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Introduction à l'économie monétaire et bancaire

Le document décrit la structure du système bancaire camerounais, y compris les autorités de tutelle comme la BEAC et la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale, ainsi que les différentes formes d'établissements de crédit.

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Introduction à l'économie monétaire et bancaire

Le document décrit la structure du système bancaire camerounais, y compris les autorités de tutelle comme la BEAC et la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale, ainsi que les différentes formes d'établissements de crédit.

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INTRODUCTION GENERALE

L’économie, la science économique ou l’économie politique peut être définie comme cette
discipline scientifique qui étudie la manière dont sont organisés la production, les échanges, la
consommation et la répartition des revenus dans une société. Selon Edmund Malinvaud
« l’économie est la science qui étudie comment les ressources rares sont employées pour la
satisfaction des besoins des hommes vivants en société ». Elle se distingue des autres sciences
sociales en ceci qu’elle étudie les aspects économiques (ressources et besoins) de la vie sociale de
l’Homme. Cela dit, les aspects économiques de la vie sociale sont très nombreux et très variés. A
titre d’exemple, l’on peut parler des aspects : agriculture (économie agricole), industriel
(économie industrielle), environnementaux (économie de l’environnement), santé (économie de
la santé), monétaire (économie monétaire), bancaire (économie bancaire) pour ne citer que ceux-
là. L’économie monétaire et bancaire se révèle ainsi comme cette branche de la science
économique qui étudie les aspects monétaires et bancaires de la vie économique d’une société
(analyse de la monnaie et des banques).

PREMIERE PARTIE: LA MONNAIE ET SES MECANISMES


De prime abord, la monnaie est toute chose généralement acceptée dans le règlement des
achats de biens et services et les paiements des dettes dans une société. Ainsi, Il n’existe une
définition tranchée au concept de la monnaie. André Chaînot dans son livre « Qu’est ce que la
monnaie », définit la monnaie comme étant un actif permettant le règlement de la dette, de la
créance qui naît d’une transaction d’achat ou de vente. Selon R. BARRE, « la monnaie est un
bien d’échange généralement accepté dans une communauté de pays ». De nos jours, la monnaie
a tellement pris de l’importance dans les activités et même dans la vie de certaines personnes
(source d’honneur, de respect, d’influence et de pouvoir) et par conséquent représente l’une des
choses les plus importantes de la vie ; pourtant il y a beaucoup de controverses autour de la
monnaie.
La monnaie se présente ainsi comme quelque chose de complexe. Pour l’expliquer, il
convient de répondre aux questions suivantes : Qu’est-ce que la monnaie et quelles en sont les
différentes formes ? (chapitre 1) ; Comment cerner la création et la destruction de la monnaie ?
(chapitre 2) ; Qu’appelle-t-on masse monétaire et quelles en sont les contreparties? (chapitre 3) ;
Qu’est-ce que l’offre et la demande de monnaie? (chapitre 4).

Support de cours d’Economie Monétaire et Bancaire I- Par Dr. MOUTIE Giscard. Page 1
CHAPITRE 8 : LA STRUCTURE DU SYSTEME BANCAIRE
CAMEROUNAIS

Le système bancaire camerounais est hiérarchisé. Les autorités de tutelle que nous
verrons d’abord supervisent le système (section 1) et les établissements de crédit sont les
acteurs même de l’intermédiation (section2).
SECTION I : LES AUTORITES DE TUTELLE
Outre le MINEFI (Ministère de l’Economie et des Finances) à travers la direction du
budget et de la monnaie, les autorités de tutelle sont représentées par la BEAC (Banques
des Etats de l’Afrique Centrale), (§1) et la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale),
(§2).

§1: LA BANQUE DES ETATS DE L’AFRIQUE CENTRALE (BEAC)


