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Estimation par Monte Carlo en MIDO

Ce document présente plusieurs exercices sur l'estimation de probabilités par la méthode de Monte Carlo. Les exercices proposent différents estimateurs pour calculer la probabilité qu'une variable aléatoire de loi de Cauchy soit supérieure à 2, et analysent leur variance.

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Université Paris Dauphine 2017–2018

Département MIDO
Master 1 – Méthodes de Monte Carlo

Travaux Dirigés n°4


[email protected]

Exercice 1 (Stratification avec allocation proportionnelle). Soit X une variable aléatoire de loi de den-
sité f sur D. On considère
Z
I= h(x) f (x)dx.
D

1. Étant données D 1 , . . . , D K une partition de D et (X n )n≥1 une suite de variables aléatoires i.i.d. de loi
de densité f , rappeler la définition de l’estimateur stratifié avec allocation proportionnelle et X pour
variable de stratification.

Solution. On note p k = P [X ∈ D k ], k = 1 . . . , K . Pour un échantillon de taille n, l’allocation propor-


tionnelle est définie par (n 1 , . . . , n K ) = (np 1 , . . . , np K ). L’estimateur stratifié s’écrit alors

K p X nk ³ ´ 1 X K X nk ³ ´
k
δbn (p 1 , . . . , p K ) = h X i(k) = h X i(k) ,
X
k=1 n k i =1 n k=1 i =1

avec X 1(k) , . . . , X n(k)


k
∼ L (X | X ∈ D k ), k ∈ {1, . . . , K }.

2. Montrer que, si l’on doit estimer P [X ∈ D k ], k = 1, . . . , K , cet estimateur n’apporte pas d’améliorations
par rapport à l’estimateur de Monte Carlo usuel.

Exercice 2. Soit X une variable aléatoire de loi de Cauchy C (0, 1). On s’intéresse au calcul de
Z +∞ 1
p := P [X ≥ 2] = dx.
2 π(1 + x 2 )

1. Calculer analytiquement p.

Solution.
· ¸+∞
1 1 1
p= arctan(x) = − arctan(2).
π 2 2 π

Dans la suite on admettra que p ≈ 0.15. On se donne X 1 , . . . , X n un ensemble de variables aléatoires i.i.d.
suivant la loi de Cauchy C (0, 1).
2. Montrer que la variance de l’estimateur de Monte Carlo usuel δbn est

£ ¤ p(1 − p) 0.126
Var δbn = ≈ .
n n

1
TD n°4 Méthodes de Monte Carlo

Solution. L’estimateur de Monte Carlo usuel s’écrit

1 Xn
i.i.d.
δbn = 1{X k ≥2} , X 1 , . . . , X k ∼ C (0, 1).
n k=1

n δbn est une somme de n variables aléatoires i.i.d. de loi de Bernoulli de paramètre p. On en déduit
que Var n δbn = np(1 − p). D’où le résultat souhaité.
£ ¤

3. En utilisant la symétrie de la loi de Cauchy C (0, 1), proposer un nouvel estimateur δb(1)
n et montrer
que la variance de cet estimateur est

¤ p(1 − 2p) 0.052


Var δb(1)
£
n = ≈ .
2n n

Solution. La loi de Cauchy C (0, 1) étant symétrique, alors les variables aléatoires X et −X suivent
toutes les deux une loi de Cauchy C (0, 1). On en déduit l’estimateur par variable antithétique sui-
vant

1 Xn
i.i.d.
δb(1)
n = 1{|X k |≥2} , X 1 , . . . , X n ∼ C (0, 1).
2n k=1

On en déduit que 2n δb(1)


n est une somme de n variables aléatoires i.i.d. suivant une loi de Bernoulli
de paramètre

P [|X | ≥ 2] = P [X ≥ 2] + P [−X ≥ 2] = 2p.


h i
Il en résulte Var 2n δb(1)
n = 2p(1 − 2p)n. D’où le résultat.

4. Quelle limitation pratique voyez-vous à l’utilisation des estimateurs δbn et δb(1)


n ?

Solution. Si l’on souhaite estimer la probabilité d’un événement rare, i.e. P [X ≥ t ] pour t « grand »,
il est difficile d’obtenir des réalisations plus grandes que t et donc (presque) toutes les indicatrices
valent 0. Il est donc difficile d’obtenir une estimation précise de P [X ≥ t ], les estimateurs δbn et δb(1)
n
valant presque systématiquement 0.

