776 Routes
776 Routes
F é d é r a t i o n n a t i o n a l e d e s t r a v a u x p u b l i c s
JUIN 2001
◆
ROUTES
n°776
AUTOROUTES
• Mise en service
de la section
Cahors nord/Souillac
sur l’A20
• A28 Alençon
- Le Mans - Tours.
Section
Arçonnay - Maresche
• Fil vert
de l’autoroute Routes
TRAVAUX
de l’arbre (A77)
• A29 Amiens/
Saint-Quentin
• Ouverture
de la section
Libourne/Mussidan
de l’A89
• A29... Recyclage
à fort taux.
Une première !
• Nice : prolongement
de la chaussée nord
de l’autoroute urbaine
sud entre Magnan
et Fabron
PISTES
• Construction
de pistes
sur le centre d’essai
Renault à Aubevoye
INTERNATIONAL
• Réalisation de
l’étanchéité/couche
de roulement
du tablier
orthotropique du pont
N°776
Honoré-Mercier
à Montréal
sommaire
ISSN 0041-1906
juin 2001
Travaux Routes
numéro 776
éditorial 1
Daniel Tardy
Notre couverture
L’autoroute A20
entre Cahors nord
actualités 6
et Souillac
RÉDACTION
PRÉFACE
Jean Chapon 15
Roland Girardot et Henry Thonier
3, rue de Berri - 75008 Paris AUTOROUTES
Tél. : (33) 01 44 13 31 44
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION
Françoise Godart
◆ L’A20 avance. Mise en service de la section
Cahors nord/Souillac
- The A20 motorway advances. Opening
16
Tél. : (33) 02 41 18 11 41 of Cahors Nord/Souillac section
Fax : (33) 02 41 18 11 51 G. Calas
E mail : [Link]@[Link]
MAQUETTE
T2B & H
8/10, rue Saint-Bernard - 75011 Paris
◆ A 28 – Alençon - Le Mans - Tours. Section
Arçonnay - Maresche
- A 28 – Alençon - Le Mans - Tours. Arçonnay - Maresché
21
Tél. : (33) 01 44 64 84 20 section
G. Khodja
VENTES ET ABONNEMENTS
Sylvaine Prot
RGRA
9, rue Magellan - 75008 Paris
Tél. : (33) 01 40 73 80 05
◆ Fil vert de l’autoroute de l’arbre (A77)
- Green string of the Tree Motorway (A77)
Ch. Dargent, J.-P. Berguin
27
E mail : revuetravaux@[Link]
France : 950 FF TTC
Etranger : 1 150 FF
Prix du numéro : 115 FF (+ frais de port)
◆ A29 Amiens/Saint-Quentin. Innover pour économiser…
- The A29 motorway between Amiens and Saint-Quentin.
Innovating to economise…
34
PUBLICITÉ Y. Meunier
Régie Publicité Industrielle
61, bd de Picpus - 75012 Paris
Tél. : (33) 01 44 74 86 36
◆ Ouverture de la section Libourne/Mussidan de l’A89.
"L’eau-toroute" dans tous ses états
- Opening of Libourne/Mussidan section of the A89
40
motorway. The ups and downs of the "water-way"
Imprimerie Chirat J.-P. Lacaze
Saint-Just la Pendue (Loire)
"Encore des investissements routiers" vont regretter certains qui n’y voient ou moins arbitraire. Il en est de même d’une "bonne conception" de l’in-
que consommation de ressources publiques et dégradation de l’environ- frastructure que les moyens modernes de la D.A.O. permettent d’inscrire
nement, et maintenant les accusent d’aggraver la congestion du réseau "exactement" dans son site et par conséquent de concevoir de façon à ce
au motif que les nouvelles réalisations suscitent le développement d’un qu’elle s’y inscrive harmonieusement.
trafic, jugé déjà excessif pour la tranquillité et la santé ! Quant aux coûts internes, la bonne santé de l’économie veut qu’ils soient
Il est certain qu’à partir du moment où une voie est saturée, son trafic a aussi réduits que possible : si une élémentaire équité exige qu’ils soient
du mal à augmenter et par conséquent le coût de la congestion pour la col- couverts par les usagers des infrastructures, quelle que soit la façon dont
lectivité ne connaît plus d’accroissement. Mais il est, non moins certain, ces derniers les répercutent sur les consommateurs, ces coûts constituent
que celui de la sécurité ne diminue pas et même risque fortement de croître, finalement une charge pour l’économie de la collectivité.
et surtout que l’économie de la collectivité n’y trouve pas son compte. D’où la nécessité de "ne pas lever le pied" en matière d’innovation, qu’il
Car il est maintenant bien connu que les échanges sont non seulement le s’agisse de la conception des infrastructures, de leur entretien, de leur exploi-
résultat, mais aussi la condition de la crois- tation et de leur impact sur l’environnement
sance de l’économie : on ne transporte pas humain et naturel – et pour bien innover, la
des marchandises par plaisir ni par laxisme meilleure façon est de consentir un effort de
dans la gestion ; les voitures particulières ne recherche suffisant.
sont pas seulement utilisées à des fins de Car, malgré l’importance des progrès réalisés
loisir – et même les déplacements effectués pour faire des routes mieux conçues, mieux
par les touristes et les vacanciers ne sont pas exploitées, plus respectueuses de l’environ-
sans retombées positives pour l’économie du nement, des progrès sont encore néces-
pays. saires, de même que sont nécessaires (et par
Le recours au mode routier ne procède ni d’un conséquent doivent être réalisés), les nou-
dogme ni d’un refus obstiné d’utiliser les veaux équipements routiers dont la rentabi-
autres modes qui desservent la relation sou- lité économique pour la collectivité est éta-
haitée. Il résulte, au contraire, d’un choix blie.
prenant en compte tous les avantages et A cet égard, les considérations qui précè-
inconvénients que présentent pour l’inté- dent ne sauraient s’analyser comme le refus
ressé les divers modes qui lui sont offerts de toute taxation pour que soit intégrale-
pour effectuer son déplacement ou trans- ■ JEAN CHAPON ment couvert le coût global de l’usage des
porter sa marchandise – sachant que le pas- Président honoraire infrastructures routières considéré au niveau
sager ou le chargeur est attentif non seule- de l’Association de la Collectivité, mais ne serait-il pas judi-
ment au prix qu’il paye au transporteur mais des utilisateurs cieux qu’une part significative du produit de
également à tous les aspects qualifiés de de transport la taxation soit affecté à la recherche pour
de fret (AUTF)
"qualitatifs" mais que l’usager du transport acquérir ainsi de nouvelles connaissances qui
sait souvent valoriser – à commencer par la Président de l’IREX permettront de mieux concevoir et exploiter
fiabilité. les équipements routiers dont a besoin notre
Ceci dit, il n’est pas moins nécessaire – pour économie ?
la "bonne santé physique et économique" de la génération présente et pour L’efficacité d’un accroissement de l’effort de recherche est garantie : les
garantir celle des générations à venir –, que les échanges utilisent le articles qui suivent, montrent, en effet, de façon éloquente que notre ingé-
mode "le plus pertinent" pour la relation considérée, cette pertinence nierie et nos entreprises routières, de même que les maîtres d’ouvrages
devant s’analyser comme celle qui est conforme à l’intérêt général consi- savent faire preuve d’esprit d’innovation et font les efforts qu’implique sa
déré au niveau de la collectivité et comprenant évidemment la préserva- réelle mise en œuvre pour réaliser des ouvrages à chaque fois "plus per-
tion du cadre de vie. formants à tous les points de vue" : notamment leur préoccupation déborde
Une des conditions de la rationalité du choix de l’usager est qu’il soit tenu largement la recherche de la conception la plus économique appréciée sur
de payer l’intégralité des coûts que l’utilisation du mode de transport la durée de vie des ouvrages mais porte également sur la sécurité et
retenu impose à cette collectivité : coûts internes comprenant des charges l’agrément du trajet pour les usagers, l’esthétique des infrastructures et
d’investissement et de fonctionnement, et coûts externes liés à la sécu- de leurs dépendances et leur meilleure insertion dans l’environnement.
rité, à la congestion et aux atteintes portées au cadre de vie. N’est-ce pas la meilleure façon de prouver que la route – ossature indis-
Ces coûts externes ne pouvant pas toujours être mesurés avec exactitude, pensable d’un bon aménagement du territoire et moyen essentiel (mais non
la meilleure façon de les réduire est de "tuer la nuisance à la source", en exclusif) d’assurer les déplacements des personnes et les transports de
imposant des règles et pratiquant des comportements qui la réduisent ou marchandises nécessaires à la croissance de notre économie, – sait
mieux la suppriment : limitation de vitesse, obligation d’utiliser des moteurs répondre aux besoins vitaux du présent et préserver, et même améliorer
et des carburants "propres" enseignement de la sécurité routière dès l’en- les conditions et le cadre de vie des générations d’aujourd’hui et de
fance sont des moyens plus efficaces que des taxes dont le niveau est plus demain ?
L’A20 avance !
Après trois années de travaux et 2,8
milliards de francs d’investissement,
Autoroutes du Sud de la France (ASF)
Mise en service de la
va ouvrir cet été à la circulation la
section Cahors nord/Souillac de l’au-
Cahors nord/Souillac
toroute A20 concédée. Longue de
L
45,9 km, cette nouvelle section consti- a section concédée Montauban/Brive de l’au- vingtaine de kilomètres du contournement de Ca-
tue la colonne vertébrale du Lot, que toroute A20 s’inscrit dans l’axe européen E9 hors, dont l’ouverture est prévue fin 2003.
avec un double objectif : assurer la conti- L’autoroute A20 constitue un nouvel axe de déve-
l’A20 traverse sur une centaine de ki- nuité de l’itinéraire Paris-Limoges/Toulouse/Es- loppement économique du Sud-Ouest qui ne man-
lomètres. Retour sur cette infra- pagne, et compléter le maillage autoroutier formé quera pas de favoriser les échanges entre la péninsule
structure au service de l’aménagement par les liaisons A62 (Bordeaux/Toulouse) au sud Ibérique et l’Europe du nord (figure 1).
et A71 et A10 au nord, en attendant la réalisation Longue de 45,9 km, la section Cahors nord/Souillac
durable du territoire.
de l’A89 (Bordeaux/Clermont-Ferrand). Elle prolonge vient compléter la colonne vertébrale du Lot que
la partie Vierzon/Brive non concédée, réalisée par l’A20 traverse sur une centaine de kilomètres. Pre-
l’Etat. Après trois années de travaux et 2,8 milliards mières conséquences : les liaisons avec la capi-
de francs d’investissement, Autoroutes du Sud de tale régionale, Toulouse, et l’aéroport de Blagnac
la France (ASF) va ouvrir à la circulation, cet été, vont être facilitées, les capacités d’échanges
l’avant-dernière section de l’autoroute A20 concé- renforcées ; cette ouverture ne devrait pas man-
dée, entre Cahors nord et Souillac. Il ne restera quer, par ailleurs, de créer une dynamique – ce que
plus, dès lors, que l’ultime maillon, c’est-à-dire la certains qualifient "d’effet autoroute" – pour de
nouvelles implantations industrielles.
Figure 1 Sur le plan touristique, l’arrivée de l’autoroute va
A20. Le tracé
de la section offrir des opportunités, notamment pour les séjours
Montauban/Brive, de courte durée et le développement d’un touris-
concédée, traverse me de proximité : l’Espagne, Toulouse, le Périgord,
sur 131 km
trois départements : le Limousin, mais aussi Paris sont désormais plus
le Tarn-et-Garonne proches.
(33 km), le Lot (94 km), De plus, l’aire de service du Jardin des Causses
et la Corrèze (4 km)
du Lot que le conseil général réalise conjointement
A20. The avec la société d’autoroutes se veut un espace thé-
Montauban/Brive section
of this concessionary matique dédié à la découverte du Lot et de la ré-
motorway crosses gion Midi-Pyrénées. Implantée sur un côté de
three departments l’autoroute, cette aire sera accessible dans les
(regions) along 131 km :
Tarn-et-Garonne (33 km), deux sens de circulation. Elle va être dotée d’un
Lot (94 km) and Corrèze espace thématique et d’une boutique de produits
(4 km) régionaux ; une aire de détente pourvue de jardins
en terrasse, permettra de descendre jusqu’à un pe-
tit lac. A l’été 2002, le complexe sera entièrement
opérationnel.
Deux échangeurs assurent les dessertes locales :
Cahors nord, raccordé à la RN20, et Labastide-Mu-
rat, raccordé aux routes départementales 1 et 2.
Sur les 45,9 km du tracé, l’autoroute a un profil
à 2 x 2 voies : elle comporte une voie supplé-
mentaire dans le sens sud-nord pour les rampes
qui mènent aux causses de Gramat et de Martel ;
et dans le sens nord-sud pour les montées vers
l’aire de service et l’échangeur de Labastide-Mu-
rat.
Photo 1
logique, floristique et faunistique par le réseau eu- Le viaduc de la Rauze
ropéen Natura 2000, présentait donc des contraintes (555 m de long,
environnementales fortes. Ce contexte a conduit 100 m de haut)
la société ASF à consulter plusieurs cabinets d’ar- The Rauze viaduct
(555 m long, 100 m high)
chitectes spécialisés. Le projet retenu, celui de
Charles Lavigne, offre un haut niveau de qualité ar-
chitecturale et d’intégration dans le paysage (pho-
to 1). Photo 2
L’ouvrage devait s’insérer dans une ample vallée Le viaduc de la Dordogne
en U, encadrée de versants boisés à forte déclivi- (1 070 m de long,
hauteur moyenne : 20 m)
té. De plus, la Rauze, dont l’eau est d’une excel-
lente qualité, abrite une frayère à truites, et il a The Dordogne viaduct
(1,070m long, average
même été observé la présence d’écrevisses à pattes height : 20 m)
blanches, une espèce dont le biotope bénéficie
d’un arrêté de protection.
Le parti d’aménagement a retenu un viaduc à ta-
blier unique à 2 x 2 voies, long de 555 m, et do-
minant le ruisseau de 100 m de hauteur. L’élégance
de l’ouvrage réside dans les hautes piles centrales,
implantées en lisière du boisement, et qui laissent
largement ouvert le fond de vallée : les portées sont
imposantes, 130 m entre les piles centrales. L’ar-
chitecte a conçu des piles dédoublées en deux
minces supports à courbure inversée, créant ainsi Photo 3
Le viaduc de la Dordogne,
des lignes verticales très affinées et donnant à l’en- vue vers le sud
semble une ligne toute empreinte de simplicité. des piles P7 à P1
Le second, le viaduc de la Dordogne, est situé sur The Dordogne viaduct.
la commune de Pinsac au sud-est de Souillac. Il a Looking south
from piers P7 to P1
fait l’objet de longues réflexions pour tenir compte
des spécificités de l’environnement : un milieu na-
turel à protéger, un paysage à préserver, des
contraintes techniques particulières (photos 2 et 3).
