Assurance Disponibilité des Équipements (ADE)
Premier cours: présentation du module et introduction à la sûreté
Matthieu Puigt
IUT du Littoral Côte d’Opale
DUT Génie Industriel et Maintenance
[email protected] http://www-lisic.univ-littoral.fr/~puigt/
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Année universitaire 2016–2017
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 1
Sommaire
1 ADE : Objectifs
2 La sûreté de fonctionnement, qu’est-ce que c’est ?
3 Etude de systèmes
4 Taxonomie
5 Méthodes d’analyse de SdF
6 Conclusion
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 2
ADE : Objectifs
Objectifs
Initiation à la qualité et à l’assurance qualité.
Sûreté de fonctionnement des systèmes :
approche FMDS (Fiabilité, Maintenabilité, Disponibilité, Sécurité
intrinsèque).
Fiabilité : lois comportementales.
Initiation au Soutien Logistique Intégré.
Coût global de possession.
Comment y parvenir ?
Cours en ligne, exercices corrigés
Suivi des progrés (quiz, devoirs maisons, examens, projets)
Consultations (sur RDV)
Forum (si vous le voulez)
Travail personnel (préparation des Cours/TD/TP, participation active
durant le cours, relecture des cours après les séances, questions à poser
par mail ou pendant une consultation)
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 3
Travail personnel, examens et notes
D.I.Y
Un truc pour réussir tous ses modules de DUT (et même ailleurs !) :
1 J’essaie de résoudre mes exercices par moi-même.
2 Si je n’y arrive pas, je retente
3 Si vraiment je n’y arrive pas, je demande des indices au prof et je
reviens au point 1.
4 Si vraiment je n’y arrive pas toujours pas, j’écoute la solution en classe.
5 De retour à la maison, je reviens au point 1.
Contrôles durant le module (95% de la note finale, 5% note
d’assiduité)
Quiz 10%
préparation de TD/TP + implication en séance 20%
Compte-rendus de TP 20%
Devoirs surveillés 50%
La tricherie est interdite et sanctionnée en conséquence !
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 4
Références bibliographiques
Claire Pagetti, Module de sûreté de fonctionnement, Notes de cours,
2012, http://www.onera.fr/sites/default/files/
u490/cours.pdf
Stéphane Pignot, Notes de cours sur son site “c@hier de méca”,
http://cahierdemeca.free.fr/
Hubert Faigner, Notes de cours sur son site personnel
http://www.hubertfaigner.com/
Jacques Dugast, notes de cours sur la stratégies de maintenance,
http://jacques.dugast.free.fr/Classes/Bts_mi/
Strategie_de_maintenance/
D. Gridaine, cours de maintenance :
http://liberty.1.free.fr/
La maintenance industrielle sur TechnologuePro :
http://www.technologuepro.com/
cours-maintenance-industrielle/
La-maintenance-industrielle.htm
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 5
Sommaire
1 ADE : Objectifs
2 La sûreté de fonctionnement, qu’est-ce que c’est ?
Un peu d’histoire
3 Etude de systèmes
4 Taxonomie
5 Méthodes d’analyse de SdF
6 Conclusion
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 6
La sûreté de fonctionnement, qu’est-ce que c’est ?
Cf Ch. 1 de (Pagetti 2012)
Idéalement
Graal de la conception : zéro accident, zéro arrêt, zéro défaut (et même
zéro maintenance)
î Tester toutes les utilisations possibles d’un produit pendant une grande
période
En pratique, c’est un compromis :
proposer des moyens pour augmenter la fiabilité et la sûreté des
systèmes dans des délais et avec des coûts raisonnables.
Définition (Sûreté de fonctionnement (Dependability) : Norme
AFNOR X 60–000)
Ensemble des aptitudes d’un bien qui lui permettent de remplir sa fonction,
au moment voulu, pendant la durée prévue, sans dommage pour lui-même et
son environnement
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 7
Un peu d’histoire
Apparue au cours du XXème siècle comme une nécessité (Pagetti, 2012)
Jusqu’aux années 30 Accidents
Approche intuitive : mise en parallèle, redondance. Explosion poudrière (1794)
Approche statistique, taux de défaillance Accident chemin de fer (1842)
Théorie de la fiabilité Titanic (1912)...
