Cours Organisation Judiciaire Du Senegal
Cours Organisation Judiciaire Du Senegal
INTRODUCTION
A) Les institutions
L'expression « les institutions », au sens courant, désigne des réalités assez variées, mais
caractérisée par l'idée d'une manifestation créatrice et organisatrice de la volonté humaine.
Le lexique Dalloz distingue alors entre :
- les institutions-organes : « qui sont des organismes dont le statut et le fonctionnement
sont régis par le Droit, comme le Parlement ou la famille »,
- et les institutions-mécanismes : « qui sont les faisceaux de règles régissant une certaine
institution-organe, ou une situation juridique donnée, tels que le droit de la dissolution,
le mariage, ou la responsabilité civile »1.
On constate donc que le terme « institution » regroupe deux concepts, celui des organes reflétant
l'institution, et celui des mécanismes dans lesquels s'épanouissent les règles de droit.
Notre étude des institutions judiciaires reprend les deux acceptions du terme « institution » ;
nous envisagerons en effet les institutions sous l'angle des organes qui rendent la justice ; c'est-
à-dire les tribunaux et les cours mais aussi nous appréhenderons les institutions sous l'angle des
grands principes qui régissent le fonctionnement des organes qui rendent la justice.
B) Le caractère juridictionnel
1
Lexique des termes juridiques, Dalloz, 15ème éd. 2005
1) La notion de justice
Pour mieux comprendre l’essence des institutions juridictionnelles, un travail en amont doit être
opéré, consistant à l’identification des notions de droit et de justice, ainsi que celle de procédure.
Si dans la conscience collective, on assimile la fonction du droit à la réalisation de la justice,
force est de constater que la justice est un mot polysémique.
Ensuite le mot justice est également employé pour désigner l’ensemble des institutions
permettant de rendre la justice, c’est-à-dire juger les litiges opposant les particuliers entre eux-
mêmes, ou les particuliers et l’Etat. Ainsi appréhendée, la justice constitue une garantie
essentielle du respect des droits subjectifs et des libertés publiques et privées.
Il existe enfin des voies très diversifiées pour rendre la justice, mais leur description et leur
analyse relève d’une discipline autonome du droit, celle qui étudie le procès dans ses différentes
phases, dans ses diverses modalités.
Le cours que nous allons aborder, ne s’inscrit pas dans cette logique, mais constitue un préalable
à la compréhension des mécanismes du procès, puisqu’il nous plonge dans l’univers des
institutions judiciaires et de leurs règles de fonctionnement.
Notre étude de l’organisation judiciaire sénégalaise sera centralisée sur les deux dernières
acceptions du terme « justice », c'est-à-dire d'une part le service public de la justice confié à
l'Etat, et d'autre part l'ensemble des organes en charge de rendre la justice et des personnels
judiciaires.
Pour que la décision d'un juge ou d'un tribunal puisse recevoir la qualification d'acte
juridictionnel, cette décision doit d'abord émaner d'une juridiction, c'est-à-dire d'un organe
investi du pouvoir de juger, ensuite la juridiction doit trancher une contestation entre deux
prétentions opposées.
Ainsi pour que la décision du juge puisse être un acte juridictionnel, elle doit relever d'un
contentieux, ce qui limite les actes juridictionnels au seul domaine contentieux et l'exclut pour
la matière gracieuse (l'homologation d'une convention entre des époux en vue de changer de
régime matrimonial échappe par exemple à la qualification des actes juridictionnels) ainsi que
pour les actes administratifs judiciaires (c'est-à-dire les mesures destinées à assurer le
fonctionnement du service de la justice).
Nous retracerons de façon brève et linéaire les grandes évolutions de l’organisation judiciaire
depuis l’ère colonial jusqu’à nos jours.
L’ère coloniale qui se caractérisait par l’instauration d’une justice bicéphale va très vite céder
place à une unification judiciaire (A). La modernisation de l’organisation judiciaire sénégalaise
va se poursuivre avec de grandes réformes (B).
La première raison est d’ordre économique, car il fallait orienter le droit vers le développement,
et dont la conception nécessitait avant tout la décolonisation du droit africain 2. Une fois le
nouveau droit africain post colonial décolonisé, son unification et sa stabilisation s’imposait
2
C’est à cette œuvre que le législateur post colonial s’était attelé par le biais d’une codification et une réforme
des structures
pour assurer la sécurité juridique des transactions et des investisseurs. Cela impliquait une
réorganisation judiciaire nouvelle reposant sur des principes universellement admis et des
règles simples et précises ; mais aussi et surtout un personnel judiciaire professionnel et qualifié,
formé selon les techniques en cours dans la grande majorité des Etats et non plus des juges
traditionnels essentiellement attachés aux structures et mœurs ancestrales.
La seconde raison est d’ordre professionnel et technique. Elle est relative au manque de
personnel et à son déficit de formation. En effet, l’organisation judiciaire telle qu’elle résultait
des textes français sous l’ère coloniale était marquée d’une longue évolution ponctuée par de
multiples échecs et succès.
La nouvelle organisation post coloniale sous tendait un personnel relativement important et
qualifié qu’aucun Etat nouvellement indépendant n’était en mesure de s’offrir immédiatement.
Il s’agissait notamment des magistrats et des greffiers dont la grande majorité était d’origine
française. Pour résoudre cette carence en personnel qualifié devant servir la nouvelle
organisation judiciaire, plusieurs Etats africain, dont le Sénégal, ont eu recours à l’assistance
technique : système par lequel l’ancienne métropole avait accepté de mettre à la disposition des
nouveaux Etats, un personnel compétent et expérimenté à travers des conventions spéciales
d’assistance technique.
Enfin la troisième raison de mettre en place une nouvelle organisation judiciaire fut
certainement la plus contraignante. En effet l’indépendance et l’exercice de la souveraineté
nationale, suppose pour chaque nation, l’impérieuse obligation d’organiser les services de l’Etat
dont la justice et de ne laisser aucun signe pouvant laisser planer le spectre de la discrimination
et de la division entre citoyens et sujets français qui avait cours pendant la période coloniale.
Les nouvelles réformes post coloniales devaient donc avoir pour objectif principal l’unification
des juridictions, sans aucune distinction quant aux justiciables.
L’organisation judiciaire du Sénégal indépendant était très proche de celle de la métropole avec
la création au 1er degré des juridictions de paix et des tribunaux de première instance. Dans un
souci d’appropriation de son propre système judiciaire, plusieurs réformes ont marqué son
évolution dont les plus significatives sont la réforme de 1984 (1), celle de 1992 (2), de 2008 (3)
et enfin celle de 2014 (4), qui constitue à l’heure actuelle la principale source de notre étude.
La loi 84-19 du 02 février 1984 a fixé la première grande réorganisation judiciaire du Sénégal
indépendant. Le système judiciaire hérité de l’ancienne métropole s’est avéré très vite inadapté
aux réalités sociales et juridiques du pays.
L’objectif visé par cette réforme était de rapprocher le justiciable de la juridiction compétente
pour connaître des affaires les plus courantes, tout en assurant un contrôle permanent de
l’activité judiciaire. Pour atteindre cet objectif, le législateur sénégalais s’est fortement inspiré
de l’organisation administrative, en supprimant les tribunaux de première instance et les justices
de paix pour les remplacer par les tribunaux régionaux et par les tribunaux départementaux. Les
juridictions nouvellement créées bénéficieront aussi d’une compétence sensiblement plus
étendue que celle des juridictions supprimées.
Le projet de loi a en outre proposé d’instituer au sein du ministère de la justice, une inspection
centrale des services judiciaires, ayant comme mission de s’assurer du fonctionnement normal
des juridictions de première instance et des services et organismes relevant du ministère de la
justice.
Le 08 août 2008, le parlement du Sénégal a adopté la loi organique 2008-35, créant à nouveau
dans l’organisation judiciaire sénégalaise une Cour Suprême par le regroupement de la Cour de
Cassation et du conseil d’Etat en une haute juridiction unique. L’objectif recherché par cette
réorganisation au sommet de la hiérarchie judiciaire est de centraliser le contentieux civil,
commercial et administratif au sein d’une même juridiction supérieure.
La restructuration ainsi mise en œuvre traduit la prise en compte de l’exigence de qualité de la
justice supérieure, la nécessité de traitement du contentieux dans un délai raisonnable et
l’utilisation rationnelle des ressources humaines et budgétaires affectées au service public de la
justice.
Il est à noter que le Conseil constitutionnel en tant qu’organe judiciaire compétent pour
connaitre de la constitutionnalité des lois et des engagements internationaux et la Cour des
Comptes gardent leur autonomie structurelle et organisationnelle.
Le 03 novembre 2014 deux lois qui vont avoir une portée considérable sur l’actuelle
organisation judiciaire du Sénégal ont été votées :
- il s’agit de la loi n° 2014-26 du 03 novembre 2014 portant réforme de l’organisation
judiciaire du Sénégal ;
- et de la de la loi n°2014-28 du 03 novembre 2014 modifiant la loi n°65-61 du 21 juillet
1965 portant code de procédure pénale qui consacre l’institution des Chambres
criminelles en lieu et place des Cours d’assises.
La première loi a conduit à la définition d’une nouvelle carte judiciaire par la consécration de
la création des tribunaux de grande instance et des tribunaux d’instance à la place des tribunaux
régionaux et départementaux.
Cette nouvelle réforme permet ainsi :
- La définition d’une nouvelle carte judiciaire avec comme corollaire la création de
tribunaux d’instance à la place des tribunaux départementaux et de tribunaux de grande
instance à la place des tribunaux régionaux.