Pour assurer une plus grande transparence hy-
draulique et une meilleure intégration de l’ouvrage
dans le site, la portée en rive gauche de la Dor-
dogne a été allongée. Le viaduc atteint ainsi 1070 m,
ce qui en fait l’ouvrage le plus long de l’A20. Il s’ins- A20 CAHORS NORD/SOUILLAC
crit dans une zone de conservation au niveau eu-
EN CHIFFRES
ropéen, le méandre de Pinsac étant classé en zone
naturelle d’intérêt écologique, floristique et fau- • 45,9 km
nistique. D’importantes frayères à saumons et à • 2 échangeurs : Cahors nord et Labastide-
aloses ont en effet été repérées dans le lit mineur Murat
et ces espèces bénéficient d’une protection. Cet • 61 ouvrages d’art, dont 37 ouvrages rou-
environnement a conduit la société d’autoroutes à tiers ; 3 passages pour grande faune ; 6 pas-
prendre, pendant la réalisation des travaux, des sages à moutons ; 15 passages agricoles ; 90
mesures spécifiques pour éviter toute pollution ou ouvrages hydrauliques
dégradation inutile de la rivière et de ses berges. • 2 ouvrages d’art exceptionnels : viaduc de
A ce contexte environnemental particulier s’est ajou- la Rauze et viaduc de la Dordogne
tée une géologie présentant un sous-sol très hé- • 2 tranchées couvertes : Sol-de-Roques (200 m)
térogène, qui a nécessité la mise en œuvre de et Terregaye (400 m)
techniques de fondation adaptées à la situation de • Coût : 2,8 milliards de francs entièrement
chacun des seize appuis du viaduc. Pour consoli- financés par ASF
der et conforter les sols truffés de failles et de ca- ®
Travaux n° 776 • juin 2001 17
AUTOROUTES
Photo 4
Les talus Royal®
au nord de la section
Cahors nord/Souillac
(Pomarède)
The Royal® slopes north
of the Cahors Nord/Souillac
section (Pomarède)
Photo 5
Détail paysage, ils ont "façonné l’empreinte de l’autoroute
des talus Royal® pour la mettre en résonance avec les superbes pay-
(Le Mut) sages traversés et ordonnancé le tracé comme un
Detail seul et immense ouvrage d’art".
of the Royal® slopes
(Le Mut) Les talus de l’autoroute, les merlons, les réta-
blissements de communication, les échangeurs,
et les espaces avoisinant les gares de péage ont
été plantés d’espèces arbustives et d’arbres à tige.
Le tracé de l’autoroute est, par ailleurs, jalonné de
grands déblais et de talus rocheux. Au sud de l’échan-
geur de Souillac, une méthode spéciale a été em-
ployée pour limiter l’impact visuel et éviter de produire
des déblais excessifs et des versants abrupts in-
stables. Mise au point par Paul Royal, ingénieur
géologue, cette méthode dite du "talus Royal" uti-
® lise une découpe de la roche selon ses lignes de
fractures profondes pré-existantes. Le résultat est
vités, les ingénieurs ont eu recours au jet grouting surprenant : les talus ressemblent aux reliefs créés
dans les zones fortement karstifiées et à la mise par l’érosion et se fondent naturellement dans le
en place d’un réseau de mini-pieux. Le jet grouting paysage (photos 4 et 5).
est un traitement qui consiste à injecter à haute
pression et par rotation un coulis de ciment dans
le sol naturel. ■ LA PROTECTION
Ces techniques combinées ont assuré l’ancrage DE L’ENVIRONNEMENT
des fondations jusqu’à 15 - 20 m de profondeur.
Le viaduc de la Dordogne est constitué d’un tablier La section Cahors nord/Souillac traverse une zone
unique de 21,3 m de large réalisé au moyen d’un sensible au sous-sol karstique : le causse de Gra-
hourdis en béton porté par deux poutres métalliques mat, qui se caractérise par d’importants réservoirs
à hauteur constante. Il s’appuie sur des piles ovoïdes d’eaux souterraines.
en béton et comprend 15 travées, dont une prin- Les hydrogéologues expliquent ainsi le fonction-
cipale de 80 m. nement des structures karstiques : à partir de points
d’absorption d’une même zone d’infiltration, les
eaux souterraines se rassemblent et s’organisent
■ LES AMÉNAGEMENTS en ruisseaux, puis en rivières parcourant conduits
PAYSAGERS et galeries pour aboutir en bordure du massif cal-
caire ; là, elles rejaillissent en une source, le plus
L’insertion harmonieuse de l’autoroute dans son souvent unique et à fort débit. Ce réseau d’éva-
environnement naturel est le résultat d’un concours cuation constitue le système karstique. Ces ré-
international d’architectes-paysagistes. Les lau- servoirs naturels au cœur des massifs calcaires
réats, Alain Cousseran et Alain Provost, ont voulu sont vulnérables et, à ce titre, imposent une vigi-
"soumettre l’autoroute aux rythmes naturels des lance toute particulière face aux risques de pollu-
paysages traversés". En collaboration étroite avec tion accidentelle.
les équipes ASF, notamment le service Nature et ASF a donc mis en place tout un dispositif de pro-
tection. Ainsi, le long des voies de circulation, un Sur la liaison Cahors nord/Souillac, trois passages
réseau étanche de cunettes permet-il de recueillir ont été construits : sur les communes de Lamothe-
les eaux de pluie provenant de la plate-forme au- Cassel, de Reilhaguet et à Loupiac. Principal ob-
toroutière. Après traitement systématique, ces eaux jectif de ces passages spécifiques : rétablir les
retournent dans le milieu naturel. Le traitement des itinéraires habituels de la faune sauvage. Lièvres,
eaux en lui-même est assuré dans de vastes bas- sangliers ou chevreuils, peuvent ainsi les emprun-
sins de décantation, qui peuvent également jouer ter sans crainte, protégés des véhicules et des
un rôle d’écrêtement de crues lors d’orages. Enfin, phares des voitures par les garde-corps des ponts
les bassins de traitement sont équipés, dans les en bois ou plantés.
cas d’urgence et de déversement accidentel pour Enfin, des protections acoustiques ont été mises
retenir tous les types de polluants. en place là où le niveau de bruit pourrait dépasser,
Les aménagements pour la protection de la fau- après la mise en service, le niveau moyen de 60
ne ont été élaborés en concertation avec la Direc- décibels. Aux abords de certaines habitations, les
tion départementale de l’agriculture et de la forêt protections à la source ont été favorisées sous for-
et la Fédération départementale des chasseurs. me de merlons végétalisés.
Photo 7
A20 MONTAUBAN-BRIVE : Tranchée couverte
LES DATES CLÉS de Terregaye (400 m)
Cut-and-cover section
• Mars 1988 : inscription de la liaison au of Terregaye (400 m)
schéma directeur routier national
• Février 1992 : choix de la bande des 300 m
• 7 février 1992 : décret approuvant la conven-
tion passée entre l’Etat et la société Autoroutes
du Sud de la France pour la construction, l’en-
tretien et l’exploitation d’autoroutes
• 31 mai 1994 : déclaration d’utilité publique
de l’autoroute A20 Montauban/Brive
• 1995 : démarrage des travaux par les sec-
tions d’extrémités Souillac/Brive et Montau-
ban nord/Cahors sud
• 10 juillet 1998 : mise en service de la sec-
tion Montauban nord/Cahors sud (40,3 km)
• 5 février 1999 : mise en service de la sec- En outre, entre Cahors nord et Souillac, l’A20 pas-
tion Souillac/Brive (22,1 km) se à deux reprises dans une tranchée couverte : la
• Eté 2001 : mise en service de la section première (200 m) sur la commune de Labastide-
Cahors nord/Souillac (45,9 km) Murat, au lieu-dit Sol-de-Roques, la seconde (400 m),
• Fin 2003 : Objectif de mise en service de la sur la commune de Pinsac, à la hauteur du hameau
section Cahors sud/Cahors nord (23 km). Achè- de Terregaye (photos 6 et 7).
vement de l’ensemble de l’A20 concédée Mon- La technique de la tranchée couverte est rete-
tauban/Brive nue, en général, lorsque le tracé est amené à cô-
toyer des habitations pour protéger les riverains, ®
Travaux n° 776 • juin 2001 19
AUTOROUTES
ABSTRACT
The A20 motorway
advances. Opening
of Cahors Nord/Souillac
section of the A20
G. Calas
RESUMEN ESPAÑOL
Alençon/Le Mans/Tours
Section Arçonnay - Maresche
Fin juin, Cofiroute mettra en service la dernière section en direction du nord de l’autoroute A28
de sa concession. Pour les sections situées en direction du sud, il faudra attendre la fin des
études en cours pour la définition des zones Natura 2000 de protection des espèces d’insectes :
Osmoderma eremita, Cerambix cerdo et Lucanus cervus.
Cette section de 24 km raccordera la déviation d’Alençon – réalisée par l’Etat, la région de Bas-
se Normandie, les départements de l’Orne et de la Sarthe et la Communauté urbaine d’Alençon
au nord –, et la section d’A28 entre Maresché et Le Mans mise en service le 27 octobre 2000.
Il n’aura fallu que 5 ans et demi entre les premières réunions de concertation en communes et
la mise en service. La collaboration des communes, du conseil général de la Sarthe, des ser-
vices de l’Etat dans le département et les associations de riverains, d’élus et du monde agri-
cole aura permis de trouver un compromis satisfaisant entre les justes inquiétudes des riverains,
les besoins de l’économie locale et l’équilibre financier du projet.
Comme toutes les autoroutes dites d’aménagement du territoire, cette section supportera un
trafic durablement faible (TMJA inférieure à 10 000 véh./j dans 10 ans). Aussi, fidèle à sa tra-
dition d’investissement progressif, Cofiroute a décidé de réaliser en accord avec la Direction
des routes, un profil en travers réduit (voies rapides de 3,00 m) accotements stabilisés jusqu’au
premier rechargement, aires de repos minimales et structure de chaussée évolutive.
Figure 1
■ GÉNÉRALITÉS Tracé
de la section
Cofiroute poursuit la réalisation de sa seconde gé- Route
nération d’autoroutes dites d’aménagement du ter- of the section
ritoire. Après la section Corzé - Bourgueil de l’A85
(55 km) arrêtée aux portes de Langeais et mise en
service en 1997, c’est au tour de l’A28 Alen-
çon/Le Mans/Tours (126 km). Suite à la mise en
service des sections Maresché - Le Mans Nord et
Le Mans Est - Ecommoy le 27 octobre 2000, 24 km
sont actuellement en travaux. Il s’agit de la section
Alençon - Maresché réalisée par la société Soca-
so, maître d’œuvre (constructeur habituel de Cofi-
route) (figure 1).
Ces nouvelles autoroutes supporteront des trafics
faibles (de 6 000 à 10 000 véh./jour aux horizons
2010 - 2020 suivant les sections). Les mesures
de protections de l’environnement y sont particu-
lièrement importantes (protections acoustiques,
aménagements paysagers, préservation des mi-
lieux naturels, etc.).
Le tronçon d’autoroute A28 qui relie Alençon à Tours
a fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique
le 20 juillet 1993 et a été concédée à Cofiroute par
décret du 24 avril 1994.
Comme sur l’ensemble de son réseau, Cofiroute
confie par des marchés forfaitaires la maîtrise
d’œuvre et les travaux aux sociétés SCAO à Nan-
terre et Socaso à Antony qui regroupent ses en- ®
Travaux n° 776 • juin 2001 21
AUTOROUTES
■ LES PRINCIPALES Sur cette section mise en chantier par Socaso les
CARACTÉRISTIQUES liaisons avec les réseaux routiers sont et seront
assurées par :
Les premières sections Maresché - Le Mans Nord ◆ la déviation d’Alençon en direction de la RN 12
et Le Mans Est - Ecommoy ont été mises en ser- au nord (existante), intégrée à A28 à la mise en
vices le 27 octobre 2000. La section Arçonnay - service de la section neuve ;
Maresché a été engagée à l’été 1998 pour une ◆ l’échangeur d’Arçonnay vers la RN 138 ;
mise en service en juin 2001. ◆ l ‘échangeur de Rouessé Fontaine avec la RD310
La section d’une longueur de 24 km située dans le dont la réalisation est différée ;
département de la Sarthe et mise en chantier par ◆ l’échangeur de Maresché avec la RN 138 via la
Socaso, a son origine au sud de la déviation d’Alen- RD 6 (liaison entre l’échangeur et la RN 138 réali-
çon en service (PK 6,7), intégrable à terme au tron- sée par le conseil général de la Sarthe).
çon de l’autoroute A28 Alençon - Le Mans - Tours
et se raccorde au nord à Maresché sur la RN 138. Centre d’exploitation
© Deschiron
© Deschiron
© Deschiron
© Deschiron
®
Travaux n° 776 • juin 2001 23
AUTOROUTES
Précautions particulières
Le paysage
© Socaso
La conception du traitement paysager (modelé des
terrains, plantations) est confié à Bernard Lassus,
Photo 6
architecte paysagiste. Ouvrage d’art courant.
D’une manière générale, le mouvement des terres Mise en place
permet de raccorder le terrassement aux courbes AUTOROUTE A28 des poutres
de niveau du terrain existant, de telle sorte que ce SECTION ARÇONNAY/MARESCHE A typical structure.
modelé artificiel apparaisse à terme tout à fait na- Placing of beams
turel. LES PRINCIPAUX INTERVENANTS
L’aménagement paysager tendra à augmenter le
Maître d’ouvrage
plus possible le champs visuel perçu de la voie en
Cofiroute
respectant au mieux les souhaits des riverains.
Les plantations sont ordonnancées de manière à Maître d’œuvre
constituer des fenêtres ouvertes sur le paysage de SOCASO
la Sarthe, en évitant les alignements d’arbres pa- Terrassements
rallèles aux voies. Entreprise Deschiron
Ouvrages
Entreprise Campenon Bernard
■ INCIDENTS DE CHANTIER Chaussées
Entreprise Jean Lefèbvre
Glissement de terrain
RESUMEN ESPAÑOL
Autopista A28 – Alençon -
Le Mans - Tours. Sección
Arçonay/Maresche
G. Khodja
de l'arbre (A77)
Charles Dargent
vec l’autoroute A77, Dordives – Cosne-sur-Loire, on
DIRECTEUR GÉNÉRAL
ADJOINT
Société des Autoroutes
A peut probablement dire qu’on a le premier exemple si-
gnificatif d’une autoroute à thème, voire d’une infrastruc-
Paris-Rhin-Rhône
ture linéaire à thème.
L’une des grandes difficultés que rencontrent les aménageurs de ce type de réalisation réside
précisément dans ce caractère même. La "bande" d’infrastructure qui s’étend sur des dizaines
ou des centaines de kilomètres traverse des régions diverses dans lesquelles elle crée un sillon
étroit, et jamais l’usager (le client, le conducteur) n’a une vue globale ni de l’infrastructure,
ni de sa terre d’accueil.
Pour que le thème soit significatif, il nous semble qu’il faille qu’il soit perceptible, c’est-à-dire
visible par l’usager.
Ceci appelle des efforts importants d’aménagement.
Ils ont été mobilisés sur A77 et le résultat en est visible.
L’autoroute A77 côtoie les forêts de Montargis et d’Orléans, et passe à moins de 5 km du somp-
tueux arboretum national des Barres, siège d’une collection botanique unique en France et en
Europe.
Voilà d’où est née l’idée de faire d’A77 l’Autoroute de l’Arbre.
Pour la mettre en œuvre, – c’est-à-dire encore une fois la rendre perceptible par le conducteur –,
on a élaboré tout un "Fil Vert".
Celui-ci, symbolisé dans un logotype décliné, se matérialise sur la section courante elle-même
et sur la totalité des aires.
Dès son entrée sur l’autoroute A77, le conducteur est accueilli par des panneaux au nom de
l’Autoroute de l’Arbre. En plusieurs endroits particuliers, une sculpture à caractère ludique de
plusieurs mètres de haut rappelle l’image de l’autoroute. Vingt-quatre bouquets d’arbres ré-
partis sur les bas-côtés déclinent leurs noms et rappellent cette même image.
