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Droit Rural

Le document présente un cours sur le droit rural. Il introduit les concepts de base du droit foncier rural et aborde différents sujets comme le domaine public et privé, le régime foncier, la distinction entre domaine urbain et rural, et l'immatriculation foncière.

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Droit Rural

Le document présente un cours sur le droit rural. Il introduit les concepts de base du droit foncier rural et aborde différents sujets comme le domaine public et privé, le régime foncier, la distinction entre domaine urbain et rural, et l'immatriculation foncière.

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Union- Discipline- Travail UMECI

Licence 3 Droit public et Droit privé

COURS DE DROIT RURAL


LES ÉLÉMENTS PRÉALABLES

Le droit foncier rural peut être étudié selon au moins trois points de vue

1- D'un point de vue anthropologique

L'anthropologie permet de déterminer derrière les textes de loi, le système de pensée qui
permet de les produire. On peut ainsi savoir quelles sont les directions dans lesquelles le droit
tente d'infléchir la société et quelles sont les limites que rencontrent le droit dans cette
entreprise ?

2- D'un point de vue juridique

Nous sommes bien placés. En effet, il existe une loi sur le domaine foncier rural : c'est la loi
n°98-750 du 23 décembre 1998. À partir de cette loi et des textes d'application, l'on peut dire
que sur le plan légal, constitutionnel et même juridique, il n'y a pas de vide juridique.

3- D'un point de vue des phénomènes

On peut étudier le droit selon les fonctions qu'il remplit. Comment ce droit procure t- il la
sécurité ? On peut déceler ici, dans une société plusieurs types de Droit foncier en particulier :
le droit foncier de l'Etat, le droit foncier coutumier et même des systèmes informels de droit.

L'Etat aura à agir ici par son pouvoir de police et par ses aptitudes de négociations.

En conclusion, le cours ne porte pas sur un droit naturel qui n'aurait pas de sanctions; en
revanche, nous étudions un droit avec l'essentiel des textes, l'essentiel d'une jeune doctrine
naissante et l'existence d'une jurisprudence qui a commencé même quand il n'y avait pas de
textes contenus dans un code, au moment où les textes étaient éparpillés depuis l'époque
coloniale jusqu'à l'apparition de ce texte fondamental sur le domaine foncier rural.

CHAPITRE INTRODUCTIF

CHAPITRE 1: LES CONCEPTS DE BASE

Le cours porte sur les immeubles ruraux, principalement bâtis ou non relatifs au domaine rural
et en particulier les problèmes posés à l'Etat et aux particuliers relativement à ces immeubles.
De façon générale, tous les terrains qu'ils soient ruraux ou urbains sont fonciers c'est à dire
qu'ils portent tous sur la terre et c'est la même législation qui s'applique à eux. C'est la
législation qui régie le livre foncier (le décret foncier du 26 juillet 1932).
Session 1: Les domaines publics et privés des personnes publiques( État, comme et autres
collectivités territoriales)

Les biens meubles et immeubles appartenant à des personnes publiques sont réunis dans ce
qu'on appelle leur domaine et entre ces biens, une distinction fondamentale est opérée entre
ceux qui appartiennent au domaine public et ceux qui appartiennent au domaine privé au
domaine privé. L'intérêt de la distinction est considérable. Les biens du domaine public sont
inaliénables, imprescriptibles et font l'objet d'une protectionm pénale spéciale.

Session 2: Le Droit Foncier

C'est le droit que détient une personne sur la terre. C'est le droit qui porte sur nos terres et nos
forêts. C'est donc, du point de vue technique, un droit portant sur des immeubles par nature.
Constitue un immeuble rural, l'immeuble principalement affecté à la production des récoltes
ou des fruits naturels ou artificiels: prairies, terres labourables ou vignobles, jachères.

<< Présente également le caractére d'immeuble rural, des bâtiments d'exploitation et ceux
destinés à l'habitation de l 'exploitant ou du personnel qui constitue un même ensemble, une
unité économique >>. Il faut ajouter à cette définition, des transactions immobilières, les
lotissements et les morcelements et toutes les conventions relatives à des droits immobiliers
qui s' opèrent sur le domaine rural.

Session 3: Le régime foncier

On parle de regime foncier car les immeubles, qu'ils appartiennent à l'État ou aux particuliers
doivent être identifiés juridiquement. Il convient en effet d'organiser la preuve de la propriété,
les procédures d'accès et de transfert de ses droits.

Session 4 : Le droit foncier rural

Il résulte de ce que nous venons de voir que le droit foncier rural s'applique au domaine rural et
aux activités agricoles qui s'y exercent. Les activités agricoles sont entendues ici au sens le plus
large c'est à dire de la culture, de la pêche, de l'élevage, de la foresterie, de l'apiculture, des
aménagements agricoles, des investissements agricoles de sorte que nous pouvons donner une
définition générique du droit foncier rural de la manière suivante : << ensemble de règles
régissant la propriété agricole, ses transferts, les conventions entre propriétaires, ainsi que les
dispositions portant statut des exploitants. Le droit rural tend à protéger la paysannerie tout en
permettant la modernisation de l'agriculture>>.

Session 5 : Distinction du domaine urbain du domaine rural

Le domaine urbain se distingue du domaine rural selon deux critères : urbanistique et juridique.
Autrefois, le domaine urbain se distinguait du domaine rural selon un critère spatial. Selon ce
critère, le domaine urbain et le domaine rural sont séparés de 5 km. Ce critère comporte des
inconvénients majeurs, c'est pourquoi il lui a été préféré d'autres critères plus operationnels

- Le critère urbanistique

Selon ce critère, tout ce qui est à l'intérieur d'un plan d'urbanisme approuvé, fait partie du
domaine urbain à l'intérieur et tout ce qui est à l'extérieur du plan d'urbanisme approuvé est du
domaine rural.

- Le critère juridique

Au critère urbanistique, s'est ajouté un autre critère juridique selon lequel est du domaine
urbain, tout ce que les lois et les règlements déclarent comme étant une vérité.

Il s'en suit que les critères retenus aujourd'hui sont le critère urbanistique et le critère juridique.

Session 6 : L'immatriculation foncière

A- Définition

L'immatriculation foncière est une garantie offerte aux titulaires de droit réel sur les immeubles
consistant en une inscription de ses droits sur une page du livre foncier appelé pour cela
Registre Foncier accordant des droits intangibles aux titulaires de ces droits, vérification faite
des pièces justificatives produites à cet effet.

B- Les caractères de l'immatriculation

- Des droits intangibles


- Des droits définitifs : Si un droit coutumier est immatriculé, il devient un droit officiel conféré
par l' État. Il s'en suit que ce droit ne peut plus retourner à sa première nature coutumière.

