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Guide de Stage en Exploitation Agricole

Ce document présente le guide du stage d'application en exploitation agricole de l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II. Il décrit la démarche pédagogique du stage, notamment l'apprentissage de l'élaboration d'un diagnostic de l'exploitation. Le guide fournit les informations nécessaires aux étudiants pour mener à bien leur étude.
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Guide de Stage en Exploitation Agricole

Ce document présente le guide du stage d'application en exploitation agricole de l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II. Il décrit la démarche pédagogique du stage, notamment l'apprentissage de l'élaboration d'un diagnostic de l'exploitation. Le guide fournit les informations nécessaires aux étudiants pour mener à bien leur étude.
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Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II

GUIDE DU STAGE
D’APPLICATION EN
EXPLOITATION AGRICOLE

2007
GUIDE DU STAGE
D’APPLICATION
EN EXPLOITATION AGRICOLE

Les personnes ayant contribué à la rédaction de ce guide de stage

E.H. Baali, A. Bouaziz, I. Boujnane, J. Chiche, F. Mosseddaq, M. Raki, M.T.


Srairi

Ont aussi collaboré à ce travail


F. Alioua, A. Araba, K. Benabdeljelil, D. Demnati, B. El Bare, M. Oussible, A.
Slaoui

L’édition du document a été assurée par A. Bamouh

Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II


PREAMBULE

En éditant en 1979, un dossier de base servant de guide à l’étude des exploitations agricoles
marocaines, le collectif des chercheurs de l’Institut Agronomique et Vétérinaire (IAV) Hassan II, et au
terme de sept années de travail depuis le premier stage, en 1971/1972 à Azrou, a produit un
document d’une grande portée pédagogique.
En intégrant et en synthétisant les apports de différentes disciplines enseignées à l’IAV Hassan II, ce
document va très vite s’imposer comme un outil de travail performant parce que riche en méthodes
d’approche et d’analyse du fonctionnement des exploitations agricoles. Dans sa démarche globale,
ce guide aura permis aux élèves ingénieurs de s’imprégner et de mettre en application, dans un cas
concret, les trois composantes majeures du métier de l’agronome: i) observer, décrire et inventorier
les éléments constitutifs des exploitations agricoles (ressources physiques comme les sols, les
bâtiments, ... le capital humain, le cheptel, etc.); ii) analyser les imbrications de l’usage des
ressources dans le cadre de processus sectoriels de production (les cultures et l’élevage) et
diagnostiquer les performances obtenues tant aux plans technique (rendements des cultures,
productions de lait, de viande et des autres produits des troupeaux) qu’économique (rentabilité et
bilans de trésorerie); et iii) se livrer à une analyse prospective de l’exploitation au vu de ses atouts et
contraintes, pour, finalement, dégager une conclusion générale quant à sa nature et à sa viabilité
Cet ouvrage aura ainsi permis à une vingtaine de promotions d’élèves ingénieurs agronomes de
réaliser un apprentissage pratique de qualité. Ainsi, ils ont pu, à l’issue de ce stage de formation, non
seulement confronter leurs connaissances théoriques sur le terrain, mais également prendre
conscience d’un ensemble de problèmes concrets de l’agriculture marocaine, que seul le contact
avec le monde de l’exploitation peut faire apparaître.
Cependant et dans l’esprit même de ses initiateurs, ce dossier de base, sa pédagogie et ses
démarches ne peuvent être pertinents que pour un temps.
En effet les récentes évolutions que connaît l’agriculture marocaine montrent que le seul registre de
l’agriculture familiale et paysanne devient limitatif, en ce sens qu’il ne peut plus rendre compte des
nouvelles réalités du monde rural.
De nouveaux défis se posent aujourd’hui à l’agriculture marocaine dans son ensemble comme la
gestion durable des ressources hydriques, l’adaptation au changement climatique, la libération des
assolements dans les périmètres de grande hydraulique, les problèmes de dégradation des
ressources naturelles (érosion, pollutions, ...) et leur limitation en vue d’une valorisation optimale, et
finalement, la contribution aux impératifs de la sécurité alimentaire, de l’emploi et de la stabilité.
De nouvelles stratégies s’imposent aux agriculteurs pour faire face à ces défis, impliquant de
nouveaux comportements quant à la conduite des cultures et des modes d’élevage. Elles se
traduisent par un souci légitime de la majorité des agriculteurs d’adopter de nouvelles technologies et
du savoir-faire (races animales et cultivars à potentiel de production plus élevés, techniques
d’irrigation plus efficientes comme le « goutte à goutte », agriculture de précision, ...) en vue de la
recherche de meilleurs états de productivité et de compétitivité face à l’ouverture des marchés, suite
aux défis imposés par la mondialisation. Ces mutations doivent aussi aller de pair, en aval, avec des
systèmes innovants de commercialisation des produits agricoles.
Ces considérations ont une retombée certaine sur la portée pédagogique du stage d’application pour
la formation d’ingénieurs agronomes en phase avec les réalités du terrain.
Par ailleurs, la pédagogie de ce stage d’application doit se mettre au diapason des évolutions à ce
niveau, en étant constamment en phase avec le cursus académique. La structuration du cursus de
formation par année (notamment le passage à un cursus à Bac + 5) obéit aux principes de la
semestrialisation, du cycle et de la filière de formation, de l’enseignement modulaire (crédits
capitalisables), de l’innovation des méthodes pédagogiques, et de l’évaluation périodique des
programmes de formation. Dans ce contexte, une attention particulière est accordée à la
professionnalisation de la formation à travers le renforcement des activités pratiques, au
développement de l’esprit d’initiative et d'entreprenariat et de l’aptitude à mieux communiquer en vue
de préparer les futurs lauréats à la vie active. Il s’en suit la nécessité d’une révision de fond du
dossier de base du stage d’application, qui doit rester, comme dans sa formule initiale, un guide à
l’intention des étudiants.
La rénovation du cursus de formation de l’ingénieur en général et des stages en particulier vise à ce
que l’élève ingénieur soit un élément plus actif dans son apprentissage participant davantage et d’une
façon de plus en plus autonome à la réalisation de son stage et surtout réfléchissant par lui-même
aux problèmes de l’agriculture marocaine.
Pratiquement, le nouveau guide intègre les grands changements qu’ont connus les rythmes de
programmation des activités du stage au cours des années à l’IAV Hassan II. Ainsi le dossier n’est
plus organisé par période d’étude (la « P1 » pour les inventaires, la « P2 » pour les analyses et la «
P3 » pour la synthèse et la prospective) mais plutôt par grande composante de l’étude d’une
exploitation agricole: la démarche de compréhension du système « exploitation » dans sa globalité,
les analyses sectorielles des composantes (cultures, élevage et rapports humains et travail dans
l’exploitation ainsi qu’une analyse économique) et finalement une synthèse générale et une analyse
prospective de l’exploitation.
Au niveau de la philosophie d’organisation et harmonisation du cursus, le stage d’application
constitue le pivot des deux premiers semestres de formation des ingénieurs agronomes.
L’enseignement dispensé durant cette période vise à développer la démarche scientifique et
technique nécessaire aux progrès des productions et à l’amélioration de leurs qualités en les situant
dans une perspective d’agriculture durable. Il assure aux futurs ingénieurs le bagage conceptuel
nécessaire et l’ensemble des enseignements académiques en salle sont conçus de façon à assister
les étudiants à accomplir, à la fin de l’année, le diagnostic des exploitations où ils sont affectés. La
démarche « diagnostic » pour l'analyse de l'exploitation agricole est très importante pour la formation
de l'ingénieur et s’applique très bien à l’objectif du stage; elle permet d’analyser une situation réelle à
la lumière des connaissances acquises. Sa mise en pratique par les étudiants de 1ère année
ingénieur constitue une bonne base d’apprentissage des outils méthodologiques de l’ingénieur.
En retour, les exemples concrets des exploitations étudiées servent à animer les échanges entre le
corps enseignant et les étudiants ainsi que les exploitants agricoles les accueillant, contribuant, à
rendre palpable leur apprentissage pratique et aussi à asseoir l’image de l’IAV Hassan II, comme
centre de formation et d’expertise agronomique à l’échelle nationale.
Le collectif des chercheurs en charge de ce travail initié par « le comité de réflexion et de suivi », s’est
engagé dans un important chantier pour présenter une nouvelle mouture de ce dossier tenant compte
de toutes les remarques et les observations, critiques et propositions de l’ensemble des enseignants,
convaincu par ailleurs que comme le disait feu Paul Pascon, concepteur des stages dans les cursus
de formation à l’IAV Hassan II: « le stage ne peut rester vivant que si l’on s’attache à suivre l’évolution
de la réflexion socioéconomique sur la vie rurale en général et sur les exploitations agricoles en
particulier ».
SOMMAIRE
Chapitre 1:
DÉMARCHE DU STAGE D’APPLICATION

1.1 Syllabus et activités d’apprentissage…………………………………………………….….……9


1.1.1 Objectifs généraux du Stage………………………………………………………..……9
1.1.2 Description et vue d'ensemble de contenu………………………………………..……...9
1.1.3 Méthodes pédagogiques ………………………………………………………..……….9
1.1.4 Ressources bibliographiques ……………………………………………….…….……10
1.1.5 Méthodes d'évaluation …………………………………………………….…...............10
1.1.6 Règlement du stage …………………………………………………………….……...10
1.1.7 Activités d'apprentissage durant le stage d'Application ……………………….………11

1.2 Apprentissage de l’élaboration d’un diagnostic ………………………………….……...…….12

1.2.1 Objet de l'étude …………………………………………………..…………………….12


[Link] Typologie des exploitations agricoles ……………..………………..............12
[Link] Période sur laquelle porte l'étude …………………..…………………….….12
1.2.2 Les objectifs et la démarche du diagnostic technique et socio économique ..…….……13
[Link] Objectif général du stage en exploitation …………………………...............13
[Link] Objectifs du diagnostic ………………………………………………….…..13
1.2.3 La méthode proposée dans ce manuel ……………………………..…………….…….13
[Link] La séquence logique ……………………………………..……..…………….……...14
[Link] Les domaines du fonctionnement de l'exploitation …………………………….……14
[Link] La séquence pratique ………………………………………………………...............14

1.3 Analyse intégrée des composantes de l'exploitation agricole ………………………….….......15


1.3.1 Les interactions entre les composantes de l'exploitation agricole ……………….……………..15
1.3.2 Une démarche d'analyse du fonctionnement global de l'exploitation …………...……………..16

Chapitre 2:
MILIEU NATUREL ET AMÉNAGEMENT: ENVIRONNEMENT DE L’EXPLOITATION

2.1 Les terrains …………………………………………………………….………………………..18


2.1.1 Démarche d'étude ……………………………………...…………………………………….....18
2.1.2 A Quelle échelle faire l'étude?......................................................................................................19
2.1.3 Déroulement de l'étude………………………………………..…………………………….......19
[Link]. Détermination des classes de terrains et cartographie………..……………………................19
[Link]. Classement des terrains d'après l'agriculteur…………………..…………………………......20
[Link] Confrontation des deux approches et synthèse…………………..……………………………21
2.2 Le climat ……………………………………………………………..……………………….......22
2.2.1 Caractérisation du climat local de l'exploitation……………………..………………. …….......22
2.2.2 Analyse de la variabilité interannuelle des rendements………………..……………..................22
2.2.3 Jugement global de l'adaptation du système de production……………..…………… ………...24
2.3 Aménagements, équipements et infrastructures de base …………………..…………..................24
2.3.1 Equipement d’usages divers participant indirectement au fonctionnement du système de
production ………………………………..………… ………..............................................................24
2.3.2 Réseaux d’irrigation et de drainage ………………………………………...………..................25
2.3.3 Les agroéquipements ………………………………………..…………………..……………...26
2.3.4 Les bâtiments d’exploitation…………………………………………………………………....26
Chapitre 3:

SYSTÈME DE PRODUCTION VÉGÉTALE

3.1 Historique des systèmes de culture ……………………………………………………………..27


3.2 Description du système de production végétale ……………………………………………….28
3.2.1 Etablissement des documents de base …………………………………………………28
3.2.2 Techniques culturales (Observées durant les périodes de stage) ……………...............32
[Link]. Conditions de travail ……………………………………………………….32
[Link]. Comment le travail est effectué? …………………………………………...33
[Link]. Résultat du travail …………………………………………………..............33
3.3 Ebauche de l'analyse du système de production végétale ……………………………….…....33
3.4 Fonctionnement du système de production végétale ……………………………………….....36
3.4.1 Objectif et méthode d'étude ……………………………………………………….…...36
3.4.2 Outils d'analyse du système de production végétale ……………………………….…..37
3.4.3 Analyse critique des choix de l'agriculteur ………………………………………….....38
[Link] Nature des plantes cultivées et leur importance relatives …………………...39
[Link] Importance relative des cultures pratiquées …………………………………40
[Link] Les successions et les rotations de cultures ………………………………....40
[Link] La localisation des cultures dans l'espace …………………………………...41
[Link] Analyse comparée des techniques culturales ……………………………….41
[Link] Jugement de l'efficience du système de production végétale……………… .44
[Link] Etude approfondie de certains problèmes techniques ……………………....45
[Link] Synthèse et Conclusions …………….………………………………...........48

Chapitre 4:
ANALYSE DU FONCTIONNEMENT ET DES PERFORMANCES DE L'ÉLEVAGE

534.1 Historique de l’élevage ……………………………………………………………………….53


4.1.1 Au niveau de l'exploitation……………………………………………………………
4.1.2 Au niveau du village …………………………………………………………………...54

4.2 Description du système de productions animales ……………………………………………..54

4.2.1 Inventaire et caractérisation des animaux de l'exploitation ……………………………54


[Link]. Identification des animaux ………………………………………………….55
[Link]. "État civil" de l'animal ……………………………………………………...55
[Link] Mode de faire valoir …………………………………………………………59
[Link] Paramètres de reproduction …………………………………………………59
[Link]. Paramètres de production …………………………………………………..60
[Link]. Devenir des animaux ……………………………………………………….60
4.2.2 Description du fonctionnement du troupeau …………………………………………..62
[Link] Système d'alimentation ……………………………………………………..62
[Link] Bâtiments d'élevage …………………………………………………………63
4.2.3. État pathologique des animaux ………………………………………………………..63
4.2.4 Conditions d’hygiène ………………………………………………………………….64

4.3. Analyse du fonctionnement de l’élevage ………………………………………………………64

4.3.1 Méthode d'étude ………………………………………………………………………..64


4.3.2 Étude des caractéristiques de l'élevage ………………………………………………...65
[Link]. Analyse des résultats de la conduite des troupeaux ………………………..65
[Link]. La sélection dans les troupeaux ……………………………………………69
[Link]. Alimentation des troupeaux ………………………………………………..70
[Link] Les flux: les mouvements d'animaux et de capitaux ………………………..71
4.3.3 Étude de l'insertion de l'élevage dans l'exploitation agricole ………………………….72
[Link]. Méthode d'étude du bilan fourrager ………………………………………..74
[Link]. Les données servant à l'établissement du bilan fourrager ………………….74
[Link]. Élaboration du bilan fourrager ……………………………………………..75

Chapitre 5:
ANALYSE SOCIO-ÉCONOMIQUE DE L’EXPLOITATION AGRICOLE

5.1 Historique de l'exploitation ……………………………………………………………………..82


5.1.1 L'historique de l'assiette foncière ………………………………..……………82
5.1.2 L'évolution du cheptel…………………………………………………………83
5.1.3 L'évolution du matériel et de la possibilité d'en disposer……………………...83

5.2 Les rapports de production ……………………………………………………………………..84


5.2.1 Les termes des contrats liant les agents de la production…………………..….84
[Link] Les termes des contrats………………………………………………………84
[Link] Les rapports de forces entre les contractants………………………………...85
[Link] Les constats et les analyses………………………………………………….86
5.2.2 Les rapports de production à l'intérieur de l'unité de production ……………..86
5.2.3 Le ménage et la famille du chef d'exploitation ……………………………….87
[Link] La composition du ménage et de la famille ………………………………...87
[Link] Les activités exercées hors de l'exploitation agricole ……………………....89
[Link] Les relations au sein du ménage et de la famille …………………………...89
5.2.4 Les relations avec d'autres agents …………………………………………….90
5.2.5 Les autres personnes qui consomment les produits de l'exploitation ………....91

5.3 Le travail ………………………………………………………………………...92


5.3.1 La disponibilité en travailleurs selon différents systèmes de normes …………92
5.3.2 Les normes de travail requis …………………………………………………..93
5.3.3 Les travailleurs disponibles …………………………………………………...93
5.3.4 Description des tâches réalisées dans chaque opération ………………………94
5.3.5 Historique du travail et des travailleurs engagés dans chaque activité ……….94
[Link] Le calendrier de l'emploi …………………………………………………....94
[Link] La rémunération des travailleurs ……………………………………………95
[Link] Le statut des travailleurs …………………………………………………….95
[Link] Les catégories de travailleurs ……………………………………………….95
[Link] Le rayon de recrutement …………………………………………………….95
[Link] L'historique de l'emploi ……………………………………………………..95
5.3.6 L'analyse ……………………………………………………………………....96
[Link] Première étape ……………………………………………………………....96
[Link] Deuxième étape ……………………………………………………………..97
[Link] Troisième étape ……………………………………………………………..98
5.4 Le capital ………………………………………………………………………..98
5.4.1 Le patrimoine du chef d'exploitation et le capital de l'exploitation …………...98
[Link] Propriété et exploitation …………………………………………………….99
[Link] La composition et l'analyse du capital de l'exploitation ……………………99

5.5 Analyse économique de l’exploitation agricole ………………………………………………104


5.5.1 Les fiches technico-économiques par spéculation……………………………104
[Link] Marge brute et marge directe ………………………………………………104
[Link] Modes d'évaluation ………………………………………………………...104
[Link] Synthèse des fiches cultures………………………………………………..105
5.5.2 L'élevage ……………………………………………………………………..105
[Link] Indicateurs économiques de l'élevage………………………………………105
[Link] Modes d'évaluation du coût des aliments de bétail produits ………………105
5.5.3 Revenu agricole………………………………………………………………106
5.5.4 Analyse de la trésorerie de l’exploitation ……………………………………106
[Link] Des constats ………………………………………………………………..106
[Link] Rôle de la trésorerie dans le fonctionnement de l'exploitation …………….107
5.5.5 L'Analyse …………………………………………………………………….107
[Link] Le degré d'autonomie de l'exploitation agricole …………………………...107
[Link] l'analyse des choix et des orientations de la production …………………...107
[Link] Analyse des relations entre les différentes spéculations et activités ……….109
[Link] Analyse des alternatives: si le chef 'exploitation ………………………….109

Chapitre 6:
SYNTHÈSE GÉNÉRALE ET VOIES D’ÉVOLUTION

6.1 Plan de travail et de rédaction ………………………………………………………………...110


6.2 1ère étape: Indicateurs clés de structure et de fonctionnement de l'exploitation ………….110
6.3 2ème étape: Objectifs de l'exploitant, contraintes et possibilités dans l'exploitation ……….110

6.3.1 Les objectifs de l'exploitant …………………………………………………………..110


6.3.2 Les possibilités et les contraintes du système d'exploitation …………………………112
6.3.3 Synthèse - diagnostic ………………………………………………………………....113

6.4 3ème étape: avenir de l'exploitation et propositions à court, moyen, long, terme …………..113

6.4.1 Etapes essentielles de l'élaboration de propositions ………………………………….113


6.4.2 Propositions à court terme (1 - 2 ans) ………………………………………………...113
6.4.3 Propositions à moyen terme (5 ans) …………………………………………………..114
6.4.4 Propositions à plus long terme (au-delà de 5 années) ………………………………...114

6.5 4ème étape: élaboration d'un questionnaire …………………………………………………...114


éme
6.6 5 étape: conclusion …………………………………………………………………………..114

Les personnes ayant contribué à la mise à jour du guide de stage: (par ordre alphabétique)
F. Alioua, A. Araba, EH. Baali, A. Bamouh, K. Benabdeljelil, A. Bouaziz, I. Boujenane, J. Chiche, D.
Demnati, M. El Bare, F. Mosseddaq, M. Oussible, M. Raki, A. Slaoui, M. T Srairi.
Chapitre 1:
Démarche du stage d’application

1.1 Syllabus et activités d’apprentissage

1.1.1 Objectifs généraux du Stage


Au terme de ce stage, l'étudiants sera en mesure de:
1-collecter les données nécessaires à la réalisation d'un diagnostic d'une exploitation
agricole;
2-traiter les données collectées et les analyser dans la perspective de procéder à un
diagnostic;
3-faire des propositions de voies d'évolution viables et raisonnables;
4-Participer aux activités agricoles de l'exploitation;
5-communiquer et gérer les contacts et relations avec 'agriculteur, les ressources
humaines de l'exploitation, les autres étudiants et les enseignants.

1.1.2 Description et vue d'ensemble de contenu


Il s'agit d'un stage d'apprentissage du: métier d'ingénieur agronome au cours duquel les
étudiants s'initient à l'élaboration d'un diagnostic de l'état d'une unité de production agricole,
l'exploitation agricole.
diagnostic technique et socio-économique par confrontation entre normes théoriques
des disciplines enseignées, normes empiriques des agriculteurs et éleveurs et pratiques
de l'agriculteur maître de stage.

L'enseignement dispensé au cours de l'année où a lieu le stage s'articule autour du stage, qui
est à la fois: dans un sens, l'occasion de découvrir des pratiques à partir desquelles les
étudiants vont se poser des questions dont les réponses vont être cherchées dans les cours;
dans le sens inverse, une possibilité d'observer concrètement et vivre des applications
des systèmes décrits et analysés dans la littérature et dans ce qu'ils ont appris dans les
cours.

Ce stage consiste en: la description de la structure et de l'environnement de l'exploitation;


l'analyse de son fonctionnement technique (gestion des ressources humaines et de la
main d'œuvre, gestion technique et connaissance des processus de production, analyse
financière et économique…);
la proposition de voies d'évolution de cette exploitation;
le fonctionnement global de l'exploitation: comment l'agriculteur maître de stage met
en œuvre les moyens de production et les disponibilités de l'exploitation et pour quel
objectif?

1.1.3 Méthodes pédagogiques


Apprentissage coopératif et collaboratif: travail par binôme et par groupe de binômes pour
une zone donnée.
Apprentissage par l'expérience: situation réelle de l'exploitation agricole
Apprentissage de l'élaboration d'un diagnostic caractérisé par:
1 L'exhaustivité: prendre en compte le plus possible des éléments constituant le
système et les relations entre eux.
2 La recherche des complémentarités entre:

la démarche scientifique, basée sur des observations, des mesures selon des systèmes
quantitatifs, des expérimentations, limitées et espacées dans le temps et dans l'espace;
la démarche empirique, qui repose sur un suivi continu de lieux peu étendus, en
appréciant l'état des lieux, conçus comme ensembles de ressources.

La séquence logique du diagnostic


1 connaissance générale des branches d'activités, des mécanismes économiques et
sociaux, des lieux, des populations (la préparation au diagnostic);
2 identification des éléments constituant l'unité de production (les inventaires);
3 identification des sources des informations recueillies;
4 synthèses, constats;
5 constitution d'un corpus de normes de référence;
6 première confrontation et hypothèses, puis analyse;
7 diagnostic et compatibilité des propositions avec la situation;
8 rédaction du rapport de diagnostic.

La séquence pratique fait intervenir, conjointement, dans un dialogue de confrontation et de


concertation, les deux logiques en présence, celle des scientifiques, les étudiants responsables
du diagnostic et celle du chef d'exploitation, comme producteur et concepteur de sa stratégie.
Après des inventaires à partir des centres d'intérêt du chef d'exploitation, essentiellement, ses
activités et les facteurs de sa production, l'étude se fait pour chacun des domaines en suivant
la séquence logique du diagnostic.

1.1.4 Ressources bibliographiques


Mise à jour sur l'état de la recherche et revue des études et rapports déjà élaborés.
Initiation aux théories et aux cadres et outils méthodologiques des sciences de l'ingénieur,
disciplines auxquelles les étudiants sont en train de se former.
cours dispensés;
études régionales générales et thématiques;
autres (à préciser).

1.1.5 Méthodes d'évaluation


Encadrement P1 (implication et participation au niveau de l'exploitation, collecte des
données) 10%
Inter périodes 10%
Encadrement P2 10%
Rapport 50% (originalité, contenu, analyse, synthèse)
Présentation 20%

1.1.6 Règlement du stage


Présence obligatoire au cours de la préparation et sur l'exploitation;
Implication et participation au niveau de l'exploitation.
1.1.7 Activités d'apprentissage durant le stage d'Application

1.2- Apprentissage de l’élaboration d’un diagnostic


1.2.1 Objet de l'étude
Le stage en exploitation agricole est un travail de sensibilisation aux activités du futur
ingénieur agronome au cours duquel les étudiants s'initient à l'élaboration d'un diagnostic de
l'état d'une unité de production agricole couramment dite exploitation agricole.
Une exploitation agricole est la cellule de base de l'activité agricole. Elle se définit par un
ensemble de moyens de production (matériel, terre) et de disponibilités (cheptel, trésorerie,
stocks) combinés entre eux pour produire et se reproduire en visant un ou plusieurs objectifs.
C'est le chef de l'exploitation qui en définit les objectifs, qui combine les moyens de
production et fait les choix pour tenter de réaliser ces objectifs.

[Link] Typologie des exploitations agricoles


La particularité principale de la production agricole est que ses moyens de production et ses
produits sont de l'ordre du biologique. Etant donné qu'elle dépend du régime du climat et du
fonctionnement d'éléments vivants, ses résultats ne peuvent être prévus et ses processus
technique ne peuvent être planifiables avec précision, contrairement à la production
industrielle ou intellectuelle, dont le déroulement dans le temps est maîtrisable.
Compte tenu des moyens et des objectifs, nous pouvons distinguer différents types
d'exploitations:

Exploitation vivrière
L'exploitant vise seulement à s'autossuffir, ne peut dépasser ce niveau autarcique.
Exploitation ouverte sur le marché (marchande)
L'exploitant cherche d'autres sources de revenus supplémentaires pour améliorer son niveau
de vie, Ex: maraîchage.
Exploitation capitaliste
- L'exploitant cherche à valoriser au mieux les investissements qu'il fait dans l'exploitation;
- Il est généralement absent et dispose de main d'œuvre;
-Tous les produits de l'exploitation sont généralement destinés au marché;
- La main d'œuvre est le plus souvent salariée; et
- Les moyens de subsistance sont prélevés hors de l'exploitation.

La démarche de diagnostic est à adapter selon le type d'exploitation. Dans le cas de


l'exploitation familiale, les bilans entre moyens mis en œuvre et consommation ont une
grande importance dans l'analyse. Dans le cas de l'exploitation capitaliste, le diagnostic doit
être fondé sur l'étude de la compétence, du statut, de l'historique, de la main d'œuvre (stabilité
ou renouvellement très fréquent des employés) et de sa rémunération (stabilité ou variabilité),
en particulier de la nature de cette rémunération (avantage en nature, en espèce) et de
l'échelle de ses montants.

[Link] Période sur laquelle porte l'étude


L'analyse des résultats économiques se fait pour une campagne agricole. Toutefois, chaque
spéculation a son cycle biologique et économique propre. De plus, aussi bien techniquement
qu'économiquement, le raisonnement des activités se fait sur deux ou plusieurs campagnes
(les récoltes d'une année peuvent être stockées et vendues tout au long de l'année suivante; les
animaux sont mis sur le marché soit très jeunes soit quand ils ont atteint plusieurs mois ou
plus d'une année, soit quand ils ont atteint l'âge de la réforme). Par ailleurs, les caractères
d'une campagne agricole sont fortement déterminés par le précédent technique et par les
moyens de financement disponibles au moment de son lancement.

Dans la pratique d'un stage de courte durée, le suivi d'une campagne technique doit se faire
sur la campagne au cours de laquelle se passe le stage (septembre à août):
une partie de la campagne en cours est observée directement lors des périodes de
sortie des étudiants dans les exploitations; et
le reste de la campagne (en dehors des périodes de stage) sera complété par enquête.
1.2.2 Les objectifs et la démarche du diagnostic technique et socio économique
[Link] Objectif général du stage en exploitation

pour les étudiants: apprentissage du diagnostic technique et socio économique par


confrontation entre normes théoriques des disciplines enseignées, normes empiriques
des agriculteurs et éleveurs et pratiques de l'agriculteur maître de stage;
pour le maître de stage: occasion de faire un bilan technique et économique de son
unité de production, un bilan de sa stratégie de gestion de chacun de ses domaines
d'activité et de sa stratégie générale.

[Link] Objectifs du diagnostic


Déterminer la stratégie économique et technique de l'agriculteur dans les conditions
structurelles et conjoncturelles particulières du moment.
Le diagnostic doit porter sur:
le degré d'adaptation de l'exploitation au milieu naturel et aux aménagements des
terres,
le degré d'intégration de l'exploitation au marché;
sa capacité d'autonomie financière par rapport à des revenus hors exploitation;
son niveau de performance technique et économique;
etc.

Ce diagnostic doit se baser sur une analyse sectorielle (Productivité du système de production
agricole et du système d'élevage) et se faire de manière intégrée sur l'ensemble de
l'exploitation.
1.2.3 La méthode proposée dans ce manuel
Le travail de diagnostic a pour objectif de distinguer:
les contraintes dégagées telles que l'agriculteur les ressent;

les atouts tels que l'agriculteur les apprécie. Il s'appuie sur la recherche des
complémentarités entre:
la démarche scientifique, basée sur des observations, des mesures selon des systèmes
quantitatifs, des expérimentations, limitées et espacées dans le temps et dans l'espace; et;
la démarche empirique, qui repose sur un suivi continu de l'état des lieux.

[Link] La séquence logique


La séquence logique du diagnostic classe, selon leur ordre d'enchaînement, les opérations
nécessaires à la réalisation de l'objectif fixé. Selon le principe fondamental de la démarche,
aucune de ces opérations ne peut être négligée. De la même façon, la cohérence de leur
succession ne peut être modifiée: il est impossible de réaliser l'une d'entre elles sans que celle
qui la précède dans la séquence ait été préalablement achevée.
1 connaissance générale des branches d'activités, des mécanismes économiques et
sociaux, des lieux, des populations (la préparation au diagnostic);
2 identification des éléments constituant l'unité de production (les inventaires);
3 identification des sources des informations recueillies;
4 synthèses, constats;
5 constitution d'un corpus de normes de référence;
6 première confrontation et hypothèses, puis analyse;
7 diagnostic et compatibilité des propositions avec la situation;
8 rédaction du rapport de diagnostic.

[Link] Les domaines et les thèmes selon lesquels aborder le fonctionnement de


l'exploitation

Les activités productives de l'exploitation:


- les cultures;
- l'élevage;
- autres activités: Ecotourisme, agro-tourisme, artisanat…

Les facteurs de la production:


- le milieu naturel;
-le capital;
- le travail;
- l'ensemble du patrimoine et la famille.

Les points de vue thématiques transversaux;


- l'histoire de l'exploitation agricole;
- l'insertion de l'exploitation agricole dans l'espace;
- les rapports de production;
- l'analyse économique de l'exploitation agricole.

[Link] La séquence pratique


La séquence pratique du diagnostic fait intervenir, conjointement, dans un dialogue de
confrontation et de concertation, les deux logiques en présence, celle des scientifiques
responsables du diagnostic et celle du chef d'exploitation comme producteur et concepteur de
sa stratégie.
Après des inventaires à partir des centres d'intérêt du chef d'exploitation, essentiellement ses
activités et les facteurs de sa production, l'étude se fait pour chacun des domaines, tels
qu'énumérés ci-dessus, en suivant la séquence logique du diagnostic.

