Amélioration des compétences pour la productivité
Amélioration des compétences pour la productivité
Rapport V
Les désignations utilisées dans les publications du BIT, qui sont conformes à la pratique des Nations Unies, et la
présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part du Bureau international du Travail aucune prise
de position quant au statut juridique de tel ou tel pays, zone ou territoire, ou de ses autorités, ni quant au tracé de
ses frontières.
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n’implique de la part du Bureau international du Travail aucune appréciation favorable ou défavorable.
Les publications du Bureau international du Travail peuvent être obtenues dans les principales librairies ou
auprès des bureaux locaux du BIT. On peut aussi se les procurer directement, de même qu’un catalogue ou une
liste des nouvelles publications, à l’adresse suivante: Publications du BIT, Bureau international du Travail, CH-
1211 Genève 22, Suisse, ou par e-mail: pubvente@[Link] ou par notre site Web: [Link]/publns.
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Résumé............................................................................................................................ v
Introduction ...................................................................................................................... v
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Améliorer les aptitudes professionnelles
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iv
Résumé
Introduction
Le présent rapport a essentiellement pour objet d’examiner comment, dans la
perspective du travail décent, les pays peuvent améliorer leur base de compétences de
façon à accroître tant l’effectif que la productivité de la main-d’œuvre employée dans
l’économie. Les économies dont le système d’éducation et de développement des
compétences est déficient se retrouvent prises au piège d’un cercle vicieux caractérisé
par un bas niveau d’instruction, de productivité et de revenu. Le rapport analyse donc
comment des stratégies visant à améliorer et à revaloriser la formation professionnelle et
à la rendre accessible à des femmes et à des hommes toujours plus nombreux peuvent, à
l’inverse, aider les pays à rentrer dans un cercle vertueux où la hausse de la productivité
entraîne la croissance de l’emploi et du revenu, et le développement.
Développer les compétences 1 est essentiel pour améliorer la productivité. De
même, la productivité est un important facteur d’amélioration du niveau de vie et de
croissance. Les autres facteurs primordiaux sont notamment les politiques
macroéconomiques qui visent à optimiser la croissance de l’emploi en faveur des
pauvres, un environnement propice au développement d’entreprises durables, au
dialogue social et à l’investissement fondamental dans l’éducation de base, la santé et les
infrastructures matérielles.
Un système de développement des compétences efficace, c’est-à-dire qui met en
corrélation enseignement et formation technique, formation technique et entrée sur le
marché du travail et, enfin, entrée sur le marché du travail et apprentissage en entreprise
et tout au long de la vie, peut stimuler durablement la productivité entraînant la création
d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité. Le présent rapport examine les
difficultés auxquelles se heurtent les pays, à différents niveaux de développement, et les
choix stratégiques qu’ils peuvent faire. Il s’efforce d’en tirer des enseignements utiles
pour les pays, qu’ils soient moins avancés, en développement ou industrialisés, en reliant
les systèmes de développement des compétences non seulement aux besoins actuels des
marchés du travail, mais aussi aux besoins à venir, eu égard à l’évolution des
technologies, des marchés, de l’environnement et des stratégies de développement.
Contexte
A sa 295e session (mars 2006), le Conseil d’administration a inscrit la question des
aptitudes professionnelles pour une meilleure productivité, la croissance de l’emploi et le
développement à l’ordre du jour de la 97e session (2008) de la Conférence internationale
1
Dans le présent rapport, la notion de «développement des qualifications et des compétences» s’entend au sens
large, comme cela est indiqué dans les conclusions relatives à la formation et à la mise en valeur des ressources
humaines (BIT, 2000a, paragr. 5), et englobe les notions d’éducation de base, de formation initiale et
d’apprentissage tout au long de la vie.
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Améliorer les aptitudes professionnelles
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Résumé
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Améliorer les aptitudes professionnelles
Résumé du rapport
L’éducation, la formation et l’apprentissage tout au long de la vie favorisent un
cercle vertueux d’accroissement de la productivité, de progression quantitative et
qualitative de l’emploi, d’augmentation des revenus et de développement. Le chapitre 1
expose le rôle catalytique que joue le développement des compétences. Il donne une
brève explication de la productivité, suivie d’un aperçu des liens conceptuels et
empiriques qui existent entre la croissance de la productivité et de l’emploi et, enfin,
explique comment une politique de développement des compétences cohérente contribue
aux objectifs tant d’ajustement à court terme que de développement à long terme.
L’accroissement de la productivité réduit les coûts de production et accroît le
rendement de l’investissement, qui se traduit pour partie en augmentation des recettes
pour les entrepreneurs et les investisseurs, et pour partie en augmentation de salaires. Le
cercle vertueux entre productivité et emploi est aussi alimenté par l’investissement, par
exemple lorsque certains gains de productivité sont réinvestis par l’entreprise dans
l’innovation (produits et procédés), la modernisation des installations et des équipements
et la conquête de nouveaux marchés, éléments qui à leur tour stimulent d’autant la
croissance de la production et la productivité.
La productivité des personnes peut se refléter dans les taux d’emploi, les taux de
salaire, la stabilité de l’emploi, la satisfaction au travail ou le degré d’employabilité dans
divers métiers ou secteurs d’activité. La productivité des entreprises, outre la production
par travailleur, peut être mesurée en parts de marché et résultats à l’exportation. Les
avantages que tirent les sociétés d’une plus grande productivité des personnes et des
entreprises peuvent se traduire par une augmentation de la compétitivité et de l’emploi
ou par un transfert de l’emploi vers des secteurs à productivité plus élevée.
A long terme, la productivité est le principal facteur de croissance des revenus. Une
stratégie de développement fondée sur des salaires, des qualifications et une productivité
médiocres n’est pas viable à long terme et n’est pas propice à la réduction de la pauvreté.
Les investissements dans l’éducation et le développement des compétences contribuent à
orienter l’économie vers des activités à forte valeur ajoutée et des secteurs à croissance
dynamique.
L’expérience montre que les pays qui sont parvenus à associer compétences et
productivité ont tous axé leur politique de développement des compétences sur trois
objectifs:
i) Répondre à la demande de qualifications par une offre pertinente et de qualité:
afin d’assurer une adéquation de l’offre et de la demande de qualifications, les
politiques doivent viser à développer les qualifications nécessaires, à promouvoir
l’apprentissage tout au long de la vie et à former des personnes hautement
qualifiées et en nombre suffisant. L’égalité des chances en matière d’accès à
l’éducation et au travail est en outre une condition préalable pour répondre à la
demande de formation de tous les secteurs de la société.
ii) Réduire les coûts d’adaptation: la réorganisation du travail associée aux nouvelles
exigences et aux nouvelles technologies font que certaines qualifications
deviennent obsolètes. La formation à de nouvelles compétences ou à un nouveau
métier, lorsqu’elle est accessible et abordable, constitue une assurance contre le
chômage de longue durée ou le sous-emploi et permet d’assurer l’employabilité des
travailleurs et la viabilité des entreprises.
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Résumé
ix
Améliorer les aptitudes professionnelles
du rapport. C’est sous l’angle d’une vie tout entière qu’il faut s’employer à résoudre les
problèmes auxquels se heurtent les femmes pour avoir accès à l’éducation et à la
formation et tirer parti de cette formation pour obtenir un meilleur emploi et le
conserver. Il s’agira donc notamment: d’améliorer l’accès des filles à l’éducation de
base; de supprimer les obstacles logistiques, économiques et culturels auxquels se
heurtent les jeunes femmes en matière d’apprentissage et de formations secondaire et
professionnelle – en particulier pour les métiers non traditionnels; de tenir compte des
responsabilités familiales qu’elles ont en ce qui concerne la maison et les personnes à
charge, lors de la programmation des sessions de formation sur le lieu de travail ou des
sessions de formation à la gestion des entreprises; de répondre aux besoins de formation
des femmes qui réintègrent le marché du travail ainsi que des femmes plus âgées qui
n’ont pas eu la possibilité d’accéder équitablement à la formation tout au long de la vie.
Le chapitre 2 passe en revue les difficultés rencontrées par des groupes de pays, à
différents niveaux de développement, pour établir un lien entre développement des
compétences et augmentation de la productivité et de l’emploi, et leur expérience dans ce
domaine. L’examen de la situation de chaque groupe de pays commence par un bilan
succinct des données disponibles en matière de productivité, d’emploi et d’éducation,
qui permettent d’évaluer autant que possible les niveaux d’aptitude.
L’une des principales difficultés rencontrées par les pays de l’Organisation de
coopération et de développement économiques (OCDE) est d’assurer la pertinence
constante des compétences acquises tant par les travailleurs qui entrent sur le marché du
travail que ceux qui sont à mi-parcours de leur vie professionnelle. Les pays qui y
parviennent courent moins le risque de manquer de main-d’œuvre qualifiée dans certains
domaines, ce qui pourrait entraver la croissance des entreprises et limiter le degré
d’employabilité des travailleurs. Du fait des mutations structurelles et de l’intensification
de la concurrence, il est de plus en plus difficile pour les travailleurs peu qualifiés de
trouver un emploi productif. Les politiques adoptées pour faire face à ces difficultés
consistent notamment à améliorer l’accès à la formation initiale ainsi que sa pertinence
et sa qualité, augmenter les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie et adopter
des politiques actives du marché du travail pour lutter contre les inégalités et réinsérer
sur le marché du travail les personnes d’un âge avancé. L’adaptation constante des
programmes de développement des compétences est une composante essentielle de la
stratégie réévaluée de l’OCDE pour l’emploi.
La plupart des pays d’Europe centrale et orientale et de la Communauté d’Etats
indépendants disposaient, au début du processus de transition, d’un solide système de
formation technique et professionnelle, établi de longue date. Or les taux d’activité des
secteurs de l’éducation et de la formation ont chuté, en partie parce que nombre des
formations alors offertes par le système de formation professionnelle étaient devenues
sans intérêt du fait du passage à l’économie de marché. Pour relancer les systèmes de
développement des compétences, ces pays se sont notamment efforcés de restructurer les
systèmes d’éducation et de formation conformément aux exigences de la nouvelle
économie de marché, en faisant appel aux institutions du marché du travail pour limiter
les effets négatifs de la restructuration économique et en mettant l’accent sur la
formation et l’apprentissage tout au long de la vie pour améliorer l’adaptabilité et la
mobilité de la main-d’œuvre.
L’une des grandes caractéristiques des pays en développement est que,
parallèlement à une forte croissance et productivité dans certains secteurs et certaines
régions, on note une faible productivité et une pauvreté persistante dans le vaste secteur
informel. Afin de remédier aux pénuries de qualifications dans les secteurs à forte
croissance, il faut améliorer la coordination entre les employeurs potentiels et les
x
Résumé
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Améliorer les aptitudes professionnelles
xii
Résumé
puissent s’appuyer sur des services de l’emploi appropriés, sont considérées comme de
bonnes pratiques car elles augmentent la capacité des personnes handicapées d’accéder à
un emploi productif sur le marché primaire du travail.
Les migrations de main-d’œuvre posent un certain nombre de problèmes et
élargissent les possibilités de formation et de déploiement d’une main-d’œuvre qualifiée.
Elles permettent notamment de pallier la pénurie de qualifications dans les pays de
destination; d’améliorer la reconnaissance des qualifications d’un pays à l’autre de façon
à aider les travailleurs migrants à obtenir des emplois pour lesquels ils sont qualifiés; de
relever le défi du développement dans les pays d’origine des travailleurs qualifiés qui
trouvent un emploi dans un autre pays. Les migrations de main-d’œuvre contribueront
davantage aux objectifs de développement des pays tant d’origine que de destination, si
les autorités facilitent la migration circulaire et le retour des migrants dans leur pays, de
sorte que les compétences acquises à l’étranger profitent au pays d’origine. A cet égard,
il est important d’améliorer les pratiques éthiques des services de l’emploi afin
d’empêcher l’exploitation des travailleurs migrants, et de renforcer les moyens de ces
services de répondre aux besoins du marché du travail local en fournissant les
compétences recherchées. La conclusion d’accords bilatéraux et multilatéraux dans les
secteurs de la santé et de l’éducation est un moyen d’éviter que l’exode de la main-
d’œuvre qualifiée ait une influence négative sur ces services essentiels dans les pays en
développement.
Le chapitre 5 regarde vers l’avenir. Alors que les chapitres 2 et 4 examinent les
difficultés que certains pays, entreprises et groupes sociaux ont a surmonter à l’heure
actuelle pour devenir plus productifs et accroître l’emploi, le chapitre 5 présente un cadre
qui permet de relier l’amélioration des compétences aux défis de l’avenir en lançant et
maintenant un processus de développement dynamique et en intégrant le développement
des compétences dans les stratégies nationales de développement en général.
Certains pays, par exemple les «Tigres de l’Asie de l’Est» (République de Corée,
Hong-kong (Chine), Singapour), le «Tigre celtique» (Irlande) et le Costa Rica, ont mis
en œuvre avec succès une politique d’amélioration des compétences pour lancer et
entretenir un processus dynamique de croissance de l’emploi, enclenchant ainsi un cercle
vertueux d’augmentation de la productivité et de taux de croissance élevés. Leur
expérience montre qu’une stratégie de développement qui combine progrès
technologique et investissement dans des secteurs non traditionnels à forte valeur ajoutée
(diversification) contribue à faire en sorte que la croissance de la productivité
s’accompagne d’une croissance de l’emploi.
Cette stratégie s’appuie sur une large diffusion de l’éducation générale et des
compétences professionnelles comme fondement des capacités sociales d’innover, de
transférer et d’absorber les nouvelles technologies, de diversifier la structure de la
production en s’engageant dans des activités à plus forte valeur ajoutée et d’attirer des
investissements nationaux et étrangers à plus forte teneur en savoir. Elle implique aussi
que l’on recueille, mette à jour et diffuse des informations sur les besoins de
qualifications actuels et futurs en vue de faire en sorte que ces informations se traduisent
en temps utile par une offre de compétences et de qualifications professionnelles et
entrepreneuriales répondant aux besoins.
Coordonner le perfectionnement des qualifications avec l’adoption de nouvelles
technologies et la diversification dans de nouveaux secteurs industriels peut être une
tâche difficile. L’investissement dans le capital humain, à lui seul, peut certes accroître le
nombre de travailleurs qualifiés, mais il n’augmente pas nécessairement le nombre des
emplois disponibles pour ceux-ci. A l’inverse, le seul accroissement des transferts de
xiii
Améliorer les aptitudes professionnelles
technologie, sans que les travailleurs et les gestionnaires soient correctement préparés,
ne suffira probablement pas à soutenir la croissance de l’emploi dans le pays. La
coordination interministérielle, le dialogue social et les mécanismes de diffusion de
l’information entre les organismes de formation, les travailleurs et les fournisseurs
d’emplois sont d’importants moyens de maintenir une bonne coordination. Le chapitre
passe en revue les mécanismes de coordination complexes et articulée à divers niveaux
qui interviennent dans certaines économies dynamiques, comme celle de l’Irlande.
Les cadres nationaux de développement donnent aux pays la possibilité d’intégrer
le développement des compétences dans les politiques de développement nationales plus
générales, comme les plans de développement nationaux, les stratégies visant à réduire la
pauvreté et à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), et les
programmes par pays de promotion du travail décent (PPTD). Ces cadres nationaux
cohérents offrent aussi aux ministères du travail et aux organisations de travailleurs et
d’employeurs la possibilité d’encourager les ministères techniques (dont les ministères
chargés de l’agriculture, de l’éducation, du développement rural, du commerce et de
l’industrie, et de l’environnement) à tenir compte de l’impact que leurs politiques
peuvent avoir sur l’emploi, de leur potentiel de création d’emplois et de leurs
implications pour l’amélioration des compétences. Deux institutions présentent une
importance essentielle pour une politique de développement des compétences tournée
vers l’avenir: le dialogue social, pour coordonner le développement des compétences et
la stratégie nationale de développement, et les systèmes de prévision des besoins de
qualifications et d’information sur le marché du travail, pour identifier à l’avance les
qualifications qui seront nécessaires dans l’avenir.
Alors que le chapitre 5 examine le rôle stratégique du renforcement des
compétences dans la réalisation des objectifs de développement socio-économique que
se fixent les pays, le chapitre 6 s’intéresse à la façon dont les politiques de
développement des compétences peuvent aussi permettre de trouver des solutions
efficaces aux changements économiques induits par des facteurs externes. Il examine à
titre d’exemples trois moteurs du changement dans le monde d’aujourd’hui: la
technologie, le commerce et le changement climatique. Pour anticiper et gérer l’impact
de ces forces à l’échelle mondiale, il faut s’appuyer sur les trois éléments de la politique
de développement des compétences, à savoir: tirer parti des possibilités qui s’offrent en
adaptant l’offre à la demande de nouvelles qualifications, faciliter l’adaptation et en
réduire le coût pour les travailleurs et les entreprises qui subissent les effets néfastes de
ces changements, et entretenir un processus de développement dynamique.
Technologie: Si les pays développés repoussent les frontières de la technologie, les
pays en développement progressent dans cette direction. L’imitation permet d’investir
dans des secteurs non traditionnels et d’appliquer de nouvelles technologies dans le
cadre d’activités économiques plus diversifiées. Autrement dit, il faut simultanément
renforcer les qualifications et les technologies pour assurer durablement la croissance de
la productivité et le développement. Au stade initial du développement technologique, il
est essentiel que la population soit dotée d’un niveau minimum d’instruction. Le progrès
technologique et industriel repose sur un système d’enseignement secondaire et de
formation professionnelle de qualité, accessible au plus grand nombre. Enfin, l’aptitude à
innover ainsi qu’à adopter des technologies plus complexes requiert un enseignement et
une formation professionnels et techniques au niveau tertiaire, notamment des
qualifications en matière de recherche et développement.
Commerce: Comme l’a souligné la Commission mondiale sur la dimension sociale
de la mondialisation (2004, paragr. 275), «Tous les pays ayant réussi à tirer profit de la
mondialisation ont largement investi dans leur système d’éducation et de formation.» La
xiv
Résumé
récente Initiative d’aide pour le commerce, qui vise à mieux préparer les pays au
commerce, doit s’attacher à appuyer plus fermement le perfectionnement de l’éducation
et de la formation. Le dialogue social s’avère un outil efficace pour concilier les
divergences de vues quant à la façon d’optimiser les bénéfices et de limiter les coûts
d’une participation accrue aux marchés mondiaux. Les systèmes de sécurité sociale et les
politiques actives du marché du travail facilitent la transition vers un nouvel emploi, et
l’apprentissage tout au long de la vie peut aussi être considéré comme une sorte
d’assurance contre le chômage.
Changement climatique: Il faut approfondir nos connaissances en ce qui concerne
les incidences du changement climatique sur l’emploi et les aptitudes professionnelles
pour que les gouvernements et les partenaires sociaux puissent décider d’actions
communes aux niveaux national et sectoriel et à celui de l’entreprise. Les mesures prises
pour ralentir le réchauffement de la planète (mesures d’atténuation) et pour faire face aux
effets du changement climatique au niveau local (mesures d’adaptation) créent, dans un
cas comme dans l’autre, de nouveaux débouchés pour l’emploi. La réalisation du
potentiel de croissance de l’emploi dans ces domaines passe par le développement des
compétences. Il sera également de plus en plus nécessaire d’aider à la reconversion des
laissés-pour-compte et de fournir une assistance aux travailleurs les plus vulnérables des
pays en développement si l’on veut parer plus efficacement aux conséquences du
changement climatique au niveau local.
Le rapport se termine par un récapitulatif des grandes orientations qu’il préconise
pour l’élaboration des politiques et une série de points suggérés pour la discussion.
xv
Abréviations et acronymes
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Améliorer les aptitudes professionnelles
xviii
Chapitre 1
1
Dans le présent rapport, le «développement des qualifications et compétences» s’entend au sens large, comme
cela est indiqué dans les Conclusions relatives à la formation et à la mise en valeur des ressources humaines (BIT,
2000a, paragr. 5): «C’est à l’éducation de base qu’il incombe d’apporter à chacun l’épanouissement de sa
personnalité humaine et de sa citoyenneté et de lui conférer les outils qui constitueront son socle d’employabilité.
La formation initiale renforcera son employabilité en lui apportant des qualifications professionnelles de base à
caractère général et les connaissances qui les sous-tendent, ainsi que des compétences professionnelles
particulières à un secteur qui soient transférables et facilitent son entrée sur le marché du travail. L’apprentissage
tout au long de la vie fait en sorte que chacun conserve et améliore ses niveaux de qualification et de compétence
à mesure qu’évoluent le travail, la technologie et les aptitudes exigées; il assure l’épanouissement individuel et la
progression de la carrière des travailleurs et se traduit par des hausses de la productivité générale et des revenus
de tous; il renforce l’équité sociale.»
1
Améliorer les aptitudes professionnelles
3. La productivité peut être mesurée par rapport à tous les facteurs de production
combinés (productivité totale des facteurs) ou à la productivité du travail, définie comme
la production par unité de volume de travail, mesuré soit au nombre de personnes
employées (comme c’est le cas dans le présent rapport), soit au nombre d’heures
travaillées (BIT, 2005a). Afin de procéder à un examen constructif des niveaux de
productivité dans l’ensemble des pays, les chiffres bruts du produit national brut (PNB)
par personne employée, exprimés en dollars E.-U., sont convertis en chiffres qui peuvent
être comparés sur la base de la parité du pouvoir d’achat (PPA), laquelle tient compte
des écarts de prix d’un ensemble type de biens et de services disponible dans différents
pays 2 .
4. En outre, les améliorations de la productivité peuvent s’entendre à différents
niveaux. La productivité des personnes peut se refléter dans les taux d’emploi, les taux
de salaire, la stabilité de l’emploi, la satisfaction au travail ou l’aptitude à l’emploi dans
les divers métiers ou les diverses industries. La productivité des entreprises, outre la
production par travailleur, peut être mesurée en parts de marché et résultats à
l’exportation. Les avantages que tirent les sociétés d’une plus grande productivité des
personnes et de l’entreprise peuvent se traduire par une augmentation de la compétitivité
et de l’emploi ou par un transfert des emplois de secteurs à faible productivité vers des
secteurs à productivité plus élevée.
5. L’accroissement de la productivité à quelque niveau que ce soit peut être attribué à
divers facteurs, par exemple à de nouvelles immobilisations, à des changements dans
l’organisation ou à de nouvelles compétences acquises en cours d’emploi ou à l’extérieur.
La productivité dépend de facteurs relatifs à la personne, par exemple la santé,
l’éducation et la formation, les connaissances de base et l’expérience; de facteurs relatifs
à l’entreprise, par exemple la gestion, les investissements dans les installations et les
équipements et la sécurité et la santé au travail; de facteurs relatifs aux pays, par exemple
des politiques nationales favorables en matière de macroéconomie et de concurrence, des
stratégies de croissance économique, des politiques de maintien d’un environnement
professionnel durable et des investissements publics dans les infrastructures et dans
l’éducation.
[Une] explication approfondie remplirait (et a déjà rempli) des volumes entiers car,
malheureusement, presque «tout» compte. En effet, pour étudier la question sous tous ses
aspects, il faudrait décortiquer tous les déterminants de la croissance et du développement. Par
exemple, la principale source d’accroissement de la productivité est l’évolution des techniques.
Or l’évolution des techniques dépend de l’innovation qui dépend elle-même de toute une série
d’institutions, de la qualité de l’offre de capital humain, de la dynamique du marché
concurrentiel, des dépenses de recherche-développement et de l’investissement en général. Ces
différents aspects dépendent quant à eux de la vigueur et de la stabilité de la demande globale et
donc du contexte macroéconomique. L’investissement dynamise l’innovation mais l’inverse est
tout aussi vrai: l’innovation stimule l’investissement. …
Les répercussions de la transformation de l’organisation du travail et de la production sur
la productivité sont connues depuis longtemps – depuis la description … de la naissance du
travail à la chaîne … Elles sont aujourd’hui au cœur du débat sur l’«économie du savoir» et les
«systèmes de haute performance», qui tous deux mettent en évidence le rôle déterminant du
capital humain et de son organisation dans l’optimisation de la productivité et de l’avantage
concurrentiel. (BIT, 2005a (p. 3); c’est nous qui soulignons.)
2
Dans les Indicateurs clés du marché du travail (ICMT), les estimations du PNB par travailleur sont exprimées
en dollars E.-U. de 1990 car c’est la parité du pouvoir d’achat (PPA) qui a permis de comparer l’ensemble le plus
vaste de pays (BIT, 2007a). Dans les prochains calculs, on pourra tenir compte, par exemple, des changements
récents survenus dans le calcul des PPA en Chine et en Inde.
2
Productivité, emploi, aptitudes professionnelles et développement: les questions stratégiques
3
Améliorer les aptitudes professionnelles
4
Figure 1.1. Croissance de la productivité et de l’emploi, 1991-2005 (en pourcentage)
240
Economies développées et Union européenne
Croissance de la productivité 1991-2005 (en pourcentage)
220
Europe centrale et Europe du Sud-Est (ne faisant pas partie
100
80
60
40
20
0
-30 -10 10 30 50 70 90 110 130 150
-20
-40
-60
6
Productivité, emploi, aptitudes professionnelles et développement: les questions stratégiques
Encadré 1.1
Les femmes et l’économie informelle
Dans tous les pays, les femmes sont surreprésentées dans les emplois et les
tâches qui nécessitent moins de qualifications et des qualifications de moindre valeur,
sont moins bien rémunérés et offrent des perspectives de carrière limitées. Dans la
plupart des pays, les femmes constituent la majorité des travailleurs de l’économie
informelle, synonyme de précarité et d’absence de possibilité d’accès à la formation, à la
protection sociale et à d’autres ressources, d’où le risque accru de pauvreté et de
marginalisation. Etre une femme, cela veut souvent dire travailler dans l’économie
informelle et être pauvre.
Source: Carr et Chen, 2004.
20. Afin que le deuxième objectif soit atteint, l’accès à la formation doit s’étendre aux
économies informelles et rurales, où travaille la majorité des pauvres, en particulier les
femmes (voir encadré 1.1). Ceci concerne avant tout les travailleurs indépendants ou
ceux qui travaillent dans des micro ou petites entreprises, ou encore dans l’agriculture de
subsistance. Il faut en outre améliorer la qualité de la formation offerte et, pour ce faire,
les services des systèmes de formation professionnelle doivent être étendus aux régions
qui ne sont pas suffisamment desservies, des améliorations doivent être apportées à
l’apprentissage informel et des mesures doivent être proposées aux petites entreprises
pour les aider à améliorer leurs compétences techniques et professionnelles.
21. A long terme, le fait de satisfaire aux engagements nationaux et mondiaux destinés
à améliorer l’enseignement de base et à accroître l’alphabétisation ouvrira les portes de
la formation technique et professionnelle à une plus grande tranche de la population.
Toutefois, il faut d’ici là trouver d’autres moyens d’améliorer les aptitudes
professionnelles et de reconnaître les compétences latentes de ceux qui travaillent déjà
– même s’ils n’ont pas un niveau d’instruction suffisant. Les stratégies visant à améliorer
la productivité dans l’économie informelle doivent permettre aux travailleurs d’utiliser
de nouvelles qualifications qui puissent les aider à trouver un travail décent dans
l’économie formelle (voir la section 2.3 du chapitre 2). Le rapport entre cette stratégie de
développement des compétences et l’économie informelle (on parlait alors de «secteur
7
Améliorer les aptitudes professionnelles
informel») est décrit dans les conclusions de la discussion générale, qui s’est tenue en
2000, sur la formation pour l’emploi:
La formation peut être l’un des instruments qui, venant s’ajouter à d’autres dispositions,
permettront de résoudre le problème du secteur informel. Ce dernier n’est pas un secteur au sens
traditionnel de la classification économique; il s’agit d’un terme utilisé pour qualifier l’activité
économique de personnes qui se trouvent dans des situations extrêmement diverses, et qui pour
la plupart exercent des activités de subsistance. Le travail dans le secteur informel est un travail
non protégé, c’est-à-dire qu’il est en grande partie caractérisé par la médiocrité des salaires et de
la productivité. La formation n’a pour rôle ni de préparer les gens à travailler dans le secteur
informel ni de les maintenir dans ce secteur, ni de faire en sorte qu’il se développe; elle devrait
plutôt, en liaison avec d’autres mesures telles que les politiques fiscales, l’octroi de crédits,
l’élargissement de la protection sociale et la législation du travail, viser à améliorer la
performance des entreprises et l’employabilité des travailleurs de manière à transformer des
activités souvent marginales et de survie en un travail décent pleinement intégré dans la vie
économique structurée. Les connaissances préalables et les compétences acquises dans le
secteur devraient être validées, ce qui permettrait d’aider les travailleurs du secteur informel à
accéder au marché du travail formel. Les partenaires sociaux devraient être impliqués au
maximum dans la mise au point de ces programmes. (BIT, 2000a, paragr. 7.)
22. Selon les données disponibles pour la période 1991-2005 (figure 1.2), le groupe de
pays dans lesquels la productivité et l’emploi ont tous deux augmenté sont également
ceux dans lesquels, en moyenne, la pauvreté a le plus reculé, qu’on s’en tienne au critère
extrême de 1 dollar E.-U. par jour ou à celui de 2 dollars E.-U. par jour 3 . La réduction
moyenne de la proportion de travailleurs qui vivent avec moins de 2 dollars E.-U. dans
les pays où la productivité et l’emploi ont tous deux augmenté a été de 8 pour cent pour
la période de quatorze ans étudiée. Parmi l’ensemble des pays dont la productivité a
augmenté, mais pas l’emploi, le recul de la pauvreté a été légèrement inférieur (un peu
plus de 5,5 pour cent). En revanche, il est apparu clairement que la pauvreté n’a pas
diminué, en moyenne, dans les pays où la productivité n’a pas augmenté, que l’emploi
ait progressé ou non.
23. Jusqu’à une date récente, l’emploi ne faisait pas partie des cibles servant à mesurer
les progrès accomplis en vue des objectifs internationaux de réduction de la pauvreté.
Aujourd’hui, le travail décent est plus largement reconnu comme le principal moyen
pour s’affranchir de la pauvreté. C’est pourquoi, depuis 2007, le plein emploi productif
et un travail décent pour tous figurent en tant que cible spécifique de l’objectif du
Millénaire pour le développement (OMD) 1 pour éradiquer l’extrême pauvreté et la
faim 4 . Est ainsi fixé l’engagement de réduire de moitié, d’ici à 2015, la proportion de la
population mondiale vivant avec moins de 1 dollar E.-U. par jour.
3
Le Rapport sur l’emploi dans le monde 2004-05 révèle que la pauvreté a davantage reculé dans les pays où la
productivité agricole et l’emploi ont tous deux augmenté (BIT, 2005a). Pour une analyse plus récente de l’emploi
agricole, voir Promotion de l’emploi rural pour réduire la pauvreté, rapport en vue de la discussion générale,
Conférence internationale du Travail, 97e session, 2008 (BIT, 2008a).
4
La nouvelle cible «Réaliser le plein emploi productif et un travail décent pour tous, y compris les femmes et les
jeunes» a été proposée par le Secrétaire général à l’Assemblée générale des Nations Unies à sa 61e session
(2006). Dans le cadre pour le suivi des OMD, le Groupe d’experts sur les indicateurs des OMD, auquel l’OIT a
participé, a sélectionné les indicateurs applicables à la cible relative au travail décent. Voir [Link]
unsd/mdg/[Link].
8
Productivité, emploi, aptitudes professionnelles et développement: les questions stratégiques
Figure 1.2. Evolution moyenne de la pauvreté dans des pays groupés en fonction des résultats
comparés de la productivité et de l’emploi, 1991-2005
4
Evolution de la proportion de travailleurs pauvres
2
(en points de pourcentage)
0
Augmentation Augmentation Baisse de Baisse de
de la productivité, de la productivité, la productivité, la productivité,
-2 augmentation baisse de l'emploi augmentation baisse de l'emploi
de l'emploi (13 pays) de l'emploi (3 pays)
(51 pays) (23 pays)
-4
-6
-8
Evolution de la pauvreté (1 dollar E.-U. par jour) Evolution de la pauvreté (2 dollars E.-U. par jour)
Source: Key Indicators of the Labour Market, cinquième édition, 2007 (Genève, BIT); Modèle des tendances mondiales de l’emploi, 2007; Modèle
des tendances de la pauvreté au travail, 2007. Les pays de l’OCDE à revenu élevé ne sont pas inclus dans cette figure.
5
Les travailleurs à leur compte sont les travailleurs indépendants qui n’emploient aucune personne (BIT, 2007a).
9
Améliorer les aptitudes professionnelles
10
Productivité, emploi, aptitudes professionnelles et développement: les questions stratégiques
11
Améliorer les aptitudes professionnelles
12
Productivité, emploi, aptitudes professionnelles et développement: les questions stratégiques
35. Les problèmes de coordination doivent être traités sur trois plans, à savoir:
i) La coopération entre les divers prestataires de formation qualifiante – écoles,
organismes de formation, entreprises – est nécessaire pour assurer la cohérence
des parcours de formation. L’apprentissage est un processus de cumulation; les
compétences résultent de l’acquisition d’une combinaison d’aptitudes notamment
de qualifications techniques et de base (voir figure 1.4) et de connaissances
explicites et tacites (encadré 1.2). Ceci suppose que l’apprentissage se déroule dans
des cadres différents: salles de classe, lieux de travail et réseaux, tels que familles,
communautés, agglomérats d’entreprises et chaînes de valeur. Les politiques et les
institutions doivent coordonner l’ensemble de ces activités didactiques pour assurer
le développement efficace des compétences et l’apprentissage tout au long de la
vie.
