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PROLOGUE : Monar s'enfonca dans la forét sombre, le souffle court. Son coeur battait contre ses tempes. Ses pieds nus foulerent le sol, faisant craquer les feuilles mortes et les brindilles qui tapissaient la terre boueuse. II courut a travers les arbres, comme jamais auparavant. Les cris et les pleurs, brisaient le silence de la nuit, séloignant au fur a mesure qu'il progressait dans I'épaisseur obscure de la brume. Cette nuit n’était pas comme les autres. La brise répandait une odeur de sang et de chair brilée. Dans a course effrénée, Monar trébucha contre la racine d'un vieil arbre. Son corps cogna durement le sol. Le jeune homme essaya de se relever, en vain. Ses muscles endoloris ne répondirent pas. Il était a bout de force et blessé. Tout de méme, il se redressa et s’assit contre le tronc du sycomore. A cette profondeur de la forét, seule sa respiration bruyante brisait le silence. Un silence profond et troublant, Monar porta sa main sur l'immense entaille qui traversait son abdomen. Il se savait condamné. Le saignement important finirait par attirer la créature. I fallait quill trouve un moyen rapide de mettre fin & ses souffrances. II serra les dents pour ne pas crier. Les brdlures sur sa peau commengaient a former des petites cloques douloureuses au contact de sa sueur. Le malheur venait de s‘abattre sur le village de Monar. Il revoyait encore les membres de sa tribu se faire massacrer par des « choses » répugnantes. On aurait dit des démons venant tout droit de l'enfer. Les bruits de corps déchiquetés, les supplices et les lamentations résonnaient en boucle dans sa téte. Une silhouette encapuchonnée ‘était glissé au milieu de ce chaos. Elle répétait de sa voix sifflante : « Lavenement est arrivé ». Puis, la silhouette avait levé des bras maigres et pales vers le ciel. Monar aiit a peine le temps d’apercevoir dans ses mains, une petite pierre brillante, rouge sang comme la lune de ce soir. Le corps traversé de violents spasmes, il leva la téte vers la lune maudite. Ses reflets rougeatres dominaient la voite céleste. Un craquement fit sursauter Monar. Une odeur de mort envahit I'air. La créature était 18, elle 'avait retrouvé. La main tremblante, il réussit & fouiller la bourse que tout les guerriers de sa tribu portaient autour du cou. Il en sortit une amulette fait d'un bout d'acajou circulaire. Un triangle renversé, le sommet coupé par un trait était gravé dessus, c’était le symbole de sa tribu. Lodeur putride s'intensifia et les rales a faire trembler les enfers se rapprochaient. Monar ferma les yeux et appuya I'amulette contre son cceur. Il récita des paroles dans une langue étrangére. Soudainement, de longues griffes noires se plantérent dans le bois. A quelques centimetres de son visage. La créature contourna l'arbre, découvrant le jeune homme. Son corps humanoide, en décomposition dégageait une odeur nauséabonde. Sa peau était recouverte de crodites squameuses et sa téte, dépourvue doreilles, de nez et dyeux ressemblait a une grosse boule de chair pourrie. Elle se déplagait sur deux pattes, semblables a ceux d'un cerfs. Elle émit un petit cri qui terrifia Monar, lui qui était pourtant un guerrier si brave. La créature retira ses griffes d'un coup sec et les planta cette fois-ci dans le visage du jeune homme. Elle fit glisser ses doigts, lacerant sauvagement sa peau. Comme une araignée, elle se jeta sur lui pour lui dévorer le visage Chapitre | : La disparition de Jaleah Gronwell Le vieux chateau Harfnagor, qui abritait 'académie d'Alchimie d’Aeternitas, trénait au sommet d'une majestueuse montagne. Ses murs de pierre, usés par le temps, étaient envahis de lierre grimpant. Les nombreuses tours s'élevaient vers le ciel, lui conférant une allure imposante et