la version FEMLAB sous
MATLAB. Il génère automatiquement des éléments triangulaires linéaires ou quadratiques en 2D
et éléments tétraédriques en 3D. Le nombre d’éléments total (NELT) générés au cours ce travail
varie entre 700 et 65000 éléments. Le nombre de nœuds total (NNT) varie entre 700 et 16000
nœuds. La figure 4.15 et la figure 4.16, représentent un exemple de maillage de cellules unitaires
avec des inclusions discoïdales et cylindriques.
113
Chapitre IV : Métho
odes numé
ériques
FIG. 4.15
4 : Exem
mples de maillage en 2D dees cellules uniitaires des maatériaux modèèles
avec dess inclusions diiscoïdales maaillage, NNT=
=426 et NELT
T=790 (gauchee) et affinage du
maillagee NNT=1641 et e NELT=31660 (droite).
FIG. 4.16
4 : Exemmples de maillage en 3D des
d cellules unités
u des maatériaux modèèles
avec dess inclusions cyylindriques maillage
m NNT=
=3384, NELTT=17011 (gauuche) et affinaage
du maillaage NNT=120008 NELT=600188 (droite).
7.1 Desscription du
d prograamme
L’écrituree du program
mme est faitee sous l’interrface MATLA
AB. Pour ceela nous avo
ons utilisé
le coode élémentts finis Com
msol multipphysics FEM
MLAB V2.33 faisant apppel à certaains sous
progrrammes déjà existants daans la bibliothhèque MATL
LAB, nécesssaires à la réssolution du problème.
p
On déécrit les diveerses commaandes informaatiques, réaliisées dans le programme :
114
Chapitre IV : Méthodes numériques
La résolution matricielle permet d’avoir les valeurs du potentiel aux nœuds d’interpolation,
les autres grandeurs telles que le champ électrique (Annexe I), l’énergie emmagasinée (Eq.(4.53)),
les pertes diélectriques (Eq.(4.57)), la polarisation macroscopique (Eq.(3.17)), la fonction
diélectrique effective complexe (Eqs. (4.58), (4.59)), les sections de diffusion et d’absorption, en
sont déduites. Chaque valeur ou point calculé numériquement nécessite l’exécution des étapes
citées précédemment.
7.2 Exemples de résultats issus de la FEM et ceux obtenus par les théories
des milieux effectifs
Pour illustrer la méthode des éléments finis, nous considérons en premier lieu une cellule
contenant une inclusion discoïdale isolée (ο), de permittivité complexe 1 3 , placée dans
une matrice hôte de permittivité 5 8 (matrice avec pertes).
Nous calculons à partir de la FEM les partie réelle et imaginaire de la permittivité effective
complexe en fonction de la fraction surfacique . Nous reportons les résultats de la simulation
obtenus sur la figure 4.17. Nous portons sur le même graphe les différentes prédictions théoriques :
Maxwell-Garnett, Wiener parallèle, Wiener perpendiculaire, Looyenga.
Les deux théories de Maxwell Garnett et de Looyenga sont en bon accord avec les résultats
numériques obtenus par la FEM, dans la gamme presque entière de . La courbe de MG montre un
meilleur accord. Un léger écart est perçu pour les grandes fractions. Il est bien connu que la théorie
de Max-Garnett est valable pour les faibles fractions et s’applique aux distributions ponctuelles.
Plus la fraction augmente plus la condensation des inclusions se produit et les interactions entre
elles deviennent non négligeables.
115
Chapitre IV : Méthodes numériques
5
-3
MEF
MEF
WienerP
Wiener P
Wiener//
Wiener //
(partie imaginaire)
-4
4
Looyenga
MG
εeff' (partie reelle)
MG Looyenga
-5
-6
εeff''
-7
1 -8
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
Φ Φ
Faute d’existence de formule analytique pour un cylindre fini (Il existe cependant des formules
dans le cas où la hauteur du cylindre est très grande par rapport à son rayon), pour pouvoir procéder
à une comparaison, on a choisi un rapport ⁄ 0.8, afin de minimiser l’anisotropie, on utilise
dans ce cas la formule de MG en 3D, et on note une bonne concordance entre les résultats
numériques et théoriques. Cependant, si on augmente le rapport pour une valeur de ⁄ 3 , on
remarque que la permittivité effective du composite est plus élevée que celle correspondant à
⁄ 0.8. ce qui montre non pas seulement l’effet de la fraction mais aussi l’effet du facteur de
forme géométrique sur la fonction diélectrique effective du composite.
Dans ce qui suit, l’effet de la géométrie de l’inclusion sur la permittivité effective d’un milieu
composite est mis en évidence. Soit, donc une inclusion isolée avec différentes formes: disc, carré,
ellipse ( ⁄ 3 , sphère, cylindre ( ⁄ 0.8 . L’inclusion possède une permittivité complexe
1 2 et elle est placée dans une matrice en verre de permittivité 2.25.
116
Chapitre IV : Méthodes numériques
4,0
10
disc
carre 3,5
sphere
8 cylindre1
3,0
cylindre2
6
MG
2,5
εeff
εeff
4
2,0
2 1,5
0 1,0
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Φ Φ
On donne sur la figure 4.19, la permittivité effective en fonction de la fraction. Quand on passe
d’une géométrie en 2D à une géométrie en 3D, l’effet de la forme se fait apparaître. Plus
l’anisotropie est forte, plus la différence est significative. Pour cette certains formes comme la
sphère, nous étions limité dans la fraction volumique, car la calotte sphérique dépasser les limites
de la cellule, cependant ceci aurait plus être améliorer, en utilisant la méthode des éléments finis de
frontière et non volumique [95], et donc changer totalement de formalisme.
2,0
2,2 disc disc
carre carre
2,0 sphere 1,6 sphere
cylindre cylindre
1,8 ellipse ellipse
1,2
1,6
εeff''
εeff'
0,8
1,4
1,2 0,4
1,0
0,0
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
Φ Φ
117
Chapitre IV : Méthodes numériques
1
4.60
2
1
2 4.61
ou encore:
2 1
4.62
Il a été montré que ce coefficient est effectivement égal à la puissance absorbée par unité de
volume [15]. Dans le cas ou les dimensions sont faibles et la diffusion de la lumière est
négligeable, le coefficient d’absorption est égale au coefficient d’extinction. Il faut noter que le
coefficient d’atténuation est une grandeur optique caractérisant le matériau. Il est déterminé à partir
de la partie imaginaire de sa permittivité effective. L’évolution la partie imaginaire de la
permittivité effective du composite en fonction de la fréquence de l’onde incidente représente le
spectre optique d’extinction.
Par conséquent la position du pic de résonance optique de ces nanostructures est prédite à partir
de la théorie du milieu effectif associée à la FEM via le coefficient d’atténuation, autrement via la
partie imaginaire de la permittivité effective. Dans la limite où les inclusions sont de dimensions
inférieures à la longueur d’onde, chaque inclusion métallique est supposée agir indépendamment et
contribue approximativement et linéairement à l’extinction totale du matériau composite. Par
conséquent, le coefficient d’extinction (atténuation) à travers une densité (donnée en nombre de
particules par unité de volume) d’inclusions diffusantes est:
118
Chapitre IV : Méthodes numériques
4.63
On suppose que : (1) le composite possède un même type d’inclusions dont la densité . (2)
chaque inclusion contribue de la même façon à l’atténuation totale (possède la même section
d’extinction ), alors on peut écrire :
4.64
Il est utile de relié la densité à la fraction volumique du métal dans le composite. Il faut avant tout
considérer que les inclusions sont d’égales masses et égales volumes. La fraction volumique est :
Tels que , et sont respectivement le nombre total d’inclusions, le volume d’une inclusion
unique et le volume total du milieu où se trouvent les inclusions. ⁄ représente le nombre
d’inclusions par unité par unités de volume (densité des inclusions). Alors 1⁄ représente le
volume moyen occupé par une seule inclusion. Par conséquent la fraction volumique des inclusions
diffusantes est:
4.65
Ce principe de calcul de la section d’extinction est posé dans la cadre de la théorie de Maxwell
Garnett [88-90]. Selon la relation (4.65), la section d’extinction du composite peut être trouvée à
partir de la fraction et du volume de l’inclusion, de l’indice de réfraction effectif, de la partie
imaginaire de la permittivité effective du milieu composite qui sont calculés à partir de la méthode
des éléments finis. Cette méthode sera notée th1.
Cette relation reste valable pour n’importe quelles fractions mais de faibles dimensions.
Généralement, l’extinction de la lumière est due essentiellement à l’absorption quand la taille des
inclusions métalliques noyées dans la matrice diélectrique, sont inférieures à 80nm. Dans le cas où
les dimensions sont plus grandes, la diffusion commence à augmenter et par conséquent, On ne
peut discerner dans ce cas entre les quantités absorbées et diffusées. Par conséquent, nous pouvons
utiliser la méthode suivante pour calculer les sections d’absorption et de diffusion.
119
Chapitre IV : Méthodes numériques
En appliquant, les théorèmes optiques pour les particules de dimensions petites par rapport à la
longueur de l’onde, que l’on rappelle être:
| |
6
On rappelle que, la polarisabilité de l’élément diffusant, est donnée par l’équation suivante :
4.66
Si le milieu est isotrope, la polarisabilité de l’inclusion est la même dans toutes les directions,
cependant si le milieu présente une anisotropie quelconque, alors l’équation (4.66) sera relative à la
direction de la polarisation.
