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Structures et Propriétés des Corps Finis

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Corps Finis

M. E. Charkani

Finite fields play a major role in coding theory, and so it is important to gain a solid
understanding of the structure of such fields.
S. Roman Coding and Information Theory GTM 134, Springer Verlag, 1991.

1 Introduction

Les corps finis sont très utilisés en théorie des nombres, combinatoire, cryptographie, théorie
de codage et codes correcteurs. D’où l’intérêt d’une étude approfondie de leur structure mul-
tiplicative, additive et la structure des polynômes à coefficients dans les corps finis (critère
d’irréductibilité des polynômes, calcul du polynôme minimal, calcul du l’ordre d’un polynômes
irréductible, détermination de la liste des polynômes primitifs...).

Notations
1) Soit P un polynôme de K[X]. On note par ZK (P ) l’ensemble des zéro du polynôme P dans
K. Si K est une clôture algébrique du corps K on écrit Z(P ) au lieu de ZK (P ).
2) Soit a un élément du groupe commutatif G. L’ordre de a dans G sera noté par | a |G ou
tout simplement | a |.
3) Soit p un nombre premier. si n = pr m avec p ne divise pas m on écrit pr || n.

1.1 Structures des corps finis

Nous commençons par un résultat classique concernant un corps quelconque :

Thorme 1.1 Soit K un corps commutatif quelconque. Alors tout sous-groupe fini du groupe
multiplicative de K est cyclique.

Preuve. En effet l’exposant de tout sous-groupe fini du groupe multiplicative de K est égal
à son ordre et donc il est cyclique.

Soit p un nombre premier, l’anneau (ZZ/pZZ, +, ×) est corps fini ayant p éléments on le
notera par IFp .

1
M. E. Charkani 2

Thorme 1.2 Un corps fini a pour caractéristique un nombre premier p. Son cardinal est une
puissance q = pr de p.

Preuve. En effet la caractéristique d’un corps fini est strictement positive. Le fait qu’il est
intègre, cette caractéristique est alors un nombre premier p. Il contient donc un corps iso-
morphe à IFp = ZZ/pZZ. En plus c’est un espace vectoriel de dimension finie sur son corps
premier IFp . Donc son cardinal est une puissance pr de p.

Soit K la clôture algébrique du corps fini IFp . On sait que l’application


Fp : K −→ K
x −→ xp
est un automorphisme de corps K et que le composé r fois de Fp est l’automorphisme Fq (x) =
xq (où q = pr ) appelé l’automorphisme de Frobenius.

Thorme 1.3 Soient K un corps fini de cardinal q et K une clôture algébrique de K. Alors
1) Pour tout entier m ∈ IN , il existe un seul corps fini Km contenu dans K et de degré m
sur K. Le corps fini Km est à la fois l’ensemble des racines et le corps de décomposition du
0
polynôme Pq0 (X) = X q − X sur K où q 0 = q m .
2) Deux extensions de degré m sur K sont isomorphes.

0
Preuve. 1) Il est clair que Km = {x ∈ K | xq = x} est un corps contenu dans K où q 0 = q m .
0
En plus Km est l’ensemble des zéro du polynôme Pq0 (X) = X q − X sur K qui n’admet que
0 0
des racines simples car sa dérivée est Pq0 (X) = q 0 X q −1 − 1 et par suite les racines de Pq0 ne
0
sont pas des racines de Pq0 . Donc le cardinal de Km est q 0 . Soit L une extension contenue dans
0
K et de degré m sur K alors L est de cardinal q 0 et donc L ⊆ Km = {x ∈ K | xq = x}.
0
D’autre part Km = {x ∈ K | xq = x} est un corps contenu dans K.
2) En effet deux corps de décomposition d’un même polynôme sur un corps K sont isomorphes.

Remarques 1.1 1) Si on fixe une clôture algébrique K du corps fini IFp alors pour toute
puissance q de p il existe un seul corps fini dans K de cardinal q. Autrement dit il n’existe, à
isomorphisme près, qu’un seul corps fini de cardinal q. Ainsi l’unique corps fini de cardinal q,
à isomorphisme près, sera noté par IFq . Le plus petit corps fini est le corps IF2 .
2) Deux polynômes irréductibles de même degré m sur IFq admettent le même corps de
décomposition.

Si P est un polynôme irréductible dans IFp [X] de degré d alors IFp [X]/ < P > est un corps
fini de cardinal q = pd .

