Trigonométrie et Nombres Imaginaires
Trigonométrie et Nombres Imaginaires
Cours de MPSI
14 septembre 2021
2
Table des matières
4
TABLES DES MATIÈRES
5
TABLES DES MATIÈRES
6
Chapitre I
Nous nous placerons dans tout ce chapitre dans 2. Soit k ∈ Z tel que a = b + kθ, alors b = a + (−k)θ, or
le plan R2 , muni de son repère orthonormal cano- −k ∈ Z, donc b ≡ a [θ].
nique (O, →
−ı , →
− ). 3. Soit k, ` ∈ Z tels que a = b + kθ et b = c + `θ, alors
a = c + (k + `)θ, or k + ` ∈ Z, donc a ≡ c [θ].
4. Soit k, ` ∈ Z tels que a = b + kθ et c = d + `θ,
1 Relation de congruence mo- alors a + c = b + d + (k + `)θ, or k + ` ∈ Z, donc
a + c ≡ b + d [θ].
dulo un réel 5. C’est un cas particulier du point suivant (avec n =
−1).
6. Soit k ∈ Z tel que a = b + knθ, alors a = b + (nk)θ,
Définition 1.0.1. or nk ∈ Z, donc a ≡ b [θ].
Soit θ ∈ R. On dit que deux réels a et b sont 7. Soit k ∈ Z tel que a = b + kθ, alors ac = bc + k(cθ),
congrus modulo θ s’il existe k ∈ Z tel que a = or k ∈ Z, donc ac ≡ bc [cθ].
b + kθ. On note alors a ≡ b [θ], ou aussi a = b [θ].
Exercice 1.0.5.
π π 5π Parmi la famille de réels suivants, déterminer les-
Exemple 1.0.2. • , − et sont congrus
2 2 2 quels sont congrus entre eux modulos 2π. Même
modulo π ; π 2π
π 9π 15π question pour π, et .
• , et − sont congrus modulo 2π. 2 3
4 4 4 5π
• α=1 • ε=
Remarque 1.0.3. 6
• β = 3π 28π
La relation a = b [θ] se lit aussi « a et b sont
• γ = 4π • ζ=
égaux à un multiple de θ près ». π 4
• δ=−
2
Proposition 1.0.4. Au besoin, vous placerez les points/angles cor-
Soit θ ∈ R, et a, b, c, d quatre réels. respondants sur le cercle trigonométrique (voir
1. On a a ≡ a [θ] (on dit que la relation de partie 3.4).
congruence modulo θ est réflexive).
Remarque 1.0.6 (Irrationnalité de π).
2. Si a ≡ b [θ], alors b ≡ a [θ] (on dit que la Tout au long de cette année, vous pourrez utiliser
relation de congruence modulo θ est symé- le résultat suivant :
trique).
3. Si a ≡ b [θ] et b ≡ c [θ], alors a ≡ c [θ] (on π∈
/ Q.
dit que la relation de congruence modulo θ Ce résultat sera démontrable en milieu d’année
est transitive). de MPSI.
4. Si a ≡ b [θ] et c ≡ d [θ], alors a+c ≡ b+d [θ].
5. Si a ≡ b [θ], alors a ≡ b [−θ]. 2 Les fonctions sinus, cosinus et
6. Si n ∈ Z et a ≡ b [nθ], alors a ≡ b [θ]. tangente
7. Si a ≡ b [θ], alors ac ≡ bc [cθ].
Une relation vérifiant les trois premiers points de 2.1 Définitions géométriques
cette proposition est appelée une relation d’équi- Soit (ABC) un triangle du plan, rectangle en
valence. B. On suppose les troins points A, B, C deux à
deux distincts. On note α l’angle (non orienté)
Démonstration. \ Alors nous posons :
BAC.
C’est immédiat en revenant à la définition. AB
1. On a a = a + 0θ, donc a ≡ a [θ]. • cos α = ;
AC
8
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
Cette relation entre sinus et cosinus est la Figure I.1 – Fonctions cos et sin.
première formule de trigonométrie à connaître !
9
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
10
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
!
−−→ a →
−
b M = (a, b), OM = 1. On a kuk = 0 ⇔ u = 0 .
b
2. On a kλuk = |λ| kuk.
→
− Et pour finir, l’inégalité triangulaire, qui sera dé-
montrée plus tard grâce aux nombres complexes :
kuk − u0 6 u ± u0 6 kuk + u0 .
