LA SECONDE QUANTIFICATION
Professeur Abdelali Rahmani
Master de Physique des Appliquée et Ingénierie Physique 2019/2020
Université MY Ismaïl, Faculté des Sciences
Contents
1 Introduction 2
2 Cas des bosons 4
3 Opérateurs agissant sur une seule particule 4
1
1 Introduction
Rappelons tout d'abord qu'il ne s'agit pas d'une seconde quantication au sens strict: il n'y a qu'une seule
quantication. Cette dénomination a été introduite lors de la quantication d'un champ électromagnétique,
d'où le terme de second quantiaction.
Il s'agit en fait d'une méthode pour représenter et surtout calculer plus simplement les propriétés des systèmes
constitués de particules identiques.
C'est un formalisme particulièrement bien adapté au traitement statistique des systèmes.
On considère un système constitué de N particules identiques décrites par un hamiltonien H donné par
X P2 X X
H̃ = H1 + H2 = i
+ V1 (x1 ) + V2 (x1 , xj ) (1)
i
2m i i6=j
Les coordonnés xi représentent les positions ~ri et les spins du système.
L'équation de Schrödinguer du système
ψ(x1 , x2 , ..., xN )
H̃ψ(x1 , x2 , ..., xN ) = i~ (2)
∂t
Nous désirons représenter les éléments des opérateurs du système dans un formalisme qui tient compte au-
tomatiquement de l'identité et de l'indiscernabilité des particules. cela signie que les fonctions de l'équation
(2) doivent être invariante au changement de signe près (à un changement de phase près) lors de la permu-
tation des particules. On introduit les fonctions propres de l'opérateur hamiltonien.
Rappelons que les solutions sont fonction du nombre de particules en interaction. Dans le cas des bosons, les
fonctions d'état doivent être symétriques lors de toutes permutation des particules qui composent le système.
Avec les fermions ces fonctions doivent être antisymétriques.
An de tenir compte de l'identité des particules et leurs propriétés de symétrie on développe les fonctions
d'état sur une base orthonormée qui inclut automatiquement les propriétés de symétrie.
Pour déterminer cette base, on introduit des fonctions à 1 particule Φp (x) qui constituent un ensemble
complet de fonctions orthonormées. Ces fonctions seront choisies en fonction du problème traiter. Elles
correspondent souvent au système étudié avec des particules sans interaction.
Par exemple on prendra les états propres d'une particule dans une boite ou les orbitales atomiques d'atomes
isolés. On a Z X
Φ∗p (x)Φp0 (x)dx = δpp0 ; Φ∗p (x)Φp (x0 )dx = δ(x − x0 ) (3)
p
On introduit maintenant un ensemble complet de fonctions orthonormées obtenu en eectuant des combi-
naisons linéaires de produits des fonctions Φp (x). Pour xer les idées les fonctions Φp (x) seront dits 1p
(fonctions propres obtenues dans le cas ou les particules sont sans interaction c'est-à-dire dans le cas où l'on
peut considérer le système avec 1 particule pour résoudre l'équation de Schrödinguer). Ainsi écrireΦpj (xi )
signie que l'on considère la particule xi dans l'état pj .
Pour les bosons, on dénit la base
N1 !N2 ! 1/2 X
ΦB
p1 p2 ,... (x1 x2 ...xN ) = ( ) Φp1 (x1 )Φp1 (x2 )...Φp2 (x1 )Φp2 (x2 )... (4)
N! p
2
où l'on eectue la somme sur toutes les permutations de particules n'appartenant pas au même état: on ne
permutera pas les particules 1 et 2 dans l'exemple ci-dessus.
Règle: Les états sont mis dans un ordre donné qui reste invariant (on permutra les xi entre eux).
N1 : représente le nombre de fois que la focntion Φp1 apparait
N2 : représente le nombre de fois que la focntion Φp2 apparait, N 3.... etc...
N1 !N2 !N 3!... 1/2
( ) (5)
N!
est un facteur de normalisation.
On écrit p1 .p2 .p3 ... et n'ont pas 1.2.3... car tous les états aparaissent dans la dénition des ϕ.
Avec les fermions, on dénit la fonction de base du système à N particules de la manière suivante
Φp1 (x1 )Φp2 (x1 )...ΦpN (x1 )
Φp1 (x2 )Φp2 (x2 )...ΦpN (x2 )
ΦF √1
p1 p2 ,... (x1 x2 ...xN ) = N! Φp1 (xi )Φp2 (xi )...ΦpN (xi )
Φp1 (xN )Φp2 (xN )...ΦpN (xN )
Il est évident qu'il ne peut y avoir la même fonction de base p1 6= p2 6= p3 .... Par exemple avec deux particules
dans le cas des bosons, la base sera formée par les fonctions
1
ΦB
p1 p2 (x1 x2 ) = √ [Φp1 (x1 )Φp2 (x2 ) + Φp1 (x2 )Φp2 (x1 )] (6)
2
alors qu'avec les fermions, on aura pour base
Φp1 (x1 )Φp2 (x1 )
ΦF √1
p1 p2 (x1 x2 ...xN ) = 2 Φp1 (x2 )Φp2 (x2 )
soit,
1
ΦF
p1 p2 (x1 x2 ) = √ [Φp1 (x1 )Φp2 (x2 ) − Φp1 (x2 )Φp2 (x1 )] (7)
2
Il est clair que pour spécier parfaitement la base ϕF,B , il sut d'indiquer combien de fois les fonctions de
base à 1 particule apparaissent et que dans le cas des fermions, il est évident qu'une fonction de base à 1
particule ne peut pas apparaitre plus d'une fois.