1.3 Analyse intégrée des composantes de l'exploitation agricole (moyens de production,


production végétale, élevage et rapports humains) pour une vision globale de son
fonctionnement et l'appréhension de ses perspectives d'évolution
L'exploitation agricole se définit comme un système. C'est donc une "combinaison raisonnée
d'éléments ou de parties interdépendantes et interactives qui se comportent de manière à
réaliser un objectif précis via la transformation d'intrants en produits terminaux". Par
conséquent, l'étude de ce système de production et l'appréhension de ses performances
technico-économiques ne consiste pas juste à s'intéresser aux modes de fonctionnement de
ses composantes. Il faut impérativement, à un moment donné, faire appel à une vision globale
du système pour en comprendre le fonctionnement intégral et les perspectives. Cette
démarche, qui s'appelle la méthode systémique, ou l'approche système invoque que
l'exploitation agricole, en tant que système de production, représente bien plus qu'une simple
somme de ses différentes composantes (animaux, plantes, environnement social, économique
et même politique…), étant donné les nombreuses interactions et synergies qui s'établissent
entre elles.
Celui qui coordonne les interactions dans le système, qui en contrôle les rythmes de vie selon
des objectifs affichés, voire tus, est le chef d'exploitation. Il assume, à cet égard, un rôle
central dans les évolutions des différentes composantes de l'exploitation et dans leurs
perspectives, généralement selon des objectifs réfléchis pour l'ensemble du système. Il a, de
fait, une responsabilité importante, tant vis-à-vis des membres de la famille qui vivent en sa
compagnie, ou même de ceux qui en sont éloignés. Il exerce aussi son emprise sur les
différentes composantes de l'exploitation, leurs poids relatif et leur agencement dans
l'articulation du système. C'est pourquoi, le système exploitation est dit "piloté".
Dans la présente partie du document de base du stage d'application, il est question de revenir
sur les enseignements tirés de l'analyse des différentes composantes de l'exploitation agricole,
en vue de les intégrer dans une vision globale de cet objet. Cette vision repose sur un
ensemble de méthodes de l'ingénierie agronomique, destinées à affiner chez le futur ingénieur
agronome les bases du diagnostic et de la prospective.
1.3.1 Les interactions entre les composantes de l'exploitation agricole
L'exploitation agricole est une unité de production très diverse où se mêlent et s'affrontent
différents acteurs, voire générations, différents types de savoir-faire, d'expériences et de
traditions. C'est d'ailleurs dans cette multitude de variables que l'agriculture gagne sa
spécificité par rapport aux autres secteurs d'activités.
Les composantes de l'exploitation agricoles sont classiquement réparties en:
1. les moyens de production et l'historique de leur constitution;
2. le groupe humain qui vit sur l'exploitation et ses évolutions;
3. les activités de production végétale;
4. l'élevage.

L'étude de ces composantes unes à unes est un préalable indispensable pour progresser dans
l'analyse du système "exploitation". Mais l'objectif du stage, à savoir, l'étude du
fonctionnement d'une exploitation agricole, ne peut se limiter à une simple étude descriptive
et sectorielle des différentes composantes du système. De ce fait les études sectorielles
doivent être complétées par l'analyse de l'imbrication des composantes les unes aux autres et
surtout par l'appréhension des performances globales du système, tant sur le plan économique
que vis-à-vis de ses perspectives d'évolution les plus plausibles.
L'exploitation agricole étant par essence incluse dans un environnement social, économique
voire politique précis, il est plus que vital de penser que les évolutions du milieu où elle
baigne auront des répercussions sur ses perspectives. De ceci découle que la démarche
d'analyse de l'exploitation agricole ne peut à aucun moment ignorer ces éléments de contexte.
De fait, l'élève ingénieur agronome ne peut se dispenser de les intégrer dans la réflexion sur
les alternatives qui s'offrent à l'exploitation. Car il est indispensable que le futur agronome
soit outillé, au cours de sa carrière professionnelle, pour assister les exploitations agricoles,
principaux acteurs de l'activité de production dans le monde rural.

De fait, l'expérience du stage fournit à l'élève ingénieur une opportunité concrète de se livrer
à un exercice de proposition des voies d'évolution d'une exploitation agricole, en soupesant
les différentes alternatives qui s'offrent à elle, grâce au diagnostic préalable effectué.
La réflexion à ses voies d'évolution de l'exploitation doit amener l'élève ingénieur à
considérer les interactions qui s'établissent au sein de l'exploitation entre les composantes qui
la constituent. Ainsi, les cultures sont le plus souvent en contact direct avec l'élevage par les
flux de sous-produits qu'elles génèrent, par les retours de fertilité aux sols permis par les
effluents. De même, les deux postes sont en interaction continue, quant aux possibilités de
financer les intrants qui leurs sont nécessaires par les ventes opportunes de produits; par
exemple, les semailles de céréales peuvent être assurées en vendant le croît du troupeau, ou à
l'inverse, il peut y avoir des investissements dans les bâtiments d'élevage ou l'accroissement
de la taille du troupeau en mettant sur le marché une récolte exceptionnelle de céréales ou de
fruits et légumes après une bonne campagne agricole.
Dans l'intégration de la vision globale de l'exploitation agricole et de la place qu'y occupe
chacune des spéculations pratiquées, il est nécessaire de caractériser finement les relations
entre les différentes composantes (élevage, cultures et force de travail), en accordant une
importance particulière aux processus de prise de décision et donc de gestion des
compétences qu'elles requièrent. De même, il vous sera obligatoire de quantifier les flux
monétaires et les flux de matières (sous-produits agricoles, fumier …) et d'informations qui
transitent entre les différentes composantes de l'exploitation. Ceci ne pourra que vous aider à
mieux cerner les interactions entre les composantes et le poids qu'elles représentent dans le
fonctionnement de l'ensemble de l'exploitation.

1.3.2 Une démarche d'analyse du fonctionnement global de l'exploitation


Au préalable d'une analyse du fonctionnement global de l'exploitation agricole, il faut tout
d'abord s'assurer de la cohérence des diagnostics sectoriels établis pour les activités
productives de l'exploitation, en l'occurrence les cultures et l'élevage. Pour ce faire, il faut
comparer les résultats de vos diagnostics des performances agronomiques (niveaux de
production des cultures, gestion de la fertilité des sols, gestion de l'eau …), zootechniques
(reproduction, niveaux de production de lait, de viande, de fumier …) par rapport aux normes
locales, régionales et théoriques pour chacune des spéculations en vigueur sur l'exploitation.
Puis, il s'agit de vous assurer que les écarts relevés s'expliquent par des causes que vous avez
identifiées (par exemple, faiblesse des rendements des céréales due à une insuffisante
application d'engrais de couverture, ou encore production laitière par vache médiocre à cause
d'apports alimentaires caractérisés par des lacunes en nutriments à plusieurs moments de
l'année …).
Ces éléments de clarification du diagnostic porté vont vous permettre ensuite de hiérarchiser,
au sein de l'exploitation, le rangs des différentes spéculations selon les résultats techniques et
économiques (niveaux de production, rentabilité, …) auxquelles elles aboutissent. En d'autres
termes, il s'agit d'évaluer la priorité de chacune des spéculations dans les stratégies de
l'exploitant. Ce classement des types de production ne doit pas être effectué uniquement en
tenant compte des niveaux de production et de la rentabilité de chacun. Il s'agit aussi
d'intégrer dans le raisonnement les activités non agricoles de l'exploitation (travaux à
l'extérieur, commerce, services dans le bourg le plus proche, responsabilités politiques et
avantages qui lui sont liés …), qui contribuent de près ou de loin à ses revenus globaux.

Finalement, et ceci constitue le cœur de votre réflexion sur l'agencement de la stratégie de


l'exploitant, il faudra veiller à comprendre les déterminants de la hiérarchie, que vous venez
d'établir, des spéculations dans l'unité de production agricole. Ceci reviendra à étudier le
poids de l'attention que confère l'exploitant à chacune de ses spéculations (élevage, cultures,
travail à l'extérieur, ...), en vous intéressant plus particulièrement à trois grandes familles
d'indicateurs:
1. les activités allouées à chacune des spéculations, en déterminant le temps de travail
effectif qu'elle nécessite;
2. le montant total des dépenses que nécessite chacune des spéculations et leurs
répartitions chronologiques, afin de les comparer aux rythmes des entrées d'argent et
de s'assurer des modes de financement retenus: c'est ce qui s'appelle la trésorerie;
3. les revenus générés par spéculation, leur importance dans le revenu général de
l'exploitation et leurs implications sur les projets d'investissement à venir.

Cette phase d'évaluation du poids de chacune des spéculations productives en parallèle aux
facteurs de production (temps de travail et dépenses) mobilisés et aux résultats économiques
réalisés est sûrement à la base de la détermination de la stratégie de l'exploitant, en identifiant
les atouts et les contraintes du système. Elle va vous mener ensuite à valider l'ensemble de
vos constatations par un dialogue franc et direct, bâti sur les résultats de vos diagnostics des
performances agronomiques, zootechniques et économiques, avec l'agriculteur. Á l'issue de
ce débat, vous serez amenés à vous pencher sur les voies d'évolution les plus plausibles qui
s'offrent à l'exploitation, sur les court, moyen et long termes.

Conclusion
La démarche d'intégration des composantes culturales, zootechniques et humaines de
l'exploitation est sûrement la plus déterminante pour l'établissement du diagnostic global du
système de production que vous étudiez. Elle va vous permettre de vous préparer à acquérir
les facultés les plus déterminantes de votre formation d'ingénieur agronome: être capable de
synthétiser les éléments d'un diagnostic multivarié pour proposer des alternatives logiques
d'évolution d'un système de production agricole.
Ultérieurement, ce genre de démarche va vous obliger à apprendre à hiérarchiser dans un
système le poids des composantes et à analyser leur agencement dans la structuration de
l'ensemble. Ce n'est qu'en comprenant le montage global de toutes les composantes et les
interactions qui les lient, ainsi que les processus de décisions dans l'exploitation qui
expliquent l'état de performances que vous avez diagnostiqué, que vous pourrez vous essayer
au difficile exercice de la prospective. Celle-ci suppose que vous essayiez, grâce à un
dialogue ouvert avec l'agriculteur et sur la base des atouts et contraintes du système, de
discuter des scénarios d'évolution de l'exploitation, sur les court (une année), moyen (deux à
cinq ans) et long (dix ans et plus) termes. Les scénarios que vous allez soumettre à
l'agriculteur et ses réactions à vos suggestions constitueront la partie la plus enrichissante de
votre travail, car ils vont vous permettre de juger la pertinence de vos diagnostics et la
compréhension du fonctionnement global. Ceci vous fournira une occasion concrète de vous
livrer à un essai de développement d'un objet aussi complexe qu'une exploitation agricole,
avec sa multitude d'acteurs et de composantes.
Chapitre 2:
Environnement de l’exploitation: milieu naturel et aménagement

La caractérisation du milieu naturel et de l'environnement de l'exploitation comprend celle


des terrains, du climat, des aménagements fonciers et hydro agricoles ainsi que celle des
équipements et infrastructures de base dont bénéficie la communauté villageoise dont
l'agriculteur fait partie.
Les stagiaires doivent avoir une attitude qui consiste à étudier "le milieu" en fonction des
utilisations agricoles que l'exploitant en fait et de resituer le parcellaire de l'exploitation sur
une carte au sein des aménagements fonciers, hydro agricoles, dans le cas de l'irrigué et
d'inventorier en les cartographiant les équipements et infrastructures de base qui environnent
l'exploitation.
La perception du milieu par l'agriculteur, et sa vision, ne constitue qu'une façon d'utiliser le
milieu parmi d'autres possibilités que vous aurez à préciser ultérieurement.
Parmi les caractéristiques du milieu, certaines sont stables dans le temps d'autres
variables. Pour les distinguer il faut échelonner les observations au cours du temps.
La démarche consiste à étudier le milieu naturel pour comprendre le fonctionnement d'une
exploitation agricole en suivant, au cours des deux périodes de stage, l'évolution des parcelles
culturales. Une parcelle cadastrale au sens topographique et vue sous l’angle de la
conservation foncière (propriété) peut correspondre à plusieurs parcelles culturales
juxtaposées mais portant des cultures différentes.
Aussi au cours de chacune des périodes de stage, vous devez réaliser un tour d'exploitation
sur toutes les parcelles, accompagné de l'exploitant. Ce tour d'exploitation servira également
à la description des systèmes de culture; le concept de système de culture a été défini par
Sebillotte (1974) comme étant un ensemble de parcelles traitées de manière homogène par
l’agriculteur du point de vue de la succession et rotation des cultures et de leur conduite
technique. Il doit donner lieu à l'établissement d'un cahier des parcelles comme il est indiqué
à l'encadré de la partie “production végétale”.
Bien que la caractérisation du milieu naturel ne peut être réalisée de façon définitive qu'en
deuxième période de stage (P2), il importe qu'elle soit très largement entamée en fin de
première période (P1) et qu'un premier essai de synthèse soit fait avant la P2 pour préciser les
points à ré enquêter.

2.1 Les terrains


2.1.1 Démarche d'étude
Les premiers tours d'exploitation faits en première période vous permettent de faire ressortir
parcelle par parcelle les caractéristiques permanentes de chacune d'elles: pente, orientation,
nature de la roche mère ou formation profonde, texture, profondeur, etc.
La démarche que l'on vous demande d'adopter est la suivante:
En regroupant tous les renseignements objectifs que vous avez constaté, vous faites
une 'zonation' des terrains, établie selon vos propres critères d'observation à travers
une carte de situation comprenant l'ensemble des parcelles que l'agriculteur exploite et
que vous avez visité.
Par enquête auprès de l'agriculteur (ou des agriculteurs voisins) vous essayez de voir
quelles sont les différentes ''terres'' et les différents ''terrains'' qu'ils distinguent ainsi
que les caractères qu'ils attribuent à chaque type.
Vous faites la synthèse par confrontation des deux approches précédentes: vos
observations propres vous serviront à approfondir les questions auprès des
agriculteurs et inversement leurs indications doivent vous pousser à revenir au terrain
pour vérifier leurs affirmations, les compléter et les objectiver. Cette synthèse devra
aboutir a une 'zonation' finale.

2.1.2 A Quelle échelle faire l'étude?


La tournée régionale au début du stage vous a permis d'avoir une approche à l'échelle
régionale. Puisque l'exploitation est maintenant l'objet de l'étude, on travaillera à plus grande
échelle; celle-ci peut être selon le cas:
Le village (douar, ksar, dchar...),
Une zone de celui-ci où se trouve l'exploitation,
L'exploitation uniquement.

Il est évident que ce ne sont pas les mêmes critères de différenciation des terrains qui seront
pris dans chaque cas: ceux qui se situent au niveau de l'exploitation sont en général plus fins
que ceux utilisés à une échelle plus petite. (grande surface, échelles régionale).

Le choix de l'échelle d'étude dépendra:


1 du caractère groupé ou dispersé des parcelles: même dans le cas où les terres sont
Melk depuis longtemps, si celles-ci sont éparpillées sur une grande surface, il est plus
intéressant et plus pratique d'étendre l'étude à la surface englobant les terres de l'exploitation.
Cette méthode a l'avantage de mieux situer les parcelles dans le paysage et les unités définies;
dans le cas où il y a peu de types de terrains rencontrés sur l'exploitation elle donne des points
de comparaison qui permettront de mieux s'interroger sur le cas de l'exploitation. Mais quand
les terres sont Melk (Statut de propriété privée) et groupées, une zonation uniquement sur
celles-ci mais précise, suffira en général.
2 du caractère fixe ou non du mode de tenure des terres: lorsqu'une partie des parcelles
de l'exploitation sont itinérantes sur le finage du village, une typologie des terrains à l'échelle
du village est nécessaire pour situer les terres de l'exploitation et leurs contraintes;

Le choix de l'échelle de l'étude du milieu est laissée à l'appréciation des étudiants suivant la
situation où ils se trouvent, notons que parfois une étude présentant deux cartes à deux
échelles avec une précision différente peuvent se compléter.
2.1.3 Déroulement de l'étude:
[Link]. Détermination des classes de terrains et cartographie
Dès les premiers jours du stage, vous devrez faire un premier " tour d'exploitation " et vous
aurez à réaliser en même temps que le plan parcellaire les observations suivantes, parcelle par
parcelle:
Formation géologique sur laquelle s'est différencié le sol;
Pente (ex: très forte, forte, faible, nulle);
Exposition;
Nature du sol après examens de la surface et du profil;
Profondeur, texture, hydromorphie, etc. ;
Signe d'érosion, etc. ;
Aménagements (drains, fossés, seguia, nivellement, brises vents....).

Les observations ci-dessus portent sur les caractéristiques stables des terrains; ce sont elles
que vous relevez sur la première page réservée à chaque parcelle dans le cahier des parcelles
(en Annexe). Notez bien que les caractéristiques d'aménagement sont à prendre en compte.
Chacune des caractéristiques servant à définir les terrains permet une division de la petite
région d'étude. En superposant les 'zonations' élémentaires ainsi obtenues, vous obtenez un
certain nombre d'unités (ou classes) de terrains. Si les critères de différenciation étaient
indépendants on risquerait d'avoir un grand nombre d'unités, mais ceux-ci sont très souvent
liés: par exemple les zones plates correspondent à une certaine nature du sous-sol sur lequel
on ne trouve que deux types de sol. Ces liaisons limitent en général le nombre de classes ainsi
obtenues.
Vous définissez ainsi des unités U1, U2, U3..., qui dans la rédaction finale devront être
présentées avec leurs principales caractéristiques. Leur nombre doit rester inférieur à la
dizaine, sinon vous ferez des regroupements, quitte à distinguer des sous unités quand vous
êtes amenés à travailler à plus grande échelle.
Exemple: Unité 1 (U1)
Sol profond (1 m) sur roche mère = schiste
Sol argileux à forte activité structurale
Engorgement l'hiver (signes d'hydromorphie)
+ Principaux comportements observés.
Avec deux sous unités:
. U1.2.: Fond de cuvette, pente nulle et fort engorgement l'hiver avec risque de
submersion temporaire.
. U1.2.: bas de la pente, faible pente et pas de submersion mais engorgement
temporaire l'hiver.

[Link]. Classement des terrains d'après l'agriculteur (ou les agriculteurs)


L'agriculteur est un "expert" des terres qu'il cultive, il peut porter un jugement sur les
différents milieux de son exploitation, du point de vue de leur mise en valeur dans les
systèmes de culture qu'il pratique. Par ailleurs, il peut vous donner des caractéristiques de
terrain que vous ne pouvez observer en P1 comme par exemple l'engorgement des terres en
hiver ou bien la fissuration des sols en été.
Il faudra, dans ce premier temps, essayer de collecter l'avis de l'agriculteur de la manière la
plus indépendante possible des résultats de votre 'zonation' personnelle. Sur le terrain, au
cours d'un tour de l'exploitation avec lui, vous devrez lui faire préciser:

a. Les noms vernaculaires

L'agriculteur fait naturellement des classes de terre (au sens de matériau) en utilisant des
noms vernaculaires. Si l'utilisation de différenciations à base de noms vernaculaires doit être
faite avec précaution à l'échelle d'une région, elle est précieuse au niveau d'une exploitation et
des terrains avoisinants, c'est à dire dans le domaine d'expérience de l'agriculteur.
En parcourant l'exploitation avec l'agriculteur, faites lui désigner le nom vernaculaire des
parcelles et des terres qu'il cultive. Ensuite vous chercherez: Quelles sont les caractéristiques
englobées sous l'appellation vernaculaire (texture, cailloux, couleur, hydromorphie,
profondeur...)?
Quel est le comportement des terrains désignés sous ces appellations? (par enquête
auprès de l'agriculteur):
. Facilité à travailler? (Faire préciser ce que l'agriculteur entend par " Facilité " car le
mot peut être utilisé dans plusieurs sens).
. Vitesse de ressuyage après une pluie, (ex. 1 à 2 jours pour les sols sablonneux et 5 à
6 jours ou même une semaine et plus dans le cas des sols argileux),
. Aptitude à se fissurer,
. Stabilité de la structure,
. Réchauffement au printemps, etc.
b. Les critères de différentiation complétant l'appellation vernaculaire
L'appellation vernaculaire ne suffit pas toujours à distinguer les différents terrains du point de
vue de l'agriculteur. Cherchez, par enquête, à voir s'il a d'autres critères de différenciation que
ceux qui seraient inclus dans l'appellation vernaculaire.
Ex: Comportement différents des plantes sur deux zones incluses dans la même appellation.
Pour chacun de ces critères, faites vous préciser leur sens par l'agriculteur.

[Link] Confrontation des deux approches et synthèse


Vous confronterez la délimitation des unités naturelles faite par vous, ainsi que les
caractéristiques que vous avez attribuées à chaque classe, à celle faite par l'agriculteur et aux
caractéristiques (propriétés comportements.....). Se recoupent-elles? Si ce n'est pas le cas,
c'est que l'agriculteur ne juge pas de la même manière que vous les contraintes et possibilités
des terrains (par exemple il n'attache pas beaucoup d'importance à la couleur, caractéristique
que vous pouvez avoir spécialement remarquée....). Cherchez à comprendre pourquoi.
En vous servant de vos observations sur le terrain approfondissez par des questions
judicieuses l'enquête auprès de l'agriculteur. Inversement retournez au terrain pour vérifier à
la lumière des explications données par l'agriculteur l'exactitude de votre première 'zonation'
et la préciser; vérifier aussi au champ les affirmations de l'exploitant.
Cet aller-retour entre deux approches indépendantes au départ vous permettra d'en faire une
synthèse précise.
Ce travail doit aboutir à une 'zonation' plus définitive des terrains qui sera cartographiée. Les
classes ainsi définies devront être présentées avec toutes leurs caractéristiques importantes
pour l'utilisation agricole.
Les traits les plus marquants seront reportés sur un tableau analogue à celui présenté ci-après
(tableau 2.1) qui a pour but de bien préciser les contraintes et les possibilités les plus
importantes de chaque zone.

Tableau 2.1: Principales conséquences des caractéristiques du milieu sur le


fonctionnement de l’exploitation
Conséquences sur le
Conséquences agronomiques fonctionnement de Jugement
Caractéristiques l'exploitation personnel
importantes Défavorables
Favorables
Risque d'érosion
Possibilité de travail
I) Les terrains a) grave avec une
Ressuyage après une pluie, mais
Zone 1: - Forte érosion mise en culture.
rapide forte de traction
pente Enherbement
importante.
souhaitable.
Zone la plus Peut-on utiliser des
exposée aux variétés plus
L'agriculteur sème cette
- Orientation Est risques de précoces que celles
zone la première
chergui utilisées par
l'agriculteur ?
b) Zone 2 Etc.….
Date de semis des
II) Le climat - Irrégularité de la
céréales d'hiver
grande irrégularité position du cycle
irrégulière; surface
de la date des des céréales
semée varie d'une année
premières pluies d'hiver
sur l'autre.
(*): Les indications données ci-dessous le sont à titre tout à fait indicatif
La présentation définitive devra donc être synthétique, et comprendre ces trois derniers points:
cartographie des unités;
leur définition (description, comportements, jugement de l'agriculteur.....);
et le tableau présentant les contraintes marquantes ou les possibilités offertes.

Ceci sera fait à l'échelle (ou aux échelles) choisies comme il est indiqué précédemment.

2.2 Le climat
Avant de partir en stage vous avez eu quelques exposés sur les traits généraux du climat de la
région, sur l'étage bioclimatique dans laquelle se trouve la région de stage.
Sur le poste climatique le plus représentatif de la région de stage, à partir de données
climatiques établies sur de longues séries (Trente année et plus) en tout un minimum de 20
ans, vous allez caractériser les régimes thermiques et surtout les régimes pluviométriques
fréquentiels qui permettent de caractériser le climat du poste météorologique choisi. Pour
cela, il faut disposer d'une série climatique (au minimum pluviométrie et température) sur au
moins 20 à 30 années mois par mois.
Par ailleurs vous disposez des données relatives aux dernières années, celles dont l'agriculteur
se souvient encore.
Avec ces données de départ vous devez réaliser le travail suivant:
2.2.1. Caractérisation du climat local de l'exploitation
Les données climatiques dont vous disposez sont dans certains cas celles d'un poste
météorologique éloigné de l'exploitation. Vous devez apprécier dans quelle mesure elles sont
utilisables pour votre exploitation ou vous devez les compléter par enquête orale auprès de
l'exploitant ou des agents de développement agricole (CT, CMV ou CDA) les plus proches
du centre de votre exploitation. Il faudra discuter de la représentativité du poste météo, où
vous avez collecté les données, par rapport à l'exploitation que vous étudiez.
Pour apprécier la validité des données du poste météo vous devez sur la carte topographique
reporter la situation, l'altitude et l'exposition respectivement du poste et de l'exploitation,
ainsi que les reliefs qui pourraient se trouvez entre les deux. Ces renseignements, auxquels
vous devez ajouter la connaissance des vents dominants selon les saisons et toutes les
indications que peuvent éventuellement apporter des enquêtes orales auprès des personnes
connaissant bien la région, doivent vous permettre d'apprécier dans quelle mesure les
données du poste sont valables pour l'exploitation.
En plus, enquêtez sur les vents: nom, orientation, saison et mois de plus grande fréquence,
nature (chaud, froid, sec, humide); sur les gelées: fréquence selon les mois, intensité; sur les
périodes d'enneigement, etc.
2.2.2. Analyse de la variabilité interannuelle du climat et des rendements.
En première approximation vous pouvez penser que les variations interannuelles de la
production sont essentiellement dues aux variations du climat (pour les arbres fruitiers,
indépendamment de variations climatiques, il peut y avoir des phénomènes d'alternance dont
il faudra tenir compte). Pour réaliser cette analyse, il s'agit de suivre les étapes suivantes:
Réaliser une étude climatique (moyenne et coefficient de variation des différents
grandeurs climatiques (Pluviométrie, températures…) étude fréquentielle du régime
pluviométrique et thermique ; fréquence d’occurrence des autres phénomènes (gel,
grèle…)).
Mettre en parallèle rendements des cultures et années climatiques: l'agriculteur se
souvient en général relativement bien des rendements des quelques années récentes et
des années extrêmes à très fort et très faible rendement. Culture par culture (y compris
les arbres fruitiers) dressez le tableau 2.2.
Tableau 2.2: Conséquences de la variabilité climatique sur le rendement des cultures
Rendement Rendement
Culture Année n-3(1) Année n-2 Année n-1
faible fort
Année: 1995 Année: 1996
Blé
Rendement = Rendement = .
tendre
0qx /ha 16 qx/ha
.... .... .... .... .... ....

(1) n est l'année agricole du stage


Il est à noter que les estimations de rendements données en P1 par les agriculteurs devront
être contrôlées et corrigées éventuellement en P2 par les bilans.

Essai d'explication de la variation des rendements par enquête auprès de l'agriculteur:


Ensuite, culture par culture, vous essayerez d'avoir des précisions auprès de l'agriculteur en
quoi se caractérisent une mauvaise année, une bonne année et les dernières années en vous
basant sur un tableau de chiffres du type suivant, qui combine les effets terrains et climat.

Tableau [Link] comparatif des rendements des cultures par unité de terrain
et par campagne agricole

(*) n est la campagne agricole en cours lors du Stage.


(**) les types de terrains sont ceux qui ont été identifiés et cartographiés précédemment.

Cette analyse peut être affinée en:


1 décrivant les étapes de l'élaboration du rendement par exemple: levée: bonne ou
mauvaise? Tallage épi: bon ou mauvais? Poids des grains: bon ou mauvais? La floraison des
légumineuses a-t-elle été bonne? floraison, nouaison et rendement des arbres fruitiers (olivier,
pommier,…), bon ou mauvais? Effet du gel, des vents chauds ou de la grêle, etc.
2 faisant préciser les conditions de milieu qui influent sur les différentes étapes de la vie
de la plante et par suite sur les composantes? Froid, sécheresse, chergui...). Essayer de dater
les phénomènes climatiques et de les situer par rapport aux stades de la plante.
3 3. enquêtant sur les attaques de parasites végétaux ou ravageurs animaux? (sont-elles
4 variables d'une année sur l'autre et si oui, sont-elles, d'après l'agriculteur, dépendantes
des conditions climatiques?)
5 faisant préciser l'influence des conditions climatiques (pluie en particulier) sur des
dates de travaux du sol, de semis, sur l'entretien des cultures, sur les dates de récolte....
Confrontez ce que vous dit l'agriculteur avec les caractéristiques chiffrées que vous avez
étudiées précédemment.

2.2.3 Jugement global de l'adaptation du système de production (ensemble des systèmes


de culture et d'élevage) au climat local
Pour porter ce jugement (qui ne pourra être définitif qu'après P2) vous devez d'abord:
avoir l'avis de l'agriculteur et par enquête orale repérer les événements climatiques les
plus déterminants sur la production des cultures et de l'élevage: est-ce l'arrivée des
pluies, ou le chergui en fin de végétation des céréales, ou les inondations en hiver ou
la durée de l'enneigement, etc.?
Etudiez la fréquence de ces événements soit de façon qualitative (par enquête en
demandant à l'agriculteur combien d'années sur 10 ce phénomène est observé), soit, si
vous le pouvez, sur la base des séries statistiques (20 à 30 années de données
climatiques disponibles au CT, CMV ou CDA) dont vous disposez.
Ensuite constituer votre point de vue: L'agriculteur surestime ou sous-estime-t-il les
risques? Pensez-vous que par des aménagements de terrain, ou d'autres techniques de
cultures ou de conduite d'élevage, il puisse mieux s'adapter au climat?

Les traits les plus marquants du climat seront, comme ceux des terrains, reportés sur le
tableau 2.1, précédemment cité, dans lequel vous dégagerez les principales conséquences sur
la conduite des cultures, des élevages et de l'exploitation.

Remarque importante:
Un même événement climatique a des conséquences différentes du point de vue agricole
selon la nature de terrains (sol, pente, orientation. hydrologie, présence de haies ou
brise-vent...). Essayez systématiquement de préciser les cas d'interaction rencontrés.
Donnez-en les conséquences sur la marche de l'exploitation. L'interaction climat de l'année et
du sol est quelquefois si nette que selon l'année, le classement des terres du point de vue du
rendement d'une culture est parfois inversé. Si c'est le cas, précisez-le. C'est en remplissant un
tableau sur le modèle du tableau 2. 2 que vous pouvez mettre en évidence une telle
interaction.

2.3. Equipement Rural

L’équipement rural est une composante incontournable du développement rural.


Electrification rural, adduction d’eau potable et assainissement constituent des indicateurs de
développement adoptés par l’ONU pour préciser les objectifs du millénaire. Les
agroéquipements et les installations agricoles constituent l’outil de production et font partie
du cadre de vie de la famille de l’exploitant. D’où l’importance de cet aspect du stage qui
commence par situer la commune rurale où se trouve l’exploitation agricole étudiée avec une
monographie récente et illustrations sur cartes. Les équipements à recenser sont de quatre
catégories :

Equipement d’usages divers participant indirectement au fonctionnement du système


de production.
Réseaux d’irrigation et de drainage
Agroéquipements
Bâtiments d’exploitation
2.3.1- Equipement d’usages divers participant indirectement au fonctionnement du
système de production

Il s’agit de dresser un inventaire de ces équipements et installations en précisant leurs


caractéristiques techniques et de performance.

- Equipement domestique
A titre indicatif, les aspects suivants pourront faire l’objet d’un inventaire selon la
disponibilité de l’information
L’eau pour les besoins domestiques
Boissons, préparation des aliments, hygiène générale.
- Origine de l’eau
Puits, citerne, seguia, canal, château d’au, description sommaire, localisation. Croquis
éventuels, dimensions, volume stocké ou débit, variation annuelle ou interannuelle. Aspect,
qualité de l’eau.
- Extraction de l’eau
Récipients : jarre, bidon, outre, etc....Nature : terre cuite, tôle, plastique, caoutchouc
Dispositif : noria, balancier, motopompe, etc....
Energie : humaine, animale, mécanique, éolienne, électrique, etc....
Croquis éventuels pour ces trois points.
- Transport de l’eau
Moyen : jarre, bidon, tuyau en ciment, en fer, en plastique, séguia en terre ou en ciment,
etc....
Energie utilisée (gravité, pression....)
Croquis éventuel - distance - dimensions.

- Stockage de l’eau et distribution sur place


- Récipient : jarre, bidon, citerne, bassin etc....
- Volume utilisé par jour
- Historique : Pérennité (disette, abondance)

- Alimentation en eau du bétail


Reprendre les points relatifs à l’alimentation en eau domestique. Insister plus
particulièrement sur les dispositifs de distribution (abreuvoirs). Essayer de chiffrer les
besoins.

- Combustibles
- fonctions : chauffage, cuisine, éclairage, pompage, autres....
- nature : bois, alcools, bouse de vache, charbon fuel, gaz, essence, gasoil, …
part relative de chaque combustible
origine des combustibles*
Estimation des besoins et des coûts.

- Equipements ruraux divers

Réseau de voirie
Nombre, nature et usage des voies d’accès à l’exploitation
- Réseau de desserte de l’exploitation aux parcelles, nombre, nature (terre, pierre, bitume),
tenue aux intempéries, possibilités d’accès pour toutes catégories de véhicules, temps moyens
d’accès aux différentes parcelles de l’exploitation (à pied ; à âne, etc...).
- Réseau de desserte de l’exploitation aux autres exploitations, au réseau de routes
principales.

