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Corruption Et Systèmes Éducatifs Africains Au Sud Du Sahara: Corruption and Sub-Saharan African Educational Systems

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Corruption et systèmes éducatifs africains

au sud du sahara

Joseph Dougoudia LOMPO*

Résumé
Les systèmes éducatifs africains au sud du Sahara sont confrontés à une dure réalité dont on parle peu
dans la littérature scientifique : la corruption.
Cet article se propose d’évoquer à partir du cas du Burkina Faso, comment se manifeste la corruption
entre les différents acteurs des systèmes éducatifs :
– parents d’élèves / personnels adultes des établissements scolaires (enseignants, chefs d’établissement,
surveillants) autour des inscriptions et des examens ;
– élèves / enseignants autour des notes ou moyennes sexuellement ou financièrement transmissibles.
Il s’agit également des conséquences de la corruption sur l’individu comme sur le système.
Enfin quelques pistes de réflexions ont été dégagées afin de lutter contre le fléau qui gangrène bon
nombre de systèmes éducatifs africains.
Mots-clés : corruption, harcèlement sexuel, systèmes éducatifs africains au sud du Sahara, établisse-
ments scolaires, détournements, enseignants, élèves, chefs d’établissement.

Corruption and sub-saharan african educational systems


Abstract
Sub-Saharan African educational systems are facing a sad fact which is hardly mentioned in scientific
writings: corruption.
This article, from the case of Burkina Faso, aims at investigating the manifestations of corruption bet-
ween the different educational actors:
– students’ parents/school staff(teachers, headmasters, supervisors) through school enrolments ands
exams ;
– students / teachers through sexually or financially transmitted exam marks or pass marks.
The article also deals with the consequences of corruption on the individual person as well as the edu-
cational system.
To conclude, it proposes ways and means so as to fight against this curse that hinders a number of African
educational systems.
Keywords: corruption, sexual harassment, sub-Saharan African educational systems, school,
misappropriation of funds, teachers, students, headmasters.

* Enseignant-chercheur en Sciences de l’éducation à l’Université de Koudougou, E-mail : dougoudia@[Link]

Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines 21
Introduction
Les liens entre corruption et violence scolaire sont une topique majeure en Afrique
au sud du Sahara. Au cours d’une recherche au Burkina Faso, basée à la fois sur une
enquête de victimation nationale et sur une enquête ethnographique comprenant de
nombreux entretiens, ce thème est apparu lié à des problèmes de relations entre élèves
et personnels des établissements, mais aussi à des difficultés dans la relation entre
le corps enseignant, l’administration et le pouvoir politique. Les parents d’élèves sont
également inclus dans ces difficultés.
A partir de cette enquête, des entretiens, observations et revue de presse nous mon-
trerons, pour le Burkina Faso mais aussi pour d’autres pays africains :
– les liens de corruption entre parents d’élèves et personnels adultes des établisse-
ments pour faire admettre leur enfant ;
– les liens de corruption enseignants - élèves pour obtenir de bonnes notes. Ces liens
de corruption sont aussi à lier à un problème très présent dans nos pays, à savoir ce
qui est souvent appelé dans le langage courant les « Moyennes Sexuellement
Transmissibles » et les « Moyennes Financièrement transmissibles ». Les tensions
entre élèves et enseignants peuvent être fortes à cet égard ;
– le détournement d’argent a amené des événements parfois dramatiques – mani-
festations d’élèves durement réprimées. Au plus haut niveau, la corruption pour
obtenir un poste est aussi présente.
Dans ces conditions on s’interrogera sur les conséquences de la corruption, mais aussi
sur le sens des violences réactives à cette corruption. On s’interrogera également sur
la déontologie de la construction d’observatoire de la violence en Afrique qui ne doi-
vent pas devenir prisonniers de ces luttes d’influence et de ces pratiques corruptrices.
Mais avant tout élucidons quelques concepts clé.

Elucidation conceptuelle
Il semble judicieux de définir quelques concepts pour une meilleure compréhension
du développement qui va suivre. Il s’agit essentiellement du concept de corruption
avec ses variantes comme le harcèlement.

