Chapitre 1 LA LIQUÉFACTION DES SOLS
4. SUSCEPTIBILITÉ À LA LIQUÉFACTION
Un sol est susceptible de se liquéfier si certains critères sont satisfaits.
4.1. Critère historique
• Les sols qui se sont liquéfié dans le passé peuvent encore le faire suite à de futurs séismes
si les sols et les nappes phréatiques sont toujours les mêmes
• Examen de l’histoire des séismes
4.2. Critère géologique
• Age de la formation (un sol formé pendant l’Holocène est plus susceptible qu’un autre formé
au Pléitocène)
• Présence d’une nappe phréatique et sa profondeur
• Terres artificielles
• Mode de formation : les dépôts fluviaux, alluviaux et éoliens sont constitués de grains
de tailles uniformes déposés dans un état lâche qui tend à se densifier une fois secoué
par un séisme.
4.3. Critère compositionnel
• Les sols à granulométrie étalée ont une moindre tendance à la densification
et au développement de la pression interstitielle suite à une secousse
• Le frottement entre les particules angulaires est plus grand que celui entre les particules
arrondies. De ce fait, un dépôt de sol avec des particules angulaires est normalement
plus résistant et moins susceptible à la liquéfaction.
4.4. Critère d’état de sol
• Les sols lâches sont plus susceptibles à la liquéfaction que les sols denses
• A une pression de confinement constante, la résistance à la liquéfaction augmente
avec la densité relative Dr, et à une densité relative constante, la résistance à la liquéfaction
augmente avec l’augmentation de la pression de confinement.
Selon le PS 92, les critères règlementaires de susceptibilité sont comme suit :
Sable, Sables Vasards et Silts Sols Argileux
• Sr 100 % • D15 > 0.005 mm
• Cu = D60 / D10< 15 • L < 35
• 0.05 mm D50 1.5 mm • Teneur en eau > 0.9 L
• 0.2 MPa ’v final 0.3 MPa • Indice de liquidité 75 %
en fonction de la zone
Tableau 1. Critères règlementaires de susceptibilité selon PS 92
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5. ÉVALUATION DU RISQUE DE LIQUÉFACTION
Plusieurs méthodes d’évaluation du RISQUE DE LIQUEFACTION D’UN SITE donné ont été
développées au cours des trois décennies. Nous exposons la procédure simplifiée développée
par SEED et IDRISS en 1971 conformément aux discussions menées lors des Workshops NCEER
en 1996 et NCEER/NSF en 1998 (YOUD et al., 2001).
Cette méthode consiste à déterminer le TAUX DE CONTRAINTES CYCLIQUES, CSR (Cyclic Stress
Ratio), et le TAUX DE RESISTANCE CYCLIQUE, CRR (Cyclic Resistance Ratio), déterminée à partir
D’ESSAIS IN-SITU SPT ( Standard Pénétration Test). La comparaison de ces deux taux permet
la définition du COEFFICIENT DE SECURITE VIS-A-VIS DU RISQUE DE LIQUEFACTION :
𝐶𝑅𝑅
𝐹𝑆𝐿 = (1)
𝐶𝑆𝑅
Les valeurs du COEFFICIENT DE SECURITE requises dans une étude de liquéfaction varient
de 1.2 à 1.5.
En règle générale, les valeurs les plus élevées doivent correspondre à des sables de faible
compacité et les valeurs les plus faibles à des sables de forte compacité. Le choix du coefficient
de sécurité est une question de jugement faisant appel à l’expérience et à l’art de l’ingénieur.
Cependant, selon le RPA99, le coefficient de sécurité est pris égal à 1.25.
