Fiche de présentation
THEME du programme : représentation visuelle Sous-thème : de l’œil au cerveau
Chimie et couleur
Type d'activité
Activités documentaires
Activités expérimentales
Conditions de mise en œuvre
Contexte et organisation
Durée : 1h30
Pré-requis :
Notion d’acidité et de basicité
Notion de pH
Technique de séparation des constituants d’un mélange.
NOTIONS ET CONTENUS COMPÉTENCES ATTENDUES
Couleurs et arts Rechercher et exploiter des informations portant sur
Colorants et pigments. les pigments, les colorants et leur utilisation dans le
Approche historique. domaine des arts.
Influence d’un ou plusieurs paramètres sur la Pratiquer une démarche expérimentale pour
couleur de certaines espèces chimiques. déterminer la présence de différents colorants dans
un mélange.
Pratiquer une démarche expérimentale pour mettre
en évidence l’influence de certains paramètres sur la
couleur d’espèces chimiques.
Compétences transversales
Rechercher, extraire, organiser des informations utiles
Formuler des hypothèses
Raisonner, argumenter, démontrer
Mots clés de recherche : couleurs, colorants, pigments, arts.
Provenance : Académie de Nancy-Metz
Adresse du site académique : [Link]
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CHIMIE ET COULEUR
1- MAITRISER LA COULEUR
Activité documentaire :
La couleur est, par elle-même, un langage permettant de communiquer. Ce langage implique
nombre de conventions d’ordre psychologique, symbolique ou religieux. Il varie de lieu en lieu et
d’âge en âge.
L’utilisation de la couleur remonte aux origines de l’humanité. Depuis la préhistoire, la maitrise
de la couleur est un souci constant de nos civilisations.
Il y a 30 000 ans déjà, l’homme des cavernes utilisait des pigments naturels pour réaliser les
fresques qui ornaient les parois des grottes. L’analyse des peintures rupestres montre que la
diversité des couleurs obtenues avec les ocres naturelles était liée à la maîtrise du feu. Les
oxydes de fer (qu’on trouve à l’état naturel dans le sol) passaient progressivement du jaune de
la goethite au rouge de l’hématite lorsqu’ils étaient chauffés à plus haute température. Le
noir, très utilisé aussi, était issu du charbon de bois ou d’os, du charbon minéral ou bien d’oxyde
de manganèse. Ces pigments, sous forme de poudre, étaient mélangés avec un matériau
incolore, la charge, pour donner une certaine consistance, faciliter l’étalement et améliorer la
conservation. Cette charge était de l’argile, par exemple. Un liant à base de graisse ou d’eau
était généralement nécessaire pour améliorer la qualité du mélange. Ces fresques colorées,
surtout animales, avaient peut être des propriétés chamaniques, car on les retrouve dans des
grottes peu fréquentées et difficilement accessibles par les hommes de l’époque. On peut
imaginer qu’elles avaient une fonction magique, pour faire venir le gibier ou remercier les
divinités.
L’Antiquité est aussi dirigée par les couleurs.
- Les Egyptiens utilisaient beaucoup de couleurs pour peindre leurs tissus, leurs temples et
sarcophages, mais deux couleurs dominent l’art égyptien : le bleu et le vert égyptiens. En
plus de la poudre de lapis-lazuli qui donne un bleu profond, ils se servaient d’un colorant
bleu dont le secret de fabrication était transmis de bouche à oreille, le bleu égyptien. C’est
sans doute le premier colorant synthétique fabriqué par l’homme, il y a environ 4500ans. Il
s’agit d’un silicate double de calcium et de cuivre, qui était chauffé et suivant l’intensité du
chauffage, l’intensité des bleus était variable. Ce pigment était ensuite broyé puis étendu
sur les sarcophages ou murs. Le bleu correspondait au souffle divin et décorait ainsi la
coiffure de ceux qui étaient partis dans l’Eternité.
