0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
140 vues161 pages

Huiles Essentielles en ORL

Le document traite de l'utilisation des huiles essentielles en infectiologie ORL. Il s'agit d'une thèse soutenue à l'université Henri Poincaré de Nancy en 2010 et qui étudie l'utilisation des huiles essentielles pour traiter les infections ORL.

Transféré par

François
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
140 vues161 pages

Huiles Essentielles en ORL

Le document traite de l'utilisation des huiles essentielles en infectiologie ORL. Il s'agit d'une thèse soutenue à l'université Henri Poincaré de Nancy en 2010 et qui étudie l'utilisation des huiles essentielles pour traiter les infections ORL.

Transféré par

François
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Utilisation des huiles essentielles en infectiologie ORL

Frédéric da Silva

To cite this version:


Frédéric da Silva. Utilisation des huiles essentielles en infectiologie ORL. Sciences pharmaceutiques.
2010. �hal-01732973�

HAL Id: hal-01732973


https://hal.univ-lorraine.fr/hal-01732973
Submitted on 14 Mar 2018

HAL is a multi-disciplinary open access L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est


archive for the deposit and dissemination of sci- destinée au dépôt et à la diffusion de documents
entific research documents, whether they are pub- scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
lished or not. The documents may come from émanant des établissements d’enseignement et de
teaching and research institutions in France or recherche français ou étrangers, des laboratoires
abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
AVERTISSEMENT

Ce document est le fruit d'un long travail approuvé par le jury de


soutenance et mis à disposition de l'ensemble de la
communauté universitaire élargie.

Il est soumis à la propriété intellectuelle de l'auteur. Ceci


implique une obligation de citation et de référencement lors de
l’utilisation de ce document.

D'autre part, toute contrefaçon, plagiat, reproduction illicite


encourt une poursuite pénale.

Contact : [email protected]

LIENS

Code de la Propriété Intellectuelle. articles L 122. 4


Code de la Propriété Intellectuelle. articles L 335.2- L 335.10
http://www.cfcopies.com/V2/leg/leg_droi.php
http://www.culture.gouv.fr/culture/infos-pratiques/droits/protection.htm
UNIVERSITE HENRI POINCARE - NANCY 1
2010
___________________________________________________________________________
FACULTE DE PHARMACIE

UTILISATION DES HUILES ESSENTIELLES EN


INFECTIOLOGIE ORL

THESE

Présentée et soutenue publiquement


Le 6 juillet 2010

pour obtenir

le Diplôme d'Etat de Docteur en Pharmacie

par Frédéric DA SILVA


né le 8 octobre 1983 à Amnéville (57)

Membres du Jury

Président : Mme Dominique LAURAIN-MATTAR, Professeur

Juges : Mme Blandine MOREAU, Maître de Conférences


M. François TOURNAY, Docteur en Pharmacie
M. Philippe WAGNER, Docteur en Pharmacie
UNIVERSITÉ Henri Poincaré, NANCY 1
FACULTÉ DE PHARMACIE
Année universitaire 2009-2010

DOYEN
Francine PAULUS
Vice-Doyen
Francine KEDZIEREWICZ
Président du Conseil de la Pédagogie
Bertrand RIHN
Commission de la Recherche
Christophe GANTZER
Mobilité ERASMUS et Communication
Francine KEDZIEREWICZ
Hygiène Sécurité
Laurent DIEZ

Responsable de la filière Officine : Francine PAULUS

Responsables de la filière Industrie : Isabelle LARTAUD,


Jean-Bernard REGNOUF de VAINS

Responsable du Collège d’Enseignement : Jean-Michel SIMON


Pharmaceutique Hospitalier

DOYEN HONORAIRE
Chantal FINANCE
Claude VIGNERON

PROFESSEURS EMERITES MAITRES DE CONFERENCES


Jeffrey ATKINSON HONORAIRES
Marie-Madeleine GALTEAU Monique ALBERT
Gérard SIEST Gérald CATAU
Claude VIGNERON Jocelyne COLLOMB
Bernard DANGIEN
PROFESSEURS HONORAIRES Marie-Claude FUZELLIER
Roger BONALY Françoise HINZELIN
Thérèse GIRARD Marie-Andrée IMBS
Maurice HOFFMANN Marie-Hélène LIVERTOUX
Michel JACQUE Jean-Louis MONAL
Lucien LALLOZ Dominique NOTTER
Pierre LECTARD Marie-France POCHON
Vincent LOPPINET Anne ROVEL
Marcel MIRJOLET Maria WELLMAN-ROUSSEAU
François MORTIER
Maurice PIERFITTE ASSISTANT HONORAIRE
Janine SCHWARTZBROD Marie-Catherine BERTHE
Louis SCHWARTZBROD Annie PAVIS
ENSEIGNANTS

PROFESSEURS

Gilles AULAGNER ................................ Pharmacie clinique


Alain BAGREL ...................................... Biochimie
Jean-Claude BLOCK ............................ Santé publique
Christine CAPDEVILLE-ATKINSON ......... Pharmacologie cardiovasculaire
Chantal FINANCE ................................ Virologie, Immunologie
Pascale FRIANT-MICHEL ....................... Mathématiques, Physique, Audioprothèse
Christophe GANTZER .......................... Microbiologie environnementale
Max HENRY ....................................... Botanique, Mycologie
Jean-Yves JOUZEAU............................. Bioanalyse du médicament
Pierre LABRUDE .................................. Physiologie, Orthopédie, Maintien à domicile
Isabelle LARTAUD ................................ Pharmacologie cardiovasculaire
Dominique LAURAIN-MATTAR ............... Pharmacognosie
Brigitte LEININGER-MULLER ................ Biochimie
Pierre LEROY ..................................... Chimie physique générale
Philippe MAINCENT ............................. Pharmacie galénique
Alain MARSURA .................................. Chimie thérapeutique
Patrick MENU ..................................... Physiologie
Jean-Louis MERLIN .............................. Biologie cellulaire oncologique
Jean-Bernard REGNOUF de VAINS ........ Chimie thérapeutique
Bertrand RIHN ................................... Biochimie, Biologie moléculaire
Jean-Michel SIMON .............................. Economie de la santé, législation pharmaceutique

MAITRES DE CONFÉRENCES

Sandrine BANAS ................................. Parasitologie


Mariette BEAUD ................................. Biologie cellulaire
Emmanuelle BENOIT ........................... Communication et santé
Isabelle BERTRAND ............................. Microbiologie environnementale
Michel BOISBRUN ............................... Chimie thérapeutique
François BONNEAUX ........................... Chimie thérapeutique
Ariane BOUDIER .................................. Chimie Physique
Cédric BOURA ..................................... Physiologie
Jean-Claude CHEVIN ........................... Chimie générale et minérale
Igor CLAROT ...................................... Chimie analytique
Joël COULON ...................................... Biochimie
Sébastien DADE .................................. Bio-informatique
Dominique DECOLIN ........................... Chimie analytique
Béatrice DEMORE ................................ Pharmacie clinique
Joël DUCOURNEAU ............................. Biophysique, audioprothèse, acoustique
Florence DUMARCAY ............................ Chimie thérapeutique
François DUPUIS ................................. Pharmacologie
Raphaël DUVAL .................................. Microbiologie clinique
Béatrice FAIVRE .................................. Hématologie - Génie Biologique
Adel FAIZ ........................................... Biophysique-acoustique
Luc FERRARI ...................................... Toxicologie
Stéphane GIBAUD .............................. Pharmacie clinique
Thierry HUMBERT .............................. Chimie organique
Frédéric JORAND ................................ Santé et environnement
Olivier JOUBERT .................................. Toxicologie, sécurité sanitaire
Francine KEDZIEREWICZ ..................... Pharmacie galénique
Alexandrine LAMBERT ......................... Informatique, Biostatistiques
Faten MERHI-SOUSSI .......................... Hématologie biologique
Christophe MERLIN ............................. Microbiologie environnementale et moléculaire
Blandine MOREAU ............................... Pharmacognosie
Maxime MOURER ................................. Pharmacochimie supramoléculaire
Francine PAULUS ................................ Informatique
Christine PERDICAKIS ......................... Chimie organique
Caroline PERRIN-SARRADO .................. Pharmacologie
Virginie PICHON ................................. Biophysique
Anne SAPIN ........................................ Pharmacie galénique
Marie-Paule SAUDER ........................... Mycologie, Botanique
Nathalie THILLY ................................. Santé publique
Gabriel TROCKLE ................................ Pharmacologie
Marie-Noëlle VAULTIER ........................ Biodiversité végétale et fongique
Mohamed ZAIOU ................................ Biochimie et Biologie moléculaire
Colette ZINUTTI ................................. Pharmacie galénique

PROFESSEUR ASSOCIE
Anne MAHEUT-BOSSER ....................... Sémiologie

PROFESSEUR AGREGE
Christophe COCHAUD ......................... Anglais

Bibliothèque Universitaire Santé - Lionnois


(Pharmacie - Odontologie)
Anne-Pascale PARRET ....................... ...Directeur
SERMENT DES APOTHICAIRES

Je jure, en présence des maîtres de la Faculté, des conseillers de


l’ordre des pharmaciens et de mes condisciples :

Ð’ honorer ceux qui m’ont instruit dans les préceptes


de mon art et de leur témoigner ma reconnaissance en
restant fidèle à leur enseignement.
Ð’exercer, dans l’intérêt de la santé publique, ma
profession avec conscience et de respecter non
seulement la législation en vigueur, mais aussi les
règles de l’honneur, de la probité et du
désintéressement.
Ðe ne jamais oublier ma responsabilité et mes devoirs
envers le malade et sa dignité humaine ; en aucun cas,
je ne consentirai à utiliser mes connaissances et mon
état pour corrompre les mœurs et favoriser des actes
criminels.

Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes


promesses.

Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères si j’y


manque.
« LA FACULTE N’ENTEND DONNER AUCUNE
APPROBATION, NI IMPROBATION AUX OPINIONS
EMISES DANS LES THESES, CES OPINIONS DOIVENT
ETRE CONSIDEREES COMME PROPRES A LEUR
AUTEUR ».
Remerciements

Je souhaite dans un premier temps remercier ma directrice de thèse, Mme


Blandine MOREAU. Qu’elle reçoive ici l’expression de ma gratitude et de ma
reconnaissance pour sa disponibilité, sa gentillesse et la qualité de ses conseils
qui m’ont permis de mener à bien cette thèse.

Je remercie le Professeur Dominique LAURAIN-MATTAR pour m’avoir fait


l’honneur de présider mon jury ainsi que le Docteur François TOURNAY et le
Docteur Philippe WAGNER pour leur disponibilité et leur amabilité.

Merci à toutes les personnes qui ont contribué à ma formation, professeurs et


pharmaciens, en particulier Mme DRUX et Mme GERARD qui m’ont transmis
l’amour de ce métier.

A tous mes amis et collègues, qui m’ont soutenu et qui ont contribué à l’avancée
de ce travail par leur savoir, leurs idées et leur gentillesse.

J’adresse un grand merci à toute ma famille qui a toujours été présente lorsque
j’en ai eu besoin, en particulier ma mère et mon frère et bien évidemment mon
père à qui je dédie ce travail.

Je ne terminerai pas sans adresser un immense merci à ma chérie pour son soutien
et son amour.

Merci à tous.
SOMMAIRE

INTRODUCTION ................................................................................................................ 6

1ère partie: Notions essentielles

GENERALITES .................................................................................................................... 8
I) DEFINITION ......................................................................................................................... 8
II) HISTORIQUE ....................................................................................................................... 8
III) COMPOSITION CHIMIQUE ET ACTIVITE ............................................................................ 9
IV) OBTENTION DES HE .......................................................................................................... 9
1) L’expression à froid ................................................................................................ 10
2) La distillation par entraînement à la vapeur d’eau ............................................... 10

CRITERES DE QUALITE ..................................................................................................... 12


I) MATIERES PREMIERES VEGETALES ................................................................................... 12
1) Dénomination botanique ....................................................................................... 12
2) Conditions de production de la plante ................................................................... 13
3) Partie de la plante utilisée ..................................................................................... 15
4) Précision du chémotype (ou chimiotype) ............................................................... 15
5) Identification .......................................................................................................... 16
II) HUILES ESSENTIELLES ....................................................................................................... 17
1) Mode d’obtention des HE ...................................................................................... 17
2) Maturation de l’HE ................................................................................................ 17
3) Caractères physico-chimiques ............................................................................... 17
4) Identification et analyses chromatographiques .................................................... 18
5) Conditions de conservation et de stockage ........................................................... 20
6) Conseils d’achat d’une HE ...................................................................................... 21

CONTEXTE REGLEMENTAIRE............................................................................................ 22
I) HE ET MEDICAMENTS ....................................................................................................... 22
II) HE ET VENTE EN L’ETAT .................................................................................................... 22
III) DIRECTIVE ....................................................................................................................... 23
IV) RECOMMANDATIONS DU CONSEIL DE L’EUROPE .......................................................... 24
V) NORMES ET LABELS ......................................................................................................... 24

~1~
AROMATOGRAMME ET INDICE AROMATIQUE ................................................................ 25
I) L’AROMATOGRAMME ...................................................................................................... 25
1) Définition ............................................................................................................... 25
2) Historique............................................................................................................... 25
3) Principales techniques ........................................................................................... 26
4) Valeur de l’aromatogramme ................................................................................. 27
5) Interprétation de l’aromatogramme ..................................................................... 28
6) Limites de l’aromatogramme ................................................................................ 28
II) L’INDICE AROMATIQUE .................................................................................................... 30
1) Définition ............................................................................................................... 30
2) Signification de l’indice aromatique ...................................................................... 33
3) Classification des HE .............................................................................................. 33

MODE D’ADMINISTRATION DES HE ................................................................................. 35


I) LA VOIE ORALE .................................................................................................................. 35
1) Formes liquides ...................................................................................................... 36
2) Formes solides ....................................................................................................... 36
3) Posologie ................................................................................................................ 37
4) Contre-indications .................................................................................................. 37
II) LA VOIE RECTALE (ET GYNECOLOGIQUE) ......................................................................... 38
1) Les suppositoires .................................................................................................... 38
2) Les microlavements ............................................................................................... 39
3) La voie vaginale ..................................................................................................... 39
III) LA VOIE CUTANEE............................................................................................................ 40
1) Pour un bain ........................................................................................................... 40
2) Pour des frictions ou massages ............................................................................. 40
IV) LA VOIE PULMONAIRE .................................................................................................... 42
1) Les aérosols ............................................................................................................ 42
2) Les inhalations humides......................................................................................... 42
3) Les inhalations sèches ............................................................................................ 43
4) La diffusion dans l’atmosphère .............................................................................. 43
V) AUTRES ............................................................................................................................ 44
1) Gargarismes et bains de bouche ........................................................................... 44
2) Gouttes nasales ou auriculaires ............................................................................. 44
VI) CONCLUSION .................................................................................................................. 44

TOXICITE ET PRECAUTIONS D’EMPLOI DES HE ................................................................. 45


I) TOXICITE DES HE ............................................................................................................... 45
II) PRECAUTIONS D’EMPLOI ................................................................................................. 48

~2~
2ème partie: Les essences essentielles

PRINCIPES ACTIFS AROMATIQUES UTILISES EN INFECTIOLOGIE ORL................................. 52


I) LES PHENOLS ..................................................................................................................... 52
II) LES ALDEHYDES ................................................................................................................ 52
III) LES OXYDES ..................................................................................................................... 53
IV) LES CETONES ................................................................................................................... 53
V) LES MONOTERPENOLS ..................................................................................................... 54
VI) LES MONOTERPENES ...................................................................................................... 54

PRINCIPALES HE UTILISEES EN INFECTIOLOGIE ORL .......................................................... 55


I) LE THYM A THYMOL .......................................................................................................... 55
II) LE THYM A FEUILLES DE SARRIETTE .................................................................................. 56
III) L’ORIGAN COMPACT ....................................................................................................... 57
IV) LA SARRIETTE VIVACE ..................................................................................................... 58
V) LA CANNELLE ECORCE ...................................................................................................... 59
VI) LES EUCALYPTUS ............................................................................................................. 60
VII) LE RAVINTSARA .............................................................................................................. 62
VIII) LE NIAOULI .................................................................................................................... 63
IX) LE SARO ........................................................................................................................... 64
X) LE LAURIER NOBLE ........................................................................................................... 65
XI) LE MYRTE ........................................................................................................................ 66
XII) LE ROMARIN 1,8-CINEOLE.............................................................................................. 67
XIII) LA LAVANDE ASPIC ........................................................................................................ 68
XIV) LA MENTHE POIVREE .................................................................................................... 69
XV) LE THYM A LINALOL ....................................................................................................... 70
XVI) L’ARBRE A THE .............................................................................................................. 71
XVII) LA MARJOLAINE A COQUILLES ..................................................................................... 72
XVIII) LE CYPRES ................................................................................................................... 73
XIX) LE PIN SYLVESTRE .......................................................................................................... 74
XX) LE SAPIN DE SIBERIE ....................................................................................................... 75

PROPRIETES ET MODES D’ADMINISTRATION DES PRINCIPALES HE UTILISEES EN


INFECTIOLOGIE ORL ........................................................................................................ 76

~3~
3ème partie : L'essentiel en ORL

RHUME, RHINITE ET RHINOPHARYNGITE ......................................................................... 79


I) EPIDEMIOLOGIE ................................................................................................................ 79
II) ETIOLOGIE ........................................................................................................................ 79
III) CLINIQUE ......................................................................................................................... 80
IV) EVOLUTION ..................................................................................................................... 80
V) COMPLICATIONS.............................................................................................................. 81
VI) TRAITEMENT ................................................................................................................... 81
VII) PREVENTION .................................................................................................................. 82
VIII) PLACE DE L’AROMATHERAPIE....................................................................................... 83

L’ANGINE ........................................................................................................................ 85
I) EPIDEMIOLOGIE ................................................................................................................ 85
II) ETIOLOGIE ........................................................................................................................ 85
III) CLINIQUE ......................................................................................................................... 85
IV) EVOLUTION ..................................................................................................................... 88
V) COMPLICATIONS.............................................................................................................. 88
VI) TRAITEMENT ................................................................................................................... 88
VII) PREVENTION .................................................................................................................. 89
VIII) PLACE DE L’AROMATHERAPIE....................................................................................... 89

LA BRONCHITE AIGUE ..................................................................................................... 91


I) EPIDEMIOLOGIE ................................................................................................................ 91
II) ETIOLOGIE ........................................................................................................................ 91
III) CLINIQUE ......................................................................................................................... 91
IV) EVOLUTION ..................................................................................................................... 92
V) TRAITEMENT .................................................................................................................... 93
VI) PLACE DE L’AROMATHERAPIE......................................................................................... 93

LA GRIPPE ....................................................................................................................... 95
I) EPIDEMIOLOGIE ................................................................................................................ 95
II) ETIOLOGIE ........................................................................................................................ 95
III) CLINIQUE ......................................................................................................................... 95
IV) FACTEURS DE RISQUE ..................................................................................................... 96
V) EVOLUTION ...................................................................................................................... 96
VI) COMPLICATIONS............................................................................................................. 96
VII) TRAITEMENT .................................................................................................................. 96
~4~
VIII) PREVENTION ................................................................................................................. 97
IX) PLACE DE L’AROMATHERAPIE ......................................................................................... 98

LA SINUSITE AIGUE ........................................................................................................100


I) EPIDEMIOLOGIE .............................................................................................................. 100
II) ETIOLOGIE ...................................................................................................................... 100
III) CLINIQUE ....................................................................................................................... 101
IV) FACTEURS DE RISQUE ................................................................................................... 102
V) EVOLUTION .................................................................................................................... 102
VI) COMPLICATIONS........................................................................................................... 102
VII) TRAITEMENT ................................................................................................................ 102
VIII) PREVENTION ............................................................................................................... 103
IX) PLACE DE L’AROMATHERAPIE ....................................................................................... 104

L’OTITE MOYENNE AIGUE...............................................................................................106


I) EPIDEMIOLOGIE .............................................................................................................. 106
II) ETIOLOGIE ...................................................................................................................... 106
III) CLINIQUE ....................................................................................................................... 107
IV) EVOLUTION ................................................................................................................... 108
V) COMPLICATIONS............................................................................................................ 108
VI) TRAITEMENT ................................................................................................................. 108
VII) PREVENTION ................................................................................................................ 109
VIII) PLACE DE L’AROMATHERAPIE..................................................................................... 110

LA LARYNGITE ................................................................................................................112
I) ETIOLOGIE ....................................................................................................................... 112
II) CLINIQUE ........................................................................................................................ 112
III) CONDUITE A TENIR........................................................................................................ 113
IV) PLACE DE L’AROMATHERAPIE....................................................................................... 114

CONCLUSION GENERALE ................................................................................................115

ANNEXES .......................................................................................................................116

BIBLIOGRAPHIE ..............................................................................................................145

~5~
INTRODUCTION

Le marché des huiles essentielles (HE) est un secteur très dynamique en


pharmacie, en progression de 17 % en chiffres d’affaires et 10 % en unités, en
2009.
En effet, l’heure est au naturel, l’aromathérapie attire un nombre croissant de
patients et les publications scientifiques sur les propriétés thérapeutiques des
HE ne cessent de fleurir.

Mais, attention ! Si la discipline s’apparente communément aux catégories


dites « douces » de la médecine, l’aromathérapie a des effets très puissants et
exige une expérience certaine pour être pratiquée. Les HE doivent être
employées avec vigilance, et toujours sur la base de connaissances fiables et
suffisantes.

Au même titre que pour un médicament, l’utilisation des HE en thérapeutique


oblige à maîtriser trois objectifs : la qualité, la sécurité et l’efficacité.
En effet, si les HE ont de nombreuses indications thérapeutiques, un mésusage
ou un surdosage peuvent entraîner de lourdes conséquences.

C’est pourquoi le pharmacien doit être parfaitement formé à son usage, lui
permettant de sécuriser et valoriser son conseil officinal, notamment dans l’un
des domaines où il est le plus souvent sollicité : l’infectiologie ORL.

La première partie de cette thèse sera consacrée aux notions essentielles à


acquérir en aromathérapie : qualité, réglementation, mode d’administration,
toxicité et précautions d’emploi des HE.
La seconde partie détaillera les principales HE utilisées en infectiologie ORL et
leurs principes actifs.
Enfin, dans la dernière partie seront traitées les pathologies ORL les plus
fréquemment rencontrées à l’officine et pour lesquelles l’aromathérapie peut
s’avérer d’une efficacité remarquable.

~6~
ère
1 PARTIE
NOTIONS ESSENTIELLES

~7~
GENERALITES

I) DEFINITION [30 ; 33 ; 38]

La 8ème édition de la Pharmacopée française définit les HE comme « des


produits de composition généralement assez complexe renfermant les produits
volatils contenus dans les végétaux et plus ou moins modifiés au cours de la
préparation. Pour extraire ces principes volatils, il existe divers procédés. Deux
seulement sont utilisables pour la préparation des essences officinales : celui
par distillation dans la vapeur d’eau de plantes à essence ou de certains de leurs
organes, et celui par expression ».
Les HE étaient alors également dénommées « essences » ou « huiles volatiles »
Depuis la 9ème édition (1972), la Pharmacopée n’utilise plus que le terme « huile
essentielle ».

II) HISTORIQUE [26 ; 40]

Le mot aromathérapie est un néologisme créé dans les années 1930 par le
chimiste René-Maurice Gattefossé, un pharmacien français.

En 1918, ce dernier se brûle la main lors d’une explosion dans son laboratoire.
Il a alors le réflexe de la plonger dans un récipient rempli d’HE de Lavande
vraie. Le soulagement est immédiat et la cicatrisation de la plaie est d’une
rapidité déconcertante. Il va alors consacrer de longues années de recherche à
l’étude des propriétés des HE.

Dans les années 1960, le Docteur Jean Valnet reprend les travaux de
Gattefossé et publie des ouvrages de référence. Il crée la Société française de
phytothérapie et d’aromathérapie, après avoir utilisé abondamment les plantes
pendant la guerre d’Indochine en tant que chirurgien militaire.

Tous deux sont considérés comme les pères de l'aromathérapie moderne.

Par la suite, les technologies avancées de chimie analytique ont permis


d’identifier, inventorier et quantifier avec la plus grande exactitude les
constituants pouvant entrer dans la composition d’une HE.

~8~
III) COMPOSITION CHIMIQUE ET ACTIVITE [30]

La composition d’une HE est en général très complexe.

Jusqu'à présent, plus de 3000 constituants ont été isolés à partir des HE.
Il n’est pas rare de mettre en évidence plusieurs dizaines, voire centaines de
constituants dans une même HE.
A titre d’exemple, dans l’HE de Lavande officinale, plus de 250 composants ont
été identifiés.

Le plus souvent, quelques constituants principaux représentent 10 à 50 % du


total de l’HE et les autres ne représentent plus que des pourcentages pouvant
aller jusqu’à l’état de traces. Et pourtant ces constituants mineurs peuvent
jouer un rôle déterminant, sur le plan olfactif par exemple.
Toutefois, les HE sont classées d’après la fonction chimique de leur constituant
principal.

De nombreuses propriétés leur sont conférées : anti-infectieuses,


antispasmodiques, antalgiques, toniques, calmantes, endocrinorégulatrices,
digestives, immunorégulatrices, cicatrisantes…
Les HE, par la diversité des constituants qui les composent, sont des substances
très actives qui doivent être utilisées avec vigilance et sur la base de
connaissances scientifiques fiables sous peine de provoquer, au-delà des doses
nécessaires, des effets indésirables parfois graves.

IV) OBTENTION DES HE [19 ; 29 ; 30 ; 38 ; 40 ; 41]

L’extraction des HE est une opération capitale qui doit permettre d’obtenir des
produits volatils, particulièrement fragiles, sans en altérer la qualité.

Les HE doivent être 100 % naturelles et pures, c'est-à-dire ne pas avoir subi de
traitements ultérieurs tels que :
 La déterpénation : opération qui consiste à éliminer totalement ou en
grande partie les hydrocarbures monoterpéniques
 La rectification : distillation fractionnée qui permet de modifier la teneur
en certains constituants
 La concentration : obtenue par des procédés physiques
 L’élimination d’un composant particulier
 L’addition d’autres composants naturels ou synthétiques.

~9~
Quelque soit le cas, l’utilisateur serait en présence d’un produit aléatoire, non
défini, n’offrant aucune garantie, moins efficace et, plus grave, parfois toxique.

Si de nombreux procédés, qui ne seront pas évoqués ici, peuvent être utilisés
pour leur extraction, seuls deux modes d’obtention sont autorisés par la
Pharmacopée française : l’expression à froid et la distillation par entraînement
à la vapeur d’eau.

