HAX501X – Groupes et anneaux 1
CM3 14/09/2023
Clément Dupont
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
Retour sur les exercices du cours
Exercice 13
On définit une relation ∼ sur R2 par :
u ∼ ~v
~ ⇐⇒ ∃λ > 0 , ~
u = λ~v .
Montrer que c’est une relation d’équivalence.
u ∈ R2 . On a ~
– Réflexivité. Soit ~ u = 1~ u∼~
u et 1 > 0, donc ~ u.
u, ~v ∈ R2 tels que ~
– Symétrie. Soient ~ u ∼ ~v . Alors il existe λ > 0 tel que
u = λ~v . On a donc ~v = λ1 ~
~ u, et comme λ1 > 0 on en conclut que ~v ∼ ~ u.
– Transitivité. Soient ~ ~ ∈ R2 tels que ~
u, ~v , w u ∼ ~v et ~v ∼ w.
~ Alors il existe
λ, µ > 0 tels que ~u = λ~v et ~v = µw. ~ On a donc ~ u = λµw,~ et comme
λµ > 0 on en conclut que ~ u ∼ w.
~
Exercice 14
Dans le contexte de l’exercice précédent, quelle est la classe d’équivalence
de (1, 0) ? de (1, 2) ? de (0, 0) ? Décrire la partition de R2 en classes
d’équivalence.
I La classe d’équivalence de (1, 0) est :
(1, 0) = {λ(1, 0), λ > 0} = {(λ, 0), λ > 0}
(1, 0)
(1, 0)
I La classe d’équivalence de (1, 2) est :
(1, 2) = {λ(1, 2), λ > 0} = {(λ, 2λ), λ > 0}
(1, 2)
(1, 2)
I La classe d’équivalence de (0, 0) est :
(0, 0) = {λ(0, 0), λ > 0} = {(0, 0)}
(0, 0)
I Les classes d’équivalence sont toutes les demi-droites (ouvertes) issues de
(0, 0), et le singleton {(0, 0)}.
(1, 2)
(1, 2)
(1, 0)
(1, 0)
(0, 0)
Exercice 15
Les applications suivantes passent-elles au quotient par la relation de
congruence modulo 6 ?
f1 : Z −→ Z , n 7→ (−1)n ;
f2 : Z −→ Z , n 7→ n2 − 1 .
I On montre que f1 passe au quotient par la relation de congruence modulo
6. Soient n, n0 ∈ Z tels que n ≡ n0 (mod 6). Alors il existe k ∈ Z tel que
n = n0 + 6k. Alors :
0 0
f1 (n) = (−1)n = (−1)n +6k
= (−1)n (−1)6k = f1 (n0 ).
Elle induit donc une application
g1 : Z/6Z −→ Z , n 7→ (−1)n .
I f2 ne passe pas au quotient par la relation de congruence modulo 6. En
effet, on a 0 ≡ 6 (mod 6) et
f2 (0) = −1 6= f2 (6) = 35.
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
Rappels
Définition
On définit Z/nZ comme le quotient de l’ensemble Z par la relation de
congruence modulo n. Pour un entier k ∈ Z, on note donc k sa classe
d’équivalence dans Z/nZ.
I On a donc, pour a, b ∈ Z :
a = b dans Z/nZ ⇐⇒ a ≡ b (mod n)
et donc notamment, pour a ∈ Z :
a = 0 dans Z/nZ ⇐⇒ n|a.
Exemple
Dans Z/7Z on a 3 = 10 = 73 = −4, qui est l’ensemble des entiers
a ≡ 3 (mod 7), c’est-à-dire l’ensemble des a ∈ Z dont le reste dans la
division euclidienne par 7 est 3, ou encore l’ensemble {7k + 3 , k ∈ Z}.
Proposition
L’ensemble Z/nZ a n éléments : 0, 1, . . . , n − 1.
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
Z/12Z est une horloge
0
11 1
10 2
9 3
8 4
7 5
6
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
Les lois + et × dans Z/nZ
Proposition
L’addition dans Z passe au quotient et induit une loi + dans Z/nZ définie
par
a + b = a + b.
La multiplication dans Z passe au quotient et induit une loi × dans Z/nZ
définie par
a × b = a × b.
Illustration
I Voici une illustration de l’addition dans Z/12Z, vu comme une horloge.
0
11 1
+5
10 2
9 3
8 4
7 5
6
Une table d’addition
Exercice 16
Écrire la table d’addition de Z/7Z.
+ 0 1 2 3 4 5 6
0 0 1 2 3 4 5 6
1 1 2 3 4 5 6 0
2 2 3 4 5 6 0 1
3 3 4 5 6 0 1 2
4 4 5 6 0 1 2 3
5 5 6 0 1 2 3 4
6 6 0 1 2 3 4 5
Z/nZ est un groupe abélien
Proposition
(Z/nZ, +) est un groupe abélien, au sens où on a les propriétés suivantes.
1) La loi + est associative : pour tous a, b, c ∈ Z/nZ,
(a + b) + c = a + (b + c).
2) L’élément 0 est élément neutre pour + : pour tout a ∈ Z/nZ,
a + 0 = a = 0 + a.
3) Tout élément a ∈ Z/nZ a un inverse pour la loi +, qui est −a :
a + −a = 0 = −a + a. On note aussi −a = −a.
4) La loi + est commutative : pour tous a, b ∈ Z/nZ, a + b = b + a.
Exemples (multiplication)
Exemple
Dans Z/7Z on a 3 × 6 = 3 × 6 = 18 = 11 = 4 = −10 = 74.
