Le signe d’une transposition τ est −1 ; considérons l’application s 7→ sτ .
C’est une
application de An vers Sn \ An qui est injective (car sτ = s0 τ entraı̂ne s = s0 ) et surjective
(car (sτ )τ = s) donc bijective. Ainsi n! = card(Sn ) = card(An ) + card(Sn \ An ) =
2card(An ).
Remarque : on voit donc ε(s) = +1 si s est le produit d’un nombre pair de trans-
positions et ε(s) = −1 si s est le produit d’un nombre impair de transpositions. Plus
généralement un cycle de longueur m aura donc un signe (−1)m+1 , ce qui donne une
méthode de calcul du signe d’une permutation connaissant sa décomposition en cycles.
3.4 STRUCTURE D’ANNEAU ET STRUCTURE DE CORPS.
Définition: Un anneau est la donnée d’un ensemble A et de deux lois de composition
+ (addition) et ∗ (Multiplication) telles que :
(i) (A, +) est un groupe commutatif (dont on note l’élément neutre 0 = 0A ).
(ii) La loi ∗ est associative.
(iii) La loi ∗ possède un élément neutre (qu’on notera 1 = 1A )
(iv) La loi ∗ est distributive par rapport à l’addition :
∀x, y, z ∈ A, x ∗ (y + z) = (x ∗ y) + (x ∗ z) et (y + z) ∗ x = (y ∗ x) + (z ∗ x)
Si de plus la loi ∗ est commutative on dit que l’anneau A est commutatif.
Remarquons que l’on a toujours x ∗ 0 = 0 ∗ x = 0 dans un anneau ; en effet x ∗ 0 =
x ∗ (0 + 0) = x ∗ 0 + x ∗ 0 et donc (la loi + est une loi de groupe) x ∗ 0 = 0.
Définition: Un corps est un anneau tel que :
(v) Tout élément x ∈ A \ {0A } possède un inverse.
Convention : Un anneau (ou un corps) est donc un triplet (A, +, ∗), l’ensemble A
s’appelle l’ensemble sous-jacent à l’anneau ; toutefois on parle souvent de l’anneau A en
sous-entendant les lois + et ∗ quand il est clair dans le contexte de quelles lois il s’agit.
Exemples : Nous étudierons tout spécialement l’anneau des entiers relatifs (Z, +, ×) ;
ce n’est pas un corps car les seuls éléments de Z possédant un inverse pour la multiplication
sont +1 et −1. Les corps les plus importants que nous étudierons sont le corps des nombres
rationnels Q, le corps des nombres réels R et le corps des nombres complexes C. Un nombre
rationnel peut bien sûr s’écrire comme une fraction ab avec a ∈ Z et b ∈ Z \ {0} avec la
0
règle ab = ab0 si ab0 = a0 b ; l’addition et la multiplication sont définis par ab + dc = ad+bc
bd .
Nous verrons aussi que, si K désigne Q, R ou C, l’ensemble des polynômes à coefficients
dans K, que l’on note K[X], muni de l’addition et de la multiplication naturelles, forme
un anneau qui possède beaucoup de propriétés communes avec Z. Tous ces anneaux sont
commutatifs.
L’ensemble des matrices 2 × 2 à coefficients réels (voir chapitre 7) muni des lois :
0
a b0 a + a0 b + b0
a b
+ =
c d c0 d0 c + c0 d + d0
0
a b0
0
aa + bc0 ab0 + bd0
a b
. =
c d c0 d0 ca0 + dc0 cb0 + dd0
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