Années 40-50-60
Résultats de Lusser Tcheliabinsk 40 (1957)
Loi de Murphy Torrey Canyon (1967) ...
Quantification de la disponibilité
Arbres des causes (NASA)
Analyses des modes de défaillance et de leurs effets
Années 70
Analyse des risques
Collecte de données REX
Des années 80 à nos jours
Nouvelles techniques (simulation, réseaux Tchernobyl (1986)
de Petri, ...) Ariane V (1996)
Modélisation Vol Rio-Paris (Air France, 2009)
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 8
Parlons coûts (Pagetti, 2012)
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 9
Sommaire
1 ADE : Objectifs
2 La sûreté de fonctionnement, qu’est-ce que c’est ?
3 Etude de systèmes
4 Taxonomie
5 Méthodes d’analyse de SdF
6 Conclusion
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 10
Etude de systèmes (1)
Définition (Système)
Un système peut être décrit comme un ensemble d’éléments en interaction
entre eux et avec l’environnement dont le comportement dépend :
des comportements individuels des éléments qui le composent,
des règles d’interaction entre éléments (interfaces, algorithmes,
protocoles),
de l’organisation topologique des éléments (architectures).
! Un système 6= ∑ sous-systèmes
Si sous-système défaillant î Nouveau système dysfonctionnant
Exemples : installation chimique, centrale nucléaire, avion...
Contrôle-commande = sous-système ; vanne ou relais = composants.
Nature technologique variée : système électrique, thermo-hydraulique,
mécanique ou informatique.
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 11
Etude de systèmes (2)
Un système doit assurer des fonctions :
1 fonction principale
2 fonctions secondaires
3 fonctions de protection
4 fonctions redondantes
Description fonctionnelle souvent donnée pour un niveau fonctionnel
donné
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 12
Etude de systèmes (3)
Fonctions réalisées par les composants du système
SdF : décrire les composants matériels, leur rôle, leurs caractéristiques
et leurs performances
î Découpage matériel par niveau possible
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 13
Etude de systèmes (3)
Quelques remarques
analyses de sûreté de fonctionnement : hypothèses d’indépendance
des défaillances des fonctions élémentaires
Il peut être intéressant de connaître la localisation des composants
Partage de ressources installées dans une même zone risquent de violer les
exigences d’indépendances.
Exemple : éclatement d’un pneu sur un avion peut engendrer la
défaillances de plusieurs éléments
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 14
Sommaire
1 ADE : Objectifs
2 La sûreté de fonctionnement, qu’est-ce que c’est ?
3 Etude de systèmes
4 Taxonomie
Entraves
Attributs
Moyens
5 Méthodes d’analyse de SdF
6 Conclusion
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 15
Taxonomie
SdF : composée de trois éléments
1 Attributs : points de vue pour évaluer la sûreté de fonctionnement ;
2 Entraves : événements qui peuvent affecter la sûreté de fonctionnement
du système ;
3 Moyens : moyens pour améliorer la sûreté de fonctionnement.
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 16
Entraves (1)
Définition (Erreur / Defect)
La cause de la défaillance est une erreur affectant une partie de l’état du
système (par exemple, une variable erronée)
Définition (Faute / Fault)
La cause de l’erreur est une faute (par exemple un court- circuit sur un
composant, une perturbation électromagnétique ou une faute de
développement logiciel)
Définition (Panne)
La panne est l’inaptitude d’une entité à accomplir une mission. Une panne
résulte toujours d’une défaillance.
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 17
Entraves (1)
Exemple : rédacteur de consignes d’exploitations
1 Faute dans la documentation
2 Erreur dans le comportement du personnel
3 Défaillance
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 17
Défaillances
Définition (Défaillance / Failure)
Une défaillance est la cessation de l’aptitude d’une entité à accomplir une
fonction requise.
