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Colonnes en béton hautes performances en acier

Le confinement des bétons à hautes performances dans des tubes d'acier présente beaucoup d'intérêt tant du point de vue technique qu'économique. À partir d'un béton de 90 à 120 MPa de résistance à la compression, cette technique de confinement relativement simple et peu coûteuse permet d'atteindre des contraintes ultimes en compression de l'ordre de 170 à 300 MPa avec une ductilité appréciable.

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Colonnes en béton hautes performances en acier

Le confinement des bétons à hautes performances dans des tubes d'acier présente beaucoup d'intérêt tant du point de vue technique qu'économique. À partir d'un béton de 90 à 120 MPa de résistance à la compression, cette technique de confinement relativement simple et peu coûteuse permet d'atteindre des contraintes ultimes en compression de l'ordre de 170 à 300 MPa avec une ductilité appréciable.

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Colonnes en béton à hautes performances

confiné dans des enveloppes minces


en acier

Khaled LAHLOU
Ingénieur Ph. D.
Maître de conférences
Département Ponts, Chaussées et Transport
École Hassania des Travaux publics. Casablanca
(Maroc)

P i e r r e - C l a u d e AÏTCIN
Professeur titulaire
Université de Sherbrooke. Québec
(Canada)

Introduction
Les bétons à hautes performances ( B H P ) restent surtout
pour l'instant reconnus et utilisés pour leur haute résis-
tance en compression ou leur durabilité. A côté des utili-
sations dans le domaine des ponts, les colonnes des bâti-
ments à grande hauteur continuent à constituer une bonne
part du marché pour ce type de béton. Ce type d'applica-
tion correspond à ce que l ' o n peut qualifier d'utilisation
conventionnelle. Cependant, on voit depuis peu appa-
raître des formes structurales innovantes associées à de
nouvelles techniques de construction. C'est le cas, par
RESUME exemple, de l a structure légère en treillis tridimensionnel
Le confinement d e s bétons à hautes perfor- du Viaduc de Sylans en France [Richard et Cadoret,
mances dans d e s tubes d'acier présente 1992], de la structure mixte du noyau de la tour T w o
beaucoup d'intérêt tant du point de v u e t e c h -
nique qu'économique. À partir d'un béton d e Union Square à Seattle [Godfrey, 1987] et de l'arc funi-
90 à 120 M P a d e résistance à la compres- culaire du pont sur la Rance [de Champs et Monachon,
sion, cette technique de confinement relative-
ment simple et peu coûteuse permet d'at-
1992]. D e tels ouvrages, qui ont su adapter les formes
teindre d e s contraintes ultimes en compres- géométriques et les techniques de construction aux carac-
sion d e l'ordre d e 170 à 300 M P a avec une téristiques du matériau, cherchent à tirer meilleur parti de
ductilité appréciable.
la résistance en compression élevée des B H P .
Dans cet article nous étudions le comporte-
ment d e colonnes courtes fabriquées avec Toutefois le comportement post-pic des B H P sous com-
différents bétons et qui ont été confinées
dans d e s tubes circulaires en acier. Nous pression uniaxiale continue à préoccuper les utilisateurs
présentons et analysons des résultats expé- potentiels de ces bétons. C e type de béton est perçu
rimentaux qui montrent l'influence d e la comme étant trop fragile et non sécuritaire. Or, m ê m e
résistance en compression du béton, du
degré d e confinement, du mode d e charge- dans les applications structurales où les éléments travail-
ment et d e l'interaction tube-béton sur la lent uniquement en compression, le béton n'est jamais
résistance, la déformabilité et la ductilité d e
ce type d e colonnes.
utilisé seul. O n lui associe toujours des armatures pour
lui assurer une certaine ductilité et pour reprendre toutes
M O T S C L É S : 32 - Béton hautes perfor-
mances - Tube (conduite) - Acier - Ductilité -
les contraintes de traction. De façon particulière, l a sécu-
Résistance (mater.) - Compression rité des colonnes en béton armé est obtenue grâce au
Contrainte - Comportement - Charge -/Confi- confinement de leur section transversale par des étriers
nement - Interaction tube-béton.
ou des armatures en spirale. Cette disposition confère

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1 9 9 7 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7 4 9


aux colonnes un comportement post-pic suffi- L'édifice T w o U n i o n Square à Seattle est un
samment ductile pour résister sans s'effondrer de immeuble de 88 étages dont la structure verticale
façon catastrophique à des chargements acciden- est formée de grands tubes d'acier de diamètre
tels. Cette solution est é c o n o m i q u e et donne de allant j u s q u ' à 3 m et d ' é p a i s s e u r variant j u s q u ' à
bons résultats pour des bétons conventionnels 16 m m , remplis d'un béton à très haute perfor-
ayant une résistance en compression de 40 M P a mance ( / ' = 130 M P a ) . Il a coûté 30 % de
c 5 6

ou moins, mais devient particulièrement contrai- moins qu'une structure conventionnelle


gnante dès que la résistance en compression aug- [Gaudfrey, 1987]. R é c e m m e n t en Australie, une
mente de façon notable puisque, pour réaliser un étude comparative très intéressante a été réalisée
confinement adéquat, cela conduit à un engorge- à l'occasion de la construction d'un bâtiment de
ment des aciers d'armature [Cusson et ai, 1992]. 43 étages. Cette étude a montré, comme on peut
le voir dans le tableau I, qu'en remplissant un
L a solution que l ' o n se propose de présenter
tube d'acier avec du béton à hautes performan-
dans le cadre de cet article consiste plutôt à sup-
ces, on obtient une solution très é c o n o m i q u e
primer toute armature à l'intérieur du béton et à
pour construire des colonnes dans les bâtiments
chercher à le confiner dans une mince enveloppe
métallique extérieure. Ce type de confinement de grande hauteur [Webb, 1993].
continu nous paraît plus approprié pour les B H P De meilleurs coûts pourraient encore être obtenus
qui présentent, sous compression uniaxiale, un sur des variantes structurales et avec des techni-
comportement post-pic plus instable que les ques mieux adaptées car, j u s q u ' à présent, les com-
bétons conventionnels. paraisons comme celles qui sont reportées plus
D u point de vue structural, cette solution est très haut sont restées limitées. D'une part, ces compa-
avantageuse, puisqu'elle permet de reprendre raisons couvrent des projets bien spécifiques et,
une grande part de la charge axiale par le B H P . d'autre part, elles se basent sur des m o d è l e s de
De plus, l'acier sera très efficacement utilisé conception calqués sur ce qui se faisait avec les
puisque, d'une part, i l travaillera en mode biaxial bétons conventionnels. De plus, ces comparaisons
et, d'autre part, i l pourra être e m p l o y é sous ne tiennent pas compte des é c o n o m i e s indirectes
forme de tôle roulée et soudée. (cadences de construction, durabilité, ...).