11
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
Remarque 3.2.2. • Par abus, on parle sou- 3.3 Angles orientés de droites
vent de « l’angle (u, v) » plutôt que d’ « une
mesure de l’angle (u, v) » 1 . Il est aussi possible de définir l’angle orienté
• Il est important de retenir qu’un angle entre deux droites :
orienté de vecteurs se donne toujours mo-
dulo 2π.
Définition 3.3.1.
• Géométriquement, l’angle (u, v) vaut θ si v 0
Soit D et D 0 deux droites. On appelle mesure de
est l’image de u0 par la rotation vectorielle
l’angle orienté(D, D 0 ) tout réel θ pour lequel il
d’angle θ.
existe u un vecteur directeur de D et v un vecteur
Nous pourrons démontrer les résultats suivants directeur de D 0 tel que θ est une mesure de l’angle
plus tard dans l’année mais nous allons les ad- (u, v).
mettre ici : Il existe une infinité de tels réels, mais si θ0 est
1. en toute rigueur l’angle (u, v) est l’ensemble de toutes l’un d’entre eux, l’ensemble des mesures de l’angle
les mesures de l’angle (u, v) : il s’agit d’une classe d’équi- (D, D 0 ) est l’ensemble de tous les réels congrus à
valence ; nous en reparlerons plus tard dans l’année
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CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
Proposition 3.3.3.
Soit D, D 0 , D 00 trois droites du plan. Théorème 3.4.1 (Représentation paramétrique
1. (D, D 0 ) = −(D 0 , D) [π] ; du cercle trigonométrique).
2. Relation de Chasles : (D, D 0 ) + (D 0 , D 00 ) = Une représentation
( paramétrique du cercle trigo-
(D, D 00 ) [π]. x = cos t
nométrique est , t ∈ R.
y = sin t
Ou encore, U = {(cos t, sin t), t ∈ R}.
Démonstration.
3.4 Cercle trigonométrique L’inclusion U ⊂ {(cos t, sin t), t ∈ R} se démontre direct-
ment grâce au lemme 2.2.2
Le cercle dit trigonométrique, souvent noté U
Remarque 3.4.2 (radians).
(nous en reparlerons), est tout simplement le cercle
La longueur du cercle trigonométrique étant de
de rayon 1 et de centre O.
2π, par proportionnalité, la mesure d’un angle
Son utilité est principalement de représenter est la longueur de l’arc du cercle trigonométrique
graphiquement les propriétés trigonométriques intersecté par ledit angle (voir figure I.3).
usuelles. La mesure d’un angle « en radians » est le rap-
Le point de départ est le suivant : pour tout port entre la longueur de l’arc d’un cercle centré
θ ∈ R, posons Mθ le point de coordonnées en O intersecté par ledit angle et le rayon de ce
(cos θ, sin θ) : puisque cos2 θ + sin2 θ = 1, ce point cercle, c’est donc une mesure sans dimension (du
est sur le cercle trigonométrique.
! Si nous posons point de vue des physiciens). Le cercle trigonomé-
−−−→ cos θ trique étant de rayon 1, on obtient immédiatement
uθ = OMθ = , alors (→
−ı , u ) = θ [2π] (voir
θ
sin θ que la mesure en radians d’un angle est la mesure
figure I.4). donnée précédemment.
13
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
Remarque 3.4.3.
On retrouve sur ce cercle les relations « cosinus =
→
− (→
−ı , u ) = θ [2π]
M = (a, b) b θ
14
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
U
B
U
√
3/2
√
2/2
π/3
1/2
O Q A
π/4
π/6
√ √ π
1 2 3 Figure I.8 – Détermination de cos .
3
2 2 2
Démonstration.
π
π π π π
i h
Figure I.6 – Angles usuels dans 0, . Comme ∈ 0, , on a cos > 0 et sin > 0.
2 4 2 4 4
Si nous notons M, N, P les points de coordonnées respec-
tives (cos π4 , sin π4 ), (cos π4 , 0) et (0, sin π4 ), alors ON M P
est un carré dont la diagonale est de longueur 1. Ainsi,
grâce au théorème √ de Pythagore, ses côtés sont √ de longueur
1 2 π π 2
√ , ou encore . Dons cos = sin = .
