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La Djizîa : Impôt Historique et Controversé

Ce document décrit la djizîa, un impôt annuel de capitation collecté sur les hommes pubères non musulmans dans le monde musulman historique en échange de leur protection. Il explique les débats sur l'étymologie et la signification du terme, ses fondements dans le Coran et la pratique historique, et le débat actuel sur sa pertinence.

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La Djizîa : Impôt Historique et Controversé

Ce document décrit la djizîa, un impôt annuel de capitation collecté sur les hommes pubères non musulmans dans le monde musulman historique en échange de leur protection. Il explique les débats sur l'étymologie et la signification du terme, ses fondements dans le Coran et la pratique historique, et le débat actuel sur sa pertinence.

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Djizîa

1
La jizîa, djizîa ou djizîat , suivant les transcriptions (arabe :
‫ جزية‬ǧizyah API : [dʒizja] ; turc ottoman : cizye), est dans le
monde musulman un impôt annuel de capitation évoqué dans
le Coran et collecté sur les hommes pubères non musulmans
2
(dhimmis) en âge d'effectuer le service militaire contre leur
3, 4
protection - en principe . Certains dhimmis en sont
théoriquement exemptés : les femmes, les enfants, les
personnes âgées, les infirmes, les esclaves, les moines, les
5, 6, 7
anachorètes, et les déments . En sont également exemptés
ceux des dhimmis qui sont autorisés à porter les armes pour
8, 9, 10, 11, 12
effectuer un service militaire , tout comme ceux qui
13, 14, 15
n'ont pas les moyens de la payer, selon certaines sources

Le montant de la djizîa, habituellement fixe et annuel, dépend


de la capacité financière du redevable, mais connaît des
16, 17
variations .
Document imposant la djiizîa pour
les villageois dhimmis de
Cette taxe n'est plus imposée actuellement par les États-nations
17, 18 Chokmanovo à Smolyan (Bulgarie)
dans le monde musulman , même s'il existe des rapports de
dans l'ancien empire ottoman, 1615
cas d’organisations comme les talibans pakistanais et Daesh
qui essayent de faire revivre la pratique dans les territoires
19, 20, 21, 22
qu'ils contrôlent ou encore d'autres cas en
23, 24 25
Égypte ou dans certaines prisons occidentales .

D'après Khaled Abou El Fadl, la majorité des musulmans rejettent actuellement le système de la
dhimma, qui inclut la djizîa, et le considèrent comme étant inapproprié à l'âge des États-nations et
18
des démocraties .

Étymologie et signification
Les orientalistes « retiennent avec incertitude une origine araméo-syriaque du mot gzîthâ, mot lui-
même très vraisemblablement emprunté au pehlevi gazidag, vocable qui sous les Sassanides
désignait une taxe par tête ». La domination perse sur l’Arabie du Sud laisse supposer « que ce mot
ait pu transiter vers l’arabe hedjazien via le sud arabique ». Cependant, l’origine arabe du terme
jizya est plus probable. « Du point de vue étymologique, l’on peut... supposer que le terme « jizya »
ait eu à l’origine le sens de tribut en fonction de la racine arabe jazâ puis que lorsque l’islam post-
coranique en fit une taxe de capitation à appliquer aux Gens du Livre, il prit fonction et sens
2
empruntés au gazidag sassanide » .

Les commentateurs et orientalistes divergent donc sur la définition et l'étymologie du mot djizîa :

La traduction du Coran de Muhammad Habib Shakir (en) emploie le mot « taxe » pour
traduire djizîa, alors que le linguiste Muhammad Asad (Juif converti à l'islam) utilise
l'expression « taxe d'exemption ». Au xxe siècle, Marmarduke Pickthal et Arthur John Arberry
la traduisent par le mot « tribut ».
26
Selon Abou Nahla Al’Ajamî , les« philologues arabes font dériver jizya de la racine jazâ /
rétribuer, ce terme aurait ainsi le sens de rétribution en compensation de la vie sauve et de la
protection. En ce cas, la jizya correspond au tribut que devait payer la tribu vaincue à ses
vainqueurs en signe de soumission et de dépendance, pratique courante dans le monde
bédouin et jusqu’aux guerres modernes. La jizya n’est donc pas un impôt de « capitation »,
2
mais « tribut de capitulation » » .
Yusuf Ali a choisi de translittérer le terme en jizyah. Pour lui aussi, le sens de la racine du
27, 28
mot djizîa est « compensation » , alors que pour Muhammad Asad, c'est
27
« satisfaction » .
Al-Raghib al-Isfahani, un lexicographe musulman classique du xiie siècle, définit la jizya
comme « une taxe qui est perçue à charge des dhimmis et qui est nommée ainsi car elle est
29
établie en échange de la protection qui leur est garantie. »
Selon le Britannique Muhammad Abdel-Haleem, le terme « impôt par tête » ne traduit pas le
mot arabe djizîa, car il ne prend pas en compte les exemptions accordées aux enfants,
femmes, etc., alors qu'un impôt par tête est par définition levé sur chaque individu (tête) sans
considération de genre, d'âge, ou même de capacité contributive. Il fait remarquer que le
verbe racine de la djizîa est j-z-y, qui signifie « récompenser quelqu'un pour quelque
chose », « payer ce qui est dû en échange de quelque chose ». Il ajoute qu'elle est établie en
retour de la protection d'un état musulman avec tous les bénéfices qui en résultent, comme
les exemptions du service militaire et des taxes que paient les musulmans telle que la
30
zakât .
Aux ixe – xe siècles, l'historien al-Tabari relate que certains membres de la communauté
chrétienne auraient demandé à Omar ibn al-Khattâb, compagnon de Mahomet, s'ils
pouvaient référer à la djizîa par le terme sadaqah, qui veut dire littéralement « charité », une
31, 32, 33
demande qu'Omar a acceptée .
Pour l'historien contemporain Arthur Stanley Tritton, la djizîa en Occident et kharâj dans
34, 35
l'Ouest arabique signifiaient « un tribut ». Elle était aussi nommée jawali à Jérusalem .
Selon Shemesh, Abu Yusuf, Abu Ubayd, Qudama, Khatib et Yahya ont utilisé les termes
36
jizya, kharaj, ushr et tasq comme synonymes .

Fondements
Le Coran évoque la jizya en un seul et unique verset (sourate 9
37
verset 29), selon la traduction standard :

« Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour


dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son
messager ont interdit et qui ne professent pas la
religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre,
jusqu’à ce qu’ils versent la capitation/al–jizya par
2
leurs propres mains, après s’être humiliés » .

Pour la majorité des juristes et savants musulmans, la djizîa est


un impôt spécial perçu à charge de certains non-musulmans en
échange de la responsabilité de protection assumée par les Coran en français
38, 39, 40, 41, 42, 43, 44
musulmans contre toute forme d’agression
et pour exempter les non-musulmans du service
39, 14, 40, 45, 46, 27, 30, 47 48
militaire mais aussi pour l'aide financière accordée aux pauvres .

Dans un traité conclu par le général Khalid ibn al-Walid, compagnon de Mahomet, avec des villes
des environs de Hira, il est stipulé : « Si nous vous protégeons, alors la djizîa nous est due ; mais si
49, 50
nous ne le faisons pas, alors elle n'est pas due » :

« Après qu'Abu ʿUbaydah eut conclu un traité de paix avec le peuple de Syrie et a
collecté d'eux la jizîa et la taxe sur les terres agraires (kharâj), il a été informé que les
Romains se préparaient pour une éventuelle guerre contre lui et que la situation
devenait critique pour lui et les musulmans. Abu ʿUbaydah a alors écrit aux
gouverneurs des villes avec lesquels un traité avait été conclu qu'ils devaient rendre
les sommes collectées au titre de djizîa et kharâj et dire à leurs sujets : « Nous avons
appris qu'une puissante armée s'avançait contre nous, c'est pourquoi nous vous
avons remboursé les sommes qui avaient été perçues. En effet, vous nous aviez versé
cet argent en échange de notre protection et de notre défense, et nous nous étions
engagés à accomplir ce devoir. Nous sommes à présent incapables de tenir parole.
Si, malgré tout, Dieu nous accorde la victoire sur les Byzantins, vous pouvez
considérer que nous sommes tenus à ce à quoi nous nous sommes engagés dans
51, 52
notre accord mutuel » »

L'orientaliste Thomas Walker Arnold donne l'exemple de la tribu d'al-Jurajima, une tribu
chrétienne au bord d'Antioche qui a « fait la paix avec les musulmans, leur promettant d'être leurs
alliée et de combattre de leur côté dans la bataille, en condition de ne pas payer la jizîa et de
11
recevoir une juste part du butin » . Il ajoute que même les musulmans ont été contraints de payer
53, 54
une taxe s'ils étaient exemptés du service militaire, tout comme les non-musulmans .