5.1. Caractérisation du chargement sismique
5.1.2. Procédure de caractérisation simplifée
En 1971, SEED et IDRISS ont mis au point une procédure simplifiée pour la détermination
de la conrtainte cyclique appliquée au nombre de cycles équivalent à la magnitude.
a max
( max )r = v 0
g (2)
Avec : amax : Accélération maximale en surface
: Contrainte verticale totale
( max )r : Contrainte de cisaillement maximale due au séisme
g : Accélération de la pesanteur
En réalité, le sol possède une certaine flexibilité ; ( max )d sera inférieure à la valeur calculée
par l’équation (1) et peut être exprimée par (SEED ET IDRISS, 1971) :
( max )d = rd ( max )r (3)
où rd : Facteur de réduction de la contrainte de cisaillement entre la surface et la profondeur ciblée
tenant compte du fait que l’accélération maximale ait été enregistrée en surface.
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Figure 26. Détermination de contrainte de cisaillement maximale
Ce coefficient rd est égal à 1 en surface et décroît en profondeur. Généralement, rd est exprimé
comme suit :
➢ (LIAO et WHITMAN, 1986) :
rd = 1.0 – 0.00765 z pour z 9.15 m
rd = 1.174 – 0.0267 z pour 9.15 < z 23 m
rd = 0.744 – 0.008 z pour 23 < z 30 m
rd = 1.0 – 0.00765 z pour z > 30 m
avec :
z : profondeur considérée.
Figure 27. Coefficient rd fonction de la profondeur
➢ BLAKE (1996) :
1.0 − 0.4113z 0.5 + 0.04052z + 0.001753z 1.5
rd = (4)
1.0 − 0.4177z 0.5 + 0.05729z − 0.006205z 1.5 + 0.00121z 2
D’où, la contrainte de cisaillement maximale dû au séisme peut être exprimée comme suit :
a max
( max )d = rd v0 (5)
g
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La détermination au laboratoire de la résistance au cisaillement cyclique est réalisée
sous sollicitations cycliques d’amplitude constante (Essai Triaxial Cyclique). Il est donc nécessaire
de convertir le diagramme temporel de la contrainte de cisaillement (t ) dû aux sollicitations
sismiques en un diagramme " équivalent " de N cycles, d’amplitude constante.
Figure 28. Transformation des contraintes de cisaillement réelles en contraintes cycliques
La contrainte de cisaillement moyenne due séisme à la profondeur considérée est exprimée donc
par :
av = R Max
t
(t ) (6)
R=
(M − 1)
avec : (7)
10
où : M désigne la magnitude du séisme.
En absence d’informations sur la magnitude, la valeur communément admise pour R est égale
à 0.65.
(t)
Figure 29. Contrainte de cisaillement en fonction de temps durant un séisme
15
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Le nombre de cycles équivalents en fonction de la magnitude du séisme (SEED et IDRISS, 1971)
est donné ci-dessous :
Nombre de Cycles
Magnitude
Equivalents
5.5 à 6 5
6.5 8
7 10
7.5 15
8 20
Tableau 2. Corrélation entre Nombre de cycles Figure 30. Corrélation Nombre de cycles
équivalents et la magnitude équivalents et la magnitude
Combinant ces résultats avec les résultats définis précédemment, la contrainte de cisaillement
moyenne peut être exprimée comme suit :
a max
av = 0.65 v 0 rd (8)
g
d’où le taux de contrainte cyclique, donné par SEED et IDRISS (1971) :
av (M − 1) a max v 0
CSR = = rd (9)
v' 0 10 g v' 0
EXEMPLE :
Evaluer la contrainte cyclique engendrée par un séisme dont l’accélération maximale en
surface serait égale à 0.22 g.
Figure 31. Profil de sol considéré
16
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Tableau 3. Contraintes engendrées par l’action sismique
Figure 32. Variation des contraintes engendrées par l’action sismique
5.2. Caractérisation de la résistance à la liquéfaction
Il existe 02 approches :
1. Les essais de laboratoires dont la principale difficulté réside en l’obtention d’échantillons intacts
sans oublier le cout élevé de l’étude.