Sur le plan pratique, i l suffit de remplir des tubes L a technique du béton confiné dans une enve-
d'acier inoxydables ou non selon les conditions loppe mince c o m b i n é e à la préfabrication et à la
environnementales avec du béton à hautes perfor- post-contrainte intérieure et extérieure pourrait
mances, le tube jouant alors le rôle de coffrage ramener la construction de structures en treillis à
perdu. O n réalise donc une première é c o n o m i e au un simple montage m é c a n i q u e .
niveau de la fabrication des coffrages, de la mise
en place du béton et de son mûrissement. Étant
donné q u ' i l n'y a plus besoin de placer des arma- Renouveau des colonnes
tures dans le béton, on réalise aussi une é c o n o m i e
supplémentaire de m a i n - d ' œ u v r e au niveau de la en profilés creux remplis de béton
pose des armatures. L e montage relativement L'utilisation des profilés creux remplis de béton
simple des tubes et le pompage du béton sans n'est pas une idée nouvelle en soi ; elle date du
vibration que permet ce système de construction début du siècle. A cette époque, on cherchait sur-
assurent de meilleures cadences pour l'avance- tout à protéger les poteaux métalliques creux
ment des chantiers. Ces économies compensent contre la corrosion interne. L a participation du
largement le surcoût des protections anti-feu par- béton à la capacité portante du poteau n'était pas
fois requises pour le tube en acier [Webb, 1993]. prise en compte dans les calculs. Sewel [1902] et

TABLEAU I
C o û t relatif d e d i f f é r e n t s t y p e s d e c o l o n n e s d e m ê m e c a p a c i t é p o r t a n t e ( d ' a p r è s W e b b , 1 9 9 3 )

I
Acier
120 60 120
f = 350
y

0,79 0,98 0,71 2,21

50
BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 209 - MAI-JUIN 1997 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7
Burr [1912], qui entreprirent des essais sur ce comme le montrent aussi les quelques essais
type d ' é l é m e n t s , remarquèrent toutefois que l'as- effectués par Furlong [1967] et Chan [1984].
sociation du béton au profilé métallique tendait à
Toutefois, ce mode de fonctionnement des tubes
augmenter la résistance et la rigidité de l'en-
d'acier remplis de béton n'est valable que lorsque
semble profilé-béton. Par la suite, l'utilisation et
la charge est appliquée simultanément sur le
le calcul des colonnes en profilés creux remplis
béton et l'acier. Si la charge n'est appliquée que
de béton ont connu des développements impor-
sur le béton, le comportement est différent et l'ef-
tants ; à ce sujet, on peut citer les travaux de
ficacité du confinement devrait être meilleure
Furlong [1967], Sen [1969], Knowles et Park
[Bode 1976 ; Cederwall et al. 1990]. Gardner et
[1970], Janss [1970], V i r d i et D o w l i n g [1976].
Jacobson [1967], qui ont réalisé quelques essais
On pourra trouver une revue détaillée de la litté- sur des cylindres de 75 x 150 mm contenant un
rature publiée à ce sujet dans Lahlou [1994]. béton de 30 M P a , n'ont pourtant relevé aucune
M i s à part quelques travaux très récents et différence significative de comportement entre
limités [Fukuzawa et al, 1987 ; Thorenfeldt et des cylindres où la charge était appliquée sur le
Tomaszewicz, 1989 ; Cederwal et ai, 1990 ; béton seul et des cylindres où la charge était
C a i et ai, 1990 ; Webb, 1993], la quasi-totalité appliquée à la fois sur le béton et l'acier.
des résultats concerne un remplissage en béton Cependant des résultats plus récents publiés par
usuel dont la résistance en compression ne deux équipes japonaises confirment, par contre,
dépasse guère les 40 M P a . Il nous est apparu l'effet des conditions de chargement sur la
intéressant de voir si les colonnes constituées de réponse en compression centrée de courts
tubes remplis avec un béton à hautes perfor- poteaux mixtes. Orito et al. [1987] ont effectué
mances continueront à se comporter de la m ê m e des essais en compression centrée sur des tubes
façon qu'avec un remplissage en béton usuel. de 114,3 m m de diamètre, de 600 mm de hau-
teur et de 5,2 m m d'épaisseur contenant un béton
D ' u n autre côté, et j u s q u ' à présent, une colonne
de 52 M P a de résistance en compression. Par ail-
mixte était c o n ç u e comme l'association d'un
leurs, Sakino et al. [1988] ont réalisé d'autres
profilé en acier qui joue un rôle structural majeur
essais en compression centrée sur des tubes de
et d'un « remplissage » en béton qui « parti- diamètre 100 mm, de hauteur 200 m m et
cipe » à la résistance et à la protection contre la d'épaisseur 0,4, 2,9 et 6 m m contenant des
corrosion de l ' é l é m e n t mixte. L a solution du bétons ayant une résistance en compression de 19
béton confiné qu'on se propose d'étudier i c i est et 38 M P a . Ces deux équipes de chercheurs ont
c o m p l è t e m e n t différente. C'est plutôt un maté- alors observé une augmentation de la charge
riau composite où l'acier sert seulement à ultime a c c o m p a g n é e d'une diminution de la rigi-
confiner le béton pour augmenter, d'une part, la dité initiale apparente lorsque les colonnes sont
résistance ultime du composite et, d'autre part, chargées uniquement sur la section de béton.
sa ductilité sans avoir recours à des aciers d'ar- Cette augmentation de la charge ultime est encore
mature ou des fibres. plus importante lorsqu'une fine couche de graisse
S i jadis le confinement d'un béton de 20 à est interposée sur la surface latérale des éprou-
30 M P a était peu valorisant, de nos jours, le vettes entre le béton et l'acier. A partir de ces
confinement efficace d'un B H P de 120 M P a de résultats, T o m i i et Sakino [1988] concluent q u ' i l
résistance à la compression ou m ê m e d'un béton est plus efficace, du point de vue de la résistance
de poudres réactives ( B P R ) de 200 M P a de ultime, d'utiliser le tube comme armature trans-
résistance à la compression, [Richard et versale plutôt que comme armature longitudinale.
Cheyrezy, 1994], paraît très prometteur. Ces m ê m e s auteurs rapportent aussi une amélio-
ration spectaculaire du comportement hystéré-
tique (en résistance et en ductilité) des poteaux
Mécanisme de fonctionnement courts en béton armé dont les cadres ou les spi-
Knowles et Park [1970] ont étudié les paramètres rales ont été remplacés par un tube, et qui ont été
qui influencent le confinement radial du béton à soumis à un chargement cyclique en cisaillement.
l'intérieur d'un tube d'acier. Comme d'autres
chercheurs, ces auteurs sont d'avis qu'on ne peut Pour les applications parasismiques, les laponais
tenir compte du confinement du béton, dans le cas commencent déjà à confiner leurs colonnes cir-
d'une section circulaire, que lorsque la colonne a culaires en béton usuel armé par des tubes non
un élancement faible. Dans le cas de colonnes adhérents, en prenant le soin de faire supporter la
élancées, Knowles et Park expliquent que le tube charge par la section en béton armé seulement
d'acier flambe avant que le coefficient de Poisson [Tsukagoshi et al. 1990]. Il est alors permis de se
apparent du noyau en béton ne dépasse celui du poser la question dans le cas des B H P . Quelles
tube d'acier, c'est à dire avant q u ' i l y ait étreinte sont les dispositions les mieux adaptées pour
latérale sur le béton. Dans ce cas, l'adhérence tirer le meilleur rendement mécanique possible
entre le béton et le tube d'acier n'a aucune d'une colonne mixte, constituée d'un tube conte-
influence sur le comportement de l'élément, nant un béton à hautes performances ?

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIIIN 1997 - RÉF. 4109 - PP. 49-67 51
Programme expérimental
Une série d'essais a donc été effectuée pour étu-
dier le comportement mécanique de colonnes
* * *
courtes en béton confiné par des tubes circulaires á 11
I 'r , Graisse
en acier. L a résistance, la déformabilité et la
ductilité des colonnes ont été étudiées en tenant
compte de l'influence de la valeur de résistance - " J 1
. i "'
en compression du béton, du degré de confine- L' . „
ment apporté par le tube d'acier, du mode de
.! ¡* »
chargement et du type d'interaction entre le tube ! H

et le noyau en béton.

