s é l é m ents
L e des
o r a t i f s
déc
fa ç a d e s
s
Guide de atiques
r
bonnes p
Édito
Depuis le 19e siècle, les façades des immeubles liégeois
ont été agrémentées d’éléments décoratifs divers, plus ou moins
abondants selon les époques. Les styles et les techniques ont évo-
lué et ces exemples de petit patrimoine constituent aujourd’hui des
témoignages précieux de l’histoire architecturale de notre cité. Ils
participent à l’agrément de nos rues, pour le plus grand plaisir des
passants qui s’amusent à en observer les détails.
De nombreux motifs sont uniques, ayant été conçus spécialement
pour les façades qui les portent. Ils contribuent ainsi à leur beauté,
leur authenticité et leur personnalité. C’est pourquoi il est important
de les préserver, car leur suppression entraîne souvent une banalisa-
tion des façades. Les restaurations impliquent de faire appel à des
spécialistes, car des interventions non réfléchies peuvent endomma-
ger les décors de manière irrémédiable. La préservation des motifs
décoratifs permet de surcroît d’entretenir le savoir-faire des artisans
spécialisés.
Dans la même logique que les guides déjà consacrés aux devantures
commerciales ou aux châssis, ce guide des bonnes pratiques fournit
des conseils aux propriétaires soucieux de préserver la cohérence et
l’harmonie des détails décoratifs de leurs façades. Chaque double-
page aborde un type de décor ou une technique, avec des conseils
sur la page de gauche et des illustrations en page de droite. Les infor-
mations sur les primes possibles sont fournies à la fin de l’ouvrage.
Table des matières
Conseils généraux 05
Trouver un restaurateur compétent 07
Boiseries 09
Décors métalliques 11
Décors métalliques – Recommandations particulières 13
Grilles de soupiraux et fenêtres de caves /
Balcons et garde-corps / Lucarnes
Corniches 15
Décors peints 17
Sgraffites / Publicités murales
Céramiques 19
Carreaux de ciment 21
Mosaïques / Granitos 23 03
Enduits et moulurations 25
Décors en ciment et béton 27
Pierres sculptées 29
Châssis 31
Châssis – Recommandations particulières 33
Oriels (loggias) / Ferronneries
Vitraux 35
Plaques commémoratives / Potales / Barrières et portails 37
Devantures commerciales anciennes 39
Créations contemporaines 41
Renseignements pratiques 43
Conseils administratifs et techniques 43
Aides financières « petit patrimoine populaire de Wallonie » 43
Conseils généraux
Les éléments décoratifs des façades liégeoises sont très variés. Ils
ont été réalisés dans une multitude de matériaux : bois, métal, céra-
mique, ciment, mosaïque, verre… Leur bon entretien et leur conser-
vation représentent un enjeu esthétique, architectural et culturel im-
portant, tant pour le propriétaire que pour la collectivité.
La préservation des éléments d’origine doit constituer l’objectif
prioritaire. Une hiérarchie des interventions est donc préconisée :
1. Nettoyer régulièrement avec une technique appropriée, pour
enlever les encrassements.
2. Contrôler périodiquement l’état des éléments afin d’intervenir
rapidement dès les premiers signes de dégradation.
3. Traiter préventivement : appliquer une nouvelle couche de
protection antirouille ou hydrofuge, poser une nouvelle couche de
peinture, remplacer les éléments fragiles, consolider les fixations…
4. Réparer les parties abimées : fixation, comblement des la-
cunes, remplacement des éléments cassés…
5. Remplacer la totalité de l’élément irrémédiablement abîmé,
avec des matériaux et des formes respectueux de l’état d’origine et
du reste de la façade.
Il est conseillé de prendre des photos des décors sous toutes les
coutures et de les archiver. Ainsi, en cas de dégâts, il sera possible
d’en connaître l’état d’origine et éventuellement de le restituer. En
cas de projet de restauration, les documents d’archives (plans, des-
sins) peuvent aussi être utiles.
Des exemples d’erreurs fréquentes à ne pas reproduire !
• Sabler les pierres 1 , briques ou céramiques 2 avec une
technique agressive inappropriée qui ronge les reliefs.
• Négliger l’entretien régulier des boiseries et décors métal-
liques, qui se dégradent à cause de l’humidité 3 .
• Repeindre les fresques décoratives soi-même, alors qu’on
ne maîtrise pas les techniques 4 .
• Arracher des éléments décoratifs de valeur et/ou les rem-
placer par des matériaux de piètre qualité qui se dégrade-
ront vite (ex. oriel arraché 5 ).
• Masquer les éléments dans des caissons inadaptés 6 .
1 2
05
3 4
5 6
Trouver un restaurateur compétent
Les décors des façades comme les sgraffites, vitraux, plaques com-
mémoratives, céramiques, panneaux en ciment sont des éléments
fragiles. Il ne faut pas chercher à les entretenir ou restaurer par soi-
même, au risque de faire pire que mieux. Leur sauvegarde néces-
site donc le recours à des restaurateurs spécialisés. Une difficulté
à laquelle les propriétaires peuvent dès lors être confrontés est de
trouver cette entreprise ou cet artisan capable de mener à bien les
travaux d’entretien, de réparation ou de remplacement à l’identique.
• Le bouche-à-oreille est souvent de bon conseil : il est conseillé
de se renseigner autour de soi, de demander à des connaissances
qui ont fait exécuter des travaux similaires. Une autre méthode est
de repérer des bâtiments où ont été exécutés des travaux de res-
taurations similaires à ceux que vous souhaitez faire exécuter. Si le
résultat semble réussi, vous pouvez alors demander les coordon-
nées des entreprises aux propriétaires.