Les défaillances peuvent avoir des effets différents sur les systèmes et
peuvent être alors :
1 mineure (minor – dommage négligeable pour le système et son
environnement et aucun danger pour l’homme),
2 majeure (major – pas de dommage notable pour le système, son
environnement ou l’homme),
3 critique (hazardous – dommage entraînant la perte d’une ou des
fonctions du système, mais sans risque de mort ou de blessure grave
pour l’homme),
4 catastrophique (catastrophic – dommage entraînant la perte d’une ou
des fonctions du système et/ou entraînant la mort ou des blessures
graves pour l’homme).
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 18
Modes de défaillances
Définition (Mode de défaillance / failure mode)
Un mode de défaillance est l’effet par lequel une défaillance est observée.
Plus précisément, il s’agit d’un des états possibles d’une entité en panne
pour une fonction requise donnée.
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 19
Système cohérent
Définition (Système cohérent)
Un système est dit cohérent si :
la panne de tous les composants entraîne la panne du système,
le fonctionnement de tous les composants entraîne le fonctionnement du
système,
lorsque le système est en fonctionnement, aucune réparation n’induit la
panne du système.
Nous ne considérerons dans la suite que des systèmes cohérents.
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 20
Les attributs de la SdF
Aussi connu sous le nom de FMDS pour Fiabilité, Maintenabilité,
Disponibilité et Sécurité (RAMSS pour Reliability, Availability,
Maintainability, Safety, Security)
Fiabilité : continuité du service
Disponibilité : fait d’être prêt à l’utilisation
Maintenabilité : aptitude à être réparé
Sécurité : aptitude à ne pas provoquer d’accidents catastrophiques
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 21
Les moyens de la SdF
Moyens : solutions éprouvées pour casser les enchaînements Faute →
Erreur → Défaillance
Prévention de faute (via des méthodologies de développement)
Élimination de faute :
1 en phase de conception (cf cours M. POLLET)
2 en phase d’utilisation (via une vision probabiliste, par ex. en optimisant
les périodes de maintenance préventive)
Prévision de fautes : comment diminuer l’apparition de fautes, de
manière qualitative – cf cours M. POLLET – ou quantitative (c.-à-d.
probabiliste)
Tolérance aux fautes : mécanismes qui maintiennent le service fourni
par le système, même en présence de fautes (éventuellement en mode
dégradé). î redondance
Ces deux derniers moyens sont complémentaires
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 22
Concepts de redondance
1 Redondance homogène : plusieurs composants identiques répliqués
2 Redonance avec dissemblance : sous-systèmes différents réalisant
même fonction (par ex : matériel différent, plusieurs équipes de
conception, etc)
3 Redondance froide : composants activés quand ceux déjà actifs tombent
en panne
4 Redondance chaude : composants tournent en parallèle et politique de
prise en main
5 Redonance tiède : composants idle avant de prendre la main
D’autres mécanismes : comparateurs ou voteurs
Récupérer plusieurs valeurs calculées par redondance
Déterminer quelle est la plus proche de la réalité
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 23
Sommaire
1 ADE : Objectifs
2 La sûreté de fonctionnement, qu’est-ce que c’est ?
3 Etude de systèmes
4 Taxonomie
5 Méthodes d’analyse de SdF
Systèmes à composant unique
Systèmes multi-composants
6 Conclusion
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 24
Les méthodes d’analyse de la SdF
Comprendre comment fonctionne et dysfonctionne un système
De nombreuses méthodes d’analyse existent (dont celles vues en
OMM)
A l’issue d’une décomposition fonctionnelle d’un système, il est
possible d’effectuer :
une analyse qualitative (cf cours M. POLLET)
une analyse quantitative (l’objet de ce cours !)
Analyse quantitative
Données
structure du système
probabilité d’occurence de défaillance des blocs de base
Résultat
probabilité de défaillance du système complet ?
