Le risque
mouvement
de terrain
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GENERALITES
QU’EST-CE QU’UN MOUVEMENT DE TERRAIN ?
Les mouvements de terrain regroupent un ensemble de déplacements, plus ou
moins brutaux, du sol ou du sous-sol, d'origine naturelle ou anthropique. Les
volumes en jeu sont compris entre quelques mètres cubes et quelques millions de
mètres cubes. Les déplacements peuvent être lents (quelques millimètres par an)
ou très rapides (quelques centaines de mètres par jour), et sont fonction de la
nature et de la disposition des couches géologiques.
(A) retrait-gonflement
COMMENT SE MANIFESTE-T-IL ?
On différencie :
y Les mouvements lents et continus
- Les tassements et les affaissements de sols D certains sols compressibles
peuvent se tasser sous l'effet de surcharges (constructions, remblais) ou en
cas d'assèchement (drainage, pompage). Ce phénomène est à l'origine du
tassement de 7 m. de la ville de Mexico et du basculement de la tour de
Pise.
- Le retrait-gonflement des argiles D ce phénomène est lié aux changements
(B) glissement de terrain d'hygrométrie des sols argileux qui sont capables de fixer l'eau mais aussi de
la perdre en se rétractant en cas de sécheresse (à l'origine de fissurations du
bâti). (A)
- Les glissements de terrain le long d’une pente D il s'agit de déplacements
par gravité d'un versant instable ; de vitesse lente (de quelques mm. à
quelques dm. par an), ils peuvent cependant s'accélérer en phase
paroxysmale (jusqu'à quelques m. par jour) pour aller même jusqu' à la
rupture. (B)
(C) effondrement de cavité
y Les mouvements rapides et discontinus
- Les effondrements de cavités souterraines naturelles ou artificielles (carrières
et ouvrages souterrains) D l'évolution des cavités souterraines naturelles
(dissolution de gypse) ou artificielles peuvent entraîner l'effondrement du toit
de la cavité et provoquer en surface une dépression généralement de forme
circulaire. (C)
- Les écroulements et les chutes de blocs D l'évolution des falaises et des
versants rocheux engendre des chutes de pierres (volume inférieur à 1 dm3.)
ou de blocs (volume supérieur à 1 dm3.) ou des écroulements en masse
(volume pouvant atteindre plusieurs millions de m3.). Les blocs isolés
rebondissent ou roulent sur le versant, tandis que dans le cas des
(D) chute de blocs écroulements en masse, les matériaux "s'écoulent" à grande vitesse sur une
très grande distance (cas de l'écroulement du Granier en Savoie qui a
parcouru une distance horizontale de 7 km.). (D)
- Les coulées boueuses et torrentielles D ces phénomènes sont caractérisés
par un transport de matériaux sous forme plus ou moins fluide. Les coulées
boueuses se produisent sur des pentes, par dégénérescence de certains
glissements avec afflux d'eau. Les coulées torrentielles se produisent dans le
lit de torrents au moment des crues.
y L’érosion littorale
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- Des glissements ou écroulements peuvent affecter les côtes à falaises (Nord-
Pas-de-Calais, Normandie, côte Basque). (E)
- L'érosion des côtes basses sableuses, le plus souvent lente et progressive
(inférieure à 0,5 m./an), peut parfois s'avérer spectaculaire, brutale et très
dommageable sous certaines conditions défavorables (conjonction de fortes
marées et de tempêtes).
LES CONSEQUENCES SUR LES BIENS ET L’ENVIRONNEMENT
Les grands mouvements de terrain étant souvent peu rapides, les victimes sont,
fort heureusement, peu nombreuses. En revanche, ces phénomènes sont souvent
très destructeurs, car les aménagements humains y sont très sensibles et les
(E) écroulement de
dommages aux biens sont considérables et souvent irréversibles.
falaise
Les bâtiments, s'ils peuvent résister à de petits déplacements, subissent une
fissuration intense en cas de déplacement de quelques centimètres seulement.
Les désordres peuvent rapidement être tels que la sécurité des occupants ne
peut plus être garantie et que la démolition reste la seule solution.
