L'Alaska (prononcé /[Link]/ Écouter (Fr.) en français et /ə.ˈlæs.kə/ Écouter (É.-U.
A) en
anglais) est le 49e État des États-Unis, dont la capitale est Juneau et la plus grande ville
Anchorage, où habite environ 40 % de la population de l'État. Avec une superficie totale
de 1 717 854 km2, il est l'État le plus étendu et le plus septentrional du pays, mais l'un
des moins peuplés, ne comptant que 733 406 habitants en 20231.
Comme Hawaï, l'Alaska est séparé des États-Unis contigus. Il se situe au nord-ouest du
Canada. Bordé par la mer de Beaufort et l'océan Arctique au nord et le golfe d'Alaska et
l'océan Pacifique au sud, ce territoire est séparé de l'Asie par le détroit de Béring, la mer
de Béring et la mer des Tchouktches. En outre, ses divisions administratives ne sont pas
des comtés mais des boroughs.
Alaska signifie « grande Terre » ou « continent » en aléoute3. Cette région, que l'on
appelait au XIXe siècle l'« Amérique russe », tire son nom d'une longue presqu'île, au
nord-ouest du continent américain, à environ mille kilomètres au sud du détroit de
Béring, et qui se lie, vers le sud, aux îles Aléoutiennes. Le surnom de l'Alaska est « la
dernière frontière » ou « la terre du soleil de minuit ».
Peuplé par des Aléoutes, Inuits (notamment Iñupiat et Yupiks) et peut-être d'autres
Amérindiens depuis plusieurs millénaires, le territoire est colonisé par des trappeurs
russes à la fin du XVIIIe siècle. Les ressources de l'Alaska proviennent alors
essentiellement du commerce du bois et de la traite de fourrures. Le 30 mars 1867, les
États-Unis l'achètent à la Russie pour la somme de 7,2 millions de dollars (environ 120
millions de dollars actuels), et celui-ci adhère à l'Union le 3 janvier 1959. Les secteurs
économiques prédominants aujourd'hui sont la pêche, le tourisme, et surtout la
production d'hydrocarbures (pétrole, gaz) depuis la découverte de gisements à Prudhoe
Bay dans les années 1970.
Le Denali (6 190 m d'altitude), point culminant des États-Unis, se trouve dans la chaîne
d'Alaska et constitue le cœur du parc national et réserve du Denali.
Le climat y est de type polaire, et la faune caractéristique des milieux froids (grizzli,
caribou, orignal, ours blanc). Les températures moyennes en Alaska ont augmenté de
1,6 °C depuis 1950, le réchauffement climatique s'exerçant de façon particulièrement
forte dans cette région du monde4.
Les territoires limitrophes sont le territoire du Yukon et la province de Colombie-
Britannique au Canada. Le kraï du Kamtchatka et le district autonome de Tchoukotka en
Russie se trouvent à quelques dizaines de kilomètres, de l'autre côté du détroit de
Béring.
Bastion du Parti républicain, l'Alaska est gouverné depuis 2018 par Mike Dunleavy.
Origine du nom
Alaska est la version russe (Аляска) du mot aléoute Alakshak signifiant « terres » ou «
grande péninsule ». Les Aléoutes sont des Inuits habitant les îles Aléoutiennes et l'ouest
de l'Alaska.
Histoire
Article détaillé : Achat de l'Alaska.
L'Alaska est habitée pendant des milliers d'années par différents peuples avant la
colonisation européenne.
Vitus Béring, un marin danois au service de l'Empire russe, est le premier Européen à
arriver en Alaska en 17415. L'Alaska devient alors une colonie russe, avant d'être
vendue aux États-Unis en 1867 pour la somme de 7,2 millions de dollars6, et de devenir
un État le 3 janvier 1959.
Cultures autochtones
Article détaillé : Autochtones d'Alaska.
Les savoirs et savoir-faire traditionnels font l'objet de recherches et colportage,
notamment coordonnés par l'Alaska Native Science Commission7.
Culture de Denbigh en Alaska (3000 à 1000 av. J.-C.)