Exemples 1.1 i) Le polynôme P = X 4 + X + 1 est irréductible dans IF2 [X] et donc IF2 [X]/ <
P > est un corps fini de cardinal q = 24 = 16.
ii) Le polynôme P = X 2 + 1 est irréductible dans IF3 [X] et donc IF3 [X]/ < P > est un corps
fini de cardinal q = 32 = 9.
iii) Le polynôme P = X 3 + X + 1 est irréductible dans IF2 [X]. Donc K = IF2 [X]/ < P >
est un corps fini de cardinal q = 23 = 8.
M. E. Charkani 3

Corollaire 1.1 Soit IFq un corps fini de cardinal q = pn une puissance de p. Alors les seuls
sous-corps de IFq sont les corps finis IFq0 de cardinal q 0 = pm avec m un diviseur de n. Au-
trement dit si d(n) est le nombre des diviseurs de n alors le corps IFq admet exactement d(n)
sous-corps.

Remarques 1.2 1) On a IFqr ⊆ IFqs si et seulement si r divise S. Autrement dit IFq ⊆ IFq0
0
si et seulement si q = q t (on pourra prouver directement ceci en utilisant le fais que IFq0 est
un IFq -espace vectoriel).
2) Les corps IFqr et IFqs sont linéairement disjoints sur IFq si et seulement si r et s sont
premiers entre eux.

Soit K une extension du corps fini IFq . Soit K la clôture algébrique du corps K. On a vu
que l’application
Fq : K −→ K
x −→ xq
est un automorphisme de corps. Si K est une extension de degré n sur IFq alors le théorème
1.3 affirme que K est le corps des invariants de l’automorphisme Fqn . La restriction de Fq à
K est un IFq -automorphisme (il laisse invariants les éléments de IFq ) de K noté aussi par Fq
et appelé automorphisme de Frobenius sur K. Noter que si q et q 0 sont deux puissances de
0
p alors Fq ◦ Fq0 = Fqq0 et que le composé r fois de Fq est l’automorphisme Fq0 (x) = xq où
q0 = q r .

Dfinition 1.1 Soit α un élément du corps fini IFq . On notera par ϑ(α) l’ordre multiplicative
de α.

r
Il est claire que si β = αq alors β et α sont Fq -conjugués et par suite ϑ(β) = ϑ(α).

Thorme 1.4 Soit K une clôture algébrique du corps fini IFq . Soit α un élément de K d’ordre
multiplicative égal à m. Alors IFq (α) = IFqf où f =| q + mZZ | est l’ordre multiplicative de
q = q + mZZ dans ZZ/mZZ.

Preuve. Comme f =| q + mZZ | alors q f ≡ 1 mod m et donc m divise q f − 1 d’où


0 0
αq = α où q 0 = q f et par suite tout élément x de IFq (α) vérifie xq = x. Donc IFq (α) ⊆ IFqf .
Inversement si IFq (α) = IFqr alors αq” = α où q” = q r et par suite m divise q r − 1. Comme
f =| q + mZZ | alors f divise r et par suite IFqf ⊆ IFqr = IFq (α).

Corollaire 1.2 Soit K une clôture algébrique du corps fini IFq . Soit α un élément de K d’ordre
multiplicative égal à m. Alors le degré de Irrd(α, IFq ) est égale à f où f =| q + mZZ |.

Preuve. En effet [IFq (α) : IFq ] = deg(Irrd(α, IFq )).


M. E. Charkani 4

Corollaire 1.3 Soit Φm (X) le mième polynôme cyclotomique sur Q. I Si f =| q + mZZ | alors
l’image Φm (X) de Φm (X) dans IFq admet f facteurs irréductibles dans IFq [X]. En particulier
Φm (X) est irréductible dans IFq [X] si et seulement si ϕ(m) =| q + mZZ | où ϕ est l’indicateur
d’Euler.

Remarque 1.3 Une autre façon d’exprimer le résultat du corollaire 1.2 précèdent est la for-
mule suivante : [IFq (α) : IFq ] =| q + ϑ(α)ZZ |.

Thorme 1.5 Soit P un polynôme irréductible unitaire de degré f sur IFq . Soit α une racine
de P . Alors le corps de décomposition de P est IFqf = IFq (α) et toutes les racines de P sont
2 f −1
α, αq , αq , ..., αq .

Preuve. Soit α une racine de P d’ordre multiplicative égal à m. Comme Fq est un IFq -
automorphisme de corps alors Fqi (α) est aussi une racine de P . Montrons que ce sont les seuls
i j j−i j−i
racines de P . En effet si i < j et αq = αq alors Fqi (α) = Fqi (αq ) et par suite α = αq .
Autrement dit l’ordre multiplicative m de α doit diviser q j−i − 1 et alors | q + mZZ | divise
j − i. Comme, d’après le théorème 1.4, f =| q + mZZ | alors f divise j − i et par suite les racines
i
de P sous la forme αq sont en nombre f . Comme deg(P ) = f et P est séparable alors ce sont
les seuls racines de P .

