Introduction à la Géométrie Affine
Introduction à la Géométrie Affine
C
A B0
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Introduction à la
géométie affine
QPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPRQPPPPPPR
A h1
B h2
C
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
C0 h2 B0 h1 A0
rdjeam@[Link]
©
C e module de cours vise à donner une vue d’ensemble et introductive à la géométrie affine
correspondant à un niveau de troisième année de licence ou de première année de master
(en mathématiques). C’est la partie de la géométrie que l’on apprend au collège et au lycée et qui
concerne les propriétés des droites, plans, etc., (à l’exclusion des notions métriques). La différence
essentielle avec ce qui est enseigné au lycée est qu’ici la géométrie s’appuie fondamentalement
sur l’algèbre linéaire. La lecture de ce document requiert la connaissance des notions d’algèbre
linéaire, d’analyse réelle et de calcul différentiel enseignées en première et deuxième année de li-
cence de mathématiques dans la plupart des universités (surtout francophones). Une importance
considérable est attachée aux exercices qui sont proposés dans ce module, certains sont des ap-
plications directes du cours, d’autres contiennent des développements importants. Ces notes de
cours, issues d’un polycopié de cours amélioré et complété sur plusieurs années, a bénéficié et
continue de bénificier de nombreuses remarques ou questions des étudiants et de discussions avec
les collègues. Il serait ingrat de ne pas les en remercier chaleureusement et de les encourager dans
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
le sens de l’amélioration en vue de rendre plus suscincte et récaputilative ces notes pour le bien
de ces utilisateurs.
Nous souhaitons un bon usage de ce document à tous les utilisateurs et comptons beaucoup
sur leurs critiques et suggestions pour son amélioration.
L’auteur
1 Espace affine 5
1.1 Structure d’espace affine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.2 Vectorialisé d’un espace affine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Sous-espace affine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.1 Parallélisme et incidence de deux sous-espaces affines . . . . . . . . . . . . 11
1.3 Repère et base affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.1 Famille affinement génératrice – Famille affinement libre . . . . . . . . . . 13
1.3.2 Coordonnées cartésiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4 Barycentres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4.1 Fonction vectorielle de Leibniz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4.2 Coordonnées barycentriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.4.3 Convexité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.5 Applications affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.5.1 Quelques applications affines remarquables
. . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
1.5.2 Quelques sous groupes de GA(E ), ◦ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
1.5.3 Forme affine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3 Groupes classiques 51
3.1 Groupes linéaires – Groupes spéciaux linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.1.1 Dilatations et transvections . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.1.2 Groupe spécial linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.2 Groupe orthogonal ou groupe des isométries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.2.2 Images de sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.3 Réflexions vectorielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.4 Dimension 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.4.1 Rotations et reflexions planes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.4.2 Matrices orthogonales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.4.3 Orientation du plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
3.4.4 Angle de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Espace affine
Dans tout ce document K designera l’un quelconque de trois corps Q, R ou C et plus généralement
tout corps commutatif de caractéristique zéro.
Définition 1.1
Soit E un K-espace vectoriel. Un espace affine de direction E est la donnée d’un ensemble non
vide E et d’une application
ϕ : E × E −→ E
−→
(A, B) 7−→ ϕ(A, B) = AB
ϕA : E −→ E
−→
B 7−→ ϕA (B) = ϕ(A, B) = AB
Vocabulaire
L’application ϕ de la Définition 1.1 est appelée structure d’espace affine sur E et l’espace
vectoriel E est appelé direction de E ou que E est dirigé par E. On dira donc que E est un
K-espace affine (ou tout simplement espace affine) de direction E.
Les éléments d’un espace affine E sont appelés des points, ceux du corps de base K des
scalaires tandis que les éléments de E sont des vecteurs.
En vertu de la bijection ϕA pour tout A ∈ E , on appellera dimension de E la dimension de
l’espace vectoriel E et on écrira dim E = dim E.
→
−
En particulier, les espaces affines de dimension 0 i.e., associés à E = { 0 } sont ceux réduits
à un point, et par analogie au vocabulaire de l’algèbre linéaire, les espaces affines de dimension 1
sont appelés droites affines, ceux de dimension 2 sont appelés plans affines.
Proposition 1.2
Soit E un espace affine de direction le K-espace vectoriel E. Il existe une application
ϕ : E × E −→ E qui vérifie les axiomes suivants
1. ϕ(A, C) = ϕ(A, B) + ϕ(B, C) pour tous A, B et C dans E ,
2. pour tout A ∈ E l’application ϕA : M 7−→ ϕ(A, M ) est une bijection de E dans E.
Remarque 1.3
1. Soit A élément de E un espace affine de direction E. Du fait que ϕA est une bijection alors
pour tout élément ~u ∈ E il existe un unique élément B de E tel que ϕA (B) = ϕ(A, B) =
−→ −→
AB = ~u. On notera : B = A + AB.
−→
2. Soit A, B deux points d’un espace affine E de direction E. L’égalité B = A + AB entraı̂ne
−→
l’operation algébrique donnant l’écriture équivalente B − A = AB qui est très utile dans les
calculs. Mais il faut faire très attention, car le fait de donner un sens à une différence de
points n’autorise pas à écrire n’importe quelle combinaison de points d’un espace affine sauf
dans deux situations particulières que l’on verra plus loin : barycentre et vectorialisé.
Exemple 1.1
1. Tout K-espace vectoriel E est un espace affine sur lui même. On dit donc que tout espace
vectoriel est muni d’une structure affine canonique
En effet, soit E un K-espace vectoriel. Posons
ϕ : E × E −→ E
(~u, ~v ) 7−→ ϕ(~u, ~v ) = ~u − ~v .
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
— ϕ(~u, ~u) = ~u − ~u = ~0
~ = ~u − ~v + ~v − w
— ϕ(~u, ~v ) + ϕ(~v , w) ~ = ~u − w
~ = ϕ(~u, w)
~
— Soit ~u ∈ E fixé dans E et
ϕ~u : E −→ E
~v 7−→ ϕ~u (~v ) = ϕ(~u, ~v ) = ~u − ~v .
Soient ~v et w
~ élément de E tels que ~v = w~ Alors on a ~u −~v = ~u − w
~ =⇒ ϕ~u (~v ) = ϕ~u (w)
~
donc ϕ~u est bien définie (i.e est une application).
Soient ~v et w
~ élément de E tels que ϕ~u (~v ) = ϕ~u (w).
~ On a
~ =⇒ ~u − ~v = ~u − w
ϕ~u (~v ) = ϕ~u (w) ~ =⇒ ~v = w
~
donc ϕ~u est injective. Soit ~v ∈ E. On a (~v − ~u) ∈ E et ϕ~u (~v − ~u) = ~v . Donc ϕ~u est
surjective. Ainsi ϕ~u est une bijection.
2. Soit a, b et c trois fonctions numériques d’une variable réelle définies et continues sur un
intervalle I telles que a(x) 6= 0 pour tout x ∈ I. L’ensemble
n o
E = y ∈ C 1 (I, R) ; a(x)y 0 + b(x)y = c(x)
L : C 1 (I, R) −→ C(I, R)
y 7−→ a(x)y 0 + b(x)y
n o
1 0
ker L = y ∈ C (I, R) ; a(x)y + b(x)y = 0 = E. Si c 6∈ Im L alors l’ensemble S des
solutions de l’équation (1) est vide. Si c ∈ Im L alors S = y0 + ker L où y0 est une solution
particulière de (1).
Exercice 1.1
1. On note E l’ensemble des (x, y, z) de R3 tels que x + y + z = 1 et E l’ensemble des (x, y, z)
de R3 tels que x + y + z = 0.
(a) Vérifiez que E est un R-espace vectoriel. L’ensemble E est-il un sous-espace vectoriel de
R3 ?
(b) On définit ϕ de E ×E dans R3 par ϕ (x, y, z), (x0 , y 0 , z 0 ) = (x0 −x, y 0 −y, z 0 −z). Montrez
que ϕ(E × E ) est inclus dans E et que ϕ définit sur E une structure d’espace affine dont
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Remarque 1.4
→
−
Une convention usuelle est aussi de noter E un espace vectoriel associé à E ; il faut bien voir
toutefois que la direction n’est pas unique et qu’il ne suffit pas que E soit un espace affine de
→
−
direction E pour qu’on puisse définir canoniquement sa direction E .
Proposition 1.5
Soit E un espace affine de dimension n.
— Deux points distincts A et B de E forment un bipoint que l’on note (A, B) ou (B, A).
L’application ϕ définit une relation d’équivalence sur E × E :
−→ −−→
(A, B) ∼ (C, D) ⇐⇒ ϕ(A, B) = ϕ(C, D) ⇐⇒ AB = CD.
Propriétés 1.6
Soient A, B, C et D quatres points distincts d’un espace affine E alors les deux propriétés
suivantes sont équivalentes :
−→ −−→
(P1 ) AB = DC
−−→ −−→
(P2 ) AD = BC.
−→ −−→
Si l’une de ces propriétés est vérifiée et si les vecteurs AB et AD sont indépendants on dit que
ABCD est un parallélogramme.
Définition 1.7
Soient E un espace affine de direction E et ~u ∈ E. On appelle translation de vecteur ~u l’appli-
cation souvent noté t~u
t~u : E −→ E
A 7−→ A + ~u.
Propriétés 1.8
1. t~0 = idE
2. t~u ◦ t~v = t~u+~v = t~v ◦ t~u
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On a vu que tout espace vectoriel donne naissance à un espace affine. Mais cet espace possède
un point particulier : le vecteur ~0. Par contre, dans un espace affine général E aucun point n’est
privilégié par rapport aux autres : on pourrait dire donc que la géométrie affine est de la géométrie
vectorielle sans origine a priori. Cependant on peut quand même selon les besoins de la cause choisir
un point A comme origine de E et étudier le problème inverse : cela permet de vectorialiser E
en A. L’application
χA : E −→ E
~u 7−→ A + ~u
est une bijection ensembliste (c’est au fait la bijection réciproque de ϕA de la Définition 1.1). En
effet, commençons par observer que χA est linéaire
χA (~u + ~v ) = χχA (~u) (~v ) = χA (~u) + χA (~v ) = χχA (~v) (~u) et χA (α · ~u) = αχA (~u) ;
−→
de plus χA (~u) = A ⇐⇒ ~u = AA = ~0. Cette bijection permet de transporter la structure d’espace
vectorielle de E sur E tout en étant au point A. On définit donc les opérations suivantes :
+A : E ×E −→ E −−→ −−→
(M, N ) 7−→ M +A N := χA AM + AN
et
·A : K × E −→ E −−→ −−→
(α, M ) 7−→ α ·A M := χA α · AM = αχA AM
−−→
A +A N = N = χA (AN )
−−→ −−→
M +A N = P = χA (AN + AM )
−
→
4 ·A I = Q = 4χA (AI)
−−→
A +A M = M = χA (AM )
Proposition 1.9
Soient E un K-espace affine et A ∈ E . Alors +A et ·A munissent E d’une structure de K-espace
vectorielle.
L’espace vectorielle (E , +A , ·A ) est appelé le vectorialisé de E en A et est noté EA
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Propriétés 1.10
Soient E un K-espace affine, A ∈ E et EA son vectorialisé en A.
— Le point A de l’espace affine E est
−le vecteur nul du vectorialisé EA : pour tout M ∈ EA ,
−→ −−→ −→ −−→
A +A M = χA AA + AM = χA AM = A + AM = M
— Par construction, la bijection d’ensemble χA induit un isomorphisme d’espaces vectoriels de
E sur EA .
Remarque 1.11
La vectorialisation n’est donc qu’une définition rigoureuse d’un phénomème intuitif qui consiste
à considérer un espace affine comme un espace vectoriel dans lequel on veut plus privilégié l’ori-
gine : le vecteur nul.
Le procédé de vectorialisation d’un espace affine n’est pas canonique. En effet pour deux points
distincts A et B, les loi (+A , ·A ) et (+B , ·B ) ne sont pas les mêmes à priori. C’est ainsi qu’on ne
peut dire qu’un espace affine est un espace vectoriel alors que la réciproque est toujours vrai.
On définit de manière analogue les notions de direction et de dimension pour les sous-espaces
affines. Et on dit aussi que F = A + F et le sous-espace affine de E passant par A et de direction
F.
Proposition 1.13
1. Soit E un espace affine de direction E. Une partie F de E est un sous-espace affine de E
si et seulement
(a) F 6= ∅
(b) il existe F 6 E un sous-espace vectoriel de E tel que pour tous points M et N éléments
−−→
de F , le vecteur M N ∈ F
2. Soit F un sous-espace affine d’un espace affine E de direction E. Le sous-espace vectoriel
F de E (F 6 E) est appelé la direction du sous-espace affine F et dim F = dim F .
On dit que le sous-espace affine F de E est
(a) une droite affine si sa direction F est une droite vectorielle, (dim F = 1)
(b) un plan affine si sa direction F est un plan vectoriel, (dim F = 2)
(c) un hyperplan affine si sa direction F est un hyperplan vectoriel, (dim F = n − 1) où
n = dim E
(d) etc.
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Exemple 1.2
1. Les sous espaces affines d’un espace vectoriel E sont les espaces ~u + F où ~u ∈ E et F est
un sous-espace vectoriel de E.
2. Le sous ensemble F = {(x, y, z) ∈ R3 ; x − 2y + 3z = 5} de R3 est un sous-espace affine
de direction F = {(x, y, z) ∈ R3 ; x − 2y + 3z = 0}. Soient M = (x, y, z) et N = (x0 , y 0 , z 0 )
deux points de F .
( (
M ∈ F x − 2y + 3z = 5
⇐⇒
N ∈ F x0 − 2y 0 + 3z 0 = 5
⇐⇒ (x − x0 ) − 2(y − y 0 ) + 3(z − z 0 ) = 0
−−→
⇐⇒ N M ∈ F.
Proposition 1.14
Soient F et G deux sous-espaces affines de directions respectives F et G d’un espace affine E .
1. Alors F ∩ G est
(a) soit vide ;
(b) soit un sous-espace affine de E de direction F ∩ G.
En effet, supposons que F ∩ G 6= ∅. Posons H = F ∩ G ; soient M , N ∈ H ; on a
( ( ( −−→
H ⊂ F M, N, ∈ F MN ∈ F −−→
⇐⇒ ⇐⇒ −−→ ⇐⇒ M N ∈ F ∩ G.
H ⊂ G M, N, ∈ G MN ∈ G
On en déduit que
— deux droites parallèlles à une même troisième sont parallèles entre elles.
— étant donné un point A et une droite affine D, il existe une unique droite D 0 parallèle à D
passant par A.
Définition 1.15
Soient deux sous-espaces affines F et G de direction respectives F et G d’un espace affine E .
1. On dit que F et G sont (faiblement) parralèlles et on note F //G si F ⊂ G ou G ⊂ F .
2. On dit que F et G sont strictement parralèlles si F = G i.e F //G et dim F = dim G.
Proposition 1.16
Deux sous-espaces affines F et G de direction respectives F et G d’un espace affine E sont
parallèles si F = G ou F ∩ G = {0E }. En effet, supposons que F = G . On sait que F = G =⇒
F = G. Ainsi F et G sont parallèles (par définition).
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Exemple 1.3
1. Tout point est parallèle à n’importe quel autre sous-espace.
2. Deux droites sont parallèlles si et seulement si elles possèdent des vecteurs directeurs co-
linéaires.
3. Un quadrilatère ABCD est un trapèze si il vérifie (AB)//(CD).
4. Quatre points non alignés A, B, C et D forment un parallélogramme si et seulement si
(AB)//(DC) et (AD)//(BC).
Définition 1.18
Soient deux sous-espaces affines F et G d’un espace affine E . Soient M ∈ F et N ∈ G . Alors
−−→
1. F ∩ G 6= ∅ ⇐⇒ M N ∈ F + G.
−−→
2. Aff (F ∪ G ) = M + F + G + K M N .
Théorème 1.19
Soient deux sous-espaces affines F et G d’un espace affine E . Soient M ∈ F et N ∈ G .
1. Si F ∩ G 6= ∅ (donc si F ∩ G est un sous-espace) alors
2. Si F ∩ G = ∅ alors
Corollaire 1.20
1. Un sous-espace de dimension m d’un espace affine et un point hors de ce sous-espace en-
gendrent un sous-espace de dimension m + 1.
2. Dans un plan affine, deux droites sont soit parallèles soit sécantes en un unique point.
3. Dans un espace de dimension 3,
(a) si deux droites ne sont pas coplanaires alors elles engendrent l’espace tout entier ;
(b) si une droite n’est pas parallèle à un plan alors elle le coupe en un unique point ;
(c) si deux plans ne sont pas parallèles alors ils se coupent suivant une droite.
Définition 1.21
Deux sous espaces affines d’un espace affine E sont dits suplémentaires dans E si leurs
directions le sont dans E.
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Corollaire 1.22
Soient deux sous-espaces affines F et G d’un espace affine E .
1. Si E = F + G alors F ∪ G engendrent E et F ∩ G 6= ∅.
2. Si F et G sont supplémentaires dans E alors F ∩ G est un singleton.
Exemple 1.4
Soit dans le plan affine ABCD un quadrilatère I, J, K et L les milieux respectifs des segments
[AB], [BC], [CD] et [DA].
1. Démontrons que [IK] et [JL] ont le même milieu.
A
I
B
J
L
G
1ère méthode Considérons le triangle ABC, le point I est le milieu de [A, B] et J est le milieu de
[BC]. D’après la propriété des droites des milieux. On a (IJ)//(AC) et IJ = 21 AC. De
la même manière, on prouve que (JK)//(BD), (LK)//(AC) et (LI)//(BD).
De tout ce qui précède, on déduit que (IJ)//(KL) et (LI)//(KJ). Donc IJKL est un
parrallélogramme dont les diagonales [I, K] et [L, J] se coupent en leur milieu. D’où le
résultat.
−→ −−→ −−→ −−→ → − −→ −−→ −−→ −−→
2ème méthode On a : AB + BC + CD + DA = 0 . Posons ~u = AB + BC + CD + DA.
−
→ −→ −−→ −→
~u = 2AI + 2BJ + 2CK + 2DL
−
→ −→ − → −−→ −−→ −−→
+ 2BI} +2IJ + 2| CK {z
= 2| AI {z + 2DK} +2KL
=0 ~ =~0
−
→ −−→
= 2 IJ + KL
−
→ −−→
Ainsi ~u = ~0 ⇐⇒ IJ = LK.