2. Les essais in-situ type SPT, CPT, mesures des vitesses VS et BPT, qui sont beaucoup plus courants
et surtout moins couteux que les essais au laboratoire.
5.2.1. Caractérisation de la résistance à la liquéfaction à partir des essais de laboratoire
Les essais utilisés sont le triaxiale dynamique et le cisaillement cyclique simple (cf. Chapitre 2).
Beaucoup d’études paramétriques ont été réalisées au laboratoire et l’expérience montre
que lorsque l’amplitude de la contrainte de cisaillement diminue, le nombre de cycles nécessaires
à la liquéfaction augmente. Par contre, lorsque la densité du sol augmente, le nombre de cycle
diminue. Cette interdépendance se traduit par des courbes de résistance cyclique normalisée
notée CSR fonction du nombre de cycles équivalents.
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Figure 33. Exemple de courbes normalisées obtenues au triaxial
Il existe une équivalence entre le (CSR)triaxial , le (CSR)cisaill. simple et le (CSR)site telle que :
(CSR ) site = 0.9(CSR )CS = 0.9cr (CSR )trx (10)
avec :
cyc, L cyc, L dc, L
(CSR) site = , (CSR)CS = , (CSR)trx = (11)
v 0 v 0 2 3 c
et :
2(1 + 2 K 0 )
cr =
3 3 (12)
K0 : indice de poussée des terres au repos.
Remarque :
Le cyc,L obtenu à l’essai de cisaillement cyclique simple n’est pas le même que celui nécessaire
sur le site.
Exemple :
Evaluer la contrainte de cisaillement maximale nécessaire à la liquéfaction du sable (fig.34)
pour une magnitude de 7.5.
Figure 34. Profil de sol considéré
18
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Figure 35. Résultats de l’essai triaxial
Solution :
19
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5.2.2. Caractérisation de la résistance à la liquéfaction à partir des essais in situ
Dans cette section, nous procédons à la détermination de CRR à partir d’essais in-situ.
A. Essai SPT
SPT (Standard Penetration Test ou Essai
de Pénétration Dynamique).
C’est l’essai in-situ le plus couramment utilisé
en vue d’évaluer la résistance à la liquéfaction
et/ou le potentiel de liquéfaction.
Il a été exploité par les japonais
et les américains de façon intensive. Le SPT
permet d’évaluer la compacité d’un sol
pulvérulent.
L’examen de centaines de cas de liquéfaction
a indiqué que les facteurs qui augmentent
la résistance au SPT (densité, consolidation ...)
augmentent aussi la résistance à la liquéfaction.
L’appareillage comprend :
• Un carottier Figure 36.a. Dispositif et procédure d’un essai SPT
• Un train de tiges et accessoires
• Un mouton de battage : poids 63.5 Kg , hauteur de chute 76 cm
A une profondeur H donnée, le carottier est enfoncé sur 45 cm :
- N1 coups d’enfoncement entre H et H+15 cm
- N2 coups d’enfoncement entre H+15 cm et H+30 cm
- N3 coups d’enfoncement entre H+30 cm et H+45 cm
Le nombre total de coups d’enfoncement sur 30 cm est :
Nm=N2+N3
Les valeurs de CRR peuvent être déterminer en utilisant la figure
montrant la corrélation entre (N1)60 et CRR pour un séisme
de référence égale à 7.5.
(N1)60 est le nombre de coups d’enfoncement de 30 cm corrigé
pour se ramener à une même contrainte verticale effective
de 100 kPa et pour une efficacité énergique du marteau de 60%.
Les deux facteurs de correction seront discutés plus loin.