Les mouvements de terrain rapides et discontinus (effondrement de cavités
souterraines, écroulement et chutes de blocs, coulées boueuses), par leur
caractère soudain, augmentent la vulnérabilité des personnes. Ces mouvements
de terrain ont des conséquences sur les infrastructures (bâtiments, voies de
communication …), allant de la dégradation à la ruine totale ; ils peuvent
entraîner des pollutions induites lorsqu’ils concernent une usine chimique, une
station d’épuration…
Les éboulements et chutes de blocs peuvent entraîner un remodelage des
paysages, par exemple l’obstruction d’une vallée par les matériaux déplacés
engendrant la création d’une retenue d’eau pouvant rompre brusquement et
entraîner une vague déferlante dans la vallée.
LES CONSIGNES INDIVIDUELLES DE SECURITE
1. Se mettre à l’abri
2. Ecouter la radio
3. Respecter les consignes
EN CAS D’EBOULEMENT, DE CHUTES DE PIERRES OU DE GLISSEMENT DE TERRAIN
AVANT PENDANT APRES
" S’informer en mairie " Fuir latéralement " Evaluer les dégâts
des risques encourus " Gagner un point en hauteur, ne " Informer les autorités
des consignes de sauvegarde pas entrer dans un bâtiment
endommagé
" Dans un bâtiment, s’abriter sous
un meuble solide en s’éloignant
des fenêtres
EN CAS D’EFFONDREMENT DU SOL
AVANT PENDANT APRES
" S’informer en mairie " A l’intérieur " A l’extérieur
des risques encourus évacuer les bâtiments
POUR EN SAVOIR PLUS s’éloigner de la zone dangereuse
des consignes de sauvegarde ne pas prendre l’ascenseur respecter les consignes des autorités
rejoindre le lieu de regroupement
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Pour en savoir plus sur le risque mouvement de terrain, consultez le site du
MEDAD :
Æ Le risque de mouvements de terrain :
[Link]
Æ Ma commune face au risque :
[Link]
Æ Base de données nationale sur les mouvements de terrain :
[Link]
Æ Base de données sur les cavités souterraines :
[Link]
Æ Base de données sur le phénomène de retrait-gonflement des argiles :
[Link]
LA GEOLOGIE REGIONALE
LE CONTEXTE REGIONAL
Le contexte géologique du Nord Pas de Calais
Les paysages du Nord Pas-de-Calais reflètent la nature de son sous-sol :
Située en bordure nord du Bassin Parisien et à la bordure sud du Bassin Belge, la
région est structurée selon une orientation WNW-ESE par un bombement faillé des
terrains crayeux d’âge crétacé, (anticlinal de l’Artois), générant un paysage de
plateaux et de vallées sèches qui caractérise essentiellement le département du
Pas de Calais. Au nord, ces formations crayeuses sont déprimées et ont été
recouvertes de sables et d’argiles au tertiaire et au quaternaire, générant un
paysage caractérisé par des plaines tertiaires sableuses et argileuses et à l’Ouest
par des plaines maritimes sableuses d’âge quaternaire qui masquent les
formations crayeuses et sont caractéristiques essentiellement du département du
Nord (Carte)
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Carte géologique simplifiée du Nord Pas de Calais. Le département du Nord se
caractérise par des dépôts de sables et d’argiles tertiaires (figurés en orange sur
la carte) et de limons quaternaires (figurés en bleu clair), qui recouvrent les
couches crayeuses (représentées en vert clair), caractéristiques des paysages du
Pas de Calais
Aux terminaisons Ouest et Est de ce bombement faillé, l’érosion a mis à
l’affleurement des séries plus anciennes respectivement d’âge jurassique
(boutonnière du Boulonnais) et paléozoique (Boulonnais et Avesnois). Les
formations paléozoiques de l’Avesnois constituent la terminaison occidentale des
Ardennes.
C'est au Quaternaire que le Nord Pas de Calais acquière sa morphologie
actuelle : pendant les périodes interglaciaires du Pleistocène, le réseau
hydrographique actuel se met en place. La boutonnière du Boulonnais est
érodée, les formations tertiaires supérieures réduites à l'état de buttes-témoins
(Monts des Flandre). Pendant les épisodes glaciaires, la région NPC est dans un
contexte périglaciaire ; il se dépose une épaisse couche de loess, poussière
éolienne, communément appelée limon des plateaux, empâtant les paysages
et recouvrant la plupart des formations plus anciennes. A l'Holocène, on assiste
au comblement progressif de petits estuaires côtiers par des argiles, des sables et
des tourbes (« sables pissards »), pour aboutir dans des temps historiques (Moyen-
âge) à la mise en place des cordons dunaires qui protègent les plaines côtières
et donnent au linéaire côtier sa configuration actuelle.