Avec l’accord des maires, toutes les aires de repos ont été dédiées au thème commun.
Enfin, la seule aire de service de la section joue un rôle de point d’orgue, avec son Jardin des
Arbres, qui fait écho à l’arboretum national tout proche.
Cet ensemble parvient-il à typer l’autoroute aux yeux des dizaines de milliers d’automobilistes
qui l’empruntent ?
En concentrant un tel nombre de mesures spécifiques d’aménagement, avons-nous péché par
excès ?
C’est l’expérience qui dira si l’Autoroute de l’Arbre, dont l’article de Jean-Pierre Berguin pré-
sente l’ensemble des composants, répond à l’objectif de son aménageur.
®
Travaux n° 776 • juin 2001 27
AUTOROUTES
■ LE LOGOTYPE
Un logotype a été créé pour que les automobilistes
Photo 2 soient avertis de cet événement exceptionnel et
Panneau d’accueil pour provoquer la curiosité et l’interrogation.
de l’autoroute Les premières esquisses datent de décembre 1995.
de l’arbre
Il s’agissait à l’époque d’annoncer aux automobi-
Tree Motorway listes l’approche de l’aire du Jardin des Arbres, au
welcome panel
moyen d’une sorte de présignalisation originale du
type de celle qui a été retenue sur l’autoroute A6
en amont de l’aire de Jugy dont le thème est "Les
champignons".
C’est au cours d’une réunion du groupe de travail
sur le "Jardin des Arbres et communication" que
Catherine Morand et Jacques Dolveck dessinèrent
les premières ébauches d’un logotype sur la base
du symbole autoroutier. Il semblait a priori néces-
saire d’y associer la numérotation de l’autoroute
puisqu’il ne s’agissait pas de n’importe quelle au-
L
’autoroute A77 est concédée à la Société toroute, mais bien de l’A77, autoroute doublant la
des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, sur une très célèbre RN 7 chantée par Charles Trenet.
centaine de kilomètres. Son extrémité nord Il apparaît très vite que les jambages des deux "7"
se situe sur l’autoroute A6, au sud de Nemours entrecroisés peuvent évoquer les chaussées pa-
dans le département de la Seine-et-Marne, et son rallèles et leurs ouvrages d’art. En l’occurrence, ils
extrémité sud se situe sur le territoire de la com- peuvent aussi représenter le tronc d’un arbre.
mune de Cosne-sur-Loire, dans le département de Il suffit de trois arcs de cercles pour chapoter l’en-
la Nièvre. semble, et exprimer ainsi le feuillage.
Cette autoroute traverse le département du Loiret Les grands principes de ce logo sont nés. Ils sont
et passe à moins de 5 km d’une réserve génétique simples, évocateurs et ludiques. Il a suffi de les
arboricole exceptionnelle : l’arboretum national des travailler dans le détail pour obtenir ce qui devait
Barres. être le logotype de l’Autoroute de l’Arbre.
La création d’une "vitrine" de cet arboretum, sur Les deux "7" ont disparu pour ne conserver que
l’aire de service du Jardin des Arbres, mettant l’arbre les jambages évoquant le ruban autoroutier ; cette
à l’honneur sur cette autoroute, a naturellement autoroute avait déjà changé de numéro plusieurs
conduit la Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhô- fois au cours de sa conception (F6, A67, A77) et
ne, à la baptiser l’Autoroute de l’Arbre. la nouvelle numérotation autoroutière étant à l’ordre
La Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône a sou- du jour, il n’était pas bon de mettre ce numéro
haité que l’autoroute A77, Dordives/Cosne-sur-Loi- en exergue.
re soit placée sous le signe de l’arbre, en raison Pour les couleurs, c’était facile : le vert pour le
du tracé de l’autoroute, qui voisine l’arboretum na- feuillage et le jaune orangé pour le tronc. Les
tional des Barres. Cet arboretum présente plus de RAL de ces deux couleurs sont également les RAL
2700 espèces végétales, qui font de ce site la plus du logo de la S.A.P.R.R., ce qui permet de respec-
grande concentration d’arbres spécifiques en Eu- ter la charte graphique de la société.
rope. Un des points forts souhaité pour la mise en valeur
De ce fait, l’arbre est mis à l’honneur sur l’ensemble du Jardin des Arbres était de lui donner un carac-
du tracé autoroutier, pour attirer l’attention des au- tère ludique (photo 1). Ce logotype, qui est très voi-
tomobilistes sur ses bienfaits, sur sa protection sin de l’arbre dessiné par un enfant, permet
écologique et sur ses capacités ornementales et facilement de l’associer au personnage André le
des panneaux de signalisation et les supports des Sur 34 communes consultées, 19 ont répondu à
candélabres ont été peints en vert. cet appel par un accueil enthousiaste, en propo- LES PRINCIPAUX
L’édicule sanitaire est composé d’un mur circu- sant la participation de 25 classes avec des élèves INTERVENANTS
laire ceinturant les toilettes et le local technique. de tous âges, de l’école maternelle jusqu’aux classes
La couverture est réalisée en toile de polyester avec de 6e de collège. Les enseignants, avec l’accord Maître d’œuvre
enduction PVC. des inspections académiques concernées et cer- Végétude
Le parvis traité en béton balayé et en pavés auto- tains élus locaux, ont participé à des réunions d’in- Architectes
bloquants est planté de cinq gros sujets de l’arbre formation le 3 février 1999 et le 24 mars 1999 • Jacques Dolveck - Paysagiste
spécifique, qui a donné son nom à l’aire. (notamment après une visite du Jardin des Arbres).
• Denis Sloan - Architecte
L’aire de service est implantée au milieu du tracé Ces réunions avaient pour objet d’informer les en-
de l’autoroute A77, et pour l’automobiliste elle de- seignants sur les objectifs et sur les modalités des Entreprises
vient l’arrêt incontournable, compte tenu de son actions attendues. Floriot : Murs vitrines
original "Jardin des Arbres" dont le maire de Va- D’un commun accord, il avait été convenu que les Signalisation
rennes-Changy a accepté l’appellation en échange œuvres seraient adressées à la S.A.P.R.R. le 30 • Signature SA : signalisation des
du nom de sa commune. juin 1999. aires
Les panneaux d’entrée d’aire type E35a ont été Le travail accompli par les écoles et les enfants • Laporte : signalisation de direction
modifiés pour être en harmonie avec les panneaux est considérable et extraordinaire : il représente Plantations des bouquets d’arbres
de l’Autoroute de l’Arbre (photo 5). Chaque aire est 80 dessins, peintures ou sculptures, certains agré- • Domon : entreprise d’espaces verts
dotée d’un certain nombre d’arbres spécifiques cor- mentés de texte à la gloire de l’arbre (tableau II). (mandataire)
respondant à la dénomination de l’aire. Un grand merci à ces enseignants passionnés, qui • Even : entreprise d’espace verts
ont su obtenir des œuvres aussi belles. (co-traitant)
Le succès de cette opération a entraîné des mo- • C.V.A. : fournisseur de végétaux
■ LES ÉCOLIERS DE L’AUTOROUTE difications dans l’organisation prévue. En effet, sur
DE L’ARBRE chaque aire, l’architecte Denis Sloan avait imagi- Coût direct : 3,087 millions de francs
né un support vitrine pour présenter les œuvres TTC (base janvier 1999) représen-
L’Autoroute de l’Arbre ne pouvait pas traverser une des enfants de la commune et des communes en- tant 0,07 % du montant global de
région sur plus d’une centaine de kilomètres sans vironnantes directement concernées par le site. l’opération
remercier les communes de leur participation à cet- Devant l’affluence et une telle variété des œuvres,
te dénomination. il n’était pas question de faire des choix en favori-
Dès le mois de septembre 1998, la Société des sant ou en défavorisant certaines classes. La
Autoroutes Paris-Rhin-Rhône a proposé aux mairies S.A.P.R.R. a souhaité que toutes les œuvres soient
d’associer les enfants des écoles à la mise en va- présentées aux automobilistes de l’autoroute A77.
leur de l’arbre sur le thème de "La perception de Il a donc été convenu de réaliser une affiche for-
l’autoroute à travers les arbres". mat 1 600 x 1 250 sur laquelle figure une copie de ®
Travaux n° 776 • juin 2001 31
AUTOROUTES
RESUMEN ESPAÑOL
■ AMÉNAGEMENTS
PARTICULIERS Hilo Verde de la autopista
del árbol (A77)
Tout a été fait sur le tracé de l’autoroute A77 pour
que l’arbre soit mis en valeur. Tous les arbres Ch. Dargent y J.-P. Berguin
qui voisinaient le tracé autoroutier ont été proté-
gés. Les arbustes de la forêt de Nargis ont été mis La Société des Autoroutes París-Rhin-
Rhône ha deseado otorgar un puesto
en pépinière puis replantés sur l’aire du "sophora"
de honor al árbol en la autopista A77
et sur l’aire du "hêtre pourpre", après avoir fait l’ob-
que pone actualmente en comunica-
jet de soins attentifs et d’une technique innovan- ción las ciudades de Dordives y Cosne-
te. sur-Loire.
Sur 2 à 3 km de part et d’autre de l’aire de servi- El "Hilo Rojo" que representa el conduc-
ce du Jardin des Arbres, le terre-plein central de tor que soporta un tema desarrollado
l’autoroute est particulièrement attrayant, avec des en un entorno, ha recibido de forma
plantations densifiées, pour rompre avec l’image lógica y natural la denominación de
du reste du tracé. "Hilo Verde" que permite reunir entre
Quand on pénètre sur l’aire de service du Jardin sí todas las acciones de valorización
des Arbres, c’est un cèdre ayant 18 m de hau- de los vegetales excepcionales a lo largo
teur qui culmine sur le merlon pyramidal. Cet arbre del trazado y de las áreas de la Auto-
pista del Árbol.
a fait l’objet des plus grands soins d’élevage et de
mise en œuvre. C’est l’arbre de l’autoroute A77.
■ CONCLUSION
En parcourant l’autoroute A77, l’automobiliste ap-
préciera, au cours des saisons, la variabilité natu-
relle du tracé auquel les bouquets d’arbres
apporteront chaque jour de nouvelles couleurs. En
s’arrêtant sur les aires de repos, l’automobiliste
admirera la sélection d’arbres spécifiques excep-
tionnels qui ont été plantés pour le plaisir des yeux
et pour la découverte ; il contemplera le saule cen-
tenaire et pourra s’émerveiller en visitant l’extra-
ordinaire Jardin des Arbres.
C’est le "Fil Vert" qui le guidera sur l’Autoroute de
l’Arbre.
/Saint-Quentin
Figure 1
Carte du tracé de l’autoroute A29
Map of A29 motorway route
RESUMEN ESPAÑOL
Autopista A29
Amiens/Saint Quentin.
Innovar para economizar…
Y. Meunier
Ouverture de la section
Sur l’autoroute A89 Bordeaux/Cler-
mont-Ferrand, entre Libourne en Gi-
de l’autoroute A89
ronde et Mussidan en Dordogne, 73
km seront ouverts à la circulation cet
été. Des plaines inondables du Li-
"L’eau-toroute" dans
bournais aux vallées agricoles et boi-
sées de la vallée de l’Isle, cette ■ DEUX ANNÉES D’ÉTUDES Le modèle physique
section mettra ainsi Bordeaux aux HYDRAULIQUES DÉTAILLÉES
D’une longueur de 70 m et d’une largeur d’environ
portes de Périgueux, divisant presque Les études hydrauliques détaillées de la section 40 m, le modèle physique représentait l’ensemble
par deux le délai de parcours entre Libourne ouest/Coutras de l’A89 concernaient le de la boucle d’Arveyres, ainsi que la partie termi-
les deux agglomérations. A la veille franchissement des cours d’eau Isle et Dordogne nale de la vallée de l’Isle. Avec une surface utile
et de leur lit majeur. Elles avaient pour but de dé- de près de 3000 m2, cet outil est un des plus grands
de sa mise en service, Autoroutes du
terminer un dimensionnement et un positionnement modèles jamais réalisés en Europe. Il a été construit
Sud de la France (ASF), le maître d’ou- optimum des ouvrages de décharge permettant de à l’échelle horizontale du 1/100 et à l’échelle ver-
vrage, propose un retour sur cette minimiser, voire d’annuler, l’impact hydraulique du ticale du 1/50.
section résolument placée sous le projet dans cette zone inondable. Il représentait très fidèlement la topographie des
Le décret de la déclaration d’utilité publique du 10 vallées et la géométrie du lit de la Dordogne et de
signe de l’eau et de ses contraintes,
janvier 1996 est assorti d’une annexe qui prévoit : l’Isle, ainsi que tous les ouvrages et infrastructures
qu’il s’agisse de protection de la res- "dans la traversée des vallées de la Dordogne et existants (digues, ponts, viaduc SNCF, RN89…) et
source en eau, d’impact hydraulique, de l’Isle, l’autoroute A89 ne devra pas modifier sen- protégés (remblai autoroutier et ouvrages).
de terrassements en zone inondable, siblement le niveau des crues de ces rivières. A cet Pour un événement hydrologique donné, les écou-
effet, la position et les dimensions des ouvrages lements ont été simulés en injectant dans le mo-
de préservation du biotope d’un ma-
hydrauliques à aménager, dont l’ouverture totale dèle les débits correspondants de la Dordogne et
rais… (figure 1). sera d’au moins 2500 m de longueur, devront être de l’Isle. La correspondance entre les débits na-
étudiées pour ne pas exhausser le niveau de crue turels et les débits du modèle est définie par les
de référence de plus de 2 cm dans les zones sen- règles scientifiques de la similitude. Ainsi un débit
sibles et 5 cm dans le reste de la zone inondable". de 1 l/s sur le modèle correspond environ à 35 m3/s
Pour réaliser les études détaillées permettant de en nature.
concevoir le projet répondant à ces objectifs, ASF Le modèle était équipé de tous les instruments né-
s’est appuyée sur le groupement de bureaux d’études cessaires à la mesure, pour chaque essai, des dé-
Sogreah Ingénierie, Sogelerg Sogreah Sud-Ouest bits des niveaux d’eau et des vitesses de
et Laboratoire hydraulique de France. l’écoulement au voisinage des ouvrages.
Dans le cadre de la définition des hypothèses d’étu- Les niveaux d’eau étaient mesurés grâce à une
de, une crue de projet a été définie en associant quarantaine de capteurs répartis sur toute la sur-
un coefficient de marée de 110, une surcote au face du modèle, dont la précision de lecture est de
Verdon de 1,60 m et un débit fluvial sur la Dordogne 2 ou 3 dixièmes de millimètres. Les vitesses au
de 4 000 m3/s (fréquence centennale) et sur l’Isle voisinage des ouvrages étaient enregistrées par un
de 1 200 m3/s (fréquence centennale). système informatique de trajectovidéographie (prises
Figure 1
Tracé A89
Route of A89
®
Photo 2 Une des particularités des terrassements de la sec-
Le viaduc du Mascaret tion Libourne ouest/Coutras est la présence, sur
franchit la Dordogne
et relie Arveyres à Fronsac environ 10 km, de sols de mauvaise qualité né-
The Mascaret viaduct cessitant le recours à des techniques particulières,
crosses the Dordogne préalables à la réalisation de la plate-forme de l’au-
and links Arveyres toroute.
to Fronsac
Les sols-supports rencontrés par le projet auto-
routier dans les vallées de l’Isle et de la Dordogne
sont des sols mous et gorgés d’eau, dans des zones
marécageuses ou humides. Sans traitement préa-
lable, la pression directe du remblai de l’autorou-
te sur ces sols aboutirait soit à la rupture du terrain
naturel, soit à un tassement très lent et continu
(photos 2 et 3).
