Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
2.1 Les propriétés de l’essai de traction
2.1.1 Définition de l’essai
L’essai le plus courant permettant de déterminer le comportement mécanique d’un
matériau est l’essai de traction. On applique une force de traction sur un barreau de dimension
standardisée, jusqu’à sa rupture suivant un processus de mise en charge à vitesse de déformation
constante.
2.1.2 Eprouvette
Les éprouvettes de l’essai de traction uni-axiale
ordinaires sont de forme généralement cylindrique
ou prismatique, elles sont soigneusement polies et
calibrées (figure 2-2).
La longueur de la partie calibrée l0 doit être
proportionnelle à la section selon l’expression
suivante : l0 5,65 S0 , où (l0) : longueur initiale
Figure 2-2 : Eprouvettes de traction
entre repères en mm, et (S0): Section initiale de
l’éprouvette en mm2.
2.1.3 Principe d’essai de traction
L’essai est réalisé sur une machine de
traction (figure 2-3), en appliquant
lentement et progressivement un effort de
traction croisant, dont l’intensité varie de 0
jusqu’à F, sur une éprouvette maintenue
solidement entre les mâchoires de la
machine. Des appareils adaptés à la
machine permettent de mesurer à chaque
instant l’effort de traction ou la charge (à
l’aide d’un dynamomètre) et l’allongement
de l’éprouvette (à l’aide d’un
Figure 2-3: Machine d’essai de traction
extensomètre).
9
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
2.1.4 Contraintes et déformations conventionnelles
Dans l’essai de traction, En enregistrant la force appliquée à l’éprouvette par la
machine de traction et son allongement progressif, on détermine une série de caractéristiques
mécaniques essentielles. On ne connaît généralement pas la variation de la section de
l’éprouvette durant la mesure et, en règle générale, on exprime la force F et l’allongement
∆l par rapport aux dimensions initiales de l’éprouvette. On obtient ainsi la contrainte
nominale (σ) et la déformation conventionnelle (ɛ):
Contrainte conventionnelle : est la charge rapportée (F) à la section initiale
(S0). La contrainte conventionnelle (Nominale) se note σ, par définition :
F
Eq 2-1
S0
Déformation conventionnelle : est l’allongement absolu (Δl) rapporté à la
longueur initiale (l0). La déformation conventionnelle se note (ɛ). Par
définition :
l l l0
Eq 2-2
l0 l0
2.1.5 Courbe conventionnelle contrainte-déformation
Rappelons que la courbe de traction charge-déplacement, F = f(Δl) où Δl = l – l0 étant
l’allongement absolu de l’éprouvette suite à l’application de la charge (F), est une
caractéristique de l’échantillon. Celle-ci peut être modifiée de façon que les résultats obtenus
ne soient fonction que du matériau étudié et non de la géométrie de l’éprouvette. Ainsi, on
obtient σ = f(ε) [courbe contrainte-déformation].
À titre d’exemple, les figures 2-4 et 2-5 représentent la courbe de traction d’un métal à
comportement ductile. Une courbe de traction de ce type permet de déterminer les
caractéristiques mécaniques essentielles.
10
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
Figure 2-4 : Courbe de contrainte-déformation typique jusqu’à la rupture au point E. Les médaillons
représentent la forme de l’éprouvette déformée en divers points de la courbe.
Figure 2-5 : Courbe de contrainte-déformation d’un métal ductile représente les différentes zones de
déformations.
11
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
2.1.6 Caractéristiques mécaniques des métaux en traction
[Link] Déformation élastique :
Une déformation proportionnelle à la contrainte
appliquée est appelée déformation élastique. La
déformation élastique n'est pas permanente, c’est-à-
dire que la pièce reprend sa forme initiale quand on
supprime la charge appliquée. Comme le montre le
diagramme contrainte-déformation (figure 2-6),
appliquer une charge revient à se déplacer vers le
haut, sur le segment rectiligne. Dès la suppression de
la charge, on parcourt le segment dans le sens
contraire et on revient à l’origine.
[Link] Déformation plastique :
Figure 2-6 :Diagramme schématique
contrainte-déformation montrant la
Est une déformation qui est permanente ou déformation élastique linéaire
irréversible après la suppression de la charge pendant les cycle d’application et de
suppression de charge
appliquée et qui s’accompagnée de déplacement des
atomes permanents.
