Raisonnement par récurrence et sommes
Raisonnement par récurrence et sommes
Chapitre 1 : Révisions
I Raisonnement par récurrence
Pour rédiger un raisonnement par récurrence, il y a trois étapes :
• Définition de la propriété que l’on veut démontrer,
• Initialisation : il faut montrer que la propriété est vraie au(x) premier(s) rang(s),
• Hérédité : on suppose la propriété vraie à un rang quelconque et on montre qu’elle est alors vraie au
rang suivant.
1
Exemple I.1 : Soit (un )n∈N la suite définie par u0 = 2 et : ∀ n ∈ N, un+1 = un + 2.
2
1
Montrer que pour tout entier naturel n, un = 4 − .
2n−1
Solution.
1
Pour n ∈ N, on pose H(n) : « un = 4 − .»
2n−1
1
Initialisation : On a : u0 = 2 et 4 − = 4 − 2 = 2 = u0 . Donc H(0) est vraie.
20−1
Hérédité : Soit n ∈ N. On suppose H(n) vraie.
1 1 1 1 1
Alors : un+1 = un + 2 = 4 − n−1 + 2 = 2 − n + 2 = 4 − n . Donc H(n + 1) est vraie.
2 2 2 2 2
D’après le principe de récurrence, pour tout entier naturel n, H(n) est vraie.
Exemple I.2 : Montrer par récurrence que pour tout entier naturel n > 6, 2n > 6n + 7.
Exemple I.3 : Montrer que pour tout entier naturel n, un = 22n + 2 est un entier divisible par 3.
Exemple I.4 : Soit (un )n∈N , la suite définie par u0 = u1 = −1 et : ∀ n ∈ N, un+2 = 5un+1 − 6un .
Montrer par récurrence que pour tout entier naturel n, un = 3n − 2n+1 .
II Sommes
• Sommes télescopiques :
Il s’agit de faire un ou plusieurs changement(s) d’indice(s) pour simplifier une combinaison linéaire de sommes.
Les seuls changements d’indices autorisés sont ceux de la forme i = j + c avec c une constante entière.
n n
X 1 X 1
Exemple II.1 : Simplifier S = − .
k k+2
k=1 k=0
Solution.
On fait un changement d’indice dans la deuxième somme pour avoir la même expression dans les deux
sommes : on pose i = k + 2 ⇐⇒ k = i − 2.
Alors : k = 0 ⇐⇒ i = 2 et k = n ⇐⇒ i = n + 2.
n n+2 n n+2
X 1 X 1 X 1 X 1
D’où : S = − = − .
k i k k
k=1 i=2 k=1 k=2
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Pour simplifier l’expression, on garde la partie commune dans les indices (ici [[2 , n]]) et on isole les autres
valeurs.
···
21 3 4 n−1 n n+1n+2
n
" # " n #
1 X 1 X 1 1 1 1 1
On obtient : S = + − + + =1− − .
1 k k n+1 n+2 n+1 n+2
k=2 k=2
n
X 1
Exemple II.2 : Simplifier S = ln 1 + .
k
k=1
n
X 1
Exemple II.3 : Factoriser P (X) = X 3 + 2X 2 − X − 2 puis simplifier S = .
k3 + 2k2 −k−2
k=2
n ? ?
X 1 X 1 X 1
Exemple II.4 : Compléter les égalités suivantes : = = .
2k + 1 2j − 1 ?
k=0 j=? i=−2
n p
X 1 X 1
Exemple II.5 : Exprimer S = en fonction des Hp = .
2k + 1 j
k=0 j=1
n n
X n(n + 1) X n(n + 1)(2n + 1)
• Deux sommes usuelles : Sn = k= et Tn = k2 = .
2 6
k=1 k=1
Exemple II.6 : Démontrer (au moins) une des deux relations précédentes par récurrence.
Exemple II.7 : Adapter la méthode précédente pour calculer la valeur de Tn connaissant celle de Sn .