1) L’expression à froid

Elle constitue le plus simple des procédés, mais ne s’applique qu’à l’épicarpe
des fruits de Citrus (Orange amère, Orange douce, Citron, Mandarine,
Bergamote, Lime, Pamplemousse). Ce mode d’extraction à froid est choisi en
raison de la fragilité des essences de ces fruits.

Ce procédé mécanique réalisé à température ambiante consiste à broyer, à


l’aide de presses, les zestes frais pour détruire les poches sécrétrices d’essence
afin d’en libérer leur contenu.

Cette technique uniquement mécanique limite l’oxydation car elle conserve les
antioxydants naturels contenus dans la fraction non volatile.
Le produit ainsi obtenu s’appelle aussi une essence car il n’a subi aucune
modification chimique, il reste identique au produit sécrété par la plante.

2) La distillation par entraînement à la vapeur d’eau

C’est la seule distillation préconisée par la Pharmacopée française car elle


minimise les altérations hydrolytiques (notamment des esters).

Les plantes entières, ou broyées lorsqu’il s’agit d’organes durs (racine, écorce),
sont disposées dans un alambic traversé par un courant de vapeur d’eau
produit par la chaudière.
La vapeur d’eau injectée à travers la masse végétale, disposée sur des plaques
perforées, entraîne l’HE. Elle se condense ensuite dans le serpentin du
réfrigérant.
A la sortie de l’alambic, un essencier autrefois nommé « vase florentin »
permet de séparer l’eau de l’HE grâce à la différence de densité des deux
liquides. La plupart des HE plus légères que l’eau flottent à sa surface (figure 1
p.11).

~ 10 ~
Ce procédé permet ainsi d’obtenir simultanément une eau distillée aromatique
(ou hydrolat) et une HE. L’hydrolat renferme les composés aromatiques les plus
hydrophiles des HE correspondantes, en quantité inférieure à 5 %.

La distillation doit être complète pour que l’on récupère tous les constituants
aromatiques de l’HE et obtenir une HE dite totale.
En effet, si on élimine la « queue » de distillation, certains constituants de l’HE
manquent, d’où une activité thérapeutique différente.
Attention donc à certaines HE industrielles où la durée de distillation est
raccourcie en raison du rendement insuffisant en fin de distillation.

Remarque : les rendements des HE sont extrêmement variables en fonction


des plantes considérées mais sont en général très faibles.

Exemples de rendements (en %) :


Girofle Syzygium aromaticum 16
Eucalyptus globuleux Eucalyptus globulus 2
Lavande vraie Lavandula vera 0,6
Rose de Damas Rosa damascena 0,0003

Ceci explique, d’une part, les disparités de prix entre les différentes HE, et
d’autre part, une éventuelle falsification possible pour augmenter ces
rendements.

[19]

~ 11 ~
CRITERES DE QUALITE

La sécurité d’emploi des produits contenant des HE est en grande partie liée à
la qualité des matières premières mises en œuvre et à la formulation du
produit fini.
Il est en effet primordial d’assurer la distribution d’HE de qualité constante,
seule garantie de la reproductibilité des propriétés attendues.

I) MATIERES PREMIERES VEGETALES [6 ; 13 ; 17 ; 35 ; 38 ; 40 ; 41 ; 45]

Il n’est sans doute pas inutile de rappeler que les indications thérapeutiques
d’une HE sont bien souvent différentes de celles relatives aux matières
premières végétales dont elles sont issues.
Les matières premières végétales utilisées pour produire des HE sont des
plantes ou parties de plantes qui peuvent être fraîches, flétries ou sèches, à
l’exception des fruits du genre Citrus qui sont toujours traités à l’état frais.
L’espèce botanique, les conditions de production, la partie de la plante utilisée
et le chémotype (CT) permettent de déterminer avec certitude son origine et sa
nature.

1) Dénomination botanique

L’origine végétale du produit doit être définie avec précision par la


dénomination scientifique botanique selon les règles linnéennes afin de
l’identifier exactement et d’éviter les confusions entre les différentes
appellations populaires.

Le terme seul de « Lavande », par exemple, est insuffisant puisqu’il existe


plusieurs espèces de lavandes. Chacune donne une HE différente ayant des
propriétés différentes alors qu’elles proviennent toutes du même genre
Lavandula.

Nous avons donc pour la Lavande :


Lavandula officinalis (ou angustifolia) : Lavande officinale
Lavandula latifolia : Lavande aspic
Lavandula stoecha : Lavande stoechade
Lavandula hybrida (clone abrialis) : Lavandin

~ 12 ~
Le nom international d’une plante, exprimé en latin, comprend le nom de
genre, suivi du nom d’espèce, ainsi que de l’initiale ou de l’abréviation du
botaniste qui, le premier, a décrit la plante en question. Eventuellement, il est
complété par celui de la sous-espèce et de la variété. La famille botanique est
généralement précisée.

Exemple de cette dénomination :


Famille des Lamiaceae – Lavandula angustifolia Mill.

genre espèce nom du botaniste descripteur


Le latin, en indiquant le genre, l’espèce et parfois la sous espèce et la variété,
classe sans conteste la plante, et par conséquent, l’HE qui en est issue.

Au sein d’une même espèce, il peut exister des variétés donnant des HE de
composition différente.
Exemple : l’espèce Basilic (Ocimum basilicum) est morphologiquement et
chimiquement très hétérogène et se subdivise en de nombreuses variétés
difficiles à différencier (O. basilicum var. basilicum, O. basilicum var. difforme
Benth., O. basilicum var glabratum Benth…).

A l’inverse, il arrive également que deux genres différents soient source d‘HE
de composition très proche.
Exemple : Anis vert (Pimpinella anisum L.) et Badiane de Chine (Illicium verum
L.).

En raison des confusions possibles dues à l’existence et/ou l’usage courant de


nombreux synonymes, il est nécessaire de se référer à la norme ISO 4720 qui
donne une liste de nomenclature botanique de plantes utilisées pour la
production des HE, avec les noms communs des HE en anglais et en français.

2) Conditions de production de la plante

Les matières premières végétales sont obtenues à partir de plantes de collecte


ou de plantes cultivées, ces dernières pouvant être issues de semis ou de
bouturage.

Les conditions de culture, de récolte, de séchage, de fragmentation et de


stockage ont une action déterminante sur la qualité des végétaux. Les matières
premières végétales sont, dans la mesure du possible, exemptes d’impuretés
telles que la terre, la poussière, les souillures, ainsi que les infections fongiques

~ 13 ~
ou une contamination animale. Elles ne présentent pas de signe de pourriture
ou d’endommagement.

L’état sauvage ou les conditions de culture, ainsi que les facteurs


environnementaux jouent un rôle non négligeable, à la fois sur les aspects
qualitatifs mais aussi quantitatifs des constituants élaborés par la plante.

Ainsi, faudra-t-il veiller à ce que le maximum de renseignements concernant


l’origine géographique et les conditions environnementales de production
(utilisation de pesticides par exemple) et d’obtention soient disponibles.

D’autres paramètres comme le lieu exact de la culture, la température, les


conditions d’humidité et d’ensoleillement, l’altitude, la nature et le degré de
fertilisation du sol, le caractère sauvage ou cultivé de la plante, son stade de
végétation sont à prendre en compte.
Tous ces facteurs influent à la fois sur la qualité de l’HE recueillie et sur sa
composition.

Les poussées de biosynthèse engendrent au cours du temps (saisons, mois,


voire journées) une accumulation plus ou moins importante de certains
métabolites.
Ainsi, la notion de chronobiologie peut ici être appliquée à la plante et explique
en partie les modalités traditionnelles, en matière de cueillette, liées à
certaines époques, voire à certaines périodes du calendrier. Des études
scientifiques ont permis de définir le moment optimal de la récolte, en général
au moment où la plante est la plus riche en essence.

Pour assurer une bonne conservation, c’est-à-dire favoriser l’inhibition de toute


activité enzymatique après la récolte, il faut éviter la dégradation de certains
constituants ainsi que la prolifération microbienne, la distillation immédiate ou
un séchage soigneux étant les deux procédés utilisés.

Dans le cas où des traitements additionnels ont été utilisés lors de la


production, il est nécessaire de montrer qu’ils n’altèrent pas les constituants de
la plante et qu’ils ne laissent pas de résidus nocifs.

~ 14 ~
3) Partie de la plante utilisée

Les HE n’existent quasiment que chez les végétaux supérieurs. Les genres
capables d’élaborer les constituants qui composent les HE sont répartis dans un
nombre limité de familles (Apiaceae, Asteraceae, Cupressaceae, Lamiaceae,
Lauraceae, Myrtaceae, Poaceae, Rutaceae, etc.).

Les HE peuvent être accumulées dans tous les types d’organes végétaux, par
exemple des fleurs (Oranger, Rose, Lavande) mais aussi des feuilles
(Citronnelle, Eucalyptus, Laurier noble) et, bien que cela soit moins habituel,
dans des écorces (Cannelier), des bois (Bois de rose, Camphrier, Santal), des
racines (Vétiver), des rhizomes (Curcuma, Gingembre), des fruits secs (Anis,
Badiane), des graines (Muscade).

Si tous les organes d’une même espèce peuvent renfermer une HE, la
composition de cette dernière (qualitative et quantitative) peut varier selon sa
localisation dans la plante.
Prenons pour exemple l’Oranger amer Citrus aurantium L. ssp amara. Sa feuille
donne l’HE de petit grain bigarade, sa fleur donne l’HE de néroli et le zeste de
ses fruits donne l’essence d’Orange amère.

La biosynthèse et l’accumulation des molécules aromatiques sont


généralement associées à la présence de structures histologiques spécialisées
(cellules à essence, poils, poches sécrétrices, canaux sécréteurs …), souvent
localisées sur ou à proximité de la surface de la plante.

4) Précision du chémotype (ou chimiotype)

Il caractérise en quelque sorte la « race » chimique, encore appelée


« spécificité biochimique ». En effet, il peut exister des chémotypes différents
pour une même espèce botanique en fonction du pays d’origine, du sol, du
climat, etc. Ainsi, le chémotype se distingue par le ou les constituants
chimiques principaux de l’HE et pourra induire des propriétés et des
indications thérapeutiques différentes. Prenons ici l’exemple du Romarin qui
possède trois chémotypes :
- Rosmarinus officinalis (rameau) CT 1.8-cinéole provient d’Afrique du
Nord (Maroc, Tunisie). Son action est prépondérante sur l’axe
pulmonaire
- Rosmarinus officinalis (rameau) CT camphre (provenant de Provence) a
un tropisme cardiaque

~ 15 ~
- Rosmarinus officinalis (rameau) CT acétate de bornyle, verbénone
(provenant de Corse) a un tropisme plus marqué sur la sphère digestive
et hépatique.

Il est donc indispensable, pour certaines HE, de bien préciser le chémotype car
il peut conditionner l’activité et/ou la toxicité.

5) Identification

L’identité de la matière première initiale (plante ou partie de plante) est


indispensable pour assurer la traçabilité.

Cette identité peut être assurée soit par des certificats ou des engagements du
fournisseur soit au moyen de l’une ou plusieurs des techniques décrites ci-
après :
 Caractères botaniques macroscopiques avec une description permettant
une identification rapide de la drogue végétale.
 Caractères botaniques microscopiques : l’examen microscopique de la
drogue végétale, permet de rechercher et d’identifier les caractères
spécifiques ou dominants. Cet examen permet de repérer
éventuellement la présence d’éléments étrangers.
 Chromatographie sur couche mince (CCM) ou chromatographie en
phase gazeuse (CPG) : le chromatogramme de la solution à examiner
obtenue par extraction est comparé à celui d’une solution témoin
comportant de préférence deux substances de référence (CCM) ou à un
profil chromatographique (CPG). La caractérisation du chémotype se fera
après identification du ou des constituants majoritaires dans les HE
analysées.

Eventuellement, une ou plusieurs réactions colorées caractéristiques pourront


figurer parmi les essais d’identification.
Les essais types de la Pharmacopée figurant dans l’analyse des plantes peuvent
comprendre la détermination des cendres totales, la perte à la dessiccation ou
la teneur en eau (déterminée par entraînement) dans le cas des plantes riches
en HE ou les métaux lourds.
Les autres critères de qualité se rapportent aux résidus de pesticides et à la
qualité microbiologique (nombre et types de microorganismes).

~ 16 ~
II) HUILES ESSENTIELLES [6 ; 17 ; 29 ; 30 ; 40 ; 41]

La qualité de l’HE est soumise à la rigueur du procédé d’obtention, à la


stabilisation de sa maturation et aux conditions optimales de conservation.

1) Mode d’obtention des HE

Le choix de la technique dépend principalement de la matière première : son


état originel et ses caractéristiques, sa nature proprement dite.
Les HE utilisées en aromathérapie ne peuvent être obtenues que par
hydrodistillation ou par expression.

 Expression à froid
Ce mode d’obtention ne s’applique qu’aux fruits d’agrumes (Citrus ssp.) par des
procédés mécaniques à température ambiante.
La plupart des installations industrielles permettent en fait la récupération
simultanée ou séquentielle des jus de fruits et de l’HE.

 Entraînement à la vapeur d’eau


L’hydrodistillation doit être complète et durer le temps nécessaire. Ces
conditions doivent impérativement être réunies pour extraire tous les
composés de l’HE, même ceux uniquement présents à l’état de traces puisque
leur absence même peut conditionner des propriétés différentes à l’HE.

2) Maturation de l’HE

Cette extraction doit être suivie d’une maturation de l’HE : il lui faut passer par
un temps de repos indispensable (comme pour le vin) afin que les diverses
molécules entrant dans sa composition puissent se « réajuster » entre elles,
c’est-à-dire se stabiliser. Ce temps de repos, qui doit être d’au moins un mois,
peut être plus long pour certaines huiles comme celle du Laurier noble qui doit
reposer un an.

3) Caractères physico-chimiques

Les HE sont habituellement liquides à température ambiante et volatiles, ce qui


les différencient des huiles dites fixes. Elles sont plus ou moins colorées et leur
densité est en général inférieure à celle de l’eau. Elles ont un indice de
réfraction élevé et la plupart dévient la lumière polarisée.

~ 17 ~
Elles sont liposolubles et solubles dans les solvants organiques usuels,
entraînables à la vapeur d’eau, très peu solubles dans l’eau.
La liposolubilité des HE est une propriété majeure qui leur confère une grande
diffusibilité dans l’organisme quelque soit la voie d’administration utilisée.

Les HE sont composées de molécules à squelette carboné, le nombre d’atomes


de carbone étant compris entre 5 et 22 (le plus souvent 10 ou 15).
Ce sont des mélanges complexes de constituants variés en concentration
variable dans des limites définies. Ces constituants appartiennent
principalement mais pas exclusivement à deux groupes caractérisés par des
origines biogénétiques distinctes : les terpénoïdes et les substances
biosynthétisées à partir de l’acide shikimique (donnant naissance aux dérivés
du phénylpropane).

Remarque : Mesure des HE en volumes


Lors de la réalisation de préparations, les HE peuvent être pesées ou faire
l’objet d’une mesure volumétrique réalisée avec un compte-gouttes officinal
normalisé (diamètre extérieur = 3 mm, diamètre intérieur = 6/10e mm, tenu
verticalement).
Pour l’expression des posologies, sera admis par la suite un nombre de gouttes
au gramme égal à 50 soit 1 goutte = 20 mg, ce qui correspond environ à la
moyenne de toutes les HE.

4) Identification et analyses chromatographiques

L’analyse des HE, l’identification des constituants, la recherche d’éventuelles


falsifications peuvent se faire à l’aide de techniques telles que la
chromatographie en phase gazeuse sur phases stationnaires polaires, apolaires
ou chirales, couplée avec une détection par spectrométrie de masse ou IRTF
(Infrarouge à Transformée de Fourier). L’analyse isotopique, par exemple la
mesure des rapports 13C/12C, D/H10 ou 18O/16O, peut aussi contribuer à la
recherche de fraudes.

~ 18 ~
Cependant, en routine et selon les référentiels classiques (Pharmacopée, ISO,
AFNOR), l'évaluation de la qualité des HE est réalisée par la mesure d’un certain
nombre d’indices et d’analyses chromatographiques simples :
 Indices physiques : densité relative, indice de réfraction, angle de
rotation optique, point de solidification, résidu d’évaporation, solubilité
dans l’alcool …
 Indices chimiques : indice d’acide, indice d'esters, indice de peroxyde…
 Analyses chromatographiques : chromatographie sur couche mince,
chromatographie en phase liquide à haute performance dans le cas des
furocoumarines dans les HE de Citrus, chromatographie en phase
gazeuse (Pharmacopée, ISO, AFNOR) : c’est la méthode de choix qui
permet de réaliser le profil chromatographique de l’HE.

Le profil chromatographique d’une HE, réalisé dans des conditions précises,


permet d’obtenir une estimation reproductible des teneurs en différents
composés caractéristiques de l’échantillon par la méthode de normalisation.
Toutefois, cette estimation est basée sur les pourcentages relatifs des aires des
pics des constituants et ne constitue donc pas un dosage au sens strict de
chacun des constituants.

Dans le cas d’un produit fini contenant une HE parmi d’autres composants, le
dosage des constituants à prendre en compte repose sur la méthode
d’étalonnage nécessitant l’injection d’une solution de référence contenant
chacun de ces constituants à des concentrations connues.

Ces contrôles, prévus par la Pharmacopée française, concourent tous à assurer


la sécurité de la santé publique et à garantir l’efficacité constante des HE. Ils
sont réalisés par les laboratoires pharmaceutiques et reposent en général sur
des mesures d’indices physico-chimiques et sur la détermination du profil
chromatographique en phase gazeuse (CPG) et une spectrométrie de masse
(SM). Un bulletin de contrôle doit ainsi accompagner chaque HE achetée pour
le préparatoire. Suivant les bonnes pratiques de préparations officinales, les
bulletins de contrôle seront archivés et répertoriés dans le registre des entrées
des matières premières dans lequel sera également inscrit le numéro de lot
interne du produit et sa libération (validation/acceptation) pour assurer sa
traçabilité au sein même de l’officine.

La monographie de l’HE de Menthe poivrée est présentée en annexe I.


Les fiches d’analyse des principales HE utilisées en infectiologie ORL sont
répertoriées en annexe II.

~ 19 ~
5) Conditions de conservation et de stockage

La relative instabilité des molécules constitutives des HE implique des


précautions particulières pour leur conservation. En effet, les possibilités de
dégradation sont nombreuses, facilement objectivées par la mesure d‘indices
chimiques (indice de peroxyde, indice d’acide…), par la détermination de
grandeurs physiques (indice de réfraction, pouvoir rotatoire, miscibilité à
l’éthanol, densité…) et/ou par l’analyse chromatographique. Les conséquences
sont multiples, par exemple photo-isomérisation, photocyclisation, coupure
oxydative, peroxydation et décomposition en cétones et alcools, thermo-
isomérisation, hydrolyse, transestérification.

Ces dégradations pouvant modifier les propriétés et/ou mettre en cause


l’innocuité de l’HE, il convient de les éviter : utilisation de flacons propres et
secs en aluminium vernissé, en acier inoxydable ou en verre teinté anti-
actinique (la lumière étant une cause de dégradation), presque entièrement
remplis et fermés de façon étanche (l’espace libre étant rempli d’azote ou d’un
autre gaz inerte), stockage à l’abri de la chaleur (< 20 °C) et de la lumière. Il est
conseillé d’ajouter des billes de verre dans les flacons entamés, afin de réduire
le contact avec l’air au fur et à mesure de l’utilisation (l’oxygène étant
également une cause d’altération).

Les récipients en matière plastique sont fortement déconseillés, car ils sont
attaqués par certains constituants des HE.

Bien stockées, les HE se conservent environ trois ans. Seules les essences
d’agrumes, d’une conservation plus fragile, se renouvellent tous les ans.

Il existe des normes spécifiques sur l’emballage, le conditionnement et le


stockage des HE (norme AFNOR NF T 75-001, 1996) ainsi que sur le marquage
des récipients contenant des HE (norme NF 75-002, 1996).

~ 20 ~
6) Conseils d’achat d’une HE

Lors de l’achat d’une HE, il est donc indispensable de vérifier :

 Son appellation commune


 Sa dénomination latine complète (genre, espèce, sous-espèce, variété)
 Son chémotype (origine géographique)
 La partie de la plante utilisée
 Son mode d’extraction : celui préconisé par la Pharmacopée est la
garantie de sa qualité (pure, ni rectifiée, ni déterpénée, ni décolorée)
 Son chromatogramme en phase gazeuse (il doit être donné par le
fournisseur sur demande du pharmacien) qui doit être conforme aux
normes de la Pharmacopée
 Ses caractères organoleptiques, physiques, chimiques (selon la
Pharmacopée française ou européenne)
 Sa date de préparation et de péremption.

Comme on le voit, le choix du fournisseur revêt donc une extrême importance.


S’approvisionner auprès de laboratoires agréés par l’AFSSAPS (agence française
de sécurité sanitaire des produits de santé) est capital, les seuls assurant une
garantie de conformité à la Pharmacopée en justifiant de l’agrément de Bonnes
Pratiques de Fabrication.

~ 21 ~
CONTEXTE REGLEMENTAIRE

I) HE ET MEDICAMENTS [6]

Il n’existe pas de réglementation spécifique aux HE en ce qui concerne leur


utilisation dans les médicaments. Les spécialités pharmaceutiques à base d’HE
répondent à la définition du médicament à base de plantes :
« Les médicaments à base de plantes sont des médicaments dont les principes
actifs sont exclusivement des drogues végétales et/ou des préparations à base
de drogue(s) végétale(s) ».

Par conséquent les médicaments à base d’HE doivent être conformes à la


réglementation régissant ces médicaments. En particulier, s’ils satisfont aux
critères définis par l’ordonnance n°2007-613 du 26 avril 2007 (Chapitre 1er,
article 2), ils doivent faire l’objet d’un enregistrement de médicament
traditionnel à base de plantes auprès de l’AFSSAPS.

II) HE ET VENTE EN L’ETAT [6 ; 21 ; 30 ; 40]

En l’absence d’un cadre réglementaire spécifique aux HE, la plupart d’entre


elles sont en vente libre et donc disponibles dans tous les réseaux de
distribution.
Toutefois, certaines font l’objet de restrictions de délivrance et autorisation
de vente.
Le Code de la Santé Publique précise dans l’article L.4211-1 6° que « la vente au
détail et toute dispensation au public des huiles essentielles dont la liste est
fixée par décret ci-dessous, ainsi que leurs dilutions et préparations ne
constituant ni des produits cosmétiques, ni des produits à usage ménager, ni
des denrées ou boissons alimentaires appartiennent au monopole
pharmaceutique ».

Le décret N°2007-1198 du 3 août 2007 relatif à ce monopole (art. D.4211-13 du


Code de la Santé Publique) énumère une quinzaine d’HE dont il précise les
noms vernaculaires et les dénominations botaniques des plantes :

 Grande Absinthe (Artemisia absinthium L.)


 Petite Absinthe (Artemisia pontica L.)
 Armoise commune (Artemisia vulgaris L.)
 Armoise blanche (Artemisia herba alba Asso)

~ 22 ~
 Armoise arborescente (Artemisia arborescens L.)
 Chénopode vermifuge (Chenopodium ambrosioides L. et Chenopodium
anthelminticum L.)
 Hysope (Hyssopus officinalis L.)
 Moutarde jonciforme (Brassica juncea [L.] Czernj. Et Cosson)
 Rue (Ruta graveolens L.)
 Sabine (Juniperus sabina L.)
 Sassafras (Sassafras albidum [Nutt.] Nees)
 Sauge officinale (Salvia officinalis L.)
 Tanaisie (Tanacetum vulgare L.)
 Thuya (Thuja plicata Donn ex D. Don.)
 Thuya du Canada ou Cèdre blanc (Thuja occidentalis L.) et Cèdre de
Corée (Thuja Koraenensis Nakai), dits “cèdre feuille”.

Remarque :
Les HE d’Anis (Pimpinella anisum), Fenouil (Foeniculum vulgare), Badiane
(Illicium verum), Hysope et Absinthe ne peuvent être délivrées que sur
ordonnance médicale, et les préparations concernées doivent être inscrites
sur l’ordonnancier car elles peuvent être utilisées dans la préparation de
boissons alcoolisées, donc faire l’objet de trafics.

III) DIRECTIVE 2004/24/CE DU 31 MARS 2004 MODIFIANT LA DIRECTIVE


2001/83/CE [6]

Cette directive concerne les produits traditionnels à base de plantes (avec le


statut de médicaments ou non) présents sur le marché, à des fins médicales,
dans un pays de l’union européenne depuis au moins 30 ans (ou depuis au
moins 30 ans sur le marché d’un pays tiers et depuis 15 ans sur le marché d’un
pays de l’union européenne). Ces produits doivent avoir démontré leur
innocuité et avoir une efficacité plausible du fait de leur usage et leur longue
expérience.
Les produits à base d’HE répondant à ces critères entrent dans le champ de
cette directive.
Le comité sur les médicaments à base de plantes (HMPC) créé au sein de
l’Agence Européenne du Médicament (EMEA) depuis novembre 2004 établit
des monographies et une liste communautaire de plantes ou préparations à
base de plantes permettant la délivrance d’enregistrement des médicaments
traditionnels à base de plantes sur la base de la procédure européenne de
reconnaissance mutuelle. De plus, lorsqu’une plante ou préparation à base de
plantes est inscrite sur la liste communautaire, les mentions accompagnant

~ 23 ~
cette inscription s’imposent aux états-membres sans qu’aucun complément
relatif aux dossiers clinique et préclinique ne puisse être exigé.

IV) RECOMMANDATIONS DU CONSEIL DE L’EUROPE [6]

D’après l’introduction du volume I sur les plantes dans les produits


cosmétiques du Conseil de l’Europe, il ressort notamment au sujet des HE que
certains pays membres considèrent les HE comme relevant du domaine
pharmaceutique. Pour d’autres, elles peuvent aussi bien être utilisées dans des
médicaments, des produits cosmétiques, des produits alimentaires, des
produits biocides ainsi que dans d’autres produits de consommation courante,
ou même en tant que parfums d’ambiance.

V) NORMES ET LABELS [16 ; 27 ; 34 ; 40]

Différents labels ont été attribués aux HE. Leur signification est précisée dans la
figure 2. Il ne faut cependant pas se laisser abuser car, en matière de qualité,
seules les spécifications décrites dans les Pharmacopées française ou
européenne doivent être retenues.
Le logo AB, par exemple, n’est pas un critère de qualité absolu, certaines
plantes sont sauvages ou proviennent de pays lointains non impliqués dans les
filières bio. Ce qui compte, c’est la mention 100 % pure, 100 % naturelle et
100 % totale, c’est-à-dire que l’HE contient toute la fraction aromatique de la
plante et seulement cela.