mystique. Autour, se dressait une forét dense et sombre, ol les arbres aux branches noueuses semblaient prendre des formes étranges. Latmosphére de cet endroit était empreinte dune aura sinistre et envoitante, comme si chaque recoin renfermait des secrets. On pouvait presque entendre le vent souffler entre les arbres, une mélodie hypnotisante qui vous bercait doucement dans un sommeil profond, Dans la nuit du jeudi au vendredi ou commence cette histoire, la tempéte faisait rage. La pluie martelait les tuiles. Les arbres se pliaient sous la force du vent, leurs branches dansant dans lair. Les éclairs qui traversaient le ciel de temps autre illuminaient les salles ebandonnées et les couloirs silencieux du chateau endormi, suivis par le grondement retentissant du tonnerre. Brusquement, Olympe ouvrit les yeux. Elle entendit comme des voix qui venait de Vextirper de son sommeil. Ladolescente se frotta Les yeux et redressa la téte. Elle parcouru du regard, le dortoir plongé dans lobscurité. Elle distingua la forme des corps allongés sur les différents lits. Seuls le bruit des gouttelettes d'eau qui s‘écrasaient contre la fenétre, résonnait dans la piéce. Aucune voix en vue. Probablement un réve. Elle se coucha de nouveau, irritée davoir été interrompue dans son sommeil. Alors qu'elle cherchait une position plus confortable pour se rendormir, Olympe apercu une ombre se déplacer sur le mur. Elle se tourna et observa discrétement une silhouette au fond de la salle qui se dirigeait tout droit vers la porte d'entrée. Celleci s‘ouvrit lentement dans un grincement presque inaudible. La silhouette disparue. Olympe retira rapidement sa couverture et déposa ses pieds sur le sol. Elle frissonna au contact dela pierre froide mais y préta peu attention. Ses yeux habitués & obscurité distingua la lampe tempéte quielle avait déposé sur sa table de chevet quelques heures plus tot. Olympe réfléchit un instant si il fallait 'allumer. C’était une mauvaise idée. Elle aurait beaucoup plus de chance de se faire remarquer, ce qui lui attirerait une ou deux heures de colle si elle se faisait prendre & errer dans les couloirs a cette heure. Méme sentence qu’encourrait d'ailleurs la silhouette. Emportée par la curiosité, elle traversa rapidement le dortoir sur la pointe des pieds. Olympe ouvrit la porte, sortit et la referma tout de suite. Elle débouchait sur un immense corridor. Elle regarda de gauche a droite, apergue la silhouette qui était déja au bout du couloir, éclairé par les flammes des chandelles accrochées aux murs. Olympe discerna au loin une longue chevelure brune et une robe de nuit pourpre. Elle s'apprétait A suivre la silhouette au moment oli une voix grave la fit sursauter. — Mademoiselle Carpenter, que faites vous la a une heure aussi tardive ? C’était monsieur Grots, le professeur d'alchimie végétale dans un pyjama en satin vert olive. Il dévisageait Olympe derriére ses grandes lunettes rondes ~ Je..heu..vous avez vu aussi ? bégaya Olympe iI fronga les sourcils. Ses mains étaient croisées derriére son dos. ~ De quoi estce que vous parlez ? Est-ce quill y a quelque chose que je dois savoir? Olympe regarda de nouveau la direction que la fille avait prit. Le couloir était vide. Si allele disait au vieil homme, la jeune fille aurait des problémes et Olympe n’était pas une balance. D’ailleurs elle était d'accord avec tout agissements qui mettait en péril V'autorité d'un professeur. ~ Mademoiselle Carpenter, insista Grots = Non, rien professeur, j'ai dU réver. {I 'observa un moment avant de marmonner dans sa barbe. II ouvrit la porte du donoir. = Vous feriez mieux de retourner au lit, vous avez cours demain matin. Pour cette fois, je laisse passer, mais la prochaine fois que je vous reprends a trainer dans les couloirs aprés le couvre feu, vous