−→ −−→ −→ −−→ → −
2. Que peut-on dire du point G tel que GA + GB + GC + GD = 0 ?
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Définition 1.23
Proposition 1.24
Soit A = {A0 , · · · , Ap } une famille finie de p + 1 points d’un espace affine E de direction E
−−−→ −−−→
avec dim E = n. On note X = {A0 A1 , . . . , A0 Ap}. Alors :
1. A est libre dans E si et seulement si X est libre dans E et dans ce cas p 6 n ;
2. A est génératrice dans E si et seulement si X est génératrice dans E et dans ce cas p > n ;
3. A est une base de E si et seulement si X est une base de E et dans ce cas p = n. (En
dimension n, toute base de l’espace possède donc n + 1 éléments.)
4. Si p = n, il y a équivalence entre les assertions :
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Remarque 1.25
Dans tous ces enoncés, on a privilégié le premier point A0 de la famille A = {A0 , · · · , An },
pour former des vecteurs. Il est très facile de voir que les résultats ne dépendent pas de ce choix.
Par exemple, il est équivalent de dire :
1. les points A, B et C sont indépendants ;
−→ −→
2. les vecteurs AB et AC sont linéairement indépendants ;
−→ −−→
3. les vecteurs BA et BC sont linéairement indépendants ;
−→ −−→
4. les vecteurs CA et CB sont linéairement indépendants.
Définition 1.26
Soit E un espace affine de dimension finie n, de direction E et A = {A0 , · · · , An } une famille
de
−−(n + 1) pointsde E . On dit que A est un repère affine de E si et seulement si la famille
−→ −−−→
A0 A1 , · · · , A0 An est une base de E.
n
−−−→ X −−−→ −−−→ −−−→ −−−→
encore équivalent à A0 M = λi A0 Ai = λ1 A0 A1 + λ2 A0 A2 + · · · + λn A0 An .
i=1
Le n-uplet (λ1 , · · · , λn ) est appelé coordonnées cartésiennes de M dans le repère affine (A0 , A1 , · · · , An )
et on écrit
λ1
λ2
M .. .
.
λn
1.4 Barycentres
Soit E un espace affine de direction le K-espace vectoriel E.
Soit A ∈ E et α ∈ K. La paire (A, α) ∈ E × K est appelée un point pondéré.
Soient (Ai , αi )16i6n une famille de points pondérés de E . On appelle fonction vectorielle
de Leibniz associée à la famille (Ai , αi )16i6n l’application
f: E −→ E
n
X −−→
M 7−→ f (M ) = αi M A i .
i=1
Propriétés 1.27
n
−−→ X −−→
Soit A ∈ E , on a f (M ) = (α1 + · · · + αn )M A + f (A) = αi M A + f (A)
i=1
n
X
1. Si αi = 0 alors f (M ) = f (A) pour tout M ∈ E ; ainsi f est constante.
i=1
n
X −−→ −−→
2. Si αi 6= 0 alors on a f (M ) = f (N ) =⇒ M A = N A =⇒ M = N donc f est injective.
i=1
Soit ~u ∈ E. On a :
n
!
X −−→ −−→ ~u − f (A) f (A) − ~u
f (M ) = ~u ⇐⇒ αi M A + f (A) = ~u ⇐⇒ M A = n ⇐⇒ M = A + n .
X X
i=1
αi αi
i=1 i=1
Ainsi il existe M ∈ E tel que f (M ) = ~u, par conséquent f est surjective. Il s’en suit donc
que f est bijective.
Proposition 1.28
Soient (Ai , αi )16i6n une famille de points pondérés de E et O ∈ E
n n
X X −−→ −−−→ −−−→ −−−→
1. Si αi = 0 alors le vecteur αi M A i = α1 M A 1 + α2 M A 2 + · · · + αn M A n
i=1 i=1
est indépendant du point M ∈ E .
n n
X X −−→ −−→ −−→ −−→
2. Si αi 6= 0 alors le point O + αi OAi = O + α1 OA1 + α2 OA2 + · · · + αn OAn
i=1 i=1
est indépendant du point O ∈ E et l’unique antécédent du vecteur nul par la fonction de
Leibniz G = f −1 (~0) est appelé le barycentre des points pondérés (Ai , αi )16i6n . On note
n
X −−→
αi GAi = ~0.
G = bar (Ai , αi )16i6n et on a G = bar (Ai , αi )16i6n ⇐⇒
i=1
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
n
αi X
En posant βi = n , on obtient βi = 1 et on dit que les coefficients sont normalisés.
X
i=1
αi
i=1
En particulier, si tous les coefficients sont égaux alors le point G dans ce cas est appelé
isobarycentre des points pondérés (Ai , αi )16i6n . En d’autres termes, on dit que G est
l’isobarycentre de la famille de points pondérés (Ai , 1)16i6n en vertu de la normalisation.
Exemple 1.5
1. Soit G le barycentre d’un système (A, α), (B, β) , où α + β 6= 0. On peut donc écrire le
1
point G = αA + βB . Puisqu’il s’agit d’une écriture vectorielle, on obtient l’identité
α+β
(α + β)G = αA + βB, et on en déduit immédiatement deux formulations équivalentes, à
savoir :
α+β β α+β α
A= G − B (si α 6= 0) et B = G − A (si β 6= 0)
α α β β
4. Le sous espace affine engendré par les points A, B et C souvent noté < A, B, C > est
−→ −→
< A, B, C >= A + αAB + β AC, α, β ∈ R = G = bar (A, 1 − α − β), (B, α), (C, β)
Si α, β ∈ [0, 1] alors < A, B, C > est la plaque triangulaire de frontière le triangle ABC.
−
→ −→
5. Soit I le milieu de [AB] on a IA + IB = ~0. Ainsi I est barycentre de (A, 1), (B, 1) .
Proposition 1.29 X
Soit (Ai , αi )i∈I un système de points pondérés d’un espace affine E avec αi 6= 0.
i∈I
1. Si il existe i0 ∈ I tel que αi0 = 0, alors bar (Ai , αi )i∈I = bar (Ai , αi )i∈Ir{i0 } . Par conséquent,
on peut toujours se ramener à une famille où tous les poids sont non nuls.
2. Commutativité : bar (Ai , αi )i∈I = bar(Aσ(i) , ασ(i) )i∈I pour toute permutation σ de l’ensemble
I.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Exemple 1.6
A+B A+B
1. Le milieu I d’un bipoint (A, B) peut se noter I = (homogénéité). Comme I =
2 2
(commutativité), I est aussi milieu de (B, A).
B+C C +A A+B
2. Soit ABC un triangle non aplati. Posons A0 = , B0 = , C0 = . Alors
0 0 0
2 2 2
(AA ), (BB ) et (CC ) sont des droites distinctes, appelées médianes du triangle ABC. Ce
sont bien des droites, car si par exemple A = A0 , cela signifie que A ∈ (BC), ce qui est
impossible. De même, si par exemple (AA0 ) = (BB 0 ), alors en particulier A0 ∈ (BC) aussi,
cela donnerait A0 = B et donc B = C, contradiction.
A+B+C
Soit maintenant G = le centre de gravité du triangle ABC. En utilisant la
3
propriété d’associativité, on trouve
1 2B +C 1 2
G= A+ = A + A0 .
3 3 2 3 3
1 −→ 2 −−→0 ~ AG 2
On en déduit que G ∈ (AA0 ) et que GA + GA = 0, c’est-à-dire 0
= . Avec d’autres
3 3 AA 3
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
AG BG CG 2
(AA0 ) ∩ (BB 0 ) ∩ (CC 0 ) = {G}, 0
= 0
= 0
= ,
AA BB CC 3
−−→0 −−→0 −−→0 A0 + B 0 + C 0
AA + BB + CC = ~0 G = .
3
Soient maintenant A, B, C trois points quelconques de E, et soit G = A − 2B + 2C. Pour
déterminer G, on écrit naturellement
−→ −−→ −→ −→ −−→
GA − 2GB + 2GC = ~0 ⇐⇒ GA + 2BC = ~0
−→ −−→
⇐⇒ AG = 2BC
−−→
⇐⇒ G = A + 2BC.
−−→ −−→
Autrement dit, on a A − 2B + 2C = A + 2BC. Puisque C − B = BC, on voudrait pouvoir
−−→
écrire directement A − 2B + 2C = A + 2C − 2B = A + 2(C − B) = A + 2BC.
données privilégié, les coordonnées barycentriques. Grâce aux barycentres, nous allons introduire
un autre système de repérage que celui des coordonnées cartésiennes.
Proposition 1.30
Soit {A0 , · · · , Ap } un système affinement libre de E . Si bar(Ai , αi )06i6p = bar(Ai , βi )06i6p ,
alors il existe λ ∈ K∗ tel que αi = λβi pour tout i ∈ {0, 1, · · · , p}.
Observons qu’il s’agit là d’une forme de réciproque de la propriété d’homogénéité des barycentres,
mais qu’elle n’est valable que pour une famille libre.
Preuve. p p p p
X X X αi X βi
Posons Λ = αi et Γ = βi . Par hypothèse Λ et Γ sont non nuls et Ai = Ai .
i=0 i=0 i=0
Λ i=0
Γ
p p
X αi X βi
Dans le vectorialisé EA0 , cette relation devient Ai = Ai . Mais comme dans EA0 la
i=1
Λ i=1
Γ
−−−→
famille de vecteurs {Ai }16i6p est libre car {A0 Ai }16i6p est libre dans E par hypothèse , on doit
αi βi Λ
avoir ∀ i ∈ 1, 2, 3 · · · , p ; = , i.e. αi = λβi avec λ = ∈ K∗ . En outre,
Λ Γ Γ
p p
X X
α0 = Λ − αi = Λ − λ βi = Λ − λ(Γ − β0 ) = λβ0 ,
i=1 i=1
si bien que la relation αi = λβi est valide pour tout i ∈ {0, 1, 2, 3, · · · , p}.
Corollaire 1.31
Soit (Ai )06i6p un repère affine de E . Alors pour tout point M ∈ E , il existe une famille de
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
scalaires (αi )06i6p , unique à une constante multiplicative près, telle que M = bar(Ai , αi )06i6p . En
p
X
particulier, si l’on impose αi = 1, la famille (αi )06i6p est unique. On dit que les αi sont les
i=0
coordonnées barycentriques de M dans le repère affine (Ai )06i6p .
Preuve.
Puisque (Ai )06i6p est une base affine, c’est une famille génératice dans E . Tout M ∈ E s’écrit
M = bar(Ai , αi )06i6p . Comme (Ai )06i6p est aussi une famille libre, les αi sont définis à un (même)
scalaire près par la proposition précédente.
Si en outre on normalise la masse totale des barycentres considérés, alors Λ = 1 dans l’énoncé
de cette proposition, d’où l’unicité des αi .
Remarque 1.32
1. Dans certains ouvrages, les scalaires de la définition sont appelés coordonnées barycentriques
p
X
normalisées (par la condition αi = 1).
i=0
2. Attention, en dimension n, tout point possède n + 1 coordonnées barycentriques.
3. Par définition, si (Ai )06i6p est un repère affine de E, alors les coordonnées barycentriques
de point Ai sont données par le vecteur t (0 · · · 0 1 0 · · · 0), où le 1 figure à la (i + 1)ième
ligne.
Proposition 1.33
On suppose que E est de dimension n.
−−−→
1. Si R = (Ai )06i6n est un repère affine de E , alors S = A0 ; (A0 Ai )16i6n est un repère
cartésien de E
Si M a pour coordonnées barycentrique (αi )06i6n dans R, alors M aura pour coordonnées
cartésiennes (λi )16i6n dans S. Il suffit donc d’ oublier la première coordonnée.
2. Réciproquement, si S = O; (~ei )16i6n est un repère cartésien de E, alors
R = (O, O + e~1 , · · · , O + e~n ) est un repère affine de E .
Si M a pour coordonnées cartésiennes (λi )16i6n dans S, alors M aura pour coordonnées
Pn
barycentriques (λi )06i6n dans R, où λ0 = 1 − λi .
i=1
Preuve.
n
P
1. Si M a pour coordonnées barycentriques (λi )06i6n dans R, alors M = λi Ai dans tout
i=0
n n
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
P P
vectorialisé de E (car λi = 1). En particulier on a M = λi Ai dans EA0 , ce qui se
i=0 i=1
−−−→ P n −−−→
traduite précisément par A0 M = λi A0 Ai .
i=1
−−−→ n
P −−−→ −−−→ n
P −−−→
2. Réciproquement, si A0 M = λi A0 Ai alors A0 M = λi A0 Ai , où l’on a posé λ0 = 1 −
i=1 i=0
n
P
λi . Autrement dit, M = bar(Ai , λi )06i6n .
i=1
Remarque 1.34
1. Au vu des derniers résultats importants (caractérisation des sous-espaces et des morphismes,
coordonnées) il apparaı̂t clairement que la notion de barycentre joue en géométrie affine le
même rôle que la notion de combinaison linéaire en géométrie vectorielle.
2. On peut bien sûr parler d’équations barycentriques pour les sous-espaces affines, c’est-à-
dire d’équations traduites en coordonnées barycentriques. Nous en verrons un aperçu en
Exercice.
Exemple 1.7 n o
Soient ABC un triangle non aplati et M = bar (A, −1), (B, 2), (C, 21 )
1. Justifions que M ∈ Aff (A, B, C).
n 1 o 3 1
M = bar (A, −1), (B, 2), (C, ) ⇐⇒ M = −A + 2B + C
2 2 2
3 −−→ −→ 1 −→
⇐⇒ AM = 2AB + AC
2 2
4 −→ 1 −→
⇐⇒ M = A + AB + AC
3 3
⇐⇒ M ∈ Aff(A, B, C)
−→−−→
2. Donnons les coordonnées cartésiennes de M dans le repère (B, BABC).
n 1 o 3 1
M = bar (A, −1), (B, 2), (C, ) ⇐⇒ M = −A + 2B + C
2 2 2
3 −−→ −→ 1 −−→
⇐⇒ BM = −BA + BC
2 2
−−→ 2 −→ 1 −−→
⇐⇒ BM = − BA + BC
3 ! 3
− 32 −→ −−→
⇐⇒ M = 1
∈ (B, BA, BC)
3
−→ −→
3. On considère sur ABC le repère (A, AB, AC). En déduire les coordonnées barycentriques
de M dans le repère affine associé à ce repère cartésien.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
n 1 o 3 1
M = bar (A, −1), (B, 2), (C, ) ⇐⇒ M = −A + 2B + C
2 2 2
3 2 4 1
⇐⇒ M =− A+ B+ C
2 3 3 3
2
−
34
⇐⇒ M = 3 ∈ (A, B, C)
1
3
Lèmme 1.35
Une partie non vide F d’un espace affine E est un sous-espace affine si et seulement si le
barycentre (s’il existe) d’une quelconque famille de points pondérés de F appartient à F .
Preuve.
Supposons que F soit un sous-espace affine deX E , et soit A ∈ F . Soit (Ai , αi )i une famille de
αi Ai
i
points pondédés de F , avec αi 6= 0. Alors G = X
P
comme combinaison linéaire d’éléments
αi
i
de F dans EA . Mais FA est un sous-espace vectoriel de EA , donc G ∈ F .
Réciproquement, soit A ∈ F , montrons que FA est un sous-espace vectoriel de EA . Si M ,
N ∈ F et α, µ ∈ K, la combinaison linéaire αM + µN existe dans EA . L’astuce consiste à écrire
αM + µN = (1 − α − µ)A + αM + µN (car A est le vecteur nul de EA ), si bien que αM + µN est
barycentre de points de F , donc reste dans F par hypothèse.
Théorème 1.36
Soit A une partie non vide dun espace affine E . Alors Aff (A) est l’ensemble des barycentres
des familles de points pondérés (Ai , αi )i où pour tout i Ai ∈ A , i.e.
( )
X X
Aff (A) = αi Ai ; αi = 1 et Ai ∈ A .
i i
Preuve.
Soit M un barycentre de points de A. Alors M est en particulier barycentre de points de
Aff (A), donc reste dans Aff (A).
−−→ −−→
Réciproquement, soit M ∈ Aff (A). Fixant A ∈ A, on sait que AM ∈ V ect APi , Pi ∈ A .
X
Dans le vectorialisé EA ceci se traduit par le fait que M est une combinaison linéaire αi Pi de
! i
X X
points de A. Ce qui donne alors M = 1 − αi A+ αi Pi , c’est-à-dire que M est barycentre
i i
de points de A.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Définition 1.37
Soit E un espace affine et (Ai , αi )i∈I une famille de points pondérés de E . On appelle fonction
scalaire de Leibniz l’application souvent notée ϕ et définie par :
ϕ : E −→ R
X −−→
M 7−→ αi M A i 2 .
i∈I
Proposition 1.38
!
X X
1. Si αi 6= 0 alors pour tout M on a ϕ(M ) = αi M G2 + ϕ(G) où G est le barycentre
i∈I i∈I
de (Ai , αi )i∈I .
X X
2. Si αi = 0 et ~v = αi Ai 6= ~0 alors pour tout couple de points (M, M0 ) dans E × E on
i∈I i∈I
−−−→
a : ϕ(M ) = ϕ(M0 ) + 2M M0 · ~v
1.4.3 Convexité
Définition 1.39
1. Une partie F d’un espace affine E est convexe si pour tous A, B ∈ F le segment [AB] est
contenu dans F .
2. Soit F une partie non vide d’un espace affine E . On appelle enveloppe convexe de F le plus
petit convexe de E contenant F . C’est l’intersection de tous les convexes de E contenant
F , et aussi l’ensemble de tous les barycentres de points de F affectés de coefficients tous
positifs.
Exemple 1.8
1. Tout sous-espace affine d’un espace affine (en particulier l’espace lui-même) est convexe.
2. Un segment, une demi-droite (ouverte ou fermée) sont convexes
Rappellons que si A est un point d’un espace affine E et ~u un vecteur non nul de E, on
appelle demi-droite fermée (resp. ouverte) d’origine A et de vecteur directeur ~u l’ensemble
−−→ −−→
{M ∈ E ; AM = α~u, α > 0} (resp. {M ∈ E ; AM = α~u, α > 0}).
3. Une fonction réelle f définie sur un intervalle I de R est convexe si et seulement si son
épigraphe est convexe (on appelle épigraphe de f l’ensemble (x, y) ∈ I × R, y > f (x) des
points situés au-dessus du graphe de f ).