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 25
Systèmes à composant unique
On suppose que le système commence à l’instant t = 0, et ne connaît
qu’un seul mode de défaillance
Fonctionne pendant un temps aléatoire X1 au bout duquel il tombe en
panne
Reste ainsi durant un temps aléatoire Y1 puis est remis en
fonctionnement (système réparable), et ainsi de suite
Si on ne peut le réparer, on parle de système non-réparable (cf
diagramme de phases)
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 26
Définition probabiliste des attributs
Nous avons déjà vu les attributs de la SdF :
Fiabilité,
Maintenabilité,
Disponibilité,
Sécurité.
Nous allons maintenant comment les modéliser d’un point de vue
probabiliste.
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 27
Fiabilité
En sûreté de fonctionnement, il faut faire la distinction entre
l’occurrence d’un évènement et son existence à l’instant t.
L’assertion l’occurrence de la défaillance du composant au temps t
signifie que la défaillance a eu lieu dans l’intervalle [t; t + dt].
En revanche, l’assertion existence de la défaillance au temps t signifie
que la défaillance a eu lieu entre [0; t].
Définition (Fiabilité / Reliability)
La fiabilité est l’aptitude d’un dispositif à accomplir une fonction requise
dans des conditions données pendant une durée donnée.
R(t) = P(E non défaillante sur la durée [0; t]), où E est une entité (système,
composant, fonction)
Soit T la variable aléatoire mesurant le temps de fonctionnement de
l’entité, on définit sa fiabilité comme R(t) = P(T > t) = 1 − F(t)
La densité de défaillance est f (t) = dF(t)
dt = − dt
dR(t)
î f (t)dt est la probabilité que la première défaillance de l’entité survienne
dans l’intervalle de temps [t; t + dt] sachant que l’entité fonctionne à
t=0
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 28
Encore des définitions
MTTF (Mean Time To Failure) : temps moyen de fonctionnement avant
la 1ère panne.
Z +∞ Z +∞
MTTF = E{T} = R(t)dt = tf (t)dt
0 0
Ou de manière expérimentale : MTTF = limn→+∞ tni .
Taux de défaillance instantanée (Failure rate) : fréquence à laquelle un
composant tombe en panne (nombre de défaillances par heures par
exemple), i.e. dérivée de la probabilité de défaillance du matériel à
l’instant t, sachant que ce matériel a survécu jusqu’alors :
P(t < T ≤ t + δt|T > t) P(t < T ≤ t + δt)
λ(t) = lim = lim
δt→0 δt δt→0 P(T > t) · δt
F(t + δt) − F(t) f (t)
= lim =
δt→0 R(t) · δt R(t)
−1 dR(t)
Rt
î λ(t) = R(t) dt et donc que R(t) = e{− du} , avec R(0) = 1
0 λ(u)
Exercice : Le taux de défaillance d’un module est constant et vaut
λ = 10−4 h−1 . Calculez le temps moyen de défaillance MTTF. Quelle
proportion de modules atteint cette MTTF ?
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 29
Maintenabilité
Définition (Maintenabilité / Maintainability)
Dans les conditions données d’utilisation, la maintenabilité est l’aptitude
d’une entité à être maintenue ou rétablie, sur un intervalle de temps donné
dans un état dans lequel elle peut accomplir une fonction requise, lorsque la
maintenance est accomplie dans des conditions données avec des
procédures et des moyens prescrits.
M(t) = P(E en panne en 0 et réparé sur [0; t])
Si Y désigne la durée de la panne du composant, alors M(t) = P(Y < t)
Densité de réparation g(t) = dM(t) dt
î g(t)dt est la probabilité que la réparation soit achevée dans l’intervalle
[t; t + dt] sachant que l’entité est défaillante à t = 0
MUT (Mean Up Time) : durée moyenne de fonctionnement du système
après réparation
MDT (Mean Down Time) : durée moyenne de non fonctionnement du
système
MTBF (Mean Time Between Failure) : durée moyenne entre 2 pannes.
î MTBF = MUT + MDT.