9. Conclusion
L’utilisation de la théorie effective, est assez puissance pour décrire les paramètres de la
résonance, cependant la permittivité effective est calculée sur une seule cellule de l’ensemble de la
structure inhomogène. Ce qui signifie que la permittivité effective de l’ensemble du milieu est
différente de la permittivité calculée localement dans une cellule, elle dépend de la périodicité et de
certains paramètres effectifs. Elles seront égales, si le milieu composite est ‘infini’. La constante
diélectrique ramenée à une moyenne, représente seulement la réponse des particules ou bien les
propriétés locales, et par conséquent ne peut pas être employée comme paramètre matériel du
milieu effectif. Afin d'installer un rapport entre les réponses de particules et les comportements de
système macroscopique pour des matériaux composites artificiels composés de structures
périodiques. Ce point est important lorsque, on s’intéresse au mode de propagation (régime cristal)
dans le matériau. Une étude détaillée sur le sujet est donnée dans [52, 76, 91].
120
Chapitre IV : Méthodes numériques
Dans ce chapitre nous avons présenté les principes de base de la méthode des éléments finis
numérique FEM. Nous avons dégagé le principe du calcul de la RPS à partir de la partie imaginaire
de la fonction diélectrique ou à partir de la polarisation de la structure étudiée. Ceci nous permettra
d’évaluer l’influence de la géométrie, de la fraction, du contraste de la permittivité des phases, de la
nature des phases sur les propriétés optiques de nanostructures métalliques composites.
121
Chapitre V : Résultats de la simulation
Chapitre 5
122
Chapitre V : Résultats de la simulation
Chapitre 5
RESULTATS DE LA SIMULATION
1. Introduction
D’un point de vue physique, les propriétés optiques d’une nanoparticule métallique sont sous
la dépendance des résonances plasmons, elles mêmes sous l’influence de la géométrie de la
nanoparticule et du milieu environnant. De plus dans les réseaux de nanoparticules, les couplages
électromagnétiques entre composantes induisent des effets modifiant sensiblement le profil de la
résonance par l’intermédiaire du pas du réseau.
123
Chapitre V : Résultats de la simulation
l’inclusion sur les propriétés optiques via la fonction diélectrique effective de structures hétérogènes
2D et 3D, à deux phases ou trois phases.
Cependant, pour déterminer le mode extrinsèque, appelé résonance optique en réponse à une
onde lumineuse, il faut tenir compte de la dépendance fréquentielle de la permittivité. Ceci est
possible analytiquement en choisissant un des modèles cités dans le chapitre 1, décrivant la
permittivité de l’inclusion métallique.
Avant de présenter les résultats de notre simulation, on trace sur la figure 5.1, les prédictions
théoriques (Max Garnett (Eq. (3.28)), Looyenga (Eq. (3.33)), Burgemann (Eq. (3.31)), Wiener (Eq.
(3.35)) et Wiener (Eq. (3.34))), pour le calcul de la fonction diélectrique effective d’un composite
formé d’inclusions discoïdales métalliques.
La résonance optique est déterminée à partir du pic qui se réalise dans la partie imaginaire de
la permittivité effective, en parallèle avec la décroissance de la partie réelle. La position de la RPS est
définie lorsque le maximum est atteint.
Dans ce cadre, deux formules seulement donnent l’allure correcte de la résonance optique, la
théorie de Maxwell Garnett et celle de Wiener perpendiculaire. On note un écart de 365meV, entre les
pics de résonance déterminés à partir de la partie imaginaire de la permittivité effective. Une simple
investigation numérique a montré que cet écart est dû au fait que la théorie MG tient compte du facteur
de dépolarisation, puisqu’en annulant ce terme, le résultat obtenu par la formule de MG est conforme
avec celui de Wiener .
124
Chapitre V : Résultats de la simulation
30 45
MG Φs=0.4
MG
25 MGsans fac 40 MGsans fac
20 Wie perp 35 Wie per
Looy Looy
15 30 BG
BG
10 Wie // 25
Wie //
5 20
ΔER=365mev
εeff''
εeff'
0 15
-5 10
-10 Au 5
Φs=0.4
-15 0
-20 -5
1,6 2,0 2,4 2,8 3,2 1,6 1,8 2,0 2,2 2,4 2,6 2,8 3,0 3,2 3,4
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 5.1 : Prédictions théoriques de l’évolution de la fonction diélectrique effective
(parties réelle (a) et imaginaire (b)) en fonction de l’énergie photonique, pour une
inclusion en or, de diamètre D=20nm et de permittivité décrite par le modèle de Drude
(g=0.25), placée dans une matrice hôte de permittivité 2.25, la fraction
surfacique 0.4. Une comparaison est faite entre la théorie de MG, de Looyenga,
de Burgemann, de Wiener et Wiener . La formule de MG avec un facteur de
dépolarisation nulle est tracée aussi.
3. Inclusions discoïdales
Considérons un composite modélisé par une cellule carrée, contenant (4X4) inclusions
discoïdales (FIG. 5.2), de même diamètre, de permittivité décrite par le modèle de Drude (g=0.25),
placées dans une matrice hôte de permittivité et de fraction surfacique 0.3. Il est assez
judicieux de se référer à une géométrie d’inclusion discoïdale, car dans ce cas, le facteur de
dépolarisation est connu de façon exacte. On tient à observer que nous avons pris cette configuration
de 16 inclusions régulièrement espacées avec des distances inter-particules non précisées au préalable.
Aux Figures 5.3, nous avons reporté les résultats numériques par FEM, de la permittivité
effective complexe en fonction de l’énergie photonique du champ appliqué dans le matériau
composite, et ceci pour deux types de métaux, l’or et l’argent. Nous avons considéré une bande
d’énergie comprise entre 0.5eV et 6eV (une bande de 200nm à 2400nm). Ces figures montrent
l’apparition d’un mode de résonance, lorsque la partie réelle (FIG. 5.3.a) qui représente la réfraction,
commence à décroître et la partie imaginaire (FIG. 5.3.b) qui représente l’extinction commence à
croitre. Sur toute la bande des énergies, on note la présence d’un seul pic de résonance.
125
Chapitre V : Résultats de la simulation
FIG. 5.2 : Schéma d’une cellule contenant (4X4) inclusions discoïdales de même
diamètre D=20nm. La fraction surfacique de ces inclusions est 0.3.
Une comparaison avec l’équation de MG (disque A=1/2), montre éventuellement un bon accord
entre elle et les résultats par simulation FEM. Les valeurs des fréquences du mode résonant, nous
semblent en accord avec ceux obtenus par le modèle quasi-statique. Le phénomène de résonance
plasmon de surface se manifeste au voisinage de 3.2 pour l’argent et 2.5 pour l’or.
Il est donc nécessaire de mieux cerner la résonance en affinant le pas des calculs. Pour cela, nous
reportons de nouveau les résultats numériques et analytiques sur la figure 5.4, mais dans une bande de
fréquences plus étroites. En premier lieu, on observe que les courbes (que ce soit pour l’or ou l’argent)
sont de mêmes allures, mais il existe cependant un décalage entre les courbes. L’écart entre les pics de
la RPS est trouvé être d’environ 31.25 meV pour l’or et 80 meV pour l’argent. L’écart est plus grand
dans le cas de l’argent qui est un métal plus dissipatif.
Nous savons que la formule de Maxwell Garnett ne tient pas compte des interactions entres
particules et que les inclusions sont considérées comme isolées. Nous supposons éventuellement que
cet écart est dû à la proximité des 16 inclusions dans le même voisinage.
Dans ce contexte et pour procéder à une comparaison plus rigoureuse des prévisions de nos
simulations avec l’équation de MG, nous considérons, une seule inclusion dans une cellule (elle sera
supposée comme isolée), dont la fraction surfacique et le diamètre sont gardés les mêmes. Nous
reportons, sur la même figure 5.4, les résultats numériques obtenus. Curieusement, la méthode FEM
conduit à une excellente correspondance quantitative avec l’équation de MG sur la gamme entière de
fréquences. Un mode de résonance se produit pour l’or à la fréquence de 2.41 eV
′
513 et pour l’argent 3.18 eV 567 . Ces valeurs
correspondent à des inclusions discoïdales.
Par conséquent, pour simuler des particules sans interactions mutuelles, il est plus judicieux de ne
prendre qu’une seule inclusion par cellule. Si par contre, on voudrait étudier les poly-dispersions ou
les effets de couplage, deux ou plusieurs inclusions sont insérées dans la même cellule.
126
Chapitre V : Résultats de la simulation
(a) (b)
25
MEF Au MEF
15 Au
Φs=0.3 MG Φs=0.3 MG
(partie imaginaire)
20
10
(partie reelle)
15
5
10
0
5
εeff''
ε'eff
-5
0
-10
1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6
E(eV) E(eV)
(c) (d)
120
60 MG MG
Φs=0.3
MEF 100 MEF
40 Ag
80
20
60
εeff''
εeff'
0
40
-20
Φs=0.3 20
-40
AG
0
-60
1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6
E(eV) E(eV)
Pour l’or, parties réelle (a) et imaginaire (b). Pour l’Ag, parties réelle (c) et imaginaire
(d).