La corruption
Selon Le Petit Larousse « corruption » vient du latin « corruptio ». La première
définition de ce concept est relative à la substance. C’est l’action de corrompre. Or
corrompre, selon le dictionnaire Le Petit Robert, renvoie aux verbes troubler, altérer,
décomposer. Il ajoute que sur le plan moral c’est « altérer ce qui est sain, honnête,
dans l’âme ». Le Secrétaire Permanent du REN-LAC1 lorsqu’il affirme que le terme
corruption « évoque une série d’images du mal » et qu’il « renvoie aux facteurs

1 Le Réseau National de lutte anti-corruption.

22 Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines
de destruction de ce qui est sain » (SP/REN-LAC, 2002 : 49), d’où l’idée de pour-
rissement, de dépravation, d’avilissement, de perversion, de souillure, de vice. En
d’autres termes, c’est le fait de faire agir quelqu’un contre sa conscience moyen-
nant quelques avantages ou privilèges. Il s’agit là de corruption active. C’est peut être
aussi le fait de se laisser corrompre. Il est alors question de corruption passive.
D’une manière générale, le terme corruption nous fait tout simplement penser à un
état de décomposition morale d’une société donnée.
Pour le code pénal burkinabè, la corruption c’est quand un agent de l’Etat agrée des
offres ou promesses, « reçoit des dons ou des présents pour faire un acte de ses fonc-
tions ou de son emploi, même juste, non sujet à salaire… ou s’abstient de faire un
acte qui rentre dans l’ordre de ses devoirs » (article 156). L’Organisation des Nations
Unies quant à elle, définit la corruption comme étant « le fait d’abuser de ses préroga-
tives officielles pour en tirer un gain personnel » (SP/REN-LAC, 2002 : op. cit.).
À travers le concept de corruption, il y a aussi le harcèlement dont l’étymologie
renvoie au vieux français « herser » qui signifie « frapper », « soumettre à des
attaques incessantes », « tourmenter avec obstination ».
De l’avis de C. GELLMAN-BARROUX et R. GELLMAN (1996), le harcèlement
fait référence aux pressions exercées sur autrui dans le but de parvenir à un désir
par des sévices corporels ou des répressions diverses. Le harcèlement peut être moral,
psychologique comme il peut être sexuel. D’aucuns comme LEPASTIER (1996) pen-
sent à une action masculine en position hiérarchique supérieure sur la gente féminine
en subordination. C’est occulter quelque peu l’autre aspect du harcèlement qui relève
de la séduction. Cet autre aspect n’exclut aucun genre et semble même se rapporter
plus au genre féminin.
« Le harcèlement sexuel évoque d’emblée un phénomène social qui décrit des
situations où s’exercent sur une personne dominée des pressions visant à la faire
accéder contre son désir propre à celui d’une autre personne ayant sur elle des moyens
d’action » C. GELLMAN-BARROUX et R. GELLMAN, 1996 : 55).

Observatoire de la violence scolaire


C’est une structure ou un établissement scientifique qui se donne pour mission d’étudier
et de suivre l’évolution du phénomène de la violence dans les écoles, collèges et lycées.
Cette mission s’étend également à la réflexion pour une résolution du problème.
Le concept de violence scolaire au centre de la préoccupation de l’observatoire se
définit comme étant, en milieu scolaire, « une affaire de coups et de mauvais trai-
tements » (MICHAUD, 1986 : 5). La violence scolaire revêt plusieurs formes :
les incivilités (insultes et bousculades), les crimes et délits (les vols, les cambriolages,
les extorsions, les coups et blessures, le trafic et l’usage de stupéfiants, les rackets…),
le sentiment d’insécurité ou de violence, les accidents de fonctionnement, les « auto-
violences » (le suicide et l’automutilation). Dans cet article, il sera question des
actions à répercussions négatives des acteurs du système éducatif les uns sur les autres.

Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines 23
Aperçu méthodologique
Comme évoqué dans l’introduction cet article a été suscité par une enquête de victi-
mation et d’étude ethnographique. C’est dans le cadre d’une thèse que l’étude de la
violence des établissements secondaires au Burkina Faso a été entreprise. Des 13 régions
du pays, 12 ont servi de champ d’investigation, les questionnaires remplis de la 13e
étant parvenus tardivement.
Au titre de l’échantillon, 1 127 élèves et 300 personnes adultes (professeurs, chefs d’é-
tablissement, surveillants, secrétaires) de 83 établissements en milieux urbain, semi-
urbain et rural ont été pris en compte. Des entretiens et des observations sur le terrain ont
été menés. Etant donné que c’était une œuvre quelque peu pionnière au Burkina Faso,
en terme d’études poussées, le recours aux articles de presse a été une réalité.
C’est en essayant d’établir un état de lieux des violences dans les établissements secon-
daires qu’est apparue la corruption comme un phénomène à prendre en considéra-
tion. Avec le Web lorsque le besoin de complément de données s’est fait sentir, la
similarité du vécu de vie s’est faite jour au niveau de plusieurs pays africains et en
particulier ceux d’Afrique au sud du Sahara. C’est dire que l’étude, en son temps, a
été entièrement menée au Burkina Faso mais en ce qui concerne typiquement la
corruption dans les systèmes scolaires, c’est une extension grâce, une fois encore, à
la presse et au Web. La limite objective de l’étude peut être le fait que les journaux
sont souvent à l’affût du sensationnel. Mais peut-on vraiment s’en passer à l’étape
actuelle de l’étude d’un phénomène dont la réalité a été longtemps tue ? G. BLUNDO
et J. P. OLIVIER de SARDAN (2001), n’affirment-ils pas que sur le plan mondial,
les travaux sociologiques et anthropologiques sur la corruption sont rarement entrepris
contrairement à ce qui se passe en sciences politiques et en économie politique ?
Quelques études ponctuelles réalisées dans certains pays ont constitué un apport
non négligeable.
En tout état de cause, c’est sur cette base que les différentes manifestations de la
corruption dans les systèmes éducatifs ouest-africains ont été appréhendées.