Ces sols dits compressibles ont été consolidés
avant la mise en place des chaussées de l’auto-
route. L’eau qu’ils contiennent a été évacuée en
Photo 3
Le premier provoquant de manière accélérée les tassements
des trois franchissements prévisibles, avant la réalisation de la couche de for-
de l’Isle à Fronsac me et des chaussées.
The first
of the three crossings Drainage et préchargement
of the Isle at Fronsac
®
et phréatiques, et des eaux superficielles rencon- ABSTRACT
trées (figure 2).
Opening of
Libourne/Mussidan section
Figure 2 of the A89 motorway. The
Dispositif ups and downs of the
de protection
des eaux "water-way"
Water
protection J.-P. Lacaze
system
This summer, on the Bordeaux/Cler-
mont-Ferrand motorway A89 between
Libourne in the Gironde region and Mus-
sidan in the Dordogne, three sections
will be opened simultaneously to traf-
fic. With a total of 73 km, representing
half the length of the A89 in the Aqui-
taine region, from the flood plains of
Ecrêteurs d’orage, ils limitent le risque de ravine-
the Libournais to the agricultural and
ment ; décanteurs, ils retiennent l’eau de ruissel-
wooded valleys of the Isle, these three
lement jusqu’à ce que les produits polluants fixés sections typify the relationship between
sur les matières en suspension précipitent par the A89 and water in all its forms, whe-
simple gravité; déshuileurs, ils empêchent les huiles ther in relation to the protection of
de rejoindre le milieu naturel. On compte ainsi water resources, hydraulic impact, ear-
environ un bassin par kilomètre d’autoroute. thworks in flood zones, or the preser-
ASF a mis en place également un système d’aide vation of a marshland biotope.
à la décision en viabilité hivernale pour limiter les
quantités de sel et de saumure déversées. RESUMEN ESPAÑOL
Inauguración de la sección
Libourne/Mussidan de la
autopista A89. "L’eau-
toroute" está fuera de sí…
■ LES MOYENS
Les moyens matériels déployés pour la réalisation
de ce chantier autoroutiers ont été les suivants :
◆ en section courante :
- centrale d’enrobage type Astec double Barrel DDC
734,
- finisseur Vogële S 2500,
- alimentateur Dracare,
- cylindre à pneumatiques PS 500,
- cylindre lisse vibrant CB 624 ;
◆ sur accotements :
- épandeur latéral,
- arroseuse à rampe,
® avec utilisation de 20 % de matériaux issus du
rabotage.
- cylindre à pneumatique PS 500,
- cylindre lisse vibrant CC 122.
Nice : Prolongement de la
Nouvellement dénommée voie Pier-
re Mathis, l’Autoroute urbaine sud,
de l’Autoroute urbaine sud
plus connue sous le nom de "voie ra-
pide" est un axe de pénétration et de
et Fabron
desserte inter-quartiers qui relie Saint-
Augustin au Paillon en épousant sen-
L
siblement le tracé des voies a municipalité de Nice a eu très tôt conscien- Ainsi, l’autoroute A8 entre Nice et la frontière ita-
ferroviaires. ce des problèmes que posait l’automobile lienne est une succession quasi ininterrompue d’ou-
et a été une des premières à inscrire sur les vrages d’art, viaducs et tunnels, et il a fallu attendre
Réalisée à plus de 75 %, une nouvel- documents d’urbanisme une autoroute urbaine des- l’été 1979 pour que soit réalisée la liaison conti-
le section a récemment été mise en tinée à pénétrer au centre de la ville. Ainsi, l’Auto- nue avec l’Italie.
service entre Magnan et Fabron, sur route urbaine sud, appelée couramment "voie rapide" Dans le schéma routier de Nice, cette autoroute à
par les usagers, est apparue dès 1950 sur les plans péage doit assurer le trafic de transit, en particu-
la chaussée nord.
d’urbanisme de Nice. lier pour les poids lourds.
D’une longueur de 800 m, cette por- A l’origine, simple voie urbaine destinée à faciliter Au contraire, l’Autoroute urbaine sud, dont l’accès
tion est bordée au sud par les voies aux poids lourds la traversée de Nice tout en les est libre, constitue une voie de pénétration et de
ferrées et elle entaille au nord la col- écartant de la Promenade des Anglais, le projet de- dégagement, et sert de liaison entre les quartiers
vait rapidement évoluer, dans les années 1960, grâce aux huit échangeurs répartis le long de son
line de Barrimasson sur laquelle sont
vers la création d’une autoroute urbaine, sans des- tracé de 8,5 km de longueur totale.
édifiés de nombreux bâtiments. serte des riverains ni circulation des piétons, des- Située à peu de distance du rivage et desservant
Diverses techniques de construction tinée à relier directement le Var au Paillon en le centre de l’agglomération, elle absorbe un trafic
des ouvrages de soutènement ont traversant le centre de la ville et en tangentant l’hy- de 70 000 véhicules/jour et allège d’autant la Pro-
per-centre. menade des Anglais, à vocation touristique, et la
été employées selon les disponibili-
L’idée de base était de longer au plus près le tra- rue de France, prolongement de la RN7, mais étroi-
tés foncières. cé de la voie ferrée Marseille-Vintimille pour ne pas te en ville et aboutissant à la zone piétonne créée
Au plan de l’environnement, cette créer une nouvelle coupure dans le tissu urbain et autour de la place Masséna.
voie a été traitée en boulevard ur- limiter par là même les expropriations traumati- Entre Saint-Augustin et le Paillon, l’A.U.S. est ac-
santes. C’est sous cette forme que l’Autoroute ur- tuellement réalisée :
bain, agrémentée de nombreux es-
baine sud a été inscrite au plan d’urbanisme directeur ◆ sur une chaussée, au sud de la SNCF entre Saint-
paces verts. de 1962. Augustin et Fabron ;
Dans le cadre du traitement du bruit ◆ sur deux chaussées, situées de part et d’autre
à la source, un enrobé drainant et des voies ferrées, entre Fabron et Saint-Philippe ;
■ PRÉSENTATION D’ENSEMBLE ◆ sur viaduc à 2 x 2 voies en section courante, au-
l’habillage des murs de contre-rive
dessus des voies ferrées, entre Saint-Philippe et
par des panneaux très absorbants ont Par sa configuration particulière de collines cou- Saint-Lambert ;
été effectués. pées de vallons, plongeant abruptement dans la ◆ en tunnel à 2 x 2 voies sous la colline de Cimiez
mer et ne laissant qu’une étroite bande côtière très où elle rejoint le Paillon.
urbanisée, où sont étagées les principales voies Ultérieurement, sont prévus :
de communication, le littoral entre le Var et Men- ◆ à l’est :
ton ne se prête pas aisément à la création de - un deuxième tube de l’A.U.S. sous la colline de
grandes infrastructures routières. Cimiez,
- la liaison de l’A.U.S. avec le tunnel du Paillon et
la pénétrante qui dessert les communes amont par
Construction réaménagement de la trémie Maraldi du tunnel ;
de murs à tirants
◆ à l’ouest :
Construction
of tie-rod walls
- le raccordement de l’A.U.S. à l’autoroute A8,
par un tunnel passant sous la colline de la Victori-
ne puis en tranchée couverte.
■ LE PROLONGEMENT
DE LA CHAUSSÉE NORD
DE L’A.U.S. ENTRE MAGNAN
ET FABRON
Présentation
chaussée nord
(A.U.S.) entre Magnan Philippe Martin
ADJOINT
AU CHEF DE SERVICE
Ville de Nice
sée nord de la voie rapide entre Magnan et Fabron et côté Fabron, et assurent notamment le soutè-
ont porté sur l’aménagement : nement des bretelles d’entrée et de sortie ;
◆ d’une bretelle d’entrée à Magnan ; ◆ murs à tirants. Dans les zones de murs de gran-
◆ d’une bretelle de sortie à Fabron ; de hauteur (10 à 12 m), il a été utilisé, lorsque les
◆ de 800 ml de voie supplémentaire. limites d’emprises étaient suffisantes, la technique
Cette opération permet notamment d’améliorer la des murs à tirants.
desserte de l’hôpital de l’Archet et des collines avoi- Les terrassements sont effectués de haut en bas,
sinantes et d’alléger le trafic sur le carrefour de Ma- par plots successifs de 3 m de hauteur environ
gnan et l’avenue de la Californie. et la stabilité du mur en béton est assurée par des
Ce tronçon, de 800 m offrant en section courante tirants précontraints dont les plus importants ad-
une largeur roulable de 9,60 m comprend princi- mettent une force de tension de 133 t. Ceci per-
palement un mur de soutènement côté sud, en mi- met de limiter les terrassements et la décompression
toyenneté avec la plate-forme ferroviaire, et un mur du terrain ;
de contre-rive de hauteur variable, côté nord, en mi- ◆ murs associés à des colonnes de renforcement
toyenneté avec les riverains. de sols (figure 1). Dans les sections où les em-
La réalisation de cette section, qui entraîne la sup- prises étaient insuffisantes pour mettre en place
pression de la partie inférieure de l’avenue du des tirants, il a été procédé à la mise en œuvre de
Petit Fabron, a conduit au rétablissement : murs associés à des colonnes de renforcement
◆ de la desserte de l’avenue du Petit Fabron à son des sols selon le principe de phasage ci-après.
extrémité supérieure, par l’avenue Aimé Martin ; 1 - Renforcement de sol par colonnes de 80 cm de
◆ de la desserte des résidences de la Villa Anahit diamètre et d’une longueur variant de 6,50 m à
et du Parc Anahit. 17 m exécutées :
Par ailleurs, le passage piétons par des escaliers ◆ à la tarière d’une part ;
face à l’hôpital Lenval a été maintenu et une ram-
pe rejoignant le pont SNCF de l’avenue du Petit Fa-
◆ selon la technique du jet grouting d’autre part. ®
bron a été créée, ce qui assure la continuité du
cheminement piétons entre la partie haute de l’ave- Figure 1
Principe de construction
nue du Petit Fabron et l’avenue de la Californie. de mur associé aux colonnes
Afin de permettre une végétalisation optimale des de renforcement des sols
ouvrages, des jardinières en pied et crête du mur Principle of wall construction
de contre-rive ainsi qu’une risberme intermédiaire associated with soil reinforcement
columns
ont été complantées.
®
Construction Des modules de cinq colonnes jointives, réalisées
de murs à tirants perpendiculairement à l’alignement du mur, forment
Construction des éperons espacés d’environ 3 m.
of tie-rod walls
2 - Les têtes de colonnes sont rendues solidaires
par une dalle en béton armé.
3 - Terrassement à partir du haut par plots de 3 m
de hauteur.
4 - Bétonnage du mur qui est "cloué" sur les co-
lonnes en éperon.
5 - Mise en tension provisoire des tirants subver-
ticaux à 30 % de leur valeur dès l’achèvement des
plots supérieurs du mur, puis mise en tension
définitive à l’achèvement de l’ouvrage
LES PRINCIPALES
QUANTITÉS
• Déblais : 70 000 m3
• Béton : 7 000 m3
• Aciers : 560 t
Tirants de précontrainte
• Nombre : 420
• Longueur totale : 5 530 ml
• Force totale de précontrainte mise en
œuvre : 25 200 t
Clous
Mise en place de panneaux absorbants
• Nombre : 179 (laine de verre et dallettes)
• Longueur totale : 1 330 ml
Setup of absorbing panels
• Force totale de clouage : 7 160 t (glass wool and slabs)
Colonnes de renforcement de sols
• Nombre : 403
• Longueur totale : 4 325 ml
Dans un contexte de voisinage très difficile, il n’a pas été aisé à un grand industriel comme Re-
nault de persuader une petite commune rurale que l’implantation d’une vaste infrastructure
(11 km de pistes) dans sa cité n’aurait aucune incidence sur la qualité de vie des autochtones.
Il a fallu également gérer au niveau de l’exécution cette cohabitation entre :
◆ une population à caractère agricole, peu habituée à un chantier d’une telle envergure ;
◆ un chantier important de terrassement et de chaussées.
Renault, aidé en cela par son maître d’œuvre Scetauroute, a parfaitement su gérer cette contrain-
te à laquelle sont venus s’ajouter :
◆ des contraintes de restriction économique, qui ont obligé le maître d’œuvre à bien étudier les
variantes proposées par les entrepreneurs et de prévenir en amont les éventuelles dérives liées
aux impondérables du chantier ;
◆ d’importantes contraintes climatiques, sur un terrain accidenté particulièrement sensible du-
rant la période de terrassement et de traitement ;
◆ des contraintes sur le cahier des charges des futurs utilisateurs, sans cesse en évolution ou
mal définies dans le cahier des charges initial (compléments nécessaires sur des aspects sou-
vent très subjectifs tels que sensation et impression du conducteur…).
Aujourd’hui, ces pistes sont en exploitation et semblent satisfaire l’ensemble des acteurs
puisque aucune plainte n’est remontée tant au niveau des utilisateurs que du voisinage.
Olivier Aknin
CHEF DU PROJET CTA III
Renault
■ PHASE PROJET
Objectifs à atteindre
© Scetauroute/E. Benard
Les objectifs fixés par le maître d’ouvrage Renault
sont de trois natures : financier, délais, et respect
des engagements vis-à-vis des riverains. A ces ob-
jectifs relatifs à la conception même des pistes,
Photo 1
on peut en ajouter un quatrième lié aux travaux :
Vue générale du site
la qualité de réalisation et d’usage.
General view of site
Financier
L’objectif était de réaliser des économies signifi-
® première phase CTA I, avec anneau de vitesse, pis-
te de comportement, piste carrelage.
catives par rapport au budget initial de 70 millions
de francs. Pour ce faire, le projet était à optimi-
La seconde phase de développement des pistes ser techniquement et financièrement :
commence au début des années 1990 avec la ◆ recherche du juste nécessaire ;
construction du CTA II à l’extérieur de l’enceinte du ◆ recherche de techniques performantes et éco-
parc, comprenant : nomiques ;
◆ la piste synthèse confort ; ◆ recherche d’astuces de conception.
◆ la voie rapide ;
◆ les pistes d’excitation. Délais
Déjà, Scetauroute était partie prenante en qualité Compte tenu d’un certain nombre de contraintes :
de maître d’œuvre, dans la construction de ces ◆ arrivée sur le centre technique d’Aubevoye de
pistes du CTA II. personnel en provenance d’un autre centre tech-
La piste arrosée, légèrement à l’écart, a été construi- nique (politique de réorganisation générale des
te en 1996. centres d’essai),
La troisième phase de construction des pistes (CTA ◆ programme de développement d’un véhicule,
III), objet de cette présentation, démarre en 1997 il a été demandé de tenir le délai, à savoir une mise
et se termine au début de l’année 2000. en service au plus tard début 2000.
Le CTA III est constitué d’un ensemble de trois
pistes : Engagements
◆ route nationale ; Le respect des emprises prévues et des mesures
◆ route moyenne montagne ; compensatoires définies avec la commune de Ve-
◆ fortes pentes. nables est un objectif impératif.
ainsi que d’un chemin de ronde et d’une voie de
liaison avec le reste du centre d’Aubevoye. Cahier des charges
Ces pistes sont destinées essentiellement à la va-
lidation des véhicules. Cela consiste en un en- Le cahier des charges sur route nationale, route
semble d’"épreuves" sur véhicules de série, réalisées moyenne montagne et fortes pentes est défini com-
dans le but de reproduire à un rythme accéléré leur me suit.
cycle de vie.