Figure 36.b. Dispositif et procédure d’un essai SPT
20
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• La correction du nombre de coups, (N1)60 devra être effectuée comme suit :
(Nl)60 = Nm∙ CN ∙ CE ∙ CB ∙ CR ∙ CS (13)
Nm = nombre de coups SPT non corrigé (brut)
CN = facteur correcteur tenant en compte les pressions des terres
CN = Pa (14)
v'
où v' : Contrainte verticale effective à la profondeur considérée
Pa : Pression atmosphérique dans la même unité que v'
CE = facteur correcteur tenant en compte de l’énergie de martèlement
CB = facteur correcteur tenant en compte du diamètre du trou
CR = facteur correcteur tenant en compte la longueur de tige
CS = facteur correcteur tenant en compte le type de carottier
Facteur Equipement Terme Correction
Pression confinement - CN (Pa/’vo)0.5
Safety hammer 0.60 à 1.17
Energie martèlement CE
Donut hammer 0.45 à 1.00
65 à 115 mm 1.0
Diamètre trou 150 mm CB 1.05
200 mm 1.15
3à 4 m 0.75
4à 6 m 0.85
Longueur tige CR
6 à 10 m 0.95
10 à 30 m 1.0
Simple 1.0
Carottier CS
Simple sans traceur 1.2
Tableau 4. Facteurs correcteurs du nombre de coups SPT
➢ La courbe associée aux particules fines de 5% est appelée courbe SPT sable propre.
Figure 37. Corrélation entre le CRR et ( N 1 )60 SPT pour un sable propre
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➢ RAUCH (1998) suggère que cette courbe peut être approchée par l’équation suivante :
1 (N ) 50 1
CRR M =7.5 = + 1 60cs + − (15)
34 − (N1 )60cs 135 10(N1 )60cs + 45 200
2
où (N1)60cs est la valeur du sable propre équivalente à (N1)60.
• La correction de (N1)60cs, tenant compte des fines, peut-être effectuée à travers l’équation
suivante :
(N1 )60cs = + (N1 )60 (16)
où et sont déterminés par :
=0 FC 5%
= exp 1.76 −
190
5% FC 35% (17)
FC
2
= 5.0 FC 35%
= 1.0 FC 5%
FC 1.5
= 0.99 + 5% FC 35% (18)
1000
= 1.2 FC 35%
avec : FC (%) est le pourcentage des fines (fines content).
Compte tenu que le CRR est obtenu pour un séisme de référence de magnitude 7.5
et de la contrainte effective du sol sus-jacent égale à 1 atm, il est indispensable de corriger CRR
pour la magnitude du séisme désirée, Mw et de la valeur de la contrainte effective du sol sus-
jacent v’ :
CRR = CRRM =7.5 MSF K (19)
Pour M7.5 un facteur de magnitude MSF (Magnitude Scaling Factor) est utilisé :
−2.56
102.24 M
MSF = ou MSF = w (20)
M 2.56 7.5
• La correction relative à la contrainte effective du sol sus-jacent intègre un coefficient
correcteur K :
f −1
V'
K =
P
a (21)
où f : dépend de la densité relative Dr
22
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𝑓 = 0.7 à 0.8 40% ≤ 𝐷𝑟 ≤ 60%.
{ (22)
𝑓 = 0.6 à 0.7 60% ≤ 𝐷𝑟 ≤ 80%
Contrainte effective ’0 (bars)
Figure 38. Facteur de correction K (Youd et al., 2001)
𝐷𝑟
Par ailleurs : 𝑓 =1− 2
𝐷𝑟
𝑃𝑎 2 ,
d’ou : 𝐾𝜎 = (𝜎, ) si 𝜎𝑣0 > 𝑃𝑎
𝑣0
0.075√(𝑁𝑙 )60
(𝑁𝑙 )60 𝑃 ,
avec : 𝐷𝑟 = √ d’ou : 𝐾𝜎 = (𝜎,𝑎 ) si 𝜎𝑣0 > 𝑃𝑎
46 𝑣0
23
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B. Essai CPT
L’essai CPT ou le pénétromètre statique est conçu pour mesurer une résistance de pointe et des
frottements latéraux. L’enfoncement se fait par vérinage à vitesse constante (2cm/s).