Considérations générales sur la corruption


La corruption est un fléau planétaire. Selon Etienne PERROT (1992-1993), la
seule différence entre les pays du Nord et ceux en voie de développement, c’est que
sans être forcément plus forte, elle est plus visible dans les derniers que dans les pre-
miers. Il reste que « la corruption constitue la plaie la plus criante de l’administration
africaine » d’après DIAKITE (1986 : 71). Il affirme même qu’elle gangrène même le
développement de ces pays en prenant l’allure de quelque chose d’institutionnalisé, ancré
dans les mœurs et dans les consciences.
C’est souvent des organisations internationales comme Transparency International
qui font l’état de la question au sujet de nos pays. C’est ainsi que sur 90 pays, le
Burkina Faso a occupé le 25e rang des pays les plus corrompus, le 10e sur 22 pays
africains et le 3e dans la CEDEAO (REN-LAC, 2000).

24 Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines
Il y a lieu donc de reconnaître que la corruption a été en son temps perçu comme un
fait patent en Afrique de l’Ouest. Au Burkina Faso, le REN-LAC, dans son intro-
duction à la table ronde sur la corruption dans le système éducatif burkinabè en 2002,
affirmait que la corruption était « un sport national » (Conférences publiques
REN-LAC, 2002 : 40).
En cette année 2002, la corruption a fait un bond spectaculaire au niveau du
système éducatif burkinabè : en effet, du rang de 9e en 2001 le système éducatif au
plan national a occupé le 4e rang.
Conscients de la réalité de la corruption et sans doute de l’ampleur qu’elle prend, beau-
coup de gouvernants ont créé des structures de contrôle ou de lutte contre la corrup-
tion. Les retombées de l’existence de ces structures ne sont pas ou pas encore papables.
Que ce soit au Burkina Faso ou que ce soit dans les autres pays de l’Afrique sub-
saharienne la corruption au niveau scolaire se manifeste même si ses formes sont variées.

Corruption entre parents d’élèves et personnels adultes


des établissements
La corruption entre parents d’élèves et personnels adultes des établissements sco-
laires est un phénomène préoccupant. À voir de près, on dirait qu’à chaque pays,
ses pratiques avec sans doute des dénominateurs communs. « Partout on assiste à
la pollution des rapports par l’argent » comme écrit le quotidien malien L’Essor
n° 16145. De la recherche de la place pour les enfants à la recherche des diplômes
en passant par le souci de bonnes notes ou moyennes en vue de passer en classe supé-
rieure, la corruption prend des formes variées.

La tourmente des inscriptions


La rentrée scolaire dans les établissements scolaires publics constitue un cauchemar et
pour les parents d’élèves et pour les personnels adultes des établissement en général et
les chefs d’établissement en particulier. En effet, la sollicitation des places est forte
bien que celles-ci soient limitées. Aussi, les coûts trop élevés de l’enseignement privé
poussent-ils les parents d’élèves à se tourner vers les établissements publics. Face à
une telle situation des chefs d’établissement, des professeurs, des surveillants se livrent
à des trafics de places. Alors que les Burkinabè regagnaient la mère patrie suite aux exac-
tions qu’ils ont subies en Côte d’Ivoire, le problème de la scolarisation de leurs enfants
était très préoccupant. Pour le personnel administratif du Lycée Ouezzin Coulibaly de
Bobo-Dioulasso c’était une aubaine. À l’occasion 106 inscriptions frauduleuses furent
dénombrées. Pour chaque enfant de la diaspora il a été demandé 60 000 FCFA soit au
moins le double de la scolarité officielle (Sidwaya du 22 avril 2003).
Toujours au Burkina Faso, au Lycée Philippe Zinda Kaboré, on a relevé plusieurs
classes non déclarées au ministère chargé de l’enseignement secondaire ; les frais de
scolarité ainsi prélevés ont été empochés par certains membres de l’administration
de cet établissement. Rien d’étonnant quand on se retrouve avec des effectifs de
140 élèves (LOMPO D.J., 2005).

Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines 25
Au Niger, une enquête menée à Niamey en milieu scolaire (ANLC/TI) fait état
d’une situation quelque peu rocambolesque : on peut réinscrire un enfant exclu pour
insuffisance de travail, moyennant un peu d’argent (1 500 à 3 000 FCFA).
Au Cameroun, on rencontre le phénomène sous la même réalité. Il a pris une ampleur
telle qu’il appauvrit considérablement les parents d’élèves. Par exemple, au lieu de
7 000 FCFA une somme de 100 000 FCFA a été demandée à un chauffeur pour l’ins-
cription de son enfant (Le Soleil du 16 juin 2003 sur [Link]).
La corruption en milieu scolaire en relation avec les inscriptions touche beaucoup
de personnes. Au Bénin, 48 % des parents d’élèves ont déclaré avoir payé d’autres
frais en dehors de la contribution scolaire ([Link]

À propos des examens et concours


En 2003, au Burkina Faso, 14 concours directs de la fonction publique furent annulés
pour raison de fraude (Sidwaya n° 4867 du 27 octobre 2003). L’on sait que lorsqu’il y
a fraude c’est que des gens ont été soudoyés. À l’un de ces concours, celui de la douane,
plusieurs copies ont été reconnues avoir été traitées par une même et seule personne.
Au titre des examens scolaires, la corruption est très répandue. Souvent, à ce niveau
ce sont les parents d’élèves qui en sont les acteurs. Rien qu’en 2002, dans son rap-
port annuel le REN-LAC a fait mention des cas d’un parent d’élève commerçant
qui a proposé à un examinateur 200 000 FCFA pour qu’il « arrange l’examen de
sa nièce au baccalauréat », d’un gendarme qui a promis une forte somme à un pré-
sident de jury pour ces deux filles. En miroitant l’argent à la face de tous ceux qui ont
à charge les examens, les corrupteurs déstabilisent leur conscience.
En témoignent les propos de ce correcteur dans le même rapport : « j’ai été correc-
teur au jury n° 4 au Lycée Montaigne pendant la session 2002 du BEPC ; Il y a eu
des secrétaires qui ont beaucoup « dealé » dans la majoration des points. La contre-
partie financière variait entre 50 000 et 100 000 FCFA ».
Au Tchad, il y a lieu de parler de gymnastique pour ne pas parler d’un vrai parcours de
combattant. En effet, pour « réussir » à certains concours comme celui d’entrée à l’école
normale des instituteurs, le corrupteur doit intervenir à plusieurs niveaux de la chaîne des
intérêts : « soudoyer pour avoir une fuite d’épreuves et ensuite se payer les bonnes grâces
d’un parrain qui doit nécessairement se retrouver au niveau du secrétariat du concours.
Ce second stade donne une occasion rêvée à des escrocs de tout poils de se positionner,
chacun devient subitement influent, capable de tout » (Tchad Culture, septembre 1999).
L’enquête de l’Association Nigérienne de Lutte contre la Corruption montre que
« la corruption met face à face les correcteurs et les parents d’élèves mais que
« des groupes d’enseignants ou de complices se forment principalement pendant les
périodes d’examens pour offrir des services de fraude et promettre le succès aux exa-
mens pour les élèves ». Ces personnes peuvent même contacter des élèves et les
contraindre à convaincre leurs parents à faire recours à leur service.

26 Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines
Comme on peut se rendre compte les débuts et les fins d’années sont des moments
propices à la corruption au travers les inscriptions dans les établissements publics et
les examens de fin d’année sans oublier les concours devrant donner lieu à un emploi.

Les moyennes sexuellement transmissibles (MST)


et les moyennes financièrement transmissibles (MFT)
Ces deux appellations renvoient à la corruption entre élèves et professeurs.
Les MST ainsi surnommées par les élèves en déformant l’ancienne notion de
« maladies sexuellement transmissibles » (LOMPO D. J., 2005 : op. cit.) évoquent très
clairement la réalité du harcèlement sexuel dans les établissements scolaires.
Au Burkina Faso, les enseignants et les élèves, même si c’est dans des proportions diffé-
rentes, reconnaissent la véracité du phénomène. En témoignent les statistiques : 35 %
des élèves, comme l’indique le graphique 1, pensent que les professeurs passent par des
notes pour avoir des relations coupables avec les filles ; ils sont 34,5 %
(graphique 2) qui pensent que ce sont les filles qui séduisent les professeurs. Etant donné
le voisinage de ces statistiques, on peut dire que filles comme professeurs sont tous de
potentiels auteurs de harcèlement. Au regard du rôle socialement reconnu des ensei-
gnants, à savoir leurs rôles d’éducateurs et tenant compte de leur maturité, il est diffi-
cile de les prendre pour victimes. Ils n’encourent aucune peine en cas de refus contrai-
rement aux filles qui souvent récoltent alors de sales notes pouvant les mener au renvoi.

