Suitesnumeriques
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SUITES NUMERIQUES
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La notion de suite est connue depuis les Grecs (algorithme d'ARCHIMEDE (287 – 212 av J.C.) pour calculer une valeur approchée
de Pi). Par contre, la notion de limite était mal appréciée et cette méconnaissance a donné lieu à de nombreux paradoxes (par exemple le
paradoxe de la tortue et d'Achille, établi par ZENON D'ELEE (Ve siècle av J.C.) ). Plusieurs analystes, et en particulier CAUCHY (1789 –
1857) travaillèrent sur des critères de convergence, mais la définition rigoureuse de convergence nécessitait une définition de : ce n'est
qu'après ces travaux sur que WEIERSTRASS (1815-1897) put donner cette définition de convergence.
Théorème: Si la suite (un)n est convergente alors le nombre l rentrant dans la définition est unique.
Définition: Cet unique l est appelé limite de la suite (un)n , on dit que la suite (un)n
converge vers l et on note : l = lim un . On pourra également noté : un → l
n +
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Dem: Supposons par l'absurde que (un)n converge et qu'il existe deux éléments distincts l et l' tels que : +* ,
n1 | n, n n1 | un – l | (1) et +* , n2 | n, n n2 | un – l' | (2)
Prenons = |l - l' |. On a bien +* car on suppose l l' .
4
Ainsi d'après (1) n1 | n, n n1 | un – l | et d'après (2) : n2 | n, n n2 | un – l' |
Soit n0 = sup(n1,n2). On a n, n n0 ( | un – l | et | un – l' | .
Or : l – l' = l - un + un - l'. D'où : | l – l' | | l - un | + | un - l' | . Ainsi n n0, | l – l' | 2 = |l - l' | ce qui est impossible
2
si | l – l' | > 0. On obtient donc une contradiction avec l'hypothèse de départ et donc le théorème est montré .
Remarque: (un)n converge vers l +* , n0 | n, nn0 |un–l|
Définition: Soit U S(). On dit que U est divergente sssi elle n'est pas convergente.
Définition: Soit U S(). On dit que U diverge vers + si et seulement si :
M , n0 | n, n n0 un M. On note lim un = +
n +
Définition: Soit U S(). On dit que U diverge vers si et seulement si :
M , n0 | n, n n0 un M. On note lim un =
n +
Remarque: Il y a plusieurs façons de diverger : si un = n , (un) diverge vers + ;
si un = (-1)n, (un) diverge en oscillant de 1 à –1 ; si un = sin(n), (un) diverge en restant dans
[-1,1] ; si un = (-1)n n, (un) diverge en s'éloignant indéfiniment dans + et ...
Remarques: * Soit U S() et l . Dire que la suite U = (un)n converge vers l équivaut à
dire que la suite (un – l) converge vers 0.
** Le caractère asymptotique (converger vers une certaine limite ou pas) d'une
suite ne dépend pas des premiers termes : c'est un caractère local.
Théorème: Toute suite convergente est bornée.
Dem: Soit U S() de limite l. Fixons >0, par exemple = 1.
Alors n0 | n , nn0 |un – l| 1 = On fixe un tel n0.
Soit n, nn0. On a |un| |un-l| + |l| 1 +|l| = A.
Soit A' = sup |un| : A' existe et est fini car on prend le sup d'un nombre fini de réels. On a pour n < n 0, |un| A'
0 n n0-1
Soit alors B = sup{A,A'}. On a n , |un| B en regroupant les deux inégalités précédentes. Ainsi (un) est bornée.
Théorème: Si une suite (un)n converge vers l > 0, alors il existe un rang à partir duquel un > 0.
Exercice: En utilisant une démonstration du même style, montrer que si U est une suite de réels qui converge
vers une limite l strictement positive alors il existe un rang à partir duquel tous les termes de la suite sont strictement positifs.
2) Opérations algébriques sur les limites
Théorème: Soient U = (un)n et V = (vn)n deux suites convergentes de de limites respectives l et m.
a) La suite W = (wn)n = U + V est convergente de limite l + m
b) La suite P = (pn)n = U V est convergente de limite l m
c) Soit . La suite Q = (qn)n = .U converge vers .l
Dem: a) Soit s = l + m. n , wn – s = (un-l) + (vn-m).
Ainsi n , |wn – s| |un-l| + |vn-m|. Fixons >0. n1|n, nn1 |un-l| ' = et n2|n, nn1 |vn-m| '.
2
Ainsi, si on pose n0 = sup(n1,n2), on a : n, nn0 |wn – s| Ainsi W converge vers s.
b) Soit p = lm. n , pn – p = m (un-l) + un(vn-m).
Ainsi n , |pn – p| |m| |un-l| + |un| |vn-m|. Or (un)n est convergente donc bornée. Soit K>0 un majorant de (|un |) et de |m|
On a : n, |pn –p| K (|un-l| + |vn-m|). Fixons >0. n1|n, nn1 |un-l| ' = et n2|n, nn1 |vn-m| '
2K
Ainsi, si on pose n0 = sup(n1,n2), on a : n, nn0 |pn – p| P converge vers p.
c) La suite Q est la suite produit de la suite constante égale à (qui converge vers ) et de la suite
U : on utilise donc le résultat du b)
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Soit alors >0 et ' = |l| . n1 | n , nn1 |un-l| '.