Figure 2 : Exemples de labels attribués aux HE [40]

~ 24 ~
AROMATOGRAMME ET INDICE AROMATIQUE

I) L’AROMATOGRAMME [8 ; 38 ; 41 ; 47]

1) Définition

C’est une méthode de mesure in vitro du pouvoir antibactérien des HE.


Cet examen est équivalent à un antibiogramme où les antibiotiques sont
remplacés par des HE préalablement sélectionnées et reconnues.
Bien que peu utilisé de nos jours, l’aromatogramme permet de démontrer ici
le fort pouvoir anti-infectieux des HE.

2) Historique

1881 : Koch étudie l’action bactéricide de l’essence de térébenthine sur les


spores du charbon.

1887 : Chamberland étudie l’activité des HE d’Origan, de Cannelle et de Girofle


sur Bacillus anthracis.

1910 : Martindale montre déjà que l’HE d’Origan est le plus grand antiseptique
végétal connu à ce jour. Elle est 25,76 fois plus active que le phénol sur le
colibacille.

1949-1950 : Schroeder et Messing découvrent une technique qui sera le point


de départ de l’aromatogramme. Ils mesurent les zones d’inhibition autour de
disques de buvard imprégnés d’HE plongées au sein d’une colonie bactérienne.

1954-1956 : Kellner et Kobert recensent 175 HE et étudient leur pouvoir


antiseptique vis-à-vis de huit bactéries et un champignon.

1977 : P. Belaiche définit l’indice Origan et l’indice aromatique au 2ème Congrès


international de phytothérapie et d’aromathérapie de Monaco. Il donne une
classification des HE en fonction de leur pouvoir antimicrobien. Elles sont
réparties en HE majeures, HE médiums et HE de terrain.

~ 25 ~
3) Principales techniques

 Sur gélose (milieu solide)

Les pionniers en furent Schroeder et Messing (1949)


Ils furent les premiers auteurs à exprimer en millimètres le halo d’inhibition
produit par une HE ; imprégnant des disques de papier filtre placés au sein
d’une gélose ensemencée d’une boîte de Pétri.
Toutefois, cette méthode favorise obligatoirement les HE diffusibles au
détriment des autres qui pourraient être tout aussi antiseptiques.
L’aromatogramme sur disque fait bien apparaître des propriétés bactéricides,
mais cette méthode n’est pas rigoureuse.

 En micro-atmosphère (milieu gazeux)

De 1954 et jusqu’en 1956, Kellner et Kobert effectuent un travail titanesque sur


175 HE testées sur huit bactéries et un champignon.
Le disque imprégné d’HE est disposé au centre du couvercle de la boîte de
Pétri, et non plus en contact avec la gélose. La boîte de Pétri est fermée,
couvercle en bas et placée dans une étuve à 37 °C. Au bout d’un certain temps
de latence (12 à 18 heures) les colonies microbiennes situées sur l’aire
d’évaporation de l’HE ont disparu. Si on prolonge l’expérience, on constate que
toutes les colonies subissent le pouvoir bactéricide de l’HE qui a alors diffusé à
toute la surface de la gélose.

 Sur bouillon (milieu liquide)

C’est en 1959, et pour la première fois, que Kienholz étudie l’action


antimicrobienne en milieu liquide (dans un jus de raisin) au contact de vapeurs
d’HE.
Le problème était que le bouillon de culture et les HE qui sont des corps gras
sont insolubles dans l’eau. C’est pourquoi de nombreux auteurs ont alors tenté
de solubiliser les HE mais la plupart des solvants contenaient de l’alcool,
faussant ainsi les résultats par son action bactéricide.
La dispersion de la phase huileuse (HE) dans la phase aqueuse (milieu de
culture) nécessite le choix d’un agent dit émulsionnant qui va disperser l’huile
dans l’eau, donnant une émulsion de type H/E.

~ 26 ~
Cet agent émulsionnant doit répondre à 3 conditions :
- Etre inerte bactériologiquement
- N’avoir aucune action synergique antiseptique pour l’HE
- Etre fiable chimiquement, c'est-à-dire qu’il ne doit entrer en interaction
avec aucun des constituants de l’HE à tester.
Exemple : le tween 20 et 80.

On ne peut, a priori, obtenir de techniques plus précises que celle-ci dans la


détermination du pouvoir antiseptique.

4) Valeur de l’aromatogramme

 Fiabilité

La fiabilité consiste à pratiquer plusieurs aromatogrammes en même temps sur


le même germe et prouver que les résultats sont identiques.
Cette notion est très importante car elle conditionne la pérennité des résultats
obtenus. Deux conditions s’imposent :
- Les HE testées sur tous les aromatogrammes doivent faire partie du
même lot dûment fiché et caractérisé par chromatographie
- La même technique de laboratoire doit toujours être utilisée.

 Reproductibilité

Après un certain temps de latence (un mois environ), l’aromatogramme


effectué sur le même germe à l’aide des mêmes HE, ne donne plus les mêmes
résultats. Autrement dit, l’aromatogramme est un examen reproductible
lorsque le temps est compté en jours, il ne l’est plus lorsque le temps est
compté en mois. En effet, il se peut que l’utilisation exclusive d’HE d’action
temporaire, entraîne des phénomènes de sélection avec création de germes
résistants. La prudence exige donc une prescription de plusieurs HE à la fois.
Prescrire quatre HE plutôt qu’une diminuerait le risque de résistance acquise
par des actions bactéricides croisées. L’éventualité d’un germe résistant à l’une
d’entre elles aurait peu de chances de se présenter en même temps pour les
trois autres.

~ 27 ~
5) Interprétation de l’aromatogramme

 Le choix des HE

La qualité et la constance chimique des HE conditionnent la réussite du


traitement.
Ici, le rôle du pharmacien d’officine reste prépondérant. Il devra fournir aux
malades les mêmes HE que celles testées par le biologiste : l’HE employée lors
de l’aromatogramme devra être absolument la même que celle utilisée par le
patient. Cela est l’évidence même, et il est inutile de préciser que toute HE
différente, par sa provenance, de celle testée en laboratoire, donnera des
résultats thérapeutiques non comparables.

 L’association des HE

L’aromatogramme permet un choix judicieux en adaptant la prescription d’HE à


chaque syndrome infectieux. Il permet une aromathérapie véritablement sur
mesure et appropriée à chaque cas particulier. L’aromatogramme apporte
toujours, en plus d’une confirmation de l’efficacité des HE majeures (groupe
Origan) des indications très précieuses sur d’autres types d’HE dont le pouvoir
antiseptique revêt un caractère tout à fait occasionnel et dont il ne faudra
surtout pas minimiser l’importance et la signification.
Ces HE d’action « inopinée » et dont seul l’aromatogramme révèle la nature
sont prescrites en association ou successivement avec celles du groupe des
majeures. Elles représentent ce que les aromathérapeutes appellent les « HE
dites de terrain », tandis que les majeures aromatiques sont plus
spécifiquement les « HE bactéricides de l’agent pathogène ».

6) Limites de l’aromatogramme

La « variance » bactérienne ne permet pas à l’aromatogramme d’être un


examen reproductible au-delà d’un mois. De plus, la grande variabilité des HE,
qui ne sont jamais identiques à elles-mêmes, empêchent par là toute référence
à une valeur permanente.
Enfin, cet examen a plus ou moins été abandonné par les médecins car les HE
les plus actives sont pratiquement toujours les mêmes. L’aromatogramme est
alors plutôt réservé aux cas les plus rebelles.

~ 28 ~
Figure 3 : Exemple d’aromatogramme [17]

Figure 4 : Divers échantillons d’HE de Thym au sein de colonies de


staphylocoques dorés [8]

~ 29 ~
II) L’INDICE AROMATIQUE [8 ; 38 ; 41 ; 45]

1) Définition

On appelle indice aromatique d’une HE le rapport entre le diamètre, exprimé


en millimètres, du halo d’inhibition obtenu par un aromatogramme et celui
d’une HE idéale et fictive dont l’action germicide serait maxima dans 100 % des
cas.

Il suffit pour cela, dans un premier temps, de définir l’indice de croix de chaque
HE. Le diamètre de la zone d’inhibition mesuré en millimètres, après 24 heures
d’incubation à 37 °C, est symbolisé par un nombre de croix variant de 1 à 3 :
1 croix lorsque le halo d’inhibition mesure un à deux millimètres
2 croix lorsqu’il mesure deux à trois millimètres
3 croix lorsqu’il mesure trois millimètres et plus.
Le symbole 3 croix (+++) représente donc l’activité germicide maxima.
On additionne ensuite le nombre total de croix obtenues pour chaque HE pour
obtenir l’indice de croix.

Pour définir l’indice de croix d’une HE idéale et fictive dont l’action germicide
est maxima dans 100 % des cas, il suffira de faire le produit du nombre de cas
par le chiffre 3.

Pour obtenir l’indice aromatique d’une HE donnée, il suffira d’effectuer le


rapport :
Indice de croix de l’HE à tester
Indice de croix de l’HE idéale, efficace à 100 %

Le résultat est compris entre 0 et 1 : plus l’indice aromatique se rapproche de


1, plus l’HE est germicide.
Ainsi, par une série de diagrammes, peuvent être représentés les indices
aromatiques de chaque HE pour chaque catégorie de germes (figure 5 p.31 et
figure 6 p.32).

Remarque : l’activité germicide des HE est liée à leur caractère lipophile. Leurs
constituants se lient aux membranes cellulaires des micro-organismes. Ils
inhibent notamment les échanges d’électrons membranaires lors de
phosphorylations oxydatives et freinent ainsi le métabolisme énergétique. De
fortes concentrations en HE conduisent également à la lyse membranaire et à
la dénaturation des protéines cytoplasmiques.

~ 30 ~
Figure 5 : [8]

Colonne horizontale supérieure = numérotation des malades porteurs du


germe étudié
I.C. = indice de croix
I.A. = indice aromatique

Colonne horizontale inférieure = nature du milieu de prélèvement


S : selles ; U : urinaire ; V : vaginal ; C : cutané

Colonne verticale de gauche = liste des HE testées

L’activité germicide est ainsi statistiquement visualisée, ce qui permet


d’apprécier rapidement l’éventail de possibilités thérapeutiques offertes au
praticien.

~ 31 ~
Figure 6 : Indice aromatique moyen de chaque HE pour chaque catégorie de
germes étudiés [8]

Un certain nombre d’HE se retrouvent de façon constante, ce sont celles dont


les valeurs d’indice aromatique sont supérieures à 0,50.
Ce sont : Origan, Thym, Cannelle, Girofle et Sarriette (classe 1 des HE
germicides).
On retrouve de façon moins régulière, des HE dont l’indice oscille autour de
0,30 telles que le Pin, l’Eucalyptus, la Lavande et le Myrte (classe 2 des HE
germicides).

~ 32 ~
2) Signification de l’indice aromatique

L’indice aromatique apporte une « indication » non négligeable pour le


médecin praticien. En effet, il permet :
- D’établir au premier coup d’œil par la lecture d’un simple chiffre : le
pouvoir antiseptique de chaque HE pour telle ou telle colonie
microbienne
- De choisir dans l’arsenal des HE germicides, en fonction de la gravité du
syndrome infectieux et en attendant le résultat de l’aromatogramme
- De faire de l’aromathérapie anti-infectieuse avec plus de chances de
succès pour un médecin qui ne peut pratiquer l’aromatogramme.

3) Classification des HE

L’étude analytique et comparative du pouvoir spécifique des HE sur les germes


microbiens, permet leur classification en 3 groupes :

 Groupe 1 : HE germicides majeures

Il comprend des HE dont l’action antibactérienne est forte et constante.


L’indice aromatique se situe sensiblement entre 0,45 et 1, aussi bien sur les
gram + et les gram – que sur les champignons (Candida albicans).
Elles semblent agir indépendamment du terrain et leur action est certainement
plus bactéricide que bactériostatique.

Ces HE sont :
HE d’Origan d’Espagne : Coridothymus capitatus, Lamiaceae
HE de Thym : Thymus vulgaris, Lamiaceae
HE de Cannelle de Ceylan : Cinnamomum zeylanicum, Myrtaceae
HE de Girofle : Syzygium aromaticum, Myrtaceae
HE de Sarriette : Satureja montana, Lamiaceae.

Figure 7 : [8]

~ 33 ~
 Groupe 2 : HE germicides médiums

Elles se situent à mi-chemin entre les majeures et les HE du groupe 3 dont le


pouvoir antiseptique est imprévisible et inopiné.
Leur indice aromatique se situe approximativement au dessous de 0,45, mais
leur indice aromatique moyen est supérieur à 0,1.

Ce groupe comprend les HE suivantes :


HE de Cajeput : Melaleuca cajeputii, Myrtaceae
HE de Pin : Pinus sylvestris, Abietaceae
HE d’Eucalyptus : Eucalyptus globulus, Myrtaceae
HE de Lavande : Lavandula officinalis, Lamiaceae
HE de Myrte : Myrtus communis, Myrtaceae
HE de Géranium rosat : Pelargonium graveolens, Geraniaceae
HE de Petit grain bigarade : Citrus aurantium ssp amara, Rutaceae
HE d’Estragon : Artemisia dracunculus, Asteraceae
HE de Serpolet : Thymus serpyllum, Lamiaceae
HE de Niaouli : Melaleuca viridiflora, Myrtaceae.

Cette dernière classification des HE médiums est assez arbitraire. En effet, si le


pouvoir bactéricide ou bactériostatique des HE majeures est constant quelque
soit la classe des germes pathogènes envisagés, celui des médiums prête à
variation. Ces HE médiums peuvent très bien monter de classe et devenir des
HE majeures pour certains germes, ou au contraire descendre dans la catégorie
des HE de terrain et posséder un pouvoir antiseptique très occasionnel.

 Groupe 3 : HE dites de terrain

Elles présentent inopinément une action antiseptique. Elles n’ont pas de


réponses constantes et agissent en fonction du terrain sur lequel s’est
développé le germe pathogène.

~ 34 ~
MODE D’ADMINISTRATION DES HE

Il existe quatre modes principaux d’utilisation des HE en aromathérapie : la


voie orale, la voie rectale, la voie cutanée et la voie pulmonaire.
Le choix dépend de la composition chimique de l’HE, du but thérapeutique et
de la sensibilité de la personne à traiter. [29]

I) LA VOIE ORALE [9 ; 12 ; 28 ; 29 ; 30 ; 40]

Suivant l’effet biologique recherché, l’administration pourra être faite sous la


langue, sur la langue ou par voie orale classique avec déglutition de la forme
médicamenteuse.

 Sous la langue : voie perlinguale ou sublinguale

La muqueuse sublinguale possède une vascularisation très riche permettant


une excellente biodisponibilité.
Avantages : Passage sanguin très rapide des molécules aromatiques
Pas de premier passage hépatique
Pas d’irritation du tube digestif.
Inconvénient : Goût très prononcé pouvant provoquer des nausées, il est
conseillé de boire ensuite un grand verre d’eau tiède ou une
infusion pour faire passer le goût.

 Sur la langue

L’ouverture des choanes permet aux substances volatiles placées sur la langue
d’agir immédiatement sur les sinus et la muqueuse nasale. Cette voie
d’administration est donc réservée au traitement des infections nasales,
sinusiennes ou pharyngées.

 Voie orale classique

L’administration se fera de préférence avant le repas, de manière à permettre


une absorption rapide.
Toutefois, si l’HE à administrer est corrosive pour la muqueuse gastrique, elle
sera prise au cours du repas.

~ 35 ~
1) Formes liquides

Les HE ne doivent jamais être avalées pures en raison de leur goût prononcé et
surtout du risque de brûlure de la muqueuse oropharyngée. Non miscibles à
l’eau, elles doivent être diluées :

a) En solution alcoolique

Les HE étant miscibles à l’alcool à 90°, leur réalisation ne pose aucun problème.
Cette préparation peut contenir de 10 à 20 % m/m d’HE.
La dose habituelle est de 10 gouttes de cette solution que l’on diluera dans un
verre d’eau tiède aux ¾ rempli (loin des repas), ce qui représente selon la
concentration 1 ou 2 gouttes d’HE pure par prise.
Les HE peuvent également être diluées dans un liquide médicamenteux de titre
alcoolique suffisant : teinture, teinture mère, macérat glycériné ou dans un
dispersant (type Disper…). La solution doit alors être agitée avant emploi.

b) En solution non alcoolique

- Solution huileuse de 10 à 20 % m/m d’HE avec une huile végétale (HV) :


olive, tournesol, pépins de raisin…
- Gel aqueux à 1 % m/m de gomme guar
- Dispersion dans du miel, 2 ou 3 gouttes maximum d’HE pure par cuillère
de miel 3 fois par jour.

2) Formes solides

a) Gélules

Les gélules permettent une administration aisée des HE, sans goût, ce qui
favorise l’observance du traitement.

Une notice technique et pratique pour la préparation de gélules à base d’HE est
présentée en annexe III.
Pour leur réalisation, la ou les HE doivent être adsorbées par une quantité
suffisante d’un excipient inerte.
La silice présente l’avantage d’être un corps neutre à 100 %. Elle a une très
grande faculté d’adsorption des corps gras (1 g de silice permet d’adsorber
environ 2 g d’HE). Elle retient les HE par un phénomène de surface sans
qu’aucune réaction chimique n’intervienne.

~ 36 ~
Sous l’action de la température à 37 °C du tube digestif, la silice libère les HE
très volatiles, dont la grande diffusibilité les amène à franchir la barrière
intestinale, pour être absorbées.

Le flacon de conservation devra être en verre teinté, à l’abri de la lumière, de la


chaleur et hermétiquement fermé. Le délai de conservation est de 2 mois au
maximum. Passé ce délai, l’HE très volatile diffuse et les gélules perdent ainsi
leur concentration en principe actif.

Les HE peuvent être irritantes pour l’estomac, on recommande donc les gélules
gastrorésistantes chez les patients à muqueuse gastrique fragile ou lorsque
l’action des HE ne doit s’exercer que sur la flore bactérienne intestinale.
En effet, la réalisation d’un enrobage gastrorésistant évite les attaques acides
de l’estomac afin que les gélules se délitent uniquement dans l’intestin.
L’enrobage gastrorésistant se fait par trempage répété (2 à 3 fois) des gélules
dans une solution d’acétophtalate de cellulose (agent filmogène résistant à pH
acide, se dissolvant à pH7 dans l’intestin pour libérer le principe actif) auquel
on ajoute de l’acétone puis, parfois, du chloroforme.

b) Autres formes

En capsules molles après dilution dans une HV.


Il est possible également d’incorporer l’HE sur un support neutre : mie de pain,
morceau de sucre ou comprimé neutre de lactose à sucer ou à croquer.

3) Posologie

La posologie est fonction de la nature de l’HE, de la pathologie et de l’âge. En


général, pour un adulte elle est de 1 goutte (20 mg) d’HE pure par 25 kg de
poids, 1 à 3 fois par jour soit 6 gouttes par jour en automédication et au
maximum 12 gouttes par jour sur avis médical.
En cas d’intolérance (rare 1 %), baisser de moitié la dose pendant une semaine,
les troubles disparaitront. On remontera progressivement à la dose
thérapeutique initiale à raison de 2 gouttes supplémentaires par jour. Dans
99 % des cas, les inconvénients du début du traitement ne réapparaissent pas.

4) Contre-indications

 Enfants de moins de 3 ans et femmes enceintes


 Gastrite aiguë ou chronique, ulcère gastroduodénal.

~ 37 ~
II) LA VOIE RECTALE (ET GYNECOLOGIQUE) [9 ; 28 ; 30 ; 40]

C’est la voie privilégiée en cas de pathologies infectieuses pulmonaires


puisque les essences qui sont absorbées par les veines hémorroïdaires
inférieures se déversent dans la veine cave inférieure, court-circuitant le filtre
hépatique, et parviennent « en l’état » au niveau du système artériolaire des
alvéoles pulmonaires.

Les avantages de la voie rectale sont multiples :

- Rapidité d’action : moins de 30 minutes, passage systémique très rapide


- Permet l’administration de plus grandes quantités par rapport à la voie
orale
- Très bonne tolérance
- Pas d’incidence sur le foie, ce qui est très intéressant pour les HE
phénolées
- Voie privilégiée pour les enfants et les personnes ayant une mauvaise
tolérance gastrique.

Toutefois, la muqueuse étant très irritable, les HE administrées par cette voie
ne doivent jamais être utilisées pures mais incorporées dans un excipient ou
une forme galénique.

1) Les suppositoires

Ils contiennent jusque :


50 mg d’HE pour un suppositoire pour nourrisson (1 g)
75 à 125 mg pour un suppositoire pour enfant (2 g)
150 à 300 mg pour un suppositoire pour adulte (3 g).

Le risque d’intolérance locale est diminué en passant le suppositoire sous l’eau


froide (élimination des molécules aromatiques en surface) ou en l’enduisant
d’huile vierge de calendula avant introduction.
Dans le cas de suppositoires forme « torpille », rappeler aux patients que leur
introduction se fait la pointe en dernier lieu.

Contre-indications : hémorroïdes, rectocolite hémorragique, maladie de Crohn.

Exemples de spécialités : Bronchodermine®, Bronchorectine®, Coquelusédal®,


Trophires®

~ 38 ~
Une notice technique et pratique pour la préparation de suppositoires à base
d’HE est présentée en annexe IV.

2) Les microlavements

En raison de leur action irritante sur les muqueuses, les HE doivent être
parfaitement dispersées dans la préparation finale, ce qui est obtenu à l’aide
d’émulsionnants comme le Ricinion® ou le Polysorbate 80.

Concentrations usuelles en HE dans un lavement : 2 à 5 % m/m.

Le lavement rectal, prescrit avant le coucher, doit être gardé toute la nuit. En
cas d’infection sévère, on peut doubler cette dose en prescrivant un second
lavement au réveil.

Contre-indications : hémorroïdes, rectocolite hémorragique, maladie de Crohn.

3) La voie vaginale

La muqueuse vaginale est particulièrement perméable, c’est pourquoi il faut


limiter les quantités lorsqu’on utilise cette voie.

Différentes formes galéniques :


- irrigations vaginales
- ovules
- crèmes gynécologiques

Les doses usuelles pour les diverses formes sont des dilutions d’HE à 5 % m/m.
Ne pas dépasser 15 %.

~ 39 ~
III) LA VOIE CUTANEE [28 ; 29 ; 30 ; 40]

Toute application cutanée d’HE entraîne une volatilisation partielle de cette


dernière, qui, par ailleurs, atteint la voie pulmonaire par inhalation.
En outre, l’action des HE n’est pas seulement locale mais également générale
car elles pénètrent facilement et rapidement (10 minutes environ) les
différentes couches cutanées et diffusent dans la microcirculation périphérique
avant de se retrouver dans la circulation générale avec les risques de toxicité
que cela peut impliquer.
Seules quelques HE peuvent être appliquées pures sur la peau à raison de 1 à 2
gouttes (Lavande, Arbre à thé, Ravintsara…). La plupart du temps, elles sont
diluées.

1) Pour un bain

5 à 10 gouttes d’HE peuvent être dispersées dans un bain, à diluer


préalablement dans 4 fois leur volume de dispersant (type Solubol, Labrafil…)
Les HE ne doivent jamais être versées directement dans le bain, elles
flotteraient à la surface de l’eau et pourraient occasionner des irritations voire
des brûlures cutanées.

2) Pour des frictions ou massages

L’excipient le plus utilisé est l’HV, choisi en fonction de la cible à atteindre au


niveau du corps.
Plus l’HE doit pénétrer profondément, plus l’HV doit être fluide (noisette,
sésame, noyaux d’abricot, tournesol, amande douce, macadamia).

Le degré de dilution peut varier de 1 à 50 % :


- 3 % pour une action réparatrice cutanée
- 5 % pour une action sur le système nerveux (stress)
- 7 % pour une action circulatoire
- 10 % pour une action musculaire et tendineuse
- 30 % pour une action locale puissante (mycose, parasite...).

La quantité totale d’HE absorbée par la peau ne doit pas dépasser la dose
maximale autorisée pour la voie orale, soit l’équivalent de 5 à 10 gouttes
exprimées en HE pures et toutes HE cumulées.

~ 40 ~
Figure 8 : Application des HE selon l’organe cible [28]

Les applications se font de manière générale en


regard de l’organe cible affecté :
 Thorax, dos : action sur les bronches
 Colonne vertébrale : action sur le système
nerveux (action apaisante, décontractante)
 Abdomen : action sur les organes internes
(intestin, estomac, foie…)
 Nuque, tempes, front, lobes des oreilles :
céphalées et migraines
 Cou : infections de la gorge
 Plexus solaire : système nerveux
sympathique

Les HE peuvent aussi être incorporées dans des formes galéniques à usage
externe plus élaborées telles que pommades, gels, crèmes, lotions…

Exemples de spécialités : Baume Aroma®, Baume Saint-Bernard®, Vicks


Vaporub®

Conseils :

 Se méfier des HE à phénol ou à aldéhyde qui sont très agressives pour la


peau et les muqueuses
 La dilution est impérative pour les HE dermocaustiques ou irritantes, en
cas de peau hypersensible, pour une application sur les muqueuses
(nasale, auriculaire, buccale, vaginale)
 Eviter toute exposition au soleil en cas d’application d’HE
photosensibilisante de type Bergamote, Pamplemousse, Citron,
Angélique…
 Faire un test avec une goutte d’HE au niveau du pli du coude pour
déceler une éventuelle allergie.

~ 41 ~
IV) LA VOIE PULMONAIRE [22 ; 28 ; 29 ; 30 ; 40]

Le caractère volatil et l’action antiseptique de nombreuses HE leur donnent un


intérêt particulier pour les voies respiratoires supérieures et profondes par
inhalation notamment et par diffusion dans l’atmosphère.
Lors de l’inhalation de la préparation, l’HE parvient en l’état au niveau des
sinus, du carrefour rhino-pharyngé et au niveau trachéo bronchique. Il y a donc
contact direct entre les HE et les germes pathogènes.

1) Les aérosols

Ils sont réservés à la prescription médicale.