aurez des heures de colle. Olympe le remercia et retourna dans le dortoir. Grots ferma la porte derriére elle. La jeune femme rejoignit gon lit et attendit longtemps le retour de la silhouette avant de sombrer dans les bras de Morphée. Le lendemain matin au petit déjeuner, une atmosphére inhabituelle planait dans la grande salle. Les professeurs assis a une grande table au fond de la piéce effichaient des visages préoccupés et touchaient a peine leur assiettes. lls chuchotaient parfois entre eux. Quand aux éleves, ils devaient se douter que quelque chose clochait. Personne rosait parler & haute voix. Olympe entama sa deuxiéme saucisse au moment oli Claire se pencha vers elle ~ lly a quelque chose d’étrange ici, chuchotetelle = Tunes pasla seule a ‘avoir remarqué, répondit Olympe Vine se méla a la conversation ~ Jlai entendu le professeur Darkwell et le directeur Xerxés ce matin, il discutaient au sujet dune éléve qui aurait disparue cette nuit Olympe palit. Elle se souvint de la fille quelle avait vu la nuit derniére Elle avait attendue longtemps qu'elle revienne mais avait fini par s‘en dormir. ~ Qu'est-ce quill y'a ? On dirait que tu as vu un fantéme, questionna Claire Olympe commenga son récit = Hier soir, j'ai été réveillée par des voix, enfin je pense que ga c’était dans mon réve, mais lorsque jai voulu me rendormir, jai vu une silhouette sortir de la chambre. Par curiosité je I'ai suivi mais dés que je suis sortie, je suis tombée sur Grots qui ma tout de suite ordonné de retourner au lit, j'ai attendue quelle revienne mais jeme suis endormie Claire manqua de s‘étouffer avec ses yeux brouillés, attirant I'attention de quelques éléves assis a leur table. La blonde parla aussi doucement que possible. = Olympe ! Pourquoi tu n’as pas prévenue le professeur Grots! ~ Jene voulais pas qu'elle se fasse punir, se défendit Olympe sur le méme temps Claire allait renchérir mais fat interrompue par le hennissement puissant d'un cheval. Des bruits de sabots cognant la pierre suivirent. Les élaves curieux se précipitérent vers les immenses fenétres. Les trois adolescents firent deméme. Olympe avantagée par sa silhouette fréle se faufila entre les corps pour atteindre la fenétre. Lair frais fit Virevolter ses deux nattes au moment ol elle se penche dans le vide. Elle vit un carrosse bleu nuit aux dorures somptueuses avec des détails aussi complexes qu’élégants, a travers le brouillard qui commengait a se dissiper. Deux magnifiques étalons noir le tirait avec vigueur faisant grincer les roux en bois de chéne. Ils traversaient le pont de pierre qui menait au chateau. Des murmures s’élevérent parmi les éléves. Olympe n/avait jamais vu un aussi beau carosse. Ceux de l'académie était fabriqué a partir d'un bois miteux et les cheveux étaient si vieux que ga prenait des jours pour quitter la capitale d’Aeternitas et arriver a I'académie & chaque rentrée. Quant a son district, personne n'était assez riche pour sen acheter un, ils avaient & peine de quoi avoir trois repas par jour sur la table. Lorsque le carrosse pénétra dans lenceinte du chateau, les chevaux s‘arréterent d'un coup. Olympe plissa les yeux et reconnu le phcenix gravé sur la portiére. Une colére intense déferla dans ses veines ~ LEanorion, murmura--elle Et elle n’était pasa seule a les avoir reconnu, Trois quarts des éleves venait de prononcer leur nom a haute voix. « Qu'est-ce quills font la ?» demanda une voix derriére elle, Olympe se posait la méme question. LEanorion était I'armée présidenttielle d’Aetemitas. Elle était entigrement composée dAlchimistes d'Etat, comme les parents d'Olympe. Cette pensée lui fit honte. Elle avait honte d’étre la fille de Dan et Fiona Carpenter. ~ Hey Carpenter, peut étre que c'est ton petit papa qui vient te récupérer, je suis sir que Xerxés a