L’appareillage comprend :
- Une pointe conique et un manchon de frottement.
- Un train de tube et de tige.
- Un dispositif de fonçage
- Un système de mesure.
Figure 39. Essai CPT
Contrairement à un essai SPT, l’essai CPT ne permet pas de récolter un échantillon du sol,
par contre il présente certains avantages tels que
➢ Faible coût pour un bon rendement
➢ Constance dans les résultats (faible influence de l’appareillage et de l’opérateur)
➢ Continuité des résultats en fonction de la profondeur
➢ Couches fines identifiées
La résistance pénétrométrique mesurée qc est d’abord normalisée :
n
q P (23)
qc1N = c a
Pa vo
Un incrément qc1N est ajouté afin de tenir compte du pourcentage en fines. Ceci permet
l’utilisation d’un abaque standard
24
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Tableau 5. Facteur correctif considérant le pourcentage des fines
Figure 40. CSR (CRR) vs qc1Ncs
Les équations suivantes peuvent remplacer la figure 34 :
(qclN)cs < 50 : CRR7.5 = 0.833 [ (qclN)cs / 1000 ] + 0.05 (24)
50 (qclN)cs < 160 : CRR7.5 = 93 [ (qclN)cs / 1000 ]3 + 0.08 (25)
C. Vitesse des ondes Vs
La détermination de la vitesse de propagation des ondes S est très courante dans les étapes
de prospection préliminaire à l’aide des essais géophysiques. Le nombre d’essais effectués
dans ce sens est très importante ce qui a motivé la recherche de corrélation entre Vs et résistance
à la liquéfaction.
Il existe plusieurs formules reliant le rapport de la résistance cyclique CRR avec la vitesse
des ondes sismique VS (TOKIMATSU et UCHIDA (1990), ROBERTSON et al. (1992), ANDRUS
et STOKOE (1997), etc.).
Nous utiliserons la formule la plus récente proposée par ANDRUS et STOKOE (1997), cette relation
a été présentée dans le workshop NCEER en 1996. Ils ont construit des courbes pour des sols
non cimentés, avec différents pourcentages de fines. Ces courbes sont basées sur une relation
modifiée entre VS1 et CRR pour des déformations en cisaillement cyclique proposée par DOBRY.
25
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L’équation modifiée est de la forme :
Vs
2
1 1 (26)
CRR = a 1 + b
−
100 Vs1 − Vs1 Vs1
avec : VS1 : correction de la valeur de VS adopté par l’essai Down-Hole pour tenir compte
de la contrainte des sols sus-jacents.
a, b : paramètres d'ajustement de courbe (a = 0,022 ; b =2,8)
➢ Pour VS1, ROBERTSON et al. ont proposé la formule suivante :
0 , 25
P
VS 1 = VS a' (27)
v
Pa : Pression atmosphérique (Pa = 1atm = 100 KPa).
’v : Contrainte effective.
➢ V*S1 : limite supérieure de VS1 pour que la liquéfaction se produise
∗
𝑉𝑆1 = 215 m/s 𝐹𝐶 ≤ 5 %
∗
{𝑉𝑆1 = 215 – 0,5(𝐹𝐶 − 5) m/s 5 % < 𝐹𝐶 < 35% (28)
∗
𝑉𝑆1 = 200 m/s 𝐹𝐶 ≥ 35%
Figure 41.a. FC ≤ 5% Figure 41.b. 𝟔 ≤FC ≤ 35%
Figure 41.
Rapport de résistance cyclique
fonction de Vs1
Figure 41.c. FC ≥ 𝟑𝟓%
26
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D. Essai BPT
L’essai BPT est utilisé pour les sols graveleux. Les résultats sont en premier lieu transformés
par corrélation en résultats d’essais SPT qui par la suite permettent de trouver le CRR.
Figure 42.