Les pistes du CTA III peuvent également servir aux Route nationale
essais sur véhicules utilitaires légers, aux essais ◆ Vitesse de référence : 70 à 100 Km/h ;
de liaison sol-véhicule, aux essais acoustiques, ◆ longueur minimale : 4,6 km. Cette contrainte
thermiques… vient de la fréquentation prévisible de cette piste
par les différents services concernés. La longueur
Programme de l’opération est calculée en fonction d’une interdistance mini-
male entre véhicules, compatible avec la sécurité
Le programme de l’opération est présenté sur la fi- des utilisateurs ;
gure 1. Il a été défini au départ de l’étude et a été ◆ largeur : 7 m soit deux voies dans le même sens;
© Scetauroute
pour tester les véhicules dans différents cas.
La variante proposée par Viafrance était basée sur
le traitement du terrain en place afin de constituer
une couche de forme – objectif de portance inchangé
(PF 2). L’assise proposée était constituée de gra-
Photo 3 ve bitume, les couches de roulement étant in-
Rotrograde 6000
changées.
Rotrograde 6000 Afin de se garantir contre les remontées d’éven-
tuelles fissures de la couche de forme à travers la
structure bitumineuse, la solution variante retenue
après analyse de Scetauroute et discussions avec
Renault et Viafrance était :
◆ arase : terrain naturel en place : limon, argile à
silex ou craie ;
◆ couche de forme : sol en place (limon, argile à
silex ou craie) traité au liant hydraulique à un do-
sage de 4 % (photo 2) ;
© A. Joly
© Scetauroute/B. Masson
le réglage de la couche de forme. C’est ainsi que sur le chantier du CTA III la préci-
Pour satisfaire ces demandes, Sotraga a mobilisé sion obtenue est meilleure que la tolérance –
sur le chantier un matériel peu commun pour des 2/+2 cm, résultat intéressant sur un tracé aussi
chantiers de cette taille dont le volume terrassé ne tourmenté.
reflète en rien la difficulté de réalisation.
L’atelier de traitement était ainsi constitué d’un Atténuateurs de choc spéciaux
épandeur de liant et d’un malaxeur de sol Racco
Photo 4
550. Dans les zones d’argile à silex, ces deux Le besoin de ces atténuateurs est issu d’une im- L’atténuateur de choc
engins étaient précédés d’une niveleuse équipée plication du service sécurité (au sens sécurité des
The impact attenuator
de dents afin d’éliminer les plus gros blocs de si- utilisateurs) dans le processus de réalisation des
lex, gros destructeurs de dents de malaxage. pistes du CTA III.
En réglage, Sotraga a mobilisé sur ce chantier un Avant l’ouverture, ce service a été sollicité pour
matériel tout nouveau avec un procédé inédit de donner son avis sur l’aspect "sécurité" des pistes.
LES PRINCIPAUX
réglage par GPS : le Rotograde 6000 (photo 3). Cette intervention a débouché sur une expertise
Un bref rappel sur la géométrie des pistes du sécurité que Scetauroute a confiée à Isis, filiale du INTERVENANTS
CTA III permet de mieux appréhender la probléma- groupe Egis spécialisée dans ce domaine.
Maître d’ouvrage
tique du réglage propre à ce chantier. La consultation du service Sécurité de Renault et
Renault :
Les pistes du CTA III (route nationale et route moyen- de l’expert d’Isis ont débouché sur les actions sui-
• Service validation
ne montagne) ont en effet un tracé particulièrement vantes :
• Service synthèse
accidenté et sinueux, constitué d’une succession ◆ mise en place de glissières type GCO aux en-
de virages plus ou moins relevés. Les alignements droits les plus critiques du circuit (remblai de gran- • Service liaison sol
droits sont rares et toujours courts. Le dévers de de hauteur, courbe prononcée, vitesse potentiellement • Service IDVU (véhicules utilitaires)
la piste change donc constamment de valeur (de élevée des utilisateurs) ; • Service travaux
2,5 % à droite à 7 % à gauche) et de sens avec ◆ mise en place de GBA sur des zones à criticité • Service achats
toutes les variations correspondantes. Cette par- moins élevée ; • Service maintenance
ticularité constitue la principale et majeure difficulté ◆ adaptation de zones de demi-tour et mise en pla- Maître d’œuvre
du réglage de la couche de forme. ce d’atténuateurs spéciaux grande largeur dans la Scetauroute :
Dans ce contexte, le Rotograde a constitué un atout zone des fortes pentes. • Bureau d’études de Saint-Quentin-
important pour le respect de la géométrie. Le besoin d’atténuateurs grande largeur s’est en en-Yvelines
Cet engin a fait l’objet de déjà beaucoup d’articles effet fait sentir à ces endroits en raison de la si- • Agence de Rouen (travaux)
de GTM dans des revues spécialisées. On en re- tuation particulière des ces pistes "fortes pentes". Consultant analyse de la valeur
prend ici les grandes lignes. Ces pistes, de longueur relativement modeste Anne Refabert
Le Rotograde 6000 utilise la technologie GPS déjà (120 m environ), sont implantées en surplomb d’un
Entreprises
bien connue et largement répandue. Il est équipé dénivelé important (20 m environ) avec en contre-
• Viafrance Normandie et Jean
de deux capteurs GPS positionnés de part et d’autre bas un bassin de traitement des eaux. Elles sont
Lefebvre : assainissement - chaus-
de l’outil de réglage. Ces capteurs transmettent en utilisées pour les essais qui peuvent aboutir à la
sées
permanence la position de l’outil à un calculateur détérioration de certains organes du véhicule : freins,
• Sotraga : terrassements
central embarqué. Ce calculateur reçoit en simul- boîte de vitesse, embrayage. Il n’est donc pas ex-
• GTM : ouvrages d’art
tané les informations d’un troisième capteur GPS clu que le conducteur perde alors le contrôle au
• Siba : clôtures et portails
fixe, placé à proximité et connu en X Y et Z. moins momentané de son véhicule. Un système de
• Somaro : dispositifs de retenue
L’information GPS brute ne permet pas d’obtenir protection parfaitement performant a donc été conçu.
• La Signalisation Routière : signa-
la précision suffisante au réglage d’une couche de Ce système devait en outre préserver au maximum
lisations horizontale et verticale
forme (+ 3/-3 cm au minimum) mais l’écart par rap- le véhicule (qui peut être un prototype) et son conduc-
port à la station de référence parfaitement connue teur.
en position permet d’arriver à cette précision. Muni de ce cahier des charges, Somaro a conçu et
L’information brute des capteurs GPS de l’outil de proposé un atténuateur de choc de 5 m de largeur
réglage est affectée de la correction issue du cap- implanté en bas des pistes fortes pentes (photo
teur fixe pour lequel on connaît l’erreur produite par 4). Il est inspiré des atténuateurs classiques à
le système GPS, le capteur étant parfaitement po- bidon.
sitionné. Dans ce cas particulier, les bidons sont disposés
La position de l’outil de réglage est comparée en par huit de front et sur cinq épaisseurs. En arrière
permanence au projet rentré dans le calculateur et de ce dispositif, on trouve un mur de retenue. L’en-
ainsi ajustée. Ce système permet de s’affranchir semble est maintenu par un système de câbles ten-
des moyens habituels de réglage et de repérage : dus. ®
Travaux n° 776 • juin 2001 57
PISTES
®
■ CONCLUSIONS ABSTRACT
Les contraintes posées par Renault pour la construc- Test tracks : how
tion des pistes du CTA III et les difficultés d’exé- to optimise a project
Construction of tracks
cution liées aux conditions météorologiques ont
representing national
nécessité de la part du maître d’œuvre Scetauroute
highways, mountain roads
une organisation et une approche des problèmes and steep slopes at the
bien spécifiques. Elle a permis : Renault Test Centre
◆ de concilier l’ensemble des besoins des utilisa- in Aubevoye
teurs ;
◆ de respecter le budget malgré les difficultés liées B. Masson, B. Cluet
à la nature du sol et aux conditions météorolo-
giques ; In order to better meet its vehicle engi-
◆ de respecter le délai de mise en service ; neering needs, in 1997 Renault under-
◆ de respecter les engagements pris avec les ri- took the third phase of the construc-
verains et la qualité environnementale exigée par tion of the Aubevoye Technical Centre.
Studies based on value analysis enabled
Renault.
this project to be optimised.
En phase travaux, la réactivité et l’inventivité des
During the works, adaptations requi-
entreprises ont permis de trouver des solutions red by weather conditions and the soil
techniques adaptées et de prévenir les risques de in place were made and allowed the
dérapage du planning. facility to be opened on schedule. Some
A ce jour, les pistes du CTA III sont en service de- innovations relative to the particular
puis un an environ à la satisfaction des utilisateurs context of test tracks were also achie-
et du service entretien. ved.
RESUMEN ESPAÑOL
Pistas de pruebas : ¿Cómo
optimizar el proyecto ?
Construcción de las pistas
de carreteras nacionales,
carreteras de montaña
con pendientes medias
y pendientes acusadas,
en el Centro de pruebas
Renault, de Aubevoye
B. Masson y B. Cluet
du tablier orthotropique
du pont Honoré-Mercier
à Montréal
La réalisation de l’étanchéité ainsi que la couche de roulement en enrobé bitumineux sur dal-
le orthotrope présente des contraintes très particulières. Les grandes déflexions engendrées
par l’importante flexibilité des platelages métalliques très minces provoquent des efforts de
traction dans la couche de roulement et demandent un excellent collage sur le tablier d’acier.
Les procédés Orthoplast et Bétonplast ont été retenus par le ministère des Transports du Qué-
bec de façon à régler la problématique de la dalle orthotrope du pont Honoré-Mercier à Mont-
réal.
Ces procédés spéciaux firent l’objet de la réalisation d’une planche d’essai en comparaison à
la solution conventionnelle retenue par le MTQ pour les réfections antécédentes de cette dal-
le orthotrope.
Suite aux résultats satisfaisants de cette première section expérimentale le procédé Ortho-
plast fut appliqué pour la réfection complète de la dalle du pont. Ce procédé amène une solu-
tion confirmée pour ce genre de tablier, lequel a toujours présenté des problèmes fort complexes
d’étanchéité et d’entretien.
■ INTRODUCTION
Figure 1
Outre le rôle habituel de toute couche de roulement,
Revêtement épais
qui est d’assurer la sécurité et le confort de l’usa-
Thick surfacing
ger, le revêtement de chaussée sur dalle orthotro-
pe doit pouvoir résister aux sollicitations engendrées
par : Figure 2
Revêtement mince
◆ les efforts mécaniques, c’est-à-dire les charges
d’exploitation qui produisent des efforts verticaux Thin surfacing
et tangentiels ;
◆ les conditions climatiques, c’est-à-dire l’eau, le
soleil et les variations de température, ces derniers
étant notamment susceptibles d’introduire des gra- de roulement au liant bitumineux polymère per-
dients thermiques importants entre le revête- mettant de mieux répartir les charges (figure 1) ;
ment et le support métallique ; ◆ les revêtements minces, dont l’épaisseur se si-
◆ les agents chimiques, c’est-à-dire les sels de dé- tue entre 1 cm et 2,5 cm, sont composés d’une
Figure 3
glaçage ainsi que les huiles laissées par le pas- couche d’accrochage au liant pur ou légèrement
Revêtement ultra-mince
sage des véhicules. additivé avec des fines minérales formant égale-
Ultra-thin surfacing
De plus, dans le but d’assurer un collage optimal, ment la couche d’étanchéité, et d’une couche de
la réalisation des différents types de revêtements roulement relativement mince constituée d’un mor-
doit être obligatoirement effectuée sur un sup- tier ou d’un micro-béton dont le liant est, par exemple,
port parfaitement propre (nettoyage au jet de sable un brai ou un bitume modifié aux résines (figure 2);
soigné) et suffisamment rugueux. ◆ les revêtement ultra-minces, dont l’épaisseur est
Les revêtements sur dalle orthotrope peuvent être inférieure à 1 cm, sont composés d’une couche ou
classés selon les trois familles suivantes [1] : d’accrochage au liant pur ou légèrement additivé
◆ les revêtements épais, dont l’épaisseur est éga- avec des fines minérales formant également la
le ou supérieure à 6 cm, sont composés d’un ver- couche d’étanchéité sur laquelle est appliquée une
nis de protection, d’une couche d’étanchéité ou plusieurs couches de liant gravillonné ou des
constituée d’un mastic ou d’un liant polymère ayant enrobés coulés à froid (figure 3).
de bonnes propriétés élastiques, et d’une couche Il est à noter que la faible épaisseur de ces deux ®
Travaux n° 776 • juin 2001 59
INTERNATIONAL
®
derniers revêtements ne permet pratiquement au- ou par grenaillage, jusqu’à l’obtention d’un net-
cun rattrapage vis-à-vis du profil en long. Elle n’au- toyage dit soigné. Aussitôt cette opération termi-
torise donc pas la présence de joints d’expansion née, un vernis bitumineux polymère vient préparer
surélevés. C’est pourquoi la surface du tablier doit les diverses surfaces et protéger l’acier contre la
être exempte de cordons de soudure et d’une ex- rouille superficielle. De par sa teneur en polymère,
cellente planéité. Ces conditions sont générale- ce vernis bitumineux assure également le collage
ment observées sur des tabliers dont les dimensions parfait du système sur l’acier.
sont inférieures à 50 m x 15 m. Afin d’assurer l’étanchéité de l’ouvrage, une mem-
brane d’Evatech LD est appliquée avec une répan-
deuse thermofluide assistée par ordinateur.
■ PROCÉDÉ L’application de cette membrane, dont la tempé-
Photo 1 ORTHOPLAST/BÉTONPLAST rature avoisine les 200 °C, se fait à un taux de pose
Viaduc de Martigues de 3 kg/m2. Un gravillonnage de la membrane en-
Martigues viaduct Utilisé en France depuis près de 30 ans, le pro- core tiède avec des paillettes d’ardoisine est réa-
cédé Orthoplast/Bétonplast est un système d’étan- lisé dans le but de la protéger contre la circulation
chéité multicouche pour les platelages de ponts à du chantier et former un écran limitant sa percola-
dalle orthotrope fortement sollicitée par le trafic. tion dans l’enrobé de la couche de roulement (pho-
Posé avec des équipements mécaniques modernes to 2).
à haut rendement, ce système s’avère une solu- La mise en place d’une couche de roulement semi-
tion de choix pour la réalisation d’ouvrages im- grenue Bétonplast vient terminer le procédé. Cet
portants et présente une tenue remarquable à la enrobé, qui est posé en une couche de 6 cm, est
fatigue par flexion inverse spécifiquement générée composé de granulats de première qualité et d’un
par le comportement mécanique des dalles or- bitume fortement dosé en polymère afin de résis-
thotropes [2] (photo 1). ter aux sollicitations lourdes et canalisées ainsi
Sommairement, ce procédé comporte une mem- qu’aux contraintes rencontrées sur les supports
brane au bitume polymère Evatech LD assurant déformables.
l’étanchéité et un enrobé à chaud Bétonplast for-
mant la couche de roulement.