2
2
1
On pose n2 = sup(n0,n1). On a bien : n , nn2 vn - l D'où lim(vn ) = 1
l
Corollaire: Soit (un)n et (vn)n deux suites convergentes de limite respectives l et m. Si m0, N
| nN, wn = uvn existe et la suite (wn)nN converge et a pour limite l
m
n
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Théorème: Passage à la limite dans une inégalité large : Soient (an)n et (bn)n deux suites réelles
convergentes de limites respectives a et b. On suppose que : N | n , n N an bn . Alors a b
Dem: Supposons par l'absurde que a>b. D'après le théorème précédent,
n1 | n , n n0 an bn ce qui contredit l'hypothèse sur les suites (an) et (bn).
1
Remarque: Le théorème est faux avec les inégalités strictes (cf. (0) et ( n+1 ))
Convergence par encadrement
Théorème: Convergence par encadrement ou théorème des gendarmes:
Soient trois suites de réels (un) n , (vn) n et (wn) n telles que
H1 : N | n , n N un vn wn.
H2 : Les suites (un) n et (wn) n convergent
H3 : Les limites l' et l" de (un) n et (wn) n sont identiques et valent l.
Conclusion : Alors la suite (vn) n converge et a pour limite l.
Dem: Supposons H1, H2 et H3 et considérons l'entier N donné par H1.
On a : n , n N un l vn l wn l . Donc n, n N |vn – l| sup(|un – l|,|wn – l| )
Soit >0. On sait d'après les convergences de (un) et de (wn) que :
n0 | n , n n0 |un – l| et n1 | n , n n1 |wn – l|
D'où en prenant n2 = sup(n0,n1,N) on a n , n n2 |vn – l| Ainsi (vn) converge et sa limite est l.
Remarque: Il ne faut pas oublier H3.
Exemple: * un = n n+1 + 2
n + ... + n . Or k*, n2+1 n2+k n2+n ,
n2+2 n2+n
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Théorème: Si la suite (un)n est convergente alors le nombre l rentrant dans la définition est unique.
Définition: Cet unique l est appelé limite de la suite (un)n , on dit que la suite (un)n
converge vers l et on note : l = lim un
n +
Dem: Comme pour
Remarque: (un)n converge vers l +* , n0 | n, nn0 |un–l|
Définition: Soit U S(). On dit que U est divergente sssi elle n'est pas convergente.
Théorème: Toute suite convergente est bornée.
Dem: Même que pour
Caractérisation par les parties réelles et imaginaires
Théorème: Soit U S(). Soit R = (Rn) et I = (In) les suites des parties réelles et imaginaires des un :
Rn = Re(un) et In = Im(un). R et I sont deux suites réelles.
Alors : U est convergente R et I sont convergentes.
De plus, si tel est le cas, les parties réelle et imaginaire de la limite de U sont les limites de R et I.
Dem: Si U converge. Soit l sa limite, l' = Re(l) et l" = Im(l).
Soit >0. n0|n, nn0 |un – l| . Or |un-l| |Re(un-l)| = |Rn-l'| et de même |In-l"| |un-l|.
Aussi : n, nn0 |Rn-l'| et n, nn0 |In-l"|
Ainsi : +* , n0 | nn0 |Rn-l'| : R converge vers l'
+* , n0 | nn0 |In-l"| : I converge vers l".
Si R converge vers l' et I converge vers l". Soit l = l' + i l"
On a : n , |un -l| |Rn-l'| + |In-l"| (inégalité triangulaire appliquée à Rn-l' et i(In-l"))
Fixons >0. n1|n, nn1 |Rn-l'| ' = et n2|n, nn1 |In-l"| '
2
Ainsi, si on pose n0 = sup(n1,n2), on a : n, nn0 |un – l| CQFD
Propriété: Soit (un) une suite de réels ou de complexes convergeant vers l . Alors la suite des
modules (|un|) converge vers |l|
Dem: Comme pour
Opérations algébriques sur les limites
Les résultats concernant les opérations algèbriques se prolongent
Théorème de Bolzano - Weierstrass
Théorème de Bolzano - Weierstrass: De toute suite bornée de complexes on peut
extraire une sous-suite convergente.
Dem: Soit (un)n une suite bornée. Soit strictement croissante telle que (Re(u(n)))n .
Mais alors (Im(u(n)))n est une suite réelle bornée dont on peut extraire une suite convergente (Im(u(n)))n
Ainsi (u(n))n converge
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n-1
Dem: On peut procéder soit par récurrence soit en introduisant la somme téléscopique (uk+1 uk)
k=0
2) Suite géométrique
Définition Soit U = (un)n S(K). On dit que U est une suite géométrique
qK| n, un+1 = q un
3) Suite arithmético-géométrique
Définition Soit U = (un)n S(K). On dit que U est une suite arithmético-géométrique
(r, q)K2| n, un+1 = q un + r
Remarque: Pour obtenir une expression du terme général d'une suite arithmético-
géométrique définie par la relation n, un+1 = q un + ron dispose de deux méthodes
- soit on cherche une constante telle que la suite (un + )n soit géométrique de raison q
n-1
- soit on utilise la somme téléscopique (vk+1 vk) avec v n = qn un
k=0
4) Suite récurrente linéaire homogène d'ordre 2 à coefficients constants
Ce sont les suites U = (un)n S(K), pour lesquelles il existe 2 constantes a et b telles
que : n, un+2 = a un+1 + b un (R)
5) Suite récurrente
Ce sont les suites U = (un)n S(K), pour lesquelles il existe une fonction f et une
constante a telles que : u0 = a et n, un+1 = f( un )
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