Remarque :
L’Eurocode 8 Partie 5 § 4.1.4 indique les méthodes à utiliser en cas de susceptibilité
à la liquéfaction :
• CPT (très recommandé § 4.2.1); SPT; courbes granulométriques
• On néglige le risque de liquéfaction lorsque :
ag < 0,15 g et lorsque en même temps une au moins des conditions suivantes est remplie
➢ Sable + Argile > 20% et IP > 10
➢ Sable + Silts > 35% et (Nl)60 > 20 [qc1N > 30] soit qc > 3 MPa (à 10 m de profondeur)
➢ Sable propre avec (Nl)60 > 30 [qc1N > 150] soit qc > 15 MPa (à 10 m de profondeur)
Si risque de liquéfaction ne pouvant être négligé, utiliser les diagrammes empiriques
de liquéfaction EC8-5 Annexe B normative : SPT; CPT; Vs
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5.3. Calcul du potentiel de liquéfaction
Le risque de liquéfaction local est évalué à l’aide du coefficient de sécurité :
l CRR (29)
FSL = =
cycl CSR
Une analyse globale du risque de liquéfaction est effectuée en évaluant le potentiel
de liquéfaction qui permet de prendre en considération la profondeur à la laquelle se situe
la couche liquéfiable. Le potentiel de liquéfaction est défini sur une zone utile de 20 m.
0 % PL (%) 100 %
FSL > 1 FSL = 0
Le long de la zone utile
Le potentiel de liquéfaction se calcule comme suit :
20
z
PL (%) = F ( z ) 10 − 2 dz
0 (30)
N
z
PL (%) = FLi 10 − (H i +1 − H i )
I =1 2
où :
1 − FSL ( z ) FSL ( z ) 1
F ( z) = (31)
0 FSL ( z ) 1
Cette valeur de PL est pour un seul sondage. Pour obtenir le potentiel de la liquéfaction de tout
le site, on calcule la moyenne de tous les sondages telle que :
N
P L
PL MOY = 1
(32)
N
On distingue quatre cas pour le potentiel de la liquéfaction :
➢ PL MOY = 0 Potentiel de liquéfaction nul
➢ 0< PL MOY <5 Potentiel de liquéfaction faible
➢ 5< PL MOY <15 Potentiel de liquéfaction moyen
➢ 15< PL MOY <100 Potentiel de liquéfaction élevé
Exemple :
Figure 43.
28
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Chapitre 1 LA LIQUÉFACTION DES SOLS
Pour évaluer le risque de la liquéfaction d’un sol, les ingénieurs ont recours de plus en plus
aux méthodes classiques basées sur les essais in-situ tels que le SPT et Down-Hole (VS).
Ces méthodes qui reposent sur le calcul d’un facteur de sécurité (rapport de CRR sur CSR)
supposent en général des conditions de saturation et de l’état lâche du sol mais, même si elles ont
gagné un terrain pendant ces 20 dernières années, certaines limitations imposent des incertitudes
sur leur utilisation.
Par exemple les effets de l’âge, de la non-saturation et de la cimentation ne sont pas intégrés
dans le calcul. Parfois empiriques et souvent appliquées au cas du sable.
On peut résumer dans un simple organigramme les méthodes d’évaluation du potentiel
de liquéfaction cité précédemment avec les étapes correspondantes à chaque méthode.
EVALUATION DU POTENTIEL DE LIQUEFACTION
CALCUL CSR
CALCUL CRR
SPT Down-Hole
N VS
(N1)60cs VS1
DETERMINATION DE K
FACTEUR D’AMPLITUDE MSF
FACTEUR DE SECURITE FSL
POTENTIEL DE LIQUEFACTION PL
Figure 44. Organigramme d’Analyse de la Liquéfaction
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Chapitre 1 LA LIQUÉFACTION DES SOLS
Figure 45. Potentiels de Liquéfaction - Baie de SAN FRANCISCO - USA
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