L’occupation humaine a finalisé cette configuration tant par les aménagements
qui ont été faits sur le réseau hydrographique, (drainage des plaines alluviales,
canalisation, interfluves,…) que par les traces de sa forte activité minière et
industrielle.
Les failles qui structurent l’anticlinal de l’Artois sont vraisemblablement enracinées
dans les séries paléozoiques sous les formations mésozoiques et tertiaires,
intensément déformées plissées et écaillées par l’orogenèse hercynienne.
Riche en gisements de charbon, cet ensemble paléozoique profond constitue le
Bassin Minier, qui a été intensément exploité au dix-neuvième et au vingtième
siècles, la dernière exploitation ayant fermée en fin des années 1980.
Mais la craie aussi a été, dans des époques historiques, largement exploitée
comme pierre de taille ou comme amendement. La particularité de cette
exploitation, abandonnée progressivement à la fin du 19° siècle est d’avoir été
faite en souterrain, laissant ainsi des sous-cavages constitués de carrières
souterraines, de marnières, de galeries, de puits…
Enfin, les sables et argiles du Tertiaire ont également fait l’objet de nombreuses
exploitations pendant le 20° siècle. Leur nombre a considérablement diminué
dans les dix dernières années, de la même façon que les exploitations de limons
pour la terre à brique.
POUR EN SAVOIR PLUS
Pour en savoir plus sur le risque mouvement de terrain, consultez le site des
directions régionales DIREN, DRE et du MEDAD.
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LE RISQUE MOUVEMENT DE TERRAIN DANS LE
DEPARTEMENT
LES MOUVEMENTS DE TERRAIN DANS LE DEPARTEMENT
Le département peut être concerné par plusieurs types de mouvements de
terrain :
Les tassements et affaissements de sols compressibles
Certains sols compressibles peuvent se tasser sous l'effet de surcharges
(constructions, remblais) ou en cas d'assèchement (drainage, pompage). Ce
phénomène est à l'origine du tassement de sept mètres de la ville de Mexico et
du basculement de la tour de Pise.
Le retrait-gonflement des argiles
Sous l'effet de certaines conditions météorologiques (précipitations insuffisantes,
températures et ensoleillement supérieurs à la normale), les horizons superficiels
du sous-sol peuvent se dessécher plus ou moins profondément. Sur les formations
argileuses, cette dessiccation se traduit par un phénomène de retrait, avec
création d'un réseau de fissures parfois très profondes. Lorsque ce phénomène se
développe sous le niveau de fondation d'une construction, la perte de volume
du sol support génère des tassements différentiels qui peuvent entraîner une
fissuration du bâti.
Le Nord, particulièrement touché par ce phénomène, est placé par la Caisse
Centrale de Réassurance en 5ème position nationale à la fois par le nombre
d'arrêtés pris à ce jour et par le coût cumulé des indemnisations. Sur les 653
communes du département, environ 1/3 ont en effet déjà fait l'objet d'une
reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle au titre du retrait-gonflement.
60
LEGENDE
1. Evapotranspiration
2. Evaporation
3. Absorption par les racines
4. Couches argileuses
5. Feuillets argileux
6. Eau interstitielle
Les glissements de terrain
Ils se produisent généralement en situation de forte saturation des sols en eau. Ils
peuvent mobiliser des volumes considérables de terrain, qui se déplacent le long
d'une pente
Dans le département, les risques de glissement sont localisés pour l'essentiel en
Flandre intérieure, dans les zones de terrains argileux sur les versants des Monts de
Flandre : Montagne de Watten, Mont Cassel et Mont Noir.
Dans tout ce secteur, le risque est surtout potentiel et ne semble réellement
concerner que les versants à forte pente pour la région : au moins 8 à 10°.
Aucune étude spécifique ni aucun suivi n'ont été effectués, sauf pour certains
glissements étudiés par le CETE, Notamment à Cassel et Watten.
Les effondrements de cavités souterraines
112 communes du département du Nord sont affectées par la présence de
cavités souterraines sur leur territoire. Sont principalement concernés les
arrondissements de Cambrai, Lille et Valenciennes.