Corollaire 1.4 Soit K une clôture algébrique du corps fini IFq . Soit α un élément de K
d’ordre multiplicative égal à m. Alors le polynôme minimal P = Irrd(α, IFq ) de α est
f
i
Y
P = (X − αq )
i=1

où f =| q + mZZ | est l’ordre multiplicative de q = q + mZZ dans ZZ/mZZ.

Dfinition 1.2 Soit P un polynôme irréductible unitaire sur IFq . On appelle ordre de P et on
le note ϑ(P ) l’ordre d’une racine de P .

Remarques 1.4 1) Noter que si le degré de P est d alors l’ordre ϑ(P ) de P est un diviseur
de q d − 1.
2) Si A = IFq [X]/ < P > alors ϑ(P ) =| X | où | X | est l’ordre de l’image X de X dans A.
3) Si P est un polynôme irréductible unitaire sur IFq alors une autre façon d’exprimer le
résultat du corollaire 1.2 précèdent est la formule suivante :

Deg(P ) =| q + ϑ(P )ZZ | .

Exemples 1.2 i) Soit P = X 4 + X + 1 un polynôme irréductible dans IF2 [X]. Soit α une
racine du polynôme P . Donc α8 = α2 + 1. D’où α16 = (α2 + 1)2 = α4 + 1 = −α = α et par
suite ϑ(P ) = 15.
ii) Soit P = X 2 + X + 2 un polynôme irréductible dans IF3 [X]. Soit α une racine du polynôme
P . Donc α4 = α2 + 4α + 4 = 2. D’où α8 = 1 et par suite ϑ(P ) = 8.
M. E. Charkani 5

Proposition 1.1 Soit P un polynôme irréductible unitaire sur IFq . Soit s un entier premier
avec p. Alors le polynôme P divise X s − 1 si et seulement si ϑ(P ) divise S.
L’ordre ϑ(P ) de P est le plus petit entier s tel que P divise X s − 1.

Preuve. En effet les racines de P sont tous simples et donc P divise X s − 1 si et seulement
si toute racine de P est d’ordre un diviseur de s si et seulement si ϑ(P ) divise S.

1.2 Polynômes irréductibles sur un corps fini

L’ensemble des polynômes irréductibles unitaires de degré n sur IFq sera noté par IPn,q .
Alors
IFq ⊆ ∪d| n (∪P ∈IPd,q ZK (P )).

Thorme 1.6 Soit IFq le corps fini à q éléments. Soit IPn,q l’ensemble des polynômes irréductibles
unitaires de degré n sur IFq . Alors
n
Y Y
Tq − T = ( P (T )) (1).
d| n P ∈IPd,q

Q
Preuve. En effet on Examine les racines de P ∈IPd,q P (T ).

Corollaire 1.5 Pour tout entier n ≥ 1, il existe un nombre fini αq (n) ≤ q n de polynômes
irréductibles unitaires de degré n sur IFq . Plus précisément ce nombre vérifie

1X d n
αq (n) = q µ( ).
n d
d| n

Preuve.
P En effet la relation des degré des polynômes dans la formule (1) montre que
n
q = d| n αq (d)d. La formule d’inversion de Mø̈bius permet de conclure (voir [2]).

Remarques 1.5 1) Le nombre αq (n) intervient dans plusieurs autres contextes :algèbre de
Lie libre, identité cyclotomique, groupes libres (c’est le nombre des colliers de longueur n, voir
[11]).
2)
P Le fait que le nombre αq (n) est un entier entraı̂ne que le nombre n divise le nombre
d n
d| n q µ( d
).
3) Soit qe fonction exposant définie par qe(d) := q d . La formule q n =
P
d| n αq (d)d exprime
le fait que la fonction qe est le produit de convolution z ∗ i.αq de la fonction Arithmétique z
par le produit i.αq de la fonction αq et la fonction arithmétique i où z et i sont les fonctions
arithmétiques suivantes : i(n) = n, z(n) = 1. (voir [2]).
M. E. Charkani 6

1.3 Polynômes et éléments primitifs

Soit IPn,q l’ensemble des polynômes irréductibles unitaires de degré n sur IFq .

Dfinition 1.3 Soit P un polynôme irréductible unitaire de degré n sur IFq . On dit que P est
primitif si une racine de P est un élément primitif du corps IFq [X]/ < P >.