2 2 4 4 2
Démonstration.
π π π π
i h
Comme ∈ 0, , on a cos > 0 et sin > 0.
3 2 3 3
Si nous notons maintenant A, B les points de coor-
données respectives (1, 0) et (cos π3 , sin π3), alors OAB
U est équilatéral, de côtés de longueur 1. Ainsi, la média-
trice de [O, A] passe par B. Si Q est le milieu de [OA],
M alors (QB) ⊥ (OA), donc Q a pour coordonnées (cos π3 , 0),
P 1
donc cos π3 = . De plus, avec le théorème de Pythagore,
2 √
1 3
QB = OB − OQ2 = 1 − . Ainsi sin π3 = QB =
2 2
.
4 2
Remarque 4.1.1 ( ).
Il est fréquent d’hésiter dans les valeurs des sinus
O N π π
et cosinus des angles et : encore une fois, au
3 6
moindre doute, tracez un cercle trigonométrique.
π
Vous y verrez clairement que le point du cercle
Figure I.7 – Détermination de cos . π
4 trigonométrique désigné par l’angle a une abs-
6
cisse supérieure à celle du√point correspondant à
π π 3 π 1
l’angle . Donc cos = et cos = . Même
3 6 2 3 2
méthode pour les sinus.
15
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
Proposition 4.2.1.
Les fonctions sin et cos sont 2π-périodiques sur
R.
La fonction tan est π-périodique sur son en-
semble de définition.
De plus, pour tout réel α on a :
16
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
17
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
U Proposition 4.4.4.
Soit a, b ∈ R. Alors :
a+b a−b
1. cos(a) + cos(b) = 2 cos cos
2 2
a+b a−b
Figure I.10 – Formules d’addition : première 2. sin(a) + sin(b) = 2 sin cos
2 2
preuve.
a+b a−b
3. cos(a)−cos(b) = −2 sin sin
2 2
a+b a−b
4. sin(a) − sin(b) = 2 cos sin
2 2
5. cos(a) cos(b) = 2 (cos(a + b) + cos(a − b))
1
A −
2 2 2 2
les formules de base. Ainsi, pour la première formule :
sin(a) cos(b) a+b
b a−b
cos(a) + cos(b) = cos +
2 2
a+b a−b
a + cos −
2 2
a+b a−b
I = cos cos
O cos(a) cos(b) 2 2
a+b a−b
− sin sin
2 2
a+b a−b
+ cos cos
Figure I.11 – Formules d’addition : deuxième 2 2
a+b a−b
preuve. + sin sin
2 2
a+b a−b
= 2 cos cos .
2 2
18
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
6.
Pour finir, voici les formules de trigonométrie
2 tan(a)
concernant la fonction tangente : 1 + tan2 (a)
= 2 tan(a) cos2 (a)
= 2 sin(a) cos(a)
= sin(2a)
Proposition 4.4.5.
Soit a, b ∈ R. Lorsque les tangentes qui suivent
sont bien définies, nous avons les égalités sui-
Proposition 4.4.6.
vantes :
Soit a, b ∈ R. Alors il existe A, ϕ ∈ R tels que
tan(a) + tan(b)
1. tan(a + b) = ; pour tout t ∈ R, a cos(t) + b sin(t) = A cos(t − ϕ).
1 − tan(a) tan(b)
tan(a) − tan(b)
2. tan(a − b) = ; Démonstration.
1 + tan(a) tan(b)
a
Il s’agit de normaliser le vecteur puis d’utiliser des
2 tan(a) b
3. tan(2a) = ; formules de trigonométrie :
1 − tan2 (a) a
a √
1 Posons A = = a2 + b2 . Ainsi A = 1. Par
4. = 1 + tan2 (a) ;
b
b A
cos2 (a) a b
conséquent il existe ϕ ∈ R tel que = cos ϕ et = sin ϕ.
1 − tan2 (a) Alors :
A A
5. cos(2a) = ;
1 + tan2 (a) a
b
a cos(t) + b sin(t) = A cos(t) + sin(t)
2 tan(a) A A
6. sin(2a) = .