[Link] Loi de Hook
Pour la plupart des métaux soumis à des contraintes de traction relativement faibles,
la contrainte et la déformation sont proportionnelles selon la relation suivante :
σ=Eɛ Eq 2-3
Cette égalité est appelée loi de Hook et la constante de proportionnalité E (GPa) est appelée
Module d’élasticité, ou Module de Young.
[Link] Module d’élasticité
Le module d’élasticité E ou module de Young donné par la pente de la partie élastique de la
courbe contrainte σ – déformation ε (figure 2-6). Ce module élastique est fonction de l’énergie
des liaisons entre les atomes ou molécules constituant le matériau. On peut considérer que ce
12
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
module est la rigidité ou la résistance à la déformation élastique d’un matériau. Plus le module
est grand, plus le matériau est rigide. Pour la plupart des métaux typiques, la valeur de ce
module est comprise entre 45 GPa pour le magnésium et 407 GPa pour le tungstène. Le tableau
2-1 donne la valeur du module d'élasticité pour plusieurs métaux et alliages à la température
ambiante.
Tableau 2-1: Modules d'élasticité et de cisaillement, et coefficient de Poisson pour divers alliages
métalliques, à la température ambiante.
Module d’élasticité Module de cisaillement
Alliage métallique Coefficient de poisson
(GPa) (GPa)
Acier 207 83 0,30
Aluminium 69 25 0,33
Cuivre 110 46 0,34
Laiton 97 37 0,34
Magnésium 45 17 0,29
Nickel 207 76 0,31
Titane 107 45 0,34
Tungstène 407 160 0,28
Pour certains matériaux (dont la fonte grise, le
béton et de nombreux polymères), ce segment
élastique initial de la courbe contrainte-
déformation n'est pas linéaire (figure 2-7); et on
ne peut alors pas déterminer un module
d'élasticité comme ci-dessus. Dans tel cas de
comportement non linéaire, on utilise
normalement le module tangent ou le module
sécant. Le module tangent est considéré comme
la pente de la courbe contrainte-déformation
pour une valeur donnée de la contrainte ; le
module sécant représente la pente d'une sécante
Figure 2-7: diagramme schématique contrainte-
tracée de l'origine à un point donné de la courbe déformation montrant le comportement élastique
contrainte-déformation. La détermination de ces non linéaire et la détermination des modules
tangent et sécant.
modules est illustrée à la figure 2-7.
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Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
[Link] Limite de proportionnalité :
Correspond à la fin du domaine proportionnel (point A, figure 2-4), on peut écrire la limite
proportionnelle comme suite :
Fpr
pr
S0
Eq 2-4
[Link] La limite d’élasticité :
Correspond le point B (figure 2-4), qui donne la valeur de la contrainte nominale à partir de
laquelle le matériau commence à se déformer d’une façon irréversible. On peut écrire la limite
d’élasticité comme suite :
Fe
e
S0
Eq 2-5
[Link] La limite d’écoulement :
Représenté par le segment horizontal (figure 2-8b), appelé aussi le palier d’écoulement. La
limite d’écoulement est la contrainte à partir de laquelle la déformation croît sans accroissement
notable de la charge.
Fec
ec
S0
Eq 2-6
[Link] Limite conventionnelle d’élasticité
La courbe de plusieurs matériaux soumis à la traction ne présente pas de palier d’écoulement
bien marqué (en particulier l’aluminium, le duralumin, le bronze, aciers à haut carbone et alliés)
; pour de tels matériaux, on considère que l’écoulement commence au point où la courbe
contrainte-déformation cesse d’être linéaire. Mais comme on ne peut pas déterminer
précisément ce point, on convient de tracer une droite parallèle à la partie élastique de la courbe
contrainte-déformation avec un décalage précis, habituellement de 0,002. La contrainte
correspondant à l’intersection de cette parallèle avec la courbe contrainte-déformation. La
figure 2-8a illustre la détermination de cette valeur.
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Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
F0,2%
0,2%
S0
Eq 2-7
Figure 2-8 : a) Courbe contrainte-déformation typique d’un métal montrant les déformations
élastique et plastique, la limite de proportionnalité (Point P) et la limite conventionnelle d’élasticité
(σe0,2) déterminée par la méthode de la parallèle décalée de 0,002. b) Comportement contrainte-
déformation représentatif de quelques aciers illustrant le phénomène d’écoulement plastique à la
limite d'élasticité (palier d’écoulement).