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Proposition 1.40
Une partie F d’un espace affine E est convexe si et seulement si tout barycentre de points de
F affectés de coefficients positifs est dans F .
L’exemple des demi-droites n’est qu’un cas particulier d’un exemple fondamental de convexes :
les demi-espaces. Si E est un espace affine de dimension n et H un hyperplan affine, H sépare
l’espace en deux.
Proposition 1.41
Définition 1.42
On appelle polyèdre convexe toute partie bornée non vide d’un espace affine qui peut s’écrire
comme intersection d’un nombre fini de demi-espaces fermés.
Dans le plan, on retrouve la notion usuelle de polygone convexe plein. Dans l’espace de dimension
3, un polyèdre est un solide convexe d’intérieur non vide (s’il n’est pas contenu dans un plan).
On remarque que cette définition exclut le cas des dièdres ou des trièdres, qui sont intersection de
deux ou trois demi-espaces fermés mais ne sont pas bornés.
Proposition 1.43
Une partie d’un espace affine E est un polyèdre convexe si et seulement si elle est l’enveloppe
convexe d’un nombre fini de points de E .
Il résulte immédiatement de la définition que toute intersection d’un polyèdre convexe et d’un
sous-espace affine est vide ou est un polyèdre convexe (un sous-espace affine peut s’écrire comme
intersection d’un nombre fini d’hyperplans affines et un hyperplan affine est l’intersection des
deux demi-espaces fermés qu’il limite). De même toute intersection d’un nombre fini de polyèdres
convexes est vide ou est un polyèdre convexe.
Un exemple de polyèdre convexe en dimension quelconque est le n-simplexe
( n
)
X
∆n = (x0 , · · · , xn ) ∈ Rn+1 ; xi = 1, xi > 0 pour tout i = 0, · · · , n .
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
i=0
n
X
n+1
(∆n est une partie de R , mais il est inclus dans l’hyperplan d’équation xi = 1, si bien que
i=0
sa dimension intrinsèque est n.)
s−a+f =2
Propriétés 1.46
Soit (O, ~e1 , ~e2 , ~e3 ) un repère cartésien (non nécessairement orthonormé) de l’espace.
— Un tétraèdre possède 4 sommets, 4 faces et 6 arêtes. Ses faces sont des triangles. Si ces
triangles sont tous équilatéraux, le tétraèdre est dit régulier.
Un tétraèdre est donc régulier si et seulement si toutes ses arêtes ont même longueur (cette
définition, comme d’autres qui suivront, suppose l’espace affine muni d’une structure eucli-
dienne).
— Un parallélépipède (plein) construit sur ce repère est l’ensemble des points de l’espace dont
les trois coordonnées dans ce repère appartiennent toutes à l’intervalle [0, 1].
Un parallélépipède a 8 sommets, 6 faces et 12 arêtes. Ses faces sont des parallélogrammes.
Les sommets du parallélépipède construit sur un repère cartésien sont les points de coor-
données toutes égales à 0 ou 1 dans ce repère, ses faces sont portées par les plans d’équations
x = 0, x = 1, y = 0, y = 1, z = 0, z = 1. Un parallélépipède dont les faces sont des rec-
tangles est appelé parallélépipède rectangle.
— Un cube est un parallélépipède dont les faces sont des carrés.
— Une pyramide est l’enveloppe convexe d’un polygone plan convexe non aplati, appelé base de
la pyramide, et d’un point S (le sommet de la pyramide) n’appartenant pas au plan de ce
polygone.
Une pyramide dont la base a n sommets a n + 1 faces, 2n arêtes et n + 1 sommets. Une
pyramide régulière est une pyramide dont la base est un polygone régulier convexe et dont le
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
S
B
A
F
D
E
I
B
H A
J
C
G F
K
D
E
L
A B
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
D C
F G
E H
(c) Parallélépipède
Définition 1.47
Soient E et F deux espaces affines de directions respectives E et F . Une application f : E −→
F est dite application affine ou morphisme affine s’il existe une application f~ définie de E −→ F
telle que
−−−−−−−→ ~ −−→
∀ M, N ∈ E , f (M )f (N ) = f (M N ).
L’application f~ est appelée l’application linéaire associée à f . Elle est unique et est dite partie
linéaire de f .
Propriétés 1.48
Soient E et F deux espaces affines de directions respectives E et F . Soit f : E −→ F une
application affine d’application linéaire associée f~.
1. On a ∀ N ∈ E , ∀ → −
u ∈ E, f (N + → −u ) = f (N ) + f~(→
−
u ).
En effet ces deux formules sont équivalentes : soient M , N ∈ E ;
−−−−−−−→ ~ −−→ −−→ −−→
f (M )f (N ) = f (M N ) ⇐⇒ f (N ) − f (M ) = f~(M N ) = −f~(N M )
−−→
⇐⇒ f (M ) = f (N ) + f~(N M )
−−→ −−→
⇐⇒ f (N + N M ) = f (N ) + f~(N M ).
Proposition 1.50
Toute application qui conserve le barycentre est une application affine.
Preuve.
Soit f : E −→ F une application. Supposons que f préserve le barycentre et montrons que f
est affine. Soit G = bar{(A, α), (B, 1 − α)}.
−→ −→ −−→
G = bar{(A, α), (B, 1 − α)} ⇐⇒ ∀ O ∈ E , OG = αOA + (1 − α)OB (1.5.1)
−−→
Posons G0 = f (G) = bar f (A), α , f (B), 1 − α , O0 = f (O) puis pour tout M ∈ E , ϕ(OM ) =
−−0−→0 −−−−−−−→
O M = f (O)f (M ). Montrons que ϕ ainsi définie est une application linéaire.
−− → −→ −→ −−→
O0 G0 = ϕ(OG) = ϕ αOA + (1 − α)OB
−−→ −−→
= αO0 A0 + (1 − α)O0 B 0
−→ −−→
= αϕ(OA) + (1 − α)ϕ OB par définition de ϕ.
−→ −→
En particulier pour O = B, ϕ(αBA) = αϕ(BA). Donc
De (1.5.2) et (1.5.3) on déduit que ϕ est donc linéaire. Par conséquent f est une application affine
dont l’endomorphisme associé est ϕ.
Proposition 1.51
Soit f une application affine. Alors f est injective (resp. surjective, bijective) si et seulement
~
si f l’est.
Preuve.
Exercice.
De cette proposition et de l’analogie vectoriel on déduit immédiatement :
Corollaire 1.52
Soit f une application affine entre deux espaces affines de même dimension. Alors les assertions
suivantes sont équivalentes :
1. f est injective ;
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
2. f est surjective ;
3. f est bijective.
Définition 1.53
1. Une application affine de E dans E s’appelle un endomorphisme affine de E .
2. Une application affine bijective s’appelle un isomorphisme affine (ou encore, une transfor-
mation affine).
3. Deux espaces affines E et F sont dits isomorphes s’il existe un isomorphisme affine de E
sur F (ils sont alors de même dimension).
4. Un endomorphisme affine bijectif s’appelle un automorphisme affine ou une transformation
affine.
Proposition 1.54
Soient f : E −→ F et g : F −→ G deux applications affines d’applications linéaires respectives
f~ et ~g . Alors g ◦ f : E −→ G est une application affine d’application linéaire ~g ◦ f~.
Preuve.
Soit M et N ∈ E on a :
−−−−−−−−−−−−→ −−−−−−−→ −−→ −−→
g ◦ f (M )g ◦ f (N ) = ~g f (M )f (N ) = ~g f~(M N ) = (~g ◦ f~) M N
Notation
Proposition 1.55
L’application L : f ∈ GA(E ) 7−→ f~ ∈ GL(E) est un homomorphisme surjectif du groupe
affine GA(E ) dans le groupe linéaire GL(E) (groupe des applications linéaires bijectives de E
dans lui-même). Son noyau est le sous-groupe des translations de E : T (E ).
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Le groupe affine GA(E ) opère sur E par l’application (f, P ) ∈ GA(E ) × E 7−→ f (P ) ∈ E .
Rappelons qu’on appelle alors stabilisateur d’un point O de E le sous-groupe noté Stab(O) de
GA(E ) constitué des transformations affines f laissant fixe le point O :
n o
Stab(O) = f ∈ GA(E ) ; f (O) = O .
Proposition 1.56
Pour tout point O de E , la restriction de l’application f 7−→ f~ à Stab(O) est un isomorphisme
de Stab(O) sur le groupe linéaire GL(E).
Définition 1.57
Soit f~ un endomorphisme linéaire de E. On appelle vecteur invariant de f~ tout vecteur ~u de E
qui vérifie f~(~u) = ~u. L’ensemble des vecteurs invariants de f~ est noté Inv (f~)
Observer que f~(~u) = ~u ⇐⇒ (f~ − idE )(~u) = ~0 traduit que ~u est un vecteur propre de f~ associé à
la valeur propre 1. Ainsi Inv (f~) = ker(f~ − idE ) est le sous-espace propre de E associé à la valeur
propre 1.
Proposition 1.58
Soient E un espace affine et f ∈ A(E ). On appelle ensemble de points invariants (fixes) par f
l’ensemble noté Inv (f ) défini par
Inv (f ) = M ∈ E : f (M ) = M .
Proposition 1.59
Soit f ∈ A(E ) dont la partie linéaire est f~.
−−−−→
1. Soit P ∈ E . Alors Inv (f ) 6= ∅ si et seulement si P f (P ) ∈ Im(f~ − idE ).
2. Si Inv (f ) 6= ∅, Inv (f ) est un sous espace affine de E de direction Inv (f~).
Preuve.
1. Fixons P ∈ E et soit M ∈ E , alors
−−→ −−−−→ −−→
f (P ) = f (M ) + f~(M P ) ⇐⇒ P + P f (P ) = f (M ) + f~(M P )
−−−−→ −−−−→ −−→
⇐⇒ P f (P ) = P f (M ) + f~(M P ).
−−−−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→
Par suite, M ∈ Inv (f ) ⇐⇒ P f (P ) = P M + f~(M P ) = f~(M P ) − M P = (f~ − idE )(M P ).
Ainsi Inv (f ) est non vide si et seulement s’il existe au moins ~u ∈ E tel que
−−−−→ −−−−→
P f (P ) = (f~ − idE )(~u). Par conséquent Inv (f ) 6= ∅ si et seulement si P f (P ) ∈ Im(f~ − idE ).
2. Supposons Inv(f ) 6= ∅. Fixons P ∈ Inv (f ) et soit M ∈ E . D’après le calcul effectué en 1.,
−−→
M ∈ Inv (f ) si et seulement si (f~−idE )(M P ) = ~0 (puisque f (P ) = P ), donc si et seulement
−−→
si P M ∈ ker(f~ − idE ) = Inv (f~). On en déduit que Inv (f ) = P + Inv(f~), c’est-à-dire que
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Corollaire 1.60
Soit f ∈ A(E ). Alors f possède un point fixe et un seul si et seulement si Inv (f~) = {~0}.
Observons que pour utiliser la partie indirecte de ce corollaire, il n’est pas nécessaire de montrer
d’abord que Inv (f ) 6= ∅ d’où son grand intérêt.
Preuve.
La partie directe de l’assertion résulte directement du 2. de la proposition précédente. Réciproquement,
si Inv (f~) = {~0}, alors f~ − idE est injective, donc surjective (c’est un endomorphisme de E, es-
pace de dimension finie) et donc Im(f~ − id) = E. Par conséquent, le point 1. de la proposition
précédente implique que Inv (f ) est non vide, et le point 2. dit que c’est un sous-espace de direction
Inv (f~) = {~0}, c’est-à-dire un singleton.
Remarque 1.61
Si f ∈ GA(E ) alors Inv (f −1 ) = Inv (f ).
Proposition 1.62
Soient E et F deux espaces affines de direction respectives E et F , ψ : E −→ F une application
−−→
linéaire et (A, B) ∈ E × F . Alors f : M 7−→ B + ψ(AM ) est l’unique application affine de E dans
F telle que f (A) = B et dont la partie linéaire f~ = ψ.
Autrement dit, une application affine est entièrement déterminée par la donnée de sa partie
linéaire et de l’image d’un point (quelconque).
Preuve.
Il est clair que l’application f ainsi définie vérifie f (A) = B. D’autre part, pour tous M , N ∈ E ,
on a :
−−−−−−−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→
f (M )f (N ) = f (N ) − f (M ) = B + ψ(AN ) − B + ψ(AM ) = ψ(AN + M A) = ψ(M N ),
si bien que g = f .
Théorème 1.63
Soient E un esapce affine de dimension finie et F un espace affine. Soit (Ai )06i6n un repère
affine de E , et soit (Bi )06i6n une famille quelconque de points de F . Alors il existe une unique
f ∈ A(E , F ) telle que f (Ai ) = Bi pour tout i. En outre,
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On retiendra donc qu’une application affine est entièrement déterminée par la donnée d’un repère
(cartésien ou affine) et de son image, exactement comme dans le cas vectoriel.
Théorème 1.64
Soient E et F deux espaces affines de dimensions respectives m et n. Soient R = (O ; B) et
S = (P ; C) deux repères cartésiens, respectivement de E et F .
Pour tout M ∈ E notons XM ∈ Mm,1 (K) la matrice colonne des coordonnées de M dans R ;
pour tout N ∈ F notons YN ∈ Mn,1 (K) la matrice colonne des coordonnées de N dans S et soit
f : E −→ F une application.
1. Supposons que f est affine et notons A = M atB,C (f~) ∈ Mn,m (K). Alors
∀ M ∈ E, Yf (M ) = AXM + Yf (O) .
Cette écriture s’appelle la représentation matricielle (on dit aussi expression analy-
tique) de f relativement aux repères R et S. Concrètement, elle se traduit par une expres-
sion du type :
y1 = a11 x1 + . . . + a1m xm + b1
y = a x + ... + a x
2 21 1 + b 2m m 2
.. .. .. .. .. .. ..
. . . . . . .
yn = an1 x1 + . . . + anm xm + bn
2. Réciproquement, supposons qu’il existe des matrices A ∈ Mn,m (K) et B ∈ Mn,1 (K) telles
que Yf (M ) = AXM + B pour tout M ∈ E , alors f est affine et l’écriture précédente n’est
autre que sa représentation matricielle relativement aux repères R et S (en particulier, A
et B sont uniques).
Preuve.
−−→
1. est clair, puisque XM est formé des composantes de OM dans B, Yf (M ) − Yf (O) est formé des
−−−−→ −−−−→ −−−−−−−→ −−−−−−−→ −−→
composantes de P f (M ) − P f (O) = f (O)f (M ) dans C et puisqu’on a f (O)f (M ) = f~(OM ).
2. Comme nous l’avons rappelé, la donnée de A, B, C détermine une unique ψ ∈ L(E, F ) telle
que A = M atB,C (ψ). On a par ailleurs, pour tous M, N ∈ E :
Yf (N ) − Yf (M ) = AXN + B − (AXM + B) = A (X − X ) ,
| {z } | N {z M }
−−−−−−−→ −−→
composantes de f (M )f (N ) dans C composantes de M N dans B
−−−−−−−→ −−→
d’où f (M )f (N ) = ψ(M N ) pour tous M, N ∈ E . Par suite, f est affine de partie linéaire σ,
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Preuve.
Soit M , N ∈ E . On a :
−−−−−−−→ −−−−−−−−−−−−−−−−−−− −−−−−−−−−−−−−−−−−→
a(M )a(N ) = αf (M ) + (1 − α)g(M ) αf (N ) + (1 − α)g(N )
= αf (N ) + (1 − α)g(N ) − αf (M ) + (1 − α)g(M ) grâce à l’écriture barycentrique
= α f (N ) − f (M ) + (1 − α) g(N ) − g(M )
−−−−−−−→ −−−−−−−→
= αf (M )f (N ) + (1 − α)g(M )g(N )
−−→ −−→
= αf~(M N ) + (1 − α)~g (M N )
−−→
= αf~ + (1 − α)~g M N
−−→
= ~a(M N ).
Il faut comprendre qu’en général, une combinaison linéaire d’applications affines (αf + βg)
n’est pas généralement définie. La particularité ici (α + β = 1) est qu’il s’agit d’un barycentre
d’applications affines contrairement à une combinaison linéaire d’applications linéaires (puisqu’un
ensemble d’applications linéaires est un espace vectoriel).
Dans toute cette section F et G sont deux sous-espace affines supplémentaires de direction
respectives F et G dans un espace affine E de direction E.
M
0
⇐⇒ M = M + ~u →
−
u M 0 = t−
u (M )
→
p : E −→ E
M
M 7−→ M 0 = p(M )
p2 := p ◦ p = p. G
Le sous-espace G est apellé direction de la
projection p et F la base de la projection p
La projection p est une application affine de partie
linéaire la projection vectorielle p~ sur F parallèlement M 0 = p(M )
à G. On a par ailleurs Inv (p) = F , Inv (~p) = F ,
−−−→ F
G = M 0 M ; M ∈ E , p(M ) = M 0 .
s : E −→ E
M 7−→ M 0 = s(M ) M
−−−−−→
telle que pour tout M ∈ E , M s(M ) ∈ G et le mi-
lieu I = bar (M, 1), (s(M ), 1) ∈ F du segment G
s ◦ s = idE .
F
La symétrie s est une application affine ca-
M 0 = s(M )
ractérisée par sa base et sa direction. On dit aussi
que s est une involution en vertue de s2 = idE .
Proposition 1.72
Soit p la projection de E sur F parallèlement à G et α ∈ K. Consérdons a = αidE + (1 − α)p.
1. a est un endomorphisme affine de E de partie linéaire ~a = αidE + (1 − α)~p.
−1 1 1
2. Si α = 0 alors a = p ; si α 6= 0 alors a ∈ GA(E ) et a = idE + 1 − p.
α α
3. Si α = 1 alors a = idE ; si α 6= 1 alors Inv(a) = F et G = ker(~a − αidE ) (sous-espace
−−−−−→
propre associé à la valeur propre α) et aussi G = {M a(M ), M ∈ E }.
4. Pour tout M ∈ E , a(M ) = hp(M ),α (M ) ; cette formule permet de faire la représentation
graphique (construction géométrique) du point a(M ).
Idim F 0
5. Dans une base convenable de E, l’endomorphisme ~a admet pour matrice
0 αIdim G
dim G
En particulier, on a : det ~a = α .