Exercice 17
Écrire la table de multiplication de Z/7Z.
Z/nZ est un anneau commutatif
Proposition
(Z/nZ, +, ×) est un anneau commutatif, au sens où on a les propriétés
suivantes.
1) (Z/nZ, +) est un groupe abélien.
2) La loi × est associative : pour tous a, b, c ∈ Z/nZ,
(a × b) × c = a × (b × c).
3) L’élément 1 est élément neutre pour × : pour tout a ∈ Z/nZ,
a × 1 = a = 1 × a.
4) La loi × est distributive par rapport à la loi + : pour tous
a, b, c ∈ Z/nZ, a × (b + c) = (a × b) + (a × c) et
(a + b) × c = (a × c) + (b × c).
5) La loi × est commutative : pour tous a, b ∈ Z/nZ, a × b = b × a.
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
Inversion dans Z/nZ
Définition
On dit qu’un élément a ∈ Z/nZ est inversible dans Z/nZ s’il existe
b ∈ Z/nZ tel que a × b = 1. Dans ce cas, b est appelé l’inverse de a dans
Z/nZ et noté
b = a −1 .
I Vu que a × b = ab par définition, c’est une manière de reformuler la notion
d’inversibilité modulo n :
a est inversible modulo n ⇐⇒ a est inversible dans Z/nZ.
I Ce qu’on gagne à travailler avec Z/nZ est la possibilité de parler de
l’inverse de a.
Proposition
Si a est inversible dans Z/nZ, il existe un unique b tel que a × b = 1.
Un rappel... dans le nouveau langage
Proposition
Un élément a ∈ Z/nZ est inversible dans Z/nZ si et seulement si a ∧ n = 1.
I Rappelons que l’inverse de a dans Z/nZ, quand il existe, se calcule en
cherchant une relation de Bézout entre a et n : si au + nv = 1 alors on a
au + nv = 1 et donc au = 1, d’où a × u = 1 et donc
a −1 = u.
Exercice 18
Montrer que 13 est inversible dans Z/57Z et calculer son inverse.
Z/pZ est un corps si p est premier
Théorème
Soit p un nombre premier. Alors l’anneau Z/pZ est un corps, au sens où
tout élément 6= 0 de Z/pZ est inversible.
Quelques exercices
Exercice 19
Calculer les inverses de 1, . . . , 12 dans Z/13Z.
Exercice 20
Soit p un nombre premier. Montrer qu’on a, pour tous a, b ∈ Z/pZ :
a × b = 0 ⇐⇒ (a = 0 ou b = 0).
Montrer que cette propriété est fausse dans Z/nZ si n est composé.
Exercice 21
Soit n un nombre composé. Montrer que Z/nZ n’est pas un corps,
c’est-à-dire qu’il existe un élément 6= 0 dans Z/nZ qui n’est pas inversible.
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
L’indicatrice d’Euler
Définition
L’ indicatrice d’Euler est la fonction ϕ : N∗ → N∗ définie par
ϕ(n) = le nombre d’entiers k ∈ {1, . . . , n} qui sont premiers avec n.
I D’après ce qu’on vient de voir, ϕ(n) est le nombre d’éléments parmi
1, . . . , n qui sont inversibles dans Z/nZ.
I Donc ϕ(n) est le nombre d’éléments inversibles de Z/nZ.
Exercice 22
1) Pour n = 1, . . . , 12, lister les inversibles de Z/nZ et calculer ϕ(n).
2) Pour un nombre premier p, calculer ϕ(p).
3) Pour un nombre premier p et un entier r > 1, calculer ϕ(pr ).
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
Le théorème chinois des restes... formulation abstraite
Théorème (Théorème chinois des restes)
Soient m, n ∈ N tels que m ∧ n = 1. L’application
g : Z/mnZ −→ Z/mZ × Z/nZ
définie par
g(k) = ( e
k, b
k)
k et b
est une bijection. (Où l’on utilise les notations k, e k pour désigner les
classes d’équivalence dans Z/mnZ, Z/mZ, et Z/nZ respectivement.)
Exercice 23
Écrire explicitement l’application g dans le cas m = 3, n = 4, et vérifier
qu’elle est bijective. Faire de même dans le cas m = 2, n = 4, et montrer
que dans ce cas-là elle n’est pas bijective.
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
Théorème
Soient m, n ∈ N∗ tels que m ∧ n = 1. Alors on a :
ϕ(mn) = ϕ(m)ϕ(n).
Exercice 24
Déduire du théorème précédent et de l’exercice 22 la formule suivante pour
l’indicatrice d’Euler :
Y
ϕ(n) = n × 1 − p1 .
p premier
p|n
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
1. Relations d’équivalence et quotient
2. Étude de Z/nZ
2.1 Définition
2.2 Z/12Z est une horloge
2.3 L’anneau Z/nZ
2.4 Retour sur l’inversion modulo n
2.5 Indicatrice d’Euler
2.6 Retour sur le théorème chinois des restes
2.7 Multiplicativité de l’indicatrice d’Euler
3. Sous-groupes de Z/nZ
3.1 Sous-groupes de Z/nZ engendrés par un élément
Définition
Définition
Soit a ∈ Z/nZ. Le sous-groupe de Z/nZ engendré par a est le
sous-ensemble formé par les classes des multiples de a dans Z/nZ :
h a i = {ka , k ∈ Z}.
Exemple
Dans Z/12Z on a h 2 i = {0, 2, 4, 6, 8, 10}.
0
11 1
10 2
9 3
8 4
7 5
6