Ce changement d’appellation des juridictions est opéré pour mieux coller à leur
implantation et se démarquer de l’organisation administrative du Sénégal. Par
conséquent, des juridictions de grande instance sont créées dans des départements
(Pikine-Guédiawaye, Rufisque, Mbour, Mbacké, Tivaouane) où le volume du
contentieux est très important. Leur création permettra de désengorger le rôle des
juridictions se trouvant au niveau du chef-lieu de région et de faire face aux requêtes
des justiciables dans un délai raisonnable. Tout cela pour la satisfaction de l’exigence
d’une justice moderne, efficace et efficiente.
- La réforme a permis aussi une nouvelle répartition des compétences pour faire des
tribunaux d’instance, de véritables juridictions de proximité. Sur ce point, la répartition
des compétences a été revue. Ainsi, un rééquilibrage des compétences entre les
tribunaux a été consacré pour faire du tribunal d’instance, une véritable juridiction de
proximité avec un élargissement des compétences en matière de baux à usage
d’habitation et de baux commerciaux.
Le cours portant sur l’organisation judiciaire du Sénégal a pour objet l’étude des règles de
fonctionnement du service publique de la justice (titre 1) ainsi que des institutions judiciaires
(titre 2) qui le compose et le statut du personnel judiciaire (titre 3).
TITRE 1 : LE SERVICE PUBLIC DE LA JUSTICE
La justice est à la fois un service public et un pouvoir important dans tout Etat de droit.
Dire que la justice est un service public, revient à lui reconnaitre une mission d’intérêt général
et collectif assuré par un organe étatique : celui de garantir les libertés individuelles, l’égalité
des justiciables devant la loi et enfin de dire le droit.
Au Sénégal le service public de la justice est dirigé par le Ministère de la Justice dont le chef
hiérarchique est le Garde des Sceaux et comprend de nombreuses juridictions ainsi que
l'ensemble de l'administration pénitentiaire.
Le ministère de la justice est en effet, l'administration centrale chargée au Sénégal de la gestion
du service public de la justice. Ce ministère a la responsabilité deux domaines d'action:
l'administration pénitentiaire et les services judiciaires.
Le ministère est placé sous l'autorité du ministre de la justice, qui porte également le titre de
garde des Sceaux, appellation qui remonte à l'Ancien Régime français et que le Sénégal
indépendant a conservé.
Le ministre de la justice n'exerce aucune fonction juridictionnelle; la règle contraire porterait
atteinte au principe de la séparation des pouvoirs. C'est le président qui nomme les magistrats
et décide de leur avancement. Cependant, il est tenu, dans la plupart des cas, de suivre les
propositions faites par le Conseil supérieur de la magistrature, au sein duquel siègent des
représentants élus des magistrats. Le ministre de la justice exerce un pouvoir disciplinaire à
l'encontre de son personnel, avec l'assistance de ce même conseil.
De plus, il est responsable du fonctionnement des juridictions et de l'ensemble des services du
ministère de la justice.
La justice est plus qu’un service public, elle incarne un pouvoir qui procède de la séparation
des pouvoirs : le pouvoir judiciaire.
Aux termes de l’article 88 de la Constitution Sénégalaise : « le pouvoir judiciaire est
indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il est exercé par le Conseil
constitutionnel, la Cour suprême, la Cour des Comptes et les Cours et Tribunaux. »
Ces dispositions octroient un monopole de la justice à l’Etat (chapitre 1) ; cependant l’on doit
reconnaitre que ce principe du monopole de la justice assuré par l’Etat est fortement édulcoré
dans notre système juridique car la loi permet aux justiciables d’avoir accès à une justice dite
privée qui n’est pas forcément sous le contrôle étatique et à une justice communautaire et
internationale.
Nous n’étudierons pas l’accès à la justice communautaire et internationale, car cette justice
procède d’un autre ordre juridictionnel souvent étudié dans d’autres cours.
Enfin, la justice en tant que service public appelé à dire le droit, présente une certaine spécificité
et obéit à des règles de fonctionnement qui lui sont propres (Chapitre 2).
La justice est un monopole de l'Etat. Ce monopole relève des attributs de la souveraineté d'un
Etat.
Mais ce principe est atténué par la possibilité accordée aux justiciables d'avoir accès à des
juridictions communautaires, et donc non étatiques. En outre, le principe du monopole de la
justice confié à l'Etat connaît des exceptions ; en effet, le règlement des litiges peut être assuré
par des moyens autres que le recours à la justice étatique.
Nous envisagerons donc dans un premier temps le principe du monopole de la justice confié à
l'Etat (section 1), puis dans un deuxième temps l'atténuation à ce principe (section 2).
SECTION 1 : LE MONOPOLE DE LA JUSTICE CONFIE A L’ETAT
L'Etat a la charge de rendre la justice, et le monopole qu'il détient trouve son expression au sein
de notre ordre juridique, dans plusieurs textes fondamentaux.
Il s’agit d’une part de la constitution (paragraphe 1), qui est la charte fondamentale de notre
nation et d’autre part certains textes se trouvant dans plusieurs codes et lois (paragraphe 2)
Rendre la justice est une obligation régalienne de l’Etat car nul n’a le droit de se rendre justice
soi-même.
Ainsi, il résulte des dispositions de l’article 1 er et 2 de la loi n° 2014-26 du 03 novembre 2014,
abrogeant et remplaçant la loi n° 84-19 du 02 février 1984 fixant l’organisation judiciaire du
Sénégal que « la justice est rendue au nom du peuple Sénégalais…
Les juridictions appliquent pour toutes les matières, la loi et les règlements en vigueur, ainsi
que s’il en existe en ces matières, les usages qui ne sont pas contraires à la loi. »
D’autre part le juge régulièrement saisi qui refuse de statuer se rend coupable de déni de justice.
Aux termes de l’article 313 du code de procédure civile sénégalais : « Il y a déni de justice
lorsque les juges refusent de répondre aux requêtes ou négligent de juger les affaires en état et
en tour d’être jugées. »
Au regard des textes précités, seules les juridictions étatiques instituées par la loi peuvent rendre
des décisions à propos des litiges qui leur sont soumis et conférer à ces décisions l'autorité de
la chose jugée et une force exécutoire. Le plaideur obtiendra alors de la juridiction étatique une
solution au litige qu'il lui a soumis 3.
3
Exemple un vendeur verra, son contrat de vente résolu lorsque l'acheteur n'aura pas payé le prix. Mais cette
satisfaction de se voir reconnaître un droit, la résolution, n'est pas suffisante. Encore faut-il que le justiciable
puisse obtenir le concours de la force publique pour voir respecter son droit c'est-à-dire faire en sorte que les
effets de la vente soient anéantis de manière rétroactive et retrouver le bien vendu comme si la vente n'avait
pas eu lieu. Seule la justice étatique peut lui apporter ce concours lorsque l'adversaire ne veut pas s'exécuter.
La décision judiciaire rendue est assortie de la formule exécutoire suivante :
«La République sénégalaise mande et ordonne à tous huissiers de justice sur ce requis de mettre ledit jugement
en exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux de première
instance d'y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu'ils en
seront légalement requis ».
Remarque Cette formule exécutoire, apposée par le greffier sur la minute du jugement, permet donc au
justiciable d'avoir recours à la force publique pour pouvoir faire exécuter la décision.
Si le juge ne peut découvrir dans la loi aucune solution au litige qui lui est soumis, il lui
appartient de statuer selon la solution qui lui paraît la plus équitable, mais il doit nécessairement
se prononcer.
Tout monopole implique des obligations : on ne saurait concevoir que l'Etat se réserve le
pouvoir de rendre la justice et qu'il ne la rende pas lorsque l'on la lui demande.
Le monopole de l'Etat en matière de justice implique donc pour l'Etat un droit, le droit au
monopole, mais aussi une obligation fondamentale, celle de juger, obligation assortie de
sanction en cas de violation.
C’est ainsi qu’en cas de déni de justice, l’Etat sera civilement responsable des condamnations
en dommages intérêts qui sont prononcées à raison de ces faits contre les magistrats, sauf son
recours contre ces derniers (article 312-4° CPC).
Le déni de justice est pénalement incriminé et réprimé à l’article 165 du code pénal sénégalais.
C’est ainsi que : « tout juge ou tribunal, tout administrateur ou autorité administrative, qui, sous
quelque prétexte que ce soit, même du silence ou de l'obscurité de la loi, aura dénié de rendre
la justice qu'il doit aux parties, après en avoir été requis, et qu'il doit aux parties, après en avoir
été requis, et qui aura persévéré dans son déni après avertissement ou injonction de ses
supérieurs, pourra être poursuivi, et sera puni d'une amende de 25.000 à 150.000 francs et de
l'interdiction de l'exercice des fonctions publiques depuis cinq ans jusqu'à vingt ans ».
L’Etat ne donc peut se dérober au monopole qu’il s’est lui-même octroyé4.
4
Exemple L'Etat français avait été condamné pour "déni de justice" dans une enquête sur Diana : Le tribunal de
Paris a condamné l'Etat français à payer 5.000 euros au milliardaire égyptien Mohamed Al-Fayed pour avoir
retardé une enquête liée à la mort de la princesse Diana et de son fils Dodi al-Fayed en 1997 à Paris.
Mohamed Al-Fayed, propriétaire du célèbre grand magasin londonien Harrods, réclamait un million d'euros.