La djizîa est légiférée au viie siècle à travers le statut de dhimmi contenu dans ce qu'on appelle le
pacte d'Omar « qui assujettissait juifs et chrétiens à l’autorité musulmane mais leur garantissait un
traitement meilleur qu’aux autres ennemis de l’islam... (en les protégeant) des masses musulmanes
55, 56
qui avaient interdiction de porter atteinte à leur intégrité physique » .

Le paiement du tribut de la djizîa est l’une des trois possibilités offertes à tout ou partie des non-
musulmans vivant en terre d'islam : soit le paiement du tribut, soit la conversion à l’islam, soit
l’épée avec pour conséquence l’asservissement des prisonniers, des enfants et des femmes, et la
57
mainmise des musulmans sur les biens des vaincus .

La djizîa à l’ère classique

Assujettissement et exemption

Si les premiers juristes musulmans Abou Hanifa et Abu Yusuf déclarent qu'il faut exiger la djizîa à
tous les non-musulmans sans distinction, d'autres juristes plus extrémistes n'autorisent pas plus
tard la djizîa pour les idolâtres vivant en terre d'islam mais leur permettent seulement de choisir
58
entre la conversion à l'islam et la mort .

Outre certains des Samaritains, des Sabéens, des Nazaréens, des zoroastriens (al-majus), les
hindous ou les bouddhistes, les dhimmis assujettis à la djizîa en terres musulmanes étaient
59, 4, 60, 61
majoritairement des gens du Livre, juifs et chrétiens .

Certains juristes musulmans ont exempté de la djizîa les femmes, les enfants, les personnes âgées,
5, 6, 7
les infirmes, les esclaves, les moines, les anachorètes, et les déments . Pour le juriste hanbalite
Al-Qâdî Abû Ya'lâ, « Il n'y a point de Djizîa sur les pauvres, les personnes âgées, et ceux qui
62
souffrent de maladies chroniques » . Des rapports historiques parlent d'exemptions accordées
par le second calife Omar à un vieux Juif pauvre et aveugle ainsi qu'à d'autres dans une situation
39, 31, 63, 64, 65, 66, 67
comparable . Ibn Qayyim écrit au xive siècle que l'opinion apparente de l'imam
68
Ahmad Ibn Hanbal est que les paysans et laboureurs sont aussi exemptés de la djizîa .

Néanmoins, selon l'islamologue (en) Kristen A. Stilt, les sources historiques indiquent qu'en Égypte
mamelouke, la pauvreté n'excusait pas nécessairement le dhimmi de payer l'impôt, et les garçons
aussi jeunes que neuf ans pouvaient être considérés comme des adultes à des fins fiscales, ce qui
rendait la taxe particulièrement lourde pour les familles nombreuses et pauvres, et beaucoup ont

69 70
69, 70
dû se cacher pour éviter la prison . Ashtor et Bornstein-Makovetsky déduisent également des
documents de la Guéniza du Caire que la djizya a été prélevée en Égypte chez les dhimmis à partir
70, 71
de l'âge de neuf ans au xie siècle et même pour des membres décédés de la famille .

Montant de la djizîa

Au temps de Mahomet, le taux de djizîa était d'un dinar par an imposé aux hommes dhimmis à
72
Médine, La Mecque, Khaybar, au Yémen et à Nejran . Par la suite, le montant de la djizîa n'a plus
73
été uniforme . Omar, le deuxième des « califes bien guidés » du viie siècle, a fixé au cours de son
califat des petits montants pour la djizîa : quatre dirhams pour les riches, deux dirhams pour la
classe moyenne, et seulement un dirham pour les actifs pauvres : les personnes salariées, ou celles
74
qui fabriquent ou vendent des biens . Abû 'Ubayd insiste que les dhimmis ne doivent ni être
75
chargés au-delà de leurs capacités, ni amenés à souffrir . Ibn Qudamah dit que l'impôt minimum
est bien d'un dinar et que l'imam local doit faire la ijtihad (raisonnement, calcul) pour établir les
76
autres montants mais qu'il n'y a pas de limite supérieure . À l'opposé, Ibn Khaldun indique que la
77
djizîa a fixé des limites qui ne peuvent pas être dépassées .

L'impôt musulman pouvait aussi être versé en nature : bétail, marchandises, effets ménagers
78, 79
(même des aiguilles) étaient acceptés .

L'enseignante et essayiste Barbara Lefèvre précise néanmoins que « si la jizya était graduée, elle
était aussi exigée des veuves, des orphelins et même des défunts » et qu'encore au xixe siècle, les
dhimmis étaient « exposés à l'arbitraire du calife ou d'un sultan plus autocrate que le précédent
(qui) augmentait la djizîa déraisonnablement pour pousser à la conversion », avant son abolition
71
en 1856 par l'empire ottoman .

Répartition

Khâlid b. al-Walîd, compagnon de Mahomet, écrit dans un message adressé aux gens d'Al-Hira :
« [...] en outre, toute personne qui deviendrait inapte au travail, ou qu'un malheur aurait frappé,
ou bien qui, de riche deviendrait pauvre, le rendant ainsi dépendant de la générosité de ses
coreligionnaires, sera exonéré par moi de la djizîa, et recevra l'aide du Trésor Public des
musulmans, pour lui et pour les personnes dont il a la charge, et ce aussi longtemps qu'il
80, 81, 82, 83, 84
demeurera en terre d'Islam (dâr al-Islam) » . Selon Hasan Shah [Qui ?], les femmes,
enfants et indigents non musulmans sont non seulement exemptés de la djizîa, mais ils ont droit à
50
des pensions du trésor public .

Pourtant, sous d'autres autorités, à d'autres époques, l'impossibilité de payer la djizîa pouvait
occasionner des châtiments corporels, une peine d'emprisonnement et pis, la réduction en
85, 86
esclavage des dhimmis .

Cérémonie et collecte

Selon notamment Ann Lambton (en), la djizîa islamique devait être payée dans des conditions
87
rituellement humiliantes . Au gré des différents pouvoirs musulmans, de nombreuses règles de
vexation sont édictées pour humilier le dhimmi lors du paiement de cette taxe, souvent assorti de
molestations physiques comme « une gifle ou un coup de bâton pour bien marquer l’inégalité de
88, 2, 89
nature entre celui qui donnait et celui qui recevait » .

Connaissant l'importance que les Juifs accordaient à leur barbe (importance qu'ils partageaient
d'ailleurs avec eux), des musulmans pouvaient pratiquer ce cérémonial dégradant que décrit le
diplomate Antoine Fattal en se basant sur une source du xie siècle :
« Le Dimmi se présentera le dos courbé et la tête baissée, il posera l'argent dans la
balance, tandis que le percepteur le saisira par la barbe et lui administrera un
90, 91
soufflet sur chaque joue » .

En contraste, le juriste chaféite et exégète des hadiths du xiiie siècle Al-Nawawī, s'exprime sur ceux
qui imposent une humiliation lors du payement de la djizîa : « Concernant cette pratique
mentionnée, je ne suis au courant d'aucun support sain pour elle dans ce respect, et elle est
seulement mentionnée par les savants de Khurasan. La majorité des savants disent que la djizîa est
à prendre avec douceur, comme la personne va recevoir une dette. L'opinion fiable et correcte est
que cette pratique (d'humiliation) est invalide et ceux qui l'ont conçue doivent être réfutés. Il n'y a
point de narration disant que le Prophète ou l'un des caliphes bien guidés a fait quelconque chose
31, 92, 93
comme cela lors de la collection de la djizîa » . À la même époque, Ibn Qudama Al-Maqdisi a
lui aussi rejeté cette pratique et a noté que Mahomet et les caliphes bien guidés ont encouragé à ce
31, 93, 94
que la djizîa soit collectée avec douceur et gentillesse .

Dans les faits

Alors que le paiement de cet impôt spécial qu'est la djizîa était censé octroyer en contre-partie
protection aux Gens du Livre (ahl al-kitab), dans les faits, son acquittement n'évitait pas toujours
3, 59
les brimades voire les violences physiques contre ces dhimmis . « Au Maroc, entre 1862 et 1912,
dans les rapports des maîtres d’école de l’Alliance israélite universelle, une litanie d’actes de
95
sadisme emplit des centaines de pages » .