Après un bref historique (A) nous verrons les objectifs de le BEAC B, son
organisation C et sa politique monétaire D
A- Bref historique
La BEAC est un établissement public international africain, qui exerce le privilège
de battre monnaie (billet de banque et pièces métalliques) ayant cours légal et pouvoir
libératoire dans les pays actionnaires (République du Cameroun, la RCA, le Congo, le
Tchad, le Gabon et la Guinée Equatoriale)
Elle a été créée par les conventions (accords) monétaires signées les 22 et 23
Novembre 1972 a Brazzaville (Congo) entre les cinq (05) pays africains fondateurs, et
entre ceux-ci et la France. Avec l’entrée de la Guinée Equatoriale (1985), ce texte original
a été complet par le traité entre celle-ci et les cinq d’une part et le protocole additionnel
entre ceux-ci (06) et la France d’autre part. Le capital de la BEAC est de 40 milliards de
FCFA.
La BEAC traduit dans les faits la volonté de maintenir entre les états actionnaires
d’une part et entre le France d’autre part, une coopération monétaire mutuellement
profitable dans le strict respect de la souveraineté des états, avec la possibilité de s’adapter
évolutions économiques ; politiques, et son siège social est a Yaoundé, son conseil
d’administration comprend 13 agents par les états membres et la France.
La BEAC a succède a la banque centrale des états de l’Afrique équatoriale et du
Cameroun (BCEAC) qui était un établissement franco africain issu des accords
monétaires conclus en 1960 entre la république française et les cinq états africains de
l’Afrique centrale. Le sièges de cet établissement était a Paris. Elle a fonctionnée de 1960
au 31/03/1973.
Avant cette date, l’émission de la monnaie était assuré par l’institut d’émission de
l’Afrique équatoriale et du Cameroun (IEAEC) quia a fonctionné de 1955 a 1960. C’était
Support de cours d’Economie Monétaire et Bancaire I- Par Dr. MOUTIE Giscard. Page 2
un établissement français (public) qui remplaça la caisse centrale de la France libre
(CCFL) (1942-1955) qui elle-même succéda a la Banque de l’Afrique occidentale (BAO)
(banque française privée) qui avait le monopole ans les colonies française d’Afrique en
matière monétaire. La BAO était l’émanation de la banque du Sénégal.
B- Les objectifs de le BEAC
Les objectifs recherches par les accords de Brazzaville sont :
 définir une nouvelle coopération monétaire avec la France par un accord multilatéral
et créer un institut d’émission au sein des Etats concerné ;
 africaniser davantage les structures et les organes de décision et de gestion de cet
institut ;
 renforcer le rôle de cette institution dans le développement ;
 accroitre la responsabilité des Etats membres dans le domaine de l’émission
monétaire des crédits.

Le Cameroun a environ 60% du capital de la BEAC raison pour laquelle, il est


considéré comme le poumon de respiration de la zone CEMAC et par ricochet la direction
générale de la BEAC se trouve à Yaoundé.

C-L’organisation actuelle de la BEAC


Elle est composée du conseil d’administration (a) des unités monétaires
d’administration (b) du gouvernement (C) et du collège des censeurs(d).
a- Le conseil d’administration de la banque

La BEAC est administrée par un conseil d’administration de 13 membres dont les 4


représentent le Cameroun, 3 la France ,2 le Gabon et un pour chacun des autres membres.
Les administrateurs de ces derniers assistent au conseil avec leurs suppléants. Le conseil
est investi des pouvoirs les plus étendus pour l’administration de l’institut d’émission. Il
se réunit au moins 4 fois par an aussi souvent qu’il est nécessaire.

b- Les comites monétaires d’administration ou comites monétaires nationaux

Ils reçoivent les attributions du conseil. Le conseil monétaire d’administration est


composé de trois personnalités nommées par le gouvernement pour chaque Etat, du
gouvernement de la banque, de deux (02) censeurs dont celui français. Le directeur
national de la BEAC en est le rapporteur.
c- Le gouvernement de la banque

Le gouvernement est nommé à l’unanimité par le conseil d’administration. Il assure


sous son contrôle l’administration de la banque, il assure également l’exécution des
décisions du conseil, représente la BEAC vis-à-vis des tiers depuis sa création, la BEAC a

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eu quatre gouverneurs : MARCHANT (français), CASIMIR OYE MBA, FELIX MAMA
LEPOT et Philibert ANDZEME (tous gabonais).

d- Le collège des censeurs

Il est composé de 3 membres désignes par les partenaires les plus importants. Il
assure le contrôle des opérations de la banque et participe avec voix consultative aux
comites monétaires nationales.

e- La politique monétaire de la BEAC

De sa création à la fin des années quatre vingt, la politique monétaire de la BEAC a


été orientée vers le développement des Etats (financement monétaire du développement).
C’est ainsi que les instruments utilisés qui révélaient essentiellement la technique de
contrôle direct de la création monétaire étaient :
- Le contrôle des taux d’intérêt (quatre taux d’intervention de la BEAC) ;
- Le contrôle quantitatif de crédit (plafonds de réescompte, limitation des avances
aux trésors, réserves obligatoires, encadrement de crédit etc.) ;
- Contrôle qualitatif (sélectivité par les plafonds de réescompte, sélectivité par le
choix des accords de mobilisation, le coefficient d’emploi des dépôts en crédits
non réescomptables).