Il s'était associé en 2002 à une plainte contestant les conclusions de la principale enquête française sur la mort
de la princesse et de Dodi Al-Fayed à Paris. Selon cette enquête, l'accident de voiture, dans lequel le couple avait
été tué, était dû à l'état d'ivresse du chauffeur, Henri Paul, qui conduisait trop vite, afin d'échapper à des
paparazzi dans les rues de Paris. A Londres, Mohamed Al-Fayed a salué le jugement. "Je suis ravi qu'un tribunal
français ait reconnu un déni de justice. Cela renforce mon opinion selon laquelle les Français ont étouffé l'affaire
et qu'on a tenté de dissimuler la vérité", a-t-il déclaré, répétant sa théorie du "meurtre" de Diana et Dodi Al-
Fayed.
La plainte avait été déposée par les parents d'Henri Paul qui affirmaient que leur fils n'était pas alcoolique et que
le sang dont des échantillons avaient été examinés, n'était pas celui de leur fils. Emaillée de nombreux
rebondissements, cette plainte s'était finalement terminée par un non-lieu. Mais, estimant que des erreurs de la
juge chargée du dossier avaient retardé la procédure, Mohamed Al-Fayed avait, en 2007, assigné l'Etat français
pour "déni de justice".
Dans un jugement rendu mercredi, le tribunal de Paris a estimé qu'il y avait bien eu des dysfonctionnements de
la justice qui avaient eu "pour effet de retarder sans motif légitime de près de deux ans la procédure
d'instruction". A ce titre, il a déclaré la responsabilité de l'Etat français "partiellement engagée au titre du déni
de justice" et l'a condamné à verser 5.000 euros à M. Al-Fayed pour préjudice moral, ainsi que 3.000 euros
5 UNJF - Tous droits réservés
Ce principe peut être atténué, car l'accès une justice non étatique est possible pour tout citoyen
sénégalais.
L'Etat s'est attribué le monopole de rendre la justice, mais il existe d'autres modes de résolution
des conflits qu’on appelle modes alternatifs de règlement des conflits.
Certains revêtent le caractère juridictionnel (paragraphe 1), c'est-à-dire qu'ils sont susceptibles
de rendre des actes juridictionnels (ils ont vocation à dire le droit, c'est-à-dire à appliquer la loi,
par un organe indépendant, respectant les droits de la défense et assurant l'application du
principe de l'impartialité du juge), mais d'autres ne peuvent rendre de tels actes et relèvent ainsi
d'un mode non juridictionnel (paragraphe 2).
A) Le recours à l'arbitrage
L'arbitrage peut revêtir plusieurs aspects et se manifester dans plusieurs domaines. Hors le
domaine juridique, l'arbitrage peut être sportif, fiscal, politique...
Dans le champ juridique, l'arbitrage est défini comme « un mode dit parfois amiable ou
pacifique mais toujours juridictionnel de règlement d'un litige par une autorité (le ou les
arbitres) qui tient son pouvoir de juger, non d'une délégation permanente de l'Etat ou d'une
institution internationale, mais de la convention des parties (lesquels peuvent être de simples
particuliers ou des Etats) ».
Dans l’espace OHADA deux textes traitent de l’arbitrage : l’acte uniforme relatif au droit de
l’arbitrage d’une part et le règlement d’arbitrage de la CCJA.
L'arbitrage visé par ces textes a un sens juridique bien précis. Ils visent une justice privée,
organisée par la volonté des parties qui ont soustrait la connaissance de leur litige aux
juridictions de droit commun. C'est un mode juridictionnel de résolution des conflits.
Il nous appartient alors d'examiner les caractères de l'arbitrage.
Ce qui identifie l'arbitrage, c'est tout d'abord son origine contractuelle et ensuite, sa fonction
juridictionnelle.
L'origine contractuelle de l'arbitrage : l'arbitrage repose sur une convention, par laquelle les
parties investissent les arbitres du pouvoir de trancher un litige; cette convention peut être soit
une clause compromissoire, soit un compromis :
La clause compromissoire est la convention par laquelle les parties à un contrat s'engagent à
soumettre à l'arbitrage les litiges qui pourraient naître relativement à ce contrat.
Quant au compromis c’est la convention par laquelle les parties à un litige né soumettent celui-
ci à l'arbitrage d'une ou plusieurs personnes.
La clause compromissoire intervient donc antérieurement à l'existence d'un conflit et est
souvent insérée dans le contrat au moment de sa formation; le compromis quant à lui intervient
en présence d'un conflit déjà né. L’acte uniforme règle le domaine de l’arbitrage en son article
2 en disposant que : « toute personne physique ou morale peut recourir à l’arbitrage sur les
droit dont elle a la libre disposition.
Les Etats, les autres collectivités publiques territoriales ainsi que les établissements publics,
peuvent également être parties à l’arbitrage, sans pouvoir invoquer leur propre droit pour
contester l’arbitrabilité d’un litige, leur capacité à compromettre, ou la validité de la
convention d’arbitrage. »
L’arbitrage est ainsi donc interdit dans toutes les matières qui intéressent l'ordre public et en
particulier les matières relatives à l'état des personnes, la capacité, le divorce et la séparation
de corps.
L'arbitrage peut induire parfois également un risque de partialité des arbitres puisque ceux-ci
sont choisis par les parties. Il peut ainsi exister entre l'une des parties et l'un des arbitres une
relation professionnelle ou amicale, antérieure au litige, qui n'est pas nécessairement connue de
l'autre partie.
Enfin le tribunal arbitral ne dispose pas de l'imperium qui est le pouvoir de contrainte qu'exerce
le juge par délégation de l'Etat, contrainte des tiers au conflit, contraintes même des parties
(l'arbitre en tirera les conséquences mais ne pourra pas ordonner par exemple la présentation de
documents).
Les modes non juridictionnels de résolution des conflits ont pour finalité d'éteindre le litige plus
que de le trancher.
En effet, dans le recours à la justice étatique, il y a toujours un perdant et un gagnant, or ici, il
s'agit essentiellement de trouver une solution qui satisfasse les parties en présence. D'ailleurs,
dans certaines hypothèses le recours au juge s'avère inutile, puisqu'il ne s'agit pas de
l'application d'une règle de droit qui fait l'objet du litige. Par exemple, dans les conflits du travail
opposant salariés et employeurs, les conflits se situent souvent sur des terrains propres aux
conditions de travail et de salaire, mais ne relèvent pas de l'application de la loi. Le recours à la
justice apparaît donc inefficace.
Il existe trois modes de résolution des conflits qui appartiennent à cette catégorie de modes non
juridictionnels. Il s'agit :
- de la conciliation,
- de la médiation
- et de la transaction.
A) La conciliation
Le lexique Dalloz voit dans la conciliation « une phase préalable de certains procès, au cours
de laquelle le juge essaye d'amener les plaideurs à un règlement amiable », mais c'est aussi un
mode de résolution des conflits en dehors de toute procédure judiciaire.
Les justiciables peuvent avoir recours à la conciliation ou en bénéficier dans trois hypothèses :
la conciliation peut être faite par le juge dans le cadre d'une procédure judiciaire, elle peut être
faite par un tiers (appelé conciliateur) chargé par un juge toujours dans le cadre d'une procédure
judiciaire, et enfin elle peut être faite par un tiers (le conciliateur) en dehors du champ judiciaire.
Le déroulement de la conciliation est très simple. Le conciliateur de justice propose une réunion
au cours de laquelle il écoute les parties et cherche une solution de compromis respectant les
intérêts de chacun.
Si les adversaires se présentent spontanément devant le conciliateur, celui-ci tente aussitôt de
trouver un terrain d'entente.
Si l'une des parties se présente seule, le conciliateur peut convoquer son adversaire. Toutefois,
ce dernier est libre de ne pas répondre à cette convocation, puisqu'il faut l'accord des deux
parties. Chacune des parties à la conciliation peut se faire accompagner par toute personne de
son choix, et le conciliateur de justice peut recueillir toutes les informations qui lui semblent
utiles.
Si un compromis est trouvé entre les parties, le conciliateur de justice doit le constater par écrit,
et cela même en cas de conciliation partielle, en rappelant brièvement le litige et en indiquant
la solution acceptée. Le procès-verbal de conciliation sera signé par les parties qui en
conserverons chacune un exemplaire, et un exemplaire sera déposé au greffe du tribunal
compétent.
Mais ce procès-verbal de conciliation ne revêt pas les effets d'un jugement, il faut donc pour lui
donner une force exécutoire, que les parties prévoient dans le constat de conciliation de
demander au juge qu'il le revête de la force exécutoire. La partie souhaitant faire exécuter la
conciliation, devant le refus de son adversaire, pourra alors en obtenir l'exécution, au besoin
avec l'aide de la force publique, c'est-à-dire de la police ou de la gendarmerie.
Enfin, si un accord n'est pas trouvé ou n'a pas lieu, le recours au tribunal est toujours possible,
puisque le recours au conciliateur de justice est sans effet sur la date limite pour engager un
procès ou pour maintenir un droit. Il ne suspend pas les délais de prescription ou de recours, ce
qui peut constituer un inconvénient car le délai de prescription continue de courir.
B) La médiation
Quant à la médiation judiciaire elle se développe dans le champ du droit privé mais aussi dans
celui du droit pénal.
Le régime de la médiation judiciaire se confond avec celui de la conciliation judiciaire.
La médiation suppose comme condition première l'accord préalable de toutes les parties.
Le médiateur doit informer le juge « de ce que les parties sont ou non parvenues à un accord ».
Si les parties sont parvenues à une solution, celle d'entre elles qui souhaite donner à leur accord
une force exécutoire, doit le soumettre à l'homologation du juge : leur accord produira alors les
mêmes effets que ceux d'un jugement.