enfin décidé de te virer a cause de ton manque de talent ! rigola Owen Good Sa bande également éclata de rire. Olympe serra les poings. Owen était dans les pattes d’Olympe depuis leur premiére année a l'académie, toujours a lui rappeler qu’elle rvavait pas sa place ici, comme si ellene le savait pas déja — Ne I'gécoute pas Olympe, c'est qu'un idiot, tu connais comment ils sont, lui et les gens de son district, souffla Claire. Orgueilleux et sans scrupules, prét a écraser quiconque pour obtenir un peu de lumiere. Telle était le résumé parfait des originaires du feu. Ils se croyaient eu dessus de tout le monde, prétextant que aucun autre élément ne pouvait vaincre l'alchimie du feu. Olympe était convaincue que c’était vrai. Les meilleurs éleves venaient de ce district. D’ailleurs 'Eanorion était majoritairement composé de soldats venant du district du feu. Peu de soldats venant du district de eau, de I’air et de la terre réussissaient A y accéder. C’était réservé 4 I'dlte, la crame de la créme. Olympe savait qu'elle n'y accéderait pas. Elle était la demiére de sa classe. Elle échouerait avec brio aux examens de fin d’année qui permettait aux éléves dobtenir leur dipléme d'alchimistes d'état. Tout le monde se tut en voyant le directeur Xerxés traverser la cour. II se rendit devant, le carrosse dont la portiére venait de souvrir. Le directeur fit une révérence en signe de respect pendant que deux hommes sortirent du véhicule. Lun était grand et brun, autre blond et grassouillet. IIs portaient tout les deux Ia tenue de militaire, un manteau noir, un pantalon avec de nombreuses poches de la méme couleur et des rangers. Leur posture droite et leur prestance témoignaient d'une formation figoureuse. Les trois hommes échangérent des mots pendant d'interminables secondes. Olympe aurait tout donner pour écouter leur conversation. A un moment, le grand brun tourna la téte vers eux et Olympe croisa de grand yeux bleus sans ame. Un frisson désagréable lui parcouru I’échine. Une immense cicatrice couvrait la moitié de son visage. — Mon dieu cest horrible ! Quel genre de blessure peux infliger ga ? grimaca une petite blonde de deuxiéme dans la masse = Allons, allons les enfants c'est mal élevé dobserver nos invités comme des bétes de foire ! Le spectacle est fini, allez-y en classe maintenant ! gronda madame Digue de sa voix aigué Olympe qui était resté figée détourna enfin son regard de homme et imitérent les élaves qui quittaient la grande salle en discutant dela venue des deux hommes. Vine et Claire marchérent ses cotés. — Des invités ? Depuis quand Harinagor regoit des invités ? Et pourquoi des alchimistes d'état ? s‘interrogea Vine ~ Jene sais pas, répondit Olympe, mais cette histoire ne sent pas bon, pas bon du tout. Les deux adolescents attendirent la réponse de Claire mais la brune était perdue dans ses pensées. Olympe l'interrogea - Aquoi tu penses Claire ? Elle sursauta comme si elle venait a peine de se rendre compte de leur présence. Elle regarda autour d'elle les discussions autour d'eux tournaient également autour des nouveaux venus. ~ Je me disais...et si ca avoir avec la disparition dela fille dont tu nous a parlé ? siinguiéta Claire Olympe réfléchit un moment = Non c’est tres peu probable, pourquoi I'Eanorion se déplacerait pour la disparition d'une élve ? Pourquoi ne pas envoyer un soldat de I'Ordre ? Aprés tout ce sont leurs toutous, toujours prét & faire le sale boulot ~ Et si Claire avait raison ? Je ne vois pas d'autre raison de leur venue ici, soupira Vine ~ Dans ce cas, j'ai bien peur quill s'agisse de quelque chose de plus grave qu'une simple disparition conclut Olympe Alheure du déjeuner, I'arrivée des soldats de I'Eanorion était au coeur de toutes les discussions. Tout le monde donnait son avis, inventait des raisons