En effet, l'imam français Tareq Oubrou reconnaît que « Le concept de dhimma visait à l’origine à
mettre les juifs, les chrétiens et les autres minorités à l’abri des conversions forcées et à leur
garantir la dignité humaine. Malgré son aspect humaniste, en phase avec l’époque, il fut souvent
mal interprété et mal appliqué. Ainsi, au cours de l’histoire musulmane, des exactions furent
55
commises à l’égard de ces minorités » .

Coran
Cet impôt de capitation islamique trouve sa source dans la
sourate 9,29 du Coran :

« Combattez ceux qui ne croient point en Dieu ni au


Jour dernier, qui ne regardent point comme défendu
ce que Dieu et son apôtre ont défendu, et à ceux
d'entre les hommes des Écritures qui ne professent
pas la vraie religion. Faites-leur la guerre jusqu'à ce
qu'ils payent le tribut de leurs propres mains et qu'ils
96
se soient soumis . »

Selon le commentaire de ce verset par Abū Ḥayyān : « ils sont


ainsi décrits car leur façon [d'agir] n'est pas celle de ceux qui
97
croient en Dieu » . Le commentaire de ce verset d'Ahmad Al-
Maraghī dit : « C'est-à-dire, combattez ceux mentionnés quand
les conditions qui nécessitent la guerre sont présentes, c'est-à-
dire, dans le cas d'une agression contre vous ou votre pays,
oppression et persécution contre vous à cause de votre foi, ou Sourate 9
d'une menace contre votre sûreté et sécurité, comme c'était le
98
cas par les Byzantins, ce qui a mené à la bataille de Tabouk. »
Dans tous les cas, il n'y a rien dans le Coran qui stipule que ne pas croire ni en Dieu ni au jour
97
dernier est en soi une raison pour être combattu .
Ici ʿan yad (de leurs propres mains), est interprété par certains comme signifiant que les dhimmis
doivent payer directement, sans intermédiaire et sans délai. D'autres disent que l'expression réfère
à sa réception par les musulmans et veut ainsi dire « généreusement » comme dans l'expression
« avec une main ouverte », car la décision de payer la djizîa est une forme de munificence qui a
99
averti un état de conflit . M.J. Kister [Qui ?] comprend 'an yad comme étant une référence à
100
l’habilité et les moyens suffisants du dhimmi . Similairement, l'intellectuel syrien Rashid Rida
prend le mot Yad dans un sens métaphorique et lui donne une relation à la capacité financière de
27
la personne redevable du paiement . Mohamed Nagib Al-Moti'i [Qui ?] définit la soumission
101
"Sirar" (‫ )صغار‬par « l'obéissance aux lois islamiques » .
26, 102
Selon l'interprétation de l'auteur Abou Nahla Al’Ajamî , le combat contre « ceux qui ne
croient qui en Dieu, ni au Jour dernier » ne peut concerner les Juifs et les chrétiens car les trois
religions monothéistes partagent ces mêmes croyances. L'expression « ceux d'entre les hommes
des Écritures » ou « parmi ceux qui ont reçu le Livre » confirme le fait que tous les Juifs et
chrétiens en terre musulmane ne peuvent être combattus et concernés par la djizîa mais seulement
certains (min) parmi eux. Il précise en outre que la djizia s'inscrit dans le contexte historique du
pacte de Ḥudaybiyya (traité de non agression) conclu avec les polythéistes et certaines tribus alliées
juives, chrétiennes et même arabes du temps de Mahomet, et que « des manipulations exégétiques
dont a fait l’objet (le verset 29) afin de l’asservir à la volonté politique et à la logique d’exploitation
financière mises en place bien après le Coran par le pouvoir califal impérial » ont permis sa
2, 103
généralisation .

La Sîra (biographie) précise la pensée de Mahomet en mentionnant ses propos : « Celui, en


revanche, qui reste juif ou chrétien, on ne peut le contraindre à quitter sa religion. Mais, dans
tous les cas, il doit payer un tribut d’un dinar, qu’il soit mâle ou femelle, qu’il soit libre ou esclave.
En échange de la jizya, il aura la protection de Dieu et de son Envoyé. Sinon, il sera considéré
55
comme l’ennemi de Dieu et de son envoyé » .

Histoire
La taxation des « Gens du Livre » vivant en terres d’islam aurait été plus vraisemblablement mise
en place sous le califat omeyyade que sous l’autorité du « pacte d‘Umar » du début du viiie siècle.
« De plus, cette jizya n’a connu sa forme définitive de taxe d’assujettissement qu’en la période
abbasside, imposant alors de fait le statut de dhimmi ». Ainsi, la notion de jizya serait
« postérieure au Coran et (il) ne s’agit là que d’une interprétation asservie aux besoins de l’Empire
2
islamique ayant de plus en plus de populations chrétiennes et juives sous sa domination » .

Le cas indien

En 1564, l'empereur moghol Akbar, influencé par des idées syncrétiques, supprima la djizîa
originellement instaurée par le sultanat de Delhi. Cependant, son arrière-petit-fils Aurangzeb,
souhaitant un retour à l'islamisation dans son pays, la rétablit en 1679. Elle était prélevée sur les
hindous (ainsi que sur les jaïns, bouddhistes et sikhs), largement majoritaires dans l'empire.

Période contemporaine
17, 104
La djizîa n'est plus imposée dans les nations musulmanes .

Pour l'érudit musulman pakistanais Sayyid Abul Ala Maududi, la djizîa devait être ré-imposée aux
105
non-musulmans dans les nations musulmanes . Le qatari Yusuf al-Qaradâwî a lui aussi pris cette
106
position dans les années 1980 . Par la suite il a toutefois reconsidéré sa position juridique sur ce
point, en expliquant : « de nos jours, alors que la conscription militaire est devenue obligatoire
pour tous les citoyens — musulmans et non musulmans — il n'y a plus de place pour tout paiement,
107
que ce soit au nom de la djizîa ou d'autre chose ». La majorité des musulmans rejettent le
système de dhimma, qui inclut la djizîa, et le considèrent comme étant inapproprié à l'âge des
18
États-nations et des démocraties .

Néanmoins, la djizîa est réapparue dans des territoires contrôlés par des Talibans ou
20, 21, 22, 108 23, 24
Daesh , notamment aussi dans l'Égypte de Mohamed Morsi , à travers les
105
déclarations de quelques responsables musulmans et même dans certaines prisons occidentales
25
où des détenus musulmans la réclament aux détenus non musulmans sauf s'ils se convertissent .

Notes et références
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé
« Jizya » (voir la liste des auteurs ([Link]

1. arabe : ‫جزية‬, capitation, tribut, taxe.


2. Abou Nahla Al’Ajamî, « La Jizya et les dhimmî selon le Coran et en Islam – Que dit vraiment le
Coran ([Link]
slam-2/) » (consulté le 25 juillet 2019)
3. Yadh Ben Achour,« Violence et politique en islam », CAIRN, éd. Hazan, 1995/2 n° 25, pp. 159 à
173, ISSN 0988-5226, (ISBN 9782850254055). Lire en ligne ([Link]
[Link])
4. (en) Ronald K. Pierce, Islamic Violence in America's Streets, iUniverse, 6 août 2014
(ISBN 978-1-4917-3681-4, lire en ligne ([Link]
=PA124&dq=jizya+violence)), p. 124-125
5. (en) B. Hallaq Wael, Sharī'a : Theory, Practice and Transformations, Cambridge, Cambridge
University Press, 2009, 614 p. (ISBN 978-0-521-86147-2, lire en ligne ([Link]
m/books?id=eVJsAAAAQBAJ&printsec=frontcover)), p. 332–3
6. (en) Eli Alshech, « Islamic Law, Practice, and Legal Doctrine: Exempting the Poor from the
Jizya under the Ayyubids (1171-1250) », Islamic Law and Society, vol. 10, no 3,‎2003 :

« [...] jurists divided the dhimma community into two major groups. The first
group consists of all adult, free, sane males among the dhimma community, while
the second includes all other dhimmas (i.e., women, slaves, minors, and the
insane). Jurists generally agree that members of the second group are to be
granted a "blanket" exemption from jizya payment. »

Traduction :