Proposition 1.2 Soit P un polynôme irréductible unitaire de degré n sur IFq . Alors P est
primitif si et seulement si ϑ(P ) = q n − 1.

Exemples 1.3 Les polynômes P = X 2 + X + 1 et P = X 3 + X 2 + 1 sont primitifs sur


IF2 [X].

1.4 Représentation des éléments d’un corps fini

Soit IFq le corps fini à q éléments. Il y a plusieurs manières de représenter les éléments du
corps fini IFq . Nous citons trois types de représentation :

Représentation polynômiale

Si q = pd alors il existe un polynôme irréductible unitaire P de degré d sur IFp tel que
IFq ' IFp [X]/ < P >. Donc si α est une racine de P alors IFq = IFp [α]. Autrement dit les
éléments de IFq sont de la forme Q(α) où Q est un polynôme de degré r < d sur IFp .

Exemples 1.4 1) Le polynôme P = X 3 + X + 1 est irréductible dans IF2 [X]. Donc K =


IF2 [X]/ < P > est un corps fini de cardinal q = 23 = 8 et si α est une racine de P alors
K = IF8 = IF2 [α] et ses éléments sont :
Degré 0 (constants) : 0, 1,
Degré 1 : α, α + 1.
Degré 2 : α2 , α2 + 1, α2 + α + 1, α2 + α.

2) Le polynôme P = X 2 + X + 2 est irréductible dans IF3 [X]. Donc K = IF3 [X]/ < P >
est un corps fini de cardinal q = 32 = 9 et si α est une racine de P alors K = IF9 = IF3 [α] et
ses éléments sont :
Degré 0 (constants) : 0, 1, 2
Degré 1 : α, α + 1, α + 2, 2α, 2α + 1, 2α + 2.

Représentation multiplicative

Soit ε un élément primitif de IFq . Alors IFq = {0, 1, ε, ε2 , ..., εq−2 }.


M. E. Charkani 7

Représentation matricielle

Soit IFq = IFp [X]/ < P >. Alors IFq = IFp [C] où C est la matrice compagnon associée à
P.

Exemple 1.1 Considérons encore le polynôme irréductible P= X 2 + X + 2 de IF3 [X]. Soit
0 1
C = Comp(P ) la matrice compagnon associée à P . Donc C = alors les ses éléments
  12   
1 1 2 1 0 2
de K = IF9 = IF3 [C] sont : 0, I, 2I, C, C +I = , C +2I = , 2C = ,
    1 0 1 1 2 1
1 2 2 2
2C + I = , 2C + 2I = .
2 2 2 0

Remarque 1.6 Noter que la représentation polynômiale permet d’établir facilement la table
d’addition dans IFq , tandis que la représentation multiplicative est plus commode pour établir la
table de la multiplication dans IFq . D’où l’intérêt de déterminer un élément primitif de IFq car
avec un tel élément on a les avantages de la représentation polynômial et de la représentation
multiplicative des éléments de IFq . Autrement dit la clef du calcul dans IFq est la détermination
d’un élément primitif de IFq (voir commentaire de [12] p. 293).

Références
[1] N. Bourbaki, Algèbre, Chapitres 4 à 7, Masson, 1981.
[2] M. E. Charkani, Fonctions Arithmétiques, Séminaires d’algèbre, USMB FES, ( 2002).

[3] J.P. Escofier, Théorie de Galois, Cours avec exercices corrigés, Masson, Paris, 1997.
[4] R. Goblot, Algèbre commutative, deuxième édition, Dunod, 1996.
[5] I. Gozard, Théorie de Galois, Notas de mathematica, Ellipses, 1997.
[6] G. Karpilovsky, Topics in fields theory, Notas de mathematica, vol. 155, North-
Holland, (1989).
[7] S. Lang, Algebra, Addison-Wesley, Second Edition 1984.
[8] M. Mingnot Algèbre appliquée à l’Informatique Collection puf, Presse universitaire de
France, 1987.
[9] Derek J. S. Robinson, A course in the Theory of Groups, Graduate Texts in Ma-
thematics 80, Second edition Springer-Verlag New York Heidelberg Berlin,
1996.
[10] J. Rotman, An Introduction to the Theory of Groups, Graduate Texts in Mathe-
matics 148, Fourth edition, Springer-Verlag, Berlin, New York, 1995.
[11] C. Reutenauer Mots circulaire et un polynôme irréductible s Ann. sc. math. Québec,
1988, vol. 12, no 2, pp. 275-285.
[12] S. Roman Coding and Information Theory GTM 134, Springer Verlag, 1991.

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