Fusée
En astronautique, une fusée est un véhicule mû par un moteur-fusée de grande puissance
qui lui permet de se déplacer dans l'espace proche, et notamment de placer en orbite une
charge utile (satellite artificiel), voire d'échapper à l'attraction terrestre pour visiter
différents corps célestes. Les fusées de l'astronautique sont généralement dotées de
plusieurs étages mis à feu successivement. Les plus grosses fusées construites, comme
Saturn V, permettent de placer jusqu'à 150 tonnes en orbite basse.
La science des fusées a été théorisée par le Russe Constantin Tsiolkovski à la fin du xixe
siècle et mise en pratique dès 1935 par Hermann Oberth, puis par les chercheurs allemands
durant la Seconde Guerre mondiale, pour la conception des premiers missiles balistiques
V2. À compter de la fin des années 1950, les fusées ont été utilisées pour mettre en orbite
des satellites à des fins commerciales, militaires, de télécommunication ou de recherche, et
envoyer des sondes spatiales vers les autres planètes du système solaire, ou des hommes
dans l'espace proche, ainsi que sur la Lune.
Fonctionnement du moteur-fusée
Dans le cas classique des moteurs-fusées thermochimiques, la propulsion par
moteur-fusée repose, comme pour un moteur à essence de voiture, sur l'énergie
dégagée par la combustion d'un carburant avec un comburant (ergols). Le moteur-
fusée comporte deux éléments essentiels : la chambre de combustion et la tuyère.
Les ergols sont brûlés dans la chambre de combustion : cette réaction chimique qui
fait intervenir le réducteur (le carburant) et l'oxydant (le comburant), est
fortement exothermique c'est-à-dire qu'elle dégage de la chaleur et porte les gaz
résultant de la combustion à des températures de plusieurs milliers de degrés. Les
gaz produits s'échappent de la chambre de combustion par un orifice relativement
étroit. Dans le cas d'un moteur-fusée (mais ce n'est pas le cas d'un feu d'artifice) cet
orifice est occupé par une tuyère de Laval caractérisée par une forme spécifique
(cône convergeant puis divergeant) qui permet d'accroitre considérablement la
vitesse des gaz expulsés : en circulant dans la tuyère la pression et la température
du gaz diminue tandis que sa vitesse s'accroit. L'énergie thermique de la
combustion s'est transformée en énergie cinétique. L'expulsion des gaz à grande
vitesse (entre 2000 et 4 500 m/s selon les ergols utilisés et l'efficacité du moteur-
fusée) génère une poussée sur la fusée en sens opposé en application de la loi de
la conservation de la quantité de mouvement. La vitesse de la fusée s'accroit.
À la différence d'un moteur classique le comburant (par exemple l'oxygène) est
dans le cas général stocké dans la fusée et non pas aspiré dans l'atmosphère ce
qui permet à la fusée de fonctionner dans le vide ou dans une atmosphère très
raréfiée.
Dans un moteur-fusée à ergols liquides le comburant et le carburant stockés
dans des réservoirs sous forme liquide sont injectés dans la chambre de
combustion sous pression grâce à un système d'alimentation qui peut prendre
différentes formes (turbopompe, mise en pression des réservoirs...). Dans
la propulsion à propergol solide la chambre de combustion est le canal central
percé dans le bloc solide constitué par le mélange de comburant et de carburant.
La couche superficielle du canal dans le bloc de propergol brûle et génère des
gaz qui sont expulsés par une tuyère selon les mêmes principes que la
propulsion à ergols liquides.
Il se développe depuis plusieurs décennies des moteurs ioniques ou plasmiques
dont le principe est très proche de celui des fusées à eau : un gaz noble (xénon)
est accéléré à très haute vitesse par un dispositif électrique (dix fois plus vite que
dans un très bon moteur thermochimique) puis éjecté. Ces moteurs trouvent leur
énergie dans une alimentation électrique externe (panneaux solaires, en
général) et n'utilisent donc le gaz neutre que pour la conversion de cette énergie
en énergie cinétique permettant la propulsion de l'engin selon le principe de
conservation de la quantité de mouvement.