Lorsque l’administration passe par l’aérosolthérapie, les HE prescrites,
dissoutes dans de l’alcool à 90°, seront vaporisées après dilution durant 15 à 20
minutes matin et soir pendant 5 à 7 jours à l’aide d’appareils à aérosols
pneumatiques qui seuls permettent d’émettre des gouttelettes de 1 à 3 µm, de
ne pas dégrader les HE et d’atteindre les voies respiratoires profondes, les
bronches et les bronchioles.
Pour le traitement des sinus, des appareils à aérosols soniques sont utilisés.
La concentration en HE habituellement utilisée est de 20 gouttes diluées au
1/10ème dans de l’éthanol à 90°.

Conseils :

 Les HE riches en cétones et lactones ne doivent pas être administrées par


cette voie en raison de leur neurotoxicité
 Ne jamais utiliser des HE bronchoconstrictrices et des HE pures
 Pratiquer des tests préalables de tolérance
 Contre-indication avec les personnes asthmatiques ou allergiques.

2) Les inhalations humides

La vapeur d’eau transporte les molécules aromatiques jusqu’aux voies


respiratoires. Dans un bol, mélanger une cuillère à soupe d’alcool à 90° et 5 à 6
gouttes d’HE, puis verser 250 mL d’eau chaude. Inhaler la vapeur dégagée en
se couvrant la tête d’une serviette pour éviter la dispersion des vapeurs
pendant 5 à 10 minutes deux fois par jour.
Ne pas sortir immédiatement après (respecter un délai d’une heure).
L’utilisation d’un inhalateur à la place d’un bol permet d’éviter le contact des
vapeurs avec les yeux.

~ 42 ~
Les inhalations sont contre-indiquées chez les personnes allergiques ou
asthmatiques et déconseillées chez l’enfant de moins de 12 ans.

Exemples de spécialités : Aromasol®, Calyptol Inhalant®, Balsofumine®,


Balsolène®, Pérubore®, Vicks Vaporub®.

3) Les inhalations sèches

La préparation d’HE est déposée sur un mouchoir propre avant inspiration.

Exemples de spécialités : Brume aromatique®, Respiressence®

4) La diffusion dans l’atmosphère

Elle peut se faire :


 Avec un brûle-parfum ou une coupelle posée sur un radiateur, toutefois
ces méthodes permettent seulement de parfumer et d’assainir
l’atmosphère car elles chauffent les HE qui perdent une bonne partie de
leurs propriétés
 Avec un diffuseur électrique, l’intérêt est de pouvoir programmer la
diffusion des HE et de ne pas les chauffer, ce qui conserve toutes leurs
qualités
 Par pulvérisation aux quatre coins de la pièce.

La diffusion atmosphérique des HE impose des précautions d’emploi car elles


sont absorbées par respiration :
 Ne pas utiliser d’HE irritantes pour les muqueuses respiratoires
renfermant des composés phénoliques (HE de Thym, Sarriette, Giroflier,
Origan vulgaire, Cannelle). Ces HE sont utilisées seulement si nécessaire
et en faible proportion en association avec des HE douces
 Ne pas utiliser les HE en continu sous peine d’irriter les muqueuses, 10
minutes par heure sont suffisantes, sans dépasser 1 heure au total par
jour
 Ne pas diffuser dans les pièces où séjournent des enfants de moins de 3
ans
 Pour les enfants de 3 à 10 ans, la diffusion doit se faire en leur absence
 Contre-indication en cas d’asthme ou d’allergie.

~ 43 ~
V) AUTRES [39 ; 40]

1) Gargarismes et bains de bouche

Les HE en faible concentration sont solubilisées dans un émulsionnant,


souvent en mélange avec des hydrolats aromatiques.

2) Gouttes nasales ou auriculaires

Les HE doivent être très diluées, principalement avec des huiles végétales, pour
éviter tout traumatisme des muqueuses.
Remarque : un arrêté du 8 février 2001, publié au J.O. du 14 février 2001,
stipule que « sont classés sur la liste I des substances vénéneuses les
médicaments destinés à la médecine humaine contenant des huiles végétales
et administrés par voie nasale ».

VI) CONCLUSION [7 ; 29]


Figure 9 : Avantages et inconvénients des différentes voies d’administration
Quantité Vitesse Durée Tolérance Toxicité
d’action d’action
Cutanée ++++ +++ +++ ++ +
Respiratoire + ++++ + ++ ++
Digestive ++ +++ ++ + +++
Rectale +++ ++++ +++ +++ ++
Vaginale +++ ++ ++ ++ ++
Sublinguale ++ ++++ ++ + ++
Nasale + ++ ++ ++ +++
Auriculaire + ++ ++ ++ ++
Oculaire - - - - -
La quantité désigne les doses d’HE administrables en prise unitaire ou
journalière.
La vitesse d’action montre la rapidité avec laquelle l’HE agit pour lutter contre
la pathologie.
La durée d’action désigne le temps pendant lequel l’HE agit en fonction de la
voie d’utilisation.
La tolérance répond aux critères olfactifs, gustatifs et comportementaux
propres à chacun.
La toxicité montre les restrictions imposées dans le choix et le dosage des HE
toxiques.
~ 44 ~
TOXICITE ET PRECAUTIONS D’EMPLOI DES HE

Cet aspect de la connaissance des HE est d’autant plus important que la


connotation « produit naturel » attachée à ces produits conduit souvent à une
utilisation abusive.
En effet, bien que naturelle, l’aromathérapie a des effets très puissants, il est
donc capital d’intégrer la notion de la dualité « efficacité-toxicité » et de
maîtriser les nombreuses précautions d’emploi.

I) TOXICITE DES HE [13 ; 14 ; 28]

Très concentrées en principes actifs, les HE sont hautement réactives. La


majorité de leurs constituants sont lipophiles et de ce fait rapidement
absorbés, quelque soit la voie d’administration.
La toxicité des HE est directement liée à leur composition chimique, les
composés poly-insaturés étant plus toxiques que les autres (cétones, lactones,
phénols…).

 Toxicité par voie orale :

D’une manière générale, la toxicité aiguë varie avec la DL 50.


Cet indicateur mesure la dose de substance causant la mort de 50 % d'une
population animale donnée (souvent des souris ou des rats) dans des
conditions d'expérimentation précises. C'est la masse de substance nécessaire
pour tuer 50 % des animaux dans un lot. Elle s'exprime en milligrammes ou
grammes de matière active par kilogramme d'animal. Plus ce chiffre est petit,
plus la substance est toxique.

DL 50 > 5 g/kg pour l’HE de Camomille, Citronnelle, Lavande, Vétiver,


Marjolaine…
DL 50 comprise entre 2 et 5 g/kg : Anis vert, Eucalyptus, Girofle…
DL 50 comprise entre 1 et 2 g/kg : Basilic, Estragon, Hysope, Origan,
Sarriette…

Néanmoins, les observations cliniques montrent que les intoxications aiguës


sont possibles même lorsque la DL 50 est élevée.

En cas d’intoxication per os, faire absorber 30 mL environ d’une huile végétale
alimentaire (olive, tournesol…) ou 2 à 4 comprimés de charbon végétal.

~ 45 ~
 Photosensibilisation :
Une exposition solaire importante après application cutanée d’HE riche en
furocoumarines peut provoquer ce phénomène.
Ce risque est moindre mais possible après absorption orale.
Les HE concernées sont les essences de zestes de citrus et l’HE d’Angélique.
Il faudra donc éviter l’exposition au soleil 24 heures après application cutanée.

 Irritations cutanées :
Elles sont dues à l’application sur une peau sensible d’HE non diluée riche en
monoterpènes ou très riches en esters.
Ces HE devront donc être utilisées en dilution à 20 % au maximum et à 10 % sur
une peau sensible.

 Dermocausticité et nécrose :
Elles apparaissent suite à l’application sur la peau ou à l’absorption d’HE pures
contenant :
- Phénols : Thym à thymol, Thym à carvacrol, Origan compact, Girofle,
Sarriette
- Aldéhyde cinnamique : Cannelle de Ceylan et de Chine
Leur application cutanée doit être réservée à des surfaces corporelles réduites,
diluées à 10 %, et à éviter sur peau sensible.
A diluer par voie orale et à éviter par diffusion atmosphérique (jamais pures).

 Allergie :
L’application cutanée d’HE contenant des lactones (Laurier, Myrte…) ou de
l’aldéhyde cinnamique peut provoquer des allergies cutanées. Elles seront
donc à éviter sur peau sensible, ou à n’utiliser que sur une courte période.

 Neurotoxicité :
La neurotoxicité des HE est principalement due aux cétones (camphre,
thuyone, menthone) contenues par exemple dans l’Absinthe, l’Armoise, le
Cèdre, l’Hysope, la Sauge officinale, le Thuya, la Menthe poivrée…
Ces HE sont donc contre-indiquées en cas d’antécédents d’épilepsie, chez les
personnes âgées avec troubles nerveux et chez les enfants de moins de 7 ans.
La neurotoxicité s’explique par la forte affinité des cétones pour les lipides, il y
aurait passage de la barrière hémato-encéphalique, destruction des gaines de
myéline et perturbations électriques des neurones avec excitation puis
dépression.
Les HE à cétones ont également un effet abortif du à l’activité utéro-tonique et
seront par conséquent totalement contre-indiquées en cas de grossesse.

~ 46 ~
 Hépatotoxicité :
Une absorption orale ou rectale prolongée et à doses importantes d’HE riches
en phénols peut se révéler hépatotoxique. Les HE à phénols doivent toujours
être diluées.

 Néphrotoxicité :
Elle peut être causée par l’absorption orale prolongée d’HE riches en
monoterpènes (pinène, camphène). Ces HE (Pin, Genévrier…) seront donc à
éviter en cas d’insuffisance rénale.

Figure 10 : Risques toxiques par famille biochimique [29]

~ 47 ~
II) PRECAUTIONS D’EMPLOI [27 ; 28 ; 29 ; 30 ; 40 ; 50]

L’aromathérapie n’est pas une thérapeutique anodine. Pour une utilisation


sans risque des HE, des précautions d’emploi s’imposent :

 Utiliser des HE 100 % pures et naturelles, identifiées et conservées dans


de bonnes conditions

 Sauf avis médical contraire, ne pas employer d’HE chez la femme


enceinte ou allaitante et chez l’enfant de moins de 3 ans

 En cas d’allergie ou d’antécédent d’épilepsie, un avis médical est


conseillé avant d’employer des HE

 Chez les personnes allergiques, faire au préalable un test de tolérance


cutanée pour les HE à appliquer sur la peau : étaler une à deux gouttes
dans le pli du coude. L’apparition d’une irritation au bout de 10 à 15
minutes en contre-indique l’emploi

 Ne pas utiliser les HE en inhalation chez les personnes asthmatiques ou


allergiques

 Ne pas avaler les HE pures : elles peuvent brûler les muqueuses


oropharyngées

 Ne pas appliquer d’HE pures dans le nez, le conduit auditif et sur les
zones anogénitales mais toujours diluées à une concentration maximale
de 10 %

 Ne jamais injecter d’HE par voie IV ou IM et ne jamais en mettre même


diluées dans les yeux

 Bien se laver les mains après avoir touché une HE ou une préparation en
contenant pour éviter un contact accidentel avec l’œil.
En cas de contact avec l’œil, rincer sous l’eau courante pendant 5
minutes puis appliquer un coton imprégné d’HV (huile d’amande douce)

~ 48 ~
 Ne jamais appliquer chez les enfants de moins de 6 ans d’HE de Menthe
poivrée sur la peau (risque de spasme laryngé) ni chez l’adulte sur une
grande surface car elle provoque une sensation glacée avec
vasoconstriction

 Ne pas laisser les flacons d’HE à portée des enfants

 Respecter strictement les voies d’administration, les doses prescrites et


les contre-indications propres à certaines HE.

Le danger d’une HE est sa méconnaissance et sa mauvaise utilisation !

~ 49 ~
Figure 11 : Précautions d’emplois par famille biochimique [26 ; 29 ; 30]
EXEMPLES DE EXEMPLES
FAMILLE PROPRIETES PRECAUTIONS D’EMPLOI
PRINCIPE ACTIF D’HE
Monoterpènes -Antiseptiques en diffusion dans -Irritation cutanée et muqueuse possible: Limonène Pin sylvestre
l’atmosphère mais peu actifs par contact à appliquer sous forme de liniment Alpha et bêta Sapin
-Sur la peau, action révulsive antalgique -Voie orale : néphrotoxicité si utilisation pinène Genévrier
-Stimulation générale de l’organisme prolongée ou surdosage
Sesquiterpènes et -Calmants Bisabolène Pin maritime
azulènes -Anti-inflammatoires Alphahumulène Matricaire
-Antiallergiques Chamazulène
Phénols -Activité bactéricide, virucide et -Excitants à forte dose Thymol Thym
antifongique marquée -Irritants pour les muqueuses et la peau Carvacrol Sarriette
-Immunostimulants, hyperthermisants (limiter la diffusion aérienne) Eugénol Girofle
-Toniques à faible dose -Hépatotoxiques à dose élevée et
répétée
-Toujours diluer sur la peau
Alcools -Activité bactéricide, virucide et -HE à menthol : contre-indiquée pour les Linalol Bois de rose
monoterpéniques antifongique enfants de moins de 6 ans et les femmes Géraniol Palma rosa
ou -Immunomodulants, neurotoniques enceintes Alphaterpinéol Arbre à thé
monoterpénols d’action moins violente que les phénols -Application cutanée sur de grandes Menthol Menthe poivrée
-Ni dermocaustiques, ni hépatotoxiques surfaces Bornéol Thym satur.
Alcools -Toniques et stimulants généraux -Cancers hormono-dépendants Bisabolol Matricaire
sesquiterpéniques -Décongestionnants veineux et -Mastoses Farnésol Niaouli
lymphatiques Viridiflorol, Cédrol Cyprès
Alcools -Régulateurs hormonaux présents en fb Sclaréol Sauge sclarée
diterpéniques quantité dans les HE mais actifs à fb dose Salviol
Aldéhydes -Anti-inflammatoires, antihypertensifs Citral Mélisse
aliphatiques -Sédatifs Géranial Verveine citr.
-antiviraux (herpès), antimycosiques Citronellal Eucal. citriodora
Aldéhydes -Anti-infectieux -Dermocausticité importante, allergies Aldéhyde Cannelle
aromatiques -Antalgiques possibles, irritants pour les muqueuses : cinnamique
-Sédatifs enrobage gastrorésistant par voie orale Aldéhyde Cumin
-Pas de diffusion aérienne cuminique
-Doses maximales à respecter
Cétones -A faible dose : mucolytiques, -A doses fortes ou répétées : Carvone Carvi
faiblement antiseptiques, vermifuges, neurotoxiques, stupéfiants, épileptisants, Menthone Menthe poivrée
antimycosiques, cholagogues, l’utilisation de ces HE doit être contrôlée, Pipéritone Eucal. mentholé
cholérétiques, stimulant du SNC avec même en diffusion aérienne Camphre Romarin
inversion d’effet en augmentant la dose -Voie orale, rectale, cutanée : CI pour les Thuyone Sauge
bébés, femmes enceintes ou allaitantes Pinocamphone Hysope
Esters -Antispasmodiques, rééquilibrants -HE de Gaulthérie : effet chauffant sur les Acétate de linalyle Lavande
nerveux (à la fois calmants et toniques) peaux sensibles Acét. de géranyle, Carotte sauvage
-Bien tolérés sur la peau -HE de Lavande : à forte dose, risque de Salicylate de Gaulthérie
-Anti-inflammatoires, antalgiques dépression cardiaque méthyle
Ethers -Antispasmodiques puissants -Anéthol = stupéfiant Méthyleugénol Laurier noble
-Rééquilibrants nerveux -Apiol, myristicine : à dose élevée abortifs, Transanéthole Anis, Badiane
-Antalgiques hépato- et néphrotoxiques Apiol Persil
- CI : femme enceinte et nourrissons Myristicine Noix muscade
- Jamais à forte dose Méthylchavicol Basilic, Estragon
Oxydes -1,8-cinéole = expectorant, mucolytique -1,8-cinéole épileptogène à dose élevée 1,8-cinéole Eucalyptus
(jamais avant 3 ans pour voie orale ou (eucalyptol) globulus
rectale) Oxyde de linalol Eucalyptus
-prudence chez les asthmatiques radiata
Coumarines -Sédatifs nerveux -Furanocoumarines : photosensibilisantes Coumarine Citrus (essences
-Anticoagulants -Pyrannocoumarines : hépatotoxiques Bergaptène d’agrumes)
-Antispasmodiques Angelicine Angélique
Psoralène
Lactones -Mucolytiques, expectorants -Certaines lactones sont très allergisantes Alantolactone Aunée
-cholérétiques, cholagogues par voie cutanée Santonine Artemisia
-antibactériens, antifongiques -CI : femme enceinte, enfant < 5 ans maritima
Composés soufrés -Antibactériens, antiparasitaires -Dermocaustiques Composés soufrés Ail
-Hypolipémiants (ail) -Révulsifs Oignon
Composés azotés -Action sédative marquée -Photosensibilisants N- Mandarine
-Anxiolytiques méthylanthralinat rouge
e de méthyl

Remarque : sont représentées en gras les principales familles biochimiques utilisées en infectiologie ORL

~ 50 ~
èm e
2 PARTIE
LES ESSENCES ESSENTIELLES

~ 51 ~
PRINCIPES ACTIFS AROMATIQUES UTILISES EN INFECTIOLOGIE ORL

L’association entre principes actifs (PA) s’attachera surtout à favoriser les


synergies et à éviter les redondances.
Seules seront présentées ici les molécules aromatiques les plus importantes, au
tropisme plutôt respiratoire et aux propriétés antibactériennes et antivirales.

I) LES PHENOLS [38 ; 40 ; 41 ; 49]

Ce sont des anti-infectieux puissants et polyvalents, à la fois antibactériens,


antiviraux, antifongiques et immunostimulants.
Leur puissance est due à la présence du noyau benzène.
Les HE phénolées ne doivent pas être appliquées pures sur la peau et les
muqueuses car elles peuvent provoquer des irritations sévères.
Par voie orale elles seront toujours accompagnées d’une HE hépato
protectrice : Romarin ABV (acétate de bornyle et verbénone) ou Citron jaune,
et utilisées de façon temporaire ou discontinue.
Elles ne se diffusent pas et on ne se baigne pas dedans !
Exemples :
- Thymol : Thymus vulgaris CT thymol (Thym à thymol)
- Carvacrol : Satureja montana (Sarriette), Origanum sp.
- Eugénol : Eugenia caryophyllata ou Syzygium aromaticum (Girofle)
- Aldéhyde cinnamique : Cinnamomum zeylanicum écorce (Cannelle),
aldéhyde aromatique à noyau benzénique, à forte parenté avec les
phénols et qui présente les mêmes inconvénients que ces derniers.

II) LES ALDEHYDES [38 ; 40 ; 41 ; 49]

- Aldéhydes aromatiques : aldéhyde cinnamique


- Aldéhydes aliphatiques : bien que moins actifs sur le plan antibactérien,
ils sont anti-inflammatoires et plutôt virucides. Les HE à forte teneur en
aldéhydes sont à utiliser avec précaution car elles peuvent être irritantes
utilisées pures sur la peau.
Exemples :
- Citral : Melissa officinalis (Mélisse)
- Géranial : Cymbopogon citratus (Lemon grass)
- Citronnellal : Eucalyptus citriodora (Eucalyptus citronné).

~ 52 ~
III) LES OXYDES [38 ; 40 ; 41 ; 49]

L’eucalyptol (ou 1,8-cinéole) est l’oxyde monoterpénique le plus répandu.


Ce sont des fluidifiants des sécrétions bronchiques et à ce titre des
expectorants et des décongestionnants respiratoires.
Exemples :
- Eucalyptus radiata, globulus… (Eucalyptus)
- Rosmarinus officinalis CT 1,8-cinéole (Romarin)
- Cinnamomum camphora (Ravintsara)
- Melaleuca quinquenervia (Niaouli)
- Myrtus communis (Myrte)
- Cinnamosma fragrans (Saro).

IV) LES CETONES [38 ; 40 ; 41 ; 49]

Ce sont des molécules apaisantes, relaxantes (action sur le SNC) et


cicatrisantes.
Ces molécules possèdent également des propriétés mucolytiques et
expectorantes. Certaines d’entre elles sont anti-infectieuses (moins puissantes
toutefois que les phénols).
Les cétones sont d’un usage délicat et leur mise en œuvre doit être prudente :
- Les thuyones deviennent abortives à des doses plus ou moins fortes
fonction de la sensibilité de la patiente
- D’autres, calmantes, deviennent neurostimulantes et même
convulsivantes au-delà des posologies recommandées.
En pratique, les HE à cétones sont prescrites ponctuellement et à faible
concentration.

Exemples :
- Carvone : Carum carvi (Carvi)
- Menthone : Mentha x piperita (Menthe poivrée)
- Pipéritone : Eucalyptus dives (Eucalyptus mentholé)
- Camphre (ou bornéone) : Rosmarinus officinalis CT camphre (Romarin à
camphre)
- Thuyone : Artemisia absinthium (Grande Absinthe)
- Pinocamphone : Hyssopus officinalis (Hysope officinale)
- Verbénone : Rosmarinus officinalis CT verbenone (Romarin à verbénone).

~ 53 ~
V) LES MONOTERPENOLS (alcools monoterpéniques) [38 ; 40 ; 41 ; 49]

Ils ont des propriétés identiques à celles des phénols mais à un degré moindre :
ils sont virucides, bactéricides et immunostimulants. Par contre, ils ne sont ni
dermocaustiques, ni hépatotoxiques.
Exemples :
- Linalol : Thymus zygis CT linalol (Thym à linalol)
- 4-terpinéol : Melaleuca alternifolia (Arbre à thé)
- Menthol : Mentha x piperita (Menthe poivrée)
- Géraniol : Cymbopogon martini (Palma rosa)
- Bornéol : Thymus satureioides (Thym à feuilles de sarriette).

VI) LES MONOTERPENES [38 ; 40 ; 41 ; 49]

Ces molécules sont les plus répandues dans le monde des HE. Leurs propriétés
pharmacologiques sont multiples : décongestionnantes, assainissantes de
l’atmosphère, certaines ont des propriétés antalgiques ou encore toniques
hépatique et circulatoire.
Utilisées pures sur la peau, les HE contenant une forte concentration en
monoterpènes provoquent un phénomène d’irritation. Il faut les diluer dans
une HV de qualité avec des HE qui tempèrent l’agressivité des monoterpènes.
Exemples :
- Limonène : Citrus limonum (Citron jaune)
- Pinène α et β : Pinus sylvestris (Pin sylvestre), Cupressus sempervirens
(Cyprès).

Dans la suite de cette partie, seront détaillées les principales HE utilisées en


infectiologie ORL.
Elles seront citées en fonction de leur famille biochimique : phénols, oxydes,
cétones, monoterpénols puis monoterpènes.
En effet, les HE ayant un chémotype proche ont généralement des propriétés
et des modes d’administration semblables.
Ce classement permet ainsi une lecture aisée de la figure 12 p.76.
En outre, ce tableau favorise le repérage rapide des associations pertinentes.
En effet, les mélanges d’HE (2 à 4) sont préférés pour créer une synergie
d’action, mais comme pour les traitements allopathiques, il faudra veiller à
éviter les redondances en PA. On évitera, par exemple, d’associer deux HE
riches en thymol (inefficace voire toxique).

~ 54 ~
PRINCIPALES HE UTILISEES EN INFECTIOLOGIE ORL

I) LE THYM A THYMOL Thymus vulgaris L. CT thymol [20 ; 40 ; 49]


HE riche en thymol (36-55%), p-cymène (15-28%) et γ-terpinène (5-10%).
Il existe également Thymus zygis à thymol, originaire d’Espagne dont l’HE
est de composition similaire mais plus riche en thymol (50-60%).
De la famille des Lamiaceae, le Thym à thymol est cultivé principalement
en France, en Italie et dans les Balkans. L’HE est obtenue par distillation à
la vapeur d’eau des parties aériennes fleuries.

Propriétés et indications :
Anti-infectieux puissant et polyvalent indiqué pour les sinusites, les angines,
les bronchites, les diarrhées, les cystites et les infections urinaires.

Posologie :
Uniquement par voie orale, à proscrire par voie cutanée et en aérosol.
Adulte : 1 goutte, 3 fois par jour, 5 jours
Enfant > 12 ans : 1 goutte 2 fois par jour, 5 jours
Associer systématiquement une HE protectrice hépatique (Citron, Romarin 1,8-
cinéole, Romarin ABV…).

Conseils ORL :
 Angine :
1 goutte de Thym à thymol + 1 goutte d’essence de Citron jaune
Sur un comprimé neutre (lactose), 3 fois par jour, 5 jours.
 Sinusite :
1 goutte de Thym à thymol + 1 goutte d’Eucalyptus radié
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
 Bronchite, toux grasse :
1 goutte de Thym à thymol + 1 goutte de Romarin 1,8-cinéole
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas diffuser, pas d’utilisation sur la peau, pas d’utilisation prolongée
Ne pas utiliser :
- chez l’enfant < 7 ans, uniquement selon avis médical entre 7 et 12 ans
- chez la femme enceinte ou allaitante
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de gastrite ou ulcère gastroduodénal
- en cas d’hépatite ou de cirrhose.
~ 55 ~
II) LE THYM A FEUILLES DE SARRIETTE Thymus satureioides Cass. [20 ; 40 ; 49]
HE riche en bornéol (23-32%), thymol (4-16%), camphène (7-13%), α-
terpinéol (6-11%) et carvacrol (<10%).
De la famille des Lamiaceae, le Thym à feuilles de sarriette pousse au
Maroc au sud de Marrakech. Il est aussi appelé « Thym à bornéol » du
fait de sa forte concentration en bornéol.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des parties aériennes
fleuries.

Propriétés et indications :
Anti-infectieux indiqué pour les angines, les laryngites, les sinusites, les
trachéites, les bronchites, les rhinopharyngites, les diarrhées et les cystites.

Posologie :
Uniquement par voie orale, à proscrire par voie cutanée et en aérosol.
Adulte : 1 goutte, 3 fois par jour, 5 jours
Enfant > 12 ans : 1 goutte 2 fois par jour, 5 jours
Associer systématiquement une HE protectrice hépatique.

Conseils ORL :
 Angine :
1 goutte de Thym à feuilles de sarriette + 1 goutte de Niaouli
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
 Bronchite :
1 goutte de Thym à feuilles de sarriette + 1 goutte d’Eucalyptus radié
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
 Rhinopharyngite :
1 goutte de Thym à feuilles de sarriette + 1 goutte de Ravintsara
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas diffuser
Pas d’utilisation sur la peau
Pas d’utilisation prolongée
Ne pas utiliser :
- chez l’enfant < 7 ans, uniquement selon avis médical entre 7 et 12 ans
- chez la femme enceinte ou allaitante
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de gastrite ou ulcère gastroduodénal
- en cas d’hépatite ou de cirrhose.