En revanche, si la médiation échoue, le rôle du médiateur ne va pas au-delà : afin d'éviter tout
risque de délégation de pouvoir, les parties sont ainsi assurées que les concessions qu'elles
étaient disposées à consentir en vue d'un accord, ne se retourneront pas contre elles, à leur insu,
si l'affaire doit revenir devant le juge.
Le médiateur est ainsi tenu à une obligation de secret à l'égard des tiers à la médiation, tout
comme les parties à la médiation.
C) La transaction
La transaction est un mode de résolution des conflits non juridictionnels qui mérite une attention
particulière, sa définition est en effet précise.
Ce mode de résolution des conflits s'est développé dans un domaine original et tend à s'exporter
dans d'autres types de litiges. Mais au-delà des avantages qu'elle présente, certains
inconvénients gênent l'application de ce mode de résolution des conflits.
1) Définitions
La transaction fait partie de ces mots à sens multiples. Mais en droit la transaction est définie
comme « le mode d'extinction de l'action publique résultant du pouvoir conféré à certaines
administrations (impôt, douanes, eaux et forêts, concurrence et prix) de renoncer à l'exercice de
poursuites contre un délinquant, en le contraignant à verser une somme destinée à tenir lieu de
pénalité ». Elle désigne aussi « la convention par laquelle une administration (contributions
indirectes, douanes, eaux et forêts) accepte que soient atténuées les peines pécuniaires
prononcées par une juridiction répressive contre un délinquant (transaction après
condamnation) ».
La transaction est donc tout d'abord un contrat et plus précisément un contrat synallagmatique,
c'est-à-dire un contrat qui impose des obligations réciproques à la charge de chacune des parties.
L'objet de ce contrat est ensuite bien précis : il s'agit de mettre fin à un litige né ou à naître en
se consentant des concessions réciproques.
2) Domaine de la transaction
Les avantages de la transaction apparaissent a priori attractifs : le litige est vite réglé, à un coût
souvent moindre que celui engendré par un procès, il est également tranché dans la discrétion,
et dans une atmosphère plus détendue qui permet de préserver des relations futures.
En outre, elle présente la sécurité de l'autorité de la chose jugée, puisque les transactions ont
entre les parties, l'autorité de la chose jugée en dernier ressort. Elles ne peuvent être attaquées
pour erreur de droit ni pour cause de lésion.
La transaction apparaît donc comme une formule intéressante de résolution amiable des litiges,
en particulier dans le domaine des relations de travail.
Tout compte fait, les modes non juridictionnels de résolution des litiges présentent dans
l'ensemble de nombreux avantages, tant pour la collectivité que pour les justiciables.
En effet, les avantages pour la collectivité sont nombreux. Ils sont tout d'abord d'ordre
économique dans la mesure où ils permettent de réduire les coûts de fonctionnement de la
justice, et participent à désencombrer les tribunaux. Ils sont aussi d’ordre sociaux, car ils
pacifient les différends et tentent d'adopter des solutions humaines aux problèmes humains qui
ne relèvent pas toujours de la sphère juridique.
Les avantages des modes alternatifs de règlement des conflits sont tout aussi importants pour
les justiciables.
L'accord des parties est au centre de cette résolution des conflits et permet ainsi de renouer le
dialogue entre les parties au litige, la célérité des procédures de conciliation et de médiation est
aussi intéressante, tout comme la confidentialité qui est une garantie offerte par ces procédures,
enfin ces dernières permettent une réduction substantielle des coûts puisque la conciliation est
gratuite.
En raison de tous ces avantages, les pouvoirs publics incitent les justiciables à avoir recours à
ces modes non juridictionnels de résolution des conflits. Mais paradoxalement, les recours à
ces procédures sont assez peu fréquents.
CHAPITRE 2 : LES REGLES DE FONCTIONNEMENT DU SERVICE PUBLIC DE
LA JUSTICE
L'exercice d'une activité de service public est soumise au respect de trois grandes règles, érigées
en principes généraux du service public :
- Le principe de mutabilité : qui signifie que le régime des services publics doit pouvoir
s'adapter constamment à l'évolution des besoins collectifs et de l'intérêt général.
- Le principe de continuité (ou de permanence) : qui implique que le service public soit
assuré de manière régulière et sans autre interruption que celles qui sont prévues par la
réglementation en vigueur.
- Et enfin le principe d’égalité devant les services publics : qui interdit que le service
public soit assuré de façon discriminatoire, en fonction des convictions politiques
religieuses, raciales du personnel administratif ou des usagers du service.
Notons que la gratuité des services publics n'est pas un des grands principes du service public,
car des dispositions législatives peuvent imposer ou au contraire exclure cette gratuité (par
exemple on ne peut pas parler de gratuité du service public de l’école, car des frais d’inscription
sont payés annuellement par les usagers de ce service public ; ni encore moins de la gratuité du
service public hospitalier…)
La gratuité du service public ne s'impose en réalité comme un grand principe que dans le cas
de certains services publics administratifs, lorsque les prestations effectuées relèvent de
l'exécution normale du service (par exemple, l'intervention des sapeurs-pompiers ou encore le
recours à la justice).
Ces principes du service public s'appliquent ainsi naturellement à la justice mais parfois de
manière particulière, si bien qu’ils deviennent caractéristiques du service public de la justice.
Concernant, le principe de mutabilité du service public de la justice, il s'exprime au travers de
la jurisprudence et en particulier de ses évolutions orchestrées par la Cour suprême. En effet, si
elle a un rôle d'unifier les décisions de justice rendues par les juges du fond, elle adapte
également la jurisprudence aux évolutions de la société. Ainsi, peuvent être expliqués bon
nombre de revirements de jurisprudence. (Le domaine de la responsabilité civile délictuelle en
est une illustration des plus marquantes du 20ème siècle).
Concernant les principes de la gratuité (Paragraphe 1), la continuité (paragraphe 2) et l’égalité
(paragraphe 3), il convient de les examiner tour à tour.
Le fonctionnement de la justice repose sur la gratuité car les parties à un procès ne paient pas
leurs juges.
La gratuité de la justice apparaît comme le corollaire de l'égalité des citoyens devant la justice,
car si seuls ceux qui pouvaient assumer financièrement l'accès à la justice engageaient une
procédure judiciaire, il y aurait bien évidemment une rupture d'égalité de traitement des citoyens
vis à vis du service public de la justice.
Cependant, si le recours aux juges et aux tribunaux est gratuit, il existe des frais relativement
importants, qui eux ne sont pas gratuits, ce sont « les frais de justice ».
Toutefois, afin de ne pas vider de son sens le principe d'égalité et donc de gratuité de la justice,
le législateur a prévu d'aider ceux qui ne peuvent pas payer les frais de justice (A) en ayant
recours à ce que l'on nomme l'aide juridictionnelle (B).
A) Les frais de justice
Les parties n'ont pas à rémunérer les juges qui sont des magistrats professionnels, fonctionnaires
de l'Etat, mais elles ont à supporter les frais occasionnés par la procédure, et doivent rémunérer
les auxiliaires de justice qui ont participé au procès.
Le principe est que les honoraires de l'avocat sont libres et fixés en accord entre l'avocat et son
client.
Pour évaluer le montant des honoraires de l'avocat, il y a plusieurs critères :
- le temps passé
- la notoriété ou la spécialisation de l'avocat
- l'importance du cabinet
- et la difficulté de l'affaire.
Le calcul des honoraires peut résulter soit d'un taux horaire ou d'un forfait, mais aussi d’un
barème prévu par la loi, en fonction des affaires. Certains cabinets pratiquent également
l’abonnement annuel qui permet à leurs clients de les solliciter tout au long de l’année pour
leurs différents problèmes juridiques et judiciaires.
Contrairement à ce qui se pratique dans divers pays de tradition anglo-saxon dont notamment
les États-Unis, le système romano-germanique interdit purement et simplement le « pacte de
quota litis » c'est-à-dire la convention par laquelle un avocat et son client conviendraient que
des honoraires ne seraient dus qu'en cas de gain du procès et en fonction du résultat obtenu. Il
est toutefois possible de convenir que quel que soit le résultat obtenu, l'avocat percevra un
honoraire forfaitaire, auquel s'ajoutera un honoraire complémentaire, de résultat, s'il parvient à
une solution déterminée.
Les honoraires de l'avocat sont irrépétibles c'est-à-dire non remboursables par le perdant. Ils
sont à la charge de chacune des parties. Mais le juge peut estimer qu'une fraction des honoraires
doit être remboursée par le perdant à son adversaire « lorsqu'il lui paraît inéquitable de lui laisser
en charge ».
2°Les dépens
Les dépens sont répétibles, cela signifie qu'ils sont remboursables par le plaideur perdant au
plaideur qui a gagné le procès. Ainsi, celui qui perd, supporte en plus de ses propres frais ceux
de son adversaire sauf circonstances exceptionnelles.
B) L'aide juridictionnelle
L'accès à la justice est le corollaire des libertés. Il appartient donc à l'Etat, dont l'une des
fonctions essentielles est l'exercice de la justice de permettre à tous de s'adresser en cas de
besoin aux tribunaux en prenant en charge une partie des frais du procès pour ceux qui en sont
démunis et en aidant ceux dont les ressources sont insuffisantes.
L'aide juridictionnelle offre aux citoyens les plus défavorisés économiquement, la possibilité
de recourir à la justice, car la justice a un coût puisque les frais et émoluments des auxiliaires
de justice demeurent à la charge des plaideurs.
Cependant le caractère dérisoire de l’aide proposée au Sénégal, fait en sorte qu’elle est
méconnue de la majorité des justiciables
En principe, la justice est un service continu au Sénégal, c'est-à-dire qu’elle siège et remplit son
office sans interruption durant le cours de l’année.