13
Améliorer les aptitudes professionnelles
Aptitudes techniques
et professionnelles
Ensemble de connaissances Capacités cognitives/aptitudes
techniques, professionnelles à résoudre les problèmes
Aptitudes sociales
et/ou commerciales et aptitude Aptitude à analyser et à résoudre
Capacité de collaborer, de travailler à les appliquer concrètement, des problèmes techniques et/ou
en équipe, de motiver et de diriger, notamment à planifier les tâches commerciaux en faisant appel à
de gérer les relations avec
des raisonnements complexes,
la clientèle
et à appliquer les méthodes
appropriées
Communication
Maîtrise de la lecture et de l’écriture; Compétences Apprentissage
aptitude à traiter l’information professionnelles/
(compréhension des graphiques); Aptitude à acquérir de nouvelles
à collecter des données;
entrepreneuriales connaissances, à tirer
à communiquer avec autrui; les enseignements de l’expérience;
à employer les outils informatiques; ouverture aux solutions nouvelles
connaissances linguistiques et à l’innovation
Comportement/éthique
personnelle
Comportements et valeurs
appropriés sur les plans
professionnel et privé, aptitude
au raisonnement et à la prise
de décisions Compétences professionnelles/
techniques
Compétences de base
Source: BIT, 2007i.
Encadré 1.2
Connaissances implicites (tacites) et explicites
Les théories modernes de la connaissance et de l’apprentissage distinguent deux
formes de savoir qui ont chacune leurs caractéristiques. La connaissance des faits, des
événements, des principes et des règles (le fait de connaître «quelque chose», ou encore
la connaissance «déclarative») peut être exprimée et codifiée. Ces formes explicites de
connaissance peuvent facilement se transmettre grâce à un processus d’enseignement et
d’apprentissage. Par opposition, la connaissance «de la méthode» (connaître «la façon de
faire quelque chose») renvoie à la capacité d’appliquer des règles et principes avec
compétence dans l’exécution d’une tâche ou d’un emploi. (Exemple: savoir en théorie
comment faire du vélo ne veut pas forcément dire qu’on sait en faire dans la pratique.) La
connaissance de la méthode combinée à la connaissance déclarative détermine les
compétences. La connaissance de la méthode est tacite dans le sens qu’une personne ne
peut écrire et exprimer le «savoir-faire» ou la méthode qu’elle utilise. La connaissance
tacite est inhérente aux compétences et les personnes l’appliquent inconsciemment, mais
d’autres peuvent l’observer pendant l’exécution de la tâche. La connaissance implicite ne
peut être enseignée, mais seulement acquise et «découverte» dans un processus
d’observation, de pratique et d’expérience. C’est là que l’on découvre l’importance de
l’apprentissage acquis socialement sur le lieu de travail, en travaillant aux côtés d’une
personne qualifiée ou un réseau social: famille, entreprise ou communauté.
Source: BIT, 2007i.
14
Productivité, emploi, aptitudes professionnelles et développement: les questions stratégiques
15
Chapitre 2
17
Améliorer les aptitudes professionnelles
41. Après avoir comparé les données relatives aux différents groupes de pays et
régions, le chapitre commence avec l’examen du groupe pour lequel les données sont les
plus accessibles (celui des pays de l’OCDE) afin d’analyser plus facilement les données
empiriques qui mettent en évidence le lien entre les compétences, la productivité et
l’emploi. Dans les autres groupes, des données disponibles fiables et comparables
n’existent que pour un nombre restreint de pays, d’où une certaine limitation dans le
choix des variables et le degré de certitude quant aux conclusions et indications
générales que l’on peut tirer des données statistiques.
42. Les figures 2.1 et 2.2 comparent les niveaux de productivité et les tendances de la
croissance entre les groupes de pays. La figure 2.1 fait ressortir qu’en 2006 la
productivité dans les pays de l’OCDE à revenu élevé était quatre fois supérieure à celle
des pays en développement et près de dix-huit fois supérieure à celle des pays les moins
avancés. Toutefois, du point de vue des tendances, c’est dans le groupe des pays
d’Europe centrale et orientale et de la CEI que la productivité a crû le plus rapidement.
70 000
60 000
Production par travailleur (en dollars constants
50 000
des Etats-Unis en PPA)
40 000
30 000
20 000
10 000
0
Monde Pays de l’OCDE à PECO et CEI Pays en Pays les moins
revenu élevé développement avancés
18
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
170
160
PECO et CEI
P IB p a r p e rs o n n e e m p lo y é e (1 9 9 6 = 1 0 0 )
Pays en développement
150
Pays les moins avancés
OCDE
140
130
120
110
100
90
80
1996 1998 2000 2002 2004 2006
19
Améliorer les aptitudes professionnelles
Figure 2.3. Taux moyen d’alphabétisation de la population de plus de 15 ans, par groupe de pays
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Pays développés Europe centrale et orientale Pays en développement Pays les moins avancés
44. La figure 2.4 se rapporte à des groupements régionaux plus limités composés de
pays développés et de pays en développement. Elle présente un condensé des tendances
relatives à la productivité, l’alphabétisation, la proportion de travailleurs pauvres et
l’emploi précaire (sachant que ces deux derniers éléments constituent des indicateurs
plutôt qualitatifs de l’emploi) sur les dix dernières années. L’évolution de la part de
travailleurs vivant dans la pauvreté et de la part de travailleurs vulnérables apparaît dans
deux colonnes adossées l’une à l’autre, complétées par une colonne indiquant la
croissance de la productivité 1 . Des gains de productivité relativement importants ont été
accompagnés de réductions relativement fortes de la pauvreté et de l’emploi précaire.
C’est en Asie de l’Est qu’a été obtenu le meilleur résultat en matière de réduction de la
part de travailleurs vivant avec 2 dollars par jour (24 points de pourcentage) et de la part
de travailleurs occupant des emplois précaires (7 points de pourcentage). C’est aussi la
région qui a enregistré le taux le plus élevé de croissance de la productivité (près de
8 pour cent de croissance en moyenne annuelle). Les gains élevés de productivité ont
aussi été accompagnés de réductions significatives de la part de travailleurs pauvres et
occupant des emplois précaires en Asie du Sud et du Sud-Est. En revanche, les gains de
productivité et les taux de réduction de la pauvreté ont été relativement modestes en
Amérique latine et dans les Caraïbes. L’Afrique subsaharienne a enregistré de très
faibles gains de productivité et seulement 1,4 point de pourcentage de réduction de la
part de travailleurs vivant avec moins de 2 dollars par jour.
1
L’emploi précaire est un indicateur de la situation dans la profession et regroupe les travailleurs familiaux
collaborant à l’entreprise familiale ainsi que les travailleurs à leur compte (qui sont indépendants et n’emploient
aucun salarié). «Par définition, les travailleurs familiaux collaborant à l’entreprise familiale et les travailleurs à
leur propre compte sont moins susceptibles de bénéficier de conditions d’emploi formel. Une proportion
significative de travailleurs vulnérables est parfois l’indication d’un vaste secteur d’agriculture de subsistance,
d’une faible croissance dans l’économie formelle ou d’une pauvreté généralisée.» (BIT, 2007a).
20
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
45. La plupart des régions ont mieux réussi à intensifier l’alphabétisation qu’à
augmenter la productivité ou réduire la pauvreté. Ce constat riche d’enseignements pour
l’avenir est toutefois de bon augure pour la réalisation des objectifs économiques et
sociaux fondamentaux. Il laisse aussi espérer de meilleurs résultats en matière
d’instruction et d’acquisition de qualifications, et également en matière d’emplois
décents et plus productifs. En l’absence d’une augmentation correspondante du travail
productif, l’extension de l’éducation de base n’a pas donné de résultats significatifs
quant à la réduction de la pauvreté dans l’ensemble de l’Afrique du Nord, du Moyen-
Orient et de l’Afrique subsaharienne.
Figure 2.4. Productivité, alphabétisation, travailleurs pauvres et emploi précaire, par région,
1997-2007
25,0
20,0
15,0
10,0
5,0
0,0
-5,0
nt
d
st
rd
ne
s
ue
Su
l’E
r ie
ïb e
No
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if i q
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-10,0
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et
Mo
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-15,0
ne
su
Af
Es
a ti
ue
d-
el
-20,0
r iq
Su
iq u
Af
du
ér
-25,0
ie
Am
As
-30,0
Croissance annuelle moyenne de la productivité du travail, 1997-2007
Evolution de la part de travailleurs pauvres (1 dollar par jour), 1997-2007 (en points de pourcentage)
Evolution de la part de travailleurs pauvre (2 dollars par jour), 1997-2007 (en points de pourcentage)
Evolution de la part d’emplois vulnérables, 1997-2007 (en points de pourcentage)
Evolution de la part de population alphabétisée de plus de 15 ans, de 1985-1994 à 1995-2005 (en points de pourcentage)
Source: BIT, 2008c; taux d’alphabétisation de l’UNESCO, voir figure 2.3 Les groupes de régions présentés dans les deux séries de données
affichent des résultats semblables, mais le BIT inclut les pays insulaires du Pacifique dans l’Asie du Sud-Est, ce qui n’est pas le cas de l’UNESCO.
Les données sur l’alphabétisation sont disponibles pour l’année la plus récente, qui varie selon les pays et qui est par conséquent citée par
l’UNESCO pour une série d’années.
2
2.1. Pays de l’OCDE à revenu élevé
2.1.1. Croissance de la productivité et de l’emploi
46. La croissance économique s’est poursuivie dans les pays industrialisés, qui ont
misé sur les connaissances scientifiques et techniques pour accroître la productivité du
travail et des autres facteurs de production. Le recours systématique au savoir et aux
connaissances scientifiques dans la production de biens et de services a conféré une forte
2
PNUD, rapport mondial sur le développement humain, classification en 2006 de 24 pays: Allemagne, Australie,
Autriche, Belgique, Canada, République de Corée, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Grèce,
Islande, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni,
Suède, Suisse.
21
Améliorer les aptitudes professionnelles
valeur ajoutée à l’instruction et à la formation pour les femmes et les hommes. Une étude
comparative de divers pays de l’OCDE (van Ark et coll., 2007) vient confirmer la
tendance générale à une diminution du nombre de travailleurs peu qualifiés et un
accroissement de la part de travailleurs très qualifiés dans l’industrie.
47. Dans le groupe des 23 pays de l’OCDE à revenu élevé pour lesquels il existe des
données comparables sur les tendances, la croissance moyenne de la part de la main-
d’œuvre titulaire d’une formation du troisième cycle était de 6,2 pour cent, celle des
gains de productivité de 27,4 pour cent et celle de l’emploi de 14,2 pour cent durant la
période 1995-2005. La croissance de la productivité et l’élévation des niveaux
d’instruction de la main-d’œuvre ont concouru à une accélération de la croissance de
l’emploi. Ainsi que le résume la figure 2.3, le groupe de pays enregistrant une croissance
supérieure à la moyenne en matière de productivité et d’instruction (mesurées en tant
que changement de la part de main-d’œuvre titulaire d’une éducation tertiaire) a connu
une croissance moyenne de l’emploi supérieure à celle des groupes de pays qui ont
enregistré des résultats au-dessus de la moyenne en matière soit de productivité, soit
d’instruction, mais non dans les deux domaines à la fois.
48. La première colonne de la figure 2.3 indique que les six pays de l’OCDE qui ont
enregistré une forte progression de la productivité et de l’éducation tertiaire ont vu leur
niveau d’emploi augmenter de 25,3 pour cent en moyenne. La croissance moyenne de
l’emploi dans les pays où la productivité a fortement progressé, mais non le niveau
d’instruction (les trois pays seulement figurant dans la deuxième colonne), n’a atteint
que la moitié de ce taux (12,2 pour cent), alors que les pays ayant constaté une forte
progression de l’instruction, mais non de la productivité, ont enregistré une croissance de
l’emploi encore plus faible (neuf pays ayant un taux de croissance moyenne de l’emploi
d’environ 7,9 pour cent).
49. Une récente étude de l’OCDE (OCDE, 2007a) fait ressortir une corrélation
statistique négative entre la croissance de l’emploi et la productivité si l’on mesure ces
deux éléments en heures travaillées (plutôt que par travailleur, comme c’est le cas dans
les statistiques du BIT) et sur une longue période de 35 ans (de 1970 à 2005). Ce constat
pourrait s’expliquer notamment par le fait que la mesure de la productivité du travail ne
prend pas en compte les changements survenant dans la qualité de la main-d’œuvre 3 .
Bien que les chiffres présentés à la figure 2.3 s’appliquent à une période plus courte et ne
soient donc pas directement comparables à ceux de l’analyse de l’OCDE, si l’on ajoute
ne fût-ce qu’un indicateur approximatif de changement de la qualité du travail (part de la
main-d’œuvre titulaire d’une formation de l’enseignement supérieur), ils font apparaître
une corrélation positive entre la productivité et l’emploi. Mais l’analyse de l’OCDE fait
ressortir un élément plus important que cette corrélation statistique, en concluant que les
politiques favorables à l’emploi tendent à améliorer la productivité. La stratégie révisée
de l’OCDE pour l’emploi (voir encadré 2.1) offre des lignes directrices pour améliorer
l’emploi, sur le plan à la fois de la quantité et de la productivité.
3
Par exemple, si l’emploi progresse chez les travailleurs peu qualifiés plus vite que chez les travailleurs très
qualifiés, le niveau moyen de compétences des salariés tend à baisser. Par conséquent, une augmentation générale
de l’emploi conduirait à une réduction de la productivité moyenne du travail (OCDE, 2007a, p. 60).
22
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
Figure 2.5. Pays de l’OCDE à revenu élevé: progression des gains de productivité
et de l’enseignement supérieur associée à une forte croissance de l’emploi
30,0
25,0
20,0
15,0
10,0
6 pays 3 pays 9 pays 5 pays
5,0
0,0
Progression supérieure Progression supérieure Progression inférieure Progression inférieure
à la moyenne en matière à la moyenne en matière à la moyenne en matière à la moyenne en matière
de productivité et de productivité mais non de productivité mais de productivité
d’enseignement supérieur d’enseignement supérieur au-dessus de la moyenne et d’enseignement supérieur
en matière d’enseignement supérieur
4
Une majorité de pays de l’OCDE ne dispose pas de statistiques sur les tendances de l’emploi précaire dans le
temps, étant donné que celles-ci dépendent de la façon dont les pays définissent les catégories de données sur
l’emploi collectées au niveau national.
23
Améliorer les aptitudes professionnelles
Suisse
Evolution en points de pourcentage de la part de
Allemagne
0
0 10 20
Autriche
30 40 50 60 70 80 90
Nouvelle-Zélande Australie
Italie
l’emploi précaire, 1995-2005
-2 Portugal
Japon Islande
-4
Irlande
-6
Espagne
-8
-10
Grèce
-12
51. L’ajustement permanent des compétences acquises à l’entrée dans la vie active et à
mi-parcours constitue un redoutable défi que doivent relever les pays industrialisés.
Lorsqu’ils y parviennent, ils réduisent à un minimum le risque de pénurie de
compétences, qui peut freiner la croissance de l’entreprise et mettre en péril
l’employabilité des travailleurs. L’encadré 2.1 résume les lignes directrices de l’OCDE
sur les qualifications et compétences de la main-d’œuvre énoncées dans sa «Stratégie
(réévaluée) pour l’emploi» (OCDE, 2006a). Les recommandations relatives au
développement des compétences, qui est considéré comme l’un des quatre piliers de la
stratégie pour l’emploi, portent sur de nombreux aspects relatifs à la pertinence et à
l’accessibilité de la formation.
52. Les mutations structurelles et l’intensification de la concurrence dans un nombre
croissant de branches d’activité font que les travailleurs peu qualifiés ont de plus en plus
de difficultés à trouver un emploi productif. Dès lors, de nombreuses mesures sont
nécessaires: l’ajustement constant des programmes de développement des compétences à
l’intention des nouveaux arrivants sur le marché du travail, des programmes de
perfectionnement pour les travailleurs pourvus d’un emploi et la requalification des
chômeurs et des personnes qui reprennent le travail après une interruption. Ces
impératifs sont traités dans les paragraphes qui suivent, tandis que la corrélation entre le
développement des compétences et les changements technologiques à long terme, ainsi
que la croissance durable de la productivité et de l’emploi, sont examinés au chapitre 5.
24
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
Encadré 2.1
Stratégie réévaluée de l’OCDE pour l’emploi, 2007
La stratégie de l'OCDE pour réduire le chômage et améliorer l'efficacité du marché
du travail a vu le jour dans le milieu des années quatre-vingt-dix. Ayant analysé les
politiques qui se sont avérées efficaces et les autres, l'OCDE a procédé à une
«réévaluation» de sa stratégie pour l'emploi, en l’articulant autour de quatre grands
piliers:
A. Elaborer une politique macroéconomique appropriée.
B. Supprimer les entraves à l’activité et à la recherche d'emploi.
C. S’attaquer aux aspects des marchés du travail et des biens et services qui font
obstacle à la demande de main-d’œuvre.
D. Promouvoir le développement des qualifications et compétences de la main-
d’œuvre.
L’ajustement des compétences des travailleurs à la demande contribue à la création
d’emplois de meilleure qualité et en plus grand nombre; aussi le pilier D préconise-t-il les
lignes d'action suivantes:
«D.1. Promouvoir une formation scolaire initiale de qualité et, en coordination avec
les partenaires sociaux lorsque les pratiques nationales le permettent, instaurer des
conditions propres à améliorer les qualifications des travailleurs, à savoir:
créer un système de reconnaissance des nouvelles compétences acquises par les
adultes grâce à la formation et à l’expérience professionnelles, y compris des
compétences acquises à l’étranger par les immigrés nouvellement arrivés;
veiller à ce que la formation réponde de plus près à la demande et à l’évolution des
qualifications exigées par les entreprises et promouvoir l’amélioration de la qualité
des formations dispensées, y compris en évaluant les résultats des prestataires;
contribuer au financement des programmes de formation (comme les chèques-
formation, les congés-formation ou les dispositifs favorisant l’alternance entre travail
et formation, en particulier pour les femmes) cofinancés par le secteur privé et
remédier aux inégalités de formation en offrant des possibilités d’apprentissage
effectives aux groupes défavorisés, notamment aux personnes dont le niveau
d’instruction est faible;
élargir la portée des contrats d’apprentissage en assouplissant les limites d’âge et
en permettant des modalités de rémunération flexibles;
faire en sorte que certains programmes d’emploi soient spécialement conçus pour
répondre aux besoins spécifiques des personnes défavorisées, y compris dans le
cadre de l’éducation de la deuxième chance.
D.2. Afin de faciliter le passage de l’école à la vie active, il est essentiel de:
réduire les sorties prématurées du système scolaire et de veiller à ce que les jeunes
acquièrent les compétences exigées sur le marché du travail, y compris en donnant
une portée plus large aux programmes de formation professionnelle, en renforçant
les liens entre l’enseignement général et l’enseignement professionnel et en
améliorant l’orientation professionnelle;
contribuer à combiner l’enseignement et le travail, notamment par le biais de
systèmes d’apprentissage améliorés ou par des moyens plus informels.»
Source: OCDE, 2006a.
25
Améliorer les aptitudes professionnelles
5
L’employabilité «se rapporte aux compétences et aux qualifications transférables qui renforcent la capacité
d’un individu à tirer parti des possibilités d’éducation et de formation qui se présentent pour trouver un travail
décent et le garder, progresser dans l’entreprise ou en changeant d’emploi, ainsi que s’adapter aux évolutions de
la technologie et des conditions du marché du travail» (recommandation no 195, paragr. 2 d)).
26
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
Encadré 2.2
Système d’assurance de la qualité de l’enseignement technique
et de la formation professionnelle en Australie
En 2002, l’Australie a adopté un Cadre de référence pour la qualité de la formation
définissant des normes nationales officielles pour le système d’assurance de la qualité
de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Ce dispositif précise les
procédures d’enregistrement et d’homologation des établissements d’enseignement
ainsi que les spécifications régissant l’élaboration des programmes de formation. Les
programmes d’enseignement technique et de formation professionnelle, de même que
les qualifications acquises, ne peuvent être validés pour toute l’Australie que s’ils sont
conformes aux lignes directrices nationales. Les établissements de formation sont tenus
de fournir des preuves attestant de leur conformité aux normes en matière de
qualifications et d’expérience du personnel de formation, de moyens pédagogiques et de
services d’appui aux apprenants. En Australie, bon nombre de programmes
d’apprentissage et d’évaluation reposent sur des modules de formation validés au
niveau national et correspondant à des normes de résultats professionnels ou
spécifiques aux entreprises, autrement dit des niveaux de compétences dont
l’acquisition conduit à des qualifications reconnues au niveau national. Ils ont été conçus
et mis à jour de concert avec le monde du travail par l’intermédiaire de comités de
formation professionnelle (Industry Skills Councils). Les modules de formation
définissent les qualifications et connaissances nécessaires pour exécuter le travail de
manière satisfaisante.
Source: Gasskov, 2006.
59. Les partenariats public-privé dans la formation rassemblent les pouvoirs publics,
les entreprises, les syndicats et les établissements d’enseignement et de formation afin de
veiller à la qualité et à la pertinence de la formation préalable à l’emploi. Les entreprises
interviennent désormais dans de multiples domaines, et notamment dans l’élaboration
des programmes nationaux d’enseignement et de formation, le recensement des pénuries
de compétences dans l’industrie, l’anticipation de la demande à venir de qualifications
(voir encadré 2.3), la délivrance de conseils aux spécialistes de l’enseignement et de la
formation sur le contenu des normes professionnelles et, dernier aspect et non le moindre,
en acceptant de plus en plus souvent d’engager des étudiants durant des périodes plus
longues afin de leur dispenser une formation sur le tas et en installant des structures de
formation directement sur le lieu de travail. Les systèmes d’apprentissage ou de
27
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 2.3
Recenser les carences et améliorer l’offre de formation:
les Conseils sectoriels de qualifications (SSC) au Royaume-Uni
Les Conseils sectoriels de qualifications (SSC) rassemblent des organisations
d’employeurs, des syndicats, des organismes professionnels et des représentants
gouvernementaux; ils ont pour mission de faire en sorte que la formation réponde aux
besoins de qualifications des entreprises. L’Agence pour le développement des
qualifications supervise les travaux des conseils et assure la liaison avec le
gouvernement. Chaque SSC décide avec ses partenaires des priorités et des
orientations du secteur en vue d’atteindre les quatre objectifs suivants:
réduire les déficits et les pénuries de qualifications;
améliorer la productivité et l’efficacité des entreprises et des services publics;
renforcer les qualifications dans les secteurs respectifs et promouvoir l’égalité des
chances;
améliorer l’offre de formation, notamment l’apprentissage et l’enseignement
supérieur, ainsi que les normes professionnelles nationales.
En 2006, par exemple, le rapport du Conseil sectoriel de qualifications Asset Skills
relatif à l’évaluation des compétences au niveau régional a mis en lumière les piètres
résultats du secteur de l’immobilier et du logement. Ce secteur affichait une productivité
inférieure à la moyenne en raison d’un important déficit de compétences. Sur la base
des pénuries de qualifications qui ont été constatées, le conseil a défini neuf priorités, et
notamment: formation au service clientèle dans l’ensemble du secteur; mise en place
d’un cadre de qualifications correspondant au lieu de travail; formation aux technologies
de l’information et de la communication (TIC) dans l’ensemble du secteur; organisation
de cours de lecture, d’écriture et de calcul pour adultes sur le lieu de travail; offre de
formation aux plus défavorisés sur le lieu de travail.
Source: Asset Skills, 2006.
28
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
63. Plus récemment, résumant son inventaire des résultats de recherche concernant
l’incidence de la formation sur la productivité des entreprises, le CEDEFOP a émis
l’hypothèse qu’une augmentation de 5 pour cent de la participation des salariés à la
formation se traduisait par un gain de productivité de 4 pour cent et qu’une augmentation,
ne fût-ce que de 1 pour cent de la durée de la formation, conduisait à un gain de
productivité de 3 pour cent. La formation dispensée en externe produit généralement des
effets beaucoup plus marqués sur la productivité. Le pourcentage de productivité globale
attribuable à la formation est approximativement de 16 pour cent (CEDEFOP, 2007).
64. Les mesures d’incitation à investir dans la formation tout au long de la vie doivent
être l’un des éléments qui témoignent de l’engagement commun des acteurs publics et
privés compétents. Les politiques et programmes publics d’incitation visent à la fois les
entreprises, qui sont invitées à investir dans l’apprentissage tout au long de la vie de leur
personnel, et les particuliers, qui sont encouragés à participer à ces programmes. Parmi
les mesures et les dispositions visant les entreprises figurent: la déduction fiscale des
dépenses de formation, des régimes obligatoires d’exonération de taxes, qui garantissent
un niveau minimum d’investissement dans la formation (France); le versement facultatif
29
Améliorer les aptitudes professionnelles
30
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
16 pour cent de moins que les hommes (Beblo et coll., 2003). La discrimination dans la
profession reste la principale cause des différences de salaire 6 .
68. La mondialisation, la concurrence entre les pays et le progrès technologique sont
un bienfait pour les travailleurs titulaires de compétences recherchées sur le marché du
travail mais excluent les travailleurs peu qualifiés ou titulaires de compétences dépassées.
La notion d’aide aux personnes sans emploi en vue d’augmenter leurs chances de trouver
un emploi décent et de meilleure qualité ou de se reconvertir commence à se profiler
comme un redoutable défi que les gouvernements devront bien relever.
69. Les politiques actives du marché du travail et les programmes d’ajustement visent
de multiples objectifs – par exemple, remédier aux pénuries de main-d’œuvre, préparer
les candidats à l’emploi, promouvoir l’esprit d’entreprise et surmonter les obstacles
sociaux à l’emploi (toxicomanie et alcoolisme, analphabétisme, manque de maîtrise du
calcul, résistance des employeurs à embaucher des personnes défavorisées ou des
chômeurs de longue durée). Les programmes englobent l’offre d’informations et de
conseils, des activités de développement des compétences de base ou des aptitudes
indispensables à la vie sociale, des formations professionnelles spécifiques à un emploi
précis, les stages d’expérience du travail (rémunérés ou non), le subventionnement des
formations sur le tas, ainsi que des services d’appui tels que les garderies d’enfants et les
moyens de transport. Les programmes d’ajustement au marché du travail s’adressent
aussi aux employeurs, par exemple sous forme de primes à l’embauche ou de
programmes nationaux de création d’emplois.
70. Le tableau 2.2 donne un résumé des résultats de plus de 90 évaluations de
programmes d’ajustement au marché du travail conduits dans la plupart des pays de
l’OCDE. Cet inventaire fait une place spéciale aux stratégies qui se sont avérées utiles
pour le retour des femmes sur le marché du travail. Les résultats des programmes sont
mitigés. Lorsqu’ils ne sont pas appuyés par d’autres initiatives et mesures, ils sont
souvent inefficaces. Mesurées par exemple à l’aune de l’augmentation du salaire et de la
prise ou de la rétention d’un emploi, les chances de réussite peuvent encore augmenter
lorsque la formation est ciblée pour répondre aux besoins individuels de groupes
spécifiques et qu’elle se fonde sur une analyse méticuleuse de la demande de
qualifications, lorsque la formation est associée à d’autres mesures telles que le
subventionnement des salaires et les incitations fiscales, qui encouragent les employeurs
à engager des travailleurs jeunes, au chômage ou marginalisés et, enfin, lorsque la
formation est négociée et approuvée par les parties prenantes.
6
Au-delà de la discrimination dans la profession, qui pèse lourd sur le perfectionnement des compétences, il
existe d’autres facteurs responsables des inégalités salariales, notamment l’interruption de carrière pour cause de
responsabilités familiales et les disparités entre les prestations extrasalariales des hommes et des femmes aux
postes de direction (Beblo et coll., 2003; Wirth, 2004).
31
Améliorer les aptitudes professionnelles
Tableau 2.2. Résultats de l’évaluation des programmes actifs de formation pour le marché du travail
32
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
Encadré 2.4
Japon: des politiques de formation et de productivité
pour faire face au vieillissement de la population
Bien que son ratio capital-travail soit l’un des plus élevés du monde, le Japon
souhaite accélérer la croissance de la productivité en raison du vieillissement de la
population et d’une réduction de cette population, selon les projections établies pour les
vingt prochaines années. Le Troisième plan des sciences et technologies du Japon a
pour but de stimuler la mise en valeur des ressources humaines et la compétitivité du
secteur de la recherche. Le programme devrait porter le montant total des dépenses
publiques de recherche et développement (R&D) à 25 billions de yen sur cinq ans
(1 pour cent du PIB sur une base annuelle, bien au-dessus de la moyenne nationale
d’environ 0,7 pour cent durant la période 2001-2003). Les programmes d’enseignement
et de formation qualifiante s’articulent sur les thèmes principaux proposés dans le plan,
et notamment les sciences de la vie, les technologies de l’information, l’environnement,
les nanotechnologies et les matériaux. Le personnel auxiliaire des chercheurs se
composera prioritairement de jeunes travailleurs, de femmes et de travailleurs âgés. La
proportion de femmes dans la recherche devrait passer de 11 à 25 pour cent.
73. Les initiatives destinées à pérenniser l’employabilité des travailleurs âgés portent
maintenant sur des questions telles que «l’aptitude à suivre une formation» et la
rentabilité de ces formations. Bien que les employeurs tiennent les travailleurs âgés en
haute estime en raison de leur fiabilité, leur loyauté et leur dévouement, ils doutent
parfois de leur capacité à acquérir de nouvelles compétences et à maîtriser de nouveaux
concepts, idées et approches. Aux Etats-Unis, par exemple, certains travaux de recherche
font ressortir que les travailleurs âgés reçoivent moins de formation dans les entreprises
ou en externe que ce n’est le cas des jeunes travailleurs (Imel, 1991). Les employeurs
pourraient avoir tendance à moins investir dans la formation des travailleurs âgés car ils
s’interrogent sur la «rentabilité» de l’investissement, dans la mesure où ils ne peuvent
pas savoir combien de temps ces travailleurs resteront à leur poste. Toutefois, les
données de la recherche et de la pratique montrent que les travailleurs âgés sont tout
aussi capables de tirer parti de la formation que le sont les jeunes travailleurs. Et si ces
travailleurs âgés avaient besoin d’une formation supplémentaire, les employeurs peuvent
7
Les conséquences de l’évolution démographique sur le marché du travail et la protection sociale feront l’objet
d’une discussion générale lors de la 98e session (2009) de la Conférence internationale du Travail.
33
Améliorer les aptitudes professionnelles
considérer que ces coûts sont compensés par la rotation du personnel dans cette tranche
d’âge, par comparaison avec les jeunes travailleurs.
74. La répartition entre hommes et femmes chez les travailleurs âgés actifs s’avère être
un élément important dans les politiques visant la formation et la productivité de ce
groupe d’âge. Les hommes âgés sont surreprésentés dans les industries en déclin et sous-
représentés dans les secteurs en croissance, et ont par conséquent été touchés par la
baisse de la demande de travailleurs peu qualifiés. Durant les récessions et dans le cadre
des politiques de stimulation de l’emploi des jeunes travailleurs, les politiques actives du
marché du travail ont souvent recouru à des programmes de retraite anticipée.
75. Un autre aspect lié aux sexoscpécificités est celui des femmes qui, à mi-chemin de
leur parcours professionnel ou à un âge avancé, reprennent le travail (après avoir élevé
leurs enfants) et ont des besoins spécifiques de requalification et de reconversion. Si l’on
ne répond pas à ces besoins, les femmes qui reviennent sur le marché du travail risquent
de se retrouver en situation de régression sociale. Cette sous-utilisation des compétences
féminines n’est pas sans conséquences pour la productivité économique.
76. L’OCDE et la Commission européenne préconisent une approche intégrée et
globale pour remédier à une série de problèmes que rencontrent les travailleurs âgés
(acquisition de connaissances et productivité, coûts de sécurité sociale, discrimination
sur le marché du travail). Des initiatives ont été lancées en Autriche dans le cadre dudit
pacte pour l’emploi des travailleurs âgés, sous la forme d’une initiative tripartite au
milieu des années quatre-vingt-dix 8 , visant à accroître l’offre de travailleurs âgés et
stimuler la demande en abaissant le coût du travail de cette catégorie, au moyen de
mesures telles que:
l’incitation à travailler au-delà de l’âge de la retraite et la retraite flexible (par
exemple avec une réduction progressive de la durée du travail tout en continuant à
cotiser au régime de retraite);
une législation pour lutter contre la discrimination fondée sur l’âge (déjà en vigueur
depuis plusieurs décennies aux Etats-Unis);
des programmes d’orientation et de formation s’adressant spécifiquement aux
travailleurs âgés, assortis de conseils et d’orientations à l’intention des employeurs;
des services de placement et un appui à d’autres services d’intermédiation sur le
marché du travail;
des trains de mesures coordonnées et détaillées pour l’emploi des seniors et des
programmes appliqués conjointement par les pouvoirs publics, les employeurs, les
syndicats et la société civile.
8
Face à la réduction du taux d’activité et à la montée du chômage des personnes de plus de 50 ans, le
gouvernement de l’Autriche et les représentants des employeurs et des salariés (dans le contexte du Plan d’action
national de l’Autriche pour l’emploi) ont établi une panoplie de mesures visant, d’une part, à inciter les
employeurs à conserver et former les travailleurs de plus de 50 ans et, d’autre part, à faciliter le retour à l’emploi
de ces travailleurs s’ils se retrouvent au chômage (Fondation Européenne pour l’amélioration des conditions de
vie et de travail, 1999).
34
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
9
Pays d’Europe centrale et orientale (PECO): Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Estonie, ex-
République yougoslave de Macédoine, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Monténégro, Pologne, Roumanie, Serbie,
Slovaquie, Slovénie, République tchèque et Ukraine. Communauté d’Etats indépendants (CEI): Arménie,
Azerbaïdjan, Bélarus, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizistan, République de Moldova, Ouzbékistan, Fédération de
Russie, Tadjikistan et Turkménistan (membre associé).