5. Montrer que

1
Z 2 1
p= − dx.
2 0 π(1 + x 2 )

En déduire une nouvelle méthode d’estimation δb(2)


n de p et montrer que

¤ 2 + 5 arctan(2) − 5 arctan2 (2) 0.029


Var δb(2)
£
n = ≈
5π2 n n

2
TD n°4 Méthodes de Monte Carlo

Solution. Il suffit d’écrire


Z +∞ 1
Z 2 1 1
Z 2 1
p= dx − dx = − dx.
0 π(1 + x 2 ) 0 π(1 + x 2 ) 2 0 π(1 + x 2 )

Il s’agit alors d’estimer par Monte Carlo l’intégrale sur [0 , 2]. Pour estimer une intégrale de la forme,
Z a 1
dx,
0 π(1 + x 2 )

on écrit
Z a
a a
· ¸
1 1
Z
dx = 1{x∈[0,a]} dx = E , U ∼ U ([0 , a]). (1)
0 π(1 + x 2 ) R π(1 + x ) a
2 π(1 +U 2 )
On en déduit l’estimateur

1 1 Xn 2 i.i.d.
δb(2)
n = − , U1 , . . . ,Un ∼ U ([0 , 2]).
2 n k=1 π(1 +Uk2 )

La variance de l’estimateur est donnée par


· ¸ µ · ¸ ½ ¾2 ¶
¤ 1 2 1 4 1
Var δb(2) V E
£
n = ar = − − p
n π(1 +U 2 ) n π2 (1 +U 2 )2 2
· ¸
1 4 1
= E 2 − arctan2 (2).
n π (1 +U 2 )2 nπ2

Pour expliciter la variance, on utilise l’égalité suivante

a2 a a 1 + x2 − x2
¸ Z a
a a a 1 a a x
· Z Z Z
E 2 = dx = 2 dx = 2 dx − 2 x dx.
π (1 +U )
2 2
0 π (1 + x )
2 2 2 π 0 (1 + x )2 2 π 0 1+x 2 π 0 (1 + x 2 )2

En intégrant le second terme par partie, on obtient

a ¸a Z a
x
·
−x 1
Z
x 2 2
dx = 2
+ 2
dx.
0 (1 + x ) 2(1 + x ) 0 0 2(1 + x )

Il en résulte

a2 a2 a2
Z a
a a
· ¸
1
E 2 = dx + = arctan(a) + . (2)
π (1 +U 2 )2 2π2 0 1 + x 2 2π2 (1 + a 2 ) 2π2 2π2 (1 + a 2 )

En prenant a = 2 dans l’égalité précédente, on obtient

1 2 1
Var δb(2) arctan2 (2).
£ ¤
n = 2
arctan(2) + 2

nπ 5nπ nπ2

6. Montrer que

1/2
1
Z
p= dx.
0 π(1 + x 2 )

3
TD n°4 Méthodes de Monte Carlo

En déduire une nouvelle méthode d’estimation δb(3)


n de p et montrer que

¤ 2 + 5 arctan(0.5) − 20 arctan2 (0.5) 9.55 × 10−5


Var δb(3)
£
n = ≈ .
20π2 n n

Solution. Le changement de variable φ : x 7→ 1/x réalise un C 1 -difféomorphisme entre les ouverts


]2 , +∞[ et ]0 , 1/2[. On en déduit
1/2 1/2
1 1 1 1
Z Z
p= dx = dx = arctan(1/2).
0 π(1 + /x ) x 2
1 2
0 π(1 + x )
2 π

En prenant a = 1/2 dans l’Équation (1), on déduit le nouvel estimateur

1 1 Xn 1 i.i.d.
δb(3)
n = − , U1 , . . . ,Un ∼ U ([0 , 1/2]).
2 n k=1 2π(1 +Uk2 )

La variance de l’estimateur est donnée par


· ¸ · ¸
¤ 1 1 1 1 1
Var δb(3) V E arctan2 (1/2).
£
n = ar 2
= 2 2 2

n 2π(1 +U ) n 4π (1 +U ) nπ2

En prenant a = 1/2 dans l’Équation (2), il résulte

1 1 1
Var δb(3) arctan2 (1/2).
£ ¤
n = arctan(1/2) + −
4nπ2 10nπ2 nπ2

7. Justifier que δb(3)


n définit une méthode d’échantillonnage préférentiel.