« [...] les juristes ont divisé la communauté dhimma en deux groupes principaux.
Le premier groupe comprenait tout adulte mâle, libre, sain, appartenant à la
communauté dhimma, alors que le second groupe comprenait tous les autres
dhimmas, (soit les femmes, les esclaves, les mineurs et les fous). Les
juristes [Qui ?] sont globalement d'accord que les membres du second groupe
doivent bénéficier d'une large exemption du paiement de la jîzia. »
7. (en) Vardit Rispler-Chaim, Disability in Islamic law, Dordrecht, the Netherlands, Springer, 2007,
174 p. (ISBN 978-1-4020-5052-7 et 1-4020-5052-6, lire en ligne ([Link]
ks?id=cz7XeW80dlUC&printsec=frontcover)), p. 44

« The Hanbali position is that boys, women, the mentally insane, the zamin, and
the blind are exempt from paying jizya. This view is supposedly shared by the
Hanafis, Shafi'is, and Malikis »

Traduction :

« La position hanbalite est que les enfants, les femmes et les malades mentaux,
le zamin, et les aveugles sont exemptés du payement de la djizîa. Ce point de
vue est supposément partagé par les hanafis, les shafi'te et les malikites. »

8. (en) Muhammad Abdel-Haleem, Understanding the Qur'ān : Themes and Style, I. B. Tauris &
Co Ltd, 2010, 256 p. (ISBN 978-1-84511-789-4), p. 70, 79.
9. Ellethy 2014, « [...] the insignificant amount of this yearly tax, the fact that it was progressive,
that elders, poor people, handicapped, women, children, monks and hermits were exempted,
leave no doubt about exploitation or persecution of those who did not accept Islam. Comparing
its amount to the obligatory zaka which an ex-dhimmi should give to the Muslim state in case
he converts to Islam dismisses the claim that its aim was forced conversions to Islam. », p. 181.
10. (en) D.R. Mapel et T. Nardin, International Society : Diverse Ethical Perspectives, Princeton
University Press, 1999, 288 p. (ISBN 978-0-691-04972-4, lire en ligne ([Link]
m/books?id=XbTNbzhCC7cC&printsec=frontcover)), p. 231

« Jizya was levied upon dhimmis in compensation for their exemption from
military service in the Muslim forces. If dhimmis joined Muslims in their mutual
defense against an outside aggressor, the jizya was not levied. »

11. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam : A History of the Propagation of the Muslim
Faith, Constable & Robinson Ltd, 1913 (lire en ligne ([Link]
m00arno)), p. 61–2

« [...] the jizyah was levied on the able-bodied males, in lieu of the military
service they would have been called upon to perform had they been Musalmans;
and it is very noticeable that when any Christian people served in the Muslim
army, they were exempted from the payment of this tax. Such was the case with
the tribe of al-Jurājima, a Christian tribe in the neighborhood of Antioch who
made peace with the Muslims, promising to be their allies and fight on their side
in battle, on condition that they should not be called upon to pay jizyah and
should receive their proper share of the booty. »

Traduction :

« ... la jizîa était levée sur les hommes valides, à la place du service militaire
qu'ils auraient dû exécuter s'ils avaient été musulmans ; et il est à noter très
clairement que lorsqu'un chrétien servait dans l'armée musulmane, ils étaient
exemptés du paiement de cet impôt. C'était le cas de la tribu d'al-Jurājima, une
tribu chrétienne proche d'Antioche qui a fait la paix avec les musulmans, leur
promettant d'être leurs alliée et de combattre de leur côté dans la bataille, à
condition de ne pas payer la jizîa et de recevoir une juste part du butin. »

(lire en ligne ([Link]


p)).
12. Shah 2008, p. 19–20.
13. Ellethy 2014, p. 181.
14. Ghazi, Kalin et Kamali 2013, p. 240–1.
15. Abdel-Haleem 2012, p. 75–6, 77.
16. (ar) Shawkiy Abu Khalil, Al-Islam fi Qafass al-'Itiham, Dār al-Fikr, 2006 (ISBN 1-57547-004-7),
p. 149

« ‫ فيؤخد من الموسرين أكثر و من الوسط أقل منه و من الفقراء‬،‫و يعين مقدار الجزية إعتبارا لحالتهم اإلقتصادية‬
‫ و على الدين ال معاش لهم أو هم عالة على غيرهم يعفون من أداء الجزية‬.‫شيء قليل جدا‬. »

Traduction :

« Le montant de la djizîa est détérminé en considération de leur statut


économique, ainsi plus est pris des riches, moins depuis la moyenne [classe], et
un très petit montant des pauvres (fuqaraʾ). Ceux qui n'ont pas de moyens pour
vivre ou qui dépendent du support des autres sont exemptés du payement de la
djizîa. »

17. (en) Werner Ende et Udo Steinbach, Islam in the World Today, Cornell University Press, 2010
(ISBN 978-0-8014-4571-2, lire en ligne ([Link]
g=PA738)), p. 738.
18. (en) Khaled Abou El Fadl, The Great Theft : Wrestling Islam from the Extremists, HarperOne,
2007, 336 p. (ISBN 978-0-06-118903-6, lire en ligne ([Link]
F98FIC&printsec=frontcover)), p. 214.
19. (en) Matthew Long (jizya entry author), The Princeton Encyclopedia of Islamic Political Thought,
Princeton (N.J.), Princeton University Press, 2012, 656 p. (ISBN 978-0-691-13484-0, lire en
ligne ([Link] p. 283–4
20. Coming home to Orakzai ([Link] ABDUL
SAMI PARACHA, [Link] (JAN 05, 2010). « In December 2008, Tehrik-e-Taliban Pakistan
enforced a strict version of Islamic law in divergence of enviously guarded distinctive tribal
culture in Orakzai Agency. Less than a month a later, a decree for jizya was imposed and had
to be paid by all minorities if they want protection against local criminal gangs or that they had
to convert to Islam. »
21. (en) Aryn Baker, « Al-Qaeda Rebels in Syria Tell Christians to Pay Up or Die ([Link]
om/2014/02/28/al-qaeda-in-syria-extorts-christians/) », [Link], 28 février 2014 : « In a
statement posted to Jihadi websites and signed by Abu Bakr al-Baghdadi, the self-designated
emir of the future Islamic caliphate of Raqqa, as well as the founder of the Islamic State of Iraq
and Syria [ISIS] rebel brigade, Christians are urged to pay a tax in order to continue living under
ISIS’s protection. »
22. Le Point magazine, « Irak : le Vatican appelle les musulmans à dénoncer "la barbarie" de l'État
islamique ([Link]
arbarie-de-l-etat-islamique-12-08-2014-1853259_24.php) », sur Le Point, 12 août 2014
(consulté le 25 juillet 2019)
23. « Égypte : La pratique de la Jizya », DIDR/OFPRA (Office français de protection des réfugiés et
apatrides), République française, 3 juillet 2015
24. Mary Abdelmassih, « Deux coptes tués en Égypte pour avoir refusé de payer la Jizya », AINA
News (Assyrian International News Agency), 13/09/2013
25. « Le Djizîa, l’impôt que les détenus non-musulmans doivent payer ([Link]
article/prisoners-forced-to-pay-tax-to-muslims-kbsgnnsfnpx) » (consulté le 1er octobre 2019)
26. « Que dit vraiment le Coran – Penser et vivre son islamité à la lumière du Coran ([Link]
[Link]/) » (consulté le 25 juillet 2019)
27. Shah 2008, p. 19.
28. Yusuf Ali (réédition de 1991), Notes 1281 et 1282 du verset 9:29, p. 507.
29. Al-Raghib al-Isfahani, Mufradāt ʾal-Faẓ al-Qurʾān, Dār al-Qalam, p. 195

« .‫ وتسميتها بذلك لالجتزاء بها عن حقن دمهم‬،‫ ما يؤَخذ من أهل الذّم ة‬:‫» والجزية‬

Traduction :

« La jizya : une taxe qui est perçue à charge des dhimmis et qui est nommée
ainsi car elle est établie en échange de la protection qui leur est garantie. »

(lire en ligne ([Link]


30. Abdel-Haleem 2012, p. 75–6.
31. Ghazi, Kalin et Kamali 2013, p. 82–3.
32. (ar) Mohamed Saïd Ramadân al Boutî, Al-Jihād fī’l-Islām, Damas, Dār al-Fikr, 2005, p. 135

