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Comprendre La Tentation

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COMPRENDRE

LA
TENTATION
ET
COMMENT
LA COMBATTRE

Par Jocelyn Girard

« Il n'y a pas de marque plus infaillible d'avoir vaincu les démons que d'en être vivement attaqué. » (S. Jean
Climaque, 7e siècle)

Édition 2016

Tout droit réservé


TABLE DES MATIÈRES

Préface

Introduction

-I- LA TENTATION ET L'INTENTION DE DIEU

-II- L'ÉPURATION DU CŒUR


-La confession

-III- LA TRISTESSE, LA JOIE ET LA FOI

-IV- LA DÉFIANCE DE SOI-MÊME


-Fuir les occasions
-Faites mourir vos péchés
-Développer des habitudes saintes

-V- LA PORTE ÉTROITE

Conclusion
PRÉFACE

En 40 ans de vie chrétienne j'ai été soumis à toutes les tentations. Ce petit recueil est donc le fruit de
beaucoup d'expériences personnelles dans le domaines.

J'ai voulu enrichir mon texte de nombreuses citations tirées de l'expérience et de la sagesse des anciens dans
le domaine. Elles m'ont été d'une aide considérable et le seront pour vous.

Parcourez ces lignes avec espérance. Si Christ habite en vous, il est impossible que Christ ne ressuscite pas
en vous. Amen
INTRODUCTION

Ne nous faisons pas d'illusion : «La vie de l’homme est une milice.» (Job, 7:1)

Nous aurions tort de croire que nous pouvons vivre en paix ici-bas : nous sommes dans un temps de
guerre et nous étonner des tentations serait comme si un soldat s'étonnait d'entendre des coups de feu et
qu'il voulût pour cela quitter la guerre...

Le péché est une fuite coupable et beaucoup d'hommes et de femmes sur cette terre sont épicuriens sans
le savoir.1 N'échangeons pas notre joie pour des plaisirs. La joie qu'engendre une conduite sainte est
infiniment plus satisfaisante que les amères plaisirs d’une conduite déréglée. « Oh! qu’elle est étroite,
sur la fin, cette voie qui paraissait si large! » (Jean-Nicolas Grou)2 Telle est la voie de l’alcool, des drogues
et de toutes autres fuites illicites. Le péché soulage la chair à court terme mais obéir à la sainteté soulage
l’esprit pour la vie. Les pécheurs lèchent la terre; c'est-à-dire qu'ils en aiment les plaisirs, mais bientôt
leur pauvre existence est réduite à l'état d'épave.

J'étais assis sur mon balcon, je tenais un tue-mouche à la main quand une mouche s'est posée dessus. Je
me suis dis: ''mais quelle idiote; si elle savait !'' Combien de fois nous-mêmes nous sommes nous
conduits avec la même inconscience devant ce qui pouvait causer la mort de notre âme? «La mort est
placée à l'entrée même du plaisir», a écrit S. Benoît. 3 Nommez-moi un homme qui soit esclave de ses
passions et qui n’ait maudit mille fois la route où il s’est engagé! « Nos mauvaises inclinations sont des
ennemis bien plus dangereux que tous les ennemis étrangers. » (S. Ambroise)4

«Celui, dit Jésus-Christ, qui commet le péché (à répétition), devient esclave du péché.5 Loin d’être plus
libre en péchant, l'homme enchaîne donc sa liberté, et plus il s’abandonne au péché, plus il enracine son
esclavage. « L’homme est né pour la vertu, et ne peut parvenir au bonheur qu’en la pratiquant. » (Jean-
Nicolas Grou)

Mais peu importe qui vous êtes ou dans quel état vous vous trouvez maintenant.; parcourez avec
espérance ce petit ouvrage et découvrez les bienfaisantes intentions divines derrière votre situation. Dieu
possède un merveilleux plan pour chacun de nous, et nos faiblesses, loin de lui faire obstacle, peuvent
même servir à la réalisation de ce plan. « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu;
même leurs péchés. » (S. Augustin)6

Jocelyn Girard

1
Épicure était un philosophe grecque qui enseignait entre autres choses que le plaisir était le souverain bien. Il prônait la
recherche des plaisirs, même des plus grossiers, comme remèdes aux souffrances et déplaisirs de la vie.
2
Écrivain français, 1731 - 1803 A. D.
3
Benoît de Nursie, 480 - 547 A. D.
4
Évêque de Milan, 340 - 397 A. D.
5
v. Jn. 8
6
Évêque d'Hyponne, 354 - 430 A. D.
-I-

LA TENTATION
ET
L’INTENTION DE DIEU

« L'intention du démon dans la tentation


est mauvaise mais celle de Dieu est
bonne. » (S. Grégoire, 590 - 604)

Satan veut notre perte. Comme il n’y peut rien de lui-même, il doit demander à Dieu la permission de
nous tenter. Il la demande dans un mauvais dessein mais Dieu la permet dans un dessein beaucoup plus
élevé.
La terre de notre chair a été maudite aussi bien que l'autre, c'est pourquoi elle produit tant de chardons et
d'épines qui nous piquent et nous tourmentent. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles Dieu permet la
tentation, les chutes et les rechutes. « Dieu, qui voit le fond du cœur, n’abandonne guère une âme droite
et sans malice; et, s’il permet qu’elle tombe, c’est pour la rendre plus humble et plus précautionnée. »
(Jean-Nicolas Grou) La tentation est une grande école d'humilité. S’il est écrit que celui qui se croit debout
doit prendre garde de tomber,7 alors il est à craindre que celui qui n'a pas voulu s'humilier par la grâce, le
soit par le péché.

Notre ennemi utilise la tentation comme un aiguillon qui nous pousse au péché, mais si nous sommes
attentifs à la grâce nous sentirons également que Dieu se sert de cette même tentation comme un aiguillon
nous poussant plus près de Lui. Ainsi, personne ne décide de l'intensité de la tentation mais tous décident de
la direction où ils désirent être poussés par elle.

Aucun croyant ne peut se mettre totalement à l'abri de la tentation. Combien il est nécessaire de veiller et de
prier et même de jeûner quelquefois, pour marcher selon la volonté de Dieu car l'âme qui n'est pas morte en
tout est poursuivie par tout.
Dieu permet aussi qu'il nous arrive des tentations pour nous faire voir le péril continuel dans lequel nous
sommes en cette vie. Il nous oblige ainsi à rester éveillés, nous empêchant ainsi de tomber dans la
tiédeur. Un ancien a écrit : « Le Seigneur veut que nous ayons des ennemis, et que nous soyons exposés
aux attaques des tentations, afin qu'étant continuellement dans le combat, nous ne nous perdions pas par
la mollesse et la prospérité. » (Cassien)8 Cette solide vérité demeure: ceux qui veulent vraiment faire des
progrès dans la vertu seront exposés aux tentations; pour les autres, ceux qui se contentent d'une foi du
7
I Cor. 10:12
8
Jean de Cassien, 340 - 432 A. D.
dimanche, souvent ne savent pas même ce que c'est. Un auteur de l'antiquité a écrit : « Celui qui n'a pas
été tenté, que sait-il? Un homme qui a été éprouvé en beaucoup de choses fait beaucoup de réflexions
mais celui qui n'a point été éprouvé ne songe à rien. »

Être tenté n'est pas un péché. La tentation se révèle même utile en ce qu'elle nous indique où sont nos fai-
blesses. L'heure de la tentation c'est l'heure de la vérité. D'après la force de la tentation nous pouvons éva -
luer à quel point un certain péché prend encore de place dans notre cœur et cela nous permet alors de faire
les ajustements qui s'imposent...