A ces pigments déjà évoqués, ils ajoutaient le vert de la malachite qui est issu d’une
pierre. Cette couleur verte, est associée à la végétation, à la vie qui renaît et donc à la
renaissance. La couleur verte des amulettes suffisait alors à protéger celui qui la portait.
Le vert égyptien était fabriqué comme le bleu égyptien mais en changeant les proportions
des composants (appauvrissement en cuivre et enrichissement en sodium).
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- Pour les romains, la couleur très recherchée était la couleur pourpre : obtenue à partir du
coquillage murex : il fallait 12000 murex pour extraire 1,4g de colorant. Cette couleur était
si précieuse qu’elle est déclarée « Color Officialis » et qu’elle correspond au pouvoir.
L’empereur Néron ordonne la peine de mort et la confiscation des biens pour celui qui
porterait ou même achèterait de la pourpre impériale. Pompéi est aussi célèbre par la
couleur rouge des murs de ses demeures, ce rouge sang provient du cinabre (sulfure de
mercure), réduit en poudre et qui donnera le rouge vermillon. Ce cinabre coutait très cher
(car provenait uniquement d’une mine en Espagne), il n’était alors utilisé que pour les
demeures de grande classe.
On oppose à la couleur pourpre de l’Empire Romain, la couleur barbare des barbares ; ce
bleu foncé était tiré du guède, plante dont les Bretons et Celtes se peignaient le corps
pour apparaitre redoutables au combat. Cette couleur bleue était ainsi déconsidérée
pendant toute la période romaine et il faut attendre la fin du XII e siècle pour la voir
adopter par les puissants. C’est pourquoi les mots évoquant le bleu sont surtout d’origine
arabe et non latine ou grecque.
Les peintres qui brillaient du Moyen-Age au XVIIe siècle n’utilisaient que des pigments
naturels pour leurs tableaux et peu de ces couleurs tenaient à la lumière, la plupart des
couleurs qu’on trouve dans la nature ne supportent pas la lumière et fanent.
L’époque de la chevalerie avait découvert l’azur et l’or qui fut associé à ces couleurs
chrétiennes. Ces couleurs correspondent alors au commandement et à la dignité d’un rang
élevé de celui qui les porte. Ainsi la couleur bleue est réhabilitée et va représenter le
royaume de Dieu. Ce sera l’heure de gloire du pastel bleu, coloration issue d’une plante.
Mais sa préparation reste complexe et très longue (deux ans environ). En 1562, l’indigo, issu
de l’Inde et provenant de la plante indigotier beaucoup moins cher que le pastel, le
supplantera définitivement.
D’autres colorants seront ensuite découverts et utilisés : un colorant rouge l’alizarine,
assez résistant, issu de la racine de garance ; le kermès qui est un insecte et qui donne le
rouge écarlate, le jaune indien tiré de l’urine des vaches nourries avec des feuilles de
manguier, le jaune provenant de plantes comme le genêt. Le Nouveau Continent découvert
par Christophe Colomb, recèle de nombreuses couleurs inconnues comme le bois de
campêche (noir-violet), le mûrier, la cochenille qui va détrôner le kermès.
En 1856, un jeune chimiste, Perkin essaya de synthétiser la quinine pour combattre le
paludisme. Ces essais l’amenèrent à oxyder un dérivé de l’aniline. Il obtint un précipité
rouge-brun qui n’avait rien à voir avec la quinine mais il venait de découvrir un colorant de
bonne qualité pour les textiles : la mauvéine. Il venait d’inventer le premier colorant
synthétique. Puis l’Allemagne prit le relais et développa une très importante industrie de
chimie et synthétisa différents colorants : l’alizarine, produit de synthèse beaucoup moins
cher que celui extrait de la garance, l’indigo…
En 1864, Eugène Chevreul publia « Des couleurs et de leurs applications aux arts
industriels », livre dans lequel il répertoria 14400 tonalités chromatiques des colorants
naturels ou artificiels.
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Au XIXe siècle les impressionnistes profitent des pigments de synthèse, ils apprécient
souvent ces pigments nouveaux issus de la chimie moderne, qui donnent des couleurs
éclatantes.