Les vacances judiciaires n'existent pas en principe, même si dans la pratique, le service de la
justice fonctionne de manière allégé pendant certains mois (juillet, Août, septembre), pour
permettre au personnel de l’administration de la justice de bénéficier de leur congé à tour de
rôle.
Les dimanches et les jours fériés, tout comme les samedis dans la plupart des tribunaux, le
service des tribunaux est suspendu, mais en cas d'urgence, certains juges sont de garde et
assurent ainsi la permanence de la justice. Il en est ainsi en matière civile pour les juges des
référés, mais aussi en matière pénale pour les juges d'instruction et les procureurs.
Par ailleurs, certaines juridictions fonctionnent par sessions, c'est le cas des chambres
criminelles des tribunaux de grande instance qui doivent tenir une session au moins tous les
quatre mois5
Gratuité et permanence, tels sont les caractères du service public de la justice. Cependant le
caractère le plus parlant de la justice se trouve être l’égal accès de tous à la justice.
Le principe d'égalité des citoyens devant la justice, aujourd'hui paraît un principe naturel et
signifie que toute personne a une égale vocation à être jugée dans les mêmes conditions, devant
les mêmes tribunaux et avec les mêmes règles de procédure sans la moindre discrimination.
Ce principe trouve sa source dans les lois révolutionnaires de 1789 qui ont disposé que «tout
privilège en matière de juridiction est aboli ; tous les citoyens sans distinction plaideront en la
même forme et devant les mêmes juges, dans les mêmes cas ».
Ce principe à la Révolution s'expliquait essentiellement par rapport aux privilèges de juridiction
qui existaient sous l'Ancien Régime.
Mais aujourd'hui ce principe apparaît comme l'un des fondements de notre société
démocratique.
La question qui se pose est alors de savoir si ce principe est correctement appliqué. Dans les
faits, il peut paraître mal appliqué en raison des obstacles pratiques qui existent face à la mise
en œuvre du droit et des procédures.
En effet, tout d'abord économiquement, l'accès au droit peut paraître parfois onéreux, même si
pour palier à cette difficulté, le législateur a instauré l'aide juridictionnelle.
Ensuite, la connaissance du droit et celle des mécanismes juridiques sont souvent ignorées par
les citoyens qui doivent avoir recours à des professionnels du droit pour les aider, mais parfois
5
Article 222 du code de procédure pénal sénégalais, modifié par la loi n° 2014-28 du 03 novembre 201
le recours à ces personnes est difficile, alors même que le législateur tente de rapprocher le
justiciable de la justice et de développer ce que l'on appelle la justice de proximité.
L'application du principe de l'égalité des citoyens devant la justice ne pose donc pas de difficulté
d'ordre théorique mais plutôt d'ordre pratique relevant de réticences personnelles face à la
justice.
Nous étudierons ici les principes de fonctionnement de la justice sénégalaise (Paragraphe 1),
ainsi que sa responsabilité en cas de mauvais fonctionnement (Paragraphe 2)
Les juridictions sénégalaises sont organisées autour d'un principe de hiérarchie que l'on pourrait
illustrer par une pyramide, ce qui a pour conséquence que toute affaire bénéficie de ce que l'on
appelle le double degré de juridiction. Ce principe du double degré de juridiction est considéré
comme un principe de garantie de la liberté individuelle et de protection de la personne
humaine.
Notons que les juridictions qui jugent l'affaire dans son entier c'est-à-dire en fait et en droit, que
ce soit en première instance ou en seconde instance, sont dites juridictions du fond, et l'on parle
d'ailleurs des juges du fond.
Cette présentation des juridictions selon laquelle tout plaideur mécontent du jugement rendu en
première instance peut interjeter appel, qui jugera, une seconde fois, entièrement l'affaire,
illustre le principe du double degré de juridiction.
Toutefois, cette hiérarchie institutionnelle des juridictions n'est pas un obstacle à l'indépendance
de chaque tribunal, et à la liberté de rendre la décision qu'il estime. En effet, chaque juridiction
est libre de statuer comme elle entend et cela quel que soit son degré dans la hiérarchie.
Ce principe du double degré de juridiction est donc un principe de garantie des droits et libertés
fondamentaux pour chaque citoyen.
En première instance, le tribunal peut soit faire droit à la demande du demandeur soit la rejeter.
Ainsi pour les jugements faisant droit au demandeur : le défendeur peut interjeter appel (le
demandeur peut aussi interjeter mais n'a aucun intérêt puisqu'il a gagné son procès) et dans le
cas :
- la cour d'appel peut confirmer le jugement : le demandeur initial gagne encore le procès
en appel ;
- la cour d'appel peut infirmer le jugement : le défendeur gagne le procès en appel.
A l'inverse pour les jugements déboutant le demandeur ou rejetant la demande, c'est le
demandeur qui peut interjeter appel : (le défendeur peut aussi interjeter appel mais n'a aucun
intérêt puisqu'il a gagné son procès) et dans cette hypothèse :
- la cour d'appel peut confirmer le jugement : le défendeur initial gagne encore le procès
en appel ;
- la cour d'appel peut infirmer le jugement : le demandeur gagne le procès en appel.
Enfin au sommet de la pyramide, figure la Cour suprême. Toutefois, la Cour suprême n’est pas
un troisième degré de juridiction parce qu'elle statue uniquement en droit sur les pourvois
dirigés contre les décisions rendues par les cours et tribunaux en matière civile, sociale,
criminelle et administrative6. Elle est aussi juge en premier et dernier ressort en matière de
recours pour excès de pouvoir et de légalité des actes des collectivités locales selon les cas à
tous les degrés de la hiérarchie juridictionnelle.
Au Sénégal (contrairement au système judiciaire français où coexiste deux ordres de
juridictions : les juridictions de l'ordre judiciaire et celles de l'ordre administratif), il existe un
seul ordre juridictionnel ou une unité de juridiction. En effet, les juridictions ordinaires sont à
la fois compétentes en matière civile, commerciale, administrative et pénale. C’est le cas des
tribunaux d'instance, des tribunaux de grande instance, des triet des cours d’appel.
Ces juridictions sont toutes soumises au contrôle de la cour suprême.
Le système judiciaire sénégalais est attaché au principe de la collégialité des juges7 qui
s’explique d’une part par une certaine crainte de l’arbitraire et d’autre part en raison du mode
de recrutement des magistrats qui se fait en général après une formation de deux ans, suite à un
concours de niveau master.
Les juges sénégalais sortis fraîchement du centre de formation judiciaire sont jeunes
contrairement à ceux d'autres pays de tradition anglo-saxon (comme en Angleterre et au
Canada) où les juges sont recrutés à l'âge de 45-50 ans parmi des praticiens ayant une solide
expérience judiciaire8.
6
La cassation des affaires commerciales est désormais du ressort de la CCJA (cour commune de justice et
d’arbitrage)
7
C’est-à-dire que la justice est rendue par un collège de juges
8
En effet, « En Angleterre et au pays de Galles, comme la quasi-totalité du contentieux pénal est traitée par des
juges non professionnels, les juges professionnels sont peu nombreux. Ils sont choisis parmi les avocats les plus
Le principe de la collégialité va donc présenter de nombreux avantages dans notre système
judiciaire :
- il peut être compris tout d'abord comme un rempart contre la partialité d'un seul juge
- il peut aussi être garant d'une meilleure indépendance
- enfin et surtout, il peut assurer une meilleure qualité et une plus grande efficacité dans
le traitement des affaires. C'est certainement la raison pour laquelle, le principe de la
collégialité n'est pas remis en cause au niveau de l'appel, qui est considéré comme un
dernier ressort, c'est-à-dire un deuxième recours judiciaire concernant l'appréciation des
faits.
Toutefois, des dérogations à ce principe deviennent de plus en plus nombreuses.
En effet, bien souvent, le juge unique supplante la formation collégiale et cela pour des raisons
très diverses.
La principale raison provient du fait que la collégialité coûte chère ; elle est dit-on une «formule
de luxe» en raison de la pénurie du personnel judiciaire comparée à l'augmentation constante
du volume des affaires.
Le recours au juge unique comme dérogation à la collégialité s'explique aussi par le fait que
pour certaines affaires, un contact direct avec le juge est souvent bénéfique (comme en matière
de divorce, ou de protection des enfants) et que le contact s'établit mieux avec un juge unique
qu'avec un tribunal qui statue en formation collégiale.
On constate donc en pratique un net recul du principe de la collégialité des juges.
expérimentés. La loi fixe en effet l'expérience minimale exigée à sept, dix ou quinze ans selon le poste brigué,
mais, en pratique, les juges sont choisis parmi les praticiens comptant au moins vingt ans d'expérience. En règle
générale, les intéressés sont d'abord nommés juges à temps partiel et exercent les fonctions de juge pendant
une vingtaine de jours par an tout en continuant à travailler comme avocats avant d'être nommés juges à temps
plein au bout de plusieurs années » (Sénat, Étude de législation comparée n° 164 (2005-2006) - juin 2006 - Le
recrutement et la formation initiale des magistrats du siège).
- il est ensuite nécessaire, compte tenu du fait que chaque tribunal a un certain ressort
géographique, de savoir quelle est, au sein de la catégorie de juridiction retenue, la
juridiction qui est territorialement compétente (question de compétence territoriale).
Les règles de compétence territoriale sont destinées à permettre d'isoler au sein de la catégorie
retenue la juridiction précisément compétente eu égard à son ressort géographique et à la «
localisation » de l'affaire.