En plus de l’étanchéité, la membrane joue donc un ■ EXÉCUTION DES TRAVAUX
double rôle. En effet, de par sa nature élastique, DU PONT MERCIER
Photo 2 cette membrane constitue une zone tampon où
Viaduc de Caronte sur l’autoroute A55 la transmission des contraintes à l’enrobé est consi- Appel d’offres
Caronte viaduct on the A55 motorway dérablement réduite. De plus, lors de la pose du
Bétonplast, une certaine quantité de membrane Au mois de mars 1999, le ministère des Transports
percole au travers de l’ardoisine dans les premiers du Québec lança, par appel d’offres, la réfection
millimètres à la base de l’enrobé, assurant ainsi de la dalle orthotrope du pont Honoré-Mercier. L’état
un collage parfait du système au support métal- de l’enrobé de surface présentait une dégradation
lique. importante due principalement au manque d’ac-
crochage sur le tablier en acier.
Lors de ces travaux, la surface de la dalle (2 100
Photo 3
Localisation m2) devait donc être dépouillée de son enrobé de
de la planche d’essai roulement avant d’être décapée avec un jet de
Location sable, jusqu’à l’obtention d’une qualité de nettoyage
of test section de catégorie soignée. Par la suite, la dalle a été re-
couverte d’un enrobé de type EB-20 avec bitume
PG58-28, à l’exception d’une planche d’essai d’une
superficie de 100 m2 où le procédé Orthoplast/Bé-
tonplast devait être réalisé de la manière suivan-
te :
◆ application d’un vernis bitumineux au taux de
400 g/m2 environ ;
◆ pose mécanisée d’une membrane d’Evatech LD
au taux de 3 kg/m2 ;
◆ pose d’une couche de protection à l’ardoisine
au taux de 3 kg/m2 ;
Mise en œuvre ◆ pose d’un enrobé Bétonplast 0/10 mm au taux
de 140 kg/m2.
Dans un premier temps, l’acier du tablier, les re- Comme l’illustre dans la photo 3, la planche d’es-
levés des chasse-roues ainsi que tous les autres sai occupait la voie lente (4 m x 25 m) près de la
points singuliers sont nettoyés avec un jet de sable membrure U14. La principale difficulté de la posi-
Planche d’essai
RESUMEN ESPAÑOL
Ejecución de la
impermeabilización/capa
de rodadura del tablero
ortotrópico del puente
Honoré Mercier (Montreal)
M. Proteau y P. Pichette
La ejecución de la impermeabilización,
así como la capa de rodadura mediante
aglomerado bituminoso sobre placa
ortotrópica presenta imperativos suma-
mente específicos. Las grandes
deflexiones generadas por la impor-
tante flexibilidad de los entablados
metálicos sumamente finos provocan
esfuerzos de tracción en la capa de
rodadura y requieren una excelente
adherencia sobre el tablero de acero.
Los procedimientos Orthoplast y Béton-
plast han sido adoptados por el Minis-
terio de Transportes de Quebec, con
objeto de solucionar la problemática
de la placa ortotrópica del puente
Honoré-Mercier, de Montreal.
Matériels et matériaux
Le rehaussement de séparateur
béton
Méthodologie
◆ Préparation du support :
Nettoyage de la GBA existante par dénudage hau-
te pression, puis élimination de tous les résidus
par nettoyage à l’eau courante (lavage et dégrais-
sage par l’emploi d’une pompe très haute pression
de 40 à 60 MPa). Balayage et aspiration des dé-
■ RECHARGEMENT tritus déposés sur la chaussées.
DES ÉQUIPEMENTS ◆ Pose des dispositifs de liaison :
DE SÉCURITÉ - liaison béton frais sur mur existant assurée par
PAR COFFRAGE GLISSANT la mise en place d’un treillis soudé R80C (maille
200 x 200 - D 4.5 mm). Ce dernier est fixé sur le
Introduction, état des lieux mur existant par des équerres ancrées dans la glis-
sière existante tous les 2 m,
Le réseau autoroutier et routier national étant ar- - l’écartement par rapport au support (5 cm) est as-
rivé à une certaine maturité ces dernière années, suré par des cales,
on enregistre une nette volonté des donneurs d’ordres - l’adhérence sur le mur existant peut être amé-
(Etat et sociétés d’autoroutes) de pérenniser le pa- liorée par la pulvérisation d’une solution résineu-
trimoine existant, de l’entretenir et de l’adapter aux se à base de latex à l’avancement du coulage juste
nouveaux comportements des automobilistes (prio- au devant du moule ;
rité aux voies rapides, forte augmentation du tra- ◆ Coulage du béton :
fic). On voit donc se succéder les appels d’offres - le coulage de la rehausse par coffrage glissant
de déviations, de mise à 2 x 2 ou 2 x 3 voies et est réalisé avec un moule ouvert et en coulage à
d’entretien du patrimoine routier existant. gauche pour rester dans le sens de la circulation
Les entrepreneurs de travaux publics, et les équi- et donc ne pas gêner le passage des usagers sur
pementiers de la route en particulier, doivent s’adap- la voie lente. Pour soutenir la pression du béton,
ter à ces nouveaux marchés en ayant l’objectif de la machine doit être de forte puissance (type Mil-
gêner le moins possible les usagers de la route ler 8800 ou Wirtgen SP500) ;
(l’entretien des voies est réalisé de nuit le plus sou- - la machine est guidée en direction et en altimé-
vent par application d’un tapis d’enrobés supplé- trie par un système de palpeur réglé sur un fil de
mentaire). Les cadences d’avancement des chantiers référence (un nombre suffisant de pervibrateurs (4
Fournitures
◆ Béton :
Pour simplifier l’exécution (calage formule et dis-
ponibilité du matériel) on a recours à une centrale
BPE locale qui est à la disposition exclusive du
chantier (cadences de l’ordre de 100 à 150 m3 par
nuit). Les contrôles de béton sont assurés par le
laboratoire du fournisseur sous contrôle du res-
ponsable de chantier. Les caractéristiques du bé-
ton utilisé seront les suivantes : BCS dosé à 330 kg
de CPJ CEM II/B 32.5 R (+ plastifiant + entraîneur
d’air) :
- sable 0/2,5 mixte : 850 kg,
- gravillons 4/10 roulés : 350 kg,
- gravillons 10/20 roulés : 700 kg,
- ciment CPJ CEM II 32.5 R : 330 kg,
- plastifiant HP (Sika) : 0,30 %,
- entraîneur d’air AER (Sika) : 0,03 %,
- eau : 130 litres.
Résistance à la compression à 28 jours fc 28
> 28 MPa, teneur en air occlus entre 3 et 6 %.
La tolérance de plasticité sera de +/- 1 cm au cône
d’Abrams par rapport à la valeur arrêtée lors du pre-
mier coulage. de l’économie directe réalisée par le maître d’œuvre,
permet d’éviter de mettre en décharge des produits
Contrôles de démolition et de conserver un dispositif de sé-
- 1 contrôle de plasticité par malaxeur en centrale, curité en place pendant toute la durée du chantier.
- 2 contrôles d’air occlus par journée de coulage, La technique de rehausse en place de séparateur
- 3 éprouvettes pour essai de compression à 7 jours béton existants est donc une priorité pour Arbex.
par journée de coulage, Le procédé est appelé à connaître une forte évo-
- 3 éprouvettes pour essai de compression à 28 lution ces prochaines années.
jours par journée de coulage.
Quelques réalisations récentes
Moyens de mise en œuvre - Rocade de Toulouse : 1 900 ml (1997) ;
Ces travaux nécessitent la présence de 10 à 15 - A13 - Orgeval : 3 000 ml (1998) ;
personnes suivant les différentes phases. - A6 - District de Pouilly : 1600 ml (novembre 2000);
- A4 - Noisy le Grand : 2 x 13 000 ml (juillet/août
Conclusion 2000 et avril/mai 2001).
Si les moyens et procédures décrits ci dessus sont k Contact : Frédéric Lozano - Arbex
appliqués, un atelier de coffrage glissant peut réa- Tél. : + 33 (0) 4 90 18 70 00
liser entre 500 et 800 ml de rehausse par nuit pour e-mail : [Link]@[Link]
un coût voisin de celui de la réalisation d’une glis-
sière béton classique. Les chiffres parlent d’eux-
mêmes (sur une base de 1 500 ml à rehausser) :
- solution 1 : démolition/reconstruction : 54,00 à
61,00 €/ml ;
- solution 2 : Coulage d’un rechargement en place :
38,00 à 46,00 €/ml.
L’expérience montre que cette technique, en plus ®
Travaux n° 776 • juin 2001 65
ROUTES
■ LE VARIO DE BOMAG -
NOUVEAUX DÉVELOPPEMENTS
PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DANS LA TECHNIQUE
DU COMPACTAGE
Date du chantier : 1999 - 2000
Maître d’ouvrage : DDE de l’Ariège Avec le lancement sur le marché en janvier 1996
Maître d’œuvre : DDE de l’Ariège du rouleau tandem de 8 t BW 151 AD Variomatic,
Calcul : LRPC Toulouse Bomag a réalisé une avance technologique en ter-
Entreprises : Valérian agence Centre Sud me de compactage. Ce matériel, selon la densité
Paysagiste : SATAR du matériau, se charge de trouver l’amplitude né-
Géométrie MS3 cessaire pour obtenir l’effet de compactage opti-
• Hauteur totale : 12 m mal en fonction des conditions locales.
• Hauteur renforcée : 8 m Le rendement de compactage du rouleau Variomatic
de 8 t est similaire à celui d’un engin traditionnel
Géométrie MS5
d’environ 10 t.
• Hauteur totale : 16 m
La tendance au décalage est minime. Le compac-
• Hauteur renforcée : 12 m
tage est plus régulier. La surface obtenue est très
Caractéristiques communes plane et présente une meilleure rugosité. L’utili-
• Parement incliné à 70° sation est très simple.
• Surface totale de géotextile de renforcement environ 50 000 m2
• Talus : 1v/2h Oscillations dirigées
Dispositif de mur renforcé à parement végétalisé Après d’amples études comparatives durant la pha-
• Gamme certifiée de géotextile de renforcement composite Bidim Rock‚ PEC 75 à 200. se de développement du Variomatic, l’oscillation
- Résistance ultime à la traction dans le dirigée a été choisie comme excitateur étant don-
sens production 95 à 230 kN/m né qu’elle est en mesure de réaliser un rendement
- Géotextile non tissé associé à des de compactage et un effet en profondeur plus éle-
câbles de renforcement en polyester vés qu’un excitateur circulaire.
haute ténacité
• Géofilet composite de retenue de terre Réglage automatique de l’oscillation dirigée
végétale Bidim‚ FC 025 Le réglage automatique du rendement de com-
- Maille carrée en PEHD teintée vert pactage du Variomatic a de nombreux avantages
- Fermeture de la structure avec fibres pour les applications quotidiennes.
naturelles biodégradables Possibilité de compacter des couches minces sur
une base dure (par ex. du béton) grâce à l’adapta-
tion rapide de l’amplitude efficace. Les rouleaux à
excitateur circulaire seraient obligés de réduire les
amplitudes à tel point que le compactage serait si-
milaire à une passe en statique avec logiquement
Fréquence de vibration
Dès les années 1980, Bomag a entrepris les pre-
miers essais de compactage avec des rouleaux à
régulation de la fréquence de vibration en fonction
de la résonance du sol. Cette fréquence de réso-
nance est nettement inférieure aux fréquences uti-
lisées de nos jours.
Pour le compactage de l’asphalte, les fréquences
plus élevées s’avèrent toujours plus avantageuses
car le problème de formation d’ondulations ne se
pose pas lors des passes plus rapides.
Le compactage de couches d’asphalte sur des
bases meubles avec résonance comporte des risques
de fissuration et de foisonnement étant donné que
les amplitudes efficaces sur les couches profondes
deviennent trop grandes sur les enrobés.
Amplitude
En principe, une augmentation de l’amplitude en-
traîne toujours une augmentation du rendement de
compactage et de l’effet en profondeur. Sur les rou-
leaux traditionnels, l’opérateur limite volontaire- vibration choisie, environ 50 Hz, l’amplitude a une
ment les amplitudes afin de minimiser les risques. valeur quasiment double de celle d’un rouleau tan-
Les rouleaux autorégulés permettent l’exploitation dem traditionnel.
d’un potentiel plus élevé grâce à un algorithme qui
surveille l’amplitude maximale requise pour l’adap- Qualité de la surface sur l’asphalte
Compacteurs Bomag
ter au niveau de compactage du matériau. Non seulement les rouleaux tandems Variomatic
Résultat : accroissement élevé du compactage dès compactent mieux, ils produisent également une
les premières passes et donc un nombre de passes meilleure qualité de surface. Une étude approfon-
réduit. die du CETE de Rouen a donné les meilleures notes
au système Variomatic. Résultat : avec la même
Rendement de compactage densité, un rouleau de 8 t équipé du système Va-
A partir de travaux de recherches très étendus, Bo- riomatic réalise une rugosité jusqu’à 16 % supé-
mag a développé des programmes de calcul des- rieure à celle obtenue par un rouleau de 2 t plus
tinés à l’optimisation du comportement des rouleaux lourd. Comparé au compactage mixte, c’est-à-dire
vibrants ainsi que du rendement de compactage. rouleau à pneumatiques + rouleau tandem, la ru-
Ces programmes, utilisables au choix pour excita- gosité obtenue avec le Variomatic est même amé-
teurs circulaires ou oscillations dirigées, ont servi liorée de 24 %. La planéité obtenue par rapport au
à calculer les rendements de compactage des compactage mixte est équivalente.
différents rouleaux tandems Bomag.
De toute évidence, le rendement élevé est fondé k Contact : Murielle Bataille - Bomag
sur la combinaison d’une grande amplitude et d’une Fax : + 33 (0) 1 69 88 39 14
haute fréquence de vibration. Pour la fréquence de e-mail : bataille@[Link] ®
Travaux n° 776 • juin 2001 67
ROUTES
La chargeuse
Daewoo
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■ RABAUD - ÉPANDEURS
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Outre sa gamme de balayeuses de chantiers, ta-
rières hydrauliques, godets malaxeurs…, la socié-
té Rabaud a su développer depuis bientôt 15 ans,
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contrôle de sa trajectoire, et de se conformer aux Résultats de l’essai de certification NF après 12
règles du code de la route. mois soit 250 000 passages de roues :
Un sondage réalisé en mars 2001 par la Sofres au- ◆ à l’état sec : RL = 371 [Link]-1.m2 ;
près de 958 personnes (18 ans et plus) fait ap- ◆ humide : RL = 397 [Link] -1 .m 2 pour 35
paraître que : 96 % des conducteurs considèrent [Link]-1.m2 exigé ;
que lorsque le marquage est visible, il est une aide ◆ sous pluie : RL = 301 [Link] -1 .m 2 pour
à la conduite. 35 [Link]-1.m2 exigé.
