Corruption Et Systèmes Éducatifs Africains Au Sud Du Sahara: Corruption and Sub-Saharan African Educational Systems
Corruption Et Systèmes Éducatifs Africains Au Sud Du Sahara: Corruption and Sub-Saharan African Educational Systems
au sud du sahara
Résumé
Les systèmes éducatifs africains au sud du Sahara sont confrontés à une dure réalité dont on parle peu
dans la littérature scientifique : la corruption.
Cet article se propose d’évoquer à partir du cas du Burkina Faso, comment se manifeste la corruption
entre les différents acteurs des systèmes éducatifs :
– parents d’élèves / personnels adultes des établissements scolaires (enseignants, chefs d’établissement,
surveillants) autour des inscriptions et des examens ;
– élèves / enseignants autour des notes ou moyennes sexuellement ou financièrement transmissibles.
Il s’agit également des conséquences de la corruption sur l’individu comme sur le système.
Enfin quelques pistes de réflexions ont été dégagées afin de lutter contre le fléau qui gangrène bon
nombre de systèmes éducatifs africains.
Mots-clés : corruption, harcèlement sexuel, systèmes éducatifs africains au sud du Sahara, établisse-
ments scolaires, détournements, enseignants, élèves, chefs d’établissement.
Vol. 26, n° 1 — Paru en juin 2009, Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines 21
Introduction
Les liens entre corruption et violence scolaire sont une topique majeure en Afrique
au sud du Sahara. Au cours d’une recherche au Burkina Faso, basée à la fois sur une
enquête de victimation nationale et sur une enquête ethnographique comprenant de
nombreux entretiens, ce thème est apparu lié à des problèmes de relations entre élèves
et personnels des établissements, mais aussi à des difficultés dans la relation entre
le corps enseignant, l’administration et le pouvoir politique. Les parents d’élèves sont
également inclus dans ces difficultés.
A partir de cette enquête, des entretiens, observations et revue de presse nous mon-
trerons, pour le Burkina Faso mais aussi pour d’autres pays africains :
– les liens de corruption entre parents d’élèves et personnels adultes des établisse-
ments pour faire admettre leur enfant ;
– les liens de corruption enseignants - élèves pour obtenir de bonnes notes. Ces liens
de corruption sont aussi à lier à un problème très présent dans nos pays, à savoir ce
qui est souvent appelé dans le langage courant les « Moyennes Sexuellement
Transmissibles » et les « Moyennes Financièrement transmissibles ». Les tensions
entre élèves et enseignants peuvent être fortes à cet égard ;
– le détournement d’argent a amené des événements parfois dramatiques – mani-
festations d’élèves durement réprimées. Au plus haut niveau, la corruption pour
obtenir un poste est aussi présente.
Dans ces conditions on s’interrogera sur les conséquences de la corruption, mais aussi
sur le sens des violences réactives à cette corruption. On s’interrogera également sur
la déontologie de la construction d’observatoire de la violence en Afrique qui ne doi-
vent pas devenir prisonniers de ces luttes d’influence et de ces pratiques corruptrices.
Mais avant tout élucidons quelques concepts clé.
Elucidation conceptuelle
Il semble judicieux de définir quelques concepts pour une meilleure compréhension
du développement qui va suivre. Il s’agit essentiellement du concept de corruption
avec ses variantes comme le harcèlement.
La corruption
Selon Le Petit Larousse « corruption » vient du latin « corruptio ». La première
définition de ce concept est relative à la substance. C’est l’action de corrompre. Or
corrompre, selon le dictionnaire Le Petit Robert, renvoie aux verbes troubler, altérer,
décomposer. Il ajoute que sur le plan moral c’est « altérer ce qui est sain, honnête,
dans l’âme ». Le Secrétaire Permanent du REN-LAC1 lorsqu’il affirme que le terme
corruption « évoque une série d’images du mal » et qu’il « renvoie aux facteurs
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de destruction de ce qui est sain » (SP/REN-LAC, 2002 : 49), d’où l’idée de pour-
rissement, de dépravation, d’avilissement, de perversion, de souillure, de vice. En
d’autres termes, c’est le fait de faire agir quelqu’un contre sa conscience moyen-
nant quelques avantages ou privilèges. Il s’agit là de corruption active. C’est peut être
aussi le fait de se laisser corrompre. Il est alors question de corruption passive.