- L'immatriculation foncière est facultative c'est à dire elle n'est pas obligatoire mais si on veut
obtenir une garantie et une sécurité, il vaut mieux immatriculer sa terre.

C- L'origine de l'immatriculation foncière

L'immatriculation foncière nous vient de l'Australie. Sir TORRENS, alors directeur de la


conservation foncière d'Australie avait remarqué que les individus qui détenaient leurs droits
fonciers d'autres personnes rencontraient beaucoup de difficultés et de litiges. Il avait donc
imaginer que les terres avant d'être vendues ou de faire l'objet de toutes autres transactions
que les terres fussent immatriculées au nom de l'Etat pour avoir une origine commune et pour
éviter tous litiges éventuels. Ce système était celui de l'Alsace Lorraine a transité par l'Afrique
du Nord pour rejoindre toute l'Afrique. Ce système est encore applicable en Côte d'ivoire.

Chapitre 2 : LES SOURCES DU DROIT FONCIER

Nous nous interressons uniquement aux sources législatives qui seront rassemblés dans un
document spécial.

Titre 1 : DOMAINE PUBLIC DE L'ÉTAT ET DES COLLECTIVITÉS PUBLIQUES (Étude élémentaire)

Chapitre 1: DÉFINITION DU DOMAINE PUBLIC DE L'ÉTAT

Le domaine public se définit comme étant, en ce qui concerne sa partie foncière comme les
éléments immobiliers appartenant à l'Etat et qui ne sont pas succeptibles d'appropriation
privée. Cette définition comporte deux éléments : une définition analytique et une définition
synthétique.

Paragraphe 1 : La définition analytique

Du point de vue analytique, le domaine publuc est naturel ou artificiel.

A- Le domaine public naturel

Ce domaine existe sans l'intervention de l'homme. Il comprend 05 éléments au terme du décret


du 29 septembre 1928:
1. Le rivage de la mer + 100m de large à partir des plus hautes marées

2. Les cours d'eaux naviguables et flottables jusqu'aux plus hautes eaux avant débordement +
25 m

3. Les cours d'eaux non naviguables ni flottables jusqu'aux plus hautes eaux avant débordement
sans la zone de 25 m

4. Les lacs, les etangs et lagunes jusqu'aux plus hautes eaux avant débordement + 25 m

5. Les nappes aquifères( nappe d'eau souterraine) : quelque soit leur nature, leur provenance et
leur profondeurs.

B- Le domaine public artificiel

Le domaine public artificiel est fait à partir de la main de l'homme. Il comprend aussi 5 éléments
:

1. Les canaux de navigation

2. Les voies de communication (chemin de fer et routes)

3. Les installations téléphoniques

4. Les ouvrages électriques lorsqu'ils sont déclarés d'utilté publique

5. Les ouvrages fortifiés ( les camps militaires)

Paragraphe 2 : La définition synthétique

Du point de vue synthétique, l'article 1 du 29 septembre 1928 qui énumère tous les éléments
synthétiques du domaine public ajoute: << et généralement les biens de toute nature que le
code civil français et les lois françaises déclarent insusceptibles de propriété privée >>. Cette
définition est critiquable comme celle de l'article 538 du code civil français car il n'existe pas de
biens que les lois déclarent insusceptibles de propriété privée. Mais, la formulation remet au
bout du jour la vieille idée selon laquelle la domanialité publique est fondée sur l'impossibilité
de l'appropriation privée. La définition du domaine public se fait donc selon une méthode dite
de l'identification directe par des textes. Cette méthode a pour résultats que ne fait partie du
domaine public qu'un bien identifié comme tel par un texte affirmatif. Cette méthode
d'identification veut dire que le domaine public n'est pas identité une fois pour toute.
Chapitre 2 : LES LIMITES DU DOMAINE PUBLIC

Les forêts, les cimetières, les bâtiments administratifs et les marchés ne font pas partie de
l'énumération du décret du 29 septembre 1928, article 1. Mais, la Côte d'Ivoire comme chaque
pays de l'ancienne AOF, a toute lattitude en tant qu'Etat souverain de réorganiser les
dispositions, les éléments qui font partie du domaine public ou non.

Chapitre 3 : L'EXTENSIBILITE DU DOMAINE PUBLIC

Le domaine public peut s'étendre parce que la définition énumerative et synthétique n'arrive
pas à en épuiser le contenu. La loi et la jurisprudence permettent de déterminer d'autres
éléments entrant dans la définition du domaine public. C'est ainsi que les lois de 1995 et de
2014 portant code minier indiquent que les mines constituent un domaine public particulier.
Sur le même principe, la loi de 1991 visant le régime de la communication audiovisuelle indique
aussi que les instruments de communication audiovisuelle font partie du domaine public. La loi
de 2003 sur les parcs nationaux a classé certaines réserves foncières dans le domaine public.

Chapitre 4: Les textes applicables au domaine public

( Voir photocopie).

TITRE 2: LE DOMAINE PRIVÉ DE L'ÉTAT

Le domaine privé de l'Etat est par excellence le domaine sur quoi porte notre étude. Il se définit
de manière résiduelle par rapport au domaine public : D Public- Tout ce qui n'est pas public=
Domaine privé.

Il importe d'en étudier la définition avant de s'interroger sur la composition.

Chapitre 1: DÉFINITION DU DOMAINE PRIVÉ DE L'ÉTAT

Paragraphe 1 : Définition énumerative du domaine privé de l'Etat


D'une manière énumerative, on range dans le domaine privé de l'Etat, tout ce qui n'appartient
pas au domaine public. Par exemple, les terrains réservés au lotissement d'Etats et de
bâtiments administratifs. Le domaine public de l'Etat rentre dans la composition du domaine
privé. Celui ci constitue une propriété soumise aux règles de droit privé. En conséquence, et à la
différence du domaine public, il est alienable et hypothèquable.

Paragraphe 2 : Définition synthétique du domaine privé de l'Etat

Dans une vision synthétique, le domaine foncier privé de l'Etat se définit comme l'ensemble
des biens immobiliers de l'Etat n'appartenant pas à son domaine public et géré selon les règles
de droit privé. En d'autres termes, l'Etat comme une personne privée peut acquérir des biens
immobiliers selon les modalités de droit public. Ces biens entrent dans son domaine privé et il
peut les vendre. Il peut exercer des prérogatives de droit privé.

CHAPITRE 2 : LA COMPOSITION DU DOMAINE PRIVÉ DE L'ÉTAT

Le domaine privé de l'Etat est composé de terres et de forêts.