Territoire
Les gens de Denbigh vivaient dans le nord de l'Alaska, il y a 5 000 ans. Leur principale
ressource était les animaux qu'ils chassaient dans la toundra, pour leur nourriture, leurs
vêtements et leurs abris. En 1948, l'archéologue américain Louis Giddings (en) excave,
au Cap Denbigh, sur la côte de la mer de Béring, des microlames de chert et
d'obsidienne, qui ressemblent à celles trouvées précédemment dans le désert de Gobi
(Paléo et mésolithique asiatique). Giddings remarque également que les pointes de
projectiles ont des similitudes avec celles des Paléoindiens et des cultures archaïques du
Nouveau-Monde. Le nom de cette culture, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, nous
vient donc de la situation géographique de cette première découverte.
Ressources naturelles et activités de subsistance
Ces peuplades passaient l'été sur les côtes de la mer de Béring et durant les autres
saisons, à l'intérieur des terres à la recherche de caribou et de poissons anadromes.
Organisation sociale
Ce groupe culturel est connu pour ses outils de pierre taillée, comme les grattoirs, les
pointes de projectile, les outils pour le travail de l'os, les lames et les gouges.
Origines et descendances
Le Denbighien est très proche culturellement des trois autres entités formant ce que l'on
appelle les Paléoesquimaux anciens, que nous avons décrits précédemment. Les
origines exactes de cette culture ne sont pas très bien connues. La technologie
microlithique a sûrement pris racine dans la tradition paléolithique de l'Alaska et plus
sûrement dans la culture paléosibérienne. En revanche, les Denbighiens sont les
ancêtres de toute une série de cultures alaskaines : baleinières anciennes, Choris et
Norton.
Pendant que les Paléoesquimaux développaient leur culture dans le Canada arctique et
au Groenland, une évolution fort différente se poursuivait en Alaska dans la région du
détroit de Béring. De leur côté, les îles Aléoutiennes ont connu un développement
graduel qui a débouché sur la culture des Aléoutes d'aujourd'hui. La côte pacifique de
l'Alaska, quant à elle, a connu une évolution technologique fondée sur l'ardoise polie,
qui a pu être à l'origine des cultures inuits de cette région. Les côtes nord et ouest étaient
occupées par des gens de la tradition des outils microlithiques de l'Arctique, la même
culture que ceux de l'Arctique canadien. Vers 1000 av. J.-C., l'activité humaine en
Alaska a connu un arrêt de plusieurs siècles. Après cette pause, apparaît une série de
groupes comme les cultures baleinières anciennes, Choris et Norton qui sont un
mélange complexe de microlithisme de l'Arctique, de culture de la côte du Pacifique et
de groupes du Néolithique de la Sibérie orientale de la même époque.
Cultures baleinières anciennes (1000 av. J.-C. à 120 av. J.-C.)
Nous savons très peu de choses sur les cultures baleinières anciennes. En fait, il n'y a
qu'un seul village de cinq maisons qui a été découvert au cap Krusenstern (en), au nord
du détroit de Béring. Il y avait des os de phoque dans les maisons et des os de baleine
étendus sur les plages environnantes. On peut considérer cette culture comme une
tentative éphémère de mixité, des Aléoutes peut-être, des Inuits ou des Amérindiens.
Culture de Choris (1000 av. J.-C. à l'an 1)
Les gens de la culture de Choris vivaient dans de grandes maisons semi-souterraines
ovales et chassaient le phoque et le caribou. Ils fabriquaient aussi des outils de pierre
taillée qui rappellent passablement ceux de la Tradition microlithique de l'Arctique.
Comme pour les cultures baleinières anciennes, l'origine des gens de Choris reste
nébuleuse pour l'instant. Ces petits groupes de chasseurs étaient peut-être Inuits du sud
de l'Alaska, ou des Aléoutes qui migrèrent vers le nord, ou des Amérindiens qui avaient
adopté des coutumes inuits, voire des immigrants sibériens.
Traite des fourrures
Article détaillé : Traite des fourrures.