Quelques bancs d'une craie phosphatée, plus résistante que la craie
encaissante, situés au contact des étages turonien et sénonien, ont constitué
dans le passé la seule source de pierre à bâtir pour une grande partie de la
région. Enfouis le plus souvent à des profondeurs comprises entre 5 et 30 m., ces
bancs étaient exploités en carrières souterraines, généralement aux abords des
agglomérations.
L'exploitation souterraine de ces niveaux crayeux particuliers pour la confection
de pierre à bâtir se complétait dans certains secteurs par celle de la craie
blanche sus-jacente pour la fabrication de chaux et l'amendement des terres
agricoles.
Ces carrières actuellement abandonnées furent également utilisées, par le
passé, comme refuges pendant les guerres.
Deux grands types d'exploitation peuvent être distingués :
- une exploitation dite en galeries et piliers, dans le Cambrésis, le
Valenciennois et l'est de Lille ;
- une exploitation dite en "bouteilles" (ou catiches) dans les régions de
l'ouest, de l'est et du sud de Lille.
La stabilité des piliers et des terrains surmontant les cavités peut se dégrader par
suite de fracturation ou fragilisation des piliers sous l'influence des eaux, et
provoquer en surface des effondrements, tassements, affaissements ponctuels à
caractère imprévisible et brutal, pouvant atteindre une vingtaine de m. de
diamètre et une profondeur de plus de 10 m.
Des affaissements peuvent également se produire sur des superficies plus vastes.
61
Ils sont cependant moins fréquents.
Ces effondrements et affaissements peuvent donc provoquer des dommages
importants aux constructions, en mettant en cause la sécurité des personnes.
D’autres cavités peuvent provoquer des mouvements de terrain identiques. Il
s’agit d’ouvrages militaires, pour la plupart datant de la Grande Guerre, et
d’abris civils affectant généralement des secteurs faiblement urbanisés.
Les risques spécifiques à l'ancien bassin minier
- les affaissements miniers
Toute exploitation minière s'accompagne en surface de mouvements du sol
entraînant des contraintes (extension, compression) désignés par le terme
d'affaissements miniers.
Ces affaissements ne sont pas constants en tous points de la surface et s'étalent
dans le temps.
Dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, ces mouvements ont été identifiés,
surveillés et contrôlés par Charbonnages de France. Ils se produisent dans un
délai maximal de 5 ans (surtout la 1ère année) après la fin des travaux
d'exploitation du sous-sol (cf rapport INERIS SSE-99-2 5E PBC/R02 du 13 avril 1999).
L'exploitation minière ayant complètement cessé depuis 1990, l'essentiel des
affaissements consécutifs à l'abandon des galeries a eu lieu et les mouvements
actuels ne peuvent pas être distingués du "bruit de fond" des mouvements
naturels du sol.
LES PPRM L'effet secondaire de ces affaissements est cependant une modification de la
topographie et de l'hydraulique de surface pouvant générer des inondations
Institués par l’article 94 du évoquées dans le chapitre « risques inondations dans le département ».
code minier, les PPRM Par ailleurs, la mise en sécurité des anciens puits de mine matérialisés a été
permettent de rassembler la
réalisée par Charbonnages de France.
connaissance des risques dus
aux anciennes exploitations
minières sur un territoire - les puits de mine (66 communes du département sont concernées)
donné, de délimiter les zones
qui y sont exposées et d’y Les puits de mine arrêtés ont été traités par remblayage, soit total, soit partiel, sur
définir les conditions de
serrement. Les puits matérialisés ont ensuite été couverts d'une dalle de béton
construction, d’occupation
et d’utilisation des sols, ainsi
armé comportant des orifices pour le contrôle du tassement de remblais et de la
que les mesures relatives à composition de l'atmosphère.
l’aménagement, à Les risques présentés par ces puits abandonnés, même remblayés et couverts
l’utilisation ou à l’exploitation d'une dalle, sont les suivants :
- pénétration de personnes ;
- émanation de grisou issu des anciens travaux d'exploitation ;
- déstabilisation du terrain autour de l'orifice avec possibilité de formation
d'un cône d’effondrement.
Ces aléas ne peuvent être ignorés, mais ils sont d'une très faible probabilité.
Les zones d’aléas sont en cours d’examen par l’Etat. Elles pourront faire l’objet
d’un PPR minier (PPRM).