D’une manière générale, le terme corruption nous fait tout simplement penser à un
état de décomposition morale d’une société donnée.
Pour le code pénal burkinabè, la corruption c’est quand un agent de l’Etat agrée des
offres ou promesses, « reçoit des dons ou des présents pour faire un acte de ses fonc-
tions ou de son emploi, même juste, non sujet à salaire… ou s’abstient de faire un
acte qui rentre dans l’ordre de ses devoirs » (article 156). L’Organisation des Nations
Unies quant à elle, définit la corruption comme étant « le fait d’abuser de ses préroga-
tives officielles pour en tirer un gain personnel » (SP/REN-LAC, 2002 : op. cit.).
À travers le concept de corruption, il y a aussi le harcèlement dont l’étymologie
renvoie au vieux français « herser » qui signifie « frapper », « soumettre à des
attaques incessantes », « tourmenter avec obstination ».
De l’avis de C. GELLMAN-BARROUX et R. GELLMAN (1996), le harcèlement
fait référence aux pressions exercées sur autrui dans le but de parvenir à un désir
par des sévices corporels ou des répressions diverses. Le harcèlement peut être moral,
psychologique comme il peut être sexuel. D’aucuns comme LEPASTIER (1996) pen-
sent à une action masculine en position hiérarchique supérieure sur la gente féminine
en subordination. C’est occulter quelque peu l’autre aspect du harcèlement qui relève
de la séduction. Cet autre aspect n’exclut aucun genre et semble même se rapporter
plus au genre féminin.
« Le harcèlement sexuel évoque d’emblée un phénomène social qui décrit des
situations où s’exercent sur une personne dominée des pressions visant à la faire
accéder contre son désir propre à celui d’une autre personne ayant sur elle des moyens
d’action » C. GELLMAN-BARROUX et R. GELLMAN, 1996 : 55).
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Aperçu méthodologique
Comme évoqué dans l’introduction cet article a été suscité par une enquête de victi-
mation et d’étude ethnographique. C’est dans le cadre d’une thèse que l’étude de la
violence des établissements secondaires au Burkina Faso a été entreprise. Des 13 régions
du pays, 12 ont servi de champ d’investigation, les questionnaires remplis de la 13e
étant parvenus tardivement.
Au titre de l’échantillon, 1 127 élèves et 300 personnes adultes (professeurs, chefs d’é-
tablissement, surveillants, secrétaires) de 83 établissements en milieux urbain, semi-
urbain et rural ont été pris en compte. Des entretiens et des observations sur le terrain ont
été menés. Etant donné que c’était une œuvre quelque peu pionnière au Burkina Faso,
en terme d’études poussées, le recours aux articles de presse a été une réalité.
C’est en essayant d’établir un état de lieux des violences dans les établissements secon-
daires qu’est apparue la corruption comme un phénomène à prendre en considéra-
tion. Avec le Web lorsque le besoin de complément de données s’est fait sentir, la
similarité du vécu de vie s’est faite jour au niveau de plusieurs pays africains et en
particulier ceux d’Afrique au sud du Sahara. C’est dire que l’étude, en son temps, a
été entièrement menée au Burkina Faso mais en ce qui concerne typiquement la
corruption dans les systèmes scolaires, c’est une extension grâce, une fois encore, à
la presse et au Web. La limite objective de l’étude peut être le fait que les journaux
sont souvent à l’affût du sensationnel. Mais peut-on vraiment s’en passer à l’étape
actuelle de l’étude d’un phénomène dont la réalité a été longtemps tue ? G. BLUNDO
et J. P. OLIVIER de SARDAN (2001), n’affirment-ils pas que sur le plan mondial,
les travaux sociologiques et anthropologiques sur la corruption sont rarement entrepris
contrairement à ce qui se passe en sciences politiques et en économie politique ?
Quelques études ponctuelles réalisées dans certains pays ont constitué un apport
non négligeable.