Les traces du passé russe sont encore visibles en Alaska : ici la ville d'Unalaska et son
église orthodoxe.
À partir de 1784, les trappeurs russes établissent des comptoirs de traite permanents sur
les îles Aléoutiennes et sur la côte américaine du Pacifique, jusqu'à la Californie (fort
Ross, à moins de 160 kilomètres au nord de San Francisco). Pour commencer, des
postes côtiers sont établis à Attu, Agattu et Unalaska, dans les îles Aléoutiennes, ainsi
que dans l'île de Kodiak, au large de l'embouchure du golfe de Cook. Dix-huit mois plus
tard, une colonie est établie sur le continent, en face de l'anse Cook. L'objectif est de
chasser la loutre de mer, dont la fourrure se vend à prix d'or sur les marchés chinois.
Comme en Sibérie, les Russes embauchent, alcoolisent et cherchent à convertir à
l'orthodoxie les populations locales : la communauté orthodoxe alaskane est aléoute ou
kodiak. On comptait environ 25 000 Aléoutes à l'arrivée des Russes, mais seulement 3
892 en 1885, après 122 ans de domination russe (au pied du volcan Mont Redoubt, haut
de 3 100 mètres, la présence de l'église russe orthodoxe de Ninilchik rappelle que
l'Alaska fut une colonie russe), puis américaine… vodka, bourbon et grippe ont eu ici
les mêmes effets qu'ailleurs8. Dès la fin du XVIIIe siècle, des marchands et des
missionnaires américains et anglais viennent concurrencer les activités russes.
Alexandre Baranov.
En 1787, Aleksandr Andreïevitch Baranov fonde un poste de traite sur l'île Sitka, où il
implante des serfs russes et aléoutes ; de 1799 à 1804, il est le gouverneur et
administrateur résidant de l'Amérique russe et décide d'y construire sa capitale. Le fort
est détruit par les Tlingits en 1802. Baranov reprend les lieux deux ans plus tard : l'île
est rebaptisée de son nom actuel et la capitale prend le nom de Novo-Arkhangelsk
(actuelle « Sitka »). En 1807, le gouverneur réside au château Baranov. En 1811, c'est
lui qui établit le poste de fort Ross en Californie. Au total, on peut compter une
quarantaine de forts russes en Amérique, dans la première moitié du XIXe siècle. La
Russie déclare que l'Amérique russe s'étend jusqu'au détroit de la Reine-Charlotte
(actuel Canada) et que les étrangers n'ont pas droit de passage. La Californie étant
espagnole, alors que l'Oregon et la Colombie-Britannique (comprenant encore l'actuel
État de Washington) sont anglais, l'accès au Pacifique et à ses fourrures semble
impossible aux États-Unis. Face à ce blocage, le président américain James Monroe
rédige sa célèbre doctrine qui vise à éliminer les influences européennes du continent.
Les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie finissent par s'entendre, et un traité est
signé en 1824, par le biais duquel la frontière russe est déplacée du sud (Californie) vers
le nord (actuel Alaska), tandis que les Anglais renoncent à l’Oregon et au sud de la
Colombie-Britannique (désormais territoire de Washington). Par ce traité,
l'établissement de nouveaux forts russes hors Alaska est prohibé et, en 1825, le
Royaume-Uni obtient un droit de passage le long de l'étroite bande côtière alaskane.
Finalement, l'achat de l'Alaska par les Américains, en 1867, met un terme à la présence
russe en Amérique.
Articles détaillés : Colonisation russe de l'Amérique et achat de l'Alaska.
Un territoire américain
L'Alaska était un territoire russe, acheté par les Américains en 1867 pour 7 millions de
dollars. Cet achat fut effectué lors de la création d'une ligne télégraphique devant
traverser la Russie et le détroit de Béring, reliant ainsi le territoire des États-Unis à
l’Europe. Le transfert de ce territoire de la Russie aux États-Unis entraîna pour les
Alaskains le passage du calendrier julien au calendrier grégorien ainsi que le décalage
vers l'ouest de la ligne de changement de date ; pour cette double raison, ils virent le
vendredi 18 octobre succéder au vendredi 6 octobre9. La région fut d'abord dénommée :
département de l'Alaska (Department of Alaska) et placée sous la juridiction de l'armée
jusqu'en 1877, puis du département américain du Trésor jusqu'en 1879 et enfin de la
Marine jusqu'en 1884.