35
Améliorer les aptitudes professionnelles
36
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
CEI, mais cette progression reste relativement limitée. En 2003, les entreprises
employant plus de 250 salariés constituaient 51,2 pour cent de l’emploi total dans la
Fédération de Russie, contre 34,2 pour cent dans l’Union européenne (RSMERC, 2004).
84. Pour les grandes comme pour les petites entreprises, la formation aux affaires, à la
gestion et à la direction devient un outil important pour stimuler l’innovation, la
productivité et la croissance. On assiste à une explosion de la demande de comptables et
de cadres de direction, et de cours de formation sur l’activité des entreprises, les relations
de travail, la gestion des ressources humaines, la commercialisation et autre sujets
apparentés. En revanche, la demande d’ingénieurs et de personnel scientifique est en
régression dans toute la région. Dans la Fédération de Russie, le nombre de personnes
ayant participé à des programmes de formation commerciale a triplé en dix ans, pour
atteindre 140 000 diplômés en 2001 (Mechitov et Moshkovich, 2004). Des programmes,
publics ou autres, s’attachent de plus en plus à appuyer le développement des petites
entreprises, notamment par des investissements dans les pépinières d’entreprises locales
qui offrent des services d’appui administratif et des formations à la gestion d’entreprise.
La culture et les compétences commerciales sont souvent inscrites aux programmes
scolaires du cycle secondaire – des matières qui n’y figuraient pas par le passé
(encadré 2.5).
Encadré 2.5
Le programme «Tout savoir sur l’entreprise»
en Asie centrale
En 2002, le BIT et les établissements de formation professionnelle de certains pays
d’Asie centrale ont lancé le programme «Tout savoir sur l’entreprise» (KAB) afin
d’éveiller l’intérêt des jeunes pour l’entreprise et le travail indépendant. Avec ce
programme, les étudiants peuvent acquérir des connaissances et des compétences
pratiques pour créer, gérer et faire fructifier une petite entreprise, et s’adapter à un
environnement où les emplois salariés sont rares. Le programme a été adopté en tant
que programme officiel de formation commerciale dans les établissements
d’enseignement secondaire et de formation professionnelle. Une évaluation effectuée au
Kirghizistan en 2007 fait ressortir que 44 établissements nationaux de formation
professionnelle (42 pour cent de l’ensemble des établissements du pays) ont lancé ce
programme, qui a été suivi par plus de 4 000 étudiants. Pas moins de 15 000 personnes
supplémentaires devraient, selon les estimations, participer à cette formation.
Source: BIT, 2007d.
10
Les onze pays d’Europe centrale et orientale ont consacré entre 0,28 pour cent de leur PIB (Lituanie) et
1,25 pour cent (Pologne) à leurs politiques de l’emploi, dont une partie affectée aux politiques actives du marché
du travail (de 16 pour cent en Lituanie à 11 pour cent en Pologne).
37
Améliorer les aptitudes professionnelles
reconversion pour les chômeurs afin de les préparer à de nouvelles activités, notamment
en qualité de travailleurs indépendants.
86. Les services publics de l’emploi s’attachent aussi à remédier à d’importants
problèmes d’égalité d’accès, sachant que beaucoup de personnes sans emploi manquent
de ressources et ont besoin d’une aide à la formation et à la reconversion. Les services
publics de l’emploi favorisent l’accès à l’emploi des plus défavorisés, par exemple en
facilitant le placement de personnes souffrant d’un handicap (BIT, 2004b). Ils facilitent
la recherche du premier emploi pour les jeunes, en particulier ceux qui n’ont aucun autre
moyen d’en trouver un. Leur rôle s’est avéré vital pour leur donner accès aux services
d’information sur le marché du travail et d’orientation professionnelle, et leur permettre
de recenser des empois vacants adaptés (Cazes et coll., 2006) 11 .
87. Le renforcement du dialogue social en matière d’enseignement et de formation est
un élément important pour l’élaboration de programmes de formation pertinents 12 . Une
étude récente du BIT sur le dialogue social mené au niveau national sur les politiques de
l’emploi (Rychly et Vylitova, 2005) indique que les organisations d’employeurs et de
travailleurs ont intensifié leur activité dans le domaine de la formation. En Pologne, par
exemple, ces organisations ont utilement participé à l’élaboration des programmes de
formation. En Estonie, les partenaires sociaux sont membres de la Fondation pour la
réforme des programmes d’enseignement technique et de formation professionnelle. En
République tchèque, les partenaires sociaux sont représentés au sein du Conseil de la
mise en valeur des ressources humaines. Dans la plupart des pays d’Europe centrale et
orientale et de la CEI, les partenaires sociaux participent de plus en plus à
l’administration des services publics de l’emploi.
88. Les partenaires sociaux et les organisations d’employeurs, en particulier, peuvent
concourir à l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des systèmes d’enseignement et
de formation. Ils sont en mesure de définir les compétences requises par les entreprises
et les intégrer aux politiques et programmes de formation. Les organisations
d’employeurs peuvent sensibiliser leurs adhérents à la nécessité d’augmenter et
d’améliorer la qualité de la formation sur le lieu de travail. Les statistiques mesurant
l’ampleur de la formation en entreprise sont relativement rares. Une enquête conduite
par l’Association des employeurs de Géorgie révèle que 43 pour cent de ses adhérents
n’ont pas investi dans le développement des compétences des salariés, bien que 95 pour
cent d’entre eux admettent que cet investissement pourrait accroître considérablement
leur productivité et leur compétitivité. En Azerbaïdjan, la moitié seulement des
entreprises interrogées avaient établi des plans en vue d’offrir des formations à leurs
salariés (BIT, 2006h).
11
En Roumanie, par exemple, le taux de chômage des jeunes était en 2004 de 21,4 pour cent, contre 7,1 pour les
adultes. En Pologne, les taux étaient de 39,5 pour cent et 18,8 pour cent, respectivement.
12
«Les Membres devraient définir, avec la participation des partenaires sociaux, une stratégie nationale de
l’éducation et de la formation, ainsi qu’établir un cadre de référence pour les politiques de formation aux niveaux
national, régional, local et aux niveaux sectoriel et de l’entreprise» (recommandation no 195, paragr. 5 a)).
38
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
13
[Link]/growthandjobs/index_en.htm
14
L’espérance de vie des femmes est plus longue dans toutes les régions. Dans les pays d’Europe centrale et
orientale et de la CEI, l’écart entre l’espérance de vie des femmes et celle des hommes s’est creusé depuis la
transition, et ce pour diverses raisons. Dans la Fédération de Russie. par exemple, les femmes vivent en moyenne
13,3 ans de plus que les hommes (CENUE, 2003).
39
Améliorer les aptitudes professionnelles
15
Le PNUD compte 137 pays ou régions en développement, dont 50 sont classés dans les pays les moins
avancés. La classification se fonde sur trois critères: faible revenu (estimation sur trois ans d’un produit intérieur
brut moyen par habitant inférieur à 750 dollars), position faible dans l’Indice composite du capital humain (fondé
sur des indicateurs de nutrition, de santé, d’éducation et d’alphabétisation des adultes), et la vulnérabilité
économique (fondée sur l’instabilité de la production agricole et des exportations, et sur la proportion d’activités
non traditionnelles dans l’industrie manufacturière et les services, les problèmes d’échelle et les déplacements de
populations causés par des catastrophes naturelles) (Bureau du Haut Représentant des Nations Unies pour les
pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits Etats insulaires en développement,
[Link]/special-rep/ohrlls/ldc, 29 janv. 2008).
40
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
région moins de 2 dollars par jour (BIT, 2008c). L’établissement d’un climat
propice à la création d’emplois décents pour les travailleurs pauvres tout en
réduisant le chômage est un véritable défi pour la plupart des pays d’Amérique
latine.
Au Moyen-Orient, la productivité est restée à peu près inchangée durant les dix
années écoulées et, de fait, a baissé d’en moyenne 0,2 pour cent par an entre 1997
et 2007. Les niveaux d’emploi sont restés stagnants et le chômage s’est maintenu à
un niveau élevé. Un cinquième des travailleurs vit avec moins de 2 dollars par jour
(Fahim, 2008; BIT, 2008c). En Afrique du Nord, la productivité a progressé plus
vite – 1,4 pour cent en moyenne par an (1997-2007), mais les deux cinquièmes des
travailleurs vivent avec 2 dollars par jour (BIT, 2008c).
96. Il est difficile d’étudier la corrélation entre les tendances de l’éducation, de la
productivité et de l’emploi, ne fût-ce que pour une poignée de pays comme c’est le cas
de ce groupe, en l’absence de données comparables et mises à jour. Le meilleur
indicateur disponible en la matière est le taux d’alphabétisation, c’est-à-dire la part de la
population de plus de 15 ans qui maîtrise la lecture et l’écriture. Le nombre de
travailleurs pauvres a été utilisé comme unité de mesure pour déterminer les tendances
dans la qualité de l’emploi, les statistiques étant plus abondantes en ce domaine. On a
donc choisi de baser les calculs de l’évolution, en points de pourcentage, de la proportion
de travailleurs vivant avec 2 dollars par jour. La productivité reste la même: rendement
par travailleur en dollars constants. Les tendances sont calculées par moyenne simple sur
la période 1995-2005 quant à la productivité et les travailleurs pauvres, mais il existe
aussi des statistiques sur l’alphabétisation pour l’année la plus récente 16 .
97. Les relations entre ces trois variables sont résumées à la figure 2.7 Il convient
d’accueillir ces conclusions avec circonspection en raison de la taille limitée de
l’échantillon pour lequel des données étaient disponibles (au regard du grand nombre de
pays classés dans ce groupe). Il ressort que les pays qui ont le plus amélioré la
productivité du travail tout en affichant des taux d’alphabétisation élevés sont ceux qui
ont eu les meilleurs résultats moyens, au niveau du groupe, dans la réduction de la part
de travailleurs pauvres.
98. Les six pays qui ont relativement mieux réussi à accroître la productivité du travail
et élever les niveaux d’alphabétisation sont parvenus à réduire de 15 points de
pourcentage la part des travailleurs pauvres, contre cinq points de pourcentage dans les
pays caractérisés par un niveau élevé d’alphabétisation mais une progression
relativement faible de la productivité. Dans les deux pays où la croissance de la
productivité a été relativement forte mais où l’analphabétisme est largement répandu
(Pakistan et Inde), la part des travailleurs pauvres a diminué de 4 et 13 points de
pourcentage, respectivement.
16
Les données indiquant les tendances de l’alphabétisation ne sont pas disponibles pour des périodes
comparables et ont nécessité le recours à une mesure statique.
41
Améliorer les aptitudes professionnelles
Pays en développement
Evolution de la part des travailleurs pauvres vivant avec 2 dollars par jour (1995-2005)
Pays groupés en fonction de leurs résultats relatifs en matière de productivité du travail (1995-2005)
et d’alphabétisation
Evolution en points de pourcentage de la part
5,00
0,00
des travailleurs pauvres
-5,00
-10,00
-15,00
-20,00
Croissance de la Croissance de la Croissance de la
productivité relativement productivité relativement productivité relativement
forte et niveau élevé forte mais niveau faible mais niveau
d’alphabétisation relativement bas relativement élevé
d’alphabétisation d’alphabétisation
17
Une récente enquête menée par l’Economist Intelligence Unit Corporate Network auprès de 600 directeurs
généraux d’entreprises multinationales actives dans l’ensemble de l’Asie fait ressortir que la pénurie de cadres est
le principal problème de ces entreprises en Chine et en Asie du Sud-Est. En Inde, ce problème vient au quatrième
rang (après les problèmes d’infrastructures, la bureaucratie et la hausse des salaires des travailleurs qualifiés) (The
Economist, 2007).
42
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
Dans les Etats arabes, les employeurs considèrent souvent que le déficit de
qualifications fait obstacle à l’expansion des entreprises et de l’emploi 18 . Les
systèmes d’enseignement tendent plutôt à préparer les étudiants à des emplois du
secteur public – qui était jusque-là le principal employeur pour les personnes
accédant au marché du travail – et n’entretiennent pas de liens suffisants avec le
secteur privé (Assad et Roudi-Fahimi, 2007).
100. Il n’existe pas de modèle unique de solution efficace au niveau national pour
accroître le développement des compétences et combler les déficits en ce domaine.
Toutefois, dans le foisonnement des solutions, se détachent deux facteurs décisifs:
l’amélioration de la coordination et l’élargissement de l’accès à la formation.
101. Le resserrement de la coordination entre les employeurs potentiels et les services
d’enseignement et de formation est un moyen efficace et pratique de réduire les
déséquilibres entre les acquis de l’enseignement et de la formation, d’une part, et les
possibilités d’emploi, d’autre part. La participation des employeurs au niveau local ou
sectoriel est décisive, et ceci pour trois raisons:
Tout d’abord, en participant à la gestion des établissements de formation, les
employeurs sont à même de les informer de l’évolution des technologies et des
équipements techniques et informatiques utilisés sur le lieu de travail, et de la
situation des industries, des professions et des compétences en déclin ou, au
contraire, en forte demande. L’établissement de normes basées sur les compétences
dans le cadre d’une étroite coopération avec l’industrie peut contribuer à la
conception d’une formation plus adaptée, de façon que les qualifications acquises
renforcent l’employabilité des candidats à l’emploi.
Deuxièmement, les employeurs peuvent offrir un apprentissage fondé sur
l’expérience du travail en engageant dans leurs entreprises des stagiaires ou des
apprentis – parfois avec la promesse d’un emploi ultérieur. Cette approche
complète par une expérience pratique les connaissances théoriques dispensées
systématiquement en classe.
Troisièmement, les employeurs et les personnes en formation qu’ils embauchent
sont en mesure, à l’aide de mécanismes de communication, d’informer
systématiquement les établissements d’enseignement et de leur faire savoir si la
qualité de la formation est conforme aux exigences des postes de travail. Cette
communication est parfois organisée directement avec les établissements de
formation qui sont en contact avec le marché du travail et elle est parfois
coordonnée par les agences locales des services nationaux de l’emploi.
102. Il est donc essentiel que le système collectif de formation fonctionne en tandem
avec les entreprises, de façon à corriger les deux aspects de la question, à savoir la
pertinence de la formation et sa qualité. C’est l’un des principaux objectifs des réformes
de la formation professionnelle lancées en Egypte, par exemple (encadré 2.6). Le
renforcement des liens entre l’enseignement tertiaire et le secteur privé progresse
également dans bon nombre de pays en développement, de façon à adapter l’offre à la
demande de compétences professionnelles et de gestion qu’exige un secteur privé en
pleine expansion.
18
Par exemple, une enquête de l’Institut de la Banque mondiale indique que 27 pour cent d’un échantillon de
chefs d’entreprise interrogés considèrent que la formation et les qualifications de la main-d'œuvre constituent un
problème majeur (Tan, 2006).
43
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 2.6
Egypte: Demande de réforme du système de formation
Diverses études ont relevé que le système égyptien d’enseignement et de formation
professionnelle ne fournissait pas les compétences requises par les employeurs et les
jeunes, et ceci pour les raisons suivantes:
participation insuffisante des employeurs à la gestion des centres de formation;
faiblesse des liens avec les entreprises qui facilitent l’emploi après la formation;
formation et rémunération insuffisantes des enseignants;
équipements désuets;
concentration de la formation des femmes dans les professions traditionnelles;
médiocre qualité de la formation, insuffisance de l’attention portée à la théorie
autant qu’à la pratique; et, par conséquent, ce qui n’a rien d’étonnant,
piètre réputation de la formation professionnelle auprès des étudiants et des
parents.
Les initiatives prises pour corriger ces faiblesses et cet éparpillement consistent à
confier la coordination des mesures de formation au Conseil suprême de la mise en
valeur des ressources humaines, à améliorer la qualité par des investissements dans les
programmes, à relever les salaires des enseignants, à offrir une formation duale à la fois
théorique (en classe) et pratique (stage en entreprise), et à offrir un recyclage aux
travailleurs adultes au titre du Fonds social pour le développement.
Source: Fahim, 2008; Amer, 2005; de Gobbi et Nesporova, 2005; van Eekelen et coll., 2001.
19
Voir Galhardi, 2002, et Galhardi, 2004, pour la compilation de données d’enquête sur l’investissement dans la
formation dans la région des Amériques et ailleurs.
44
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
les technologies ou les produits changent, les employeurs deviennent très attentifs aux
qualifications qu’ils exigent de leurs salariés. Il ne devrait pas exister de décalage entre
la formation qui est dispensée sur le lieu de travail et les types et niveaux spécifiques de
qualifications requises. Premièrement, il faut que les travailleurs aient l’aptitude à
apprendre – c’est-à-dire des compétences de base, la capacité d’assimilation, les
compétences de communication – acquises durant leur scolarisation et leur formation
préalable à l’emploi. Deuxièmement, il s’agit d’instaurer des mesures créant un
environnement propice ou des mesures incitatives qui encouragent les employeurs et les
travailleurs à renforcer la formation sur le lieu de travail. Ce thème est traité au
chapitre 3 du présent rapport.
106. L’une des principales causes des déficits de qualifications tient à l’orientation des
filles et des jeunes femmes, qui se limite aux professions traditionnelles, au lieu de cibler
les nouvelles demandes du marché du travail. La levée des obstacles qui dissuadent les
femmes de suivre une formation – sur le lieu de travail et en externe – sert le double
objectif de réduire les inégalités et de répondre aux besoins du marché du travail. La
division inégale du travail au sein de la famille constitue un obstacle majeur au
renforcement de l’orientation des femmes vers des études et des formations. Pour y
parvenir, il importe de programmer la formation en tenant compte de leurs besoins – à
savoir de leur temps disponible et de leurs propres modalités d’acquisition des
compétences. Cet engagement doit débuter aux niveaux de l’enseignement secondaire et
de la formation professionnelle (voir section 4.2 du chapitre 4) et se poursuivre sur le
lieu de travail (les enseignements tirés de l’élimination des obstacles à la formation des
femmes dans le milieu des entreprises sont résumés au chapitre 3). Des actions spéciales
sont nécessaires afin de réduire la discrimination professionnelle dans la formation 20 et
par la suite dans l’emploi, afin que les femmes reçoivent la préparation requise pour
répondre aux besoins des nouvelles industries et professions. Comme dans le cas du
Botswana (encadré 2.7), les actions menées pour améliorer la formation commencent par
l’élimination des stéréotypes sexistes.
20
La discrimination dans l’emploi et la profession renvoie à la concentration de femmes ou d’hommes dans des
activités économiques, domaines de travail ou secteurs. Par exemple, une étude sur la participation des femmes à
l’enseignement professionnel et technique en Amérique latine indique que les dix secteurs spécifiques où les
étudiantes étaient les plus nombreuses comptaient jusqu’à 77 pour cent de femmes inscrites (Silveira et Matosas,
2001).
45
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 2.7
L’intégration des principes d’égalité entre hommes et femmes
dans la formation professionnelle au Botswana
L’Autorité nationale de formation du Botswana, en collaboration avec le
Département des questions féminines au sein du ministère du Travail et de l’Intérieur, a
rédigé une «Politique nationale d’intégration des principes d’égalité entre les femmes et
les hommes dans l’enseignement professionnel et la formation au travail» (2000) servant
les objectifs suivants:
accroître l’accès des femmes à l’enseignement professionnel et à la formation
technique et réduire les abandons pendant la durée de la formation;
éradiquer l’indifférence aux sexospécifités et accroître la sensibilisation aux
différences entre les hommes et les femmes dans les établissements de formation
professionnelle; intégrer dans les programmes des formulations applicables
indistinctement aux femmes comme aux hommes, améliorer l’attitude des
personnes en formation, des instructeurs et des administrateurs face aux
différences, à l’égalité et à l’équité entre les femmes et les hommes dans la
formation, et promouvoir la formation sur l’égalité afin d’éliminer les stéréotypes et
les préjugés sexistes;
définir les éléments constitutifs du harcèlement sexuel, sensibiliser la population à
ce problème et mettre en place des mécanismes stricts de signalement et
d’intervention;
établir et mettre en œuvre un système de collecte régulière de données et de
communication de rapports traitant séparément des hommes et des femmes dans
tous les établissements de formation professionnelle et indiquant la situation et les
besoins de formation des hommes et des femmes, en vue de réduire la
discrimination au travail.
Source: Botswana Training Authority, 2006.
Encadré 2.8
Remédier aux carences de l’offre et de la demande
de qualifications en Inde
L’économie indienne est scindée en deux parties très différentes, et tout porte à
croire que le phénomène va s’accentuer. La productivité a crû rapidement dans le
secteur moderne, tirée par les services, les transports, les communications et l’industrie
manufacturière, tandis que la part de l’emploi dans l’agriculture diminue et celle du
secteur des services augmente. Toutefois, la croissance de l’emploi n’est pas suffisante,
selon les estimations, pour absorber les 12,8 millions de personnes qui accèdent chaque
année au marché du travail, non plus que pour créer des emplois plus productifs pour la
vaste majorité de travailleurs qui dépendent de l’économie informelle. Il est préoccupant
de constater que même les titulaires d’un diplôme de formation professionnelle ont du
mal à trouver un emploi en raison du décalage entre les connaissances qu’ils ont
acquises et les besoins des employeurs – qu’il s’agisse de compétences techniques ou
de base (FICCI, 2007; TeamLease, 2007).
46
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
47
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 2.9
Formation aux nouvelles industries au Brésil
Au Brésil, la Confédération nationale de l’industrie (CNI) a entrepris de relever les
défis des nouvelles technologies et d’étendre le développement industriel à de nouvelles
zones géographiques et, à cet effet, a mis en œuvre un nouveau programme
d’enseignement et de formation. Faisant fond sur le programme PLANFOR (1995-2002),
le programme brésilien Education pour l’industrie nouvelle prévoit d’élargir le champ
d’intervention et les fonctions du SESI (Service social pour les travailleurs et leurs familles)
et du SENAI (Service national de formation industrielle), qui s’occuperont désormais de
l’enseignement de base, de la formation continue et de la formation professionnelle. La
formation est adossée au plan stratégique pour le développement industriel. Elle est
conçue pour satisfaire aux demandes des employeurs qui réclament une nette
amélioration des compétences de base des travailleurs, afin que ceux-ci soient aptes à lire
des instructions, interpréter des graphiques et échanger des connaissances. La formation
est assortie d’objectifs ambitieux et vise à munir près de 700 000 travailleurs d’une
formation de niveau moyen et améliorer leurs compétences de base et leurs qualifications
professionnelles, sachant que 40 pour cent de la main-d’œuvre de l’industrie est
aujourd’hui soit illettrée, soit compte moins de huit années de scolarisation à son actif. Le
programme dispensera aussi des formations techniques initiales, continues, tout au long
de la vie et spécialisées, ainsi qu’un enseignement technique de niveau moyen associé à
une éducation de type scolaire. Les personnes diplômées dans le cadre de ce programme,
dont 40 pour cent de techniciens, devraient donc occuper 1 million de nouveaux emplois
industriels prévus dans les industries nouvelles. Le programme s’adresse principalement
aux travailleurs de l’industrie et à leurs familles ainsi qu’aux communautés.
Source: Gallart, 2008.
Encadré 2.10
Développement des compétences et productivité: l’Agence nationale
de formation de la Jamaïque (HEART Trust/NTA)
L’un des objectifs du Plan national de développement 2030 est de réduire le «déficit
de productivité». La croissance de la productivité du travail en Jamaïque était la plus
faible de la région, soit 0,4 pour cent par an tout au long des quinze dernières années.
Cette faiblesse de la productivité s’explique par le piètre niveau d’adoption des nouvelles
technologies, la lenteur du processus de mise à niveau des aptitudes professionnelles,
le faible rendement économique de l’éducation, la concentration des activités dans le
tourisme et l’exploitation minière – donc peu de diversification, et la progression de
l’économie informelle. Le Plan national de développement a pour objet de corriger ces
déficits par des mesures destinées à encourager le développement et la rentabilité des
entreprises, l’adoption d’un cadre national de qualification à l’intention de tous les
prestataires de services d’enseignement et de formation, et un renforcement des
programmes de coopération à la formation avec les entreprises du secteur privé.
Le Centre de productivité de la Jamaïque, une organisation tripartite financée par le
ministère du Travail et de la Sécurité sociale, qui inclut des représentants de la
Fédération des employeurs et de la Confédération des syndicats de la Jamaïque, a pour
rôle d’aider les entreprises à repérer les déficits de productivité et de compétitivité et y
remédier. Il lui revient également d’intervenir dans l’enseignement secondaire et tertiaire
afin que soient établis des programmes scolaires d’enseignement et de formation de
nature à renforcer les compétences. Le Centre coopère avec la section de HEART
Trust/NTA pour la formation en entreprise, afin de mettre au point une méthodologie de
mesure de la productivité permettant de contrôler les effets de la formation sur la
productivité des entreprises.
Source: McArdle, 2007.
48
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
21
Voir les rapports et articles rassemblés pour le Colloque interrégional de l’OIT sur l’économie informelle:
Permettre une transition vers la formalisation, tenu à Genève du 27 au 29 novembre 2007 et destiné à un échange
de données d’expérience sur l’intégration de l’économie informelle.
49
Améliorer les aptitudes professionnelles
50
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
22
Voir, par exemple, les informations sur «eHomemakers» en Malaisie, un système qui allie formation
professionnelle, développement de l’entreprise, planification financière, observation de la charia et travail en
réseau, pour les femmes actives dans les TIC et autres travaux d’auxiliaire de bureau qu’elles effectuent hors de
leur domicile: [Link].
51
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 2.11
Former des travailleurs ruraux à des emplois formels en milieu urbain:
le Programme Dew Drop en Chine
En 2004, le gouvernement chinois a lancé le Programme Dew Drop qui conjugue
des mesures de lutte contre la pauvreté et des mesures de formation professionnelle
propres à encourager les habitants des régions rurales pauvres à migrer vers les centres
urbains soumis à de fortes pénuries de compétences. L’objectif déclaré du Groupe
directeur du Conseil d’Etat pour la réduction de la pauvreté et le développement est de
délivrer une formation professionnelle gratuite à 5 millions de jeunes agriculteurs et
200 000 personnes âgées des régions rurales pauvres, et de les aider à trouver un
emploi dans les villes durant la période du onzième Plan quinquennal (2006-2010).
Conjuguant une formation professionnelle avec de modestes subventions et une aide à
la réinsertion dans les zones urbaines sujettes à des pénuries de compétences
spécifiques, le Programme Dew Drop s’inscrit dans une ambitieuse campagne
gouvernementale de lutte contre la pauvreté. Selon les informations communiquées par
le gouvernement, le projet de budget pour 2006 prévoyait 95 millions de dollars pour la
formation d’environ 1,65 million d’agriculteurs, soit une augmentation de 29 pour cent
par rapport à 2005. Près de 1,3 million de personnes ayant suivi le programme sont
parties chercher du travail dans les zones urbaines, concrétisant par là l’objectif du
programme, qui était de réduire les pénuries de main-d’œuvre dans les villes et la
pauvreté rurale. Une législation récente, et plus précisément la loi sur la protection de
l’emploi, vise à intégrer le marché national du travail, notamment par l’offre d’une
formation professionnelle à la fois aux travailleurs urbains licenciés et aux travailleurs
ruraux migrants. D’autres initiatives ont été lancées pour améliorer les conditions de
travail de façon que les emplois dans les industries à forte intensité de main-d’œuvre et
orientées vers les exportations soient plus attrayants pour les travailleurs migrants. Dans
la province de Guangdong, sur les 7,3 millions d’emplois vacants, 4,8 millions seulement
ont été pourvus en 2007, selon les informations communiquées.
Source: Groupe directeur du Conseil d’Etat sur la réduction de la pauvreté et le développement, Chine,
[Link]
114. Ces exemples mettent en lumière les avantages de la vulgarisation dans l’action des
établissements nationaux de formation professionnelle, de façon que leur expérience,
leurs ressources humaines, les infrastructures et la gouvernance tripartite concourent à
apparier l’offre et la demande de formation. Les établissements d’enseignement doivent
impérativement adapter la formation aux besoins des personnes à faible niveau
d’instruction et dépourvues d’expérience professionnelle. Il s’agit de munir ces
personnes des qualifications et compétences requises dans les petites entreprises
susceptibles de les embaucher, tout en leur inculquant les aptitudes qui aideront ces
entreprises à adopter de nouvelles technologies et à devenir compétitives dans
l’économie formelle.
115. Les mécanismes de validation des acquis sont destinés à faciliter l’accès aux
emplois de l’économie formelle pour les personnes qui n’ont pas eu la possibilité de
suivre une formation professionnelle reconnue. Le terme «acquis» désigne l’ensemble
des compétences, quels que soient les lieux et modalités d’acquisition de celles-ci: lieu
de travail, communauté, domicile, apprentissage informel ou apprentissage par l’action
dans l’économie formelle autant qu’informelle. La reconnaissance des acquis se traduit
par la validation des compétences, dès lors que celles-ci correspondent aux critères d’une
norme de qualification donnée. La validation des acquis a pour objet d’aider les
employeurs à reconnaître plus aisément les qualifications et les compétences des
candidats à l’emploi et, par là, à améliorer la compétitivité des travailleurs qui briguent
des emplois dans l’économie formelle.
52
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
Encadré 2.12
Validation des acquis en Afrique du Sud
L’Autorité sud-africaine des qualifications (SAQA) a élaboré des procédures et des
lignes directrices communes régissant la mise en application de la validation des acquis
dans le Cadre national des qualifications. Très complètes, ces lignes directrices
englobent l’évaluation, les retours d’information et les systèmes et procédures de gestion
de la qualité. Les «Autorités sectorielles de l’éducation et de la formation» établissent
des plans spécifiques pour les diverses branches d’activités (par exemple, pour le
tourisme, les établissements d’accueil et le sport, la santé et les services sociaux, la
construction, l’assurance et l’ingénierie). Ces plans préconisent des méthodes,
définissent des procédures de vérification des compétences (si nécessaire, par
l’observation plutôt que par l’examen) et organisent des stages de perfectionnement.
Certains de ces secteurs portent une attention spéciale aux travailleurs de l’économie
informelle. Par exemple, la validation des acquis est appliquée dans le secteur de la
construction, qui compte de nombreux travailleurs informels sans diplôme, afin de les
habiliter à prendre un emploi qualifié. Ce système a vocation à poursuivre la promotion
de la formation tout au long de la vie et l’accès à l’emploi dans l’économie formelle.
Source: Blom, 2006; SAQA, 2004; Dyson et Keating, 2005.
23
Pour plus d’informations sur les problèmes de mise en œuvre et de pérennisation de ces approches, voir les
documents de travail du BIT suivants: Tuck, 2007; Young, 2005; Dyson et Keating, 2005.
53
Améliorer les aptitudes professionnelles
formation des salariés qui produit le plus d’effets sur la productivité. Ces effets ont été
relativement plus marqués dans les petites entreprises, où les niveaux de compétences
sont bas (Biggs et coll., 1996).
119. L’expérience du Ghana (encadré 2.13) et les exemples qui suivent attestent qu’il est
important de s’occuper davantage de la formation, tant des dirigeants que des travailleurs,
en complément aux autres mesures de promotion de la formalisation, telles que l’accès
au crédit et aux marché de produits, et de la création d’un environnement propice à
l’entreprise durable.
Le programme de la Fédération des employeurs du Kenya (Programme sur
l’amélioration des produits et les liens interentreprises entre microentreprises et
entreprises du secteur formel) aide des opérateurs informels à passer des contrats
de sous-traitance avec de grandes entreprises et à solliciter une participation aux
programmes de l’OIT «Gérez mieux votre entreprise» (GERME) et Employers
Organizations and enterprise development in the informal economy: Moving from
informality to formality (BIT, 2006m).
Au Pérou, le Département des micro et petites entreprises du ministère du Travail
et de la Promotion de l’emploi soutient PRODAME (Programa de Autoempleo y
Microempresa), qui dispense gratuitement des services d’orientation et de conseil
aux personnes qui souhaitent créer ou formaliser une petite entreprise, et
PROPYME (Centro de Promoción de la Pequeña y Microempresa) qui aide les
petites entreprises à accroître leur productivité et leur compétitivité en accédant à
de nouveaux marchés, y compris les marchés publics, ces derniers n’étant
accessibles qu’aux entreprises formellement enregistrées (BIT, 2005j).
En Afrique du Sud, l’Institut national pour la productivité offre des possibilités
d’éducation et de formation aux propriétaires de petites entreprises, afin de les
aider à améliorer leur productivité de façon à évoluer vers le secteur formel et en
leur apprenant en particulier à observer les dispositions réglementaires relatives
aux processus de production, salaires minima, assurances, réglementation du
travail, etc. (Institut national pour la productivité, 2003, BIT, 2005a).