A partir de 1990 le dispositif de régulation de la BEAC a été complètement révisé et


modernisé. Les instruments utilisés sont passés à la technique de contrôle caractérisée en
Afrique centrale par :
- La programmation monétaire ;
- La création du marché monétaire ;
- La politique des taux d’intérêt.

SECTION 2 : LES ETABLISSEMENTS DE CREDIT

Apres la définition (§1) nous présenterons les différentes formes d’établissements de


crédit (§2).
§1-Définition
Les établissements de crédit sont des organismes qui effectuent a titre habituel les
opérations de banque à savoir :
- La réception des fonds public ;
- L’octroi des crédits ;
- La délivrance des garanties en faveur d’autres établissement de crédit ;

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- La mise à disposition de la clientèle des moyens de paiement et leur gestion.

§2 Les formes d’établissements de crédit


Suivant la nomenclature de la BEAC, les établissements de crédit sont composes de
04 principaux types d’organismes :
A- Les Banques Créatrices de Monnaie (BCM)

Ce sont les banques commerciales ou primaires. Elles ont la possibilité de collecter


des dépôts du public sur la base desquels elles consentent des crédits. Au Cameroun a ce
jour, les institutions ci-après (15) font partie de cette sous-catégorie :

N BANQUES CREATRICE DE MONNAIE DATES DE


CREATION
°
1 Amity Bank Cameroon (ABC) 1990
2 Afriland First Bank (AFB) 1987
3 Atlantic Bank Cameroon 1978
4 Banque internationale de Cameroun pour l’épargne et 1997
le crédit (BICEC)
5 BMBC-BIAO Cameroun 1974
6 City Bank 1971
7 Commercial Bank-Cameroon (CBC) 1990
8 Eco Bank 2000
9 National Financial Credit Bank (NFCB) 1989
10 Société Commerciale de Banque-Crédit Lyonnais 1989
Cameroun (SCB-CLC)
11 Standard chartered bank Cameroon (SCBC) 1986
12 Société Générale Cameroun (SGC ancien SGBC) 1986
13 Union Bank Cameroon (UBC) 2000
14 United bank for Africa (UBA) 1987
15 Banque Gabonaise pour le Financement et 1986
l’Investissement (BGFI)
16 Crédit Communautaire d’Afrique (CCA-Bank) 2017
RESEAUX D’EMF
1 Cameroon Cooperative Credit Union League (Camcull) 1963
2 Fonds d’Investissement des Micro-projets Agricoles et 1991
Communaux (FIMAC)
3 Mutuelle Communautaire de Croissance (MC 2 ) 1992
4 Les Caisses Villageoises d’Epargne et de Crédits 1995
Autogérées (CVECA)
5 Crédit Communautaire d’Afrique (CCA) 1997
6 Compagnie Equatoriale pour l’Epargne et le Crédit 2002

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d’Investissement (COMECI)

B- Les Autres Institutions Bancaires Eligibles (AIBE)

Elles se distinguent des premières en ce qu’elles peuvent effectuer une collecte


assez limitée des dépôts pour financer des opérations aussi limitées. Dans cette sous-
catégorie, nous avons le crédit foncier du Cameroun (CFC).

C- Les Autres Institutions Bancaires Non Eligibles (AIBNE)

Elles peuvent collecter les dépôts mais n’ont pas la possibilité d’octroyer les crédits.
Seule la caisse d’épargne postale peut être classée dans cette sous-catégorie.

D- Les Institutions Financières Non Bancaires (IFNB)

Elles octroient des crédits, mais ne peuvent pas collecter des dépôts. On les appelle
encore établissement financiers spécialisés. Les ressources qu’elles utilisent pour accorder
les crédits proviennent essentiellement des emprunts, de leurs fonds propres et de diverses
subventions. Ces institutions sont représentées au Cameroun par :
 Société nationale d’investissement(SNI) ;
 Société camerounaise d’équipement (SCE) ;
 Société camerounaise e crédit automobile (SOCCA) qui a été par alias finance ;
 Société camerounaise de crédit bail (SOCABAIL) ;
 Société générale de leasing (SOGALEASE) ;
 Toutes les compagnies d’assurance et de réassurance du Cameroun.