En cette fin du XIXe siècle, les chercheurs d'or tentèrent par milliers leur chance et y
laissèrent parfois leur vie. Mais cette fièvre de l'or, appelée « ruée vers l'or du Klondike
», retomba très vite. Les autres activités économiques sont dominées par la pêche et la
conserverie.
En 1884, l'Alaska fut organisé en tant que District de l'Alaska (en) (District of Alaska).
Cette dénomination signifiait que l'Alaska devenait un territoire incorporé mais non
organisé, avec un gouvernement civil. Le gouverneur du district était nommé par le
président des États-Unis.
William Lauriston Howard en 1886 explore tout le nord de l'Alaska du détroit de
Kotzebue à la pointe Barrow10.
En 1890, l'Alaska compte environ 30 000 habitants, dont les trois quarts sont
indigènes11.
Le 24 août 1912, il devint le territoire de l'Alaska, un territoire organisé, avec une
déclaration des droits (Bill of rights) et un gouvernement à trois branches (exécutif,
législatif et judiciaire). Une seule voie de chemin de fer relie alors la côte à Fairbanks au
centre du territoire, elle a été construite par le biais de l'État fédéral entre 1915 et 1923.
Ce territoire entra dans l'Union en tant que 49e État le 3 janvier 1959. Il est alors le plus
vaste état des États-Unis et un des moins peuplés. Sa population au recensement fédéral
de 1950 était alors de 128 000 habitants, une population qui avait presque doublé en 10
ans (72 500 au recensement fédéral de 1940)12
Durant la deuxième moitié du XXe siècle, l'Alaska devint une position stratégique dans
la guerre froide qui opposait les États-Unis à l'Union soviétique. Vers 1975, la
découverte de champs pétrolifères entraîna un afflux massif de travailleurs. Aujourd'hui,
l'Alaska attire les touristes à la belle saison, venus admirer les ours et les fjords et
pratiquer la pêche sportive (saumon et truite).
Situation des populations autochtones
En 1971, on recensait 40 000 Inuits et Yupiks, 22 000 Amérindiens et 7 000 Aléoutes.
Ils obtinrent un statut privilégié et reçurent légalement 200 000 km2 de réserve ainsi
qu'un milliard de dollars d'indemnités.
Le mode de vie traditionnel des autochtones a été profondément bouleversé par l'arrivée
des Blancs : désormais, les déplacements se font sur des motoneiges, les jeunes profitent
du confort moderne, mais s'éloignent des traditions et ils vivent des revenus du pétrole.
Retour des tensions géostratégiques
Alors que l'Alaska avait perdu de son importance géostratégique depuis la fin de la
guerre froide en 1991, la fonte des glaces, les ressources du sous-sol et la politique
offensive de la Russie la replacent dans l'équation dans les années 202013. Le 6 juillet
2022, le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, menace de récupérer l'Alaska.
Ces annonces relèvent cependant surtout de provocations destinées à exacerber le
nationalisme russe14.
Géographie
Article détaillé : Géographie de l'Alaska.
Situation et caractéristiques générales
Comparaison de la surface de l'Alaska avec celle des 48 États contigus.
L'Alaska ne possède de frontière commune avec aucun autre État américain. Il partage
cette caractéristique avec Hawaï. Il est bordé à l'est par le Canada, avec le territoire du
Yukon et la province de Colombie-Britannique. La frontière entre l'Alaska et le Canada
s'étend sur 2 477 km15. Elle suit le 141e méridien ouest depuis l'océan Arctique jusqu'à
une soixantaine de kilomètres de la côte de l'océan Pacifique avant de suivre une
direction grossièrement sud-est, délimitant alors l'Alaska Panhandle (la « queue de
poêle de l'Alaska ») au sud-est de l'État. Ailleurs, trois ensembles maritimes entourent
l'Alaska : le golfe d'Alaska, qui se trouve au nord de l'océan Pacifique ; la mer de Béring
et la mer des Tchouktches, qui le sépare de l'Asie à l'ouest ; la mer de Beaufort enfin,
qui borde les côtes nord et fait partie de l'océan Arctique. Le détroit de Béring sépare
naturellement l'Alaska de la Russie.