• Les restaurateurs spécialisés sont recensés dans plusieurs réper-
toires, où leurs coordonnées sont rangées par catégories de tra-
vaux. Voici des sites internet belges où ces informations peuvent
être trouvées :
- Association professionnelle de conservateurs-restaurateurs d’œuvres
d’art (APROA) : [Link]/fr/home
- Union des artisans du patrimoine :
[Link]
- Répertoire des métiers du patrimoine architectural :
[Link]-mé[Link]
Dialoguer avec les entreprises
• Certains travaux peuvent présenter un caractère technique relati-
vement pointu. Si vous avez peur de ne pas pouvoir comprendre les
propositions des entrepreneurs, n’hésitez pas à demander assis-
tance et avis aux conseillers en patrimoine de la Ville de Liège.
Ils sont à votre disposition pour vous aider dans les démarches de
consultation préalables (voir les coordonnées en page 43).
• Il ne faut pas se précipiter sur la première proposition effectuée,
au risque de faire un mauvais choix. Il est conseillé de demander
l’avis de plusieurs restaurateurs avant de prendre sa décision,
pour confronter les analyses et les solutions proposées. En cas de
demande de prime, il est nécessaire de faire une demande de devis
auprès d’au moins trois restaurateurs différents (voir page 43).
• Vous pouvez aussi apprécier la compétence présumée du res-
taurateur lors d’une rencontre. Les paramètres à prendre en compte
sont : la précision des informations communiquées, la clarté et la
complétude du devis, l’écoute de vos questions… 07
• Il faut se méfier des entreprises généralistes qui affirment pouvoir
exécuter le travail alors qu’elles ne disposent pas toujours des com-
pétences en interne. Au contraire, les restaurateurs profession-
nels exécutent généralement des travaux de grande qualité grâce à
une formation spécialisée et une expérience acquise sur le terrain.
Boiseries
Outre les châssis, les décors en bois peuvent être présents sur de
nombreux éléments des façades construites entre le milieu du 19e et
le milieu du 20e siècle : balustrades 1 , décors de corniches 2 3 4 ,
oriels, loggias et auvents 5 6 …
• Le bois peut être attaqué par des champignons ou des insectes, qui
rongent sa structure et la rendent ‘vermoulue’. Ces altérations sont
plus fréquentes si les boiseries sont soumises à une humidité perma-
nente. Le premier conseil d’entretien est donc d’éliminer les sources
d’infiltration d’eau dès qu’elles apparaissent : fissures, cassures,
mauvaise étanchéité, remontée d’humidité par capillarité ascension-
nelle… La ventilation doit être assurée pour assécher les boiseries en
contact avec les espaces intérieurs. Il est aussi déconseillé d’emballer
les parties en bois dans des matières comme le PVC qui masquent
sans les résoudre les dégâts sous-jacents liés à l’humidité.
• Comme les boiseries extérieures sont exposées aux aléas du climat,
un contrôle régulier est nécessaire. Lorsque les peintures de protec-
tion sont écaillées ou décollées, une nouvelle couche de protection
doit être appliquée après ponçage et nettoyage du support. Selon la
nature du bois et le degré d’exposition à la pluie et au soleil, la fré-
quence d’entretien peut varier de tous les 5 ans à tous les 15 ans.
Plus exposées au ruissellement, les parties inférieures doivent être
repeintes ou vernies plus régulièrement.
• Des petits trous en surface indiquent que des insectes ont fait leurs
nids dans des parties en bois. Différents traitements sont possibles
pour les éliminer, comme l’application d’un produit en surface pour
empêcher les nouvelles pontes ou la réalisation d’injections par l’in-
termédiaire de trous de forage.
• Les parties vermoulues peuvent engendrer des problèmes de
stabilité. Si elles sont irrécupérables, elles doivent être éliminées et
remplacées par du bois neuf, sculpté à l’identique (c’est la tech-
nique du ‘greffon’). Ces parties nouvelles seront aussi traitées pré-
ventivement (pulvérisation, badigeonnage, trempage, immersion…).
• Le choix des couleurs peut être guidé par le style et la fonction de
l’élément. Le blanc a souvent été utilisé pour les supports de cor-
niche : comme la couleur réfléchit les rayons du soleil, cela limite les
déformations dues à l’échauffement. L’Art nouveau et l’Art déco ont
introduit des teintes plus variées : bleu, vert, rouge… Le repérage des
pigments d’origine peut guider le choix des teintes en restauration.
1 2
09
3 4
5 6
Décors métalliques
De nombreux éléments des façades liégeoises ont été réalisés en métal :
supports de corniches, balcons, garde-corps, grilles de soupiraux, dé-
crottoirs 1 , chasse-roue 2 , rampes 3 , linteaux 4 … Ces structures uti-
litaires ont été décorées d’une grande diversité de motifs, tant dans le cas
de la fonte moulée industrielle que dans le cas du fer forgé, qui a connu
un renouveau avec l’Art nouveau vers 1900. D’autres éléments métal-
liques n’ont plus qu’un rôle purement décoratif : ‘ancres’ appliquées sur
les parements 4 5 , faîtes et girouettes de toitures 6 …
• Le maintien des éléments d’origine doit toujours être la solution à pri-
vilégier, d’où la nécessité d’un contrôle et d’un entretien réguliers.
En effet, quelques années d’inattention peuvent entraîner des dégâts ir-
réversibles (métal rongé) empêchant la conservation des éléments. Par
contre, des décors métalliques entretenus peuvent être conservés quasi
indéfiniment. Le simple ’arrachage’ des éléments abimés est une solu-
tion peu judicieuse, qui entraîne un appauvrissement de la façade.
• La première action de conservation est la remise en peinture. Pour
ce faire, la couleur ancienne doit être enlevée par ponçage ou décapage.
Après dépoussiérage et dégraissage, une couche de protection antirouille
est ensuite appliquée, avant la nouvelle couche de finition.
• Pour le fer forgé, un renforcement des parties fragiles est possible
(cerclage, ajout d’un support). Si la corrosion est trop avancée, les par-
ties défectueuses peuvent être remplacées à l’identique par un ferronnier.