[Link] La résistance à la traction :
Correspond le point D de la courbe contrainte-déformation (Figure 2-4) qui est définie par la
contrainte nominale maximale supportée par l’éprouvette.
Fmax
max
S0
Eq 2-8
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Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
[Link] La contrainte à la rupture:
Correspond le point E de la courbe contrainte-déformation (Figure 2-4) qui est définie par la
contrainte à la rupture de l’éprouvette.
Fr
r
S0
Eq 2-9
A partir de la résistance maximale à la traction observé dans la courbe de contrainte-
déformation (Figure 2-4), la contraction de la section de l’éprouvette cesse d’être homogène.
On observe que celle-ci devient plus importante, de façon aléatoire, en un endroit précis de
l’éprouvette. À cet emplacement, la section locale de l’éprouvette diminue de manière
inhomogène. Ce phénomène est appelé la striction (Figure 2-9) et la rupture y survient.
Figure 2-9 : Zone de la striction
[Link] Ductilité
La ductilité est une autre propriété mécanique importante. Elle indique le degré de la
déformation plastique à la rupture. Un matériau qui à la rupture a subi une très petite
déformation plastique ou qui n'en a subi aucune est dit fragile. La figure 2-10 illustre
schématiquement le comportement contrainte-déformation en traction de matériaux ductiles et
fragiles. La ductilité s'exprime quantitativement par un pourcentage d'allongement après la
rupture ou un coefficient de striction exprimé en pourcentage.
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Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
Allongement : L’allongement à la rupture (A) est le pourcentage de la
déformation plastique à la rupture, soit:
l l
A(%) f 0 100 Eq 2-10
l0
Figure 2-10 : Représentation schématique
du comportement contrainte-déformation en
traction des matériaux fragiles et ductiles
soumis à une force jusqu’à la rupture.
Où (lf) est la distance entre les repères à la rupture, et (l0), la distance initiale entre les repères,
tel qu'illustré précédemment. Comme une proportion importante de la déformation plastique à
la traction est confinée dans la zone de striction, la valeur de (A) dépend de la distance entre les
repères de l'éprouvette. Plus (l0) est petit, plus la fraction de l'allongement total causé par la
striction est grande et donc plus la valeur de (A) est grande. C'est pourquoi il faut préciser (l0)
quand on donne le pourcentage d'allongement à la rupture; habituellement, (l0) est de 50 mm.
Striction : Par définition, l'expression du coefficient de striction (Z) est:
S Sf
Z (%) 0 100 Eq 2-11
S0
Où (S0) est l’aire initiale de la section transversale, et (Sf) l’aire de la section transversale au
point de rupture.
Il faut connaitre la ductilité des matériaux pour au moins deux raisons. Premièrement, elle
indique au concepteur jusqu'à quel point une structure se déforme plastiquement avant la
rupture. Deuxièmement, elle spécifie la déformation admissible durant la fabrication. On dit
parfois que les matériaux relativement ductiles, en ce sens qu'ils peuvent subir des déformations
17
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
locales sans se rompre si la contrainte appliquée localement excède la contrainte admissible.
Les essais de traction permettent donc de déterminer plusieurs propriétés mécaniques
importantes des métaux. Le tableau 2-2 présente quelques valeurs types de la limite
conventionnelle d'élasticité, de la résistance à la traction et du pourcentage d'allongement à la
rupture pour plusieurs métaux courants. Ces propriétés sont sensibles à toute déformation
antérieure, à la présence d'impuretés et à tout traitement thermique auquel le métal a déjà été
soumis. Le module d'élasticité est une propriété mécanique relativement insensible à ces
traitements. Comme le module d'élasticité, la limite conventionnelle d'élasticité et la résistance
à la traction diminuent lorsque la température augmente; l'inverse est observé pour la ductilité,
habituellement, elle augmente avec la température. La figure 2-11 montre comment le
comportement contrainte-déformation du fer varie avec la température.
Tableau 2-2 : Propriétés mécaniques typiques de plusieurs métaux et alliages recuits.
Limite conventionnelle Résistance à Pourcentage
Alliage métallique d’élasticité la traction d’allongement à la rupture
(MPa) (MPa) A% (dans 50mm)
Acier (1020) 180 380 25
Aluminium 35 90 40
Cuivre 69 200 45
Fer 130 262 45
Laiton (70 Cu-30 Zn) 75 300 68
Molybdène 565 655 35
Nickel 138 480 40
Titane 450 520 25
18
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
Figure 2-11 : Courbe de traction du fer à trois température.