Preuve.
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1. Évident
α 6=
2. Supposons que 0. Alors det ~a 6= 0 donc ~a ∈ GL(E) et a ∈ GA(E ). En outre, en posant
1 1
b = idE + 1 − p, on vérifie aisément que b ◦ a = a ◦ b = idE .
α α
3. Supposons que α 6= 1. Alors ker(~a − αidE ) = ker (1 − α)~p = ker p~ =
G. D’autre part,
−−−−−→ −−−−−→ n−−−−−→ o −−−−−→
M a(M ) = (1 − α)M p(M ) donc M a(M ), M ∈ E = M p(M ), M ∈ E = G. Enfin,
a(M ) = M ⇐⇒ αM + (1 − α)p(M ) = M
⇐⇒ (1 − α)p(M ) = (1 − α)M dans un vectorialisé de
⇐⇒ p(M ) = M
⇐⇒ M ∈ Inv(p) = F .
−−−−−→
4. Il suffit d’écrire a(M ) = αM + (1 − α)p(M ) = p(M ) + αp(M )M = hp(M ),α (M ).
5. Il suffit de prendre pour base de E la réunion d’une base quelconque de F et d’une base
quelconque de G.
M 0 = Ak,p (M )
−−−→
∀ M ∈ E, t~u (M ) = M 0 ⇐⇒ M M 0 = ~u ⇐⇒ M 0 = M + ~u
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(a) Si ~u = ~0 alors t~u = idE et Inv (t~0 ) = E mais si ~u 6= ~0 alors t~u n’a pas de point fixe.
(b) Soient ~u, ~v ∈ E et M ∈ E
t~u ◦ t~v (M ) = t~u t~v (M ) = t~u (M + ~v ) = M + ~u + ~v = t~u+~v (M )
= M + ~v + ~u = t~v+~u (M )
k.
(a) Pour tout M ∈ E , hΩ,1 = idE
M0 − Ω + ~u) ⇐⇒ M 0 − Ω −
~u = k M − Ω + ~u = kM − kΩ − ~u
1−k 1−k 1−k 1−k
⇐⇒ M 0 − Ω = kM − k Ω + ~u
−−→ −−→
⇐⇒ ΩM 0 = k ΩM + ~u
−−−→ −−→ −−→
⇐⇒ M1 M 0 + ΩM1 = k ΩM + ~u
−−→ −−→
⇐⇒ M 0 = t~u (M1 ) en posant ΩM1 = k ΩM
⇐⇒ M 0 = t~u hΩ,k (M ) = t~u ◦ hΩ,k (M )
−−→ −−→
Ainsi t~u ◦ hΩ,k (M ) = M 0 ⇐⇒ ΓM 0 = k ΓM . Par conséquent, si k 6= 1 alors t~u ◦ hΩ,k est
1
l’homothétie de centre Ω + 1−k ~u et de rapport k
−−→ −−→
Ainsi hΩ,k ◦ t~u (M ) = M 0 ⇐⇒ ΛM 0 = k ΛM . Par conséquent si k 6= 1 alors hΩ,k ◦ t~u est
k
l’homothétie de centre Ω + 1−k ~u et de rapport k
hΩ,k ◦ t~u = hΩ+ k
~
u,k .
1−k
−−−→ −−−→
Ω1 M = k1 Ω1 M2
⇐⇒ −−−→ −−−→
Ω2 M2 = k2 Ω2 M
−−−→ −−−→
Ω1 M = k1 Ω1 M2
⇐⇒ −−−→ −−−→ −−−→
Ω2 Ω1 + Ω1 M2 = k2 Ω2 M
−−−→ −−−→
Ω1 M = k1 Ω1 M2
⇐⇒ −−−→ −−−→ −−−→
k1 Ω1 M2 = −k1 Ω2 Ω1 + k1 k2 Ω2 M
−−−→ −−−→ −−−→
⇐⇒ Ω1 M = −k1 Ω2 Ω1 + k1 k2 Ω2 M
−−−→ −−−→
⇐⇒ (k1 k2 − k1 ) M Ω2 + (k1 − 1)M Ω1 = ~0
Observons que k1 k2 − k1 + k1 − 1 = k1 k2 − 1 = 0 ⇐⇒ k1 k2 = 1. Ainsi on discutera
suivant le cas où M est barycentre de Ω1 et Ω2 . D’où :
♣ si k1 k2 = 1 alors hΩ1 ,k1 ◦ hΩ2 ,k2 n’admet pas de point fixe et ne peut être une ho-
−−−→
mothétie ; elle est donc la translation de vecteur ~u = (1 − k1 )Ω2 Ω1
hΩ1 ,k1 ◦ hΩ2 ,k2 = t(1−k1 )−−−→
Ω2 Ω1
−−−→ −−−→ −−−→ −−−→ −−−→
En effet de la relation Ω1 M 0 = −k1 Ω2 Ω1 + k1 k2 Ω2 M = −k1 Ω2 Ω1 + Ω2 M on obtient
−−−→ −−−→
en remplaçant k1 k2 = 1 que M M 0 = (1 − k1 )Ω2 Ω1
♣ si k1 k2 6= 1 alors l’unique point Ω = bar (Ω1 , k1 − 1), (Ω2 , k1 k2 − k1 ) solution de
−−−→ −−−→
(k1 k2 − k1 ) M Ω2 + (k1 − 1)M Ω1 = ~0 est un point fixe de hΩ1 ,k1 ◦ hΩ2 ,k2 . Fixons un
point P ∈ E alors
(1 − k1 ) −−→ k1 (1 − k2 ) −−→
Ω=P+ P Ω1 + P Ω2
1 − k1 k2 1 − k1 k2
et un calcul intuitif analogue aux précédents montre que hΩ1 ,k1 ◦hΩ2 ,k2 est l’homothétie
de centre Ω et de rapport k1 k2
hΩ1 ,k1 ◦ hΩ2 ,k2 = hΩ,k1 k2
Par conséquent, HT (E ), ◦ est un sous groupe de GA(E ), ◦ : c’est le groupe des
homothéties-translations.
Un endomorphisme affine n’a pas nécessairement des points fixes. Le résultat suivant démontre
cependant que, sous certaines hypothèses, on peut isoler dans f une composante qui en
possède.
Théorème 1.74
Soit f ∈ A(E ) telle que Inv (f~) = ker(f~ − idE ) et Im(f~ − idE ) soient supplémentaires dans E.
Il existe un unique couple (t, g) ∈ T (E ) × A(E ) tel que f = t ◦ g = g ◦ t et Inv (g) 6= ∅. En outre,
Inv (g) est un sous-espace de direction Inv(f~) et t = t~u avec ~u ∈ Inv (f~).
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Preuve.
1. Commençons par analyser la condition f = t ◦ g = g ◦ t. Pour cela, écrivons t = t~u avec
~u ∈ E, de sorte que
f = t~u ◦ g = g ◦ t~u ⇐⇒ g = t−~u ◦ f = f ◦ t−~u .
Mais comme, pour tout ϕ ∈ A(E ) et tout ~u ∈ E, on sait que ϕ ◦ t~u = tϕ~ (~u) ◦ ϕ, on en déduit :
f = t~u ◦ g = g ◦ t~u ⇐⇒ t−~u ◦ f = tf~(−− ~ u) = ~u ⇐⇒ ~u ∈ Inv (f~) = ker(f~ − idE ).
u ) ◦ f ⇐⇒ f (~
→
Définition 1.75
Lorsqu’elle existe, l’écriture f = t ◦ g = g ◦ t fournie par le théorème précédent s’appelle la
décomposition canonique de f .
On retiendra d’elle qu’elle est unique et commutative ; aussi que le vecteur de la translation
n’est pas anodin.
Définition 1.76
Soit E un K-espace affine avec K muni de sa structure affine canonique. On appelle forme
affine sur E toute application affine f : E −→ K.
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Dans cette section nous présentons les grands théorèmes de la géométrie affine. Ce sont les
théorèmes de Désargues, Pappus, Thalès, Gergonne, Céva et Ménélaüs
RQ
Si α 6= 1 alors il existe un et un seul point divisant le segment [QP ] dans le rapport α.
Proposition 2.1
Soient P , Q et R trois points distincts d’une droite affine D d’un espace affine E et f : E −→ E 0
une application affine de E dans un espace affine E 0 . En posant P 0 = f (P ), Q0 = f (Q) et
R0 = f (R), on a :
1. P 0 , Q0 et R0 appartiennent à D 0 = f (D)
RP R0 P 0
2. Si R 6= Q et R0 6= Q0 alors = 0 0 . On peut faire plusieurs autres permutations des
RQ RQ
points si f est injective.
Définition 2.2
Soient P , Q, R et S quatre points distincts d’un espace affine E . On appelle birapport de ces
quatre points le rapport
RP
RQ RP SQ
= ×
SP RQ SP
SQ
On l’appelle également le rapport anharmonique.
Si ce rapport est égal à −1, on dit que les quatre points P , Q, R et S forment une division
harmonique
(D)
MP MP
Preuve.
Soit p la projection sur (∆2 ) parallèlement à (D). On a
−−→ −−→ MP
Comme M , N et P sont alignés alors il existe α ∈ K tel que M P = αM N i.e = α. Par
MN
ailleurs,
−−− → −−−−−−→ −−→ −−→ −−→ −−−−−−−→ −−−→
M 0 P 0 = p(M )p(P ) = p~(M P ) = p~(αM N ) = α~p(M N ) = αp(M )p(N ) = αM 0 N 0
M 0P 0
d’où = α. On en déduit l’égalité des rapports.
M 0N 0
D
Une variante du théorème de Thalès est
de supposer l’égalité des rapports
E DA DC
B =
DB DE
pour conclure que les droites (AC) et
(BE) sont parralèles. Cette variante
est souvent appelée la reciproque du
théorème de Thalès.
C
A
C0
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A0 C0
A0
C
C
A B0
B0
Preuve.
1er cas : Supposons que les droites (AA0 ) et (BB 0 ) se coupent en O. Montrons que (CC 0 ) passe
Preuve.
Si on est dans l’espace projectif de dimension 2, on passe du plan projectif au plan affine en
choisissant la droite (P Q) comme droite de l’infini. Alors l’équivalence de l’énoncé est traduite
par le théorème version affine.
Supposons l’espace projectif de dimension > 3. Si les droites (AA0 ), (BB 0 ), (CC 0 ) sont concou-
rantes, considérons les plans π défini par ABC et π 0 par A0 B 0 C 0 , π = π 0 . Soit ∆ = π ∩ π 0 . Alors
(AB) ⊂ π, (A0 B 0 ) ⊂ π 0 donc R = (AB) ∩ (A0 B 0 ) ∈ ∆. De même pour P et Q.
Réciproquement, si les points P , Q et R sont alignés, (RA) et (RA0 ) déterminent un plan,
dans ce plan les droites (AA0 ) et (BB 0 ) se coupent en un point O. Considérons la perspective ω
(c’est-à-dire la projection de centre O sur le plan π 0 )
C0
A h1
B h2
Soient (D) et (D 0 ) deux droites affines C
distinctes dans un plan affine, dont le
corps associé est commutatif. Soient A,
B, C appartenant (D) et A0 , B 0 , C 0 ap-
partenant (D 0 ) tels que (AB 0 )//(A0 B) et
(BC 0 )//(B 0 C). Alors, (CA0 )//(C 0 A).
C0 h2 h1
B0 A0
Preuve.
1er cas : Supposons que (D) est non parallèle à (D 0 ). Posons {O} = (D) ∩ (D 0 ) Soit h1
l’homothétie de centre O telle que h1 (A) = B. Soit h2 l’homothétie de centre O telle que
h2 (B) = C. Alors h1 (B 0 ) = A0 car (AB 0 )//(BA0 ) et h2 (C 0 ) = B 0 car (BC 0 )//(B 0 C).
Preuve.
On note : α = (AB 0 ) ∩ (A0 B) , β = (BC 0 ) ∩ (B 0 C) , γ = (CA0 ) ∩ (C 0 A) On passe du plan
projectif au plan affine en choisissant la droite (αβ) comme droite à l’infini. On obtient alors
dans le plan affine : (AB 0 )//(A0 B) et (BC 0 )//(B 0 C) On applique le théorème de Pappus dans le
cas affine : (CA0 )//(C 0 A). On repasse à l’espace projectif par complétion projective du plan affine.
Donc γ = (CA0 )∩(C 0 A) appartient à la droite des points de l’infini, c’est-à-dire la droite projective
(αβ). Finalement, α, β et γ sont alignés.
Lèmme 2.9
Preuve.
−→ −→
Si C appartient à la droite (AB), il existe λ ∈ K tel que AC = λAB.
−→ −→
AC = λAB ⇐⇒ C − A = λB − λA ⇐⇒ (1 − λ)A + λB − C = 0
ABC.
Preuve.
γ
B 0 ∈ (AC) ⇐⇒ ∃ γ, κ ∈ K tels que B 0 = γA + κC ⇐⇒ B 0 0 ,
κ
µ
0 0 0
C ∈ (AB) ⇐⇒ ∃ µ, ν ∈ K tels que C = µA + νB ⇐⇒ A ν .
0
Il s’en suit que
0 γ µ
0 0 0
A , B et C sont alignés ⇐⇒ α 0 ν = ακµ + βγν = 0 ⇐⇒ ακµ = −βγν.
β κ 0
Or
βγν BA0 CB 0 AC 0
− = (2.2.1)
ακµ CA0 AB 0 BC 0
donc
BA0 CB 0 AC 0
A0 , B 0 et C 0 sont alignés ⇐⇒ =1
CA0 AB 0 BC 0
Proposition 2.11
Soient un triangle non aplati ABC et trois points A0 , B 0 et C 0 choisis respectivement sur (BC),
(CA) et (AB) et distincts des sommets du triangle ABC. Alors les points A0 , B 0 et C 0 sont alignés
AC 0
où σA,B (C 0 ) =
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C 0B
Théorème 2.12 (Ceva 1647 ∼ 1734)
Soient un triangle non aplati ABC et trois points A0 , B 0 et C 0 choisis respectivement sur (BC),
(CA) et (AB) et distincts des sommets du triangle ABC. Alors les droites (AA0 ), (BB 0 ) et (CC 0 )
sont parralèlles ou concourantes si et seulement si
BA0 CB 0 AC 0
= −1.
CA0 AB 0 BC 0
B0 C
A0
A0
B0
O
C
C0 B
B A
C0
A
4. On suppose que E est un plan. Donner, dans chacun des deux cas précédents, une construc-
tion géométrique de l’image M 0 = f (M ) d’un point M de E par f .
Exercice 2.2
Soit A = (6, 0, 1), B = (5, 1, 1) et C = (7, −1, 1).
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Groupes classiques
Définition 3.2
Soit f ∈ End(E) qui fixe les vecteurs de H et f 6= idE .
— Si f est diagonalisable de valeurs propres 1 et λ 6= 1, on dit que f est une dilatation de
rapport λ d’hyperplan H et de direction Eλ .
— Si f est non diagonalisable et n’admet que 1 comme valeur propre, on dit que f est une
transvection.
— Si f est une dilatation différente de l’identité, on note (e1 , e2 , · · · , en−1 ) une base de H et en
une base de Eλ . Dans la base (e1 , e2 , · · · , en−1 , en ) de E = H ⊕ Eλ , la matrice de f s’écrit :
!
In−1 0
(3.1.1)
0 λ
où In−1 désigne la matrice unité d’ordre n − 1.
Généralement, si on désigne par B la base canonique obtenue en complétant une base de H
par le vecteur propre de la valeur propre λ (on pourra recourir au procédé d’orthogonalisa-
tion de Gram Schmidt) on a relativement à B la matrice représentative d’une dilatation
Puisque dim Im(f − id) = 1, il existe λ ∈ K tel que f (a) = λa. Comme 1 est la seule valeur
propre, on doit donc avoir λ = 1 et par suite a ∈ H. Il apparaı̂t donc que Im(f − id) ⊂
H = ker(f − idE ). Prenons a = en−1 , b = en et (e1 , · · · , en−2 ) de sorte que (e1 , · · · , en−1 )
soit une base de H. La matrice de f dans la base (e1 , · · · , en ) s’écrit
In−2 O
1 λ .
O
0 1
Généralement, si on désigne par B la base canonique de E toute matrice de la forme
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où Mii est la matrice élémentaire ayant 1 à la ligne i et colonne j avec 1 6 i 6= j 6 n est l
amatrice d’une transvection.
Toutes les formes linéaires sur E de noyau H sont proportionnelles, on choisit celle qui
prend la valeur 1 en b, disons ϕ : ϕ(b) = 1. Tout x ∈ E = H ⊕ Vect(b) = Kb ⊕ H peut
s’écrire x = x1 + αb avec α ∈ K. Comme ϕ(x) = ϕ(x1 ) + αϕ(b) = 0 + α ∗ 1 = α, on a
x = x1 + ϕ(x)b. Il suit donc
Réciproquement, si ϕ est une forme linéaire nulle pour le vecteur a non nul, la transformation
définie par Tϕ,a (x) = x + ϕ(x)a est une transvection d’hyperplan le noyau H de ϕ. Il n’y a
pas unicité de cette écriture
∗ 1
Tϕ1 ,a1 = Tϕ2 ,a2 ⇐⇒ ∃ α ∈ K ; ϕ2 = αϕ1 et a2 = a1 .
α
On rappelle que les automorphismes linéaires de E forment un groupe noté GL(E). C’est le
groupe linéaire général.
Définition 3.3
On appelle groupe spécial linéaire, le sous ensemble noté SL(E) de GL(E) et formé des auto-
morphismes de déterminant égal à 1.
Proposition 3.4
SL(E) est un sous groupe distingué de GL(E). Le quotient GL(E)/SL(E) est isomorphe à
∗
(K , ×)
Théorème 3.5
— SL(E) est engendré par les transvections
— GL(E) est engendré par les transvections et les dilatations.
Proposition 3.6
1. Le conjugué d’une transvection de E par un automorphisme de E est une transvection.
2. Toute les transvections de E sont conjuguées.
Proposition 3.7
Le centre de GL(E) est formé des homothéties : Z GL(E) = {homotéties de E}
Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension n i.e un espace vetoriel muni d’un produit
scalaire disons < ·, · >, de dimension finie n. On s’intéresse à l’ensemble des automorphismes
(endomorphismes bijectifs) de E qui préservent le produit scalaire.