Nous avons choisi d'étudier le confinement de l -4 t


trois bétons différents que nous désignons par
B 5 0 , B 9 0 et B120 puisque leur résistance en ÏÏ^Ê 1^1
compression au moment de l'essai était de
l'ordre de 50, 90 et 120 M P a , respectivement.
Nous avons sélectionné cinq épaisseurs de tube Type A Type B Type C

d'acier de l'ordre de 1,2, 2,1, 3,2, 6,4 et 8,4 m m ,


Fig. 1 - Les modes de chargement des colonnes.
que nous avons n u m é r o t é e s respectivement 1, 2,
3, 4 et 5, par épaisseur croissante, pour faciliter
leur identification. Ces différentes épaisseurs ont
été choisies de façon à permettre l ' é t u d e simul- charge de compression et/ou la nature de l'inter-
tanée d'au moins trois niveaux d ' é p a i s s e u r et face acier-béton :
trois niveaux de confinement relatif par classe de s*- le type A correspond au cas où la charge est
béton. appliquée sur la totalité de la section acier +
béton sans aucune disposition particulière au
Ces niveaux de confinement sont exprimés par niveau de l'interface acier-béton,
un p a r a m è t r e que nous appellerons l'indice de
3* le type B correspond au cas où la charge est
confinement potentiel f qui représente le rap-
r
appliquée uniquement sur la section de béton
port de la contrainte potentielle maximale de
sans aucune disposition particulière au niveau de
confinement radial apporté par le tube à la
l'interface acier-béton,
résistance en compression du noyau en béton.
Cet indice est calculé en supposant que lorsque 3* le type C correspond au cas où la charge est
l'on atteint la charge maximale, le tube est suf- appliquée uniquement sur la section du béton où
fisamment plastifié pour que sa contrainte on a interposé une couche très mince de graisse
transversale atteigne la limite élastique f de y
entre le béton et le tube avant la mise en place du
l'acier [Knowles et Park, 1970]. M ê m e si cette béton frais dans le but de minimiser le transfert
dernière hypothèse s'avère non réaliste pour de la charge verticale au tube au début du char-
certaines configurations de colonnes, raison gement.
pour laquelle nous avons qualifié le confine- A i n s i dans la suite de ce texte tous les différents
ment de « potentiel », i l demeure que l'indice essais seront identifiés par la classe du béton, le
en question reste un moyen de comparaison rang d'épaisseur du tube et le type d ' é p r o u v e t t e .
facile. Il est défini comme suit : Chaque essai ayant été répété deux fois dans
chacun des cas, le n u m é r o de l'essai est alors
2t indiqué par le dernier chiffre. A i n s i , par exem-
f r (%) x 100
D - 2t f . ple, B90-3C1 désigne l'essai effectué sur la pre-
mière éprouvette de type C contenant un béton
ou : B 9 0 qui a été confiné dans un tube ayant le troi-
- f désigne l'indice de confinement potentiel,
r
sième niveau d'épaisseur. Dans le tableau II on
- t l'épaisseur du tube, trouve toutes les caractéristiques géométriques et
- D son diamètre extérieur, mécaniques propres à chaque colonne.
- f la limite élastique de l'acier,
- /' la résistance en compression du béton.
Matériaux et procédures
c

Trois types de configuration d ' é p r o u v e t t e dési-


gnés par les lettres A , B et C ont été testés. O n
expérimentales
retrouve dans la figure 1 une représentation Les compositions des trois bétons utilisés ainsi
schématique de ces trois types de configuration que leurs principales caractéristiques à l'état
qui diffèrent par la m é t h o d e d'application de la frais sont présentées dans le tableau III.

52 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1 9 9 7 - RÉF. 4 1 0 9 - p p . 4 9 - 6 7


TABLEAU II
C a r a c t é r i s t i q u e s d e s c o l o n n e s et r é s u l t a t s d e s e s s a i s

Colonnes en béton conventionnel B50

D-2t t f\ y N* d*
g Atot
f

Colonne (MPa) (MPa) (kN) (mm) N /N* N^N*


(mm) (mm)
y

(%) *w
B50-1B1 108,1 1,24 51,3 470 693 3,54 0,21 3 0,91 0,89 0,91
B50-1B2 108,1 1,24 52,1 470 701 3,37 0,21 3 0,92 0,87 0,99
B50-2B1 108,1 2,05 51,3 470 846 4,16 0,35 5 0,91 0,88 0,95
B50-2B2 108,1 2,05 52,1 470 872 4,84 0,34 7 0,90 0,85 0,94
B50-3A1 108,0 3,19 56,6 457 1 201 6,98 0,48 17 0,70 0,80 0,95
B50-3A2 108,0 3,19 57,6 457 1 165 7,23 0,47 12 0,65 0,77 0,93
B50-3B1 108,0 3,19 56,4 457 1 141 5,15 0,48 11 0,84 0,82 0,99
B50-3B2 108,0 3,19 57,3 457 1 134 6,56 0,47 10 0,85 0,77 0,97
B50-3G1 108,2 3,23 50,8 516 1 228 7,37 0,61 17 0,85 0,68 0,71
B50-3G2 108,2 3,19 51,7 470 1 097 5,55 0,54 10 0,89 0,77 0,86
B50-4B1 101,9 6,23 50,8 321 1 245 7,84 0,77 14 0,97 0,67 1,09
B50-4B2 101,5 6,37 51,8 321 1 289 9,09 0,78 16 0,87 0,70 1,06

Colonnes en béton à hautes performances B90

D-2t t y N* d*
g ^tot
f

Colonne (MPa) (kN) (mm) f, Ng/N*


(mm) (mm) (MPa) (%) Aep

B90-2B1 108,3 1,97 94,2 516 1 440 2,66 0,20 18 0,91 0,97 0,79
B90-2B2 108,3 1,98 95,2 516 1 441 2,62 0,20 17 0,89 0,97 0,84
B90-3A1 108,2 3,19 90,2 457 1 501 3,32 0,30 12 0,70 0,85 0,79
B90-3A2 108,2 3,19 90,2 457 1 522 3,72 0,30 14 0,73 0,84 0,85
B90-3B1 108,1 3,19 90,2 457 1 523 3,52 0,30 14 0,93 0,88
B90-3B2 108,2 3,19 90,2 457 1 537 4,35 0,30 15 0,93 0,95 0,87
B90-3G1 108,2 3,20 94,2 470 1 668 3,05 0,30 20 0,92 0,97 0,83
B90-3G2 108,2 3,20 95,0 470 1 658 2,88 0,29 18 0,93 0,98 0,84
B90-4B1 101,4 6,54 103 339 1 740 2,94 0,42 10 0,97 0,99 0,93
B90-4B2 101,3 6,48 104 339 1 744 2,85 0,42 10 0,93 0,99 0,95