C'est ainsi que lorsque l'application des règles de compétence d'attribution a conduit à affirmer
qu'un tribunal de grande instance a vocation à connaître de tel litige, encore faut-il savoir si la
juridiction à saisir de ce litige est le tribunal de grande instance de Ziguinchor, ou celui de Dakar
ou de Tambacounda, ou tel autre encore. Les règles de compétence territoriale apportent la
solution à cet autre problème.
Tels sont les principes qui régissent le fonctionnement d’une bonne administration de la justice.
Les manquements notés dans le fonctionnement de la justice peuvent donner lieu à une action
en dommages et intérêts, initiées par le justiciable contre l’Etat.
Indépendamment des sanctions disciplinaires et pénales qui peuvent atteindre les magistrats, le
principe de leur responsabilité civile a toujours été admis car il n'est pas concevable qu'un
individu puisse être exonéré des fautes ou des négligences qu'il pourrait commettre.
Cependant, l'étendue et la mise en œuvre de cette responsabilité ont varié au cours du temps,
en raison de la nature particulière des fonctions de magistrat et du statut qui y est attaché.
C'est notamment pour garantir leur indépendance et éviter que leur responsabilité soit trop
facilement mise en jeu par les plaideurs mécontents de la perte de leur procès que la législation
sénégalaise a rejeté le système de responsabilité civile de droit commun, qui permet à une
victime de demander réparation de la faute, même la plus légère.
Les magistrats sénégalais sont donc soumis à un régime très original de responsabilité prévue
par le code de procédure civile. En effet, ils peuvent être déclarés responsables, mais seulement
dans des cas limitativement énumérés par la loi, au terme d'une procédure longue et complexe
appelée la «prise à partie».
Cette procédure présentait des risques de se voir infliger une amende pour le plaideur et avait
peu de chances de succès car la jurisprudence admettait de manière très restrictive l'existence
des conditions légales.
Dans les rares hypothèses où la responsabilité du magistrat était reconnue, l'Etat devenait
civilement responsable des condamnations prononcées contre le magistrat, et pouvait exercer
un recours subrogatoire contre ce dernier (c'est-à-dire se retourner contre lui).
Il s'agit donc d'un régime de responsabilité du fait d'autrui, l'Etat lui-même n'était pas
responsable du mauvais fonctionnement du service de la justice ou des fautes commises dans
l'exercice de la fonction juridictionnelle, et n'était donc pas poursuivi directement devant les
tribunaux ; le demandeur, après les autorisations nécessaires, devait citer le magistrat devant la
juridiction compétente.
Cette irresponsabilité de l'Etat était très critiquée depuis longtemps et, petit à petit, quelques
dérogations y furent apportées pour aboutir à l’admission d’une responsabilité de l’Etat dans
des domaines particuliers. Il s'agit par exemple du pourvoi en révision en matière pénale et de
la détention provisoire au cours d'une procédure ayant abouti à une décision de non-lieu, de
relaxe ou d'acquittement devenue définitive.
L'Etat est tenu aussi de réparer le dommage causé par le fonctionnement défectueux du service
de la justice. Cette responsabilité n'est engagée que par une faute lourde ou par un déni de
justice.
En somme les règles de responsabilité à propos du fonctionnement du service judiciaire se
rapprochent beaucoup de celles de la responsabilité administrative basée sur la distinction de la
faute de service et de la faute personnelle, avec une différence cependant du fait que la faute de
service susceptible d'engager la responsabilité de l'Etat n'est retenue que dans deux hypothèses
: le déni de justice et la faute lourde.
TITRE 2 : LES JURIDICTIONS DU SENEGAL
Les juridictions de droit commun (par opposition aux juridictions spécialisées) sont celles qui
ont une aptitude à connaître de tout litige (civil, commercial et pénal) ; c’est-à-dire qu’elles
sont compétentes par défaut, lorsque la loi n'a pas prévu une compétence particulière d’une
juridiction spécialisée.
La juridiction de droit commun en première instance est le tribunal de grande instance (section
1), en deuxième instance, il s'agit de la Cour d'appel (section 2). Il est logique qu'il n'existe
qu'une seule juridiction de droit commun à chaque degré de juridiction puisqu’en tant que
juridiction de droit commun, elle a une compétence par défaut, c'est-à-dire lorsque toutes les
autres juridictions d'exception n'ont pas compétence.
Section 1 : Le tribunal de grande instance, juridiction de droit commun de premier degré
Comme juge, il exerce des fonctions judiciaires comme tout président de chambre, en ce sens,
il préside, dirige les débats et assure la police de l'audience.
Comme président du tribunal de grande instance, il dispose de fonctions non juridictionnelles :
- en sa qualité de président de tribunal, il veille tout d'abord à son administration
intérieure, répartit les affaires entre les chambres, surveille le bon fonctionnement du
tribunal...
- il a également des fonctions juridictionnelles prévues par le code de procédure civile
qui lui sont propres, qu'il peut déléguer en tout ou partie à d'autres juges de son tribunal,
il rend à ce titre des ordonnances sur requêtes, et tient l'audience des référés
Dans chaque tribunal de grande instance, l’un des juges désigné par arrêté du Garde des sceaux
Ministre de la justice, assure les fonctions de juge d’instruction. Lorsque les besoins de service
l’exigent, il peut être désigné plusieurs juges d’instruction ; et s’il n’y a qu’un seul juge au siège
du tribunal, il remplit d’office les fonctions de juge d’instruction.
Enfin notons que toutes les juridictions sont assistées d’un ou de plusieurs administrateurs de
greffes ou greffiers en chef nommés conformément aux dispositions statutaires.
Ils sont chargés de tenir la plume des audiences, de conserver la minute des arrêts, des arrêts
jugements et ordonnances et d’en délivrer l’expédition.
Ils peuvent se faire suppléer par un ou plusieurs greffiers.
La compétence d'attribution des tribunaux de grande instance est organisée autour de deux axes
:
- tout d'abord, le tribunal de grande instance est la juridiction de droit commun de
première instance, ce qui lui donne compétence pour connaître de toutes les affaires qui
n'ont pas été spécialement attribuées au tribunal d’instance. On dit de ce le tribunal de
grande instance qu’il a une compétence par défaut ;
- ensuite, le tribunal de grande instance est doté d'une compétence spéciale. En effet, la
loi lui a accordé une compétence exclusive concernant certaines matières déterminées.
- Par nature de l'affaire, la loi entend que tout ce qui n'entre pas dans le domaine strict de
la compétence des juridictions d'exception relève de la compétence du tribunal de
grande instance.
- Concernant le montant de la demande un partage de compétence existe entre le tribunal
de grande instance et le tribunal d’instance pour les affaires personnelles et mobilières
(les affaires personnelles sont celles qui portent sur un droit personnel, une obligation ;
les affaires mobilières sont celles dont le droit porte sur un meuble), en raison du
montant de l'affaire. On parle alors de taux de compétence. Conformément aux
dispositions du décret n°2015-1145 fixant la composition et la compétence des cours
d’appel, des tribunaux de grande instance et des tribunaux d’instance, le tribunal de
grande instance sera donc compétent tant en matière civile et commerciale de toutes
actions personnelles ou mobilières toute les fois que le montant de l’affaire dépasse
2 000 000 francs CFA.
Les jugements rendus par les tribunaux de grande instance pour les matières relevant de leurs
compétences sont rendus en premier ressort, c’est-à-dire avec possibilité de faire appel devant
la cour d’appel compétente.
Outre sa compétence générale, des compétences spéciales sont dévolues au tribunal de grande
instance
Ces compétences spéciales du tribunal de grande instance sont prévues par le décret n°2015-
1145 du 03 août 2015.
Il s’agit tout d’abord de la compétence en matière correctionnelle et criminelle. Aux termes de
l’article 18 du décret : « les tribunaux de grande instance connaissent en premier ressort de tous
les délits autres que ceux qui sont de la compétence des tribunaux d’instance.
Ils ont également plénitude de juridiction pour juger en premier ressort les personnes renvoyées
devant eux, soit par une ordonnance du juge d’instruction, soit par un arrêt de la chambre
d’accusation pour des infractions qualifiées de crime et toutes autres infractions connexes. »
La compétence du TGI en matière criminelle est une nouveauté, puisque lors des précédentes
réformes de l’organisation judiciaire sénégalaise, les infractions qualifiées de crime étaient
jugées par la cour d’assise.
La loi n°2014-28 du 03 novembre 2014 modifiant le code de procédure pénale a institué au sein
de chaque tribunal de grande instance une chambre criminelle qui a plénitude de juridiction
pour juger en premier ressort les personnes renvoyées devant elles, soit par une ordonnance du
juge d’instruction, soit par un arrêt de la chambre d’accusation pour les infractions qualifiées
crimes et toutes autres infractions connexes.
La loi précise cependant que la chambre criminelle du tribunal de grande instance siège par
session au moins tous les quatre mois.
L’institution de ces chambres criminelles au sein des tribunaux de grande instance, avec un
mode de fonctionnement caractérisée par une régularité beaucoup plus accentuée que celle
notée au sein des anciennes cours d’assises, répond au besoin de traitement diligent des dossiers
criminels ; mais aussi permettra d’éviter les longues détentions provisoires, qui ne procèdent
pas toujours des exigences des enquêtes judiciaires.
Ils ont en outre, au cours des instances dont ils sont saisis, compétence pour interpréter et
apprécier la légalité des décisions des diverses autorités administratives, lorsque de la légalité
dépend la solution du litige.
Enfin les tribunaux de grande instance sont juges d’appel des décisions rendues par les
tribunaux d’instance en premier ressort, en matière civile et commerciale et de simple police.