Session 1: Les terres composant le domaine privé

Ce sont en principe toutes les terres qu'on appelle les terres sans maitres. L'absence de maîtres
recouvre la vacquance. La vacquance s' analyse en une emprise. Il comprend de manière
permanente :

- les terres propriétés de l'Etat et les terres propriétés des collectivités publiques

- les terres concédées par l'Etat à des collectivités publiques et à des particuliers avant la
publication de la loi.

Il comprend de manière transitoire les terres du domaine coutumier, non exploitée et non
occupée depuis de 10 ans après la publication de la loi. Les terres expropriées pour non mise en
valeur ou toute cause d'utilité publique. Il faut bien remarquer que le domaine foncier rural ne
se confond pas avec le domaine privé. C'est pourquoi on dit qu'il est bien positionné dans les
textes.

Session 2: Le positionnement facial du domaine foncier

- Le domaine foncier est hors du domaine public


- Il est hors des zones d'aménagement différés qu'on appelle officiellement constituées

- Il est hors des forêts classées

- Il est hors des villes.

Chapitre 3: LA GESTION DU DOMAINE FONCIER PRIVÉ

Il est géré de façon institutionnelle et de façon technologique. Nous exposerons seulement la


gestion institutionnelle au niveau central du domaine privé de l'Etat c'est à dire nous allons
exposer de manière institutionnelle dans le ministère dont quelques fonctions dans la gestion
du domaine foncier.

A- Le ministère de l'agriculture

1- Les fonctions traditionnelles

Le ministère de l' agriculture porte parfois le nom de ministère d'état qui est chargé
principalement d'appliquer la politique du gouvernement en matière d'orientation,
d'agriculture mais surtout en ce qui nous concerne, ce ministère comprend une direction de la
réglementationon et du cadastre. Cette direction est la direction juridique du ministère et c'est
son travail qui a abouti à la loi sur le domaine foncier de 1998.

2- Des objectifs nouveaux

- Donner une valeur marchande aux terres

- Delivrer des droits de propriété

- Régulariser les rapports de propriété entre les exploitants autochtones et non autochtones.

- Gérer les conflits fonciers

B- Le ministère de l'intérieur

- C'était le ministère de l'heure, c'est lui qui réglemente les conflits locaux parcequ'il est chargé
de la sécurité intérieure

- Il intervient dans l'attribution des titres au niveau rural. C'est par exemple, le préfet qui délivre
des certificats fonciers.

- Jouant un rôle important dans la décentralisation, ce ministère aura à intervenir dans


l'attribution de prérogative foncière au niveau des purges décentralisées
C- Le ministère de l'environnement

Il apprécie les effets néfastes des produits agricoles sur l'environnement. C'est lui qui delivre
l'acte qu'on appelle l'impact environnemental.

D- Le ministre des eaux et forêts

Il est chargé de pénaliser et de verbaliser les cas de delits contre les forêts classées.

E- Le ministère des finances

C'est le ministère des finances qui détient des compétences particulières en matière de
politique foncière. En principe, toutes les décisions qui créent des ressources à caractère
publique ou entraînent un engagement financier de l'État, des collectivités publiques qui en
dépendent sont de la compétence du ministère des finances. Ce ministère va donner son
approbation pour les engagements comportant finances de l'Etat. Ainsi qu' en est il de la
gestion du domaine rural de l'État, du cadastre et de la conservation foncière. Par exemple dans
le compte des impôts, à l'obtention et l'immatriculation d'un certificat foncier doit payer.

Session 1: La Gestion institutionnelle

Dans le texte de la loi comme dans les décrets d'application et les autres textes, le mot "gestion
" est utilisé plusieurs fois, mais nulle part on en donne une définition précise. C'est le code de
l'eau qui en donne une définition de la manière suivante : << C'est l'usage d'une ressource
naturelle de façon rationnelle en évitant le gaspillage et en respectant l'environnement
>>puisque les textes parlent de gestion à plusieurs reprises nous allons essayer d'en établir les
traits caractéristiques en suivant quelques éléments saillants.

Paragraphe 1: Le principe de la gestion du domaine foncier de l'Etat

A- Énoncé du principe

L'article 21 de la loi foncière indiquent l'administration gère librement les terres du domaine
foncier rural immatriculées à son nom comme le terme de gestion n'est pas défini par le texte
de loi et les textes d'application de cette loi. On a du recourir au code de l'eau qui en a donné la
définition suivante << on entend par gérer, assurer l'administration, l'accès à l'usage à
l'application et à la distribution d'une ressource naturelle en préservant ouben accroissant la
qualité de l'environnement et en évitant le gaspillage >>. Cette distribution ou cet accès à la
ressource est soumise généralement à une condition de mise en valeur.
B- La nature juridique de l'acte de gestion du domaine rural

Ici,l'accent n'est pas mis sur l'intérêt général mais sur le but patrimonial qui est de procurer des
ressources financières aux collectivités publiques. En conséquence, ce sont les tribunaux de
l'ordre judiciaire qui sont compétents pour connaître des litiges portant sur le domaine foncier
rural.

Paragraphe 2 : Les modalités de gestion du domaine rural

Il en a 2 selon les textes

A- La modalité particulière : le contrat de location des terres

Le contrat de location de terres donne droit à une location temporaire généralement pour trois
ans. Les conditions de cette utilisation sont indiquées dans un cahier de charge. L'obligation
principale mise à la charge du locataire de la terre est la mise en valeur. L'absence de mise en
valeur insuffisante peut entraîner le retrait de la terre en tout ou partie.

B- La gestion par le comité de gestion foncière rurale

Le comité de gestion foncière rurale est instituées par le décret n°99- 593 du 13 octobre 1999
portant organisation et attributions des comités de gestion foncière rurale. Le comité est créé
par le sous préfet pour l'étude de tous les dossiers fonciers concernant son territoire. Les chefs
de terres sont obligatoirement membres de ces comités. Si des comités de gestion foncière
rurale avaient été créés par un organisme avant ceux créés par le sous préfet, ces dits comités
vilageois restent valables.

Paragraphe 3: La gestion juridique

Dans la loi foncière de 1998, les termes de gestion apparaissent dans les articles 14 16 21 et 22.
On retrouve ces mêmes termes dans le décret d'application de la loi de 1999 n° 99- 593 relatif
au comité de la gestion foncière et dans certains arrêtés de fonctionnement des textes de façon
explicite, dans l'article 6 qui parle de retour des terres sans maîtres à l'Etat et leurs gestion par
lui. Encore plus précisément, l'article 5 de la loi foncière parle des modalités civilistes de
transfert et d'appropriation des terres qui sont : l'achat, la donation, le leg entre vifs ou
testamentaires et les obligations.