En tout état de cause, c’est sur cette base que les différentes manifestations de la
corruption dans les systèmes éducatifs ouest-africains ont été appréhendées.
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Il y a lieu donc de reconnaître que la corruption a été en son temps perçu comme un
fait patent en Afrique de l’Ouest. Au Burkina Faso, le REN-LAC, dans son intro-
duction à la table ronde sur la corruption dans le système éducatif burkinabè en 2002,
affirmait que la corruption était « un sport national » (Conférences publiques
REN-LAC, 2002 : 40).
En cette année 2002, la corruption a fait un bond spectaculaire au niveau du
système éducatif burkinabè : en effet, du rang de 9e en 2001 le système éducatif au
plan national a occupé le 4e rang.
Conscients de la réalité de la corruption et sans doute de l’ampleur qu’elle prend, beau-
coup de gouvernants ont créé des structures de contrôle ou de lutte contre la corrup-
tion. Les retombées de l’existence de ces structures ne sont pas ou pas encore papables.
Que ce soit au Burkina Faso ou que ce soit dans les autres pays de l’Afrique sub-
saharienne la corruption au niveau scolaire se manifeste même si ses formes sont variées.
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Au Niger, une enquête menée à Niamey en milieu scolaire (ANLC/TI) fait état
d’une situation quelque peu rocambolesque : on peut réinscrire un enfant exclu pour
insuffisance de travail, moyennant un peu d’argent (1 500 à 3 000 FCFA).
Au Cameroun, on rencontre le phénomène sous la même réalité. Il a pris une ampleur
telle qu’il appauvrit considérablement les parents d’élèves. Par exemple, au lieu de
7 000 FCFA une somme de 100 000 FCFA a été demandée à un chauffeur pour l’ins-
cription de son enfant (Le Soleil du 16 juin 2003 sur [Link]).
La corruption en milieu scolaire en relation avec les inscriptions touche beaucoup
de personnes. Au Bénin, 48 % des parents d’élèves ont déclaré avoir payé d’autres
frais en dehors de la contribution scolaire ([Link]
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Comme on peut se rendre compte les débuts et les fins d’années sont des moments
propices à la corruption au travers les inscriptions dans les établissements publics et
les examens de fin d’année sans oublier les concours devrant donner lieu à un emploi.
Figure 1. Les élèves sur l’obtention des moyennes ou notes par le sexe (source : Thèse
LOMPO D.J., 2005).
Figure 2. Séduction des professeurs par des filles pour avoir de bonnes moyennes
ou notes (source : Thèse LOMPO D.J., 2005).
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Le Burkina Faso n’est hélas pas un cas isolé dans la sous-région ou même en Afrique
sub-sahélienne.
En Côte d’Ivoire, le phénomène est tellement criard que les autorités se sont vues
obligées de sortir de leur réserve. En effet évoquant cette réalité, le Ministre de l’é-
ducation nationale révélait que 37 % de filles abandonnaient l’école à la suite de
grossesses non désirées et que « ces grossesses étaient imputées dans la majorité des
cas aux enseignants » ([Link] [Link]/
20fr_vio.htm). La situation était telle que les autorités voulurent légiférer en la
matière : la réprobation des enseignants fut sans appel car on touchait selon eux
aux avantages liés à leur métier ; ceci n’est pas sans rappeler ce que les enseignants
burkinabè appellent les PAM (Petits Avantages liés au Métier). Au Tchad,
« Les filles qui refusent d’être les « maîtresses » des professeurs se voient refuser
leur passage en classe supérieure (Amina n° 394, Février 2003). Au Sénégal,
« Le harcèlement sexuel, la discrimination sont une autre forme de violence que
l’on retrouve en classe et à l’école » ([Link]
[Link]).
Sans risque de se tromper, les MST constituent une gangrène qui touche au cœur
des systèmes éducatifs africains. Le danger qu’elles présentent est d’autant plus grand
que ce sont ceux qui étaient censés protéger la jeunesse, à savoir les enseignants, sont
ceux-là qui sont indexés chaque fois. Ainsi, les chargés de la mission de l’épanouis-
sement moral de cette jeunesse en sont-ils devenus les fossoyeurs ? L’inquiétude
qu’une telle situation peut engendrer s’accroît avec l’ampleur que tend à prendre le
fléau, surtout qu’il est accompagné d’un phénomène semblable.