3.2.1 Généralités
Définition 3.8
On appelle transformation orthogonale ou isométrie de E tout élément f ∈ GL(E) tel que
Théorème 3.9
Les conditions suivantes sont équivalentes.
1. f ∈ O(E)
2. ∀ x ∈ E, kf (x)k = kxk où k · k est la norme induite par le produit scalaire < ·, · >.
3. L’image par f d’une base orthonormale est une base orthonormale.
Preuve.
1° =⇒ 2° évident car si f préserve le produit scalaire, elle préserve la norme aussi.
2° =⇒ 1° Supposons que f préserve la norme. Alors pour tous x, y ∈ E, on a :
1
< f (x), f (y) > = kf (x) + f (y)k2 − kf (x) − f (y)k2
4
1
= kf (x + y)k2 − kf (x − y)k2 car f est linéaire
4
1
= kx + yk2 − kx − yk2 car f préserve la norme
4
= < x, y > formule de polarisation (3.2.1)
n
! 2 n 2 n
X X X
2
kf (x)k = f xi ei = xi f (ei ) = x2i = kxk2 .
i=1 i=1 i=1
Proposition 3.10
L’ensemble O(E) est un sous groupe de GL(E).
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Preuve.
En effet, si f , g ∈ O(E) alors ∀ x ∈ E
— kf ◦ g(x)k = kf g(x) k = kg(x)k = kxk ;
— kf −1 (x)k = kf f −1 (x) k = kf ◦ f −1 (x)k = kxk ;
Définition 3.11
On appelle groupe spécial orthogonal et on note SO(E), le sous-groupe de O(E) formé des
transformations orthogonales (isométries) de déterminant ègal à 1.
Un élément de SO(E) est appelé une isométrie vectorielle directe ou transformation orthogonale
directe.
Exemple 3.1
Si dim(E) = 1, O(E) = {±idE } et SO(E) = {idE }
Une propriété particulière utile des transformations orthogonales est la suivante permettant de
décrire une isométrie en se restreignant à des sous-espaces.
Soient F est un sous-espace vectoriel de E et f une transformation de E. On appelle suplémentaire
orthogonal de F ou simplement l’orthogonal de F (par rapport au produit scalaire < ·, · >) et on
note F ⊥ le sous espace de E défini par F ⊥ = {x ∈ E ; < x, y >= 0 ∀ y ∈ F }. On dit que F est
stable par f si f (F ) = F .
Proposition 3.12
Soit f ∈ O(E) et F un s.e.v de E. Si F est stable par f alors son suplémentaire orthogonal
est aussi stable par f .
Preuve.
On a
0 =< F, F ⊥ >=< f (F ), f (F ⊥ ) >=< F, f (F ⊥ ) >
donc f (F ⊥ ) ⊂ F ⊥ . Comme f est bijective, on a f (F ⊥ ) = F ⊥ .
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Proposition 3.13
Si f ∈ O(E) alors ker(f − idE ) ⊥ Im(f − idE ) = E (somme orthogonale).
Preuve.
Soit x ∈ ker(f − idE ) et y ∈ Im(f − idE ). Il existe z ∈ E tel que y = f (z) − z et
Ainsi ker(f − idE ) et Im(f − idE ) sont orthogonaux. De plus, le théorème du rang permet de
conclure qu’ils sont supplémentaires.
Définition 3.14
On appelle symétrie de E tout endomorphisme s de E tel que s◦s = idE i.e tout endomorphisme
involutif de E.
Définition 3.15
On appelle symétrie de E par rapport à F parallèlement à (dans la direction de) G ou encore
symétrie de E de base F et de direction G, l’application souvent noté sF
sF : E −→ E
(3.3.1)
x = y + z 7−→ y − z
On suppose désormais que E est un espace vectoriel euclidien de structure euclidienne < ·, · > :
produit scalaire sur E.
On appelle symétrie orthogonale de E par rapport à F toute symétrie de E par rapport à F
parallèlement à F ⊥ .
Définition 3.16
On appelle symétrie orthogonale de E par rapport à F toute symétrie de E par rapport à F
parallèlement à F ⊥ .
Proposition 3.17
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
1. Un automorphisme involutif de E est une isométrie ssi il est une symétrie par rapport à un
s.e.v F parralèlement à son orthogonal F ⊥ .
2. Une syméyrie par rapport à un s.e.v F parralèment à F ⊥ est un élément de SO(E) lorsque
codimF est paire.
Preuve.
1. Posons E = F ⊕ F 0 et considérons la symétrie s par rapport à F parallèlement à F 0 . Alors
pour tout x = x1 + x2 ∈ F ⊕ F 0 , on a
Ainsi, s sera une transformation orthogonale ssi < x1 , x2 >= 0 pour tous x1 ∈ F et x2 ∈ F 0
c’est-à-dire si F 0 = F ⊥ .
Définition 3.18
— On appelle réflexion toute symétrie s par rapport à un hyperplan F suivant F ⊥ .
— On appelle retournement toute symétrie par rapport à un s.e.v. F de codimension 2 suivant
F ⊥.
Remarque 3.19
De la proposition précédente, on tire que
— les réflexions sont des éléments de O− (E)
— les retournements sont des éléments de SO(E).
Théorème 3.20
1. Le groupe O(E) est engendré par les reflexions ; et toute isométrie f peut s’écrire comme
composée de k reflexions avec k = n − dim ker(f − idE ) .
2. Le groupe SO(E) est engendré par les retournement quand dim E > 3
3.4 Dimension 2
On a vu que si E est de dimension 1, le groupe orthogonal est O(E) = {−idE , idE }. En
dimension 2, il contient plus d’éléments.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Théorème 3.21
— Le groupe SO(E) est abélien ; ses éléments sont appelés les rotations
— O− (E)est formé de toutes les réflexions.
Proposition 3.22
1. Les éléments de SO(E) sont représentées dans une base orthonormale par la matrice de la
forme
!
cos α − sin α
M= où α ∈ R.
sin α cos α
2. Les éléments de O− (E) sont représentées dans une base orthonormale par la matrice de la
forme
!
cos α sin α
M= où α ∈ R.
sin α − cos α
Preuve. !
a c
Soit B = (e1 , e2 ) une base orthonormée de E. On note M = la matrice de f ∈ O(E)
b d
dans B.
Puisque f préservent la norme, le vecteur f (e1 ) est unitaire et don a2 + b2 = 1. On peut donc
écrire a = cos α et b = sin α pour un certain α. Comme f (e1 ) et f (e2 ) sont orthogonaux on doit
a −d
avoir ac + bd = = 0 ; donc le vecteur (a, b) est proportionnelle au vecteur (−d, c). Il
b c
existe donc λ ∈ R tel que (a, b) = λ(−d, c). Comme le vecteur (c, d) est unitaire alors le vecteur
(−d, c) est aussi unitaire ; donc λ = ±1. Précisément, on a (a, b) = (−d, c) ou (a, b) = (d, −c) que
l’on peut encore écrire :
1. (d, c) = (−a, b) = (− cos α, sin α)
2. ou bien (d, c) = (a, −b) = (cos α, − sin α)
Dans le premier cas, lamatrice est de déterminant égal à 1, c’est la matrice d’un élément de
SO(E) ; dans le second (
cas, la matrice d’une
! reflexion.
) ( ! )
cos α − sin α cos α sin α
On note SO(2, R) = , α ∈ R et O− (2, R) = , α∈R
sin α cos α sin α − cos α
Soit M la matrice d’une rotation r dans une base orthonormée et M 0 sa matrice dans une
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
autre base orthonromée aussi. La matrice de passage P entre les deux bases est orthogonale et
M 0 = P −1 M P .
— Si P est orthogonale directe, alors P et M commutent et donc M = M 0
— Si par contre P est indirecte, on montre que M 0 = M −1 = t M
Définition 3.23
Une orientation du plan est la donnée d’une base orthonormée.
Étant donnée une orientation du plan, les bases qui s’en déduisent par un élément de SO(E)
seront dites directes. Les autres seront dites indirectes.
!
cos α − sin α
On peut donc associer à chaque rotation une matrice orthogonale unique de la forme ;
sin α cos α
celle qui la représente dans toute base directe.
Pour une réflexion, la situation n’est pas la même si s est une réflexion, sa matrice en base
orthonormée est orthogonale indirecte ; mais change lorsqu’on change de base orthonormale. En
!
1 0
particulier, il existe une base orthonormée telle que la matrice de s soit de la forme
0 1
(une base de diagonalisation).
Proposition 3.24
L’application
(R, +) −→ (SO(E), ◦)
α 7−→ rotα
!
cos α − sin α
où rotα est la rotation dont la matrice dans une base orthonormée directe est
sin α cos α
est un morphisme surtjectif de groupes de noyau 2πZ. On dit que α (ou sa classe modulo 2π) est
l’angle de la rotation. On a : rotα ◦ rotβ = rotα+β .
Théorème 3.25
Étant donnée deux vecteurs unitaires du plan, il existe une et une seule rotation qui transforme
l’un en l’autre. On dit alors que le groupe des rotations agit simplement et transitivement sur
l’ensemble des vecteurs unitaires du plan.
Si u et v sont deux vecteurs unitaires du plan, il existe une unique rotation r telle que v = r(u).
Si le plan est orienté, on a :
Définition 3.26
Si u et v sont deux vecteurs unitaires du plan et si la rotation qui transforme u en v est d’angle
[
α, on dit que α est l’angle du couple (u, v) et on écrit α = (u, v).
On note 0 l’angle nul, angle de la rotation identité de E. L’angle plat est l’angle de la rotation
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
−idE = rotπ .
Proposition 3.27
1. Relation de Chasles
[
(u, \
v) + (v, \
w) = (u, w) ∀, u, v, w ∈ E.
[
2. (u, [
v) = −(v, u) pour tous u, v ∈ E ;
[
3. (u, \
v) = (u0 , v 0 ) ⇐⇒ (u,
\ u0 ) = (v,
\ v 0 ) pour tous u, v, u0 , v 0 ∈ E.
Remarque 3.29
Pour les angles, on confond souvent un élément de R/2πZ avec un de ses représentants que l’on
appelle une de ses mesures.
Le représentant qui est dans ] − π, π[ s’appelle mesure principale de l’angle.
Plus généralement, étant donné deux vecteurs deux vecteurs non colinéaires d’un espace vec-
toriel euclidien de dimension quelconque, le réel
[ < u, v >
(u, v) = Arcos
kuk × kvk
défini l’angle non orienté entre les vecteurs u et v. Il est dans [0, π]. Si u et v sont non colinéaires,
et si le plan qu’ils engendrent est orienté, il existe une mesure de l’angle orienté dans ] − π, π[ ; et
l’angle non orienté est la valeur absolue de cette mesure. On a ainsi b(u, v) = b(v, u) (à cause de la
commutativité du produit scalaire et du produit des réels), ce qui justifie le vocabulaire angles non
orienté. L’ensemble des angles non orienté ne peut être muni d’un structure de groupe de sorte
que la relation de Chasles soit satisfaite.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Isométries et
similitudes affines
Définition 4.1
Un espace affine euclidien est un espace affine dont l’espace vectoriel associé est muni
d’un produit scalaire (forme bilinéaire symétrique définie positive).
On notera dans la suite h·, ·iE ( ou simplement h·, ·i si aucune confusion n’est permise) le
produit scalaire sur E, direction de E . Ce produit scalaire induit une norme euclidienne sur E
qu’on notera k · kE (ou simplement k · k) dont la distance associée dE (ou simplement d) permet
de définir une distance dE (ou simplement d) sur E par la donnée :
−→
d(A, B) = kABk A, B ∈ E .
Exercice 4.1
Vérifier qu’il s’agit bien d’une distance et étudier le cas d’égalité dans l’inégalité triangulaire.
On rappelle qu’une isométrie vectorielle est une application linéaire qui préserve la norme (ou
de manière équivalente) le produit scalaire. On note O(E) l’ensemble des isoméries vectorielles, et
Is(E ) l’ensemble des isométries affines. L’inverse de f ∈ O(E) est son adjoint f ∗ .
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Les isométries vectorielles étant bijectives, il en est de même des isométries affines. Comme
O(E) est un groupe, Is(E ) est un groupe.
On note SO(E) l’ensemble des éléments de O(E) dont le déterminant vaut 1. Pour n > 1, on
note O(n) l’ensemble des matrices A d’ordre n telles que t AA = Id (ou de manière équivalente
At A = Id). Cette condition dit exactement que les vecteurs colonnes de A (ou de manière
équivalente ses vecteurs lignes) forment une base orthonormée de Rn . Le déterminant de A ∈ O(n)
est égal à ±1. On vérifie que O(n) est un groupe.
On rappelle que O(n) coı̈ncide avec l’ensemble des matrices représentant un élément de O(E)
dans une base orthonormée de E. Se donner une base orthonormée B = (e1 , · · · , en ) de E revient
à se donner un isomorphisme de O(n) sur O(E) (qui à une matrice A ∈ O(n) associe l’application
linéaire dont la matrice dans la base B est A).
On note SO(n) l’ensemble des éléments de O(n) dont le déterminant est positif, c’est-à-dire
vaut 1.
Dans tout ce chapitre, E désigne un espace affine euclidien (orienté) de dimension n > 1.
∀ A, B ∈ E .
d f (A), f (B) = d(A, B),
Remarque 4.3
En fait, on montre que si f : E → E est une application qui préserve les distances, alors elle
est affine.
Exemple 4.1
Il est aisé de voir que les translations et les symétries orthogonales (donc aussi centrales) sont
des isométries, mais pas les projections (non banales) ni les homothéties de rapport différent de
±1.
Exercice 4.2
Montrer qu’une application affine est une isométrie affine si et seulement si sa partie linéaire
est une isométrie vectorielle.
Théorème 4.4
Soit f : E −→ E une application. Alors f est une isométrie de E si et seulement si f est affine
~
et f est une isométrie vectorielle de E .
Preuve.
−−−−−−−−−−→
Soit f une isométrie. Fixons O ∈ E , et définissons ψ : E −→ E par ψ(~x) = f (O)f (O + ~x).
−−−−−−−−−−−−−→
Alors, pour tous ~x, ~y ∈ E , on a ψ(~x) − ψ(~y ) = f (O + ~y )f (O + ~x), donc aussi
−−−−−−−−−−−→
kψ(~x) − ψ(~y )k = k(O + ~y )(O + ~x)k = k(O + ~x) − (O + ~y )k = k~x − ~y k.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Comme il est clair que ψ(0) = 0, on déduit que ψ est une isométrie vectorielle. Ainsi, f est affine
de partie linéaire ψ, donc f ∈ GA(E ) et f~ ∈ O(E). Réciproquement, si f est affine de partie
linéaire f~ qui conserve la norme, alors pour tous M, N, ∈ E :
−−→ −−→
f (M )f (N ) = kf (M )f (N )k = kf~(M N )k = kM N k = M N
Corollaire 4.5
Une isométrie de E est automatiquement affine et bijective, et l’ensemble Is(E ) des isométries
de E est un sous-groupe du groupe affine GA(E ).
Proposition 4.6
1. L’application naturelle L : Is(E ) −→ O(E), f 7→ f~ est un morphisme de groupes surjectif,
appelé morphisme canonique de Is(E ) dans O(E).
Corollaire 4.7
1. L’ensemble Is+ (E ) des isométries directes de E est un sous-groupe distingué de Is(E ).
2. L’ensemble Is− (E ) des isométries indirectes de E n’est pas un groupe.
Preuve.
C’est immédiat, puisque Is+ (E ) = L−1 SO(E) et SO(E) C O(E).
Remarque 4.8
On peut énoncer un résultat analogue à la Proposition 4.6 en changant Is(E ) en Is+ (E ) et
O(E) en SO(E)).
Définition 4.9
Tout élément de Is+ (E ) (resp. de Is− (E )) s’appelle un déplacement (resp. un antidéplacement)
de E . En particulier, Is+ (E ) est appelé groupe des déplacements de E et Is− (E ) l’ensemble des
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Proposition 4.12
Le groupe T (E ) des translations est un sous-groupe distingué de Is(E ) et aussi de Is+ (E ).
En ce qui concerne les symétries orthogonales particulières, on conserve les définitions du chapitre
précédent. On obtient ainsi :
Proposition 4.13
Une symétrie orthogonale sF d’axe un sous-espace F est un déplacement si et seulement si
codimF est paire. En particulier :
1. une réflexion est toujours un antidéplacement ;
2. un renversement est toujours un déplacement (rappel : en dimension 3, les renversements
sont appelés demi-tours) ;
3. une symétrie centrale est un déplacement si et seulement si n est pair.
α = −40˚
Ω
M 0 = rΩ,α (M )
— rΩ,α (Ω) = Ω ;
−−→\ −−→
— si M 6= Ω, rΩ,α (M ) est l’unique M 0 tel que ΩM = ΩM 0 et (ΩM , ΩM 0 ) = α mod (2π).
Proposition 4.15
1. Toute rotation rΩ,α est un déplacement, de partie linéaire la rotation vectorielle rα .
2. rΩ,α = id si et seulement si α = 0 mod (2π) ;
3. rΩ,α = sΩ si et seulement si α = π mod (2π) ;
4. si α = 0 mod (2π), alors Ω est l’unique point fixe de rΩ,α ;
5. rΩ,α ◦ rΩ,α0 = rΩ,α+α0 ; en particulier, l’ensemble des rotations de centre Ω fixé est un groupe
pour la composition, isomorphe au groupe des angles orientés de vecteurs.
Preuve.
1. Nous savons déjà que rΩ,α est un déplacement, en tant que composée de deux réflexions (
donc de deux antidéplacements ). Mais la preuve qui suit le redémontre au passage.
Soient donc M, N ∈ E et M 0 , N 0 leurs images par la rotation rΩ,α . L’application vectorielle
−−→ −−→
qui à ~u = ΩM associe u~0 = ΩM 0 est caractérisée par les conditions k~uk = ku~0 k et (~u, u~0 ) = α
d
mod (2π), c’est donc la rotation vectorielle rα définie au chapitre précédent. On obtient
ainsi :
−−− → −−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→
M 0 N 0 = ΩN 0 − ΩM 0 = ~rα (ΩN ) − ~rα (ΩM ) = ~rα (ΩN − ΩM ) = ~rα (M N )
ce qui prouve que rΩ,α est affine, de partie linéaire ~rα ; c’est donc bien un déplacement du
plan E .