Colonnes en béton à très hautes performances B120

D-2t t y N* d*
Colonne fc f

f g N /N* N^N* Atot


(mm) (mm) (MPa) (kN) (mm) r y

(MPa) (%)
B120-3A1 107,9 3,19 118 457 1 786 2,36 0,23 12 0,73 0,92 0,74
B120-3A2 107,9 3,19 118 457 1 786 2,25 0,23 12 0,67 0,92 0,71
B120-3B1 108,0 3,19 118 457 1 901 3,12 0,23 19 0,97 0,97 0,82
B120-3B2 108,0 3,19 118 457 1 877 2,98 0,23 18 0,97 0,99 0,80
B120-3G1 107,9 3,20 123 470 1 935 3,03 0,23 17 0,97 0,99 0,80
B120-3G2 108,0 3,20 123 470 1 918 3,03 0,23 16 0,97 0,99 0,79
B120-4B1 101,1 6,59 124 339 2 250 3,68 0,36 29 0,98 0,99 0,84
B120-4B2 101,4 6,43 124 339 2 100 2,98 0,35 21 0,91 1,00 0,84
B120-5A1 98,3 8,40 120 347 2 031 2,87 0,49 8 0,92 0,88 1,03
B120-5A2 98,0 8,42 120 347 2 107 4,48 0,50 12 0,94 0,85 1,00
B120-5B1 97,9 8,43 120 347 2 188 3,40 0,50 16 0,94 1,00 0,98
B120-5B2 98,2 8,41 120 347 2 177 3,38 0,50 15 0,93 0,96 0,98
B120-5G1 97,6 8,42 123 347 2 241 3,87 0,49 18 0,96 1,00 0,97
B120-5G2 98,1 8,41 123 347 2 255 3,93 0,48 18 1,00 0,99 0,96

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1997 - RÉF. 4109 - PP. 49-67 53
TABLEAU III Les déformations axiales du noyau en béton
C o m p o s i t i o n et c a r a c t é r i s t i q u e s d e s b é t o n s
ont été mesurées à l'aide de trois capteurs de
Matériaux B50 B90 B120 déplacement ( L V D T ) , disposés à 120° autour
de la colonne. Des rosettes électriques de
E / (C+FS) 0,54 0,33 0,23 déformation ont aussi été collées à la surface
des tubes, pour mesurer les déformations
Eau (E), L/m 3 200 134 110
axiales et transversales à différentes hauteurs
Ciment (C), kg/m 3 370 420 495 de la colonne (fig. 2). L e recueil des données
était assuré par un système d'acquisition piloté
Fumée de silice (FS), kg/m 3 0 0 55
par un micro-ordinateur.
Sable, kg/ m 3 785 905 730

Gravier 2,5/10 mm, kg/m 3 1 000 1 000 1 090

Superplastifiant (SP), L/m 3 0 8 27

SP / (C+FS)*, % 0 0,95 2,5

Affaissement, mm 95 180 190

Air occlus, % 2,3 2,1 2,0

Masse volumique, kg/m 3 2 350 2 460 2 510

'massique, en extrait sec

Les tubes en acier de diamètre extérieur de


114,3 m m et d ' é p a i s s e u r nominale brute 3,05,
6,02 et 8,56 m m avaient une limite élastique
variant entre 320 et 520 M P a . Leurs caractéristi-
ques m é c a n i q u e s ont été déterminées par des
essais normalisés de traction. Les tubes ayant des
épaisseurs plus faibles ont été obtenus par usi-
nage à partir d'un tube de 3,05 m m d'épaisseur.
Tous les tubes ont été coupés et leurs extrémités
ont été dressées sur un tour de façon qu'ils aient
une longueur finale de 340 mm. Ils ont été soi-
gneusement décapés, nettoyés puis munis de
bouchons spéciaux avant d'être remplis de béton.
Dans le cas des éprouvettes de type C , une fine
couche de graisse à base de silicone a été
étendue à l'intérieur des tubes avant qu'ils ne
soient remplis de béton. L e facteur d ' é l a n c e m e n t Plateau de la presse
des éprouvettes était donc de 340/114,3 = 3.
Vingt-quatre heures après leur fabrication, les
Fig. 2 - Schéma du montage expérimental
deux extrémités de toutes les éprouvettes furent
(dimensions en mm).
scellées avec un papier d'aluminium autocol-
lant. A quelques jours de l ' é c h é a n c e de l'essai,
l'extrémité supérieure des colonnes fut sciée et
rodée avec une meule à diamants puis rescellée Résultats expérimentaux
à nouveau sous papier d'aluminium jusqu'au et discussion
moment de l'essai.
Toutes les colonnes étaient testées sur une presse
Courbes charge-déplacement
à cadre rigide ayant une capacité de 5 000 k N .
et modes de rupture
Les colonnes ont été chargées en déplacement
contrôlé par le vérin de la presse, à une vitesse Les figures 3 et 4 présentent des courbes typi-
correspondant à un taux de déformation longitu- ques charge-déplacement (N-d) des colonnes de
dinale moyenne de 30 Lim/ms. L e chargement type B contenant chacune une des trois classes
était généralement poursuivi j u s q u ' à ce que l ' o n de béton. L e confinement du béton était réalisé
observe 35 m m de raccourcissement de la dans des tubes en acier de différentes épaisseurs.
colonne, sauf si le tube se fissurait ou si la Dans ces figures, d représente la moyenne des
colonne fléchissait de façon exagérée, au quel déplacements mesurés entre les deux extrémités
cas l'essai était arrêté plus tôt. de la colonne par les trois capteurs L V D T .

54 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1 9 9 7 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 49-67
A u début du chargement, les courbes N - d Charge de compression N (kN)
Fig. 3 -
sont pratiquement linéaires. A u x points indi- 2500
Epaisseur des tubes : ETETil Courbes
qués sur la figure 4 par un point noir les 2000 t = 8,4 mm charge-dépla-
cement des
courbes commencent à s'incurver de façon K-NN-^ t = 6,4 mm
colonnes
significative. C e point est défini comme la 1500 - / —_______t = 3,2 mm • courtes de

Il
charge limite élastique N de la colonne. Il type B confi-
1000 -
e
nées dans des
est déterminé conventionnellement au point où tubes en acier
la tangente à la courbe N - d admet une pente 500 Tube0 1 1 4 x t U
de différentes
inférieure ou égale au quart de la pente de la épaisseurs.

tangente à l'origine. Des traces de cisaille- 0


10 15 20 25 30
ment croisées inclinées à 45° de l'horizontale Déplacement d (mm)
commencent ensuite à se dessiner à la surface
des tubes lors de l'effritement de la couche
noire de laminage que l'on retrouvait sur les Charge de compression N (kN)
2500
tubes. Ce niveau de chargement, défini par
N , correspond au début de la plastification
du tube. Il est déterminé de façon précise à
partir des déformations mesurées par les
jauges électriques en se référant au critère
d ' é c o u l e m e n t plastique de V o n Mises. Après
le pic de chargement, noté N * , les courbes
N - d ressemblent généralement à celles que
l ' o n aurait obtenues avec un matériau ductile. 20 25 30
L a pente de la branche post-pic devient néga- Déplacement d (mm)
tive, mais de faible valeur absolue. Sur les
colonnes fortement confinées, spécialement
Charge de compression N (kN)
celles qui contenaient un béton B 5 0 , on
2500
observe m ê m e un redressement de la branche
post-pic dont la pente devient positive, indi- 2000
quant un p h é n o m è n e de consolidation avec Epaisseur des tubes :
1500 t = 6,4 mm
raidissement et/ou un p h é n o m è n e de plasticité
avec écrouissage (fig. 3 et 4). O n observe 1000 L
aussi dans le cas des colonnes en B 9 0 et
B120 les moins confinées, une chute rapide 500 t = 1,2 mm
de la résistance suivie d'un plateau de résis- Tube0 114 x t
0
tance résiduelle presque horizontal. 0 10 15 20 25 30
Déplacement d (mm)

Charge de compression N (kN)


2400 Fig. 4 -
Courbes comparatives
charge-déplacement des
colonnes courtes de
2000 type B dont seul le
noyau de béton diffère.