L'occasion révèle l’âme. J’ai honte des choses par lesquelles je suis tenté. La tentation est pour moi un
miroir qui me fait voir le monstre que je peux devenir si je lui cède. Elle deviendra mon maître, la chose dont
je ne renonce pas jusqu'au fond du cœur. Il me rattrapera, le vice qui a laissé en moi quelque chose en
partant.

L'apôtre Paul a écrit : « Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, il m'a été mis une écharde dans la
chair.»9 Une vieille traduction de ce texte a rendu l'expression écharde dans la chair par : « l'aiguillon de la
chair.» Comme un aiguillon n'est pas fait pour tuer mais pour exciter à marcher plus vite et plus droit, ainsi
en est-il de la tentation; elle nous est envoyée pour réveiller en nous la ferveur. Tomber en tentation est
comme tomber en mer durant un orage. Cette situation fait premièrement naître en nous une détresse
profonde, ensuite le sentiment de dépendance de Dieu et de sa grâce, ensuite la prière fervente, et pour finir,
elle nous amène en fin de compte, à notre rétablissement spirituel auprès de Dieu. - Quelques parfaits que
soient les serviteurs de Dieu, ils courent toujours plus légèrement dans la voie du Seigneur quand ils se
sentent pressés par l'aiguillon de la tentation.- La tentation ranime en nous la crainte de Dieu; elle nous
oblige à sortir de notre paresse et à passer à l’action en entreprenant toutes sortes de mesures et d’exercices
spirituels pour nous prévenir d'une chute. Elle peut donc concourir à notre réveil spirituel. Permettre qu'elle
soit tentée est peut-être le plus grand service que Dieu ait jamais rendu à une âme.

Gardez toujours à l'esprit durant la tentation que vous combattez en la présence de Dieu. Remercier le
Seigneur dans la tentation désarmera l’ennemi. Réjouissez-vous d'avoir été choisis pour combattre en Son
nom. Dieu changera ainsi en bien, le mal que l'Ennemi projetait vous faire. Sachant que Dieu, dans son plan
souverain, a mit un terme à la durée de toute tentation, cette connaissance vous libérera du fardeau
psychologique qui l'accompagne et vous permettra d'envisager le combat avec espérance. Celui qui aime
Jésus-Christ de plus en plus, craint les difficultés de moins en moins. Il se fraiera un chemin parmi les
tentations qui le pressent; il ira toucher le bord du vêtement de la grâce du Fils de Dieu et finira par être
affranchi du malin.

Pour ma part je considère toutes mes tentations comme une permission de Dieu qui me donne l’opportunité,
à l’exemple de son Fils, de porter ma croix et de m’associer à ses propres souffrances. Je considère que
combattre en son nom est un honneur que Dieu me fait. Cette considération m’a personnellement aidé à
vaincre beaucoup de tentations.
Dieu permet des combats contre les tentations pour nous faire aspirer davantage au ciel et augmenter en
nous la grande vertu de l’espérance. Qui comprend davantage la joie de l’espérance mieux que celui qui
souffre tentation sur la terre? Le repos sera doux à l’âme qui aura combattu courageusement le bon
combat de la sainteté.

Soyons donc attentifs à nous maintenir toujours en état de grâce devant Dieu et à lui demander sans
cesse la persévérance; car sans la prière, et une prière continuelle, nous n’obtiendrons pas ce précieux
don. Gardez aussi à l'esprit que si ce monde vous tente par des choses temporaires, Dieu vous satisfera de
choses éternelles.
9
II Cor. 12:7
« Comme l'agitation de la mer fait qu'elle rejette tout d'un coup sur le rivage toutes les immondices qu'elle
avait accumulées peu à peu durant le calme, aussi les tentations sert à purifier notre âme de toutes les
imperfections qu'elle a contractées pendant une paix profonde. » (Jean de Gerson, 1363 - 1429)

____________________
-II-

L'ÉPURATION DU CŒUR

« L'ultime but de la vie est de


devenir comme Dieu, et l'âme
qui le suit deviendra comme lui.
» (L'auteur)

S. Augustin a écrit : « Les tentations extérieures n'ont aucun pouvoir à moins d'avoir les désirs
correspondants à l'intérieur. » Les tentations du croyant se situent d’abord au niveau de sa volonté.
L'organe volitif de l'homme est la cible numéro un de l'ennemi. L'Esprit de Dieu ne cesse jamais de
vouloir nous venir en aide, mais je pense que la majorité d'entre nous avons déjà découvert qu'Il ne peut
aller au-delà de notre vraie volonté. Si au fond de notre cœur nous conservons des réserves à l'égard de
notre péché, si petites soient-elles, il est plus que certain que nous y retomberons encore un jour. Par
contre, si notre volonté est sainte et ferme, toute notre conduite le sera également.

Lorsque notre Maître fut tenté il dit au diable : « Retire-toi, Satan! »10 Je suis toujours étonné de voir à
quel point Jésus était catégorique envers la tentation. Lorsque nous voulons mettre un péché dehors nous
ne devons pas le faire avec un ton poli. Il faut se mettre en colère et lui claquer la porte dans le dos de
toutes nos forces, sans quoi, il se croira en droit de revenir. Un ancien a écrit : « Je sauterais sur un bûché
ardent plutôt que de commettre un péché contre mon Dieu. » 11 Que Dieu nous accorde une détermination
semblable devant les avances de Satan!
Le péché possède uniquement le pouvoir que nous lui accordons dans nos vies. Il est écrit : « Le diable le
transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple, et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en
bas. »12 Voilà toute la force du démon; il tente de nous persuader de nous jeter nous-même dans le précipice
car il ne peut nous y jeter lui-même!

Avant de vaincre le péché, il faut vaincre la tentation, et avant de vaincre la tentation il faut donc vaincre sa
propre volonté. « Les tentations servent à nous purifier des attaches secrètes que nous avons à la vanité. »
(Thomas à Kempis)13
Nous connaissons tous le texte suivant : «Résistez au diable et il fuira loin de vous. » 14 Nous ne rendrions
pas injustice à ce texte en y lisant : «résistez à la tentation et elle fuira loin de vous. » Et si elle ne fuit
pas, fuyez, vous! « Celui qui ne peut résister à la force peut se sauver par la fuite. » (Bossuet)
Il faut rejeter les suggestions mauvaises dès qu'on les surprend. Quand nous jouons avec la tentation, nous
la laissons grandir et se fortifier en même temps que diminue en nous l'énergie de lui résister. Si nous

10
Mt. 4:10
11
S. Edmond, archevêque de Canterbury, 1175 - 1240 A.D.
12
Mt. 4:5-6
13
1379 - 1471 A. D.
14
Ja. 4:7
étions aussi catégoriques et aussi déterminé que notre Maître envers la tentation, le diable fuirait loin de
nous au lieu de s'attarder des heures, des jours, des mois et des années avec les mêmes suggestions. Mais
quand notre renoncement au péché est fait en toute profondeur, la tentation s'évapore souvent d’elle-
même. Pour être vainqueur et devenir saint, le cœur doit être profondément creusé et les fondements de la
détermination y être honnêtement posés.

Il est parfois incorrect de dire que c'est le diable qui nous tente. Chercher à voir l'ennemi au dehors est la
meilleure façon de ne pas le voir au-dedans. Notre propre cœur est fort capable de nous séduire lui-même
sans recevoir aucune aide de la part de l'ennemi ! Si la tentation est forte et persistante, il se peut que
nous voulions, au fond de nous, qu’il en soit ainsi. Une rigoureuse honnêteté s’impose toujours. Beaucoup
de chrétiens n'ont pas la victoire parce que leur désir de commettre le péché est plus grand que leur désir
de ne pas le commettre.