Actuellement des zones d’intervention d’un rayon minimum de 15 m pour les
puits matérialisés et 30 m pour les puits non matérialisés ont été arrêtées.
Les contrôles des puits miniers matérialisés sont réalisés par le département DPSM
du BRGM pour le compte de l’Etat depuis le 1er janvier 2008.
62
Les écroulements et chutes de blocs
L'évolution des falaises et des versants rocheux engendre des chutes de pierres
(volume inférieur à 1 dm3), des chutes de blocs (volume supérieur à 1 dm3) ou
des écroulements en masse (volume pouvant atteindre plusieurs millions de m3).
Les blocs isolés rebondissent ou roulent sur le versant, tandis que dans le cas des
écroulements en masse, les matériaux " s'écoulent " à grande vitesse sur une très
grande distance (cas de l'écroulement du Granier en Savoie qui a parcouru une
distance horizontale de 7 km).
Les coulées boueuses et torrentielles
Elles sont caractérisées par un transport de matériaux sous forme plus ou moins
fluide. Les coulées boueuses se produisent sur des pentes, par dégénérescence
de certains glissements avec afflux d'eau. Les coulées torrentielles se produisent
dans le lit de torrents au moment des crues.
L’érosion littorale
Ce phénomène naturel affecte aussi bien les côtes rocheuses par glissement et
effondrement de falaise que les côtes sableuses soumises à l'érosion par les
vagues et les courants marins.
. Le littoral du Nord connaît, dans sa partie est, un phénomène de
désensablement. A l'ouest de la zone industrialo-portuaire de Dunkerque, dans sa
partie Pas-de-Calais, le phénomène inverse d'engraissement peut s'observer
(dune de l'ancienne digue de Oye-Plage, dune amont de Wissant, estuaires).
Ceci se traduit par un recul de la mer de l'ordre de 30 m. de 1947 à 1977 entre
Gravelines et Calais.
D'une façon générale, l'essentiel des côtes sableuses et des falaises est en
érosion.
Cette dégradation du littoral Nord ne menace pas toutefois directement les
riverains. Il s'agit de terrains naturels, non bâtis, protégés au titre des sites et
propriété de collectivités ou d'organismes publics.
Le phénomène ne saurait être qualifié de risque majeur.
L’HISTORIQUE DES PRINCIPAUX MOUVEMENTS DE TERRAIN DANS LE
DEPARTEMENT
date départ commune (s) intitulé
Affaissements et
01-déc-02 62 Hénin-Beaumont effondrement de terrain
20-janv-03 62 Ledinghem - Beaumont effondrement
21-janv-03 62 Nédonchel effondrement
11-févr-03 62 Servins effondrement
Affaissements et
14-févr-03 62 Hébuternes effondrement de terrain
Mouvement de
12-mars-03 59 VIESLY terrain/nappe
12-mars-03 62 Lebucquière effondrement
Mouvement de
14-mai-03 62 Boiry-Becquerelle terrain/nappe
63
Mouvements de terrain
consécutifs à la
01-août-03 62 Ardres sécheresse
01-sept-03 62 Auxi-le-château Mouvement de terrain
Mouvements de terrain
consécutifs à la
01-sept-03 62 Etaples sécheresse
01-sept-03 62 Givenchy-en-Gohelle effondrement
Mouvements de terrain
consécutifs à la
01-sept-03 62 MUNCQ NIEURLET sécheresse
01-janv-04 62 Vitry en Artois effondrement
RIENCOURT-LES-
01-juin-04 62 CAGNICOURT effondrement
01-oct-04 62 Henin-beaumont effondrement
01-oct-04 62 Etaples effondrement
01-janv-05 62 Beugny Mouvement de terrain
4-avr-06 62 Fresnicourt effondrement
12-mai-06 62 Souchez effondrement
03-août-06 62 Laires effondrement
25-août-06 62 Méricourt effondrement
01-sept-06 62 Neuvireuil effondrement
21-déc-06 62 Buire le Sec effondrement
04-juil-07 62 Saint Martin d'Hardhinghem Mouvement de terrain
10-juil-07 62 Estreux effondrement
Mouvement de terrain et
Inondation par
débordement de cours
14-août-07 62 Choques d’eau
27-août-07 62 Hermies effondrement
04-sept-07 62 Biache Saint Vaast effondrement
11-sept-07 62 Estreux effondrement
20-sept-07 62 Lièvin effondrement
02-oct-07 62 Estreux effondrement
29-oct-07 59 Nortkerque Mouvement de terrain