TITRE 4 : L'ACCÈS À LA TERRE RURALE EN CÔTE D'IVOIRE


INTRODUCTION

Nous étudions ici la loi foncière de 1998 qui est l'essentiel de notre cours, avant d'aborder les
normes juridiques. Nous allons exposer les principes de base sur lesquels reposent cette loi. Ces
principes de base sont la structure souterraine sur laquelle s'élève les normes juridiques de
cette loi. Au départ, ceux qui ont conçu la loi, ont déterminé six (06) principes de base :

 Tout le monde peut avoir accès au domaine foncier rural mais, seulls l'État, les
collectivités publiques ivoiriennes et les personnes physiques et morales ivoiriennes
peuvent en être propriétaires.
 La reconnaissance de droits coutumiers qui ne sont plus un droit d'usage sur le sol mais
un droit à part entière qui peut être reconnu par une enquête foncière et être
immatriculé au livre foncier au nom des détenteurs anciens de ces droits qui peuvent
devenir propriétaires après immatriculation.
 Le certificat foncier est cessible (on peut vendre) et les terres que le certificat concerne
peut être loué suivant un bail de longue ou de courte durée.
 Le maintien à titre personnel des droits de propriété acquis antérieurement par laloi,
par des sociétés ou mes étrangers.
 Suppression du système de concession des terres de l'État. Désormais, l'État vend ou
loue un délai supplémentaire par rapport au délai de mise en valeur de trois ans qui est
accordé au concessionnaire pour régulariser leur situation.
 Une motivation des concessions non régularisées à l'issue du délai accordé et des terres
n'ayant pas fait l'objet de certificats fonciers dix (10) ans après la publication de la loi
reviendront au domaine de l'État en qualité de terres vacquantes et sans maîtres.

OBSERVATIONS

Il est dit dans le principe concernant les droits coutumiers que ces droits ne sont plus des droits
d'usage à titre personnel mais des droits à part entière constatés et formalisés.

La constatation et la formalisation des droits coutumiers ne sont pas une chose nouvelle. En
effet, le décret colonial de 08 Octobre 1925 a organisé la constatation du droit coutumier. Le
droit est inscrit dans un livret coutumier. Ce droit a la valeur d'un écrit. Un tel droit doit être
immatriculé pour que toute prétention des tiers soit purgée et ce droit est rendu ainsi
inattaquable.

CHAPITRE PREMIER: L'ACCÈS À LA TERRE DES PERSONNES


Il faut distinguer l'accès à la terre des personnes morales et celui des personnes physiques.

SESSION 1: L'accès à la terre des personnes morales

À ce propos, nous prenons l'exemple des coopératives. Les anciens textes applicables en CI sur
les coopératives sont la loi n°97- 727 du 23 décembre 1997 relatif aux coopératives et son
décret d'application n°98-257 du 03 juin 1998. Mais l'OHADA a imposé une nouvelle législation
sur les coopératives à partir de 2010.

Paragraphe 1: Étude normative du droit de la coopération

A- Définition de la coopérative

Selon le droit ancien de la coopérative, selon la loi de 1997 et son décret d'application de
1998,les coopératives sont définies comme des personnes morales de types particuliers,
comme des personnes morales de forme civile à politique et non conventionnelle et régie par
les principes généraux de droit applicables au droit et aux dispositions de leur statut.

B- Définition de la coopérative selon l'acte uniforme 2010

D'après l'acte uniforme, les coopératives sont des sociétés et il y'a deux types de sociétés
coopératives :

-La société coopérative simplifiée

-La société coopérative avec conseil d'administration

La société coopérative est un groupement particulier composé de coopérateurs unis par un


lien commun (critère objectif que possèdent en commun les membres et sur la base de laquelle
ils se retrouvent).

Les associés coopérateurs participent effectivement et suivant les liens coopératifs aux activités
de leur société et reçoivent en représentation aux apports des parts spéciales.
Paragraphe 2: La constitution actuelle des coopératives : les généralités relatives à la
constitution

( pas nécessaire)

Paragraphe 3: L'harmonisation des statuts des coopératives

A- Le principe de l'harmonisation

La mise en harmonie procède de l'article 398 des actes uniformes qui disposent :<<les unions
des sociétés coopératives, les fédérations et les confédérations constituent antérieurement à
l'entrée en vigueur d'acte uniforme sauf disposition sont tenues de mettre leur statut en
harmonie audits actes uniformes.>>

B- La procédure de l'harmonisation

Elle comprend six (06)étapes :

- Première étape : Rédiger les statuts ou les mettre en harmonie avec les dispositions de l'acte
uniforme.

- Deuxième étape : Tenir une assemblée générale.

- Troisième étape: Retirer le dossier au Greffe

- Quatrième étape : Publier l'avis d'immatriculation

- Cinquième étape : Faire enregistrer les statuts au centre des impôts.

- Sixième étape : Déposer à la DOPA (Direction des Organisations des Productions Agricoles)
une copie de la justification au journal d'annonces légale.

Paragraphe 4: Les compétences foncières des coopératives

A- Les compétences foncières de lacoopérative selon la loi foncière de 1998

L'article 9 de la loi de 1998 indique :<< les certificats fonciers collectifs sont établis au nom
d'entités publiques ou privées, dotées de la personnalité morale ou de groupements informels
ayant droit dument identifiés. >>. Les coopératives peuvent donc obtenir des certificats fonciers
et céder leurs terres sur la base de ce certificat foncier au terme d'un bail de longue durée ou
de contrat de courte durée. C'est ce que précise l'article 17 en ces termes : << le certificat
foncier peut être cédé en tout ou partie par acte authentifié par l'autorité administrative à un
tiers ou lorsqu'il est collectif à un membre de la collectivité ou du groupement dans les limites
de l'article 1 ci dessus>>.

B- Les compétences foncières des coopératives selon le traité de l'OHADA

Puisqu'il s'agit ici des sociétés, il faut étudier des compétences foncières à deux niveaux

1- Les compétences foncières résultant de l 'objet de la société

Une société coopérative peut indiquer dans son objet social que son domaine d'activité, c' est
par exemple l'habitat rural ou l'aménagement foncier rural, les plantations clées en main. La
compétence foncière d'une telle coopérative est opérative.

2- Compétence foncière découlant de la liberté d'action reconnue en général à toute société

Lorsque une société est constituée quelque soit l'objet à la fin de la partie réservée à l'objet de
la société il est indiqué la phrase générique suivante<<et généralement toutes les compétences
foncières et immobilière rentrant dans les compétences de la société >>.

Session 2: L'accès à la terre des personnes physiques

L'accès à la terre des personnes physiques peut être exposé selon la condition de la nationalité
et selon les droits que la personne peut obtenir.