• Les structures déformées 7 doivent être démontées pour être re-
dressées avant réassemblage. La technique de fixation doit être choisie
en fonction de la méthode d’origine : brides, rivets, vis, boulons, soudure.
• Les parties remplacées des décors en fonte peuvent être réalisées avec
différentes techniques : fonte sphéroïdale, plus résistante à la cassure et
à l’usure, fer forgé, voire résine synthétique (moulage).
• Si toute la structure est dégradée, un remplacement total doit être
envisagé, à l’identique ou dans style contemporain en cohérence avec
le style global.
• Le choix des couleurs est guidé par l’époque et le style : au début du
19e siècle, fonte et fer forgé étaient quasiment toujours peints en noir pour
contraster avec la couleur claire des enduits. A partir de 1900, le style Art
nouveau a introduit une plus grande variété de teintes, en accord avec les
tons des autres éléments de la façade. Une étude stratigraphique visant à
trouver des traces des couleurs d’origine peut orienter les choix.
1 2 3
11
4 5
6 7
Décors métalliques
Recommandations particulières
Grilles des soupiraux et fenêtres de caves
• Soumises au risque de tentative d’effraction, les grilles de protec-
tion des fenêtres de cave ou des soupiraux sont généralement réali-
sées en fer forgé, car la fonte est un matériau cassant qui ne résiste
pas aux chocs 1 .
• Pour éviter l’accumulation des feuilles et des déchets dans la
baie, un treillis à mailles fines peut être placé en complément du
grillage 2 .
Balcons et garde-corps
• L’éclatement des supports en pierre ou en béton sous l’effet
de la pression du métal rouillé est un problème particulier des
balcons 3 . Ces éclats doivent être réparés pour consolider l’as-
sise, après application d’une peinture antirouille sur les éléments
métalliques. Le scellage des tiges métalliques s’effectue par l’in-
termédiaire de feuilles de plomb. La réparation d’un balcon est
aussi l’occasion de vérifier l’assise des pierres afin de supprimer
les risques de chute pour les passants.
• La main courante supérieure des balcons est souvent en bois.
Elle peut être remplacée tout en conservant les supports métalliques
d’origine 4 5 .
Lucarnes
• A la fin du 19e siècle, de nombreuses lucarnes ont été réalisées dans des
modèles préfabriqués en zinc, un métal particulièrement adéquat pour
ces pièces aux formes complexes et fort exposées aux intempéries 6 .
Pour en savoir plus sur la conservation des éléments en fer
forgé, nous conseillons la lecture du guide spécifique édité
par l’Institut du Patrimoine wallon : « Les indispensables du
patrimoine – Travail du métal ».
1 2
13
3 4
5 6
Corniches
La corniche joue un rôle important dans la protection contre l’humi-
dité, puisque le chéneau qu’elle porte assure la récolte des eaux de
toiture et leur évacuation vers le tuyau de descente. Située au sommet
de la façade, la corniche en constitue le couronnement : elle exerce
donc aussi un rôle esthétique dans la composition architecturale 1 2 .
A partir du milieu du 19e siècle, ses supports ont été dotés de décors
de plus en plus volumineux et complexes, contribuant aux effets or-
nementaux qui ont évolué au gré des styles. Vers 1900, les corniches
ont par exemple pris des formes très débordantes, supportées par des
consoles en bois ou en fer forgé finement ouvragées 3 .
• Vu leur position en hauteur et leur plus grande difficulté d’accès,
l’entretien des corniches est malheureusement parfois négligé 4 . Or,
une conduite d’évacuation bouchée ou un élément cassé peuvent
constituer des sources d’humidité entraînant rapidement une dégrada-
tion du reste de la façade (érosion des joints, taches d’humidité, déve-
loppement de mousses, pourrissement des boiseries…).
• Il convient donc de contrôler l’étanchéité de la corniche au moins
une fois par an, par exemple à partir des lucarnes de toitures. Les
feuilles accumulées au cours de l’automne sont enlevées à cette occa-
sion. Si un échafaudage est placé pour d’autres travaux sur la façade, il
faut en profiter pour contrôler la partie inférieure de la corniche.
• L’imperméabilité du chéneau est généralement assurée par un revê-
tement qui doit assurer une pente continue (par exemple en zinc). S’il
est trop abimé pour être réparé, il faut le remplacer. Les revêtements en
asphalte sont déconseillés lorsque les formes sont complexes, car il y a
alors un risque de rupture dans la continuité de l’étanchéité.
• Les supports en bois et en métal doivent être repeints périodique-
ment. Ci-contre, un exemple avant et après remise en peinture 5 .
Une peinture de qualité permettra d’allonger les délais entre deux
applications.
• La solution consistant à ‘emballer’ la corniche dans un caisson en
PVC est absolument à proscrire. En masquant les décors, elle est dé-
sastreuse sur le plan esthétique. En outre, elle ne permet plus d’avoir
un contrôle visuel sur les dégradations causées par l’eau.
• Il existe des entreprises spécialisées dans l’entretien des corniches,
qui peut s’effectuer à partir d’une nacelle.
1 2
15
3 4
Avant Après
5
Décors peints
• Il ne faut jamais chercher à restaurer ou repeindre les panneaux par
soi-même. L’entretien et la restauration des panneaux nécessitent de
faire appel à des restaurateurs spécialisés qui établiront un diagnostic
de l’état des fresques et peintures. Ils définiront sur cette base les inter-
ventions appropriées : nettoyage, consolidation des couches, restitution
des couleurs d’origine…
• Il faut aussi prendre les mesures de protection adéquates lors d’in-
terventions sur d’autres parties de la façade : éviter le contact avec
l’eau savonneuse en cas de nettoyage des vitres, installer un panneau
de protection entouré d’un joint étanche en cas de sablage de la façade,
poser un plastique de protection pour éviter les éclaboussures en cas de
mise en peinture… Attention aussi à ne jamais placer de ruban adhésif
sur l’enduit.