Les MFT n’ont certainement pas pris le même envol que les MST mais leur enraci-
nement progressif dans certains systèmes éducatifs mérite qu’on s’en préoccupe.
En sont impliqués les enseignants, les chefs d’établissements et les surveillants. Au
Gabon avec les MFT, c’est une autre perversion du système éducatif qui s’amorce
: figuration sur des listes officielles de certains élèves exclus, passage en classe supé-
rieure avec des moyennes de 03/20. Le pouvoir de l’argent bouscule alors toute règle
établie. Plus haut, pour les problèmes d’inscriptions c’était une affaire entre adultes
; ce qui est plus dramatique à ce niveau, c’est que directement les élèves tous genres
confondus, achètent la conscience de leurs enseignants.
Que la corruption par le sexe et par l’argent en milieu scolaire soit un fait réel cela
ne fait plus aucun doute. Ce qui est à craindre c’est la tendance à l’institutionnalisa-
tion du fait. Les propos de cette dame au Niger à qui la question de savoir si elle a
été victime de cette forme de violence, en donne le ton :
« Oui, plusieurs fois d’ailleurs sous les deux formes : j’ai tenté de corrompre un
enseignant et j’ai essayé aussi de servir d’intermédiaire; si on ne fait pas ainsi ce
sont les enfants des riches qui auront des diplômes et le travail et nos enfants vont
toujours échouer et rester pauvres comme nous. Je suis analphabète mais j’ai beau-
coup de relations dans le secteur de l’éducation. Tous les moyens sont bons pour sur-
vivre dans un pays pauvre comme le Niger » (Enquête ANLC/TI, op. cit.).
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Les moyens financiers des parents et des élèves sont rackettés par les personnels
adultes des établissements dans bon nombre de pays ; ces derniers n’épargnent pas
non plus les fonds mis à la disposition du système.
Le clientélisme
Au Burkina Faso, bien que les textes stipulent que pour être chef d’établissement il
faut remplir un certain nombre de conditions2, on constate que dans bien de cas, la
nomination d’un chef d’établissement est tout simplement une question de relation.
Les principes édictés en la matière semblent relever du folklore (LOMPO D.J., 2005) ;
c’est ce qui peut expliquer qu’ils soient, selon le Rapport annuel du REN-LAC, 2002
« les acteurs les plus importants » dans les fraudes aux examens, les pots-de-vin pour
briser les grèves, détournements des cotisations de parents d’élèves, racket au niveau
des inscriptions, recrutements clandestins d’élèves…
2 Tout au moins une probité morale exemplaire.
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Pour sauvegarder alors leur poste, malgré ce qu’ils sont et font, les chefs d’établis-
sement de cet acabit se cherchent des couvertures politiques. Ils sont capables de se
servir, en servant des partis politiques ou des syndicats tout en lésant l’école. C’est
en quelque sorte « une politique du ventre » (BAYART, 1989, 283). De telles atti-
tudes sont susceptibles de perturber le climat scolaire. En d’autres termes, la poli-
tique du ventre, la recherche du poste ou la volonté de se maintenir à un poste se
présentent comme des vecteurs de dégradation du climat scolaire qui éloignent l’é-
cole de ses objectifs.
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En ce qui concerne les systèmes éducatifs, les fonctionnaires sont restés pendant long-
temps une référence en matière d’intégrité. Sans doute que les autres secteurs étant
baignés dans la corruption, la contagion a-t-elle fini par les atteindre ?
Lors des examens, les chefs d’établissements, en choisissant la voie de la corrup-
tion tenteraient de sauver l’image de marque de leurs établissements : plus il y a
d’amis, plus l’établissement est côté et attire du monde.
Ces causes ne sont pas exhaustives. Les conséquences, elles, sont pesantes au regard
de leur étendue.
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L’une des missions de l’école, quel que soit le pays, c’est former des jeunes à même
de contribuer à l’édification de la société dans laquelle ils se trouvent. Si dans cette
société les valeurs morales sont bafouées, il y a des risques que la jeunesse soit atteinte.