« Il n'est pas honteux à l'homme de succomber sous la douleur, mais il lui est honteux de succomber sous le
plaisir. »15 Les tentations sont donc avant tout une mise à l'épreuve du cœur et de ses affections. Celui qui n’a
pas été éprouvé ne se connaît pas lui-même. S’il n’y avait pas de bourreaux, il n’y aurait pas de martyrs
glorieux, et si rien n’exerçait à la patience, personne ne la pratiquerait. S’il n’y avait pas de grandes luttes
intimes, il n’y aurait pas d’héroïcité dans la vertu. S'il n'y avait pas de combats, nous ne connaîtrions jamais
la joie des victoires. Comme la vie serait fade, triste et sans goût.. Des tentations donc, résulte de grands
biens. La lutte purifie le cœur.

Il est écrit : « Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d'abord à Marie
de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons. » 16 Ce texte renferme une très importante leçon.
Je pose ici une question : Si Jésus n'avait chassé que deux démons sur sept, que serait devenue cette
femme par la suite? Ou s'il en avait chassé même jusqu'à six? Moi je dis qu'en conservant cet unique
démon d'impureté, les six autres l'auraient rattrapé tôt ou tard. Le nombre 7 est le nombre de l'œuvre
parfaite de Dieu. Allégoriquement, lorsque nous renonçons à une tentation et que nous en conservions
une dans le cœur, il ne faut pas s'étonner de faire une rechute... Et si nous renonçons même à six démons
mais que nous en conservions qu'un seul; je dis que la rechute, bien que plus éloignée, sera aussi certaine
que la première. La repentance doit donc aussi être purifiée pour être parfaite.

Si nous coupons les branches d’un vice et que nous en laissons subsister les racines; il revivra et
poussera de nouvelles branches. « En vain arrêtez-vous la main, si vous n’arrêtez pas le désir; tôt ou
tard le désir forcera la main. Tout le mal, dans l’origine, n’est qu’une étincelle qui n’aurait pas de suite
si l’on avait soin de l’éteindre. » (Jean-Nicolas Grou)

Voilà pourquoi certaines victoires ou certains rétablissements sont très longs. Les tentations font donc
office de croix dans nos vies. La croix, lorsqu’elle est bien plantée dans la terre d’une volonté propre brisée
et soumise, portera assurément les fruits abondants d'une sainteté purifiée!
Celui qui est double de cœur s'attire la discipline du seigneur. Plus nous sommes avancés dans la grâce, plus
nos péchés deviennent graves à Ses yeux, et plus Ses châtiments seront sévères et douloureux. Malheur à
l'âme qui oublie les châtiments du Seigneur et se laisse glisser dans le relâchement car il s'expose à en
recevoir de plus grands! Mais quelle est belle la liberté de servir le Seigneur lorsque le cœur est entier aux
affections de l'Esprit!

Ne vivons donc plus avec des péchés à demi renoncés. En définitive nous nous battons contre notre
propre volonté, et ce n'est qu'en laissant la volonté de Christ en nous prendre sa place que nous arriverons
à la victoire. « J'ai fait plier ma volonté aux paroles de sa bouche », nous dit Job, 23:12. Une admirable
15
Blaise Pascal, «Pensées»
16
Mc. 16:9
attitude. Un saint homme a dit avec raison : « Il n'y a qu'une porte par laquelle le démon peut pénétrer
en vous, c'est la volonté. Il n'y a pas de porte secrète. »

La Confession

Permettez-moi de faire ici une parenthèse et de parler un peu de la confession. Ce petit ouvrage serait
vraiment incomplet si j'omettais ce sujet si important.
La confession est un grand moyen pour empêcher les hommes de retomber dans le péché. Son utilité a été
au reste fort reconnu par les luthériens mêmes. Voyant que dans les lieux où on l'avait interdite en
Allemagne, tout était rempli de désordre et que l'on s'adonnait à la licence de tous les vices, les luthériens
prièrent l'empereur Charles Quint d'obliger par un édit, tout le monde à se confesser. L'empereur ne répondis
à cette demande que par un sourire indigné...

Martin Luther, ayant pris la liberté d'abolir la confession ne la remplaçât par rien. Il est donc arrivé ce que
Jésus avait enseigné :

« Lorsque l'esprit impur est sorti d'un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n'en
trouve point.
Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d'où je suis sorti; et, quand il arrive, IL LA TROUVE VIDE,
balayée et ornée.
Il s'en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s'y
établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. » 17

Il est donc fort souhaitable de se confesser à Dieu et à un autre être humain après chaque péché conduisant à
la mort spirituelle. (v. ICo. 6:9-11 / Ép. 5:5-6) C'est le meilleur moyen de ne plus retomber, ou du moins, d'en
diminuer le nombre de chutes.

Se confesser au Seigneur ou à un autre frère fait intégralement partie du processus d'épuration du cœur.
La rechute n'est pas une tragédie mais une étape; non pas un échec, mais la preuve d'un cheminement
certain. La confession de nos péchés est le commencement de la sainteté. La confession sanctifie le cœur.

Accusons-nous nous-mêmes de nos péchés et notre confession même deviendra sanctifiante. Les plus
belles et les plus grandes expériences de la grâce de Dieu m’ont personnellement été accordées de cette
façon. Confesser un péché c'est accepter de s'unir au témoignage intérieur de notre conscience qui nous
déclare coupables. Confesser nos fautes, en accepter toute la responsabilité humilie et purifie le cœur. La
confession est un moyen d'humilier notre âme et de faire courber notre volonté à celle de Dieu. La
conscience est l'écho de notre péché qui frappe la montagne de Dieu et qui nous revient. Une conscience
endolorie jette l'âme dans une grande détresse. La confession de cœur est le médicament de la conscience
et le baume du cœur blessé par la tristesse de la rechute. « Les plaies de Jésus-Christ sont autant de
bouches toujours ouvertes, pour implorer de Dieu le pardon de nos péchés. » 18 Pratiquons la prière et la
confession avec patience et ne soyons plus négligents. Même si nous n'avons pas encore la victoire; si
nous fournissons vraiment des efforts honnêtes, nous conserverons très certainement la faveur de Dieu.

« Hélas! Je suis moi-même un de ces malheureux ingrats! Pour des choses de néant, j’ai renoncé à votre
amitié et je vous ai tourné le dos! Je mériterais d’être chassé de votre présence comme je vous ai chassé
de mon âme; mais j’entends que vous continuez à me demander mon cœur. Oui, mon Jésus, puisque vous

17
Mt. 12:43-45
18
Jean Chrysostome, 340 - 407 A. D.
désirez encore que je vous aime, et que vous m’offrez mon pardon, je ne veux plus aimer que vous seul.
»19

Quand le démon veut vaincre un croyant il tâche d'abord d'empêcher qu'il découvre ses tentations à
personne parce que dès qu'on cache nos tentations il est assuré de nous vaincre. Au contraire ce qu'il
appréhende le plus chez ceux qu'il tente c'est qu'ils aillent découvrir aussitôt leurs tentations à leur
confident. « Celui qui n'a aucune réserve pour son père spirituel est entièrement à couvert des embûches
et des surprises du démon. » (Cassien)

Chaque croyant devrait avoir un père spirituel expérimenté auquel il livre toutes ses luttes intimes. La
pratique de la confession est la clé de la sanctification. On est souvent délivré d'une tentation par la seule
résolution de la découvrir à son confident. Avant même d'être arrivé à sa porte il se trouve souvent que
Dieu a déjà dissipé votre tentation et rendu la paix à votre âme.
Les suggestions du démon ne nous sont nuisibles qu'autant que nous les cachons, car dès que nous
prenons la résolution de les découvrir, elles ont déjà perdu toutes leurs forces. Le tentateur, vaincu par
tant de sincérité et de lumière, est forcé de se retirer. « De même quand il y a quelques couleuvres sous
une pierre on les fait fuir si on la lève, de même le démon qui est le père des ténèbres, ne peut souffrir la
lumière et s'enfuient aussitôt on l'expose au jour. » (Cassien)