Alors au lieu d'écrire ϕF,B
p1 p2 ... (x1 x2 x3 ...), on écrira:
p1 , p2 , p3 ,..., pj
↓ ↓ ↓ ... ↓
| N1 , N2 , N3 ,..., Nj > =| n >
Nous allons maintenant rechercher la forme des opérateurs dans la représentation développée ci-dessus.
3
2 Cas des bosons
3 Opérateurs agissant sur une seule particule
On considère des opérateurs de type
N
X
Ãt = Ãi (8)
i=1
où Ãi est un opérateur qui agit sur une seule particule, par exemple l'hamiltonien
P̃i2 ∂
Ãi = + V1 (X̃i ); P̃i = −i~ (9)
2m ∂xi
On veut calculer la quantité:< n | Ãt | m >, avec | n > et | m > donnés par les équations (4) et (8).
Considérons l'opérateur Ã1 de à et calculer sa contribution. Le système étant symétrique avec l'échange de
particules, les autres opérateurs Ãi vont certainement contribuer de la même manière que Ã1 . un élément
typique de < n | Ãt | m > sera de la forme
Z
φ∗p1 (xi1 )φ∗p2 (xi2 )φ∗p3 (xi3 )...Ã1 φp01 (xj1 )φp02 (xj2 )φ∗p03 (xj3 )...dx1 dx2 dx3 ... (10)
avec
p1 , p2 , p3 ,...
↓ ↓ ↓ ...
| n >= | N1 , N2 , N3 ,...>
et
p01 , p02 , p03 ,...
↓ ↓ ↓ ...
| m >= | M1 , M2 , M3 ,...>
c'est à dire que | n > et | m > peuvent ne pas concerner les mêmes états à une particule. Cependant dans
(10), A1 n'agit que sur x1 et il est donc nécessaire pour obtenir un élément non nul que les N − 1 autres
variables apparaissent dans les mêmes fonctions à une particule.
An de xer les idées nous allons prendre un exemple:
On considère deux fonctions à N particules (ici N = 2)
| m >=| 2, 0, 0, ... >≡ φ1 (x1 )φ1 (x2 )
| n >=| 0, 0, 2, ... >≡ φ3 (x1 )φ3 (x2 )
avec
Ãt = Ã1 + Ã2
on aura évidemment de (3)
< n | Ãt | m >=< n | Ã1 | m > + < n | Ã2 | m >= 0
4
Si l'on considère par contre
√
| m >=| 1, 1, 0, ... >≡ [φ1 (x1 )φ2 (x2 ) + φ1 (x2 )φ2 (x1 )]/ 2
√
| n >=| 0, 1, 1, ... >≡ [φ2 (x1 )φ3 (x2 ) + φ2 (x2 )φ3 (x1 )]/ 2
On veut calculer < n | Ãt | m > sachant que Ãt = Ã1 + Ã2 .
On considère l'opérateur Ã1
On écrira par dénition
φ∗l (xi )Ãi φk (xi )dxi =< l | Ã | k >, ∀i
R
Puisque cette intégrale ne dépend pas de la variable xi et dépend seulement des fonctions φl et φk . On
obtient
< l | Ã | k >= 1/2 φ∗l (x1 )φ∗2 (x2 )Ã1 φ2 (x1 )φ3 (x2 )dx1 dx2
R
+1/2 φ∗l (x1 )φ∗2 (x2 )Ã1 φ2 (x2 )φ3 (x1 )dx1 dx2
R
+1/2 φ∗l (x2 )φ∗2 (x1 )Ã1 φ2 (x1 )φ3 (x2 )dx1 dx2
R
+1/2 φ∗l (x2 )φ∗2 (x1 )Ã1 φ2 (x2 )φ3 (x1 )dx1 dx2
R
= 1/2 < 1 | Ã1 | 2 >< 2 | 3 >! = 0
+1/2 < 1 | Ã1 | 3 >< 2 | 2 >! 6= 0
+1/2 < 2 | Ã1 | 2 >< 1 | 3 >! = 0
+1/2 < 2 | Ã1 | 3 >< 1 | 2 >! = 0
= 1/2 < 1 | Ã1 | 3 >
Il est clair que les éléments non nuls n'apparaissent que lorsque les mêmes fonctions apparaissent à droite et
à gauche pour toutes les variables xi diérentes de x1 concerné par l'opérateur Ã1 .
Autrement dit les seuls éléments de matrice non nuls sont ceux qui concerneront des vecteurs de base | n >
et | m > qui ne seront diérent l'un de l'autre par une seule fonction (à 1 particule) au maximum.
Puisque qu'on repère la présence des fonctions à 1 particule par le nombre de fois N1 que la fonction φp1
apparait, par le nombre de fois N2 que la fonction φp2 apparait, ...etc, cela signie que la seule possibilité
pour obtenir des éléments non nuls entre