• D’intéressants motifs ont été peints sur certaines façades des années
’50 et ’60, dans l’esprit artistique du moment 1 3 .
Publicités murales
Les publicités murales constituent un autre témoignage émouvant
des modes de vie passés. Les panneaux encore existants peuvent être
conservés et mêmes restaurés par des spécialistes, comme le montre
l’exemple ci-contre 2 .
Sgraffites
Le sgraffite est une technique de fresque particulière, appliquée entre les
années 1895 et 1920. Deux couches d’enduits sont superposées : une
couche de fond de couleur sombre, et une couche superficielle claire,
qui est incisée et mise en couleur pour dessiner des motifs 4 5 6 .
• Différents types d’altération sont observables : décoloration,
encrassage, décollement, effritement des enduits… Traitées à temps,
ces dégradations sont néanmoins réparables, d’où la nécessité d’une
observation régulière pour en détecter les premiers signes : taches
blanches ou noires, microfissures, détachements. Il faut agir particu-
lièrement rapidement en cas de décollement ou de source d’humidité.
• Un inventaire des sgraffites de Liège peut être téléchargé sur le site de
la Ville : [Link]/urbanisme/publications. Plusieurs exemples de
sgraffites restaurés récemment y sont montrés.
Avant Après
1 2
Avant
17
Après
3 4
5 6
Céramiques
De nombreuses façades liégeoises sont ornées de décors en céra-
mique. Les motifs et les modes de mise en œuvre ont suivi l’évolu-
tion des styles : carreaux à motifs floraux ou symbolistes dans l’art
nouveau 1 , formes abstraites 2 3 , enseignes figuratives 4 , scènes
avec personnages 5 , figures en relief dans les années ’50 et ’60 6 .
• Les décors en céramique résistent assez bien à l’usure de temps. Les
fendillements ou craquelures constituent une évolution normale de
l’émail, non problématiques s’ils sont limités. Il faut toutefois être at-
tentif aux éventuels éclats, fissures et cassures, qui peuvent dégager
un accès de l’eau vers les parties poreuses. En effet, le gel peut entraîner
des dégâts importants avec l’éclatement et le détachement des parties
soulevées par les couches de glace. Il faut également agir vite en cas
de lacune plus importante (joint manquant, carreau cassé ou descellé
et instable…).
• La règle de base pour l’entretien est le respect du matériau 1 . Ainsi,
un simple nettoyage à l’eau et savon doux est préconisé. Si cela ne
suffit pas, une autre solution est de frotter longuement avec un chiffon
de coton ou une boule d’ouate trempée dans une solution d’alcool à
brûler ou une substance comme l’acétone. Un conseil de spécialistes
peut être utile.
Attention ! Le sablage est totalement proscrit : il endom-
mage la surface de cuisson des céramiques et accélère en-
suite leur encrassement. De même, le nettoyage haute
pression est déconseillé, car les chocs thermiques et mé-
caniques abîment les céramiques et les joints.
• Il est conseillé de conserver les morceaux détachés ou tombés en
vue d’une possible réparation, car il est difficile de trouver des pièces de
remplacement et la reproduction à l’identique est coûteuse.
• En cas de nécessité de réparation, il est vivement conseillé de faire
appel à un professionnel, qui procèdera à un diagnostic préliminaire
pour définir le scénario d’intervention le plus approprié ainsi que son
coût : nettoyage sur place, injection de résine synthétique, consolida-
tion après démontage, repose sur nouveau mortier… Le restaurateur
professionnel veille à la qualité des interventions : réalisation de tests
préalables sur surfaces limitées, contrôle constant de l’avancement, etc.
Avant
Après
1 2
19
3 4
5 6
Carreaux de ciment
Les carreaux de ciment ont été produits en usine à partir des années 1870 :
des presses puissantes compriment les couches de ciment colorées qui
forment les motifs sur les panneaux durcis. Peu coûteux, les carreaux de
ciment ont été largement utilisés dans des maisons liégeoises comme
revêtement de sol et comme ornement des façades 1 2 3 4 5 .
• Les panneaux de ciment doivent être entretenus à sec avec des
brosses à poils souples. Les matériaux abrasifs et les nettoyeurs à
haute pression sont à proscrire, car ils attaquent et raient la surface des
panneaux. Éventuellement, une faible quantité d’eau chaude peut être
appliquée avec un torchon microfibre, additionnée de savon noir ou de
savon de Marseille. Il ne faut pas utiliser les produits acides (vinaigre)
et les produits basiques (eau de javel), car ils attaquent les panneaux.
• Poreux, les pavés de ciment sont sensibles à la crasse 1 6 , aux
taches et à l’humidité. Des liquides bouche-pore oléofuges et hydro-
fuges peuvent être appliqués pour créer une couche d’étanchéité et
de protection sans modifier l’aspect du carreau. L’application doit
être soignée, car le produit appliqué en excès crée des taches brillantes.
Il est conseillé de se renseigner auprès de magasins spécialisés pour
effectuer les bons choix.
• En cas de cassure, il faut combler rapidement la lacune pour éviter
que l’infiltration de l’eau n’accroisse les dégâts. Si le mortier de pose
perd sa cohésion, il faut envisager la stabilisation par injection d’un
mortier liquide via un forage dans les joints. Si cette solution n’est pas
applicable, les panneaux doivent être démontés puis replacés sur un
nouveau mortier de même composition, afin d’éviter les chutes. Ces
opérations doivent impérativement être effectuées par un spécialiste.
• Il est possible de trouver des carreaux de remplacement identiques sur
le marché des matériaux de récupération. Certains motifs sont par ail-
leurs toujours produits et commercialisés. Si le volume de commande est
important, il est même possible de faire reproduire les motifs souhaités.
Pour en savoir plus sur les céramiques et les carreaux de ci-
ment, nous conseillons la lecture du dossier spécifique édité
par l’Institut du Patrimoine wallon : « Splendeurs domes-
tiques - Les carrelages de sol et de mur en céramique et en
ciment en Belgique » 6 .