On raconte chez les premiers chrétiens l'histoire d'un frère qui avait volé un pain et que sa conscience
tourmentait jour et nuit. Il vint se jeter aux pieds de son évêque en pleurant et en confessant son péché.
Le saint vieillard se mit à le consoler : « Prenez courage mon fils l'action héroïque que vous venez de
faire en déclarant au grand jour votre faute vous a délivré pour toujours de cette tentation. Le serpent
infernal ne pourra plus désormais vous nuire parce qu'il ne peut souffrir la lumière.- À peine le vieillard
eut achevé ces paroles que tout à coup il sortit du sein de ce frère comme une vapeur qui remplit la
chambre d'une puanteur insupportable et qui ensuite disparue pour toujours. »

Pour vous tranquilliser l'esprit, sachez que les fautes de pure fragilité commises non de propos délibéré,
n’affaiblissent pas l’amour et la faveur de Dieu à votre égard. Les bons effets de la confession qui suivent
la chute, contribuent au contraire à augmenter cette faveur divine.

Nous devons, dans la prière, disposer notre cœur de façon à favoriser et permettre pleinement à l’Esprit
d’exercer son ministère d’exhortation dans notre cœur. Une soumission de cœur complète est nécessaire
à la victoire sur toutes faiblesses. Voilà où doit se livrer notre principal combat. Renoncer à sa propre
volonté est le sacrifice le plus agréable au cœur du Seigneur. Il n’y a pas de plus grand amour que
d’abandonner à Dieu la faiblesse que l’on aime! La sainteté est la fleur de la vie. Elle dégage une odeur
spirituelle suave et agréable au Seigneur. La sainteté est le bonheur de la vie chrétienne. Il vaut la peine
de se battre pour elle.

Ce qui rend une faiblesse tenace n'est pas autre chose que la volonté tenace de la chair à la laisser régner. S.
Augustin a écrit: « Avant que Dieu puisse nous délivrer nous devons cesser de nous séduire nous-même. »
C'est-à-dire qu'avant d'obtenir la victoire sur le péché nous devons d'abord obtenir la victoire sur nos désirs.
Maintenant, Dieu sait que la chair est faible devant la séduction du péché, c'est pourquoi il ne nous a pas
laissés sans recours. Le jeûne est un outil excellent pour arriver à la victoire sur nos désirs coupables. A me-
sure que la chair s’affaiblit, ses désirs s'affaiblissent avec elle et le renoncement s’accomplit plus facilement.

« Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière [et par le jeûne.] »20

19
Alphone-Marie de Liguori, 1696 - 1787 A. D.
20
Mc. 9:29 Leçon des textes originaux du Codex Textus Receptus.
Si certains démons n'obéissent pas au commandement de sortir ou qu'ils reviennent, après être sortis, c'est
souvent parce que la volonté réelle de la personne concernée leur ouvre de nouveau la porte. La prière et le
jeûne sont de puissants outils pour amener notre volonté pécheresse à demeurer soumise à la volonté sainte
de Dieu. Lutter contre le péché dans une chair trop bien nourrie est un combat souvent perdu d'avance. La
prière et le jeûne placent le croyant dans l'atmosphère sainte de Dieu et le protège de l'atmosphère séduisante
du péché qui est dans le monde. La prière et le jeûne rendent le croyant plus conscient du royaume de Dieu
dans lequel son esprit évolue en Christ que du royaume terrestre dans lequel son corps et sa chair se trouvent.

PRIÈRE : Rappelle-moi Seigneur de marcher à la même cadence que toi; de faire battre mon cœur au
même rythme que le tient et de faire plier les genoux de mon cœur et de ma volonté, à la sainteté qui est
en Jésus. Que tes désirs deviennent les miens, que tes préférences deviennent mes choix. Aide-moi à
renouveler ma sincérité et à me soumettre à l'Esprit de la sainteté. Avertis-moi et je me laisserai avertir;
corrige-moi et je me laisserai corriger. Châtie-moi et je me laisserai châtier. Que la bonne volonté de te
plaire en tout n’abandonne jamais mon pauvre cœur. Ainsi, ta grâce ne me manquera jamais et la victoire
me sera assurée.

« Ô s’ils avaient toujours ce même cœur… » 21

« Je suis résolu de bannir désormais de mon cœur toute affection qui n’est pas pour vous, mon Dieu,
mon Amour, mon Tout! » (A. de Liguori)

________________________

21
De. 5:29
-III-

LA TRISTESSE, LA JOIE ET LA FOI

« Ne craignons donc point les combats


que nous avons à soutenir contre le
monde et l’enfer; si nous avons toujours
soin de recourir à Jésus-Christ. » (A. de
Liguori)

En parlant du diable et de sa chute, Jean-Nicolas Grou a écrit : « Il a conservé tout son orgueil, et
n’aspire qu’à se venger. C’est là son premier dessein. Trop faible contre Dieu, il s’attaque à nous qui
avons été destinés à le remplacer dans le Ciel, lui et les Anges rebelles, et il s’efforce de nous ravir le
bonheur qu’il a perdu. »

Une certaine traduction du Proverbe 25:20 a été rendue ainsi : « De même que les vers rongent les habits et
le bois où ils se mettent, de même la tristesse ronge le cœur de l'homme. » Comme le bois vermoulu n'est
propre à aucune œuvre, qu'il ne peut plus rien supporter et qu'il tombe en ruine dès qu'on le touche ainsi un
homme rongé de tristesse devient incapable de toute bonne œuvre. Mais le mal ne s'arrête pas là : ce qui est
pire c'est que la tristesse est cause de beaucoup de tentations, de chutes et de rechutes dans le péché. « La
tristesse dans le cœur des chrétiens est un sujet de joie pour le démon parce qu'alors il lui est aisé de les
faire se tourner vers les plaisirs du monde. » 22 La tristesse est donc une retraite de démons; c'est pour eux
une faiblesse à exploiter. De même que certains animaux attendent l'obscurité de la nuit pour sortir de leur
tanière, de même les démons attendent que les ténèbres de la tristesse se répandent sur le coeur pour passer à
l'action.

Le Malin n’a pas le pouvoir de nous perdre mais seulement de nous y pousser. Si le démon ne peut nous
faire tomber en tentation, il souhaite au moins qu'elle sera pour nous un sujet de tristesse. Reconnaissant
cela, nous pouvons redoubler de résistance; faire preuve de hardiesse en nous revêtant de la force du
Seigneur et faire de cette même tentation un sujet de tristesse pour le démon!

La convoitise est un serpent qui mort sans bruit ! Il est plus facile de ne pas regarder que d'avoir à lutter
contre ce que l'on a regardé. Voir n'est pas un péché mais regarder le devient. Par ses yeux l'homme entre
en tourment.
Les yeux sont des fenêtres de voleurs. La convoitise rend faible celui qui l'entretient et la faiblesse ainsi
induite, fait tomber.

La sainteté n'est pas difficile; c'est la chair qui en a peur.. Tourner la tête est une grâce donnée à tous en
Jésus-Christ. La difficulté vient de l'habitude. Soyons patients; poursuivons la sainteté avec espérance
jusqu'à ce qu'elle devienne à son tour une nouvelle habitude.