~ 56 ~
III) L’ORIGAN COMPACT Origanum compactum Benth. [20 ; 40 ; 49]
HE riche en carvacrol (26-45%), thymol (9-30%), p-cymène (9-26%) et
γ-terpinène (12-20%). Tous les origans contiennent des phénols à
des concentrations diverses (carvacrol+++, thymol).
De la famille des Lamiaceae, l’Origan compact est originaire du
Maroc. L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des parties
aériennes fleuries.

Propriétés et indications :
Anti-infectieux puissant et polyvalent indiqué pour les sinusites, les angines,
les bronchites, les diarrhées et les cystites.
Antimycosique indiqué pour les mycoses internes.

Posologie :
Uniquement par voie orale, à proscrire par voie cutanée et en aérosol.
Adulte : 1 goutte, 3 fois par jour, 5 jours
Enfant > 12 ans : 1 goutte 2 fois par jour, 5 jours
Associer systématiquement une HE protectrice hépatique.

Conseils ORL :
 Angine :
1 goutte d’Origan compact + 1 goutte d’essence de Citron jaune
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
 Sinusite :
1 goutte d’Origan compact + 1 goutte d’Eucalyptus radié
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
 Bronchite :
1 goutte d’Origan compact + 1 goutte de Romarin 1,8-cinéole
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas diffuser
Pas d’utilisation sur la peau
Pas d’utilisation prolongée
Ne pas utiliser :
- chez l’enfant < 7 ans, uniquement selon avis médical entre 7 et 12 ans
- chez la femme enceinte ou allaitante
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de gastrite ou ulcère gastroduodénal
- en cas d’hépatite ou de cirrhose.

~ 57 ~
IV) LA SARRIETTE VIVACE Satureja montana L. [20 ; 40 ; 49]
HE riche en carvacrol (35-65%), p-cymène (10-28%) et γ-terpinène
(4-20%).
De la famille des Lamiaceae, la Sarriette vivace est cultivée en
France, en Espagne et dans les Balkans.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des parties
aériennes fleuries.

Propriétés et indications :
Anti-infectieux puissant indiqué pour les cystites, les colibacilloses, les
diarrhées bactériennes, les angines et les sinusites.

Posologie :
Uniquement par voie orale, à proscrire par voie cutanée et en aérosol.
Adulte : 1 goutte, 3 fois par jour, 5 jours
Enfant > 12 ans : 1 goutte 2 fois par jour, 5 jours
Associer systématiquement une HE protectrice hépatique.

Conseils ORL :
 Angine :
1 goutte de Sarriette + 1 goutte d’essence de Citron jaune
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas diffuser
Pas d’utilisation sur la peau
Pas d’utilisation prolongée
Ne pas utiliser :
- chez l’enfant < 7 ans, uniquement selon avis médical entre 7 et 12 ans
- chez la femme enceinte ou allaitante
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de gastrite ou ulcère gastroduodénal
- en cas d’hépatite ou de cirrhose.

~ 58 ~
V) LA CANNELLE ECORCE Cinnamomum zeylanicum Nees [20 ; 40 ; 49]
HE riche en aldéhyde cinnamique (55-75%).
De la famille des Lauraceae, les origines proposées de la Cannelle
écorce sont généralement le Sri Lanka (Ceylan), Madagascar ou la
Chine.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des morceaux
d’écorce séchés provenant du tronc et des fortes branches.
A noter qu’il existe des HE de Cannelle issues de la feuille dont la qualité et
les propriétés sont différentes.

Propriétés et indications :
Anti-infectieux puissant indiqué pour les infections urinaires, génitales,
intestinales et les infections de la sphère ORL.
Stimulant général indiqué pour la fatigue psychique, physique et l’asthénie
grippale.

Posologie :
Uniquement par voie orale, à proscrire par voie cutanée et en aérosol.
Adulte : 1 goutte, 3 fois par jour, 5 jours
Enfant > 12 ans : 1 goutte 2 fois par jour, 5 jours
Associer systématiquement une HE protectrice hépatique.

Conseils ORL :
 Etat grippal:
1 goutte de Cannelle écorce + 1 goutte d’Eucalyptus radié +1 goutte d’essence
de Citron jaune
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas diffuser
Pas d’utilisation sur la peau
Pas d’utilisation prolongée
Ne pas utiliser :
- chez l’enfant < 7 ans, uniquement selon avis médical entre 7 et 12 ans
- chez la femme enceinte ou allaitante
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de gastrite ou ulcère gastroduodénal
- en cas d’hépatite ou de cirrhose.

~ 59 ~
VI) LES EUCALYPTUS [20 ; 28 ; 31 ; 40 ; 47 ; 49]
HE riches en eucalyptol (ou 1,8-cinéole).
Elles sont expectorantes, fébrifuges et mucolytiques (asséchantes à forte dose).
Elles stimulent l’épithélium bronchique et entraînent une décongestion nasale.

1) L’EUCALYPTUS GLOBULEUX Eucalyptus globulus Labill.


HE riche en 1,8-cinéole (58-75%) et α-pinène (10-21%).
De la famille des Myrtaceae, l’Eucalyptus globuleux est originaire
d’Australie et a été introduit dans de nombreux pays : Espagne,
Portugal, France, Brésil, Chine et en Afrique.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau de ses feuilles.

Propriétés et indications :
Fluidifiant et expectorant indiqué pour les bronchites, rhinites et sinusites.
Facilitant l’oxygénation du sang, elle est conseillée dans les bronchites et
l’insuffisance respiratoire.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 1 goutte, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 2 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE
Utiliser de préférence l’HE d’Eucalyptus radiata dont l’odeur est plus agréable.

Conseils ORL :
 Bronchite :
1 goutte d’Eucalyptus globuleux + 1 goutte de Thym à linalol
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas utiliser chez l’enfant < 3 ans et chez la femme enceinte ou allaitante.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de traitement médicamenteux à marge thérapeutique étroite car
le 1,8-cinéole est un tonique hépato-rénal.

~ 60 ~
2) L’EUCALYPTUS RADIE Eucalyptus radiata Sleber
HE riche en 1,8-cinéole (62-75%) et α-terpinéol (9-15%).
De la famille des Myrtaceae, Eucalyptus radiata est plus spécifique
des affections respiratoires hautes, rhino-pharyngées et sinusiennes.
L’Australie en est le premier producteur.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau de ses feuilles.

Propriétés et indications :
Fluidifiant et expectorant indiqué pour les bronchites, toux grasses, sinusites,
rhinites et otites séreuses.
Tonique hépatique indiqué pour améliorer la tolérance de certaines HE, les
insuffisances fonctionnelles hépatiques et les excès alimentaires.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion :
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Conseils ORL :
 Toux grasse :
2 gouttes d’Eucalyptus radié
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
 Sinusite :
1 goutte d’Eucalyptus radié + 1 goutte de Marjolaine à coquilles
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
 Bronchite :
2 gouttes d’Eucalyptus radié + 2 gouttes d’Arbre à thé + 10 gouttes d’HV
En application sur le thorax, 2 à 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas utiliser chez l’enfant < 3 ans et chez la femme enceinte ou allaitante.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de traitement médicamenteux à marge thérapeutique étroite.

~ 61 ~
VII) LE RAVINTSARA Cinnamomum camphora Sieb. [20 ; 28 ; 30 ; 40 ; 49]
HE riche en 1,8-cinéole (50-65%), sabinène (8-16%) et α-terpinéol (5-
11%).
De la famille des Lauraceae, le Ravintsara ou faux camphrier est un
arbre originaire de Chine et acclimaté à Madagascar ainsi qu’à La
Réunion. L’appellation Ravintsara signifie en malgache « la bonne
feuille ». Son utilisation est aisée, car bien tolérée et d’association facile.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau de ses feuilles.

Propriétés et indications :
Antiviral indiqué pour la grippe, le zona, l’herpès, les angines, la laryngite, les
bronchites et les rhinopharyngites.
Fluidifiant et expectorant indiqué pour les sinusites et les bronchites.
Tonique psychique indiqué pour la fatigue et les états dépressifs.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Conseils ORL :
 Grippe :
1 goutte de Ravintsara + 1 goutte de Thym à linalol
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas utiliser chez l’enfant < 3 ans et chez la femme enceinte ou allaitante.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de traitement médicamenteux à marge thérapeutique étroite.

Attention à ne pas confondre l’HE de Ravintsara Cinnamomum camphora et


l’HE de Ravensara Ravensara aromatica ; leurs compositions et leurs propriétés
sont totalement différentes.

~ 62 ~
VIII) LE NIAOULI Melaleuca quinquenervia Cav. ou M.viridiflora [20 ; 28 ; 40]
HE riche en 1,8-cinéole (42-65%), α-pinène (6-12%), α-terpinéol (4-11%)
et viridiflorol (2-11%). De la famille des Myrtaceae, le Niaouli est un
arbre originaire de Nouvelle-Calédonie qui se développe principalement
en Australie et à Madagascar où il a été introduit.
L’HE de Niaouli était anciennement exportée du port de Gomen
(Nouvelle-Calédonie) d’où le nom commercial de goménol.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau de ses feuilles.

Propriétés et indications :
Antiviral indiqué pour les rhinopharyngites, les sinusites, les trachéites,
l’herpès et le zona.
Fluidifiant et expectorant indiqué pour les sinusites et les bronchites.
Cicatrisant indiqué pour les coups de soleil et les brûlures.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Conseils ORL :
 Rhume, rhinite, rhinopharyngite :
2 gouttes de Niaouli sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours
Et/ou 3 gouttes de Niaouli en friction, réparties sur les parties latérales du cou
et le thorax, 3 fois par jour, 5 jours.
 Grippe, syndromes grippaux
1 goutte de Niaouli + 1 goutte de Thym à linalol
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas utiliser chez l’enfant < 3 ans et chez la femme enceinte ou allaitante.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de traitement médicamenteux à marge thérapeutique étroite.

~ 63 ~
IX) LE SARO Cinnamosma fragrans Baill. [20 ; 28 ; 49]
HE riche en 1,8-cinéole (38-55%), sabinène (5-12%) et linalol (2-12%).
De la famille des Canellaceae, Cinnamosma fragrans encore appelé
Mandravasarotra ou Saro est originaire de Madagascar. Saro signifie
en malgache « qui combat le mal » ou « qui surmonte toutes les
difficultés ».
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau de ses feuilles.
Elle est dotée de propriétés pharmacologiques puissantes et
polyvalentes, proches de celles du Ravintsara.

Propriétés et indications :
Fluidifiant indiqué pour les sinusites, les bronchites et les toux grasses.
Tonique général indiqué pour la fatigue psychique et physique, la perte de
mémoire et la convalescence.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Conseils ORL :
 Rhinopharyngite :
2 gouttes de Saro sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours
Et/ou 3 gouttes de Saro appliquées de chaque côté du cou, 3 fois par jour, 5
jours.
 Début de grippe :
1 goutte de Saro + 1 goutte de Thym à linalol
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas utiliser chez l’enfant < 3 ans et chez la femme enceinte ou allaitante.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de traitement médicamenteux à marge thérapeutique étroite.

~ 64 ~
X) LE LAURIER NOBLE Laurus nobilis L. [20 ; 28 ; 40 ; 41 ; 49]
HE riche en 1,8-cinéole (32-50%), acétate d’α-terpinyle (6-13%),
linalol (3-12%).
De la famille des Lauraceae, le Laurier noble se rencontre en Serbie,
en France, au Maroc, au Portugal ou en Turquie.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des rameaux
feuillus.

Propriétés et indications :
Fluidifiant et expectorant indiqué pour les bronchites et les sinusites.
Tonique digestif indiqué pour l’insuffisance hépatique, les flatulences et les
colopathies fonctionnelles.
Tonique physique et mental indiqué pour la fatigue et les états dépressifs.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Mise en garde :
Ne pas utiliser chez l’enfant < 3 ans et chez la femme enceinte ou allaitante.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de traitement médicamenteux à marge thérapeutique étroite.

~ 65 ~
XI) LE MYRTE Myrtus communis L. [20 ; 40 ; 49]
HE riche en 1,8-cinéole (28-43%), α-pinène (15-25%), acétate de
myrtényle (15-20%) et limonène (8-15%).
De la famille des Myrtaceae, le Myrte pousse à l’état sauvage tout le
long du littoral méditerranéen. Il en existe ainsi deux variétés dont
les propriétés sont similaires : le Myrte rouge, originaire du Maroc et
le Myrte vert, originaire de Corse.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau de ses rameaux.

Propriétés et indications :
Fluidifiant et expectorant indiqué pour les sinusites, les bronchites et les otites
séreuses.
Tonique circulatoire indiqué pour les jambes lourdes et les hémorroïdes.
Tonique musculaire indiqué pour les crampes, les courbatures et la
préparation du muscle à l’effort.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Conseils ORL :
 Rhinite, rhinopharyngite :
2 gouttes de Myrte rouge sur un comprimé neutre, 3 fois par jour.
1 goutte de Myrte rouge + 1 goutte de Marjolaine à coquilles, sur un comprimé
neutre, 3 fois par jour.

Mise en garde :
Ne pas utiliser chez l’enfant < 3 ans et chez la femme enceinte ou allaitante.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas de traitement médicamenteux à marge thérapeutique étroite.

~ 66 ~
XII) LE ROMARIN 1,8-CINEOLE Rosmarinus officinalis L. [20 ; 41 ; 49]
HE riche en 1,8-cinéole (38-55%), α-pinène (10-15%) et camphre (5-15%).
De la famille des Lamiaceae, le Romarin 1,8-cinéole est implanté sur le
pourtour méditerranéen. Toutes les HE de Romarin officinal contiennent
du camphre mais en quantité différente selon leur pays d’origine. L’HE de
Romarin 1,8-cinéole est celle qui en contient le moins.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau de ses rameaux.

Propriétés et indications :
Fluidifiant indiqué pour les sinusites, les otites séreuses et les bronchites.
Tonique circulatoire indiqué pour l’insuffisance veineuse, les varices et les
hémorroïdes.
Tonique hépatique indiqué pour les insuffisances hépatiques fonctionnelles et
pour améliorer la tolérance de certaines HE.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour, 5 jours
Enfant > 12 ans : 1 goutte 3 fois par jour, 5 jours
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 12 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV

Conseils ORL :
 Toux grasse:
2 gouttes de Romarin 1,8-cinéole sur un comprimé neutre, 3 fois par jour.

Mise en garde :
Ne pas diffuser
Pas d’utilisation prolongée
Ne pas utiliser :
- chez l’enfant < 7 ans
- chez la femme enceinte ou allaitante
- en cas d’épilepsie.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant entre 7 et 12 ans
- en cas d’asthme
- en cas de traitement médicamenteux à marge thérapeutique étroite.

~ 67 ~
XIII) LA LAVANDE ASPIC Lavandula latifolia Medik. [20 ; 41 ; 49]
HE riche en linalol (25-50%), 1,8-cinéole (20-35%) et camphre (8-20%).
De la famille des Lamiaceae, la Lavande aspic est commune en Espagne,
en France et au sud de l’Angleterre.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des sommités fleuries.
Il existe de nombreuses espèces de lavandes qu’il ne faut pas confondre,
en effet, celle-ci contient du camphre ! C’est pourquoi on lui préfère
parfois la Lavande officinale (riche en acétate de linalyle et linalol)
notamment chez l’enfant.

Propriétés et indications :
Anti-infectieux indiqué pour les rhinites, les sinusites, les trachéites, les
bronchites et les mycoses cutanées.
Fluidifiant indiqué pour les sinusites, les otites séreuses et les toux grasses.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 1 goutte, 3 fois par jour, 5 jours
Enfant > 12 ans : 1 goutte 2 fois par jour, 5 jours
 Voie cutanée :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 12 ans : 1 goutte 3 fois par jour, en dilution dans une HV

Conseils ORL :
 Sinusite :
1 goutte de Lavande aspic + 1 goutte d’Arbre à thé
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
 Bronchite :
1 goutte de Lavande aspic + 1 goutte de Niaouli
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas diffuser
Pas d’utilisation prolongée
Ne pas utiliser :
- chez l’enfant < 7 ans
- chez la femme enceinte ou allaitante
- en cas d’épilepsie.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant entre 7 et 12 ans
- en cas d’asthme
- en cas de traitement médicamenteux à marge thérapeutique étroite.
~ 68 ~
XIV) LA MENTHE POIVREE Mentha x piperita L. [20 ; 31 ; 40 ; 41 ; 49]
HE riche en menthol (42-52%) et menthone (10-20%).
De la famille des Lamiaceae, la Menthe poivrée est cultivée en
Europe, Amérique du nord, Inde, Népal...
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des parties
aériennes fleuries.

Propriétés et indications :
Tonique et stimulant général, un peu excitant.
Antalgique indiqué pour les maux de tête et les névralgies.
Décongestionnant nasal, hépatique et prostatique.
Antinauséeux indiqué pour le mal des transports.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 1 goutte, 3 fois par jour, 5 jours
Enfant > 12 ans : 1 goutte 2 fois par jour, 5 jours
 Voie cutanée :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 12 ans : 1 goutte 3 fois par jour, en dilution dans une HV

Mise en garde :
Ne pas diffuser
Pas d’utilisation prolongée
Ne pas utiliser :
- chez l’enfant < 7 ans
- chez la femme enceinte ou allaitante
- en cas d’épilepsie.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant entre 7 et 12 ans
- en cas d’asthme.

L’HE de Menthe poivrée ne doit en aucun cas être appliquée sur de grandes
surfaces (risques de réaction glacée), ni directement sur la muqueuse nasale et
la poitrine des jeunes enfants.

~ 69 ~
XV) LE THYM A LINALOL Thymus zygis L. CT linalol [20 ; 40 ; 49]
HE riche en linalol (25-48%) et 4-terpinéol (6-14%).
De la famille des Lamiaceae, le thym à linalol est principalement
présent en Espagne.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des parties
aériennes fleuries.

Propriétés et indications :
Anti-infectieux indiqué pour les sinusites, les angines, les laryngites, les
trachéites, les bronchites et l’acné.
Antimycosique indiqué pour les mycoses cutanées et vaginales, les pellicules et
le pityriasis versicolor.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, pures ou en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE.

Conseils ORL :
 Etats grippaux
1 goutte de Thym à linalol + 1 goutte de Ravintsara
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
Ne pas utiliser chez l’enfant < 3 ans et chez la femme enceinte ou allaitante.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie.
L’activité anti-infectieuse des « Thyms » reste une constante malgré une
composition très variable, en relation avec des chémotypes nombreux
(phénols : thymol, carvacrol ; alcools : linalol, géraniol, thuyanol).
Toutefois leurs utilisations sont différentes en fonction du chémotype.
En effet, on remarque ici que le thym à linalol est une HE très bien tolérée,
quelque soit la voie d’administration contrairement au thym à thymol cité
précédemment. Il faudra donc veiller à éviter leur confusion.

~ 70 ~
XVI) L’ARBRE A THE (TEA TREE) Melaleuca alternifolia Cheel. [20 ;
40 ; 41 ; 49]
HE riche en 4-terpinéol (>30%), γ-terpinène (10-28%), α-terpinène
(5-13%) et 1,8-cinéole (<15%).
De la famille des Myrtaceae, l’Arbre à thé se développe dans les
régions humides d’Australie. L’HE fut largement utilisée par l’armée
anglaise comme antiseptique. Elle est depuis, une des HE les plus
étudiées pour ses propriétés anti-infectieuses.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau de ses feuilles.

Propriétés et indications :
Anti-infectieux polyvalent indiqué pour les rhinites, les sinusites, les angines,
les trachéites, les bronchites, les aphtes, les gingivites, l’acné et les furoncles.
Antimycosique indiqué pour les mycoses cutanées, interdigitales, des plis et
génitales.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Conseils ORL :
 Angine :
2 gouttes d’Arbre à thé sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
A diluer de préférence par voie cutanée et en diffusion
Ne pas utiliser chez la femme enceinte ou allaitante
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas d’insuffisance rénale.

~ 71 ~
XVII) LA MARJOLAINE A COQUILLES Origanum majorana L. [20 ; 47 ; 49]
HE riche en 4-terpinéol (22-32%) et γ-terpinène (12-16%).
De la famille des Lamiaceae, la Marjolaine à coquilles est cultivée en
Egypte et en France.
Ne pas confondre la marjolaine à coquilles (Origanum majorana) avec
l’Origan compact (Origanum compactum) dont les propriétés et la
tolérance sont totalement différentes.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des parties
aériennes fleuries.

Propriétés et indications :
Anti-infectieux indiqué pour les rhinites, les sinusites, les laryngites, les
trachéites et les bronchites.
Antimycosique indiqué pour les mycoses cutanées et unguéales, les mycoses
du cuir chevelu et les pellicules.
Tonique général indiqué pour la fatigue, le surmenage et les états dépressifs.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 2 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion :
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Conseils ORL :
 Prévention des infections hivernales :
1 goutte de Marjolaine + 1 goutte de Niaouli
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, une semaine par mois.
 Sinusites :
1 goutte de Marjolaine + 1 goutte d’Eucalyptus radié
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

Mise en garde :
A diluer par voie cutanée
Ne pas utiliser chez la femme enceinte ou allaitante
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie.
~ 72 ~
XVIII) LE CYPRES Cupressus sempervirens L. [20 ; 28 ; 40 ; 41 ; 47]
HE riche en α-pinène (38-65%) et δ3-carène (15-28%).
De la famille des Cupressaceae, le Cyprès se développe sur le
pourtour méditerranéen, en Inde et en Chine.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des rameaux frais.
Son efficacité sur les toux sèches de toutes origines est remarquable
(toux spasmodiques et coqueluchoïdes).

Propriétés et indications :
Antitussif indiqué pour les toux sèches, les toux d’irritation et la toux bénigne
du fumeur.
Tonique veineux indiqué pour les insuffisances veineuses des membres
inférieurs, les varices et les hémorroïdes.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, en dilution dans une HV
Enfant > 7ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Conseils ORL :
 Toux sèche :
2 gouttes de Cyprès sur un comprimé neutre ou dans une cuillère à café de
sirop, 3 fois par jour.

Mise en garde :
A diluer par voie cutanée
Ne pas utiliser :
- chez la femme enceinte ou allaitante
- en cas de cancer hormono-dépendant, l’HE contient des molécules
(cédrol, carvéol, sclaréol) dont la structure est semblable à celle des
hormones sexuelles.
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas d’insuffisance rénale.

~ 73 ~
XIX) LE PIN SYLVESTRE Pinus sylvestris L. [20 ; 28 ; 40 ; 41 ; 47 ; 49]
HE riche en α-pinène (32-60%), β-pinène (5-22%) et limonène (7-12%).
De la famille des Abietaceae, le Pin sylvestre est très répandu sur le
continent européen.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des rameaux de coupe.
Le Pin sylvestre produit une oléorésine appelée térébenthine. Lorsqu’on
distille cette résine, on obtient l’HE de térébenthine, traditionnellement
utilisée pour ses propriétés expectorantes et anti-infectieuses.

Propriétés et indications :
Décongestionnant indiqué pour les sinusites, les laryngites, les trachéites et les
bronchites.
Tonique veineux indiqué pour les varices, l’insuffisance veineuse et les
hémorroïdes.
Antiseptique atmosphérique indiqué pour assainir l’air.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Conseils ORL :
 Diffusion en période hivernale :
Quelques gouttes de Pin sylvestre en diffusion 10 minutes par heure.
 Bronchites :
1 goutte de Pin sylvestre + 1 goutte de Thym à linalol + 1 goutte de Ravintsara +
10 gouttes d’HV
Appliquer le mélange matin et soir, sur le thorax et le dos, 5 jours.

Mise en garde :
A diluer par voie cutanée
Ne pas utiliser chez la femme enceinte ou allaitante
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas d’insuffisance rénale.
~ 74 ~
XX) LE SAPIN DE SIBERIE Abies sibirica Ledeb. [20; 49]
HE riche en acétate de bornyle (20-34%) et camphène (22-28%).
De la famille des Abietaceae, le Sapin de Sibérie se développe de
l’Oural à l’Asie centrale.
L’HE est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des rameaux frais.
Il existe de très nombreuses HE provenant des aiguilles de conifères :
Pin, Sapin, Epicéa, Mélèze… Elles ont toutes une activité sur l’appareil
pulmonaire et sont d’excellents antiseptiques en diffusion.

Propriétés et indications :
Décongestionnant indiqué pour les sinusites, les laryngites et les bronchites.
Antitussif indiqué pour les toux sèches et d’irritation.
Antiseptique atmosphérique indiqué pour assainir l’air.

Posologie :
 Voie orale :
Adulte : 2 gouttes, 3 fois par jour
Enfant > 7 ans : 1 goutte 3 fois par jour
 Voie cutanée :
Adulte : 2 à 3 gouttes, 3 fois par jour, en dilution dans une HV
Enfant > 7 ans : 2 gouttes 3 fois par jour, en dilution dans une HV
 En diffusion
Quelques gouttes pures ou en association avec d’autres HE

Conseils ORL :
 Toux sèche :
1 goutte de Sapin de Sibérie sur un comprimé neutre, 3 fois par jour.
 Sinusites :
1 goutte de Sapin de Sibérie + 1 goutte d’Eucalyptus radié
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
 Pour assainir l’atmosphère :
2 gouttes de Sapin de Sibérie + 2 gouttes de Pin Sylvestre + 2 gouttes d’essence
de Pamplemousse. En diffusion, 10 minutes par heure.

