THÈME 2 : LES EFFETS DU MARIAGE
SOUS-THEME1 : LES EFFETS EXTRAPATRIMONIAUX DU MARIAGE
Séance 3 : Commentaire décision reproduite au document n°2 ( Req. 2 janvier 1877)
Bas&en C. Bas&en
LA COUR ; - Sur le moyen unique... :
A<endu que si l'ar&cle 214 du Code civil impose à la femme l'obliga&on d'habiter avec son
mari, ce<e obliga&on est subordonnée à la condi&on que celui-ci lui donnera la protec&on qui
lui est due, qu'il lui fournira tout ce qui est nécessaire aux besoins de la vie, selon ses facultés
et son état ;
A<endu que par ces dernières expressions le législateur n'a pas borné sa sollicitude aux
besoins matériels de la vie, mais qu'il a entendu protéger également la dignité et la sécurité
de la femme ;
A<endu que l'arrêt a<aqué déclare en fait que la présence dans le domicile du sieur Bas&en
de personnes étrangères, la situa&on qu'il leur a faite dans son intérieur, l'espèce d'autorité
qu'il leur a<ribue sur l'enfant né de son mariage et sur sa femme, sont de nature à blesser
celle-ci dans sa dignité et à lui faire dans le domicile commun une posi&on intolérable ; A<endu
que, dans ces circonstances, la Cour de Douai a pu, sans violer aucun principe, autoriser la
dame Bas&en à se re&rer dans sa famille jusqu'à ce que les personnes dont il s'agit aient qui<é
le domicile conjugal, et contraindre le mari à lui payer jusqu'alors une pension mensuelle ;
- A<endu qu'une telle disposi&on n'établit point entre les époux une sépara&on de corps
illicite, en les dispensant contrairement à la loi du devoir de la vie commune ; qu'elle a pour
objet d'assurer l'exécu&on réciproque de ce devoir dans les condi&ons d'assistance et de
protec&on qui sont tracées aux époux par la loi ;
A<endu, dès lors, que l'arrêt a<aqué ne viole aucun des ar&cles invoqués ;
REJETTE... ".
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Problème juridique :
La Chambre des requêtes de la Cour de cassa3on française devait dire si le fait pour une
femme de bénéficier d’une autorisa3on judicaire provisoire de se re3rer chez sa famille pour
des raisons de dignité et de sécurité était cons3tu3f d’une sépara3on de corps illicite entre
les époux.
Réponse de la Chambre des requêtes de la Cour de cassaVon française :
La Chambre des requêtes de la Cour de cassa3on française a répondu par la néga3ve, aux
mo3fs que les mesures judiciaires provisoires de dispense d’habita3on par la femme avec
son mari étaient jus3fiées (I) et qu’il n’était pas établi l’existence d’une sépara3on de corps
illicite entre les époux (II).
I. LA JUSTIFICATION DES MESURES JUDICIAIRES PROVISOIRES DE DISPENSE
D’HABITATION PAR LA FEMME AVEC SON MARI
A. L’a<einte à la dignité de la femme par le mari
B. La posi&on intolérable de la femme dans le domicile commun
II. LE NON-ETABLISSEMENT D’UNE SEPARATION DE CORPS ILLICITE ENTRE LES EPOUX
A. L’absence de dispense illégale de vie commune
B. L’exigence d’une exécu&on réciproque du devoir de la vie commune