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Éthique de la recherche : guide étudiant

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Thèmes abordés

  • risques et bénéfices,
  • protection des données,
  • engagement éthique,
  • bien-être des participants,
  • délais d'évaluation,
  • évaluation éthique,
  • émotions négatives,
  • normes de consentement,
  • recherche scientifique,
  • protection des mineurs
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  • protection des données,
  • engagement éthique,
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  • délais d'évaluation,
  • évaluation éthique,
  • émotions négatives,
  • normes de consentement,
  • recherche scientifique,
  • protection des mineurs

Marie Lambert-Chan

Petit guide de survie des étudiants

Presses de l’Université de Montréal

Qu’est-ce que l’éthique de la recherche ?

DOI : 10.4000/books.pum.7690
Éditeur : Presses de l’Université de Montréal
Lieu d’édition : Montréal
Année d’édition : 2012
Date de mise en ligne : 23 janvier 2018
Collection : Thématique Divers
EAN électronique : 9791036501043

http://books.openedition.org

Référence électronique
LAMBERT-CHAN, Marie. Qu’est-ce que l’éthique de la recherche ? In : Petit guide de survie des étudiants [en
ligne]. Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 2012 (généré le 15 mai 2023). Disponible sur
Internet : <http://books.openedition.org/pum/7690>. ISBN : 9791036501043. DOI : https://doi.org/
10.4000/books.pum.7690.
Qu’est-ce que l’éthique
de la recherche ?

Longtemps, la recherche scien-


tifique a agi selon ce proverbe :
« On ne fait pas d’omelette sans
casser des œufs. » Au nom de la
science, on a effectué des expériences
discutables sur des populations diverses et vulnérables (enfants,
handicapés, minorités ethniques, prisonniers, patients, etc.) sans
jamais se soucier de l’individu.
Ces dérapages ont amené la société à se questionner sur les
enjeux éthiques liés à la recherche. « Nous devons désormais prendre
en considération à qui appartiennent les œufs et comment nous
distribuerons de façon équitable l’omelette », illustre Simon Hobeila,
éthicien intérimaire au Comité universitaire d’éthique de la recherche
(CUER) de l’Université de Montréal.
L’éthique de la recherche vise la protection des êtres humains
qui prennent part à la recherche scientifique. « Elle est fondée sur
le respect des personnes, le souci de leur bien-être et de la justice »,
précise François Bowen, président du CUER.
On retrouve ces principes dans l’Énoncé de politique des trois
Conseils : éthique de la recherche avec des êtres humains, la référence
106 p e t i t g u i d e de S u r v i e d e S é t u di a N t S

en cette matière au sein des universités canadiennes, ainsi que dans


des dispositions du Code civil du Québec.
« En pratique, nous veillons à minimiser les risques associés à
la recherche, nous nous assurons que les sujets qui participent aux
études scientifiques le font de plein gré et en toute connaissance de
cause et nous aidons les chercheurs et les étudiants à respecter leurs
obligations envers ces derniers », signale M. Bowen.
De plus, si les grands principes de la recherche ne sont pas suivis
à la lettre, « cela remet en question la validité des résultats sur les-
quels la communauté scientifique base ses interprétations et le déve-
loppement de nouvelles connaissances », ajoute de son côté Serge
Striganuk, président du comité d’éthique de la recherche Éducation
et sciences sociales de l’Université de Sherbrooke.