Nombres, nature, tenue aux intempéries, distance, temps moyen d’accès pour se rendre au
souk, au dispensaire, à l’école, etc...)

Electrification rurale
Réseau national, solution décentralisée, dates, caractéristiques,

Unités de stockage, de transformation


Nature, distance par rapport à l’exploitation, Problème divers.
A traiter par une carte (plan de situation) assortie de commentaire.

2.3.2- Réseaux d’irrigation et de drainage

Réseau d’irrigation collectif


Origine de l’eau
Technique de transport : canaux en béton, seguias en terre, conduites enterrées.
Trame : description (avec croquis) du bloc desservi par le dernier élément collectif.
Gestion : organismes responsables quand et comment est délivrée l’eau, charges financières,
entretien.

Réseau d’irrigation privé


Origine de l’eau : canal collectif, puits (profondeur de l’eau, variations), sources, etc....
Moyen d’exhaure (animaux, pompage électrique, thermique, éolien, solaire)
Trame du réseau d’amenée de l’eau depuis l’origine jusqu’en tête de l’exploitation ;
Trame du réseau principal de distribution à l’intérieur de l’exploitation - nature des ouvrages
matériaux utilisés : terre, ciment, plastique, etc...
Comment l’exploitant irrigue-t-il ses cultures ? céréales, cultures en ligne, cultures
arbustives ; schémas et explication des méthodes.
Pense-t-il réaliser des économies d’eau en changeant de mode d’irrigation ? Est-il informé
des subventions accordées par l’Etat ?
Problèmes de l’entretien de son réseau

Réseau de drainage sur l’exploitation


Tracé : quelques dimensions significatives ex : section des fossés, profondeur.
Entretien du réseau
Traiter ces points essentiellement sous forme graphique. Des photos peuvent être prises pour
l’illustration.

2.3.3- Les agroéquipements


Inventaire

Dresser l’inventaire complet des agroéquipements. Cet inventaire comprendra la liste du


matériel avec ses caractéristiques : marque - type - puissance - largeur de travail - ha
travaillés par an - rendement horaire - âge - état - valeur neuf - valeur actuelle - et sera dressé
par rubriques de façon à faire ressortir la destination des différents équipements :
Rubrique N° 1 : Traction
Rubrique n° 2 : Transport
Rubrique n° 3 : Travail du sol
Rubrique n° 4 : Fertilisation
Rubrique n° 5 : Semis et de plantation
Rubrique n° 6 : Désherbage et traitement phytosanitaire
Rubrique n° 7 : Irrigation
Rubrique n° 8 : Récolte
Rubrique n° 9 : Transformation des produits agricoles à la ferme
Rubrique n° 10 : Stockage et manutention
Rubrique n°11 : Atelier
Rubrique n°12 : Divers (à préciser)

Définir l’exploitation au point de vue de sa mécanisation

Par rapport à la région et aux voisins : Degré de mécanisation général de la région, Utilisation
du matériel en commun, Travail à l’entreprise - raison – coûts, Rôle des structures locales
d’encadrement. Des normes nationales et régionales devront être utilisées.

Par rapport à ses activités propres :Taux de mécanisation, intérêt de la mécanisation, Rôle,
entretien des machines, réparation à la ferme, à l’extérieur, impact économique,
Mécanisation liée aux conditions climatiques.

Conclusion
Fera ressortir les lacunes de l’équipement ou le suréquipement de certains postes (ou pour
certaines cultures). Tirer des conclusions sur les plans techniques, économiques et sociaux et
à mettre en évidence des causes de cette réalité.

2.3.4- Les bâtiments d’exploitation


On distinguera très clairement les logements de l’exploitant et de sa famille, des bâtiments
ayant une fonction productive (stockage des produits, logement des animaux, abri du
matériel...)

Description
Vues en plan et façades avec indication des dimensions t affectation des locaux. Orientation
des bâtiments (ensoleillement) vents dominants) type d’architecture (toiture en terrasse,
véranda....) jardins.

Technologie du bâtiment
- Nature du terrain sur lequel est construit le bâtiment (sableux, argileux etc...) drainé ou non,
- Matériaux de construction
Origine (lieu de prélèvement, ou d’achat....)
Nature (terre, pierre, bois, tôle, béton...) éventuellement pour plusieurs parties du bâtiment
(toiture, bardage...) prix unitaire des matériaux.
- Menuiserie
Utilisation du bois dans la construction, dans quelles parties le trouve-t-on (portes, plafonds,
etc....).
- Evacuation des eaux pluviales
Croquis du réseau de collecte sur la toiture et le long des murs. En quoi sont faits les
chenaux et canalisation (bois, tôles, ébonite etc...), Fréquence et type d’entretien, Nature de
l’étanchéité de la toiture (bitume, chape etc...)

Isolation thermique - ventilation


Pour chaque bâtiment, si cette isolation existe, préciser sa nature
Ex : revêtements spéciaux des murs et des plafonds et planchers aux autres moyens. Y a t il
un chauffage ? (à base de quoi, période). Ventilation : comment est assurée la circulation de
l’air dans les locaux, notamment pour les étables et lieux de stockage.
Raisons qui poussent l’exploitant à s’équiper - ou ne pas s’équiper - pour certains postes et
justification que l’exploitant donne en les critiquant éventuellement.
Enfin on notera le degré de formulation de l’exploitant du point de vue technique (capacité
d’intervention lors d’une panne).

Logement des animaux (table, bergerie, poulailler...)


Préciser : densités, liaisons et circuits utilisés entre les différents locaux. Ex : grain - étable
circuit utilisé par les animaux pour passer de l’étable à la sortie de l’exploitation. Evacuation
des déjections : croquis, volume par jour.

Stockage des récoltes et produits


Description sur les dispositifs particuliers de stockage du grain de la paille, du fumier,
d’affouragement.

Hangars pour le matériel agricole.

Conclusion
Portez un jugement sur le niveau de l’infrastructure et de l’équipement de l’exploitation et de
son environnement (commune rurale)
Préoccupations relatives à l’équipement au niveau de l’exploitation : électricité, eau potable,
assainissement, aspects environnementaux, etc.
Préoccupations relatives à l’équipement au niveau de la commune : infrastructures, services
extérieurs, … Qu’en pensent les élus ?
Chapitre 3:
Analyse du fonctionnement et des performances du Système de production végétale

3.1. Historique des systèmes de culture


L'historique du système de production végétale (SPV) se fera sur une période de temps
comparable à celle retenue pour l'histoire de la constitution des moyens de production. Les
grandes étapes seront représentées sur un schéma portant en ordonnée l'échelle des temps.
Cet historique devra décrire et dater:
a) Les grandes variations intervenues dans la part respective des différentes spéculations
végétales: céréales, légumineuses, cultures industrielles, arboriculture, maraîchage, etc.
(variation de l'assolement). On s'efforcera de donner les causes de ces variations:
Modification de la superficie cultivée par achat, vente, location, association;
Evolution de la partie laissée en jachère;
Introduction de cultures nouvelles, comme l'arboriculture conduite en verger ou
d'autres spéculations: céréales, légumineuses, cultures industrielles, maraîchage, etc.;
Besoins nouveaux, en relation avec l'évolution de la famille ou du troupeau;
Apparition de nouveaux débouchés;
Résultats d'aménagements particuliers (irrigation...).

b) L'apparition ou la disparition d'une culture ou de variété en donnant les causes;


c) Les changements techniques importants (Introduction de semis direct, reconversion du
gravitaire en goutte à goutte);
d) Les modifications dans les successions et rotations;
e) Les changements dans les techniques culturales:
passage du labour à l'araire au labour au tracteur avec une charrue à disques ou un
couver crop;
taille et traitement des arbres fruitiers;
emploi d'engrais minéraux;
emploi de semences améliorées;
traitement phytosanitaires, désherbage chimique;

Exemple de questions à poser:


Quand avez-vous commencé à utiliser les engrais chimiques?
Depuis quand utilisez-vous le tracteur? avec quels outils d’accompagnement au départ ? et
ensuite ?
L'histoire de l'agriculture dans le village a pour but de mettre en relation les transformations
du système de culture de l'exploitation étudiée avec les événements techniques (introduction
de la traction mécanique) politique (colonisation, indépendance, …) et sociaux (abandon de
l'assolement collectif, intervention de l'Etat, etc.) qui ont pu marquer la vie du village.
Exploitation de cet historique
L'interprétation de cette évolution historique des systèmes de culture se fera conjointement
avec celle des autres historiques (élevage, moyens de production, famille). Elle devra aboutir
à fournir des éléments de compréhension des décisions qui ont été prises par l'exploitant dans
le choix de ses objectifs et la conduite de son exploitation.
3.2. Description du système de production végétale
Le système de production végétale est un sous ensemble du système de production; il est
défini par les éléments suivants:
L'assolement c'est-à-dire la répartition des cultures dans l'espace;
Les différentes successions de cultures sur les parcelles de l'exploitation; quand dans
ces successions on constate des répartitions cycliques on parle de rotation;
Les techniques de culture utilisées.

L'efficience des systèmes de culture se caractérise par les niveaux de production


(rendement/ha) et l'évolution de la fertilité.
Le travail demandé en P1 n'inclut pas la description des techniques ni l'appréciation de
l'évolution de la fertilité, qui seront faites ultérieurement, mais il vise à dégager les autres
caractéristiques du système de production végétale et à entamer une réflexion sur le
fonctionnement de ce système. Les moyens d'analyse privilégiés sont le plan parcellaire et
l'état parcellaire, dont vous pourrez tirer les caractéristiques importantes du système de
production végétale énumérées ci-dessus. En P1, il vous est demandé de décroisé le SPV et
d’en présenter une ébauche d’analyse qui sera appuie en P2

3.2.1 Etablissement des documents de base: plan parcellaire; état parcellaire; fiches
parcellaires
a. Le plan parcellaire
Au cours des premiers tours d'exploitation en P1 vous devez commencer à décrire les
parcelles (voir modèles de l’annexe 3.1) et à déterminer les caractéristiques stables des
terrains; vous devez établir un plan des parcelles de l'exploitation selon le modèle de la figure
1. Sur ce plan vous repérez chaque parcelle par un code et vous faites figurer par une légende
les principales caractéristiques stables des terrains telles que vous les avez établies
auparavant.
L'occupation du sol ne doit pas en principe figurer sauf pour les parcelles plantées car c'est
une occupation stable sur un grand nombre d'années.
Le plan doit comporter:
1 Situation par rapport à des lieux connus (Il n'est pas indispensable que le schéma soit
à l'échelle, mais, l'indication des distances est souhaitable);
2 Echelle - Orientation;
3 Parcelles;
4 Topographie - bâtiments - repères -arbres;
5 Type de terrains resitués dans les paysages (topographie, pente, orientation…);
6 Emplacement de quelques repères: souk, route et piste,…;
7 Domicile de l’exploitant, Identification du binôme, Date d'établissement.
Le format doit être un multiple entier de la feuille ordinaire (Format A4, A3, …).
Figure 1: Exemple de plan parcellaire

b. L'état parcellaire
Le tableau 3.1 constitue un modèle pour établir l'état parcellaire. Il s'agit de recenser les
différentes parcelles (colonne 1) et d'établir des fiches descriptives détaillées pour chacune
d'elles (cf. encadré 3.1) que vous compléterez au cours au fur et à mesure de vos tours
d'exploitation et des discussions avec l'exploitant. Ces parcelles peuvent correspondre à:
Des surfaces labourables où l'agriculteur pratique des cultures annuelles ou;
Des surfaces plantées en arbres fruitiers sans autres cultures (verger);
Des surfaces fourragères permanentes.

On devra mentionner, à part, l'espace des terres collectives (non partagées) que l'agriculteur
utilise collectivement pour le parcours.
Dans le cas où il y a chaque année des redécoupages de parcelles (cas fréquent en maraîchage)
vous vous efforcerez de reconstituer les successions sur le maximum de parcelles en
commençant par celles dont les limites n'ont pas changé au cours des dernières campagnes.
Ceci permettra au moins de connaître les types de successions pratiquées. Mais même dans
le cas où l'état parcellaire ne peut être reconstitué complètement sur plusieurs campagnes,
l'assolement devra toujours l'être, même si ce n'est qu'avec une certaine approximation (voir
plus loin).
Si une parcelle porte successivement plusieurs cultures au cours de la même campagne vous
les indiquerez sur l'état parcellaire, quitte à élargir les colonnes prévues pour l'enregistrement
des successions de cultures. C'est le cas par exemple lorsqu'une culture principale est récoltée
en juin (ex. blé) est suivie la même année d'une culture dérobée (ex. le mais ou la pomme de
terre),notamment en irrigué. Le taux d'intensification cultural (TIC) pourrait de ce fait être
supérieur à 100% et la surface assolée supérieure à la SAU physique totale de toutes les
parcelles.
Un des buts recherchés à travers l'état parcellaire est de mettre à jour les lois existant dans la
répartition des cultures. Il faut donc y porter l'occupation des parcelles sur plusieurs années
(col. 10 à 14) et en parallèle des renseignements qui sont des causes possibles de cette
occupation, à savoir:
La superficie (col.2);
L'éloignement du centre de l'exploitation (col 4);
Le statut de la terre (col 5): Melk, collectif, habous, domaine de l'état, Guich;
Le mode de faire-valoir direct, location, contrat de tenure en précisant lequel (kham-
messat, bennous (½,½), Rbâa (1/4, 3/4), etc.;
La classe de terrain (U1, U2....) définie dans le chapitre 2 et dans laquelle se trouve la
parcelle (col.7). Noter que les caractéristiques d'aménagement sont à prendre en compte pour
classer les terrains;
L'appellation vernaculaire en indiquant si la parcelle est "bour " (B) ou irriguée (I).
(col 8 et 9).

c. Les fiches de parcelles et fiches de conduite des cultures


La collecte des informations de base pour décrire les caractéristiques du SPV de votre
exploitation se fera par l'établissement de fiches de parcelle (voir encadré 3.1). Dans ces
fiches vous noterez les résultats des enquêtes et des observations effectuées lors des tours
d'exploitation que vous ferez durant chaque période de stage. Il devra être clair et ordonné
car il vous sera demandé par les enseignants lors des visites sur le terrain ou durant l'inter
périodes.
Les informations collectées au niveau des fiches de parcelles qui concernent la conduite
technique des cultures doivent être synthétisées au sein des fiches descriptives des itinéraires
techniques ou fiches technico économique des cultures.
Ces fiches devront être établies pour chacune des cultures de l'exploitation, avec des variantes
si l'agriculteur distingue ou différencie la conduite d'une culture donnée par type de sol ou par
précédent cultural, ou etc, par exemple blé après mais (sol ameubli par les binages interlignes,
pas de désherbage) et blé après jachère (sol compact et culture envahie des mauvaises herbes).
On pourra établir deux fiches : une fiche blé après, maïs et une fiche blé après jachère si les
conduites techniques sont différentes.
Ces fiches concerneront la campagne en cours pour les cultures d'hiver et la campagne
précédente pour les cultures de printemps et d'été.
La fiche a pour but de faire l'inventaire de toutes les interventions culturales effectuées sur la
parcelle depuis la récolte du précédent jusqu'à la récolte de la culture étudiée.
La fiche est conçue comme une succession de chantiers de travaux où l'on doit préciser
l'époque (date ou mois), la fréquence (exemple apport d'engrais une année sur trois=0,33), le
mode (mécanique, manuel ou par attelage, les fournitures et intrants (semences, engrais,
pesticides,…) où il faudra préciser la nature, l'unité, la quantité et le coût unitaire, le matériel
(nature ou coût unitaire), la main d'œuvre salariée ou familiale (nombre de journées de travail
et coût unitaire en précisant les catégories impliquées pour pouvoir faire un bilan de la main
d'œuvre).
Ces fiches constituent les éléments de base pour:
l'étude des techniques culturales et la mise en évidence des "itinéraires techniques" (cf.
encadré 3.1).
l'établissement des besoins en travail pour la conduite des cultures (cf. Bilan de la
main d'œuvre et du travail).
l'établissement des frais de culture (cf. étude économique).

Une enquête complémentaire est nécessaire, notamment pour différencier les nombres de
journées de travail par catégorie de travailleurs;
En vue de préparer et effectuer l'analyse critique des techniques de conduite des cultures,
demandée en P2 (cf. Analyse du SPV) vous noterez ici les résultats de votre enquête auprès
de l'exploitant relative aux raisons et causes de différenciation de la conduite de ses cultures
d'une parcelle à l'autre et d'une année à l'autre. Comment explique t-il ses décisions
techniques notamment de différenciation de la conduite d'une culture d'une parcelle à l'autre.
Cela pourrait vous aider, en plus des aspects successions et rotations, à distinguer les
systèmes de cultures résultant de ses pratiques agricoles au sein de son exploitation. Pour les
agronomes, c’et aussi un moyen de préciser comment l’agriculteur gère les états physiques
(ameublissement et parasite des sols), chimiques (apport d’engrais et fumier) et biologiques
(gestion des mauvaises herbes (état ± en herbé des ravageurs et des parasites du sol et de la
végétation cultivée.

3.1.2. Techniques culturales (Observées durant les périodes de stage)


[Link]. Conditions de travail
Date, heure de la journée - conditions climatiques (date de la dernière pluie...);
Les observations porteront: sur l'état du sol en surface et sur un profil cultural (voir
encadré 3.1 pour la fiche profil cultural) avant la façon culturale (cas d'un travail du sol); sur
la végétation cultivée et adventice.

Les observations doivent être d'autant plus précises qu'elles sont importantes pour la
description et la compréhension de la technique employée. Par exemple:

pour la moisson, le type de sol est peu important;


Pour un sarclage, c'est surtout la végétation adventice qu'il faudra observer (avant et
après);
Pour un traitement phytosanitaire (désherbage chimique, traitement fongicide ou
insecticide); le vent (direction et force), les conditions climatiques (chaleur et humidité de
l'air), le stade précis de la plante cultivée, les adventices et l’état structural du sol dans le cas
du désherbage sont très importants.

Demandez à l'agriculteur:
Quelles sont les conditions idéales pour faire un bon travail, si elles sont remplies; ou
sinon pourquoi n'a-t-il pas pu travailler dans ces conditions optimales;
Quels sont les outils employés et leur réglage (croquis, détaillez les possibilités de
réglage);
Quelles est la main d'œuvre nécessaire et la force de traction.

[Link]. Comment le travail est effectué?


Description précise du chantier, fonction des différents ouvriers;
Temps nécessaire pour travailler un ha en décomposant:

.Temps de travail utile y compris le temps nécessaire à préparer le travail (préparation de


produits phytosanitaires);
. Temps de repos des animaux et des hommes;
. Temps passé en allées et venues temps nécessaire à recharger les appareils de traitement,
etc;
Description du travail lui-même.

[Link]. Résultat du travail


Vous ferez une observation sur le:
sol en surface et sur un profil pour un travail du sol.
l'homogénéité des traitements (si possible) pour un traitement phytosanitaire, etc.

Demandez à l'agriculteur ce qu'il pense du travail réalisé.

Remarque
Dans les cas des traitements phytosanitaires, les conditions climatiques (pluies notamment)
des jours suivant l'application du traitement influent sur leur efficacité. Notez-les.
3.2. Ebauche de l'analyse du système de production végétale
a. L'assolement
Il comprend la liste des plantes cultivées et leur importance relative en surface sur
l'exploitation: c'est donc un moyen idéal pour typer assez grossièrement l'activité agricole de
l'exploitation à partir de l'état parcellaire (voir tableau 3.2).
S'il y a deux ou trois cultures par an sur la même parcelle (cas de certains systèmes
maraîchers) vous porterez pour chaque année la superficie ensemencée en chaque culture. On
obtiendra une superficie totale ensemencée dans l'année supérieure à la SAU physique
puisque certaines parcelles peuvent être comptées 2 ou 3 fois si elles ont reçu 2 ou 3 cultures.
L'importance relative des cultures sera alors obtenue en rapportant leur superficie à la surface
totale ensemencée. Notez que dans ce cas le rapport surface totale ensemencée/SAU physique
qui, est un indice d'intensification: qui a été noté plus haut taux d'intensification cultural
(TIC); plus ce taux est élevé, plus la rotation des cultures est rapide sur les parcelles.
Vous commencerez à vous interroger sur les raisons qui font que l'agriculteur a choisi ces
cultures. Pourquoi cette importance relative donnée à chacune d’elles? Qu'est-ce qui explique
les variations enregistrées lors des dernières campagnes, soit dans la nature des cultures
présentes, soit dans leur importance relative?

b. Les successions et les rotations de culture dans le temps sur les parcelles
Sur certaines parcelles, vous observez une répétition cyclique des cultures: vous pouvez
parler dans ce cas de rotation de cultures. Très souvent, il n'y a pas de rotation proprement
dite, mais des successions (suites) de cultures qui à première vue paraissent assez anarchiques.
En fait ce dernier cas est très rare, et il existe, généralement, certaines lois ou tendances dans
les successions. Il faudra donc préciser quelles sont les rotations, les successions ou types de
successions que vous rencontrez sur l'exploitation.
Vous commencerez à rechercher les raisons qui font que l'agriculteur choisit tel ordre de
succession des cultures plutôt que tel autre sur chaque parcelle.

c. La répartition des cultures et des successions de cultures dans l'espace:


A partir de l'état parcellaire, vous essaierez de voir comment est déterminée la répartition
dans l'espace des cultures ou des successions, quels sont les facteurs les plus marquants. Cette
répartition se fait-elle selon la nature des terrains, en particulier selon le degré
d'artificialisation du milieu (irrigué ou non,....) ou selon le type de sol ou selon la pente,
l'exposition?
Vous pouvez établir un tableau retraçant l'évolution de l'assolement en vous inspirant du
tableau 3.2. Pour faire ce tableau, cherchez à regrouper ensemble les cultures en catégorie
dont vous aurez à justifier la nature: plantes sarclées ou non sarclées, ''bakri'' ou ''mazouzi'',
plantes vivrières ou de vente, cultures bours et cultures irriguées, cultures de légumineuses
qui enraidissant le sol en a2rte « Beruicha » cultures épuisantes en eau pu en minéraux
qu’elles cultures sont des « bours » précédant ? pourquoi ?ou mauvais précédant et pourquoi ?
demander à l’agriculteur de vous ; classer les précédant à blé ; pourquoi il les classe ainsi ?
etc. A vous de rechercher un regroupement judicieux dans le cas de votre exploitation:
Selon le statut foncier ou le mode de faire - valoir;
Selon l'éloignement de la maison, etc....

Au terme de cette analyse de l'assolement et des successions de culture vous devez pouvoir
distinguer le ou les systèmes de culture de votre exploitation.
Remarque
Dans certains cas l'agriculteur pratique plusieurs cultures par an: on conviendra d'appeler
culture dérobée celle des deux qui a le moins d'importance aux yeux de l'agriculteur. Les
cultures dérobées doivent être comptabilisées à part.
d. Le ou les systèmes de culture pratiqués
Un "système de culture" se définit pour un ensemble de parcelles constituant une surface de
terrain homogène par:
les cultures pratiquées;
leur ordre de succession;
les techniques utilisées pour la conduite de ces cultures.

Du point de vue agronomique, le système de culture se caractérise par les rendements et


l'évolution de la fertilité du milieu.
Sur la base de cette définition le système de production végétale de votre exploitation peut
comprendre un ou plusieurs systèmes de culture. Il n'en comprend qu'un lorsque les cultures
pratiquées reviennent successivement sur toutes les parcelles de l'exploitation et que la
conduite d'une même culture ne diffère pas sensiblement d'une parcelle à l'autre. Ce cas est
assez rare, en effet le plus souvent on distingue dans ces exploitations plusieurs systèmes de
culture.

Les causes les plus fréquentes de cette pluralité sont:


l'irrigation d'une partie des terres alors que le reste est en pluvial " bour ". Ceci donne
lieu à un (ou des) système de culture de la partie irriguée et un (ou des) système de culture du
bour;
l'éloignement de certaines parcelles;
le mode de faire valoir: Melk, association, location;
la nature des terrains (pente, pierrosité, type de sol, profondeur du sol, exposition liée
au régime hydrique et thermique), leur fertilité naturelle;
la nature des cultures, ainsi les cultures maraîchères sont souvent regroupées à part et
constituent un système de culture particulier avec des caractéristiques propres (rotation plus
intensive, fertilisation organique, etc.). De même pour les plantations ou parfois les cultures
fourragères.

Sur la base de l'étude du milieu, du plan parcellaire et de l'état parcellaire vous devrez dès P1
tenter de distinguer les différents systèmes de culture propres à votre exploitation en
indiquant les raisons qui vous ont poussé à les différencier et à confectionner les groupes de
parcelles traités globalement de manière homogène.
Cette différenciation qui ne doit pas être excessive (il est rare de rencontrer plus de 3
ère
systèmes de culture par exploitation) sera indiquée sur la 1 colonne de l'état parcellaire (cf.
tableau 3.1).
Remarque
La description des caractéristiques du S.P.V qui viennent d'être présentées devra être achevée
à la fin de P1 afin de pouvoir être présentée et discutée entre P1 et P2 avec les enseignants
encadrant lors d'une séance de travail prévue à cet effet.
Au niveau de la rédaction finale du rapport cette partie descriptive du S.P.V. devra être
complétée par les informations recueillies en P2 sur les techniques culturales.

3.3 Fonctionnement du système de production végétale


Remarque préliminaire
Le plan de travail proposé dans ce "dossier de base" dissocie la description du système de
production végétale (SVP) localisée surtout en première période de stage (P1) de son analyse
critique devant être faite en P2. Cette dissociation ne doit pas se retrouver dans la réaction
finale de votre rapport de stage où la description des caractéristiques du SPV doit être
regroupée avec l'analyse des raisons qui déterminent ces caractéristiques.
Les tableaux de base, donnés à titre d'illustration, servent à la description du SPV mais
devront également être intégrés au texte de votre rapport, après une éventuelle modification
et adaptation, vous ne placerez en annexe que les fiches parcellaires.

3.3.1 Objectif et méthode d'étude


Le système de production végétale peut se définir par un certain nombre de caractéristiques à
savoir:
La nature des plantes cultivées;
La localisation des cultures dans l'espace et leur proportion respective définissant,
pour une campagne donnée, l'assolement;
Les successions de cultures au cours du temps sur les parcelles;
Enfin les techniques utilisées dans la conduite des cultures.

On a vu qu'au sein d'une exploitation, le SPV pouvait comprendre un ou plusieurs systèmes


de culture; celui-ci se définissant, comme ''un groupe de parcelles relativement homogènes,
portant un ensemble de cultures se succédant régulièrement sur les parcelles et où chacune
fait l'objet d'un mode de conduite similaire quelque soit la parcelle cultivée''.
Le fonctionnement de ces systèmes de culture, et à travers eux celui de l'ensemble du SPV,
peut être testé par certains critères (économique, agronomique, écologique, etc.). Du point de
vue agronomiques deux critères essentiels sont utilisés pour tester ce fonctionnement. Ce sont:

a. Le rendement des cultures;


b. L'évolution de la fertilité du sol.

Un même niveau de rendement pour une même production n'a pas du tout le même sens à
long terme s'il est obtenu avec un épuisement ou au contraire une augmentation de la fertilité
du sol.
Compte tenu de ces définitions, l'analyse du système de culture devra être faite en se posant
successivement les questions suivantes qui sont à la base de la démarche d'étude proposée:

1. Comment sont combinés les différents éléments du système de production végétale,


c'est-à-dire, comment sont utilisés la terre, la main-d’œuvre, le matériel?, etc.
(description de l'assolement, des successions culturales, des techniques culturales);
2. Pourquoi sont-ils combinés ainsi? Il faudra ici déterminer le poids des contraintes
indépendantes de la volonté de l'exploitant (contraintes liées au milieu naturel, à
l'environnement socio-économique, à ses disponibilités en moyens de production) et
la marge de manœuvre dont il dispose pour faire ses choix;
3. Quelle est l'efficience de cette combinaison? (étude des rendements et de l'évolution
de la fertilité);
4. Enfin, compte tenu de ce qui précède, quelles sont les modifications que l'on pourrait
proposer pour améliorer l'efficience du système?

3.3.2 Outils d'analyse du système de production végétale


La description du SPV a été largement amorcée en P1. A partir des données rassemblées dans
le plan parcellaire et l'état parcellaire, il vous a été demandé de mettre en évidence ou
d'identifier le ou les systèmes de culture (SC) de votre exploitation. Une fois cette
identification faite, il reste à décrire la façon dont sont conduites les cultures, c'est-à-dire les
techniques culturales. Cette description concernera toutes les cultures de l'exploitation et
devra se faire au niveau de la parcelle.
Vous procéderez de la façon suivante:
Choix des parcelles sur lesquelles porteront les enregistrements. Ce choix se fera de
façon à ce que toutes les cultures de chaque système de culture soient représentées. Comme
vous pouvez trouver une même culture (notamment les céréales) dans plusieurs systèmes de
culture, vous étudierez autant de parcelle de cette culture que vous avez distingué de
systèmes de culture. Noter qu’un blé irrigué n’est pas conduit de la même manière qu’un blé
en pluvial = ce sont donc deux cultures différentes;
Enregistrement chronologique de toute l'intervention effectuée sur ces parcelles
depuis la récolte de la culture précédente jusqu'à la récolte de la culture étudiée.

Remarque
Pour les cultures dont le cycle s'inscrit ou se termine durant les 2 périodes de stage, vous
enregistrez, naturellement, les travaux effectués lors de la compagne en cours. Pour les
cultures dont le cycle ne commence qu'en fin de stage (Ex: Maïs d'été), vous ferez l'enquête
pour des parcelles cultivées l'année précédente.
Cet enregistrement chronologique se fera par observation directe des travaux effectués
lors de votre présence sur l'exploitation et par enquête auprès des ouvriers et de l'exploitant
pour les autres travaux.
La succession des travaux sera enregistrée sur les fiches parcellaires (en annexe). On notera
non seulement la date de début et de fin de chaque intervention mais aussi la durée effective
des travaux, les catégories de travailleurs concernées, les fournitures utilisées (engrais,
semences) leur nature quantité/ha et prix unitaire, etc.
Si ces enregistrements sont correctement faits ils constitueront les éléments de base à la fois
pour la description du mode de conduite des cultures, mais également pour l'établissement du
bilan de main-d’œuvre (calendrier des travaux tableau des besoins en main-d’œuvre) et du
bilan économique (prix de revient des cultures).
Dans un tableau récapitulatif (cf. tableau 3.4: fiche technico économique) vous regrouperez,
par système de culture et pour les principales cultures de ces systèmes, les différentes
techniques culturales utilisées en distinguant celle relatives à:
1 la préparation du sol;
2 le semis ou la plantation;
3 l'entretien de la culture;

lutte contre les adventices par désherbage manuel ou chimique;


lutte contre les prédateurs et les parasites;
taille des arbres, binages, éclaircissage...;
la fertilisation minérale et organique;
l'irrigation.

4. La récolte.

Cette succession de techniques sur une même parcelle définit ce que l'on appelle un
itinéraire technique”. L'analyse de ces techniques devra permettre de mettre en évidence les
raisons qui différencient les itinéraires d'une parcelle à l'autre et d'une culture à l'autre.

3.3.3 Analyse critique des choix de l'agriculteur


Avant de juger l'efficience de l'utilisation que fait actuellement l'agriculteur de ses moyens de
production pour la production végétale et avant de proposer des choix plus judicieux, il faut
savoir si ce que vous allez proposer a des chances d'être réalisable. Pour cela il faut
comprendre les choix que fait l'agriculteur, afin de mettre à jour les contraintes qui pèsent sur
ses décisions et la marge de manœuvre qui lui reste.
Notez que cette analyse doit dépasser le stade de l'enquête auprès de l'agriculteur pour tenter
de porter un jugement personnel et critique sur les décisions prises par lui. En effet, si les
décisions que l'agriculteur est amené à prendre sont souvent judicieuses (dans le cadre de son
système d'exploitation), les raisons qu'il en donne sont par contre parfois subjectives et peu
scientifiques.
Ainsi les maraîchers connaissent très bien l'utilité de la rotation pour l'obtention de bons
rendements en tomate mais lorsqu'on les interroge sur les raisons qui justifient la rotation ils
déclarent le plus souvent que 'cela repose la terre', justification imagée qui n'explique rien.
Le peu d'informations théoriques dont vous disposez au moment du stage, vous procéderiez à
une étude critique des décisions de l'agriculteur avec beaucoup de prudence et de rigueur.
Vous disposez cependant d'un certain nombre de moyens pour faire ce travail. Ils ont été
indiqués dans l’exemple sur la Méthode d'analyse critique des décisions de l'agriculteur,
ci-après.