de leur visite. Des petits mots circulaient pendant les cours. Une rumeur commencait dailleurs a circuler surla cicatrice du grand brun. Comme quoi il aurait été brlé par un de ses collégues alchimiste du feu qui aurait perdu son sang-froid pendant une dispute. — Ga ne miétonnerait pas que ¢a soit vrai, les gens du feu sont vraiment des monstres ! Mon pére dit que cene sont que des monstres, dénué de tout sentiments ! avait commenté Kyle Hug, en croquant dans une cuisse de poulet. ll venait du district de l'air ~ Ce n'est absolument pas vrai! Ton pére est aussi stupide que toi de penser une telle chose ! s'était énervé Willa, qui venait du district du feu ~ Répate un peu ¢a pour voir ! Queje te fous une raciée! Kyle s‘était levé et avait hauss¢ le temps, ce qui avait atiré 'attention des professeurs. Madame Digue intervint aussitét avant que ca ne dégénére ~ Monsieur Kyle je vous prie de vous asseoir! Un peu de calme les enfants | Ce nest pas une fagon de se comporter ! gronda-telle Kyle langa un regard noir a Willa qui le lui rendit, avant de s'asseoir. Olympe soupira en tripotant son riz avec sa fourchette. Les tensions entre les quatre districts ne datait pas d'aujourdhui. Ca avait toujours été comme ca. Enfin depuis la guerre dAetemitas. Elle se souvint de la premiére fois oli son pare lui en avait parlé. C’était un apraés midi ou il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid. Elle venait peine de prendre ses huit ans et son pére avait décidé que c’était le bon moment pour commencer a lui apprendre I'alchimie. Il 'avait enmené dans une vaste prairie proche de leur maison, ol! on pouvait contempler au loin 'immensité du mur de pierre qui entourait le district de la terre. — Est-ce quill y a d'autres personnes comme nous ? avait questionné Olympe Une question qui lui brilait les levres depuis qu'elle s'était mise & regarder le mur tout les soirs depuis la fenétre de se chambre. Elle s‘imaginait un monde différent de celui qu'elle avait connu. Un monde oi il n'y avait pas de soldat de l’ordre qui gouvernaient parla violence, ol les habitants mangeaient a leur faim comme elle et sa famille, = Oui ily en a, répondit Dan II sassit en teilleur sur lherbe juste en face d'Olympe qui limita. Lalchimiste fouilla sa sacoche en cuir marron et en sortit deux livres dont la reliure était déja abimeé. ~ Est-ce que eux aussi ils vivent derriére un mur? ~ Les quatre district oui, meis les habitants du Pentagone non, ils sont aussi libre que (air, on va commencer par des trucs tres simple, je veux que tu apprenne par ceeurla loi de I’échange équivalent Olympe fronga les sourcils curieuse. Elle adorait apprendre de nouvelles choses. Elle adorait que son pére lui apprenne de nouvelles choses. ~ C'est quoi les dicrits ? Et c'est quoi le pengone et c'est quoi la loi de 'échange équi.. qui ~ Equivalent, rigola Dan, une chose ala foi d'accord ? Olympe secoua la téte, Dan sorti un bout de parchemin jauni, une plume et un pot d'encre. Il trempa sa plume dans I'encre et dessina un énorme cercle. Puis il dessina quatre plus petit cercles juste en bas du premier. Ensuite il relia les quatre petits cercles au plus grand ~ Le grand cercle c'est le Pentagone, il inscrivit un «P» a l'intérieur, c'est la capitale dAeternitas, est l& que maman et moi travaillons, c'est I quhabite le président Wolves, et tout ce qui ont beaucoup d’argents. Les enfants de cet endroit n’ont jamais connu la faim et le froid. Olympe se demandait ce que ¢a faisait de vivre dans un tel endroit. Elle aussi, elle avait jamais connu la faim mais les enfants de son école oui. Elle partageait toujours son gotiter avec eux. Dan insorivit un triangle dans l'un des plus petits cercles - Un district c'est une petite ville un peu comme ici, la population aussi vit derriére un