1 2
21
3 4
5 6
Mosaïques
Les décors en mosaïque sont composés d’un assemblage de petits
cubes de marbre posés sur un fond de mortier. Ayant évolué avec les
différents styles, les motifs sont très variés : végétation, personnages,
décors abstraits 1 2 3 4 . Dans les années 1960, des panneaux de
mosaïque ont aussi été appliqués en parement sur de nombreux im-
meubles à appartements.
• Attention : il ne faut jamais sabler les mosaïques, car cela arrache
les éléments ! Le nettoyage des panneaux doit toujours s’effectuer
avec des produits adéquats non agressifs, un chiffon mouillé est par-
fois suffisament efficace.
• Si les joints sont en mauvais état, il faut veiller à ne pas exercer une
pression trop forte, qui entraînerait un décollement.
• Si des pertes de matière sont constatées, il est conseillé de combler
immédiatement les lacunes avec du plâtre ou du mortier de chaux pour
stopper les infiltrations d’eau et la poursuite des détachements. Le reste
du décor est ainsi stabilisé en attendant la réparation complète.
• Les tesselles manquantes peuvent parfois être remplacées, mais il est
souvent nécessaire de déposer l’ensemble du panneau et de le refixer
après consolidation. La restauration doit toujours être confiée à des en-
treprises et artisans spécialisés, qui utiliseront les techniques et maté-
riaux adéquats, après un diagnostic avisé.
Granitos - terrazzos
Le granito est un mélange de granulats colorés et de ciment, coulé
sur place, compressé au rouleau, puis poli. Fréquemment utilisé dans
l’entre-deux-guerres comme revêtement de sol 5 , il forme aussi parfois
la partie inférieure des murs 6 .
• Le granito est imperméable et peu salissant. Pour le nettoyer, il faut
utiliser un torchon microfibre et de l’eau additionnée d’un peu de sa-
von de Marseille (trois cuillères à soupe par cinq litres d’eau) ou de
cristaux de soude (une tasse à café par litre). Tous les produits acides
comme le vinaigre et les anticalcaires sont à éviter, car ils attaquent la
matière minérale. Il convient aussi d’éviter les produits filmogènes qui
laissent un dépôt, ternissent les couleurs et accélèrent l’encrassement.
• Le granito est extrêmement robuste et peut se conserver pendant des dé-
cennies. Des entreprises spécialisées peuvent réparer les fissures ou éclats.
1 2
23
3 4
5 6
Enduits et moulurations
La première fonction des couches d’enduits placées sur les façades
est d’assurer leur protection contre l’humidité. A la fin du 19e siècle,
les techniques de mise en œuvre se sont diversifiées, avec un rôle
esthétique de plus en plus important : enduits lissés finement, enduits
granuleux (de type ‘tyrolienne’), enduits grattés imitant la pierre, en-
duits stuqués… Le summum de l’aspect décoratif est atteint avec les
décors moulurés en relief. L’éventail des formes est infini : motifs
végétaux 1 , bossages, pilastres 2 , encadrement de panneaux, lin-
teaux en forme de personnages 5 … Certains motifs ont été façonnés
sur place, d’autres sont des éléments préfabriqués appliqués.
• Dans les exemples 3 4 ci-contre, les enduits stuqués et moulurés ont été
arrachés (fenêtre de droite sur 4 ). Or, l’arrachage des moulures et des
enduits entraîne toujours un appauvrissement décoratif de la façade. Il
rend apparentes les briques et pierres sous-jacentes qui n’avaient pas été
placées pour être visibles. Ces matériaux ont souvent été martelés pour
accrocher le mortier : leur surface rugueuse est inesthétique et favorise
les dépôts de saleté.
• Sans couche de protection, les briques qui n’ont pas été conçues pour
être exposées à la pluie s’abîment plus vite : elles peuvent devenir friables
et/ou absorber l’humidité 3 . En résumé, un ‘sablage’ ou ‘décapage’ pour
retrouver les matériaux sous-jacent n‘a pas de sens si la façade originale
a été conçue pour recevoir un décor d’enduit. Il est plus judicieux de le
conserver et de le réparer, non seulement pour des raisons esthétiques,
mais également techniques.
• En cas de chute d’une partie du décor, il convient de conserver les mor-
ceaux pour une éventuelle repose. Les parties manquantes peuvent être
reconstituées par un artisan spécialisé, sur base des décors subsistants.
• Une (re-)mise en peinture renforce la protection contre l’érosion 5 et
permet un rafraîchissement de la façade ou de certains éléments décoratifs
à peu de frais. La plupart des enduits liégeois du 19e siècle et du début du
20e sont traditionnellement peints dans des tonalités claires : blanc, blanc
légèrement teinté 6 . Des teintes plus vives peuvent être ponctuellement
envisagées, si cela cadre harmonieusement avec le style de la façade et la
cohérence de la rue. Le choix doit se porter sur un badigeon naturel à base
de chaux, qui laissera respirer la façade. Attention ! Un permis d’urba-
nisme est nécessaire en cas de changement de couleur.
• Certains enduits peuvent aussi être couverts d’une couche de protection
facilitant l’enlèvement des tags.
1 2
25
3 4
5 6
Décors en ciment et béton
Au début du 20e siècle, sur de nombreuses façades, les décors en reliefs
sont réalisés dans des techniques d’enduit non plus à base de chaux, mais
à base de ciment 1 . L’éventail des formes est à nouveau infini : pilastres,
encadrement des baies 2 , motifs végétaux 2 , animaux, têtes de person-
nages… Sur de nombreuses façades, les décors se limitent à des panneaux
moulés de taille plus limitée, posés dans des endroits stratégiques 3 .
Pendant l’entre-deux-guerres, des façades de style Art déco intègrent sou-
vent des décors cimentés avec des motifs aux formes géométriques 4 .