Figure 1. Les élèves sur l’obtention des moyennes ou notes par le sexe (source : Thèse
LOMPO D.J., 2005).

Figure 2. Séduction des professeurs par des filles pour avoir de bonnes moyennes
ou notes (source : Thèse LOMPO D.J., 2005).

Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines 27
Le Burkina Faso n’est hélas pas un cas isolé dans la sous-région ou même en Afrique
sub-sahélienne.
En Côte d’Ivoire, le phénomène est tellement criard que les autorités se sont vues
obligées de sortir de leur réserve. En effet évoquant cette réalité, le Ministre de l’é-
ducation nationale révélait que 37 % de filles abandonnaient l’école à la suite de
grossesses non désirées et que « ces grossesses étaient imputées dans la majorité des
cas aux enseignants » ([Link] [Link]/
20fr_vio.htm). La situation était telle que les autorités voulurent légiférer en la
matière : la réprobation des enseignants fut sans appel car on touchait selon eux
aux avantages liés à leur métier ; ceci n’est pas sans rappeler ce que les enseignants
burkinabè appellent les PAM (Petits Avantages liés au Métier). Au Tchad,
« Les filles qui refusent d’être les « maîtresses » des professeurs se voient refuser
leur passage en classe supérieure (Amina n° 394, Février 2003). Au Sénégal,
« Le harcèlement sexuel, la discrimination sont une autre forme de violence que
l’on retrouve en classe et à l’école » ([Link]
[Link]).
Sans risque de se tromper, les MST constituent une gangrène qui touche au cœur
des systèmes éducatifs africains. Le danger qu’elles présentent est d’autant plus grand
que ce sont ceux qui étaient censés protéger la jeunesse, à savoir les enseignants, sont
ceux-là qui sont indexés chaque fois. Ainsi, les chargés de la mission de l’épanouis-
sement moral de cette jeunesse en sont-ils devenus les fossoyeurs ? L’inquiétude
qu’une telle situation peut engendrer s’accroît avec l’ampleur que tend à prendre le
fléau, surtout qu’il est accompagné d’un phénomène semblable.
Les MFT n’ont certainement pas pris le même envol que les MST mais leur enraci-
nement progressif dans certains systèmes éducatifs mérite qu’on s’en préoccupe.
En sont impliqués les enseignants, les chefs d’établissements et les surveillants. Au
Gabon avec les MFT, c’est une autre perversion du système éducatif qui s’amorce
: figuration sur des listes officielles de certains élèves exclus, passage en classe supé-
rieure avec des moyennes de 03/20. Le pouvoir de l’argent bouscule alors toute règle
établie. Plus haut, pour les problèmes d’inscriptions c’était une affaire entre adultes
; ce qui est plus dramatique à ce niveau, c’est que directement les élèves tous genres
confondus, achètent la conscience de leurs enseignants.
Que la corruption par le sexe et par l’argent en milieu scolaire soit un fait réel cela
ne fait plus aucun doute. Ce qui est à craindre c’est la tendance à l’institutionnalisa-
tion du fait. Les propos de cette dame au Niger à qui la question de savoir si elle a
été victime de cette forme de violence, en donne le ton :
« Oui, plusieurs fois d’ailleurs sous les deux formes : j’ai tenté de corrompre un
enseignant et j’ai essayé aussi de servir d’intermédiaire; si on ne fait pas ainsi ce
sont les enfants des riches qui auront des diplômes et le travail et nos enfants vont
toujours échouer et rester pauvres comme nous. Je suis analphabète mais j’ai beau-
coup de relations dans le secteur de l’éducation. Tous les moyens sont bons pour sur-
vivre dans un pays pauvre comme le Niger » (Enquête ANLC/TI, op. cit.).

28 Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines
Les moyens financiers des parents et des élèves sont rackettés par les personnels
adultes des établissements dans bon nombre de pays ; ces derniers n’épargnent pas
non plus les fonds mis à la disposition du système.