1 + tan2 (a) = A(cos(ϕ) cos(t) + sin(ϕ) sin(t))
= A cos(t − ϕ)
Démonstration. 1. On factorise :
Remarque 4.4.7.
sin(a + b)
tan(a + b) = Ce résultat sera utilisé dans le chapitre sur les
cos(a + b)
équations différentielles, pour exprimer sous une
sin(a) cos(b) + sin(b) cos(a)
= certaine forme les solutions de certaines équations.
cos(a) cos(b) − sin(a) sin(b)
cos(a) cos(b) tan(a) + tan(b)
= × .
cos(a) cos(b) 1 − tan(a) tan(b) 4.5 Régularité des fonctions trigonomé-
triques circulaires
2. Utiliser le point précédent en utilisant l’imparité de
la fonction tangente. Commençons par démontrer l’inégalité fonda-
3. Utiliser le premier point en posant b = a. mentale suivante.
sin2 a cos2 a + sin2 a 1
4. 1 + tan2 (a) = 1 + = = .
cos a
2 cos2 a cos2 (a)
19
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
Proposition 4.5.2.
U
Les fonctions sinus et cosinus sont continues sur
R.
M
Démonstration.
T Rappelons qu’une fonction f est continue en un point a
lorsque f (x) −−−→ f (a).
x→a
Commençons par démontrer la continuité en 0.
π
Si 0 < x < , alors 0 6 sin(x) 6 x. Par encadrement, on
2
obtient donc que sin(x) −−−−→ 0 = sin(0). Mais imparité
O C A x→0+
π
de sin et x 7→ x, nous avons x 6 sin x 6 0 si < x < 0,
T 2
donc encore par encadrement, sin(x) −−−−→ 0 = sin(0). Les
x→0−
limites à gauche à droite valant sin(0), sin(x) −−−→ sin(0),
x→0
Figure I.12 – Preuve du lemme 4.5.1. d’où la continuité de sin en 0.
Pour le cosinus, il suffit d’observer que si x ∈ R,
x x
cos(x) = cos 2 = 1 − 2 sin2 .
2 2
Lemme 4.5.1.
π Il suffit d’utiliser la limite précédente pour obtenir que
Si 0 < x < , alors
2 cos(x) −−−→ 1 = cos(0).
x→0
0 6 x cos(x) 6 sin(x) 6 x.
Ainsi cos est aussi continue en 0.
20
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
tan
Théorème 4.5.4. 1. La fonction cosinus est dé-
π 3π 5π
rivable sur R, est sa dérivée est cos0 = − sin ;
0 2 2 2
2. La fonction sinus est dérivable sur R, est sa
dérivée est sin0 = cos ; 5π 3π −
π
− − 2
2 2
3. La fonction tangente est dérivable là où elle
est définie, et sa dérivée est
1 Figure I.13 – Fonction tan.
tan0 = 1 + tan2 = .
cos2
21
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
résolution de certaines équations algébriques de vue géométrique. Tous les résultats sur les
du troisième degré. Mais ils sont confrontés complexes s’interprètent géométriquement : ne
à un problème : ils ont besoin de la racine l’oubliez pas, cela vous aidera à mieux vous les
carrée d’un nombre réel négatif pour exprimer représenter, mieux mémoriser les résultats et éla-
certaines solutions réelles qui existent bel et borer vos raisonnements.
bien ! Ils « imaginent » alors que ces racines
carrées existent. 5.2 Une définition géométrique
Pendant trois siècles, des mathématiciens vont
se pencher sur ces travaux, avec des points de À tout point du plan de coordonnées (a, b),
vue divers. Pour certains, l’existence de ces nous allons associer un nouvel objet noté a + ib,
« nombres imaginaires » n’a aucun sens. D’autres appelé un nombre complexe. À tout point il cor-
vont chercher à comprendre ces nombres. Il respond exactement un nombre complexe. Ainsi,
faudra attendre des travaux d’Euler à la fin du si a, a0 , b, b0 sont quatre réels, a + ib = a0 + ib0 ssi
XVIIIème siècle pour que la situation s’éclaircisse (a, b) = (a0 , b0 ) ssi a = a0 et b = b0 .
et que les mathémticiens acceptent et utilisent La même construction peut être ! faite à partir
ces nombres. de vecteurs : à tout vecteur
a
, on associe le
À partir du XIXème siècle, plusieurs mathé- b
maticiens vont proposer des définitions plus complexe a + ib.