127
Chapitre V : Résultats de la simulation
(a) (b)
25
Au 16disc 16disc
Au
Φs=0.3 1disc 1disc
20 Φs=0.3
MG MG
15
10
0
ε'eff
0 ΔER=31.25mev
-10
2.1 2.2 2.3 2.4 2.5 2.6 2.7 2.8 2.1 2.2 2.3 2.4 2.5 2.6 2.7 2.8
E(eV) E(eV)
(c) (d)
60
εeff''
εeff'
0
Φs=0.3
40
-20
Ag
20
-40
0
-60
2.7 2.8 2.9 3.0 3.1 3.2 3.3 3.4 3.5 2.9 3.0 3.1 3.2 3.3 3.4
E(eV) E(eV)
128
Chapitre V : Résultats de la simulation
Comme illustration, on reporte sur les figures 5.5, la cartographie de la distribution du potentiel
dans la cellule contenant 16 disques en or, avant et après la RPS. Ces figures montrent la forte
polarisation de toutes les inclusions au voisinage de la RPS. Sur les Figs. 5.6, nous donnons la
distribution du potentiel pour une seule inclusion. Nous voyons que la polarisation est maximale, au
voisinage de la résonance et que la gradient du potentiel est renforcé.
(a) (b)
FIG. 5.5 : Cartographie du renforcement du potentiel dans une cellule contenant 16
inclusions discoidales en or de diamètre D=20nm et de permittivité décrite par le
modèle de Drude (g=0.25), la permittivité de la matrice 2.25, la fraction
surfacique 0.3. (a ) état non résonant. (b) état résonant.
(a) (b)
FIG. 5.6 : Cartographie du potentiel dans une cellule avec une inclusion isolée en Au,
de diamètre D=20nm et de permittivité décrite par le modèle de Drude (g=0.25), la
permittivité de la matrice 2.25, la fraction surfacique 0.5.
129
Chapitre V : Résultats de la simulation
130
Chapitre V : Résultats d
de la simu
ulation
(a) (b)
FIG. 5.7 : Cartographiee du renforceement de la composante
c du champ loocal pour un
réseau carrré de 4 inclussions, 0
0.3
(a) (b)
FIG. 5.8 : Idem que laa FIG. 5.9 Cartographie
C du renforcem
ment de la composante
du champ local.
l
131
Chapitre V : Résultats d
de la simu
ulation
132
Chapitre V : Résultats d
de la simu
ulation
champ électrique
é nsuite nous verrons son effet sur la fonction
loccal, et sur laa position dee la RPS. En
diélectriqque effectivee.
(a ) (b)
Ce qui
q signifie que
q la position de la résonance optiq
que dépend de la directiion de la polarisation
extérieurre par rapporrt à la répartiition et à la condensation
c n des inclusioons et qu’ellee peut être ‘’’shiftée’’.
Ces décaalages sont essentiellemm
e ment dûs auu couplage qui
q se produiit entre les ccomposantes, puisque
pour dess distances supérieurs ou
o égales à 15nm (qui est de l’orddre du diam
mètre du dissque), les
fréquencces de résonaances sont prratiquement invariantes.
i
Tout changement
c dans la dirrection de la polarisatio
on exterieure peut engeendrer des décalages
d
fréquencciels larges ainsi
a qu’une diminution dans
d le cham
mp électriquee local et par suite une diiminution
de l’exalltation. Cet effet
e serait pllus significattif si les inclu
usions sont trridimensionnnels.
133
Chapitre V : Résultats de la simulation
2,50
2,172
2,48
2,170
red shift
2,46
2,168
d
2,44
ER (eV)
ER (eV)
2,166 2,42
bleu shift d
2,40
2,164
2,38
2,162
2,36
2,160
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
d (nm) d (nm)
(a) (b)
On s’interesse maintenant à voir le comportement du champ électrique local lors du couplage. Sur
sur la figure 5.13, on reporte la distribution spatiale de l’intensité du champ électrique obtenue
par FEM, au voisinage du mode résonant. On voit bien sur ces cartographies, l’exaltation et le
confinement du champ électrique entre les deux particules et le très fort couplage qui se produit au fur
et à mesure que la distance diminue. Cette exaltation dépend fortement de la distance entre particule
ou bien du rapport = diamètre/distance.
d’exaltation qui peut être obtenu en calculant simplement la grandeur / , dans une
cellule du réseau, étant l’amplitude du champ appliqué.
Des modifications simples sur certains paramètres géométriques, entre autres sur la distance inter-
particules autrement sur la périodicité du composite, pourraient être la cause de l’apparition de modes
hybrides plasmoniques. Ces modes sont générés à partir du champ de couplage électromagnétique très
fort interagissant entre les nanoinclusions. Dans pareilles géométries, ces spectres et ce
chevauchement spatial entre modes plasmoniques individuels supportés par deux ou plusieurs
nanoparticules vont interférer de façon cohérente pour produire de nouveaux modes mixtes,
représentant ainsi les modes propres du système couplé. Ce système de nanoparticules contribuant à la
structure hybride n’est plus décrit comme la somme de particules résonantes mais doit être considéré
comme une entité nouvelle et singulière. En fait dans la situation de ce fort couplage, les propriétés
134
Chapitre V : Résultats d
de la simu
ulation
optiquess associées au
a système hybride sonnt uniques et
e ils sont éventuelleme
é ent des com
mposantes
puissantees dans la coonception de nouvelles foonctionnalités optiques.
135
Chapitre V : Résultats de la simulation
16disc monodisperés 7
DL 16discmonodispersés
1disc isolé Φs=0.3
8
MG Φs=0.3 6 1disc isolé
MG DL
5
6 4
ε'eff
ε''eff
3
2
4
0
2
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5
E(eV) E(eV)
FIG. 5.14 : Permittivité effective (partie réelle et imaginaire). Cellule contenant soit une
inclusion discoïdale dont la permittivité est décrite selon le modèle de Drude Lorentz, ou bien
16 inclusions mono-dispersées, de même diamètre et de même fraction. Les résultats
numériques sont comparés à la formule de MG. 2.25, D=20nm, 0.3.
(a ) (b) (c )
Nous traçons les résultats pour la permittivité effective complexe, obtenus par simulation FEM sur
la figure 5.16, pour les quatres configurations citées précédemment et pour une inclusion isolée. On
reporte aussi dans la même courbe le résultat théorique de MG afin de procéder à la comparaison.
Il faut noter aussi que notre intérêt pour voir le comportement de la permittivité effective, est dû au
fait que c’est une grandeur très importante puisque à partir d’elle et de la grandeur perméabilité
effective, on peut savoir si le composite se comporte comme matériau main gauche, c'est-à-dire si les
deux grandeurs sont toutes les deux négatives alors l’indice de réfraction effectif est négatif.
136
Chapitre V : Résultats de la simulation
70
MG MG
60 Φs=0.5 100 Φs=0.5
1disc isole 1disc isole
50 config1 config1
40 config2 config2
80
config3 config3
30 config4
config4
20 60
εeff''
εeff'
10
0
40
-10
-20
20
-30
-40
0
-50
1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 2,2 2,4 2,6 2,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 2,2 2,4 2,6 2,8
E(eV) E(eV)
FIG. 5.16 : Fonction diélectrique effective (partie réelle et imaginaire) pour un disc isolé, 4
discs placés selon la config. 1 et la config. 2, deux discs placés selon la config. 3 et config. 4.
20 , de permittivité décrite par le modèle DCP. 0.5, 2.25. Les résultats
numériques sont comparés avec ceux de MG.
137
Chapitre V : Résultats de la simulation
Nous avons donc essayé de mettre en évidence tout les changements qui pourraient apparaître lors
de couplage entre inclusions métalliques. Cependant nous ne prétendons pas avoir tout étudier. Les
constations faites sont valables, quelque soit la forme de l’inclusion. En plus on s’est contenter des
formes discoïdales et il serait intéressant d’investiguer ce couplage sur d’autres formes.
138
Chapitre V : Résultats de la simulation
4,5
MEF-Drude 3,5
FEM-Drude
4,0 MG ΦS=0.1 MG
3,0
disc isolé
3,5
2,5
3,0
2,0
ε''eff
ε'eff
2,5
1,5
2,0 1,0
ΦS=0.1
1,5 0,5
disc isole
1,0 0,0
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 4,5
E(eV) E(eV)
3,5 1.0
MEF-DL FEM-DL
ΦS=0.1 MG MG
disc isolé
ε'eff
0.5
3,0
ε''eff
ΦS=0.1
inclusion isolee
0.0
2,5
1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5
E(eV)
E(eV)
3,4 1,0
FEM-DCP MEF-DCP
MG MG
3,2
0,8
3,0
disc isolé 0,6
2,8
εeff''
εeff'
φS=0.1 0,4
2,6
0,2 φS=0.1
2,4 Disc isolé
0,0
2,2
1 2 3 4 5 6 7 1 2 3 4 5 6 7
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 5.17 : Evolution de la permittivité effective (partie réelle (a) et partie imaginaire (b)), pour une
inclusion isolée en Au, décrite par le modèle de Drude (en haut), par le modèle de Drude Lorentz (au
milieu) et la modèle DCP (en bas). Une comparaison entre notre simulation par FEM et l’équation de
MG (A=1/2) est donnée. D=20nm, 2.25, 0.1.