ETAPES DE L'ANALYSE:
1) Description précise des caractéristiques du système de culture
Nature des plantes cultivées;
Assolement - rotations, etc.;
Exposé des raisons données par l'agriculteur pour justifier les choix et décisions
relatifs à ces caractéristiques;
exemple: Choix des cultures (une par une), Choix de la rotation etc.

2) Analyse critique de ces choix et décisions et des justifications données par l'exploitant
Exemple: Critique du mode de traitement phytosanitaire de ses arbres (nature de produits
employés, calendrier des traitements, etc.).

MOYENS POUVANT ETRE UTILISES


Etat parcellaire: P1;
Enquêtes auprès de l'exploitant;
Observations au cours du tour d'exploitation en particulier pour la description du
parcellaire et des techniques culturales, etc.;
Enquête directe auprès de l'exploitant;
Les informations recueillies en P1 sur les moyens de l'agriculteur, ses objectifs et
possibilité, les contraintes du milieu naturel et de l'environnement;
Les observations personnelles durant les tours d'exploitation sur les parcelles;
Les bilans (Main d'œuvre, fourrages, destination des produits) à établir en début de P2
(éléments quantitatifs d'appréciation de certaines contraintes);
Les cours théoriques, en particulier de préparation au stage (terrain, climat,
phytopathologie;
Les entretiens avec les enseignants ou cours du stage et des inter périodes;
La bibliographie, à consulter au centre de documentation agricole (CDA – IAV) ou
les bibliothèques des départements ou les sites internet via Google ou autre moteur de
recherche;
Les études comparatives de stations.

Vous analyserez successivement les raisons qui ont déterminé chacune des caractéristiques
décrites.

[Link] Nature des plantes cultivées et leur importance relatives


Après avoir recensé les espèces et variétés cultivées sur l'exploitation (cf. état parcellaire,
assolement), vous indiquerez les raisons déclarées par l'exploitant qui justifient la présence de
ces cultures sur son exploitation.
Ces raisons peuvent se rattacher à:
1. destination des produits (autoconsommation, vente...);
2. possibilités et contraintes liées au milieu (sol-climat);
3. caractéristiques des moyens de productions (équipement, pompe, etc...);
4. objectifs poursuivis par l'exploitant:
objectifs économiques: recherche de l'autoconsommation etc.;
objectifs agronomiques: recherche de variétés résistantes à certaines maladies,
amélioration de la fertilité des sols, etc.
autres objectifs.
Vous ferez enfin la critique du choix des cultures et des raisons qu'en a donné l'agriculteur: il
s'agit de voir s'il y a ou s'il n'y a pas de contradiction entre ces affirmations et les
renseignements dont vous pouvez disposer par ailleurs, notamment, dans les documents
suivants:
Etude du milieu;
Tableau de l'état parcellaire;
Fiche de destination des produits;
Observations de campagne (cahier des parcelles);
Note sur les problèmes phytosanitaires;
Etude des coûts de production.

[Link] Importance relative des cultures pratiquées


Vous suivrez toujours la même démarche:
Enregistrement des raisons données par l'agriculteur à la répartition de la terre entre
ces cultures;
Analyse critique de cette répartition et des raisons qu'en a données l'agriculteur.

Les raisons qui peuvent justifier une telle répartition peuvent être:

1. des contraintes de main-d'œuvre et de matériel (problème des temps de travaux) à


certaines époques de l'année;
2. de structure des prix agricoles;
3. de statut foncier de la terre;
4. de caractéristiques du milieu naturel, etc.

Pour faire cette critique, vous vous référerez aux mêmes documents qui ont été énumérés
ci-dessus. Vous analyserez, particulièrement, les raisons qui sont à l'origine des évolutions de
l'assolement que l'on peut constater dans la place respective de chaque culture. Exemple:
augmentation relative des céréales, diminution de la jachère etc.
Ces évolutions ont toujours des raisons bien précises qu'il importe de mettre à jour car elles
sont généralement très révélatrices d'événements marquants de la vie de l'exploitation:
acquisition de terre, évolution des prix agricoles, problèmes phytosanitaires, effet particulier
dû au climat d'une année. Par exemple, le retard des pluies diminue les emblavements.

[Link] Les successions et les rotations de cultures dans le temps sur les parcelles
Quand dans ces successions des cultures vous décelez un cycle, vous pouvez parler de
rotation, après avoir mis en évidence, à partir du tableau, parcellaire, les différents types de
successions de cultures pratiquées sur l'exploitation.
Exemple: blé - fève - orge - maïs.
Vous enquêterez auprès de l'agriculteur sur les raisons qui l'ont amené à établir de telles
successions et non pas d'autres. Ses choix de successions peuvent être dues:
à la lutte contre les mauvaises herbes;
à l'interruption des cycles de parasites;
à l'existence d'un effet précédent très bénéfique d'une culture sur l'autre, etc.

Pour faire apparaître ces raisons qui sont souvent implicites, vous pourrez enquêter sur
l'influence du précédent de chaque culture, l'influence sur le travail du sol, l'envahissement
par les mauvaises herbes, le parasitisme, etc.
Enfin à partir de cette enquête, des observations personnelles et de l'ensemble des
informations recueillies sur l'exploitation vous porterez in jugement critique sur les
successions de cultures pratiquées dans l'exploitation et les raisons qu'en donne l'agriculteur,
en les hiérarchisant.
Ces choix sont-ils judicieux? Pour quelles raisons? Posent-ils certains problèmes? Lesquels?
[Link] La localisation des cultures dans l'espace et l'identification du ou des systèmes de
culture
Sur les documents de la première période de stage, notamment l'état parcellaire et le plan
parcellaire on vous a demandé de rechercher les lois qui déterminent la répartition des
cultures et des successions de cultures sur les différentes parcelles:

Est-ce que la nature des terrains détermine la nature des cultures qui y sont
pratiquées?
Y a t il un lien entre les successions de cultures pratiquées et l'éloignement des terres
ou le statut juridique de celles-ci, etc.

Si un lien a été établi entre la nature des cultures (et donc la succession des cultures) et une
des caractéristiques précédentes, il importe d'en analyser les raisons, suivant toujours la
même démarche: enquête auprès de l'agriculteur puis analyse critique des raisons qu'il vous a
données. C'est au terme de cette analyse, que l'on vous a demandé en P1 d'identifier le ou les
systèmes de cultures de votre exploitation.
Après avoir bien fait ressortir les éléments qui différencient ces systèmes de culture (cultures,
successions techniques) vous recherchez les raisons qui sont à l'origine d'une telle
différenciation.

[Link] Analyse comparée des techniques culturales


L'analyse des techniques culturales doit concerner les principales cultures du ou des systèmes
de culture de votre exploitation. Ces techniques ont été enregistrées chronologiquement dans
les fiches parcelles et regroupées en 'itinéraires techniques' suivant le modèle indiqué sur les
fiches technico économiques des cultures.
L'analyse qui vous est demandée vise à:
1. comprendre les décisions prises par l'agriculteur dans la conduite de ses cultures;
2. discuter les raisons qui vous sont données pour expliquer ces décisions.

Pour ce faire, vous pourrez procéder de la façon suivante: Pour chacune des cultures dont
vous avez décrit l'itinéraire technique pour la campagne en cours ou la campagne précédente,
vous passerez en revue les décisions techniques relatives à chacune des opérations culturales
constitutives de l'itinéraire technique (travail du sol, semis ou plantation, fertilisation, etc.)
tout en essayant au mieux d'expliquer ces décisions.
Ainsi, par exemple, pour le semis du blé tendre on enquêtera auprès de l'agriculteur pour
savoir:
Quelle semence il utilise (semence produite sur l'exploitation, achetée au souk,
sélectionnée achetée à la SONACOS ou au CT ou CMV ou CDA ou chez une société
semencière privée).
Pourquoi utilise-t-il cette semence plutôt qu'une autre?
A quelle date a-t-il semé la culture?
Quelle variété a-t-il choisi et pourquoi?
Pourquoi à-t-il choisi de semer à telle date ? pourquoi pas plus tôt, pourquoi pas plus
tard? etc.

Cette enquête sur le mode de conduite des cultures peut s’avérer difficile, d'autant que
beaucoup de décisions prises par l'agriculteur sont le résultat d'une expérience empirique qu'il
lui est difficile de justifier.
Il existe cependant un moyen de révéler les raisons qui sont à la base des décisions
techniques des agriculteurs c'est de comparer la conduite d'une même culture d'une parcelle à
l'autre (en la comparant si besoin à celle du voisin) et d'une année à l'autre. Vous mettez ainsi
en évidence de façon très concrète des différences de techniques qu'en général l'agriculteur
sait expliquer. Exemple: Pourquoi avez-vous utilisé une dose de semis plus forte sur les
parcelles semées en décembre que sur celles semées en novembre?
Cette étude comparée d'itinéraire technique peut également porter sur des cultures différentes.
Exemple: Pourquoi laboure-t-on les parcelles de blé et pas celles d'orge? Pourquoi
irrigue-t-on plus souvent le maïs que la luzerne?
Pour faciliter cette analyse critique, vous trouverez ci-dessous une liste (non exhaustive) des
décisions que nécessitent les principales opérations effectuées dans la conduite des cultures et
que vous devez analyser:
1. Travail du sol*
1 Nature des différents travaux du sol effectués avant, l'installation de la culture;
2 Date ou période de réalisation de ces travaux;
3 Mode de traction utilisé et nature des instruments employés.

2. Semis/plantation *
1 Nature des semences ou des plants utilisées (origine, traitement éventuels);
2 Date ou période de semis ou de plantation;
3 Mode de semis ou de plantation (manuel, mécanique, en mottes, profondeur de semis
ou de plantation);
4 Quantité de semence ou de plants utilisée par hectare.

3. Entretien de la culture*
a. Désherbage*
1 Mode de désherbage pratiqué (manuel, chimique,…);
2 Epoque et date;
3 Fréquence et nombre/cycle
4 Produits utilisés, matière active et dose/ha.

b. Traitements Phytosanitaires*
1. Produits utilisés (nom commercial, nom de la matière active, spectre d'action, mode
d'action,…);
2. Mode de traitement, matériel, dose recommandée et pratiquée, heure...);
3. Période de traitement (fréquence);
4. Calendrier phytosanitaire.

c. Fertilisation*
1. Nature des engrais minéraux ou organiques utilisés;
2. Date ou période d'apports (située par rapport au développement de la culture);
3. Mode d'épandage: manuel, mécanique;
4. Quantité apportée.

d. Irrigation*
1. Mode d'irrigation pratiqué, Exemple: Gravitaire (billons, planches, Robta), aspersion,
goutte à goutte;
2. Rythme d'irrigation (fréquence des irrigations) et nombre d'irrigation durant tout le
cycle de la culture;
3. Dose totale des irrigations par cycle (m3/ha) et dates et doses des différentes
irrigations (de la première à la dernière) pour chaque culture;
4. Taux de satisfaction des besoins en eau de la culture.

(*) Des informations précises doivent être collectées par les étudiants sur internet en plus de
cours dispensés, il faudra consulter les bulletins de transfert de technologies disponibles sur
le Web ou des articles de recherche appliquée publiés par les enseignants et les chercheurs de
l’IAV Hassan II, de l’ENA de Meknès ou de l’INRA-Maroc.

Cette analyse peut être plus ou moins poussée pour concerner l'adaptation des cultures et la
confrontation des besoins en eau de celles-ci aux apports par les pluies en calculant, mois par
mois, le déficit hydrique (DH) climatique mensuel (ou décadaire) de la manière suivante:
DH (mm/mois) = (Kc x ETo) - Pe

Où l'on a:
Kc = Coefficient cultural
ETo = Evapotranspiration mensuelle de référence (mm/mois)
Pe = Pluie efficace mensuelle (En général Pe = P x 0,85)
En zone pluviale (Bour), cela permet de quantifier le déficit hydrique mois par mois (ou
décade par décade) et de connaître le déficit cumulé pour le cycle de la culture. Cela
permettra de situer les cycles des cultures (date de semis et de récolte). L'étudiant est appelé à
chercher dans la littérature les Kc par culture et les ETo à la station climatique la plus proche
ou de recourir aux formules de calcul adaptées (Blanney Criddle, Penman-Montheith, …).
En zone irriguée, on peut calculer les besoins nets en eau par mois (ETo x Ke) et les convertir
en besoins bruts si l'on connaît les technique d'irrigation et leur coefficient d'efficience
(gravitaire (55%), aspersion (70%) et localisée ou goutte à goutte (95%).
L'étudiant se posera ainsi les questions suivantes:
Les pluies permettent-elles de satisfaire les besoins en eau de telle ou telle culture?
Son cycle est-il bien positionné? date de semis et de récolte,
A-t-on choisi, dans le cas du pluvial (bour), la variété qui a la bonne longueur du
cycle? ou doit -on choisir une culture qui a un cycle plus long ou bien plus court?
Quelles sont les quantités d'eau apportées aux cultures? Quel est le coût du m3 d'eau?
Quelles cultures valorisent mieux l'eau de pluie? ou l'eau d'irrigation?
Quelles sont les cultures alternatives pour le pluvial (bour)? ou pour l'irrigué?

Le stagiaire est appelé à connaître le type de ressource en eau (souterraine ou de surface), les
débits disponibles (litres/s ou m3/s) et la manière dont ils sont gérés ou répartis. Lorsqu'il
s'agit de pompage individuel, l'étudiant essaiera de préciser le type de moteur (puissance,
type d'énergie…) et de pompe (immergée ou non, débit en litres/seconde, le coût,…). Le
mode d'irrigation doit être aussi décrit: gravitaire (robta, raie, bassin….), aspersion ou
localisé (goutte à goutte).
e. Récolte
1 Mode de récolte: manuelle à la faucille, mécanique (moissonneuse-batteuse);
2 Date ou période de récolte;
3 Mode de transport: décrire le chantier de la récolte;
4 Opération de nettoyage ou de séchage;
5 Méthode de stockage et de conservation.

[Link] Jugement de l'efficience du système de production végétale: analyse des niveaux de


production et de l'évolution de la fertilité
a. Niveaux de rendement
Le rendement d'une culture peut être jugé par rapport à une moyenne locale, régionale ou
nationale, ou encore par rapport à des résultats d'essais ou d'autres agriculteurs. L'analyse des
niveaux de production permet donc un jugement global de l'efficience du système de
production végétale. Comme auparavant, il est suggéré aux étudiants de faire des recherches
bibliographiques et de documentation sur le Web pour trouver des normes de rendements
régionaux ou nationaux pour les différentes spécialisations pratiquées pour l’agriculteur.
Mais on constate que cette efficience varie fortement suivant certaines conditions: Les
rendements peuvent fluctuer considérablement d'une année à l'autre, d'un type de sol à l'autre.
Des tableaux ont été établis en P1 pour le mettre en évidence sur les cultures présentées dans
votre exploitation.
L'étude des niveaux de rendement permettra donc, au-delà du jugement global sur l'efficience
du système, de juger de sa dépendance vis-à-vis d'un certain nombre de conditions à savoir:
La nature du sol;
Les conditions climatiques;
Les maladies et les parasites;
Les décisions techniques de l'exploitant.

Cette étude permettra donc un premier jugement sur l'adaptation des systèmes de culture
actuels au milieu. C'est pourquoi, il vous est demandé de procéder systématiquement à cette
analyse des rendements pour les principales cultures de votre exploitation.
Pour faire cette analyse, vous utiliserez le tableau comparatif des rendements (tab. 2.3) établi
en P1. Ce tableau qui figure dans le chapitre 2 (environnement et l’exploitation : milieu
naturel et aménagement) vous permettra de mettre en évidence la variabilité des rendements
d'un type de sol à l'autre, d'une année à l'autre, ou l'effet de certaines combinaisons de
cultures (effet précédent).
Une comparaison des rendements obtenus par votre exploitant avec ceux obtenus par les
meilleurs agriculteurs et avec la moyenne du douar vous permettra d'une part de situer le
niveau relatif de technicité de votre exploitant ainsi que les facteurs qui peuvent expliquer ces
différences (facteurs liés au milieu ou facteurs de production).
Vous tenterez d'analyser la variabilité en faisant ressortir les causes (du moins celles qui vous
seront déclarées par l'agriculteur) et qui peuvent provenir:
de la nature du sol (mais il s'agit de préciser quelles sont les caractéristiques du sol
mises en cause);
du climat de l'année (analysé mois par mois, ou encore mieux décade par décade);
des attaques de parasites et des maladies;
des techniques culturales;
du précédent cultural; etc..

La vérification des informations qui vous seront données par l'agriculteur est difficile, il
faudra en discuter avec vos enseignants encadrant qui ont plus d'expérience. Vous disposez
cependant d'un moyen d'appréciation de l'effet de certaines causes de variation du rendement
par les tours d'exploitation que vous ferez en P1 et P2 et pour les techniques par comparaison
de situations culturales.

b. La fertilité

La “fertilité” peut se définir comme ''l'aptitude à produire''. Il vous est impossible de


caractériser directement l'évolution de la fertilité à long terme, ne serait-ce que parce que
pour le faire il faudrait des observations avec 5 à 10 ans d'intervalle. Cependant, il importe de
se faire une idée de l'évolution de certains critères de fertilité par l'établissement de bilans
minéraux.
Bilans minéraux

Sur le ou les systèmes de culture de votre exploitation, vous établirez un bilan de la fertilité
phospho potassique afin de juger de l'évolution de la fertilité du sol en ces deux éléments (P
et K). Pour établir ce bilan vous procéderez de la façon indiquée sur le tableau 3.3 en
utilisant les normes d'exploitation données dans le cours d'agronomie.
L'élaboration du bilan (E - F), consiste à comparer les apports en unités fertilisantes par les
engrais (F) (organiques et minéraux) aux exportations des cultures (E) pour une succession de
cultures ou un système de culture donné. Pour chaque culture du système, on doit connaître la
dose/ha et la nature des engrais (P et K) ou des fumiers (ovins, bovins,… plus ou moins
décomposé) apportés. On peut ainsi faire un calcul des unités fertilisantes apportées en
phosphore et en potassium. Pour les exportations, on se base sur des tableaux et abaques qui
donnent les exportations en kg par quintal ou tonne de produit (grain ou paille de blé, racine
de betterave,…) qu'il faudrait multiplier par le rendement de la culture considérée et
additionner les apports pour toutes les cultures du système de culture ou de la succession.
Ensuite on passe au calcul au bilan E - F.

Transferts organiques

En l'absence de données précises, il ne vous est pas demandé de faire de bilans organiques
mais simplement une appréciation dans un petit commentaire des transferts éventuels de
matière d'une partie à l'autre de l'exploitation.

Infestation par les mauvaises herbes et parasites

Par enquête orale auprès de l'agriculteur ou de voisins essayez d'estimer s'il y a augmentation
du nombre des mauvaises herbes des parasites animaux et végétaux. Sur quelles cultures?
Dans quels types de rotations? Quelles en sont les conséquences?

3.4. Historique et possibilités d’évolution des systèmes de culture

3.5. Synthèse et Conclusions


Dans une synthèse (que l'on pourra faire figurer par exemple sous forme d'un schéma
commenté), vous essaierez de faire la liste des principaux problèmes qui ont été dégagés
concernant le système de production végétale, de les hiérarchiser et éventuellement de
montrer leurs liaisons. Vous dégagerez, également, les contraintes liées à la famille
(main-d’œuvre, autoconsommation de produits) et à l'élevage.
Quels sont actuellement les problèmes les plus déterminants pour l'orientation du système de
cultures? Quels sont ceux qui sont susceptibles de jouer un rôle important sur l'avenir de
l'exploitation? Expliquer pourquoi.

Il est très important de sortir des généralités et de bien parler du cas concret de votre
exploitation agricole, objet de votre stage. Eviter de ressortir des commentaires généraux et
de faire des schémas « bateau » valable pour n’importe parcelle exploitation. Essayez le plus
possible de vous raccrocher au contexte local et régional de votre exploitation en étant le plus
concret possible.

Remarque
Les principales conclusions de cette partie devront être intégrées au niveau de la synthèse
finale où seront présentées les voies d'évolution possibles de votre exploitation.
Tableau. 3. 4. ITINERAIRES TECHNIQUES DES PRINCIPALES CULTURES
(Modèle)
Encadré 1. Annexes
MODELE DE FICHE PARCELLE
Identification
N° parcelle: P2 Culture: Blé dur
Type de sol: U1 Compagne: 1978-1979
N° du système de culture:
précédent: Orge
Sc1
Surface: 0,6 ha
Plan et zonation

On fera un plan de situation à une échelle convenable pour localiser la parcelle par rapport à
l'ensemble de l'exploitation et un plan détaillé en indiquant les dimensions la surface (en ha)
et l'orientation de la parcelle.
Caractéristiques permanentes de la parcelle
Pente
exposition
appellation locale ou vernaculaire de la parcelle
nature du sol
Texture;
Cailloux (importance, nature);
type pédologique.
Symptômes d'érosion;
Aménagement permanent: brise-vent, banquette réseau, de seguia, etc.
Comportement du sol par enquête auprès de l'agriculteur;
Vis-à-vis du travail du sol;
Vis-à-vis des cultures

Adventices Plantes cultivées Sol nu


a b c

Pour les principaux types de sol représentés dans votre exploitation cette description devra se
faire à partir de l'observation de profils.

Tableau de l'historique de la parcelle Description chronologique des opérations


culturales

n n-1 n-2 n-3 n-4


Campagne
20..-20.. 20..-20.. 20..-20.. 20..-20.. 20..-20..
Cultures principales
et dérobées
Rendement
Fertilisation oui/non
organique minérale oui/non

Voir fiche itinéraire technique pour s'en inspirer et décrire les opérations culturales de la
récolte du précédent à celle de la culture en cours.
- Récolte du précédent (ex. orge)
- Pâturage des chaumes par les ovins

-Labour à la charrue 3 disques


- épandage d'engrais (type, quantité et prix/q)
- semis et recouvrement

-Désherbage manuel ou chimique

- Rendement produit (grain) sous produit (paille) NB. Il faudra:


- Préciser la durée du travail (nombre de jours ou homme x jours) par catégorie de
travailleurs (C1, C2, C3 et C4) et les fournitures pour la parcelle vous ferez ensuite la
conversion pour un hectare
- Indiquer les outils utilisés, le prix de location et leur provenance
- Indiquer les fournitures: nature, quantité et prix unitaire

Observation de la végétation
Ces éléments sont donnés à titre indicatif et l'étudiant devra adapter la fiche à son contexte et
au cas de son exploitation.
Date: ………………………..
à situer par rapport aux événements climatiques et à l'irrigation.
a. Etat de la végétation cultivée
Espèce: …………...... Stade: ………………....... Hauteur:
Densité: ………….......Symptôme de maladie:
Ou d'attaque parasitaire....................................
Homogénéité de la végétation ..............................................
b. Etat du sol
. En surface: mottes, paille, importance par rapport à la terre fine.
. Profil cultural
c. Etat de la végétation adventice
. Note approximative de recouvrement / 10:
(Avec a + b + c = 10) . % de monocotylédones et de
dicotylédones. . Principales espèces (à ramener éventuellement pour détermination.

FICHE DE PROFIL CULTURAL


N° parcelle.....................................Culture.............................
Date d'observation:………………………..
Conditions météorologiques récentes: pluies, sécheresse, gel....
Profondeur et nature du substrat géologique immédiat........
Présence d'un niveau dur (autre que la roche du substrat) à la profondeur de (Alios, croûte
calcaire.....)
Présence d'une nappe d'eau à la profondeur de ...............................
Trace d'érosion ou de sédimentation récente...................................

Schéma du profil cultural (à deux dimensions)


largeur: 100 cm Horizons du sol:
H1:0 à 8 - 10 cm H2: 8-10 à 22
cm H3:< 22 cm Profondeur en
cm
N.B: Au cas où une analyse du sol correspondant au profil étudié existerait joindre et
commenter les résultats
H1: lit de semences, travaillé au couver crop H2: Horizon travaillé par la charrue à disques
non repris par le couver crop H3: Horizon non travaillé, assez compact
Par horizon, décrire:
- le % de terre fine (agrégats de diamètre < 2mm), de petites mottes, (0.2 à 3 cm) et
de grosses mottes (taille > 3 cm).
- l'humidité et la couleur du sol
- la texture du sol: argileuse, sablonneuse ou limoneuse
- la structure: forme des agrégats, cohésion et porosité; proportion du mélange
- Présence de calcaire (réaction à l'HCl)

-Traces d'hydromorphie (couleur bleue, rougeâtre ou odeur de la matière organique en


décomposition en anaérobie
- Matière organique: abondance, nature (fraîche ou décomposée),
- les racines de la végétation cultivée et des adventices (abondance, direction, état,
diamètre),
- faune endogène: vers de terre, insecte
Chapitre 4:
Analyse du fonctionnement et des performances de l'élevage

L'élevage est une activité importante dans la majorité des exploitations agricoles. Les
produits de l'élevage sont utilisés pour la satisfaction de besoins alimentaires (lait, viande,
œufs, etc.) ou non alimentaires (laines, poils, peaux, etc.), pour la fertilisation des sols
(fumier), comme moyen de traction et de déplacement, et comme outil souple de trésorerie.
Pour réussir les opérations d'élevage, de nombreux facteurs de production sont mis en œuvre.
Par conséquent, il est essentiel pour le futur ingénieur agronome de comprendre les rôles
assumés par l'élevage dans une exploitation agricole et son fonctionnement global. Ceci se
fera à travers une description exhaustive de son patrimoine animal et des intrants mobilisés à
cette fin. Une analyse du fonctionnement de l'élevage sera réalisée, pour en déterminer les
résultats économiques et caractériser son insertion dans l'exploitation.

4.1 Historique de l’élevage


L'historique de l'élevage dans l'exploitation doit retracer les principales étapes par lesquelles
celui-ci est passé afin de comprendre les décisions qui ont été prises par l'exploitant dans le
choix de ses objectifs et la conduite de son troupeau. Aussi, faut-il, par enquête, décrire, dater
et confronter l'historique de l'élevage par rapport aux évolutions de l'exploitation dans la
globalité de ses composantes (humaine, foncière, ...).

4.1.1 Au niveau de l'exploitation


Dans un premier temps, il est nécessaire d'enquêter sur l'origine des différents troupeaux dans
l'exploitation. S'agit-il d'un héritage, d'un achat, d'une association, etc.? Dans les deux
dernières éventualités, il faut aussi se renseigner sur les raisons des choix adoptés. Par la suite,
il faut décrire les grandes évolutions que le troupeau a connues.

Les grandes variations d'effectifs et leurs causes


Y a-t-il eu des variations (augmentations ou diminutions) notables des effectifs totaux au
cours des années antérieures? Celles-ci peuvent être dues à:
+ une ou plusieurs années favorables (bonnes récoltes réinvesties dans l'élevage,
naissances nombreuses, etc.);
+ des achats (sources de financement); etc.
+ des mortalités élevées suite à une ou plusieurs années de sécheresse ou à des
maladies (à préciser);
+ des ventes (pour quelles raisons?);
+ une diminution des ressources alimentaires (accès à un parcours devenu limité,
morcellement du patrimoine foncier de l'exploitation); etc.

La stabilité des effectifs est-elle dû à:


+ un équilibre stable entre les effectifs animaux et les ressources du milieu;
+ une introduction de nouvelles espèces aux détriments d'autres (ovins remplacés par
bovins par exemple); etc.

Les parts respectives des différents troupeaux à travers les années


Observe-t-on une augmentation régulière de la part d'une espèce dans le troupeau?
Au contraire, les années passées montrent-elles des successions d'augmentations ou
de diminutions d'une ou de plusieurs espèces par rapport aux autres?
Y a-t-il élimination d'une espèce et sa substitution par une nouvelle espèce? À quelle
date? Pour quelle(s) raison(s)?
La répartition est-elle restée stable dans le temps? Pendant combien d'années?
Quelle a été la cause de la rupture de l'équilibre (par exemple développement de
l'irrigation, introduction d'une race plus productive, mise en place d'un centre de collecte de
lait, création d'une coopérative ou d'un groupement d'éleveurs, etc.)?

Les mêmes questions sont éventuellement à renseigner pour les races au sein d'une même
espèce, au cas où l'éleveur vous ferait part de changements survenus dans les types d'animaux
qu'il exploite. Vous décrirez alors précisément les raisons invoquées pour les variations
déclarées et leurs avantages et/ou inconvénients.

Les modifications dans la conduite du troupeau


Observe-t-on une évolution vers un troupeau productif (introduction d'une nouvelle
race, usage d'aliments nouveaux, acquisition de nouveau matériel comme une machine à
traire, un broyeur, une ensileuse, ...)
Y a-t-il l'émergence de nouveaux types de production, comme l'engraissement de
jeunes antenais destinés à la fête de l'Aïd El Kébir, la fabrication du fromage à partir du lait
produit, etc.? depuis quand? Pourquoi?

4.1.2 Au niveau du village


Il convient de situer les évolutions qu'a connues le cheptel de l'exploitation par rapport à celui
du village dont elle relève. Ceci va vous amener à voir si, dans le domaine des productions
animales, l'éleveur se montre innovateur par rapport aux exploitations de son entourage?
Est-il un moteur du changement dans le village ou suit-il les initiatives des autres agriculteurs?
Quels sont les événements (création d'un centre de collecte, création d'une coopérative ou
d'un groupement d'éleveurs, proximité d'un circuit d'insémination artificielle, fin des
subventions de l'État, fin de la transhumance, partage du collectif, cherté ou indisponibilité de
la main-d'œuvre, etc.) qui sont à l'origine de ces changements?

4.2 Description du système de productions animales


La description du système de production animale, qui constitue l'étape préliminaire pour les
analyses ultérieures du fonctionnement du troupeau, doit être exhaustive et réalisée dès la
première période de stage. Cette description comporte deux parties:

L'inventaire et la caractérisation des animaux qui sont établis à partir de l'inscription


des animaux sur des tableaux synthétiques (Tableau 4.1);
Quelques premiers éléments d'appréhension du fonctionnement du troupeau, en
particulier, en ce qui concerne les rations et les stocks de matières alimentaires,
l'infrastructure d'hébergement des animaux, l'état sanitaire et les pathologies
éventuelles, etc.

4.2.1 Inventaire et caractérisation des animaux de l'exploitation


L'analyse du système de productions animales repose sur l'exploitation des informations
caractérisant chaque animal présent sur l'exploitation à un moment ou l'autre de la campagne
agricole. Ces informations peuvent être reportées dans des tableaux synthétiques par espèce
(Tableau 4.1).
Ces tableaux doivent être établis pour les grandes espèces (bovins, ovins, caprins et équins)
présentes sur l'exploitation.
Lorsque le nombre d'animaux d'une espèce donnée est supérieur à vingt, il ne faut considérer
qu'un échantillon représentatif de vingt animaux seulement, c'est-à-dire qui inclut des
effectifs proportionnels d'animaux des deux sexes, des différents types génétiques, des
différents âges, de différents stades physiologiques, etc.
Comme présenté dans le tableau 4.1, les informations à collecter et à exploiter concernent
aussi bien l'identification et "l'état civil" des animaux que leurs performances de reproduction
et de production.

[Link]. Identification des animaux


Pour pouvoir suivre les performances des animaux pendant les deux périodes du stage, il est
essentiel de les identifier. Le problème est quelques fois résolu si les animaux sont porteurs
d'une boucle d'oreille, d'un tatouage ou d'une marque individuelle. Dans le cas contraire, il
existe plusieurs solutions:
se référer aux appellations souvent utilisées par l'éleveur (la noire, la croisée, la
roumia, ...), et ne pas oublier simultanément de s'interroger sur la signification de cette
appellation qui peut recouvrir des sens très divers: traits morphologiques particuliers, qualité
de laine, couleur de la robe, enroulement des cornes, région d'origine, lieu d'achat, etc.);
établir un rapide signalement ou prendre une photographie de chaque animal;

Pour réaliser cette opération, d'un point de vue pratique, il faut vous placer à l'entrée du
bâtiment où ils sont logés (étable, bergerie, etc.), et faire défiler les animaux un à un.
[Link]. "État civil" de l'animal
Ces renseignements peuvent être obtenus au moment où les animaux sont identifiés. Cette
enquête doit permettre de connaître:
l'âge des animaux, avec précision à partir de la date de naissance ou approximativement à
partir de la dentition. Par exemple, pour l'espèce bovine, il est possible d'estimer l'âge
moyen d'un individu selon l'état de sa dentition comme suit:
+ pinces adultes : 2 ans;
ères
+ 1 mitoyennes adultes : 3 ans;
èmes
+2 mitoyennes adultes : 4 ans;
+ coins adultes : 5 ans et plus.

leur origine (nés sur l'exploitation, achetés);


leurs liens de parenté dans le troupeau (cf. tableau 4.3 "Lignage");
leur type génétique (race locale, race pure améliorée ou type croisé).