modernes et abouties de ces nombres alors
appelés « complexes ». Il en existe plusieurs, Introduisons maintenant un peu de vocabu-
ce qui fait l’intérêt et la richesse des nombres laire :
complexes : on peut les comprendre et les
utiliser de plusieurs manières, et il existe des Définition 5.2.1 (voir figure I.14). 1. On note
correspondances entre tous ces points de vue. C l’ensemble des nombres complexes, c’est-à-
Les nombres complexes sont très importants. dire que C = {a + ib , a, b ∈ R}.
Vous les rencontrerez dans la plupart des cha-
2. Soit M un point du plan de coordonnées
pitres de MPSI : dans les résolutions d’équations
(a, b). On appelle affixe de M le complexe
polynomiales, des équations différentielles, des
a + ib.
suites récurrentes linéaires, en algèbre linéaire, et
en géométrie bien sûr. Vous les utiliserez aussi 3. Soit! u un vecteur du plan de coordonnées
énormément en physique et en SI. a
. On appelle affixe de u le complexe a +
C’est pourquoi il est essentiel de bien les b
appréhender. Ne vous laissez pas influencer par ib.
leur dénomination de « complexes ». Ils doivent 4. Soit z un nombre complexe. Il existe donc un
cet attribut à trois siècles d’assimilation difficile. unique (a, b) ∈ R2 tel que z = a + ib. Le réel
Mais vous avez suivi une formation moderne, a est appelé la partie réelle de z. On le note
dans laquelle les nombres imaginaires (adjectif Re z. Le réel b est appelé la partie imaginaire
plus positif que complexes) vont trouver leur de z. On le note Im z.
place facilement. Après tout, les nombres négatifs 5. Un complexe de partie réelle nulle est dit ima-
ont aussi mis plusieurs siècles à être acceptés, ginaire pur. Les imaginaires purs s’écrivent
mais vous les maniez au moins depuis que vous donc sous la forme 0+ib, avec b ∈ R, que nous
avez 12 ans, parfois même bien avant. écrirons plus simplement ib. Un complexe de
partie imaginaire nulle est dit réel. Les réels
Aucune construction des nombres complexes s’écrivent donc sous la forme a + i.0, avec
n’est au programme. Mais il faut bien les intro- a ∈ R, que nous écrirons plus simplement a.
duire, et nous allons le faire en gardant un point
22
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
b = Im(a + ib) ∈ R
Définition 5.2.3. 1. Soit z = a + ib et z 0 =
c + id deux complexes. On définit leur somme
−−→ z + z 0 = (a + c) + i(b + d). Ainsi Re(z + z 0 ) =
M (a + ib)), OM (a + ib),
Re(z)+Re(z 0 ) et Im(z +z 0 ) = Im(z)+Im(z 0 ).
2. Soit z = a + ib un complexe et λ ∈ R. On
définit le complexe λz = (λa) + i(λb). Ainsi
Re(λz) = λ Re(z) et Im(λz) = λ Im(z).
I(i)
Remarque 5.2.4.
Un complexe de partie imaginaire nulle est un
O(0) A(1) a = Re(a + ib) ∈ R réel. Mais alors pour les réels, nous disposons
maintenant de deux additions : celle entre deux
réel, que vous connaissez depuis toujours ; et celle
entre complexes, que nous venons d’introduire.
Mais, si a et b sont deux réels, nous pouvons les
Figure I.14 – Repérage d’un point par ses coor- voir comme des complexes : a = a + i × 0, et
données cartésiennes. b = b + i × 0. Si nous les additionnons comme des
complexes, il vient : a + b = a + i × 0 + b + i × 0 =
(a + b) + i × (0 + 0) = a + b, cette dernière somme
6. Soit z un complexe de partie réelle a et de étant celle entre a et b vus comme des réels. Pour
partie imaginaire b. On appelle image de z des réels, il n’y a donc aucune différence entre
le point du!plan de coordonnées (a, b), ou le ces deux additions : on dit que l’addition des
a complexes prolonge celle des réels.
vecteur .
b Nous pouvons alors aller plus loin dans les iden-
tifications point / complexe et vecteur / com-
plexe :
Remarque 5.2.2.