22
François d'Assise, 1181 - 1226 A. D.
L'âme humaine est fragile, et elle n’est jamais plus faible que quand elle est troublée. Et au contraire,
lorsqu’elle est en paix, elle est forte et presque assurée de la victoire. Avant donc de vaincre l'ennemi nous
devons vaincre la mélancolie. La confession verbale de textes bibliques établissant notre autorité en Christ
s'avère être une arme formidable contre les traits démoralisant de l'ennemi. Dans le mauvais jour nous
pouvons citer par exemple, le texte suivant : « Toutes les nations m'environnaient : Au nom de l'Éternel, je
les taille en pièces. Elles m'environnaient, m'enveloppaient : Au nom de l'Éternel, je les taille en pièces.
Elles m'environnaient comme des abeilles; elles s'éteignent comme un feu d'épines; au nom de l'Éternel, je
les taille en pièces. »23

Confesser ce texte de la bouche est une puissante arme défensive contre les sentiments moroses de la
tentation. « Le démon perd courage lorsqu'il voit que nous l'opposons, non avec nos propres forces, mais
avec celles de Dieu même. »24

Il est dangereux de trop craindre la tentation et d'en faire trop état parce que cela ne sert qu'à l'augmenter
dans notre esprit et à lui donner plus de force. La crainte réveille l'imagination et les fréquentes réflexions
sur une chose fait qu'elle s'imprime encore plus fortement dans l'esprit et qu'elle nous affecte davantage.
Pourquoi ça? Parce que la crainte suppose la défaite. La crainte nous fait sortir de la foi qui nous soutenait,
tel Pierre qui se mit à avoir peur des vents et vagues. Cette peur fini par le faire s'enfoncer.

La tentation rend triste et la tristesse suppose une défaite. La tristesse fait baisser les bras nos pieds
rendus pesants se laissent rattraper par leurs anciens péchés. D'où l'exhortation de Paul : « Soyez toujours
joyeux. »25 et vous ne serez jamais vaincus.

« Le démon est comme un chien enchaîné à une attache, et qui ne peut mordre que ceux qui s'approchent de
lui. Il peut aboyer; il peut faire peur mais il ne peut mordre que celui qui veut bien être mordu. » (S. Augustin)

Il faut simplement et résolument nous tenir au large. Lorsque nous sommes devenus chrétiens Jésus nous a
placé lui-même au large. « Il m'a mis au large, il m'a sauvé parce qu'il m'aime. » (Ps. 18:20) Dieu s'attend
maintenant de nous à ce que nous y demeurions. « Je marcherai au large car je recherche tes ordonnances.»
(Ps. 119:45)

Pécher entraîne des malaises de conscience très douloureux avant, pendant et après le péché. Les remords
sont lourds; ils demeurent pendant des jours, des semaines et des mois. Celui qui a goûté combien le
Seigneur est bon ne veut plus perdre cela. S'il pèche, il perd la communion avec Dieu; il est livré à tous les
tourments et son état d'esprit fait de lui la plus misérable créature de la terre.
Comme une tentation m'assaillait je me suis mis à prier et la grâce de Dieu m'est venu en aide en me
soufflant ce que je devais dire. ''Mon Dieu, jouir d'un péché qui chasse ta présence n'est plus un plaisir mais
une mort. Et je ne veux pas être là où tu n'es pas..'' À ces dernière paroles, la tentation s'est enfuie de moi.
Résister à la tentation en utilisant l'arme de l'amour de Dieu. Il y a là une véritable mine de force.

Dieu n'a pas voulu que ses enfants soient laissés sans tentations. Elles sont bonnes en ce qu'elles
maintiennent en nous l'humilité reliée à notre humanité. Il est bon pour l'âme de sentir qu'elle est reliée à la
terre. Les tentations éclairent l’âme sur sa misère et la préservent d’un sot orgueil. Un chrétien qui n'a plus
de péché contre lesquels lutter tombe dans la tiédeur ou l'orgueil de la propre justice. Il y a des raisons pour
lesquelles Dieu laisse des endroits où nous n'avons pas une victoire totale.

Les attaques les plus cruelles, les plus grandes et les plus dangereuses, menacent les personnes les plus
avancés dans la perfection. Mais il est écrit : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine,
23
Ps. 118:10-12
24
S. Athanase, patriarche d'Alexandrie, 295 - 373 A. D.
25
ITh. 5:16
et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais avec la tentation il
préparera aussi le moyen d'en sortir, 26afin que vous puissiez la supporter. »27 Autre traduction possible: « Il
nous fera tirer avantage de la tentation même. »

« Si les hommes n’ont pas la cruauté de charger leur bête de somme de plus lourds fardeaux qu’elles ne
peuvent porter, à bien plus forte raison Dieu, qui aime tant les hommes, ne souffrira pas qu’ils aient à
subir des tentations auxquels ils ne sauraient résister. » 28

Comme Samson a rencontré un lion sur le chemin et le déchira et que peu de temps après il trouva du
miel en son intérieur, ainsi supportons courageusement la tentation; surmontons-la et nous verrons
ensuite quelle douceur spirituelle intérieure nous en retirerons! La tentation est une sorte d'étaux
spirituelle avec laquelle l'ennemi fait pression sur notre volonté. Notre amour pour Dieu se mesure
souvent par les efforts que l'on met à ne pas obéir aux inductions de la chair. Ce sont nos réactions devant
la tentation qui permettent au Seigneur de reconnaître ses vrais amis. Et Dieu sait récompenser ses amis.

L’âme humaine est composée d’une partie supérieure et d’une partie inférieure. 29 La tentation s’en prend
toujours à la partie inférieure de l’âme, car c’est la plus faible. Voilà pourquoi, lorsque nous sommes
tentés, une partie de nous-mêmes est attirée par la tentation et qu’en même temps nous sommes tristes
d’être tentés car notre cœur appartient aux choses d’en haut. Ne soyons pas triste d’être tentés;
réjouissons-nous au contraire; cette tristesse fait la preuve que le péché nous déplaît; que nous aimons le
Seigneur et que nous avons à cœur de lui plaire.

Aujourd’hui j’ai éprouvé une tentation tenace. Cette tentation m’a grandement attristé car chaque
tentation est un peu le reflet de nos propres désirs secrets, mais gloire et grâce à Dieu, Il me fit
comprendre que cette tristesse était « une tristesse selon Dieu ». En effet, cette tristesse d’être tenté est le
témoignage de l’Esprit à notre conscience que notre cœur ne prend pas plaisir au péché que notre chair
nous invitait à commettre. J’ai ressentis de la joie de ce que ma tristesse était en fait, devenue mon
avocate auprès du Seigneur, plaidant mon déplaisir au péché. J'ai eu la victoire sur cette tentation et ma
tristesse s’est changée en une joie sereine.