54
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
Encadré 2.13
Stratégie décentralisée en faveur des pauvres visant à améliorer
l’économie informelle au Ghana
La politique de promotion de la croissance pour les plus démunis au Ghana est
axée sur la valorisation de l’économie informelle par la multiplication des possibilités de
travail décent. Après avoir été testée dans deux districts dans le cadre d’un partenariat
entre le ministère du Travail, de la Jeunesse et de l’Emploi, le Congrès des syndicats du
Ghana, l’Association des employeurs du Ghana et le BIT au titre de son programme
pilote en faveur du travail décent au Ghana, cette action pilote a donné lieu à la création
d’institutions locales pour le dialogue social, rassemblant des représentants du
gouvernement local, des députés et des représentants d’associations de petites
entreprises. Les sous-comités statutaires des assemblées de district pour l’emploi
productif et rémunérateur ont élaboré et appliquent des plans qui aident des centaines
de petites entreprises locales à valoriser leur activité et à s’étendre dans l’économie
formelle. Le partenariat entre les secteurs privé et public élimine les entraves à la
croissance par des investissements dans les infrastructures, la formation et autres
éléments. Les associations de petites entreprises encouragent leurs membres à adhérer
au régime national d’assurance maladie et de retraite. Les sous-comités ont lancé «des
coopératives d’épargne et de crédit pour le travail décent» qui soutiennent la stabilité
économique tout en mobilisant des capitaux pour l’investissement. La participation,
l’organisation et le dialogue social local ont induit des améliorations dans la gouvernance
et le règlement des différends, et ont donné lieu à des recettes provenant de taxes
locales, fournissant ainsi des recettes fiscales supplémentaires pour les investissements
dans les infrastructures et la formation, ce qui encourage d’autant la croissance et
améliore les conditions de travail. Le manuel de formation destiné aux associations de
petites entreprises du Ghana a été élaboré conjointement par le Bureau du secteur
informel du Congrès des syndicats du Ghana, l’unité de formation de l’Association des
employeurs du Ghana et deux prestataires nationaux de services aux entreprises
travaillant avec des PME.
Source: [Link]/led, van Empel, 2007.
55
Améliorer les aptitudes professionnelles
en moyenne vivant avec moins de 1 dollar par jour. Le taux moyen d’alphabétisation
dans l’ensemble de ces pays se chiffre à 52 pour cent de la population âgée de plus de
15 ans. Considérant que généralement les statistiques sont disponibles pour les pays les
mieux lotis, tout porte à croire que la situation réelle dans l’ensemble des pays les moins
avancés est encore moins favorable.
123. En revanche, on relève un taux moyen élevé de croissance de la productivité dans
les pays composant l’échantillon, soit 31 pour cent entre 1995 et 2005. De plus, la
croissance de la productivité semble effectivement être en corrélation avec la diminution
du nombre de travailleurs pauvres (figure 2.8). Toutefois, compte tenu de la faiblesse du
niveau d’instruction, seule une infime proportion de la main-d’œuvre disponible est en
mesure de profiter des quelques rares possibilités d’accès à un travail productif dans le
secteur des nouvelles technologies ou des services. Peu instruite et dépourvue des
qualifications requises par le marché du travail, la majorité de la main-d’œuvre ne peut
trouver d’emploi décent et productif dans l’économie formelle. En Afrique
subsaharienne, 75 pour cent des travailleurs tirent leurs moyens d’existence de
l’économie informelle. Les revenus provenant de l’activité économique informelle sont
trop bas pour affranchir de la pauvreté plus qu’une petite minorité de personnes.
Figure 2.8. Pays les moins avancés: Evolution de la productivité et du nombre de travailleurs
pauvres (à 1 dollar E.-U. par jour) dans certains pays
40
30 Yémen
Evolution de la proportion de travailleurs pauvres
20
(en points de pourcentage) 1995-2005
Madagascar
10
0
Malawi Ouganda
-10 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
République-Unie
-10 Sénégal Cambodge
de Tanzanie
Ethiopie
Zambie Mozambique
-20
Burkina Faso
-30
Mali
-40
-50
56
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
57
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 2.14
Améliorer l’accès des pauvres à la formation:
les enseignements
Réduire les obstacles financiers à l’admission: les gouvernements devraient financer
des interventions visant spécifiquement les pauvres de façon à leur faciliter l’accès à la
formation qualifiante (formelle).
Réduire les obstacles non financiers interdisant l’accès aux cours formels et/ou
fournir une aide supplémentaire aux pauvres pour les aider à surmonter ces obstacles,
par exemple en comblant leur déficit d’éducation formelle de base – avant d’entamer une
formation qualifiante.
Elaborer des stratégies de développement des compétences en faveur des
groupes défavorisés: les populations rurales, certaines catégories de femmes, les
jeunes femmes et hommes, les personnes travaillant dans le secteur informel, les
hommes et les femmes souffrant d’un handicap.
Mettre au point des dispositions spéciales qui prennent en compte les difficultés
individuelles (horaires, lieux de formation, méthodologie d’enseignement, etc.).
Eviter de former les pauvres (et en particulier les femmes) aux métiers
traditionnels de façon à ne pas les marginaliser davantage, et les orienter plutôt vers
des formations liées aux nouvelles technologies (par exemple la réparation de
téléphones portables) et former les femmes à des métiers traditionnellement réservés
aux hommes. Il faut s’armer de patience et de persévérance pour sensibiliser et faire
évoluer les mentalités au niveau communautaire et institutionnel, de façon à faire
accepter le nouveau rôle économique des femmes.
Appuyer financièrement la formation sous forme d’apprentissage informel (thème
développé ci-après).
Source: Palmer, 2007.
129. L’analphabétisme fait que la formation formelle est hors de portée du plus grand
nombre dans l’économie informelle, notamment les apprentis et les maîtres artisans. De
nombreux programmes attestent qu’il est possible de conjuguer alphabétisation et
apprentissage des moyens de subsistance; c’est par exemple le cas de l’Association pour
le développement des fibres textiles au Sénégal, du Projet de développement des
infrastructures de Tangail au Bangladesh et de l’Initiative en faveur de l’éducation des
filles et jeunes hommes du Somaliland (Oxenham, 2002).
130. En République-Unie de Tanzanie, l’Autorité de l’enseignement technique et de la
formation professionnelle (VETA) a conçu et testé un programme intégré de formation
qui associe l’alphabétisation, la formation technique et la formation à la gestion, sachant
que la maîtrise de la lecture et de l’écriture est une condition préalable importante pour
l’efficacité de la formation. Les personnes en formation sont mises en relation avec des
pourvoyeurs de crédit et des spécialistes du développement des entreprises. Une
évaluation constate l’amélioration de la qualité des produits et services fabriqués par les
personnes en formation et la hausse du chiffre d’affaires et des bénéfices (Johanson et
Adams, 2004).
131. L’apprentissage informel peut améliorer la formation et les gains de productivité.
L’apprentissage informel est une source majeure de qualifications et de formation dans
l’économie informelle. Toutefois, ce type de formation est souvent de qualité médiocre,
étant donné que les fondements théoriques du métier font défaut et que les technologies
sont rudimentaires. Dans beaucoup de PMA, toute une série d’initiatives ont été mises en
œuvre pour améliorer l’apprentissage, sachant qu’il peut accroître la productivité et
l’employabilité. Certaines initiatives ont été lancées de manière ponctuelle, d’autres ont
adopté une approche exhaustive (Nübler, 2008a).
58
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
59
Améliorer les aptitudes professionnelles
obstacles qui interdisent aux jeunes femmes l’accès à des domaines de travail non
traditionnels 24 .
134. Les systèmes publics de formation dans les PMA pâtissent d’un manque
d’adéquation, de qualité et d’équité:
Les systèmes formels d’enseignement professionnel et de formation technique ne
délivrent pas les qualifications requises par les emplois existants.
La qualité de la formation s’est détériorée dès lors que les coupes budgétaires ont
restreint les investissements dans les installations, les équipements et le personnel
enseignant.
L’égalité d’accès à l’éducation et à la formation pose un sérieux problème dans les
PMA. Les femmes et les jeunes filles sont sous-représentées dans l’enseignement
professionnel et la formation technique; dans certains pays, elles ne représentent
qu’une infime fraction des inscriptions et se retrouvent souvent dans les filières
traditionnellement réservées aux femmes, comme la coiffure et le secrétariat.
135. Pour surmonter ces problèmes, de nombreux PMA ont mis en place de nouvelles
mesures et de nouveaux systèmes d’enseignement, dont beaucoup sont centrés sur la
coordination et le partenariat avec le secteur privé. Par exemple, le Malawi, la
République-Unie de Tanzanie et la Zambie ont créé des organes nationaux de
consultation et de coordination (autorités nationales de formation) qui préconisent le
partenariat comme moyen de mieux utiliser l’argent public, en faisant en sorte que
l’enseignement technique et la formation professionnelle soient mieux ajustés au marché
du travail. Il incombe en particulier aux autorités nationales de formation de structurer la
relation entre le système de formation, les employeurs et les syndicats (Johanson et
Adams, 2004).
136. Les modalités d’éducation et de formation ont également fait l’objet d’innovations.
Celles-ci ont été centrées sur les programmes de formation duale (conjuguant
l’enseignement en établissement et la formation pratique en entreprise), la formation
axée sur les compétences, les services de vulgarisation et l’enseignement à distance. La
mise en œuvre de la formation axée sur les compétences est un processus complexe qui
comprend l’élaboration de normes fondées sur une analyse des emplois, la préparation
de nouveaux matériels pédagogiques organisée en modules et la conception de nouvelles
méthodes d’évaluation et de nouveaux tests de performance. Ce mode de formation
oblige les instructeurs et les directeurs d’établissement à dispenser la formation telle
qu’elle est définie et suppose une participation des employeurs.
137. Depuis quelques années, une grande partie des mesures et des programmes tendent
à encourager les entreprises à accroître l’apprentissage sur le lieu de travail tout en
améliorant la qualité de la formation. Certains pays africains francophones ont constitué
des fonds de formation (par exemple, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la
Guinée, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo). Ces fonds sont
principalement alimentés par des cotisations perçues dans les entreprises (à raison d’un
pourcentage donné de la masse salariale). Ils servent à financer la formation des salariés
dans l’entreprise ou en dehors et constituent un embryon de système de formation tout au
long de la vie, qui commence à se dessiner dans ces pays. L’encadré 2.15 illustre les
principes et les activités du Fonds de développement de l’enseignement technique et de
la formation professionnelle (FONDEF).
24
Voir BIT, 2005e.
60
Lier perfectionnement des compétences et croissance de la productivité et de l’emploi
Encadré 2.15
Sénégal: Fonds de développement de l’enseignement technique
et de la formation professionnelle (FONDEF)
Le FONDEF est une organisation autonome qui finance la plus grande partie de la
formation continue de l’apprentissage tout au long de la vie dans les entreprises. Le
FONDEF est subventionné par l’Etat et par les cotisations des entreprises (provenant
d’une taxe sur les salaires). Il a pour objet de renforcer les qualifications du personnel et
de créer un authentique marché de la formation continue. Les entreprises contribuent
aux coûts de formation à hauteur de 25 pour cent. Le FONDEF finance la formation dans
tous les types d’activités économiques, soutient les plans de formation des entreprises
des secteurs public et privé, de même que les programmes de formation adoptés par les
organisations professionnelles et sectorielles et les groupes d’entreprises. Les
financements du FONDEF peuvent aller jusqu’à 75 pour cent des coûts totaux d’une
formation. Le projet de formation est approuvé par un comité de sélection (composé de
représentants du conseil d’administration du FONDEF et des partenaires sociaux), puis
la formation est confiée par contrat à un ou plusieurs prestataires publics ou privés de
formation (à présent au nombre de 130) agréés par le FONDEF. En presque trois ans
(2004-2006), le FONDEF a financé des formations dans 106 entreprises pour près de
7 000 employés. Les demandes de financement émanaient à 52 pour cent des petites et
moyennes entreprises et à 31 pour cent des grandes entreprises. Le secteur bancaire et
financier ainsi que l’industrie (textiles, produits alimentaires) ont été parmi les principaux
bénéficiaires. Les très petites entreprises ne comptent qu’un nombre restreint de
bénéficiaires.
Source: Banque mondiale, 2007a.
61
Améliorer les aptitudes professionnelles
Annexe
Groupes de pays
Pays de l’OCDE à revenu Fédération de Russie Iraq Bénin
élevé Serbie Jamaïque Bhoutan
Allemagne Slovaquie Jordanie Burkina Faso
Australie Slovénie Kenya Burundi
Autriche Tadjikistan Koweït Cambodge
Belgique République tchèque Liban Cap-Vert
Canada Turkménistan Jamahiriya arabe libyenne République centrafricaine
Corée, République de Ukraine Malaisie Comores
Danemark (28 pays ou régions) Maroc Djibouti
Espagne Iles Marshall (les) Erythrée
Etats-Unis Pays en développement Maurice Ethiopie
Finlande Afrique du Sud Mexique Gambie
France Algérie Micronésie, Etats fédérés de Guinée
Grèce Antigua-et-Barbuda Mongolie Guinée-Bissau
Irlande Arabie saoudite Namibie Guinée équatoriale
Islande Argentine Nauru Haïti
Italie Bahamas Nicaragua Iles Salomon
Japon Bahreïn Nigéria Kiribati
Luxembourg Barbade Oman Lao, République démocratique
Norvège Belize Pakistan populaire
Nouvelle-Zélande Bolivie Palaos, République de Lesotho
Pays-Bas Botswana Panama Liberia
Portugal Brésil Papouasie-Nouvelle-Guinée Madagascar
Royaume-Uni Brunéi Darussalam (le) Paraguay Malawi
Suède Cameroun Pérou Maldives
Suisse Chili Philippines Mali
(24 pays ou régions) Chine Qatar Mauritanie
Chypre Saint-Kitts-et-Nevis Mozambique
Europe centrale et orientale Cisjordanie et bande de Gaza Sainte-Lucie Myanmar
et Communauté d’Etats Colombie Saint-Vincent-et-les Népal
indépendants (CEI) Congo Grenadines Niger
Albanie Corée, République de Seychelles Ouganda
Arménie Costa Rica Singapour République démocratique du
Azerbaïdjan Côte d’Ivoire Sri Lanka Congo
Bélarus Cuba Suriname Rwanda
Bosnie-Herzégovine République dominicaine Swaziland Samoa (occidentale)
Bulgarie Dominique République arabe syrienne Sao Tomé-et-Principe
Croatie Egypte Thaïlande Sénégal
Estonie El Salvador Tonga Sierra Leone
Géorgie Emirats arabes unis Trinité-et-Tobago Somalie
Hongrie Equateur Tunisie Soudan
Kazakhstan Fidji (les) Turquie Tanzanie, République-Unie de
Kirghizistan Gabon Uruguay Tchad
Lettonie Ghana Venezuela, Rép. bolivarienne du Timor-Leste (le)
Lituanie Grenade Viet Nam Togo
Macédoine, ex-République Guatemala Zimbabwe Tuvalu
yougoslave de Guyana (89 pays et régions) Vanuatu
Moldova, République de Honduras Yémen
Monténégro Hong-kong (Chine) Pays les moins avancés Zambie
Ouzbékistan Inde Afghanistan (50 pays et régions)
Pologne Indonésie Angola
Roumanie Iran, République islamique d’ Bangladesh
62
Chapitre 3
63
Améliorer les aptitudes professionnelles
1
Le concept de compétitivité est défini dans la base de données de concepts et de définitions d’Eurostat sur
[Link]
64
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
Encadré 3.1
Conditions d’un environnement propice à des entreprises durables
Paix et stabilité politique Etat de droit et protection du droit de
Bonne gouvernance propriété
Dialogue social Concurrence loyale
Respect des droits humains universels Accès aux services financiers – infras-
tructures matérielles
Culture d’entreprise
Technologies de l’information et de la
Politique macroéconomique saine et
communication
stable
Education, formation et apprentissage
Commerce et intégration économique tout au long de la vie
durable
Justice sociale et insertion sociale
Environnement juridique et
réglementaire propice bénéficiant tant Protection sociale adéquate
aux femmes qu’aux hommes Gestion responsable de l’environnement
Source: BIT, 2007f.
65
Améliorer les aptitudes professionnelles
moyens de transport, par exemple) et en partie par la politique (la réduction par les
gouvernements nationaux des entraves au commerce et des obstacles à l’investissement,
par exemple).
149. Un autre aspect de la mutation technologique et commerciale est le
raccourcissement du cycle de vie des produits et services. Ainsi, un produit qui aurait
auparavant duré dix ans peut très bien n’être aujourd’hui acceptable et en vogue que
pour quelques années. Ce phénomène génère une exigence de nouvelles connaissances et
d’innovation ainsi que de compétences et de méthodes de travail susceptibles de rester
en phase avec les changements.
150. La mondialisation des marchés financiers affecte elle aussi de manière croissante
le contexte au sein duquel les entreprises opèrent et modifie leurs stratégies. Des aspects
tels que l’expansion des flux monétaires internationaux, l’interdépendance des marchés
financiers, le développement des marchés internationaux par fusions et acquisitions, la
diffusion des notions d’actionnariat, les prises de participations privées et les
investissements dans des fonds spéculatifs, sont de nature à pousser les entreprises vers
plus de productivité, plus d’innovation et plus de rentabilité. Mais ils peuvent aussi les
conduire à penser à court terme et à fermer ou à vendre certains pans de leurs activités,
en entraînant de graves conséquences économiques et sociales (Gospel et Pendleton,
2005).
151. L’introduction de nouvelles pratiques de travail – par exemple, la gestion des
stocks en flux tendu, le travail en équipe, la gestion de la qualité totale et la recherche de
méthodes optimales – change également le mode de gestion des entreprises et peut
exiger des compétences nouvelles.
152. Enfin, les changements opérés dans la structure de l’entreprise sont également
importants. De nombreuses entreprises reconfigurent actuellement leurs frontières. On
assiste ainsi à une évolution vers des formes d’organisation plus décentralisées et à un
écrasement accru des niveaux hiérarchiques internes au sein des entreprises. De même,
on constate des changements dans les frontières de certaines sociétés, avec une
augmentation de l’externalisation et de la délocalisation. La gestion de la chaîne de
valeur et la concentration d’entreprises sont devenues ces derniers temps d’importants
éléments des stratégies et des structures organisationnelles des entreprises.
2
La Colombie, le Guatemala, l’Indonésie, la Malaisie, le Mexique et le Nicaragua.
66
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
155. Le maintien d’un niveau de compétitivité élevé dépend en partie de l’aptitude des
entreprises et de leurs salariés au changement et à l’innovation. Une étude des travaux
relatifs à l’innovation, à la productivité et à l’emploi a conclu que l’impact de
l’innovation au niveau de l’entreprise sur l’emploi global est en général positif; les
entreprises qui innovent dans les produits, mais aussi dans les méthodes, se développent
plus vite et sont plus susceptibles de créer des emplois que les entreprises non innovantes,
et ce indépendamment de leur secteur d’activité, de leur taille ou d’autres
caractéristiques (Pianta, 2004). Un personnel bien formé et qualifié renforce les
capacités de créativité individuelle et d’innovation collective (Amabile, 1996). De plus,
pour que l’innovation réussisse, il faut qu’un important effectif de main-d’œuvre
qualifiée travaille aux côtés de chercheurs et acquière des connaissances à tous les
échelons.
156. Toutefois, l’innovation n’est pas simplement un phénomène technologique qui
aboutit à de nouveaux produits et à de nouvelles méthodes de production. C’est aussi et
surtout un processus social qui repose sur des personnes, leur savoir, leurs qualifications
et leurs compétences ainsi que sur leur motivation et leur satisfaction au travail. Ainsi,
une étude conduite aux Pays-Bas auprès de 9 000 entreprises a démontré que, dans ce
pays, 25 pour cent seulement du succès d’une innovation étaient dus à l’innovation
technologique tandis que 75 pour cent étaient dus à l’innovation sociale et, en matière de
gestion, par exemple, au mode d’acquisition de nouvelles connaissances dans ce
domaine et à la façon dont celles-ci sont intégrées dans le fonctionnement de l’entreprise
(Volberda et van der Bosch, 2004).
157. Le partage des avantages d’une meilleure productivité de l’entreprise est lui aussi
un processus social. La liberté syndicale et la reconnaissance effective du droit à la
négociation collective garantissent aux travailleurs, aux employeurs et à leurs
organisations, la possibilité de négocier toutes sortes de questions liées aux relations du
travail. Associée à la liberté syndicale, la négociation collective permet aux travailleurs
de s’exprimer et de négocier pour obtenir des résultats équitables.
158. La négociation collective est un instrument essentiel pour garantir les droits et la
représentation au travail, favoriser l’emploi, améliorer les conditions de travail et étendre
la protection sociale. On a constaté que les pays dans lesquels elle est pratiquée ont une
plus forte productivité (Freeman et Medoff, 1984; Mishel et Voos, 1992), moins
d’inégalités salariales, un chômage plus faible et moins persistant et des grèves moins
nombreuses et plus courtes que les autres (Aidt et Tzannatos, 2002), encore que ses
effets varient selon les contextes nationaux, les branches d’activité et les entreprises
(Hirsch, 2003). La négociation collective s’est souvent avérée être un instrument
essentiel pour l’introduction d’innovations visant à améliorer l’organisation du travail et
les performances.
159. L’existence de solides circuits de communication alimentés par la négociation
collective favorise la stabilité sur le lieu de travail, réduisant de ce fait le taux de
renouvellement du personnel. Ce taux plus faible entraîne à son tour une baisse des coûts
de formation, et la fidélisation d’un plus grand nombre de travailleurs expérimentés se
traduit par une productivité plus élevée et une meilleure qualité des produits et services.
La négociation collective peut aussi inciter les travailleurs à se former et instaurer un
climat de confiance entre la direction et les travailleurs, les deux parties étant alors plus
enclines à voir les aspects positifs de leur investissement dans la formation (Nübler,
2008b). Au nombre des avantages de la négociation collective figurent «la place
accordée à la répartition des richesses et à la réduction des inégalités économiques et
sociales; son rôle dans la lutte contre la pauvreté; les avantages tant macroéconomiques
que microéconomiques …; sa capacité à jeter les bases d’une mondialisation juste»
67
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 3.2
Négociation collective, productivité et compétitivité
La négociation collective est un mécanisme qui permet aux entreprises
d’encourager la participation sur le lieu de travail. Les études sur les avantages de la
participation mettent en avant le fait qu’elle permet d’instaurer un climat de confiance et
d’engagement qui ne peut qu’améliorer la productivité et l’efficience. De fait, il existe
maintenant de nombreux éléments indiquant que la participation sur le lieu de travail par
l’intermédiaire de la négociation collective peut améliorer la performance de l’entreprise,
et que les entreprises qui peuvent compter sur une forte participation des salariés
obtiennent de meilleurs résultats que les autres (voir, par exemple, Fashoyin et coll.,
2006; Hayter, 2002; Ozaki, 1999). On a également pu constater que la négociation
collective renforce l’intensité de la formation et l’accumulation de capital humain des
entreprises et accroît de ce fait la productivité. Dans les pays de l’OCDE, la formation
continue est un thème de plus en plus fréquemment abordé dans le cadre du dialogue
social et de la négociation collective. Dans les pays où il existe des fonds et/ou des
prélèvements réservés à la formation, ces derniers résultent généralement d’accords
bipartites ou tripartites conclus aux niveaux sectoriel et/ou national. Ainsi, la négociation
collective peut contribuer aux investissements dans la formation, même dans les pays
où le taux de syndicalisation et/ou de couverture conventionnelle est peu élevé. Par
ailleurs, une plus forte participation des salariés sur le lieu de travail permet
d’économiser sur les contrôles et se traduit de ce fait par un gain d’efficacité. Il existe
des différences considérables d’un pays à l’autre quant à la manière dont la question de
la compétitivité est abordée dans le cadre de la négociation collective. Mais bien
entendu, la négociation collective n’est qu’un moyen parmi d’autres pour améliorer la
productivité et la compétitivité; elle est généralement adossée aux «conditions de base»,
comme l’état des infrastructures, la santé et l’éducation, complétées par la législation
nationale et d’autres facteurs.
Source: BIT, 2007f, p. 68.
68
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
Encadré 3.3
Culinary Union Training Centre, Etats-Unis
Le Centre de formation du syndicat des culinary workers est un partenariat entre un
syndicat et plusieurs employeurs, qui couvre près de 50 000 travailleurs syndiqués de
Las Vegas, le centre de tourisme et de services qui connaît la croissance la plus rapide
aux Etats-Unis. Face à l’expansion du secteur de l’hôtellerie et de la restauration, aux
attentes des consommateurs en matière de qualité et à la demande croissante de
travailleurs qualifiés, la section 226 du syndicat des culinary workers de Las Vegas,
affiliée au Syndicat des salariés de l’hôtellerie et de la restauration (HERE), a négocié,
dans sa convention de 1989, la création d’un fonds et d’un centre communs pour la
formation. Le centre de formation, qui appartient au partenariat, offre des formations
préprofessionnelles à des travailleurs payés à l’heure qui entrent dans l’industrie
hôtelière et des formations complémentaires aux affiliés. Il représente, pour les
employeurs, le principal moyen de trouver des employés dotés de la formation initiale
requise. C’est aussi le moyen qui permet aux travailleurs débutants et aux immigrants
d’acquérir les compétences nécessaires pour pouvoir entrer dans un secteur en plein
essor et de se rendre compte par eux-mêmes des avantages qu’offre un syndicat,
notamment la formation. Le centre a la réputation d’admettre toute personne qui lui est
adressée, quel que soit son niveau d’apprentissage ou son handicap social. Deux tiers
des diplômés du centre décrochent un emploi chez des employeurs représentés par
HERE et leur taux de renouvellement est moitié moins important que celui des autres
recrues. Le centre permet à HERE et à ses hôtels signataires de se développer en
phase avec la folle expansion que connaissent l’hôtellerie et la restauration à Las Vegas.
Source: [Link]
162. Même s’il existe une étroite corrélation entre productivité du travail et salaires,
l’évolution des salaires n’est pas toujours proportionnelle à celle de la productivité du
travail. Toute une série de facteurs entre en ligne de compte dans la détermination des
salaires, notamment la législation nationale (sur le salaire minimum, par exemple), le
mécanisme officiel de fixation des salaires, les conventions collectives entre employeurs
et travailleurs ou la combinaison de certains de ces facteurs entre eux. Les salaires
augmentent lorsque la demande de main-d’œuvre, la demande des consommateurs ou la
productivité du travail augmentent, ou encore lorsque l’offre de main-d’œuvre est
restreinte. De plus en plus, les employeurs cherchent à mettre les gains de productivité
au service de l’efficience et de l’équité, et à utiliser les négociations collectives pour
procéder, sur le lieu de travail, à des changements qui favorisent la compétitivité. C’est
pourquoi ils pensent que les négociations collectives devraient porter non seulement sur
la façon dont il convient de partager les gains résultant d’une meilleure performance,
mais aussi sur la façon d’augmenter la taille du gâteau. C’est le seul moyen d’absorber
des augmentations de salaires régulières sans éroder la rentabilité ni mettre en danger la
compétitivité (de Silva, 1996, p. 8).
163. Au niveau de l’entreprise, l’amélioration des compétences et de la gestion des
ressources humaines ainsi que l’accroissement de la productivité et l’innovation
augmentent le chiffre d’affaires et les bénéfices. Grâce à quoi les entreprises sont en
mesure d’augmenter le rendement de leur capital, de proposer à leur clientèle des biens
et services de meilleure qualité et moins chers, tout en garantissant durablement à leur
personnel de bons salaires et un travail décent. L’équilibre entre ces manières d’utiliser
les gains supplémentaires générés par une meilleure productivité et une plus grande
compétitivité peut être obtenu par le biais de la négociation collective.
164. Pourtant, ainsi que l’a indiqué le Directeur général de l’OIT, Juan Somavia, dans sa
déclaration au Fonds monétaire international (FMI), en octobre 2007, «… dans beaucoup
de pays, l’augmentation des revenus réels du travail de la plupart des travailleurs n’a pas
suivi celle de la productivité, d’où une érosion de la part de la main-d’œuvre dans
69
Améliorer les aptitudes professionnelles
l’économie, en même temps qu’une forte augmentation des revenus des catégories les
mieux rémunérées. Cette tendance préoccupante a été mise en évidence dans les deux
derniers rapports du FMI: Perspectives économiques mondiales. La mondialisation,
malgré tous ses bienfaits, s’est accompagnée d’un accroissement des inégalités dans la
plupart des pays, rendant encore plus difficile la lutte contre la pauvreté et exacerbant les
tensions nées du manque de travail décent 3 .»
Encadré 3.4
L’intérêt économique de la santé et de la sécurité
– Résumé des avantages des programmes de SST
des entreprises du Royaume-Uni
Les mesures prises pour prévenir les accidents et les problèmes de santé ont
procuré aux entreprises les avantages suivants sur une durée d’un an ou plus:
réduction très importante du taux d’absentéisme;
hausse très nette de la productivité;
économies d’argent non négligeables grâce à un meilleur entretien de l’usine;
réduction considérable des frais d’indemnisation d’assurance;
amélioration des relations avec les clients et les fournisseurs ainsi que de l’image et
de la réputation de la société;
amélioration du moral, de la motivation et de la concentration du personnel;
meilleure fidélisation du personnel.
Source: Health and Safety Commission, Royaume-Uni, 2004.
3
Voir [Link] pour la déclaration intégrale faite au
FMI les 20-21 oct. 2007 à Washington DC.
70
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
168. Le BIT aide les mandants tripartites à exécuter des programmes qui s’appuient sur
le lien entre formation à la SST et productivité. Par exemple, le Programme sur les
améliorations du travail dans les petites entreprises (WISE) (encadré 3.5) et le
programme ProMes en Amérique latine (encadré 3.6) ont amené des entreprises à se
doter des outils de gestion nécessaires pour l’adoption de pratiques de travail décent, qui
améliorent simultanément la santé, la sécurité et la productivité.
Encadré 3.5
Thaïlande: de meilleures méthodes de travail améliorent
simultanément la sécurité, la santé et la productivité
En Thaïlande, des entreprises moyennes de transformation de métaux ont amélioré
la sécurité, la santé et la productivité en appliquant des solutions simples et peu
coûteuses. L’Institut national pour l’amélioration des conditions et du milieu de travail a
apporté une aide à ces entreprises en introduisant le Programme du BIT sur les
améliorations du travail dans les petites entreprises (WISE).
Travailleurs et cadres discutent ensemble des problèmes qu’ils rencontrent sur leur
lieu de travail, pour identifier et mettre en œuvre des mesures d’amélioration concrètes.
L’institut a évalué l’impact du programme et découvert que les entreprises participant au
projet ont été en mesure d’améliorer les conditions et le milieu de travail, et surtout de
réduire le nombre d’accidents du travail.
Source: Asian-Pacific Newsletter on Occupational Health and Safetym, vol. 12, paragr. 3, nov. 2005.
Disponible sur: [Link]
Encadré 3.6
Système de mesure et d’amélioration de la productivité (ProMes)
Le Système de mesure et d’amélioration de la productivité (ProMes) (SIMAPRO en
espagnol) est un système participatif de mesure et de suivi dans l’entreprise qui a été
introduit dans plusieurs pays d’Amérique latine avec l’appui de l’OIT. L’idée centrale est
de lier les objectifs organisationnels à l’acquisition de savoirs par la communication, le
partage des connaissances, le dialogue social et l’engagement des travailleurs et de la
direction en faveur d’une amélioration en continu.
Par exemple, en 1995, une raffinerie de sucre du Mexique a lancé, dans un service
comptant 35 personnes, une expérience ProMes visant à changer la conception du
travail afin d’améliorer la productivité et les conditions de travail. Quatre ans plus tard, le
programme avait été étendu à tous les services, organisant en moyenne 19 sessions de
formation et de suivi par an et par groupe, et élaborant et mettant en application plus de
100 propositions d’amélioration émanant des salariés chaque année. L’un des
principaux résultats obtenus a été la réduction des problèmes de santé, qui a permis
d’économiser 60 000 dollars E.-U. sur les dépenses d’assurance, montant qui a été
ensuite utilisé pour encourager les salariés à élaborer d’autres mesures de prévention
des accidents. Depuis lors, 15 autres entreprises de l’industrie sucrière employant
8 000 travailleurs ont adopté ProMes. Le programme a été étendu à l’industrie sucrière
de Cuba et à d’autres secteurs d’activité tels que les textiles en République dominicaine
et l’exportation fruitière au Chili.
ProMes est un système holistique qui propose d’améliorer non seulement les
méthodes de production, mais aussi la gestion de la sécurité et de la santé au travail.
Les indicateurs sont régis par une seule norme: l’efficacité. Le système est souple – il
s’adapte à n’importe quelle organisation. Il est permanent, puisque la participation et
l’amélioration sont sans fin, mais il est organisé en cycles, ce qui permet d’introduire des
innovations là où et quand elles sont nécessaires. Enfin, il est intégrateur, car tout le
personnel y prend part, des ouvriers au directeur général. L’idée est que chaque détail
est un élément essentiel du système d’amélioration de la productivité et que chaque
personne peut apporter des améliorations au travail.
Source: Le modèle ProMes a été mis au point par le professeur R. Pritchard, puis ceux qui l’ont appliqué en
Amérique latine l’ont adapté en ajoutant des éléments tels que des guides d’auto-apprentissage sur l’amélioration
de la productivité et des conditions de travail. Voir également La Guia SIMAPRO, BIT/Cinterfor, 2007.
71
Améliorer les aptitudes professionnelles
4
Les accords interentreprises répondent ici à la définition large d’activités réalisées en commun par deux
entreprises ou plus. Ces accords peuvent être structurés de manière formelle par des contrats et conventions ou
organisés de manière plus informelle par le biais du travail commun de salariés d’entreprises différentes. Ils
peuvent exister entre des entreprises concurrentes ou non et peuvent porter sur une seule activité (par exemple, la
conception d’un produit) ou sur plusieurs (par exemple, la conception, la production et la commercialisation du
produit). Il y a donc accord interentreprises chaque fois qu’au moins deux entreprises réalisent des activités
ensemble, chacune pouvant avoir des accords avec plusieurs entreprises pour des activités différentes.
5
Un agglomérat d’entreprises est une concentration géographique d’entreprises qui ont un avantage
concurrentiel grâce à leur co-localisation (Doeringer et Terkla, 1995, p. 25). Michael Porter a divulgué le concept
d’agglomérat d’entreprises industrielles dans son ouvrage: L’avantage concurrentiel des nations (1990).