Solution. On peut écrire directement, pour U ∼ U ([0 , 1/2]),

1{0≤X ≤2}
· ¸ · ¸
1 1
p = E 1{0≤X ≤1/2} =E =E
£ ¤
.
π(1 +U 2 ) 21{0≤U ≤1/2} 2π(1 +U 2 )

On pourra également remarquer le point suivant. Dans la méthode d’échantillonnage préférentiel,


si l’on se place par rapport à la forme initiale de p, on cherche une densité instrumentale g telle
que supp(g ) = [2 , +∞[ et approximativement proportionnelle à (π{1 + x 2 })−1 , ce qui est le cas pour
g : x 7→ 2/x 2 . Il s’agit de la densité d’une loi de Pareto d’indice α = 1 et de valeur minimale x 0 = 2.
Autrement dit, pour simuler des réalisations de Z , il suffit d’utiliser Z −1 ∼ U ([0 , 1/2]). On a alors
une définition équivalente de l’estimateur d’échantillonnage préférentiel précédent :

+∞ x2
· ¸ · ¸
2 1 1
Z
p= dx = E =E .
2 2π(1 + x 2 ) x 2 2π(1 + 1/Z 2 ) 2π(1 +U 2 )

Exercice 3. Soit X une variable aléatoire de loi N µ , σ2 et K une constante réelle. On s’intéresse au
¡ ¢

calcul de

p := P e X ≥ K .
£ ¤

4
TD n°4 Méthodes de Monte Carlo

1. Montrer que pour tout réel m

2m(X − µ) − m 2
· ½ ¾ ¸
p = E exp 1{e X −m ≥K }
2σ2

Solution. Soit un réel m. On utilise l’égalité remarquable (x − µ − m)2 = (x − µ)2 − 2m(x − µ) + m 2 :

2m(X − µ) − m 2 −(x − µ − m)2


· ½ ¾ ¸ Z +∞ ½ ¾
1
E exp 1{e X −m ≥K } = p exp dx
2σ2 m+ln K 2πσ2 2σ2

Le changement de variable φ : x 7→ x −m qui réalise un C 1 -difféomorphisme de R dans R fournit le


résultat souhaité.

2. En déduire un estimateur d’échantillonnage préférentiel pour le calcul de p et suggérer une valeur


de m.

Solution. Soit (X n )n≥1 une suite de variables aléatoires i.i.d. de loi N µ , σ2 . D’après la question
¡ ¢

précédente, un estimateur d’échantillonnage préférentiel de p est donné par

n 2m(X k − µ) − m 2
½ ¾
1 X
δn =
b exp 1{e X k −m ≥K } .
n k=1 2σ2

Remarque. Si l’on souhaite se convaincre qu’il s’agit bien d’un estimateur d’échantillonnage pré-
férentiel, on pourra remarquer qu’il s’obtient de façon équivalente en écrivant

φµ (Y )
· ¸
p =E Y ∼ N µ − m , σ2 ,
¡ ¢
1{e Y ≥K } ,
φµ−m (Y )

où φa est la densité de la loi normale N a , σ2 .


¡ ¢

Le paramètre m permet de translater la loi N µ , σ2 de sorte que l’on ait un nombre significatif de
¡ ¢

réalisations supérieures à ln K . En prenant m = −l n(K ), on a 1{e X −m ≥K } = 1 p.s..

3. En utilisant une loi de support [ln K , +∞[, quel autre estimateur d’échantillonnage préférentiel auriez-
vous pu proposer ?

Solution. On peut prendre pour loi instrumentale la loi exponentielle translatée de ln K et de


paramètre λ, τε(λ, ln K ). On a alors, pour Z ∼ ε(λ, ln K ),

(Z − µ)2
· µ ¶¸
1
p =E p exp λ(Z − ln K ) − .
λ 2πσ2 2σ2

En appliquant le changement de variable φ : x 7→ λ(x − ln K ), on peut écrire

1 nu
µ o2 ¶
1
Z
p= p exp u − 2 + ln K − µ exp(−u)1{u≥0} du.
R λ 2πσ2 2σ λ

5
TD n°4 Méthodes de Monte Carlo

Il en résulte
¾2 ¶¸
Y
· µ ½
1 1
p =E p exp Y − 2 + ln K − µ ,
λ 2πσ2 2σ λ

où Y suit la loi exponentielle de paramètre 1. Étant donné (Yn )n≥1 une suite de variables aléatoires
i.i.d. de loi exponentielle de paramètre 1, on a l’estimateur d’échantillonnage préférentiel suivant :

n ¾2 ¶
Yk
µ ½
1 X 1 1
δbn = p exp Yk − 2 + ln K − µ .
n k=1 λ 2πσ2 2σ λ

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