_______________________

26
A. tr.: « afin que vous puissiez en sortir victorieux. » (Norly)
27
ICo. 10:13
28
S. Éphrem, 306 - 373 A. D.
29
v. Ro. 7:15-25
-IV-

LA DÉFIANCE DE SOI-MÊME

« Celui qui se défie de lui-même


et se confie en Jésus-Christ,
acquiert par son secours une
force invincible. » (A. de Liguori)

La vertu se perfectionne dans la faiblesse. Toute la perfection de la vie présente consiste toujours à
reconnaître d’abord ses imperfections. La connaissance et l'expérience de notre faiblesse sont nécessaire
à notre sanctification; elles en sont les bases obligatoires. Cette connaissance produit en nous une juste et
sage défiance de nous-mêmes. Méfiance, retenue et réserve sont de mise à l'égard de tout ce qui émane
de nos impulsions humaines. Une sainte défiance nous conduira à veiller, à prier, à attendre tout de Dieu,
et rien de nous-mêmes. « Une âme qui ne présume point de ses propres forces, mais qui est fortifiée par
Jésus-Christ, pourra devenir tellement maîtresse d’elle-même qu’elle ne se laissera dominer par aucun
péché. » (Bernard de Clairvaux, 1090 - 1153)

La sainteté prime sur tout. Tout ce que nous faisons en état de péché est sans mérite pour le ciel; une telle
conduite est au contraire doublement coupable et digne de châtiment. La grande préoccupation d'un chrétien
doit être de vivre en état de grâce.
L'une des plus grandes grâces que Dieu fasse à un homme qui tombe dans le péché c'est de l'affliger
aussitôt par des remords de conscience. C'est une marque que Dieu vous aime et que vous êtes du
nombre de ses élus, lorsqu'il vous afflige et vous tourmente de vos fautes. Les réprouvés ont la
conscience cautérisée et rendue inactive. Mais quand le péché n'est suivi ni de remords et ni de
châtiments c'est une marque que Dieu est extrêmement irrité et que l'une des plus grandes punissions
qu'il inflige aux pécheurs est de laisser en paix! Les remords sont les grâces dont il favorise ceux qu'il
aime.

« Pour persévérer dans le bien nous ne devons pas nous fier aux résolutions que nous avons prisent, ni
aux promesses que nous avons faites à Dieu. Dès que nous comptons sur nos propres forces, nous
sommes perdus. C’est dans les mérites de Jésus-Christ que nous devons placer toute notre espérance
pour nous maintenir dans l’état de grâce; son secours nous fera persévérer jusqu’à la mort, fussions-
nous combattus par toutes les puissances de la terre et de l’enfer. Quelquefois, sans doute, nous nous
trouverons tellement abattus et assaillis de tant de tentations que notre ruine nous paraîtra presque
inévitable; gardons-nous alors de perdre courage et de nous abandonner au désespoir; recourrons à
Jésus crucifié, et il nous empêchera de tomber. » (A. de Liguori)

Dieu n'initie jamais les premiers efforts. C'est le choix et la responsabilité de l'homme que de travailler à
sa sanctification. S. Augustin a écrit : « Celui qui nous a sauvés sans nous, ne nous sanctifie pas sans
nous. » Si nous démontrons la bonne volonté de nous prévenir nous-mêmes contre notre faiblesse en
fuyant les occasions, Dieu viendra à notre [Link] grâce de Dieu est toujours au rendez-vous de ceux
qui ont des désirs sérieux, vigoureux et énergiques.

La tentation n'est pas toujours le signe d'un désir secret de pécher mais n'est souvent uniquement qu'un
mouvement naturel de la chair. Sentir que la chair a de l'attrait au péché ne signifie pas que nous en
ayons un désir véritable. Malgré nos meilleures intentions la chair demeurera toujours extrêmement
sensible aux suggestions du péché. Il faut apprendre à nous fuir nous-mêmes et à déraciner les occasions.

Fuir les Tentations

Dans ce domaine l'honnêteté et la sincérité de cœur de ne plus pécher ne sera pas suffisant lorsque vous
aurez affaire à des vices tels l'alcoolisme, la toxicomanie ou toute autre forme d'addiction car des esprits
mains sont en cause et ni les forces humaines, ni la sincérité ne sont assez grandes. Il faut obtenir la
délivrance par intervention divine. Ensuite il faudra de nombreux efforts pour couper les occasions de
chutes car malgré notre bonne disposition de cœur, notre chair demeure incroyablement facile à séduire.
La tentation, lorsqu'elle n'est pas fuit, nous sidère rapidement, nous séduit, et nous fait rechuter. Ainsi
peuvent être séduits les meilleurs cœurs…

« Si ta faiblesse est extrême, et si tu te sens incapable de résister, cette crainte te portera à fuir et à
mettre ton âme en sûreté loin du danger. » (Jean-Nicolas Grou)

De même qu'un homme qui serait couché au pied d'un arbre et qui verrait venir à lui une meute de loups
pour le dévorer monterait aussitôt en haut de cet arbre pour de se mettre à l'abri, de même un croyant se
voyant environné de tentations doit fuir immédiatement toutes occasions. C'est inutilement que le démon
jettera devant nous ses filets si nous prenons les ailes de la fuite. « En vain jette-on le filet devant les
yeux de tout ce qui a des ailes. » 30
Une sage crainte doit nous animer devant la moindre tentation; selon qu'il est écrit : «…haïssant jusqu'à
la tunique souillée par la chair. » 31 La tunique n'est pas la chair mais elle touche de près la chair. De
même soyons sages et fuyons tout ce qui touche de près ou de loin le péché ou qui pourrait y induire. Il
nous faut non seulement nous garder du péché mais aussi de sa périphérie. Celui qui se baigne les pieds
dans un torrent sera bientôt emporté par le courant, dit le proverbe. Fuyons l'ombre même du péché.
Devant un ennemi plus fort que nous la fuite est une stratégie. « L'homme prudent voit la calamité et se
met à l'abri; mais les insensés qui avancent en souffrirons. » (Pr. 22:3 Trad. Spurell)

Il est écrit : « Fuis les passions de la jeunesse.»32 «Joseph acquis plus de gloire en se commandant lui-
même et en résistant aux sollicitations de la femme de Potiphar qu'en commandant ensuite à toute l'Égypte.»
(A. Rodriguez) S'arrêter devant la tentation sans la fuir est un acte de folie. Prier sans fuir la tentation est
toujours de la folie. Fuyez l'occasion de chute et vous aurez ensuite tout le loisir de prier. Ne vous
attardez pas à prier agenouillé au côté de la tentation serait une folie. Priez en même temps que vous
fuyez. Ne priez pas sur place; priez en fuyant.

À cause de certaines circonstances il y a des tentations qui ne peuvent pas être fuies physiquement. Si telle
est la situation acceptez-là comme étant volonté de Dieu; il veut vous élever à une dignité plus haute et plus
méritoire devant ses yeux. Tout ce que nous ne pouvons pas changer doit être réinterprété. La volonté de
Dieu se trouve souvent là où nous ne l'aurions jamais placé. Les tentations forgent l'âme comme le feu
30
Proverbes, 1:17
31
Jude 23
32
IITi. 2:22
amollit le fer. Dieu veut forger notre caractère. La faiblesse n'est pas notre ennemie. Se sentir faible nous
rend malléable.
Dans les occasions inévitables ne craignons rien. Celui qui ne se sera pas engagé de lui-même dans la
tentation sera soutenu au milieu d'elle. « Celui qui met sa confiance dans le Seigneur devient fort comme
une montagne. » (A. de Liguori)

Faites Mourir vos Péchés

L'Écriture dit : « Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre. » 33 Faire mourir sous-entend un
effort patient. De même que Christ a souffert une longue agonie sur la croix avant de mourir, de même notre
chair pécheresse s'accroche à sa vie pendant un certain temps avant de mourir et que nous ayons la victoire
sur elle. Notre chair meurent toujours d’une mort plus ou moins lente, telle la mort par asphyxie. 34 Le
manque d’oxygène fera se débattre la chair pendant un certain temps, et plus elle perdra des forces, moins
vous aurez à lutter durement. Au bout d’un certain temps la mort prendra finalement effet.

« C'est pour nous encourager à résister avec confiance aux tentations jusqu’à la fin, que Jésus-Christ
ne voulut descendre de la croix qu’après y avoir laissé la vie. C’est pour nous instruire et nous fortifier
par son exemple que ce divin Maître a voulu rester ainsi sur la croix. » (S. Augustin)

Il est très utile pour triompher dans les combats spirituels de les prévoir dans nos méditations du matin,
en nous disposant d’avance aux attaques qui peuvent vouloir nous surprendre durant la journée. On ne
prend jamais assez de précautions lorsqu’il s’agit de risquer l’éternité car qui sait si une chute n'en
entraînera pas plusieurs autres et que finalement nous décidions dans notre démence de nous laisser
vaincre et de nous y livrer volontairement jusqu'en enfer!