Les détournements de fonds en éducation


Les systèmes éducatifs africains qui battent dejà de l’aile sont durement éprouvés par
les détournements qui s’opèrent par-ci par-là par des hommes commis à la tâche de
les diriger ou de les animer à des échelons divers. Le malaise est profond. Ce n’est
pas par rapport au Niger que l’on dira le contraire. Classé pays le plus pauvre du
monde par l’ONU selon l’indice de développement humain, le Niger a connu des tur-
pitudes politiques dues à des détournements de fonds au ministère de l’éducation en
2005. La crise fut majeure car, après la destitution de deux ministres en juin 2006,
puis de leur mise en examen par le parlement, c’est tout le gouvernement qui sera
renversé par une motion de censure au parlement le 31 mai 2007 » ([Link]
[Link]/carnet/2007-06-11-Niger).
En Guinée Conakry, des sourds muets ont grevé et écrit au premier ministre pour
dénoncer les détournements et la vente au marché des dons reçus pour leur forma-
tion, des détournement et utilisation à des fins personnelles des subventions accordées
par l’Etat pour le bon fonctionnement de l’école, la vente illicite des prothèses audi-
tives offertes par une ambassade. Mais les responsables de ces détournements (inten-
dants et directeurs d’établissement) sont restés souvent en place ou mutés sans être
sanctionnés étant sous les ailes d’un « mogho puissant», le détenteur suprême du pou-
voir ([Link]
Au Burkina Faso, la mauvaise qualité des aliments de la cantine du collège de Ténado
a provoqué des émeutes en 2004. Les détournements de fonds alloués à la cantine
étaient à la base de la mauvaise qualité.
De toute évidence, les détournements de fonds ne font que dégrader le climat social
en général et le climat scolaire en particulier.
Il faut reconnaître que quel que soit le type de corruption qui sévit, les conséquences
sont néfastes.

Le clientélisme
Au Burkina Faso, bien que les textes stipulent que pour être chef d’établissement il
faut remplir un certain nombre de conditions2, on constate que dans bien de cas, la
nomination d’un chef d’établissement est tout simplement une question de relation.
Les principes édictés en la matière semblent relever du folklore (LOMPO D.J., 2005) ;
c’est ce qui peut expliquer qu’ils soient, selon le Rapport annuel du REN-LAC, 2002
« les acteurs les plus importants » dans les fraudes aux examens, les pots-de-vin pour
briser les grèves, détournements des cotisations de parents d’élèves, racket au niveau
des inscriptions, recrutements clandestins d’élèves…
2 Tout au moins une probité morale exemplaire.

Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines 29
Pour sauvegarder alors leur poste, malgré ce qu’ils sont et font, les chefs d’établis-
sement de cet acabit se cherchent des couvertures politiques. Ils sont capables de se
servir, en servant des partis politiques ou des syndicats tout en lésant l’école. C’est
en quelque sorte « une politique du ventre » (BAYART, 1989, 283). De telles atti-
tudes sont susceptibles de perturber le climat scolaire. En d’autres termes, la poli-
tique du ventre, la recherche du poste ou la volonté de se maintenir à un poste se
présentent comme des vecteurs de dégradation du climat scolaire qui éloignent l’é-
cole de ses objectifs.

Les causes de la corruption en milieu scolaire


Quelles peuvent être les causes à cette corruption ? Elles sont diverses.
Certains attribuent comme cause à cette corruption le fait que le pouvoir d’achat
des enseignants, avènement du PAS (Programme d’Ajustement Structurel) aidant,
ait baissé (MATOKO, 1996).
Pour d’autres, comme le dit l’adage « le poisson pourrit toujours par la tête ».
DIAKITE affirme que les dirigeants africains se donnent pour image d’une nouvelle
classe d’hommes d’affaires. Pour lui, en fouillant « toute la hiérarchie administra-
tive et politique, on s’apercevra alors très vite que l’exemple vient d’en haut le plus
souvent et même au sommet de cette hiérarchie » (DIAKITE, op. cit. : 83). Le
quotidien burkinabè Le Pays, ne semble pas s’écarter de ce point de vue : « On ne
peut prétendre lutter contre la corruption alors que les odeurs nauséabondes de mal
gouvernance se dégagent du tréfonds des palais » (Le Pays n° 2989 du 24/10/03).
OLIVIER DE SARDAN (2001), quant à lui, se penche sur l’enchâssement culturel du
complexe de la corruption. Il cite entre autres logiques, celles de la négociation, du cour-
tage, du cadeau (avec l’expression : « pour que les papiers ne s’envolent pas »), de
l’autorité prédatrice (prélèvement pour celui qui a l’autorité). À ces logiques, il ajoute
les facilitateurs comme la surmonétisation de la vie courante qui oblige chacun à
une quête permanente de moyens et la honte (le qu’en dira-t-on ?).
Si ces causes sont d’ordre général, il n’en demeure pas moins qu’elles s’appliquent
également à la corruption en milieu scolaire. Dans son rapport 2002, le REN-LAC
rapporte que selon les personnes sondées, les causes de la corruption en milieu scolaire
sont : les bas salaires, la pauvreté, le manque d’infrastructures, le désengagement de
l’État suite à la privatisation de l’école, la trop grande politisation de l’administration
chargée de l’enseignement.
En 2000 déjà, la corruption était imputable aux bas salaires, à la pauvreté, à la pré-
carité de l’emploi, à l’ignorance, à l’analphabétisme, au disfonctionnement de l’ad-
ministration, à l’impunité et à la perte des valeurs morales. En réalité, les deux der-
nières causes ne sont elles pas les plus déterminantes ? En effet l’impunité est perçue
comme une forme d’encouragement aux corrupteurs et aux corrompus en même temps
qu’elle incite leur environnement à l’imitation compte tenu des brusques changements
de mode de vie de ces parvenus sociaux.