L'identification et l'enquête sur "l'état civil" des animaux permettra de tirer des
renseignements sur la démographie (vieillissement ou rajeunissement, part des mâles et des
femelles, etc.), et les relations de parenté entre les individus ou lignage.

a) Effectifs exploités

A ce niveau, on peut déjà connaître les espèces exploitées et celles qui semblent
numériquement importantes.
b) Composition des troupeaux

Elle peut être étudiée en se référant au tableau 4.2. Peut-on dégager des enseignements
concernant les types de production recherchés par l'éleveur? Ceci revient à s'intéresser au
poids de chaque espèce dans la composition globale du cheptel exploité. Utiliser l’encadré
4.1 pour le calcul des UGB (Unités Gros Bétail).
En fin de stage, ce tableau servira à remplir la fiche "variations d'inventaire".

c) Pyramide des âges

Elle doit être construite pour chaque espèce à partir des relevés des tableaux synthétiques.
Elle consiste à déterminer le nombre d'animaux de chaque sexe par classe d'âge. Y a-t-il
autant de mâles que de femelles? Le troupeau est-il jeune ou âgé? Les femelles reproductrices
sont-elles vieilles dans l'ensemble? Y a-t-il des mâles reproducteurs dans le troupeau? Les
animaux qui ne servent pas au renouvellement du troupeau sont-ils vendus jeunes ou âgés?
d) Lignage dans les troupeaux d'effectifs inférieurs à 20
Il s'agit de reconstituer dans les troupeaux à effectifs réduits (moins de 20 animaux), l'origine
(acheté ou né sur l'exploitation) de chacun des animaux présents dans le troupeau, en
précisant en outre les animaux disparus et les causes de disparition (mort, vente ou
autoconsommé) (Tableau 4.3). Cette enquête minutieuse doit être commencée en P1. Les
renseignements collectés permettent:
de connaître l'origine des animaux: les parts respectives de ceux qui sont nés sur
l'exploitation et ceux qui sont achetés. En d'autres termes, le troupeau parait-il stable ou
dépendant de l'extérieur;
de reconstituer les liens de parenté: y a-t-il consanguinité? Les animaux sont-ils issus
de quelques familles?;
de calculer des paramètres de reproduction dans le troupeau qui seront cruciaux pour
l'évaluation de son niveau de production: âge à la première mise bas, intervalle entre mises
bas, taux de mortalité, etc.;
de reconstituer les variations d'inventaire au courant de l'année (achats, ventes et
autoconsommation d'animaux).
[Link] Mode de faire valoir
A partir du tableau 3.4, préciser, pour chaque espèce animale, le nombre d'animaux
effectivement exploités, le nombre d'animaux en propriété, en association. Dans le cas
d'association, préciser:
le type de contrat, son entrée en vigueur, sa durée, ses clauses, etc.;
le choix de l'associé, l'activité de l'associé, les liens de l'associé avec le chef de
l'exploitation, etc.

[Link] Paramètres de reproduction


Cette partie ne concerne que les femelles adultes. Les renseignements peuvent être obtenus
par enquête auprès de l'éleveur en même temps qu'il est procédé aux opérations
d'identification et d'enquête sur "l'état civil" de l'animal.
Les questions portent sur:
le stade de gestation (vide ou pleine, mois de gestation ou date de saillie ou
d'insémination artificielle);
la dernière et l'avant dernière mises bas;
la carrière de l'animal (âge au 1er vêlage, nombre de mises bas, …);
les périodes de saillies, de mises bas, de sevrage des jeunes, etc.

[Link]. Paramètres de production


En vue de caractériser les niveaux de production des troupeaux tout le long de l'année, il est
indispensable de commencer le suivi des animaux et de leurs productions (quantité de lait,
croissance et laine) dès les premiers jours de votre présence sur l'exploitation. Ces contrôles
ème
seront répétés au cours de la 2 période de stage.
La production laitière: le contrôle peut se faire par pesée directe, par lecture sur le
pot de la machine à traire ou par estimation du volume en mesurant le lait trait à l'aide d'un
ustensile dont la capacité est connue. Ce contrôle doit être effectué plusieurs fois au cours de
chaque période de stage, à chaque fois sur les traites du matin et du soir. Il suffira d'ajouter à
ces quantités traites, les quantités de lait qui sont réservées à l'allaitement des veaux, pour
obtenir une bonne estimation de la quantité journalière de lait produite par vache.

La production de viande: une fois les animaux identifiés, il faut évaluer leur poids
en faisant appel aux abaques barymétriques pour les bovins (Encadré 4.2). Cela permettra
l'estimation des besoins alimentaires des animaux, l'évaluation de leur croissance entre deux
périodes de contrôle, etc.

Néanmoins, si le tour de poitrine d'un bovin n'existe pas sur l'abaque barymétrique, le poids
pourra être estimé en utilisant les formules ci-dessous établies par Minvielle:
Poids (en kg) = 7,9 + 66,53 x (Tour de poitrine en m)3 pour les mâles et les femelles
de race locale
Poids (en kg) = 15,7 + 66,88 x (Tour de poitrine en m)3 pour les mâles de type
amélioré (races pures d'origine importée et type croisé)
Poids (en kg) = 4,0 + 74,43 x (Tour de poitrine en m)3 pour les femelles de type
amélioré (races pures d'origine importée et type croisé)

Pour les ovins et caprins, il n'existe pas d'abaque barymétrique qui peut être utilisé pour
estimer leur poids vif. Pour obtenir un poids approximatif, on peut se baser sur l'appréciation
de l'exploitant ou faire appel à des personnes expérimentées dans le village (boucher, berger,
etc.).
Les autres productions, comme les œufs, la laine et les poils, par exemple, devront
être également portées sur la fiche.
Il est également intéressant d'estimer la quantité de fumier produite quotidiennement
ou par semaine afin de renseigner plus tard sa valeur commerciale.

[Link]. Devenir des animaux


Cette partie concerne aussi bien les intentions de l'éleveur que les flux d'animaux
effectivement observés au cours de l'année (vente, mortalité, 1ère mise bas, etc.).
L'animal sera-t-il gardé au niveau de l'exploitation? Jusqu'à quand?
Sera-t-il vendu? Quand? Pourquoi?
Si vente en cours de l'année: Date et lieu de vente? Prix de vente?
Si mort en cours de l'année: Cause? Date de mortalité?
Encadré 4.2: Abaque barymétrique permettant d'estimer le poids vif (kg) des bovins à
partir de leur tour de poitrine (cm)
poitrine
Tour de Type amélioré Type local Femelle Mâle
poitrine
Tour de Type amélioré Type local Femelle Mâle
4.2.2 Description du fonctionnement du troupeau
[Link] Système d'alimentation
Le but de cette opération est de procéder à l'inventaire et la quantification de toutes les
ressources qui contribuent à l'alimentation des troupeaux. Ces ressources peuvent provenir de
l'exploitation (paille, fourrages, mauvaises herbes, chaumes, sous-produits de cultures, grains,
etc.), des terres ne faisant pas partie de l'exploitation (terres collectives, vaine pâture, forêts,
etc.), et/ou du marché (aliments concentrés, etc.).
Par exemple, les parcelles de légumineuses alimentaires (petits pois, fèves, haricots, pois
chiche…), de céréales, de betterave à sucre, d'arbres fruitiers, de cultures maraîchères, etc.
doivent aussi être considérées puisque les animaux utiliseront très certainement, à un moment
ou à un autre de l'année, les fanes de légumineuses, les adventices (mauvaises herbes), la
paille et les chaumes des céréales, les feuilles et collets de betterave, etc.
Pour les terres situées en dehors de l'exploitation, l'évaluation des surfaces sera faite
approximativement. Par ailleurs, les types de végétation qui y sont prélevés pour alimenter le
troupeau (jachère, feuillage d'arbres…), les modes (pâturage direct, fauche, coupe de
branches avec du feuillage) et les saisons d'exploitation, sera réalisée. Il est donc essentiel de
décrire toute éventuelle transhumance des troupeaux, qu'elle soit de faible ou de grande
ampleur.
La reconstitution des rations alimentaires est une étape cruciale de l'analyse zootechnique
d'un troupeau et de ses performances. Par espèce et par atelier de production (vaches en
lactation, veaux en croissance ..., antenais à l'engraissement, brebis suitées, ... chèvres, …), il
est nécessaire, au cours de la campagne agricole étudiée, de préciser les variations
qualitatives (changements des aliments utilisés) et quantitatives (kg de chaque aliment) des
rations. Ce travail permettra ultérieurement de déterminer les apports énergétiques des rations.
Il faut donc dès la première période peser les rations individuelles et déterminer leur
composition.
Pour cela, il est nécessaire d'apprécier l'état des stocks des aliments (nombre de bottes de
paille, dimensions de la meule, dimensions d'un silo, nombre de sacs de grains destinés aux
animaux, etc.) et de les convertir en quantités chiffrées (kg). Ces opérations seront
ème
renouvelées en 2 période de stage.
Ce travail doit être exécuté espèce par espèce en mettant en relief ce qui différencie les
conduites des troupeaux les unes des autres (bovins, ovins, caprins, animaux de trait). Á titre
d'exemple, la description du système de conduite alimentaire peut se décliner comme suit:
jeunes en phase d'allaitement: le jeune consomme-t-il le colostrum? Par rapport à quel
moment de la naissance? Quantité de colostrum consommée durant les 24 premières heures
de la vie du nouveau-né? Quantité de lait reçue durant la période d'allaitement? Est-ce un lait
maternel, un lait reconstitué ou les deux? Moment de distribution? La quantité et la
composition de l'aliment de démarrage donné aux jeunes? La nature et la quantité des
aliments grossiers? La quantité et la qualité de l'eau offerte aux jeunes? Quand et comment se
fait le sevrage?
animaux en phase de croissance: décrire le système alimentaire de cette catégorie
animale par reconstitution de leurs rations, et de la durée correspondante.
animaux à l'engraissement: poids vif et âge de démarrage et de la fin d'engraissement?
La composition et la quantité de la ration reçue? La quantité ou la fréquence d'abreuvement?
femelles en lactation ou taries: composition de la ration et quantité distribuée selon le
stade de lactation? Abreuvement?

[Link] Bâtiments d'élevage


a) Logement des animaux
Les animaux des différentes espèces et catégories sont-ils logés dans un même bâtiment ou
séparés?
Quel âge ont ces bâtiments? Ont-ils subi des réaménagements récents?
Établir des croquis pour chaque bâtiment (vues de plan et façades), avec indication des
dimensions, de l'orientation (ensoleillement, vents dominants). Déterminer les matériaux
ayant servi à leur construction.
Reporter sur les plans l'emplacement des abreuvoirs, des mangeoires, du local de stockage
des aliments et de la salle de traite quand elle existe.
Quel type de stabulation y retrouve-t-on: libre ou entravée?
Ces bâtiments permettent-ils:
la protection contre les aléas climatiques, comme les vents dominants, le rayonnement
solaire en période de forte chaleur, la stagnation d'eau en période de fortes pluies;
l'exécution facile des travaux quotidiens, comme l'affouragement, l'abreuvement, la
traite, le raclage des locaux et l'évacuation des effluents;
le respect des exigences zootechniques, comme la superficie minimale par animal,
l'espace d'accès aux mangeoires par animal, etc.;
d'assurer une aération et un éclairage suffisants;
d'assurer un bon drainage des eaux et du purin à travers une mise en place de pentes et
de caniveaux appropriés.
des gains économiques, notamment à travers le choix des matériaux de construction et
du dimensionnement?

b) Locaux de stockage

L'exploitation dispose-t-elle d'un local de stockage des aliments concentrés? Les aliments
3
sont-ils stockés en vrac ou en sac? Quelle est la capacité de stockage de ce local (en m ,en
tonnes)? A quelle durée de couverture des besoins correspond cette capacité? Procède-t-on à
la lutte contre les rongeurs dans ce local?
Dispose-t-on de silos pour la conservation des fourrages? Types de silos (couloirs en dur,
taupinière, fosse)? Dimensions? Capacité de stockage de ces silos?
Comment se fait le stockage du foin et de la paille: sous abri dans un hangar, à l'air libre, en
meules couvertes, etc.? Quels sont les avantages et les inconvénients de chaque système de
stockage?
Comment stocke-t-on le fumier et le purin? Cherche-t-on à avoir un fumier de bonne qualité
fertilisante? Comment fait-on pour aboutir à cet objectif: durée de stockage, hauteur du tas de
fumier, arrosage avec le purin, etc.?
4.2.3 État pathologique des animaux
Il est important de relever les principales manifestations pathologiques qui sont observées
actuellement dans l'exploitation (ou l'ont été au courant de l'exercice actuel), les espèces
animales qui sont atteintes, les symptômes et les remèdes utilisés (Tableau 4.5).

4.2.4 Conditions d'hygiène


L'hygiène est très importante dans un élevage car elle conditionne aussi bien la santé des
animaux que la qualité des produits obtenus. Ainsi, il est important:
d'assister à la traite afin d'observer les conditions dans lesquelles elle se déroule
(lavage de la mamelle, ustensile utilisé pour la traite, lieu de stockage du lait, propreté des
femelles traites, etc.);
de visiter le lieu de stockage des aliments de bétail (situation, protection, aération,
etc.);
d'observer les bâtiments d'élevage (espèces qui y sont placées, consistance, fréquence
de nettoyage, etc.).

4.3 Analyse du fonctionnement de l’élevage


4.4
4.3.1 Méthode d'étude
L'analyse du fonctionnement de l'élevage dans l'exploitation revêt deux aspects:
a) une étude des caractéristiques de l'élevage proprement dit, qui a été préparée par la
"description du système de productions animales". L'analyse portera sur:

les résultats de la conduite des troupeaux à travers les caractéristiques d'élevage et les
performances de reproduction et de production;
la sélection telle qu'elle est pratiquée sur les animaux par l'éleveur;
l'alimentation des troupeaux par l'étude des rations;
la santé des animaux;
les bâtiments et les équipements d'élevage;
la main d'œuvre, son savoir-faire et sa technicité;
la variation des effectifs et ses causes.

Dans cette première phase, l'étude du fonctionnement de l'élevage vise un double objectif:
porter un jugement sur les résultats enregistrés (performances de reproduction, taux
de mortalité, vitesse de croissance, production laitière, etc.) au vu des ressources mobilisées
(aliments, finances, travail, ...);
comprendre les raisons qui ont poussé l'exploitant à prendre ou non les décisions
correspondantes (pourquoi n'y a t-il pas de bâtiments? Pourquoi un taureau et pas un mulet?
Pourquoi la race locale et pas la race améliorée? Pourquoi l'ensilage et pas un fourrage vert?
etc.).

b) une étude de l'insertion des activités d'élevage dans l'exploitation agricole, dans la
diversité de ses composantes vitales: revenus, travail, satisfaction de ses besoins
alimentaires, ... L'étude de l'insertion de l'élevage dans l'exploitation sera en partie issue des
conclusions provenant de l'analyse de l'historique des productions animales. Elle sera aussi
fortement dépendante des conclusions du diagnostic du fonctionnement des troupeaux et de
leurs performances économiques.
Analyser le fonctionnement de l'élevage, c'est aussi comprendre son insertion dans la vie de
l'exploitation. Il faut étudier à cet effet les liaisons, les interactions (incompatibilité,
complémentarité) qui s'établissent entre le troupeau et son environnement dans l'exploitation
(l'élevage et les productions agricoles, l'élevage et la main-d'œuvre, l'élevage et la trésorerie
familiale, l'élevage et la nutrition de la famille, etc.); et hors de l'exploitation (l'élevage et le
pâturage collectif ou la transhumance, l'élevage et l'approvisionnement en aliments, l'élevage
et ses relations avec la vulgarisation agricole, l'élevage et les ventes de produits, etc.).
L'étude de ces liaisons reposera sur l'examen et la compréhension d'un certain nombre de
bilans à calculer ou qui sont déjà calculés dans d'autres parties du rapport:
le bilan fourrager sera calculé en confrontant l'utilisation des ressources alimentaires
et les besoins des animaux des différentes espèces (bovins, ovins, caprins et équins);
en utilisant une grande partie des évaluations faites dans le paragraphe précédent: les
caractéristiques de l'élevage;
le bilan de main-d'œuvre;
le bilan de trésorerie;
la destination des produits de l'élevage.

4.3.2 Étude des caractéristiques de l'élevage


Elle revient à analyser un certain nombre de paramètres techniques qui touchent aux résultats
de la conduite du troupeau, de la sélection, des traitements vétérinaires, etc. .

[Link]. Analyse des résultats de la conduite des troupeaux


La conduite zootechnique doit être interprétée à deux niveaux:
au niveau individuel (mesure d'une production laitière, d'un gain de poids vif, d'un
poids de toison, etc.), où il faudra s'attacher aux causes de variation de la production
individuelle en fonction de l'offre alimentaire et de ses variations saisonnières, en fonction du
potentiel génétique et racial, et par rapport à l'hygiène et au statut sanitaire;
au niveau global du troupeau, à travers le calcul des moyennes des performances
individuelles.

L'analyse de la répartition saisonnière des productions et la comparaison des performances


moyennes par rapport aux normes usuellement convenues permettront de porter un jugement
sur le fonctionnement des troupeaux de l'exploitation.
a) Troupeau de femelles

À partir de l'historique récent du troupeau (Tableau 4.2), de la pyramide des âges et des
observations portées sur les tableaux synthétiques, il faudra déterminer, pour chaque troupeau

le nombre de femelles réformées annuellement (pour cause de stérilité, de maladies,


d'accidents, de vieillesse, de faible production, etc.). Ce nombre divisé par le nombre de
femelles susceptibles de se reproduire exprime le taux de réforme (cf. le mode de calcul dans
le tableau 4.8);
le nombre de jeunes femelles qui sont mises à la reproduction pour la première fois
chaque année. Ce nombre divisé par le nombre de femelles susceptibles de se reproduire
exprime le taux de renouvellement (cf. le mode de calcul, dans l'encadré 4.3);
la comparaison entre les taux annuel de reforme et de renouvellement permet de
renseigner partiellement sur les tendances démographiques au sein du troupeau: l'éleveur
vise-t-il à augmenter ses effectifs par un croît interne, ou au contraire diminue-t-il ses
effectifs? Et si par hasard, vous remarquez un changement, demandez à l'éleveur les raisons
de cette stratégie;
l'âge moyen auquel les femelles sont saillies pour la première fois: âge à la 1ère
saillie;
l'âge moyen auquel les femelles mettent bas pour la première fois: âge à la 1ère mise
bas;
l'écart moyen entre deux mises bas successives.

À partir de ces données, il est possible de déduire le nombre moyen de mises bas qu'une
femelle accomplit durant sa carrière (comparer avec le chiffre avancé par l'exploitant). De ces
différents critères, on peut tirer une appréciation sur la longévité et la productivité des
femelles.
Les femelles sont-elles productives. Pourraient-elles l’être davantage?
Cela modifierait-il les taux de renouvellement et de réforme et par là le
fonctionnement du troupeau?

A travers cette première analyse, peuvent apparaître quelques objectifs de l'éleveur. Par
exemple:
Cherche-t-il à avoir des animaux productifs?
Y a-t-il concordance entre ses objectifs avoués et le mode de conduite de son
troupeau?

Encadré 4.3: Calcul du nombre de femelles susceptibles de se reproduire


Les catégories de femelles susceptibles de se reproduire sont les suivantes:
- les jeunes qui ne se sont jamais reproduits, mais qui sont au-delà de la puberté;
- les adultes;
- les adultes âgées, malades ou accidentées qui sont éliminés au cours de l'année.
er
Le calcul se fait sur un exercice (du 1 septembre au 31 août). Il faut donc calculer un
effectif moyen.
Une femelle s'étant déjà reproduite et présente toute l'année compte pour 1 femelle
reproductrice.
Une femelle s'étant déjà reproduite, mais éliminée en cours d'année compte pour
son
temps de présence. Ex.: Une vache vendue fin juin compte pour 9/12 de vache, soit
0,75 femelle reproductrice.
Une jeune femelle est comptée pour son temps de présence, à partir du moment où
elle est en âge de se reproduire, même si elle ne se reproduit pas dans l'exercice considéré.
er
Ex.: Une génisse de race locale atteint 30 mois au 1 juillet. Elle va compter pour
3/12 de vache, soit 0,25 femelle reproductrice.
L'âge adulte est par convention de notre part:

- 30 mois pour les bovins de race locale, 24 mois pour les bovins améliorés;
- 18 mois pour les ovins et les caprins

Une exception doit être faite pour les jeunes femelles ayant dépassé l'âge indiqué ci-dessus
mais n'ayant jamais été mises en présence d'un mâle de par la volonté explicite de l'éleveur,
dans ce cas elles ne comptent pas comme femelle reproductrice.
b. Performances de reproduction

Quelques critères calculés à partir de l'historique récent et des informations collectées


(tableaux synthétiques) permettent de juger des résultats de la reproduction pour chaque
troupeau. Il faudrait bien préciser si ces résultats se rapportent à une saison de lutte (cas des
ovins et des caprins) ou à une année (cas des bovins).
Il faudrait déterminer successivement:

la répartition mensuelle des mises bas au cours de l'année par un graphique qu'on
essaiera de commenter par rapport aux disponibilités alimentaires saisonnières, elles-mêmes
édictées par les précipitations, les achats d'aliments, les rythmes d'utilisation des stocks, …;
la fertilité qui consiste en le nombre de femelles pleines / nombre de femelles
susceptibles de se reproduire (indicateur de la réussite des saillies);
la prolificité qui rapporte le nombre de jeunes nés (vivants, morts ou avortons) /
nombre de femelles pleines (indicateur de la réussite de la mise bas et des naissances
multiples);
la fécondité = prolificité x fertilité = nombre de jeunes nés (vivants, morts ou
avortions)/nombre de femelles susceptibles de se reproduire;
la productivité numérique ou nombre de jeunes sevrés / nombre de femelles
susceptibles de se reproduire (critère le plus important d'un point de vue économique car il
caractérise tout le cycle de production des jeunes en tenant compte de la mortalité).

Ces résultats sont à analyser par rapport à la physiologie de la reproduction de chaque espèce.
Votre jugement sera modulé selon les races exploitées.
Dans le cas des troupeaux bovins, ces paramètres n'ont pour ainsi dire pas de signification sur
une seule année. Il faut alors calculer la moyenne de plusieurs années (reprendre le tableau
3.3).
L'analyse de ces critères permet de mieux préciser le fonctionnement technique de l'élevage:

Les performances de reproduction sont-elles optimales? Pourquoi?


Peut-on les améliorer? Comment?
L'éleveur cherche-t-il à le faire? Pourquoi?

c) Performances de production

Les contrôles effectués aux deux périodes de stage permettent de calculer les performances
de production en utilisant les tableaux synthétiques et les résultats d'enquête. Il s'agit de
calculer la production (lait, viande, laine, etc.) de chaque animal pour la campagne agricole,
les durées moyennes de lactation et de tarissement des vaches, de reconstituer les courbes de
lactation et de croissance à partir de quelques points de mesure (ces données seront
indispensables à l'établissement du bilan fourrager).
Outre les données issues des contrôles individuels de production de lait lors de votre présence
sur l'exploitation, il est possible de reconstituer l'allure exacte de la production sur une année,
mais cette fois-ci pour tout le troupeau.
En effet, la production de lait étant une activité quotidienne, et comme vous ne serez présents
sur l'exploitation que lors de deux périodes dans l'année, il est préférable de consulter, pour
les exploitations adhérant à des centres de collecte de lait, les registres de livraison qui les
concernent.
Ceci vous permettra d'obtenir des données fiables sur les volumes livrés au cours de la
campagne agricole que vous étudiez, en vue de préciser ultérieurement les niveaux de
production par vache présente.
Cette phase d'analyse des performances de lactation des vaches du troupeau sera aussi
l'occasion d'étudier les variations individuelles et de les expliquer: effet de la race, d'une
alimentation différenciée, etc. Il faudra aussi évaluer les différences saisonnières ou
interannuelles, si l'enquête le permet (consulter éventuellement les registres des centres de
collecte de lait à cet égard).
Si l'exploitation n'adhère pas à un centre de collecte de lait, que vous ne disposez d'aucune
source d'information (enregistrements sur papier, saisie informatique,...) concernant les
productions de lait quotidiennes, et si le nombre de jours entre le vêlage et le 10ème jour de
la P1 est inférieur à 90 jours, la production individuelle d'une vache peut être estimée à partir
de la formule suivante:
PLT= PLJ1 x J1 + PLJ2 x J2 + PLJ3 x J3 Où:
PLJ1 = Production laitière journalière moyenne obtenue à la P1;
PLJ2 =(PLJ1+PLJ2)/2;
PLJ3 = Production laitière journalière moyenne obtenue à la P2;
ème
J1 = Nombre de jours entre le vêlage et le 10 jour de la P1;
ème ème
J2 = Nombre de jours entre le 10 jour de la P1 et le 10 jour de la P2;
ème
J3 = Nombre de jours entre le 10 jour de la P2 et la date de tarissement.

Pour la production de viande sur l'exploitation, on aura recours au calcul du Gain Moyen
Quotidien (GMQ) de tous les animaux élevés sur l'exploitation, notamment lors de l'intervalle
ère ème
de temps séparant la 1 et la 2 périodes.
GMQP1-P2= (Poids2 - Poids1)

Où:
ère ème
GMQP1-P2= GMQ réalisé entre la 1 et la 2 périodes Poids1= Poids moyen de
ère
l'animal au cours de la 1 période Poids2= Poids moyen de l'animal au cours de la
ème
2 période N= Nombre de jours qui séparent les deux pesées, l'une en P1 et l'autre en
P2.

L'évaluation des vitesses de croissance des animaux de l'exploitation permettra ensuite de


comparer les performances obtenues avec le potentiel correspondant aux différentes espèces,
races et sexes (mâle et femelle) en présence.
Un tableau synthétique, dans lequel seront consignées les moyennes des performances de
reproduction, de croissance et de production de lait des animaux de l'exploitation au cours de
l'exercice en cours, sera établi.
Tout un ensemble de questionnements peuvent ensuite vous aider à interpréter ces
performances:
1/ Pour une espèce animale donnée, comme par exemple les ovins, l'éleveur peut obtenir des
produits différents. Pour chacun de ces produits, on peut être amené à se poser des questions
spécifiques:
pour la viande ovine, quel produit (agneaux, béliers, brebis de réforme, etc.) est
proposé à la vente? À quelle époque? Etait-ce possible plus tôt ou plus tard? La
vitesse de croissance est-elle régulière? Est-ce une production spécialisée
(embouche …)?;
pour la laine, quand se fait la tonte? Quel est le poids de la toison?;
pour le lait, quelles vaches sont traites? À quel moment de l'année? Quel niveau de
production?
pour le fumier, comment se fait la récupération? Épandu sur quelles parcelles? Vendu?
À qui?

De tous ces produits, quels sont les principaux pour l'éleveur? De quel point de vue: revenus
monétaires, autoconsommation, prestige social, …?
2/ Pour un même produit, les différences de qualité reflètent des objectifs différents:
la viande: engraisse-t-il ses mâles ou non avant de les vendre? Vend-il ses agnelles
ou ses mâles indifféremment?
le lait: quel lait apprécie t-il (lait de vache locale ou de vache améliorée)? Lequel est
préférable pour la préparation du beurre, du lben, etc.?
la laine: quelle qualité de laine recherche-t-il (finesse, couleur).Quels sont donc ses
objectifs?

[Link]. La sélection dans les troupeaux


Dans la présente partie, il vous est demandé de vous intéresser à la pratique de la sélection
dans les troupeaux de l'exploitation.
Pour ce faire, vous intéresserez au type général de conduite des ressources génétiques
animales: l'éleveur évolue-t-il en race pure ou en croisement? Donnez le nom des races
impliquées et les avantages et/ou inconvénients que leur prête l'éleveur.
Par la suite, décrivez en quoi l'éleveur vous semble impliqué dans une opération
d'amélioration de son troupeau. Quel(s) caractère(s) semble-t-il chercher à améliorer (lait,
viande, laine, etc.) dans son troupeau? Pourquoi?
Est-il membre d'une association d'élevage? Laquelle? D'un groupement d'éleveurs? Lequel?
Pratique t-il un contrôle de performances (contrôle laitier, contrôle de la croissance, etc.)?
Avec quels moyens?
Reçoit-il la visite d'une commission de sélection? Laquelle?
Pratique t-il l'insémination artificielle?
a) Choix des reproducteurs

Faire la liste des critères de choix des mâles et des femelles et les classer par ordre
d'importance selon l'éleveur. La liste ci-après n’est pas exhaustive, devrait vous aider dans
votre inventaire:
Conformation;
Vitesse de croissance;
Etat sanitaire;
Type de naissance (simple, double, etc.);
Qualité de la laine;
Couleur;
Rusticité;
Etc.

Quelles sont les méthodes de choix? Comment se procure-t-il les reproducteurs (issus du
troupeau? Achetés? Où?).
Quelles sont ses méthodes de choix? Comment se procure-t-il ses reproductrices (issues du
troupeau? Achat? Où? Importation?).

b) Conséquences de la sélection

S'intéresser au devenir des meilleurs animaux du troupeau. Sont-ils quand même vendus
(pour obtenir plus d'argent) ou de préférence abattus aux fêtes (Aïd) ou utilisés pour la
reproduction?
Il est intéressant d'étudier les relations généalogiques dans le troupeau (Tableau 3.3),afin de
détecter des familles d'animaux plus intéressantes que les autres, ou une consanguinité
éventuelle.
Dans le cas où un reproducteur mâle est de race étrangère, essayer de quantifier:
l'augmentation de poids des produits croisés par rapport aux produits de race locale;
l'augmentation des performances (production laitière, croissance, etc.);
l'augmentation ou la diminution des performances de reproduction;
l'augmentation ou la diminution de la mortalité.

La stratégie suivie par l'éleveur au niveau de la sélection concorde-t-elle avec les objectifs
qu'il formule? Pourquoi? Si ce n'est pas le cas, quelles en seront les conséquences?

[Link]. Alimentation des troupeaux


Il est nécessaire de disposer de données fiables et d'observer minutieusement, lors de votre
présence sur l'exploitation, les pratiques adoptées pour nourrir les animaux, afin de vous
livrer à l'analyse critique de l'alimentation de ses troupeaux. Après l'inventaire qualitatif des
ère
types d'aliments (cf. 1 période de stage), il est indispensable de connaître les déplacements
des animaux au cours de l'année ainsi que leur alimentation individuelle.

a) Alimentation des animaux dans et hors de l'exploitation

Dans l'exploitation
Il faut noter minutieusement tout au long de l'année les parcelles pâturées par le troupeau,
ainsi que le temps de passage des animaux sur ces parcelles (Tableau 3.6). Si, pour chaque
parcelle, une estimation des effectifs peut être faite, elle devra être mentionnée sur le tableau
3.6.
Hors de l'exploitation (si le cas se présente)
-Vaine pâture, bord de route
Préciser les modalités, le temps de passage et les problèmes liés à ce type de parcours.

- Transhumance
Le troupeau s'éloigne beaucoup de l'exploitation pendant toute une "saison" et n'y revient pas
la nuit.
Caractéristiques
- Lieu(x) de transhumance: au niveau de la région, de la fraction, hors de la province, chez
des tribus apparentées, …
- Modalités de déplacement (moyens de transport, contrats, accords réglementaires et usages)

Pâturage, conduite du troupeau


- Caractéristiques du pâturage (limites du parcours, conflits de limites, valeur du parcours,
espèces consommées ou refusées, espèces toxiques, point d'eau, variation au cours de
l'année).
- Déplacements quotidiens du troupeau.
- Prédateurs du troupeau.
- Evolution du parcours pendant l'année.
- Complémentations éventuelles en aliments concentrés.
- Conséquences sur la conduite du troupeau.

Principales difficultés liées à ce mode d'exploitation


-Législation.

- Problèmes du parcours.
- Problèmes du troupeau.
- Problèmes de disponibilités de bergers et de leurs savoir-faire.
- Perspectives de ce mode d'exploitation. En fin de cette partie, on pourra dresser une carte
précise des déplacements des troupeaux.