[Link] Résilience
La résilience est la capacité d'un matériau d’emmagasiner de l'énergie lorsqu'il se déforme
d’une manière élastique et de libérer cette énergie quand la charge est supprimée. La propriété
qui y est associée est la capacité d’adsorption d’énergie élastique par unité de volume (W)
requise pour contraindre un matériau jusqu’à la limite conventionnelle élastique.
Mathématiquement, pour une éprouvette soumise à un essai de traction uniaxe, cette propriété
correspond à l'aire sous la courbe contrainte-déformation jusqu’à la limite conventionnelle
d’élasticité (figure 2-12), soit :
y
W d Eq 2-12
0
En supposant une région linéaire,
1
W R0,2 y Eq 2-13
2
Expression dans laquelle (ɛy), est la déformation pour une contrainte égale à la limite
conventionnelle d'élasticité.
L'unité utilisée pour exprimer la capacité d'absorption d'énergie élastique par unit de volume
est le joule par mètre cube (J/m3, équivalent à Pa). Elle correspond au produit des unités de
chacun des deux axes du diagramme contrainte-déformation. Le joule est une unité d’énergie,
19
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
et l’aire sous la courbe contrainte-déformation représente donc l’énergie emmagasinée par unité
de volume (en mètre cube) de matériau.
L’insertion de l’équation 2-3 dans l’équation 2-13 donne :
R R
2
1 1
W R0,2 y R0,2 0,2 0,2 Eq 2-14
2 2 E 2E
Ainsi les matériaux résilients sont ceux qui ont une grande limite conventionnelle d’élasticité
et un petit module d’élasticité ; de tels alliages servent dans les ressorts.
Figure 2-12: Représentation schématique
montrant la façon de calculer l’énergie
élastique emmagasinée par unité de volume
(correspondant à l’aire sous la trame) à
partir de la courbe de traction d’un matériau.
[Link] Ténacité :
Utilisé dans divers contextes en mécanique, le mot ténacité désigne la capacité d'un matériau à
absorber de l'énergie avant sa rupture. La forme de l'éprouvette et la façon d'appliquer la charge
jouent un rôle important dans la détermination de la ténacité.
Dans le cas d'une charge statique (faible vitesse de déformation), on mesure la ténacité à l’aide
des résultats d'un essai de traction. C'est l'aire sous la courbe contrainte-déformation jusqu'à la
rupture. Les unités de la ténacité sont les mêmes que celles de la capacité d'absorption d'énergie
élastique par unité de volume. Un matériau est tenace s'il est résistant et ductile; les matériaux
ductiles sont d'ailleurs souvent plus tenaces que les matériaux fragiles. Cela apparait à la figure
2-10, qui donne les courbes contrainte-déformation pour les deux types de matériaux. Ainsi,
même si un matériau fragile a une limite conventionnelle d'élasticité et une résistance à la
20
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
traction plus grandes, sa ténacité est inférieure celle d'un matériau ductile, en raison, justement,
de son manque de ductilité; cela se déduit de la comparaison des aires (ABC) et (AB'C') de la
figure 2-10.
[Link] Coefficient de poisson
Une éprouvette métallique soumise à une contrainte de traction s'allonge et subit une
déformation (ɛz) dans le sens de la contrainte appliquée (arbitrairement pris comme sens z),
comme l'indique la figure 2-13. Cet allongement fait apparaitre une contraction dans les sens x
et y, perpendiculaires à la contrainte appliquée; ces contractions permettent de calculer les
déformations (ɛx) et (ɛy) dues à la compression. Si la contrainte applique est uniaxe seulement
dans le sens z), et le matériau, isotrope, alors (ɛx = ɛy). Par dé finition, le coefficient de Poisson
(ν) est égal au rapport entre la déformation latérale et la déformation axiale, soit:
x
y
Eq 2-15
z z
Figure 2-13 : Allongement axial z
(déformation positive) et contractions latérales
x et y (déformation négatives) en réponse à
l’application d’une contrainte de traction. Les
dimensions avant et après l'application d’une
contrainte sont représentées respectivement
par les traits discontinus et les traits pleins.