L'Alaska est de loin le plus vaste État des États-Unis : une superficie de 1 717 854 km2
dont 1 481 305 km2 de terres, ce qui représente 18,7 % du territoire américain et trois
fois la superficie de la France métropolitaine16. Il est plus vaste que le Texas, la
Californie et le Montana réunis (les trois autres États américains les plus vastes).
Le territoire de l'Alaska s'étire sur 3 700 km d'est en ouest et 2 200 km du nord au sud,
couvrant 4 fuseaux horaires. Il s'étale sur environ 43 ° de longitude (130/173 ° W) et 16
° de latitude (71/55 ° N) : c'est donc en Alaska que se trouvent le lieu le plus occidental
(île Attu) et le lieu le plus septentrional (Utqiagvik) des États-Unis. Le centre
géographique de l'État se situe à 63° 50′ de latitude nord et 152° 00′ de longitude
ouest17.
Selon une étude du Bureau de gestion du territoire datant de 1998, environ 65 % du
territoire est la propriété du Gouvernement fédéral des États-Unis, qui gère les forêts,
les parcs et les réserves naturelles nationales de l'Alaska. Le reste est géré par l'État
d'Alaska (25 %) et par les organisations indigènes créées par l’Alaska Native Claims
Settlement Act de 1971 (10 %).
Littoral et hydrologie
Côtes et îles
Le littoral et le mont Edgecumbe
Le rivage alaskien est découpé et accidenté : les chaînes côtières plongent dans l'océan.
Les côtes de l'Alaska sont baignées par la mer de Béring, la mer des Tchouktches,
l'Océan Arctique et l'Océan Pacifique. Ce littoral, long d'environ 50 000 km, présente
des paysages très différents : des plages au nord en passant par des falaises et des fjords
majestueux. La transgression flandrienne a provoqué une remontée du niveau des eaux
et formé des fjords impressionnants. Parmi eux, le Lynn Canal, qui, avec ses 150 km de
long, est le plus long fjord d'Amérique du Nord.
La navigation est rendue difficile par la présence d'obstacles permanents (îles, écueils)
ou temporaires (icebergs). Le fait que la côte soit fortement découpée a permis
l'installation de plusieurs ports.
L'Alaska comprend de très nombreuses îles (1800 en tout), en particulier au sud
(archipel Alexandre) et à l'ouest (îles Aléoutiennes), ce qui explique la grande longueur
du littoral. Les deux plus grandes îles sont l'île Kodiak (la deuxième plus grande île des
États-Unis après l'île d'Hawaï) et l'île du Prince-de-Galles. L'archipel des Aléoutes
s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres.
Le Passage Intérieur est utilisé pour la navigation : il mesure 860 km de long et compte
70 grands glaciers entre les 55e et 61e parallèles, le continent et l'archipel Alexandre18.
Le gouvernement de Barack Obama autorise en 2015 la multinationale pétrolière Shell à
mener des forages dans la mer des Tchouktches, au large de l'Alaska19. En 2020, le
gouvernement de Donald Trump autorise les forages pétroliers et gaziers au sein du
refuge faunique national Arctic, qui constituait la plus vaste zone naturelle protégée des
États-Unis20.