Dans la seconde moitié du 20e siècle, des parois en béton ont parfois été
traitées dans la masse pour créer des motifs abstraits 5 . Certaines façades
comportent même des parties en ciment ou béton, avec un aspect extérieur
imitant à s’y méprendre la pierre de taille 6 .
• Comme pour les enduits traditionnels, l’arrachage des décors en
ciment doit être évité, sous peine d’entraîner un appauvrissement
de la façade, voire de créer des désordres techniques en exposant les
matériaux sous-jacents non destinés à être en contact avec la pluie.
• Les décors en ciment ou en béton ne doivent pas non plus être sa-
blés, car la projection des grains de sable entraîne une érosion impor-
tante des formes. Moyennant essai préalable sur une petite surface,
l’hydrogommage (eau et particules de taille très fine) peut constituer
une solution adéquate pour un nettoyage non agressif.
• Une (re-)mise en peinture permet un rafraîchissement de la façade
ou de certains éléments à peu de frais 3 . Attention cependant à
choisir des tonalités compatibles entre elles, avec le style de la
façade et avec les tonalités dominantes de la rue.
Les décors cimentés en relief sont géné-
ralement réalisés autour de structures
en fer. Si l’eau s’infiltre par des fissures,
les armatures peuvent rouiller, gonfler
et finir par faire éclater le parement.
Avant toute réparation, il convient donc
d’appliquer un traitement antirouille
pour éviter une nouvelle corrosion. Les
morceaux manquants doivent ensuite
être recollés ou recomposés.
1 2
27
3 4
5 6
Pierres sculptées
De nombreuses façades liégeoises incorporent des décors en pierres
sculptées. L’éventail des motifs témoigne à nouveau d’une grande va-
riété : figures humaines 1 , animaux 3 , feuillages, fleurs 4 , motifs
géométriques… Des motifs anciens ont aussi été réinterprétés 2 .
• Les types de pierres ont aussi évolué avec les modes. Très long-
temps, le calcaire de Meuse a été la seule pierre utilisée dans la
construction civile liégeoise. La gamme s’est largement diversifiée à
partir de la fin du 19e siècle, avec l’importation de pierres étrangères
de textures et couleurs diverses 2 .
• Comme pour les autres matériaux, un principe général est d’éviter les
entrées d’eau, en particulier au niveau des pierres poreuses comme le grès.
L’humidité et le gel peuvent causer des dégâts. Les paramètres à contrôler
sont nombreux : étanchéité de la corniche, curage des descentes d’eau,
blocage de l’humidité ascensionnelle, rejointoiement des maçonneries…
• La solution d’entretien adéquate doit être définie après un examen at-
tentif. Elle dépend du type d’encrassement, de la nature de la pierre, de
sa dureté, de son état d’altération. Un nettoyage à l’eau savonneuse est
parfois suffisant. La pierre calcaire ‘bleue’, peut être nettoyée sans trop
de difficultés. Les pierres plus fragiles nécessitent plus de précaution
(pas de brosses métalliques par exemple). La technique du sablage est
à proscrire pour les pierres plus fragiles comme le grès ou le tuffeau,
qu’elle attaque littéralement 2 . En arrachant leurs couches de pro-
tection extérieures, le sablage peut aussi rendre les pierres poreuses,
accélérant ainsi leur érosion.
• Un vernis de protection anti-tags peut être appliqué sur certaines pierres
pour faciliter l’élimination des peintures non souhaitées. Attention que ce
type de protection ne convient pas à tous les types de matériaux.
• Lors d’une restauration, les pierres trop abimées peuvent être rem-
placées par des pierres nouvelles taillées à l’identique.
Les enseignes en pierre 5 6 7
Pendant les 17e et 18e siècles, de nombreuses enseignes en
pierre ont été placées sur les bâtiments liégeois. Lors de
leur restauration, un enjeu particulier est la restitution des
couleurs perdues au cours du temps et qui améliorent net-
tement la lisibilité des motifs. Le choix judicieux des coloris
doit s’appuyer sur une analyse préalable.
1 2
29
3 4
6 7
Châssis
Les châssis regroupent différents éléments des façades : fenêtres, portes
d’entrées, portes de garage, oriels (loggias)… Certains châssis d’origine
en bois ou en métal présentent des décors exceptionnels, dont la conser-
vation doit être envisagée de préférence et à tout autre intervention. Il peut
s’agir de boiseries sculptées 2 4 , de ferronneries ouvragées 1 6 , de
verres biseautés ou colorés 3 … Leur conservation n’empêche pas des
adaptations pour améliorer les performances thermiques, acoustiques ou
de sécurité.
• En premier lieu, il convient d’assurer un entretien régulier, par
exemple avec une remise en peinture à échéance régulière des struc-
tures en bois ou en métal.
• De nombreuses actions permettent d’améliorer les performances des
structures existantes : pose de joints d’isolation souples pour com-
pléter l’étanchéité sur le pourtour des éléments ouvrants, pose d’un
double vitrage sur un châssis ancien, placement d’un second châssis
isolant à l’intérieur de la baie, installation d’une seconde porte formant
sas d’entrée, fermeture par des tentures à mailles serrées…
• Les parties cassées, déformées ou vermoulues peuvent être rempla-
cées par des éléments préparés à l’identique par des professionnels.
Le remplacement total ne doit être envisagé que si l’ensemble de la
structure est vraiment irrécupérable. Dans ce cas, un remplacement
à l’identique peut constituer une solution pour conserver l’équilibre
d’origine de la façade.
Pour de plus amples renseignements
sur cette thématique, nous conseil-
lons la lecture du Guide des bonnes
pratiques spécifiquement consacré
aux châssis. Il illustre de nombreux
conseils concrets pour améliorer
les structures des fenêtres, portes
et oriels existants ou pour effectuer
les bons choix en cas de pose de nou-
veaux châssis (matériaux, styles et
formes, couleurs…).