139
Chapitre V : Résultats de la simulation
La figure 5.18 donne une comparaison entre l’évolution de la permittivité effective pour une fraction
égale à 0.3, lorsque le métal est décrit par le modèle de Drude Lorentz et Drude à deux points
critiques. Ces courbes sont comparées avec les prédictions théoriques de MG.
8 6
DCP DCP
DL DL
7 5
MG MG
4
6
ΦS=0.3 φS=0.3
3
εeff'
εeff''
2
4
1
3
0
2
1 2 3 4 5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 4,5 5,0
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 5.18 : Fonction diélectrique effective complexe (parties réelle (a) et imaginaire
(b)), en fonction de l’énergie photonique, pour une inclusion isolée en Au, décrite par
les modèle de Drude Lorentz et DCP. Une comparaison entre notre simulation par
FEM et l’équation de MG (A=1/2) est faite. D=20nm, 2.25, 0.3.
Un des paramètres dont les effets sont assez significatifs est la fraction des inclusions dans la
matrice hôte. L’augmentation de la fraction s’effectue par augmentation de la densité des inclusions
diffusantes et ceci soit en diminuant le volume de la matrice hôte (autrement les dimensions de la
cellule) ou soit en augmentant le nombre de particules. On suppose que la taille des particules est
maintenue invariante (ceci nous permet d’étudier séparément les conséquences des changements
géométriques ou physiques du composite sur les grandeurs optiques).
On considère donc, une inclusion isolée (afin de séparer l’effet du couplage) dans une cellule, de
diamètre D. On reporte sur les figures 5.19 et 5.20, l’évolution de la permittivité effective pour
diverses gammes de valeurs de la fraction, pour l’or et l’argent.
140
Chapitre V : Résultats de la simulation
60 7 100
Φs=0.05 Φs=0.05
6
Φs=0.1 6 Φs=0.1
40 80
5 Φs=0.12 Φs=0.12
MG Ag 5 MG 60
4 20 Ag
4 Φs=0.15
3
0
Φs=0.25 40
εeff''
εeff'
3
2 Au 20
-20 2 Au
1
0
1
-40
0 Φs=0.15
Φs=0.25 0 -20
-1 -60
2,0 2,5 3,0 3,5 2,0 2,5 3,0 3,5
E(eV) E(eV)
On remarque en premier lieu que pour des fractions faibles 0.25, les résultats de la
simulation et théoriques sont très concordants. Pour des valeurs de fraction 0.3, les
résultats concordent en valeurs mais il ya un décalage évident en fréquence, ce qui signifie
que les RPS par simulation se produisent plus vers le proche infrarouge que ceux prévues par
MG.
En second lieu selon ces courbes, l’augmentation de la fraction a pour effet de décaler la
RPS vers le proche infrarouge. Ceci n’est pas dû à l’augmentation du diamètre qui est
maintenu constant, mais c’est dû à la diminution du volume de la matrice environnante. La
théorie de Mie a pu mettre en évidence ce décalage vers l’infrarouge mais lorsque les
diamètres augmentent. A partir de la simulation, nous avons pu mettre en évidence l’effet du
milieu sur la RPS. L’augmentation de la fraction engendre aussi des valeurs négatives dans la
partie réelle de la permittivité effective. Ici on relève, la possibilité de la FEM de traiter le cas
des grandes fractions, par rapport à la formule MG.
141
Chapitre V : Résultats de la simulation
(a) (b)
20 Φs=0.05
Φs=0.05 30 Shift infrarouge
shift infrarouge
Φs=0.097 Φs=0.097
15
Φs=0.2 25 Φs=0.2
10
Φs=0.3 Φs=0.3
20
Φs=0.35 Φs=0.35
5 MG MG
15
εeff''
εeff'
0
10
-5
5
-10
0
2,00 2,25 2,50 2,75 3,00 2,00 2,25 2,50 2,75 3,00
E(eV) E(eV)
(a) (b)
30
ΦS=0.2
24 ΦS=0.2
redshift ΦS=0.3
ΦS=0.3 25
20 ΦS=0.35
ΦS=0.35
ΦS=0.4
16 ΦS=0.4 20
ΦS=0.5
ΦS=0.5
12
15 MG
MG
ε''eff
ε'eff
8
10
4
0 5
-4
0
E(eV) E(eV)
FIG. 5.21 : Idem que FIG. 5.20 : L’or est décrit par le modèle de Drude Lorentz.
142
Chapitre V : Résultats de la simulation
2,70
2,65
Φs=0.2
Φs=0.4
2,60
2,55
2,50
ER (eV)
2,45
2,40
2,35
2,30
2,25
Dans cette section, on s’intéresse à des inclusions 2D, de forme carrées et rectangles. On
rappelle que les mécanismes de polarisation dans les matériaux, de même que la polarisabilité et le
facteur de dépolarisation (FD) sont souvent mal connus, même pour des structures 2D à deux phases.
Ceci est d’autant plus le cas lorsque les phases possèdent des formes arbitraires. Ces informations sont
pourtant cruciales pour la modélisation des propriétés diélectriques de ces systèmes.
143
Chapitre V : Résultats d
de la simu
ulation
Bien quee les FD de certaines foormes simplees (disques, sphères, oblates, prolatees) aient étéé trouvés,
cependannt il existe des inclusionss de forme pllus complexee qu’il faut caractériser.
c
FIG. 5.23 : Distribution du potentiel dans un éttat résonant, dans une ceellule contenaant
une inclusiion en or, de forme carrée isolée orien
ntée différem
ment, de cotéé a=20nm et de
permittivitéé décrite parr le modèle DCP,
D 2.25, 0.1. le cham
mp est appliq qué
selon l’axe (oy).
Nouss reportons auussi les résuultats de la siimulation de la permittivvité effective sur la figuree 5.25, et
nous traaçons sur la même figure les prédicttions de MG
G avec A=0..5 pour un ccarré. On ob
bserve la
144
Chapitre V : Résultats de la simulation
différence qui existe entre la simulation et la théorie. Cet écart est dû au fait que le FD du carré est
confondu avec celui d’un disque. On peut dire selon ces courbes que le FD est inférieur à 0.5. Certains
travaux à partir de la FDTD [94] ont calculé le FD et posent que la valeur calculée numériquement
pour une inclusion carrée est égal à A=0.418 mais ceci pour une phase sans pertes.
(a)
3,8
3,6 F em -D C P
MG
3,4
3,2
Φ S = 0.1
3,0
carré
ε '
eff
2,8
2,6
2,4
2,2
1,5 2,0 2 ,5 3,0 3 ,5
E (e V )
(b)
1 ,2
F e m -D C P
1 ,0 MG
Φ S = 0 .1
c a rré
0 ,8
0 ,6
ε ''
eff
0 ,4
0 ,2
0 ,0
1 ,5 2 ,0 2 ,5 3 ,0 3 ,5
E (e V )
FIG. 5.24 : Permittivité effective (parties réelle (a) et imaginaire (b)) pour une
inclusion en Au, carrée isolée de coté a, placée dans une matrice de permittivité ,
décrite par le modèle DCP. Les résultats de la simulation sont donnés en points et le
résultat de MG en ligne. 20 , 2.25, 0.1.
Nous savons que le FD dépend de la forme de la particule, les questions fondamentales qui se posent
sont alors les suivantes : de quelle façon le FD change t’il avec l’orientation de l’inclusion ?, comment
est affecté le FD par le contraste de permittivité entre l’inclusion et la matrice ?, est ce que les pertes
de la phase affectent son FD ? Il est difficile de répondre à ces questions du point de vue analytique,
mais un modèle numérique pourrait éventuellement aider à répondre à quelques questions posées.
145
Chapitre V : Résultats d
de la simu
ulation
Nouss considéronns dans ce quui suit, une innclusion 2D rectangle dee coté a et dee longueur b. Ce type
deux géoométries est anisotrope. Sur la figuree 5.25, nous donnons la cartographiee du potentieel pour le
mode réésonant, l’innclusion étannt polarisée le long dee l’axe (oy)). On note les variations de la
polarisattion qui nouus semble plus forte lorrsque la diaagonale du rectangle
r estt parallèle au
a champ
appliquéé.
FIG. 5.25 : Cartograpphie du pottentiel dans une cellulee contenant une inclusiion
rectangulaiire isolée de d longueurr b et de co oté a en or,, orientée ddifférement. La
permittivitéé est décrite par le modèèle de Drudee (g=0), b/a=
=3, 2.225, 0.2
25.
Le champ est appliquéé selon l’axxe (oy) et l’éénergie d’exxcitation 1.85 , est
maintenue constante poour les 4 figuures.