72
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
Encadré 3.7
Des fabricants de vêtements cambodgiens
dans la chaîne de valeur mondiale
L’amélioration des normes du travail dans les chaînes de valeur mondiales est un
élément important de toute stratégie de développement en faveur des défavorisés.
Protéger les droits des travailleurs contribue à la répartition des avantages
économiques. Le programme Better Factories Cambodia aide des usines de confection
à se conformer au droit du travail national et aux normes internationales du travail
ratifiées par le Cambodge et à améliorer les compétences de gestion et les
compétences professionnelles de base. Ces usines sont ainsi mieux en mesure de
concourir sur les marchés mondiaux où les acheteurs exigent souvent de leurs
fournisseurs qu’ils respectent les normes du travail. De plus, la meilleure application de
ces normes rend les entreprises plus compétitives car elle leur permet d’accroître leur
productivité et d’améliorer la qualité de leurs produits. Ce sont là des avantages qui font
comprendre l’intérêt économique des normes et incitent les fournisseurs à les respecter.
Les travailleurs du secteur de la confection sont en grande majorité des jeunes
femmes sans instruction. Il ressort d’une étude de la Banque mondiale que les bonnes
conditions de travail dans les usines cambodgiennes poussent dans une large mesure
les acheteurs à s’approvisionner dans ce pays. Bien des gens avaient prédit que la fin
du système des quotas en 2005 entraînerait une diminution spectaculaire de l’emploi au
Cambodge. Au contraire, les données de 2006 montrent que:
le volume de l’emploi dans le secteur du vêtement a augmenté de 28 pour cent;
les importations des Etats-Unis ont augmenté en valeur et en volume corrigés des
variations saisonnières;
les acheteurs étroitement associés à Better Factories Cambodia ont augmenté leur
volume d’achat à hauteur de deux fois la moyenne enregistrée par le secteur en
2005.
Better Factories Cambodia est parvenu à ce résultat grâce à une stratégie à trois
volets. Premièrement, il contrôle les conditions de travail dans les usines de vêtements
cambodgiennes à la lumière du droit national et des normes fondamentales du travail de
l’OIT. Deuxièmement, il aide les usines à améliorer les conditions de travail et la
productivité par le biais de mesures correctives et d’activités de formation qui font appel
à l’esprit de coopération. Troisièmement, il facilite le dialogue entre les partenaires
sociaux et les acheteurs internationaux pour garantir un cycle d’améliorations rigoureux,
transparent et continu, et établir une coopération transfrontière.
L’OIT, avec d’autres partenaires internationaux, répond actuellement à l’énorme
intérêt suscité par les possibilités d’application à d’autres pays des outils et des
enseignements tirés de ce projet mis en œuvre avec les employeurs, les syndicats et le
gouvernement.
Source: BIT, 2005c.
173. Dans certaines chaînes de valeur, le rôle de l’entreprise chef de file consiste parfois
davantage à coordonner ceux qui collaborent à la conception des produits qu’à concevoir
elle-même ces produits. De nouvelles séries de compétences sont exigées, qui vont des
compétences techniques (dures) aux compétences relationnelles (molles).
L’interdépendance accrue entre les fournisseurs étant basée sur le développement du
capital humain, elle crée un besoin de compétences entièrement nouvelles. Des
73
Améliorer les aptitudes professionnelles
6
Pour plus d’informations, voir [Link]/public/english/dialogue/actemp/.
74
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
Encadré 3.8
John Deere: éducation et formation
collaboratives pour les fournisseurs
John Deere, fabricant de matériel agricole et de construction, propose à ses
fournisseurs une éducation et une formation collaboratives dont se charge son
service d’apprentissage et de développement. L’enseignement porte sur de
nombreux domaines tels que le contrôle de qualité, les systèmes de gestion,
l’analyse des coûts et les compétences techniques. John Deere fait équipe avec
des établissements du secteur public, tels que des collèges techniques, pour
élaborer et dispenser les programmes. Grâce à cette méthode économique
d’amélioration des compétences, les entreprises des fournisseurs deviennent plus
fortes et plus rentables.
Source: Stegnar et coll., 2002.
Développement des compétences par le biais d’agents de réseau. Si, dans certains
cas, les entreprises chefs de file d’une chaîne d’approvisionnement jouent un rôle
direct dans le développement des compétences des fournisseurs, dans d’autres cas
elles délèguent ce rôle à des agents de réseaux tiers. Consultants, conseillers,
associations professionnelles et fournisseurs de nouvelles technologies aident alors
à synchroniser les activités de production et forment le capital humain nécessaire à
cet effet. Une formation commune peut être organisée par les agents du réseau, qui
peuvent aussi dispenser une formation semblable aux entreprises du réseau. Dans
ce cas, le niveau d’intégration réalisé peut ne pas être comparable à celui obtenu
avec une entreprise chef de file, mais la même méthode de développement des
compétences et de formation est utilisée pour toutes les entreprises du réseau. Les
compétences et les connaissances nouvelles sont développées en faisant appel à des
agents communs plutôt qu’à une étroite intégration des entreprises. Certaines
sociétés utilisent ce type de formation pour faire coïncider les buts et les objectifs
commerciaux des entreprises membres d’une chaîne d’approvisionnement (Maylett
et Vitasek, 2007).
L’apprentissage par l’action. Le développement des connaissances et des
compétences est le fait des entreprises prestataires dans les cas où des entreprises
clientes définissent des exigences de performance précises mais laissent leurs
fournisseurs trouver leurs propres façons de répondre à ces exigences. Dans ce cas,
la formation et le développement des compétences revêtent un caractère plus
autonome, si ce n’est que les résultats ne sont pas décidés par l’entreprise elle-
même. L’utilisation de systèmes de notation et d’audits du prestataire par les
entreprises clientes peut obliger celui-ci à revoir et améliorer ses méthodes de
production, ses méthodes de travail, son système de gestion, sa technologie et son
investissement dans le capital humain; mais cette amélioration est décidée en
interne, sans aucune assistance ni intervention directe de l’entreprise cliente
(Beaumont et coll., 1996).
75
Améliorer les aptitudes professionnelles
7
Depuis 2003, l’OIT a conçu avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI)
un cours du Centre international de formation de l’OIT sur la création d’agglomérats pour enseigner des façons
d’améliorer la valeur ajoutée et la compétitivité à des agents de changement dans des institutions locales.
76
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
Encadré 3.9
Formation dans un agglomérat
d’entreprises de l’habillement au Brésil
L’agglomérat d’entreprises de l’habillement de l’Etat de Pernambouco, au nord-est
du Brésil, emploie 80 000 personnes. La plupart des établissements sont de petites
entreprises informelles qui fabriquent des produits bas de gamme et polluent l’eau de la
région. Bon nombre de ces entreprises sont gérées par des «femmes au foyer» et
installées à leur domicile. Les efforts d’une association d’entreprises locale, SINDIVEST
(Sindicato das Indústrias do Vestuário, Tecelagem e Fiação de MS), en partenariat avec
des organisations allemandes, ont permis de réduire les problèmes environnementaux,
d’amorcer un changement de politique, de réglementer le secteur et d’améliorer la
qualité. Très peu de couturières avaient une formation, ce qui se traduisait par un travail
de mauvaise qualité et par un manque d’innovation dans la conception. Avec ses
partenaires, SINDIVEST a organisé des stages dans des collèges de formation en
Allemagne; des missions de courte durée au Brésil de techniciens d’un collège
allemand, qui ont formé les formateurs chargés de dispenser des cours offerts par le
Serviço Nacional de Aprendizagem Industrial (SENAI) et l’université de Recife; des
cours de génie mécanique et d’autres disciplines; des visites de foires commerciales
internationales pour la qualité; et la création par le SENAI de trois nouvelles écoles de
formation pour les techniciens. En 2002, environ 1 000 travailleurs avaient été formés
dans différents domaines, comme la production de vêtements, la gestion, les ressources
humaines, la logistique, la mode et le stylisme. De nombreux cours sont à présent
offerts, qui vont de séminaires d’une journée à des programmes approfondis d’une durée
de dix-huit mois. Un comité de la mode a été institué à Pernambouco pour donner des
orientations en matière de stylisme et une marque locale devrait bientôt être créée.
Source: Wahl et Meier, 2005.
8
Ces méthodes de travail et la manière de les définir ne font pas l’unanimité (Gephardt et Van Buren, 1996),
mais elles présentent des points communs comme la nécessité d’améliorer la formation de base des salariés et de
les associer à la prise de décisions (Wright et Snell, 1998).
77
Améliorer les aptitudes professionnelles
travail est-il organisé? Comment les salariés partagent-ils les avantages d’une meilleure
productivité? Comment les salariés participent-ils aux décisions sur la manière
d’améliorer la productivité? Le concept de HPW s’applique à un mode de gestion qui
permet aux personnes d’optimiser leur potentiel et les encourage à le faire
– dans leur propre intérêt et pour améliorer la performance de l’entreprise (Ashton et
Sung, 2002).
184. Il est reconnu que les méthodes HPW sont bénéfiques pour les employeurs car elles
font des entreprises prospères, avec un chiffre d’affaires élevé et de solides marges
bénéficiaires. Elles peuvent également être bénéfiques pour les salariés, grâce à
l’importance de l’investissement consacré au développement des compétences et à la
formation, à la transparence de la communication entre les cadres et le reste du personnel,
à la souplesse de l’organisation du travail et à la participation des salariés. De surcroît,
on pense que ces méthodes contribuent à la réussite sur des marchés mondiaux de plus
en plus concurrentiels.
185. La formation est à la fois une condition préalable et un élément indissociable d’un
lieu de travail à haute performance. Comme cela est montré tout au long de ce chapitre,
les ressources humaines influent sur la productivité et la compétitivité et elles constituent
un élément essentiel de l’innovation. Selon la plupart des études, la formation a un effet
positif sur la productivité, les niveaux de rémunération et la croissance des salaires, ce
qui correspond à la théorie classique du capital humain. Son effet sur le bien-être des
travailleurs n’est pas aussi avéré mais, dans la mesure où celui-ci dépend de la sécurité
de l’emploi et des salaires, elle semble présenter de réels avantages pour les travailleurs 9 .
Une méta-analyse récente des méthodes HPW a classé la formation et les compétences
parmi les aspects les plus importants de ces méthodes (Combs et coll., 2006).
186. L’organisation du travail renvoie à la répartition des tâches au sein de l’entreprise
et entre entreprises, et à la façon dont le travail est organisé en termes de livraison de
produits et de services. Dans les entreprises à haute performance, les travailleurs ont une
assez grande liberté de décision et ne doivent donc pas faire abstraction de leur avis
personnel lorsqu’ils appliquent les directives des cadres administratifs ou exécutifs. En
règle générale, la direction veille à ce que son personnel effectue par roulement des
tâches nombreuses et variées plutôt que de restreindre l’éventail des tâches de chaque
travailleur. Chacun assume donc la responsabilité de la qualité plutôt que de la laisser à
d’autres. Ces caractéristiques du lieu de travail – discrétion laissée à l’employé,
responsabilité du contrôle de qualité et souplesse interfonctionnelle – déterminent
l’ampleur de la formation technique et du développement des compétences
professionnelles de base exigées pour mettre en œuvre une stratégie HPW (Hunter et
Hitt, 2001; Doeringer et coll., 2002).
187. Partage des avantages. Si la formation qualifiante et l’organisation du travail sont
deux éléments essentiels des lieux de travail à haute performance, deux importantes
questions corollaires se posent. Premièrement, comment récompenser les employés une
fois qu’ils sont formés à des niveaux supérieurs de qualifications et déployés dans des
structures professionnelles plus complexes? Existe-t-il des disparités entre les sexes dans
les gratifications liées au travail? En d’autres termes, les avantages sont-ils répartis
différemment entre les hommes et les femmes? Et deuxièmement, si la performance et la
productivité ont progressé, comment les avantages retirés de ces hausses doivent-ils être
partagés avec les employés? Le partage des avantages est une composante essentielle des
9
On trouvera des résultats de la recherche sur l’impact des méthodes HPW dans Brown, 1990; Barrett et
O’Connell, 2001; Lynch et Black, 1998; Hill, 1995; Greenberg et coll., 2003; Krueger et Rouse, 1998; et
Osterman, 1995.
78
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
Encadré 3.10
Programme d’amélioration des usines
Le Programme d’amélioration des usines, mis en place au Viet Nam, à Sri Lanka et
en Inde, aide les entreprises participantes à appliquer des méthodes de production
fondées sur de bonnes relations entre les travailleurs et la direction, et sur le respect des
droits des travailleurs comme moyens efficaces d’augmenter la capacité et la
compétitivité des entreprises. Le programme s’articule autour de sept modules:
coopération sur le lieu de travail; qualité; productivité; production plus propre et
amélioration en continu; gestion des ressources humaines; santé et sécurité; et relations
de travail.
Une évaluation indépendante conduite dans 12 entreprises du Viet Nam a indiqué
que:
Chaque usine a constitué des équipes d’amélioration généralement composées
d’une proportion égale de cadres et d’ouvriers, qui continuaient de fonctionner
quatorze mois après la fin du programme.
En moyenne, les défauts de fabrication en bout de chaîne ont été réduits de 67 pour
cent, pourcentage qui a même atteint plus de 90 pour cent dans certains ateliers.
La sensibilisation aux questions de qualité et de productivité s’est accrue à tous les
niveaux (comme le prouve l’utilisation largement répandue des outils et techniques
introduits dans le cadre du programme).
Des usines ont elles-mêmes fourni des rapports, dans lesquels elles font état d’une
hausse de la productivité.
Des modifications ont été apportées sur des lieux de travail dans le but de mieux
organiser la production, de garantir la sécurité des travailleurs et d’améliorer le
milieu de travail dans son ensemble.
Une sensibilisation renforcée aux questions de santé et de sécurité au travail a été
constatée dans les usines participantes, où des mesures ont ensuite été prises pour
réduire les accidents, par exemple en distribuant des équipements de protection,
adoptant une procédure à suivre en cas d’accident et réorganisant les lieux de
travail.
Source: BIT, 2006f.
79
Améliorer les aptitudes professionnelles
10
Des données portant sur 20 pays de l’OCDE, par exemple, montrent que la proportion d’entreprises employant
moins de 10 personnes va de 57 pour cent pour les Etats-Unis à 95 pour cent pour la Turquie. Pour 19 de ces
20 pays, plus de 90 pour cent des entreprises emploient moins de 50 personnes (OCDE, 2002). Dans les pays en
développement, la proportion de petites et très petites entreprises est encore plus élevée, un nombre important
d’entre elles se trouvant dans le secteur informel non réglementé. En Colombie, en 2005, l’ensemble des très
petites, petites et moyennes entreprises représentait 99,9 pour cent de toutes les entreprises (Pineda, 2007).
80
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
11
De nombreux guides ont été mis au point par le BIT et d’autres sur la manière de conduire des études de
faisabilité pour l’entrepreneuriat féminin et de mettre en place des stratégies pour faire coïncider l’offre de
compétences avec la demande du marché. Voir par exemple Finnegan et Haspels, GET Ahead for Women in
Enterprise Training Package and Resource Kit (Bauer et coll., 2006), ou A Guide for Training Women Economic
Groups (BIT, 2003a).
81
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 3.11
Exemples de formation et d’apprentissage informels
dans de petites entreprises
Travail auprès d’un travailleur qualifié, observation de son savoir-faire pour
reprendre progressivement son poste; le travailleur qualifié donne des conseils et
des orientations.
Utilisation de moyens éducatifs et travail par tâtonnements jusqu’à la maîtrise
complète des nouvelles compétences.
Un travailleur qualifié enseigne et transmet en cascade ses compétences à ses
collègues. Cette méthode est utile lors de l’acquisition d’un nouvel équipement,
l’installateur formant un employé qui forme ensuite ses collègues. Elle peut être un
bon moyen d’améliorer sensiblement la qualité du produit.
Les travailleurs occupent les différents postes par roulement de sorte qu’ils soient
polyvalents et puissent assumer les fonctions d’un collègue absent.
Désignation d’un employé, qui assume le rôle d’une sorte de mentor, à qui les
autres peuvent demander conseil.
Organisation de séminaires informels dans le cadre desquels des travailleurs
qualifiés, des fournisseurs ou des spécialistes extérieurs dispensent sur place des
conseils, des informations ou une instruction à des groupes d’employés.
Source: Ashton et coll., 2008.
82
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
83
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 3.12
Organiser les employeurs et les travailleurs dans les petites entreprises
Le Programme focal du BIT pour la promotion de l’emploi par le développement des
petites entreprises (SEED) aide les chefs d’entreprise et leurs travailleurs à accroître leur
représentation dans les associations d’employeurs et les syndicats, et à se doter de
leurs propres organisations démocratiques et représentatives. Il les aide à devenir des
interlocuteurs reconnus des pouvoirs publics à différents niveaux, pour qu’ils profitent
plus largement des opportunités économiques et puissent négocier une juste
rémunération de leur travail:
Une trousse à outils des employeurs a été élaborée avec l’Organisation
internationale des employeurs (OIE) à l’intention des cadres et du personnel des
organisations d’employeurs (et d’autres associations professionnelles) souhaitant
accroître leur représentation dans leurs pays respectifs. Cette trousse a été conçue
dans le cadre d’une initiative visant à renforcer les capacités et à étendre les
activités des employeurs sur l’ensemble du globe, mais plus particulièrement dans
les pays en développement et en transition. Elle contient des guides, des manuels
et autres outils de nature à aider les organisations à analyser le contexte d’une
action des pouvoirs publics en faveur des petites entreprises, à planifier une
stratégie de recrutement ou à offrir une formation qui améliore la productivité grâce
à de meilleures relations entre la direction et les salariés. La moitié de la trousse est
constituée de matériels didactiques qu’une organisation d’employeurs peut proposer
pour améliorer les résultats des petites entreprises qui en sont membres.
Le programme SEED et le Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV) du
BIT ont étudié la question du déficit de représentation des travailleurs dans les
petites entreprises, dans le cadre du suivi du débat qui a eu lieu en novembre 2006
au sein de la Commission de l’emploi et de la politique sociale et qui portait sur
l’environnement des affaires, le droit du travail et les petites et très petites
entreprises. Il s’agit d’un travail de recherche dont le but général est de recenser les
stratégies associatives d’organisations de travailleurs qui ont réussi à atteindre les
petites entreprises (formelles et informelles), en analysant leurs points forts et leurs
points faibles, et en montrant de quelle manière et dans quel cadre juridique et
institutionnel les fonctions de représentation sont le mieux assumées. Quinze
études de cas et un rapport de synthèse, actuellement en préparation, paraîtront en
2008.
12
Pour des exemples et une évaluation de l’impact de tels dispositifs mis en place avec l’aide du BIT, voir
Labour and Social Trends in ASEAN 2007: Integration, challenges and opportunities, BIT, 2007g; et
T. Kawakami, S. Arphorn et Y. Ujita: Work improvement for safe home; Action manual for improving safety,
health and working conditions of home workers, BIT, 2006.
84
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
85
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 3.13
Mise en valeur des ressources humaines
et développement économique régional
Le service de l’emploi et de la formation du ministère du Travail des Etats-Unis a
pris une initiative appelée Workforce Innovation in Regional Economic Development
(WIRED) pour intégrer activités économiques et mise en valeur des ressources
humaines, démontrant que le développement des talents peut être un moteur de
transformation économique dans les économies régionales des Etats-Unis.
L’initiative WIRED applique aux activités organisées dans chacune des régions
concernées un cadre conceptuel en six points, qui consiste à:
1) définir l’économie régionale en identifiant les collectivités environnantes qui
présentent des caractéristiques communes, au-delà des frontières politiques
traditionnelles;
2) constituer un groupe leader qui représente les principaux atouts de la région et sert
de cadre à la prise de décisions économiques pour cette région;
3) conduire une évaluation régionale pour dresser la carte exhaustive des atouts de la
région, sur la base desquels identifier les points forts, les points faibles, les
possibilités et les risques;
4) concevoir un projet économique basé sur ces points forts et ces atouts, et obtenir
l’approbation de cette vision par le partenariat régional élargi;
5) élaborer une stratégie et son plan de mise en œuvre qui définissent des objectifs et
des tâches spécifiques et qui illustrent la manière de réaliser le projet économique
de la région;
6) recenser les ressources – destinées à la fois à financer le plan de la région et à
investir dans l’économie régionale – émanant de nombreuses sources parmi
lesquelles des fondations, des réseaux d’«investisseurs providentiels» et
d’investisseurs en capital-risque ainsi que des administrations fédérales, étatiques
et locales.
L’initiative soutient des approches innovantes de l’éducation, du développement
économique et de la mise en valeur des ressources humaines qui vont bien au-delà des
stratégies classiques et préparent les travailleurs à concourir et à réussir aussi bien aux
Etats-Unis que dans le reste du monde. WIRED est censé démontrer que le
développement des talents peut être un moteur de la transformation économique et
permettre à des régions d’affronter la concurrence dans l’économie mondiale.
Source: [Link]
86
Compétences et productivité sur le lieu de travail et dans les chaînes de valeur
200. Les employeurs, les travailleurs et leurs organisations ont également un rôle vital à
jouer pour favoriser la formation dans l’entreprise, notamment par les moyens suivants:
Sensibilisation. Les partenaires sociaux peuvent décrire et propager des exemples
de bonne pratique et promouvoir l’élaboration de politiques appropriées afin
d’encourager la formation au niveau de l’entreprise pour améliorer productivité et
compétitivité.
Représentation. Les partenaires sociaux peuvent s’adresser aux travailleurs et aux
patrons, et en particulier à ceux des petites entreprises et de l’économie informelle,
en vue d’une meilleure représentation de leurs membres, de façon à multiplier et à
étendre les avantages de l’association, de la représentation et de l’action qu’ils
mènent.
Services. Les partenaires sociaux fournissent à leurs membres une gamme de
services importants qui peuvent avoir une incidence sur la décision de dispenser
une formation au niveau de l’entreprise: gestion des connaissances, formation,
sensibilisation, conseils et orientations sur les modalités d’accès aux services
publics et privés, passerelles vers les ressources de recherche et d’expertise-conseil,
avis sur les pratiques novatrices du monde du travail, etc. (encadré 3.14).
Encadré 3.14
Améliorer l’apprentissage sur le lieu de travail à Maurice
En 2005, le BIT a lancé, conjointement avec la Fédération mauricienne des
employeurs (FME), un programme pour améliorer les pratiques d’acquisition des
connaissances sur le lieu de travail. Les deux principaux objectifs du programme étaient
de: i) renforcer la capacité de la FME et de ses membres de planifier, concevoir et
mettre en œuvre des programmes innovants d’apprentissage sur le lieu de travail; et
ii) faciliter le dialogue social sur cet apprentissage entre le gouvernement et les
partenaires sociaux afin d’aider à la mise en œuvre effective de la stratégie nationale de
formation. Dans un premier temps, une enquête sur les entreprises a été réalisée pour
évaluer l’apprentissage sur le lieu de travail dans les entreprises mauriciennes. Ces
dernières années, les entreprises ont dû faire face à un environnement de plus en plus
concurrentiel – notamment dans les textiles, l’un des piliers du marché des exportations
de Maurice – et le gouvernement s’est rendu compte que le moyen le plus efficace
d’améliorer la compétitivité était de mettre en place des productions à plus forte valeur
ajoutée, surtout dans certains secteurs clés comme les technologies de l’information et
des communications, les services financiers et le tourisme. Près des deux tiers des
entreprises examinées ont estimé qu’une amélioration de l’apprentissage sur le lieu de
travail était un élément essentiel pour pouvoir répondre aux nouvelles exigences du
marché et ajouter de la valeur à leurs produits et services; et près des trois quarts ont
répondu avoir constaté une évolution de leurs besoins en personnel qualifié au cours
des dernières années. Un atelier national tripartite (2007), à l’occasion duquel les
partenaires sociaux ont donné leur avis sur les moyens d’améliorer l’apprentissage sur le
lieu de travail, a souligné l’importance de l’échange d’informations dans la mise en place
de réseaux d’acquisition des connaissances susceptibles d’encourager de meilleures
pratiques et d’améliorer la compétitivité générale.
Source: BIT, 2006i.
201. Enfin, comme l’ont fait observer les participants à la discussion générale sur la
promotion d’entreprises durables (BIT, 2007e), compte tenu des rôles importants et
complémentaires que remplissent les gouvernements et les organisations d’employeurs
et de travailleurs dans l’élaboration et la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir
des entreprises durables, les organisations, institutions et programmes tripartites qui ont
pour but d’accroître la productivité aux niveaux national, local et sectoriel occupent une
place de plus en plus importante (encadré 3.15).
87
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 3.15
Programme national de productivité
sur le lieu de travail en Nouvelle-Zélande
Le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a recours à une approche tripartite pour
augmenter la productivité sur le lieu de travail par le biais d’un partenariat entre le
gouvernement, les employeurs et les syndicats. Il a identifié dans le pays sept grands
facteurs de productivité au travail, à savoir: la mise en place d’une meilleure direction et
d’une meilleure gestion; l’investissement dans les compétences et dans les
connaissances; l’utilisation de la technologie et l’encouragement de l’innovation;
l’organisation du travail; la création d’une culture de la productivité; le travail en réseau et
en collaboration; et l’évaluation de ce qui est réellement important.
Ce programme, qui est exécuté dans de nombreux lieux de travail, offre un appui
concret aux employeurs et aux travailleurs pour améliorer les performances, la valeur du
travail effectué et les gratifications destinées aux employeurs et aux travailleurs.
Le gouvernement et les partenaires sociaux élaborent actuellement avec le BIT un
document sur l’approche et les ressources de manière à pouvoir les adapter et les
reproduire dans les pays voisins des îles du Pacifique.
Source: Ministère du Travail de la Nouvelle-Zélande, 2004.
88
Chapitre 4
Groupes cibles
Les Membres devraient … promouvoir l’accès à l’éducation et à la formation tout au long
de la vie des personnes ayant des besoins spécifiques identifiés dans chaque pays, telles que les
jeunes, les personnes peu qualifiées, les personnes handicapées, les migrants, les travailleurs
âgés, les populations autochtones, les minorités ethniques, les personnes en situation
d’exclusion sociale, ainsi que des travailleurs des petites et moyennes entreprises, de
l’économie informelle, du secteur rural et des travailleurs indépendants (recommandation
(no 195) sur la mise en valeur des ressources humaines, 2004, paragr. 5 h)).
202. Ce chapitre traite des moyens de surmonter les obstacles qui empêchent certaines
parties de la société de bénéficier de la croissance économique. Faute d’avoir accès à
l’éducation et à la formation, ou à une formation de qualité ou pertinente, elles sont
prises dans le cercle vicieux des qualifications insuffisantes et de l’emploi à faible
productivité. Il est impossible d’évoquer ici tous les groupes exigeant l’attention des
décideurs, mais on examinera dans ce chapitre comment donner aux collectivités rurales,
aux jeunes défavorisés, aux personnes handicapées et aux travailleurs migrants les
moyens de mieux réaliser leur potentiel de travail productif et de contribuer davantage
au développement économique et social.
203. L’inégalité entre hommes et femmes aggrave souvent et exacerbe encore les
disparités ou discriminations actuelles. Dans les groupes potentiellement marginalisés,
les femmes sont habituellement plus exposées à l’exclusion sociale que les hommes.
Malgré les progrès importants accomplis dans bien des domaines, les stéréotypes
sexospécifiques ont encore un effet déterminant sur les possibilités offertes
respectivement aux femmes et aux hommes, particulièrement au sein des groupes qui
font face à d’autres désavantages importants. Dans diverses situations, les efforts
déployés pour intégrer la problématique hommes-femmes dans les politiques et les
programmes ou pour mettre en œuvre des politiques et des programmes centrés sur les
femmes peuvent donner des résultats. Des exemples de ces deux démarches sont
évoqués tout au long des sections du présent chapitre.
89
Améliorer les aptitudes professionnelles
du Sud et 68 pour cent, contre 62 pour cent des hommes, en Afrique subsaharienne (BIT,
2007o). La forte concentration de femmes dans des activités peu productives se traduit
par un pourcentage élevé de femmes vivant dans la pauvreté.
206. Les relations complexes entre croissance, productivité et emploi dans le secteur
agricole, et entre l’agriculture et d’autres secteurs, sont analysées dans le rapport établi
en vue de la discussion générale sur la promotion de l’emploi rural pour réduire la
pauvreté (BIT, 2008a). Ce rapport définit une série de facteurs à réunir pour accroître la
productivité agricole et non agricole, et augmenter par le fait même les revenus dans les
zones rurales. Ces conditions, analogues à la série de facteurs interreliés définis au
chapitre 1 du présent rapport au sujet de la productivité en général, sont liées à
l’infrastructure (routes, réseaux d’irrigation, équipements de régularisation des eaux,
installations de stockage, en particulier); à des droits fonciers et relatifs à l’eau
clairement définis (sans lesquels les petits exploitants n’ont pas la volonté ni la
protection nécessaires pour investir et rendre leurs terres plus productives); à une bonne
gouvernance (à commencer par des régimes fiscaux et des services publics efficients); et
à des institutions chargées de fournir en temps utile de l’information sur les prix et les
marchés, les conditions d’accès au microcrédit et les moyens d’apprentissage efficaces
sur les nouvelles technologies, les techniques de production, les produits et les marchés.
207. C’est ce dernier facteur de productivité qui est le thème central de cette section:
comment améliorer l’accès à une formation pertinente et de qualité dans les zones
rurales pour accroître la productivité et les revenus? Deux principaux points sont traités:
1) les besoins des zones rurales en matière d’apprentissage et de formation de qualité qui
sont liés à l’amélioration des possibilités de subsistance et d’emploi; 2) les options
permettant de rendre la formation plus accessible pour que les habitants des zones
rurales puissent mieux tirer parti de ces possibilités.
90
Groupes cibles
210. Les statistiques sur l’alphabétisation font réfléchir et incitent les pays et les
organismes de l’ONU à collaborer à la campagne Education pour tous menée par
l’UNESCO, pour permettre aux pays d’atteindre d’ici à 2015 le deuxième objectif du
Millénaire pour le développement: assurer l’accès universel à l’enseignement primaire.
Selon le rapport de 2006 sur les OMD, le problème des disparités rurales/urbaines dues
aux taux élevés de pauvreté dans les régions rurales «… restreint les possibilités de
scolarisation, en raison de la demande de travail dont les enfants font l’objet, du faible
degré d’instruction des parents, et de l’impossibilité d’accéder à des services éducatifs de
qualité» (Nations Unies, 2006d, p. 7). En rendant l’enseignement primaire plus
accessible, on accroît la demande d’accès à un enseignement secondaire et à une
formation professionnelle de qualité, ainsi qu’à un niveau d’instruction plus élevé 2 .
100
90
Taux d’alphabétisation (en pourcentage)
80
70
60
50
40
30
20
10
0
centrafricaine
Côte d’Ivoire
Cameroun
équatoriale
Sierra Leone
Niger
Comores
Madagascar
Sao Tomé-
Tchad
Rwanda
et-Principe
Burundi
République
Guinée
211. L’éducation et les compétences de base sont indispensables, mais dans quel but?
La formation professionnelle devrait équiper les jeunes et les adultes des compétences
requises pour améliorer la productivité agricole ou pour satisfaire la demande de travail
non agricole. Les services de formation doivent s’aligner sur les priorités établies pour le
développement rural, qui influent sur les possibilités offertes aux jeunes et aux adultes.
Par exemple, le développement des compétences pourrait être lié aux politiques visant à
diversifier la production ou les marchés agricoles, à développer le secteur des services ou
de la fabrication en régions rurales, à favoriser le développement du secteur privé et
l’entrepreneuriat, ou à améliorer la productivité agricole à petite échelle.
212. En milieu rural, les ménages tirent essentiellement leur subsistance de l’agriculture,
mais leurs activités génératrices de revenus, et les possibilités qui s’offrent à eux, sont
très diverses. Les activités rurales non agricoles représentent une importante source de
2
Pour plus d’explications, voir le site [Link]
91
Améliorer les aptitudes professionnelles
revenus dans les campagnes et un important moyen de faire face aux fluctuations
saisonnières qui caractérisent le secteur agricole. En Amérique latine, par exemple, une
étude récente révèle que le travail non agricole est relativement plus important pour les
femmes: dans neuf des onze pays étudiés, il constitue la source d’emploi de 65 pour cent
à 93 pour cent des femmes rurales, tandis que l’agriculture demeure la principale source
d’emploi pour les hommes (Atchoarena et Gasperini, 2005). La formation technique doit
être liée aux possibilités offertes aux femmes comme aux hommes et à leurs besoins
respectifs, tant dans le secteur agricole que non agricole.
213. Accroître la productivité et la viabilité des petits exploitants agricoles pour
accroître les revenus et les emplois. De meilleures pratiques de production et de
nouvelles technologies, des cultures diversifiées contribuant à augmenter les rendements,
des cultures spécialisées et d’autres activités non traditionnelles à forte intensité de main-
d’œuvre peuvent contribuer à améliorer les revenus et l’emploi dans les petites
propriétés foncières. On peut générer des emplois et augmenter les revenus dans le
secteur agricole en remplaçant les produits de faible valeur par des produits de grande
valeur (qu’ils soient destinés aux marchés locaux ou aux marchés internationaux)
(encadré 4.1) 3 .