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• Suite géométrique :
n + 1, si q = 1
n
X
k
Soient q ∈ C et n ∈ N. On a : q = n+1
1−q , si q 6= 1
k=0 1−q
Il ne faut jamais oublier le cas particulier q = 1 lors des exercices.
n
X
Exemple II.8 : Calculer S = q k avec q ∈ C et n > 3.
k=3
n
X
Exemple II.9 : Calculer S = kq k avec q ∈ C et n ∈ N.
k=0
• Identités remarquables :
Proposition II.10 :
Soient (a, b) ∈ C2 et n ∈ N.
n−1
X n−1
X
n n k n−1−k
On a : a − b = (a − b) a b = (a − b) an−1−k bk .
k=0 k=0
Remarque II.11 :
Souvent on l’utilise avec n = 3 : a3 − b3 = (a − b)(a2 + ab + b2 ).
• Coefficients binomiaux :
Définition II.14 :
(1) Pour n ∈ N, on définit factorielle n par : 0! = 1 et (n + 1)! = (n + 1) × n!
Ainsi : ∀ n ∈ N∗ , n! = n × (n − 1) × · · · × 2 × 1.
n!
, si p 6 n
2 n
(2) Soit (n, p) ∈ N . On pose : = p!(n − p)!
p
0, si p > n
n
Le coefficient binomial représente le nombre de parties à p éléments d’un ensemble à n éléments.
p
HH p
HH 0 1 2 3 4 5 ···
n HH
0 1 0 0 0 0 0
1 1 1 0 0 0 0
2 1 2 1 0 0 0
3 1 3 3 1 0 0
4 1 4 6 4 1 0
5 1 5 10 10 5 1
.. .. ..
. . .
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Démonstration.
Preuve calculatoire :
• Premier cas : p > n.
n n n+1
Alors : = = = 0. Donc l’égalité est vraie.
p+1 p p+1
• Deuxième cas : p = n.
n n n+1
Alors : = 0, = = 1. Donc l’égalité est vraie.
p+1 p p+1
• Troisième cas : p < n.
n n n! n! n!(n − p + p + 1) n+1
Alors : + = + = = .
p+1 p (p + 1)!(n − p − 1)! p!(n − p)! (p + 1)!(n − p)! p+1
Preuve combinatoire :
Soient E un ensemble fini de cardinal n + 1 et a un élément de E.
n+1
On note P1 l’ensemble des parties de E à p + 1 éléments. Alors P1 est fini et Card(P1 ) = .
p+1
On note P2 l’ensemble des parties de E2 = E\{a} à p + 1 éléments.
n
Alors Card(E2 ) = Card(E) − 1 = n et Card(P2 ) = .
p+1
On note P3 l’ensemble des parties de E contenant a et possédant p + 1 éléments.
On a alors : P1 = P2 ∪ P3 . Comme cette union est disjointe : Card(P1 ) = Card(P2 ) + Card(P3 ).
n
On note P4 l’ensemble des parties de E2 \{a} à p éléments. Alors Card(P4 ) = .
p
Comme P3 = {e ∪ {a} ; e ∈ P4 }, Card(P3 ) = Card(P4 ) et on retrouve le résultat.
a
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f (x)
f (x) = o (g(x)) ⇐⇒ lim = 0.
x→x0 x→x0 g(x)
f (x)
f (x) ∼ g(x) ⇐⇒ lim = 1.
x→x0 x→x0 g(x)
Remarque III.2 :
• Rechercher un équivalent d’une fonction f revient à garder uniquement le terme prépondérant, autrement
dit à supprimer les termes négligeables.
En effet : f (x) ∼ g(x) ⇐⇒ f (x) = g(x) + o(g(x)).
x→x0 x→x0
• D’après la définition, f (x) = o(1) signifie : lim f (x) = 0.
x→x0 x→x0
x2 + x
2 2 1 1
Exemple III.3 : On a : x + x = x 1+ . Ainsi : = 1 + −−−−→ 1. Donc x2 + x ∼ x2 .
x x2 x x→+∞ x→+∞
Proposition III.4 :
(1) L’équivalent d’un polynôme en 0 est son terme de plus bas degré.
(2) L’équivalent d’un polynôme en ±∞ est son terme de plus haut degré.
f (x) α(x)
(3) Si f (x) ∼ α(x) et g(x) ∼ β(x), alors : f (x)g(x) ∼ α(x)β(x) et ∼ .
x→0 x→0 x→0 g(x) x→0 β(x)
(4) Si lim f (x) = l ∈ R∗ , alors f (x) ∼ l.
x→0 x→0
(5) Si lim f (x) = ±∞ et lim g(x) = l ∈ R, alors : f (x) + g(x) ∼ f (x).
x→x0 x→x0 x→x0
(6) On suppose que : g 6 f 6 h et g(x) ∼ h(x).
x→x0
Alors f (x) ∼ g(x) ∼ h(x).
x→x0 x→x0
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Remarque III.6 :
Lorsque l’on veut additionner ou soustraire des équivalents, il faut revenir aux développements limités.