1600 _ i

1200

800

400

10 15 20 25 15 20 25 30
Déplacement d (mm) Déplacement d (mm)

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1997 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7 55
O n constate par ailleurs sur la figure 4 que la colonnes de type A et pour quelques colonnes
résistance résiduelle des colonnes, correspon- confinées dans un tube de faible épaisseur ;
dant à un grand raccourcissement, ne dépend >- le gonflement général en tonneau, observé sur
pratiquement plus de / ' mais de l'épaisseur
c
la majorité des colonnes de la classe B 5 0 et des
du tube seulement. Ce dernier résultat colonnes en B 9 0 et B 1 2 0 fortement confinées ;
confirme la tendance déjà observée par l'au-
3 * le cisaillement suivi du glissement d'un bloc
teur sur des éprouvettes de petites dimensions
sur l'autre, observé pour le reste des colonnes,
[Lahlou et al., 1991]. D ' a p r è s de Larrard et
c'est-à-dire pour les colonnes en B 9 0 et B 1 2 0
al. [1992], ce résultat semble indiquer que les
faiblement ou moyennement confinées autres
paramètres décrivant le frottement béton-béton
que celles de type A . Dans cette catégorie de
sont indépendants de f \ pour les grands
colonnes nous avons parfois observé, sur les
déplacements.
tubes les plus fins, l'ouverture d'une fissure dans
L'aspect des colonnes à la fin des essais de char- la direction du cisaillement.
gement (fig. 5) montre que les colonnes courtes Les résultats obtenus au pic de chargement, en
se rompent principalement selon les trois modes termes de la charge ultime N * et du déplacement
suivants : correspondant d* (mesuré entre les deux extré-
s* le voilement local du tube (ou son cloquage mités de la colonne), pour tous les essais réali-
général) observé particulièrement pour les sés, sont rassemblés dans le tableau IL

Fig. 5 -
Aspect des colonnes B50 B90 B120 B120
à la fin des essais
de chargement.
Mode de chargement A

1 2 1 2 1 2 1 2

Mode de chargement B

1 2 1 2 1 2

Mode de chargement C

1 2 1 2 1 2
épaisseur du tube t - 3,2 mm t = 8,4 mm

56 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1 9 9 7 - RÉF. 4 1 0 9 - p p . 4 9 - 6 7


Influence de la résistance en compression ultime N * sera a u g m e n t é e de 40 à 80 %,
du béton sur la résistance des colonnes comme on peut le voir quand on compare les
charges ultimes supportées par les colonnes
Quand la résistance en compression du béton
B90-4B1 et B120-4B1 à celle supportée par la
augmente, le module d'élasticité E , le coeffi- c
colonne B50-4B1 (tableau II).
cient de Poisson v , la ductilité, la ténacité et le
c

retrait du béton augmentent ou diminuent en Si nous négligeons la section d'acier devant


conséquence mais de façon non forcément pro- celle du béton et si nous faisons supporter la
portionnelle. L'évolution du comportement charge ultime N * sur la seule section du noyau
m é c a n i q u e des colonnes devient alors difficile à en béton (en réalité la section d'acier participe
prévoir d'autant plus que ces différentes caracté- partiellement à supporter l'effort de compres-
sion) on obtient les ordres de grandeur de la
ristiques sont interdépendantes et peuvent par-
contrainte ultime du béton confiné / ' (fig. 6).
fois agir en sens opposés. D'ailleurs, c'est la c c

A i n s i , en confinant du béton B 5 0 , B 9 0 ou
raison pour laquelle de telles études expérimen-
B120 dans un tube d'acier de 3,2 m m d ' é p a i s -
tales sont nécessaires.
seur, on arrive à des contraintes ultimes de
Dans cette étude, nous avons essayé de dégager 124, 167 ou 206 M P a ; chose que l ' o n ne sait
l'influence de la résistance en compression / ' c
pas faire en B H P . Nous sommes m ê m e arrivés
en tant qu'indicateur de la classe du béton et non à des contraintes ultimes de l'ordre de
pas en tant que paramètre intrinsèque. Cette 300 M P a en confinant le béton B120 dans un
influence est en réalité celle de tous les p a r a m è - tube d'acier d'épaisseur 8,4 m m ; épaisseur
tres secondaires forcément reliés à f\. qui pourrait être réduite de moitié ou plus si
l'on utilise des tubes d'acier à haute résistance
L'influence la plus importante de la résistance disponibles actuellement sur le marché nord
en compression du béton se manifeste au américain. M i e u x encore, en confinant un B P R
niveau de la valeur de la charge ultime N * de 200 M P a de résistance à la compression
(fig. 6). A i n s i le m ê m e tube rempli d'un béton [Richard et Cherezy, 1994] on peut dépasser
2 à 2,5 fois plus résistant que le béton B 5 0 , les 350 à 400 M P a en contrainte ultime,
que nous prendrons comme référence, aura pra- c'est-à-dire la résistance en compression d'un
tiquement la m ê m e masse mais sa charge acier de construction.

Charge ultime N* (kN)


2500
Fig. 6 -
Variation de la charge
A Contrainte ultime sur 289 MPa ultime des colonnes de
le noyau de béton confiné 270 type B en fonction de
la résistance en com-
pression du béton et
de l'épaisseur du tube.

¥ 216 MPa

156 MPa

1,2 2 3,2 6,3 2 3,2 6,5 3,2 6,5 8,4


Epaisseur du tube (mm)

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1997 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7 57
Fig. 7 - Charge normalisée N / N 0
Indice de confinement potentiel : f. _ 2 t
_JL
Influence de la résistance 1,4 D - 2t f'„
en compression du béton
sur la résistance norma-
lisée des colonnes de f, = 0,21 f = 0,33
r f = 0,45
r

type B pour des indices


de confinement potentiel
f comparables 1,2 , B 120
B 120
r

(N = f A +
0 fA =
c c y a

résistance nominale de la
colonne).

0,8

0,6

5 10 0 5 10 0 5 10 15
Déplacement d (mm) Déplacement d (mm) Déplacement d (mm)

Influence de la résistance en compression tance résiduelle comparables quand le degré de


du béton sur l'efficacité du confinement confinement f est le m ê m e .
r

A f i n de mesurer et comparer l'apport du confi- Rappelons à ce propos que le gain de résistance


nement sur la résistance des différentes colon- g est relatif, c'est-à-dire q u ' i l est calculé par rap-
nes, nous avons défini le paramètre g suivant : port aux résistances nominales propres N des 0

colonnes dont le diamètre et les classes de résis-


g ( % ) = ( j ^ - i j x 100 = tance du béton et de l'acier peuvent être différen-
tes. Cette approche permet donc de juger de la
( N* > « rentabilité m é c a n i q u e » du confinement mis en
1 œuvre. S i les écarts entre les différentes valeurs
\^-z n r - x 100
^f' A + f A ) de g paraissent parfois assez faibles, les gains de
c c y a

où : résistance absolus sont en réalité nettement plus


- g représente le gain de résistance obtenu sur la importants que les pourcentages indiqués par ce
colonne par le confinement, paramètre. C'est ainsi, par exemple, que le gain
- N * la charge ultime de compression m e s u r é e moyen de 25 % obtenu sur les colonnes
sur la colonne, B120-4B représente en fait les deux-tiers de la
capacité nominale des colonnes B50-2B sachant
- N la résistance nominale de la colonne
0
que ces deux types de colonnes ont le m ê m e
( N = f ' A + f A ),
0 c c y a
indice de confinement potentiel. Donc à des
- f\ la résistance en compression du béton niveaux de confinement comparables, les bétons
m e s u r é e sur des cylindres 100 x 200 m m mûris à hautes performances offrent une meilleure effi-
à l'eau, cacité de confinement par tube d'acier qu'un
- / la limite élastique de l'acier du tube, béton usuel.
- A et A les sections transversales du noyau en
c a