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 30
MTTR (Mean Time To Restoration) : durée moyenne avant remise en
service. MTTR = E{Y} = 0+∞ t · g(t)dt == 0+∞ (1 − M(t))dt
R R
Représentation graphique :
Exercice
1
1 Un équipement a comme taux de défaillances instantané : λ(t) = 2(t+1) .
Calculer la fiabilité du système et tracer son graphe
Calculer le MTTF (ou durée de vie moyenne de l’équipement)
2 Un moteur peut être vu comme un système réparable, les brosses en
carbone doivent être changées après un certain nombre d’heures en
opération. Durant une année, le moteur doit être réparé 3 fois. La
première réparation a lieu après 98 jours et dure 10h, la deuxième après
100 autres jours et dure 9h, la troisième après 105 autres jours et ce
pendant 11 heures. Calculer le temps moyen en opération MUT et le
temps moyen de réparation MDT du moteur.
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 31
Disponibilité
Définition (Disponibilité / Availability)
La disponibilité est l’aptitude d’une entité à être en état d’accomplir une
fonction requise dans des conditions données, à un instant donné ou pendant
un intervalle de temps donné, en supposant que la fourniture des moyens
extérieurs nécessaires soit assurée. A(t) = P(E non défaillante à l’instant t)
Grandeur instantanée : le système peut avoir subi plusieurs pannes et
réparations avant t.
Si entité pas réparable, on a A(t) = R(t)
Si λ(t) = λ constant, alors A(t) = e−λt
Sinon, par le théorème des probabilités totales, on obtient :
A(t + dt) = P(entité fonctionne à t et sans défaillance sur [t, t + dt]) +
P(entité en panne à t et réparée sur [t, t + dt])
A(t + dt) = A(t)(1 − λ(t)dt) + (1 − A(t))λ(t)dt
µ λ −(λ+µ)t
Si λ(t) et g(t) constants, alors A(t) = λ+µ − λ+µ e
Disponibilité moyenne MUT+MDTMUT
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 32
Sécurité innocuité
Définition (Sécurité innocuité / Safety)
La sécurité innocuité est l’aptitude d’une entité à éviter de faire apparaître,
dans des conditions données, des événements critiques ou catastrophiques.
Pas de consensus pour une normalisation
Mais généralement mesurée par la probabilité qu’une entité évite de
faire apparaître dans des conditions données des événements critiques
ou catastrophiques
Calcul basé sur des études statistiques des impacts des accidents sur
l’homme et l’environnement.
D’autres attributs de sûreté de fonctionnement ont été identifiés, e.g. la
testabilité (testability) qui est le degré d’un composant ou d’un système à
fournir des informations sur son état et ses performances, ou la sécurité
(security) qui la disponibilité pour les usagers autorisés seulement, la
confidentialité et l’intégrité...
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 33
Vision fréquentiste de la fiabilité (1)
Voir http://cahierdemeca.free.fr/pdf/FMD1.pdf et
http://cahierdemeca.free.fr/pdf/FMD2.pdf
Si on a observé suffisamment de défaillances, la base de données de
défaillances devient suffisamment grande pour permettre une estimation des
paramètres de fiabilité et de maintenabilité sous forme de moyennes :
\ = Temps de fonctionnement cumulé
MTBF Nombre de défaillances
Temps d’intervention pour n pannes
MTTR =
\
Nombre de pannes
(rappel : λ décrit la vitesse d’apparition des défaillances. Ici, on
exprime un "λ moyen" )
ˆ , 1 Nombre de défaillances
λ =
MTBF
\ Temps de fonctionnement cumulé
Exercice : Nous avons 24 h de fonctionnement d’un équipement. Calculez
les MTBF,
\ MTTR \ et λ. ˆ
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 34
Vision fréquentiste de la fiabilité (2)
ˆ
λ(t) fonction du taux de défaillance ou taux d’avarie : Probabilité de
subir une défaillance à l’instant t pour un dispositif ayant vécu jusqu’à