Exemple III.7 : Trouver des fonctions telles que : f (x) ∼ g(x) et a(x) ∼ b(x) mais (f + a) n’est pas
x→0 x→0
équivalente à (b + g) en 0.
x2 x2
Par contre, cos(x) = 1 − + o(x2 ) signifie : cos(x) ∼ 1 et cos(x) − 1 ∼ − .
x→0 2 x→0 x→0 2
Remarque III.8 :
Un calcul d’équivalent consiste à calculer le terme prépondérant (ou dominant). Il est donc anormal de
supprimer en cours de calcul des termes du même ordre de grandeur ou d’ordre inférieur au résultat final.
Proposition III.9 :
Si f admet un développement limité à l’ordre n en 0, alors celui-ci est unique.
Si f (x) = ap xp + ap+1 xp+1 + · · · + an xn + o(xn ) avec ap 6= 0, alors : f (x) ∼ ap xp .
x→0 x→0
Autrement dit, l’équivalent de f correspond au premier terme non nul dans le développement limité de f .
Proposition III.10 :
Soit f une fonction admettant un développement limité à l’ordre n en 0.
Alors, si f est paire, P est pair et si f est impaire, P est impair.
Remarque III.11 :
Ainsi cos(x) = 1 + 2x + o(x) est impossible car cos est une fonction paire mais pas 1 + 2x.
x→0
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x2 x4 x6 2n
ix n x
+ o(x2n ).
cos(x) = Re e = 1 − + − + · · · + (−1)
2! 4! 6! (2n)!
x→0
D’où :
x3 x5 x7 x2n+1
sin(x) = Im ei x = x − + · · · + (−1)n + o(x2n+1 ).
+ −
x→0 3! 5! 7! (2n + 1)!
ex + e−x x2 x4 x6 x2n
ch(x) = = 1 + + + + · · · + + o(x2n ).
2 2! 4! 6! (2n)!
x→0
De plus :
x −x x3 x5 x7 x2n+1
sh(x) = e − e + o(x2n+1 ).
= x+ + + + ··· +
2 3! 5! 7! (2n + 1)!
x→0
• Trois autres développements limités sont au programme :
α(α − 1) 2 α(α − 1)(α − 2) 3 α(α − 1) × · · · × (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + α x + x + x +···+ x + o(xn ).
x→0 2! 3! n!
x3 x5 x7 x2n+1
Arctan(x) = x − + − + · · · + (−1)n + o(x2n+1 ).
x→0 3 5 7 2n + 1
x3
tan(x) = x + + o(x3 ).
x→0 3
cos x
Exemple III.14 : Calculer le développement limité à l’ordre 2 en 0 de .
1−x
1
Exemple III.15 : Calculer le développement limité à l’ordre 4 en 0 de √ .
1+x
Solution.
On n’a pas une forme de référence car lim sin(x) = 0 6= 1.
x→0
On met donc en facteur le terme dominant dans sin(x).
sin(x) sin x
Comme sin(x) ∼ x, on factorise par x : ln(sin x) = ln x × = ln(x) + ln .
x→0 x x
sin x
Or : lim ln(x) = −∞ et lim ln = ln(1) = 0. D’où : ln(sin x) ∼ ln(x).
x→0+ x→0+ x x→0
Remarque III.18 :
• Lorsqu’on demande de calculer un dévelopement limité en x0 ∈ R∗ , on commence par revenir en 0 en
posant x = x0 + h ⇐⇒ h = x − x0 (ou x = x0 − h si on travaille en x−
0 pour avoir h > 0).
• Lorsqu’on est bloqué dans un calcul de développement limité, mettre en facteur la partie principale permet
souvent de retrouver les développements limités de référence.
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Remarque III.23 :
Donc si f est de classe C n au voisinage de a ∈ R, alors f admet un développement limité à l’ordre n en a
et on peut le déterminer en utilisant les dérivées de f .