Mise en garde :
A diluer par voie cutanée
Ne pas utiliser chez la femme enceinte ou allaitante
Uniquement selon avis médical :
- chez l’enfant < 7 ans
- en cas d’asthme ou d’épilepsie
- en cas d’insuffisance rénale.
~ 75 ~
PROPRIETES ET MODES D’ADMINISTRATION DES PRINCIPALES HE UTILISEES EN INFECTIOLOGIE ORL
Figure 12 : [40]
Composants Effet Effet anti- Effet fluidifiant
Huile essentielle Effet antiviral Voie orale Voie cutanée En diffusion
principaux antibactérien inflammatoire et mucolytique
+++
Thym à thymol Thymol ++ +++ + avec protecteur - -
hépatique (PH)
Thym à feuilles de
Bornéol, thymol ++ ++ + +++ avec PH - -
sarriette
Origan compact Carvacrol, thymol ++ +++ + +++ avec PH - -
Sarriette vivace Carvacrol ++ +++ + +++ avec PH - -
Cannelle écorce Aldéhyde cinnamique ++ +++ + +++ avec PH - -
Eucalyptus
1,8-cinéole ++ + +++ (fb dose) +++ +++ +
globuleux
Eucalyptus radié 1,8-cinéole ++ + +++ (fb dose) +++ +++ +++
Ravintsara 1,8-cinéole +++ ++ ++ ++ +++ +++ +++
~ 76 ~

Niaouli 1,8-cinéole +++ + +++ +++ +++ +


Saro 1,8-cinéole ++ ++ + +++ +++ +++ +++
Laurier 1,8-cinéole + + + +++ +++ +++ +
Myrte 1,8-cinéole + ++ +++ +++ +++ ++
Romarin 1,8-
1,8-cinéole, camphre + ++ + +++ +++ +++ -
cinéole
Linalol, 1,8-cinéole,
Lavande aspic ++ ++ ++ ++ ++ +++ -
camphre
Menthe poivrée Menthol, menthone + + ++ +++ ++ -
Thym à linalol Linalol ++ ++ + +++ +++ +++
Arbre à thé 4-terpinéol +++ ++ +++ + +++ ++ A diluer +
Marjolaine à
4-terpinéol ++ ++ ++ + +++ ++ A diluer +++
coquilles
Cyprès α-pinène + + ++ + +++ ++ A diluer +++
Pin sylvestre α-pinène + ++ ++ +++ ++ A diluer +++
Acétate de bornyle,
Sapin de Sibérie + ++ ++ +++ + A diluer +++
camphène
èm e
3 PARTIE
L’ESSENTIEL EN ORL

~ 77 ~
Le pharmacien est souvent sollicité avec justesse dans les infections courantes
de l’arbre respiratoire. Les pouvoirs publics encouragent l’automédication, ce
qui valorise le conseil officinal tout en reportant une responsabilité sur l’équipe
officinale.

De plus en plus, la pharmacie est le premier lieu d’une demande de soins, et il


devient nécessaire de respecter une relative prudence devant les troubles
souvent bénins d’apparence mais qui peuvent nécessiter, pour certains, un
recours médical.

La plupart des infections de la sphère ORL en médecine de ville sont d’origine


virale et ne justifient donc pas d’antibiothérapie. Malgré cela, la France
consomme jusqu’à 5 fois plus d’antibiotiques que certains pays d’Europe de
l’ouest et est un des pays du monde le plus touché par la résistance
bactérienne.

Les simples rhumes doivent être respectés, surtout chez l’enfant, car la
chronologie naturelle d’une maladie infectieuse permet une maturation
correcte des réactions de défense et l’acquisition de l’immunité.

La pathologie infectieuse est l’une des indications majeures de


l’aromathérapie. Le pharmacien doit donc être formé à son usage.

Dans les infections respiratoires banales, l’aromathérapie est souveraine. Bien


maîtrisée, elle permet une autre solution thérapeutique spécialisée, qui répond
aux attentes du public tout en étant correctement supportée.

Pour autant, elle ne doit pas être banalisée, et encore moins improvisée, car les
HE utilisées en infectiologie sont parmi les plus puissantes et certaines d’entre
elles sont les plus potentiellement toxiques de la Pharmacopée. [2 ; 18 ; 40]

Seront donc traitées dans cette dernière partie les infections ORL les plus
couramment rencontrées à l’officine, par ordre de fréquence, à savoir :
 Rhume, rhinite et rhinopharyngite
 L’angine
 La bronchite aiguë
 La grippe
 La sinusite aiguë
 L’otite moyenne aiguë
 La laryngite.

~ 78 ~
RHUME, RHINITE ET RHINOPHARYNGITE

Le rhume est une rhinite infectieuse. On désigne par le terme général de rhinite
les inflammations aiguës ou chroniques de la muqueuse des fosses nasales.
Chez les très jeunes enfants, les manifestations de la maladie étant différentes,
on parle alors de rhinopharyngite. [51]

I) EPIDEMIOLOGIE [40 ; 48 ; 51]

La rhinopharyngite est la maladie infectieuse la plus fréquente chez l’enfant


entre 6 mois et 7 ans.
Elle est considérée comme une maladie d’ « adaptation normale » à
l’environnement de l’enfant qui constitue graduellement son stock d’anticorps.
En effet, ce dernier ne dispose à la naissance que des anticorps transmis par sa
mère comme moyens de défense immunitaire, or ceux-ci disparaissent
progressivement entre 4 et 8 mois pour laisser place aux anticorps développés
peu à peu par lui-même, au hasard de ses rencontres avec les virus et
bactéries. La rhinopharyngite ne doit donc pas être surmédicalisée.
Chez l’adulte, on parle de manière désuète de « coryza » ou de « rhume de
cerveau ».

II) ETIOLOGIE [36 ; 48 ; 51]

Le rhume et la rhinopharyngite sont des infections très souvent virales ; plus de


200 virus (issus de quatre familles dont la principale est celle du Rhinovirus)
peuvent en être responsables.
La lésion et la destruction des cellules infectées provoquent la libération de
médiateurs chimiques qui sont directement responsables des symptômes du
rhume. Ces médiateurs (prostaglandines, bradykinine, histamine,
leucotriènes...) vont entraîner l'augmentation de la sécrétion muqueuse (le nez
coule), la dilatation des vaisseaux sanguins (le nez est bouché), un œdème
muqueux et une perte du confort nasal. Ces effets des médiateurs chimiques
sont la cause des symptômes du rhume.

Les virus responsables du rhume banal se transmettent entre les individus de


deux façons :
- Par aérosol, généré lors de la toux ou de l’éternuement
- Par contact direct ou indirect avec la salive ou les sécrétions nasales
contaminées.

~ 79 ~
Le virus inhalé contamine les cellules du nasopharynx (l’espace situé entre le
nez et la gorge) et se multiplie rapidement. Les points d’entrée principaux sont
le nez, mais aussi les yeux (dans ce cas, la contamination du nasopharynx
s’effectue par drainage du liquide via le canal lacrymonasal).

III) CLINIQUE [23 ; 48 ; 51]

L’incubation d’un rhume ou d’une rhinopharyngite est d’environ 2 jours. Les


principaux signes sont représentés par un mal de gorge, un enrouement, une
obstruction nasale (consécutive au gonflement de la muqueuse nasale), une
toux (liée à l’écoulement dans l’arrière gorge), des éternuements, des maux de
tête et un écoulement du nez. Certaines personnes développent une fièvre
peu élevée. En moyenne, la guérison survient spontanément en 7 à 10 jours.
Dans la rhinopharyngite infantile, une fièvre modérée (38-38,5 °C) est quasi
constante, mais au-dessus de 39 °C il faut se poser la question de savoir si celle-
ci n’a pas une autre cause : une rougeole ou une surinfection par exemple.

IV) EVOLUTION [23 ; 48 ; 51]

Ces infections de la sphère ORL d'origine virale évoluent en trois phases :

 Phase d'installation : picotement, prurit nasal, éternuement.

 Phase de production : obstruction nasale uni- ou bilatérale, rhinorrhée


claire, éternuements en salve.

 Phase de maturation : épaississement des sécrétions devenant


muqueuses puis mucopurulentes de couleur jaune vert. Cette étape est
normale et n'indique pas le recours à un antibiotique.

Quel que soit l’âge, il est recommandé de consulter un médecin si les signes
n’ont pas quasiment disparu après une dizaine de jours ; il en est de même si
surviennent une douleur d’oreille ou un écoulement d’une oreille, de violents
maux de tête, ou encore des douleurs au niveau des yeux ou des joues.

Chez le jeune enfant, le recours au médecin est conseillé si une fièvre


d’environ 38,5 °C persiste plus de 2 jours ou, si absente au début, elle survient
dans les 3 jours.

~ 80 ~
V) COMPLICATIONS [48 ; 51]

Bien que bénignes, ces infections présentent toutefois un danger chez les
sujets à risque (asthmatique, insuffisant respiratoire) ou fragilisés (enfant,
personne âgée, fumeur). La complication principale est la surinfection (ou co-
infection) bactérienne (principalement par les pneumocoques) et la
décompensation en bronchite chronique ou encore en emphysème.
Les complications sont surtout bactériennes chez l’enfant et varient en fonction
de l’âge : otite, sinusite, conjonctivite…

VI) TRAITEMENT [23 ; 40 ; 48 ; 51]

Le rhume est une maladie bénigne chez l’adulte, qui guérit généralement
spontanément. Il n’existe aucun traitement médicamenteux antiviral reconnu
qui agisse sur l’agent responsable du rhume banal. Les antibiotiques ne sont
par ailleurs pas indiqués, n’ayant aucun effet sur les virus.

Le traitement médical permet en revanche de soulager les symptômes,


notamment la congestion nasale, les maux de têtes et la fièvre.

Attention : certains médicaments (antihistaminiques, vasoconstricteurs)


utilisés dans le rhume sont déconseillés si le patient est atteint également de
certaines maladies chroniques : hypertension artérielle, glaucome à angle
fermé, hypertrophie de la prostate...

Soigner un rhume est facile, c’est moins souvent le cas d’une rhinopharyngite.
Il est conseillé de :
- Nettoyer souvent et soigneusement le nez (en utilisant un mouche bébé
pour les plus jeunes)
- Laver celui-ci avec du sérum physiologique ou une préparation à base
d’eau de mer qui présente l’avantage de renfermer de nombreux oligo-
éléments et sels minéraux qui favorisent la trophicité de la muqueuse
nasale et agissent sur les mécanismes physiologiques de l’élimination
mucociliaire. Ces solutions sont parfois enrichies en cuivre, manganèse
ou soufre qui leur confèrent des propriétés anti-infectieuses, anti-
inflammatoires et stimulantes de l’immunité
- Maintenir la température de la chambre aux alentours de 21 °C, avec un
taux d’humidité suffisant (dans le but de ramollir les sécrétions des voies
respiratoires)
- Utiliser un antipyrétique en cas de fièvre à base de paracétamol ou
d’ibuprofène.

~ 81 ~
Les antibiotiques par voie générale sont inutiles dans les rhinopharyngites
simples et ne doivent être utilisés qu’en cas de complications, comme les otites
et les sinusites «purulentes» (infection bactérienne).
Dans la forme chronique, l’ablation chirurgicale des végétations peut être
indiquée. Seules le justifient les pathologies répétées, avec surinfections
fréquentes, ou se compliquant d’otites aiguës purulentes, surtout si elles
échappent à une thérapeutique de fond phyto-aromathérapique.

Chez le nourrisson et le petit enfant, la technique du drainage nasal peut être


rappelée :
- Utiliser un flacon adéquat de sérum physiologique muni d’un embout
arrondi
- Moucher l’enfant (au besoin avec un mouche-bébé)
- L’enfant étant allongé, tête tournée sur un côté (jamais en arrière afin
d’éviter que la solution ne descende dans la gorge), introduire
délicatement l’embout nasal dans la narine supérieure puis injecter par
petites pulsions (environ 5 mL par narine). Le liquide ressort
naturellement par la narine inférieure. Même procédure pour l’autre
narine. Nettoyer ensuite l’embout du spray à l’eau chaude ou à l’alcool.

VII) PREVENTION [23 ; 48 ; 51]

On peut être contagieux pendant la période d’incubation. Mais le risque de


contagion est à son maximum lors de l’apparition des premiers signes. Afin de
diminuer le risque de contagion, il est notamment conseillé de :

- Se laver souvent les mains, à l’eau et au savon ; il est pratique d’utiliser


une solution hydroalcoolique
- Se couvrir la bouche lorsqu'on tousse ou éternue, de préférence avec un
mouchoir en papier que l’on jettera dans une poubelle
- S’essuyer le nez avec un mouchoir jetable
- Ne jamais renifler car cela entretient le rhume
- Eviter de se frotter les yeux avant de s’être lavé les mains, car les virus
peuvent aussi pénétrer dans l’organisme par cette voie
- Ne jamais embrasser un enfant quand on est enrhumé
- Bannir tout tabagisme, actif ou passif.

~ 82 ~
VIII) PLACE DE L’AROMATHERAPIE [20 ; 23 ; 24 ; 25 ; 29 ; 40 ; 46]

Les rhumes, rhinites et rhinopharyngites courantes, avec fièvre modérée, sans


signes de gravité peuvent être pris en charge à l’officine.
Le traitement aromathérapique repose sur l’emploi d’HE douées de propriétés
antibactériennes, antivirales et anti-inflammatoires vis-à-vis de la muqueuse
nasale.
HE majeures dans cette indication : Arbre à thé, Citron, Eucalyptus, Lavande,
Menthe poivrée, Niaouli, Origan, Pin sylvestre et Ravintsara.

 Exemple 1 :
HE Niaouli Melaleuca quinquenervia 20 mg (1 goutte)
HE Pin Pinus sylvestris 20 mg (1 goutte)
HE Lavande officinale Lavandula angustifolia 20 mg (1 goutte)
Excipient (glycérides semi-synthétiques), qsp 1 suppositoire enfant n°12
Posologie : un suppositoire 3 fois par jour pendant 2 jours, puis 2 fois par jour
pendant 2 jours, puis au coucher pour terminer.
Posologie des HE par voie rectale en pédiatrie : 10 mg/kg/jour.
Dans cet exemple, 3 suppositoires par jour apportent 180 mg d’HE. La
prescription concernera donc un enfant de 18 kg. Au dessous, donner 2
suppositoires par jour.

Les suppositoires aux HE sont d’une efficacité remarquable. La voie rectale est
en effet particulièrement bien adaptée aux traitements aromathérapiques de
l’enfant. L’HE est très vite absorbée par les veines hémorroïdaires inférieures,
parvient rapidement au poumon et aux voies aériennes supérieures (en peu de
temps, l’haleine de l’enfant devient d’odeur aromatique, témoin d’une
excellente biodisponibilité).

 Exemple 2 :
Les mêmes HE peuvent être employées chez l’adulte:
HE Niaouli Melaleuca quinquenervia 2g
HE Pin Pinus sylvestris 1,5 g
HE Lavande officinale Lavandula angustifolia 1g
Alcool à 90°, qsp 30 mL
Posologie : dix gouttes toutes les deux heures dans un demi-verre d’eau
chaude. Espacer après amélioration.
Il est toujours préférable de prendre les HE en dilution dans un excipient, le
plus simple et disponible étant l’alcool. Un dispersant sans alcool est également
utilisable.

~ 83 ~
 Exemple 3 :
Adulte : 2 gouttes de Niaouli sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours
et/ou 2 à 3 gouttes de Niaouli en friction, réparties sur les parties latérales du
cou et le thorax, 3 fois par jour, 5 jours.
Enfant > 7 ans : 1 goutte de Niaouli sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5
jours et/ou 2 gouttes de Niaouli (diluées dans une HV) en friction, 3 fois par
jour, 5 jours.

 Exemple 4 :
Diffuser des HE antiseptiques et stimulantes des défenses immunitaires
(Ravintsara et Eucalyptus radié) via les diffuseurs ou les sprays à pulvériser
dans la pièce.
Attention! L’utilisation d'HE en diffusion est à éviter chez l'enfant âgé de moins
de trois ans.

 Exemple 5 :
Pour éviter la surinfection bronchique, une onction aromatique à utiliser en
application locale :
HE Eucalyptus radié Eucalyptus radiata 2g
HE Lavande aspic Lavandula latifolia 1g
HE Pin Pinus sylvestris 1g
HE Laurier noble Laurus nobilis 1g
Excipient, qsp 100 g de crème hydrolipidique
Posologie : une noisette de crème à utiliser en massage sur la poitrine et le dos,
2 fois par jour. Ces HE sont bien tolérées, même chez l’enfant (au-delà de 7
ans). Chez les petits, un massage de la plante des pieds est préférable.

 Exemple 6 : Spécialités contenant des HE utilisées dans ces indications :

Pérubore® inhalation : HE de Thym rouge, HE de Romarin, HE de


Lavande, thymol, baume du Pérou.
Posologie : 2 comprimés 3 fois par jour, dans un inhalateur ou un bol d’eau
chaude.
Réservé à l’adulte et à l’enfant de plus de 12 ans.

Locabiotal® : HE de menthe poivrée (0,125 mg par pulvérisation).


Posologie : 4 pulvérisations par voie nasale (2 dans chaque narine) et/ou 4 par
voie buccale, 4 fois par jour.
Réservé à l’adulte et à l’enfant de plus de 30 mois.

~ 84 ~
L’ANGINE

L’angine est une inflammation aiguë de l’oropharynx atteignant


principalement les amygdales, on utilise parfois le terme d’amygdalite ou
pharyngoamygdalite.
Ce terme trouve son origine dans la sensation de striction au niveau de la gorge
que ressent le malade (du latin « angere » = « serrer »).
Le plus souvent d’origine virale, une angine peut aussi être symptomatique
d’une affection générale. [43 ; 44]

I) EPIDEMIOLOGIE [3 ; 4]

L’angine est une pathologie fréquente qui entraîne annuellement en France


environ 9 millions de diagnostics et jusque récemment, 8 millions de
prescriptions d’antibiotiques.
Le streptocoque β-hémolytique du groupe A (SGA) est le premier agent
bactérien en cause dans l’angine, mais l’angine streptococcique ne représente
que 25 à 40 % des angines de l’enfant et 10 à 25 % des angines de l’adulte. Son
pic d’incidence se situe entre 5 et 15 ans.

II) ETIOLOGIE [4 ; 44]

Selon l'âge, 60 à 90 % des angines sont d'origine virale : Adénovirus, virus


influenza, virus respiratoire syncytial, virus para-influenza. Environ 4 % des
angines aiguës sont dues au virus de l'herpès (gingivostomatite herpétiforme).
Le virus d'Epstein-Barr (mononucléose infectieuse) est à l'origine de moins de
1 % des angines.
Le streptocoque β-hémolytique du groupe A (SGA) Streptococcus pyogenes, est
le germe le plus fréquemment impliqué dans les angines bactériennes (20 %
des angines, tous âges confondus).
D’autres bactéries, en particulier d’autres streptocoques β-hémolytiques
(notamment C et G) peuvent être en cause mais de façon plus rare.

III) CLINIQUE [3 ; 4 ; 43 ; 44]

Une angine associe une douleur pharyngée constrictive, spontanée ou


provoquée par la déglutition (odynophagie), une fièvre plus ou moins élevée et
une modification de l'aspect de l'oropharynx.
Des adénopathies satellites sensibles sont souvent présentes.

~ 85 ~
D’autres symptômes sont parfois associés : douleurs abdominales, éruption,
signes respiratoires (rhinorrhée, toux, enrouement, gêne respiratoire). Ces
symptômes sont variables en fonction de l’agent étiologique et de l’âge du
patient.

On distingue différentes classes d'angines, définies selon l'aspect de


l'oropharynx :

 Angine érythémateuse et érythémato-pultacée :


Il s’agit de la forme anatomoclinique la plus fréquente (80 à 90 %) des angines.
Les amygdales et le pharynx sont congestifs (« angine rouge »), un enduit
purulent parfois très abondant peut recouvrir la surface de l'amygdale
(« angine blanche »).

 Angine vésiculeuse :
Une ulcération du revêtement épithélial succède à une éruption vésiculeuse
fugace au niveau des amygdales et des piliers. Elle est rare et surtout
herpétique.

 Angine pseudo-membraneuse ou à fausse membrane :


Elle est caractérisée par la présence d’un enduit grisâtre et épais adhérant à la
muqueuse de l’amygdale et capable de s’en détacher. Elle est associée à deux
pathologies différentes : la mononucléose infectieuse (cas le plus fréquent) et
la diphtérie.

 Angine ulcéreuse et ulcéronécrotique :


L'ulcération généralement unilatérale, plus profonde, est recouverte d'un
enduit nécrotique (angine de Vincent, angine syphilitique…).

Depuis quelques années, l’introduction des TDR (tests de diagnostic rapide)


dans les cabinets a transformé les modalités de prise en charge thérapeutique
des angines.
Sur un simple prélèvement buccal, par méthode immunochromatographique, il
peut être mis en évidence des antigènes de streptocoque A sur bandelette
réactive.

Sensibilité : 90 % ; spécificité : 95 %.

~ 86 ~
L’indication du TDR est nuancée :
- Enfant < 3 ans : TDR inutile, les angines observées à cet âge étant
généralement d’origine virale. De plus il n’y a pas de rhumatisme
articulaire aigu décrit avant l’âge de 3 ans.
- Enfant > 3 ans : TDR systématique
- Chez l’adulte : TDR si score de Mac Isaac ≥ 2.

Le score de Mac Isaac estime la probabilité d'infection pharyngée à SGA chez


un patient dès l'âge de 3 ans.
Les quatre critères composant ce score sont :
- Température > 38 °C : 1 point
- Absence de toux : 1 point
- Adénopathies cervicales douloureuses : 1 point
- Atteinte amygdalienne: 1 point
- Age : de 15 à 44 ans : 0 point ; à partir de 45 ans : - 1 point.

Les adultes ayant un score < 2 ont au maximum une probabilité d'infection à
SGA de 5 %, d'où la décision de ne pas faire de TDR et de ne pas prescrire
d'antibiotique.

Angine à SGA Angine virale


Epidémiologie - Epidémie: hiver et début - Apparaît à toutes saisons
printemps
- Age : pic d’incidence entre 5
et 15 ans
Signes - Début brusque - Début progressif
fonctionnels - Odynophagie intense - Odynophagie modérée ou
ou généraux - Absence de toux absente
- Fièvre élevée - Présence de toux, coryza,
enrouement, diarrhée
Signes - Erythème pharyngé intense - Vésicules (herpangine,
physiques - Purpura du voile gingivostomatite
- Exsudat herpétiforme)
- Adénopathies satellites - Eruption évocatrice d’une
sensibles maladie virale
- Eruption scarlatiniforme - Conjonctivite

Figure 13 : Principales caractéristiques cliniques et épidémiologiques des


angines à SGA et des angines virales [4]

~ 87 ~
IV) EVOLUTION [3]

La plupart des angines y compris les angines à SGA évoluent le plus souvent
favorablement en 3-4 jours même en l’absence de traitement antibiotique.
Les angines sont dites récidivantes à partir de 3 angines dans le même hiver ou
plus de 5 sur deux hivers consécutifs.

V) COMPLICATIONS [44]

Le streptocoque β-hémolytique peut entraîner plusieurs complications d’ordre


général ou local :

 Le rhumatisme articulaire aigu :


Il concerne 1 à 3 % des angines à SGA. Il survient entre la première et la
cinquième semaine après une angine à SGA. Durant 3 à 4 semaines, il touche
les grosses articulations (polyarthrite) et le myocarde (péricardite, myocardite
ou endocardite) dont la valvulopathie en fait toute la gravité.

 La glomérulonéphrite aiguë :
Elle survient 10 jours en moyenne après l’infection à SGA, elle est due au dépôt
de complexes immuns au niveau des glomérules. Sa principale complication est
l’insuffisance rénale (rare).

 Le phlegmon péri-amygdalien :
Il se manifeste par une suppuration du tissu péri-amygdalien et une
exagération lancinante et unilatérale de la douleur irradiant jusqu’à l’oreille
avec une température à 39 °C.

 La scarlatine est une autre complication très rare.

VI) TRAITEMENT [2 ; 3 ; 44]

L’AFSSAPS recommande de ne traiter par antibiotique que les angines


documentées à SGA, en raison du risque de complications (notamment,
rhumatisme articulaire aigu). Ceci implique de pratiquer un TDR devant toute
angine érythémateuse ou érythémato-pultacée chez les enfants de plus de 3
ans et les adultes ayant un score de Mac Isaac ≥ 2.
En cas de TDR positif, un traitement par amoxicilline pendant 6 jours sera
utilisé en première intention.

~ 88 ~
Des traitements symptomatiques visant à améliorer le confort, notamment
antalgiques et antipyrétiques sont également recommandés.
Ni les anti-inflammatoires non stéroïdiens à dose anti-inflammatoire, ni les
corticoïdes par voie générale, en l’absence de données, ne permettent d’établir
leur intérêt dans le traitement des angines alors que leurs risques sont
notables.

Les antiseptiques et les antibiotiques locaux ne semblent pas présenter


d’intérêt pour éradiquer le SGA, ni prévenir une surinfection bactérienne d’une
angine virale.

VII) PREVENTION [44]

 Limiter la contagion
L’angine se transmet essentiellement par les contacts oraux et les projections
de salive.

 Eviter les irritants locaux


Le tabac, les atmosphères enfumées, les vapeurs chimiques irritent la gorge et
le nez.

 Régler la climatisation
Adapter la température de réfrigération en fonction de celle extérieure
(maximum 4 à 5 degrés d’écart). Dans un véhicule, régler le flux d’air sur les
pieds plutôt que le visage.

VIII) PLACE DE L’AROMATHERAPIE [20 ; 22 ; 40 ; 46]

L’angine nécessite un diagnostic, donc le recours systématique au médecin,


afin de ne pas négliger les risques d’une angine streptococcique ni les
nombreux diagnostics différentiels (angine de Vincent, mononucléose
infectieuse, angine herpétique, diphtérie…).

Qu’elle soit d’origine virale ou bactérienne, l’angine guérit naturellement en


quelques jours. Néanmoins, l’aromathérapie peut aider considérablement à
une guérison rapide, améliorant l’inflammation et la douleur, combattant
l’infection.

HE majeures dans cette indication : Arbre à thé, Cannelle, Citron, Girofle,


Lavande, Menthe poivrée et Thym.

~ 89 ~
 Exemple 1 :
Si l’angine n’est pas streptococcique, la formule des Gouttes aux essences®
permettra une amélioration de la dysphagie.
Elle associe l’HE de Menthe poivrée antalgique, trois HE fortement
antiseptiques : Cannelle, Thym, Girofle et l’HE de Lavande qui est anti-
inflammatoire.
Contre-indication chez l’enfant de moins de 30 mois du fait de la présence d’HE
de Menthe.
Les gouttes sont à diluer dans un grand verre d’eau ou de boisson chaude.
Posologie :
- Enfant de 12 à 20 kg (environ 30 mois à 6 ans) : 5 gouttes, 3 à 4 fois par
jour
- Enfant de 20 à 50 kg (environ 6 à 15 ans) : 10 gouttes, 3 à 4 fois par jour.
- Adulte : 25 gouttes, 3 à 4 fois par jour
Espacer après amélioration.

 Exemple 2 :
Un sirop antalgique et anti-inflammatoire pour enfant:
HE Lavande officinale Lavandula angustifolia 200 mg (10 gouttes)
HE Eucalyptus radié Eucalyptus radiata 100 mg (5 gouttes)
Rubus fruticosus Bg MG 1DH 10 mL
Sirop simple officinal, qsp 250 mL
Une cuillère à café 4 fois par jour, espacer puis arrêter après amélioration.