1 2
31
3 4
5 6
Châssis - recommandations particulières
Oriels (loggias)
Aussi appelés ‘loggia’ à Liège, les oriels ou bretèches sont des structures
fréquentes dans l’architecture liégeoise. Beaucoup ont été réalisés en bois,
ou dans une combinaison bois - métal 1 . Leurs décors d’origine, finement
ouvragés, participent à la beauté et à l’équilibre des façades. Leur arra-
chage ou leur remplacement par des structures médiocres entraîne donc
une banalisation et une perte de qualité de l’architecture.
• Particulièrement exposées à la pluie, les structures en bois et en
métal des oriels doivent être contrôlées et repeintes régulièrement 2 .
• Un second châssis placé à l’entrée de la baie permet d’obtenir des
performances d’isolation optimales sans devoir modifier l’esthétique
de la façade. Les structures extérieures doivent néanmoins toujours
être entretenues pour ne pas se dégrader 3 .
• Une autre solution consiste à remplacer uniquement les parties
vitrées pour placer un double vitrage dans une structure au décor
conservé 2 .
• Enfin, si l’ensemble de la structure se trouve trop dégradé par
manque d’entretien, il reste encore la possibilité de reproduire l’en-
semble à l’identique. Plusieurs interventions qualitatives de ce type
ont été réalisées récemment à Liège 4 .
• Il faut faire attention à ne pas négliger l’entretien des consoles de
support en bois ou en métal, particulièrement exposées à l’eau de
ruissellement 1 .
Ferronneries
Parmi les décors métalliques, il convient de pointer la grande finesse des
ferronneries de certains châssis : serrures, gonds, heurtoirs, poignées,
boîtes aux lettres 5 6 7 8 . La gamme des matériaux contribue ici aussi
à la variété chromatique des façades : bronze, cuivre, laiton, aluminium…
Ces éléments sont parfois des petits chefs-d’œuvre qui méritent une
conservation soigneuse, quitte à les remonter sur de nouvelles structures si
les boiseries d’origine ne peuvent pas être conservées.
1 2
33
Avant Après
3 4
5 6 8
Vitraux
Avec le renouveau des arts décoratifs de la fin du 19e siècle, les façades
intègrent des compositions en vitrail coloré 1 . Dans les styles Art nou-
veau 2 3 4 5 et Art déco 6 , le sertissage en plomb devient lui-même
une composante du motif. Les emplacements peuvent être variés :
baies d’imposte, oriel, brise-vue, vérandas, portes vitrées intérieures…
• Un premier conseil est de nettoyer régulièrement les vitraux : enlève-
ment des salissures, des toiles d’araignées… Le nettoyage périodique est
l’occasion d’un contrôle, permettant d’intervenir à temps en cas de dégâts.
• Si le scellement s’effrite ou qu’une perte d’étanchéité est constatée,
il convient de colmater le tout pour éviter les infiltrations d’eau. Une
plaque de contreplaqué peut être placé contre le vitrail en attendant
la réparation.
• En cas de dégâts, il convient de garder toutes les pièces cassées
même celles tombées au sol. Le mieux est de déposer les morceaux
dans un carton, éventuellement collés au gros scotch, en indiquant la
baie d’où ils proviennent. Ces pièces seront utiles lors de la réparation.
• Divers types d’altérations peuvent menacer les vitraux : déformation
des supports en plomb, décollement des mastics de fixation, cassures
des vitraux, chutes, mauvaises réparations… Les restaurations doivent
impérativement s’effectuer par des maîtres-verriers qui effectueront
un diagnostic avant de définir les travaux à réaliser.
• La restauration implique différentes étapes : relevé et mesurage,
consolidation des pièces fragiles, démontage, nettoyage des éléments,
découpe de nouveaux segments, remise en plomb, remontage.
• Lors d’une restitution de parties manquantes, il convient de respecter
les motifs et les effets chromatiques d’origine. Le maître verrier pourra
trouver dans son stock les morceaux de verre adéquats : verre soufflé à
l’ancienne, verres industriels imprimés en relief, verres opalescents…
• Il est possible d’améliorer l’isolation thermique de la baie par la pose
d’un second châssis isolant, placé à l’intérieur ou à l’extérieur. Dans
ce dernier cas, un double vitrage feuilleté offrira aussi une protection
contre les agressions extérieures (pierres, grêle, vol…). Attention à
la ventilation, pour éviter les phénomènes de condensation. Il est
aussi possible de remonter des vitraux dans un nouveau châssis de
fenêtre à double vitrage.
1 2
35
3 4
5 6
Plaques commémoratives
Placées sur certaines façades pour évoquer un personnage ou un évè-
nement, les plaques commémoratives nous mettent directement en
contact avec l’histoire passionnante de Liège 1 2 .
• Qu’elles soient en métal, en pierre ou dans d’autres matériaux,
ces plaques méritent d’être conservées, entretenues et réparées si
nécessaire.
• Beaucoup de panneaux portent des inscriptions et des motifs peints
dans une couleur différente de celle du fond. Si elle s’est atténuée avec le
temps, il est conseillé de la restituer pour une meilleure lisibilité du texte.
Potales
Les potales sont des petites chapelles murales en bois 3 4 , en
pierre 5 ou fer, accrochées aux façades et contenant une statue.
Témoignage de la piété d’autrefois, elles parsèment les quartiers de
la ville. Elles constituent par exemple une composante importante
des traditions et du folklore du quartier d’Outremeuse.
• Les destructions pour vol étant une cause de dégradation, il est
conseillé de prendre des mesures pour décourager les candidats
comme le placement d’une grille ou d’un verre de sécurité ou le rem-
placement de la statue ancienne par une copie contemporaine sans va-
leur marchande.
Barrières et portails
Les grilles ou portails de jardins peuvent également adopter une di-
mension artistique. Des clôtures en bois, en fer forgé, en brique ou
béton ont parfois été conçues pour créer des motifs originaux et / ou
d’une grande finesse 6 7 . La conservation de ces éléments originaux
doit donc être envisagée.