Plusieurs chercheurs ont cependant rapporté une


béton et du tube.
diminution de l'efficacité des confinements
Les valeurs de g obtenues pour toutes les actifs [Hobbs, 1972 ; lensen et Bjerkeli, 1987 ;
colonnes courtes testées sont données dans le Setunge et al, 1993] et passifs par armatures spi-
tableau IL À indice de confinement potentiel f r rales [Ahmad et Shah, 1982 ; Bjerkeli et ai,
comparable, la figure 7 montre que pour les 1990] lorsque / ' augmente. L'explication de ce
c

colonnes de type B , la résistance normalisée N * / résultat apparemment contradictoire par rapport


N , et par conséquent le gain g, augmentent avec
0
à ceux obtenus dans le cadre de ce travail peut
la résistance en compression du béton. Cette être d o n n é e à travers les éléments suivants :
m ê m e figure montre, par ailleurs, que les le confinement passif mobilisé par un tube
colonnes ont une ductilité et un niveau de résis- est, par sa nature, plus uniforme et plus efficace

58 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1 9 9 7 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7


que celui fourni par des spirales localisées, sur- L'observation des figures 3,4 et 7 indique que plus
tout pour des niveaux de confinement aussi la résistance en compression du béton augmente,
élevés que ceux utilisés i c i ; plus la branche ascendante des courbes N - d des
colonnes est linéaire. C e résultat est mis en évi-
>• quelques résultats partiels [Lahlou, 1994]
dence par les valeurs de la charge limite élastique
montrent que l'effet du mûrissement à sec sur la
relative N / N * données dans le tableau II. A i n s i la
e
résistance en compression du noyau en béton
moyenne des valeurs du rapport N / N * passe de
e
diminue lorsque / ' augmente ; donc puisque le
c
0,81 à 0,97, puis à 0,99 (avec un écart type res-
gain g est calculé par référence à / ' déterminée c
pectif de 0,08, 0,02 et 0.02) lorsque le béton du
sur les cylindres normalisés de 100 x 200 m m
noyau passe du B 5 0 au B 9 0 puis au B120 et ce dans
mûris dans l'eau, une certaine proportion du gain
le cas des colonnes de type B .
noté sur g en découle ;
Par ailleurs, puisque les bétons plus résistants ont
nous avons r e m a r q u é que, lorsque / ' aug- c des modules d'élasticité E plus élevés, ils permet-
c

mente, nous obtenons une plus grande mobilisa- tent naturellement d'obtenir des colonnes de rigi-
tion de la contrainte transversale o~ dans le tube a6 dité longitudinale absolue plus élevée. E n réalité,
ce qui favorise une plus grande contribution du les colonnes de type B et C se déformeront plus
noyau en béton à la résistance ultime de la lorsqu'elles sont remplies de béton à plus haute
colonne ; résistance et qu'elles sont utilisées à leur limite
élastique ou au-delà. Cet assouplissement est dû au
il a été montré [Setunge et ai, 1993] que fait que les augmentations de E , du rapport N / N *
c e

l'ajout de fumée de silice dans les B H P donne et du gain g ne sont pas proportionnelles à l'aug-
une meilleure efficacité dans le cas d'un confine- mentation de / ' du noyau en béton. Ce résultat peut
c

ment actif. avoir une incidence défavorable sur l'instabilité de


colonnes élancées. L a diminution des risques d'ins-
tabilité locale, ainsi que l'augmentation de la rigi-
Influence de la résistance en compression dité flexionnelle tendraient néanmoins à s'opposer
du béton sur la déformabilité des colonnes à cette tendance. Pour les colonnes moins élancées,
à l'abri des risques de flambement général, cette
L a figure 8 montre que, contrairement au cas
légère augmentation de la souplesse ne devrait pas
des bétons non confinés, les déformations lon-
altérer le fonctionnement des structures verticales.
gitudinales correspondant à la charge ultime
Par contre pour des structures horizontales (en
N * sont généralement d'autant plus faibles que
treillis, par exemple ) i l faudrait vérifier si l'applica-
la résistance en compression du béton est plus
tion d'une post-contrainte extérieure adéquate ne
élevée. Ce résultat a été déjà observé [Lahlou
pourrait pas compenser ce surplus de déflexion.
et al, 1991] sur des bétons de différentes
Des études plus approfondies sont nécessaires pour
résistances à la compression confinée sous la
répondre à ces préoccupations d'ordre structural.
m ê m e pression hydrostatique dans une cellule
triaxiale. Ce p h é n o m è n e serait la conséquence Sen a établi depuis 1969 que, lors du chargement
de la diminution du rapport de confinement d'une colonne confinée, le tube commence à se
o~ lf\ et de la microfissuration plus tardive
cr plastifier avant que la colonne n'atteigne sa
que l ' o n observe dans le cas des bétons plus résistance maximale. Les valeurs du niveau de
résistants. chargement N / N * mesurées sur les différentes
y

colonnes sont indiquées dans le tableau II. Pour


Déplacement au pic d* (mm)
les colonnes de type B , on observe qu'en
10
moyenne le rapport N / N * passe de 0,90 à 0,95
y

A lorsque le béton du noyau passe du B 5 0 à B120.

Influence de la résistance en compression


du béton sur la ductilité des colonnes
Y
Pour évaluer la ductilité des colonnes testées,
nous avons choisi de calculer l'aire sous la
courbe N - d qui traduit l'énergie de déformation
accumulée dans la colonne à différentes étapes
de son chargement. Deux approches sont don-
40 60 80 100 120 140
Résistance en compression f' c
nées dans la littérature pour caractériser la ducti-
lité selon cette m é t h o d e :
Fig. 8 - Variation du déplacement au pic des colonnes
• L a première approche évalue la ductilité en
de type B en fonction de la résistance en compression
du béton. calculant le rapport de l'aire sous la courbe

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1 9 9 7 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7 59


N - d de la phase plastique avant le pic à l'aire l'aire totale A sous la courbe charge-déplace-
t o t

sous la courbe N - d de la phase élastique ; plus ment à l'aire A délimitée par une courbe
e p

ce rapport est faible moins la colonne serait charge-déplacement fictive correspondant à un


ductile selon la définition proposée par Rossi comportement élastoplastique parfait de m ê m e
[1989]. Cette approche, bien qu'intéressante rigidité et de limite élastique N * (fig. 9). Plus
pour un béton non armé, ne peut être adaptée cette valeur est proche de l'unité, plus le com-
au type de comportement que nous avons portement observé se rapproche d'un comporte-
obtenu dans le cas des colonnes confinées, ment élastoplastique parfait idéalement ductile.
puisqu'elle ne tient pas compte de toute la U n rapport supérieur à 1 traduit un comporte-
branche post-pic. ment élastoplastique écrouissable.
• Pour corriger cette insuffisance, la d e u x i è m e Les valeurs obtenues en calculant ce rapport sont
approche consiste à calculer le rapport de l'aire données dans le tableau II pour toutes les
sous la courbe N - d de toute la phase post-pic colonnes testées. Comparativement aux deux
(jusqu'à l'arrêt conventionnel de l'essai) à l'aire premiers critères, le troisième critère de ductilité
sous la courbe N - d de la phase avant le pic ; A / A permet une évaluation plus globale de la
t o t e p