« Tout secours nous vient du Seigneur; et il ne l’accorde qu’à la vigilance et à la prière, et il ne le refuse
jamais à ces deux choses réunies. La vigilance sans la prière est inutile, parce qu’en nous montrant le
péril, elle ne nous arme pas contre lui. La prière, de même, est de nul effet sans la vigilance, parce que
nous n’avons point de secours à espérer du Ciel dans les tentations qu’il eût dépendu de nous d’éviter.
Ne les séparons donc jamais l’une de l’autre; et tenons pour une maxime qui embrasse toute la conduite
spirituelle, cette parole du Sauveur : Veillez et priez. » (Jean-Nicolas Grou)

Une chère croyante m'a rendu ce témoignage: ''Moi j'ai des pensées que je n'aime pas avoir. D'où viennent-
elles? Je suis obligée de toujours surveiller ces pensées qui me dérangent...'' Être tenté prouve déjà que
nous n'appartenons pas au démon. En être dérangé prouve que nous aimons le Seigneur et travailler à les
repousser prouve notre citoyenneté céleste.

Il arrive que repousser les tentations mentales s'avère impossible. Il faut alors les combattre avec la Parole,
en prononçant à haute voix un passage biblique qui exhorte à son contraire. Par exemple, sommes-nous
tentés par l'alcool? Prononçons ce texte: « Ne vous enivrez pas de vin: c'est de la débauche. Soyez au
contraire remplis de l'Esprit. »35
Sachant que certaines tentations qui se prolongent exigent une sorte d'héroïsme renouvelé à chaque instant.
Alors en période de paix, préparez vos armes pour l'heure de la tentation.

Voici maintenant une leçon excessivement importante. Il est écrit : « Aucune tentation ne vous est
survenue qui n'ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos

33
Co. 3:5
34
L'asphyxie a été la cause principale de décès de notre Seigneur sur la croix.
35
Ép. 5:18
forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter. »36

Dieu, dans son plan souverain, a mit un terme à la durée de la tentation, mais lorsqu'il s'agit de tentations
reliées à une addiction il faut se rappeler que des esprits mauvais sont en cause. Par nature le diable ne se
soumet pas aux lois de Dieu. Il arrivera que l'ennemi ne respecte pas cette limite divine et vous accable
d'obsession plus grandes que vos forces. Ce sera le moment de crier au Seigneur de toutes vos forces; de
prier comme un coup de canon! « Seigneur! Sauve-moi! Je ne peux pas supporter ça! C'est au-delà de
mes forces! » Ce sera le moment d'utiliser l'arme de la prière de supplication.

« Oui, Seigneur, j’espère que vous garderez mon âme comme la prunelle de votre œil, pourvu que de
mon côté je tienne mes yeux attachés sur vous, que je sois attentif au moindre signal de vos volontés,
prompt et fidèles à les exécuter. Car vous ne me garderez pas sans moi. » (Jean-Nicolas Grou)

Dieu ne fera pas de miracles pour sauvegarder une âme imprudente.

Développer des Habitudes Saintes

Fortifions notre âme de la tentation car elle est si faible.. La tentation est une pente; si elle ne s'avère pas
très apique au commencement, elle le devient très rapidement. Avant que nos pieds glissent et que nous y
tombions, fuyons-là aussi rapidement que possible.

« Combattez courageusement : Une mauvaise habitude n'est surmontée que par une habitude contraire.»
(Thomas à Kempis)

L'habitude de péché est un réel problème. Jérémie a dit : « Comment pourriez-vous faire le bien vous qui
êtes accoutumés à faire le mal? » 37 Cette image ne signifie pas que la sanctification soit impossible mais
qu'elle sera dans certains cas très difficile. L'habitude de péché prise au cours des années, le rend plus
tenace et plus difficile à oublier. L'habitude à commettre un certain péché rendra ce péché toujours plus
facile à pratiquer et toujours plus difficile à renoncer. Mais l'inverse est heureusement vrai en ce qui
concerne la pratique de la sainteté. Résister à une tentation nous rend plus ferme pour résister à la seconde
et ainsi de suite. Le croyant en viendra à développer des habitudes saintes qui ne seront guère plus
difficiles à suivre que les anciennes.

« Heureux l'homme qui supporte patiemment la tentation; car après avoir été éprouvé, il recevra la
couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment. »38

La sainteté est la seconde nature du croyant. Avec le temps et la fidélité à pratiquer la justice, elle
deviendra de plus en plus naturelle, voir même facile et même agréable à pratiquer dans la majorité des
cas. Que le croyant ne se rebute pas, qu’il ne désespère pas. Les conversions solides se font
ordinairement par degrés. Ainsi donc, chaque petite victoire nous rapproche d'une victoire finale; celle
que le Seigneur nous promet en cette vie même.

« Fortifiez donc vos mains languissantes et vos genoux affaiblis; et suivez avec vos pieds des voies
droites, afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais plutôt se raffermisse. »39

La vertu, en tant qu'habitude, se fait et se défait par les actes multipliés. La volonté se développe comme
36
ICo. 10:13
37
Jé. 13:23
38
Ja. 1:12
39
Hé. 12:12-13
la mémoire. Tendez vos désirs, des désirs soutenus vers l'affermissement de votre volonté. L'habitude est
le plus grand secours de la volonté. Il luira le jour où vous aurez vaincu tant de fois que l'habitude de
vaincre aura succédé à celle de défaillir. « La vertu se tourne en habitude par la pratique. » (Bossuet)

Une âme qui aime Dieu sera forte dans les tentations, courageuse dans les épreuves, inébranlable parmi
les vicissitudes de la vie intérieure et extérieure. Si elle n’est pas tout cela encore, elle parviendra à l’être
avec le temps et par sa fidélité. Il est même impossible qu’elle n’y parvienne pas car elle est sous la
direction de Dieu qui règne en elle. Le Seigneur demeurera avec elle et l’aidera en faisant un ministère
dans son cœur durant les heures de cultes et durant ses périodes de prières personnelles. Quand le Christ
habite une âme il est impossible qu'elle ne se fortifie pas.

« Soyez fidèle aujourd’hui, afin de vous disposer à l’être encore plus demain; fortifiez et enracinez vos
bonnes habitudes par des actes réitérés; craignez les suites de la moindre négligence. Allant de vertu en ver-
tu, et rendant aussi chaque jour vos fautes plus légères et plus rares. » (Jean-Nicolas Grou)

Voici un exercice qui vous fortifiera contre la tentation. Parlez souvent contre le péché qui vous fait
particulièrement la guerre. Parlez de lui avec mépris et secouer vos vêtements de sa poussières et décriez-le,
parce qu'à force de parler contre quelque chose nous nous excitons à la haïr. En parlant ainsi vous vous
engagez en quelque sorte sur votre honneur à le fuir et à cultiver la vertu contraire et vous affaiblirez son
pouvoir sur vous. Et au contraire, parlez souvent en faveur de la pureté et du détachement au péché; vos
paroles vous consacrent et vous fortifient dans le bien et le pur.

Lorsque nous demandons au Seigneur de nous fortifier contre le péché, il nous envoie des tentations afin
que notre résistance à celles-ci nous fortifie dans la sainteté. Chaque tentation vaincue nous enracine
davantage dans la sainteté. Le Seigneur agit ainsi pour que la victoire devienne une habitude. Ceux qui
ont acquis l'habitude de la vertu la pratiquent alors sans peine. C'est donc par les tentations que la vertu
jette en nous de plus profondes racines. Une tentation tenace est un frottement irritant mais à la fin la
victoire est douce.