2. On a : α = 0 mod (2π) ⇐⇒ rα = id ⇐⇒ rΩ,α ⇔ id la dernière équivalence résultant du
fait que les deux applications affines considérées ont même partie linéaire et coincident en
un point Ω.
3. Preuve similaire.
4. α 6= 0[2π], alors rα n’admet pas la valeur propre 1. Par conséquent, Inv(rα ) = ker(rα − id)
et rΩ,α admet un et un seul point fixe, qui ne peut être que Ω.
5. L’identité voulue résulte encore de légalité des parties linéaires et de la coincidence en Ω.
Corollaire 4.16
Soit r une rotation d’angle θ. Soient M, N deux points de E , ∆ une droite de E , M 0 =
r(M ), N 0 = r(N ) et ∆0 = r(∆). Alors
−−→
\ −−−→
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
(M N , M 0 N 0 ) = θ[2π] et (∆,
[ ∆0 ) = θ[π]
Définissons maintenant les rotations affines en dimension 3. Rappelons (cf. chapitre IV ) que
le choix d’une orientation sur E ne détermine pas une orientation sur ses sous-espaces, mais
que si F est un sous-espace lui-même orienté, alors tout supplémentaire de F dans E possède
automatiquement une orientation induite.
Définition 4.17
Dans un espace affine euclidien orienté E de dimension 3, soient une droite orientée et α ∈ R.
On appelle rotation d’axe D et d’angle α l’application rD,α : E −→ E , qui à tout point M associe
le point M 0 défini comme suit : soit PM le plan M + D⊥ , et soit A = PM ∩ D l’unique point
d’intersection de PM et de D (ces deux sous-espaces sont en effet supplémentaires). Alors M 0 est
par définition l’image de M par la rotation rA,α dans le plan orienté PM .
Proposition 4.18
On conserve les notations de la définition.
1. Toute rotation rD,α est un déplacement, de partie linéaire ~rD,α (rotation vectorielle définie
au chapitre précédent).
2. rD,α = id si et seulement si α = 0[2π].
3. rD,α = sD si et seulement si α = π[2π].
4. si α 6= 0[2π], alors Inv(rD,α ) = D.
5. L’ensemble des rotations d’axe fixé est un groupe pour la composition, isomorphe au groupe
des angles orientés de vecteurs.
Définition 4.19
Dans un espace affine euclidien orienté E de dimension 3, soient une droite orientée D, A ∈ D
et α ∈ R tel que α 6= 0 mod (π). On appelle antirotation de centre A, d’axe D et d’angle α la
composée commutative sP ◦ rD,α = rD,α ◦ sP où P est le plan A + D⊥
Proposition 4.20
On conserve les notations de la définition.
1. Toute antirotation sP ◦ rD,α est un antidéplacement, de partie linéaire l’antirotation vecto-
rielle ~sP ◦ ~rD,α
2. Inv(sP ◦ rD,α ) = {A};
3. sP ◦ rD,α = rD,α ◦ sP (commutativité de l’écriture).
Preuve.
1) découle de la proposition 4.18. Pour 2), il suffit de constater que A ∈ Inv(sP ◦ rD,α ) et de
se rappeler que sD ◦ rD,α . Pour 3), on constate que les deux membres de légalité ont même partie
linéaire (propriété des antirotations vectorielles) et coincident en A.
Enfin, il sera bon d’avoir à l’esprit les deux résultats suivants
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Proposition 4.21
(Ici, E est de dimension quelconque.)
1. Si F et F 0 sont deux sous-espaces strictement parallèles de E , il existe un unique vecteur
~u ∈ F ⊥ = (F 0 )⊥ tel que F 0 = t~u (F ), et alors sF 0 ◦ sF = t2~u .
2. Réciproquement, toute translation t~u peut s’ecrire (d’une infinité de façons) comme com-
posée de deux symétries orthogonales d’axes strictement parallèles (par exemple, comme
composée de deux réflexions ou de deux renversements) : on choisit un sous-espace F tel
→
−
que →−
u ∈ F ⊥ et on pose F 0 = t−u /2 (F )
→
Proposition 4.22
Supposons E orienté de dimension 2.
→
−\ →
−
1. Si ∆, ∆0 , sont deux droites sécantes en A, avec ( ∆, ∆) = θ[π], alors s∆0 ◦ s∆ = rA,2θ .
2. Réciproquement, toute rotation peut s’ecrire (d’une infinité de façcons) comme composée
de deux réflexions, dont les axes sont définis comme en 1).
Remarque 4.23
En réalité, ce dernier résultat reste valable en dimension 3, mais il faut d’abord définir la
notion d’angle orienté de deux plans.
Théorème 4.24
Toute f ∈ Is(E) admet une décomposition canonique, c’est-à-dire, il existe un unique couple
(t, g) ∈ T (E) × Is(E) tel que :
1. f = t ◦ g = g ◦ t (et donc f~ = →
−
g)
2. Inv(g) 6= ∅ ;
3. t = t− →
− ~
u avec Inv( g ) = Inv(f ) ;
→
Preuve.
Il suffit de prouver que Ker(f~ − id) et Im(f~ − id) sont supplémentaires dans E . D’après la
formule du rang, cela revient à prouver qu’ils sont en somme directe. En fait, nous allons montrer
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
(→
−
x,→
−
y)= →
−
x , f~(→
−
y ) − (→
−
x, →
−
z ) = f~(→
−
x ) , f~(→
−
y ) − (→
−
x,→
−
z)
Définition 4.25
→
− →
−
Si f admet pour décomposition canonique f = t− u ◦ g = g ◦ t−
→ u avec Inv(g) 6= ∅, u ∈ Inv( g ) =
→
Inv(f~) et t−
u 6= id, on dit que f est la glissée de g par t−
→ u . En particulier,
→
Le résultat précédent est fondamental, car il permet de classifier les isométries affines (il permettra
aussi plus loin de trouver les générateurs des groupes d’isométries). Nous allons expliquer ce point,
en commençant par une remarque.
Lèmme 4.26
Soitf = t ◦ g = g ◦ t la décomposition canonique de l’isométrie f . Alors codim Inv(g) est pair
si et seulement si f est un déplacement.
Preuve.
En effet, on a
codimInv(g) = codimInv(g) = codimInv(f ).
Or nous savons que la condition codim Inv(f ) est paire ; équivaut f~ ∈ SO(E).
Nous pouvons maintenant énoncer le théorème de classification des isométries en petite dimen-
sion.
Théorème 4.27
1. Supposons dim E = 1. Alors :
(a) les déplacements de E sont les translations ;
(b) les antidéplacements de E sont les symétries centrales.
2. Supposons dimE = 2. Alors :
(a) les déplacements de E sont les translations, les symétries centrales et les rotations ;
(b) les antidéplacements de E sont les réflexions et les réflexions glissées.
3. Supposons dimE = 3. Alors :
(a) les déplacements de E sont les translations, les demi-tours, les demi-tours glissés, les
rotations et les vissages ;
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
(b) les antidéplacements de E sont les symétries centrales, les réflexions, les réflexions
glissées et les antirotations.
Pour plus d’informations, notamment pour une classification en fonctions des points fixes de f ,
on consultera le tableau distribué en polycopié.
Preuve.
L’idée générale de la preuve est la suivante : soit f ∈ Is(E), dont on écrit la décomposition
canonique f = t− →u ◦ g.
— On commence par déterminer les g possibles, sachant que
— → −g est une isométrie vectorielle (donc connue par la classification du chapitre précédent),
— Inv(g) = ∅,
— on connaı̂t la parité de la dimension de Inv(g) par le lemme 4.26.
— Ensuite, on utilise le fait que → −u ∈ Inv(g) pour en déduire les possibilités pour f .
1. Supposons d’abord dimE = 1.
par le lemme 4.26, on voit que g est une réflexion s∆ où ∆ est une droite de direction
→
−
∆. On en conclut que f est une réflexion ou une réflexion glissée.
Comme dans le cas vectoriel, on va exhiber un système de générateurs des groupes Is(E) et
+
Is (E). On se replace ici en dimension n > 1 quelconque.
Preuve.
Si Inv(f ) 6= ∅ , il existe A ∈ E tel que f (A) = A. Le résultat découle donc de l’isomorphisme
IsA(E) w O(E) (proposition ??) et de la version vectorielle du théorème de Cartan-Dieudonné
(théorème ?? du chapitre V I).
Supposons donc Inv(f ) = ∅, et soit f = t ◦ g la décomposition canonique de f . Comme
Inv(g) 6= ∅, g s’écrit comme composée de n − p réflexions d’après le premier cas. D’autre part,
t s’écrit comme composée de deux réflexions d’après la proposition 4.21, d’où l’assertion voulue.
→
− →
−
Observons de plus que p ≥ 1 (sinon Inv( f ) = { 0 }, donc Inv(f ) 6= ∅ d’après le corollaire ?? du
chapitre II), ce qui explique l’inégalité n − p + 2 ≤ n + 1 dans l’énoncé du théorème.
Remarque 4.29
Comme dans le cas vectoriel, on peut démontrer que les valeurs n−p et n−p+2 sont optimales
(i.e. minimales).
Théorème 4.30
Supposons n ≥ 3. Le groupe Is+ (E) est engendré par les renversements. Plus précisément, soit
f ∈ Is+ (E) et soit p = dimInv(f~) (rappel : n − p est pair). Alors :
1. si p = n, i.e. si f est une translation, f s’écrit comme produit de deux renversements ;
2. sinon, f s’écrit comme produit de n − p ≤ n renversements.
Preuve.
La première assertion résulte encore de la proposition 4.21. Examinons donc l’autre cas.
Si Inv(f ) 6= ∅, le résultat découle comme dans le théorème précédent de son analogue vectoriel
et de la Proposition 4.6. Supposons donc Inv(f ) = ∅, et soit f = t− →u ◦g la décomposition canonique
de f . Comme Inv(g) 6= ∅, d’après le premier cas il existe n − p renversements r1 , . . . , rn−p tels
quelconque
g = r1 ◦ · · · ◦ rn−p
D’autre part, on sait que u ∈ Inv(→−g ) est non nul (sinon f = g a des points fixes). Si l’on note
F1 = Inv(r1 ), on peut donc supposer que F1 est tel que u ∈ F~ ⊥ . Posons alors F10 = t−
→u /2 (F1 ) et
0 0
notons r1 le renversement d’axe F1 . Par la proposition 4.21, on obtient
0
u = r1 ◦ r1
t−
→
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Mais alors
0 0
u ◦ g = r1 ◦ r1 ◦ r1 ◦ r2 ◦ · · · ◦ rn−p = r1 ◦ r2 ◦ · · · ◦ rn−p
f = t−
→
Remarque 4.31
Le théorème est faux en dimension dimension inférieure à 2 ( dim E 6 2. En effet, en di-
mension 1, Is+ (E) = T (E) ne peut être engendré par les renversements, qui ne sont même pas
définis ! Par ailleurs, en dimension 2 un renversement n’est autre qu’une symétrie centrale, de
partie linéaire −id. Donc les renversements engendrent dans Is+ (E) un sous-groupe formé des
f telles que f = ±id, donc constitué des translations et des symétries centrales. Ce sous-groupe
n’est pas Is+ (E) tout entier, puisqu’il manque les rotations.
Exemple 4.2
Une isométrie est une similitude de rapport 1. Une homothétie de rapport λ est une similitude
de rapport k = |λ|.
Théorème 4.33
f est une similitude de rapport k si et seulement si f ∈ GA(E) et f~ est une similitude vectorielle
de rapport k.
Corollaire 4.34
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Proposition 4.35 Soit f une similitude qui n’est pas une isométrie, c’est-à-dire une similitude
de rapport k 6= 1. Alors f possède un unique point fixe, qu’on appellera le centre de f .
Preuve.
→
−
Par hypothèse, pour tout → −x ∈ E , kf~(→
−x )k = kk→
−xk =6 k→ −
x k. Donc 1 n’est pas valeur propre
~ ~
de f , i.e. Inv(f ) = {0}, et on sait que cela implique l’existence d’un unique point fixe A. Autre
méthode : quitte à remplacer f par f −1 , on peut supposer 0 < k < 1, de sorte que f est
contractante. On conclut alors grâce au théorème du point fixe.
Définition 4.36
On appelle similitude à centre toute similitude qui possède un et un seul point fixe, c’est-à-dire
— toute similitude qui n’est pas une isométrie (cf. proposition 4.35) ;
— toute isométrie qui possède un et un seul point fixe, comme par exemple les symétries cen-
trales, les rotations en dimension 2, les antirotations en dimension 3 . . .
Preuve.
Notons h = hA,k . Alors g = h−1 ◦ f est une isométrie fixant A, et c’est évidemment la seule
telle que f = h ◦ g. D’autre part, h ◦ g et g ◦ h coincident en A et ont même partie linéaire k →
−
g,
d’où le résultat.
Malgré le vocabulaire, on prendra garde à ne pas confondre cette décomposition canonique de
la similitude f avec la décomposition canonique de l’endomorphisme affine f , au sens général
donné dans le théorème ?? du chapitre II et employé de nouveau dans l’étude des isométries
(cette décomposition-là donnerait une trivialité ici, puisqu’il y a un point fixe).
Corollaire 4.38
1. Le groupe Sim(E ) est engendré par les isométries et les homothéties (de rapport positif ),
donc par les réflexions et les homothéties (de rapport positif ).
2. Si n > 3, le groupe Sim+ (E ) est engendré par les déplacements et les homothéties (de
rapport positif ), donc par les renversements et les homothéties (de rapport positif ).
Preuve.
Cela provient du théorème 4.37 et des résultats du paragraphe précédent. Les caractérisations
suivantes des similitudes affines découlent de leur analogue vectoriel.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Théorème 4.39
Supposons n > 2 (pour parler d’angles). Pour f ∈ A(E ) injective, les conditions suivantes sont
équivalentes :
1. f est une similitude ;
2. f conserve les angles non orientés (de vecteurs, de demi-droites, de droites) ;
−→ −−→ −−−−−−→ −−−−−−−→
3. f conserve l’orthogonalité, au sens oú : (AB, CD) = 0 ⇒ (f (A)f (B), f (C)f (D)) = 0.
Remarque 4.40
On a en fait une caractérisation plus forte des similitudes. En effet, en utilisant notamment
le théorème fondamental de la géométrie affine (cf. chapitre II, théorème ??), on peut démontrer
que si f est une bijection (non supposée affine a priori) de E, on a les équivalences :
1. f est une similitude affine ;
2. f conserve l’orthogonalité ;
Théorème 4.41
Soit E un plan affine euclidien orienté.
1. Le groupe Sim+ (E ) est constitué :
(a) des translations,
(b) des rotations (y compris les symétries centrales),
(c) des homothéties (de rapport positif ou négatif ),
(d) et des composées commutatives hA,λ ◦ rA,θ = rA,θ ◦ hA,λ d’une homothétie de centre A et
de rapport λ > 0 avec une rotation de même centre A.
2. L’ensemble Sim− (E ) est constitué :
(a) des réflexions,
(b) des réflexions glissées,
(c) et des composées commutatives hA,λ ◦ s∆ = s∆ ◦ hA,λ d’une homothétie de centre A et de
rapport λ > 0 avec une réflexion d’axe contenant A.
Preuve.
Soit f une similitude du plan. Si f est une isométrie, alors on sait déjà (théorème 4.27) que
f est une translation, une rotation, une réflexion ou une réflexion glissée. Supposons donc que f
n’est pas une isométrie, c’est-à-dire qu’elle est de rapport k 6= 1. D’après la proposition 4.5 elle
possède un centre A et le théorème 4.7 nous dit qu’elle s’écrit alors comme composée commutative
f = hA,k ◦ g = g ◦ hA,k pour une unique g ∈ IsA (E ). Or on a clairement
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Is+
A = {rA,θ ; θ ∈ R}
d’où le résultat.
Définition 4.42
Soit f une similitude plane à centre. D’après le théorème 4.41 elle peut être de deux types :
1. Si f s’écrit sous la forme f = hA,λ ◦ rA,θ = rA,θ hA,λ , avec A ∈ E, λ > 0, θ ∈ R, on dira que
f est la similitude directe de centre A, de rapport λ et d’angle θ.
2. Si f s’écrit sous la forme hA,λ ◦ s∆ = s∆ ◦ hA,λ , avec A ∈ ∆ et λ > 0, on dira que f est la
similitude indirecte de centre A, de rapport λ et de droite ∆.
Remarque 4.43
On remarquera qu’en dimension 2, toute homothétie, même de rapport négatif, est une simili-
tude directe. En fait, si λ > 0, l’homothétie hA,λ est la similitude directe de centre A, de rapport
−λ > 0 et d’angle π (au sens de la définition précédente), c’est-à-dire la composée hA,−λ ◦ sA .
Théorème 4.44
Soit E un plan euclidien orienté.
1. Les similitudes directes conservent les angles orientés (de vecteurs, de demi-droites ou de
droites), et ce sont les seules applications affines injectives possèdant cette propriété.
2. Les similitudes indirectes contrarient les angles orientés de vecteurs (de vecteurs, de demi-
droites ou de droites), et ce sont les seules applications affines injectives possèdant cette
propriété.
Proposition 4.45
Soit E un plan euclidien orienté. Etant donnés quatre points A 6= B et A0 6= B 0 de E, il existe
une unique similitude directe (resp. indirecte) f envoyant A sur A0 et B sur B 0 .
Preuve.
Les conditions f (A) = A0 et f~ = σ déterminent alors complètement l’unique similitude directe
(resp. indirecte) f qui convient.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Déplacement
Identité de E idE idE E
Translation de vecteur ~u (~u 6= ~0) de E t~u idE {}
Rotation de centre Ω de E et d’angle α (α ∈ R∗ ) , rΩ,α ~rα {Ω}
4.5.2 En dimension 3
Notes de cours
Déplacement
Identité de E idE idE E
Translation de vecteur ~u (~u 6= ~0) de E t~u idE {}
Rotation d’axe D et d’angle α (α ∈ R∗ ) , rD,α ~rD,α D
Vissage d’axe D, d’angle α (α ∈ R∗ ) et de vecteur ~u (~u ∈ D r {~0}), t~u ◦ rD,α = rD,α ◦ t~u ~rD,α {}
Antidéplacement
Réflexion d’axe P sP ~sP P
Symétrie glissée d’axe P et de vecteur ~u (~u ∈ P r {~0}) de E t~u ◦ sP = sP ◦ t~u ~sP {}
Antirotation d’axe D de centre A (A ∈ D) et d’angle α rD,α ◦ sA+D⊥ = sA+D⊥ ◦ rD,α ~rD ◦ ~sD⊥ = ~sD⊥ ◦ ~rD,α {A} = (A + D⊥ ) ∩ D
Exercice 4.4
Soient l’espace affine R3 dont la direction est munie de sa base canonique B = (e1 , e2 , e3 ).