• Il faut agir dès les premiers signes d’affaissement, de cassure, ou de
déformation pour réduire les coûts de réparation.
• Pour les structures en béton armé, l’intervention doit viser la mise à
l’abri de la rouille des barres métalliques intérieures.
• Les structures en bois ou en métal doivent être régulièrement repeintes.
1 2
37
3 4 5
6 7
Devantures commerciales anciennes
Les devantures commerciales anciennes témoignent des efforts autre-
fois fournis par les commerçants pour mettre en valeur leurs produits.
La conservation de ces structures historiques devenues rares confère
un cachet particulier au bâtiment, qu’il soit toujours affecté au com-
merce ou reconverti à d’autres fonctions.
• Les devantures commerciales à valeur patrimoniale peuvent être fa-
cilement adaptées à un nouveau commerce, par simple changement
de l’enseigne ou la pose d’une nouvelle inscription au niveau de la
vitrine. Leur cachet peut d’ailleurs contribuer à créer une identité forte
pour le magasin qu’elles abritent 1 2 4 .
• Il convient d’appliquer aux devantures commerciales les conseils
généraux d’entretien développés par ailleurs dans le guide : remise en
peinture des boiseries, restauration des vitraux abimés, consolidation
des structures métalliques… 3 6
• En cas de transformation en logement, la conservation des structures
anciennes maintient également un caractère d’authenticité supplémen-
taire au bâtiment. Des solutions existent alors pour protéger l’intimité
ou améliorer l’isolation : brise-vue translucide, second châssis isolant
placé derrière la vitrine… 5
Pour de plus amples rensei-
gnements sur la thématique
des devantures commerciales,
nous conseillons la lecture du
guide des bonnes pratiques
consacré aux façades com-
merciales du centre de Liège.
1 2
39
3 4
5 6
Créations contemporaines
L’intégration de motifs décoratifs sur les façades est beaucoup
moins fréquente depuis les années 1970. Plusieurs exemples repé-
rés dans les rues de Liège montrent toutefois qu’il est toujours pos-
sible d’intégrer des créations artistiques contemporaines sur des
façades anciennes ou nouvelles.
• Sur une façade dont les éléments décoratifs ont été arrachés ou
remplacés par des décors médiocres, il est possible de procéder à
un remplacement par de nouveaux éléments présentant une qualité
technique et esthétique. Mosaïques 1 , ferronneries 2 3 , boiseries 4 ,
vitraux 5 , ou même pierres sculptées 6 peuvent ainsi être conçus
comme de véritables créations artistiques contribuant à embellir
nos façades et nos rues.
• Les motifs et couleurs des nouvelles créations peuvent s’inspirer
des éléments d’origine, des autres composantes de la façade ou
même des bâtiments voisins. L’harmonie à l’échelle de la façade et
de la rue doit rester un objectif principal.
1 2
41
3 4
5 6
Renseignements pratiques
Conseils administratifs et techniques
A l’exception des bâtiments classés, les travaux d’entretien ne né-
cessitent pas de permis. Si les interventions modifient l’aspect de la
façade, la demande préalable d’un permis d’urbanisme peut s’avérer
nécessaire.
Vous pouvez vous adresser aux conseillers spécialisés de la Ville
pour vous aider à identifier les solutions les plus appropriées à
votre façade.
Service des Permis d’urbanisme de la Ville de Liège
Adresse : Ilot Saint-Georges, 4e étage, 10, la Batte, 4000 Liège
[Link]
Architecte conseillère en patrimoine :
Françoise Bovy,
[Link]@[Link] - Tél. 04 221 90 90
Cellule «arts et aménagement» du Service des Travaux
Adresse : 94, en Feronstrée, 4000 Liège
Historienne de l’art conseillère en petit patrimoine :
Catherine Galimont,
[Link]@[Link] - Tél. 04 221 88 98
Aides financières « petit patrimoine populaire de Wallonie »
Cette aide de la Région wallonne vise « des petits éléments construits,
individuels ou partie intégrante d’un ensemble, qui agrémentent le
cadre de vie, servent de repères à une population locale ou contribuent
au sentiment d’appartenance, et qui font ou non l’objet d’une mesure
de protection. »
De nombreux éléments présentés dans ce guide peuvent être pris
en considération par le petit patrimoine. L’aide financière intervient
pour les travaux d’entretien, de réfection, de rénovation et de
restauration d’éléments visibles depuis la voirie ou accessibles
au public.
En 2016, le montant maximal de la subvention s’éleve à 7.500 euros
par dossier, pouvant dans certains cas couvrir jusqu’à 100 % du coût
des travaux (et ce toujours sous réserve de l’épuisement des budgets
disponibles). Pour obtenir plus de renseignements sur les démarches
à effectuer pour introduire une demande de prime, il est conseillé de
prendre contact avec la Cellule du Petit patrimoine du Service public 43
09
de Wallonie.
Service Public de Wallonie
Cellule du petit patrimoine populaire wallon
Adresse : 1, rue des Brigades d’Irlande, 5100 Jambes
Contacts :
[Link]@[Link]
[Link]@[Link]
Tél. 081 33 21 70 - 081 33 21 78
Voir aussi la page web « petit patrimoine populaire wallon »
n is me,
d e l’ U rb a
d e la C u lt u re e t
s , É c h e v in
en
rr e H u p k
: J e a n P ie nt
spo n s a b le
iq u e s : énageme
É d it e u r re é e B - 4 0 0 0 L iè g e ré d it s p h o to g ra p h - S e rv ic e d e l’ A m
s tr c e
9 2 fé ro n m is e e n p a g e e t d e la V il le d e L iè g
c ti o n , is m e
Réda rb a n
e n t d e l’ U
D é p a rt e m v e m b re 2 0 1 6
É d it io n :
no L iè g e
n : C IM - V il le d e e
Im p re s s rb a n is m e @ li e g e .b
io
u
C o n ta c t :