« ‫فقد صح أن نصارى تغلب تضايقوا من كلمة (الجزية) و (الجزاء) و عرضوا على أمير المؤمنين عمر بن‬
،‫ خد منا ما شئت‬:‫ و قالوا له‬،‫ و إن إقتضى ذلك مضاعفة القدر عليهم‬،‫ أن تؤخد منهم الجزية بإسم الصدقة‬،‫الخطاب‬
‫ فأشار عليه علي رضي هللا عنه أن يقبلها منهم مضاعفة بإسم‬،‫ فشاور عمر الصحابة في ذلك‬.. ‫و ال تسمها جزاء‬
‫ رواه الطبري في تاريخه‬.‫الصدقة‬. »

Traduction :

« Il est vrai que les chrétiens de Taghlab n'était pas à l'aise au vu de l'emploi des
mots « djizîa » et « compensation » et ils ont proposé au Commandeur des
Croyants Omar ibn al-Khattâb, que cette jizya leur soit prélevée au nom de la
charité, même si cela signifie qu'ils doivent payer deux fois le montant, et ils lui
dirent : « Prends-nous tout ce que tu veux, mais ne l'appelle pas
"compensation" ». Alors Omar consulta ses compagnons sur le sujet, et Ali lui
conseilla d'accepter la proposition. Ceci fut rapporté par al-Tabari dans son traité
d'Histoire. »

33. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam : A History of the Propagation of the Muslim
Faith, Constable & Robinson Ltd, 1913 (lire en ligne ([Link]
m00arno)), p. 49–50

« They were called upon to pay the jizyah or tax imposed on the non-Muslim
subjects, but they felt it to be humiliating to their pride to pay a tax that was levied
in return for protection of life and property, and petitioned the caliph to be allowed
to make the same kind of contribution as the Muslims did. So in lieu of the jizyah
they paid a double Sadaqah or alms,—which was a poor tax levied on the fields
and cattle, etc., of the Muslims. »

Traduction :

« Ils leur était demandé de payer la djizîa ou taxe imposée sur les sujets non
musulmans, mais ressentant comme une humiliation le fait de devoir payer une
taxe en échange de la protection de leurs vies et de leurs propriétés, il
adressèrent une pétition au calife pour être soumis aux mêmes contributions que
les musulmans. Finalement, au lieu de la djizîa, ils eurent à payer le double de la
sadaqa ou de l'alms — qui était une taxe prélevée sur les champs et le bétail des
musulmans. »

(lire en ligne ([Link]


34. Tritton 2008, p. 197–198.
35. Tritton 2008, p. 223.
36. A Ben Shemesh (1967), Taxation in Islam, Vol. 1, Netherlands: Brill Academic, p. 6.
37. Le Saint Coran et la traduction en langue française du sens de ses versets, version bilingue
arabe-français, Presses du Roi Fahd, Médine, première édition 1989
38. Abou Al-Fadl 2002, « étrangère », p. 21.
39. (en) Hilmi M. Zawati, Is Jihād a Just War?: War, Peace, and Human Rights Under Islamic and
Public International Law (Studies in religion & society), Edwin Mellen Press, 2002, 218 p.
(ISBN 978-0-7734-7304-1, lire en ligne ([Link]
intsec=frontcover)), p. 63–4.
40. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam : A History of the Propagation of the Muslim
Faith, Constable & Robinson Ltd, 1913 (lire en ligne ([Link]
m00arno)), p. 60–1

« This tax was not imposed on the Christians, as some would have us think, as a
penalty for their refusal to accept the Muslim faith, but was paid by them in
common with the other dhimmīs or non-Muslim subjects of the state whose
religion precluded them from serving in the army, in return for the protection
secured for them by the arms of the Musalmans. »

Traduction :

« Cette taxe n'était pas imposée aux chrétiens, comme certains voudraient nous
le faire croire, en punition de leur refus d'accepter la foi musulmane, mais ils la
payaient, de même que les autres dhimmîs ou ressortissants non musulmans de
l'état que leur religion empêchait qu'ils fassent partie de l'armée, en échange de
la protection que leur assuraient les armes des musulmans. »

(lire en ligne ([Link]


41. Esposito 1998,

« They replaced the conquered countries, indigenous rulers and armies, but
preserved much of their government, bureaucracy, and culture. For many in the
conquered territories, it was no more than an exchange of masters, one that
brought peace to peoples demoralized and disaffected by the casualties and
heavy taxation that resulted from the years of Byzantine-Persian warfare. Local
communities were free to continue to follow their own way of life in internal,
domestic affairs. In many ways, local populations found Muslim rule more flexible
and tolerant than that of Byzantium and Persia. Religious communities were free
to practice their faith to worship and be governed by their religious leaders and
laws in such areas as marriage, divorce, and inheritance. In exchange, they were
required to pay tribute, a poll tax (jizya) that entitled them to Muslim protection
from outside aggression and exempted them from military service. Thus, they
were called the "protected ones" (dhimmi). In effect, this often meant lower taxes,
greater local autonomy, rule by fellow Semites with closer linguistic and cultural
ties than the hellenized, Greco-Roman élites of Byzantium, and greater religious
freedom for Jews and indigenous Christians. »

Traduction :

« Ils ont remplacé les pays conquis, les dirigeants et les armées indigènes, tout
en préservant la plupart de leur gouvernement, bureaucratie, et culture. Pour
plusieurs dans ces territoires conquis, ce n'était qu'un échange de maîtres, un
qui a amené la paix aux peuples démoralisés et mécontentés par les vicissitudes
et l'écrasante taxation résultant des années de conflit Byzantino-Perse. Les
communautés locales étaient libres de continuer de suivre leur propre façon de
vivre dans les affaires internes et domestiques. Sur beaucoup d’aspects, les
populations locales ont trouvé le règne musulman plus flexible et tolérant que
celui des byzantins ou des perses. Les communautés religieuses étaient libres
de pratiquer leur foi et étaient régies par des chefs religieux et des lois dans des
domaines tels que le mariage, le divorce, et l’héritage. En échange, il leur était
demandé de payer le tribut, un impôt par tête (djizîa), qui leur donnait droit à la
protection musulmane contre toute agression extérieure et les exemptait du
service militaire. Ainsi, ils étaient appelés "les protégés" (dhimmîs). En effet, cela
signifiait souvent une baisse des impôts, une plus grande autonomie locale, un
règne par des autres sémites ayant des liens linguistiques et culturels plus étroits
que les hellénisés, élites gréco-romaines de Byzantine, et une meilleure liberté
de religion pour les juifs et chrétiens indigènes. »

, p. 34.
42. (en) M. A. Muhibbu-Din, « Ahl Al-Kitab and Religious Minorities in the Islamic State: Historical
Context and Contemporary Challenges », Journal of Muslim Minority Affairs, vol. 20, no 1,‎
1er avril 2000, p. 119 (ISSN 1360-2004 ([Link]
DOI 10.1080/13602000050008933 ([Link] lire en
ligne ([Link]
43. (en) Ahmet Davutoglu, Alternative paradigms : the impact of Islamic and Western
Weltanschauungs on political theory, Lanham, MD, University Press of America, 1993, 261 p.
(ISBN 0-8191-9047-0), p. 160.
44. (en) Jonathan A.C. Brown, Muhammad : A Very Short Introduction, Oxford, Oxford University
Press, 2011, 140 p. (ISBN 978-0-19-955928-2, lire en ligne ([Link]
=esoUDAAAQBAJ&printsec=frontcover)), p. 48.
45. Esposito 1998, p. 34 « They replaced the conquered countries, indigenous rulers and armies,
but preserved much of their government, bureaucracy, and culture. For many in the conquered
territories, it was no more than an exchange of masters, one that brought peace to peoples
demoralized and disaffected by the casualties and heavy taxation that resulted from the years
of Byzantine-Persian warfare. Local communities were free to continue to follow their own way
of life in internal, domestic affairs. In many ways, local populations found Muslim rule more
flexible and tolerant than that of Byzantium and Persia. Religious communities were free to
practice their faith to worship and be governed by their religious leaders and laws in such areas
as marriage, divorce, and inheritance. In exchange, they were required to pay tribute, a poll tax
(jizya) that entitled them to Muslim protection from outside aggression and exempted them from
military service. Thus, they were called the "protected ones" (dhimmi). In effect, this often
meant lower taxes, greater local autonomy, rule by fellow Semites with closer linguistic and
cultural ties than the hellenized, Greco-Roman élites of Byzantium, and greater religious
freedom for Jews and indigenous Christians. »
46. (ar) Muhammad ʿImāra, Al-Islām wa’l-ʿaqalliyyāt, Le Caire, Maktabat al-Shurūk al-Dawliyya,
2003, p. 15