14-nov-07 59 Nortkerque Mouvement de terrain
21-nov-07 62 Rocquigny Effondrement
22-nov-07 62 Samer Effondrements
20 DEC 2007 62 Bihucourt Effondrement
03-janv-08 62 Bruay la buissiere Effondrement
64
05 FEV 2007 62 Harnes Effondrement
28-avr-08 62 Calonne Ricouart Effondrement
12-juin-08 62 Vitry en Artois Effondrement
23-juin-08 62 Puisieux Effondrement
02-juil-08 59 Nortkerque Mouvement de terrain
22-juil-08 59 Lezennes Effondrement
23-juil-08 62 Willerval Effondrement
26-août-08 62 Mercatel Effondrement
23-sept-08 59 Wahagnies Effondrement
01-oct-08 59 Thun Saint-Martin Effondrement
20-oct-08 59 Wasnes-au-Bac Effondrement
21-oct-08 59 Marly Effondrement
22-oct-08 62 Duisans Effondrement
30-oct-08 59 Beugny Effondrement
21-nov-08 59 Gouzeaucourt Effondrement
24-nov-08 59 Cantaing/Escaut Effondrement
12-janv-09 62 Beaumetz-lès-Cambrai Effondrements
Remarque 1 : Les événements listés dans ce tableaux sont les événements pour
lequel le BRGM a été missionné pour formuler un avis sur leur nature, et ne
constitue pas une liste exhaustive des mouvements de terrains apparus sur le
territoire ;
Remarque 2 : Le relevé et le suivi des interventions du BRGM n’est complet que
depuis l’année 2007 ; les informations concernant les années antérieures ont été
reconstituées à partir d’archives internes ;
Remarque 3 : Jusqu’en 1987, le BRGM n’intervenait pas dans le département du
Nord, qui bénéficiait du SDICS. Ce n’est qu’à partir de 2008, lorsque le SDICS a
été transformé en SEISM avec compétence sur le seul domaine routier public,
que le BRGM a été sollicité pour intervenir dans le département du Nord.
Le BRGM a entrepris en 2008 de mettre en banque de données (CAVISOUT) les
informations relatives aux cavités souterraines du département du Nord. Cette
opération devrait s’achever fin 2009.
D.4 – LES ACTIONS PREVENTIVES DANS LE DEPARTEMENT
La connaissance du risque
Témoignages oraux, analyse d’archives, enquêtes terrain, études diverses
hydrogéologiques, géotechniques, sondages, photo-interprétation, permettent
de mieux connaître le risque et de le cartographier :
65
- L’inventaire des mouvements de terrain connus avec base de données
départementales ou nationale,
- La cartographie communale des cavités souterraines et marnières,
- L’inventaire avec base de données nationale des cavités,
- Le repérage des zones exposées avec réalisation d’un atlas départemental
des zones susceptibles d’être concernées par des mouvements de terrain,
- L’inventaire et base de données nationale du phénomène de retrait-
gonflement,
Un arrêté préfectoral du 15
mars 1977 a défini pour le - Les études spécifiques dans le cadre de PPR mouvement de terrain ou de
département la liste et la PPR minier.
délimitation des secteurs des
communes affectées ou
susceptibles d'être affectées La surveillance et la prévision des phénomènes
par d'anciennes carrières
souterraines. Pour les mouvements présentant de forts enjeux, des études peuvent être
La dernière délimitation des menées afin de tenter de prévoir l'évolution des phénomènes. La réalisation de
périmètres date de campagnes géotechniques précise l'ampleur du phénomène.
décembre 1999. La mise en place d'instruments de surveillance (inclinomètre, suivi topographique
…), associée à la détermination de seuils critiques, permet de suivre l'évolution du
phénomène, de détecter une aggravation avec accélération des
déplacements et de donner l'alerte si nécessaire. La prévision de l'occurrence
d'un mouvement limite le nombre de victimes, en permettant d'évacuer les
habitations menacées, ou de fermer les voies de communication vulnérables.
[Link] Néanmoins, la combinaison de différents mécanismes régissant la stabilité, ainsi
que la possibilité de survenue d'un facteur déclencheur d'intensité inhabituelle
rendent toute prévision précise difficile.