plus ce rapport est élevé, plus la ductilité est ductilité puisqu'il se réfère à la courbe expéri-
importante selon une définition adoptée par des mentale complète N - d . A i n s i les colonnes en
chercheurs de Sintef [1989]. S i nous appliquons B 9 0 et B 1 2 0 de type B offrent un « d e g r é de
cette approche aux colonnes testées, nous remar- conformité » moyen au comportement élasto-
quons que le résultat reste très affecté par les plastique parfait de 0,88, par comparaison aux
c o o r d o n n é e s du pic observées sur les différentes colonnes en B 5 0 dont le rapport moyen est de
courbes N - d . 0,96. Donc, ce critère indique une légère diminu-
Nous avons donc été a m e n é à définir un troisième tion de la ductilité lorsque f' augmente. c

critère, qui consiste à calculer le rapport de

Influence du niveau de confinement


Les courbes charge-déplacement de la figure 3
indiquent que, pour la m ê m e classe de béton, la
charge ultime N * et le d é p l a c e m e n t au pic d*
Charge de compression N
augmentent avec l'épaisseur du tube. De plus,
nous remarquons sur la figure 10 que le gain de
résistance g augmente avec f pour les colonnes r

en B 5 0 et B120. L e résultat apparemment


contradictoire observé sur les colonnes en B 9 0
pourrait être dû à la chute de la limite élastique
f de l'acier, qui coïncide avec l'augmentation
def . E n effet, les résultats des deux colonnes
r

B50-3G1 et B 5 0 - 3 G 2 indiquent un effet non


négligeable du paramètre f . L e résultat obtenu
sur les colonnes B120-5B ne peut s'expliquer
que par le manque de rectitude que l ' o n observe
Déplacement d
très souvent sur la paroi intérieure des tubes de
Charge de compression N
forte épaisseur.
i N*
Si nous traçons les valeurs au pic de 0 " * / / ' en c l c

fonction de c?* //' nous obtenons les critères de


cr c

résistance des différentes classes de béton. M a i s


nous devons signaler à ce propos que la disper-
sion des résultats est normalement plus élevée
dans le cas d'un confinement passif, tel que celui
que nous avons testé, par rapport au cas d'un
confinement actif dans une cellule triaxiale. Cette
tendance a déjà été observée par plusieurs cher-
cheurs [Sen, 1969 ; Sakino et al., 1988]. E n
effet, dans le cas d'un confinement actif, les
'e d* Déplacement d
contraintes sont contrôlées de façon précise et
directement mesurées durant l'essai alors que,
Fig. 9 - Définition du critère de ductilité élastoplastique. dans le cas d'un confinement passif avec un tube,

60 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1 9 9 7 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7


la progression de la contrainte radiale de confi- déjà observé par Setunge et al. [1993] à propos
nement d é p e n d de plusieurs paramètres et elle de l'augmentation de l'efficacité du confinement
n'est qu'indirectement estimée à partir de par l'ajout de fumées de silice dans les bétons à
mesures locales des déformations longitudinale très hautes performances.
et transversale du tube. M a l g r é ces imprécisions
inhérentes au type d'essai, la figure 11 nous Si nous comparons nos résultats avec ceux
permet d'établir les corrélations linéaires sui- obtenus en utilisant des critères empiriques
vantes : proposés dans la littérature pour les colonnes
>- pour le béton usuel B 5 0 : mixtes constituées de tubes circulaires remplis
G* , G*
de béton usuel [Lahlou, 1994], nous constatons
2
— - = 1 + 2,29 — - ( R = 0,96) une bonne concordance des résultats relatifs au
Je J c
B 5 0 et au B 9 0 avec les m o d è l e s de Morishita
pour le béton à hautes performances B 9 0 : [1982] et de Sakino et al. [1988] qui proposent
rj* . G* respectivement un coefficient d'efficacité de
2
— - - 1 + 2,54 — - ( R = 0,98) confinement de 2,3 et 2,7. Nous constatons
Je Je
aussi que l'efficacité du confinement passif,
>- pour le béton à très hautes performances m ê m e s ' i l est réalisé par un tube, reste toujours
B120 : inférieure à celle du confinement actif réalisé
G* i G*
dans une cellule triaxiale.
2
— - = 1 + 3,44 — " ( R = 0,97)
Je Je D u point de vue de la ductilité, les valeurs du
A t o t
Nous constatons alors une meilleure efficacité de rapport —— (fig. 12) montrent que la ductilité des
confinement pour le B 1 2 0 par rapport au B 5 0 et
au B 9 0 dont les efficacités de confinement sont colonnes testées augmente avec l'épaisseur du
semblables. Ce résultat confirme ce qui a été tube t pour chacune des classes de béton.

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUII


IN 1997 - RÉF. 4109 - PP. 49-67 61
Y = 3,44X (B 120) Y = 2.54X (B 90)
Fig. 11 - f
c|/ 'c
Critères de résistance en
compression triaxiale des
colonnes testées en
béton confiné.

Critère de ductilité = A , / A o t e p

Fig. 12 - 1,4 ,
Variation de la ductilité
des colonnes de type B
en fonction de la résis-
tance en compression du
1,2
béton et de l'épaisseur
du tube.

0,8

0,6

40,

0,2

1,2 2 3,2 6,3 3,2 6,5 3,2 6,5 8,4


Epaisseur du tube (mm)

62 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1997 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7
Charge de compression N (kN)
2500 Fig. 13 -
Courbes charge-
Epaisseur tube t = 8,4 mm déplacement des
colonnes de type A, B
2000 et C.

1500 —

1000

500

Déplacement d (mm)
Charge de compression N (kN)
2500

2000

1500 — Epaisseur tube t = 3,2 mm

1000

500

Déplacement d (mm)
Charge de compression N (kN)
2500

2000

1500 —
Epaisseur tube t = 3,2 mm

1000 —

500

Déplacement d (mm)

influence du mode de chargement remplies en béton usuel ;


et de l'interaction tube-béton s* la résistance des colonnes en B 9 0 et B 1 2 0
Les courbes types de la figure 13 indiquent de augmente lorsque le mode de chargement varie
façon générale que : du type A au type B et lorsque l'interface change
>• les plus grandes rigidités initiales sont obte- du type B en type C ;
nues pour les colonnes de type A ; >- cet effet disparaît pour les grandes déforma-
>- la résistance des colonnes en B 5 0 est pratique- tions longitudinales, sauf pour les colonnes B 1 2 0
ment insensible aux modes de chargement A et B et B 9 0 de type A où le voilement local du tube
et au type d'interface C , confirmant ainsi les serait responsable de la chute relative de la résis-
résultats déjà publiés à ce sujet sur les colonnes tance résiduelle (fig. 5) ;