« ‫ الذين يستطيعون حمل السالح وأداء ضريبة‬،‫ ال ُتؤخذ إال من القادرين مالًيا‬،)‫وألن (الجزية) هي (بدل جندية‬
‫ وبدليل أن‬.. ‫ وليست (بدًال من اإليمان باإلسالم) وإال لفرضت على الرهبان و رجال الدين‬،‫القتال دفاًعا عن الوطن‬
- ‫ وهم على دياناتهم غير اإلسالمية‬،‫ ضد الفرس والروم‬،‫الذين اختاروا أداء ضريبة الجندية في صفوف المسلمين‬
‫ وإنما اقتسموا مع المسلمين الغنائم على قدم المساواة‬،‫ لم تفرض عليهم الجزية‬- ‫ ومصر‬.. ‫ والعراق‬.. ‫فى الشام‬. »

Traduction :

« Et puisque la djizîa est levée en échange du service militaire, elle est


seulement perçue sur ceux qui en ont la capacité financière, et qui peuvent
prendre les armes et faire le service militaire en défense de leur pays, et elle
n'est pas en échange de la non-adhération à l'Islam autrement [la djizîa] serait
prélevée sur les moines et le clergé .. et aussi car ceux qui ont été volontaires
pour batailler avec les musulmans, contre les perses et byzantins, et qui ont
professé une religion outre que l'Islam – dans le Levant, l'Irak et l’Égypte – ont
été exemptés de la djizîa et ont reçu équitablement les gains des batailles avec
les musulmans [...] »
47. (en) Khaled Abou El Fadl, The Great Theft : Wrestling Islam from the Extremists, HarperOne,
2007, 336 p. (ISBN 978-0-06-118903-6, lire en ligne ([Link]
F98FIC&printsec=frontcover)), p. 204

« According to the dhimma status system, non-Muslims must pay a poll tax in
return for Muslim protection and the privilege of living in Muslim territory. Per this
system, non-Muslims are exempt from military service, but they are excluded
from occupying high positions that involve dealing with high state interests, like
being the president or prime minister of the country. In Islamic history, non-
Muslims did occupy high positions, especially in matters that related to fiscal
policies or tax collection. »

Traduction :

« Selon le système de dhimma, les non-musulmans doivent payer l'impôt de


capitation en échange de la protection musulmane et le privilège de vivre en
territoire musulman. Par ce système, les non-musulmans sont exemptés du
service militaire, mais ils sont aussi exclus de certaines fonctions élevées
touchant aux hauts intérêts de l'Etat, par exemple les postes de président ou de
premier ministre du pays. Dans l'histoire musulmane, des non-musulmans ont eu
accès à des hautes fonctions étatiques, spécialement celles relatives à la
politique fiscales et à la collecte de l'impôt. »
48. (ar) Muhammad Abu Zahra, Zahrat al-Tafāsīr, Le Caire, Dār al-Fikr al-ʿArabī (lire en ligne (http
s://[Link]/stream/abouzohra/tafsir)), p. 3277–8

« ‫ و‬،‫ و يكفيهم مئونة القتال‬،‫] و ألنها جزاء ألن يدفع اإلسالم عنهم‬...[ ‫و ما يعطيه الذمي من المال يسمى جزية؛‬
‫] و اإلسالم قام بحق التساوي بين جميع‬...[ ،‫ألنها جزاء لما ينفق على فقراء أهل الذمة كما كان يفعل اإلمام عمر‬
‫ فعليه زكاة‬،‫ فإن الجزية التي تكون على الذمي تقابل ما يكون على المسلم من تكليفات مالية‬،‫من يكونون في طاعته‬
‫ و لو أحصى كل ما يؤخد من المسلم لتبين أنه ال يقل‬،‫ و غير ذلك‬،‫ و عليه كفارات‬،‫ و عليه صدقات و نذور‬،‫المال‬
‫ رضي هللا‬- ‫ و لقد روى أن عمر‬،‫ و إن الدولة كما ذكرنا تنفق على فقراء أهل الذمة‬.‫عما يؤخد من جزية إن لم يزد‬
‫ ما أنصفناك أكلنا‬:‫ فقال له‬،‫ من أنت يا شيخ؟ قال رجل من أهل الذمة‬:‫ فسأله‬،‫ وجد شيخا يهوديا يتكفف‬- ‫تعالى عنه‬
‫ ابحت عن هذا و‬:‫ و قال لخادمه‬،‫ و أجرى عليه رزقا مستمرا من بيت المال‬،‫شبيبتك و ضيعناك في شيخوختك‬
‫ و َأْج ِر عليهم رزقا من بيت المال‬،‫ضربائه‬. »

Traduction :

« Et l'argent que le dhimmī donne est nommé jizya: [...] et [elle est ainsi nommé]
car elle est en retour de la protection qui leur est garantie par la [communauté]
islamique, et [aussi] en remplacement du service militaire, et car elle est [en
addition] en retour de ce qui est donné aux pauvres de la communauté des
dhimmīs (ahl al-dhimma) comme lʾimām ʿUmar faisait. [...] et l'islam a donné le
droit d'égalité entre tous ceux qui sont sous son règne, effectivement la jizya qui
est demandée au dhimmī correspond aux obligations financières qui sont
obligatoires pour le musulman, ainsi il lui est forcé [de purifier] ses possessions
et richesses [à travers la] zakat, et il lui est requis de payer les sadaqat et
nudhur, et il doit donner les kaffarat, en addition à d'autres choses. Et si tout ce
qui est pris au musulman fut calculé, il se révélera être clair que cela n'est pas
moins que ce qui est pris à travers la jizya, si ce n'est pas plus. Et comme nous
avons mentionné antérieurement, l'état donne de l'argent aux pauvres parmi la
communauté des dhimmīs, et il est rapporté que ʿUmar - Que Dieu Tout-Puissant
soit satisfait de lui - a trouvé un vieux juif qui demandait la charité, il lui a alors
demandé : ‘Qui êtes-vous, vieux (shaykh) ?’ Il dit, ‘Je suis un homme de la
communauté de dhimma’ Alors ʿUmar lui a dit : ‘On n'a pas été juste à votre
encontre en prenant de vous quand vous étiez jeune et en vous négligeant dans
votre vieillesse’, alors ʿUmar lui accorda une pension régulière depuis le Bayt al-
Māl (Trésor Public), et il dit après à son servant : “Regardez-le, lui et ses
semblables, et donnez leur depuis le trésor public.” »

49. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam : A History of the Propagation of the Muslim
Faith, Constable & Robinson Ltd, 1913, 61 p. (lire en ligne ([Link]
ofislam00arno#page/61/mode/2up))

« Again, in the treaty made by Khālid with some towns in the neighborhood of
Hīrah, he writes : “If we protect you, then jizyah is due to us; but if we do not,
then it is not due.” »

Traduction :

« Une fois encore, dans le traité fait par Khalid avec des villes aux environs de
Hirah, il écrit : “Si nous vous protégeons la djizîa nous est due; mais si nous ne
le faisons pas, alors elle n'est pas due.” »

50. (en) Nasim Hasan Shah, « The concept of Al‐Dhimmah and the rights and duties of Dhimmis in
an Islamic state », Institute of Muslim Minority Affairs. Journal, vol. 9, no 2,‎1988, p. 220
(ISSN 0266-6952 ([Link]
DOI 10.1080/02666958808716075 ([Link] lire en
ligne ([Link]
51. Ghazi, Kalin et Kamali 2013, p. 428–9.
52. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam : A History of the Propagation of the Muslim
Faith, Constable & Robinson Ltd, 1913 (lire en ligne ([Link]
m00arno#page/60/mode/2up)), p. 60–1

« The Emperor Heraclius had raised an enormous army with which to drive back
the invading forces of the Muslims,who had in consequence to concentrate all
their energies on the impending encounter. The Arab general, Abū ʻUbaydah,
accordingly wrote to the governors of the conquered cities of Syria, ordering
them to pay back all the jizyah that had been collected from the cities, and wrote
to the people, saying, “We give you back the money that we took from you, as we
have received news that a strong force is advancing against us. The agreement
between us was that we should protect you, and as this is not now in our power,
we return you all that we took. But if we are victorious we shall consider
ourselves bound to you by the old terms of our agreement.” In accordance with
this order, enormous sums were paid back out of the state treasury, and the
Christians called down blessings on the heads of the Muslims, saying, “May God
give you rule over us again and make you victorious over the Romans; had it
been they, they would not have given us back anything, but would have taken all
that remained with us.” »

53. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam : A History of the Propagation of the Muslim
Faith, Constable & Robinson Ltd, 1913 (lire en ligne ([Link]
m00arno?ui=embed#page/62/mode/2up)), p. 62–3

« On the other hand, when the Egyptian peasants, although Muslim in faith, were
made exempt from military service, a tax was imposed upon them as on the
Christians, in lieu thereof. »

Traduction :

« En revanche, quand les paysans égyptiens, même s'ils étaient de foi


musulmane, ont été exemptés du service militaire, une taxe leur a été imposée
comme pour les chrétiens, à sa place. »

54. (en) Nasim Hasan Shah, « The concept of Al‐Dhimmah and the rights and duties of Dhimmis in
an Islamic state », Institute of Muslim Minority Affairs. Journal, vol. 9, no 2,‎1988, p. 221
(ISSN 0266-6952 ([Link]
DOI 10.1080/02666958808716075 ([Link] lire en
ligne ([Link]
55. Tarek Oubrou, Ce que vous ne savez pas sur l'islam : Répondre aux préjugés des Musulmans
et des non Musulmans, éd. Fayard, 2016, (ISBN 221368751X)
56. Émission « La Source de vie », France 2, rabbin Josy Eisenberg, 19 février 2017, Visionner en
ligne ([Link]
[Link])
57. S. Aldeeb, op. cit., Introduction
58. Kishori Lal Saran, « Les conditions politiques des Hindous sous le Khaljis », Actes du Congrès
l' histoire indienne . 9 : 232.
59. Bernard Lewis, Juifs en terre d'Islam (trad. J. Carnaud), Paris, 1986
60. S. Aldeeb, op. cit., p. 16
61. Peter Jackson, The Delhi Sultanate : A Political and Military History, 2003, Cambridge
University Press, (ISBN 978-0-521-54329-3), p. 282-289. Présentation en ligne ([Link]
[Link]/shop/geisteswissenschaften/5650032-9780521543293-the-delhi-sultanate)
62. Al-Qâdî Abû Ya'lâ, al-Aḥkām al-Sulṭāniyyah, p. 160.
Extrait :

« ]‫» وتسقط الجزية عن الفقير وعن الشيخ وعن الَز ِم ن [أي صاحب العاهة‬

Traduction :

« Il n'y a point de Djizîa sur les pauvres, les personnes âgées, et ceux qui
souffrent de maladies chroniques. »

63. (ar) Abu Yusuf, Kitāb al-Kharāj, Beirut, Dār al-Maʿrifah, p. 126

« ‫ فضرب عضده من‬،‫ شيخ كبير ضرير البصر‬:‫مّر عمر بن الخطاب رضي هللا عنه بباب قوم وعليه سائل يسأل‬
،‫ أسأل الجزية والحاجة والسن‬:‫ فما ألجأك إلي ما أرى؟ قال‬:‫ قال‬،‫ يهودي‬:‫ من أي أهل الكتاب أنت؟ قال‬:‫خلفه وقال‬
‫ انظر هذا‬:‫ ثم أرسل إلى خازن بيت المال فقال‬،‫ فأخذ عمر بيده وذهب به إلى منزله فرضخ له بشيء من المنزل‬:‫قال‬
‫ أن أكلنا شبيبته ثم نخذله عند الهرم ِإَّنَم ا الَّصَد َقاُت ِلْلُفَقَر اِء َو اْلَم َساِك يِن والفقراء هم‬،‫وضرباءه فوهللا ما أنصفناه‬
‫ ووضع عنه الجزية وعن ضربائه‬،‫ وهذا من المساكين من أهل الكتاب‬،‫» المسلمون‬

Traduction :

« ʿUmar b. al-Khaṭṭāb - Que Dieu soit Satisfait de lui - est passé à côté d'une
porte de certains gens et il y avait une vielle personne aveugle là-bas, mendiant.
ʿUmar lui tapa sur l'épaule par-derrière et lui demanda: « A quelle communauté
des gens du livres appartiens-tu ? » et l'homme répondit : « Je suis un juif ».
ʿUmar lui demanda alors : « Pourquoi mendies-tu ? » et l'homme répondit :
« Pour pouvoir payer la jizya et subvenir à mes besoins, car je suis trop vieux
[pour pouvoir travailler] ». ʿUmar lui prit la main et l'emmena chez lui et lui offrit
cadeaux et argent, puis l'envoya au trésorier du beït el-mal (le trésor public) en
lui ordonnant : « Prends soin de lui et de ceux qui sont comme lui, car par Dieu,
nous ne lui rendons pas justice si après avoir profité de sa jeunesse, nous
l'abandonnons une fois atteint la vieillesse ». Il récita ensuite le verset du Coran :
« Les aumônes ne sont destinées qu'aux pauvres, aux miséreux » (Le Coran,
« L’Immunité ou le Repentir », IX ([Link]
tion_de_Kazimirski)/9), 60, (ar) ‫( التوبة‬[Link]
9%88%D8%B1%D8%A9_%D8%A7%D9%84%D8%AA%D9%88%D8%A8%D
8%A9)), puis : « Les pauvres font partie des musulmans et cette personne est un
nécessiteux parmi les Gens du Livre. » ʿUmar l'exempta ainsi que ses
semblables du paiement de la djizîa. »

64. Abdel-Haleem 2012, p. 80.


65. (en) Muhammad Tahir-ul-Qadri, Fatwa on Terrorism and Suicide Bombings, Londres, Minhaj-ul-
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Fikr, 1998 (ISBN 1-57547-453-0), p. 700

« ‫ أنه مر بشيخ من أهل الذمة يسأل على أبواب المساجد بسبب الجزية و‬:‫ما روي عن سيدنا عمر رضي هللا عنه‬
‫ ثم أجرى عليه من بيت‬،‫ ما أنصفناك كنا أخذنا منك الجزية في شبيبتك ثم ضيعناك في كبرك‬:‫ فقال‬،‫الحاجة و السن‬
‫ و وضع عنه الجزية و عن ضربائه‬،‫المال ما يصلحه‬. »

Traduction :

« On rapporte à propos de sayyidouna (notre maître) Omar ibn al-Khattâb — que


Dieu l'agrée — qu'il est passé à côté d'un vieil homme de la communauté
dhimmie qui demandait la charité devant les porte de la mosquée, car il devait
payer la jizya et subvenir à ses besoins malgré son âge, alors Omar lui dit :
« Nous avons été injuste envers toi en profitant de ta jeunesse et en t'abonnant à
ta vieillesse », et il lui fit allouer une pension du beït el-mal et il l'exempta lui et
ses semblables de la djizîa. »

67. (ar) Al-Hindī Iḥsān, Aḥkām al-Ḥarb wa al-Salām fī Dawlat al-Islām, Damascus, Dār al-Numayr,
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‫] وظاهر كالم أحمد أنه ال جزية عليهم‬...[» Traduction : "En ce qui concerne les paysans qui ne participent
point à la guerre ainsi que les laboureurs ... l'opinion apparente des écrits d'Ahmad [ibn Hanbal]
est qu'ils sont exemptés de la djizîa."
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« ‫] وأيما شخص ضعف عن العمل أو أصابته آفة من اآلفات أو كان‬...[ ‫هذا كتاب من خالد بن الوليد الهل الحيرة‬
‫ طرحت جزيته وأعيل من بيت مال المسلمين و عياله‬،‫» غنيا فافتقر وصار أهل دينه يتصدقون عليه‬

Traduction :

« Ceci est un traité de Khalid b. al-Walid au peuple d'al-Hirah [...] je leur accorde
que toute personne qui deviendrait inapte au travail, ou qu'aurait frappé un
malheur, ou bien qui, de riche deviendrait pauvre, se mettant ainsi à la merci de
la charité de ses coreligionnaires, sera exonéré par moi de la djizîa, et recevra
l'aide du Trésor Public des musulmans, lui et les personnes dont il a la charge. »