Curieux paradoxe, c’est lorsque le conducteur a le La bande préfabriquée 3M™ Scotchlane™ A750
plus besoin de guidage, comme la nuit par temps délivre ainsi à l’usager de jour comme de nuit une
de pluie que le marquage disparaît. information visuelle sans ambiguïté, même dans
En effet, immergé sous le film d’eau, le marquage les conditions météorologiques défavorables.
devient invisible et se comporte alors comme un
miroir en réfléchissant la lumière des phares de Réalisations
manière spéculaire. Le niveau de rétroréflexion d’un RD21 - Meslay-du-Maine : Entrée d’agglomération
marquage peut alors diminuer de 50 % dès que la en rase campagne, présence de platanes sur les
chaussée est humide. rives, carrefours dangereux, la RD21 dans la Mayen-
ne présentait les caractéristiques idéales pour une
Les dangers de la pluie… expérimentation grandeur nature. Appliquées de-
Chute de l’acuité visuelle, fatigue, stress… sont puis 12 mois, les bandes rétroréfléchissantes 3M™
autant de facteurs qui rendent la conduite de nuit Scotchlane™ A750 atteignent toujours des perfor-
difficile. Si l’on ajoute à ces difficultés les condi- mances de visibilité de nuit par temps de pluie su-
tions climatiques défavorables, la conduite de nuit périeures à 300 [Link]-1.m2 offrant au conducteur
devient dangereuse. L’absence de marquage livre une détection anticipée de la trajectoire.
le conducteur à lui-même et mobilise inutilement RD104 - Laison Cergy-Roissy : Cette voie franci-
son attention. lienne reliant deux pôles régionaux majeurs et des-
Les statistiques le prouvent : alors que la circula- servant des bassins d’emplois de première
tion nocturne représente moins de 10 % du trafic, importance, a été conçue pour drainer un trafic rou-
un tiers des accidents ont lieu la nuit, et près de tier intense à toute heure du jour et de la nuit,
28 % des accidents de nuit surviennent sur chaus- quelles que soient les conditions météorologiques.
sée mouillée. Afin d’anticiper l’avenir en prenant en considéra-
tion les besoins relatifs à l’entretien, le conseil gé-
Une solution révolutionnaire ! néral du Val d’Oise a ainsi retenu les bandes
A l’inverse des technologies existantes (barrettes rétroréfléchissantes 3M™ Scotchlane™ A750 pour
à effet sonore, profils structurés et billes de dia- équiper les échangeurs.
mètre important) qui consistent à sortir du film RN 152 - Blois : sur 21 km, sept sections de 1300 m
d’eau, la bande préfabriquée 3M™ Scotchlane™ en moyenne diagnostiquées comme "accidento-
A750 protège son système optique composé de gènes" ont été aménagées de manière à créer
millions de microbilles dans une couche de poly- un effet de rupture, et attirer l’attention des usa-
uréthane transparente. gers pour les inciter à réduire leur vitesse.
Les systèmes optiques surélevés, directement La couche de roulement, réalisée en enrobé coulé
agressés par les sollicitations du trafic, n’offrent à froid, a deux effets : sensation de tenue de vo-
qu’une durabilité très limitée et peu de marquage lant différente et amélioration de la macro-rugosi-
atteignent 35 [Link]-1.m2 soit moins de 45 m de té qui entraîne un meilleur freinage.
visibilité. Ces passages se singularisent par une impression
de rétrécissements de la chaussée (6,50 m au lieu
La réglementation
RN 152 - Blois
Avec l’avènement des normes européennes (NF EN
1436 et NF EN 1824), les normes nationales ont
dû se soumettre à des modifications, aussi bien
dans les exigences de performances que dans les
procédures d’essais.
Les produits de marquage VNTP ont été ainsi in-
troduits dans le règlement ASQUER en vue de l’at-
tribution de la marque NF et un arrêté (10 mai 2000)
a défini les niveaux de performances exigibles en
France.
La bande préfabriquée 3M™ Scotchlane™ A750,
certifié NF depuis juin 2000, affiche des niveaux
de rétroréflexion sur chaussée mouillée, bien su-
périeurs aux exigences des normes NF.
Dans le numéro 743 de juin 1998, nous avons annoncé – page 68 "Un musée retrouvé" – Ce musée,
le projet de l’association ASCO-TP de créer un musée virtuel des travaux publics. Ce projet déjà une longue histoire…
est en train de se réaliser. Réalisé par le grand architecte Auguste Perret,
Redonner vie à une association, ASCO-TP, dont l’un des objectifs essentiels est de recréer le musée des Travaux Publics ouvert en 1939
a existé, pendant plusieurs années, place d’Ié-
le musée des Travaux Publics, est en effet le défi que Jean-Pierre Maillant a relevé de-
na à Paris. Des dioramas et des animations ain-
puis trois années avec le soutien sans réserve que la FNTP et le ministère de l’Equipement, si que diverses maquettes dont certaines avaient
des Transports et du Logement ont apporté à ce projet depuis les premiers instants. plus d’un siècle montraient les réalisations fran-
Cette renaissance est le fruit d’une coopération institutionnelle établie, d’une part, avec le çaises en matière de travaux publics.
Mais depuis sa fermeture en 1955, on ne peut
ministère et, d’autre part, avec le secteur privé sans lequel rien ne pourrait se faire. De-
plus trouver rassemblées les informations (pho-
main, ce sont les collectivités, le public… et nos entreprises qui y seront associés. tos, maquettes, dessins, vidéos…) sur les ou-
Pourquoi un tel musée ? Chacun d’entre nous apprécie la qualité des ouvrages qui nous en- vrages des travaux publics.
tourent, leur esthétique ainsi que les prouesses techniques de leur réalisation. Ils sont le
fait de métiers nombreux et variés et souvent aussi peu connus que les ouvrages eux-
mêmes.
Encore trop souvent subsiste dans l’esprit du public une réputation de "bétonneur" qui heu-
reusement s’estompe.
Ce musée est donc destiné à valoriser l’image des travaux publics ainsi que les métiers
auxquels ils font appel et à mieux faire connaître leurs caractéristiques et leur intérêt. Il
est destiné aussi à mettre en valeur les compétences françaises, que ce soit en matière de
maîtrise d’ouvrage, de réalisations ou à montrer l’emploi de matériels et de matériaux.
Pont de Tancarville, montage des câbles
Il devrait donc intéresser tous les acteurs de la construction, mais aussi les décideurs et
le grand public, surtout les jeunes. En 1998, Jean Millier, alors président de l’Eta-
Si la création d’un musée virtuel prévaut sur celle d’un musée réel, c’est que le coût de ce blissement pour l’Aménagement de la Défen-
se, l’EPAD, a créé une association, l’Association
dernier rend aujourd’hui irréaliste le lancement d’un tel projet ; mais nombreux sont ceux
pour le Sauvetage du Patrimoine du Musée des
qui souhaitent qu’il en soit réalisé un à terme. Travaux Publics, ASPAM-TP, pour le sauvetage et
Cette opération est née grâce à la contribution conjuguée de la FNTP et du ministère, en l’inventaire de ces maquettes, et ce, grâce à l’ap-
hommes, en documents et en moyens financiers (partagés pour moitié dans la réalisation pui efficace de Jean Mesqui.
Puis, après avoir été réparées, ces maquettes
de la maquette).
ont pu être exposées à la Défense en 1991.
L’article qui suit montre que le ministère et la FNTP sont décidés à continuer, pour autant Tout ce qui a pu être réalisé depuis 4O ans en
que les partenaires seront suffisamment présents en nombre et viendront s’agréger autour matière de travaux publics, viaducs, autoroutes,
de l’équipe fondatrice, démontrant ainsi que ce musée répond bien à une attente réelle. aéroports, barrages, plates-formes pétrolières,
ouvrages portuaires, etc. ne peut aujourd’hui être
Il lance donc un appel à l’adhésion de tous ceux qui veulent faire aimer les travaux publics.
ni exposé ni mis en valeur.
haitons être les plus nombreuses possibles. d’ouvrages, puis aux grands fournisseurs des en-
Des objectifs conçus pour quels publics ? Si Pla- treprises. Le vice-président du Conseil général
nète-TP a une vocation culturelle, scientifique et des Ponts et Chaussées a fait état de sa satis-
pédagogique, il a aussi pour finalité de susciter faction à l’égard du résultat obtenu, propos éga-
des vocations, de répondre aux attentes tant des lement tenus par le représentant de la Direction
étudiants, des chercheurs, des collectionneurs des Routes. A l’occasion d’un entretien récent,
qu’à celles des professionnels, des élus, des dé- le ministre et le président Daniel Tardy ont confir-
cideurs, du milieu associatif, des usagers ainsi mé leur intérêt et leur soutien au projet.
Pont de Normandie, montage des haubans
que du grand public.
Pour tous, Planète-TP doit représenter un sup- Promenade au cœur
® des partenaires du secteur privé ainsi que de
nombreuses personnes qui apportent leur concours
port de communication privilégié et constituera
un support de visite récréative. Il sera position-
de Planète-TP… Revue de détail
bénévolement. né au regard de divers publics ciblés ; en effet, Pour être attractif, le site doit surtout offrir des
De plus, ASCO-TP travaille en relation avec l’As- la déclinaison de chaque objectif et de son conte- illustrations, des photographies dont certaines
sociation pour un musée du Patrimoine de l’Equi- nu seront conçus en conséquence. pourront s’agrandir, des audiovisuels, des ap-
pement, créée sous l’égide des Associations Un site composé selon quel contenu et quelle or- plications interactives, accompagnés de textes
Sportives et culturelles de l’Equipement, ASCEE, ganisation ? Pour répondre à ces derniers objec- courts, intéressants et didactiques.
pour valoriser les agents du ministère et main- tifs, le musée sera élaboré autour d’une base de
tenir la mémoire de leur action, au travers de données et d’un moteur de recherche, permet- Pont de Normandie,
schéma de mise
l’évolution de leurs métiers. tant de constituer à la demande les halls et les en perspective
Au sein du ministère, le Conseil général des Ponts salles à découvrir.
et Chaussées joue un rôle de coordination et de La visite pourra donc se faire, soit à partir de cri-
pilotage du projet auprès de plusieurs directions tères choisis par l’internaute, soit en accédant
et services. La maîtrise d’ouvrage est assurée à des visites guidées, à des expositions tem-
par le président de ASCO-TP, Jean-Pierre Maillant poraires ou à un espace spécifiquement dédié.
et la conduite du projet par Guy Benattar. Chaque visiteur pourra ainsi concevoir son par-
Auprès du président a été mis en place un co- cours selon ses centres d’intérêt. Avec une for-
mité de pilotage pour valider les orientations et te composante interactive, il utilisera toutes les
un comité technique auprès du chef de projet ressources de la muséographie moderne et du
pour le suivi permanent. Ils associent des res- multimédia. Le site intégrera l’événementiel,
ponsables de la FNTP, du ministère ainsi que di- indispensable pour maintenir son attractivité. Il Il comportera des pages d’accès et des services,
verses personnalités afin de bien prendre en sera partiellement bilingue (français-anglais). des informations générales sur les travaux pu-
compte tout ce qui pourra intéresser le futur uti- blics, et un contenu thématique portant sur
lisateur. Repères les domaines d’utilisation des ouvrages, sur les
dimensions techniques, humaines géographiques
La création du site… Top départ Au cours du premier trimestre, la prémaquette a et historiques des TP, enfin sur la conservation
été présentée au Comité des directeurs du mi- du patrimoine.
La réalisation du site, c’est l’étape clé d’aujour- nistère de l’Equipement, puis au président de la Les pages d’accès et des services seront conçues
d’hui. Son financement sera assuré par la parti- FNTP. Cette étape a été aussitôt suivie de la sor- autour de points dominants comme la présen-
cipation du ministère, de la FNTP, avec le concours tie du CD-ROM au début du mois de mars. tation du site et de son contenu, les liens avec
de ASCO-TP, et par la participation des entre- La maquette a ensuite été montrée aux entre- d’autres sites, le choix de la langue (français ou
prises acquises à cette production, que nous sou- preneurs administrateurs de la FNTP, aux maîtres anglais), le contact possible avec les respon-
sables de Planète-TP, la création ultérieure d’une
Pont de Rougemont, boutique, enfin les services relatifs aux travaux
bief n° 71 publics.
Les informations générales sur les travaux pu-
blics seront élaborées à partir d’une large docu-
mentation. Elles comporteront en particulier des
données relatives aux métiers, destinées aux
jeunes ou bien concerneront l’actualité et la pro-
motion des TP. Elles seront complétées par les
éléments historiques et les innovations en cours.
S’agissant du contenu thématique, Planète-TP
montrera la finalité des travaux publics par quelques
exemples bien choisis et les étapes de la vie des
ouvrages. Les métiers constitueront le fil conduc-
teur du site.
Planète-TP intégrera pour chacun des thèmes les
contenus suivants :
- pour l’utilisation des ouvrages : les infrastruc-
L
es Prix FNTP des chercheurs sont desti- L’objet de cette recherche pourra être relatif à la
tech, s’est déroulée la cérémonie de remise nés à récompenser un ou plusieurs cher- conception des ouvrages ou aux procédés d’exé-
des Prix FNTP Chercheurs et du Concours de cheurs pour les résultats d’une recherche cution. Les Prix FNTP des Chercheurs ont été re-
directement applicable aux Travaux Publics et mis par Daniel Tardy, président de la FNTP, le 14
l’Innovation TPtech. On trouvera ci-joint
susceptible de contribuer à l’amélioration des mars 2001 lors du salon TPtech au CNIT. Le jury
les interventions successives de MM. Daniel performances et de la productivité dans le do- était présidé par Yves Malier, professeur à l’ENS
Tardy, président de la Fédération Nationale maine des Travaux Publics. de Cachan.
des Travaux Publics, Yves Malier, président
du Jury des Prix FNTP Chercheurs et Fran-
çois Perdrizet, directeur de la Recherche et
des Affaires scientifiques et techniques du
ministère de l’Equipement, des Transports PRIX FNTP
et du Logement. DES CHERCHEURS
JURY
Président : Yves Malier
Membres
• Yves Delmas
• Serge Feneuille
1er PRIX Mention Spéciale : Un nouveau
• Michel Guérinet
comportement du béton armé
• Bernard Halphen
après fissuration et ses applications
• Gilles Pijaudier-Cabot
• François Vahl • Ginette Arliguie
Rapporteur : Henry Thonier • Arnaud Castel
e-mail : thonierh@[Link] • Raoul François
site internet : [Link] Renseignements : R. François
Tél. : + 33 (0)5 61 55 99 05
celle de l’année 1990, indice 100, il s’est creu- de nos deux domaines, formation recherche d’une en donnant cette année un signe fort de l’intérêt
sé 30 points d’écart entre l’évolution du PIB (in- part, réalisation d’œuvres durables et respec- de la FNTP pour le monde universitaire. Nous
dice 120) et celle du volume annuel des travaux tueuses de l’environnement d’autre part. avons créé un nouveau prix pour les chercheurs
publics (indice 90). C’est ainsi que nous apportons notre plein sou- en génie civil… Ce prix est destiné à récom-
Le développement de la nouvelle économie ne tien à l’EFB (Ecole française du béton), créée pour penser des chercheurs ou des équipes dont
pourra se faire qu’avec des infrastructures de vo- informer et former des enseignants aux tech- les résultats sont considérés comme particuliè-
lume et de qualité adaptés, ce qui devrait en- niques utilisées (calculs de structures et exé- rement intéressants ou prometteurs pour les en-
traîner une relance de leur construction et des cution des travaux) par des spécialistes treprises françaises.
opérations d’entretien, les réseaux de transport d’entreprises et de bureaux d’études et que nos Nous remercions l’AUGC de son aide dans l’éla-
d’information de marchandises, de personnes et recherches financées par des entreprises et par boration de ce prix qui, en principe, sera décer-
d’énergie constituant le socle indispensable du la FNTP sont confiées à des laboratoires uni- né tous les deux ans et doté de cent mille francs
développement durable. versitaires au sens large (universités et grandes se partageant entre un premier prix de cinquan-
La crise a un peu détourné les entreprises de TP écoles). te mille, un deuxième de trente mille et un troi-
des préoccupations à moyen terme que consti- De même, nous participons, via notre commis- sième de vingt mille francs.
tuent la formation des jeunes et la recherche, sion technique, au comité scientifique et aux pro- Dans le cadre de ce salon TPtech, destiné à pro-
tandis que le monde universitaire plus éloigné jets nationaux gérés par l’IREX (Institut pour la mouvoir les techniques du génie civil, je suis heu-
des soucis du jour le jour et avec une promotion recherche appliquée et l’expérimentation en gé- reux de dire que pour la première année et avec
de ses enseignants basée sur les publications nie civil) qui fait travailler les entreprises et les l’encouragement d’avoir reçu des dossiers par-
de travaux de recherche, n’était pas fortement laboratoires universitaires sur les mêmes projets ticulièrement intéressants, sur la recommanda-
incité à travailler en étroite liaison avec les en- dont l’utilité professionnelle a été reconnue non tion du président du jury, Monsieur Yves Malier,
treprises. seulement par les entreprises, mais aussi par le nous avons dépassé légèrement ce montant. Je
Nous avons décidé à la Fédération d’agir au maxi- ministère de l’Equipement. lui donne la parole pour qu’il nous donne le ré-
mum pour rapprocher les hommes et les femmes J’ai choisi d’accélérer encore ce rapprochement sultat des délibérations du jury.