Questions :
- Quelles étaient les deux couleurs prédominantes dans l’art rupestre ?
- Quelle était l’origine de ces pigments ?
- Comment faisaient-ils pour diversifier les couleurs ?
- Quelle (s) fonction (s) pouvaient avoir ces fresques colorées ?
- Sous quelle forme se présentent les pigments ?
- Quelles couleurs dominent l’art égyptien ?
- Quelles étaient leurs significations ?
- Comment étaient obtenus ces pigments chez les Egyptiens ?
- Quelle était l’origine de la couleur pourpre ?
- Quelle est la couleur opposée à la couleur pourpre pour les romains ? Pourquoi ?
- Comment la couleur bleue a-t-elle été réhabilitée ?
- Pourquoi les couleurs des tableaux s’altéraient facilement au Moyen-Age ?
- Au 16e siècle, d’autres colorants ont été découverts. En citer deux d’origine animale et deux
d’origine végétale.
- Quel a été le 1er colorant de synthèse ?
- Quelles en ont été les conséquences ?
On peut illustrer cette activité documentaire par des petites séquences vidéos (en ligne) du
cnrs : « du goudron à la mauvéine » ; « pigments dans l’histoire », « pigments du Moyen-Age ».
2- LES COULEURS DANS LA NATURE
A l’aide des indications suivantes, complétez le tableau ci-joint permettant de mettre en
évidence quelques molécules de la couleur.
- L’indigo et ses dérivés, c’est avec ce colorant notamment qu’on teinte les jeans ;
- Le carotène et ses dérivés : présents dans de nombreux fruits et légumes, ils sont
responsables de leur couleur jaune-orangée ;
- Les chlorophylles, de couleur verte, elles sont présentes dans toutes les parties vertes des
végétaux ;
- Les anthocyanines variant des violets-bleus au rouge, elles sont présentes dans de
nombreux fruits, fleurs et légumes ;
- Les colorants anthraquinoniques comme l’acide carminique, celui-ci est aussi appelé rouge
cochenille car extrait de la cochenille ;
- La mauvéine, synthétisée par William Henry Perkin, qui a permis ensuite de fabriquer une
multitude de colorants artificiels.
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Couleur Nom de la molécule
3- LA COULEUR DES ESPECES CHIMIQUES
3-1 Comment déterminer la présence de colorants dans un sirop de menthe ?
Quelle technique peut-on utiliser ?
Réalisation d’une chromatographie sur papier par les élèves .
Réaliser les dépôts suivants :
- colorants du sirop de menthe ;
- solution de bleu patenté;
- solution de jaune de tartrazine.
Réaliser l’élution à l’aide de l’éluant : eau salée à 20g.L-1.
Que peut-on en conclure sur la nature des colorants présents dans le sirop de menthe ?
Au bureau, on peut effectuer aussi une chromatographie sur colonne .
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3-2 Le chou rouge garde-t-il toujours la même couleur ?
Dans un bécher, mettre des petits morceaux de feuille de chou rouge et couvrir d’eau.
Chauffer pendant 10 minutes sans porter à ébullition. Laisser refroidir puis filtrer le mélange
obtenu.
Disposer la solution obtenue dans quatre béchers A, B, C et D.
Dans le bécher A, ajouter de la limonade ;
Dans le bécher B, ajouter de l’eau savonneuse ;
Dans le bécher C, ajouter du jus de citron ;
Dans le bécher D, ajouter du produit vaisselle.
Que peut-on observer ?
Qu’est-ce qui distingue le jus de citron de la limonade, par exemple ?
Que peut-on en déduire quant à la couleur du chou rouge ? Quel rôle pourrait-il jouer ?
La limonade et le jus de citron ont des pH différents. La coloration du chou rouge varie donc en
fonction du pH. Il peut jouer le rôle d’indicateur coloré.
Rappel : une solution acide a un pH < 7, une solution basique a un pH > 7 et une solution neutre a
un pH proche de 7.