[Link]
Travaux pour réduire les risques
Parmi les mesures prises ou à prendre pour réduire l’aléa mouvement de terrain
ou la vulnérabilité des enjeux (mitigation) on peut citer :
[Link]
Æ Les mesures collectives et individuelles
La maîtrise d'ouvrage des travaux de protection, lorsque ceux-ci protègent des
intérêts collectifs, revient aux communes dans la limite de leurs ressources.
Dans le cas contraire, les travaux sont à la charge des particuliers, propriétaires
des terrains à protéger. Le terme « particulier » désigne les citoyens, mais
également les aménageurs et les associations syndicales agréées. En cas de
carence du maire, ou lorsque plusieurs communes sont concernées par les
aménagements, l'État peut intervenir pour prendre les mesures de police.
- Contre les éboulements et chutes de blocs : amarrage par câbles ou nappes
de filets métalliques ; clouage des parois par des ancrages ou des tirants ;
confortement des parois par massif bétonné ou béton projeté ; mise en place
d’un écran de protection (merlon, digue pare-blocs, levée de terre) ou d’un
filet pare-blocs associé à des systèmes de fixation à ressort et de boucles de
freinage ; purge des parois.
- Dans le cas de glissement de terrain, réalisation d’un système de drainage
(tranchée drainante …) pour limiter les infiltrations d’eau ; murs soutènement
en pied ;
- Contre le risque d’effondrement ou d’affaissement : après sondages de
reconnaissance, renforcement par piliers en maçonnerie, comblement par
coulis de remplissage, fondation profondes traversant la cavité, contrôle des
infiltrations d’eau, suivi de l’état des cavités.
- Contre le retrait-gonflement : en cas de construction neuve, après étude de
sol : fondations profondes, rigidification de la structure par chaînage…pour les
bâtiments existants et les projets de construction : maîtrise des rejets d’eau,
66
contrôle de la végétation en évitant de planter trop prés et en élaguant les
arbres.
- Erosion littorale : mise en place d’enrochements, d’épis.
- Coulées boueuses : drainage des sols, végétalisation des zones exposées au
ravinement, correction torrentielle.
Souvent, dans les cas de mouvements de grande ampleur, aucune mesure de
protection ne peut être mise en place à un coût réaliste. La sécurité des
personnes et des biens doit alors passer par l'adoption de mesures préventives.
La prise en compte dans l’aménagement
Elle s’exprime à travers trois documents.
Æ Le SCOT (schéma de cohérence territoriale) (voir point II.5 du chapitre
introductif sur les risques naturels ou technologiques majeurs)
Æ Le plan de prévention des risques
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) mouvement de terrain
(ou PPR minier pour les zones exposées au risque d’effondrement minier), établi
par l'État, définit des zones d'interdiction et des zones de prescription ou
constructibles sous réserve. Il peut imposer d'agir sur l'existant pour réduire la
vulnérabilité des biens.
Le PPR s'appuie sur deux cartes : la carte des aléas et la carte de zonage. Celle-
ci définit trois zones :
- La zone inconstructible (habituellement représentée en rouge) où, d'une
manière générale, toute construction est interdite en raison d'un risque trop
fort ;
- La zone constructible avec prescription (habituellement représentée en bleu)
où l'on autorise les constructions sous réserve de respecter certaines
prescriptions ;
- La zone non réglementée car, dans l’état actuel des connaissances, non
exposée.
Le PPR peut également prescrire ou recommander des dispositions constructives
telles que l’adaptation des projets et de leurs fondations au contexte géologique
local, des dispositions d’urbanisme, telles que la maîtrise des rejets d’eaux
pluviales et usées, ou des dispositions concernant l’usage du sol.
D ETAT D'AVANCEMENT DES PPR MOUVEMENTS DE TERRAIN DANS LE
DEPARTEMENT DU NORD
Entre 1988 et 1994, 12 communes de l’arrondissement de Lille ont vu approuvé sur
leur territoire un PER « carrières souterraines ». Ce PER a valeur de PPR.
PER CARRIERES SOUTERRAINES DU BASSIN LILLOIS
FACHES-THUMESNIL RONCHIN
HELLEMMES SECLIN
LESQUIN TEMPLEMARS
LEZENNES ( LILLE) VENDEVILLE
LILLE VILLENEUVE-D’ASCQ
LOOS WATTIGNIES
Le 21 janvier 2008, un PPR mouvements de terrain (cavités souterraines) a été
approuvé sur 5 communes de l’arrondissement de Valenciennes.