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1997 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7 63
>- le déplacement au pic des colonnes en B 9 0 et sion. Par ailleurs, le tube ne se plastifie q u ' à un
B 1 2 0 augmente lorsque le mode de chargement stade plus avancé du chargement, ce qui donne
de celles-ci passe du type A au type B et du type une meilleure efficacité au confinement.
B au type C ; l'exception relevée pour les
A i n s i , et contrairement aux paramètres / ' et f , le
colonnes B 9 0 - 3 B par rapport aux colonnes c r

mode de chargement a un effet plus significatif sur


B 9 0 - 3 C serait causée par un défaut de compac-
tage du béton des colonnes B 9 0 - 3 B , comme le la charge relative de plastification du tube N / N * y

laisse supposer la figure 3. qui passe, par exemple, de 0,70 pour les colonnes
B 1 2 0 - 3 A à 0,97 pour les colonnes B120-3B (Ta-
L'histogramme de la figure 14, où sont com- bleau II). E n particulier, dans le cas des colonnes
parés les gains moyens de résistance (valeurs de type A , cette valeur indique le niveau à partir
moyennes des deux répétitions) des divers types duquel commence le confinement du noyau de
de colonnes courtes, illustre de façon claire que béton. L a moyenne de 0,67 relevée pour les
si le type A donne les meilleurs résultats, du colonnes B 5 0 - 3 A coïncide avec la moyenne des 14
point de vue résistance, pour les colonnes en colonnes testées par Sen en 1969.
béton usuel, ce mode de chargement serait moins
efficace pour les bétons plus résistants. L'histogramme de la figure 15 montre par ailleurs
q u ' à l'exception des colonnes en béton usuel, la
charge limite élastique relative N / N * des colonnes
e

de type B et C est plus grande que celle des colonnes


de type A . E n pratique, si les colonnes doivent être
conçues pour travailler à leur limite élastique N , ce e

dernier résultat voudra dire que les gains de résis-


tance g évolueront très favorablement pour les
types B et C relativement au type A .

cpaisse
B é t o n
~X du tube

Fig. 14 - Variation des gains de résistance par confine-


ment g en fonction de la classe du béton et du mode de chargement Béton - Epaisseur
chargement. du tube

A i n s i , pour les colonnes en B 9 0 et celles en B 1 2 0 Fig. 15 - Variation de la charge limite élastique normalisée
ayant un tube plus épais, la configuration C est des colonnes en fonction de la classe du béton et du mode
celle qui leur procure le plus grand gain de résis- de chargement.

tance. Pour les colonnes B120-3 c'est le type B


A t o t
qui donne la plus grande valeur pour la résistance Enfin, les valeurs du rapport —— du tableau I V ,
en compression. Cette différence de comporte-
ment des B H P et B T H P vis-à-vis des modes de représentant la moyenne de deux essais, indiquent
chargement et des types d'interface comparative- que les colonnes de type B sont de façon générale
ment au béton usuel peut s'expliquer de la façon légèrement plus ductiles que celles du type A .
suivante : nous savons que sous compression
TABLEAU IV
triaxiale, les bétons à hautes performances engen- Valeurs m o y e n n e s d u critère de ductilité A t o t /A e p

drent moins d'expansion volumétrique et com-


mencent à le faire plus tardivement que les bétons Colonne Type A Type B Type C
usuels [Ahmad et Shah, 1985] ; de ce fait, les
B50-3 0,94 0,98 0,79
B H P engendrent moins de frottement à l'interface
tube-béton donc moins de transfert de la charge B90-3 0,82 0,87 0,83
verticale au tube, et donc plus de réserve de confi-
B120-3 0,72 0,81 0,80
nement transversal, pour un noyau de béton qui
participe davantage à la résistance en compres- B120-5 1,02 0,98 0,96

64 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1 9 9 7 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7


Conclusions particulier, la réduction du transfert de la charge
axiale au tube augmente la pression de confine-
L e confinement des bétons à hautes perfor- ment sur le noyau en béton ;
mances dans des tubes en acier présente beau-
coup d'intérêt tant du point de vue technique 3=> des critères de résistance linéaires sont établis
q u ' é c o n o m i q u e . Cette solution relativement avec un coefficient d'efficacité de confinement
simple et peu coûteuse ouvre de nouvelles possi- qui passe de 2,3 pour le B 5 0 à 2,5 pour le B 9 0 et
bilités technologiques en faisant travailler un 3,4 pour le B 1 2 0 ;
béton B 9 0 ou B 1 2 0 à des niveaux de contrainte
>^ globalement, le m ê m e indice de confinement
de 170 ou 210 M P a , et m ê m e 300 M P a , tout en
potentiel assure aux colonnes un niveau de ducti-
lui assurant une bonne ductilité. Toutefois, la
lité comparable ;
conception de ce type de colonne composite
devrait être adaptée à cette nouvelle génération >- les plus importantes valeurs de la rigidité
de béton. Les résultats expérimentaux que nous axiale sont obtenues pour les colonnes où la
avons obtenus montrent en particulier que : charge est appliquée sur la totalité de la section
>- pour les colonnes en B H P et B T H P les meil- acier + béton. L'application de la charge sur le
leures résistances sont obtenues lorsque la seul noyau de béton entraîne un certain assou-
charge est appliquée uniquement sur le béton, et plissement des colonnes ;
dans le cas où une couche de graisse a été placée >~ dans le cas des colonnes où la charge est
à l'interface tube-béton ;
appliquée uniquement sur le béton, le tube en
>- à l'exception des colonnes où la charge est acier se plastifie vers 90 à 95 % de la charge
appliquée sur la totalité de la section acier + ultime alors que, dans le cas des colonnes où la
béton, les gains de résistance par confinement charge est appliquée sur la totalité de la section
augmentent avec la résistance en compression du acier + béton, ce niveau se situe autour de 70 %
béton et l'indice de confinement potentiel. E n de la charge ultime.

Notations

Aire entre la courbe N-d et l'axe d jusqu'au déplacement maximal.

Aire entre la courbe N-d fictive relative au comportement élastoplastique parfait associé
au comportement réel et l'axe d jusqu'au déplacement maximal.

B50 Béton de résistance en compression indiquée en MPa.

D Diamètre extérieur de la colonne.

d, d* Déplacement et sa valeur au pic de chargement.

Résistance en compression du béton.


A

2t f
v

l Indice de confinement potentiel ^ x 100 (%).


D - 2t f
f
y Limite d'élasticité de l'acier.

g Gain de résistance en compression de la colonne = 1 x 100 (%).


Nn

N, N* Effort normal de compression et sa valeur au pic de chargement.

N 0 Résistance nominale de la colonne = f' A + f A . c c y a

t Épaisseur du tube.

°"ae Contrainte transversale dans le tube en acier.

a„ a,* Contrainte longitudinale et sa valeur au pic de chargement.

Contrainte longitudinale dans le béton au pic de chargement.

Contrainte radiale de confinement du béton au pic de chargement.

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 2 0 9 - MAI-JUIN 1997 - RÉF. 4 1 0 9 - PP. 4 9 - 6 7 65
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Remerciements

Cette recherche a été rendue possible grâce à une bourse du Programme canadien
des Bourses de la Francophonie obtenue par le premier auteur. Elle a été partielle-
ment financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du
Canada.

ABSTRACT

H i g h p e r f o r m a n c e c o n c r e t e c o l u m n s c o n f i n e d i n t h i n steel c a s i n g s

K. L A H L O U - P.-CI. A l T C I N

Confining high performance concrete in steel tubes h a s considerable technical a n d economic benefits. With this
relatively simple confinement technique concrete with a compressive strength of 9 0 - 1 2 0 M P a c a n achieve ultimate
compressive stresses of between 170 - 3 0 0 M P a with a high degree of ductility.

This paper examines the performance of short prefabricated columns using a variety of types of concrete which
have been confined in circular steel tubes. Experimental results are piesenteri a n d j n a l y z t x t which show the
influence of the compressive strength of t h e concrete, the degree of confinement, the m o d e of loading, the interac-
tion between t h e tube a n d the concrete a n d , lastly, the deformability a n d ductility of columns of this type.

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 209 • MAI-JUIN 1997 - RÉF. 4109 - PP. 4 9 - 6 7 67

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