Le principe en matière de compétence territoriale est énoncé à l'article 34 alinéa 1er du code de
procédure civile sénégalais. Il résulte de cet article que la juridiction territorialement
compétente en matière personnelle et mobilière est sauf disposition contraire, celle du lieu où
demeure le défendeur et s’il n’a pas de domicile devant le tribunal de sa résidence.
Cette ancienne règle « actor sequitur forum rei » a une portée générale et concerne toutes les
juridictions de premier degré. C'est en effet, celui qui prend l'initiative du procès qui doit en
supporter la gêne et les inconvénients éventuels.
Ce principe s'applique donc pour le tribunal de grande instance et le tribunal d’instance. En
application de ce principe, le tribunal compétent est celui du lieu où demeure le défendeur ou à
défaut celui du lieu de sa résidence.
En outre, lorsque le défendeur est une personne morale, le demandeur saisira le tribunal du lieu
où la personne morale a son siège social. Enfin, en présence de plusieurs défendeurs, le
demandeur saisira à son choix, la juridiction du lieu où demeure l'un d'entre eux.
Les dérogations en matière de compétence territoriale peuvent se traduire soit par l'affirmation
de la compétence d'un tribunal déterminé, soit par une option de compétence.
- En matière réelle immobilière, le tribunal compétent est celui du lieu où est situé
géographiquement l'immeuble ou de l’un d’eux si plusieurs immeubles sont en cause
(art. 34 al. 5 CPC).
- Pour les litiges en matière de succession l'article 34 al. 7 du CPC indique que sont
portées devant la juridiction dans le ressort de laquelle est ouverte la succession jusqu'au
partage inclusivement : les demandes entre héritiers, les demandes formées par les
créanciers du défunt, et les demandes relatives à l'exécution des dispositions à cause de
mort.
- C'est le cas en matière délictuelle, le demandeur peut saisir soit le tribunal du défendeur,
soit celui où s'est produit le fait dommageable, soit enfin celui où le dommage a été subi
par la victime.
- En matière contractuelle, le demandeur peut choisir entre le tribunal du lieu du domicile
du défendeur, ou le tribunal du lieu de la livraison effective de la chose ou celui du lieu
de l'exécution de la prestation de services, lorsque telle est l'objet de la convention.
- En matière d'aliments ou de contribution aux charges du mariage, le demandeur a le
choix entre la juridiction où il demeure, ou celle du lieu du défendeur.
- En matière mixte, l’action est portée devant le juge de la situation ou devant le juge du
domicile du défendeur.
- Les contestations relatives à des fournitures, travaux, locations, louages d’ouvrage ou
d’industrie, peuvent être portées devant le juge du lieu où la convention a été contractée
ou exécutée, lorsqu’une des parties est domiciliée dans ce lieu; s’il y a plusieurs
défendeurs, devant le tribunal du domicile de l’un d’eux au choix du demandeur.
- En matière commerciale, le demandeur peut assigner à son choix : devant le tribunal du
domicile du défendeur; devant celui dans le ressort duquel la promesse a été faite et la
marchandise livrée; ou enfin devant celui dans le ressort duquel le paiement devait être
exécuté (art. 35).
Il y a au Sénégal Six cours d’appel, dont la population par ressort varie considérablement d'une
Cour d'appel à une autre, ce qui invite à se poser la question de l'égalité de traitement des
citoyens devant la justice.
La Cour d’appel de Dakar a son siège établi à Dakar. Son ressort s’étend aux tribunaux de
Grande instance de Dakar, Pikine-Guédiawaye et Rufisque.
La Cour d’appel de Saint-Louis a son siège établi à Saint-Louis. Son ressort s’étend aux
tribunaux de grande instance de Saint-Louis, Matam et Louga.
La Cour d’appel de Kaolack a son siège établi à Kaolack. Son ressort s’étend aux tribunaux de
grande instance de Kaolack, Fatick et Kaffrine.
La Cour d’appel de Ziguinchor a son siège établi à Ziguinchor. Son ressort s’étend aux
tribunaux de grande instance de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou.
La Cour d’appel de Thiès a son siège établi à Thiès, son ressort s’étend aux tribunaux de grande
instance de Thiès, Diourbel, Mbour, Mbacké et Tivaouane.
Enfin la cour d’appel de Tambacounda a son siège établi à Tambacounda. Son ressort s’étend
aux tribunaux de grande instance de Tambacounda et Kédougou.
Chaque Cour d'appel statue sur les appels interjetés contre les décisions rendues par les
tribunaux de grande instance, les tribunaux d'instance (dans les affaires correctionnelles
réservées à leur compétence) et les tribunaux du travail qui se trouvent dans les limites
territoriales de son ressort.
Lorsqu'un jugement a été rendu en première instance, et que l'une des parties n'est pas satisfaite
de la décision rendue, elle peut interjeter appel, c'est-à-dire demander à des juges plus
expérimenté - les conseillers près la Cour d'appel -, de juger une nouvelle fois leur affaire, dans
leur entier -tant sur le fond que sur le droit -, c'est ce qu'on appelle l'effet dévolutif de l'appel
qui remet en cause le principe de la chose jugée en première instance.
La voie de l'appel est ouverte en toute matière, contre les jugements de première instance, sauf
s'ils ont été rendus en premier et dernier ressort par le Tribunal d’instance et sauf s'ils ont été
rendus en premier ressort par le Tribunal d’instance. Dans ce dernier cas l’appel sera interjeté
devant le tribunal de grande instance territorialement compétent.
Conformément aux dispositions du code de procédure civile sénégalais, le délai pour interjeter
appel des jugements en premier ressort est de deux mois. Ce délai court du jour du prononcé du
jugement s’il est contradictoire et de sa notification s’il est par défaut.
Après cette brève présentation procédurale, il convient d'envisager l'organisation (Paragraphe
1) et la compétence des Cours d'appel (Paragraphe 2).
Suite à la nouvelle réforme de la carte judiciaire du Sénégal, le ressort de chaque Cour d'appel
comprend deux ou plusieurs départements.
C'est le Président de la République qui fixe par décret le siège et le ressort des Cours d'appel.
Les cours d'appel comportent généralement plusieurs chambres dont le nombre varie en
fonction de l'importance des affaires traitées par la cour.
A la tête de cette Cour, figurent le Premier Président et le Procureur général qui eux aussi sont
investis de missions et de pouvoirs particuliers (A), et organisent le fonctionnement de la Cour
(B).
Le fonctionnement des cours d'appel invite à s'interroger sur sa composition, ses formations et
le déroulement de l'audience.
La composition des Cours d'appel est très simple et est similaire à celle des tribunaux de grande
instance.
Elle comporte en général plusieurs chambres, qui peuvent elles-mêmes être divisées en sections.
Il y a les chambres civiles et commerciales qui reçoivent les appels contre les jugements des
tribunaux de grande instance en matière civile et commerciale, la chambre sociale compétente
pour connaître en appel les jugements rendus par les tribunaux du travail, la chambre des appels
correctionnels compétente pour recevoir en appel les décisions rendues par les tribunaux
d’instance en matière correctionnelle dans son domaine de compétence, ainsi que les décisions
rendues par les tribunaux de grande instance en matière correctionnelle.
Il y a également des chambres spécialisées telles que :
- La chambre d’accusation
- Et la chambre criminelle, qui connaît en appel les décisions rendues par les chambres
criminelles des tribunaux de grande instance.
Concernant le déroulement de l'audience devant la Cour d'appel, celle-ci tient des audiences au
cours desquelles les affaires sont débattues et les arrêts prononcés.
Comme devant le tribunal de grande instance, en principe, la cour siège en audience publique.
Il arrive toutefois que les débats aient lieu en chambre du conseil, c'est-à-dire hors de la présence
du public : on retrouve ici les mêmes règles que celles applicables en première instance.
La compétence des Cours d'appel doit être analysée classiquement, c'est-à-dire du point de vue
de sa compétence d'attribution (A), et du point de vue de sa compétence territoriale (B).
En tant que juridictions de droit commun de second degré, les cours d'appel ont plénitude de
compétence pour juger toutes les affaires faisant l'objet d'un appel contre les jugements rendus
en premier ressort par les tribunaux de grande instance en matière civile, commerciale,
correctionnelle, administrative et fiscale.
Elles connaissent également de l’appel des jugements rendus en premier ressort par les
tribunaux du travail.
Elles connaissent enfin de l’appel des jugements rendus par les tribunaux d’instance dans les
affaires correctionnelles réservées à leur compétence et sur l’action civile ou directe engagée
conjointement à l’action public dans lesdites affaires.
Notons cependant que l’appel des jugements rendus par les tribunaux d’instance en matière
civile, commerciale et de statut personnel relève du tribunal de grande instance, échappant ainsi
à la compétence de la Cour d’appel. Il en est de même de l’appel des décisions rendues par les
tribunaux d’instance en matière de simple police
Enfin, la Cour d'appel a une compétence exceptionnelle comme juge de premier degré
concernant le contentieux électoral. Elle statue selon les procédures particulières instituées par
les lois et règlements.
Comme toute juridiction de recours, la Cour d'appel a une compétence territoriale à l'égard de
tous les tribunaux qui ont leur siège dans son ressort. La compétence territoriale des Cours
d'appel est donc établie en fonction de la juridiction saisie en première instance conformément
aux dispositions de l’article 24 du décret 2015-1145 du 03 août 2015.
Certains auteurs préfèrent utiliser l’expression juridiction d’exception pour caractériser, les
juridictions auxquelles la loi confère des compétences d’attribution bien déterminée. Nous
optons cependant pour la terminologie de « juridictions spécialisées » à cause du caractère
amphibologique de la notion de juridiction d’exception.