En France, la communauté scientifique BTP comp- centuant ainsi le fossé entre eux et les entre-
te : prises.
◆ 300 professeurs d’université et directeurs de Bref, comme tous les beaux problèmes de "pou-
recherche type CNRS ou LCPC ; le et d’œuf", le système a vécu, pendant des dé-
◆ 500 maîtres de conférences et chargés de re- cennies, de façon très bloquée et a
cherche type CNRS ou LCPC ; incontestablement constitué un énorme gaspillage
◆ 400 doctorants et jeunes docteurs. de matière grise.
Pour l’essentiel, ces 1200 scientifiques travaillent Aussi, l’initiative du président Tardy venant après
dans les laboratoires des écoles, des universi- les premières mesures de déverrouillage qu’ont
tés, de l’administration et dans des laboratoires constitué, des dernières années, les projets na-
■ PROCLAMATION privés. Quelques-uns uns d’entre eux – trop peu tionaux de l’IREX et les actions scientifiques struc-
DES RÉSULTATS sans doute aujourd’hui – sont en position de dé- turantes du Plan génie civil et urbain, est
tachement dans nos entreprises ou dans nos assurément un signal très fort, d’autant plus fort,
Intervention d’Yves Malier centres techniques. qu’au-delà des structures, elle s’adresse aux
Je fais aujourd’hui trois constats : hommes et à la reconnaissance de leur travail.
La création de ce prix est pour moi et pour beau- 1. La majorité des entreprises ont ignoré long- Bref, si l’on m’avait demandé de remettre le "prix
coup d’autres : temps et beaucoup ignorent encore cet énorme d’excellence de la bonne idée" ce soir, c’est à
◆ une preuve du dynamisme de notre profession centre de ressources de matière grise. Daniel Tardy que, sans même réunir de jury, je le
qui, de ce point de vue, rejoint les secteurs si 2. Les entreprises qui font exception à la règle remettrais spontanément.
souvent cités en exemple que sont les biotech- et travaillent au quotidien avec des chercheurs, Sur un autre plan important, Daniel Tardy a tenu
nologies, l’informatique, l’électronique ou enco- en mesurent les bénéfices et, concurrence obli- à ce que ce prix concerne les chercheurs confir-
re la chimie ; ge, ne le crient pas sur les toits. més et en cela, il complète parfaitement les prix
◆ une preuve de la volonté de l’entreprise de se 3. Les chercheurs, non-sollicités, ont durant des de l’Association universitaire de génie civil et
rapprocher des chercheurs. décennies auto-orienté seuls leurs travaux, ac- de l’Association française de génie civil qui, eux,
ché à la concrétiser. En effet, elle n’était pas compétences, et si celles-ci font défaut, il y a des
compatible avec le temps de cette intervention : recherches.
surtout nous nous sommes aperçus que les ré- Cette fertilisation est donc marquée par ce ré-
flexions déjà menées dans cette lignée consti- servoir commun que sont les compétences, avec
tuaient un domaine trop vaste, trop éclaté et trop des interactions diverses entres les trois niveaux
lacunaire pour pouvoir en rendre compte aisé- précédents.
ment. Citons par exemple quelques sources de J’en viens maintenant à notre domaine du génie
réflexions : le document de travail "Recherche et civil et des travaux publics.
Innovation en génie civil : un partenariat pour le D’abord pour souligner qu’il existe une tradi-
développement durable", le cahier du CSTB sur tion vivace de fertilisation dans ce domaine qui
la ville et le développement durable, le document nous a permis notamment de mettre en place ra-
de l’industrie sur les technologies clefs 2005, pidement, le réseau de génie civil urbain, suite
ou encore le compte rendu des rencontres de aux programmes nationaux de génie civil. Cette
■ INTERVENTION l’IREX de janvier 2000. tradition se manifeste de façon très diversifiée
DE FRANÇOIS PERDRIZET Devant ce constat de trop d’ambition, je me pro- (publications, colloques, contrats de recherche,
Directeur de la DRAST pose plus simplement de faire état de deux convic- chartes innovation, formations…) comme en té-
tions que j’aimerai vous faire partager. Il s’agit : moignent ce salon et la manifestation de ce soir.
Introduction ◆ de l’intérêt d’accroître la fertilisation entre la Elle est une ressource précieuse qu’il nous faut
recherche et l’innovation ; sans cesse renouveler.
Je vous remercie du privilège qui échoit à mon ◆ de l’importance qui s’attache à promouvoir des Ensuite, pour rappeler une spécificité de l’inno-
ministère et à ma direction avec cette remise des démarches prospectives dans le domaine du gé- vation dans notre domaine, à savoir la notion de
trophées du concours de l’innovation TPtech nie civil et des travaux publics. prototype correspond souvent à la réalisation
2001. d’un véritable ouvrage, et cela suppose comme
C'est pour moi l’occasion de vous rappeler le rôle Accroître la fertilisation l’a montré Bernard Halphen, une prise de risques
de la Direction de la recherche et des affaires entre la recherche des maîtres d’ouvrages publics et des maîtres
scientifiques et techniques, à savoir : et l’innovation d’œuvre. Celle-ci à mon avis n’est possible que
◆ le pilotage des programmes incitatifs de re- si l’espace des compétences est largement re-
cherche en génie civil, transport ou urbanisme ; Une conviction pour exprimer que chercheurs connu comme un patrimoine commun à valoriser
◆ la fonction d’ange gardien d’organismes scien- et innovateurs doivent être aussi les invités les par tous les acteurs.
tifiques ou techniques, comme le LCPC, l’INRETS, uns des autres. Pour attirer l’attention sur le fait que le recours
l’ENPC ou l’ENTPE, ou encore Météo France, L’innovation est dans le domaine technique la aux compétences et à la recherche diffère sui-
l’IGN… mise en application d’une idée nouvelle (l’airbag vant les étapes de l’innovation, les interactions
◆ l’animation stratégique du réseau des CETE pour les motards) en référence au marché. Elle correspondantes font appel à des disciplines
et de certains services techniques centraux de se distingue de la recherche qui est un apport d’autant plus différentes que la complexité s’ac-
notre ministère. de connaissances nouvelles ou de solutions nou- croît. On peut même imaginer un jour fertiliser
Et cela permet de souligner combien ses mis- velles sans idée d’utilisation directe liée au sys- des interactions entre les castors (sciences et
sions d’éclaireur, de passeur et d’animateur entre tème marchand. techniques dures) avec les hiboux (sciences hu-
les mondes de la recherche et les mondes pro- Et chacun sait qu’il peut y avoir innovation sans maines et sociales).
fessionnels sont concernées par l’innovation. recherche fondamentale ou appliquée, (la fer- Pour dire enfin, qu’il faut dégager des horizons
Cette remise de trophées est également une op- meture éclair) ou inversement recherche sans in- communs avec des visées à long terme afin de
portunité pour évoquer de façon brève quelques novation (la propagation du prion). renforcer les synergies entre l’innovation et la re-
perspectives d’avenir pour le génie civil et les tra- Cependant, on ressent également qu’une fertili- cherche.
vaux publics en relation avec la recherche. C’est sation entre ces deux processus est fortement
la raison pour laquelle j’ai souhaité intervenir sur souhaitable ; à défaut il y a des innovations en L’importance qui s’attache
le thème "Recherche et Prospective". panne faute de compétences ou des savoir-faire à promouvoir des démarches
Avec ce thème, l’intention initiale était de dis- de laboratoires inutilisés. prospectives
cerner, à l’horizon d’une trentaine d’années, cinq Pour mieux appréhender la nature de cette ferti-
ou six grands défis de l’avenir pour les travaux lisation, j’aurais recours au schéma de Kline et Cette conviction est inséparable de l’intention de
publics ou plus simplement quelques tendances Rosenberg (figure 1). Celui-ci présente trois blocs : préparer dignement un cadre d’accueil pour les
qui peuvent influencer fortement à cet horizon le ◆ en bas, il y a un rectangle qui présente la chaî- futures générations.
développement de notre activité. ne de l’innovation avec de gauche à droite les di- Elle nous rappelle aussi la grande inertie dans
Et cette intention croisait la préoccupation du dé- verses étapes : le marché potentiel, l’invention le temps des réalisations de génie civil ; com-
veloppement durable avec ses trois versants : le ou l’ébauche du projet, le développement du pro- ment voir le plus loin possible pour ne pas nous
social, l’économie et l’environnement. Autrement totype et les tests, la reconception et la produc- tromper dans les choix d’aujourd’hui ? Pour illus-
dit, selon une formule de Schneider : "Apprendre tion, la distribution et le marché ; trer cette conviction, j'ai choisi cinq thèmes.
à être les invités les uns des autres et à laisser ◆ en haut, il y a un rectangle qui représente la
la demeure de l’accueil enrichie par notre séjour, recherche et au milieu, il y a un espace rectan- Le réchauffement climatique et les inonda-
et plus encore par notre départ". gulaire qui symbolise les compétences. tions
Cette intention initiale s’est vite révélée préten- Et quand on suit le déroulement des diverses Nous commençons à devenir familier avec cette
tieuse quand, avec mon équipe, nous avons cher- étapes de l’innovation, il y a souvent appel à des perspective de réchauffement climatique qui va
Le desserrement de la congestion encore, les ambiances et les nuisances…) et des été très frappé par les convergences de vue que
et la consommation de carbone (énergie, visions plus globales qui relèvent de l’urbanisme nous avions avec les responsables de l’Ecole Po-
effet de serre) au sens large. lytechnique de Lausanne :
Les prévisions à 10 ans en matière de mobilité Pour échapper aux impasses de la situation ac- ◆ affirmation des besoins relatifs aux domaines
font état d’une augmentation de trafic de 38 % tuelle et préparer l’émergence d’une communauté clefs de la profession ;
pour les marchandises et de 19 % pour les voya- de savoir-faire technique, je suis persuadé que ◆ interdépendance du génie civil avec d’autres
geurs. Pour y faire face, nous devrons gérer et la prospective a un rôle essentiel à jouer. Elle approches (environnement, droit, économie…);
exploiter au mieux les infrastructures existantes peut nous permettre de dégager des concepts ◆ méthodes interdisciplinaires et projets com-
et commencer à trouver des réponses originales cibles qui mobiliseront la recherche et les inno- plexes;
pour les verrous et les corridors au seuil de sa- vations : je pense en particulier à la ville clima- ◆ inscription dans la modernité (structures in-
turation tout en maîtrisant les consommations tique et à la ville tiers modèle. Cette notion par telligentes, conception par ordinateur, télédé-
d’énergie à base de carbone. exemple essaie de trouver une troisième voie, tection, T.I.C );
Au-delà de 2010, cette croissance va se pour- entre la ville dense et la ville éclatée, où le cadre ◆ ouverture à l'international…
suivre, et dans les scénarios à 2030 même les bâti se recompose à partir d’un système de trans- Et nos collègues suisses, plus osés que nous,
plus favorables pour l’environnement, on fait état ports publics et de ses nœuds. affirmaient que l’ingénieur civil était un métier
d’une augmentation du trafic de 10 % au moins "high tech".
pour les voitures et de 50 % pour les poids lourds. La société vulnérable et les exigences Cette préoccupation de l’attractivité des métiers
Une récente étude prospective d’un laboratoire du corps social demeure d’actualité comme en témoigne la ré-
CNRS montre alors que pour éviter un dérapage A la suite de récentes catastrophes en matière flexion entreprise par le CNISF ou le propos de
en matière de rejet de CO2, un faisceau de so- de transport, notre ministère se mobilise forte- Jean Chapon relatif à l’ingénieur en génie civil du
lutions devront être mis en œuvre : fiscalité, tech- ment sur les questions de sécurité, comme en XXIe siècle.
nologie et création d’infrastructures : par exemple porte témoignage la récente directive nationale
3 300 km de lignes à TGV. d’orientation. Pour ma part dans ce concert de réflexion j’ajou-
Pour le domaine du génie civil, ce dernier point Les exigences de nos concitoyens concernant la terai que le futur ingénieur devrait sans doute
soulève deux questions difficiles : la diminution sécurité vont sans doute encore se renforcer à être sensible au côté réalité physique de la ma-
des coûts des investissements et l’acceptabili- l’avenir ; elles auront des répercussions à la fois tière et des structures, et trouver dans son mé-
té sociale des nouvelles infrastructures. sur les véhicules de transport et également sur tier l’opportunité d’innover, de créer.
la construction et l’exploitation des infrastruc- Mais définir un cahier des charges pour le futur
Le génie civil urbain et la ville tures ; elles mettront en jeu des nouveaux rap- ingénieur ne suffit pas pour être attractif.
En parlant de la dimension urbaine du génie ci- ports entre les acteurs. Dans cette perspective, Il nous appartient de montrer quelles seront
vil dans la revue Travaux (février 2001), le pré- une exploration large et tournée vers l’avenir me les futures frontières du génie civil qui seront des
sident du réseau technologique Serge Feneuille paraît devoir être entreprise ; elle impliquera le défis de société, et d’imaginer des projets qui re-
faisait état d’un échec relatif et appelait de ses domaine du génie civil en première ligne, à tra- présenteront des étalons de la grandeur de ces
vœux au montage d’une communauté de com- vers les ouvrages, leurs résistances à divers aléas métiers.
pétences relevant de cette thématique. et le suivi de leur état de santé. Là encore la prospective à un rôle à jouer, en
C’est un sujet difficile comme l’ont montré les Remarquons également qu’elle pourra influer sur mettant en relation les métiers et les défis.
difficultés rencontrées par l’INGUL (Institut na- la nature et les conditions de l’innovation.
tional de génie urbain de Lyon) qui a fermé ses Merci de m’avoir écouté : j’espère que l’invité
portes il y a 2 ans. Par ailleurs, le concept de gé- L’attractivité des métiers d’ingénieurs que je suis n’a pas abusé de votre temps.
nie urbain est écartelé entre des thématiques du génie civil Et je remercie les organisateurs du salon et de
techniques (sur le cycle de l’eau, la gestion des Il y a 2 ans, alors que je participais à la réforme la cérémonie de ce soir pour cette occasion de
déchets, les transports et les déplacements ou des enseignements de génie civil à l’ENTPE, j’avais fertilisation entre recherche et innovation.