l’instant t, exprimé en défaillance par unité d’usage (généralement
pannes/heure)
ˆ = Nombre de défaillants sur un intervalle de temps
λ(t)
Nombre de survivants au début de la période × Intervalle de temps
En notant :
N0 le nombre initial de dispositifs
Ns (t) le nombre de survivants à l’instant t
C(∆t) le nombre de défaillants pendant l’intervalle [t, t + ∆t], cad
C(∆t) = Ns (t) − Ns (t + ∆t)
on obtient :
(
ˆ = si les défaillants sont non-remplacés
λ(t)
si les défaillants sont remplacés
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 35
Vision fréquentiste de la fiabilité (2)
ˆ
λ(t) fonction du taux de défaillance ou taux d’avarie : Probabilité de
subir une défaillance à l’instant t pour un dispositif ayant vécu jusqu’à
l’instant t, exprimé en défaillance par unité d’usage (généralement
pannes/heure)
ˆ = Nombre de défaillants sur un intervalle de temps
λ(t)
Nombre de survivants au début de la période × Intervalle de temps
En notant :
N0 le nombre initial de dispositifs
Ns (t) le nombre de survivants à l’instant t
C(∆t) le nombre de défaillants pendant l’intervalle [t, t + ∆t], cad
C(∆t) = Ns (t) − Ns (t + ∆t)
on obtient :
C(∆t)
(
ˆ = Ns (t)·∆t si les défaillants sont non-remplacés
λ(t)
si les défaillants sont remplacés
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 35
Vision fréquentiste de la fiabilité (2)
ˆ
λ(t) fonction du taux de défaillance ou taux d’avarie : Probabilité de
subir une défaillance à l’instant t pour un dispositif ayant vécu jusqu’à
l’instant t, exprimé en défaillance par unité d’usage (généralement
pannes/heure)
ˆ = Nombre de défaillants sur un intervalle de temps
λ(t)
Nombre de survivants au début de la période × Intervalle de temps
En notant :
N0 le nombre initial de dispositifs
Ns (t) le nombre de survivants à l’instant t
C(∆t) le nombre de défaillants pendant l’intervalle [t, t + ∆t], cad
C(∆t) = Ns (t) − Ns (t + ∆t)
on obtient :
C(∆t)
(
ˆ = Ns (t)·∆t si les défaillants sont non-remplacés
λ(t) C(∆t)
N0 ·∆t si les défaillants sont remplacés
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 35
Vision fréquentiste de la fiabilité (3)
C(∆t)
(
ˆ = Ns (t)·∆t si les défaillants sont non-remplacés
λ(t) C(∆t)
N0 ·∆t si les défaillants sont remplacés
Exercices :
1 Une étude a été menée sur 70 véhicules pendant une période allant de
80000 km à 90000 km. 41 défaillances ont été remplacées. Déterminer
le taux de défaillance pour cette période.
2 On teste un lot de 50 électrovannes soumises en continu à 8 impulsions
par minute. A la cinquantième heure, il en reste 33. A la soixantième
heure, il en reste 27. Déterminer le taux de défaillance sur cette classe,
par heure et par impulsion.
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 36
Représentation graphique des lois de survie
Pour évaluer la fiabilité d’un produit, il est nécessaire de savoir comment il
devient défaillant dans le temps. La loi de survie le précise.
S(t) = N0 − Ns (t) représente la courbe des survivants à l’instant t
En normalisant cette courbe, on peut obtenir une expression de la
fiabilité
S(t) Nombre de survivants
R(t) = =
N0 N0
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 37
Représentation graphique des lois de survie (2)
Si l’historique est conséquent (plus de N = 50 données), il faut√
échantillonner les données, cad regrouper les données en K , N classes
représentées sur un intervalle ∆t.
ni (1 ≤ i ≤ K) représente l’effectif de la classe i
ti est la valeur centrale de la classe i
Alors :
∑ij=1 nj
F(ti ) = N
R(ti ) = 1 − F(ti )
ni
λ(ti ) =
(N−∑i−1
j=1 nj )·∆t
MTBF = N1 (∑Kj=1 tj · nj )
On en déduit ensuite les représentations graphiques :
F(t) et R(t) sont alors représentés par des polygones aux valeurs ti
λ(t) est représenté sous forme d’histogramme (de classes ti ).