Paragraphe 1: La condition de la nationalité

A- La situation du non ivoirien

Il faut se situer à deux périodes selon la situation qui prévalait sous l'empire de l'ancien Article
26 de la loi 1998 et après la situation de l'étranger après la modification de l'article intervenu
en 2004.

a-la situation du nom ivoirien sous l'empire de l'ancien article 26 de la loi.


En principe, le non ivoirien ne peut être propriétaire en côte d'ivoire d'une terre rural si celle ci
est occupé de manière paisible par un autochtone peut accéder à la terre c'est à dire d'exercer
des droits qui ne sont pas définitifs mais seulement provisoires. Dans ce cas le non ivoirien
quand il décède et meurt,la terre tombe dans le patrimoine de l'ETAT. DANS ce cas de décès, au
bout de Trois ans la terre doit être cédé à un ivoirien. Si le non ivoirien n'a pu cédée sa terre
mise en location et s'il décède, l'Etat se substitue à lui pour percevoir les moyens.

Si ses enfants ont acquis la nationalité ivoirienne, ils peuvent recueillir la terre par succession.

S'ils ne sont pas devenus ivoiriens, L'état se substitue à eux pour mettre la terre en bail au profit
des héritiers non devenus ivoiriens.

b-la situation du non ivoirien à partir de 2004

L'ancien article 26 de la loi de 98 à été révisée par une loi du 09 juillet 2004. C'est la loi n°2004-4
12 du 14 août 2004 portant amendement de l'article 26 de la loi foncière de 1998. Cet
amendement peut être analysé sur le plan de la forme et sur le plan de fond.

-Sur le plan de la forme

Il est dit que les personnes morales peuvent céder librement leurs droits de propriété acquis
antérieurement à la présence des lois. Il faut comprendre le terme de personne morale de
façon extensive, incluant les sociétés proprement dites mais encore les associations, les ONG et
les coopératives.

-Sur le plan du fond

Si le cessionnaire ne rempli pas les condition d'accès à la propriété fixée par l'article premier ci-
dessous elle doit déclarer à l'autorité administrative le retour de ses terre au domaine de l'État
sous réserve de promesses de bail emphytéotique au ccessionnaire. Les droits acquis dont il
s'agit ici sont en principe des droits immatriculés qui ne souffrent d'aucune contestation. Quant
aux personnes concernées, il n'est pas nécessaire que le titulaire des droits acquis ait obtenu la
nationalité ivoirienne et il n'est pas nécessaire non plus que ses enfants soient devenus eux
mêmes ivoiriens.

B- La situation de l'ivoirien

Il faut distinguer les ivoiriens n'ayant fait aucune démarche d'accès à la terre de ceux qui
détenaient un titre provisoire de droit réel sur la terre avant la promulgation de la loi. Il faut
préciser que ces titres sont les concessions provisoires simples ou des concessions sous
réserves réserves des droits des tiers qui ne sont plus délivrées par le ministère en charge de
l'agriculture.
1- Les personnes n'ayant fait aucune démarche d'accès à la terre

Ces personnes peuvent obtenir un certificat foncier selon une démarche en quatres étapes :

a- La demande

Ces personnes peuvent prétendre à l'obtention d'un certificat foncier. Il n'y a pas de superficie
maximum exigée. La demande d'obtention de certificat foncier contient une pièce pour
immatriculation. Ce jeu de document de demande de certificat foncier est à retirer à
l'imprimerie nationale. Une fois rempli, il adressé à l'autorité compétente c'est à dire au sous
préfet en sa qualité de président du comité de gestion rurale au terme du décret n°99-593
portant Organisation et Attribution du cumulé de gestion foncière rurale en son article 2.

b- La procédure

L'autorité compétente c'est à dire le sous préfet désigne le directeur général de l'agriculture.
Celui ci nomme une commission pour inscrire le dossier. Un membre du comité de gestion
foncière rurale fait partie de la commission.

Une enquête contradiction dit enquête officielle est réalisée par le demandeur qui doit choisir
un géomètre pour faire la délimitation. En réalité, les géomètres de CI ont établi entre eux une
compétence territoriale d'exercice. Ex : le géomètre situé à Man sera compétent dans la région
de Man et de ses environs.

Quand les résultats de l'enquête sont connus, celle ci est validée par le comité de gestion
foncière rurale dans un délai de 06 mois. Il faut mentionner que le technicien de l'agriculture
chargée de dilligenter toute cette procédure est un agent assermenté.

c- La décision

Le directeur départemental de l'agriculture à qui le dossier est remi statue sur les oppositions
éventuelles. Il prépare le dossier à la signature du préfet. Celui ci signe le certificat.

d- Enregistrement et immatriculation

Le demandeur a trois ans pour faire immatriculer son certificat après que celui ci ai été timbré
et enregistré. Si le terrain fait l'objet d'un morcellement, c'est toujours à la date de la signature
du certificat foncier initial que cours le délai d'immatriculation. En cas d'inaction des intéressés,
l'administration prend l'initiative de la procédure d'immatriculation. Les intéressés disposent
d'un délai de trois mois non renouvelables pour continuer la procédure d'[Link]
tous les cas., si l'administration prend l'initiative de l'immatriculation, les frais sont payés par le
propriétaire virtuel du certificat foncier.

2- Les ivoiriens détenant une concession

La référence juridique c'est le décret 99-595 du 13 octobre 1999 fixant la procédure de


consolidation des droits des concessionnaires provisoires des terres du domaine foncier. Il s'agit
des personnes détenant une concession provisoire simple ou une concession provisoire sous
réserve des droits des terres.

a- Les ivoiriens détenant une concession provisoire simple

- La procédure

L'interressé formule une requette qui doit intervenir trois mois après que le délai qu'il avait
pour mettre son terrain en valeur soit écoulé. S'en suit une publicité par affichage à la sous
préfecture, au village, à la region, à la commune, à la chambre d'agriculture. Les contestations
éventuelles sont instruites par le sous prefet.

- L'immatriculation

Le détenteur de la concession provisoire dispose de 3 ans pour faire immatriculer sa terre. Elle
est faite au nom de l'État pour purger la terre pour tous droits des tiers. Le délai court à partir
du délai qui lui était imparti pour effectuer sa mise en valeur. La parcelle est ensuite vendue ou
louée au concessionnaire.

b- Les personnes détenant une concession provisoire sous réserve des droits des tiers

- Addresser une requette d'immatriculation au ministère chargé de l'agriculture

- Se munir du procès verbal de mise en valeur + le calque du bien foncier + le dossier technique

- Recueillir l'attribution de la pleine propriété ou l'octroi du contrat de location

c- Le cas spécial des concessions

L'arrêté de concession définitif est un acte administratif octroyé à une personne qui avait
auparavant une concession provisoire simple ou une concession sous réserve des droits des
tiers. Après la mise en valeur prescrite par l'administration, le délai était octroyé définitivement
au titulaire de la concession provisoire.

