Intégrales et méthodes de calcul en mathématiques
Intégrales et méthodes de calcul en mathématiques
1
dx
Z
Le but de ce problème est de calculer des intégrales du type In,k = k n
, pour k ∈ N∗ et n ∈ N. En particulier,
0 (1 + x ) Z
1
1
la méthode exposée ci-dessous justifie qu’on sait calculer toutes les intégrales dx, et plus généralement
0 (1 + x2 )n
par la même technique avec des bornes différentes : ce fait est une des étapes importantes dans la méthode systématique
de primitivation des fractions rationnelles via les décompositions en éléments simples (voir un chapitre ultérieur).
Question préliminaire – Justifier que In,k est bien définie pour tout (n, k) ∈ N × N∗ .
1 a bx + c
= + .
1 + x3 1 + x 1 − x + x2
ln 2 π
(b) En déduire que I1,3 = + √ .
3 3 3
1
Devoir Maison My Ismail Mamouni
2016-2017 http ://[Link]
.
2. À l’aide d’une intégration par parties, montrer que pour tout n ∈ N \ {0, 1},
1 1
Jn,k = − + In−1,k .
k(n − 1)2n−1 k(n − 1)
3. En déduire une relation entre In,k et In−1,k , et justifier que cette relation permet de calculer de proche en
proche tous les termes In,k , en fonction de I1,k .
4. Déterminer I3,2 .
Soit n un entier positif ou nul. On pose f la fonction de deux variables définie par
1
f (x, y) = ,
x2 + y 2
1 1
dx
Z Z
et Fn : y 7→ f (x, y)n dx =2 + y 2 )n
.
0 0 (x
Pour simplifier les notations, on note, lorsque x est un réel fixé de [0, 1], fx (y) = f (x, y)n . Ainsi, on a :
∂(f n )
∀(x, y) ∈ [0, 1] × R∗+ , fx′ (y) = (x, y).
∂y
1. Justifier que Fn est bien définie sur R∗+ .
2. On suppose que y > 0. Soit h un réel non nul tel que |h| < y2 .
(a) Soit x ∈ R+ . Soit M un majorant de |fx′′ | sur [y, y + h] (ou [y + h, y] si h < 0). Justifier que :
fx (y + h) − fx (y) |h|
− fx′ (y) 6 · M.
h 2
3. Calculer, pour tout y ∈ R∗+ , F1 (y), F2 (y) et F3 (y), et retrouver l’expression de I3,2 .
i
F
nn
2
Devoir Maison My Ismail Mamouni
2016-2017 http ://[Link]
.
Question préliminaire –
1
Pour tout k ∈ N∗ , et pour tout n ∈ N, la fonction x 7→ est continue sur [0, 1], donc intégrable. Ainsi,
(1 + xk )n
In,k est bien définie pour tout k ∈ N∗ × N.
1. Soit k ∈ N∗ . On a :
1 1
1
Z Z
I0,k = dx = 1 dx = 1 = I0,k .
0 (1 + xk )0 0
2. Soit n ∈ N. Si n est différent de 0 et 1, on a :
Z 1 i1
1 h 1 1 1
In,1 = n
dx = = 1 − n−1 = In,1 .
0 (1 + x) (1 − n)(1 + x)n−1 0 n−1 2
Ainsi, les valeurs suivantes conviennent : a = 13 , b = − 13 , c = 23 . On peut aussi retrouver ces valeurs par
les techniques usuelles (on part de la forme supposée de la DES, on multiplie par 1 + x on évalue en −1 :
cela donne a ; on reprend l’égalité initiale, on multiplie par x on prend la limite en +∞, on obtient b ; on
renprend l’égalité initiale, on évalue en 0, cela fournit c).
(b) Nous avons montré que pour tout x de [0, 1]
1 1 1 − 31 x + 32
= · + ,
1 + x3 3 1 + x x2 − x + 1
donc
1 1 1
I1,3 = I1,1 − I + J
3 3 2
où :
1
x − 12 1h i1
Z
2
• I= dx = ln(1 − x + x ) =0
1 − x + x2 2 0
Z0 1
dx
• J= 2
.
0 1−x+x
Pour calculer J, on effectue une mise sous forme canonique du trinôme :
2 2 !
2 1 3 3 2 1
∀x ∈ R, (x − x + 1) = x − + = √ ·x− √ +1 .
2 4 4 3 3
2 1
On effectue alors le changement de varible y = √ · x − √ , affine donc valide, et amenant dy = √2 dx.
3 3 3
Ainsi : √ Z 1/ 3 √
4 3 dy 2 h i1/√3 2π
J= · · √ 2+1
= √ Arctan y √ = √ .
3 2 −1/ 3 y 3 −1/ 3 3 3
3
Devoir Maison My Ismail Mamouni
2016-2017 http ://[Link]
.
ln 2 π
On en déduit que : I1,3 = + √ = I1,3 .
