DEVOIR SURVEILLÉ N◦ : 6
MATHÉMATIQUES
Durée : 4 heures
N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de
la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il
le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives
qu’il a été amené à prendre.
RAPPEL DES CONSIGNES
• Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre com-
position ; d’autres couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les
schémas et la mise en évidence des résultats.
• Ne pas utiliser de correcteur.
• Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.
Les calculatrices sont interdites
Le sujet comprend deux exercices et deux problèmes.
Exercice 1:
Les questions sont indépendantes.
Q.1. Déterminer les limites suivantes.
ln(x + 1) − ln(x + 2)
(a) lim ;
x→+∞ x+1
sin
x2 + 1
2 x
x + 2x − 3
(b) lim ;
x→+∞ x2 − x + 1
esin x − ex
(c) lim .
x→0 sin x − tan x
Q.2. Montrer que le graphe de la fonction
x2 1/x
f : x 7→
e
x+1
admet en −∞ et en +∞ une asymptote oblique. Préciser, au voisinage de −∞ et de +∞, la position
du graphe de f par rapport à cette asymptote.
Q.3. Effectuer les développements limités suivants.
√
(a) DL3 (4) de x 7→ x ;
(b) DL3 (1/6) de x 7→ sin(πx) ;
√
3+x
(c) DL4 (0) de x 7→ arctan √ .
1+x 3
Problème 1:
On considère les fonctions suivantes g et fx (où x est un paramètre réel) définies sur R∗ par
g(t) = t
pour tout t ̸= 0.
et − 1 .
xt
fx (t) = g(t)e
Q.4. Montrer que g admet un développement limité à tout ordre n en 0 ,
n
X
g(t) = bk tk + o (tn ) .
t→0
k=0
Q.5. Calculer les coefficients bk pour tout [[0, 5]]. Vérifier que b5 = 0.
Q.6. Étudier la parité de la fonction t 7→ 2g(t) + t. Qu’en déduit-on concernant les coefficients bk ?
k
X bk−j
Q.7. Calculer, pour tout k ∈ N∗ , la somme .
(j + 1)!
j=0
Q.8. Montrer que, pour tout x ∈ R, la fonction gx admet un développement limité à tout ordre n en 0 ,
n
X
fx (t) = Bk (x)tk + o (tn ) .
t→0
k=0
Vérifier que, pour tout k ∈ N, Bk est un polynôme de degré k et expliciter ses coefficients à l’aide des
termes de la suite (bj )j ⩾0 .
1/3
Q.9. Montrer que, pour tout k ∈ N∗ , on a
Z 1
Bk′ = Bk−1 et Bk (x)dx = 0.
0
Q.10. Comparer fx (t) et f1−x (−t). En déduire, pour tout k ∈ N, une relation liant les polynômes
Bk (1 − X) et Bk (X).
Q.11. Simplifier f1+x (t) − fx (t). Calculer, pour tout k ∈ N∗ , le polynôme
Bk (X + 1) − Bk (X).
Problème 2: Équations et inéquations différentielles d’ordre 1
Soit b et h des fonctions réelles, continues sur R. On considère l’équation différentielle :
y ′ + b(t)y = h(t). (1)
On note S l’ensemble de ses solutions et S0 l’ensemble des solutions de l’équation homogène associée.
On note enfin B la primitive de la fonction b qui s’annule en 0 .
Partie I: Résolution de (1)
Q.12. Justifier l’existence de B par un théorème puis écrire son expression à l’aide d’une intégrale.
Q.13. Donner l’ensemble des solutions S0 de l’équation homogène associée à (1).
On note désormais f0 : t 7→ e−B(t) .
Q.14. Soit f et λ des fonctions dérivables sur R et telles que f (t) = λ(t)f0 (t), pour tout t ∈ R. À quelle
condition nécessaire et suffisante sur la fonction λ a t-on f ∈ S ?
Q.15. En déduire que f ∈ S si et seulement si il existe un réel µ tel que (Formule de Duhamel) :
Z t
−B(t)
f : t 7→ µe + eB(s)−B(t) h(s)ds.
0
Partie II: Bornitude et comportement asymptotique des solutions
On suppose dans cette partie que b est constante strictement positive.
Q.16. On suppose la fonction h bornée sur R+ et on note M = sup |h(t)|.
t∈R+
Soit f ∈ S. Montrer la majoration suivante pour tout t ∈ R+ :
Z t
|f (t)| ⩽ |f (0)| + M e(s−t)b ds.
0
En déduire que f est bornée sur R+ .
Q.17. On suppose de plus vérifiées les conditions ( h positive) et (h(t) −→ 0).
t→+∞
Soit f ∈ S. Prouver l’inégalité pour tout t > 0 :
Z t/2 Z t
−t/2
|f (t) − f (0)| ⩽ e h(0)ds + e(s−t)b h(t/2)ds.
0 t/2
2/3
Q.18. En déduire que dans ce cas, f (t) −→ f (0).
t→+∞
Partie III: Inégalité différentielle
Soit f : R → R une fonction dérivable, vérifiant l’inégalité différentielle :
f ′ (t) + b(t)f (t) ⩽ 0,
pour tout t ∈ R+ . L’objectif est d’établir le Lemme de Grönwall :
∀t ⩾ 0, f (t) ⩽ f (0)e−B(t) .
Soit h une fonction continue telle que h(t) ⩽ 0, pour tout t, et soit K un réel. On considère le problème
de Cauchy linéaire suivant sur R+ : (
y ′ + b(t)y = h(t)
.
y(0) =K
Q.19. Montrer que ce problème admet une unique solution fK que l’on explicitera à l’aide de Q15.
Q.20. Vérifier que l’intégrale au Q15 est négative puis que fK (t) ⩽ Ke−B(t) , pour tout t ⩾ 0.
Q.21. Conclure.
Exercice 2: Le coefficient de Stirling (de seconde espèce)
( )
p
Soient p, n ∈ N. Le coefficient de Stirling (de seconde espèce) , qui se lit « p recouvre n » est défini
n
par :
n
( ) !
p 1 X n
= (−1)n−k kp
n n! k
k=0
( )
p
L’objectif de cet exercice est de déterminer pour p ∈ J0, n + 2K à l’aide de développements limités.
n
t n
Q.22. Démontrer que la fonction f (t) = e −1t admet un développement limité de la forme
n n(bn + c) 2
t + o t2 ,
f (t) = 1 + t+
a d t→0
où a, b, c, d désignent des nombres entiers que l’on précisera. En déduire un développement limité en 0
n
à l’ordre n + 2 de la fonction g(t) = et − 1 .
Q.23. Développer g à l’aide du binôme de Newton, puis dériver p fois pour en déduire que
( )
p
g (p) (0) = n!
n
( )
p
Q.24. Utiliser la formule de Taylor-Young et l’unicité des DL afin de donner la valeur de lorsque
n
p ∈ J0, N + 2K.
FIN
3/3