Encadré 4.1
Stimuler la productivité et l’emploi dans le secteur agricole
par des produits diversifiés
Au Libéria, les recherches entreprises conjointement par le gouvernement, l’OIT et
l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont permis
d’inventorier les technologies et compétences techniques requises pour relancer la
production et l’emploi dans le secteur agricole, en particulier dans les plantations de
caoutchouc, la production végétale, l’horticulture et l’élevage de bétail. L’objectif était de
déterminer les productions végétales et animales génératrices de possibilités d’emploi
qui offrent aux jeunes une solution de remplacement à la migration dans l’économie
urbaine informelle. Cet objectif s’inscrit dans une stratégie globale visant à réaliser le
potentiel d’un secteur agricole rétabli et capable de contribuer aux objectifs nationaux en
matière d’emploi. Les résultats de recherche révèlent que les rizières et les pépinières
de multiplication nécessaires aux plantations d’arbres et à l’horticulture vivrière
pourraient générer un grand nombre d’emplois à l’hectare, probablement mieux
rémunérés que les cultures traditionnelles. Ils mettent en évidence la nécessité d’investir
dans bien des secteurs pour faciliter le passage à des cultures de remplacement,
y compris dans la formation sur ces produits, dans la production, le traitement et le
marketing, ainsi que dans l’infrastructure matérielle.
Source: OIT, FAO et ministère de l’Agriculture du Libéria, 2007.
3
Pour une analyse des questions de sécurité alimentaire dans le cadre du développement agricole durable, voir
Henry, 2008.
92
Groupes cibles
Encadré 4.2
Biocombustibles au Mozambique: une promesse et un défi
Au milieu de 2007, le Brésil et le Mozambique ont signé un accord bilatéral pour
conjuguer leurs efforts en vue de la production de biocombustibles. Cette initiative vise à
exploiter les possibilités extraordinaires qu’offre le Mozambique en matière de
production de biomasse. La production de biocombustibles est perçue comme un moyen
de générer des revenus et des emplois pour la population mozambicaine, d’améliorer la
sécurité énergétique et de lutter contre le changement climatique mondial. La formation
d’ingénieurs et de techniciens mozambicains s’inscrit dans le cadre d’action visant à
aider le pays à créer les marchés internes et d’exportation requis pour les
biocombustibles.
Le but est d’appliquer aux pays d’Afrique le modèle brésilien de production durable
de biocombustibles. La production de biocombustibles convient aux terres inutilisées ou
sous-utilisées, souvent dans des régions où la pauvreté rurale est élevée. L’expérience
brésilienne démontre que le secteur peut générer des emplois pour les ménages ruraux
à faible revenu. Afin d’assurer la qualité de ces emplois, toutefois, il faudra cibler le
développement des compétences et d’autres formes de soutien aux communautés
rurales. Pour élever les normes applicables aux nouveaux emplois, il faudra améliorer
l’efficience du secteur d’activité et la productivité des travailleurs ruraux, et élargir la
réserve de compétences de manière à répondre aux exigences de la relance des
activités rurales.
Source: Site Web de Biopact ([Link]); Von Braun et Pachauri, 2006.
4
Pour plus de précisions et des exemples, voir Johanson et Adams, 2004.
5
Pour une analyse approfondie, voir Rivera, 2001.
93
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 4.3
Mesure du coût et du rendement des services
de vulgarisation agricole payants
Les services de vulgarisation payants sont très différents des services publics
gratuits, et doivent systématiquement s’adapter aux conditions locales. En général, ils
sont conçus en fonction de la capacité de cofinancement des agriculteurs. Les modalités
de vulgarisation payante sont diverses: contrats directs d’une durée limitée entre
gouvernements ou municipalités et fournisseurs privés; paiement au prorata des revenus
des agriculteurs ou des bénéfices tirés des récoltes; bons d’échange négociables remis
par le gouvernement aux producteurs à faible revenu; divers services négociés par des
associations agricoles au nom de leurs membres.
Une étude des services de vulgarisation agricole payants effectuée au Nicaragua
analyse le rendement des services de vulgarisation fournis par contrat direct établi entre
les vulgarisateurs et leurs clients, les producteurs versant de modestes honoraires
directement au technicien en échange des services convenus. Les résultats indiquent
que même les agriculteurs pauvres sont prêts à payer ce service, pourvu qu’il soit jugé
utile pour accroître leur productivité.
Au Ghana, la croissance agricole récente ne s’est pas accompagnée
d’améliorations comparables de la productivité agricole. L’amélioration des compétences
techniques était perçue comme un moyen d’améliorer la productivité et a favorisé le
développement de réseaux décentralisés de services consultatifs dans le secteur privé.
Ces services combinent développement technologique, services d’information et de
communication, et liens avec les marchés. L’initiative suscite une volonté de rendre la
pratique des contrats accessible à plus d’institutions afin de diversifier davantage les
mécanismes de vulgarisation.
94
Groupes cibles
218. Par ailleurs, les systèmes de vulgarisation sont devenus plus participatifs, en partie
grâce à des initiatives axées sur le recouvrement des coûts et la sous-traitance des
services de vulgarisation, dont le financement est fonction de la demande de services.
Une typologie simplifiée des modes de vulgarisation est présentée au tableau 4.1. Dans
la réalité, toutefois, bien des approches coexistent et se complètent.
219. Deux formes de vulgarisation par le secteur privé méritent une attention
particulière. Premièrement, les associations de producteurs s’emploient à améliorer le
rendement des organisations locales de producteurs, notamment leur capacité de fournir
des services aux agriculteurs pour améliorer leurs capacités techniques et leur savoir-
faire en gestion financière et commerciale, marketing et sensibilisation 6 . Il s’agit d’un
moyen rentable d’atteindre les entrepreneurs ruraux. Les organisations de producteurs
présentes dans les collectivités rurales éloignées se sont multipliées et, dans bien des
pays, elles sont déjà une source importante d’accès à la formation en matière de
compétences rurales.
6
Les coopératives sont une forme importante d’association de producteurs «appartenant aux membres». Leur
rôle en matière d’information, de développement des compétences, d’accès aux marchés et d’autres contributions
importantes à la productivité agricole est examiné dans le rapport Promouvoir l’emploi rural pour réduire la
pauvreté (CIT, 2008a, chap. 4).
95
Améliorer les aptitudes professionnelles
96
Groupes cibles
Encadré 4.4
Formation pour la démarginalisation économique
des populations rurales (TREE)
Le programme TREE de l’OIT est une trousse multimédia de formation au niveau
communautaire destinée à favoriser la génération de revenus et la création d’emplois.
Mis en œuvre avec des partenaires locaux et nationaux au Pakistan (Province frontalière
du Nord-Ouest) et aux Philippines (Région autonome du Mindanao musulman-ARRM),
le programme TREE bénéficiait aux groupes les plus marginalisés de la société – les
pauvres en milieu rural, particulièrement les femmes, les jeunes hommes privés de leurs
droits et les personnes handicapées qui avaient perdu leurs moyens de subsistance
dans un conflit régional. Ces groupes n’avaient pas accès à des possibilités de formation
et de développement des compétences qui auraient pu les aider à se trouver un emploi.
Le programme TREE visait à inventorier les possibilités économiques locales, à
concevoir et offrir une formation au niveau communautaire et à fournir des services de
suivi après la formation. Le programme était adapté aux caractéristiques socioculturelles
et aux conditions locales de chaque pays.
Le programme TREE a été mis à l’essai; l’évaluation indépendante dont il a fait
l’objet (décembre 2007) a révélé que la formation a donné d’excellents résultats, tant
pour les hommes que pour les femmes. Aux Philippines, par exemple, selon les études
effectuées à l’aide d’indicateurs, 94 pour cent des personnes interrogées ont attribué
leurs activités économiques existantes à la formation reçue dans le cadre du
programme. Au Pakistan, les programmes d’alphabétisation incorporés au programme
TREE ont grandement amélioré la capacité des participants de bénéficier de la formation
professionnelle reçue. Environ 56 pour cent des participants au programme
d’alphabétisation ou de développement des compétences étaient des femmes.
D’autres enseignements sont tirés de l’adaptation du programme TREE au travail de
coopération technique en cours dans d’autres pays – Burkina Faso, Madagascar, Niger,
Népal et Sri Lanka.
97
Améliorer les aptitudes professionnelles
98
Groupes cibles
qui ont abandonné l’école, qui ont travaillé étant enfants, qui vivent en milieu rural ou
qui dépendent de l’économie informelle, et les jeunes femmes.
230. Selon les conclusions sur la promotion de voies d’accès au travail décent pour les
jeunes (BIT, 2005d), la difficulté à trouver un emploi peut être due à plusieurs causes:
manque de qualifications appropriées et de possibilités de formation, faible demande des
compétences acquises par la formation, évolution de la demande sur le marché du travail.
D’où de longues périodes de recherche d’emploi, plus de chômage et des périodes
prolongées de travail précaire ou peu spécialisé. Les conclusions préconisent des
interventions ciblées pour surmonter ces obstacles et pour favoriser l’inclusion sociale et
plus d’équité.
231. Pour les jeunes, comme pour tous les travailleurs, une croissance économique
soutenue, étayée par une politique économique saine, est primordiale pour créer des
possibilités d’emplois valables. Les évaluations effectuées montrent qu’en l’absence
d’emplois et de possibilités sur le marché du travail bien des programmes de formation
des jeunes chômeurs ne contribuent pas à accroître les taux d’emploi et les revenus de
ces derniers (Bennell, 1999). Ces constatations font douter des possibilités d’aider les
jeunes défavorisés des pays en développement à accéder à un travail productif décent.
232. Cette section traite des moyens de rendre la formation plus accessible aux jeunes
défavorisés et génératrice d’emplois plus productifs. En conclusion, elle attire l’attention
sur le rôle des institutions et des acteurs dans la mise en œuvre de ces solutions. Cette
section pousse plus loin l’examen de l’application des politiques et programmes visant à
favoriser l’emploi des jeunes effectué en novembre 2006 par la Commission de l’emploi
et de la politique sociale du Conseil d’administration (BIT, 2006k) 8 .
99
Améliorer les aptitudes professionnelles
et de la formation est à l’origine du travail des enfants, des emplois médiocres et mal
rémunérés, ainsi que du cercle vicieux de la pauvreté et de l’exclusion sociale (BIT,
2005e).
Tableau 4.2. Taux moyens de fréquentation scolaire, selon le sexe (en pourcentage)
235. Les possibilités et les risques qui se présentent à un stade de la vie influent sur le
passage au stade suivant. D’où la nécessité de s’attaquer dès leur apparition aux
difficultés auxquelles font face les enfants et les jeunes. Bien des acteurs ont un rôle à
jouer à cet égard: autorités nationales et locales, partenaires sociaux, membres de la
société civile, sans compter les jeunes eux-mêmes. Un défi de taille consiste à établir des
politiques et programmes d’éducation et de formation qui permettent aux jeunes
défavorisés de sortir du cercle vicieux d’une éducation de base insuffisante et d’une
faible productivité et qui facilitent leur passage à une vie active décente.
236. Les liens entre le travail des enfants et les difficultés d’emploi des jeunes sont
nombreux, et l’éducation et la formation peuvent faire beaucoup pour alléger ces deux
problèmes à la fois. Les enfants qui travaillent ne peuvent bénéficier des programmes
d’éducation et de formation qui pourraient les aider, rendus à l’âge adulte, à accéder à de
bons emplois. Les familles pauvres attachent souvent plus de prix au revenu immédiat
tiré du travail de leurs enfants qu’au revenu que ces derniers pourraient tirer plus tard de
leur travail grâce à l’éducation et à la formation (Freedman, 2008). Un défi d’envergure
consiste à trouver les moyens d’inciter les familles à renoncer au travail des enfants, et à
assurer plutôt à ces derniers l’éducation et la formation dont ils ont besoin pour accéder à
un travail décent 9 .
237. Lorsqu’ils ne sont plus exposés à des conditions de travail dangereuses, les enfants
sont-ils bien équipés pour accéder à de bons emplois à l’âge adulte? En 2003, le
Programme international de l’OIT pour l’abolition du travail des enfants (IPEC) a
examiné les initiatives qu’il appuyait en matière d’éducation informelle et de
développement des compétences dans neuf pays 10 . L’examen a révélé que, dans certains
9
Certaines initiatives de lutte contre le travail des enfants intègrent éducation et autres sources de
revenus pour les familles: au Brésil, le Programa de Erradicação do Trabalho Infantil (programme
pour l’abolition du travail des enfants) prolonge la durée de la scolarisation, limitant ainsi le temps
disponible pour le travail (Tabatabai, 2006). Au Kenya, on aide les parents d’enfants qui travaillent à
créer des activités génératrices de revenus en remplacement du revenu apporté par les enfants et on
rend l’éducation plus accessible à ces derniers (BIT, 2004d, p. 25). En Afrique orientale, on améliore
l’éducation des enfants employés à des travaux agricoles dangereux, tout en donnant aux familles les
compétences et subventions requises pour entreprendre des activités génératrices de revenus (BIT,
2006n, p. 5). Le fait de combiner une éducation de qualité et des programmes d’alimentation dans les
écoles, et de prévoir des incitations financières peut également décourager le travail des enfants. Les
programmes d’aide financière assortie de conditions visent à assurer aux familles pauvres des
versements réguliers à la condition qu’elles s’acquittent de certaines obligations, comme d’envoyer
leurs enfants à l’école et de les faire vacciner. Bien que la lutte contre le travail des enfants soit
rarement l’un de leurs objectifs, ces programmes sont efficaces à cet égard (Tabatabai, 2006, p. vii).
10
Bangladesh, Cambodge, Colombie, Inde, Kenya, Pérou, Philippines, Sénégal et Turquie.
100
Groupes cibles
11
Les centres offraient de la formation en aviculture, engraissement des veaux, élevage de bétail, transformation
des aliments, culture potagère, artisanat et travail du cuir.
101
Améliorer les aptitudes professionnelles
les diplômés sont incorporés au programme NOAS. Plus de 21 000 jeunes ont
bénéficié du NOAS à ce jour (Brewer, 2004, pp. 43 et 116).
240. Les jeunes sortis de l’école trouvent leur subsistance dans l’économie informelle.
Dans son Rapport sur l’emploi dans le monde 1998-99 consacré à la formation, l’OIT
souligne que les stratégies de formation antérieures dans les pays en développement ont
l’inconvénient majeur de se concentrer uniquement sur les besoins de l’économie
formelle, bien que l’économie informelle la devance largement quant à l’emploi total et
aux nouveaux emplois générés.
241. Comme on l’a souligné à la section 2.4, l’apprentissage traditionnel est la
principale source de compétences pour l’économie informelle. Le système
d’apprentissage informel traditionnel peut être un bon moyen de développement des
compétences dans l’économie informelle, où la plupart des entrepreneurs du sous-secteur
de la microentreprise ont eux-mêmes acquis leur savoir-faire. Toutefois, l’apprentissage
se limite souvent aux compétences pratiques nécessaires à l’exercice d’un métier,
acquises en général par l’observation et la répétition de tâches exécutées par un
travailleur d’expérience. Pour mieux contribuer à accroître l’employabilité, il faut une
combinaison de formation pratique et de connaissances théoriques. Par exemple, au
Nigéria, le programme d’apprentissage évoqué précédemment offre des cours théoriques
le samedi comme complément à la formation pratique reçue. Le mieux est d’intégrer
apprentissage et scolarisation pour que les jeunes soient motivés à terminer leurs études
et à acquérir les compétences de base requises pour travailler et pour se débrouiller
dans la vie. Enfin, un système de validation des compétences acquises par l’apprenti
– reconnu par les employeurs dans d’autres localités et dans l’économie informelle –
peut faciliter le passage à la vie active dans l’économie informelle. Les initiatives
nationales prises pour améliorer la qualité de la formation en apprentissage, comme
celles de plusieurs pays d’Afrique occidentale, combinent ainsi développement des
compétences de base, services d’emploi et reconnaissance.
242. Il faut accorder une «deuxième chance» aux personnes qui ont quitté l’école parfois
avant d’avoir appris à lire, écrire et compter, et qui végètent dans l’économie informelle
dans un travail mal rémunéré n’exigeant aucune qualification. Ce besoin se fait
grandissant dans tous les pays, peu importe leur niveau de développement. Pour les
jeunes et d’autres personnes confrontées au chômage de longue durée, les programmes
de type «deuxième chance» offrent une solution de remplacement à l’exclusion du
marché du travail et au chômage à long terme. Un examen des programmes Deuxième
Chance montre qu’ils doivent non seulement fournir des compétences techniques, mais
également remédier au manque d’instruction et enseigner les compétences requises au
travail comme dans la vie quotidienne (Banque mondiale, 2006). L’expérience espagnole
montre également combien il est important que les employeurs acceptent les placements
de jeunes et organisent le temps de travail en fonction des cours, du tutorat et d’autres
formes de soutien (encadré 4.5).
102
Groupes cibles
Encadré 4.5
Le programme Deuxième Chance offert
dans les villes d’Espagne
L’Association européenne des villes des écoles de la deuxième chance rend compte
de l’expérience tentée dans quatre villes espagnoles – Bilbao, Cadix, Gijón et Barcelone.
A Bilbao, le programme est divisé en phases, la proportion de cours diminuant et la
proportion d’ateliers, de tutorat et de travail en entreprise augmentant sur une période de
deux ans. Le programme bénéficie de la contribution locale active de la Confédération
des entreprises basques. A Cadix, le programme est soutenu et promu par l’Université
de Cadix, en collaboration étroite avec le conseil municipal. L’association reconnaît la
contribution des employeurs à la popularité des programmes Deuxième Chance – qui
ont aidé les jeunes à passer à la vie active en accueillant étudiants et stagiaires, et en
assouplissant leur temps de travail pour intégrer davantage de formation technique et
des services de soutien personnalisés.
Source: Association européenne des villes des écoles de la deuxième chance, 2007.
103
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 4.6
Bangladesh – Aider les filles et les jeunes femmes
à accéder à l’instruction secondaire et à la formation
Le Programme d’aide à la scolarisation des filles au secondaire, financé par
l’Association internationale de développement (IDA), a donné suite aux efforts déployés
e e
par le gouvernement en vue de rendre l’éducation secondaire (de la 6 à la 10 année)
plus accessible aux filles dans les régions rurales. Elles et leurs familles ont reçu des
allocations en espèces couvrant les frais d’inscription et dépenses personnelles. Cette
mesure incitative était combinée à des efforts visant à accroître la proportion
d’enseignantes, à investir dans des installations d’approvisionnement en eau et
d’assainissement, et à améliorer la participation des collectivités locales en incorporant
des compétences professionnelles dans la formation.
Dès 2005, les filles représentaient 56 pour cent des élèves des écoles secondaires
dans les régions desservies par le programme, contre 33 pour cent en 1991. Leur taux
de fréquentation a grimpé à 91 pour cent, dépassant celui des garçons (86 pour cent).
Dans l’ensemble, l’accès à l’éducation secondaire pour les filles a connu une
amélioration remarquable, le nombre des filles inscrites étant passé de 1,1 million en
1991 à 3,9 millions en 2005. Elles sont de plus en plus nombreuses à venir de régions
défavorisées ou éloignées.
Source: IDA, 2007.
246. La discrimination fondée sur l’ethnicité ou la caste, très répandue, ajoute aux
difficultés d’accès à l’éducation rencontrées par les filles et aux difficultés d’emploi dues
au sexisme rencontrées par les jeunes femmes. Au Guatemala, seulement 26 pour cent
des filles autochtones non hispanophones terminent leurs études primaires, contre
62 pour cent des filles hispanophones. En Slovaquie, seulement 9 pour cent des filles
tziganes font des études secondaires, contre 54 pour cent des filles slovaques (Lewis et
Lockheed, 2007). Au Viet Nam, 19 pour cent des filles des minorités ethniques ne vont
pas à l’école contre 2 pour cent des filles vietnamiennes (Morris, 2006). Il faut élaborer
et mettre en œuvre à l’échelle locale des politiques précises, combinées à des campagnes
de sensibilisation, pour assurer un accès plus équitable à l’éducation et, par le fait même,
à la formation et à l’emploi pour les groupes minoritaires, en particulier les filles et les
jeunes femmes appartenant à ces groupes.
247. Les programmes et politiques pour les jeunes défavorisés donnent les meilleurs
résultats lorsqu’ils s’attaquent aux causes du handicap visé – situation géographique
éloignée, économie informelle, manque d’éducation de base, discrimination, etc. Des
politiques actives du marché du travail et des politiques macroéconomiques s’imposent
également. Des pratiques optimales se dégagent, toutefois, d’un éventail de projets
ciblant différents groupes de jeunes. Dans une analyse exhaustive de l’impact de projets
de formation sur de jeunes femmes et jeunes hommes, Brewer (2004) résume les
caractéristiques fondamentales des pratiques optimales en matière de formation des
jeunes défavorisés: collecte de données et recensement des populations marginalisées;
évaluations fondées sur les besoins; composantes de formation; services de soutien
social et relatifs au marché du travail (y compris conseils et orientation
professionnelle) 12 ; soutien financier; infrastructure matérielle; coordination, coopération
et engagement (p. 34).
12
Pour une analyse des bonnes pratiques en matière d’orientation professionnelle, voir Hansen, 2006. Sur la base
de ces travaux de recherche, des matériels d’orientation professionnelle ont été mis au point dans le cadre de
projets de l’OIT en Ethiopie, en Indonésie et aux Philippines.
104
Groupes cibles
13
Le Réseau pour l’emploi des jeunes (YEN) a été établi en 2001. Les priorités des plans d’action nationaux sont
au nombre de quatre: employabilité, égalité des chances pour les jeunes hommes et les jeunes femmes, esprit
d’entreprise et création d’emplois.
14
Pour plus d’information sur les programmes de type Chile Joven en Amérique latine, voir Bennell, 1999,
p. 37; Brewer, 2004, pp. 29 et 86-88; Godfrey, 2003, p. 40; BIT, 1999, p. 181; BIT, 2000c, pp. 28-30; BIT,
2004b, p. 34; et O’Higgins, 2001, p. 139.
105
Améliorer les aptitudes professionnelles
dont les ministères de l’Education et du Travail, doivent être recherchées à tous les
niveaux d’éducation, de formation et d’apprentissage permanent.»
252. Pour conclure, les stratégies efficaces d’amélioration de l’employabilité des jeunes
visent à agir sur plusieurs fronts: développement des compétences, expérience de travail
et prestation de services relatifs au marché du travail. Elles mobilisent les ministères
gouvernementaux compétents, les organisations d’employeurs et de travailleurs et
d’autres organismes, ainsi que les jeunes marginalisés. Ces approches globales au
développement des compétences et à la création d’emplois décents pour les jeunes
doivent s’inscrire dans un climat macroéconomique sain et porteur qui stimule
l’investissement, la croissance économique et la multiplication des possibilités d’emploi.
Il n’y a pas de raccourci pour améliorer les possibilités de développement des
compétences au profit des jeunes défavorisés. Toutefois, les leçons tirées de l’expérience
et les conclusions des discussions tripartites sur le développement des compétences
comme composante de l’emploi des jeunes (BIT, 2005d; BIT, 2004e) forment un plan
directeur pour l’action collective à mener.
106
Groupes cibles
handicapées ont un accès très limité à l’éducation et à la formation qui pourraient les
aider à améliorer leur productivité, leur employabilité et leurs chances de gagner un
revenu.
257. Les femmes et les filles handicapées sont victimes d’une double discrimination en
matière d’éducation, de formation et d’emploi dans toutes les cultures et à tous les
niveaux de développement. Des progrès importants ont été accomplis relativement aux
taux d’alphabétisation et aux niveaux d’éducation en général, mais ils profitent rarement
aux filles et aux femmes handicapées. Une attitude commune persiste selon laquelle une
femme handicapée a peu d’espoir de se marier ou d’avoir des enfants, ou d’obtenir un
emploi décent, alors qu’il est plus communément admis qu’un homme, malgré son
handicap, est capable de gagner un revenu et de faire vivre une famille. Cette différence
d’attitude est lourde de conséquences pour l’accès des femmes à l’éducation et à une
formation appropriée (Biasiato, 2007).
258. Le déficit global annuel du PIB (au titre des avantages sociaux payés aux personnes
handicapées et de la perte de potentiel productif qu’elles représentent) dû aux handicaps
est énorme (Metts, 2000). Au Royaume-Uni, on estime à 13 milliards de livres la
contribution potentielle des personnes handicapées à l’économie si leur taux d’emploi
était comparable à la moyenne nationale; l’économie britannique enregistrerait une
croissance de 35 milliards de livres d’ici à 2020 si les compétences des personnes
handicapées étaient développées pour atteindre des niveaux de classe mondiale (Evans,
2007).
259. Dans bon nombre de pays développés, la population active vieillit, ce qui signifie
qu’une proportion croissante aura des incapacités liées à l’âge, et que le recrutement et le
maintien en poste de personnes handicapées auront donc de plus en plus d’impact sur la
productivité nationale. C’est particulièrement le cas dans les pays où il y a déficit de
main-d’œuvre qualifiée. «Les faibles taux d’emploi des handicapés ... sont de plus en
plus préoccupants pour des raisons d’efficience macroéconomique, laquelle consiste à
tirer parti de ressources humaines largement sous-utilisées» (OCDE, 2003).
260. Les preuves du déficit de compétences chez les personnes handicapées
s’accumulent, bien des pays cherchant à les «activer» en introduisant, par exemple, des
initiatives d’aide sociale au travail (OCDE, 2003). Même lorsque des systèmes de quotas
sont en place pour accroître les possibilités d’emploi dans le secteur formel de
l’économie pour les personnes handicapées, les déficits de compétences demeurent un
obstacle. En Thaïlande, par exemple, entre 1996 et 1998, plus de 9 000 postes vacants
réservés annuellement aux handicapés n’ont pu être comblés par le Service public de
l’emploi (BIT, 2003d). En Allemagne, le niveau des quotas a récemment été abaissé de
6 à 5 pour cent parce que les personnes handicapées qualifiées pour occuper les postes
disponibles n’étaient pas assez nombreuses.
261. Sur le marché libre, les personnes handicapées atteignent souvent des niveaux de
productivité élevés, démontrant ainsi qu’elles sont «rentables» à employer (Zadek et
Scott-Parker, 2001). Une enquête menée auprès des employeurs australiens révèle que
les employés handicapés se classent moins bien que les employés ordinaires pour
certains facteurs de productivité (rapidité et précision), et mieux pour d’autres facteurs
de productivité (assiduité et congés de maladie) et de maintien des employés
(recrutement, sécurité, frais d’assurance) (Graffam et coll., 2002). Aux Etats-Unis, les
employeurs qui intègrent des travailleurs handicapés dans leur effectif améliorent leur
productivité grâce au maintien en poste de cette catégorie de travailleurs et aux
économies réalisées en indemnisation d’accidents du travail et autres frais d’assurance
(Job Accommodation Network, 2007).
107
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 4.7
Australie: Effets sur le marché du travail des initiatives d’éducation
et de formation professionnelles pour les personnes handicapées
Bridging Pathways, le plan d’action national pour 2000-2005 a été introduit en vue
de créer un système d’éducation et de formation professionnelles érigé en pratique
exemplaire internationale en matière d’équité pour les personnes handicapées. Plus
précisément, le plan d’action vise à rendre l’éducation et la formation professionnelles
plus accessibles aux personnes handicapées, à améliorer leur participation et leurs
chances de réussite dans tous les domaines et niveaux d’étude, et à atteindre des
résultats en emploi et en formation continue qui leur permettent d’accroître leur
contribution à la vie économique et sociale de la collectivité. Prenant acte du fait que le
taux d’emploi des personnes handicapées ayant ainsi été éduquées et formées demeure
inférieur, avant comme après la formation, à celui de la population générale, on a
introduit une version révisée du plan directeur Bridging Pathways en 2004. Ce plan
directeur fait valoir les progrès accomplis mais avec cette réserve: «malgré les
réalisations accomplies ici et là, les résultats significatifs recherchés en matière d’emploi
se font attendre».
Source: Australian National Training Authority, 2004, p. 19.
264. La formation dans des centres spéciaux prédominait dans les premières initiatives
de réadaptation professionnelle, qui privilégiaient des installations de formation séparées
et réservées aux personnes handicapées. Ces établissements – dont des ateliers protégés
dispensant une formation axée sur la production – sont toujours en activité tant dans les
pays développés que dans les pays en développement.
265. On a répété maintes fois que les ateliers protégés ont pour objectif d’accroître la
«capacité de travail» des personnes handicapées pour qu’elles puissent obtenir un emploi
ailleurs une fois formées et réadaptées. Toutefois, l’emploi protégé a très peu d’effet sur
la productivité des personnes handicapées et sur leur intégration dans la société (Murphy
et Rogan, 1995). Dans bien des pays, il a fallu ainsi établir des cibles pour le passage de
la formation sur un lieu de travail protégé à un emploi normal et remanier profondément
le fonctionnement des centres de formation destinés aux personnes handicapées,
notamment en adaptant mieux les cours offerts aux exigences du marché du travail et en
108
Groupes cibles
faisant en sorte que les cours soient conformes aux normes de validation nationales
(encadré 4.8).
Encadré 4.8
Trinité-et-Tobago
A Trinité-et-Tobago, le Centre national pour les personnes handicapées offre des
programmes de formation de deux ans dont les cours diversifiés sont validés par la
Commission nationale d’examen du ministère de l’Education. Outre les compétences
techniques, les matières enseignées – rattrapage en arithmétique, lecture et écriture,
informatique et aptitudes à la vie quotidienne – permettent aux personnes handicapées
d’acquérir les aptitudes sociales et compétences professionnelles qui amélioreront leur
employabilité sur le marché libre du travail. Les stagiaires commencent par suivre un
programme d’évaluation professionnelle et parfois aussi le programme d’adaptation au
travail permettant d’adopter la bonne attitude au travail et d’acquérir des compétences
de base améliorant l’employabilité. Les diplômés des programmes sont orientés vers des
programmes de formation ou d’apprentissage et bénéficient du soutien et des conseils
requis, avant d’être employés par des entreprises locales. Les diplômés bénéficient de
l’orientation et des conseils dont ils ont besoin tout au long de leur apprentissage, pour
devenir employés à plein temps ou à temps partiel. Plus de 55 pour cent d’entre eux
trouvent un emploi sur le marché libre et certains se mettent à leur compte.
Source: Centre national pour les personnes handicapées de Trinidad, 2006.
266. La formation des personnes handicapées en entreprise est encouragée par des
subventions publiques et des modifications du lieu de travail propres à inciter les
personnes handicapées à prendre un emploi normal «assisté». Cette méthode de
formation inclut l’encadrement et le soutien dont les handicapés ont besoin dans le cadre
d’un emploi normal. Des recherches révèlent qu’elle donne de meilleurs résultats que
d’autres programmes de réadaptation (Frölich et coll., 2004; PricewaterhouseCoopers,
2006). Elle est également rentable: au Royaume-Uni, le groupe Remploy (qui fournit des
services aux personnes handicapées) dépense en moyenne ce qu’il lui en coûtait pour
employer une personne handicapée dans un travail protégé pendant un an pour aider
quatre personnes à trouver un emploi normal (Remploy, 2007). A mesure qu’il ferme ses
ateliers protégés, le groupe Remploy prévoit de quadrupler le nombre des personnes
qu’il pourra placer chaque année dans des emplois normaux de qualité.
267. Les partenariats que les employeurs ont établis avec les centres locaux de
formation et de services à l’emploi se révèlent très efficaces en permettant aux personnes
handicapées d’acquérir des compétences en demande sur le marché du travail. Plusieurs
niveaux de formation sont offerts, depuis les compétences de base améliorant
l’employabilité jusqu’aux qualifications plus avancées requises par l’employeur. Au
Canada, par exemple, la Banque de Montréal et la Banque Royale y ont souvent recours
pour embaucher des caissiers et préposés au service à la clientèle débutants. Le
gouvernement prend habituellement en charge les coûts, par le canal d’organismes
d’aide sociale, et la formation est fournie par ces organismes en collaboration avec un
établissement d’enseignement régional. En République de Corée, plusieurs employeurs
collaborent avec la KEPAD (Korea Employment Promotion Agency for the Disabled) au
placement et à la formation de travailleurs handicapés, la KEPAD se chargeant du
recrutement et de la formation préalable à l’emploi des travailleurs handicapés, ainsi que
des conseils en aménagement du lieu de travail, tandis que les sociétés se chargent de la
formation sur le tas (BIT, 2007h). Les employeurs trouvent bien des avantages à cette
formule: économies de temps pour le recrutement; économies d’argent pour la formation;
taux de départs des employés et coûts de recrutement et de recyclage connexes moindres;
109
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 4.9
Cambodge
Au Cambodge, sous les auspices du projet APPT (Atténuation de la pauvreté grâce
à la formation dispensée par les pairs), des personnes handicapées (ayant une mobilité
réduite ou une déficience visuelle) qui veulent créer leur propre entreprise dans le
secteur informel ont reçu une formation dans des entreprises déjà établies. Au total,
511 personnes handicapées (dont 290 femmes) ont été formées et 423 (dont
248 femmes) ont créé leur entreprise, tandis que 74 autres participants ont amélioré la
leur. Grâce à un simple apprentissage par la pratique, l’APPT a répondu aux besoins
particuliers en développement de compétences des personnes handicapées dans des
localités rurales d’un pays en développement. Le projet était axé sur les compétences et
pratiques en usage dans les entreprises ayant réussi. Une planification soigneuse a
permis d’éviter d’inonder les marchés d’entreprises nouvelles offrant des produits ou
services similaires. Des ONG ont adopté depuis la stratégie de l’APPT, en assurant ainsi
la continuité, dans l’immédiat du moins. Tout au long du projet, des représentants du
gouvernement ont pu se familiariser avec les difficultés rencontrées par les personnes
handicapées en matière de formation et d’emploi et avec les solutions proposées par
l’APPT pour y remédier.
Source: BIT, 2008b.