30 Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines
En ce qui concerne les systèmes éducatifs, les fonctionnaires sont restés pendant long-
temps une référence en matière d’intégrité. Sans doute que les autres secteurs étant
baignés dans la corruption, la contagion a-t-elle fini par les atteindre ?
Lors des examens, les chefs d’établissements, en choisissant la voie de la corrup-
tion tenteraient de sauver l’image de marque de leurs établissements : plus il y a
d’amis, plus l’établissement est côté et attire du monde.
Ces causes ne sont pas exhaustives. Les conséquences, elles, sont pesantes au regard
de leur étendue.

Les conséquences de la corruption en milieu scolaire


Le poids de la corruption est réel sur le système éducatif. On n’imagine pas, ou en tout
cas pas assez, les conséquences que peut avoir la corruption telle qu’elle se déroule, sur
les systèmes éducatifs africains. Sans doute que la corruption de manière générale constitue
une réalité dans tous les pays du monde mais il y a lieu de reconnaître que « Ce qui est
certain, c’est que l’effet déstabilisant de la corruption est d’autant plus délétère que le
pays est plus pauvre » (PERROT, op. cit. : 61). Quelles sont les conséquences de ce
fléau sur nos pays réputés être économiquement pauvres ? Evoquons-les sans aucune
prétention à les répertorier de manière exhaustive. Elles portent aussi bien sur l’indi-
vidu élève que sur le système pour ne pas parler de l’avenir même de notre société.
Les conséquences au niveau de l’individu dépendent de la forme de corruption qui
a cours dans le milieu scolaire.
Quand on parle par exemple du harcèlement sexuel sur les élèves filles, les consé-
quences sont inestimables. Il ne faut pas perdre de vue que le harcèlement est avant
tout une souffrance infligée (DRIDA et al., 1999) « une technique de destruction »
(GRENIER-PEZE 2001 : 29). En effet, par le fait et par l’insistance ou la répétition
du fait, les enseignants détruisent psychologiquement certaines de leurs élèves :
abandon de l’école, rejet des parents et de la société en cas de grossesse, avec pour
corollaire la marginalisation sociale à perpétuité ou tout du moins de longue durée.
Dans tous les cas, « le retentissement psychologique, fréquent lors des agressions
de toute nature, est réputé constant et surtout durable chez les victimes de violences
sexuelles » (BARILLON et BENSUSSAN, 2004 : 105).
Avec les moyennes sexuellement transmissibles, il est évident qu’on tue le goût du tra-
vail dans l’esprit des apprenants. Cela est aussi bien valable pour la victime que pour
certains de ses camarades pour qui les efforts ne sont pas récompensés dans l’équité. Par
ce fait, on émousse la motivation de bon nombre d’élèves. Dans Le Soleil (op. cit.),
n’a-t-on pas averti, malgré la réticence de certains spécialistes de l’éducation que : « une
génération d’enfants commence à croire que l’effort personnel et le mérite ne comp-
tent pas et que le succès ne peut provenir que de la manipulation, du favoritisme et des
pots-de-vin ».
La corruption dans son aspect financier n’est pas non plus sans conséquence : que
d’enfants de parents « incapables » restent à la porte de l’école ? L’avenir reste
donc bouché pour tous ces enfants dont les parents n’ont rien pour soudoyer un chef
d’établissement ou un enseignant.