Deux modes
m de résonance
r s
sont associéés au rectaangle (au cylindre
c ausssi). Une résonance
r
T) ou courte lorsque l’innclusion est polarisée
correspoondante à l'eexcitation plaasmonique trransverse (T
dans la direction noormale à la longueur duu rectangle, et le mode longitudinal ou long (L
L) qui est
associé à une excitattion plasmonnique polariséée le long du
u rectangle. Selon
S la figuure 5.25, les modes
m de
résonancces se produuisent plus vers
v l’infrarrouge par raapport au disque, pour uun rapport b/a=2,
b la
fréquencce de résonaance du modde L est 1.9 650 et alors quee pour b/a=6
6.5,
1.6 770 .
146
Chapitre V : Résultats de la simulation
30
M ode L
M ode T
20
10
ε '
eff
0
-10 b/a=2
b/a=3.5
b/a=5.25
-20 b/a=6.5
0
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
E (e V )
(a)
60
M o d e lo n g b /a = 2
b /a = 3 .5
50
b /a = 5 .2 5
re d s h ift b /a = 6 .5
40
5
M o d e co u rt
30
ε ''
eff
20 b le u s h ift
10
0
0
1 ,0 0 1 ,2 5 1 ,5 0 1 ,7 5 2 ,0 0 2 ,2 5 2 ,5 0 2 ,7 5 3 ,0 0
E (e V )
(b)
FIG. 5.26 : Fonction diélectrique effective (partie réelle (a) et imaginaire (b)) pour
(6X4) cylindres en Au, de hauteur b et coté a, de permittivité décrite par le modèle de
Drude (g=0), pour plusieurs rapport b/a. 0.14, 1.77. Les modes
longitudinal (L) et transversal (T) sont donnés sur la même figure.
Quand l'incidence est oblique et la lumière est p-polarisée (le champ électrique incident possède
deux composantes, une parallèle et une perpendiculaire au long axe du cylindre), alors les spectres
contiennent deux pics. La distance inter-particules (pas du réseau) peut aussi être variée pour accorder
la fréquence de résonance dans le spectre du visible.
147
Chapitre V : Résultats de la simulation
5. Inclusions sphériques
Soit une sphère métallique isolée de rayon a, placée dans une matrice hôte, on reporte sur les
figures 5.27 jusqu’à 5.33, l’évolution de la fonction diélectrique effective pour les inclusions en or et
argent, avec différents modèles et différentes fractions volumiques , le diamètre de l’inclusion et la
permittivité de la matrice hôte sont maintenus constants respectivement D=20nm et 2.25. On
augmente la fraction volumique, en supposant que le nombre d’inclusions diffusantes et leur tailles ne
changent pas.
Le pic de résonance étant déterminé à partir de la partie imaginaire de la fonction diélectrique, les
différents modèles donnés, montrent que la résonance d’une sphère en or de diamètre D=20nm, se
produit sensiblement au voisingage de 2.3 537 pour une fraction volumique
0.1 et au voisinage de 2.1 V 588 pour une fraction 0.3. Les résultats
théoriques concordent parfaitement avec la simulation pour les faibles fractions, mais à partir de
0.3, les résultats numériques et théoriques commencent à se distinguer et ceci sera d’autant plus
vrai lorsque les fractions dépassent la valeur 0.3.
Pour une inclusion en argent, les courbes montrent que la résonance d’une sphère de diamètre
D=20nm, se produit sensiblement au voisingage de 2.96 417 pour une fraction
volumique 0.1 et à 2.6 475 pour une fraction 0.3. Les résultats
théoriques concordent parfaitement avec la simulation pour les faibles fractions, mais à partir de
0.3, les résultats numériques et théoriques commencent à se distinguer, encore plus par rapport
au cas de l’inclusion en or.
On peut expliquer que la divergence qui commence à apparaître pour des fractions élevées, par le
fait que le volume de la matrice diminue, ou bien au fait que la théorie de Max Garnett est supposée
être correct pour les faibles fractions et ne tient pas compte des modes multipôlaires (considérations
dipôlaires). Etant donné que nous n’avons fait aucune restrictions mathématiques, mis à part le respect
de l’hypothèse quasi-statique, les deux raisons nous semblent plausibles. Cependant les ordres
multipôlaires apparaissent lorsque les dimensions de l’inclusion augmentent et puisque nous avons
maintenu D constant, alors cette raison sera éloignée. On observe que dans le cas de l’inclusion en
argent qui est plus dissipatif (les pics trés élevés), les décalages sont plus prononcées que ceux de l’or,
148
Chapitre V : Résultats de la simulation
ceci nous pousse à penser plutôt que la polarisation est la raison de ces différences. Plus le volume
environant diminue, plus la polarisation est forte. Etant donné que la FEM qui tient compte des
volumes de chaque phases, y compris celle de la matrice, ce dernier paramètre intervient dans les
effets observés.
6 6
4 4
3 3
ε'eff
ε''eff
2 2 ER=2.34eV
1 1
Φv=0.1
0 sphereisolée 0
FIG. 5.27 : Fonction diélectrique effective (partie réelle et imaginaire) pour une
inclusion sphérique en Au, décrite par le modèle de Drude (g=0.25). Les résultats par
FEM (points noirs), le résultat théorique MG (ligne). D=20nm, 2.25, 0.1.
5,0 3,0
FemDCP Fem-DCP
4,5 MG 2,5 MG
4,0 2,0
Φv=0.1
sphereisolée Φv=0.1
3,5 1,5
εeff'
sphereisolée
εeff''
3,0 1,0
2,5 0,5
ER=2.28eV
2,0 0,0
1 2 3 4 5 6 7 1 2 3 4 5 6 7
E(eV) E(eV)
FIG. 5.28 : Idem que la FIG. 5.27. La permittivité de l’or est décrite par le modèle DCP.
149
Chapitre V : Résultats de la simulation
20
20 MEFDLorentz
MG
Φv=0.3 Fem-DLorentz MG
Φv=0.3
15
16
10 12
ε''eff
ε'eff
5 8
ER=2.1eV ER=2.14eV
4
0
0
-5
1 2 3 4 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5
E(eV) E(eV)
FIG. 5.29 : Idem que la FIG. 5.27. La permittivité de l’or est décrite par le modèle Drude
Lorentz. 0.3.
16
FEM-DCP 20 MEF-DCP
MG MG
16
12
Φv=0.3
12 Φv=0.3
8
ε''eff
εeff'
4 ER=2.12eV
4
0
0
-4
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 4,5 5,0
E(eV) E(eV)
FIG. 5.30 : Idem que la FIG. 5.29. La permittivité de l’or est décrite par le modèle DCP.
150
Chapitre V : Résultats de la simulation
60
30 Mef-DCP3 Ag Mef-DCP3
MG 50 MG
20
40
10 φV=0.1 φV=0.1
30
εeff'
εeff''
0
20
-10 ER=2.96eV
Ag 10
-20 0
2 3 4 5 6 2 3 4 5 6
E (eV) E (eV)
FIG. 5.31 : Fonction diélectrique effective (partie réelle et imaginaire) pour une
inclusion sphérique en Ag, décrite par le modèle de DCP3. Les résultats par FEM
(points rouges) et le résultat théorique MG (ligne). D=20nm, 2.25, 0.1.
160
80 g=0.25
Φv=0.3 g=0.25 Φv=0.3
g=1 140 g=1
60 Ag
M-G Ag M-G
120
40
20 100
0 80
ε'eff
ε''eff
-20 60
-40 40
-60 20
-80
0
1,00 1,25 1,50 1,75 2,00 2,25 2,50 2,75 3,00 3,25 3,50 1,50 1,75 2,00 2,25 2,50 2,75 3,00 3,25 3,50
E(eV) E(eV)
FIG. 5.32 : Idem que la FIG. 5.31. l’Ag décrit par le modèle de Drude (g=0.25 et g=1).
0.3.
600 MEF-DCP3
300
φV=0.3 Mef-DCP3
MG
MG
500
200
400
100
300 Ag
εeff''
εeff'
0
φV=0.3
200
-100
Ag 100
-200
0
-300
2 3 4 5 6 2,00 2,25 2,50 2,75 3,00 3,25 3,50 3,75 4,00
E (eV) E (eV)
FIG. 5.33 : Idem que la FIG. 5.31. l’Ag décrit par le modèle DCP3. 0.3.
151
Chapitre V : Résultats d
de la simu
ulation
(a ) (b)
(a ) (b)
Un seeule restrictioon dans la siimulation, esst que la fraction de la spphère isolée ddans la cellulle ne doit
pas excééder la valeuur de 0.52 à cause de sa calotte sphéérique. Il est possible d’aaugmenter laa fraction
152
Chapitre V : Résultats de la simulation
volumique en augmentant le nombre de sphéres dans la cellue et en diminuant leur diamètre, malgré
ceci, on ne peut excéder la valeur de 0.64. certaines techniques numériques pourraient éventuellement
résoudre ce problème, mais il faudrait changer de formalisme en utilisant la méthode des élements
finis de frontiéres [96] et non de volume comme nous l’avons fait dans ce travail.
Nous rappelons qu’à partir de la permittivité effective, nous pouvons déterminer la section
d’atténuation (ou d’extinction) à partir de la relation (4.65). Dans ce cas, la section d’extinction sera
calculée à partir de la partie imaginaire de la fonction diélectrique effective du composite.