Les juridictions spécialisées s’opposent aux juridictions de droit commun. En effet, si les
tribunaux de droit commun ont plénitude de juridiction et sont compétents pour connaître en
principe de tout procès ; les juridictions spécialisées seront compétentes quant à elles, pour
juger les litiges qui leurs seront expressément confiés par la loi.
Adopter un plan cohérent d’étude générale des juridictions spécialisées n’est pas chose aisée,
vue leur énorme disparité. Cependant, nous nous évertuerons à les regrouper selon que ces
juridictions sont compétentes en matière civile, commerciale et sociale (section 1) et selon
qu’elles ont une compétence assez spécifique (section 2).
Les juridictions spéciales en matière civile, commerciale et sociale sont les tribunaux d'instance
(A) et les tribunaux de travail (B). Avec la nouvelle réforme de la carte judiciaire sénégalaise,
les tribunaux d'instance vont remplir leur rôle de véritables juridictions de proximité en ce sens
que le juge est proche géographiquement du justiciable et s'intéresse aux litiges de la vie
quotidienne.
Le tribunal d'instance (TI) est une juridiction civile que le justiciable peut d'abord saisir pour
les petits litiges de la vie courante. Le champ de compétence de cette juridiction est fixé par la
loi.
Le tribunal d'instance est une juridiction spécialisée de premier degré qui connaît certaines
affaires de nature civile et commerciale (on parle de juridiction d'attribution).
Suite à la nouvelle réforme de l’organisation judiciaire, les tribunaux d'instance ont remplacé
les tribunaux départementaux.
Les tribunaux départementaux avaient un ressort territorial étendu aux départements et
connaissaient des litiges peu importants avec le souci de les régler si possible par la voie de la
conciliation.
Ce rôle particulier des tribunaux départementaux marque encore l'esprit des tribunaux
d'instance devant lesquels, d'ailleurs, les parties peuvent se présenter sans avoir recours à un
avocat.
Cette même idée explique l'importance de la conciliation devant les tribunaux d'instance et la
volonté actuelle des pouvoirs publics de rapprocher le juge des justiciables.
L'originalité du tribunal d'instance est d'être traditionnellement une juridiction qui statue à juge
unique, ce qui constitue une dérogation importante au principe de la collégialité de la justice.
En effet, le tribunal d'instance peut comprendre un ou plusieurs juges d'instance, qui sont des
magistrats du corps judiciaire, mais quel que soit le nombre de magistrats affectés au tribunal,
ce dernier statue toujours à juge unique.
Dans chaque tribunal d’instance il y a un président qui répartit les affaires selon les besoins du
service, en cas d’absence ou d’empêchement, il est remplacé dans les conditions prévues par la
loi organique portant statut des magistrats.
Dans chaque tribunal d’instance un juge désigné par arrêté du ministre de la justice remplit les
fonctions de juge d’instruction. Lorsque les besoins du service l’exigent, il peut être désigné
plusieurs juges d’instruction ; et s’il n’y a qu’un seul juge au siège du tribunal, il remplit d’office
les fonctions de juge d’instruction
Il n'existe pas en principe de parquet organisé devant les tribunaux d'instance. Cependant, il
peut être institué auprès du tribunal d’instance un délégué du procureur de la république et au
besoin plusieurs adjoints chargés d’exercer les fonctions du ministère public sous l’autorité du
procureur de la république près le tribunal de grande instance dans le ressort duquel est situé le
siège du tribunal d’instance. Pour les tribunaux d’instance quoi ne comportent pas de ministère
public, ou en cas d’absence du délégué du procureur de la république et de son adjoint, l’action
publique est exercée par le chef de juridiction investi des pouvoirs du ministère public, sous
l’autorité du procureur de la république.
A l’instar de chaque tribunal d'instance dispose d'un secrétariat-greffe, chargée de tenir la plume
aux audiences, de conserver la minute des jugements et ordonnance et d’en délivrer
l’expédition.
B) Compétences du tribunal d’instance
La compétence matérielle des tribunaux d’instance est prévue à l’article 4 et suivant du décret
du 03 août 2015.
- Sous réserve des dispositions suivantes les tribunaux d’instance connaissent tant en
matière civile que commerciale de toutes actions personnelles ou mobilières en dernier
ressort, jusqu’au montant de 300.000 francs CFA et à charge d’appel jusqu’au montant
de 2.000.000 de francs CFA.
- Les tribunaux d’instance sont compétents pour connaître en premier ressort, quel que
soit l’objet du litige des actions relatives au contrat de louage d’immeubles à usage
d’habitation.
- Ils connaissent également en premier ressort, quel que soit l’objet du litige des actions
relatives au bail à usage professionnel au sens des dispositions prévues par l’article 101
de l’acte uniforme portant sur le droit commercial général, lorsque le montant du loyer
est inférieur ou égal à 100 000 francs CFA.
- Dans les mêmes limites, ils connaissent également des demandes en autorisation,
validité, nullité ou mainlevée de saisie-revendication alors même qu’il y aurait
contestation de la part d’un tiers.
- Les tribunaux d’instance connaissent, lorsque les causes de la saisine sont dans les
limites de sa compétence :
- Les tribunaux d’instance sont, en outre, qualité pour autoriser, s’il y a lieu, les saisies
visées ultérieurement dont les causes n’excèdent pas les limites de leur compétence.
- Les tribunaux d’instance connaissent, en premier ressort et quel que soit la valeur du
litige, de toutes les actions relatives au statut du personnel. Ils sont notamment
compétents pour connaître des demandes en paiement, révision ou suppression de
pension alimentaire.
- Dans les localités où il existe un cadi et, le cas échéant, un cadi suppléant, ceux-ci sont
intégrés au tribunal d’instance dans le ressort duquel ils ont été nommés.
- Les tribunaux d’instance peuvent les consulter dans les matières relevant du Code de la
famille, avant de statuer sur le fond et après avoir ordonné toutes mesures provisoires
ou urgentes nécessaires pour la cause. Cette consultation est obligatoire lorsque le litige
est relatif aux successions de droit musulman.
- Les tribunaux d’instance peuvent renvoyer les parties devant le cadi ou le cadi suppléant
aux fins de tentative de conciliation. L’accord intervenu est homologué par ordonnance
du juge.
- Les tribunaux d’instance ont, au cours des instances dont ils sont saisis, également
compétence pour interpréter et apprécier la légalité des décisions des autorités
administratives, lorsque de cet examen de la légalité, dépend la solution du litige.
L’appel des jugements rendus par les tribunaux d’instance en matière civile, commerciale, de
statut personnel ou de simple police est porté devant le tribunal de grande instance.
L’appel des jugements rendus par les tribunaux d’instance dans les affaires correctionnelles
réservées à leur compétence, et sur l’action civile, engagée conjointement à l’action publique
dans lesdites affaires, est porté devant la Cour d’Appel.
Les jugements rendus en dernier ressort peuvent faire l’objet d’un pourvoi en cassation devant
la Cour Suprême.
Les règles relatives à la compétence du tribunal d'instance sont les règles de droit commun en
matière de compétence territoriale c'est-à-dire les règles que nous avons étudiées à propos de la
compétence territoriale du tribunal de grande instance.
Ces règles de droit commun, en matière de compétence territoriale, gouvernent les affaires
relevant de la compétence d'attribution de principe.
Le Président est un magistrat professionnel qui préside la juridiction et les audiences. Il assure
l’administration du tribunal et la gestion des crédits de fonctionnement. En raison du volume
des affaires, le président du tribunal du travail est assisté de plusieurs autres magistrats
professionnels.
Les assesseurs titulaires et suppléants apportent leurs expériences des usages et particularités
du monde du travail à ces magistrats. Ils sont nommés par arrêté du ministre du travail sur les
listes présentées par les organisations syndicales. Leur mandat est de deux ans renouvelables.
Sur le plan de la formation, le tribunal du travail est divisé en sections professionnelles présidées
par des magistrats assistés par deux assesseurs. Le nombre de sections varient en fonction du
volume du contentieux. Le tribunal du travail hors classe de Dakar en compte treize. Ces
sections ne sont pas des juridictions propres, et n’ont aucune compétence attributive autonome.
Le tribunal du travail est compétent en matière de litiges individuels nés entre travailleurs et
employeurs dans les cas suivants :
- contrat de travail ;
- contrat d’apprentissage ;
- les conventions collectives ;
- les conditions de travail ;
- régime de sécurité sociale ;
Les actions récursoires des entrepreneurs contre les tâcherons relèvent également de la
compétence de cette juridiction.
- la haute cour de justice ( H.C.J) : Elle est composée de députés qui sont des juges (6
juges titulaires et 6 juges suppléants) mais la présidence est assurée par un magistrat de
carrière ; le parquet est exercé par le procureur général près la Cour Suprême. elle est
chargée de juger le Président en cas e haute trahison ainsi que les membres du
gouvernement pour certains actes accomplis dans l’exercice de leur fonction.
- la cour de l’enrichissement illicite : Créée en 1981 à fin de réprimer ceux qui se sont
enrichis illicitement ; elle est composée de magistrat de siège. Son président est le 1er
de la C.A, les fonctions de ministère public sont exercées par un procureur spécial. La
cour statue généralement sur la base de dénonciation d’une brigade d’investigation. Elle
se trouve au sommet de la cour hiérarchique au Sénégal : ce n’est pas un 3° degré après
la C.A. Elle statue uniquement en Art ; on dit qu’elle est juge du droit et non des faits.
Sa mission essentielle est de veiller à la bonne application des règles de droit.