L'arrêté de concession provisoire donne des droits définitifs à son titulaire, celui qui avait
obtenu un tel acte avant l'intervention de la loi. Celui ci détient des droits definitifs sur la terre
et cette dernière entre définitivement son patrimoine privé et aucune autre personne même
l'État n'a plus le droit sur une telle terre à moins qu'elle ne fasse l'objet d'une expropriation
pour cause d'utilité publique.

Paragraphe 2: Les actes de droit réel délivrés actuellement par le ministère en charge de
l'agriculture

Ce sont :

- Les locations d' occupation précaire du sol rural

- Les baux emphytéotiques

- Les certificats fonciers

- Les titres fonciers

Chapitre 3: L'EXIGENCE DE L'INTERVENTION NOTARIALE EN MATIÈRE D'ACTES PORTANT SUR LE


FONCIER ET L'IMMOBILIER

Pour tout acte portant sur le foncier, l'intervention du notaire est obligatoire. Les notaires ont
ainsi un monopôle ( instrumentaire) en matière de transaction foncière et immobilière. Le
principe de ce monopôle a été posé par un décret du 16 avril 1964. Il a été répété sous des
formes variantes en 1970 et 1971. Ce principe est assorti de sanctions.

Session 1: Le contenu du monopôle notarial en matière de transaction foncière

Paragraphe 1 : Le principe de l'intervention notariale en matière de transaction foncière et


immobilière

Le principe général est ainsi posé : Tous faits juridiques ou sentences ayant pour objet de
constituer, de transmettre, de déclarer, de modifier ou d'éteindre un droit réel immobilier ou
d'en changer les titulaires ou de modifier les conditions d'existence, tout transfert d'impense,
les baux d'une durée supérieure à trois ans ainsi que tous les baux renouvelables par tacite
recondition, tout acte établissant la liquidation des sociétés immobilières doivent être passés
par devant notaire en vue de leur enregistrement.

b- Le principe du monopôle en droit foncier rural

En plus de tous les actes énumérés ci dessus, le droit foncier rural ivoirien, en précisant dans
l'article 5 de la loi de 1998, les modes civilistes d'ailleurs généralement admis précisent un peu
cette formule de la manière suivante: << La propriété d'une terre du domaine foncier rural se
transmet par achat sucessif, donation, donation entre vifs ou testamentaires ou par l'effet
d'une obligation >>.

Paragraphe 2 : Les raisons d'être et les limites du principe

Il a été constaté que toutes les transactions foncières et immobilières faites par acte sous
signature privée ont été conduit à de nombreux litiges. Le législateur a décidé d'interdire de tels
actes et de confier leur rédaction à des notaires ou à des greffiers notaires. Ce monopôle
s'impose à tous même aux avocats. Ainsi les agents d'affaires ne peuvent établir des actes de
vente d'immeubles même à titre de projet. Mais si le bail ne dépasse pas 3 ans et s'il ne peut
être reconduit, par tacite reconduction, il peut être établi sous forme simplifiée par des
particuliers sous condition de leur légalisation par le maire.

Cependant, ce monopôle ne s'impose pas à l'administration. Si l' Administration vend un


immeuble à un particulier, elle n'a pas besoin de passer par un notaire.

Cependant, elle passera par un notaire si des dispositions particulières l'y oblige.

Session 2: Les conséquences du monopôle notarial en matière d'acte portant sur le foncier

D'une part des sanctions sont prévues lorsque ce monopôle n'est pas respecté et d'autre part
ces sanctions concernent certaines personnes.

Paragraphe 1 : Les sanctions de l'inobservation du monopôle notarial en matière d'acte portant


sur l'immobilier et le foncier
1- Les sanctions administratives

Le décret n° 64- 164 du 16 avril 1964 qui a institué le monopôle notarial porte interdiction de
publication publication au registre foncier des actes sous seing privé relatif aux cessions ou aux
acquisitions de biens immobiliers réalisés au mépris de l'intervention notariale. Il ne déclare
pas nuls ces actes mais exige seulement pour, les publier au livre foncier, la forme authentique.
Il y'avait donc possibilité d'authentifier ces actes par leur dépôt au rang des minutes d'un
notaire avec reconnaissance d'écriture et de signature.

En conclusion, il s'agit d'une sanction administrative.

2- La sanction juridique

La loi de finance de 1970, l'annexe fiscale art 9 sanctionne de nullité absolue de tels actes qui
ne peuvent plus être désormais régularisés. Il s'agit d'une sanction civile.

3- La sanction pénale

À ces deux sanctions administratives et civiles est venue s'ajouter à la charge du contrevenant
une sanction pénale consistant en une amende allant de 2000f à 72000f et une peine
d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 2 mois.

Paragraphe 2 : Les personnes concernées

La sanction frappe aussi bien le rédacteur de l'acte que son utilisateur. La sanction frappe aussi
le notaire qui n'a pas publié l'acte dans les trous mois de sa rédaction. Afin d'avoir plus de
certitudes pour percevoir les sanctions fiscales liées à cette inobservation du monopôle
notarial, il a été institué en cas de non paiement une solidarité entre le notaire instrumentaire
et le bénéficiaire de l'acte par le livre portant procédure fiscale.

Chapitre 4 : LES OBLIGATIONS D'UN PROPRIÉTAIRE DE DROIT FONCIER SUR LE DOMAINE


FONCIER EN CÔTE D'IVOIRE

Ces obligations sont au nombre de quatres:

- L'obligation de la mise en valeur

- L'obligation au respect de l'environnement

- L'obligation au paiement d'un impôt foncier


- L'obligation au paiement d'un loyer en cas de location d'une terre rurale.

Avant d'aborder les quatres obligations, il faut mentionner qu'une obligation générale pèse sur
tous propriétaires de droit foncier ou immobilier. C'est l'obligation de bornage. Cette obligation
que nous appellons en CI obligation de bornage contradictoire s'impose à tous propriétaires de
par celles contiguës ( article 1646 du code civil)

Session 1 : L'obligation de mise en valeur

Pour tout prétendant à une propriété foncière, il est prevu l'article 18 de la loi foncière de
1998,une obligation de mise en valeur qu'il faudra définir avant d'exposer les sanctions de
l'absence de mise en valeur.