Il est possible aussi de déterminer les sections de diffusion et d’absorption d’une façon séparée
en utilisant les théorèmes optiques à partir des relations (2.46) jusqu’à (2.48). Dans ce cas, les sections
optiques, seront calculées à partir de la polarisabilité de l’inclusion (Eq. (4.66)).
En résumé, pour calculer à partir de la FEM, les sections optiques, nous utilisons soit :
• la théorie des milieux effectifs, autrement à partir de la permittivité effective, notée (th1),
• les théorèmes optiques autrement à partir de la polarisabilité, noté (th2).
Pour procéder à la comparaison, il existe deux théories pour les inclusions sphériques, soit à
partir de la formule de MG ou bien à partir de la théorie de Mie. La théorie de Mie qui est construite
sur la base de la diffusion de la lumière par une sphère unique, est souvent généralisée pour plusieurs
sphères, à condition que leur fraction soit faible. La valeur de . est souvent prise comme
valeur convenable pour l’utilisation de la théorie de Mie, essentiellement par rapport à la position de la
résonance.
On commence à donner les résultats de la simulation dans les figures 5.36 et 5.37, pour des sphères
isolées de faibles fractions. Comme illustration, nous prenons la valeur de 0.05. Le calcul de la
section d’extinction est réalisé en utilisant le théorème optique (th2). La comparaison est faite à partir
de la formule de MG (théorie des milieux effectifs). On observe la bonne concordance de nos résultats
numériques avec la théorie.
153
Chapitre V : Résultats de la simulation
700 MG
gold fem-DCP-th2
600 ΦV=0.05
(nm ) 500
2
400
σext
300
200
100
E(eV)
FIG. 5.36 : Section d’extinction pour une inclusion sphérique isolée en Au, décrite par
le modèle de DCP. Comparaison entre les résultats par FEM selon le théorème 2
(points) et les résultats analytiques de MG (lignes). D=20nm, 2.25, 0.05.
5000 Fem-Th2
MG ΦV=0.05
4000 Ag
(nm )
3000
2
2000
σext
1000
E(eV)
FIG. 5.37 : Idem que FIG. 5.36 : inclusion sphérique en Ag, décrite par le
modèle de Drude (g=1).
Un léger écart fréquentiel est remarqué dans le cas de l’Ag, bien que la fraction soit faible.
L’extinction étant calculée à partir de la polarisation, ceci se reflète sur nos résultats, essentiellement
pour le cas de l’Ag qui est très dissipatif. D’ailleurs l’extinction obtenue pour ce métal
5000 est 7 fois plus grande que la valeur de l’extinction de l’or 700 , bien que
154
Chapitre V : Résultats de la simulation
nous avons pris la valeur de g=1 dans le modèle de Drude décrivant l’Ag, (avec g<1, l’extinction
aurait été trouvée encore plus forte).
On tient à remarquer, que nous avons omis de traiter la diffusion, que nous aborderons plus tard,
afin de pouvoir mettre en évidence chaque effet d’une façon séparée.
Pour procéder à une comparaison entre les deux méthodes citées précédemment, on reporte dans la
figure 5.38, les résultats de la simulation calculés à partir du ‘th1’ et du ‘th2’, accompagnés des
prédictions théoriques de Mie et de Max-Garnett, pour une inclusion sphérique isolée en Au de
fraction . et de diamètre D=20nm.
FEM-th1
800
FEM-th2 φV=0.1
MG
Mie
600
σabs (nm )
2
400
200
E(eV)
FIG. 5.38 : Section d’extinction pour une inclusion sphérique en Au, décrite par le
modèle de Drude Lorentz. Comparaison entre les résultats par FEM selon le théorème
1 et le théorème 2 (points) et les résultats analytiques de Mie et de MG (lignes).
D=20nm, 2.25, 0.1.
On remarque que l’utilisation du th1, suit la théorie de MG, et l’utilisation de th2 suit plutôt celle de
Mie, ceci nous paraît logique, l’écart relève de la différence dans la philosophie des calculs. Dans la
première, on tient compte des pertes moyennes dans toutes les phases du composite, dans la seconde,
on s’intéresse à la polarisation de l’inclusion. Selon les théorèmes optiques, la section d’extinction est
légèrement plus faible que celle obtenue à partir de la théorie des milieux effectifs.
Mais dans l’ensemble, il y’a une très bonne concordance entre les résultats numériques et
théoriques, que ce soit du point de vue valeur ou position du spectre d’extinction.
155
Chapitre V : Résultats de la simulation
On reporte sur les figures 5.39 et 5.40, les résultats de la simulation, de la section d’extinction
calculés soit à partir du th1 ou th2, et ceci pour deux valeurs de diamètre et deux fractions.
1000
th1 th1
900 φV=0.1 2000 φV=0.3
th2 th2
section d'extinction (nm2)
D=20nm D=20nm
600
500
1000
400
300
500
200
100
0
0
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 4,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 5.39 : Section d’extinction pour une inclusion sphérique en Au, décrite par DCP.
Comparaison entre les résultats par FEM selon le théorème 1 et le théorème 2 (points)
et les résultats analytiques de Mie et de MG (lignes). 2.25, pour D=20nm,
0.1 (a) et 0.3 (b)
8000
th1
φV=0.1 FEM-th2 16000
7000 th2
D=40nm Mie MG
6000
MG
Section d'extinction (nm2)
12000
5000
ΦV=0.3
σext (nm2)
4000 D=40nm
8000
3000
2000
4000
1000
0 0
-1000
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0
E(eV) E(eV)
(a ) (b)
156
Chapitre V : Résultats de la simulation
Selon les courbes précédentes, il y’a une bonne concordance entre les résultats numériques et
les prédictions théoriques. En second lieu, la section d’extinction augmente avec le diamètre et avec la
fraction. L’augmentation du diamètre, de D=20nm à D=40nm pour une fraction égale à 0.1
(FIG. 5.39.a et 5.40.a), a pour conséquence l’augmentation de la section d’extinction de
700 à 7000 . Ceci, nous semble cohérent dans le cadre de la théorie dipolaire, où la
polarisabilité de l’inclusion diffusante est proportionnelle à son volume. L’augmentation de la fraction
de 0.1 à 0.3, avec un diamètre maintenu constant (FIG. 5.39.a et 5.39.b), a pour
conséquence l’augmentation de la section d’extinction d’un ordre égal à 2. Cet effet provient de la
diminution de la matrice hôte environnante, qui joue aussi un rôle dans l’extinction de l’onde. Un
légér écart fréquentiel commence à apparaître, pour la fraction 0.3, entre les résultats
numériques et théoriques.
25000
20000 g=0.25 Ag
D=20nm FEM-th1 g=1 ΦV=0.3
Section extinction (nm2)
20000 φV=0.1 MG MG
16000
15000
Ag 12000
σext (nm2)
10000
8000
5000 4000
0 0
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 5.41 : Section d’extinction pour une inclusion sphérique en Ag. Comparaison
entre les résultats par FEM selon le théorème 1 (points) et le résultat analytique de
MG (ligne). 2.25, D=20nm.
157
Chapitre V : Résultats de la simulation
On s’intéresse, dans ce qui suit à la section de diffusion et on reporte sur les figures 5.42 et 5.43,
les résultats de la simulation, accompagnée du résultat théorique de Mie pour permettre la
comparaison. On signale que le ‘th1’, ne permet pas d’avoir des informations sur le taux d’énergie
diffusée.
Mie
30
20
10
E(eV)
FIG. 5.42 : Section de diffusion pour une inclusion sphérique en Au, décrite par
DCP, pour deux fractions 0.1 et 0.3. Le résultat analytique de Mie est
aussi tracé (ligne). D=20nm, 2.25.
3000
D=40nm φV =0.1
2500 φV =0.3
Mie
2000
σdif (nm )
2
1500
1000
500
E(eV)
• une bonne concordance entre les résultats numériques par FEM et la théorie de Mie, pour une
fraction 0.1, quelque soit le diamètre (FIG. 5.42 et FIG. 5.43).
158
Chapitre V : Résultats de la simulation
Les hypothèses quasi-statiques restent valables pour des dimensions faibles par rapport à
la longueur d’onde de la lumière incidente (D ⁄5). Ainsi pour des inclusions sphériques en
or (respectivement pour l’argent), nous savons que la longueur d’onde de la résonance
plasmon se situe au voisinage de 560 400 , cette situation correspond
donc à une particule de diamètre 120 80 . Au-delà de ces valeurs, la
diffusion devient significative et pourrait même surpasser l’absorption.
6. Inclusions sphéroïdales
Dans ce qui suit, nous nous intéressons à modéliser le cas d’inclusions 3D, de type sphéroïde
prolate. L’anisotropie de l’inclusion a pour conséquence l’apparition de deux modes de résonance, le
mode longitudinal (L) (illustration FIG. 5.44) et le mode court T (illustration FIG. 5.45), qui
apparaissent en fonction de la direction de la polarisation du champ extérieur. Dans ces figures, nous
donnons comme illustration, la cartographie des lignes de champ et de potentiel pour les deux modes.
On considère un prolate isolé dont le rapport grand axe 2b sur petit axe 2a, est noté , de fraction
volumique , placé dans une matrice hôte diélectrique de permittivité 2.25. Nous supposons
en premier lieu, que le champ est appliqué le long du grand axe comme l’illustre la figure 5.44, c'est-à-
dire nous allons exciter le mode longitudinal L.