En cas d'intoxications des animaux par des plantes pastorales, vous pouvez aussi dresser la
liste de ces plantes, leur nom, les espèces et les types d'animaux qu'elles affectent, les
symptômes qu'elles causent et les remèdes éventuels utilisés par l'éleveur pour contrer leurs
effets.

b) Reconstitution des rations

Outre le pâturage, les animaux reçoivent d'autres aliments (son, paille, fourrages, ensilage,
mauvaises herbes, grains, concentré, etc.).
Afin de préparer le travail à effectuer dans la partie " bilan fourrager ", il faut résumer les
différents types de rations distribuées aux diverses catégories d'animaux, et estimer leurs
apports en énergie (et si possible en matières protéiques) correspondantes pour les
périodes-types où vous étiez présents sur l'exploitation. Il faut ensuite procéder à une
évaluation critique de ces rations par rapport aux nutriments qu'elles contiennent, surtout lors
des périodes de soudure, notamment en hiver. Sont-elles équilibrées par rapport aux besoins
des animaux auxquels elles sont distribuées? Quels nutriments y manquent-ils?
c) Calendrier alimentaire

Dresser dans un tableau chronologique des différentes rations telles que vous le avez relevées
par enquête, en essayant de noter la totalité des aliments consommés (ne pas oublier les
sous-produits de cultures, les compléments fourragers obtenus par cueillette, le pâturage, etc.).
Ce tableau sera un préalable au tableau 11 où il vous faudra alors tenter une quantification de
ces matières alimentaires consommées par les troupeaux de l'exploitation.

[Link] Les flux: les mouvements d'animaux, de capitaux, de matières, de service


Cette partie de quantification des flux au sein de l'élevage est un préalable à l'élaboration des
bilans généraux demandés plus loin, comme la "Destination des produits - calendrier
d'utilisation" et le "Bilan trésorerie".

a) À l'entrée de l'élevage
- Mouvement de matières
er
C'est le bilan annuel de toutes les matières entrées dans l'élevage entre le 1
septembre et le 31 août. Il faudra pour chaque matière préciser sa nature, la quantité, sa
provenance, son coût, etc. (par exemple du fourrage, de la paille, du matériel, des animaux,
des animaux achetés, des produits vétérinaires, etc.).

- Mouvement de capitaux
Même analyse pour les crédits, les associations dont aurait bénéficié l'éleveur au cours de la
campagne agricole étudiée:
crédit de campagne, d'embouche;
liquidation d'une association.

- Flux d'informations et de services


Il s'agit de préciser les relations entretenues par l'éleveur avec les services d'encadrement
agricole (Centre de Travaux, CT relevant de la Direction Provinciale de l'Agriculture, DPA;
ORMVA, ou Office Régional de Mise en Valeur Agricole), le vétérinaire, l'inséminateur, les
agents des associations professionnelles locales, etc.
b) À la sortie de l'élevage
Il consiste en un bilan des produits de l'élevage commercialisés ou autoconsommés.
Il se fait à partir du bilan quantitatif des productions du cheptel exploité (lait, laine, viande,
fumier). Pour cela, il faut préciser:
les parts autoconsommée et vendue des différents produits (lait et viande
principalement);
leur coût unitaire (et ses variations);
l'époque, les lieux et les modes de commercialisation (ex. colportage, centre de
collecte de lait, chevillards, vente à des particuliers, dans des souks, etc.).
les motifs exacts de vente (besoin d'argent, cours incitatif du marché, décharge du
pâturage, fête familiale, financement d'une opération agricole…).

Il faut parvenir à définir les motivations de l'éleveur en songeant que dans certaines
exploitions, le troupeau remplit souvent plusieurs fonctions.

c) Variations d'inventaire

Au cours des deux périodes de votre présence dans l'exploitation, il vous sera possible de
noter des variations des effectifs animaux. Elles doivent être soigneusement notées selon la
catégorie d'animaux concernée: espèce, stade physiologique, âge, sexe, … (Tableau 4.7). Ce
tableau sera ensuite utilisé pour l'évaluation des variations d'inventaire, qui rentre dans
l'établissement du compte économique de l'exploitation (Encadré 4.4).

Encadré 4.4: Exemple de calcul des variations d'inventaire


Un troupeau de 6 vaches laitières en juin 2006 est passé à 7 vaches laitières en juin
2007, mais 1 vache a été achetée (+1); 2 génisses ont mis bas pour la 1ère fois et
"deviennent" des vaches (+2); 1 vache a été vendue (réformée) (-1) et 1 vache est
morte (-1)
Total "vaches ayant déjà mis bas" = 6 + 1 + 2 - 1 - 1 - 7= 0
Femelles de + de 2 ans (nés avant 1/06/2006) et n'ayant jamais mis bas = 3. Parmi
celles-ci, 2 ont mis bas dans le courant de l'année et disparaissent donc de la classe
(-2). Une mutation doit donc être inscrite 2 fois: une fois positivement et une autre
fois négativement.
Total "femelles de + de 2 ans"= 3 - 2= 1
Autres classes: pas de mutations car les femelles bovines de moins de 2 ans ne
mettent pas bas en principe à cet âge.

4.3.3 Étude de l'insertion de l'élevage dans l'exploitation agricole


Cette étude consiste en une évaluation des consommations et restitutions de l'élevage dans le
système global qu'est l'exploitation. À cet égard, l'outil directeur de ce travail sera
l'établissement du bilan fourrager de l'exploitation.
En effet, il est connu que l'alimentation des troupeaux est le facteur décisif de la production
animale. Elle doit, à ce titre, être analysée très finement. L'inventaire de toutes les ressources
alimentaires, produites sur l'exploitation ou achetées en dehors de l'exploitation d'une part, et
des besoins des animaux d'autre part, conduit à:
une répartition dans le temps des offres alimentaires. On constitue ainsi le calendrier
fourrager;
un calcul période par période des besoins des animaux. C'est le calendrier des besoins.
La confrontation de l'offre alimentaire, dans la diversité de ses composantes (fourrages et
concentrés, qu'ils soient achetés, produits sur place ou prélevés à l'extérieur de l'exploitation
sur des parcelles pâturées) avec les besoins des animaux sur des périodes de temps
correspondantes (année, saison, trimestre, mois, semaine) constitue le Bilan Fourrager.
Le bilan fourrager s'établit en priorité pour l'énergie, puisque c'est elle qui constitue le
nutriment limitant premier des productions des ruminants. Aussi, l'unité fondamentale de
l'établissement du bilan fourrager est l'Unité Fourragère Lait (UFL) qui représente la valeur
énergétique nette d'un kilogramme d'orge grain de valeur moyenne.
Les éléments du calcul du bilan fourrager sont issus de contrôles difficiles, discontinus, voire
imprécis. Mais pour y pallier, il faudra que vous formuliez des hypothèses par rapport aux
besoins des animaux, aux quantités d'aliments distribuées…, qui seront souvent contestables.
Ces hypothèses se baseront sur le contexte de l'exploitation et sur les observations et enquêtes
que vous y auriez effectuées.
Avec un minimum de rigueur dans la démarche et d'honnêteté vis-à-vis des hypothèses
retenues, le bilan fourrager devient un puissant outil de réflexion pour l'étude des relations
entre productions animales et productions végétales, pour l'analyse des contraintes qui pèsent
sur le système de production de toute l'exploitation, et sur les possibilités qui sont offertes au
choix de l'agriculteur.

[Link]. Méthode d'étude du bilan fourrager


L'étude du bilan fourrager dans l'exploitation agricole repose sur une évaluation de la
situation de la campagne agricole où vous effectuez votre stage. Il s'agit donc d'un bilan
fourrager a posteriori (et non pas prévisionnel) où l'on contrôle les apports effectivement
consommés et les besoins calculés d'après les performances réelles des animaux.
Le point de départ de l'établissement du bilan fourrager repose sur l'équilibre énergétique
entre les apports alimentaires et les besoins exprimés par les animaux d'élevage évoluant dans
l'exploitation. Schématiquement, on peut écrire: Apports alimentaires totaux = Besoins
exprimés. Le bilan est par conséquent réellement équilibré. La recherche de cet équilibre
nécessitera en cours d'élaboration une remise en cause des hypothèses retenues et des
quantités enregistrées.
ème
En guise de 2 phase de l'étude de l'équilibre du bilan fourrager, il vous sera demandé de
tester des propositions d'évolution de l'élevage sur l'exploitation, moyennant la modification
de certaines entrées du bilan:
à l'entrée, l'évolution de l'offre fourragère, par des changements de la sole fourragère,
par davantage d'achats d'aliments ou par vente d'animaux;
à la sortie, par l'adoption de nouvelles races plus productives ou par la planification de
niveaux de production plus élevés (par exemple, cas des étables laitières avec des
vaches Holstein dont le potentiel est sous exploité).

[Link]. Les données servant à l'établissement du bilan fourrager


L'offre alimentaire produite sur l'exploitation sera entièrement convertie en énergie exprimée
en UFL. Pour ce faire des mesures précises des quantités de fourrages produits, dans leur
diversité (fourrages verts, paille, foin, ensilage, ...) et des concentrés utilisés seront réalisées.
Ceci passera par des évaluations des stocks, par des mesures de biomasse sur les parcelles et
par des pesées des unités de stockage (botte de paille, sac d'ensilage, sac de grain...). Il faudra
ultérieurement y adjoindre la quantité d'énergie contenue dans les fourrages et les concentrés
achetés.
En ce qui concerne les besoins des animaux, ils seront déterminés à partir de leurs
performances de production (lait, croissance - engraissement et travail), auxquelles il faudra
rajouter les besoins d'entretien et éventuellement de gestation. Les besoins d'entretien
dépendent principalement du poids des animaux et sont consultables dans les tables qui vous
sont remises dans le cadre du cours d'Alimentation. Les besoins de croissance engraissement,
pour différentes catégories de jeunes animaux (mâles et femelles), et les besoins de lactation,
qui sont directement proportionnels aux quantités de lait produites, sont aussi reportés dans
les tables d'alimentation.
Pour déterminer les besoins de lactation d'une brebis, sa production laitière journalière peut
être estimée à partir des GMQ des agneaux allaités:
Croissance des agneaux (g/j) 150 200 250 300 350 400
Production laitière de la brebis (kg/j) 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Certains éléments du bilan de l'offre alimentaire demeurent inconnus. Il s'agit plus
particulièrement, de l'énergie ingérée à partir des parcours pâturés collectivement (vaine
pâture, forêt, parcours collectif, bords de la route, etc.). Pour cette rubrique d'apports, vous ne
disposez ni de sa valeur énergétique unitaire ni des quantités totales prélevées. Par
conséquent, les valeurs des apports alimentaires issus du pâturage seront calculées par
différence, entre les besoins totaux exprimés des animaux, tels que vous les avez déterminés
(entretien, production et gestation), et les apports que vous avez quantifiés (fourrages,
concentrés, etc. effectivement pesés ou évalués).

[Link]. Élaboration du bilan fourrager


À ce niveau, les calculs de l'offre alimentaire et des besoins des animaux doivent être
absolument séparés. La démarche à suivre est la suivante.
a) Choix des périodes sur la campagne agricole

Les calculs des besoins des animaux et des apports alimentaires se feront par période. Il est,
par conséquent, primordial de définir des périodes d'étude pour caractériser les rythmes
zootechniques de la campagne agricole étudiée. Une période peut se définir à partir de
l'alimentation; c'est alors l'intervalle de temps pendant lequel l'alimentation de base (fourrage,
herbe, chaumes, etc.) ne change pas. Elle peut également être conditionnée par la vie du
troupeau: naissances/ mises bas, sevrage, vente, etc.
Ainsi, la campagne agricole peut être répartie en deux, trois ou quatre saisons, mais rarement
au-delà. De même, les saisons peuvent être de durées égales ou inégales. Dans les conditions
marocaines, la conduite du troupeau est rarement indépendante des saisons climatiques et, on
peut choisir quatre périodes de trois mois chacune, soit quatre saisons.

b) Calcul des apports alimentaires par période

Il est important de distinguer l'offre dans l'exploitation de l'offre hors exploitation, souvent
plus difficile à cerner (Tableau 4.8). Il faut tenir compte des aliments stockés.
Afin de pouvoir confronter l'alimentation reçue par les animaux avec les disponibilités
alimentaires, il est important d'apprécier dès la première période de stage l'état des stocks
d'aliments et le rendement des surfaces fourragères en production.
Évaluation des stocks d'aliments

L'évaluation des stocks présents sur l'exploitation se fera essentiellement par des estimations
de volumes puis du poids en ce qui concerne la paille, le foin, l'ensilage produits sur
l'exploitation. Si la paille, le foin et l'ensilage ont été achetés, le paysan en connaît alors le
tonnage et le prix. En ce qui concerne les aliments concentrés (céréales, graines de
légumineuses, pulpe sèche de betterave, etc.), l'exploitant connaît également les quantités et
les prix.
En plus de l'estimation des stocks au cours de la période P1, il serait bon d'avoir une idée de
l'état de ces stocks au début de la campagne agricole, c’est-à-dire en juin. Pour ce faire, on
procédera de la même façon en estimant le volume initial de la meule, le nombre de bottes,
etc.
Il faudra également recenser tous les achats d'aliments au cours de l'année, par enquête sur
l'inter période, en indiquant à chaque fois la nature de l'aliment, la date de l'achat, les
quantités et les prix, ainsi que l'origine de l'aliment et l'emploi que l'exploitant compte en
faire.
Évaluation des productions fourragères

L'évaluation des productions fourragères sera sommaire. Elle exige d'abord le recensement
des surfaces contribuant à l'alimentation du troupeau tout au long de l'année.
Ensuite, pour chaque période de stage, on recensera les surfaces contribuant à l'alimentation
des animaux, même si elles paraissent peu importantes, telle que par exemple le bord des
routes ou le désherbage des parcelles. Pour chacune de ces surfaces, on essaiera d'estimer la
production par hectare en pesant la production en fourrage d'une surface connue (par exemple,
un mètre carré), puis en calculant le rendement de toute la surface fourragère.

c) Calcul des besoins des animaux par période


Les besoins en énergie (exprimés en UFL) des animaux seront déterminés par période pour
chaque espèce animale présente dans l'exploitation. Pour cela, on calcule au départ les
besoins (entretien, production et éventuellement gestation) de chaque animal d'une espèce
donnée par période. Puis, on fait la somme des besoins de tous les animaux de l'espèce pour
trouver les besoins totaux de l'espèce par période. On procède de la même façon pour toutes
les espèces. Les besoins totaux de toutes les espèces par période seront obtenus comme la
somme des besoins des différentes espèces présentes dans l'exploitation durant cette période.

Remarque importante: Lorsque sur une période donnée, il y a


amaigrissement des animaux, on retiendra, par convention, qu'il suffit
de soustraire du besoin d'entretien la quantité d'énergie correspondant à
cette perte. Cette façon de faire, quoique impropre, est cependant
commode. Exemple: une vache de 250 kg a perdu 30 kg en 4 mois; la
perte en UFL est de
30 kg x 3 UFL = 90 UFL, soit 0,75 UFL/jour. On portera dans la
"partie besoins" du tableau, la valeur de 2,7 - 0,75= 1,95 UFL/jour. Par convention, chaque
fois qu'il y a amaigrissement des animaux sur une période donnée, il
suffit de soustraire du besoin d'entretien la quantité d'énergie correspondant à cette perte.

d) Confrontation de l'offre alimentaire et des besoins des animaux

La confrontation entre l'offre alimentaire et les besoins des animaux doit être effectuée pour
chaque période sur un graphique. En abscisse seront figurées les mois, et en ordonnées les
besoins et les apports de part et d'autre de l'axe des abscisses. Si les estimations des besoins et
des apports ont été effectuées indépendamment l'une de l'autre, c'est-à dire qu'il n'y a pas
d'aliments dont l'apport n'a pas pu être quantifié, il y a peu de chance pour que le bilan
fourrager soit équilibré.
Les causes possibles de discordance entre les apports alimentaires et les besoins des animaux
sont:
inexactitude de certaines hypothèses, fausses déclarations de l'exploitant, erreurs de
mesure, etc.;
surestimation des apports ou gaspillage des aliments (offre > besoins);
Amaigrissement des animaux (besoins-offre).

e) Critique du calcul et rectification des hypothèses

Partant du principe que le bilan fourrager doit être équilibré. Dans le cas où il ne l'est pas, il
faut donc rectifier les hypothèses qui ont servi à son élaboration en fonction:
de la fiabilité de l'hypothèse (une pesée ou une mesure est plus fiable qu'une
information obtenue par enquête auprès de l'exploitant);
de l'importance de l'hypothèse dans un calcul (une variation de 10% sur les quantités
d'un aliment qui représente 80% de la ration aura plus d'importance qu'une variation
de 50% d'un aliment qui représente 5% de la ration).

f) Calcul par différences des valeurs inconnues

Pour les aliments dont les quantités ingérées ou les valeurs énergétiques sont inconnues
(apport du parcours, d'une jachère, etc.), leurs apports peuvent être estimés comme la
différence entre les besoins des animaux et la quantité d'UFL des aliments dont les quantités
sont connues.
g) Analyse du bilan fourrager
Cette analyse conduit à tirer quelques conclusions importantes sur le fonctionnement de
l'élevage et à poser de nombreuses questions quant à son devenir:

Analyse de la ventilation des apports alimentaires


Au niveau de l'animal:

Quelle est la part des différents besoins des animaux dans les besoins totaux (UFL entretien /
UFL totales)? Cette part vous semble élevée ou faible? Y a-t-il des différences entre espèces?

Au niveau des aliments:

Quelle est la place respective des aliments grossiers et des aliments concentrés dans les
apports alimentaires totaux? Comment interviennent ces aliments aux différentes périodes de
l'année? Comment peut-on expliquer une telle situation?
Au niveau du troupeau:

On peut préciser l'importance des troupeaux en calculant la part des apports qui revient à
chaque espèce (UFL pour bovins / UFL totales, UFL pour ovins / UFL totales, etc.). Par la
suite, certaines questions méritent d'être posées, par exemple:
- les ressources alimentaires sont-elles réparties en fonction de l'importance des UGB de
l'espèce en confrontant le ratio UFL de l'espèce / UFL totales au ratio UGB de l'espèce / UGB
totales?;
- sont-elles réparties en fonction du gain que l'on peut espérer de chaque troupeau?;
- le sont-elles en fonction d'un autre quelconque critère?;
- pourquoi l'éleveur favorise t-il du point de vue alimentaire une espèce par rapport à une
autre?

Au niveau de l'exploitation:

Quelles sont les surfaces et les cultures qui contribuent le plus à l'alimentation du troupeau?
Y a-t-il spécialisation de certaines surfaces ou de certaines cultures pour un type d'animal
donné (fève pour les bovins, orge pour les ovins, etc.)? Pourquoi? Quelle est l'importance du
parcours? Pourquoi est-t-il si important?
Au niveau de l'ensemble de la production:

On peut apprécier la forte ou la faible dépendance de l'exploitation vis-à-vis du marché en


calculant les parts des aliments achetés et des aliments produits sur l'exploitation dans les
apports alimentaires globaux (UFL achetés / UFL totales et UFL produits / UFL totales).
Quelle est la part des UFL fournies par l'exploitation sur le total nécessaire au troupeau?

Analyse des variations inter saisonnières de l'offre et des besoins


Y a-t-il de grandes différences dans l'offre et les besoins entre les saisons? La période d'offre
maximum correspond telle à un gaspillage ou bien y a-t-il certains fourrages et autres
aliments qui ne sont pas consommés immédiatement, mais stockés (paille, foin, ensilage, etc.)?
La période d'offre minimum oblige-t-elle l'éleveur à agir sur la conduite du troupeau (ventes
d'animaux, achats d'aliments, association, etc.)? Le report d'aliments d'une saison à l'autre
est-il important? Y a-t-il une bonne résistance aux aléas? L'exploitant agit-il sur la conduite
de l'élevage pour faire coïncider la période où les besoins des animaux sont élevés avec la
période où l'offre est importante? Comment?

Liaisons "élevage - productions végétales"


Cette liaison existe à tous les niveaux du bilan fourrager. À partir de l'analyse de la
contribution des productions végétales dans l'offre alimentaire totale, on peut établir pour
chaque troupeau son degré de dépendance vis-à-vis du système de production végétale
.
Ce degré de dépendance peut être plus ou moins fort selon qu'il s'agit de bovins ou d'ovins
par exemple. Les relations élevage - productions végétales peuvent être bien illustrées à l'aide
d'un graphique.

Étude de l'équilibre du système, contraintes et possibilités


Pour mieux comprendre les contraintes subies par l'éleveur et analyser ses possibilités, on
peut chercher à modifier l'équilibre du bilan fourrager précédent de deux façons différentes:

Soit en modifiant l'offre, par exemple en étudiant les conséquences d'une année
défavorable. Il est très important de comprendre que le calendrier fourrager et, par
conséquent, la conduite du troupeau varie considérablement d'une année à l'autre.

Il faudra analyser toutes les modifications du système de production en notant ce qui est subi
par l'éleveur (mortalité, amaigrissement), ce qui est voulu (augmentation des animaux achetés
pour l'embouche, vente plus tardive ou plus précoce, vente de fourrage, report de stocks, etc.)

Soit en modifiant les besoins des animaux pour une offre identique, par exemple en les
augmentant ou en variant leur répartition, etc. pour la campagne étudiée. A cet effet on
étudiera les conséquences:

+ d'une augmentation des effectifs;


+ d'une action thérapeutique (mortalité presque nulle);
+ du maintien du poids adulte (pas d'amaigrissement). L'examen des variations suggère les
questions suivantes:
+ Comment peut-on modifier le calendrier fourrager?
+ Quels reports des fourrages faut-il faire?
+ Quels achats d'aliments sont nécessaires? En d'autres termes quelles sont les contraintes
majeures et les facteurs favorables.

Conclusions: insertion de l'élevage dans l'exploitation agricole


Il s'agit maintenant de mener une réflexion de synthèse qui permet de mesurer précisément la
place de l'élevage dans cette exploitation en mettant en évidence l'importance des
interrelations. La difficulté consiste à rassembler des données éparse:
- la relation entre l'élevage et la main-d'œuvre: cf. bilan main-d'œuvre;
- la contribution de l'élevage à la trésorerie de l'exploitation: cf. compte trésorerie;
- la relation entre l'élevage et l'utilisation des produits: cf. synthèse "destination des produits"
et "vente et achats";
- la relation entre l'élevage et le système agricole: cf. bilan fourrager;
- la relation entre l'élevage et l'évolution de l'exploitation: cf. historique de l'élevage.

Au terme de votre étude et à travers les résultats de vos analyses, vous êtes en mesure
d'apporter des réponses à quelques questions relatives à:
- la place réelle de l'élevage dans l'exploitation;
- le rôle que joue l'élevage;
- les différentes fonctions complémentaires que remplies l'élevage: trésorerie, thésaurisation,
prestige, etc.
- les objectifs visés par l'éleveur (non pas ceux déclarés, mais ceux que vous percevez) et leur
classification par ordre de priorité.
Illustration d'un bilan fourrager
M= Mesuré, H = Hypothèse, I = Inconnu, D = Déclaré, C = Calculé, MB = Matière Brute,
UFL = Unité Fourragère Lait
Chapitre 5:
Analyse socio-économique de
l’exploitation agricole

5.1 Historique de l'exploitation


Il faut maintenant reprendre tous ces éléments historiques qui forment la trame du passé de
l'exploitation agricole, et les confronter, les associer par le moyen d'un schéma de synthèse,
dont un exemple vous est donné ci-joint. Ne mettez dans ce schéma que les faits les plus
importants ou les plus signifiants.
Quels sont les faits remarquables à noter?
Commentez les cohérences et les incohérences qui apparaissent ainsi.
L'historique de l'exploitation comprend l'évolution de l'assiette foncière, celle du cheptel et
celle du matériel.

5.1.1 L'historique de l'assiette foncière


L'assiette foncière de l'exploitation évolue selon les intégrations de terres du fait de:
l'accroissement du capital par:
-héritage reçu
° dans l'indivision avec des cohéritiers;
° individuellement;
° par le chef d'exploitation;
° par son conjoint;
° par un membre de sa famille qui fait partie de son ménage.

-achat
° à des cohéritiers;
° à des voisins;
° à des personnes avec qui le chef d'exploitation entretient des relations
professionnelles;
° à des personnes avec qui il entretient des relations amicales;
° à des personnes d'autres catégories.

-don reçu d'un parent ou d'une autre personne.


-défrichement,
-aménagement d'une terre nue ou de terre gagnée sur un marécage,

de diminution du capital par:


-partage entre cohéritiers jusqu'alors dans l'indivision;
-don préférentiel anticipé à un membre de la famille équivalent à ou en plus de la part qui
lui reviendra lors de la succession du chef d'exploitation;
-spoliation par une personne avec laquelle le chef d'exploitation est en conflit, ou
restitution de son droit à cette personne;
-hypothèque (garantie d'une dette);
-vente;
-catastrophe naturelle.
La surface exploitée en faire valoir indirect peut
augmenter par:
-location;
- ou prise à part du produit;
- ou cession sans contrepartie;

de la part d'une ou de plusieurs personnes: membre de la famille vivant ou non dans le


ménage;
° cohéritier;
° voisin;
° personne possédant de la terre dans le voisinage et vivant ailleurs;
° personne qui ne dispose pas de moyens (main d'œuvre, financement, compétence)
d'exploiter sa terre (en partie ou en totalité);
° personne qui exerce une autre activité.
Elle peut diminuer par abandon de parcelles prises à bail.
Il est aussi possible que des agriculteurs procèdent à l'échange de parcelles sur une campagne
ou sur une plus longue période, du fait, le plus couramment de leurs localisations par rapport
aux habitations et aux noyaux de terres cultivées des deux parties.

5.1.2 L'évolution du cheptel


Les facteurs d'augmentation ou de diminution du cheptel, l'introduction, l'abandon, la
réintroduction d'espèces, de systèmes de conduite de l'élevage, sont de l'ordre
-de maladies;
- de catastrophes naturelles;
-de réglementations;
- de la disponibilité de ressources gratuites (en eau, en végétation, en main d'œuvre);
- de la disponibilité de moyens financiers permettant une conduite intensive ou la location
de pâturages, de droit d'usage de points d'eau, le recrutement de main d'œuvre;
- de la situation de l'offre ou de la demande de prise d'animaux à bail;
- des cours du bétail sur les marchés visés par le chef d'exploitation;
- des prix auxquels les animaux que pourrait produire l'exploitation pourraient être vendus
sur le marché.

5.1.3 L'évolution du matériel et de la possibilité d'en disposer


Le diagnosticien doit aider le chef d'exploitation à dresser un état et à reconstituer l'historique
du matériel
- qu'il possède,
- mis à sa disposition par des entrepreneurs de travaux à façon,
-de l'état de ces deux catégories d'outils,
-des pannes qui ont affecté son matériel,
-des coûts
- d'entretien,
-de location, de matériel ou de services (travaux à façon),
du calendrier de la disponibilité du matériel mis sur le marché par les entrepreneurs de
travaux à façon.

5.2 Les rapports de production


Le système de fonctionnement de l'exploitation agricole, les interactions entre ses éléments,
sont réglés par les relations:
- entre les personnes impliquées dans le fonctionnement interne de ce système
- entre ces personnes, essentiellement le chef d'exploitation et des personnes extérieures
à l'unité de production.

Ces relations sont organisées par des contrats, des règlements, qui en fixent les normes. La
pratique quotidienne des activités de l'exploitation est faite d'attitudes et de comportements
plus ou moins conformes aux termes de ces contrats.

5.2.1. Les termes des contrats liant les agents de la production


[Link]. Les termes des contrats

Chaque entente tacite ou contrat passé entre le chef d'exploitation et les personnes impliquées
dans son système de production doit être décrit de façon détaillée sous forme d'une fiche
particulière selon la grille suivante, avec les modifications exigées par les caractères propres
de l'exploitation étudiée. Le libellé doit mettre en évidence les clauses explicites et les clauses
tacites.

a) Ententes et contrats passés avec des bailleurs ou preneurs de terre et des prestataires de
services
- objet du contrat (fourniture de travail, prestation d'un service, disposition d'un bien,
vente d'un produit fini, de façon détaillée)
- date de la passation du contrat,
- date de son entrée en vigueur,
- échéance prévue
- mode de formulation (tacite, oral, écrit, enregistré auprès d'une institution, laquelle)
- inclusion d'une clause de reconduction ou non, conditions de reconduction,
- caractères du partenaire du chef d'exploitation (sexe, âge, statut matrimonial, statut
social, statut économique (biens possédés), lieu de résidence, activité, relations
personnelles avec le chef d'exploitation,
- apports (détaillés: quantités, qualités calendrier, autres conditions)

-du chef d'exploitation,


- de l'autre partie,
- bénéfices (détaillés: quantités, qualités calendrier, autres conditions)
-du chef d'exploitation,
- de l'autre partie,
- clauses particulières concernant l'usage du bien, ou l'exécution du travail ou du
service (choix d'une culture, calendrier de récolte d'un produit agricole vendu sur
pied, sexe de animaux constituant la part du croît revenant à un preneur, etc.)
- prévention et prévision de torts (date de récolte,…),
- prévision de recours pour la partie lésée, instance, échéance, délais supplémentaires,
- prévision de pénalités envers la partie fautive,
- objectifs et intentions qui ont poussé chacune des parties à passer ce contrat,

b) Ententes et contrats passés par le chef d'exploitation avec des travailleurs (y compris avec
des membres de sa famille et de son ménage)
statut de l'employé ou de la catégorie d'employés
- - selon son statut par rapport au chef d'exploitation, et ses relations personnelles avec
lui (membre du ménage, de la famille, voisin, fils d'un employé, fils d'un homme qui a
été employé par le père de l'exploitant, personne recommandée pour sa compétence,
personne originaire d'une région réputée pour la compétence de sa population,
inconnu, etc.)
- - selon la durée d'emploi (occasionnel, saisonnier, permanent)
- - selon la formule de sa rémunération (journalier (c'est-à-dire payé pour les jours
travaillés effectivement), à la tâche, payé par quinzaine ou par mois),
- -selon la stabilité de l'emploi (selon le point de vue du chef d'exploitation),
- lieu de recrutement,
- adresse,
- lieu de résidence pendant la durée du travail dans l'exploitation,
- descriptif des tâches qu'ils ont à effectuer,
- rémunération en espèce (montant et fréquence),
- retenues prévues (montant et causes),
- avantages en nature (description, rythme, régularité, garantie de régularité),
- prévision ou non de modalités de contrôle du travail,
- prévision de modalités de règlement d'une rupture du contrat (d'un commun accord ou
par une des deux parties) (préavis, indemnités, réparations, pénalités, moratoire,
amnistie…),
- point de vue et perspectives du chef d'exploitation concernant les tâches confiées à ce
ou ces travailleurs, la compétence de ces derniers, les souhaits, projets et prévisions
du chef d'exploitation pour l'exécution de ces tâches,
- projets et aspirations du ou des employés.

[Link] Les rapports de forces entre les contractants


Quand les rapports de forces entre les parties sont inégaux,
- si c'est le chef d'exploitation qui domine, il peut bénéficier de travail ou de moyens de
production gratuits ou à moindres frais, et, ainsi, minimiser son coût financier.
- si c'est un employé, ou un associé, il peut obtenir l'amélioration de ses conditions de
travail, ou de sa part des bénéfices.

Un commerçant (le chef d'exploitation ou un de ses partenaires), peut infléchir les prix dans
le sens qui lui convient le mieux. Quant à la personne qui est dominée, soit elle se sent
acculée, soit elle a le sentiment de bénéficier d'un moyen de production ou d'un produit de
consommation gratuit, ce qui lui permet de minimiser ses dépenses; mais, dans les faits, si
cela lui permet de survivre, c'est à un coût plus fort en termes de valeur échangées, aussi bien
en quantité qu'en qualité, donc avec des niveaux de résultats plus bas.
[Link]. Les constats et les analyses

5.2.2 Les rapports de production à l'intérieur de l'unité de production

Tout au long des périodes qu'ils passent dans l'exploitation agricole, les responsables du
diagnostic mènent une observation quotidienne des relations entre les personnes impliquées
dans le fonctionnement du système de production, y compris entre le chef d'exploitation et
ses enfants. Ce diagnostic a en particulier pour objectif l'identification du chef d'exploitation.
Cette identification n'apparaît pas toujours clairement de prime abord. Pour la réaliser de
façon fiable, il faut dresser un tableau d'inventaire des décisions, passation des consignes et
exécutions des tâches. On y porte en lignes la totalité des opérations faisant partie
directement et indirectement de la production (concernant les cultures pratiquées, les
assolements, les calendriers et techniques de conduite des cultures, la destination des produits,
les calendriers de ventes, les espèces d'animaux élevées, la taille des troupeaux, leur
alimentation, leur reproduction, le calendrier de vente des animaux, les clients, le recrutement
de la main d'œuvre, l'affectation de la main d'œuvre familiale, l'utilisation des revenus, etc.)
On indique dans trois colonnes quelles sont les personnes qui en en prennent la décision (col.
1), qui en donnent la consigne (col. 2) et qui exécutent ces tâches ou ces activités (col. 3) (Les
opérations sont très détaillées, ex.: date de semis-recrutement de travailleur pour le semis-
achat de semence-semis etc.). On indique pour chacune si c'est une seule personne qui en
prend la décision, et qui est cette personne (le père, ou la mère ou un fils, ou autre), ou si la
décision est prise après concertation entre deux personnes (en indiquant lesquelles), ou
plusieurs, ou l'ensemble de la famille; on note qui transmet cette décision aux exécutants; qui
sont ces exécutants.