Support de cours d’Economie Monétaire et Bancaire I- Par Dr. MOUTIE Giscard. Page 6
CHAPITRE 9 : L’INTERMEDIATION FINANCIERE DANS
L’ECONOMIE

Les intermédiaires financiers perçues dans le cadre de la finance indirecte (non


comme intermédiaires du marché) sont constituées des établissements de crédit que nous
avons présentés au chapitre précédent. L’intermédiation financière est la fonction
économique de cette catégorie d’agents économiques. Pour cerner cette activité, il
conviendrait de s’interroger sur la nature de l’intermédiation financière (section1) et le rôle
des intermédiaires financiers dans l’économie (section 2).

SECTION 1 : LA NATURE DE L’INTERMEDIATION FINANCIERE


Cette section comprendra la définition (§1) le besoin (§2) le processus (§3) et les
fondements économiques (§4) de l’intermédiation financière.
§1 Définition
Les Banques et les Etablissements de Micro Finance (EMF) assurent
l’Intermédiation Financière entre les agents à besoin de financement et ceux à capacité de
financement. L’Intermédiation Financière est l’activité par laquelle une unité
institutionnelle acquiert des actifs financiers et, simultanément, contracte des engagements
pour son propre compte par le biais d’opérations financières sur le marché (Biales, 2006).
Dans le cadre du processus d’Intermédiation Financière, les fonds collectés sont
transformés ou regroupés sur la base de critères tels que l’échéance, le volume, le degré de
risque, etc. C’est une activité financière qui consiste pour une catégorie d’agent
économiques (intermédiaires financiers) en s’interposant entre les agents a excédent de
financement (prêteurs finals) et les agents a besoin de financement ( emprunteurs finals )
d’emprunter aux premiers pour leur propre compte dans le but de prêter au seconds. Les
schémas ci-après permettront de mieux cerner l’intermédiation financière.
La typologie de l’intermédiation financière.
Il faut d’abord distinguer l’intermédiation de marché et l’intermédiation de bilan.
L’intermédiation peut être passive en ce sens que le rôle de l’intermédiaire financier se
limite à aider les agents à besoin de financement à trouver les agents à capacité de
financement pour écouler les titres que les premiers désirent offrir à long ou à court terme
aux seconds : C’est l’intermédiation de marché (Couppey et Soubeyran, 2003). En plus de
cette fonction traditionnelle de courtage, l’intermédiation de marché remplit aussi
aujourd’hui la fonction de contrepartie. L’intermédiation est active lorsqu’elle comporte
une fonction de transformation de titres, ce qui affecte nécessairement le bilan de
l’intermédiaire. D’où l’expression d’intermédiation de bilan. L’intermédiation de bilan a

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pour fonction traditionnelle l’octroi de crédits ; l’intermédiation de titres au travers des
Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) en constitue une
forme contemporaine (Biales, 2006). Cette transformation a pour but de proposer aux
agents non financiers des titres dont les caractéristiques (échéance, taux et risque) sont
spécialement adaptées à leurs besoins (Boutillier et Bricongne, 2006). De ce fait trois
types de transformations s’opèrent à la lumière des caractéristiques ci-dessus citées :
-La transformation d’échéance qui est la transformation financière fondamentale et
traditionnelle. Puisque la mission essentielle des Agents Financiers (AF) est de produire de
la liquidité, ils transforment les titres de court terme en ceux de long terme ;
-La transformation de taux qui consiste notamment à financer des prêts à taux
variables au moyen de ressources à taux administrés ou de dépôts à vue ;
-La transformation de risque qui vise par exemple le financement de prêts à longue
échéance avec des ressources à faible niveau et sans risque.