Paragraphe 1 : Définition et contenu de la mise en valeur

D'après l'article 18, la mise en valeur d'une terre du domaine foncier rural résulte de la
réalisation soit d'une opération de développement agricole soit de toute opération réalisée en
préservant et conformément à la législation et à la réglementation en vigueur (article 18 alinéa
1). En ce qui concerne le contenu de la mise en valeur, l'article 18 alinéa 2 indique : << Les
opérations de développement agricole concernent notamment et sans que cette liste soit
limitative

- Les cultures

- l'élevage des animaux domestiques ou sauvages

- le maintien

- l'enrichissement ou la constitution de la forêt

- l'aquaculture

- les infrastructures à vocation agricole

- les jardins botaniques et zoologiques

- les établissements de stockage, de transformation et de commercialisation de produits


agricoles >>. On remarque que les éléments de mise en valeur sont très nombreux. Il faut
remarquer que dans ces éléments énumérés, l'investissement agricole constitue de façon
générale une mise en valeur. En effet, auparavant, seule la mise en valeur d'une plantation de
culture pérenne (culture vivrière) constituait exclusivement des éléments de mise en valeur.

Paragraphe 2: Les sanctions de l'absence de mise en valeur

Ces sanctions sont prévues par l'article 19 de la loi foncière qui précise: <<L'autorité
administrative, pour faciliter la réalisation de programmes de développement ou d'intérêt
général peut, nonobstant le droit de propriété des collectivités et des personnes physiques
interdire certaines activités constituant des nuisances audits programmes et à l'environnement
>>. Cela veut dire qu'un propriétaire ayant, même un titre foncier sur un espace rural bien
délimité, s'il ne respecte pas l'environnement peut voir ses capacités d'actions réduites sur
certaines portions de sa parcelle. Nous avons ainsi une exception environnementale. D'autres
exemples peuvent être pris dans le cadre de cet article 19. Cette obligation de mise en valeur
est indiquée dans un cahier de charge annexé au contrat qui vous donne des droits sur la terre
a celui qui en a fait la demande. Même si on n'est pas entièrement propriétaire mais seulement
locataire ( location simple ou bail emphytéotique), on est assujetti à cette obligation de mise en
valeur.

Section 2 : L'obligation au respect de l'environnement

L'environnement est protégé sur le plan juridique et professionnel.

Paragraphe 1: La protection juridique de l'environnement

La base juridique esr l'article 328 du Code Pénal qui protège l'environnement contre les
souillures de la manière suivante : << Toute souillure contre la population effectuée par tous
produits ou élément naturel est sanctionnée par des peines d'amende et d'emprisonnement
>>. Dans la loi du 23 décembre 1998 relative au domaine foncier rural, la protection de
l'environnement est prévue par l'article 19 de la loi de celle prévue ; elle indique : << l'autorité
administrative pour faciliter la réalisation de programmes de développement peut, nonobstant
le droit de propriété des collectivités et des personnes physiques interdire certaines activités
constituant des nuisances audit programmes où à l'environnement >>.
Paragraphe 2: La protection institutionnelle de l'environnement

L'environnement est protégé dans les constitutions et dans des organes spécialisés.

A- La protection de l'environnement dans les constitutions

La constitution du 1er Août 2010, 4 articles au moins font référence expressément à


l'environnement pour l'envisager comme un droit reconnu à tous (article 19). Elle fait de sa
protection un devoir pour la communauté et pour chaque personne morale et physique parmis
les matières dont la loi détermine les principes fondamentaux (article 71), enfin le présenter
comme pouvant être l'objet d'accords ou d'associations avec d'autres États dans le cadre de la
coopération ( article 122 et 123 combiné).

Dans la première constitution ivoirienne de 1960,nous avons aucune trace de protection de


l'environnement mais en 1998, l'article 41 de la constitution de 1960 aujourd'hui abrogée a
procédé à une révision constitutionnelle et avait inséré dans l'article 41, le principe de
protection de l'environnement.

B- L'écriture de protection de l'environnement en dehors de la constitution

Le contrôle de l'impact environnemental dans le cadre du décret n°- 96- 894 de Novembre
1996 déterminant les règles et les procédures relatives à l'impact environnemental des projets
de développement. Il est exigé, une étude environnementale de tous projets. L'agence
nationale de l'environnement ( ANED) est un établissement privé à caractère administratif créé
par décret du 09 juillet 1996 joue aussi dans la protection institutionnelle de l'environnement.

Dans la même logique, le CIAPO ( Centre Ivoirien Anti Pollution) analyse le système de pollution
du système des eaux. Ce centre a mis en place un plan d'urgence de lutte contre la pollution.

Section 3: L'obligation au paiement d'un impôt foncier

L'article 24 de la loi foncière de 98 institue un impôt foncier rural ce qui est une innovation. En
effet, le domaine foncier rural ne faisait pas l'objet, même les intrants agricoles importés pour
améliorer la production agricole, étaient exonérés d'impôts, un immeuble construit ou non de
nature rurale ou du domaine rural n'était pas, en principe de nature imposable de l'interdiction
de l'impôt de capitation de toute l'Afrique noire coloniale ayant combattue et qui a fait la
renommée du pr Houphouët Boigny dans la suppression, lorsqu'a son instigation, l'impôt de
capitation fut supprimée par une loi qui porte son nom.

Cet impôt pèse aussi bien sur les particuliers et propriétaires. Son assiette est extrêmement
large. Le non paiement entraîne des poursuites judiciaires. Le non paiement entraîne des
poursuites judiciaires. L'Etat, pour retrouver cet impôt a un privilège qui prive même les
créanciers hypothéquaires. À ce jour, il semble que cet impôt ne soit pas effectif.

Section 4 : L'obligation au paiement de loyer en cas de location d'une terre rurale

La location précaire est accordée à un particulier qui sollicite. Cette location est accordée sous
condition de mise en valeur. C'est le cas de l'agriculture qui établis ce contrat avec le particulier
moyennant le verbe sèment d'une location appelé loyer prévue par l'article 23 de la loi foncière
de 1998. Les conséquences du non paiement des loyers sont les mêmes que les conséquences
du non paiement de l'impôt. Elles sont prévues par l'article 26 : poursuites judiciaires, droit sur
les impenses réalisées par le locataire. L'État, étant un creancier privilégié, il prime même les
créanciers hypothéquaires. La loi n° 97- 750 du 23 décembre 1998 a été :

- Votée le 18 Octobre 1998;

- Promulguée le 23 décembre 1998;

- Publiée le 14 Janvier 1999.

La loi a fait l'objet de 3 décrets d'application en 1999 et de plusieurs arrêtés.

En ce qui concerne la délimitation des terrains villageois, un décret de 2013 a été pris. Sur ce
point précis de délimitation de terroirs villageois, une loi de 2016 portant création de l'Agence
Foncière Rurale ( AFOR) est actuellement entrain d'être mis en œuvre.