5.2.3 Le ménage et la famille du chef d'exploitation

[Link] La composition du ménage et de la famille


Quel que soit le système de production selon lequel est gérée une exploitation agricole,
comme toute entreprise, un des objectifs du chef d'entreprise est la consommation finale.
L'unité au sein de laquelle se fait et s'organise la consommation finale est le ménage. Au
ème
début du XXI siècle, dans les campagnes marocaines, il est rare, et même exceptionnel
(pénitenciers agricoles), que le ménage d'un chef d'exploitation agricole n'ait pas pour noyau
central sa famille, que son lieu de résidence soit le centre de l'exploitation ou qu'elle vive
ailleurs, notamment dans une ville, et que ses membres participent ou non aux activités de
l'exploitation. De plus, le chef d'exploitation peut faire participer des membres de sa famille,
ou d'autres personnes, qui ne font pas partie du ménage au fonctionnement de l'exploitation,
ou leur affecter une part de ses revenus.
Dans la chaîne de la production, la consommation finale du ménage du chef d'exploitation
doit donc être étudiée. Dans la majorité des cas, celle des ménages de ses employés n'a pas
lieu d'être prise en compte. Du point de vue de l'exploitation, ce sont des individus liés au
chef d'exploitation par un contrat et par une rémunération, salaire ou part du produit, qu'ils
soient versés en espèces ou en nature; leur consommation passe par ces salaires, ou par
d'autres sources de revenus; même les prélèvements directs qu'ils peuvent faire sur les
produits de l'exploitation (lait, grain, etc.) dépendent du mode de gestion et de la décision du
chef d'exploitation et doivent donc être comptabilisés comme des avantages en nature.
Un autre élément à identifier est la totalité de la famille du chef d'exploitation. En effet, de la
même façon que le ménage peut comprendre des membres qui ne font pas partie de la famille
(essentiellement des ouvriers permanents, ou des bergers, nourris et logés), les membres de la
famille ne vivent pas tous avec leurs parents et ne sont pas tous à la charge du chef de famille;
une partie d'entre eux ont d'autres lieux de résidence. Néanmoins, ils ont passé une partie de
leur vie chez leurs parents, ils entretiennent avec eux des relations plus ou moins régulières,
plus ou moins intenses, plus ou moins bonnes. Ces personnes peuvent être des fils ou des
filles du chef d'exploitation, ou des frères et sœurs qui ont longtemps vécu sous son toit.
Répétons que les personnes qui ne font partie ni de la famille du chef d'exploitation, ni de son
ménage et qui contribuent au fonctionnement de l'exploitation ou reçoivent une partie de ses
revenus doivent être étudiées dans des rubriques particulières, de façon à cerner sans
confusion ni ambiguïté le système de production et la stratégie du chef d'exploitation.
Au cours des inventaires, il faut observer et décrire la composition du ménage du chef
d'exploitation, en s'intéressant particulièrement à la caractérisation de chacun de ses membres
selon leur statut par rapport au chef d'exploitation (conjoint, fils, fille, époux d'une fille, ou
épouse d'un fils, petit fils, petite fille, mère, berger, etc.), la durée de sa présence dans le
ménage, ses activités, ses moyens d'existence, la part des revenus du chef d'exploitation qui
revient à sa consommation, sa participation aux revenus du ménage.
Il faut aussi dresser un tableau de la composition de sa famille, en ajoutant aux caractères
mentionnés ci-dessus le lieu de résidence et le mode de vie de ses membres qui ne font pas
partie de son ménage.

a) Le ménage
Le recensement du ménage du chef d'exploitation se fait avec un de ses membres faisant
partie de sa famille. Il est vérifié avec le chef d'exploitation. La composition du ménage est
consignée dans un tableau dont chaque ligne est consacrée à l'inscription d'une personne et de
ses caractéristiques.

b) La famille
La composition de la famille est notée en construisant avec les interlocuteurs son arbre
généalogique en remontant jusqu'à la personne qui a entamé la constitution du patrimoine
familial.
L'inscription, pour chacune des personnes portées dans l'arbre généalogique de,
- son lieu de résidence,
- son sexe (qui sera, lors de l'analyse, mis en relation avec son droit à l'héritage et, selon
les cas, son statut dans la famille),
- ses activités,
- sa participation à la constitution, au démantèlement ou à la concentration du
patrimoine.

Permet de faire l'analyse


- des liens de chacun des membres de la famille avec le fonctionnement de
l'exploitation,
- des liens entre l'évolution géographique et professionnelle des membres de la famille
et le statut social de cette dernière,
- du patrimoine, de son évolution de ses perspectives, du champ géographique,
professionnel et social d'action du chef de ménage et des membres de sa famille.
- du rôle, dans les stratégies de relations sociales, des alliances matrimoniales nouées
par la famille,
[Link] Les activités exercées hors de l'exploitation agricole et les revenus qui en sont
issus (voir additifs)

[Link] Les relations au sein du ménage et de la famille, les liens entre l'exploitation et le
ménage

Au cours de leurs séjours dans l'exploitation agricole, les responsables du diagnostic mènent
une observation quotidienne des relations au sein du ménage, notamment des relations entre
parents et enfants.
En premier lieu, le chef de ménage peut être le chef d'exploitation ou une autre personne.
Dans ce dernier cas, chacune des deux responsabilités peut être assumée par le père de
famille, un frère, un fils, plus rarement la mère ou l'épouse, ou une autre personne. Cela se
trouve surtout quand le chef de ménage exerce à plein temps une activité hors de
l'exploitation et qu'il confie la direction de cette dernière à un membre de son ménage. Dans
tous les cas, soit le fait est reconnu et formalisé, soit une personne est déclarée comme chef,
alors que c'en est une autre qui est le chef réel.
De plus, l'autorité du chef de ménage peut être plus ou moins forte. Il peut être le seul à
prendre les décisions guidant la vie du ménage et de ses membres, de tous âges et des deux
sexes. Il peut prendre ses décisions après concertation avec des membres du ménage, ou de la
famille restreinte, ou de sa parentèle, ou avec des relations, amis ou autres. Il peut participer à
la prise des décisions à égalité avec d'autres membres du ménage.
L'identification du statut dans la famille et de la répartition des responsabilités se fait à partir:

- de la description des points sur lesquels portent les décisions relevant de la vie
familiale (l'affectation de la main d'œuvre familiale, l'utilisation des revenus, la
scolarisation des enfants, le mariage des enfants, etc. Les opérations sont très
détaillées, ex.: mariage du fils aîné-moment (âge)-conjoint, mariage du 2ème
fils-moment (âge)-conjoint, mariage de la fille aînée-moment (âge)-conjoint etc.). On
indique dans trois colonnes quelles sont les personnes qui en en prennent la décision
(col. 1), qui en donnent la consigne (col. 2) et qui exécutent ces tâches ou ces activités
(col. 3). On indique pour chacune si c'est le père, ou la mère ou un fils, ou autre qui en
prennent la décision, ou si la décision est prise après concertation entre deux
personnes (en indiquant lesquelles), ou plusieurs, ou l'ensemble de la famille; on note
qui transmet cette décision aux exécutants; qui sont ces exécutants).
- du poids de chacun dans les décisions prises,
- de l'observation des relations quotidiennes entre membres du ménage, caractérisées en
termes d'attitudes, de comportements et de langage employé vis-à-vis des plus âgés,
des plus jeunes, de vocabulaire, d'utilisation des éléments de confort, de façon de se
tenir en assemblée, de présence ou d'absence quand des étrangers à la famille sont
dans la maison, de réactions aux propos des autres, à la consigne d'exécuter une tâche
dans l'exploitations, de façon de s'acquitter des tâches domestiques, des services
demandés, de liberté de sortir de la maison, de la cour, d'aller au souq, de voyager,
etc.

Au cours de l'analyse, ces caractères entrent dans l'étude:


- des relations entre l'exploitation et le ménage, marquées par:
- les liens entre les décisions concernant l'exploitation et celles concernant le ménage;
- les transferts de produits entre exploitation et ménage;
- les apports de travail de membres du ménage à l'exploitation;
- la participation de membres du ménage au financement de l'exploitation;
- la part des revenus de l'exploitation qui revient aux ménages;
- la participation d'employés de l'exploitation au travail d'entretien du ménage.
- - de l'appréciation de l'efficacité comparée des différents systèmes économiques de
gestion passe par: la recherche de différences selon que le chef de ménage est ou non
le chef d'exploitation;
- la confrontation entre système technique de production et de gestion de l'exploitation
et mode de vie du ménage (en insistant sur leurs degrés de modernité et leurs coûts de
fonctionnement).
- du poids des stratégies personnelles des différentes personnes impliquées dans le
fonctionnement et l'avenir de l'exploitation et dans l'évolution du patrimoine, en les
confrontant avec: le sexe et âge de chacun,
- les activités de chacun,
- la participation aux revenus et aux dépenses de chacun,
- le temps que passe chacun dans le ménage, etc.

La participation de membres du ménage ou de la famille du chef d'exploitation au système de


production est décrite dans la description du ménage et de la famille, dans l'inventaire des
personnes qui travaillent dans l'exploitation, dans l'état des comptes de production.
Son analyse entre dans celle de toutes ces rubriques plus dans l'analyse comptable de
l'exploitation. Elle passe par l'appréciation des relations internes qu'elle implique, apports
financiers de chacun, tâches et compétence, statut dans l'organisation et la hiérarchie,
rapports d'autorité.

5.2.4 Les relations avec d'autres agents


Le système de production et le fonctionnement d'une exploitation agricole dépendent autant
de ses facteurs de production propres, capital, travail, que de ses relations avec des agents
extérieurs.
Ces agents sont plus ou moins nombreux selon le degré d'intégration de l'exploitation au
marché. Rappelons que cela peut être:
- les associés du chef d'exploitation et/ou d'autres membres de la famille ou d'autres
agents de la production, y compris les bailleurs et les preneurs de moyens de
production,
- les employeurs de membres de la famille,
- les fournisseurs de produits, de services, de matériel,
- les clients, acheteurs des produits,
- les personnes et organismes prêteurs d'argent,
- les organismes d'encadrement et d'information.

De plus, les relations économiques entretenues dans le cadre d'autres activités que celle de
l'exploitation et les relations purement sociales peuvent, elles aussi avoir des retombées sur le
fonctionnement de l'exploitation.

5.2.5 Les personnes qui consomment les produits de l'exploitation sans être acteurs du
système de production
De plus, les relations économiques entretenues dans le cadre d'autres activités que celle de
l'exploitation et les relations purement sociales peuvent, elles aussi avoir des retombées sur le
fonctionnement de l'exploitation.
Un chef d'exploitation peut décider de faire des dons à différentes catégories de personnes,
membres de sa famille, institutions, fondations, autres, sous différentes formes, en espèces ou
en nature.

Attention
Il ne faut confondre un don, qui relève en principe exclusivement de l'initiative du donateur,

- ni avec la part versée aux bailleurs et aux preneurs de moyens de production selon les
termes des contrats passés dans des termes professionnels, ou les intérêts, prévus dans
le contrat d'un crédit
- ni avec les taxes et impôts, dépenses fiscales obligatoires.
Au cours de l'étape d'inventaire, il faut:
- décrire les modalités de don: montants, fréquence, régularité, calendrier, …
- caractériser les personnes qui les reçoivent: membres de la famille, proches ne vivant
pas à la charge du chef d'exploitation, éloignés, fondations et autres institutions
religieuses, voisins pauvres, amis et autres, partenaires professionnels, membres de
réseaux sociaux et économiques, en identifiant leurs lieux de résidence, leurs liens
avec le chef d'exploitation, en estimant leurs niveaux de propriété et de revenus,…

Les constats prennent la forme de tableaux de récapitulation de ces caractères.


L'analyse des effets de ces dons sur le fonctionnement de l'exploitation est à l'intersection
entre les questions d'emploi de travailleurs, de niveau des dépenses, de niveau de
minimisation des coûts de production, de dynamique du patrimoine et de l'exploitation, de
trésorerie, de train de vie, de statut social du chef d'exploitation, de stratégies et de
perspectives.
Elle doit donc se faire, en termes mêlant les quantifications et évaluations et les descriptions
et appréciation de la qualité de la gestion de l'exploitation et de l'ensemble de la stratégie du
chef d'exploitation, entre celle de la comptabilité et le diagnostic final Elle se conclut en
mesurant les échanges réels de services, de biens, d'appuis mis en jeu sous cette forme de
dons.
On y confronte:
- l'appréciation du coût économique des dons (en valeur sur le marché/coût de
production en espèces+ en facteurs non rémunérés décrits puis évalués à leur prix sur
le marché + éventuellement dépenses, si les produits offerts sont achetés, + dépenses
supplémentaires indirectes, du point de vue économique, du fait que des produits
offerts auraient pu être consommés et qu'il a fallu acheter des substituts)
- et leurs bénéfices économiques et sociaux (évaluation des économies de moyens, de la
minimisation des coûts monétaires de la production, de l'apport de travail, expansion
de l'entreprise, de son marché,…).

Les réseaux
Statut social du chef d'exploitation:

- au sein de la communauté locale


- dans d'autres communautés
- de relations sociales Insertion, voisinage, proximité, distances élargissement de son
champ d'action ouverture sur des marchés diversification de ses activités

5.3 Le travail
Le travail effectué pour réaliser chaque activité de l'unité de production est enregistré au
cours des inventaires des activités.

5.3.1 La disponibilité en travailleurs selon différents systèmes de normes


Les catégories de personnes disponibles pour contribuer au système de production sont
différentes dans les exploitations gérées selon une séparation entre la production et la
consommation et dans celles qui gardent un fondement familial.
Dans le premier cas, ce sont les employés salariés permanents. Ils sont, selon les termes de
leurs contrats, susceptibles d'être sollicités à n'importe quel moment ou à des moments
définis.
Dans le deuxième cas, s'y ajoutent des membres de la famille du chef d'exploitation, auxquels
il peut faire appel, selon les cas:
- pour les uns à plein temps,
- pour une partie à des périodes régulières,
- pour d'autres, enfin, irrégulièrement.

Cette disponibilité est évaluée différemment selon les systèmes de normes guidant différentes
conceptions, systèmes
- des économistes
- du bureau international du travail
- de la communauté (majorité des producteurs locaux ou personnes qui font autorité
localement)
- du chef d'exploitation.

La force de travail d'une personne dépend de son âge et de son état physiologique. Pendant
longtemps, on a estimé que le sexe était un facteur de plus ou moins grande force de travail.
Mais la progression accélérée de la pratique par des femmes d'activités considérées comme
exclusivement du ressort d'hommes par les normes dominantes rend cette conception
caduque.
Par ailleurs, la démarche, suivie par de nombreux diagnosticiens, qui consiste à pondérer
l'apport de chaque travailleur par un coefficient de force de travail en fonction de son âge et
de son état physiologique doit être suivie de façon marginale. En effet, elle procède par
amalgame en intégrant dans un coefficient toutes les caractéristiques, âge, aptitude, capacité,
qui ont des implications juridiques, sociales, économiques, culturelles, et réduit ainsi la
richesse des analyses. En fait, on doit y recourir, en parallèle avec l'étude selon les normes
locales et selon les normes sociales et morales du BIT pour comparer les conclusions sur la
qualité du fonctionnement de l'exploitation qui peuvent être tirées par les tenants de différents
points de vue et principes.

5.3.2 Les normes de travail requis


L'inventaire des différents systèmes de normes du travail requis et de la force de travail
disponible débouche sur la confrontation entre les faits selon ces différentes conceptions, qui
suit la démarche guidant l'ensemble de l'analyse et du diagnostic. Cette confrontation est,
dans le cas de l'emploi, un outil de compréhension des logiques et stratégies du chef
d'exploitation par rapport aux membres de sa famille et par rapport à ses employés, à son
budget main d'œuvre, et aussi des éventuelles antagonismes entre les stratégies du chef
d'exploitation et de ces personnes.
Selon les systèmes de normes des différentes conceptions de chacune des activités
Système de normes
- des agronomes,
- de la communauté (majorité des producteurs locaux ou personnes qui font autorité
localement),
- du chef d'exploitation.

5.3.3 Les travailleurs disponibles


L'inventaire des travailleurs disponibles se fait après la description exhaustive, technique et
économique des activités productives,
- en référence aux travailleurs mentionnés à cette occasion,
- en dressant l'inventaire des membres du ménage du chef d'exploitation,
- en retraçant l'histoire de l'exploitation étudiée,
- en reconnaissant les caractères de son voisinage. Chaque personne faisant partie du
corps de travailleurs disponible est décrite selon
- son âge (selon chacun des systèmes de normes),
- son sexe (selon chacun des systèmes de normes),
- sa compétence et son expérience (selon chacun des systèmes de normes),
- le calendrier de sa disponibilité effective,
- son statut par rapport au chef d'exploitation et les conditions socio-juridiques de sa
disponibilité,
L'effectif de ces personnes est dénombré et ventilé selon une première classification d'après
les caractéristiques respectives de chacun.

Remarque: Les personnes qui font partie du ménage du chef d'exploitation, qu'elles soient
des membres de sa famille ou non, mais qui exercent une activité principale en dehors de
l'unité de production participent partiellement ou ne participent pas du tout à son
fonctionnement.

Parmi celles qui participent au fonctionnement de l'exploitation, certaines le font par l'apport
de moyens, notamment financiers. Ces apports sont étudiés avec la comptabilité et avec les
rapports de production. D'autres participent au travail en dehors de leurs horaires et périodes
de travail principal. Ils doivent être comptabilisés comme disponibles aux périodes où elles
sont réputées (d'après les normes familiales) devoir travailler à l'exploitation et le travail
qu'elles ont effectué doit être comparé au temps où elles sont disponibles.
5.3.4 Description des tâches réalisées dans chaque opération
Ces inventaires sont composés d'une fiche pour chaque opération de chaque spéculation
agricole ou d'élevage, dont de nombreux points concernent le travail.

Attention
La description des pratiques se fait à partir d'observations et de déclarations de normes. Voir
dans la rubrique histoire la méthode à suivre pour reconstituer les pratiques à partir des
déclarations de normes.

5.3.5 Historique du travail et des travailleurs engagés dans chaque activité


L'évolution de tous les aspects du travail énumérés ci-dessus doit être retracée par le chef
d'exploitation ou par des personnes impliquées dans la production. Cet historique doit donner
une place privilégiée à l'évolution des spéculations, des personnes affectées aux différentes
tâches, selon leur compétence, leur sexe, leur âge, leur statut, leur rémunération.

Les constats
La récapitulation et la mise en évidence des caractères déterminants sont faits selon plusieurs
points de vue dans des tableaux et sur des cartes.

[Link] Le calendrier de l'emploi


Calendrier d'activité des travailleurs (en journées de travail) selon
-leur statut/chef d'exploitation,
- leur état physiologique,
- leur statut professionnel,
- leurs fonctions,
- leurs tâches,
- leur rémunération,

Calendrier de l'emploi de travailleurs de chaque catégorie et de la comptabilité de leur


rémunération (un tableau par système de normes),
calendrier technico-économique (social et financier) de chaque activité,
calendrier technico-économique (social et financier) de l'ensemble de la campagne.

[Link] La rémunération des travailleurs


Rémunération (forme, valeur, modalités) des travailleurs/les mêmes critères que pour
les calendriers,
Coût global de chaque opération,
Ventilation du coût selon les statuts des travailleurs,

[Link] Le statut des travailleurs


Selon leur lien avec le chef de famille (membres de la famille, étrangers à la famille),
selon leur mode de rémunération (non rémunérés, rémunérés par une part des produits,
salariés),
selon la période pendant laquelle ils travaillent dans l'exploitation (permanents,
temporaires, saisonniers, occasionnels),

[Link] Les catégories de travailleurs selon les normes du chef d'exploitation


Les critères du classement des travailleurs en catégories dépendent de l'organisation du
travail dans l'exploitation. Ce peut être l'état physiologique des travailleurs (âge, sexe),
leur statut social (âge, sexe),
leur statut professionnel,
leurs fonctions (gestion, contrôle, exécution),
les tâches qu'ils exécutent (en insistant sur la durée et la pénibilité des tâches et sur la
compétence qu'elles demandent).

Les analyses doivent être faites selon la logique de cette classification et selon les autres
logiques de référence présentées ci-dessus.

[Link] Le rayon de recrutement


Les lieux - d'origine, - de recrutement, - de résidence, des personnes qui participent
directement à la production doivent être porté avec le chef d'exploitation et avec les intéressés
sur des fonds de carte dont chacun est à une échelle permettant de couvrir la totalité des aires
concernées.

[Link] L'historique de l'emploi


Les faits remémorés doivent être organisés dans des tableaux permettant chacun
l'identification immédiatement des périodes et des dates charnières selon la continuité ou les
ruptures marquant:
l'effectif de travailleurs,
l'effectif de travailleurs des différents statuts,
leur compétence,
le coût de leur emploi.

Tableau 5.7: Calendrier récapitulatif du travail consacré à chaque activité productive

Tableau 5.8: Calendrier récapitulatif du travail fourni selon le statut des travailleurs

Tableau 5.9: Calendrier récapitulatif du travail fourni par chaque catégorie de


personnes intervenant dans la production
Tableau 5.11: Historique de l'emploi
Dans les très grandes unités de production où un grand nombre de personnes sont employées

* gestion et contrôle ou exécution + une ligne par statut/ permanents, saisonniers,


occasionnels ** rémunération/fréquence de paiement + lieu de résidence pendant la période
d'emploi

Dans les exploitations où peu de personnes sont employées


dates fonction tâche rémunéra lieu réside cause cause
personne statut avantage
tion en pendant de de
es en
relat°/chef d'origine recrute départ
d'expl° espèces nature période ment
d'emplo
i

5.3.6 L'analyse
L'analyse est menée en trois étapes.

[Link] Première étape


Temps unitaire d'emploi de chaque activité (durée consacrée à chaque opération X
nombre de personne qui l'exécutent/surface de terre, ou nombre d'arbres, ou effectifs
d'animaux, ou mètres de profondeur de creusement d'un puits, ou de pose d'une
barrière, ou de construction d'un muret, etc.)
Mise en évidence du taux de participation au travail sur chaque chantier (en donnant
une place centrale au type de tâches effectuées par chacun au cours de l'opération)
-des personnes considérées comme disponibles (en soulignant leurs statuts respectifs
par rapport au chef d'exploitation (ouvriers permanents, membres du ménage, etc.) voir
fichier [Link], fiche 1, rubrique sur les rapports de production au sein de l'exploitation)
- des personnes recrutées pour la durée de chaque chantier

Ces calculs se fondent sur le tableau de Récapitulation du travail fourni par chaque catégorie
de personnes. Ils sont établis selon chacun des systèmes de normes.
Calcul du rapport entre disponibilités et utilisations de la main d'œuvre familiale, qui met
en relief:
l'importance du travail effectué par des membres de la famille du chef d'exploitation
par rapport à l'ensemble du travail exécuté, entre autres par rapport à celui effectué
par des travailleurs extérieurs à la famille, en général rémunérés,
le taux de sous emploi de la main d'œuvre familiale selon les différents systèmes de
normes de temps disponible.

Confrontation entre:
la classification des membres de la famille selon leur disponibilité au travail telle
qu'elle a été déclarée par le chef d'exploitation, c'est-à-dire selon la définition des
catégories de personnes susceptibles et non susceptibles de constituer de la main
d'œuvre, de fournir de la force de travail d'après les normes locales.
les activités et l'emploi réel de chaque personne et de chaque catégorie tels qu'ils ont
été observés.

Confrontation entre:
Besoin en travailleurs de chaque compétence pour chaque activité/disponibilité
(calendrier en journées de travail de chaque compétence)
Travail consacré à chaque activité/besoin en travailleurs (calendrier en journées de
travail de chaque compétence)

[Link] Deuxième étape


Cette analyse prend la forme d'une confrontation:
des opérations nécessaires à chaque processus de production et des tâches nécessaires
à chaque opération selon chacun des systèmes de normes (dates et durée du travail de
chaque chantier, nombre de personnes)
avec les tâches réalisées dans l'exploitation, Et, en particulier d'une confrontation:
de la compétence technique et de l'aptitude physique que doivent avoir les personnes
engagées dans ces opérations selon chacun des systèmes de normes
avec les caractéristiques des personnes qui les exécutent dans l'exploitation (âge, sexe,
compétence, rémunération admise (montant en espèces, en nature, périodicité,
évolution, des personnes chargées de la décision, de l'organisation, de l'exécution, du
contrôle).
On prend ensuite en compte la part du travail dans le fonctionnement de chaque branche
d'activité (analyse sectorielle):
calendrier technico-économique (social et financier) de chaque activité (matériel,
intrants, services, journées de travail, en quantités, en coût, et en moyens sociaux),
calendrier technico-économique (social et financier) de l'ensemble de la campagne
(matériel, intrants, services, journées de travail, en quantités, en coût, et en moyens
sociaux)
Travail consacré à chaque activité et compétence des travailleurs/besoin en
travailleurs de chaque compétence pour chaque activité en nombre de journées et en
valeur, qui met en évidence le coût du travail par rapport à la compétence requise,
coût de l'emploi pour chaque activité/coût total de production de chaque activité, qui
fait apparaître le poids de la rémunération du travail dans le système étudié.

[Link] Troisième étape


On étudie enfin la contribution du travail dans la valeur des produits.
Nombre de journées de travail engagées dans chaque activité /quantité produite.
Nombre de journées de travail engagées dans chaque activité /valeur produite.
Salaires engagés dans chaque activité/produit (en valeur) de chaque activité.
Salaires engagés dans chaque activité/ coût de production de chaque activité.
Part des salaires/coût de chaque opération, de chaque spéculation, de chaque branche
d'activité, de l'ensemble de la production.

Caractérisation de l'exploitation étudiée en mettant en évidence:


le bilan entre travail requis selon les deux systèmes de normes dominants (scientifique
et empirique local) et travail mis en œuvre, puis entre le travail mis en œuvre dans ce
système de production et les autres activités des personnes engagées dans le système
de revenu (entreprise ou budget d'une famille) dirigé par le chef d'exploitation: cela
permettra d'estimer la part de l'exploitation agricole dans l'ensemble des activités qu'il
gère, qui est un des critères d'identification du type d'exploitation agricole dans lequel
la classer,
le statut des personnes qui assurent la production, dont on étudiera les interactions
avec les moyens sociaux et financiers consacrés à la rémunération du travail
(identification du type d'exploitation selon que main d'œuvre en majorité rémunérée
financièrement, ou dans le cadre d'échange de bons procédés, ou non rémunérée)
leur état physiologique, qui est mis en relation avec la qualité des résultats de la
production et, en conséquence, permettra de mesurer le degré d'inventivité,
d'efficacité technique et économique du système de production.
Degré de minimisation du coût de la main d'œuvre, des intrants, du matériel permise
par les relations sociales mobilisées (à l'intérieur de la famille et avec d'autres
personnes) pour la réalisation de chaque activité/ produit (en valeur) de chaque
activité.

Recherche du poids relatif des facteurs et contraintes sur le fonctionnement de l'unité de


production (les facteurs qui peuvent être favorables ou contraignants sont d'ordres divers:
sources de financement et trésorerie, statut social du chef d'exploitation, relations familiales,
niveau de compétence technique des personnes disponibles et des personnes sollicitées,
système de normes, projets et aspirations).

5.4 Le capital
5.4.1 Le patrimoine du chef d'exploitation et le capital de l'exploitation

Attention
Il ne faut pas confondre le patrimoine dont le chef d'exploitation est propriétaire, seul ou
dans l'indivision avec des copropriétaires, ou avec des associés et le capital de l'exploitation
agricole qui n'en constitue qu'une partie, mobilisée pour le fonctionnement de cette
exploitation. Un bien donné à bail par le chef d'exploitation ne fait pas partie du capital de
l'exploitation mais de l'ensemble de son patrimoine.
Il ne faut pas confondre le capital foncier (terres possédées par le chef d'exploitation, ou sur
lesquelles il a un droit d'usage) avec l'assiette foncière de l'exploitation agricole (terres qu'il
exploite). Le capital foncier peut constituer la totalité de l'assiette foncière de l'exploitation,
ou n'en constituer qu'une partie, à côté d'une partie prise à bail. Il peut aussi, dans sa totalité,
ne pas être exploité par son propriétaire mais être donné à bail. Enfin, il peut être réparti
entre une partie exploitée et une partie donnée à bail. Cette dernière ne fait alors pas partie
de l'exploitation de son propriétaire mais de celle du preneur et, à ce titre, elle ne doit pas
être étudiée dans l'exploitation du propriétaire, sauf dans la partie comptable, comme source
d'une rente. Elle doit être étudiée dans l'exploitation du preneur.

[Link] Propriété et exploitation


L'exploitation agricole est l'unité de production dirigée par un chef d'exploitation.
Elle est constituée d'éléments qui peuvent avoir divers statuts juridiques et faire partie du
capital de son chef ou appartenir à différentes autres personnes.
Le bien dont une personne est propriétaire (c'est à dire de l'usage duquel elle a le droit
exclusif de décision) est une partie de son patrimoine. La propriété s'identifie en termes de
statut du bien (propriété de l'Etat, d'un groupe qui se perçoit et est reconnu comme une
communauté (ou collectivité), d'une institution, d'une famille, d'un individu) (cf. Guide de
stage de ruralité, notamment pour l'accès à l'eau d'irrigation).
Ce que possède une personne, portions de terrain, bâtiments, disposition d'eau d'irrigation,
outils, machines, troupeaux, est son patrimoine. Il peut être exploité par:

son propriétaire, qui le gère


- directement
- ou en donnant ses consignes à un gérant,

par une personne qui les prend en faire valoir indirect,


-en location,
- ou en association.

(L'exploitant intègre alors parmi ses moyens de production une ou des parties du patrimoine
d'une ou de plusieurs personnes).
La coïncidence entre propriété et exploitation n'est donc qu'un cas particulier de la forme
d'exploitation qu'on peut aussi désigner comme mode de faire valoir.
La relation entre exploitation et propriété est reconnue en termes
d'identification et caractérisation du propriétaire
d'identification et caractérisation de la ou des personnes qui l'exploitent
des termes des contrats passés entre eux (cf. fiches XX et XX et Guide de stage de
Ruralité).

[Link] La composition et l'analyse du capital de l'exploitation

a) L'inventaire du capital
L'inventaire du capital de l'exploitation agricole se fait en deux parties. Une partie du capital
est identifiée dans l'inventaire des éléments constitutifs des deux branches d'activités de
l'exploitation, cultures et élevage, parmi les moyens de ces deux domaines de production.
cette même partie est de nouveau inventoriée, d'un point de vue non technique,
mais économique, dans le tableau de la totalité du capital, qui permet, en outre, de
vérifier que la première opération a été exhaustive.
terres ……………………...
o accès à l'eaux …………...... (voir ci-dessus)
o animaux …………………..
o droit d'usage de pâturages ..
o bâtiments
* d'exploitation,
° entrepôt des outils et du matériel,
° abris d'animaux,
° hangars, réserves locaux de stockage),
° ateliers de réparation, de transformation,
* d'habitation,

- matériel, outils
* pour l'ensemble du matériel utilisé
° usages de chaque outil, engin, machine,
° matériel utilisé pour les mêmes besoins par les voisins,
° historique de chacune de ces techniques,

* pour le matériel possédé


° fiche technique de chaque outil, engin, machine,
° son état, son prix d'achat, sa valeur en cours,

* pour le matériel non possédé


° propriétaire de chaque outil, engin, machine,
° conditions et coût de l'utilisation,

b) Les constats
Les constats portent sur la mise en évidence, dans des tableaux,
de l'état du capital terre, matériel, effectifs d'animaux, bâtiments, au cours de la
campagne de référence (taille, ou volume, de ses éléments),
de leur valeur,
du capital des voisins remarquables (représentatifs des plus courants et cas
particuliers) (nombre de chaque machine, des éléments de base de l'usage (surface,
cheptel, cultures, autres activités).
de l'évolution de l'état du capital (état du capital terre, matériel, effectifs d'animaux,
bâtiments, les années précédentes, et lors d'années remarquables), (en aidant à la
visualisation par des courbes d'évolution),
de l'évolution de la valeur des éléments du capital (à travers l'histoire de leurs
prix).