PPR MOUVEMENTS DE TERRAIN DU VALENCIENNOIS
ANZIN SAINT-SAULVE
MARLY VALENCIENNES
PETITE-FORET
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Æ Le document d'urbanisme
Le Code de l'urbanisme impose la prise en compte des risques dans les
documents d'urbanisme. Ainsi, les plans locaux d'urbanisme (PLU) permettent de
refuser ou d'accepter sous certaines conditions un permis de construire dans des
zones soumises au risque mouvement de terrain.
L’information et l’éducation sur les risques
Æ L’information préventive
En complément du DDRM, pour les communes concernées par l’application du
décret, le préfet transmet au maire les éléments d’information concernant les
risques de sa commune, au moyen de cartes au 1/25.000 et décrit la nature des
risques, les événements historiques, ainsi que les mesures d'État mises en place.
Le maire élabore un document d'information communal sur les risques majeurs
(DICRIM). Ce document reprend les informations transmises par le préfet et
présente les mesures de prévention et les mesures spécifiques incluses dans le
plan communal de sauvegarde élaboré par le maire.
Le maire définit les modalités d’affichage du risque mouvement de terrain et des
consignes individuelles de sécurité. Il organise des actions de communication au
moins tous les deux ans en cas de PPR naturel prescrit ou approuvé.
Æ L’information des acquéreurs ou locataires sur l’état des risques lors des
transactions immobilières à la charge des vendeurs ou bailleurs est une double
obligation pour les biens situés dans un périmètre de PPR mouvement de terrain
[Link] ou minier ou ayant fait l’objet d’une reconnaissance de CAT NAT mouvement de
terrain.
A noter que toute personne ayant la connaissance de l’existence d’une cavité
souterraine ou d’une marnière sur son terrain doit en informer la mairie.
´ L’éducation et la formation sur les risques
- Information-formation des professionnels du bâtiment, de l’immobilier, des
notaires, géomètres, des maires …,
- Actions à l’éducation nationale. L’éducation à la prévention des risques
majeurs est une obligation dans le cadre de l’éducation à l’environnement
pour un développement durable et de l’éducation à la sécurité civile.
D.4.6 Le retour d’expérience
L’objectif est de tirer les enseignements des mouvements de terrain passés pour
les dispositions préventives.
L’ORGANISATION DES SECOURS DANS LE DEPARTEMENT
Au niveau départemental
Lorsque plusieurs communes sont concernées par une catastrophe, le plan de
secours départemental (plan Orsec) est mis en application. Il fixe l’organisation
Affiche communale de la direction des secours et permet la mobilisation des moyens publics et privés
et consignes nécessaires à l’intervention. Au niveau départemental, c’est le préfet qui élabore
et déclenche le plan ORSEC ; il est directeur des opérations de secours.
En cas de nécessité, il peut faire appel à des moyens zonaux ou nationaux.
Au niveau communal
C'est le maire, détenteur des pouvoirs de police, qui a la charge d'assurer la
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sécurité de la population dans les conditions fixées par le code général des
collectivités territoriales.
Au niveau individuel
Æ Un plan familial de mise en sûreté. Afin d’éviter la panique lors d’un
mouvement de terrain un tel plan, préparé et testé en famille, permet de mieux
faire face en attendant les secours. Ceci comprend la préparation d'un kit,
composé d'une radio avec ses piles de rechange, d'une lampe de poche, d'eau
potable, des médicaments urgents, des papiers importants, de vêtements de
rechange et de couvertures. Une réflexion préalable sur les itinéraires
d'évacuation, les lieux d'hébergement complètera ce dispositif. Le site [Link]
donne des indications pour aider chaque famille à réaliser ce plan.
CARTOGRAPHIE DES COMMUNES CONCERNEES PAR LE RISQUE
MOUVEMENT DE TERRAIN
Cf pages suivantes
LES CONTACTS
- Préfecture du Nord - SIRACEDPC
- DDE
- DIREN
- DRIRE
- DDSI
POUR EN SAVOIR PLUS
Pour en savoir plus sur le risque mouvement de terrain, consultez le site de la
direction départementale de l’équipement, de la direction régionale de
l’environnement…
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