mur, jene sais pas comment c’est, je nly suis jamais allé mais je peux te dire que ils sont un peu mal éduqué La petite fille s'exclaffa. II dessina un triangle renversé dans le deuxiéme cercle. ~ Ga cestle district de l'eau, ils vivent également derrigre un mur, ils sont trés peu sociables comme personnes. Olympe mit le doigt sur le troisiéme cercle. - Etla? Dan trempa de nouveau la plume dans l'encre et dessina un triangle. II ajouta un trait qui coupait le sommet ~ Ga cestle district de lair ils sont gentils je trouve. Olympe désigna le demier cercle -1a? ~ La cestle district de la terre, c'est chez nous \I dessina un triangle renversé et coupa le sommet par un trait. - Cest le méme que sur mon amulette ! S‘extasia Olympe Elle attrapa l'emulette qu'elle avait au cou et observa. Dan fitde méme avec le sien ~ Cest exacte, chaque habitant d'un district posséde une amulette pareille avec le symbole de son élément. C’est pour nous dif érencier. Dan prit un air grave. - Tu sais ma chérie au Pentagone, nous venons tous des quatre districts et nous travaillons ensemble, cependant nous nenous aimons pas beaucoup. ~ Pourquoi ? demanda Olympe — Parce que nos ancétres, ceux de chaque districts vivaient en harmonie dans le passé. Un jour, une guerre a éclaté et ils se sont entretués. Aujourd’hui encore la rancune et les tensions sont toujours présentes parmi les quatre peuples Olympe ouvrit la bouche horrifige. - Pourquoi ? — Le pouvoir ma chérie, le pouvoir est une maladie qui détruit I'humanité a petit feu, mais ¢a tu le comprendras quand tu seras grande. Allez maintenant ca suffit les cours d'histoire et de géographie, concentrons nous sur l'alchimie! Ne fait pas du sang d'encre pour des choses qui ont eu lieu il y a bien longtemps ! Olympe tripota son amulette autour du cou. Au moins il lui restait encore des souvenirs joyeux avec son pere. Elle balaya la salle du regard. Les éleves d'Harinagor venaient des quatre districts. Son pére avait raison, une animosité constante régnait entre eux. Ils étaient tous préts a se sauter a la gorge a chaque instant. La porte dela grande salle souvrit interrompant le brouhaha des éléves. Le directeur Xerxés pénétra dans la salle suivit des deux soldats de I'Eanorion. Une atmosphere glaciale se répandit tandis quills marchérent tous les trois jusqu’a la table des professeurs, Une fois artivés, ils se tournérent et fit face aux milliers de visages qui avaient arréter de manger pour les regarder. Xerxés se racla bruyamment la gorge. ~ Bonjour mes chers éléves, vous avez srement di vous posez des questions tout au long dela matinée, aprés l'arrivée des soldats de I'Eanorion Aucun bruit dans la salle. On aurait pu entendre les mouches voler. ~ Je vous présente le général Fletcher Le blond s‘avanga avant de retourner immeédiatement @ sa place. ~ Et le colonel Glascow. Le brun s'avanga et ne bougea plus. Sa cicatrice était encore plus horrible de prés. On aurait dit que la peau de son visage avait fondue. ~ Je vous passe la parole mon général = Merci Xerxés, commenca Glascow Sa voix était granuleuse, comme si il avait quelque chose coineé dans la gorge. = Bonjour les enfants, vous vous doutez que nous ne sommes pas lé pour une visite de courtoisie. II prit une profonde inspiration, visiblement agacé par la suite de ses paroles. ~ Jai immense regret de vous annoncer que dans la nuit, une éléve a violé le réglement et s'est introduit dans la forét morte. Une vague d'horreur envahit les éléves qui se mirent tous a chuchoter. Vine, Claire et Olympe échangerent un regard effeayé. ~ Un peu de calme sil vous plait ! grondatil Le chahut cessa instantanément. - Malheureusement cette élave est 4 ce jour déclaré, morte, il s'agit de Jaleah Gronwell, éléve en sixiéme année. Un cri de détresse déchira le cceur de