 Exemple 3 :
Adulte : 1 goutte de Thym à thymol + 1 goutte d’essence de Citron jaune, sur
un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
Enfant > 12 ans : 1 goutte de Thym à thymol + 1 goutte d’essence de Citron
jaune, sur un comprimé neutre, 2 fois par jour, 5 jours.

 Exemple 4 :
Adulte : 2 gouttes d’Arbre à thé sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5
jours.
Enfant > 7 ans : 1 goutte d’Arbre à thé sur un comprimé neutre, 3 fois par jour,
5 jours.

~ 90 ~
LA BRONCHITE AIGUE

La bronchite aiguë est définie par une inflammation aiguë des bronches et des
bronchioles chez un sujet sain.

I) EPIDEMIOLOGIE [1 ; 5 ; 18]

Les bronchites aiguës sont fréquentes et leur incidence augmente avec l’âge.
Dans les pays industrialisés, l’incidence annuelle est évaluée entre 2 et 18 %.
En France, le chiffre de 10 millions de bronchites aiguës par année est souvent
avancé. Elles représentent l’un des motifs les plus fréquents de consultation et
de prescription d’antibiotiques (70 à 90 % des cas).

II) ETIOLOGIE [1 ; 5 ; 18]

La majorité des bronchites aiguës sont d’origine virale (50 à 90 %). Les virus en
cause sont les suivants : Influenza virus, virus respiratoire syncytial, adénovirus
et rhinovirus. Les coronavirus, le virus de la rougeole ou de l’herpès sont moins
souvent mis en cause.

Les seules bactéries reconnues pour contribuer de façon significative à


l’apparition de bronchite aiguë sont : Mycoplasma pneumoniae, Chlamydia
pneumoniae et Bordetella pertussis.

Remarque: seul le sujet sain sera traité ici. N’entrent pas en compte les
patients avec une pathologie respiratoire chronique ou ayant une comorbidité
associée ou le sujet âgé dont l’état physiologique est altéré.

III) CLINIQUE [5 ; 40]

La bronchite aiguë se déclare généralement à la suite d’une rhinopharyngite ou


d’une grippe.

Une première étape consiste à identifier l’infection respiratoire basse (figure


14 colonne 1 p. 92).
Pour le praticien, il convient ensuite de distinguer particulièrement les
infections respiratoires basses avec atteinte parenchymateuse : les
pneumonies, des infections respiratoires basses sans atteinte
parenchymateuse : les bronchites aiguës (figure 14 colonne 2 et 3 p.92).

~ 91 ~
Il importe donc de ne pas ignorer un autre diagnostic (pneumonie,
exacerbation de bronchite chronique) ou la présence de comorbidités, au cours
desquelles l’attitude thérapeutique peut être différente.
Figure 14 : Signes et symptômes suggestifs des infections des voies
respiratoires basses [5]
Signes évocateurs d’infection Signes évocateurs de Signes évocateurs de
des pneumonie bronchite aiguë
voies respiratoires basses
Association ou succession de : - Fièvre > 38,5 °C - Fièvre inconstante,
- toux souvent grasse - Tachycardie > 100 /min généralement peu
- au moins un signe fonctionnel - Polypnée > 25 /min élevée
ou physique d’atteinte - Douleur thoracique - Brûlure rétrosternale
respiratoire basse : dyspnée, - Absence d’infection des voies - Toux parfois
douleur thoracique, sifflement, respiratoires hautes précédée d’infection
signes auscultatoires récents - Impression globale de gravité des voies respiratoires
diffus ou en foyer - Signes auscultatoires en foyer hautes
- au moins un signe général (râles crépitants). - Auscultation normale
suggestif d’infection : fièvre, Mais symptomatologie ou râles bronchiques
sueurs, céphalées, arthralgies, trompeuse chez le sujet âgé, diffus
mal de gorge, « rhume ». en cas de comorbidité et/ou
de vie en institution.

Le diagnostic doit être


confirmé par la radiographie
pulmonaire : opacité
parenchymateuse.

IV) EVOLUTION [1 ; 5 ; 40]

Une guérison spontanée est observée dans la majorité des cas en une dizaine
de jours.
Une fièvre ≥ 38,5 °C persistante au-delà de 3 jours est un argument en faveur
d’une surinfection bactérienne et nécessite une réévaluation clinique.
Devant une toux persistant pendant plusieurs semaines (notamment plus de 3
semaines), il est important de rappeler que le diagnostic de coqueluche doit
être systématiquement évoqué.
Lorsque la toux est grasse et que les expectorations persistent plus de trois
mois et au moins deux années consécutives, on parle de bronchite chronique.
La BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) en est l’évolution
ultime, le plus souvent liée au tabac. C’est une diminution irréversible du débit
de l’expiration.
~ 92 ~
V) TRAITEMENT [1]

L’intérêt de l’antibiothérapie dans la bronchite aiguë n’est pas démontré. Elle


n’accélère pas la guérison et ne prévient pas les complications, ni chez les
fumeurs, ni en cas d’expectoration prolongée au-delà de 7 jours.
L’abstention de toute antibiothérapie au cours des bronchites aiguës de
l’adulte sain est donc la règle.
D’autre part, aucune donnée de la littérature ne vient indiquer, ni justifier
l’utilisation des AINS à dose anti-inflammatoire et des corticoïdes par voie
générale au cours des bronchites aiguës.

VI) PLACE DE L’AROMATHERAPIE [18 ; 20 ; 40 ; 46]

HE majeures dans cette indication : Cyprès, Eucalyptus, Laurier, Myrte, Pin


sylvestre, Ravintsara, Sarriette et Thym.

 Exemple 1 :
Les gouttes aux essences® sont traditionnellement utilisées au cours des
affections bronchiques aiguës bénignes.
Les résultats d’une étude en Annexe V mettent en évidence une amélioration
significative de la toux, de l’enrouement, des douleurs thoraciques et de la
fatigue dès le 3ème jour d’utilisation. Par ailleurs, le sommeil et l’expectoration
s’améliore au bout de 5 jours.
Les Gouttes aux essences® accélèrent donc la guérison qui, sans traitement, est
observée en une dizaine de jours.

Les gouttes sont à diluer dans un grand verre d’eau ou de boisson chaude.
Posologie :
- Enfant de 12 à 20 kg (environ 30 mois à 6 ans) : 5 gouttes, 3 à 4 fois par
jour
- Enfant de 20 à 50 kg (environ 6 à 15 ans) : 10 gouttes, 3 à 4 fois par jour.
- Adulte : 25 gouttes, 3 à 4 fois par jour
Espacer après amélioration.

 Exemple 2 :
1 goutte de Pin sylvestre + 1 goutte de Thym à linalol + 1 goutte de Ravintsara +
10 gouttes d’HV de Macadamia.
Appliquer le mélange matin et soir, sur le thorax et le dos pendant 5 jours.
Ne pas utiliser chez les enfants de moins de 7 ans.

~ 93 ~
 Exemple 3 :
1 goutte de Romarin 1,8-cinéole + 1 goutte de Thym à feuilles de sarriette sur
un comprimé neutre pendant 7 jours, et friction des parties latérales du cou,
des épaules et du torse avec Ravintsara, 2 fois par jour, pas plus de 5 jours.
Ne pas utiliser chez les enfants de moins de 12 ans.

 Exemple 4 :
Aromadoses bronches®, composition pour 3 capsules :
Lavandula officinalis (sommités fleuries) 30 mg
Eucalyptus globulus (feuilles) 24 mg
Origanum majorana (sommités fleuries) 24 mg
Rosmarinus officinalis (sommités fleuries) 24 mg
Thymus serpyllum (sommités fleuries) 18 mg
Prendre 1 capsule matin, midi et soir avant le repas avec un grand verre d’eau,
pendant 7 à 10 jours.
Ne pas utiliser chez les enfants de moins de 12 ans.

~ 94 ~
LA GRIPPE

La grippe est une infection respiratoire aiguë virale, épidémique et fortement


contagieuse, due à Myxovirus influenzae.

I) EPIDEMIOLOGIE [42]

Le virus de la grippe circule en France au cours de la période hivernale, c’est-à-


dire environ de novembre à mars.
La grippe atteint 2 à 7 millions de Français chaque année. Cependant le
nombre de personnes infectées varie considérablement d’une année à l’autre.

II) ETIOLOGIE [42]

La grippe est provoquée par l’influenzavirus appartenant à la famille des


Myxovirus. Le virus de la grippe est doué d’une grande aptitude au changement
antigénique. Ce qui explique qu’on puisse contracter la grippe plusieurs fois
dans sa vie et qu’il faille modifier la composition du vaccin antigrippal chaque
année.
En pratique, dans la quasi-totalité des cas, la grippe humaine se transmet d’un
individu à un autre, l’air humide expiré par l’un transmettant à l’autre des virus
grippaux en suspension.
L’inhalation de fines gouttelettes projetées dans l’air intervient en présence
d’un sujet infecté lorsqu’il parle, tousse ou éternue.

III) CLINIQUE [42]

Le diagnostic est épidémiologique, il est posé face à des signes évocateurs en


période de circulation du virus.

Les premiers symptômes apparaissent après une période d’incubation de 24 à


48 heures :
 Asthénie d’installation brutale
 Fièvre souvent élevée avec frissons
 Toux et maux de tête
 Douleurs musculaires.

~ 95 ~
IV) FACTEURS DE RISQUE [42]

La grippe est plus dangereuse chez les personnes fragilisées du fait de leur âge :
nouveau-nés ou personnes âgées de plus de 75 ans.
Elle est également préoccupante chez ceux qui souffrent d’une maladie
chronique : immunodépression, insuffisance cardiaque ou respiratoire,
bronchite chronique, asthme, diabète, malformation cardiaque, mucoviscidose,
myopathie et maladies dégénératives neuromusculaires.

V) EVOLUTION [42]

La plupart du temps, la grippe guérit en une à deux semaines, en l’absence de


traitement antiviral. Cependant, l’ « explosion virale » et la tornade
immunitaire qui en résulte provoquent une fatigue intense et durable.

VI) COMPLICATIONS [42]

Au début d’une grippe, chez un très jeune enfant ou chez une personne
fragilisée par une maladie préexistante, les antibiotiques ne sont pas une
priorité : mieux vaut se préoccuper des problèmes plus généraux (éviter la
déshydratation, freiner la fièvre…).
C’est après quelques jours d’évolution que la grippe peut favoriser l’apparition
de surinfections bactériennes, pouvant nécessiter un traitement par
antibiotiques : otites moyennes aiguës chez les jeunes enfants, sinusites et
pneumonies à tous âges…
Ces complications apparaissent chez un malade sur cinq environ. Elles sont
plus fréquentes chez les personnes fragilisées et chez les fumeurs.
La détresse respiratoire aiguë d’origine grippale est rare et se rencontre surtout
lors des grandes épidémies.

VII) TRAITEMENT [42]

Le traitement de la grippe repose sur des mesures symptomatiques simples et


des antiviraux. Il associe donc :

 Repos au chaud (2 ou 3 jours)


 Médicaments symptomatiques des états grippaux : antipyrétiques,
analgésiques périphériques (paracétamol…), antitussifs si la toux est
sèche…

~ 96 ~
 Hydratation correcte pour compenser les pertes hydriques liées à
l’hyperthermie (boisson chaude et apaisante type infusion
d’inflorescences de Tilleul) et maintien d’une alimentation équilibrée
 Médicaments antiviraux actifs spécifiquement sur les virus grippaux. Ils
limitent l’expression symptomatique de l’infection, sa durée et ses
complications. Ils sont efficaces s’ils sont utilisés dans les 48 heures
suivant l’apparition des signes de l’infection.

VIII) PREVENTION [42]

Eviter la transmission interhumaine en adoptant une hygiène rigoureuse :


éternuer dans un mouchoir, utiliser des mouchoirs jetables, se laver les mains…
La contamination se fait par l’intermédiaire de particules virales aérosolisées
du malade, objets contaminés…
Il est souhaitable de s’isoler et d’éviter en particulier de rencontrer les
personnes fragiles (malades, enfants, personnes âgées…)

Toutefois, la vaccination reste le meilleur moyen d’éviter la grippe. A noter que


certains antiviraux ont des indications en prophylaxie dans certaines situations
bien définies.
Le nombre de décès a été réduit à 2500 environ chaque saison hivernale contre
18 à 33000 avant l’utilisation des vaccins.

Le vaccin est pris en charge pour les situations suivantes :


 Personnes de 65 ans et plus
 Personnes atteintes des affections de longue durée suivantes :
- Diabète de type I et II
- AVC invalidant
- Néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique pur
primitif
- Formes graves d’une affection neuromusculaire (dont myopathie)
- Mucoviscidose
- Cardiopathie congénitale mal tolérée
- Insuffisance cardiaque et valvulopathie graves
- Insuffisance respiratoire grave (dont asthme)
- Déficit immunitaire grave
- Drépanocytose homozygote.

~ 97 ~
IX) PLACE DE L’AROMATHERAPIE [20 ; 28 ; 29 ; 40]

HE majeures dans cette indication : Cannelle, Citron, Eucalyptus, Girofle,


Laurier, Niaouli, Origan, Ravintsara, Saro, Sarriette et Thym.

 Exemple 1 : formule pour adulte

HE Citron Citrus limonum 2g


HE Ravintsara Cinnamomum camphora 1g
HE Girofle Syzygium aromaticum 0,5 g
HE Thym Thymus vulgaris CT thymol 0,5 g
Teinture (ou extrait fluide) de propolis, qsp 60 mL
Posologie : 25 gouttes toutes les deux heures, dans un verre d’eau tiède.
Espacer après amélioration.

 Exemple 2 : HE pouvant être utilisées en application locale chez l’adulte:

HE de Ravintsara Cinnamomum camphora : à visée antivirale et


immunostimulante, elle est aussi anticatarrhale et expectorante.
Posologie : en prévention de la grippe, en période épidémique, 2 gouttes sur le
thorax ou la voûte plantaire matin et soir.
Dès les premiers symptômes, 3 gouttes sur le thorax et le haut du dos 3 fois par
jour pendant 2 à 3 jours.

HE de Niaouli Melaleuca quinquenervia : antivirale moins puissante que


le Ravintsara, anticatarrhale et expectorante, elle stimule également
l'immunité.
Posologie : 1 à 3 gouttes diluées dans une autre HE ou de l’HV, 3 fois par jour
en friction sur le thorax et le haut du dos.
Cette HE s'emploie aussi en inhalation.

HE d'Eucalyptus radié Eucalyptus radiata : à visée immunostimulante et


antivirale, elle est énergisante et antiseptique respiratoire. Elle est donc très
utilisée en inhalation dans les infections respiratoires. Ses propriétés
expectorante et anticatarrhale sont supérieures à celle du Ravintsara et du
Saro.
Posologie : 1 à 3 gouttes, 3 fois par jour en friction sur le haut du dos et le
thorax. En prévention en période d'épidémies virales contagieuses, 4 à 6
gouttes par jour sur le thorax.

~ 98 ~
HE de Saro Cinnamosma fragrans : à visée antivirale, anticatarrhale et
expectorante, elle possède des propriétés antibactériennes.
Posologie : 1 à 3 gouttes 3 fois par jour en friction sur le thorax et le dos.

HE de Laurier noble Laurus nobilis : elle est à la fois à visée antivirale,


antibactérienne, anticatarrhale et expectorante, légèrement mucolytique. Elle
s'emploie en association dans le traitement de la grippe.
Précaution d'emploi : elle peut être allergisante.
Posologie : 1 goutte 6 fois par jour en friction sur le thorax et le dos.

 Exemple 3 : HE pouvant être associées par voie orale chez l’adulte:

1 goutte de Ravintsara + 1 goutte de Thym à linalol


Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

1 goutte de Niaouli + 1 goutte de Thym à linalol


Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

1 goutte de Saro + 1 goutte de Thym à linalol


Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.

 Exemple 4 : HE pouvant être utilisées en diffusion atmosphérique :

Il est conseillé d'assainir l'atmosphère des locaux en diffusant des HE 10


minutes par heure, sauf dans les pièces où séjournent des enfants de moins de
3 ans.

Plusieurs HE antiseptiques se prêtent à la diffusion atmosphérique, seules ou


en mélange :
- Les essences d'Orange douce, de Citron et de Pamplemousse (zestes)
- Les HE de Ravintsara, de Niaouli, d'Eucalyptus radié, de Pin sylvestre…
De plus, ces HE aident à dégager les voies respiratoires.

~ 99 ~
LA SINUSITE AIGUE

La sinusite aiguë est une inflammation des sinus due à l’infection de la


muqueuse par un agent viral ou bactérien.
Aujourd’hui, la dénomination la plus exacte est celle de rhinosinusite. [15]

I) EPIDEMIOLOGIE [15]

10 à 15 % des patients adultes consultent un généraliste pour un problème


ORL, dont environ la moitié (7 %) pour une rhinosinusite aiguë qui représente
la pathologie la plus fréquente. Les hommes sont un peu plus souvent touchés
que les femmes.
Par ordre de fréquence on trouve les sinusites maxillaires (60 % des cas) puis
frontales (30 %), rarement ethmoïdales et exceptionnellement sphénoïdales.
Les atteintes sont uni- ou bilatérales.

II) ETIOLOGIE [4 ; 15]

Le point de départ est le plus souvent nasal à la suite d’une rhinite. Cette
rhinite peut être de nature infectieuse (rhinovirus, adénovirus, myxovirus),
allergique ou inflammatoire.
La cause peut être dentaire pour la sinusite maxillaire car l’apex des
prémolaires et molaires de l’arcade supérieure touche les sinus
correspondants. Les causes traumatiques sont moins fréquentes.

L’inflammation qui découle d’une infection augmente la sécrétion de mucus


qui finit par obturer le méat moyen servant d’orifice de drainage. Les sinus se
retrouvent alors clos, exposés à des germes de l’oropharynx. Le mucus, n’étant
plus renouvelé, stagne et se surinfecte.

L’analyse des études disponibles de ces dix dernières années confirme une
relative stabilité de la place occupée par les divers agents responsables de
surinfections :
- Haemophilus influenzae et Streptococcus pneumoniae sont les deux
bactéries les plus souvent identifiées,
- suivis de Branhamella catarrhalis, de Staphylococcus aureus et des
streptocoques.
La responsabilité des anaérobies est faible et semble étroitement liée à la
présence d’un foyer dentaire.

~ 100 ~
III) CLINIQUE [4]

Le diagnostic biologique n’est pas fait systématiquement car le prélèvement est


difficile et douloureux. En fait, le problème se pose essentiellement pour les
sinusites maxillaires, les plus banales, les plus fréquentes, que l’on souhaite
différencier des rhinosinusites aiguës virales pour éviter une surconsommation
d’antibiotiques.
Les sinusites frontales, sphénoïdales et ethmoïdales ont par contre une
expression clinique évocatrice et un potentiel évolutif suffisamment grave pour
ne pas se poser la question d’une antibiothérapie.

Les arguments en faveur d’une surinfection bactérienne, cause de sinusite


aiguë purulente, sont constitués par la présence de 2 au moins des 3 critères
majeurs suivants :
 La persistance ou l’augmentation des douleurs sinusiennes infra-
orbitaires malgré un traitement symptomatique prescrit pendant au
moins 48 heures.
 Le type de la douleur :
- Son caractère unilatéral
- Et/ou son caractère pulsatile
- Et/ou son pic en fin d’après midi et la nuit
- Et/ou son augmentation lorsque la tête est penchée en avant.
 L’augmentation de la rhinorrhée et de sa purulence. Ce signe a d’autant
plus de valeur qu’il est unilatéral.

La présence de quelques critères mineurs ci-dessous peut aider à valider le


diagnostic :
 La persistance de la fièvre au-delà du troisième jour d’évolution.
 L’obstruction nasale, les éternuements, la gêne pharyngée, la toux, s’ils
persistent au-delà de 10 jours.

Remarque : chez l’enfant, la symptomatologie est dépendante de l’âge, du fait


du développement décalé dans le temps des différentes cavités sinusiennes.
Ainsi les sinusites sont :
- Ethmoïdales surtout entre 6 mois et 5 ans
- Maxillaires à partir de l’âge de 3 ans
- Frontales surtout à partir de 10 ans.
Les sinusites sphénoïdales sont exceptionnelles chez l’enfant.

~ 101 ~
IV) FACTEURS DE RISQUE [15]

Certains facteurs favorisent l’inflammation de l’épithélium respiratoire


(tabagisme, allergie respiratoire, barotraumatisme…), d’autres la surinfection
bactérienne (immunodépression, âges extrêmes…).

V) EVOLUTION [15 ; 48]

La rhinosinusite banale non compliquée est dite aiguë lorsqu’elle guérit en


moins de 8 semaines. La guérison sous traitement se fait habituellement dans
les 15 jours.
La sinusite est dite chronique lorsque les signes persistent au-delà de 12
semaines. Entre 8 et 12 semaines, les spécialistes parlent de pathologies
subaiguës.
Les sinusites chroniques sont entretenues par les facteurs de risque
précédemment cités. En l’absence de leur éradication, l’inflammation persiste,
plus ou moins douloureuse, plus ou moins invalidante, avec des poussées lors
des surinfections à germes saisonniers (viraux en particulier).
Le risque majeur reste la survenue de complications régionales toujours graves.

VI) COMPLICATIONS [4]

Les complications possibles sont :


- Neuroméningées : méningites et infections para méningées (abcès du
cerveau), thrombophlébites
- Orbitaires (ethmoïdite de l’enfant).

Ainsi tout syndrome méningé, exophtalmie, œdème palpébral et troubles de la


mobilité oculaire imposent l’hospitalisation, prélèvement, imagerie et
l’antibiothérapie parentérale.

VII) TRAITEMENT [4]

Si le diagnostic de sinusite maxillaire aiguë d’origine bactérienne est établi,


l’antibiothérapie est indiquée en ciblant les 2 germes le plus fréquemment en
cause : H.influenzae et Streptococcus pneumoniae sachant que de nombreuses
souches de H.influenzae sécrètent une pénicillinase et que le taux de
pneumocoque de sensibilité diminuée à la pénicilline est particulièrement
élevé dans cette pathologie (40 à 50 %).

~ 102 ~
Les antibiotiques répondant à ces critères sont :
- L’association amoxicilline-acide clavulanique
- Les céphalosporines de 2ème et 3ème génération (sauf céfixime)
- La pristinamycine ou télithromycine.
La durée de traitement est de 7 à 10 jours, cependant des études ont été
menées ou sont en cours avec des durées de traitement raccourcies.

On peut également associer des antalgiques avec des vasoconstricteurs


locaux, ainsi que des lavages de nez.
Les corticoïdes per os peuvent être utiles en courte durée en traitement
adjuvant.

VIII) PREVENTION [15]

 Fuir les atmosphères sèches


Les climatisations et le chauffage électrique assèchent les muqueuses.
Utiliser un humidificateur et ajouter quelques gouttes d’HE (Pin, Eucalyptus,
Niaouli).
La vapeur améliore le fonctionnement des sinus : bains chauds, douches voire
hammam. Les inhalations soulagent les sinus, mais il faut veiller à ne pas
prendre froid juste après (attendre 1 heure avant de sortir).
En cas de douleur, appliquer un gant de toilette humide et chaud sur les yeux
et les joues. Le laisser en place jusqu’à ce que la douleur s’atténue.

 Hygiène
Ne pas renifler. Se moucher aussi souvent que possible, une narine après
l’autre.
Utiliser des mouchoirs en papier, y déposer quelques gouttes d’HE et respirer.
Se laver les fosses nasales avec du sérum physiologique ou de l’eau de mer.
Ces solutions favorisent le drainage et l’élimination des mucosités nasales.
Lutter contre les facteurs favorisant : poussière, tabac…

 Privilégier les repas épicés


L’ail rend le mucus plus fluide.
Le piment rouge et le poivre de Cayenne décongestionnent les sinus.

 Attention à l’automédication
Ne pas réutiliser un antibiotique sans avis médical.
Eviter l’abus de gouttes nasales : risque de rhinite médicamenteuse.

~ 103 ~
IX) PLACE DE L’AROMATHERAPIE [20 ; 40 ; 46]

HE majeures dans cette indication : Arbre à thé, Eucalyptus radié, Menthe


poivrée, Myrte, Niaouli, Pin sylvestre et Thym.

 Exemple 1 :
Faire réaliser un aérosol de 15 à 20 minutes matin et soir pendant 8 à 10 jours
avec la préparation suivante pour adulte:
Granions® de Cuivre et Actisoufre® : 1 ampoule de chaque à mettre
dans la cupule d’un appareil à aérosols pneumatique avec embout
nasal
Y ajouter 10 à 15 gouttes (si bonne tolérance) du mélange :
HE Eucalyptus radié Eucalyptus radiata 5g
HE Pin sylvestre Pinus sylvestris 5g
Alcool à 90°, qsp 30 mL
Attention, certaines tubulures plastiques tolèrent mal les HE, il est donc
préférable de faire un test auparavant.

 Exemple 2 :
Le Niaouli (décongestionnant, mucolytique) est l’HE reine dans cette indication.
Il peut être utilisé en préparation associée à de l’HE de Menthe
(vasoconstrictive), comme dans la formule suivante pour adulte :
HE Niaouli Melaleuca quinquenervia 3g
HE Menthe Mentha x piperita 1g
Alcool à 90° ou dispersant, qsp 30 mL
10 gouttes toutes les deux heures dans un demi verre d’eau tiède, en dehors
des repas.

 Exemple 3 :
Calyptol inhalant®, émulsion pour inhalation par fumigation :
Eucalyptol 250 mg
Alpha-terpinéol 25 mg
HE Pin sylvestre 50 mg
HE Thym 50 mg
HE Romarin 50 mg (par ampoule)
1 à 3 inhalations par jour en traitement de courte durée.
Verser le contenu d’une ampoule dans un bol d’eau très chaude, mais non
bouillante, et inhaler les vapeurs.
A utiliser avec prudence en cas d’antécédents d’épilepsie.
Réservé à l’adulte et à l’enfant de plus de 12 ans.
~ 104 ~
 Exemple 4 :
1 goutte d’Eucalyptus radié + 1 goutte de Marjolaine à coquilles
Sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, 5 jours.
Ne pas utiliser chez les enfants de moins de 7 ans.

~ 105 ~
L’OTITE MOYENNE AIGUE

L’otite moyenne aiguë (OMA) est une inflammation de la caisse du tympan.