270. Les politiques actives du marché du travail permettent également aux personnes
handicapées d’acquérir des compétences en demande. Jusqu’à maintenant, cela est
particulièrement le cas dans les pays de l’OCDE. Au Canada, par exemple, les Ententes
sur le marché du travail visant les personnes handicapées sont conçues pour aider les
personnes handicapées à surmonter les obstacles les empêchant d’accéder au marché du
travail et à trouver un emploi (encadré 4.10). Des ententes sont conclues entre le
gouvernement fédéral et chaque province ou territoire à l’appui d’une gamme diversifiée
de programmes et services: tutorat et mentorat en cours d’emploi; formation préalable à
l’emploi et amélioration des compétences; éducation postsecondaire; appareils et
110
Groupes cibles
Encadré 4.10
Work Foundations, Alberta, Canada
Dans la province d’Alberta, au Canada, le programme Work Foundations (les
fondements du travail), qui est offert à tous les Albertains, y compris aux personnes
handicapées, permet aux participants d’acquérir les compétences de base nécessaires à
la poursuite d’une formation professionnelle ou à la recherche d’un emploi. Le
programme Training for Work (formation à l’emploi) aide les Albertains au revenu
modeste à acquérir les compétences professionnelles, les connaissances de base ou les
compétences en demande requises pour obtenir un emploi et devenir indépendants. Sur
les 1 300 Albertains handicapés qui ont participé au programme 2005-06, 70 pour cent
ont achevé leur formation, dont 51 pour cent ont trouvé un emploi ou se sont mis à leur
compte dans les trois mois qui ont suivi. L’Alberta Provincial Board for Persons with
Developmental Disabilities finance diverses initiatives, dont la préparation à l’emploi, qui
vise à aider les personnes à acquérir des compétences professionnelles et à explorer le
monde du travail, et l’aide au placement qui aide les personnes à conserver un emploi
ou à réussir comme travailleur indépendant.
Source: Gouvernement provincial d’Alberta, 2006.
271. Mal conçue, la législation sur les handicaps peut néanmoins empêcher les
personnes handicapées d’accéder à l’emploi et donc de devenir des membres productifs
de la population active. Par exemple, au Viet Nam, les restrictions toujours imposées au
nombre d’heures (sept) qu’une personne handicapée peut travailler par jour dissuadent
les employeurs d’embaucher des handicapés, leur capacité de travail et leur productivité
étant automatiquement inférieures. Aux Etats-Unis et en Australie, les taux d’emploi des
personnes handicapées ont chuté après l’introduction de l’Americans with Disabilities
Act [loi sur les Américains handicapés] et de l’Australian Disability Discrimination Act
[loi sur la discrimination fondée sur le handicap] (Stapleton et Burkhauser, 2003;
Australian Public Service Commission, 2006). Les garanties offertes par ces lois ont sans
doute dissuadé les employeurs de recruter des travailleurs handicapés. Toutefois, la
législation antidiscrimination aux Etats-Unis pourrait avoir des retombées bénéfiques
pour l’emploi des jeunes handicapés, qui ont de meilleures chances d’achever leurs
études et de suivre une formation s’ils font face à moins de discrimination (Imparato,
2002).
272. En résumé, le développement des compétences des personnes handicapées peut
améliorer leur capacité d’obtenir un emploi dans l’économie formelle, là où il y a des
emplois, ou d’accroître leur capacité de générer un revenu dans l’économie informelle, là
où les emplois formels sont rares. La formation sur le tas se révèle plus efficace que la
formation en établissement, bien que les centres spécialisés offrant une formation
pertinente et de qualité, validée par un certificat, et des services de soutien de suivi
obtiennent d’excellents résultats relativement au placement des diplômés. Bon nombre
de pays ont récemment adopté une politique d’intégration dans la formation ordinaire,
dont l’efficacité reste encore à prouver toutefois. Le but premier de la formation est
d’accroître sa productivité et son revenu grâce à un emploi formel de qualité. La
formation ciblée – pourvu qu’elle soit bien conçue et qu’elle s’accompagne des services
d’emploi appropriés – peut faire beaucoup pour accroître la capacité des personnes
handicapées à obtenir un emploi ordinaire. Comme dans le cas des autres groupes cibles
traités dans ce chapitre, les personnes handicapées ont des besoins divers en matière de
soutien: certaines peuvent bénéficier d’une formation inclusive, moyennant certains
111
Améliorer les aptitudes professionnelles
aménagements raisonnables; tandis que d’autres ont besoin de plus de soutien et parfois
d’une formation ciblée ou séparée.
15
Ghose et coll. (2008) analysent les données sur les immigrants et les expatriés enregistrées dans la base de
données de l’OCDE ([Link] et recueillies par Barro et Lee (2000). Dans les statistiques sommaires
citées, les pays en développement incluent les pays les moins avancés.
112
Groupes cibles
Encadré 4.11
La problématique hommes-femmes dans les migrations
Dans son résumé du Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le
développement (octobre 2006), l’Assemblée générale de l’ONU note que la moitié
environ de tous les migrants internationaux sont des femmes et que les femmes, comme
les hommes, migrent pour améliorer leurs moyens de subsistance. «Toutefois, la
migration comporte également des risques qui sont souvent plus graves pour les
femmes que pour les hommes, particulièrement lorsque les femmes sont reléguées à
des emplois peu attrayants et mal rémunérés. Il importe donc d’adopter des politiques
qui tiennent compte de la situation et l’expérience particulières des migrantes et qui les
protègent mieux de l’exploitation et des mauvais traitements.» (Nations Unies, 2006b,
p. 4).
Des recherches menées récemment sur les inégalités entre les sexes dans les
migrations de main-d’œuvre qualifiée aboutissent à la conclusion que les femmes sont
sous-représentées dans la main-d’œuvre hautement qualifiée. Cette disparité entre
hommes et femmes est en corrélation très significative avec l’inégalité des sexes quant
au niveau d’instruction dans les pays d’origine (Docquier et coll., 2007).
En général, les travailleurs migrants sont plus susceptibles que les résidents des
pays d’accueil d’obtenir un emploi pour lequel ils sont surqualifiés. Cette tendance est
particulièrement frappante chez les femmes (OCDE, 2007b).
16
Voir en particulier Nations Unies, 2005; Nations Unies, 2006a et Nations Unies, 2006b; Forum mondial sur la
migration et le développement (2007).
113
Améliorer les aptitudes professionnelles
y voit là un moyen plus rapide de combler les postes vacants que de former des
travailleurs disponibles sur le marché du travail national.
279. Les migrations internationales de main-d’œuvre s’inscrivent dans les ajustements
structurels en cours dans le monde et devraient se dérouler dans de bonnes conditions.
Certains pays offrent des emplois mieux rémunérés, plus qualifiés ou autrement plus
attrayants que des personnes d’autres pays jugent plus intéressants que les possibilités
offertes sur le marché du travail de leur propre pays. Le choix devient difficile lorsque la
création d’emplois locale fait cruellement défaut. Les migrations sont aussi le résultat
des variations du taux de croissance d’une économie à l’autre: les travailleurs des pays
dont la croissance est plus lente, où leur travail est moins en demande, trouvent du
travail ou un emploi mieux rémunéré dans d’autres pays où la croissance est plus rapide.
Bien des pays accueillent des travailleurs migrants tout en voyant leurs propres
travailleurs qualifiés partir à l’étranger – les premiers prennent des emplois moins
qualifiés, tandis que les seconds vont chercher ailleurs des possibilités d’emploi plus
immédiatement réalisables. Comme on l’a noté précédemment, il en est ainsi dans
certains pays de l’ECO et de la CEI, et dans certains pays en développement comme la
Thaïlande.
280. Pour les pays de destination, la solution qui consiste à remédier à la pénurie de
main-d’œuvre en ouvrant le marché du travail national aux travailleurs étrangers profite
sans doute à court terme aux employeurs en quête de travailleurs. Les migrations
internationales sont sélectives à l’endroit des travailleurs hautement qualifiés. Dans les
pays de l’OCDE, la proportion de travailleurs migrants ayant fait des études supérieures
est passée de 30 pour cent en 1990 à 35 pour cent dix ans plus tard (Docquier et Marfouk,
2005).
281. Toutefois, cette solution à court terme en faveur de la main-d’œuvre étrangère
immédiatement disponible pourrait avoir des conséquences à long terme, les pays de
destination courant le risque de diminuer leurs investissements en formation requis pour
satisfaire la demande de travailleurs plus qualifiés. Il pourrait être préférable
d’harmoniser politique de migration et politique de développement des compétences
pour concilier les impératifs immédiats et les besoins à long terme (voir l’exemple de
l’Irlande dans l’encadré 4.12).
Encadré 4.12
Politique de migration et de développement
des compétences en Irlande
Selon une étude gouvernementale publiée en 2005 sous le titre Skills needs of the
Irish economy: The role of migration, bien que le développement des compétences de la
population résidante demeure la principale source de qualifications et donc la priorité de
l’action gouvernementale, l’immigration contribue à répondre à la demande de
travailleurs hautement qualifiés. L’analyse du recensement de 2006 révèle que la main-
d’œuvre migrante provenant des dix pays de l’Union européenne (UE) visés est
particulièrement représentée dans les secteurs de la fabrication, de la construction et de
l’alimentation et que, dans l’économie à forte croissance, l’immigration n’a pas entraîné
de déplacement de travailleurs irlandais. En janvier 2007, l’Irlande a introduit un double
système de migration: une carte verte autorisant la migration permanente de travailleurs
très qualifiés, et un permis de travail temporaire permettant de remédier aux déficits de
main-d’œuvre à court terme enregistrés dans des secteurs donnés.
Source: Shanahan et Hand, 2008.
114
Groupes cibles
115
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 4.13
Cadre européen des certifications (CEC)
Le CEC est une grille de correspondance des systèmes de validation des
compétences en usage dans les pays membres qui permet aux employeurs et aux
travailleurs de se faire une meilleure idée des qualifications des citoyens de l’Union
européenne. Le cadre vise à favoriser la mobilité et l’apprentissage tout au long de la
vie. Il établit des équivalences entre les qualifications et les certificats délivrés dans
différents pays. C’est un outil de référence qui permet aux employeurs comme aux
travailleurs de comparer les niveaux de qualification de différents pays et de différents
systèmes d’éducation et de formation.
Le CEC comporte huit grandes catégories de compétences ou «niveaux de
référence», depuis les qualifications de base jusqu’aux plus avancées. A chaque
catégorie correspondent des descriptions de ce que les travailleurs doivent savoir et
pouvoir faire, quel que soit le lieu d’obtention de leurs diplômes, qualifications ou
certificats. Cela répond en partie au cas particulier de l’ouverture des marchés du travail
à l’échelle de l’Europe – où la réputation des établissements relativement à la qualité de
la formation ne dépasse pas les frontières. Cela répond également en partie au fait que
les fournisseurs de services de formation se multiplient, le secteur privé répondant de
plus en plus aux nouvelles exigences en matière de formation. Par ailleurs, ce cadre vise
à améliorer l’adéquation de l’offre d’éducation et de formation avec les besoins des
employeurs sur le marché du travail, et à valider les apprentissages non formels et
informels, y compris l’apprentissage sur le tas. Le CEC combine en un seul système la
reconnaissance de l’apprentissage antérieur et de l’apprentissage continu, tant pour les
travailleurs nationaux que pour les travailleurs migrants, et couvre l’ensemble des
certifications délivrées, depuis celles qui sont acquises pendant la scolarité obligatoire
jusqu’à celles acquises dans les établissements d’enseignement supérieur et de
formation professionnelle.
Source: [Link]
Encadré 4.14
La reconnaissance des compétences dans les Caraïbes
Le Marché unique des Caraïbes (CSME) vise à remédier aux déficits de main-
d’œuvre et à mettre un frein aux migrations vers des pays situés en dehors des
Caraïbes en permettant la libre circulation de la main-d’œuvre, en complément des
accords sur la libre circulation de biens, de services et de capitaux. La loi de
la CARICOM sur la libre circulation des personnes (2006) autorise la libre circulation de
certaines catégories de main-d’œuvre qualifiée (comme en attestent des certificats de
compétences reconnus), pour inclure progressivement celle de toutes les personnes d’ici
à 2009. La CARICOM a adopté plus de 100 normes professionnelles pour instituer un
cadre régional de qualifications. Contrairement au CEC (encadré 4.13), les écoles et
centres de formation dans chacun des pays membres délivrent les mêmes certificats de
qualifications. Les organismes régionaux d’accréditation sont chargés d’évaluer les
qualifications en vue de leur équivalence, pour favoriser la libre circulation dans la
région, à commencer par l’accord désormais conclu sur l’accréditation pour l’éducation
dans les professions de la santé.
Source: McArdle, 2007.
116
Groupes cibles
17
ANASE: Association des nations de l’Asie du Sud-Est; MERCOSUR: Marché commun du Sud; CEDEAO:
Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest; et UEMOA: Union économique et monétaire ouest-
africaine.
117
Améliorer les aptitudes professionnelles
292. Les envois de fonds représentent une part importante des devises dans certains pays
en développement. Il s’agit de virements privés – les épargnes que les travailleurs
migrants envoient à leurs familles et qui sont placées dans un logement de meilleure
qualité, l’éducation des enfants et les soins de santé contribuant ainsi à une hausse du
niveau de vie. On s’accorde généralement à dire que les envois de fonds pourraient avoir
une incidence plus marquée sur le développement si les collectivités bénéficiaires
avaient également les capacités requises – compétences techniques, compétences en
entrepreneuriat, environnement économique porteur – pour stimuler l’investissement des
fonds reçus dans les petites entreprises et la création de moyens de subsistance. Des
chercheurs laissent entendre que les envois de fonds proviennent principalement de
travailleurs peu qualifiés. Bien que cela puisse paraître paradoxal, les envois de fonds
dépendent principalement des besoins familiaux au pays, et non des niveaux de revenus
perçus à l’étranger (Lucas, 2005; Katseli et coll., 2006; Faini, 2006).
293. Les services de placement éthiques qui aident les travailleurs à se trouver un
emploi à l’étranger sont une priorité pour la lutte contre l’exploitation des travailleurs
migrants. En outre, ils jouent un rôle grandissant pour la mise en adéquation de l’offre et
de la demande d’emplois d’un pays à l’autre. A cet égard, ils ont besoin d’information
crédible sur les compétences et les qualifications. Dans certains cas, ils fournissent
également de la formation. Ils peuvent organiser et évaluer une formation technique à
l’appui des besoins particuliers des employeurs des pays de destination ou ils peuvent
fournir une formation propre à améliorer l’employabilité dans les domaines des langues,
de la culture, des pratiques de travail, des droits et responsabilités au travail. Du fait de
leur rôle grandissant, des efforts sont déployés pour les aider à observer des pratiques
optimales dans leurs activités de recrutement et de mise en adéquation de l’offre et de la
demande, de manière à atténuer les effets néfastes de la migration de la main-d’œuvre
sur le développement (encadré 4.15).
Encadré 4.15
Les agences d’emploi privées et les migrations
de main-d’œuvre
Les agences d’emploi privées jouent un rôle important dans le fonctionnement des
marchés du travail. Les agences de placement à l’étranger, qui aident les employeurs à
recruter des travailleurs à l’étranger et les travailleurs à migrer en vue d’un emploi, sont
celles qui se répandent le plus vite.
o o
La convention n 181 et la recommandation n 188 de l’OIT sur les agences
d’emploi privées ont été adoptées en 1997 en reconnaissance du rôle grandissant de
ces agences, mais aussi de la nécessité de protéger les intérêts des travailleurs faisant
appel à leurs services. La convention établit les paramètres à appliquer pour la
prestation de services par ces agences.
En 2007, l’OIT a publié un guide des agences d’emploi privées intitulé Guide to
private employment agencies: Regulation, monitoring and enforcement, une initiative
conjointe du Département des compétences et de l’employabilité et du Programme
d’action spécial pour combattre le travail forcé (s’inscrivant dans les principes et droits
fondamentaux au travail). Ce guide peut aider les législateurs nationaux à définir un
o
cadre législatif qui soit conforme à la convention n 181; il propose bien des exemples de
dispositions législatives nationales existantes, tant dans les pays développés que dans
les pays en développement. On y décrit également comment les gouvernements
peuvent appliquer les lois et règlements en vue de protéger les travailleurs migrants de
l’exploitation.
118
Groupes cibles
d’une importance vitale pour le développement économique et social. Sous les auspices
du Programme des activités sectorielles, l’OIT a lancé en 2006 un programme d’action
sur la migration des travailleurs de la santé, en partenariat étroit avec d’autres
organismes de l’ONU (encadré 4.16).
Encadré 4.16
Programme d’action de l’OIT sur la migration internationale
des professionnels de la santé: côté de l’offre
Ce programme d’action, qui a été lancé en 2006, vise à élaborer et à diffuser des
stratégies et des bonnes pratiques pour la gestion des migrations des travailleurs du
secteur de la santé en se plaçant dans la perspective du pays d’origine. Il répond aux
préoccupations exprimées au sujet de la tendance croissante consistant à embaucher
des infirmières et d’autres travailleurs de la santé provenant de pays en développement
pour remédier aux déficits de main-d’œuvre dans ce secteur. En collaboration étroite
avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation internationale pour les
migrations (OIM), le programme vise à aider les pays pilotes participants à pallier les
conséquences de la migration pour les services de santé, et pour les travailleurs
migrants (de plus en plus souvent des femmes) et leurs familles. Les pays pilotes
participants sont le Costa Rica, le Kenya, la Roumanie, le Sénégal et Trinité-et-Tobago.
Dans le cadre du programme, l’OIT donne suite à la création de l’Alliance mondiale
des professionnels de la santé (lancée en mai 2006 sous la houlette de l’OMS) et, de
concert avec le Programme des migrations internationales de l’OIT, à l’Initiative pour une
politique en matière de migration des personnels de santé (lancée en mai 2007 dans le
cadre de l’alliance) afin de trouver des solutions pratiques au problème des migrations
grandissantes de professionnels de la santé des pays en développement vers les pays
développés.
Source: [Link]
295. La table ronde réunie sous le thème Développement du capital humain et mobilité
de la main-d’œuvre: maximiser les opportunités et minimiser les risques à l’occasion du
Forum mondial sur les migrations et le développement (Bruxelles, juillet 2007) a noté
que les déplacements de professionnels qualifiés et formés peuvent rendre les pays
d’origine vulnérables, particulièrement dans les secteurs comme la santé et l’éducation
(BIT, 2004c). Mais on y a également évoqué des recherches effectuées par l’OCDE et
l’OMS, selon lesquelles les migrations sont la principale cause de la faiblesse des
systèmes de soins de santé dans les pays en développement, d’où la nécessité d’élaborer
toute une série de politiques (OCDE, 2007b). Il a été recommandé d’établir une «matrice
de bonnes pratiques pour les pays d’origine et de destination, et des actions à mener de
concert pour les aider à conserver, former et récupérer les personnels de la santé en vue
du développement» (p. 7). De même, à l’issue d’une discussion sur les migrations qui
s’est tenue lors d’une Assemblée générale des Nations Unies (Nations Unies, 2006c), il a
été recommandé de prendre en considération les mesures permettant de retenir les
travailleurs hautement qualifiés, notamment par des conditions équitables de
rémunération et de travail décent, et de favoriser le retour, même temporaire, des
travailleurs qualifiés dans leur pays d’origine. Certains pays ont dit avoir adopté, ou
envisagent d’adopter, un code de conduite «interdisant le recrutement actif de
travailleurs de la santé provenant de pays en développement affectés par des déficits de
main-d’œuvre dans les secteurs de la santé et de l’éducation» (p. 4). Il a été suggéré
également de conclure des accords de coopération en vue de former des travailleurs
qualifiés dans les pays en développement ou de mettre en place des mécanismes
compensatoires.
119
Améliorer les aptitudes professionnelles
297. En résumé, les recherches, l’expérience des politiques, les gouvernements, les
travailleurs et les employeurs mettent en évidence le défi qui consiste à faire en sorte que
les migrations internationales de main-d’œuvre bénéficient à tous – aux travailleurs et
aux employeurs – ainsi qu’au développement socio-économique national. Les principes
relatifs au traitement équitable et à la protection des travailleurs migrants ont été définis
120
Groupes cibles
121
Chapitre 5
1
Depuis 1985, au Viet Nam, le PIB et les exportations de produits manufacturés progressent fortement, le
volume d’IED est important, les exportations sont de plus en plus orientées vers des produits manufacturés à
valeur ajoutée et ne sont plus dominées par des produits primaires, les salaires augmentent tout comme la
demande de personnel qualifié (Henaff, 2008). Le pays a réussi à se diversifier dans des activités manufacturières
de faible niveau technologique, mais pas encore de manière significative dans des secteurs faisant appel à des
technologies de pointe.
123
Améliorer les aptitudes professionnelles
124
Les politiques d’amélioration des compétences: un moteur du développement
2
Imbs et Wacziarg (2003) montrent aussi qu’au-delà d’un certain niveau de revenu le processus de
développement est caractérisé par une augmentation de la spécialisation.
125
Améliorer les aptitudes professionnelles
3
Powell, analysant le cas de Singapour, conclut que: «Put simply, the priority for economic development
determines the process of skills formation» (Powell, 2007, p. 12).
126
Les politiques d’amélioration des compétences: un moteur du développement
311. L’expérience vécue par la République de Corée, le Costa Rica, l’Irlande et le Viet
Nam prouve à quel point il est essentiel qu’une société possède un niveau de
compétences de base pour pouvoir s’engager dans un processus de développement
dynamique. Ces quatre pays avaient atteint un niveau d’éducation de base élevé et un
taux d’alphabétisation des adultes supérieur à 70 pour cent alors que le revenu par
habitant demeurait relativement modeste. Lorsqu’ils ont commencé à s’industrialiser et à
rattraper leur retard, la proportion d’habitants ayant reçu au moins une instruction
primaire était nettement supérieure à la moyenne des pays affichant un PIB par habitant
comparable à l’époque (voir la figure 5.2) 4 . Dans ces pays, le «rattrapage» dans le
domaine de l’éducation a donc précédé le rattrapage technologique. Cela témoigne de la
volonté manifestée par les gouvernements et le secteur privé d’investir une part
importante de leurs maigres ressources dans l’éducation de base, et de soutenir le
développement institutionnel du système d’enseignement et de formation. L’importance
accordée à l’éducation ressort clairement du niveau d’alphabétisation relativement élevé
que ces pays ont réussi à atteindre au cours du processus de développement.
Proportion de personnes ayant suivi des études primaires en Irlande, au Costa Rica,
en République de Corée et au Viet Nam par rapport à la moyenne
des pays affichant un PIB par habitant comparable
Pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus
100,00%
ayant suivi au minimum des études primaires
90,00%
80,00%
70,00%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
Irlande - 1975 Costa Rica - 1975 République de Corée - 1960 Viet Nam - 1990
Part de la population âgée de 15 ans et plus ayant fait des études primaires
Proportion de personnes ayant suivi des études primaires dans des pays affichant un PIB par habitant comparable pendant la période étudiée
Source: On trouvera en annexe la source des données et la liste des pays composant le groupe de référence.
312. Pour pouvoir exploiter les possibilités de développement durable existant au niveau
national et dans le monde, il est nécessaire de renforcer l’aptitude des entreprises et des
pays à transférer des technologies d’une manière compétente, à se diversifier dans des
secteurs de l’économie concurrentiels, à s’implanter sur les marchés internationaux, à
gagner des parts de marché, à faire preuve d’écoefficacité et à protéger le milieu naturel.
Les compétences de gestionnaire et de chef d’entreprise sont indispensables, en plus des
4
Certains pays des groupes témoins qui comptaient eux aussi une forte proportion de la population possédant
une instruction primaire n’ont cependant pas réussi à créer un processus de développement dynamique. Cela va
dans le sens de l’observation générale selon laquelle un bon niveau général d’éducation de base ne suffit pas à
enclencher un cercle vertueux.
127
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 5.1
Signification des capacités sociales
Les aptitudes et compétences des individus sont déterminées par des éléments de
savoir explicites et tacites. Les individus doivent connaître les principes technologiques
et commerciaux, les règlements et les autres règles à suivre (connaissances explicites et
codifiables dites connaissances déclaratives) et être capables de les mettre
correctement en application (grâce à des connaissances tacites ou procédurales). Les
connaissances tacites ne sont pas faciles à codifier et ne peuvent donc être
communiquées et transmises entre les individus que par un processus de
démonstration, d’observation, d’imitation et de mise en pratique.
Les connaissances tacites entrent dans le fonds commun lorsqu’elles sont
partagées entre les membres d’une collectivité et intégrées à des structures telles que
les réseaux, équipes, groupements ou «communautés de pratique». Elles s’expriment
sous la forme d’habitudes, de règles, de principes communs, de conventions, de
règlements, de lois ou de normes. Le développement des capacités sociales implique
donc un important processus de pratique et d’apprentissage sur le tas, de
communication avec les autres au sein des réseaux sociaux (famille, communauté,
entreprise) et d’incorporation des connaissances dans les institutions (par la production
ou l’adaptation de règles, normes, règlements ou conventions) Pour développer les
capacités technologiques, il est important de cerner ce que l’on sait déjà dans le
domaine (connaissances codifiées ou intégrées à des machines), d’apprendre les règles
du transfert de technologie (codifiables) et d’apprendre à appliquer les règles, c’est-à-
dire de savoir comment maîtriser les nouvelles technologies, les adapter aux conditions
locales et exploiter les connaissances (tacites) produites dans le monde par retombée
(Lall 2000). De la même manière, s’agissant de commerce, d’industrie et
d’environnement, les capacités se développent par la pratique, par l’apprentissage des
règles du jeu (codifiées) et par l’apprentissage de leurs modes d’application (tacites).
Source: Polanyi, 1967; Cohen et Levinthal, 1990; Lall, 2000; Nelson et Winter, 1982; North, 1990.
314. Les connaissances tacites ne sont pas faciles à codifier; en revanche, l’expérience
accumulée dans le passé et les concepts communément admis sont incorporés dans des
structures telles que les règles, principes, traditions, conventions ou règlements (Nelson
et Winter, 1982). D’autre part, il appartient aux institutions de transformer les
connaissances tacites individuelles en des connaissances dispensées par la société.
Réseaux, agglomérats d’entreprises ou communautés de pratique mobilisent et diffusent
des connaissances tacites au niveau de l’entreprise, d’un secteur ou de l’économie. En
conséquence, les qualités interpersonnelles, les dons de communication et l’aptitude au
travail en équipe revêtent une importance capitale du fait qu’ils «lubrifient» les
interfaces entre les individus dans leurs cellules ou d’une cellule à l’autre et facilitent la
production et la diffusion de connaissances.
128
Les politiques d’amélioration des compétences: un moteur du développement
5
McCartney explique que le succès d’une politique ne peut être jugé simplement à ses effets statiques ni au
degré de libéralisation des marchés: «Dès lors que nous voyons dans l’économie une entité dynamique et non
statique, et que nous évaluons une politique par rapport à son efficacité dynamique et non statique, la notion que
nous avons d’une bonne politique se révèle beaucoup plus nuancée.» (2004, p. 6). D’où l’idée d’un arbitrage à
faire entre efficacité statique et efficacité dynamique à court et moyen terme.
129
Améliorer les aptitudes professionnelles
130
Les politiques d’amélioration des compétences: un moteur du développement
131
Améliorer les aptitudes professionnelles
institutions ont un rôle important à jouer (Rodrik, 2004, p. 2). Le dialogue social en
particulier représente un bon moyen de coordonner les actions.
326. Les problèmes liés à l’information, aux mesures d’incitation et à la coordination,
et les dysfonctionnements qui en résultent sur les marchés, exigent une intervention des
gouvernements. Les entreprises doivent investir dans la recherche d’activités rentables et
des meilleures technologies à employer pour produire un article donné dans l’économie
locale. Les entreprises qui sont les premières à innover ne récupèrent pas toujours
pleinement leur investissement sous forme d’apprentissage et de découverte car, lorsque
la valeur de leur découverte devient évidente, d’autres entreprises vont les imiter tout en
dépensant moins parce qu’elles profitent de leur expérience. Il importe que les politiques
gouvernementales et les institutions incitent les chefs d’entreprise à investir dans la
découverte, par exemple en protégeant les profits de l’entreprise pendant une durée
limitée, pour encourager un niveau d’investissements socialement efficace dans la
recherche et soutenir le développement d’activités non traditionnelles (Hausmann et
Rodrik, 2003).
327. Des problèmes d’information se posent également parce que les employeurs à la
recherche de travailleurs qualifiés doivent pouvoir se faire une idée précise de la nature
et du niveau des compétences que le travailleur possède. Les institutions peuvent limiter
ce risque en veillant à ce que les qualifications des travailleurs soient vérifiées et
évaluées d’une manière crédible, et en informant correctement les employeurs et le
marché du travail.
328. Coordonner le développement des compétences avec l’adoption de nouvelles
technologies ou la diversification dans de nouvelles branches d’activité peut être une
tâche délicate. Investir dans le seul capital humain conduirait à une diminution des
avantages engendrés par l’accumulation de compétences (les travailleurs qualifiés sont
plus nombreux mais il n’y a pas forcément d’emplois pour eux). D’un autre côté, un
accroissement des transferts de technologie non accompagné d’une bonne formation des
travailleurs et des gestionnaires ne pourrait probablement pas durer bien longtemps et
pourrait même entraîner des effets négatifs sur le développement en creusant les
inégalités salariales si les groupes sociaux les plus avantagés sont les seuls à recevoir une
formation adéquate (Mayer, 2001). Les difficultés de la coordination peuvent être
surmontées par des politiques et des institutions qui: 1) incitent les travailleurs, les
entreprises et le secteur public à investir dans des formes de savoir et de compétences
nouvelles; et 2) favorisent la coopération entre divers fournisseurs de services de
formation afin d’établir des filières cohérentes et homogènes.
329. D’autre part, eu égard au risque d’un «échec des gouvernements», Lall (2000) et
Rodrik (2004) pensent que les gouvernements doivent apporter le plus grand soin à la
conception du dispositif institutionnel et à la surveillance de ses résultats. Les politiques
des gouvernements et leurs efforts de coordination peuvent échouer à cause d’un manque
d’informations, de compétences techniques et de bonnes méthodes de gouvernance. En
outre, les interventions des gouvernements sont sujettes à une récupération politique ou à
la corruption, ou bien à la tentation de «jouer le numéro gagnant» au lieu de favoriser un
processus fondé sur le marché.
330. Par conséquent, les politiques et interventions doivent être centrées non pas sur le
résultat des investissements qui, par nature, ne peut être connu à l’avance, mais sur le
bon déroulement du processus politique. «Nous devons nous soucier de créer un cadre
dans lequel les entreprises privées et les organismes publics puissent chercher ensemble
des solutions aux problèmes du secteur productif, et où chaque partie puisse connaître les
possibilités et les contraintes que rencontre l’autre partie…» (Rodrik, 2004, p. 3.). Il
132
Les politiques d’amélioration des compétences: un moteur du développement
6
Pour un examen du travail accompli par le BIT pour permettre aux associations de travailleurs et d’employeurs
de participer à l’élargissement des SRP au niveau national, voir BIT, 2007l.
133
Améliorer les aptitudes professionnelles
7
Pour plus de détails sur la question de l’égalité hommes-femmes et du dialogue social, voir l’adresse
[Link] (janv. 2008).
134
Les politiques d’amélioration des compétences: un moteur du développement
Encadré 5.2
Dialogue social et développement des compétences
en Afrique du Sud
La stratégie nationale de développement des compétences a été élaborée entre
août 2003 et février 2005 dans le cadre d’un important effort de coopération entre le
gouvernement et les organisations d’employeurs et de travailleurs. Ce processus a pris
la forme d’un travail de consultation, d’évaluation, de recherche, d’échange
d’informations et de révision. Le gouvernement a joué un rôle central en tant qu’initiateur
du dialogue social et arbitre en dernier ressort de la stratégie nationale adoptée dans le
cadre d’une réforme du système de formation sud-africain. Le cabinet du vice-président
a coordonné les actions de réforme et veillé à ce que les partenaires sociaux soient
entendus. Le lien étroit existant entre le parti au pouvoir et la fédération de syndicats
dominante s’est traduit par une intense collaboration qui a servi de base générale à la
mise en œuvre de la stratégie nationale.
Le dialogue social s’est instauré au niveau national et a été encadré par un
organisme officiel, l’Administration nationale pour l’amélioration des compétences
(National Skills Authority), au sein duquel le gouvernement, les organisations
d’employeurs, les syndicats, les services d’enseignement et de formation et, enfin, la
collectivité (notamment les groupes d’intérêts particuliers) sont représentés. C’est ce qui
explique la bonne coordination des actions menées. Aboutissement de ce processus, la
stratégie a reçu un soutien général lors de son lancement en février 2005 aux niveaux
national, sectoriel et provincial, ainsi que parmi les représentants des travailleurs, des
entreprises et de la collectivité.
Source: Bird, 2006.
135
Améliorer les aptitudes professionnelles
de la main-d’œuvre et de la mise en valeur des ressources humaines pour les aider dans
leur exercice de planification. Beaucoup de pays développés et en développement, dans
toutes les régions, ont suivi la même approche jusque dans les années quatre-vingt.
Toutefois, cette stratégie de planification de la main-d’œuvre s’est révélée trop rigide et
trop limitée s’agissant d’informer le marché du travail et le système de développement
des compétences dans un monde de plus en plus dynamique. En outre, elle présentait de
nombreuses faiblesses méthodologiques (Neugart et Schömann, 2002).
343. En conséquence sont apparus de nouveaux modèles de prévision centrés sur le
moyen et le long terme (de trois à dix ans), qui recourent à des méthodes de projection
beaucoup plus élaborées, fournissent des informations à une clientèle potentielle plus
large et intègrent les tendances dynamiques. Bien que ces modèles perfectionnés
présentent toujours des insuffisances méthodologiques ou autres, plusieurs pays
développés ou à revenu moyen recourent à cette méthode pour établir régulièrement des
prévisions des tendances du marché du travail (encadré 5.3) (Neugart et Schömann,
2002).