L’approbation éthique
Pour les étudiants des cycles supérieurs, l’éthique de la recherche
prend tout son sens quand vient le temps d’obtenir l’approbation
du comité d’éthique. « Dès qu’on fait de la recherche impliquant des
êtres humains, on a besoin de l’assentiment d’un comité d’éthique
de la recherche (CER) avant de procéder au recrutement des parti-
cipants », résume Simon Hobeila.
Les CER emploient des conseillers en éthique de la recherche ou
d’autres personnes-ressources qui peuvent répondre aux questions
des étudiants.
« Les étudiants appréhendent souvent cette évaluation, remarque
l’éthicien. Pourtant, nous ne sommes pas un tribunal. Notre but est
d’aider les étudiants à faire en sorte que leur recherche respecte les
participants. »
François Bowen invite les étudiants à ne pas courir de risque :
« Même si vous croyez que votre recherche ne nécessite pas d’évalua-
tion, vérifiez auprès de votre CER. » Si, par malheur, vous poursuivez
votre projet alors que vous aviez besoin d’une approbation, vous
l e S é t u de S S u p é r i e u r e S 107

seriez potentiellement en situation de manquement aux règlements


applicables. On pourrait même refuser de vous accorder votre grade.
« Et certaines revues scientifiques rejetteront vos articles », ajoute
Simon Hobeila.
La procédure pour obtenir cet aval est simple : une fois votre
projet accepté par votre directeur de recherche, vous communiquez
avec votre CER pour vérifier s’il doit être évalué. Si c’est le cas, vous
vous rendez sur le site Web du comité et montez un dossier qui
répond aux exigences.
« Ces documents devraient être remplis au fur et à mesure que
l’étudiant établit son devis de recherche. Cela évitera bien des pro-
blèmes », estime François Bowen.
Vous pouvez déposer votre dossier en tout temps au comité et
devez compter au moins trois semaines pour obtenir l’évaluation de
votre projet. Pour éviter des délais inutiles, prenez connaissance du
calendrier des réunions du CER.
On vous transmettra ensuite les commentaires du comité aux-
quels vous devrez répondre afin d’obtenir l’approbation de votre
projet. Attention, il ne s’agit pas d’un chèque en blanc, précise
M. Hobeila. « Ce feu vert concerne le projet déposé. Si vous y appor-
tez des changements, vous devez en informer votre CER. »

incompréhensions fréquentes
Certains aspects de l’éthique de la recherche échappent souvent
aux étudiants, à commencer par le consentement libre et éclairé des
participants âgés de 14 à 18 ans. En effet, il arrive que des étudiants
estiment que les adolescents de 14 ans et plus qui, en vertu du Code
civil du Québec, peuvent consentir à des soins de santé, peuvent
aussi accepter de participer à une recherche sans l’accord de leurs
parents. « Il y a confusion, note Serge Striganuk. Les mineurs ne
peuvent sous aucune condition prendre part à la recherche sans le
consentement de leurs parents. »
108 p e t i t g u i d e de S u r v i e d e S é t u di a N t S

Les chercheurs en herbe sous-estiment à l’occasion l’équilibre


entre les risques et les bienfaits de leur recherche. « Il faut faire très
attention à la sollicitation des participants, indique M. Striganuk.
Prenez un doctorant qui se rend dans une classe pour faire remplir
un questionnaire aux élèves en difficulté d’apprentissage. Il cible
clairement cette clientèle qui peut se sentir lésée. Cela peut ampli-
fier leurs problèmes, saper leur estime de soi, leur faire revivre des
émotions négatives. Pendant ce temps, l’étudiant a-t-il réfléchi à
des moyens pour compenser ces risques, comme offrir des services
psychologiques à ces élèves ? »
Autre élément d’incompréhension : la confidentialité. Les étu-
diants respectent la confidentialité des données lors de leur collecte,
mais ce souci ne se transpose pas toujours dans la rédaction de leur
mémoire ou de leur thèse. « Ils doivent assurer aux participants
qu’on ne pourra les reconnaître en tout temps, mentionne Serge
Striganuk. Cela veut dire qu’ils ne doivent pas donner d’indices dans
leur écriture de façon à induire des associations. Par exemple, il vaut
mieux éviter de préciser que la collecte de données a eu lieu dans
une école de 2000 élèves dans un quartier défavorisé de telle ville.
C’est trop précis. »

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