Elle est surtout bactérienne (60 à 70 % des cas) et fréquente chez les enfants
de moins de 3 ans vivant en collectivité.
Elle succède le plus souvent à une infection bactérienne ou virale du
nasopharynx (rhinopharyngite…). [40]

I) EPIDEMIOLOGIE [4]

L’OMA bien que pouvant survenir à tout âge touche principalement le jeune
enfant (entre 6 mois et 2 ans) avec un pic vers 9 mois.
La raison de cette fréquence chez l'enfant tient à plusieurs facteurs :
- Défenses immunitaires immatures
- Trompe d'Eustache courte, perméable et horizontale
- Fréquence des rhinopharyngites (« rhume »)
- Hypertrophie des végétations adénoïdes, souvent infectées.
Elle est l’une des premières causes de prescription d’antibiotiques chez
l’enfant.

II) ETIOLOGIE [3 ; 4]

L’épidémiologie bactérienne des otites est connue et stable depuis de


nombreuses années. Les principales bactéries en cause dans l’OMA purulente
de l’enfant de plus de 3 mois sont :
- Streptococcus pneumoniae (25 à 40 %)
- Hæmophilus influenzae (30 à 40 %)
- Branhamella (ou Moraxella) catarrhalis.
- Streptococcus pyogenes et Staphylococcus aureus (< 5 %).

L’association de plusieurs bactéries est rare mais possible, de même que la


surinfection par deux bactéries différentes dans chaque oreille.

La symptomatologie clinique peut orienter vers la bactérie en cause.


En cas d’otite associée à une conjonctivite purulente, la probabilité d’une
infection à Hæmophilus influenzae est forte.
En cas d’otite très fébrile et douloureuse, la probabilité du pneumocoque est
plus importante.

~ 106 ~
III) CLINIQUE [3 ; 10]

L'otite peut associer des signes locaux et généraux, qui sont recherchés à
l’examen clinique.
Le diagnostic est toujours confirmé par l'examen à l'otoscope.
L’OMA purulente doit être distinguée de l’OMA congestive et de l’otite
séromuqueuse (OSM), figure 15.

 L’OMA purulente correspond à la surinfection bactérienne de l’oreille


moyenne.
Le principal signe de l'OMA purulente est l'otalgie et ses équivalents chez
l’enfant (irritabilité, pleurs, insomnie…).
Les signes généraux sont dominés par la fièvre, parfois associée à une asthénie
ou une anorexie.
L'examen à l'otoscope révèle, à la phase d'état, un tympan inflammatoire.
La congestion s'associe à un épanchement rétrotympanique extériorisé
(otorrhée) ou non.
 L’OMA congestive correspond à une congestion bénigne des tympans
souvent associée à une rhinopharyngite d’origine virale. Elle peut être
douloureuse et est le plus souvent spontanément résolutive.
En otoscopie, le tympan est rouge avec respect des reliefs normaux, sans
bombement.
 L'otite séromuqueuse est une forme d’otite chronique survenant après
un ou plusieurs épisodes d’OMA. II n'y a pas de signes généraux ni d'otalgie
persistante, mais il existe une hypoacousie plus ou moins importante, souvent
bilatérale.
A l'otoscope, le tympan est épaissi et mat, parfois un peu rouge. Il existe un
épanchement et des bulles d'air rétrotympaniques.

Figure 15 : Les différentes OMA [11]


~ 107 ~
IV) EVOLUTION [4]

Les études cliniques d’antibiotiques versus placebo montrent que la majorité


des OMA purulentes guérit spontanément. En effet, approximativement, 80 %
des patients non traités sont guéris entre le 7ème et 14ème jour, contre 95 %
environ de ceux qui ont reçu un antibiotique.
Les pourcentages de guérison sont d’autant plus élevés que les enfants sont
plus âgés. De plus, c’est avant l’âge de 2 ans, que le risque de complications
infectieuses graves (bactériémies, méningites, mastoïdites) est le plus
important.
Le bénéfice attendu de l’antibiothérapie paraît donc d’autant plus important
que l’enfant est jeune et symptomatique (fièvre importante, irritabilité,
otalgie).

V) COMPLICATIONS [2 ; 4]

Depuis l’avènement des antibiotiques, les complications telles que les


mastoïdites, les labyrinthites, les méningites, les paralysies faciales et les
thrombophlébites septiques sont devenues exceptionnelles.
Le risque de complications infectieuses graves est plus important avant l’âge de
2 ans.

VI) TRAITEMENT [2 ; 3 ; 4 ; 10]

 Otite purulente
- Après 2 ans : l’antibiothérapie n’est pas systématique, sauf en cas de
symptomatologie bruyante (fièvre élevée, otalgie intense). Le choix de
l’abstention doit s’accompagner d’une réévaluation de l’enfant à 48-72 h
sous traitement symptomatique.
- Avant 2 ans : l’antibiothérapie est recommandée d’emblée
En dessous de 3 mois, un avis spécialisé s'impose car il est alors souvent
nécessaire de pratiquer une paracentèse.
La durée de l’antibiothérapie est généralement de 8 à 10 jours avant 2 ans et
de 5 jours après cet âge.

 Otite congestive
L’antibiothérapie n’est pas nécessaire. L’enfant doit être revu si les
symptômes persistent au-delà du 3ème jour.

~ 108 ~
 Otite séromuqueuse
L’antibiothérapie n’est pas préconisée, sauf en cas de persistance des
symptômes au-delà de 3 mois, après avis spécialisé.

L'aggravation ou la persistance des symptômes après 48 heures


d'antibiothérapie ou la réapparition de signes fonctionnels ou généraux dans
les quatre jours suivant la fin du traitement (signes d'échec de
l'antibiothérapie) imposent une consultation médicale afin de réévaluer le
traitement et éviter d'éventuelles complications (méningite...).

Les autres traitements médicaux sont purement symptomatiques.


Il s’agit du traitement symptomatique de la fièvre par des mesures physiques et
la prescription d’un traitement antipyrétique et antalgique.
Corticoïdes, anti-inflammatoires non stéroïdiens à doses anti-inflammatoires,
mucolytiques et décongestionnants n'ont pas d'utilité démontrée dans le
traitement des OMA.
Les gouttes auriculaires contenant des antibiotiques n’ont aucune indication
dans l’OMA et sont réservées au traitement des otites externes.

VII) PREVENTION [10]

- Eviter les facteurs de risque comme une exposition à la fumée du tabac,


un environnement pollué.
- Chez le nouveau-né, privilégier l'allaitement plutôt que l'alimentation au
biberon.
- Prévenir la survenue des rhumes ou des rhinopharyngites (qui peuvent
se compliquer en otites).
- Pratiquer régulièrement un lavage des fosses nasales avec du sérum
physiologique ou de l'eau de mer éventuellement enrichis en oligo-
éléments. Inciter l'enfant à se moucher plusieurs fois dans la journée.
S'aider d'un mouche-bébé chez les nourrissons.
- Informer sur une bonne hygiène auriculaire. Ne pas utiliser de coton-tige
(qui favorise la survenue d'otites externes). Préférer des solutions
d'hygiène adaptées.
- La piscine (notamment en cas de sauts ou de plongeons) peut favoriser la
survenue d'otites. Dans la mesure du possible, mieux vaut l'éviter en
période hivernale chez les enfants sujets aux otites à répétition.

~ 109 ~
VIII) PLACE DE L’AROMATHERAPIE [24 ; 40 ; 49]

Les HE peuvent être bénéfiques en cas d’otite. Elles doivent être diluées dans
une HV pour pouvoir être appliquées dans le conduit auditif.
Il faut bien s’assurer que le diagnostic d’otite est établi par un professionnel de
la santé avant d’entreprendre un traitement.
On peut employer les HE, chez l’enfant de plus de 6 ans, pour diminuer
l’inflammation et tenter de prévenir l’infection par les bactéries.

HE majeures dans cette indication : Arbre à thé, Girofle, Lavande, Niaouli et


Pin sylvestre.

 Exemple 1 :
HE Niaouli Melaleuca quinquenervia 20 mg (1 goutte)
HE Lavande Lavandula angustifolia 20 mg (1 goutte)
HE Pin Pinus sylvestris 20 mg (1 goutte)
HE Girofle Syzygium aromaticum 20 mg (1 goutte)
Excipient, qsp 1 suppositoire enfant n°12
Posologie : un suppositoire 3 fois par jour pendant 2 jours, puis 2 fois par jour
pendant 2 jours, puis au coucher pour terminer (pour un enfant de 25 kg
environ).

 Exemple 2 :
HE Girofle Syzygium aromaticum 40 mg (2 gouttes)
HE Lavande Lavandula angustifolia 200 mg (10 gouttes)
TM Calendula officinalis 2,5 mL
Huile d’amande douce, qsp 30 mL
Masser délicatement le pourtour de l’oreille, 3 fois par jour. Cette préparation
est anti-inflammatoire et nettement antalgique.
Réservé à l’adulte et à l’enfant de plus de 12 ans.

 Exemple 3 :
HE Myrte rouge Myrtus communis
HE Niaouli Melaleuca quinquenervia
HE Romarin 1,8-cinéole Rosmarinus officinalis
1 goutte de chacune de ces HE en dilution dans une HV.
Masser délicatement le pourtour des oreilles, la nuque et les parties latérales
du cou, le soir au coucher, pour renforcer les défenses et drainer l’oreille.
Répéter ces massages pendant quelques jours, le temps des symptômes.
Réservé à l’adulte et à l’enfant de plus de 12 ans.
~ 110 ~
 Exemple 4 :
En massage autour de l’oreille : 1 goutte d’Eucalyptus radié + 1 goutte de
Niaouli dans 10 gouttes d’HV.
Réservé à l’adulte et à l’enfant de plus de 7 ans.

~ 111 ~
LA LARYNGITE

La laryngite est une inflammation du larynx. Chez l’adulte, c’est l’extinction de


voix, banale si elle ne dure pas. Chez l’enfant, elle entraîne rapidement une
gêne respiratoire en raison de l’étroitesse du larynx. [40]

I) ETIOLOGIE [37]

La laryngite peut être secondaire à un surmenage de la voix : on rencontre


souvent ce cas dans certaines catégories professionnelles (chanteurs,
comédiens, enseignants…).
Elle peut être due à des variations thermiques brutales, la climatisation, une
exposition à des polluants ou à la poussière.
Elle peut être liée également à un abus de tabac, un stress ou une allergie.
Elle peut aussi être l’un des symptômes de la rougeole.

II) CLINIQUE [37 ; 40]

Les laryngites aiguës sont la résultante d’une inflammation de l’isthme


pharyngé et se traduisent par deux types de symptômes :
- Les troubles dysphoniques caractérisés par une voix rauque puis une
extinction de voix ; en général une laryngite aiguë de l’adulte se limite à
ces signes.
- Un syndrome dyspnéique (bradypnée inspiratoire, cyanose…) beaucoup
plus grave surtout chez l’enfant. L’inflammation de la muqueuse
laryngée peut entraîner une diminution de calibre du larynx et donc
provoquer une asphyxie.

On distingue trois types de laryngite :

 La laryngite striduleuse
Elle associe dyspnée aiguë, brutale, nocturne, accompagnée d’une toux sèche
qui devient rauque puis finit par se voiler et même s’éteindre.

 La laryngite sous-glottique
C’est la plus fréquente des laryngites, d’origine virale. Elle est due à un œdème
inflammatoire de la sous-glotte. Elle survient souvent dans un contexte
épidémique, à début volontiers nocturne. Elle est plus fréquente chez le garçon
avec un pic de fréquence entre 1 et 3 ans.

~ 112 ~
La température est modérément élevée (38-38,5 °C), la voix et la toux sont
rauques, l’inspiration est difficile et bruyante, le rythme respiratoire est
irrégulier.
L’antibiothérapie n’est utile que si l’on suspecte une surinfection bactérienne
(en général à staphylocoque).

 La laryngite sus-glottique ou épiglottite


C’est une urgence pédiatrique majeure.
Elle correspond à une atteinte bactérienne (H. influenzae type B) du vestibule
laryngé qui surplombe le plan des cordes vocales. Elle est beaucoup plus rare
que la laryngite sous-glottique. Son incidence a fortement diminué depuis la
vaccination anti-haemophilique. Elle survient vers l’âge de trois ans.
Le tableau clinique s’installe en quelques heures ; l’enfant est pâle, angoissé,
avec une altération de l’état général et une fièvre à 39-40 °C, la dyspnée
laryngée est rapidement présente.
Il s’y associe une dysphagie douloureuse et une hyper sialorrhée. L’enfant reste
assis, bouche demi-ouverte avec une aggravation au décubitus. La voix est
étouffée, couverte, la toux est absente.
L’enfant ne doit surtout pas être mobilisé (risque de mort subite).
Un transfert immédiat en réanimation s’impose avec prise en charge par une
équipe spécialisée. Une trachéotomie d’urgence peut être nécessaire.

III) CONDUITE A TENIR [32 ; 37]

- Mise au repos de la voix pendant au moins 48 heures. Humidification de


l’air
- Prise par voie orale d'antalgique, anti-inflammatoire de type ibuprofène
pour accélérer la disparition de l'œdème provoqué par l'inflammation
aiguë de la muqueuse laryngée
- Recours à des produits spécifiques contre l'enrouement : extrait
d'Erysimum, associations homéopathiques à base d'Arum triphyllum
(Homéovox®...), boissons chaudes adoucissantes, édulcorées avec de la
propolis ou du miel
- Maintien du cou et de la gorge au chaud (foulard, écharpe)
- En prévention des récidives : limiter l'impact des facteurs irritants (tabac,
systèmes d'aération et de climatisation...), réapprendre à respirer par le
nez en gardant la bouche fermée, se laver régulièrement les fosses
nasales avec du sérum physiologique ou des sprays d'eau de mer afin
que le nez remplisse parfaitement son rôle de filtre.

~ 113 ~
IV) PLACE DE L’AROMATHERAPIE [20 ; 37 ; 40]

Chez l’adulte, la laryngite aiguë est le plus souvent bénigne. Toutefois il faut
adresser le patient à son médecin si l’aphonie est accompagnée par :
- Une fièvre élevée
- Une toux grasse
- La présence de ganglions dans le cou
- Une grande fatigue inexpliquée
- L’absence d’amélioration au bout de deux semaines d’automédication
- Des récidives fréquentes.

HE majeures dans cette indication : Arbre à thé, Cyprès, Laurier, Myrte et


Ravintsara.

 Exemple 1 :
Associer 10 gouttes d’HE d’Eucalyptus (Eucalyptus globulus ou E. radiata) et 3
gouttes d’HE de Laurier (Laurus nobilis) dans une casserole d’eau chaude ou
dans un humidificateur (l’atmosphère chaude et humide est un facteur
d’amélioration).

 Exemple 2 :
Il est possible aussi de masser les pieds avec 3 gouttes d’HE de Myrte,
l’eucalyptol et les terpènes pénétrant très bien la barrière cutanée et
permettant ainsi une fluidification des sécrétions favorable à une libération des
voies aériennes.

 Exemple 3 :
1 goutte de Niaouli et 1 goutte de Cyprès, dans du miel, à sucer plusieurs fois
par jour.

 Exemple 4 :
1 goutte de Marjolaine à coquilles et 1 goutte d’Eucalyptus citronné matin et
soir sur les parties latérales du cou et la nuque.

~ 114 ~
CONCLUSION GENERALE

L’aromathérapie est devenue une thérapeutique à la mode et moderne.


A la mode, en raison de l’engouement pour les médecines naturelles ;
moderne, du fait des progrès scientifiques permettant de beaucoup mieux
connaître les propriétés chimiques et pharmacologiques des HE.

Il n’en demeure pas moins que la majorité des patients sont encore mal
informés dans ce domaine. De plus, un des problèmes majeurs est la
multiplication des produits dont la qualité est variable.
Ces substances hautement réactives se retrouvent aujourd’hui dans de
nombreux circuits de distribution, entre les mains de non professionnels
pouvant exposer les consommateurs à des risques graves.

Espérons que les réglementations à venir fassent entrer de nouvelles HE dans


le monopole pharmaceutique afin d’en éviter la vente libre qui constitue une
menace pour la santé publique.

La première précaution à prendre pour être sûr de la qualité d’une HE est donc
de l’acheter dans un circuit de distribution fiable comme la pharmacie.

En effet, le pharmacien est le garant de l’utilisation d’HE 100 % pures, 100 %


naturelles et 100 % totales. Son rôle d’éducateur de santé est primordial :
expliquer les modes d’administration, les précautions d’emplois et la toxicité
potentielle des HE est du ressort officinal.

En infectiologie ORL notamment, l’aromathérapie est d’une efficacité


remarquable pour les patients.
Les médecins y trouvent une solution alternative de prise en charge.
Les autorités de santé y voient une réduction significative du recours aux
antibiotiques.
Enfin, les pharmaciens garants de la qualité des HE et de leur usage sécurisé
peuvent valoriser leur rôle de professionnel de la santé.

~ 115 ~
ANNEXES

~ 116 ~
ANNEXE I : MONOGRAPHIE DE L’HE DE MENTHE POIVREE [33]
~ 117 ~
~ 118 ~
ANNEXE II : FICHES D’ANALYSE DES PRINCIPALES HE UTILISEES EN
INFECTIOLOGIE ORL [49]

~ 119 ~
LE THYM A THYMOL

~ 120 ~
LE THYM A FEUILLES DE SARRIETTE

~ 121 ~
L’ORIGAN COMPACT

~ 122 ~
LA SARRIETTE VIVACE

~ 123 ~
LA CANNELLE ECORCE

~ 124 ~
L’EUCALYPTUS GLOBULEUX

~ 125 ~
L’EUCALYPTUS RADIE

~ 126 ~
LE RAVINTSARA

~ 127 ~
LE NIAOULI

~ 128 ~
LE SARO

~ 129 ~
LE LAURIER NOBLE

~ 130 ~
LE MYRTE

~ 131 ~
LE ROMARIN 1,8-CINEOLE

~ 132 ~
LA LAVANDE ASPIC

~ 133 ~
LE THYM A LINALOL

~ 134 ~
L’ARBRE A THE

~ 135 ~
LA MARJOLAINE A COQUILLES

~ 136 ~
LE CYPRES

~ 137 ~
LE PIN SYLVESTRE

~ 138 ~
LE SAPIN DE SIBERIE

~ 139 ~
ANNEXE III : PREPARATION DE GELULES A BASE D’HE [49]
~ 140 ~
ANNEXE IV : PREPARATION DE SUPPOSITOIRES A BASE D’HE [49]
~ 141 ~
ANNEXE V : ETUDE DES GOUTTES AUX ESSENCES® [18]
~ 142 ~
~ 143 ~
~ 144 ~
BIBLIOGRAPHIE

1. AFSSAPS
Antibiothérapie par voie générale en pratique courante au cours des infections
respiratoires basses de l’adulte et de l’enfant - Recommandations
Octobre 2005.

Version papier ou site : http://www.afssaps.fr/Infos-de-securite/Recommandations-


de-bonne-pratique/Antibiotherapie-par-voie-generale-dans-les-infections-respiratoires
Page consultée le 4 mai 2010

2. AFSSAPS
Antibiothérapie par voie générale en pratique courante dans les infections respiratoires
- Principaux messages des recommandations de bonne pratique
Octobre 2005.

3. AFSSAPS
Antibiothérapie par voie générale en pratique courante dans les infections respiratoires
hautes de l’adulte et de l’enfant - Recommandations
Octobre 2005.

4. AFSSAPS
Antibiothérapie par voie générale en pratique courante dans les infections respiratoires
hautes de l’adulte et de l’enfant - Argumentaire
Octobre 2005.

5. AFSSAPS
Antibiothérapie par voie générale en pratique courante dans les infections respiratoires
basses de l’adulte et de l’enfant - Argumentaire
Octobre 2005.

6. AFSSAPS
Recommandations relatives aux critères de qualité des huiles essentielles
Mai 2008.

Version papier ou site : http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/


application/657257784ff10b11665e1ac94b60e3fb.pdf
Page consultée le 4 mai 2010

~ 145 ~
7. BAUDOUX, D., ZHIRI, A.
Les cahiers pratiques d’aromathérapie selon l’Ecole Française, Vol. 2
Bruxelles, Amyris, 2003.

8. BELAICHE, P.
Traité de phytothérapie et d’aromathérapie - Tome 1 : L’aromatogramme
Paris, Maloine, 1979.

9. BELAICHE, P.
Traité de phytothérapie et d’aromathérapie - Tome 2 : Maladies infectieuses
Paris, Maloine, 1979.

10. BELIN, N., BONTEMPS, F.


Les otites
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2749/2750, octobre 2008.

11. BOUDOU-SEBASTIAN, C.
L’oreille sous toutes les coutures
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2640, septembre 2006.

12. BOUQUIGNY, C.
Gélules gastrorésistantes à l’HE de Cannelle de Ceylan
Porphyre, n°419, janvier 2006.

13. BRUNETON, J.
Pharmacognosie : phytochimie, plantes médicinales, 3ème édition
Paris, Lavoisier, 1999.

14. CIEUR, C.
Plantes et grossesse : contre-indications et précautions d’emploi
La Phytothérapie Européenne, n°24, janvier-février 2005.

15. DUMERY, S.
Les sinusites
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2419, novembre 2001.

16. FALLET, C.
Pour s’y retrouver dans la jungle des labels
Le Quotidien du pharmacien, n°2719, janvier 2010.

~ 146 ~
17. FRANCHOMME, P., JOLLOIS, R., PENOEL, D.
L’aromathérapie exactement : Encyclopédie de l’utilisation thérapeutique des huiles
essentielles
Editions Jollois, 2001.

18. GIRAUD-ROBERT, A-M.


Efficience du traitement des affections bronchiques aiguës par des Gouttes aux
essences®
Phytothérapie, Vol. 2, n°6, novembre/décembre 2004, 175-179.

19. GOEB, P.
Aromathérapie pratique et familiale
Editions I.A.P.M Publishing, 1998.

20. GOEB, P., PESONI, D.


Huiles essentielles - Guide d’utilisation
Paris, Editions Ravintsara, 2009.

21. JOCTEUR, G.
Huiles essentielles – vente réservée aux pharmaciens
Porphyre, n°435, septembre 2007.

22. LAMASSIAUDE-PEYRAMAURE, S.
Comment soigner naturellement le rhume
Actualités pharmaceutiques, n°481, janvier 2009.

23. LE CRAZ, S., BONTEMPS, F.


Stopper les rhinopharyngites
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2746, octobre 2008.

24. MOREL, J-M.


Les huiles essentielles contre les affections de l’hiver
La Lettre de phytothérapie, n°1, janvier 2004.

25. MOREL, J-M.


Rhinopharyngite chez l’enfant
Phytothérapie, Vol. 1, n°1, janvier/février 2003, 13-19.

26. MOUGAMADOU, A.
Aromathérapie : de l’utile à l’essentielle !
Le Moniteur des pharmacies, cahier I du n°2396, avril 2001.

~ 147 ~
27. NICOLET, C.
Comment réussir en aromathérapie
Le Quotidien du pharmacien, n°2719, janvier 2010.

28. OLLIER, C.
Aromathérapie - Le bon usage
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2767, février 2009.

29. OLLIER, C.
L’aromathérapie
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2576, avril 2005.

30. OLLIER, C.
L’essentiel de l’aromathérapie
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2341, février 2000.

31. OLLIER, C.
Phytothérapie et pathologies hivernales
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2600, octobre 2005.

32. PETIT, F., REDONNET, C.


Education thérapeutique et conseil à l’officine
Paris, Maloine, 2002.

33. Pharmacopée française Xème Edition, 1994.

34. PICHARD, A-S.


Comment bien répondre à l’engouement du soin par l’essence
Le Quotidien du pharmacien, n°2293, mars 2005.

35. PIPER, R.
Aromathérapie : la prudence est essentielle
Le Quotidien du pharmacien, n°2139, mai 2003.

36. POUZAUD, F.
Le rhume
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2337, janvier 2000.

37. POUZAUD, F.
Quand la gorge fait mal
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2557, novembre 2004.

~ 148 ~
38. RAYNAUD, J.
Prescription et conseil en aromathérapie
Paris, Lavoisier, 2006.

39. ROCHETTE, B.
Huile nasale aux essences
Actualités pharmaceutiques, n°405, février 2002.

40. ROUX, D.
Conseil en aromathérapie, 2ème édition
Pro-officina, mars 2008.

41. SALLE, J-L.


Les huiles essentielles - Synthèse d’aromathérapie, 2ème édition
Paris, Frison-Roche, 2004.

42. SCHENCKERY, J.
La grippe
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2471, janvier 2003.

43. SCHENCKERY, J., LEFORT, L.


Les angines
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2321, octobre 1999.

44. SCHENCKERY, J., PUNGIER, V.


Les angines
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2650, novembre 2006.

45. TEUSCHER, E., ANTON, R., LOBSTEIN, A.


Plantes aromatiques : épices, aromates, condiments et huiles essentielles
Paris, Lavoisier, 2005.

46. Thera 2006, 18ème édition.

47. VALNET, J.
Aromathérapie, 11ème édition
Paris, Vigot, 2003.

48. VIDEMENT, E.
Le rhume
Le Moniteur des pharmacies, cahier II du n°2647, octobre 2006.

~ 149 ~
49. GOEB, P.
Le didactique de l’aromathérapie pour pharmaciens, logiciel version 1.0.0.5, Omega
pharma France
http://www.didactique-aromatherapie.com

50. http://www.francoistournay.fr/2.html
Page consultée le 15 juin 2010

51. http://www.viadys.fr/fiches-conseils/17-rhume-et-rhinopharyngite.html,
Page consultée le 4 mai 2010.

Formation phytosun arôms suivie le 17 novembre 2009

~ 150 ~
N° d’identification :

TITRE :

Utilisation des huiles essentielles en infectiologie ORL

Thèse soutenue le 6 juillet 2010

Par Frédéric DA SILVA

RESUME :

A l’heure où la France est l’un des pays du monde le plus touché par la
résistance bactérienne, les HE représentent une alternative thérapeutique
efficace aux antibiotiques, principalement en infectiologie ORL.
Bien que naturelle, l’aromathérapie a des effets très puissants, il est donc
capital d’intégrer la notion de la dualité « efficacité-toxicité » et de maîtriser les
nombreuses précautions d’emplois.
En outre, la standardisation de leur qualité devient impérative pour éviter tout
risque de substitution et de fraude.

MOTS CLES :

Huiles essentielles ; aromathérapie ; infectiologie ; ORL

Directeur de thèse Intitulé du laboratoire Nature

Laboratoire de Bibliographique
Mme Blandine MOREAU Pharmacognosie
Thème : 6

Thèmes 1– Sciences fondamentales 2 – Hygiène/Environnement


3 – Médicament 4 – Alimentation – Nutrition
5 - Biologie 6 – Pratique professionnelle

Vous aimerez peut-être aussi