3 3 3
1 xk−1
∀x ∈ [0, 1]u(x) = x, u′ (x) = 1, v(x) = v ′ (x) = ,
k(1 − n)(1 + xk )n−1 (1 + xk )n
(valable car n > 2). Ainsi, on obtient :
i1 1
1 1
Z
h x
Jn,k = k n−1
+ ,
k(1 − n)(1 + x ) 0 k(n − 1) 0 (1 + xk )n−1
1 1
et on obtient bien Jn,k = − n−1
+ In−1,k .
k(n − 1)2 k(n − 1)
3. Soit n > 2, alors, d’après les deux questions précédentes :
1 1
In,k = In−1,k − Jn,k = In−1,k + n−1
− In−1,k .
k(n − 1)2 k(n − 1)
Ainsi, on obtient la relation suivante, pour tout k > 1 et tout n > 2 :
1 1
In,k = 1− In−1,k + .
k(n − 1) k(n − 1)2n−1
De manière évidente, cette relation permet de calculer les valeurs de In,k de proche en proche, en augmentant
l’indice n de 1 à chaque étape. En partant de I1,k , on obtient donc toutes les valeurs In,k , pour n > 1.
1 1 π 1
4. • I2,2 = 1 − I1,2 + = +
2 4 8 4
1 1 3π 3 1 3π 1
• I3,2 = 1 − I2,2 + = + + = + = I3,2
4 16 32 16 16 32 4
1. Pour tout y > 0 fixé, la fonction x 7→ f2 (x, y)n est continue sur [0, 1], donc l’intégrale Fn (y) est bien définie.
Ainsi, la fonction Fn est bien définie sur R∗+ .
2. On suppose que y > 0. Soit h un réel non nul tel que |h| < y2 .
(a) Soit x ∈ R+ . Soit M un majorant de fx′′ sur [y, y + h] (ou [y + h, y] si h < 0).
D’après l’inégalité de Taylor-Lagrange à l’ordre 1 appliquée à la fonction fx entre y et y + h, fx étant de
classe C 2 par rapport à y, pour tout x fixé dans R+ , on obtient :
|h|2
|fx (y + h) − fx (y) − hfx′ (y)| 6 · M.
2!
En divisant par |h| > 0, il vient :
fx (y + h) − fx (y) |h|
− fx′ (y) 6 ·M
h 4 2
Devoir Maison My Ismail Mamouni
2016-2017 http ://[Link]
.
Vous remarquerez que cette inégalité est loin d’être optimale, puisqu’on peut facilement trouver mieux, en
utilisant la majoration z 6 3y 2 au lieu de z 6 2y, et en n’effetuant pas la dernière majoration inutile de
2n + 1 par 2n + 3. La raison d’être de ce 2n + 3 est à mon avis, dans l’esprit du concepteur, une utilisation
plus précoce de l’inégalité triangulaire, avant regroupement des termes en z 2 dans le calcul de fz′′ . Toujours
est-il que nous obtenons bien, pour tout z compris entre y et y + h :
2n x2 + 4(2n + 3)y 2
|fx′′ (z)| 6 n+2 .
2
x2 + y4
2n x2 + 4(2n + 3)y 2
(c) À y fixé strictement positif, la fonction x 7→ n+2 est continue sur [0, 1], en tant que
2
x2 + y4
quotient de fonctions polynomiales, le dénominateur ne s’annulant pas sur [0, 1] (car strictement positif).
Z 1
2n(x2 + 4(2n + 3)y 2 )
Ainsi, pour tout y > 0 fixé, l’intégrale 2 dx est bien définie .
0 (x2 + y4 )n+2
(d) Le majorant obtenu dans le question précédente ne dépend que de x et y, qui étaient fixés dans la question
5(b)i. Ainsi, on peut prendre cette expression pour M (qui ne doit pas dépendre de z, mais peut tout à fait
dépendre des autres variables fixées). Ainsi, pour tout y > 0, pour tout h non nul tel que |h| 6 y2 , et pour
tout y compris entre y et y + h, on a :
L’intégrale sur x entre 0 et 1 du terme de droite existant d’après la question précédente, et de même pour
le terme de gauche (par continuité), on déduit de l’inégalité triangulaire et de la propriété de croissance de
l’intégrale, que :
Z 1 Z 1
fx (y + h) − fx (y) fx (y + h) − fx (y)
− fx′ (y) dx 6 − fx′ (y)
0 h 0 h
|h| 1 2n x2 + 4(2n + 3)y 2
Z
6 n+2 dx.
2 0
2 y2
x + 4
5
Devoir Maison My Ismail Mamouni
2016-2017 http ://[Link]
.
L’intégrale du terme de droite ne dépendant pas de h, et |h| 2 tendant vers 0 lorsque h tend vers 0, on en
déduit que
Z 1 Z 1
fx (y + h) − fx (y) Fn (y + h) − Fn (y)
0 = lim − fx′ (y) dx = lim − fx′ (y) dx .
h→0 0 h h→0 h 0
Ainsi,
1 1
∀y ∈ R∗+ , F1 (y) = Arctan .
y y
Il vient alors : !
F ′ (y) 1 1 1 1 1
∀y ∈ R∗+ , F2 (y) = 1 =− − 2 Arctan − 3 · .
−2y 2y y y y 1 + y12
Ainsi,
1 1 1
∀y ∈ R∗+ , F2 (y) = Arctan + 2 2 .
2y 3 y 2y (y + 1)
Une nouvelle dérivation amène
3 1 3 + 5y 2
∀y ∈ R∗+ , F2′ (y) = − 4
Arctan − 3 ,
2y y 2y (1 + y 2 )2
donc :
F2′ (y) 3 1 3 + 5y 2
∀y ∈ R∗+ , F3 (y) = − = 5 Arctan + 4 .
2 · 2y 8y y 8y (1 + y 2 )2
3π 1
On retrouver alors : I3,2 = F3 (1) = + .
32 4
i
F
nn