CHAPITRE 5: LA SITUATION SPÉCIALE DU VILLAGE

Très souvent, les villageois ne peuvent pas défendre leurs droits fonciers en justice car ils
étaient considérés comme des entités sociologiques n'ayant pas la capacité juridique. Les
villages peuvent avoir des droits fonciers et les défendre contre toute personne qui
s'accaparaient de leurs terres sans titres, ni droits.

Le village, sans avoir besoin d'avoir la personnalité morale peut être détenteur de droit foncier
avec des prérogatives qui le mettent en position de réclamer des compensations si les droits
fonciers sont accaparés à quiconque sans titre.
Paragraphe 1 : Les conditions d'exercice des droits fonciers par un village

Il existe 2 conditions non cummulatives selon la loi. Aussi, une seule condition suffit elle à
justifier l'exercice de droit foncier dans le village. Cela signifie qu'une seule condition suffit à
justifier l'existence du droit foncier par le village.

A- L'occupation paisible

La loi de 1998 sur le domaine foncier rural a reconduit la notion d'occupation paisible qui était
une notion à la fois coutumière et juridique dans son article 3. Le droit reconnaît ainsi
l'existence de prérogatives foncières, coutumières sur le sol à un village en dehors de tout acte
pris par l' Administration pour fonder l'existence de ce droit. La loi fait référence, d'ailleurs à
l'exercice de droit sur le sol selon les formes coutumières( exercice de droit foncier conforme
aux traditions).

B- La reconnaissance juridique de l'occupation

Le village peut obtenir un certificat foncier qui sera inscrit en son nom. Ce certificat certificat
peut être authentifié selon les formes administratives à la suite de constations officielles
( décret n° 99- 594 du 13 octobre 1999). Après la constations et l'obtention du certificat foncier,
la réserve foncière villageoise peut être immatriculée au nom de la communauté. Le certificat
foncier obtenu peut être collectif. Il devra ensuite être morcelé au nom des différentes familles.

Paragraphe 2 : La conséquence de l'exercice des droits fonciers par le village

A- Les prérogatives de gestion foncière

Le village exerce son pouvoir de gestion de son patrimoine foncier par un comité de gestion
foncière rurale et en principe, selon la loi, tous les villages doivent être dotés à terme, d'un
comité de gestion foncière rurale mais dans les localités où le comité de gestion foncière rurale
n'existe pas, le village gère le domaine foncier rural où le chef du village ou toute autre autorité
en tenait lieu.

B- Le droit aux compensations

1- Le principe du droit aux compensations foncières des villages


Si des cultures sont détruites par l' État pour l'exécution des travaux d'intérêt général ou bien
par des particuliers quelle qu'en soit la raison, le détenteur coutumier des droits sur le sol ou
même le village tout entier pourra toujours prétendre à une compensation.

Le même principe est valable même si la terre ne porte pas de cultures. Par exemple, une
jachère ou une réserve foncière villageoise quelconque pourra faire l'objet d'indemnisation, si
elle détruite par quiconque sans droits. Ce droit à compensation ou à indemnisation a été fixé
par le décret n°96- 884 du 25 octobre 1996 règlementant la purge des droits coutumiers. Ce
texte a été reformulé respectivement en 2013 et 2014 par 2 décrets portant sur le même objet
et abrogeant le texte de 1996. Sur la base de ses textes, il sera procédé à l'indemnisation des
cultures, selon le droit commun (art 1382 du code civil) ou par exécution des travaux d'utilité
publique ou l'exécution de mesures pytho sanitaires de compensation.

Lorsque ces textes n'avaient pas été édictés, les compensations et indemnisations étaient faites
sur la base du décret n° 95-817 du 29 nov 1995 et des barèmes particuliers étaient institués
pour que cette indemnisation de culture sz fasse dans les meilleurs conditions. Ainsi un arrêté
interministériel de 1996 portant barème d'indemnisation des cultures, reste toujours valable
dans ce domaine

2- L'application de l'indemnisation

De façon générale, l'application de l'indemnisation se fait selon le procédé de la purge des


droits coutumiers. Cette purge se fait selon une procédure que nous allons étudier :

- La définition de la purge des droits coutumiers

Elle est l'extinction des droits des détenteurs coutumiers sur le sol, moyennant compensation
ou indemnisation

- La procédure

 L'espace foncier devant faire l'objet de purge est circonscrit par un arrêté du ministre en
charge de la construction et de l'urbanisme.
 Une fois cet arrêté pris, un géométre lève de façon précise l'espace devant faire l'objet
de purge.
 S'en suivent des négociations entre l'Etat et les détenteurs tirés du sol.
 Un autre protocole d'accord est signé dans lequel les points d'accord et désaccord sont
consignées.
 L'Etat verse au détenteur de sol coutumier, les indemnités et les compensations. Elles
peuvent être en nature ou en numéraire.
 Un procès verbal va clore cette procédure. La valeur juridique de ce procès est un acte
authentique entre l'Etat et un particulier.

Ex de purge: Entre le ministère de la construction et le village de yopougon Kouté, il y'a eu un


procès concernant la purge des Droits coutumiers. En voici les termes : pour 1 ha de terre pris
par l'Etat, il était versé au détenteur du sol coutumier ou de la plantation, 300. 000 FCFA+ 2 lots
de terrains urbains viabilisés de 600m2.

Paragraphe 3 : L'immatriculation fonciere et le droit coutumier

L'immatriculation foncière peut avoir peut avoir des effets sur le droit foncier coutumier
originaire. C'est l'hypothèse où le droit foncier n'a pas fait l'objet d'une constatation et d'une
formalisation. Si l'immatriculation foncière intervient sur de tels espaces, on dit que
l'immatriculation produit un effet définitif c'est à dire, la terre qui entre par ce procédé dans la
sphère du droit moderne ne peut plus retourner sous le régime du droit coutumier.

Aucun chef coutumier ne peut prétendre y relever une quelconque redevance.

Du point de vue de la succession, c'est le droit civil moderne qui est appliqué, c'est à dire, elle
suivra la dévolution successorale en ligne directe Sur une telle terre, ce sont les héritiers en
ligne directe qui et celle en ligne collatérale ne s'appliquera plus selon la dévolution lignagere.

La terre régie par le Droit coutumier qui a fait l'objet d'une immatriculation peut être vendue.
Elle n'est plus inaliénable.

2- L'effet d'immatriculation foncière ur le droit foncier coutumier ayant fait l'objet de


constatation et de formulation ou en vue de l'être

La base juridique ici, c'est l'article 31 du décret n°99-594 du 13 octobre 1999 qui indique:<<Tout
certificat foncier établi en infraction aux dispositions du second degré est nul de plein droit. Ses
auteurs sont passibles de sanctions administratives et judiciaires prévues par les textes en
vigueur>>.

Nb : la compo portera sur tout le titre 4.

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