159
Chapitre V : Résultats d
de la simu
ulation
(a) (b)
FIG. 5.444 : Distributioon des lignes de champ éleectrique dans un prolate isoolé (Au) dontt la
permittivité du métal est décrite par lee modèle de DCP.
D 0..3, 2.25. 80⁄20
0
4.
(a) (b)
FIG. 5.455 : Distributioon de potentieel et des ligness de champ éélectrique à traavers une cellule
contenant unn prolate en Au
A dont la perrmittivité du métal
m est décrrite par le moddèle de DCP. Le
mode T résoonant 1
1.99 . 2.25. 0.1, 40⁄⁄20 2.
160
Chapitre V : Résultats de la simulation
L’effet du facteur de forme sur la position de la résonance est donné sur la figure 5.46.d En passant
de 2.5 à 4, la résonance optique est décalée de 1.9 650 à 1.5
824 . Le facteur permet de contrôler la position de la RPS dans la bande proche infrarouge
et plus ce facteur augmente plus la longueur d’onde de résonance devient grande.
60
40
MEF MEF
40 η=3
Bathan 20 50
Bathan 30
φV=0.1
η=2.5 20
30 10 40
10
0 30
20 0
-10 20
εeff
εeff
-10
10
10
-20 -20
0 0 -30
-30
ΦV=0.1
-10 -40
-40
-10
-50
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0
E(eV) E(eV)
(a) (b)
180
MEF 50
90
η=2.5
90 160
Bathan 40
η=3
75 Redshift η=3.5 140
η=3.5
30 60 η=4 120
60 ΦV=0.1 20 100
30
45 10 ΦV=0.1 80
0 60
εeff
εeff
0
30
-10 40
15 -30 20
-20
0 0
-30
-60
-20
-15 -40
-40
-50 -90
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
E(eV) E(eV)
(C) (d)
FIG. 5.46 : Fonction diélectrique effective (partie réelle et imaginaire), pour une
inclusion prolate en Au, décrite par le modèle DCP. Une comparaison avec la formule
de Bohren-Bathan est donnée.
Mode L, 2.5 (a) , 3 (b), 3.5 (c), différentes valeurs de (d).
161
Chapitre V : Résultats de la simulation
Dans la figure 5.47, on reporte les sections d’absorption obtenues à partir du th2, pour les deux
modes (L) et (T). Une comparaison est donnée à partir de la formule de Ganz (pour ce type
d’inclusion, la polarisabilité est parfaitement connue (Eq. (2.89))). On met en évidence les deux modes
L et T qui se produisent respectivement dans l’infrarouge et le bleu. On constate la très bonne
concordance entre les valeurs numériques et théoriques. Le spectre de résonance pour une orientation
arbitraire est donné sur la figure 5.48, ou apparaissent les deux spectres dans le même graphe.
Il faut noter que l’orientation de toute inclusion présentant une certaine anisotropie, par rapport au
champ appliqué, est un facteur qui influence fortement les spectres de résonances.
8000 2000
Φ V =0.1 Mode L Fem
Fem
1600
Ganz
6000
1200
σabs (nm )
2
4000 Mode T
800
2000
400
0
0
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5
E (eV)
FIG. 5.47 : Section d’absorption des modes T et L, à travers une inclusion prolate en Au,
décrite par le modèle de DCP. Comparaison entre les résultats par FEM selon th2 (points) et le
résultat analytique de Ganz (ligne). 0.1, 2.25, 2.
2500
M E F-th2
η =2
G anz
2000 Φ V =0.1
1000
500
E(eV)
Pour procéder à la comparaison entre l’absorption et la diffusion pour les sphéroïdes de type prolate,
on reporte sur la figure 5.49, les résultats de la simulation du mode L accompagnés des résultats
théoriques pour les sections d’absorption et de diffusion. On considère une fraction volumique
0.1, on fixe 2a=20nm et on varie le facteur de forme . Les résultats concordent que ce soit pour
162
Chapitre V : Résultats de la simulation
l’absorption ou la diffusion. Cependant on note que L’absorption est largement plus grande que la
diffusion pour ses dimensions.
6000
Mode long η=2
25000 Mode Long η=2
η=2.5
η=2.5 5000
η=3
η=3
Red shift
Red shift Ganz
20000 Ganz
4000
σabs (nm2)
σdif (nm2)
15000
3000
ΦV=0.1 ΦV=0.1
10000 2000
5000 1000
0 0
1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
E (e V) E (e V)
(a) (b)
FIG. 5.49 : Section d’absorption (a) et de diffusion (b), pour le mode L, à travers une
inclusion prolate en Au, décrite par le modèle de DCP, pour différentes valeurs de
2, 2.5, 3 .Comparaison entre les résultats par FEM (th2) et le résultat analytique
de Ganz (ligne). 20 0.1, 2.25.
On rappelle que la formule de Ganz est valable pour les faibles fractions. Pour cela, nous allons
augmenter la valeur de à 0.3, et on prend un prolate avec 2a=40nm, 2b=80nm 2 . Les
résultats numériques par FEM sont donnés sur la figure 5.50.
80000
absorption
diffusion
60000
2
)
σι section (nm
40000
20000
E (eV)
163
Chapitre V : Résultats de la simulation
La courbe (FIG. 5.50) montre que l’absorption et diffusion sont de valeurs grandes et assez
comparables. On remarque que le modèle Ganz présente un spectre décalé par rapport à celui de la
simulation ( 0.3), il passe d’une fréquence de 2 620 à 1.84
672 , bien que juste la fraction volumique qui change (on a maintenu les autres grandeurs
constantes). Ceci montre l’effet de la fraction sur le spectre qui sera plus décalé vers le proche
infrarouge, par rapport à celui donné par la formule de Ganz, qui est par conséquent valable pour les
faibles valeurs de la fraction ou pour des inclusions diffusantes dispersées et sans interactions.
7. Inclusions Cylindriques
Des variations dans la forme et la taille de la particule altèrent l’extinction des modes de
résonance. Dans cette section, nous allons considérer une forme devenue récemment, très populaire
dans la conception des nanostructures plasmoniques, c’est la forme cylindrique (nanorod).
Les nanocylindres peuvent croître d’une façon électrochimique dans un substrat poreux comme
l’Oxyde d’Aluminium anodique (Anodic Aluminium Oxide, AAO). Le diamètre du cylindre est
déterminé par la géométrie de la matrice en AAO. Ce diamètre peut varier entre 10nm à une centaine
de nanomètres. Leur longueur peut varier de 20nm à la limite de la hauteur de l’AAO (typiquement
quelques centaines de nanomètres). Tous ces paramètres, longueur, rapport longueur/diamètre, inter-
séparation ont un impact sur la réponse optique de ce composite.
164
Chapitre V : Résultats de la simulation
300
FEM Drude (g=0)
FEM DL 50
250 EMT
0
200
Φ V=0.3
150 -50
b/a=3.42
εeff
100
-100
50
-150
E(eV)
FIG. 5.51 : Fonction diélectrique effective (partie réelleet imaginaire), selon l’axe
long, d’une inclusion cylindrique en Au, décrite par le modèle de Drude (g=0) et le
modèle de Drude Lorentz. Les résultats par FEM et les résultats EMT avec le FD
A=0.10416 (ligne solide) sont donnés pour 1.776, 0.3, h/D=3.42.
300000
D=40nm D=40nm
h=120nm h=140nm
200000
σi (nm )
2
100000
E (eV)
Faute d’existence de formules analytiques de la polarisabilité d’un cylindre fini, les scientifiques
ont tendance à simuler un cylindre par la forme prolate; dans ce contexte, nous allons donc présenter
un graphe comparatif (FIG. 5.53), entre la formule analytique d’un prolate et la simulation pour un
cylindre avec les mêmes facteurs de forme, c’est dire que / , avec une fraction 0.1. Les
volumes des inclusions qui influencent sur l’amplitude des sections, étant différents (cylindre et
prolate), nous allons donné les spectres d’absorption et de diffusion normalisés.
165
Chapitre V : Résultats de la simulation
2,5
h/D=3
1,0
h/D=3.5
2,0 h/D=5
1,5
0,0
1,0
-0,5
0,5
-1,0
0,0
E(eV)
La description du comportement général du mode L des nanocylindres est compatible avec celui
obtenu pour les prolates isolés ou de faible fraction volumique obtenu dans le cadre de la théorie
dipolaire, cependant la position spectrale de cette résonance, n’est pas conforme à celle de cylindres
dans un réseau, c'est-à-dire que la réponse des sphéroïdes apparait à des longueurs d’onde beaucoup
plus grandes.
Le décalage du mode L de l’inclusion cylindrique vers le rouge en fonction du facteur de forme est
qualitativement identique, cependant il est plus petit que celui prévu pour le cas de la résonance
dipolaire isolée du sphéroïde. Ces conclusions et observations concordent très bien avec ceux donnés
dans [14].