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L’une des missions de l’école, quel que soit le pays, c’est former des jeunes à même
de contribuer à l’édification de la société dans laquelle ils se trouvent. Si dans cette
société les valeurs morales sont bafouées, il y a des risques que la jeunesse soit atteinte.
Or c’est « la perte des valeurs et des références morales de la jeunesse qui se traduit
par des comportements déviants » (Conférences publiques REN-LAC, 2002, 45).
Il arrive que la jeunesse ne veuille pas suivre les adultes dans leur dérive morale. Ils
s’insurgent même contre certaines de leurs pratiques. Ils s’érigent en défenseurs des
normes et des valeurs. Ils se donnent alors tous les moyens pour parvenir à leur fin.
C’est le sens de certaines manifestations de violence que l’on constate dans les éta-
blissements secondaires ou même en dehors. Tout se passe comme si on initiait les
élèves aux violences réactives.
La corruption pèse également sur la qualité de l’enseignement. C’est souvent parce
que les chefs d’établissement sont redevables aux parents d’élèves ou désirent se rem-
plir les poches qu’ils recrutent au-delà des capacités d’accueil des classes : c’est là
que les effectifs pléthoriques dans les classes trouvent leur explication. Or avec ces
effectifs (de 100 à 140 élèves des fois dans une même classe), l’encadrement des
élèves devient problématique surtout quand on sait que « Le manque d’espace, c’est-
à-dire la surpopulation, serait selon certains, responsables de la délinquance, des
névroses et des psychoses, de la violence… » (GHIGLIONE, 1986 : 115)
Du fait de la corruption, s’accroît le clientélisme dont les méfaits sur le climat scolaire
se nomment conflits et méfiance entre éducateurs, maintien des éléments médiocres à
des postes de responsabilité, …
Vu les fraudes, les MFT, il existe un fort risque de dévalorisation des diplômes natio-
naux dans les pays africains. La généralisation de la corruption détruit la croyance en
la justice et l’esprit citoyen responsable.
Tout compte fait, on reconnaîtra avec USUNIER et VERRA (1992) que la corruption
est un cancer répandu avec lequel on vit, mais que chacun sait mortel à terme. Il y a
donc lieu de penser à son éradication.

La lutte contre la corruption


Ce sont juste des pistes de réflexions. On ne peut se contenter de regarder le fléau
se développer.
C’est d’abord au sommet de donner l’exemple ; si la tête est saine le système ner-
veux peut-être préservé. C’est dire que les dirigeants au sommet doivent non seule-
ment se montrer exemplaires mais aussi ne pas se laisser envelopper par l’impunité
quand viennent à être posés des actes contraires à la loi.
Aussi doit-on veiller à respecter et faire respecter les textes devant participer au bon
fonctionnement des structures scolaires. Les législateurs produisent souvent de
bons textes mais ceux-ci sont vite mis de côté dans le but d’assouvir des intérêts
égoïstes et partisans.

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Comme tout fléau pouvant mettre à mal le système éducatif, il serait judicieux de
suivre son évolution, de contrer son expansion, voire trouver les solutions idoines à
son éradication. Cela devrait être le sens de la création d’observatoires de la vio-
lence à l’école. Toutefois, ces laboratoires doivent faire la différence en n’étant pas assu-
jettis aux mêmes systèmes gangrenés par la corruption. De telles structures devraient
chercher à voir toutes les articulations du phénomène de la violence scolaire, participer
à la sensibilisation des acteurs de l’éducation, former davantage les futurs enseignants
par rapport à la réalité sociale dans laquelle baigne l’école.

Conclusion
Au Burkina Faso comme dans bien de pays, sévit une corruption qui met à mal les
systèmes éducatifs. Des liens « coupables » existent entre les personnels adultes des
établissements scolaires et les parents d’élèves. Au regard des places limitées dans
les établissements scolaires publics et compte tenu des frais jugés exorbitants dans
les établissements scolaires privés, exposés à une forte pression de corruption, le per-
sonnel succombe souvent quand il n’est pas lui-même celui qui propose ses ser-
vices avec contrepartie.
Les parents n’hésitent pas à faire des propositions plus substantielles à des exami-
nateurs pour ce qui est des examens et des concours.
Les élèves et les enseignants ne s’écartent pas du phénomène même si à ce niveau,
argent et sexe s’entremêlent pour établir une tension sous-tendue par une forme
d’injustice. Si des élèves de tout genre peuvent obtenir de bonnes notes ou moyennes
grâce à l’argent dans certains pays, d’autres et plus précisément des filles subissent
le harcèlement sexuel ou passent par celui-ci pour la même cause dans les pays afri-
cains au sud du Sahara.
La corruption qui touche pratiquement toutes les catégories d’acteurs, constitue un
véritable poison pour le climat scolaire. Elle est même génératrice de violence.
Pour contrecarrer ce phénomène, il est impératif que les gouvernants se montrent plus
responsables. La création d’observatoire de la violence scolaire dans son ensemble
pourrait être salutaire.

Références bibliographiques
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Dictionnaires, sites, journaux et revues ordinaires


Le Petit Robert
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L’Essor n° 16145
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