On inclut un signe négatif dans l'expression pour que (v) soit toujours positif, puisque (ɛx) et
(ɛz) sont toujours de signe contraire. Théoriquement, le coefficient de Poisson pour les
matériaux isotropes devrait être de 1/4; de plus, la valeur maximale de (v) (ou celle pour laquelle
21
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
il n'y a aucune variation de volume) est de 0,50. Le coefficient de Poisson de nombreux métaux
et autres alliages varie entre 0,25 et 0.35. Le tableau 2-1 donne la valeur de (v) de plusieurs
métaux et alliages courants.
2.1.7 Contraintes et déformations réelles
A la figure 2-4, la diminution de la contrainte nécessaire pour que la déformation se poursuive
au-delà du maximum (point M), semble indiquer que le matériau s'affaiblit. Cela est
complétement faux; en fait, sa résistance augmente. Cependant, l'aire de la section transversale
diminue rapidement dans la zone de striction où se produit la déformation, ce qui réduit la
capacité de l'éprouvette à supporter une charge. L'équation 2-1 donne la contrainte pour l'aire
de la section transversale avant toute déformation et ne tient donc pas compte de la réduction
de la section dans la zone de striction.
Il est parfois plus juste de considérer la combinaison contrainte réelle-déformation réelle. Par
définition, la contrainte réelle (σr), est égale à la charge (F) divisée par l'aire instantanée de la
section transversale (Si) au-dessus de laquelle la déformation a lieu (c'est-à-dire à la striction
au-delà du point de rupture en traction), soit:
F
r Eq 2-16
Si
Parfois, il est plus pratique d’utiliser la déformation réelle (ɛr). Par la définition,
li
r ln Eq 2-17
l0
Si ce volume ne varie pas durant la déformation, c’est-à-dire si ;
Sili=S0l0 Eq 2-18
Les relations entre les contraintes réelle et nominale, d'une part, et les déformations réelles et
conventionnelle, d'autre part, sont respectivement:
r (1 ) Eq-2-19
r ln(1 ) Eq-2-20
22
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
Les équations 2-19 et 2-20 ne sont valides qu'à l'apparition de la striction; au-delà de ce point,
il faut calculer la contrainte et la déformation réelles à l'aide des valeurs véritables de la charge,
de l'aire de la section transversale et de la distance entre repères.
La figure 2-14 compare schématiquement les comportements contraint-déformation
conventionnelle et contrainte-déformation réelles. Remarquez qu'il faut continuer à augmenter
la contrainte réelle au-delà du point de striction (M') pour que la déformation augmente encore.
Figure 2-14 : Courbe contrainte-
déformation-typique :contrainte
déformation conventionnelle, et
contrainte-déformation réelles. La
striction commence au point M sur la
courbe nominale, lequel correspond
au point (M’) sur la courbe réelle. La
courbe contrainte-déformation réelles
(corrigée) tient compte de l’état de
contrainte complexe dans la zone de
striction
Simultanément à la formation d'une striction apparait un état de contrainte complexe dans la
région de l'étranglement (c'est-é-dire l'existence d'autres composantes de contrainte en plus de
la contrainte axiale). Par conséquent, la contrainte axiale correcte dans la zone de striction est
légèrement inférieure à celle calculée d'après la charge appliquée et l'aire de la section
transversale à cet endroit. Cela donne la courbe « corrigée » de figure 2-14. Pour quelques
métaux et alliages, on peut estimer la région de la courbe contrainte-déformation réelles
comprise entre l'apparition de la déformation plastique et le point où débute la striction, à l'aide
de l'équation suivante:
r K rn Eq 2-21
Dans laquelle (K) et (n) sont des constantes, soit des valeurs qui varient d'un alliage à l'autre et
qui dépendent aussi de l'état du matériau (c'est-é-dire s'il a été déformé plastiquement, s'il a été
traité thermiquement, etc.). Le paramètre (n) est souvent appelé coefficient d'écrouissage et est
inférieur à 1. Le tableau 2-3 donne les valeurs de (K) et (n) pour quelques alliages.
23
Chapitre 2 : Propriétés mécaniques
Tableau 2-3 : Valeurs de (n) et de (k) (équation 6.19) pour quelques alliages
Matériau n K(MPa)
Acier doux (recuit) 0,26 530
Acier allié (type 4340, recuit) 0,15 640
Acier inoxydable (type 304, recuit) 0,45 1275
Alliage d'aluminium (type 2024, traité thermiquement 0,16 690
Aluminium (recuit) 0,20 180
Cuivre (recuit) 0,54 315
Laiton (70 Cu—30 Zn, recuit) 0,49 895
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