83. (ar) Wahbah al-Zuḥaylī, ʾĀthar al-ḥarb fī l-fiqh al-Islāmī : dirāsah muqārinah, Damas, Dār al-
Fikr, 1998 (ISBN 1-57547-453-0), p. 700 Extrait: «‫ و جعلت لهم أيما‬:‫و جاء في كتاب خالد بن الوليد ألهل الحيرة‬
‫ طرحت جزيته و عيل من بيت‬،‫ أو كان غنيًا فافتقر و سار أهل دينه يتصدقون عليه‬،‫ أو أصابته آفة من اآلفات‬،‫شيخ ضعف عن العمل‬
‫مال المسلمين و عياله‬.» Traduction : « Et il a été dit dans le traité de Khalid b. al-Walid avec le peuple
d'al-Hirah: Je leur accorde que toute personne qui deviendrait inapte au travail, ou qu'aurait
frappé un malheur, ou bien qui, de riche deviendrait pauvre, se mettant ainsi à la merci de la
charité de ses coreligionnaires, sera exonéré par moi de la djizîa, et recevra l'aide du Trésor
Public des musulmans, lui et les personnes dont il a la charge. »
84. (ar) Al-Hindī Iḥsān, Aḥkām al-Ḥarb wa al-Salām fī Dawlat al-Islām, Damascus, Dār al-Numayr,
1993, p. 15 Extrait: «‫ و الدليل على ذلك أن‬،‫و كان للذميين كذلك نوع من التأمين االجتماعي ضد العوز و الشيخوخه و المرض‬
‫ أو أصابته آفة من‬،‫ 《 و جعلت لهم أيما شيخ ضعف عن العمل‬:‫خالدًا بن الوليد كتب في عهده ألهل الحيرة المسيحيين بعد فتحها‬
》 ‫ طرحت جزيته و عيل من بيت مال المسلمين و عياله‬،‫ أو كان غنيًا فافتقر و سار أهل دينه يتصدقون عليه‬،‫»اآلفات‬
Traduction : « Et les dhimmîs ont eu aussi un type d'assurance sociale en cas de destitution, de
vieillesse ou de maladie, et la justification pour cela est le traité de Khalid b. al-Walid qu'il a écrit
avec le peuple d'al-Hirah [qui étaient] des chrétiens après son fath:《 Je leur accorde que toute
personne qui deviendrait inapte au travail, ou qu'aurait frappé un malheur, ou bien qui, de riche
deviendrait pauvre, se mettant ainsi à la merci de la charité de ses coreligionnaires, sera
exonéré par moi de la djizîa, et recevra l'aide du Trésor Public des musulmans, lui et les
personnes dont il a la charge. »
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« La loi ne prévoit pas d'esclavage pour dette dans le cas des musulmans, mais
elle permet l'asservissement de dhimmis pour non-paiement de la djizya et la
kharaj. (...) »

87. Lambton 2013, p. 204–5.


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Zuhayr al-Chawich. Extrait: « ‫ َو ِإَّنَم ا َذَكَر َها َطاِئَفٌة‬،‫ اَل َنْعَلُم َلَه ا َعَلى َهَذا اْلَو ْج ِه َأْص اًل ُمْعَتَم ًدا‬: ‫ َهِذِه اْلَه ْيَئُة اْلَم ْذُكوَر ُة َأَّو اًل‬: ‫ُقْلُت‬
‫ َفالَّص َو اُب اْلَج ْز ُم ِبَأَّن َهِذِه اْلَه ْيَئَة َباِط َلٌة َم ْر ُدوَد ٌة‬. ‫ َكَأْخ ِذ الُّدُيوِن‬، ‫ ُتْؤ َخ ُذ اْلِج ْز َيُة ِبِر ْفٍق‬:‫ َو َقاَل ُجْم ُه وٌر اَأْلْص َح اِب‬، ‫ِم ْن َأْص َح اِبَنا الخراَساِنِّييَن‬
‫ َمَع َأْخ ِذِه ِم اْلِج ْز َيَة‬، ‫ َو َلْم ُيْنَقْل َأَّن الَّنِبَّي َو اَل َأَح ًدا ِم َن اْلُخ َلَفاِء الَّر اِشِديَن َفَعَل َشْيًئا ِم ْنَه ا‬،‫َعَلى َمِن اْخ َتَر َعَه ا‬.» Traduction : "J'ai dit:
Concernant cette pratique mentionnée (hay’ah), je ne suis au courant d'aucun support sain
pour elle dans ce respect, et elle est seulement mentionné par les savants de Khurasan. La
majorité (jumhūr) des savants disent que la djizîa est à prendre avec douceur, comme la
personne va recevoir une dette (dayn). L'opinion fiable et correcte est que cette pratique
(d'humiliation) est invalide et ceux qui l'ont conçus doivent être réfutés. Il n'y a point de
narration disant que le Prophète ou l'un des caliphes bien guidés a fait quelconque chose
comme ça lors de la collection de la djizîa."
93. (ar) Mohamed Saïd Ramadân al Boutî, Al-Jihād fī’l-Islām, Damas, Dār al-Fikr, 2005, p. 133
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1%D8%A7%D8%BA%D9%8A)), p. 95 Extrait: «‫أي قاتلوا من ذكروا حين وجود ما يقتضى القتال كاالعتداء عليكم أو‬
‫( على بالدكم أو اضطهادكم وفتنتكم عن دينكم أو تهديد منكم وسالمتكم كما فعل بكم الروم وكان ذلك سببا لغزوة تبوك‬[Link]
[Link]/wiki/%D8%AA%D9%81%D8%B3%D9%8A%D8%B1_%D8%A7%D9%84%D9%8
5%D8%B1%D8%A7%D8%BA%D9%8A/%D8%B3%D9%88%D8%B1%D8%A9_%D8%A7%D
9%84%D8%AA%D9%88%D8%A8%D8%A9#.5B.D8.B3.D9.88.D8.B1.D8.A9_.D8.A7.D9.84.D8.
AA.D9.88.D8.A8.D8.A9_.289.29:_.D8.A2.D9.8A.D8.A9_29.5D)» Traduction : « c'est-à-dire,
combattez ceux mentionnés quand les conditions qui nécessitent la guerre sont présentes,
c'est-à-dire, dans le cas d'une agression contre vous ou votre pays, oppression et persécution
contre vous à cause de votre foi, ou d'une menace contre votre sûreté et sécurité, comme
c'était le cas par les Byzantins, ce qui a mené à la bataille de Tabuk. »
99. Seyyed Hossein Nasr (2015), The Study Quran: A New Translation and Commentary,
(ISBN 0061125865). Extrait: "Here with a willing hand renders ʿan yad (lit. "from/for/at hand"),
which some interpret to mean that they should pay directly, without intermediary and without
delay (R). Others say that it refers to its reception by Muslims and means "generously" as in
"with an open hand", since the taking of the jizyah is a form of munificence that averted a state
of conflict (Q,R,Z)."
100. M.J. Kister "'An yadin (Qur'an IX/29): An Attempt at Interpretation", Arabica 11 (1964):272-278.
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« One of Mawdudi's most significant legacies was the reintroduction into the
modern world - and into modern language - of an idealized vision of the Islamic
community. [...] Non-Muslims in the Muslim state would be categorized, in
classical terms, as dhimmis, a protected class; would be restricted from holding
high political office; would have to pay the jizyah poll tax; ... »

106. (en) Rachel Scott, The challenge of political Islam : non-Muslims and the Egyptian state,
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« In the mid-1980's Yusuf al-Qaradawi argued that non-Muslims should not serve
in the army and should pay the jizya on the basis that the Islamic state is best
protected by those who believe in it. »

107. (ar) Yūsuf al-Qaraḍāwī, Al-Dīn wa-al-siyāsah : taʼṣīl wa-radd shubuhāt, Le Caire, Dār al-
Shurūq, 2007, 232 p. (ISBN 978-977-09-1971-2 et 977-09-1971-3), p. 184

« ‫ لم يعد هناك‬− ‫ مسلمين و غير مسلمين‬− ‫و اليوم بعد أن أصبح التجنيد اإلجباري مفروضا على كل المواطنين‬
‫ و ال غيرها‬،‫ ال باسم جزية‬،‫مجال لدفع أي مال‬. »

Traduction :

« De nos jours, alors que la conscription militaire est devenue obligatoire pour
tous les citoyens — musulmans et non musulmans — il n'y a plus de place pour
tout payement, que ce soit au nom de la djizîa ou d'autre chose. »

108. (en) Dr Sanja Bahun et Dr V. G. Julie Rajan, Violence and Gender in the Globalized World : The
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Voir aussi
Kharâj
Musta'min
Dhimmi
Dhimma
Pacte d'Omar
Civilisation islamique
Indiction
Droit au haut Moyen Âge
Varlık Vergisi (Turquie, 1942)

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