Or c’est « la perte des valeurs et des références morales de la jeunesse qui se traduit
par des comportements déviants » (Conférences publiques REN-LAC, 2002, 45).
Il arrive que la jeunesse ne veuille pas suivre les adultes dans leur dérive morale. Ils
s’insurgent même contre certaines de leurs pratiques. Ils s’érigent en défenseurs des
normes et des valeurs. Ils se donnent alors tous les moyens pour parvenir à leur fin.
C’est le sens de certaines manifestations de violence que l’on constate dans les éta-
blissements secondaires ou même en dehors. Tout se passe comme si on initiait les
élèves aux violences réactives.
La corruption pèse également sur la qualité de l’enseignement. C’est souvent parce
que les chefs d’établissement sont redevables aux parents d’élèves ou désirent se rem-
plir les poches qu’ils recrutent au-delà des capacités d’accueil des classes : c’est là
que les effectifs pléthoriques dans les classes trouvent leur explication. Or avec ces
effectifs (de 100 à 140 élèves des fois dans une même classe), l’encadrement des
élèves devient problématique surtout quand on sait que « Le manque d’espace, c’est-
à-dire la surpopulation, serait selon certains, responsables de la délinquance, des
névroses et des psychoses, de la violence… » (GHIGLIONE, 1986 : 115)
Du fait de la corruption, s’accroît le clientélisme dont les méfaits sur le climat scolaire
se nomment conflits et méfiance entre éducateurs, maintien des éléments médiocres à
des postes de responsabilité, …
Vu les fraudes, les MFT, il existe un fort risque de dévalorisation des diplômes natio-
naux dans les pays africains. La généralisation de la corruption détruit la croyance en
la justice et l’esprit citoyen responsable.
Tout compte fait, on reconnaîtra avec USUNIER et VERRA (1992) que la corruption
est un cancer répandu avec lequel on vit, mais que chacun sait mortel à terme. Il y a
donc lieu de penser à son éradication.
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Comme tout fléau pouvant mettre à mal le système éducatif, il serait judicieux de
suivre son évolution, de contrer son expansion, voire trouver les solutions idoines à
son éradication. Cela devrait être le sens de la création d’observatoires de la vio-
lence à l’école. Toutefois, ces laboratoires doivent faire la différence en n’étant pas assu-
jettis aux mêmes systèmes gangrenés par la corruption. De telles structures devraient
chercher à voir toutes les articulations du phénomène de la violence scolaire, participer
à la sensibilisation des acteurs de l’éducation, former davantage les futurs enseignants
par rapport à la réalité sociale dans laquelle baigne l’école.
Conclusion
Au Burkina Faso comme dans bien de pays, sévit une corruption qui met à mal les
systèmes éducatifs. Des liens « coupables » existent entre les personnels adultes des
établissements scolaires et les parents d’élèves. Au regard des places limitées dans
les établissements scolaires publics et compte tenu des frais jugés exorbitants dans
les établissements scolaires privés, exposés à une forte pression de corruption, le per-
sonnel succombe souvent quand il n’est pas lui-même celui qui propose ses ser-
vices avec contrepartie.
Les parents n’hésitent pas à faire des propositions plus substantielles à des exami-
nateurs pour ce qui est des examens et des concours.
Les élèves et les enseignants ne s’écartent pas du phénomène même si à ce niveau,
argent et sexe s’entremêlent pour établir une tension sous-tendue par une forme
d’injustice. Si des élèves de tout genre peuvent obtenir de bonnes notes ou moyennes
grâce à l’argent dans certains pays, d’autres et plus précisément des filles subissent
le harcèlement sexuel ou passent par celui-ci pour la même cause dans les pays afri-
cains au sud du Sahara.
La corruption qui touche pratiquement toutes les catégories d’acteurs, constitue un
véritable poison pour le climat scolaire. Elle est même génératrice de violence.
Pour contrecarrer ce phénomène, il est impératif que les gouvernants se montrent plus
responsables. La création d’observatoire de la violence scolaire dans son ensemble
pourrait être salutaire.
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