Schéma 1 : Finance directe

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Schéma 2 : L’Intermédiation Financière ou Finance indirecte
Commentaires :
Sur le schéma1celui qui a besoin de fonds rencontre directement celui qui en
dispose et les emprunte. Par contre sur le schéma 2 celui qui a possèdes des fonds prête a
l’intermédiaire contre remise de titre (divers dépôts). Dans un second temps,
l’intermédiaire prête a l’emprunteur final contre remise de titre (divers crédits). Au final le
prêteur final et l’emprunteur final ne se rencontre pas mais chacun rencontre en ce qui
concerne l’intermédiaire financier.
§2 Le besoin de l’intermédiation financière
Nous répondrons a la question de savoir pourquoi malgré la lourdeur (apparente) de
l’intermédiation financière. Elle est néanmoins nécessaire autrement quels avantages tirent
l’emprunteur final et le prêteur final en passent par l’intermédiaire plutôt que d’effectuer
directement leurs échanges. Généralement le prêteur final a des attentes qui résultent des
risques qu’il court et qui lui sont propres :
- Risques de détour de l’emprunteur final ;
- Risques de marché qui tient a ce que la baisse du cours de titre détenu sur
l’emprunteur final peut entrainer une perte de capital ;
- Risque de liquidité : il peut vouloir disposer de ses fonds avant le terme de son
contrat avec l’emprunteur final ;
- Risque de collecte de l’information sur l’emprunteur final.

Tout compte fait, le prêteur espère placer ses fonds pour un délai relativement court
et à un taux suffisamment élevé pour se rétribuer sur les risques auxquels il s’expose. Par
contre l’emprunteur espère :
- Trouver les fonds dont il a besoin a un moment précis ;
- Pour une durée relativement longue ;
- A un faible coût.

Cela dit l’emprunteur fait face à ses propres risques :


- Risque d’information (risque de ne pas avoir une bonne information sur le
prêteur qui cadre le plus à ses besoins ou de ne pas avoir le montant de fonds
requis) ;
- Risque d’incompatibilité avec le prêteur( le prêteur peut vouloir rentrer en
possession de ses fonds plus tôt que convenu , ce qui peut amener l’emprunteur a
liquider un de ses actifs ou a devoir emprunter plus cher pour rembourser les
fonds du prêteur).

Il ressort de ce qui précède que les besoins du prêteur final et de l’emprunteur final
sont en général fondamentalement incompatibles. Bien que cette incompatibilité puisse

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être résolue par la variation du taux d’intérêt sur le marché, il faudrait relever que
l’intermédiation financière permet de réconcilier les intérêts du prêteur et de l’emprunteur.
§3 Le processus de l’intermédiation financière

Ici nous examinons comment l’intermédiation financière peut permettre de


concilier le prêteur et l’emprunteur. Dans les opérations d’emprunts (prêteur final) et prêt
(emprunteur final) les actifs des intermédiaires financiers sont moins liquides que leurs
engagements correspondants. Autrement les intermédiaires reçoivent des dépôts en général
a vue mais accordent des prêts a terme, ceci résulte du fait qu’ils créent des actifs plus
liquides que ceux qu’ils détiennent et ne se contentent pas juste d’être des médiateurs entre
prêteur et emprunteur. Analysons à présent les mécanismes par lesquels ces intermédiaires
satisfont les besoins du prêteur puis de l’emprunteur.
A- Satisfaction des besoins du prêteur final
A travers sa technicité et son expérience, l’intermédiaire financier permet au
prêteur :
- D’acquérir un titre plus liquide que celui qu’il aurait acquis directement auprès
de l’emprunteur final ;
- De résoudre son problème d’information ;
- De limiter son risque au minimum ;
- De diversifier son portefeuille d’actifs.

B- Satisfaction des besoins de l’emprunteur final

Grace au fait que l’intermédiaire offre des avantages au prêteur il attire le plus grand
nombre à lui confier des fonds, lesquels lui permettent :
- D’éradiquer le problème d’incertitude et d’indisponibilité des fonds pour
l’emprunteur final ;
- D’avoir des fonds a des taux d’intérêt plus bas que s’il était présenté a cet effet
ou prêteur final.

Comme les actifs offerts aux préteurs finals sont en général très liquides ceux-ci
acceptent en contrepartie une faible rémunération (épargne a vue). En satisfaisant le
prêteur final, cette faible rémunération permet à l’intermédiaire d’être en vue de satisfaire
l’emprunteur final par des taux faibles.