Considérons la transformation f de R3 donnée par
9 2 6 38
x0 = x + y − z +
11 11 11 11
2 9 6 17
f : (x, y, z) 7−→ (x0 , y 0 , z 0 ) où y0 = x + y + z +
11 11 11 11
6 6 7 29
0
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
z =− x+ y− z−
11 11 11 11
1. Justifier que f est une transformation affine dont on précisera la matrice Mf~ de sa partie
linéaire f~.
2. Démontrer que f~ est une application orthogonale puis en déduire que f est une isométrie
affine.
3. L’application f admet-elle un point fixe ?
4. Démontrer que le plan P d’équation x − y + 3z + 3 = 0 est stable par f et que la restriction
f|P de f à P est une translation de vecteur ~u à préciser.
5. Déterminer l’ensemble des points fixes de l’application g = t−~u ◦ f . Que peut-on conclure
sur la nature de la transformation g ?
6. On considère ~v = −1, 21 , 12 . Déterminer l’expression analytique de la symétrie glisée d’axe
P et de vecteur ~v .
Exercice 4.5
Soit A ∈ Mm,n (R) une matrice de type (m, n) à coefficients réels et B ∈ Mm,1 (R) une matrice
de type
n (m, 1) à coefficients
o réels. On considère
F = X ∈ R ; AX = B .
n
Exercice 4.6
Soient A et B deux points d’un espace affine E euclidien de direction E et ϕ l’application de
E dans E qui à M de E associe le point ϕ(M ) défini par :
−−−−−→ −−→ 10 −−→
2M ϕ(M ) = 7AM − BM
3
1. Justifier que ϕ est une application affine et présicer sa partie linéaire ϕ
~.
2. En déduire la nature géométrique de ϕ. (On la caracterisera par son nom et ses éléments
géométriques).
3. On suppose que E = R3 muni de ses structures affine et euclidienne canoniques. Soit le
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
repère cartésien (O, ~e1 , ~e2 , ~e3 ) de E . On considère le point G = bar A, 72 ; B, − 35
et on
1 1 3 π
donne A = −1, , 2 , B = 3, − , 1 , C = , −1, 4 et α = .
2 2 2 6
(a) Reconnaı̂tre l’endomorphisme affine t− −→ ◦ ϕ de E et donner son expression analytique.
GC
(b) Déterminer la nature géométrique de l’application rG,α ◦ ϕ, où rG,α est la rotation de
centre G et d’angle α.
(c) Déterminer l’équation cartésienne du plan P perpendiculaire à (AB) et passant par G.
(d) Donner l’écriture matricielle de p : E −→ E , la projection orthogonale sur P.
(e) En déduire l’expression analytiquede l’antirotation
VG,α de centre G et d’angle α.
1
Déterminer le point V(D) où D = − , 0, 1 .
2
Exercice 4.7
Soit E un espace affine de direction l’espace vectoriel E de dimension n.
Exercice 4.8
On suppose que E est euclidien de dimension 3 et E est rapporté à une base orthonormée
directe B = (~i, ~j, ~k). On considère la rotation f d’axe D dirigée et orientée par ~e0 = √13 (~i + ~j + ~k)
π
et d’angle mod (2π).
3
~ ∈ E. On pose w
1. Soit w ~ =w ~1 + w ~ 2 ∈ D⊥ et w
~ 2 , où w ~ 1 ∈ D.
(a) Calculer f (w ~ 2 , ~e0 ∧ w
~ 2 ) en fonction de w ~ 2.
(b) Calculer f (w)
~ en fonction de w,
~ w~ 2 et ~e0 ∧ w
~ 2.
(c) Ecrire w
~ 2 en fonction de ~e0 et des coordonnées de w.
~
2. Déterminer l’expression analytique de f dans la base canonique de R3 .
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Exercice 4.9
Soit D et D 0 les droites de l’espace affine usuel R3 d’équations
( (
x − 2y + z = 3 2x + 2y + z = 2
et
−x + 4y + z = 5 2x − 4y + 3z = −2
Exercice 4.10
Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension 3.
1. (Question de cours)
(a) Soit F un sous-espace vectoriel de E. Rappeler la définition de F ⊥ le supplémentaire
orthogonal de F .
(b) Montrer que si F est stable par une transformation f de E alors son supplémentaire
orthogonal F ⊥ est aussi stable par f .
2. Soit r ∈ SO(E). Montrer qu’il existe une base orthonormale B telle que la matrice de r
dans cette base soit de la forme
1 0 0
0 cos θ − sin θ .
0 sin θ cos θ
3. Soit A une matrice orthogonale directe en dimension 3. Montrer que c’est la matrice en
base orthonormale d’un retournement si et seulement si sa trace est −1.
4. Soit E un espace affine de dimension 3 de direction E, (O, → −
e1 , →
−
e2 , →
−
e3 ) un repère de E .
Reconnaı̂tre la transformation ϕ d’expression analytique
0 1
√ √
x = 4 (2x − 6y − 6z)
√
y 0 = 14 ( 6x + 3y − z) + 1
z 0 = 1 (√6x − y + 3z) + 1.
4
Exercice 4.11
Dans le plan affine euclidien muni d’un repère orthonormal direct (O, →
−e1 , →
−
e2 ), on considère les
points A(−2, 3), B(3, −2), C(2, −3), D(−3, 2) et h l’homothétie de centre A et de rapport − 21 . On
note A0 = h(A), B 0 = h(B), C 0 = h(C) et D0 = h(D).
1.(a) Montrer que ABCD est un parallélogramme dont on précisera le centre.
(b) En déduire que A0 B 0 C 0 D0 est un parallélogramme.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
M A2 + M B 2 + M C 2 + M D 2 = k (k > 0 fixé).
Le construire
4. Quel est l’ensemble des points M du plan tels que
M A2 + M B 2 + M C 2 + M D2 = M A02 + M B 02 + M C 02 + M D02 .
Exercice 4.12
→
− → −
P muni d’un repère orthonormal direct (O, i , j ), on considère
Dans le plan affine euclidien !
x √
l’ensemble Γ des points M vérifiant x2 + 3xy + x − 2 = 0.
y
1. Justifier que Γ est une courbe conique à centre dont on précisera la nature et le centre S.
− √ →
→ − √ →− → −
2. On donne les vecteurs →−e = 1 ( i − 3 j ) et →
1 2
−
e = 1 ( 3 i + j ). 2 2
x2 y 2
− 4 = −1.
4 3
Exercice 4.13
On suppose que E est un plan muni d’un repère cartésien R. Donner la représentation matri-
cielle de l’affinité d’axe D d’équation x + 2y − 1 = 0 de direction D0 d’équation 3y − x = 0.
Exercice 4.14
On suppose que E est de dimension 3 et muni repère cartésien R. Montrer que l’application
f : E −→ E de représentation matricielle
0
x =
− y − z +1
y 0 = −2x − y − 2z +2
z0 = x
+ y + 2z −1
Exercice 4.15
On suppose que E est euclidien de dimension 3 et E est rapporté à une base orthonormée
directe B = (~i, ~j, ~k). Déterminer la matrice dans B de la rotation d’axe dirigée et orientée par
~i + ~j + ~k et d’angle π mod (2π).
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
3
Exercice 4.16
On considère l’espace euclidien orienté usuel R3 . Soit f l’endomorphisme de R3 dont la matrice
dans la base canonique est
8 1 −4
1
A = −4 4 −7
9
1 8 4
Exercice 4.17
Reconnaı̂tre les endomorphismes affines de R3 suivantes :
x −x + 2y − 2z − 1
1. ϕ : y −
7 → 3y + 2z + 6
z − 4y + 3z + 6
1
x 2
y − 12 z + 23
2. ϕ : y 7−→ −x + 23 y − 12 z + 23
z −x + 21 y + 12 z + 23
Exercice 4.18 ! !
x −3x − 4y
Quelle est l’application f : R2 −→ R2 ϕ : 7−→
y −4x + 3y − 1
Exercice 4.19
Démontrer que les représentations paramétriques suivantes definissent le même plan :
x = 2
+ s + 2t x = 1 + 3u − v
y = 2 + 2s + t et y = 3 + 3u + v .
z = 1 − s − t z = 1 − 2u
Exercice 4.20
On considère les deux droites
( (
3 = y − z 1 = −x + 3z
(D1 ) : et (D2 ) : .
−1 = −x − y + z 2 = −x − 3y
4. Parmi tous ces plans, y en- a-t-il un qui soit perpendiculaire à D2 ? Donner son équation
le cas échéant.
Exercice 4.21
1. Soit f la transformation de l’espace définie analytiquement par
0
x = 4 − 3x + 2y − 2z
y 0 = 8 − 8x + 5y − 4z
z 0 = 4 − 4x + 2y −z
Exercice 4.22
−→ −→
Dans le plan muni d’un repère orthonormal direct (O, OI, OJ, soit la transformation du plan
définie par
(
x0 = √15 (x + 2y − 1)
y 0 = √15 (−2x + y + 2)
Exercice 4.23
(A, B, C) est un repère affine du plan affine P ; A0 , B 0 et C 0 les milieux des côtés [BC] et
[CA] et [AB] respectivement. Soit α un réel différent de 1, on désigne par par I le barycentre de
(B, 1) et (C, −α). Déterminer les coordonnées barycentriques
1. de I dans le repère (A0 , B 0 , C 0 ) ;
2. du milieu M de [AI] dans le repère (A0 , B 0 , C 0 ).
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Exercice 4.24
Soit E un espace affine euclidien de dimension 3 muni d’un repère orthonormal directe R =
√ √
(O,~i, ~j, ~k). On considère les points A = (3, 3, 3), B = (3, − 3, 3) et C = (4, 0, 0).
1.(a) Démontrer que les 3 points O, A et B déterminent un plan P dont on précisera une
équation cartésienne dans le repère R.
(b) Calculer les distances OA, OB et AB. En d éduire la nature OAB.
(c) Les points O, A, B et C sont-ils coplanaires ?
(d)
2. Soit G l’isobarycentre de O, A, B et C
(a) Déterminer l’isobarycentre G dans R.
(b) Démontrer que (GC) est perpendiculaire à P.
(c) Calculer les coordonnées de D, intersecrtion de P et (GC).
3.(a) Démontrer que la transformation de l’espace affine définie par (x, y, z) 7−→ (x, −y, z) est
une isométrie.
(b) Quels sont ses points fixes ?
(c) Déterminer les images par f de O, A, B et C. Que remarque-t-on ?
Exercice 4.25
Soit k > 0 un réel fixé, A et B deux points du plan. Déterminer l’ensemble des points M du
plan vérifiant M A = kM B.
Exercice 4.26
Soit A, B et C les sommets d’un triangle équilatéral de côté 1. Déterminer l’ensemble des
points M du plan qui vérifient M A2 + M B 2 + M B 2 = 1.
Exercice 4.27
Dans le plan euclidien, on donne deux parallélogrammes ABCD et A0 B 0 C 0 D0 de centres res-
pectives O et O0 .
1. Quel est l’ensemble des points M du plan tels que
M A2 + M B 2 + M C 2 + M D 2 = k (k > 0 fixé).
AM 2 + BM 2 + CM 2 + DM 2 = A0 M 2 + B 0 M 2 + C 0 M 2 + D0 M 2 ?
Exercice 4.28
On donne un triangle non aplati ABC. Quel est l’ensemble des points M du plan tels que
M B 2 − M C 2 = AB 2 − AC 2 ? En déduire que les hauteurs d’un triangle sont concourantes en un
point D qui qui vérifie
AB 2 + CD2 = BC 2 + AD2 = CA2 + BD2 .
Exercice 4.29
La bissectrice de l’angle en A du triangle ABC coupe en D. Calculer la distance AD en fonction
de BC = a, AC = b et AB = c.
Exercice 4.30
L’espace est reporté au repère orthonormal R = (O,~i, ~j, ~k). On considère le plan P d’équation
2x + y − 2z + 4 = 0 et les points A(3, 2, 6), B(1, 2, 4) et C(4, −2, 5).
1.(a) Vérifier que les points A, B et C définissent un plan.
Exercice 4.32
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Exercice 4.33
On suppose que E est de dimension 3, et on considère les sous-ensembles suivants :
F = {(x, y, z) ∈ E : 2x − y + 3z = 0},
G = {(x, y, z) ∈ E : ∃λ ∈ K : x = λ, y = λ, z = −2λ},
H = {(x, y, z) ∈ E : ∃λ, µ ∈ K : x = λ, y = µ, z = −3λ + µ}.
1. Vérifier que F, G, et H sont des sous-espaces vectoriels de E, puis calculer leur dimension.
2. Montrer que F et G sont supplémentaires dans E.
3. Montrer que G ⊂ H. La somme F + H est-elle directe ?
4. Déterminer F ∩ G ∩ H. La somme F + G + H est-elle directe ?
Exercice 4.34
On note n = dimE.
1. Rappeler les définitions d’une famille libre, d’une famille génératrice, d’une base de vecteurs
de E. Que peut-on dire sur le nombre d’éléments de telles familles ?
2. Qu’est-ce que le rang d’une famille de vecteurs ? d’une matrice ? d’une application linéaire ?
Qu’est-ce que la formule du rang ?
3. On suppose que n = 3 et on munit E d’une base. Déterminer, en fonction du paramètre
a ∈ K, le rang d la famille de vecteurs (a, 1, 1), (1, a, 1), (1, 1, a). [Plusieurs méthodes sont
possibles.]
Exercice 4.35
On note n = dimE, et E ∗ le dual algébrique de E, c’est-à-dire l’espace vectoriel L(E, K) des
formes linéaires sur E.
1. Soit x 6= 0 dans E. Prouver qu’il existe f ∈ E ∗ telle que f (x) 6= 0.
2. Notons E ∗∗ = (E ∗ )∗ le bidual de E. Soit alors ϕ : E −→ E ∗∗ définie par x 7−→ (ϕ(x) :
f 7−→ f (x)).
(a) Montrer que ϕ est linéaire et injective.
n
X
(b) Soit (ei )ni=1 une base de E. Pour tout i ∈ [[1, n]], on pose e∗i : x = xi ei 7−→ xi .
i=1
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Montrer que e∗i est une forme linéaire, qu’elle est caractérisée par la relation e∗i (ej ) = δi,j ,
et qu’elle constitue une base de E ∗ (qui est donc de dimension n), appelée base duale de
la base (ei ).
(c) Déduire des résultats précédents que ϕ est bijective, puis que si (fi )ni=1 est une base de
E ∗ , alors il existe une base (ei )ni=1 telle que e∗i = fi pour chaque i.
3. Soit (ei ) une base de E, (e∗i ) sa base duale, p ∈ [[1, n]] et F = V ect(e1 , . . . , ep ). Montrer que
si x ∈ E, alors x ∈ F ⇐⇒ e∗i = 0 pour tout i ∈ [[p + 1, n]].
4. Soient F une partie non vide de E et p ∈ [[0, n − 1]]. Montrer l’équivalence :
(a) F est un sous-espace de dimension p de E ;
(b) il existe des formes linéaires f1 , . . . , fn−p linéairement indépendantes dans E ∗ telles que
n−p
\
F = ker fi .
i=1
5. Soit (ei )ni=1 une base de E. Soit H une partie non vide de E. Établir l’équivalence :
Exercice 4.36
1. Soient F et G deux sous-espaces supplémentaires dans E.
(a) Rappeler la définition de la projection p de E sur F parallèlement à G.
(b) Montrer que p est linéaire, déterminer alors son noyau et son image. Est-elle injective,
surjective ?
(c) Vérifier que p ◦ p = p.
(d) Montrer qu’il existe une base naturelle de E dans laquelle la matrice de p est diagonale.
(e) Soit q la projection de E sur G parallèlement à F . Quel lien existe-t-il entre p et q ?
2. Soit f un endomorphisme de E tel que f ◦ f = f . Prouver que E = Imf ⊕ ker f et que f
est la projection sur Imf parallèlement à ker f .
Exercice 4.37
Avec les notations de l’exercice précédent, l’application s = 2p − id s’appelle la symétrie par
rapport à F parallèlement à G.
Si x = y + z avec (y, z) ∈ F × G, prouver que s(x) = y − z, puis établir les analogues des
résultats de l’exercice précédent.
N.B. Sauf mention explicite du contraire, dans tous les exercices de ce paragraphe, E désigne
un espace affine de dimension finie sur un corps K, avec K = Q, R ou C.
Exercice 4.38
Démontrer les assertions suivantes :
1. Pour tous A, B, C, D ∈ E, les propriétés suivantes sont equivalentes :
−→ −−→
(a) AB = DC ;
−−→ −−→
(b) AD = BC ;
−→ −−→ −→
(c) AB + AD = AC.
→
−
2. La relation de Chasles (A1) se traduit par : ∀A ∈ E, ∀→ −
x ,→
−y ∈ E , (A + →
−x) + →
−
y =
→
− →
−
A + ( x + y ).
→
−
3. Pour tout A ∈ E et tous →
−
x ,→−
y ∈ E, A + → −
x =A+→ −y ⇐⇒ → −x =→−y.
→
− −→ →
4. Pour tous A, B ∈ E et tous x , y ∈ E , (B + y ) − (A + x ) = AB + −
→
− →
− →
− →
− y −→
−
x.
Exercice 4.39
Soit F un K-espace affine, et soit f ∈ A(E, F ). Alors f est injective (resp. surjective, bijective)
→
−
si et seulement si f l’est.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Exercice 10
→
−
Soit F un K-espace affine. Pour tout A ∈ E et tout B ∈ F , on note respectivement ψA,E : E −→
→
−
EA et ψB,F : F −→ FB les isomorphismes linéaires induits par la vectorialisation de E en A et
de F en B. Dans ce qui suit, on fixe une application f : E −→ F .
→
− → −
1. Pour σ ∈ L( E , F ), prouver l’équivalence entre les deux conditions suivantes :
→
−
(a) ∀A ∈ E, ∀→−
x ∈ E , f (A + → −x ) = f (A) + σ(→−
x);
−1
(b) ∀A ∈ E, f = ψf (A),F ◦ σ ◦ ψA,E .