Application : Feuille de TD "Etude de fiabilité General Truck"
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 38
Vision probabiliste – motivation (1)
Vision fréquentiste
Simple à mettre en place (simple tableaur)
Première approche quantitative
Inconvénients :
Ne permet pas une prédiction
Vision probabiliste paramétrique
Trouver une représentation de lois de fiabilité qui ne dépendent que
d’un petit nombre de paramètres
Trouver une représentation dans laquelle les relations sont linéaires
Apprendre ces paramètres par régression linéaire
M. Puigt ADE – Cours 1 2016–2017 39
Vision probabiliste – motivation (2)
Exemple de régression linéaire :
î Il nous faut maintenant connaître les lois de fiabilité !
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Rappel sur les variables aléatoires
Définition
Une variable aléatoire est une fonction définie sur l’ensemble des résultats
possibles d’une expérience aléatoire.
En sûreté de fonctionnement, on rencontre des lois discrètes lorsque les
événements qui se produisent sur un intervalle de temps donné sont des
nombres entiers (ex : le nombre de cartes électroniques défaillantes par
mois dans un système de contrôle-commande)
Les variables aléatoires continues sont à valeurs réelles positives (ex :
l’instant d’apparition d’une défaillance dans une structure métallique)
Fonction de répartition F(t) = P(X < t), tend vers 0 en −∞ et 1 en +∞
Densité de probabilité f (t) = dF(t)
dt
R +∞
Moyenne ou espérance : E{X} = −∞ t · f (t)dt
R +∞ k
Moment d’ordre k de la variable E{X k } = −∞ t · f (t)dt
R +∞
Variance V(X) = −∞ (t − E{X})2 f (t)dt
p
Ecart-type σ(X) = V(X)
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Quelques lois classiques (1)
Loi exponentielle : utilisée car simple. Modélise la durée de vie utile de
la courbe en baignoire
Densité f (t) = λe−λt (λ constante), Fonction de répartition
F(t) = 1 − e−λt , moyenne E{X} = λ1 et variance V(X) = λ12
Loi normale : loi normale ou de Gauss a deux paramètres N (µ, σ) avec
µ moyenne et σ écart-type, s’applique par exemple pour les incertitudes
sur des mesures ou des fabrications
2
− 1 (t−µ)
Densité f (t) = √1 e 2 σ2 , fonction de répartition
σ 2π
2
1 (x−µ)
t −
√1
R
F(t) = e 2 σ2 dx
σ 2π −∞
Loi log-normale : son logarithme suit la loi normale, souvent utilisée
pour représenter les durées de réparation des composants ou les
incertitudes dans la connaissance d’une donnée de sûreté de
fonctionnement
(ln(t)−µ)2 (ln(x)−µ)2
1 −1 Rt 1 − 21
f (t) =√ e 2 σ2 √1
, F(t) = ·e σ2 dx,
σt 2π σ 2π −∞ t
2 2 2
E{X} = eµ+σ /2 , V(X) = e2µ+σ · (eσ − 1)
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Quelques lois classiques (2)
Loi de Weibull
Distribution charactérisée par trois paramètres :
γ paramètre de localisation (unités de temps)
η paramètre d’échelle ou de durée de vie charactéristique (unités de temps)
β paramètre de forme (sans unités)
En pratique, γ est souvent négligé :
Si γ > 0, temps garanti car probabilité de défaillance nulle entre 0 et γ
Si γ ≤ 0, vieillissement au début avant mise en service effective du
composant...