« J’ai cessé de vivre pour moi-même depuis que je sais que Jésus-Christ a daigné mourir pour moi en
prenant sur lui la peine de mort qui m’était due; c’est pourquoi je suis mort à toutes les choses du
monde, je suis inattentif et insensible comme un mort à tout ce qui n’est pas pour Jésus-Christ. » (Bernard
de Clairvaux)

_____________________
-V-

LA PORTE ÉTROITE

« Entrez par la porte étroite car large est la porte,


spacieux est le chemin qui mènent à la perdition,
et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais
étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent
à la vie, et il y en a peu qui les trou-vent. »40

Quiconque envisage toute l’étendue des préceptes de la morale chrétienne ne peut qu’être effrayé
d’abord de son austérité. C’est ce premier aspect qui en éloigne tant de gens. Moi je demande d’abord au
jugement de qui cette porte est étroite? Car si elle est étroite pour la chair, elle devient très vite large pour
le cœur qui aime Dieu.

« La première porte est large au commencement et elle n’offre d’abord que des fleurs, mais ensuite, elle
va toujours se rétrécissant, et elle ne présente plus que des épines. La seconde, au contraire, est étroite à
l’entrée, s’élargit à mesure qu’on avance, et que, d’âpre et raboteuse qu’elle était, elle devient unie et
facile. Or c’est une maxime dictée par la sagesse, qu’il vaut mieux commencer par la peine, et finir par
le plaisir, que de commencer par le plaisir et finir par la peine. » (Jean-Nicolas Grou)

Le péché est une séparation volontaire de Dieu; c'est une folie de l'âme qui gaspille ses trésors; une
hémorragie et une ingratitude qui outrage l'amour de Dieu. Tournons-nous humblement et avec amour
vers Celui dont nous avons blessé l'amitié; renouvelons nos bons sentiments et notre bonne volonté à
suivre des voies droites.

Pour les péchés de racines, l'état de grâce suppose un haut degré d’amour pour être conservée. Les âmes
qui voient dans le péché une offense à Dieu et un mépris de son amour se relèvent plus promptement et
d'une façon plus durable. C'est là sans doute ce qui explique qu'après tant de confessions et de résolutions
apparemment sincères on enregistre encore de si nombreuses rechutes. « Pour réformer toute notre vie,
nous devons nous adonner entièrement à l’exercice de l’amour divin. » (Vincenzo Carafa, 1585 - 1649)

« Un amour qui déploie toute sa force élargit l’âme, agrandit sa capacité, et, en l’étendant, s’étend lui-
même avec elle. » (Jean-Nicolas Grou)

Alors on dira à Dieu, comme David que, loin d’être étroits et gênants, «vos préceptes sont d’une largeur
extrême, et j’ai couru dans la voie de vos commandements, après que votre grâce a dilaté mon cœur.» 41

« Car l'amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles,
car tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde. »42

40
Mt. 7:13-14
41
Ps. 119:32, ancienne traduction.
42
IJn. 5:3-4
« Ainsi donc, Christ ayant souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de la même pensée. » 43 L'apôtre
Pierre nous engage à nous armer du souvenir continuel de la Passion de Jésus-Christ. En effet, le seul
souvenir de la Passion est une puissante défense contre toutes les tentations de l’enfer. « Tous ceux que
les tentations ou de violentes passions mettent en danger de se perdre trouvent un abri sûr au pied de la
croix. La vue de Jésus crucifié nous console et nous soutient dans les souffrances. » (A. de Liguori)

« Qu'elle est douce, la voie de l'amour! » disait Thérèse Martin. La sainteté est à base d'amour. Si vous
retombez dans les mêmes fautes ne vous découragez jamais! Prenez conscience de votre faiblesse : c'est
excellent. La faiblesse creuse en nous le précieux fondement de l'humilité. « Ne nous rassurons pas trop
par nos victoires passées; ce n’est pas nous qui les avons remportées, c’est la grâce; la faiblesse est
toujours notre unique partage. » (Jean-Nicolas Grou)

Il ne sert à rien de désespérer et d’aggraver une situation; il suffit de la constater et dans l'humilité, nous pla-
cer devant Dieu. Mais en même temps, tournons-nous avec une confiance plus grande que jamais vers notre
Père du ciel. Dieu ne s'étonne pas de nos chutes, il est toujours content de nous en relever et de nous les par-
donner. Sanctifions-nous avec sérénité et purifions-nous dans la paix. Dieu n'est pas un propriétaire d'es-
claves mais un Père. Il nous donnera toujours le temps dont nous avons besoin pour nous sanctifier; il ne pla-
cera jamais de date limite ni ne nous lancera d'ultimatums. Les défauts qui déplaisent sont des défauts en
voie de guérison.

« Vous seul mon Dieu, vous seul n’abandonnez point ceux qui espèrent en vous. Toujours vous êtes près
d’eux pour les soutenir et les consoler. Jamais vous ne vous lassez d’entendre leurs gémissements,
d’écouter leurs plaintes, de recueillir leurs larmes. Rien n’est au-dessus de votre tendresse… » (F. De
Lamennais)44

_______________

43
IPi. 4:1
44
1782 - 1854 A. D.
CONCLUSION

Les grandes tentations font les grands saints. Au prise avec des tentations latentes, une pensée m'est
venue à l'esprit qui m'a réconfortée : l'Esprit me dit que malgré l'inconfort presque constant que j'avais à
éprouvé cette tentation, je pouvais en tirer la consolation suivante : contrairement à beaucoup de
croyants, moi j'avais cette croix à porter. Moi j'avais quelque chose de douloureux à offrir au Seigneur
pour lui prouver mon amour et ma fidélité tandis que d'autres n'avaient pas cette chance. Je regarde mes
tentations comme des richesses; comme des offrandes potentielles que je peux offrir au Seigneur en
sacrifice de bonne odeur; tandis que si je n'éprouvais jamais aucune tentation, j'aurais les mains vides et
je n'aurais rien à lui offrir à l'heure de la prière.
Quand Dieu permet à un homme cette sorte d'apprentissage dans la guerre spirituelle, c'est d'habitude pour
le rendre plus tard propre à la direction d'autres âmes.

Les 3e, 4e, et 5e promesses des Alcooliques Anonymes se lisent comme suit : « Nous ne regretterons pas
plus le passé que nous voudrons l'oublier. Nous comprendrons le sens du mot sérénité et nous
connaîtrons la paix. Si profonde qu'ait été notre déchéance, nous verrons comment notre expérience peut
profiter aux autres. » Préceptes plein de sagesse et qui peuvent s'appliquer à n'importe quelles autres
faiblesses.

J'aimerais prier pour finir.

- SEIGNEUR, FAIS-NOUS SOUFFRIR DE NOS PÉCHÉS pour que nous apprenions à les haïr et à
coopérer avec l'Esprit sanctifiant. Fais-nous souffrir de notre folie et nous ne fuirons plus la correction.
Fais-nous souffrir de notre tiédeur et nous ne fuirons plus la prière. Mets tous nos péchés devant nos
yeux pour que nous en contemplions la laideur et que nous les vomissions! Plus nous souffrirons de nos
péchés, plus nous aspirerons à la sainteté de nos vies.-

Quand les tentations se multiplient et nous désorientent; quand nous gémissons sous l'aiguillon du désir;
l'existence des saints est pour nous une consolation et une source d'espoir.

« Ô mon Sauveur! Protégez-moi dans cette longue guerre qui ne doit finir qu’avec ma vie! » (Jean-Nicolas
Grou)

Amen

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