Encadré 5.3
Prévisions de besoins de qualifications aux Pays-Bas
Les Pays-Bas utilisent une technique de prévision extrêmement perfectionnée.
Depuis 1989, le Centre de recherche pour l’éducation et le marché du travail (ROA), à
l’Université de Maastricht, publie des prévisions tous les deux ans, ce qui a permis
d’obtenir jusqu’ici huit séries de données. Le modèle établit des prévisions du taux de
croissance de la demande dans chaque profession en analysant les tendances
observées. Il ne permet pas de prévoir le niveau d’emploi pour un type de formation
donné mais intègre de façon systématique les interactions de l’offre et de la demande et
leurs effets dynamiques, comme les ajustements du marché du travail et l’évolution
technologique dans les profils des compétences correspondant à telle ou telle
profession. Ces informations sont transmises aux marchés du travail pour guider les
choix en matière de formation et de profession, et pour servir de base à la formulation
des politiques éducative, économique et du marché du travail.
Source: Cörvers et Hensen, 2007; Cörvers et de Grip, 2002.
344. D’autre part, beaucoup de pays ont mis au point des techniques qualitatives pour
identifier les qualifications requises à brève ou moyenne échéance. A la différence des
modèles de prévision quantitatifs qui utilisent des données macroéconomiques, ces
techniques consistent à recueillir et analyser des données et des chiffres provenant de
sources telles que les enquêtes auprès des entreprises, les offres d’emploi publiées dans
les médias ou les rapports de groupes et experts des parties intéressées. L’Allemagne
recourt abondamment aux techniques qualitatives et a conçu une approche intégrée dans
laquelle les partenaires sociaux jouent un rôle de premier plan (encadré 5.4).
345. De nombreux pays d’Europe conjuguent aujourd’hui des analyses quantitatives et
qualitatives pour mieux coordonner l’amélioration des compétences avec les politiques
du marché du travail, structurelles et de développement (Strietska-Ilina, 2007).
Beaucoup de pays européens et de pays en phase de rattrapage utilisent des systèmes
d’information sur le marché du travail (IMT) pour recueillir des données à ce sujet, les
traiter, les stocker, les consulter et les diffuser (Mangozho, 2003). Les unités d’analyse
des IMT, aussi appelées parfois observatoires du marché du travail, ont pour mission de
fournir des informations à jour sur les tendances et la dynamique des compétences
requises par secteur et par profession, ainsi que sur les nouvelles professions et
qualifications qui vont apparaître par suite de l’évolution technologique et économique.
Les utilisateurs de ces informations sont, entre autres, les décideurs des ministères
136
Les politiques d’amélioration des compétences: un moteur du développement
Encadré 5.4
Identification anticipée et diffusion des besoins de qualifications
en Allemagne: le réseau FreQueNz
En 1999, le gouvernement fédéral et les partenaires sociaux au sein de l’Alliance
pour l’emploi, la formation et la compétitivité ont adopté une résolution visant à mieux
identifier les nouvelles compétences et qualifications requises dans le futur. Les besoins
sont répertoriés aux niveaux fédéral, sectoriel, régional et local au moyen d’un système
qui conjugue plusieurs méthodes et approches. Le but est d’abord d’obtenir des
informations qualitatives, à brève échéance, sur les évolutions et les transformations
précises des besoins sur le marché du travail. Divers organismes, administrations et
réseaux interviennent dans le processus: les partenaires sociaux (la Confédération
allemande des syndicats (DGB) et l’Organisation des employeurs allemands pour la
formation professionnelle (KWB)), l’Institut fédéral de formation professionnelle (BIBB),
les établissements d’enseignement et les acteurs du monde de l’enseignement et de la
formation professionnels collaborent au sein du réseau FreQueNz pour déterminer à
l’avance la demande de qualifications. Les informations sur l’évolution des besoins sont
communiquées largement à la classe politique, aux partenaires sociaux, à
l’administration de l’emploi, aux établissements de recherche, d’enseignement et de
formation, et à d’autres associations. Elles sont traduites en des exigences concrètes et
en une définition des nouvelles qualifications par le BIBB.
346. Plusieurs pays qui réussissent leur phase de rattrapage, notamment la République
de Corée, Hong-kong (Chine), l’Irlande et Singapour, suivent une approche sectorielle
pour recenser les compétences et les formations nécessaires au développement
(Shanahan et Hand, 2008; Cheon 2008; Powell, 2007). Les secteurs stratégiques pour le
développement sont déterminés au moyen de mécanismes tripartites. Gouvernements et
institutions lient les politiques industrielles et de l’investissement à l’amélioration des
compétences en procédant à des analyses sectorielles spécifiques des professions et
compétences demandées. Les analyses du marché du travail, les enquêtes auprès des
établissements, les opinions émises par les intéressés sur le plan qualitatif et les études
spécifiques réalisées sur des questions intersectorielles constituent autant d’approches
suivies en la matière. Les instances de tel ou tel secteur: 1) surveillent les évolutions qui
se produisent dans leur domaine, y compris l’influence de la mondialisation, des
mutations technologiques et des nouvelles pratiques de gestion; 2) analysent les
incidences de ces changements sur les qualifications demandées; et 3) vérifient dans
quelle mesure leur secteur particulier possède les compétences voulues pour faire face
aux transformations de l’économie. Les ministères compétents traduisent les
informations sur les besoins futurs en actions d’éducation et de formation, par exemple
en augmentant le nombre de centres et d’établissements de formation, en accordant des
aides à la formation dans les secteurs demandeurs ou en supprimant les mesures
d’incitation dans les domaines peu prioritaires ou ceux dans lesquels la demande de
main-d’œuvre se contracte.
347. Les pays en développement éprouvent souvent de la difficulté à créer et faire
fonctionner des systèmes d’IMT, pour plusieurs raisons. Premièrement, la pratique qui
consiste à utiliser les IMT pour guider des systèmes de développement des compétences
fondés sur la demande est mal comprise dans beaucoup de pays en transition et en
développement. Deuxièmement, de nombreux pays ont le plus grand mal à produire les
statistiques de base qui sous-tendent les informations sur le marché du travail, par
137
Améliorer les aptitudes professionnelles
exemple avec des enquêtes auprès des ménages ou des enquêtes sur la main-d’œuvre.
Troisièmement, la coopération nécessaire entre les administrations pour que les IMT
recueillies soient crédibles et pertinentes est insuffisante. Ce manque de coopération se
traduit aussi par une mauvaise diffusion des informations obtenues (Sparreboom, 2001).
348. La stratégie de développement des compétences adoptée par l’Afrique du Sud
(décrite plus haut dans l’encadré 5.2) comprend la création d’un service d’information
spécifique. Ce service recourt à diverses méthodes pour déterminer les besoins de
qualifications, dont une analyse de base du marché du travail, l’organisation de groupes
de travail aux niveaux national et sectoriel, et une analyse économétrique plus poussée
des qualifications requises dans le futur. Ce service se trouve au ministère du Travail, qui
s’occupe aussi de la nouvelle stratégie mise en place, de façon que la production
d’informations utiles sur le marché du travail puisse être étroitement liée aux besoins des
décideurs et des parties intéressées (Sparreboom, 2004).
349. L’expérience montre qu’il est possible de concevoir de bons systèmes
d’information sur le marché du travail et de les améliorer dans les pays en
développement ou développés en:
– adaptant les IMT aux besoins des différents utilisateurs;
– diversifiant les sources d’IMT et en sollicitant divers organismes des secteurs
public et privé;
– combinant des IMT quantitatives et qualitatives;
– trouvant plusieurs façons d’utiliser l’information et en encourageant une utilisation
intelligente des IMT;
– apportant continuellement des améliorations au mécanisme de recueil de données;
– vérifiant l’utilité des IMT;
– mettant en place des structures de soutien politique et institutionnel.
138
Les politiques d’amélioration des compétences: un moteur du développement
8
Fiche consultable à l’adresse [Link] (janv. 2008).
139
Améliorer les aptitudes professionnelles
de nt
ue e s
o litiq ppem ence Ministère du Commerce, Ministère de l’Education
P elo pét
v de l’Entreprise et de la Science
dé com
des et de l’Emploi (DETE) (DES)
Organismes
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sectoriels
Autorité nationale de l’emploi
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de uise m d
req (EGFSN)
Enterprise Ireland en e
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Conseil national
de la compétitivité (NCC) Agence pour
le développement
Organismes incluant
industriel (IDA) les partenaires sociaux
Organismes incluant
e he et Conseil consultatif
qu les entreprises
o liti herc ent de la science, Science Foundation
P rec pem
de elop de la technologie Ireland (SFI)
v
dé et de l’innovation (ACS)
140
Les politiques d’amélioration des compétences: un moteur du développement
des informations qui aident à anticiper les tendances et à accorder la demande et l’offre
de qualifications. Une bonne coordination entre les organismes compétents, les parties
intéressées, les établissements de formation, les employeurs et les travailleurs requiert un
cadre institutionnel suffisamment élaboré, ce qui exige un dialogue social effectif.
141
Améliorer les aptitudes professionnelles
Annexe
9
Les pays en gras sont les pays dits «en phase de rattrapage». Les pays du groupe de comparaison (en italique)
ont été sélectionnés eu égard aux niveaux similaires de leur PIB par habitant. L’année a été choisie en
considération de la période où chacun des pays en phase de rattrapage a commencé à s’industrialiser, à utiliser les
nouvelles technologies, à diversifier ses activités économiques et à amorcer sa croissance. Le tableau montre les
différences entre ces pays et ceux du groupe témoin pour ce qui est de l’enseignement primaire et du nombre
moyen d’années de scolarité.
142
Chapitre 6
143
Améliorer les aptitudes professionnelles
144
Des politiques de développement des compétences adaptées aux moteurs mondiaux du changement
connaissances dans les technologies récentes. Plusieurs pays sont dotés de politiques
destinées à actualiser le système d’apprentissage informel, notamment en améliorant
l’acquisition des qualifications techniques et des connaissances théoriques (par exemple
le Bénin, le Ghana, le Mali, le Sénégal et le Togo,).
365. Les aptitudes professionnelles de base telles que la capacité de service à la
clientèle, les compétences sociales, interpersonnelles et linguistiques jouent un rôle
important lorsqu’il s’agit d’attirer et d’accueillir les nouvelles technologies de
l’information et de la communication (TIC). Les services aux entreprises et le traitement
des données informatiques, notamment les centres d’appel et les services administratifs,
associent l’utilisation des technologies de pointe et l’emploi de travailleurs semi-
qualifiés. Le contenu technique du travail est relativement limité, mais les travailleurs
doivent être munis de compétences linguistiques, sociales et de communication. Les
pays de l’Est des Caraïbes ont saisi les chances qu’offraient les nouveaux marchés des
services de gravir le premier échelon de l’économie du savoir, en orientant des
travailleurs semi-qualifiés et faiblement rémunérés vers des services de traitement des
données destinées à l’exportation. L’association d’une excellente technologie de
télécommunications et de travailleurs semi-qualifiés à salaires relativement bas dans les
TI a attiré de nombreuses entreprises américaines dans les pays insulaires (PNUD, 2005).
366. En résumé, un socle élargi de qualifications de base aide les pays à attirer des
activités manufacturières simples et assure en même temps l’aptitude à la formation de la
main-d’œuvre. La combinaison de compétences de base répandues et d’aptitudes
essentielles qui facilitent l’apprentissage tout au long de la vie joue un rôle de catalyseur
dans la transition vers des activités à plus forte valeur ajoutée.
145
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 6.1
Formation et enseignement professionnels
en République de Corée et à Singapour
En République de Corée, la formation et l’enseignement professionnels ont joué un
rôle crucial dans la transition de l’économie basée sur des industries manufacturières à
forte intensité de main-d’œuvre peu ou semi-qualifiée vers des technologies plus
avancées, des industries manufacturières lourdes et l’industrie chimique. Après le vaste
plan de développement économique mis en œuvre dans les années soixante, le
gouvernement a prolongé l’enseignement de base jusqu’au secondaire, ancré la
formation professionnelle au niveau secondaire en créant des lycées techniques et des
écoles supérieures dispensant une formation technique sur deux ans, de façon à
intégrer l’enseignement technique au niveau supérieur. Il a de plus anticipé les pénuries
naissantes de compétences et lancé un système public de formation informelle placé
sous l’autorité du ministère du Travail, afin d’accroître l’offre d’artisans et d’ouvriers
qualifiés. La promotion massive des industries lourdes et de l’industrie chimique dans les
années soixante-dix s’est accompagnée d’une nouvelle expansion de l’enseignement
professionnel formel et informel, et les formations scientifiques et techniques courtes de
niveau supérieur ont été encouragées. En outre, la loi spéciale sur la formation
professionnelle, promulguée en 1974, oblige les entreprises comptant plus de
500 salariés à former 15 pour cent de leur personnel.
A Singapour, la formation et l’enseignement professionnels étaient tout aussi
importants durant la phase d’industrialisation. Parmi les mesures prises par Singapour
pour investir les secteurs à plus forte valeur ajoutée vers le milieu des années soixante-
dix figurent l’établissement d’une filière professionnelle dans l’enseignement secondaire,
la création d’instituts techniques en collaboration bilatérale avec l’Allemagne, le Japon et
la France, et l’ouverture d’un fonds de développement des qualifications, qui a servi
initialement à financer l’amélioration des compétences des travailleurs et des capacités
de formation des employeurs. S’appuyant sur le Conseil de la formation professionnelle
et technique, créé en 1970, Singapour a par ailleurs établi une série de programmes de
perfectionnement de la main-d’œuvre. Il s’agissait de renforcer et de diversifier la base
industrielle de l’économie, et de s’assurer que l’orientation vers des formes de
production à plus forte valeur ajoutée ne soit pas entravée par des problèmes
d’inadéquation de l’enseignement et de la formation de la main-d’œuvre.
Source: Osman-Gani, 2004; Powell, 2007; Cheon, 2008.
146
Des politiques de développement des compétences adaptées aux moteurs mondiaux du changement
147
Améliorer les aptitudes professionnelles
148
Figure 6.1. Education et exportations de biens manufacturés
Europe centrale et orientale Amérique latine Moyen-Orient et Afrique du Nord Asie du Sud et du Sud-Est
100,00
Des politiques de développement des compétences adaptées aux moteurs mondiaux du changement:
Chine
dans l’ensemble des exportations de marchandises
Slovaquie Hongrie
Pakistan
80,00 Thaîlande Mexique Roumanie Pologne
Tunisie
Malaisie
Maurice Jordanie
Sri Lanka
Inde Croatie
Costa Rica
60,00 Bulgarie
Guatemala Afrique du Sud
Brésil
Indonésie
40,00
Honduras Colombie
Egypte Uruguay Argentine
Trinité-et-Tobago
Zimbabwe
Rép.-Unie
20,00 Kenya
de Tanzanie
Gambie Ouganda Paraguay Pérou
Nicaragua Chili
Mozambique Malawi Bolivie Equateur
Bénin Ghana Rép. islamique Panama
Zambie Rép. bolivarienne
Soudan d’Iran
Cameroun Algérie du Venezuela
0,00
0,00 2,00 4,00 6,00 8,00 10,00 12,00
Nombre moyen d’années de scolarisation
1
Le Rapport 2007 sur les pays les moins avancés (CNUCED, 2007, p. 200) énonce dans ses conclusions que
«L’importance des infrastructures matérielles est clairement reconnue, mais le développement des capacités
technologiques est négligé. Il y a là une omission grave à laquelle il convient de remédier.»
150
Des politiques de développement des compétences adaptées aux moteurs mondiaux du changement
384. ii) Protection sociale. Les politiques commerciales entraînent des changements
dans la composition professionnelle de l’emploi. Alors que les secteurs produisant pour
l’exportation vont se développer et offrir davantage de possibilités d’emploi, d’autres
secteurs qui perdent leur compétitivité par suite de l’augmentation des importations
seront probablement voués au déclin. L’ajustement lié au commerce et les systèmes de
protection sociale à large couverture sont susceptibles de faciliter la transition d’un
emploi à un autre et d’atténuer le coût social des suppressions d’emplois. L’aide externe
pour l’élaboration de politiques et la création d’institutions capables de concilier les
besoins de sécurité des travailleurs et le besoin de flexibilité des employeurs est un autre
objectif qui pourrait être inscrit au programme de l’Aide pour le commerce.
385. Une récente étude de l’OCDE (2005) avance que les travailleurs qui perdent leur
emploi par suite de l’ouverture du commerce sont plus durement touchés que ceux qui le
perdent pour des raisons dues aux mutations technologiques ou structurelles ou à un
ralentissement de la croissance macroéconomique. Ils tendent à connaître des périodes
de chômage plus longues et une perte de salaire plus forte lorsqu’ils retrouvent un
emploi. Les travailleurs des secteurs en déclin sont généralement plus âgés, moins
instruits et possèdent essentiellement des compétences spécifiques à leur emploi ou à
leur branche d’activité. S’ils ne retrouvent pas du travail dans le même secteur, ce qui
sera souvent le cas, leurs qualifications techniques et professionnelles, de même que
leurs compétences tacites propres à leur branche d’activité, perdent leur valeur sur le
marché du travail.
386. Toutefois, même dans les pays développés, il est difficile d’appliquer des mesures
ciblées de protection sociale et de formation qui visent spécifiquement les suppressions
d’emplois induites par le commerce, ainsi qu’en attestent le Programme d’aide à
l’ajustement lié au commerce aux Etats-Unis et des mesures semblables prises dans
d’autres pays développés. Cela est encore plus vrai pour les pays en développement. Les
systèmes de protection sociale généraux et permanents, associés à des politiques actives
du marché du travail, peuvent être plus efficaces que les mécanismes temporaires ou
étroitement ciblés (Kletzer et Rosen, 2005). De plus, l’apprentissage tout au long de la
vie est une forme d’assurance chômage en ce sens que, en cas de perte d’emploi, il
facilite la reconversion dans un nouveau poste, un nouveau métier ou une nouvelle
branche d’activité.
387. iii) Le dialogue social: La libéralisation des échanges s’accompagne de
changements structurels et d’une intensification de la concurrence sur les marchés
nationaux et internationaux. Le dialogue social s’est révélé être un outil efficace pour
aplanir les divergences sur la façon d’accroître au maximum les bénéfices et de réduire
les coûts commerciaux à un minimum. Les travailleurs espèrent trouver dans la
formation une source de sécurité et d’avancement. Le but des entreprises, à cet égard, est
de renforcer la flexibilité et d’accroître leur réactivité sur des marchés (internationaux)
de plus en plus concurrentiels et dynamiques. Les gouvernements, quant à eux,
s’efforcent d’améliorer la compétitivité de leur pays au niveau international et
d’intensifier leur développement technologique, leur développement régional, l’égalité et
l’intégration sociale (Schömann et coll., 2006). Ces objectifs divers font peser une
énorme pression sur les systèmes de formation durant le processus de changement, de
réformes et d’ajustement (Heyes, 2007; Nübler, 2008b).
388. En Allemagne par exemple, il a fallu concilier les intérêts des entreprises, qui
souhaitent se moderniser pour affronter les changements mondiaux, et ceux des
travailleurs, qui préconisent la formation comme moyen de protéger l’emploi. Des
accords d’entreprise ont été négociés entre les employeurs et les comités d’entreprise en
vue d’introduire le travail d’équipe comme une nouvelle forme d’organisation du travail
151
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 6.2
Employabilité et ajustement du marché du travail à Singapour
A Singapour, l’Office du développement de la main-d’œuvre (WDA) est l’organisme
central de coordination de toutes les questions relatives au capital humain. Il renforce
l’employabilité des travailleurs par la formation qualifiante polyvalente et le recyclage. A
terme, le but est d’aider les travailleurs à conserver leur emploi en maintenant leurs
compétences à jour et de coopérer avec les employeurs en vue de renforcer les
pratiques de mise en valeur des ressources humaines dans un système qui encourage
l’apprentissage tout au long de la vie. Les programmes de formation qui visent à la fois
les jeunes et les travailleurs âgés répondent aux besoins de la population active dans le
cadre du Programme de formation coopérative des adultes (ACTS) et de l’Initiative de
formation pour les salariés d’âge mûr (TIME). L’Initiative de formation qualifiante
modulaire (MOST) assure la reconversion et la mise à jour des compétences dans le
cadre d’un programme à temps partiel qui offre des cours durant la journée, en soirée et
le week-end.
L’Office du développement de la main-d’œuvre offre aussi aux travailleurs la
possibilité de recevoir un diplôme attestant des qualifications professionnelles et
techniques qu’ils ont acquises en dehors du système scolaire formel. Cela contribue à la
reconnaissance et à la transférabilité des qualifications et à l’employabilité des
travailleurs. Le Programme de reconversion de la main-d’œuvre dans une nouvelle
économie (ReNEW) propose un programme de formation accélérée qui offre aux
travailleurs la possibilité d’obtenir un diplôme rapidement en suivant des cours intensifs.
Des établissements privés, tels que le Singapore Institute of Management (SIM), la
Singapore Training and Development Association (STADA) et le Singapore Human
Resource Institute (SHRI), offrent également des cours de mise à jour des qualifications
sanctionnés par un diplôme.
Les syndicats contribuent à la formation générale et professionnelle de leurs
adhérents dans le cadre d’un Programme de reconversion (SRP) qui a été mis en place
dans l’industrie manufacturière et par la suite étendu pour englober également le
recyclage des travailleurs du secteur des services. De plus, le Congrès national des
syndicats a créé le Fonds d’éducation et de formation (N-ETF) pour financer une
quarantaine de cours de formation aux technologies de l’information et aux compétences
de bureau. Les entreprises apportent leur concours au développement des compétences
par une taxe représentant 1 pour cent de la masse salariale totale et peuvent se faire
rembourser la plupart des coûts de formation auprès du Fonds de développement des
compétences (SDF).
Source: Leggett, 2007; Osman-Gani, 2004; Wong, 2001.
152
Des politiques de développement des compétences adaptées aux moteurs mondiaux du changement
Encadré 6.3
Ajuster les compétences des travailleurs du commerce de détail
aux nouvelles exigences des technologies
Les entreprises les plus puissantes et les plus compétitives du secteur du
commerce de détail ont adopté les nouvelles technologies dès leurs premiers stades. La
technologie d’identification par radiofréquence (RFID) promet de révolutionner les
opérations de la chaîne logistique et des magasins. Ses propriétés permettant une
lecture sans alignement et l’attribution d’un numéro séquentiel unique améliorent
considérablement le contrôle de ces fonctions. En 2006, une réunion tripartite de l’OIT
(Réunion tripartite sur les conséquences sociales dans le domaine du travail et du
recours accru aux technologies les plus modernes dans le commerce de détail, Genève,
18-20 septembre 2006) a conclu que ces technologies renforcent la productivité,
améliorent la qualité du service aux consommateurs et augmentent la compétitivité du
commerce, et qu’elles offrent de bonnes chances d’emploi à des travailleurs de
différents niveaux d’instruction, de formation et de qualification.
Toutefois, en facilitant une large automatisation des fonctions peu qualifiées, les
technologies de RFID vont probablement priver de leur emploi une part substantielle des
travailleurs actuellement employés dans le secteur. Bon nombre de ces travailleurs
pourraient avoir des difficultés à se reconvertir et s’adapter s’ils ne suivent pas une
formation complémentaire. L’OIT convoquera un forum mondial (novembre 2008) pour
examiner la façon dont le dialogue social pourrait accompagner le changement
technologique, notamment en permettant de mieux comprendre les conséquences de
ces changements sur l’emploi, de réduire à un minimum les suppressions d’emploi et
d’optimiser les perspectives de qualifications et de formation afin de faciliter
l’employabilité et améliorer la productivité et la compétitivité des entreprises.
Source: [Link]
153
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 6.4
Orientations en matière de formation énoncées dans la Déclaration
de principes tripartite sur les entreprises multinationales
et la politique sociale
«Les gouvernements devraient, en coopération avec toutes les parties intéressées,
développer des politiques nationales de formation et d’orientation professionnelles… Tel
est le cadre dans lequel les entreprises multinationales devraient poursuivre leur
politique de formation.»
«Les entreprises multinationales devraient veiller … à ce que leurs travailleurs
bénéficient à tous les niveaux … d’une formation appropriée en vue de répondre aux
besoins de l’entreprise ainsi qu’à la politique de développement du pays … Cette
responsabilité devrait s’exercer, le cas échéant, en coopération avec les autorités du
pays, les organisations d’employeurs et de travailleurs et les institutions locales,
nationales ou internationales compétentes.»
«Les entreprises multinationales exerçant leur activité dans des pays en
développement devraient participer de même que les entreprises nationales à des
programmes … encouragés par les gouvernements des pays d’accueil et soutenus par
les organisations d’employeurs et de travailleurs. Ces programmes devraient viser à
encourager l’acquisition et le développement de compétences ainsi qu’à fournir une
orientation professionnelle [et] devraient être administrés en commun par les parties qui
les soutiennent. Autant que praticable, les entreprises multinationales devraient …
fournir les services de personnel de formation qualifié pour aider à mettre en œuvre les
programmes de formation organisés par les gouvernements.»
«Les entreprises multinationales devraient, en coopération avec les gouvernements
…, offrir dans l’entreprise tout entière des possibilités pour élargir l’expérience des
cadres de direction locaux dans des domaines appropriés tels que les relations
professionnelles.»
390. L’analyse empirique indique que les stratégies d’intégration des politiques d’IED
dans les stratégies de croissance et de développement axées sur les exportations se sont
avérées plus efficaces que les stratégies de remplacement des importations, en partie
parce que les EMN ont intérêt à transférer les qualifications et les technologies de pointe
dans le pays d’accueil. Pour être en mesure de soutenir la concurrence sur les marchés
internationaux, les entreprises tournées vers l’exportation sont incitées à utiliser les
technologies, les procédures de contrôle qualité et les techniques de gestion les plus
récentes (Moran et Wallenberg, 2007). Les EMN sont également motivées à investir
dans la formation de leur personnel local d’encadrement et de gestion. Cela donne lieu à
des transferts horizontaux de compétences et de technologies entre les EMN et leurs
filiales. Lorsque des producteurs locaux sont inclus dans des chaînes de valeur et réseaux
mondiaux, les EMN doivent maintenir les réseaux locaux d’approvisionnement et de
fournisseurs aux avant-postes de la compétitivité (ainsi que l’explique le chapitre 3).
Elles sont donc incitées à fournir une formation professionnelle dans l’entreprise et en
externe à leurs fournisseurs, sous-traitants et clients, et à investir dans l’enseignement
tertiaire en collaborant étroitement avec les universités et les centres de recherche et
développement et en établissant leurs propres centres de formation.
391. En attirant des IED à plus forte valeur ajoutée ainsi que des EMN à forte intensité
de technologie et de compétence, et en donnant à l’économie locale la possibilité
d’apprendre auprès des EMN, les politiques des pouvoirs publics et les institutions
contribuent de façon importante à promouvoir les retombées de qualifications et de
savoir provenant des EMN sur l’économie locale. Les opérations conjointes et les
réseaux d’entreprises tissés au sein d’agglomérats locaux ou dans les chaînes de valeur
154
Des politiques de développement des compétences adaptées aux moteurs mondiaux du changement
mondiales peuvent aider à établir une coopération entre les EMN et l’économie locale et,
partant, faciliter le flux de savoir et de compétences. Ces réseaux d’acquisition de
connaissances et d’innovation permettent aux entreprises d’organiser efficacement les
retombées en matière de formation et de technologie (Zachmann, 2008).
Encadré 6.5
Réseaux d’acquisition de connaissances
dans l’industrie automobile de la Chine et de l’Inde
La Chine et l’Inde exportent une vaste gamme de produits très élaborés, bien loin
de ce que l’on pourrait imaginer au regard de leurs taux respectifs de revenu par
habitant. Leurs profils d’exportation sont tournés vers les biens à forte rentabilité. Les
méthodes d’apprentissage jouent un rôle décisif dans le développement de leur capacité
d’investissement et de production.
L’Inde a libéralisé l’industrie automobile dans les années quatre-vingt-dix. Des
entreprises nationales d’assemblage, telles que Maruti Udyog Ltd. (MUL), une
coentreprise entre le gouvernement indien et Suzuki Motor Corporation (Japon), ou la
société privée Tata Engineering and Locomotive Company Ltd. (TELCO), l’une des
premières entreprises indiennes d’assemblage automobile, ont constaté qu’il leur fallait
satisfaire à deux ensembles de normes:
les normes internationales de qualité fixées par les constructeurs automobiles
mondiaux qui se sont implantés en Inde; et
des normes locales très élaborées fixées par la législation nationale.
Compte tenu de la multitude de ses petits fournisseurs, l’industrie automobile
indienne pouvait difficilement satisfaire aux normes internationales de qualité requises.
Les sociétés d’assemblage TELCO et MUL ont résolu le problème en établissant des
liens étroits avec leurs fournisseurs en vue de perfectionner leurs qualifications de base
et de transformer la chaîne d’approvisionnement en chaîne d’acquisition de savoir,
basée sur une relation de coopération et de réciprocité entre les assembleurs et les
fournisseurs. Le réseau a enclenché un vaste processus d’apprentissage et de
renforcement des capacités technologiques, du travail en réseau et des capacités de
production dans l’ensemble de la branche.
En Chine, depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, les investisseurs étrangers
ont joué un rôle clé dans le développement des capacités sociales: «… si la Chine s’est
toujours félicitée de l’arrivée de sociétés étrangères, elle l’a toujours fait dans un souci
de promouvoir les capacités nationales» (Rodrik, 2006, pp. 7 et 18). Les investisseurs
étrangers sont invités à mettre sur pied des opérations conjointes avec les fournisseurs
locaux afin d’assurer un transfert de technologie. La présence d’une solide base de
producteurs nationaux a contribué à la création de chaînes d’approvisionnement locales.
L’industrie des pièces d’automobiles a été encouragée par l’intermédiaire de
prescriptions relatives à la teneur de la production en éléments fabriqués localement, ce
qui a obligé les sociétés étrangères à coopérer étroitement avec les fournisseurs locaux
pour assurer un niveau de qualité élevé. De nombreuses connaissances et qualifications
ont été transférées des entreprises étrangères aux entreprises locales et les
fournisseurs de premier rang ont maintenant atteint des niveaux proches des meilleurs
savoir-faire au niveau international.
Source: Okada, 2004; Rao, 2004; Rodrik, 2006, pp. 7 et 18.
155
Améliorer les aptitudes professionnelles
156
Des politiques de développement des compétences adaptées aux moteurs mondiaux du changement
157
Améliorer les aptitudes professionnelles
Encadré 6.6
Faire face aux changements environnementaux:
la diversification dans les communautés de pêcheurs espagnoles
Selon l’Union européenne, l’Espagne détient les onze régions qui dépendent le plus
du secteur de la pêche de l’ensemble de la communauté. La perte ou la réduction
potentielle des activités de pêche (en raison de l’amenuisement des stocks et des
politiques de protection de l’environnement) appelle des mesures urgentes de
développement et de création d’emplois. La diversification inclut l’aquaculture et de
nouvelles activités non maritimes. Les groupes cibles sont des hommes d’âge moyen ou
avancé qui ont appris leur métier sur le tas et possèdent une instruction ou une
formation générale limitée, et des femmes qui souhaitent compléter le revenu familial. La
stratégie mise en œuvre s’appuie sur l’engagement de toutes les parties prenantes et
sur les atouts institutionnels de la région, par exemple:
Le Syndicat général des travailleurs a identifié des solutions de remplacement
prometteuses pour le secteur de la pêche, en fonction des conditions géographiques, de
la formation et des préférences des travailleurs touchés, et a inclus le recyclage parmi
les investissements requis pour mettre en place ces solutions.
Les universités et centres de formation offrent leurs capacités de conseil technique,
de gestion, de sensibilisation et de formation spécialisée pour améliorer la capacité
d’adaptation des travailleurs.
GUIMATUR est une association galicienne composée exclusivement de femmes
pêcheuses de coquillages et fabricantes et réparatrices de filets, qui a été créée en 2004
pour faire suite à des cours de formation subventionnés par des fonds européens.
L’association diffuse la culture maritime artisanale traditionnelle de Galice du Sud, grâce
à des activités et à des circuits touristiques qui permettent aux femmes de compléter leur
revenu durant la période de fermeture de la pêche ou les interruptions saisonnières.
Cette initiative est appréciée pour les revenus qu’elle procure et aussi pour la façon dont
elle valorise et protège l’héritage culturel de la capitale maritime de la Galice
(Cambados).
Consolider et mettre en œuvre les idées conçues par les pêcheurs eux-mêmes
exige un appui technique et financier d’origine externe aux communautés touchées. Les
différents forums, réseaux et espaces d’échange d’opinions jouent un rôle fondamental
dans la diffusion des initiatives et le partage des enseignements tirés des expériences
en cours dans d’autres régions ou pays et permettent de mettre à profit les observations
faites au sujet des problèmes et des points forts d’autres initiatives.
Source: [Link]/[Link].
2
Voir, par exemple, Commission européenne, 2005; Apollo Alliance, 2004; Kuhndt et Machiba, 2008.
158
Des politiques de développement des compétences adaptées aux moteurs mondiaux du changement
3
Pour plus de détails, voir [Link] (oct. 2007).
159
Améliorer les aptitudes professionnelles
160
Principales orientations découlant du rapport
161
Améliorer les aptitudes professionnelles
162
Principales orientations découlant du rapport
163
Points suggérés pour la discussion
165
Bibliographie
Abramovitz, J. et coll., 2002: Adapting to climate change: Natural resource management and
vulnerability reduction (Union mondiale pour la nature (UICN), Worldwatch Institute, Institut
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