î souvent ignoré car il correspond à une simple translation sur l’échelle du
temps
î Weibull à deux paramètres
permet de modéliser la courbe en baignoire :
β < 1 : jeunesse
β = 1 : maturité
β > 1 : obsolescence
Théoriquement uniquement pour les systèmes non-réparables... Mais
aussi utilisé (à tord !) pour les systèmes réparables (il faut alors tenir
compte du rajeunissement dû à la réparation)
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Quelques lois classiques (2)
Loi de Weibull à deux et trois paramètres
Weibull ne caractérise qu’un seul mode de défaillance
î Si plusieurs modes de défaillance, il faut chercher la loi de Weibull de
chacun de ces modes
Permet une analyse prévisionnelle de durée de vie
Permet de déterminer le vieillissement en fonction de différents
paramètres (temps, âge, utilisation, nombre de cycles subis, facteur
d’usage, etc)
Densité de probabilité et fonction de répartition :
β−1 β
β t−γ t−γ
f (t) = η η exp − η
β
F(t) = 1 − exp − t−γ η
β
Loi de fiabilité : R(t) = 1 − F(t) = exp − t−γ η
h i
E(T) = γ + ηΓ(1 + β1 ) et V(T) = η2 Γ(1 + β2 ) − Γ2 (1 + β1 ) , avec
R +∞ β−1 −t
Γ(t) = 0 t e dt
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Récapitulatif des lois de fiabilité (Pagetti, 2012)
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Représentation graphique des lois de fiabilité et régression
Voir au tableau !
Exercices
3 On donne les durées de vie suivantes (en jours) : 44, 21, 39, 50, 15, 26,
58, 30, 35.
1 Estimez graphiquement les paramètres de la loi de Weibull.
2 Déduisez-en la MTBF de cette loi. Quelle proportion d’équipements
atteint la MTBF ?
3 Déterminer la probabilité que la durée de vie d’un appareil soit compris
entre 30 et 40 jours.
4 En reprenant le raisonnement présenté pour la loi Weibull, montrez
comment régresser une loi exponentielle avec un papier logarithmique.
5 Application de l’exercice précédent : On a noté les temps de bon
fonctionnement de 9 appareils identiques fonctionnant au même
rythme. On a obtenu : 144 ; 193 ; 43 ; 61 ; 27 ; 83 ; 110 ; 276 ; 13 heures
1 Vérifier graphiquement que la loi de fiabilité est une loi exponentielle en
utilisant la méthode des rangs moyens. Calculer la MTBF et le paramètre
λ de cette loi.
2 A quel instant t0 , 40% des appareils peuvent être en panne ?
3 Déterminer la probabilité que la durée de vie d’un appareil soit comprise
entre 100 et 140 heures.
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Systèmes multi-composants
Système série : on dit qu’un système est série d’un point de vue
fiabilité, si le système tombe en panne lorsqu’un seul de ses éléments
est en panne.
RS (t) = Πi Ri (t)
Système parallèle : on parle d’un système parallèle si, lorsqu’un ou
plusieurs de ses éléments tombent en panne, le système ne tombe pas
en panne.
1 Redondance active : éléments mis en parallèle : RS (t) = 1 − Πi (1 − Ri (t))
2 Redondance passive : un seul élément fonctionne et les autres sont en
attente, prêts à prendre le relai s’il a une défaillance. Pb : comment savoir
quand il a une défaillance ?
3 Redondance majoritaire : fonction assurée si la majorité des éléments
fonctionnent
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Exercice :
On dispose de plusieurs éléments fonctionnant en série :
M1 M2 M3 T1 T2
0.9 0.7 0.8 0.3 0.9
1 Calculez la fiabilité totale du système Rs .
2 Pour améliorer cette fiabilité, on peut appliquer des redondances sur les
deux systèmes les moins fiables. Tracez le nouveau système obtenu en
triplant l’élément le moins fiable et en doublant le second élément le
moins fiable. Calculez la fiabilité totale ainsi obtenue.
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Sommaire
1 ADE : Objectifs
2 La sûreté de fonctionnement, qu’est-ce que c’est ?
3 Etude de systèmes
4 Taxonomie
5 Méthodes d’analyse de SdF
6 Conclusion
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Conclusion
Une rapide introduction au module et à la sûreté de fonctionnement
Une introduction des principales lois de fiabilité
Questions ?
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