Généralement dans les diverses applications notamment dans le secteur biologique, ces inclusions
métalliques sont souvent enrobées d’une seconde couche (ou plus), soit pour les rendre biocompatibles
en utilisant des matériaux de type polymères, ou pour soit pour les protéger. L’objectif de cette section
est de pouvoir quantifier sur des exemples précis, l’effet de l’enrobage (shell), de son épaisseur et ses
propriétés diélectriques sur la résonance optique. Ces structures sont de type trois phases (FIG. 5.54).
166
Chapitre V : Résultats de la simulation
L
e
0 0
Nous considérons une première série de calculs pour une sphère isolée en or dont la permittivité est
décrite par le modèle DCP, encapsulée par une couche d’épaisseur e et de permittivité . La sphère
enrobée est incluse dans une matrice environnante de permittivité . Dans ce qui suit, nous
focalisons nos calculs sur l’effet de la dimension de la couche d’encapsulation et sa permittivité sur les
caractéristiques de la résonance. Juste pour différentier entre la matrice hôte et le shell, on considère la
matrice comme étant l’eau d’indice de réfraction aux fréquences optiques n=1.33 (permittivité
1.77).
Sur la figure 5.56, on voit que l’augmentation de la permittivité de la matrice ou celle de l’enrobage
a tendance à renforcer l’absorption donc l’extinction (pour ce diamètre qui est faible, la diffusion est
faible). Un léger décalage vers l’infrarouge est observé.
L’augmentation de l’épaisseur du shell (FIG. 5.57) a pour effet d’augmenter le spectre d’absorption,
mais de façon limitée, ou il nous semble selon cette figure, qu’à partir d’une certaine épaisseur, rien ne
vas plus changer ‘saturation’. Toutes ses effets sont reliés à la distribution du champ dans le
composite.
167
Chapitre V : Résultats de la simulation
1,6
e=0nm e=0nm
3,2 1,4
e=4nm e=4nm
e=7nm e=7nm
1,2
analyt analyt
2,8 1,0
0,8
ε'eff
ε''eff
2,4 0,6
0,4
2,0 0,2
0,0
E(eV) E(eV)
(a) (b)
FIG. 5.55 : Effet de l’épaisseur du shell sur la permittivité effective (partie réelle (a)
et imaginaire (b)) d’une inclusion sphérique enrobée de permittivité décrite par le
modèle DCP, de diamètre D, placée dans une matrice diélectrique.
D=20nm, 0.1, 2.25 et 1.77
800 800
εm=1.77 εS=2.25
700 700
εm=2.25 εS=3.
600 MG 600 Analyt
500 500
σabs (nm2)
(nm2)
400 400
300 300
σabs
200 200
100 100
0 0
1,5 2,0 2,5 3,0 1,5 2,0 2,5 3,0
E(eV) E(eV)
(a) (b)
168
Chapitre V : Résultats de la simulation
600 e=0nm
e=4nm
500
e=7nm
analyt
400
σabs (nm2)
300
200
100
E (eV)
Pour pouvoir différencier entre les différentes phases, la matrice hôte est choisie une phase d’eau,
de permittivité dans la bande optique égale 1.77.
On reporte sur la figure 5.58 et 5.59, les résultats de la simulation par FEM respectivement de la
section d’absorption et de diffusion. Le curieux effet que nous observons que l’augmentation de
l’épaisseur à tendance à faire décaler la RPS vers le proche infrarouge, de e=0nm à e=4nm, on passe
de 1.8 687 à 1.35 915 . Bien que le facteur de forme diminue
puisque le diamètre augmente, le décalage est assez conséquent vers le proche infrarouge.
Lorsqu’on passe d’une épaisseur e=0nm à e=4nm, la valeur de la section d’absorption à la RPS est
multipliée par 2 et la section de diffusion est multipliée par 6.
169
Chapitre V : Résultats de la simulation
Ces résultats, montrent que ces cylindres métalliques encapsulés par une ou plusieurs couches de
diélectriques ont des résonances optiques qui pourraient être éventuellement contrôlées non pas par le
facteur de forme, mais par les épaisseurs des couches constitutives.
e=0nm
10000
e=2nm
e=4nm
Section d'absorption (nm )
2
8000
6000
4000
2000
0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 2,2 2,4
E(eV)
2000
e=0nm
e=2nm
Section de diffusion (nm )
1600
2
e=4nm
1200
800
400
0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 2,2 2,4
E(eV)
170
Chapitre V : Résultats de la simulation
Dans le cas du cylindre métallique qui se forme dans la matrice AAO, il peut exister un espace
d’air creux entre l’inclusion et la matrice, est ce que cette épaisseur d’air pourrait elle influencer sur le
spectre de résonance? La simulation numérique par éléments finis donnerait éventuellement une
réponse à cette question.
9. Conclusion
Nous avons développé une étude numérique sur les paramètres physiques caractérisant la
résonance optique de structures composites, contenant des inclusions métalliques de forme diverses.
Ces résultats spécifient le rôle important de la géométrie de l’inclusion et illustrent le fait que la RE est
une propriété extrinsèque associée à la structure considérée et permet la caractérisation d’un objet
polarisable à permittivité négative avec un rayonnement électromagnétique incident dans l’hypothèse
quasi-statique. Nous avons pu à partir du modèle numérique étudier l’effet de chaque paramètre
indépendamment. Une confrontation avec les modèles analytiques a montré que les résultats
concordent très bien pour les faibles fractions pour lesquelles ces modèles analytiques sont reconnus
valables, et que la MEF devient un outil puissant donnant une étude plus large que ce soit pour les
grandes fractions ou bien pour la caractérisation des couplages et les effets de polarisation.
171
Conclusion générale
172
Conclusion générale
Le couplage de la lumière avec les excitations plasmoniques que constituent les nanostructures
métalliques, constitue des réponses optiques très intéressantes. Toutes ces propriétés dépendent
largement de paramètres tels que les dimensions et les formes des nanométaux, ainsi que la matrice
dans laquelle ils sont insérés. Le contrôle de la réponse optique, comme nous l’avons vu se fait à partir
de ces paramètres.
La prédiction des propriétés optiques d’un matériau hétérogène, connaissant les propriétés de
ses constituants, et la caractérisation des interactions spécifiques qui se créent dans le matériau entre
les différentes substances sont des tâches souvent difficiles. L’emploi des techniques analytiques pour
l’étude des structures hétérogènes reste limité aux matériaux présentant surtout des configurations
symétriques, comme par exemple les milieux comportant uniquement des inclusions sphériques, et
pour les faibles concentrations de particules dans la matrice. Il est donc nécessaire d'avoir recours à
d'autres méthodes qui permettent de traiter les matériaux comportant des inclusions de formes
géométriques plus complexes, les plus proches de la réalité, et dont les concentrations sont
importantes. Aussi, le problème de la dispersion aléatoire des inclusions doit être également considéré.
Une alternative pour traiter de tels problèmes de manière systématique est l'utilisation des méthodes
numériques. Et c’est sur l’utilisation de l’une des méthodes numériques, développée au sein de ce
travail à savoir la méthode des éléments finis que nous avons construit notre formalisme. La souplesse
de la FEM fait qu’elle possède toutes ses caractéristiques.
La FEM présente également d'autres avantages par rapport aux nombreuses formules
analytiques de prédiction de la réponse optique via la fonction diélectrique effective Elle permet de
traiter simultanément les anisotropies de forme et d'orientation des inclusions, les variations de
fractions volumiques dans la matrice tout en tenant compte des interactions multipolaires dans le
matériau. Un autre avantage de l’algorithme employé est celui du rapport illimité (très grand) des
permittivités des phases constituantes, contrairement aux formules analytiques où il constitue un
obstacle. Parmi les formules analytiques présentées dans ce travail, seule la théorie de Maxwell
Garnett a pu caractériser la réponse optique qui par ailleurs reste valable pour les faibles fractions et
les formes sphériques.
173
Nous avons montré que la FEM permet de calculer de manière précise et rigoureuse, la
réponse optique via la permittivité effective du composite avec des inclusions discoïdales et
sphériques distribuées périodiquement. Nous avons confronté notre simulation avec la formule
analytique de Ganz, pour le cas de sphéroïdes. Ensuite nous avons présenté nos résultats numériques
pour les inclusions cylindres et inclusions possédant un enrobage. Dans ce travail, l’outil informatique
a permis d’étudier indépendamment l’effet de chaque paramètre, où nous avons mis l’effet du
couplage et l’exaltation et le confinement du champ électromagnétique.
Comme perspectives, est d’appliquer la méthode des éléments finis pour ces nanostructures
métalliques en surpassant la limite quasi-statique posée au cours de ce travail.
174
BIBLIOGRAPHIE
175
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181
ANNEXE I
ANNEXE I
ANNEXE I
182
ANNEXE I
ANNEXE I
, ,
, , , , , ,
I. 1
I. 2
, , I. 3
A partir des définitions de polynômes de Lagrange (Eqs. (4.22), (4.23)), nous calculons ces éléments
matriciels et on trouve :
/36
/36
183
ANNEXE I
/36
/36
/36
/36
/36
/36
/36
184
ANNEXE I
/36
, , , ,
.4
.5
.6
∑ 1
, , , , .7
, , , , .8
, , , , .9
En injectant les relations (4.22) et (4.23), et en comparant entre les équations (I.4), (I.7), on trouve par
identification que:
185
ANNEXE I
/6
/6
/6
et :
186