Exemple III.29 : Déterminer un équivalent le plus simple possible des expressions suivantes :
2 + x − x2
(1) en 0 et +∞, (2) ln(x) en 0+ , 1 et +∞, (3) ln(Arctan(x)) en 0 et +∞,
2x − 4x3
(4) ln(2x) en 0+ et +∞, (5) ex en −∞, 0 et +∞, (6) e2x en 0 et +∞, (7) sh(x) en −∞, 0 et +∞.
ln(t)
Exemple III.30 : Déterminer un équivalent des expressions suivantes : (1) f (t) = en 1,
t−1
1 1 1 1 π π
(2) f (x) = x
+ en 0, (3) f (x) = 2
+ 2 en , (4) f (x) = ln(tan x) en 0 et en
1−x x ln(x) cos (x) ln(sin x) 2 4
1 2 1
Exemple III.31 : Déterminer un équivalent en +∞ de un = − + .
n+1 n n−1
IV Trigonométrie
• Les formules élémentaires (cos(−x), cos(π − x), ...) peuvent se retrouver facilement et rapidement à
l’aide d’un cercle trigonométrique.
• À partir de la formule d’addition cos(a + b) = cos(a) cos(b) − sin(a) sin(b) (1), on peut rapidement
obtenir toutes les autres.
On remplace b par −b et on utilise la parité : cos(a − b) = cos(a) cos(b) + sin(a) sin(b) (2).
1
On somme (1)+(2) : cos(a+b)+cos(a−b) = 2 cos(a) cos(b) ⇐⇒ cos(a) cos(b) = [cos(a + b) + cos(a − b)] (3).
2
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p+q
a=
a+b=p 2
On fait un changement de variable : ⇐⇒
a−b=q b=
p − q
2
p+q p−q
Alors : cos(p) + cos(q) = 2 cos cos (4).
2 2
• Il est bien d’avoir toujours dans un coin de la tête les formules de duplication :
cos(2a) = 2 cos2 (a) − 1 = 1 − 2 sin2 (a) ⇐⇒ 1 + cos(2a) = 2 cos2 (a) et 1 − cos(2a) = 2 sin2 (a).
• On a : cos(θ + nπ) = (−1)n cos θ et sin(θ + nπ) = (−1)n sin θ. En particulier : cos(nπ) = (−1)n .
• Pour mettre une expression a cos x + b sin x sous la forme d’un seul cosinus ou d’un seul sinus, on
p
factorise par a2 + b2 .
√
Exemple IV.1 : Résoudre l’équation : cos(x) − 3 sin(x) = −1 (1).
Solution.
√ q √
Avec les notations ci-dessus, on a : a = 1 et b = − 3. On va donc factoriser par 12 + (− 3)2 = 2.
√
1 3 1 π π 2π
Ainsi : (1) ⇐⇒ cos(x) − sin(x) = − ⇐⇒ cos(x) cos − sin(x) sin = cos .
2 2 2 3 3 3
π 2π π 2π π 2π
D’où : (1) ⇐⇒ cos x + = cos ⇐⇒ x + = + 2kπ ou x + = − + 2kπ avec k ∈ Z.
3 3 3 3 3 3
π
Ainsi : (1) ⇐⇒ x = + 2kπ ou x = −π + 2kπ avec k ∈ Z.
3
√ √
Exemple IV.2 : Résoudre l’équation : 3 cos(2x) + sin(2x) = − 3 (1).
• Pour tout (a, b) ∈ R2 tel que a2 + b2 = 1, il existe θ ∈ R tel que a = cos θ et b = sin θ.
Remarque : l’angle θ n’est pas unique.
Exemple IV.5 :
Retrouver les formules cos(a + b) et sin(a + b).
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Exemple IV.6 :
Retrouver les formules cos(p) + cos(q) et sin(p) + sin(q).
Exemple IV.9 : Linéariser cos2 (x), c’est-à-dire exprimer cos2 (x) en fonction de termes de la forme α,
cos(βx) et sin(γx) avec (α, β, γ) ∈ R3 .
Solution.
On utilise la formule d’Euler puis le binôme de Newton et, pour finir, la formule d’Euler.
ix 2
2 e + e− i x ei 2x +2 ei x e− i x + e−2 i x 2 cos(2x) + 2 1 1
On a : cos (x) = = = = + cos(2x).
2 4 4 2 2
Solution.
Cette fois, on utilise la formule de Moivre puis le binôme de Newton.
10