L'utilisation des historiques des moyens de production au cours des analyses

La formulation de cette évolution par le chef d'exploitation et sa connaissance par le


diagnosticien est fondamentale pour analyser la relation entre le marché des moyens de
production de base et
pour la situation observée, les résultats du système de production,
pour son avenir, la part, dans les chances qu'a le chef de l'exploitation de
reproduire et d'élargir (en l'intensifiant, en le diversifiant) son système de
production
de la dynamique du capital,
de la gestion des relations sociales, de l'information sur les opportunités.
Le capital est donc pris en considération dans les analyses des rapports de production et dans
les analyses comptables qui permettent de caractériser la stratégie du chef d'exploitation.

La consistance du patrimoine et la part du capital de l'exploitation


L'inventaire du patrimoine du chef d'exploitation se fait selon le même modèle que celui du
capital de l'exploitation.
Il comporte, pour chacun des éléments de chacune de ses parties (patrimoine immobilier,
patrimoine foncier, locaux et bâtiments, cheptel, fonds de commerce ou activité de services,
capital social et intellectuel), sa taille,
la localisation, sur des cartes à différentes échelles, des établissements faisant
partie du patrimoine et de l'entreprise dont le chef de ménage est propriétaire, seul,
ou dans l'indivision, ou comme associé,
les personnes qui le gèrent,
son statut juridique et son mode de faire valoir,

Les modalités d'évolution du patrimoine


Le patrimoine est formé, constitué, à partir d'une première initiative ou opportunité.
Il peut évoluer de diverses façons. Ses propriétaires peuvent
le faire fructifier (l'augmenter) en plusieurs épisodes séparés par des périodes de
stabilité, ou progressivement, en restant indivis,
le morceler progressivement par des partages entre copropriétaires et leurs
descendants,
le réaliser, c'est-à-dire le liquider, en perdre la propriété, par cession à des tiers,
avec des effets différents
sur leur situation
à perte (on parle de dilapidation du patrimoine),
en faisant des profits
sur les biens
en le morcelant,
en les cédant en un seul bloc,

le voir concentré entre les mains d'un des copropriétaires, les autres
- abandonnant purement et simplement leurs droits,
- ou les lui cédant gracieusement,
- ou étant dédommagés en les lui vendant.

Ce processus se fait sur plusieurs générations. Son historique doit donc être reconstitué avec
le chef d'exploitation et ses copropriétaires en s'appuyant sur un arbre généalogique.

L'évolution du patrimoine foncier et de la disposition de terre


Les événements qui peuvent avoir modifié la consistance du patrimoine foncier intéressant le
chef d'exploitation, seul ou comme copropriétaire, sont:
1. notés sur les fiches thématiques et sur les frises chronologiques, au cours des séances
d'inventaire;
2. reportés dans des tableaux de synthèse selon les différents points de vue (histoire,
estimation du patrimoine, qualités des terrains, etc.).

L'évolution du patrimoine immobilier permet de mesurer la dynamique de l'attachement du


chef d'exploitation et, avant lui de ses ascendants, à la localité, à l'exploitation étudiée, de
l'intérêt pour l'agriculture.
L'analyse des événements marquant l'évolution du patrimoine et ses perspectives d'avenir
passe par des discussions sur:
la façon dont se sont faits les partages des héritages qui se sont succédés,
les circonstances des épisodes d'agrandissement et la façon dont a été réglé et décidé
le droit de chacun à ces moments,
les projets et les stratégies des différents copropriétaires, plus ou moins clairement
explicités. Chacun d'entre eux, individuellement ou d'accord avec d'autres, peut avoir
des intentions de:

o conservation du patrimoine du groupe (notamment par des mesures juridiques,


o comme la constitution en habous au bénéfice de la famille, ou la mise sous
tutelle de personnes reconnues dilapidatrices, ou par des mesures sociales,
comme le maintien d'un des copropriétaires),
conservation du patrimoine en le concentrant entre les mains d'une minorité ou d'un
individu,
partage (en insistant sur les critères utilisés pour la définition de la part de chacun, des
modalités d'affectation des parts (ventes fictives, dévolution de parties du patrimoine
à des héritiers nommément désignés indépendamment du partage successoral
(toussait), etc.) et sur les conditions de leur exploitation),
liquidation en faisant des profits (lotissement et mise en vente),
perte d'intérêt, abandon.

La gestion du patrimoine
La gestion du patrimoine dépend des activités dont sa totalité ou ses différentes parties dont il
est le capital.
Au cours du diagnostic d'une exploitation agricole particulière, il ne faut faire d'étude
technico-économique que de celle-ci. Dans ce cadre, l'intérêt pour les éventuelles autres
activités d'une entreprise plus grande et diversifiée ne doit porter que sur la place de chacune
des activités autres que l'exploitation agricole étudiée dans les comptes généraux et dans la
trésorerie générale du chef d'exploitation.

c) Les analyses
Les analyses visent à mesurer
la part du patrimoine affectée au capital de l'exploitation
le taux de couverture des exigences des systèmes de production pratiqués
par les moyens propres (capital de l'exploitation et autres parties du
patrimoine). Cela se fait en déterminant: le taux d'exploitation du capital
le taux de couverture du fonctionnement du système de production par le capital
propre de l'exploitation en calculant:

- les besoins en matériel couverts par le parc possédé: structure de l'équipement en machine
(en nombre de chaque type), selon le rapport matériel possédé /besoin requis par les systèmes
de production pratiqués (selon les normes des ingénieurs et selon ses propres normes),
- les besoins en frais de fonctionnement couverts par les produits de l'exploitation (en nature
ou en argent),
le taux de recours à des moyens de production permettant de dépasser les limites du
capital (les facteurs d'intensification):
- rapport matériel possédé/matériel total utilisé,
- capital foncier /terre prise à bail,
- cheptel possédé/animaux pris à bail,
- capital/moyens sociaux et financiers mis en œuvre pour le fonctionnement (issu des autres
sources de revenus du chef d'exploitation).

l'origine du financement de la production par des sources externes à l'exploitation qui peut
être:
- prélèvement sur le patrimoine ou sur ses revenus, (degré de mobilisation du patrimoine pour
le fonctionnement de la production agricole, en mesurant la part du capital/patrimoine pour
apprécier la place de l'agriculture par rapport à d'autres sources de revenus (activités salariées
ou entreprise plus grande),
- recours occasionnel aux revenus d'autres activités du chef d'exploitation ou de membres de
son ménage ou de sa famille, ou financement régulier par ces revenus,
- endettement auprès
° d'organismes bancaires,
° de fournisseurs,
° d'acheteurs,
° de relations non professionnelles.

Les implications du recours à ce type de financement sont examinées dans la rubrique


correspondante de l'étude des rapports de production.
l'appréciation du niveau des résultats du degré de dépendance ou d'autonomie du système
de production du rapport entre:
- le rapport biens propres du chef d'exploitation/ressources extérieures dans les moyens mis
en œuvre (en valeur)
- et les résultats de la production (par rapport aux normes scientifiques et par rapport aux
normes locales, en valeur)
° situation au cours de la campagne étudiée,
° évolution.

du degré d'intensité des moyens mis en œuvre par le chef d'exploitation et du niveau de
productivité de son système par rapport à son milieu, en comparant
- le rapport capital/ moyens de productions extérieurs /à celui des voisins remarquables
(représentatifs des plus courants et cas particuliers) ayant un capital plus important et ayant
un capital moindre,
- ses résultats (mesurés au rendement, à la rentabilité et au profit à ceux de ses voisins de
différentes catégories selon la taille de leur capital, notamment foncier et animal.

Les normes auxquelles comparer les pratiques du chef d'exploitations doivent être extraites
de fiches techniques modèles des cultures qui sont pratiquées dans l'exploitation et des
catégories d'animaux qui y sont élevés. En effet, dans la littérature, on ne peut pas trouver des
fiches de modèles d'exploitations mais uniquement des fiches de gestion de la conduite d'une
mono spéculation.
Le degré d'autonomie de l'exploitation étudiée apparaît à travers cette mise en évidence de la
contribution du capital au fonctionnement de la production et des prélèvements faits sur le
patrimoine et sur d'autres ressources appartenant à l'ensemble des copropriétaires du
patrimoine.
L'analyse de la liberté qu'a le chef d'exploitation de disposer de ce patrimoine par rapport à
l'ensemble des copropriétaires et à chacun des autres copropriétaires se fait de deux points de
vue:
du point de vue juridique formel, elle dépend, pour chacun des biens qui constituent le
patrimoine, de son statut et du droit d'usage qu'en donne ce statut,
du point de vue de la pratique, elle résulte des rapports de force entre les
copropriétaires, liés au rang de chacun dans l'ordre généalogique, aux alliances
matrimoniales et aux relations de réseaux qu'il a nouées, à son activité, à son statut
dans sa profession, à son niveau de revenu, à sa part dans l'exploitation du patrimoine.

5.5 Analyse économique de l’exploitation agricole


Du point de vue économique, deux types de facteurs de production existent:
ceux qui sont rémunérés (en monnaie ou en nature, en veillant à ne pas oublier de
comptabiliser l'entretien des outils, même quand il s'agit de la remise en état de
l'araire avant le semis ou le désherbage, la nourriture des animaux de trait, etc.; )
ceux qui ne sont pas rémunérés (totalité ou partie des semences, du travail, fumier
autoproduit, transport par les femmes, par des animaux, alimentation des animaux de
trait à partir des produits de l'exploitation, alimentation des ouvriers, etc.).

La comptabilité d'une unité de production peut être envisagée selon deux logiques.
La logique purement économique repose sur le principe, pour pouvoir comparer la
compétitivité de différentes unités, d'uniformiser les coûts de tous les facteurs en les alignant
sur les prix du marché.
La logique de recherche des buts et des effets des stratégies et des tactiques des producteurs
se base sur l'identification des facteurs non rémunérés ou rémunérés au prix coûtant.
Une étude diagnostic doit impérativement recourir aux méthodes de ces deux logiques et
confronter les faits qu'elles mettent en évidence, pour l'une le degré de compétitivité par
rapport à d'autres entreprises, pour l'autre la capacité de survie, et, éventuellement
d'élargissement qu'elle rend possible.

5.5.1 Les fiches technico-économiques par spéculation


[Link] Marge brute et marge directe

Les fiches technico-économiques par spéculation ont pour but de dégager le prix de revient et
la marge brute par spéculation. La marge brute est la différence entre le produit brut et les
charges variables (main d'œuvre, consommations intermédiaires..) pour une période donnée.
Lorsqu’il s'agit de cultures intensives (sous serre..), on évaluera la marge directe. La marge
directe est égale à la marge brute diminuée des charges fixes directement affectées à ces
cultures (amortissement de la serre, des équipements d'irrigation, du coût de la plantation…).
Lorsqu'une culture est pratiquée sur plusieurs parcelles hétérogènes (nature du sol, présence
ou absence d'irrigation…), il souhaitable d'établir une fiche pour chacune de ces parcelles.

[Link] Modes d'évaluation


On procédera à deux types d'évaluation: une évaluation au prix du marché et une évaluation
au prix coûtant.

a) Evaluation au prix coûtant: on tiendra compte uniquement des charges réelles (monétaires
et en nature). Les charges en nature (semences, aliments de bétail) sont évaluées selon leur
coût de production.
b) Evaluation au prix du marché: les charges en nature sont évaluées au prix du marché
(semences, aliments de bétail, travail familial). On tiendra compte de la valeur locative des
terres en propriété.

La comparaison entre les deux modes d'évaluation aide à approfondir l'analyse de la stratégie
de l'exploitant. S'il avait dû rémunérer tous les facteurs, aurait-il choisi de pratiquer cette
culture, ce système de culture, etc.?. Puis il faut comparer ces deux coûts au prix du produit
fini sur le marché, de façon à analyser le degré de rentabilité de la culture.
Les coûts monétaires, les moyens non rémunérés mis en œuvre et les recettes doivent être
ramenés aux coûts unitaires et aux rendements, de façon à pouvoir comparer la productivité
de l'exploitation étudiée avec les résultats d'autres lieux ou d'autres producteurs voisins.

[Link] Synthèse des fiches cultures


Il est intéressant de regrouper les résultats de toutes les cultures sur une même fiche afin de
mieux comprendre les décisions de l'agriculture en ce qui concerne le choix des cultures (voir
chapitre production végétale).

5.5.2 L'élevage
[Link] Indicateurs économiques de l'élevage

Produits de l'élevage: ils représentent la valeur de la production animale durant la campagne


observée. Ils se composent généralement de trois parties: les ventes, l'autoconsommation et la
variation des effectifs entre le début et la fin de la campagne. Cette variation peut être
positive et dans ce cas elle correspond à une augmentation du troupeau ou à un accroissement
de la valeur de certains animaux...Lorsque cette variation est négative, les effectifs ont
diminué suite à la mortalité, à la dégradation de la qualité de certains animaux ou à la
décision de l'agriculteur de réduire les effectifs du troupeau pour pallier à l'insuffisance de la
trésorerie ou pour d'autres raisons...
Variation des effectifs entre le début et la fin de la campagne agricole: elle représente la
différence entre la valeur du troupeau à la fin et au début de la campagne agricole. (voir
collègues zootechniciens, dossier de base, tableau relatif à la description des mouvements qui
affectent le troupeau à l'intérieur d'une campagne agricole, ce tableau ne comprend que les
unités, à compléter en mettant des valeurs correspondantes).
Autoconsommation des produits de l'élevage: elle comprend la valeur des productions
animales consommées par la famille de l'exploitant.

Charges de l'élevage: elles se composent des achats d'aliments de bétail augmenté du coût
de production des fourrages produits sur l'exploitation, des achats d'animaux et des charges
diverses. Elles représentent la somme des charges monétaires et des charges en nature de
l'élevage.

Revenu de l'élevage: c'est le résultat d'exploitation de l'élevage. Il est égal à la différence


entre la somme des valeurs qui figurent dans la colonne des produits et la somme des valeurs
qui figurent dans la colonne charges. Il représente le solde du compte élevage.
Recettes nettes de l'élevage: elles représentent la somme des ventes d'animaux diminuée de
celle des achats d'animaux, des achats d'aliments et des autres charges monétaires.

[Link] Modes d'évaluation du coût des aliments de bétail produits sur l'exploitation
Evaluation selon le coût de production: Le coût des aliments de bétail produits sur
l'exploitation (orge, bersim, paille, etc.) est celui de leur production et non leur prix
sur le marché. Il faut donc distinguer en deux rubriques les aliments produits, dont on
reprend le coût dans les fiches de comptabilité par culture et aliments achetés, dont le
coût est recueilli par enquête et observation sur les marchés.
Evaluation selon le prix du marché: les aliments autoproduits sont évalués à leur prix
sur le marché. On comparera le coût de l'élevage approvisionné en aliments
autoproduits et le coût qu'il aurait requis si tous les aliments avaient été achetés.

5.5.3 Revenu agricole


Le revenu agricole se compose du revenu des cultures et du revenu de l'élevage.
Ce tableau permet d'analyser la rentabilité des activités agricoles et d'élevage de l'exploitation

élevage

5.5.4 Analyse de la trésorerie de l’exploitation


[Link] Des constats
L'analyse de la trésorerie ne prend en compte que les dépenses monétaires. Elle permet de
connaître:
1. La structure des recettes: part des cultures, de l'élevage, des activités annexes …dans
ces recettes (illustration graphique).
2. La structure des dépenses: part des dépenses de consommation, des dépenses de
fonctionnement destinées aux productions végétales ou animales, des remboursements
de dettes... dans ces dépenses (illustration graphique).
3. L'étude du calendrier de la trésorerie permet de montrer comment l'exploitant ajuste
ses besoins et ses disponibilités monétaires durant toute la campagne agricole. S'agit
de choix ou est il obligé de prendre ses décisions en tenant compte de la contrainte de
la trésorerie?
4. Le déficit ou l'excédent de trésorerie: ce dernier représente la valeur de l'épargne
monétaire. En fait, il ne s'agit que d'une épargne apparente puisque l'exploitant oublie
de mentionner toutes ses dépenses. Il s'agit aussi d'une estimation du revenu
disponible, c'est-à-dire du revenu qui reste à la disposition de la famille une fois que
toutes les dépenses de production et de consommation ont été effectuées.

[Link] Rôle de la trésorerie dans le fonctionnement de l'exploitation agricole


a) Les périodes où l'exploitant voit ses dépenses augmenter fortement sont décisives (à titre
d'exemple: achat des semences, des engrais, recrutement de saisonniers…). Comment
l'agriculteur couvre t il ces dépenses? il vend une partie de son troupeau?...
Le montant des dépenses varie selon le mode d'approvisionnement en intrants: achat au
comptant ou à crédit, auprès de fournisseurs locaux ou lointains. Quels sont les facteurs
favorables et les facteurs contraignants, leurs effets sur la qualité et le niveau de la
production?

b) Le montant des recettes dépend de l'état du marché et selon le mode de commercialisation


Les prix des produits varient selon qu'ils sont plus ou moins périssables, selon qu'ils sont plus
ou moins abondants, qu'ils sont commercialisés au bord de la parcelle ou sur un marché.
Ils varient aussi selon le mode de paiement: comptant, en plusieurs versements à échéances
régulières, irrégulières, en une fois à terme échéance justification du terme, avec des intérêts
de retard ou non,

c) Contribution de la vente de produits de l'exploitation


à la trésorerie,
au paiement des dépenses de consommation domestique,
à la couverture des charges monétaires de production:

d) Les dépenses de consommation sont généralement effectuées tous les jours du souk,
comment sont elles financées durant les différents mois de l'année? par la vente des récoltes,
des animaux, des revenus hors exploitation….

5.5.5 L'Analyse
Les discussions avec le chef d'exploitation sur ses bilans et ses projets reposent sur l'analyse
du tableau de trésorerie et le tableau de synthèse des résultats des spéculations.

[Link] Le degré d'autonomie de l'exploitation agricole


Le degré d'autonomie de l'exploitation agricole: cet indicateur peut être mesuré à travers la
contribution de l'exploitation agricole aux revenus de la famille, au degré de satisfaction des
besoins, à l'investissement, à l'épargne…. L'exploitation est elle assez productive pour assurer
un surplus de production, ou au moins de se reproduire, ou si elle ne peut se poursuivre qu'à
partir des revenus d'autres activités?

[Link] l'analyse des choix et des orientations de la production


Le système de production de l'unité étudiée est constitué de plusieurs postes, système
céréalier, maraîchage, arboriculture, cultures destinées à l'industrie, élevage extensif, élevage
intensif. Il s'agit d'expliquer ces orientations.
Il fait partie d'un système d'activités et de revenus incluant d'autres secteurs et centres
d'intérêt que les cultures et l'élevage, travail salarié, petit commerce, collecte et commerce de
produits agricoles, etc.

[Link] Analyse des relations économiques entre les différentes spéculations et activités
Le calendrier de trésorerie permet de mettre en évidence les périodes de pointe, les
complémentarités ou la concurrence entre secteurs.
[Link] Analyse des alternatives: si le chef d'exploitation (avec le même capital)
1. rémunère tous les facteurs, vend toute sa production et achète pour sa consommation
des produits de substitution;
2. ne rémunère pas tous les facteurs, vend toute sa production et achète pour sa
consommation des produits de substitution;
3. ne rémunère aucun facteur, vend toute sa production et achète pour sa consommation
des produits de substitution.
Chapitre 6:
Synthèse générale et voies d’évolution

Il vous est demandé de rédiger cette partie en une dizaine de pages (4.000 mots environ),
tableaux, graphiques et schémas compris; vous élaborerez une synthèse générale de tous les
éléments recueillis afin d'imaginer les voies d'évolution possibles.

6.1 Plan de travail et de rédaction


1 Indicateurs clés de structure et de fonctionnement de l'exploitation
2 Objectifs de l'exploitant, contraintes et possibilités dans l'exploitation
3 Avenir de l'exploitation et propositions à court, moyen, long, terme;
4 Questionnaire et réaction des agriculteurs à ce questionnaire.
5 Conclusion
ère
6.2. 1 étape: Indicateurs clés de structure et de fonctionnement de l'exploitation

Il s'agit de rappeler en deux à trois pages, les principales caractéristiques structurelles de


l'exploitation (SAU, assolement, cheptel, personnes vivant et travaillant dans l'exploitation,
etc.) et ses performances technico-économiques (niveaux de production des cultures dans leur
diversité, production de lait et de viande des troupeaux, rentabilité de chacune des
spéculations,...).
Vous pouvez déterminer des indicateurs de caractérisation et des indicateurs de performance,
par système (rendements des cultures pour le SPV) ou inter systèmes tels que SAU/Nombre
d'UC, SAU/Nombre d'UTH, Production/ Nombre d'UC, etc.
L'utilisation de ces indicateurs pour l'analyse de la caractérisation de l'exploitation et de son
fonctionnement n'est possible qu'à travers des références d'où l'importance de l'opérations
'constitution d'un corpus de normes et de références' dans le cadre de la séquence logique du
diagnostic.
Des schémas, cadres et des tableaux à plusieurs entrées devraient vous aider ensuite à
ordonner l'ensemble des résultats et à orienter la réflexion sur les objectifs déclarés ou non de
l'exploitant.
Un cadre conceptuel est une aide indispensable à l'analyse de données. Il doit comprendre la
définition du problème, précisant le but de l'étude et les causes de la situation. Ce cadre est
aussi un guide qui permet d'organiser les données recueillies. Ainsi les informations peuvent
être classées sous différents chapitres (figure 1): conditions naturelles, conditions
socio-économiques (marché et institutions), objectifs et disponibilités en ressources de
l'exploitation, caractéristiques importantes du système de production et, enfin, détails sur les
pratiques de culture et d'élevage.
ème
6.3 2 étape: Objectifs de l'exploitant, contraintes et possibilités dans l'exploitation

6.3.1 Les objectifs de l'exploitant


L'identification des objectifs de l'exploitant est une étape importante de la phase d'analyse.
Les objectifs peuvent être nombreux et liés entre eux. Ils peuvent être regroupés en différents
grands groupes, dont il vous faudra préciser l'importance dans l'exploitation que vous avez
étudiée.
Amélioration des conditions globales de la famille - Revenus, Autosubsistance, Produits
alimentaires, biens ménagers, eau, vêtements, logement, Santé, Éducation, Disponibilité en
produits de luxe et de services, ...

Réduction des risques - Production, Investissement, Commercialisation, Stockage,


Dépendance vis-à-vis du crédit, de la rareté de l'eau, …

Réduction de la pénibilité du travail Augmentation


de la richesse et du pouvoir
Figure 6.1. Cadre conceptuel des systèmes de production.

CONDITIONS DANS LESQUELLES SE TROUVE L’EXPLOITATION

Economiques/institutionnelles
Commercialisation Recherche Vulgarisation
Écologiques
Climat Sols Ravageurs et maladies
SOUS-SYSTEMES
Socioculturelles
Traditions Organisations sociales

Dans la pratique, seul un nombre restreint d'objectifs doit être pris en compte. Le plus
important sera probablement, sachant les préférences alimentaires du groupe familial et son
désir de limiter les risques, celui d'utiliser au mieux les ressources de l'exploitation.
Il paraît nécessaire de faire au préalable le point sur les objectifs que poursuit l'exploitant,
puis de faire ce diagnostic sur l'utilisation des moyens, dont il dispose pour atteindre ses
objectifs.
Les objectifs déclarés par l'agriculteur et qu'il faut consigner soigneusement en les
acceptant tels qu'ils sont formulés (ne réinterprétez pas les déclarations !)
Les objectifs non déclarés tels qu'ils apparaissent à travers le comportement de
l'exploitant et l'étude du fonctionnement de l'exploitation.
Attention
Vous devez faire la preuve de ce que vous avancez. Donnez très précisément les raisons
puisées dans votre étude qui vous ont suggéré ces objectifs non avoués.

Les objectifs sont par ailleurs de nature différente selon qu'ils s'appliquent sur un plan général
ou particulier:

* Général: l'exploitant vise seulement à nourrir sa famille, car il n'est pas parvenu à dépasser
une production vivrière; ou bien il vise à élargir sa consommation au-delà de l'alimentation;
ou bien encore il projette d'accroître ses profits à des fins d'investissements; ou bien enfin il
fait de la pure entreprise, de la spéculation,....

* Particulier: l'exploitant a des projets précis, bien formulés, comme la modernisation ou


l'acquisition de moyens de production supplémentaire: terre, tracteur, plantations ou
investissements extérieurs à l'exploitation (petite industrie, moulin, pressoir, pompe à essence,
camion, café...).

Du fait que ces objectifs peuvent être satisfaits par la production de l'exploitation aussi bien
que par d'autres activités à l'intérieur et à l'extérieur de l'exploitation et à travers ses relations
avec le monde extérieur, il faut considérer tous les apports des activités à l'extérieur de
l'exploitation (revenus d'un membre de la famille émigré à l'étranger, ou d'un parent
fonctionnaire dans une ville, ou d'un commerce tenu en marge de l'activité agricole, ...)
comme partie intégrante du système de production.

6.3.2 Les possibilités et les contraintes du système d'exploitation


Le processus d'identification des facteurs les plus limitant pour la production agricole et des
possibilités de les dépasser pour améliorer les résultats de l'exploitation étudiée fait partie
intégrante des objectifs du stage en application. Pour ce faire, il n'est pas très utile de
demander simplement à l'agriculteur quels sont ses problèmes pendant une enquête formelle;
il a tendance à fournir des réponses stéréotypées. Il est préférable de recourir aux synthèses
de vos diagnostics des systèmes de productions végétale et animale et de les enrichir par une
discussion ouverte et approfondie avec l'exploitant. Les résultats du diagnostic peuvent aussi
révéler des problèmes non perçus par l'agriculteur; par exemple, celui-ci peut ne pas être
conscient de la présence d'une cause de manque à gagner (maladie des animaux, fertilité
insuffisante des sols, ...), tout simplement parce que ce facteur a toujours été présent dans
l'exploitation.
Vous arriverez sans peine à identifier de nombreux problèmes et leur liste peut dépasser votre
capacité à trouver des solutions. Il est plus utile de réfléchir en terme de stratégie de
développement et de chercher un ou deux éléments clé où un progrès décisif mènera à des
améliorations majeures.
Il faut absolument cerner la marge de manœuvre dont dispose l'exploitant pour prendre ses
décisions si l'on veut faire des propositions qui ne soient pas totalement décalées par rapport
au contexte humain et matériel de l''exploitation. Au niveau des analyses sectorielles, vous
êtes appelés à dégager:

1. les contraintes qui semblent les plus importantes, après analyse des résultats de
l'exploitation et la discussion avec son gestionnaire (voici, à titre indicatif quelques unes de
ces contraintes):
Problèmes de disponibilité de la main-d’œuvre sur l'exploitation à certaines époques de
l'année.
Existence d'un creux dans le calendrier fourrager qui limite l'extension du troupeau.
Mauvaise maîtrise des problèmes phytosanitaires sur une culture de rente importante
pour la trésorerie et qui en diminue de rendement.

Il faut déterminer dans quelle mesure et comment de tels problèmes sont des obstacles, des
contraintes à la réalisation des objectifs de l'exploitant, ceux précisément que vous venez
d'identifier.
La définition d'une stratégie peut s'appuyer sur un diagramme montrant les relations entre les
différentes contraintes.

2. Certaines possibilités existantes: ce sont les atouts tels que l'exploitant les apprécie, mais
aussi des possibilités réelles non perçues par lui.
Examinez s'il n'y a pas sous-emploi de certains facteurs (travail, terre, eau, matériel, argent,
bétail).
Ce sous-emploi existe-t-il toute l'année ou bien est-il limité à certaines périodes?
Quelles sont les freins au plein emploi de la main-d’œuvre?
Quelles en sont les conséquences?
Quelle possibilité cela laisse-t-il à l'exploitant et pourquoi ne les utilise-t-il pas?

6.3.3 Synthèse - diagnostic


Dans un commentaire très condensé vous expliquerez quelles sont les difficultés ou les
obstacles que rencontre l'exploitant pour réaliser ses objectifs ou au contraire les possibilités
qui, dans le système actuel, lui sont offertes pour les réaliser. Cette courte synthèse doit
surtout servir à hiérarchiser aussi bien les objectifs que les contraintes ou les possibilités
c'est-à-dire qu'il faut les classer du plus important vers le moins important.
A ce niveau un schéma systémique (cadre conceptuel ou schéma de fonctionnement de
l'exploitation où figurent les principales contraintes, les principaux atouts et les objectifs de
l'exploitant que l'on relie par des flèches ayant un sens de cause à effet), sera un instrument
très utile. On pourra l'utiliser pour faire des propositions, d'abord en envisageant de lever les
contraintes les plus faciles, puis progressivement en envisageant l'effet de modifications plus
importantes.
ème
6.4 3 étape: avenir de l'exploitation et propositions à court, moyen, long, terme
L'équipe de stagiaires doit, à partir du diagnostic, faire des propositions allant dans le sens de
la réalisation des objectifs de l'exploitant. Comment l'exploitant peut-il atteindre ses objectifs?
En utilisant au mieux les moyens dont il dispose, ou en envisageant des moyens
supplémentaires auxquels il peut effectivement accéder.

6.4.1 Etapes essentielles de l'élaboration de propositions (solutions techniques):


1 établir la liste des facteurs limitant la production des activités considérées;
2 reléguer au rang de paramètres ceux sur lesquels on ne peut pas agir;
3 établir une liste de solutions ou traitements possibles pour chaque facteur limitant
restant;
4 évaluer la faisabilité de chaque solution éventuelle:
a. établir un budget afin de déterminer le surcroît de rendement nécessaire pour
couvrir les coûts de mise en œuvre de la solution
b. estimer alors les chances d'atteindre le niveau de rendement requis.
c. examiner les solutions apparemment profitables pour vérifier leur cohérence par
rapport au système agricole de l'agriculteur
d. évaluer les effets des différentes solutions proposées dans le contexte du marché
des produits et des intrants, des flux monétaires et de travail, des calendriers agricoles,
etc.,

5 Donner la priorité aux solutions qui se révèlent profitables et s'intègrent bien au


système de production (par exemple en mobilisant les ressources sous-utilisées, ou en
réduisant les périodes de pointe d'utilisation des ressources).

6.4.2 Propositions à court terme (1 - 2 ans)


Ces propositions seront faites en envisageant des modifications simples, faciles à introduire
dans un délai très bref; il peut s'agir de simples modifications de comportements ou des
changements techniques sans investissement coûteux. Ces propositions se limiteront donc à
une meilleure utilisation des moyens de production existants, dans un contexte
socio-économique inchangé.

6.4.3 Propositions à moyen terme (5 ans)


Par une modification 'réaliste'; des moyens existants (recours au crédit, introduction d'un
équipement nouveau, d'une spéculation nouvelle, ...) les stagiaires proposeront un
changement possible du système de production sans bouleversement des structures.

6.4.4 Propositions à plus long terme (au-delà de 5 années)


Propositions nécessitant des changements des structures de l'exploitation (achat de nouvelles
terres, creusage de nouveaux puits, ...)
ème
6.5 4 étape: élaboration d'un questionnaire destiné à l'exploitant afin de recueillir ses
réactions
Ce questionnaire se présentera comme une liste de questions précises du type: 'avec les
enseignants et les techniciens de l'Agriculture, nous pensons qu'il serait plus judicieux de...'
suit la proposition... pourquoi ne le faites-vous pas? Qu'est ce qui vous empêche de le faire?
Que pensez-vous de cette proposition? etc.
Aux propositions faites, l'agriculteur donne ses avis, émet des jugements, met en doute vos
propositions, ou les accepte en partie avec des objections. Vous devez alors raisonner sur ces
réactions. Est-ce que vous ne vous être pas trompés sur les objectifs qu'il poursuit réellement?
Et alors il faut rectifier vos idées. Est ce que inconsciemment, dans vos questions vous n'avez
pas oublié les objectifs qu'il poursuit? Par exemple, il raisonne en terme de survie d'emploi de
ses enfants pour alléger sa trésorerie et vous lui avez fait des propositions trop sophistiquées,
trop coûteuses.
éme
6.6 5 étape: conclusion
Il s'agit de la synthèse finale, améliorée à partir d'un diagnostic accompagné d'une plus claire
vision des objectifs visés et des propositions plus adaptées.

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