Lacs et rivières
Le nombre de lacs est estimé à plus de 3 millions. 94 dépassent 26 km2, les plus grands
étant le lac Illiamna (3 000 km2), le lac Becharof (1 200 km2), le lac Teshekpuk (800
km2) et le lac Naknek (630 km2). Par comparaison, le lac Léman fait 580 km2. Le
nombre de cours d'eau est estimé à 3 00021. Parmi ces fleuves, le Yukon est le plus
célèbre. Il serpente sur 2 000 km, de la frontière canadienne à la mer de Béring,
charriant encore les pépites de la ruée vers l'or : une voie légendaire et historique. Ses
principaux affluents font également partie des plus longues rivières, comme la
Porcupine (890 km), la Koyukuk (890 km), la Kuskokwim (870 km) ou la Tanana (850
km). La plupart sont navigables. Le nom d'Alaska vient d'un mot de la langue aléoute
qui veut dire la grande terre ; pourtant, l'immense réseau fluvial et les 3 millions (?) de
lacs en font plutôt un monde aquatique où l'hydravion est roi.
Relief et géologie
Mont Katmai
Carte topographique de l'Alaska
Avec ses glaciers qui produisent des icebergs, ses volcans qui sculptent des vallées
lunaires, ses montagnes qui continuent de s'élever vers le ciel, l'Alaska, aux paysages en
perpétuel devenir, est le contraire d'une terre ferme.
Séismes et volcans
L'Alaska est une grande zone sismique. Deux des trois plus violents tremblements de
terre jamais enregistrés22 ont touché cet État américain :
à Prince William Sound, en 1964 (séisme de magnitude 9,2) ;
dans les îles Andreanof, en 1957 (magnitude 9,1).
La péninsule d'Alaska, aussi appelée la chaîne aléoutienne, prolongée dans la partie
septentrionale de l'océan Pacifique par l'arc des Aléoutiennes, compte 80 volcans, dont
41 sont en activité. Sur ce segment nord de la Ceinture de feu du Pacifique, les édifices
volcaniques majeurs sont, d'ouest en est : le mont Pavlof (altitude au sommet : 2 518
mètres), le mont Augustine (1 227 mètres), le mont Redoubt (3 108 mètres), et le mont
Spurr (3 374 mètres). Le chapelet longiligne des îles Aléoutiennes prolongeant la chaîne
aléoutienne, témoigne de la convergence tectonique que marque cette zone de
subduction, limite entre les plaques pacifique et nord-américaine. Cet alignement
prolonge les cordillères américaines vers le côté asiatique de la Ceinture. La fosse des
Aléoutiennes borde le plateau continental de l'Alaska par le sud et se prolonge au sud de
l'arc des Aléoutiennes ; elle atteint une profondeur maximale de 10 498 mètres23.
Les édifices volcaniques de cette chaîne des Aléoutiennes ont en général une
morphologie conique « pointue » qui rappelle les archétypes de volcans andins, à
l'exemple du volcan Mont Shishaldin (altitude sommitale : 2 857 mètres). Leurs
dynamismes éruptifs sont dominés par des explosions plus ou moins cataclysmiques.
Exemple emblématique, en 1912, une violente éruption explosive a « décoiffé » le mont
Katmai, ce dernier perdant 600 mètres d'altitude. Plusieurs tonnes[Combien ?],[réf.
nécessaire] d'oxyde de soufre ont été projetées dans l'atmosphère, à plus de 15
kilomètres du sol et ont perturbé la mousson en Asie. Haut-lieu mondial de la
volcanologie, la vallée des Dix Mille Fumées a été recouverte par les cendres sur une
surface de 100 km2.
Glaciers
Environ 100 000 glaciers sont présents sur l'ensemble de l'Alaska. Ils recouvrent plus de
70 000 km2 (4 % de la surface totale) et se trouvent en majorité dans le sud du pays, car
les chutes de neige y sont beaucoup plus importantes qu'au nord. Certains se trouvent au
milieu de chaînes de montagne, d'autres se jettent en mer. Le plus grand glacier est celui
de Béring, long de 160 km et recouvrant 5 850 km2. Le plus impressionnant est
l'ensemble de glaciers formant le « Glacier Bay » : dans un fjord de 100 km de long se
trouvent une douzaine de glaciers déversant leurs icebergs dans la baie. Certains
glaciers s'étalent en plaine, comme le glacier de Malaspina et ses 2 200 km2.