toutes les personnes qui en avait un dans la salle, particuligrement celui d’Olympe. C’était une petite brune qui venait de s’écrouler surle sol en pleurant. Ses copines autour essayerent de la relever mais elles aussi, pleuraient @ chaude larmes. ~ Cest mademoiselle Valerya Gronwell, la petite sceur de la victime, expliqua Xerxes au général ~ Nous vous présentons nos plus sincéres condoléances, mademoiselle, répondit-l avec un visage de marbre Les larmes aux yeux, Olympe chercha désespérément un visage parmi les troisiémes années. Elle le trouve rapidement. Caemeron était concentré sur Valerya, il ne lui adressait aucun regard 4 elle. Elle se demandait si il aurait réagi de la méme facon en apprenant que c’était elle qui avait été déclaré morte. Est-ce que au fond dellui, il la considérait encore comme sa sceur ? Est-ce que tout le monde la détesterait davantages si ils apprenaient qu'elle avait vu Jaleah quitter le dortoir et qu’elle aurait pu éviter ga en prévenant Grots 7! C’était beaucoup trop. Olympe tapa violemment du poing sur la table attirant I'ettention de tout le monde. Elle se leva et planta ses yeux baignés de l'arme dans la froideur de ceux du colonel. ~ Comment pouvez-vous la déclarer morte ?! Est-ce que vous avez trouvez son corps 7! Est-ce que vous avez rassemblez des hommes, fouillez la forét pour essayer de la retrouver ?! Le général n’affichait toujours eucune émotion. ~ lly aune bonne raison mademoiselle si il est interdit de s'aventurer dans cette forét ! Nous n’allons pas risquer nos vies pour essayer de trouver une idiote qui s'est cru au dessus des régles — ALORS QUE FAITES VOUS LA ! s'emporta Olympe Les larmes commencaient a lui brouiller la vue. ~ Quels est donc le motif de votre visite si vous ne comptez rien faire! Vous pensez & sa famille ?! Regardez dans quel état est sa sceur! ~ Mademoiselle Carpenter, ga suffit ! Calmez vous ! Pour la premiére fois, Olympe vit une émotion sur le visage de Glascow. De la haine, beaucoup de haine. ~ Carpenter ? Tues la fille de Dan et Fiona Carpenter ? homme marcha lentement jusqu’a Olympe, les mains croisées derriére le dos. Son coeur se mit a battre tellement fort quelle n’entendait plus que ¢a. Tout les éléves restaient muets face a la scene. Méme Valerya avaient arrété de pleurer et observait. Glascow faisait au moins trois tétes de plus qu'Olympe. Voir sa cicatrice d’aussi prét lui donna la nausée. ~ Ga ne métonne pas, tu es aussi insolente que ton pére mais j'ai appris que tu nas pas hérité du méme talent. Au contraire tu es complétement nulle. Je ne sais pas ce quetu fiches encore dans cette école, ni comment tu as fait pour arriver jusqu’en septiéme année, peut étre que ton pére a joué de ses relations. Il le dit souvent tu sais ? Quetu lui fais extrémement honte, il a peut étre fait ca pour garder un peu de dignité, J'ai cru comprendre que ton frere cadet est extrémement doué lui, tu es done le mouton noir de la famille. il afficha un sourire mauvais, figre de ses paroles. Olympe mourait denvie de lui sauter & la gorge, de hurler, de linsulter, de le frapper de toutes ses forces. Lair commengait 2 se faire rare dans ses poumons. Sa respiration devenait de plus en plus difficile. La voix de Xersés I'évita la crise d'angoisse. ~ Mademoiselle Carpenter ! Olympe se tourna vers Xerxés, Grots était a ses ctés. Olympe comprit a son expression furieuse qu'il savait. Grots lui avait tout dit. - Dans mon bureau tout de suite ! Glascow ricana. — Je crois que tu as quelque chose 4 te reprocher, j'ai hate de tinterroger. il langa un demier regard plein de haine a Olympe et quitta la piéce. Le colonel Fletcher emboita le pas sans dire un mot. Xerxés lui s'approcha dOlympe, attrapa son bras et la forcat a le suivre

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