2. En déduire l’équivalence des conditions :
(a) f est affine ;
(b) pour tout A ∈ E, f est linéaire de EA dans Ff (A) .
Exercice 4.40
Exercice 4.41
Rappelons qu’une homothétie de centre A et de rapport λ = −1 s’appelle symétrie de centre A.
on note alors sA = hA,−1 .
Soient A, B deux points de E (distincts ou non). Prouver : sB ◦ sA = t2−→.
AB
Exercice 4.42
Dans cet exercice, E et F désignent deux K-espaces vectoriels, munis de leur structure affine
→
− →
−
canonique. On note O le vecteur nul O E de E, vu comme point de E, et O0 le vecteur nul O F de
F , vu comme point de F .
1. Soient →
−
u ∈ F et σ ∈ L(E, F ). Montrer que f = t−→ ◦ σ est une application affine de E dans
u
F.
→
− −−
0
−−→
u ◦ σ, avec u = O f (O) et
2. Réciproquement, soit f ∈ A(E, F ). Montrer que f s’écrit f = t−
→
→
−
σ = f (en particulier, →−
u et σ sont uniques).
3. En déduire une caractérisation des applications linéaires parmi l’ensemble des applications
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
affines de E dans F .
4. En déduire également une description des ensembles A(K) et GA(K).
Exercice 4.43
→
−
→ pour un λ ∈ K ∗ . Démontrer :
Soit f ∈ A(E) telle que f = λid−
E
1. si λ 6= 1, f est une homothétie [prouver d’abord l’existence d’un unique point fixe] ;
2. si λ = 1, f est une translation.
Exercice 4.44
Écrire la représentation matricielle d’une homothétie, d’une translation, dans un repère cartésien
donné de E.
Exercice 4.45
1. Montrer que l’ensemble C des nombres complexes possède une structure de plan affine sur
R. (Dans la suite de cet exercice, c’est ainsi qu’on le considèrera.)
Exercice 4.46
Soient G un groupe (noté multiplicativement) et E un ensemble. On appelle action (ou opération)
de G sur E toute application ψ : G × E −→ E vérifiant
1. pour tout x ∈ E, ψ(1, x) = x ;
2. pour tout x ∈ E et tous g1 , g2 ∈ G, ψ(g1 , g2 , x) = ψ(g1 , ψ(g2 , x)).
En outre, on dira que cette action est simplement transitive si, pour tous x, y ∈ E il existe un et
un seul g ∈ G vérifiant ψ(g, x) = y.
Démontrer qu’un espace affine n’est autre qu’un ensemble non vide sur lequel agit simplement
→
−
transitivement un espace vectoriel E (vu comme groupe abélien).
N.B. Sauf mention explicite du contraire, dans tous les exercices de ce paragraphe, E désigne
un espace affine de dimension finie sur un corps K, avec K = Q, R ou C.
Exercice 4.47
1. Soient F, G deux sous-espaces de E. Démontrer les résultats suivants.
→
− →
−
(a) Si F ⊂ G, alors F ⊂ G et dimF ≤ dimG.
(b) Si F ⊂ G et dimF = dimG, alors F = G.
→
− →
−
(c) Si F ⊂ G et F ∩ G 6= φ, alors F ⊂ G.
2. Soit F un sous-espace de dimension p de E. Montrer : si p ≤ d ≤ dimE, il existe au moins
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Exercice 4.48
Dans cet exercice, E désigne un espace vectoriel, muni de sa structure d’espace affine canonique.
→
−
On note O le vecteur nul O de E, vu comme point de E.
1. Montrer que tout translaté t−u (V ) d’un sous-espace vectoriel V de E est un sous-espace
→
affine de E, de direction V .
2. Réciproquement, montrer que tout sous-espace affine de E est le translaté d’un sous-espace
vectoriel de E.
3. Prouver l’équivalence, pour un sous-espace affine F de E :
(a) F est un sous-espace vectoriel de E ;
(b) O ∈ F ;
→
−
(c) F = F .
Exercice 4.49
Les relations de parallélisme, de strict parallélisme entre sous-espaces affines sont-elles des
relations d’équivalence ? Si F, G, H sont des sous-espaces de E, a-t-on le droit d’écrire F kGkH ?
Exercice 4.50
Soient A, B, C, D quatre points non alignés de E. Montrer que ABCD est un parallélogramme
si et seulement si (AB)k(CD) et (AD)k(BC).
Exercice 4.51
En utilisant le théorème d’incidence, démontrer les résultats suivants.
1. Deux points distincts engendrent une droite.
2. Un point et un sous-espace de dimension p ne passant pas par ce point engendrent un sous-
espace de dimension p + 1.
3. Deux droites parallèles distinctes engendrent un plan.
4. Deux droites sécantes distinctes se coupent en un point et un seul, et engendrent un plan.
5. Deux droites non parallèles et non sécantes engendrent un sous-espace de dimension 3.
6. Deux droites sont coplanaires si et seulement si elles sont parallèles ou bien sécantes en un
point.
7. Si une droite et un plan se coupent, et si la droite n’est pas dans le plan, leur intersection
est réduite à un point et ils engendrent un sous-espace de dimension 3.
8. Si une droite est parallèle à un plan et n’est pas contenue dans ce plan, la droite et le plan
engendrent un sous-espace de dimension 3.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
9. Si une droite n’est pas parallèle à un plan et ne le rencontre pas, la droite et le plan en-
gendrent un sous-espace de dimension 4.
10. Dans un espace affine de dimension 3, une droite qui n’est pas parallèle à un plan le coupe
en un point et un seul.
11. Dans un espace affine de dimension 3, deux plans non parallèles se coupent suivant une
droite.
Exercice 4.52
Déduire de l’exercice précédent :
1. les positions relatives possibles pour deux droites d’un plan ;
2. les positions relatives possibles pour deux plans d’un espace de dimension 3 ;
3. les positions relatives possibles pour deux droites d’un espace de dimension 3 ;
4. les positions relatives possibles pour une droite et un plan d’un espace de dimension 3.
Exercice 4.53
On suppose dimE = 3. Soient P1 , P2 deux plans de E sécants selon une droite D. Soient
A ∈ P1 , B, C ∈ P2 avec B 6= C, tels que A, B, C ne soient pas situés sur D.
1. Vérifier que A, B, C sont non alignés, donc engendrent un plan noté (ABC).
2. Déterminer la nature de l’intersection P1 ∩ (ABC).
3. Construire géométriquement cette intersection.
Exercice 4.54
Supposons dimE = 3. Soient D1 , D2 deux droites parallèles, soient P1 un plan contenant D1
et P2 un plan contenant D2 tels que P1 et P2 soient sécants selon une droite . Démontrer que ∆
est parallèle à D1 et à D2 : c’est le théorème du toit.
Exercice 4.55
On suppose dimE = 3. Soient P et P 0 deux plans sécants selon une droite ∆. Soit O un point
n’appartenant ni à P , ni à P 0 . Soient D1 , D2 , D3 trois droites non coplanaires, concourantes en
O et coupant P (resp. P 0 ) en A, B, C (resp. A0 , B 0 , C 0 ).
1. Vérifier que A, B, C (resp. A0 , B 0 , C 0 ) sont distincts et non alignés.
2.(a) Montrer que (BC) et (B 0 C 0 ) sont sécantes ou parallèles.
(b) Montrer que si ces droites sont parallèles, elles sont egalement parallèles à ∆.
(c) Montrer que si ces droites sont sécantes, leur point commun est situé sur ∆.
3. On suppose que (AB), (AC), (BC) coupent ∆ en I, J, K, respectivement. Prouver que
I, J, K sont sur (A0 B 0 ), (A0 C 0 ), (B 0 C 0 ), respectivement.
Exercice 4.56
Prouver les assertions suivantes.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Exercice 4.58
→
−
Soit σ une application linéaire entre deux espaces vectoriels E et F . On fixe b ∈ F . Montrer
→
−
que l’ensemble des solutions de l’équation σ(→
−x ) = b est soit vide, soit un sous-espace affine de
E, de direction à préciser.
Exercice 4.59
1. Soit f ∈ GA(E). Vérifier que f envoie tout sous-espace de E sur un sous-espace de même
dimension.
2. Réciproquement, prouver que si F et G sont des sous-espaces de même dimension de E,
alors il existe f ∈ GA(E) tel que f (F ) = G. Ce f est-il unique ?
Exercice 4.60
On suppose E de dimension ≥ 2. Soient H un hyperplan de E, D une droite supplémentaire
→
−
de H dans E, et p la projection sur H parallèlement à D .
1. Déterminer l’image réciproque par p d’un point H, puis d’une droite de H.
2. Déterminer les images par p :
(a) d’une droite,
(b) de trois points alignés distincts,
→
−
(c) de deux droites parallèles distinctes, dont la direction commune n’est pas D .
Dans chacun des cas, caractériser les différentes situations possibles.
Exercice 4.61
Soit f un endomorphisme affine de E. Démontrer que f est une projection si et seulement si
f ◦ f = f.
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Exercice 4.62
Démontrer le théorème de Thalès (et réciproque) dans un triangle .
Exercice 4.63
On suppose E de dimension n ≥ 1, muni d’un repère cartésien R = (O; B), avec B = (~ei )ni=1 .
1. Soit f : E −→ K une application (ensembliste). Prouver l’équivalence des assertions :
(a) f est une forme affine sur E ;
(b) il existe des scalaires α1 , . . . , αn et β tels que :
n
X
si M = (xi )ni=1 dans R alors f (M ) = αi xi + β.
i=1
n
X
(a) Tout hyperplan H de E possède une equation de la forme αi xi + β = 0, où les
i=1
scalaires αi sont non tous nuls. On l’appelle équation cartésienne de H dans R. En
n
X
outre, toute autre équation cartésinne de H dans R est de la forme (λαi )xi +λβ = 0,
i=1
avec λ ∈ K∗ .
(b) Réciproquement, toute équation de la forme ni=1 αi xi + β = 0, où les scalaires αi sont
P
non tous nuls, est une équation cartésienne d’un hyperplan H de E dans R.
(c) Si ni=1 αi xi +β = 0 est une équation cartésienne d’un hyperplan H, alors ni=1 αi xi = 0
P P
α11 x1 + . . . + α1n xn = β1
α21 x1 + . . . + α2n xn = β2
AX = B, i.e. .. .. .. ..
. . . .
α x + ... + α
n−p,1 1 x = βn−p,n n n−p
Exercice 4.64
On fixe un repère cartésien R = (O; (~ei )ni=1 ) de E.
Exercice 4.65
On suppose dimE = 2. Soient D, D0 deux droites d’équations cartésiennes respectives ax +
by + c = 0 et a0 x + b0 y + c0 = 0 dans un repère cartésien donné (avec évidemment (a, b) 6= (0, 0)
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Soit ABC un triangle non aplati d’un plan affine, et soient P ∈ (BC), Q ∈ (CA), R ∈ (AB)
trois points distincts de A, B, C. Alors
P B QC RA
(AP ), (BQ), (CR) sont parallèles ou concourantes ⇐⇒ · · = −1.
P C QA RB
Exercice 4.66
→
− → − → −
On suppose E de dimension 3. muni d’un repère cartésien R = (O; i , j , k ). Soit D une
→
− → −
droite non parallèle au plan O + V ect( i , j ).
1. Montrer qu’il existe a, b, p, q ∈ K tels que D admette
(
x = az + p
y = bz + q
Exercice 4.67
Soit X une partie non vide de E.
1. Soit F un sous-espace de E. Prouver l’équivalence : X ⊂ F ⇐⇒ Af f X ⊂ F .
2. Démontrer : X est génératrice dans E si et seulement si X n’est contenue dans aucun
hyperplan de E.
3. On suppose que X = {A0 , . . . , Ap } est une famille finie de p + 1 points de E, et que E est
de dimension n. Démontrer les assertions suivantes :
(a) X est libre si et seulement si p ≤ n et X n’est contenue dans aucun sous-espace de
dimension p − 1 de E ;
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
N.B. Dans tous les exercices de ce paragraphe, E désigne un espace affine de dimension finie
sur un corps K, avec K = Q, R ou C.
Exercice 4.68
Soient A, B ∈ E, soient λ, µ ∈ K non nuls et de somme non nulle. Compléter les assertions :
GA AG BG
G = bar((A, λ), (B, λ)) ⇐⇒ = . . . ⇐⇒ = . . . ⇐⇒ = ...
GB AB BA
Exercice 4.69
Soient A, B, C trois points de E, soient P = bar((A, 1), (B, 2), (C, −4)) et Q = bar((A, −2), (B, 3), (C, 1)).
−→
Calculer P Q de deux façons :
1. en revenant à la définition d’un barycentre ;
2. en utilisant la notation introduite en cours ( combinaisons de points ).
Exercice 4.70
Soit ABCD un tétraèdre non aplati de E. On note A0 , B 0 , C 0 , D0 les centres de gravité resoectifs
de BCD, ACD, ABD, ABC.
1. Vérifier que (AA0 ), (BB 0 ), (CC 0 ) et (DD0 ) sont des droites, et qu’elles sont distinctes.
2. Soit G le centre de gravité de ABCD. Démontrer :
AG BG CG DG 3
(AA0 ) ∩ (BB 0 ) ∩ (CC 0 ) ∩ (DD0 ) = {G},= = = = ,
AA0 BB 0 CC 0 DD0 4
−−→0 −−→0 −−→0 −−→0 →−
AA + BB + CC + DD = O .
A+B C +D D+A B+C A+C B+D
3. On pose M = ,N = ,P = ,Q= ,R= ,S= .
2 2 2 2 2 2
Prouver que G est le milieu de (M, N ), de (P, Q) et de (R, S).
Exercice 4.71
Soit F une partie non vide de E. Prouver que F est un sous-espace de E si et seulement si
toute droite joignant deux points de F reste dans F .
Exercice 4.72
On suppose que E est un plan, muni d’un repère affine R = (A, B, C).
1. Démontrer : trois points de E sont alignés si et seulement si le déterminant de leurs coor-
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
Exercice 4.73
En utilisant l’exercice précédent, démontrer le théorème de Ménélaüs [Ménélaüs d’Alexan-
die, I er sièce], dont l’énoncé est le suivant : Soit ABC un triangle non aplati d’un plan affine, et
soient P ∈ (BC), Q ∈ (CA), R ∈ (AB) trois points distincts de A, B, C. Alors
P B QC RA
P, Q, R sont alignés ⇐⇒ · · = 1.
P C QA RB
Exercice 4.74
→
−
On considère l’espace vectoriel X = E ×K, qu’on munit, ainsi que K lui-même, de sa structure
affine canonique.
1. On définit l’application ϕ : X −→ K, (→ −x , λ) 7−→ λ. Prouver que ϕ est une forme linéaire
→
−
non nulle sur X. En déduire que H = ϕ−1 (1) = E × {1} est un hyperplan affine de X, de
→
− →
−
direction H = ker ϕ = E × {0}.
→
− →
− − −−→
2. Soient σ : E −→ H , → x 7−→ (→
−x , 0) et, pour tout A ∈ E, fA : E −→ H, M 7−→ (AM , 1).
→
− →
−
Montrer que σ est un isomorphisme linéaire de E sur H , et en déduire que fA est un
isomorphisme affine de E sur H, quel que soit A ∈ E.
On dit qu’on a plongé E dans X via fA . Faire un dessin pour comprendre.
3. Soit (Ai , λi )i∈I un système de points pondérés de E. On fixe A ∈ E et on pose A0i = fA (Ai )
pour tout i ∈ I. Les A0i étant des éléments de H, donc des vecteurs de X, on peut parler
λi A0i pour n’importe quelles valeurs des λi . Démontrer les
P
de la combinaison linéaire
assertions suivantes :
λi A0i ∈ H ⇐⇒ λi = 1, et si ces conditions sont réalisées, on a fA−1 ( λi A0i ) =
P P P
(a)
bar(Ai , λi ) ;
→
−
λi A0i ∈ H ⇐⇒ λi = 0 et si ces conditions sont réalisées, on a σ −1 ( λi A0i ) = →
−
P P P
(b) v,
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
→
− P −−→
où v est la valeur constante de λi M Ai pour M ∈ E.
→
− →
−
4. On identifie E avec H de E avec H grâce aux isomorphismes de 2. Quelle formulation
obtient-on alors pour les résultats de la question précédente ?
Exercice 4.75
Soit F un autre K-espace affine. Prouver qu’une application f : E −→ F est affine si et seule-
ment si elle conserve tout barycentre de deux points (c’est-à-dire si et seulement si la restriction
de f a toute droite affine de E est affine).
Exercice 4.76
On suppose que K = R. Prouver que tout segment de E est convexe.
Exercice 4.77
On suppose que K = R. Soient X, Y deux convexes de E. Démontrer que l’ensemble Z des
milieux de segments [AB], avec A ∈ X et B ∈ Y , est convexe.
Exercice 4.78
On suppose que K = R. Démontrer que si X est une partie de E, alors ConvX est exactement
l’ensemble des combinaisons convexes de points de X.
Exercice 4.79
On suppose que K = R. Soit H un hyperplan de E, soit A ∈ E\H , et soit HA le demi-espace
ouvert de E contenant A. Démontrer que HA = {M ∈ E : [AM ] ∩ H = φ}. [Raisonner par
contraposée.]
Exercice 4.80
On considère l’espace affine E de dimension
3et de direction E. Soient le sous ensemble
−1
3
F = (x, y, z) ∈ R ; 2x − y + 3z = 0 et A 1 .
0
1. Justifier que F est un sous espace vectoriel de E dont on proposera une base.
2. Déterminer une équation cartésienne du sous espace affine F de E de direction F et passant
par A.
3. Sans utiliser l’équation cartésienne de F , proposer une équation paramétrique de F .
4. Proposer une équation paramétrique du supplémentaire orthogonal G de F dans E passant
par A.
5. Déterminer l’expresion analytique de la projection p sur F suivant G .
6. En déduire celle de la symétrie s par rapport à F suivant G .
7. Déterminer l’image par s ◦ t~v (B)
8. L’affinité A3,p = 3idE − 2p admet-elle de points fixes ?
9. Justifier que A3,p = 3idE −2p coı̈ncide avec une homothétie de E dont on précisera le centre
rdjeamr La photocopie non autorisée est un délit
et le rapport.