§4 Les fondements économique de l’intermédiation financière


Nous verrons ici pourquoi il est possible aux intermédiaires de procurer les
avantages que nous venons de décrire aux prêteurs et emprunteurs finals. La force des
intermédiaires financiers vient du grand nombre d’opérations qu’ils traitent. Avec le grand
nombre de comptes ouverts, ces spécialistes ont la possibilité de calculer la probabilité de

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variation de leurs engagements (par exemple le seuil probable de retrait que les déposants
peuvent demander aux banques, la probabilité pour les personnes d’une certaine tranche
d’âge de décéder pour les assurances, etc.). Connaissant cette probabilité, ils achètent des
actifs moins liquides que leurs engagements tout en demeurant solvables. Ils ne se
contentent pas de transmettre les fonds reçus, mais créent véritablement un autre type
d’actif financier qui présente leurs engagements.
Autrement dit, les intermédiaires financiers possèdent deux caractéristiques qui
leurs ont donne le monopole dans le processus de prêt et d’emprunt. Comme nous avons
relevé, le prêt à un risque et l’intermédiaire est capable de changer la nature du risque du
prêteur. C’est la transmutation des risques par laquelle les intermédiaires diluent le risques
a un grand nombre de prêteurs (et d’emprunteurs). En plus il transforme les termes en
empruntant à court terme pour prêter à des échéances relativement longues sans avoir un
problème de capacité ou d’insolvabilité.

SECTION 2 : L’INTERMEDIATION FINANCIERE ET L’ECONOMIE


Dans cette section, nous allons expliquer le rôle économique de l’intermédiation
financière dans l’économie a travers son effet sur l’épargne et l’investissement (§1), sur le
taux d’intérêt (§2), sur l’efficacité économique (§3) et les intermédiaires bancaires et non
bancaires(§4).

§1: L’EPARGNE ET L’INVESTISSEMENT


L’investissement est le moyen par lequel une société maintient ou développe son
stock de capital. Avec le progrès technique, ceci entraine la hausse de la productivité qui
aboutit l’élévation du niveau de vie des populations.
Les intermédiaires encouragent l’investissement parce qu’ils encouragent l’épargne
et donc la disponibilité des fonds pour les investissements.
Ils le font en réduisant le risque du préteur final à travers qu’ils lui permettent
d’investir ses fonds dans un actif qui satisfait ses besoins. Auprès des intermédiaires
financiers, l’emprunteur final qui veut investir trouve le type d’engagement qui cadre avec
ses besoins d’investissement (par exemple le capital risque) ;

§2: LE TAUX D’INTERET


Parce que les intermédiaires offrent des actifs liquides aux prêteurs, ils accroissent la
liquidité globale des l’économie. Ce faisant, ils offrent des taux d’intérêt bas et
maintiennent tout de même leur clientèle. L’augmentation de la liquidité de l’économie
conduit à des bas taux d’intérêt. Ce qui encourage l’épargne et l’investissement.
§3: L’EFFICACITE
Au fur et à mesure que les intermédiaires prennent de l’ampleur, les opérations
traitées augmentent, ce qui entraine une dilution des risques et aboutit à un renforcement
d’attrait des intermédiaires (ils sont plus sollicités).
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A travers leur expérience, les intermédiaires accroissent leur expertise dans le choix
des actifs. En déployant des fonds, ils réalisent une allocation optimale des fonds
(investissement des plus viables et des plus rentables) pour la satisfaction de l’économie
en général.

§4:LES
INTERMEDIAIRES FINANCIERS BANCAIRES ET LES
INTERMEDIAIRES FINANCIERS NON BANCAIRES
Certains économistes classifient les intermédiaires financiers en deux catégories :
les intermédiaires financiers bancaires et les intermédiaires financiers non bancaires.
Les intermédiaires financiers bancaires réalisent la création monétaire telle que
décrite dans ce cours ; ce qui signifie que les intermédiaires financiers bancaires ont deux
fonctions : la création monétaire qui est les processus par lequel la quantité de moyens de
paiement en circulation peut être modifiée, et l’intermédiation financière telle que définie
et présentée dans ce chapitre (banques commerciales par exemple).
Les intermédiaires financiers non bancaires comme les maisons d’assurance qui ne
réalisent que l’intermédiation financière, n’ont pas la possibilité comme les banques de
prêter au-delà du montant des fonds collectés

Ce chapitre nous a permis de relever que l’intermédiation financière est un


processus économique important qui se présente comme un complément majeur de la
finance directe dans le financement de l’économie ou au travers de la transmutation des
risques et la transformation des termes. Ce faisant, elle réconcilie les objectifs
fondamentalement opposés des prêteurs et emprunteur finals, stimule l’épargne, facilite
l’investissement et accroit le mieux être de l’économie toute entière.

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