L’ensemble des réels correspond donc aux points Théorème 5.2.5 (Règles de calcul).
du plan qui se trouvent sur l’axe des abscisses. On a les propriétés suivantes :
D’une certaine manière, cela permet de voir R
comme une partie de R2 . (i) Soient →−
u et → −u 0 deux vecteurs d’affixes res-
L’ensemble des imaginaires pur correspond quant pectifs z et z , et soit λ ∈ R. Alors le vecteur
0
→
−u + λ→−u 0 a pour affixe z + λz 0 . En particu-
à lui à l’axe des ordonnées.
lier, pour tout couple de vecteurs, l’affixe
Jusque-là, tout cela a peu d’intérêt : nous nous de la somme de ces vecteurs est la somme
sommes contentés de « réécrire » les objets (a, b) et des affixes et pour tout scalaire λ et tout
vecteur →−u d’affixe z, l’affixe de λ→−
u est λz.
!
a
sous une autre forme. Pour qu’un ensemble
b (ii) Soient A et B deux points d’affixes respectifs
d’objets ait un intérêt, il faut pouvoir faire des −−→
a et b. Alors le vecteur AB a pour affixe b−a.
opérations entre ces objets. Nous allons donc dé-
finir deux opérations, une addition et un produit
externe, sur C : Démonstration. (i) Notons a et b respectivement les
parties réelle et imaginaire de z, et a0 et b0 celles
de z 0 . Alors −
→
u (resp. −
→
u 0 ) a pour coordonnées (a, b)
−
→ −
→
(resp. (a , b )). u + λ u 0 a alors pour coordonnées
0 0
23
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
(a+λa0 , b+λb0 ), donc pour affixe (a+λa0 )+i(b+λb0 ). Remarque 5.3.3. 1. Si x ∈ R, on peut le voir
Or on a comme un complexe. On se retrouve alors
z + λz 0 = (a + ib) + λ(a0 + ib0 ) avec deux objets notés de la même manière,
= (a + λa0 ) + i(b + λb0 ) |x| : son module et sa valeur absolue.√ Mais
x
√ = x + i.0, donc son module est x 2+0=
Donc − →u + λ− →
u 0 a bien pour affixe z + λz 0 . x2 : il est donc bien égal à sa valeur absolue.
Il suffit alors d’étudier les cas particuliers où λ = 1, Là encore, le module prolonge sur C la valeur
−
→ −
→
où −→
u = 0 et où − →u = 0 et λ = −1 pour conclure.
−→ absolue réelle.
(ii) Il suffit d’utiliser la relation fondamentale AB =
−−→ −→ 2. Si M (ou le vecteur u) est l’image de z, alors
OB − OA et le point précédent pour conclure.
|z| n’est autre que la distance OM (ou la
norme kuk).
Remarque 5.2.6.
3. En particulier, soit a et z deux complexes et
Soit b ∈ C. L’application
R > 0. Notons M et A les points du plans
d’affixes respectives z et a. Alors |z − a| est
C → C
la distance AM . Et M appartient au cercle
z 7→ z + b
(resp. disque ouvert, resp. disque fermé) de
s’interprète géométriquement comme la transla- centre A et de rayon R si et seulement
tion de vecteur d’affixe b. si |z − a| = R (resp. |z − a| < R, resp.
|z − a| 6 R).
Mais cela est encore peu. Pour aller plus loin,
4. L’ensemble des affixes des points du cercle tri-
nous voulons pouvoir multiplier des complexes
gonométrique est donc U. Nous identifierons
entre eux.
donc ces deux objets.
Démonstration.
Définition 5.3.1. Écrivons sous forme algébrique z = a + ib.
Soit un nombre complexe, que l’on écrit sous 1. On a l’encadrement fondamental
forme algébrique z = a + ib (i.e. a = Re(z) et 0 6 a2 6 a2 + b2 ,
b = Im(z)). √ √
donc par croissance de la √
racine carrée 0 6 a2 6
On appelle module de z le réel a2 + b2 . On le √
a2 + b2 , donc 0 6 |a| 6 a2 + b2 , ce qui est exac-
note |z|. tement le premier encadrement demandé.
On procède de même pour b.
2. Si z = 0 = 0 + i0, on a immédiatement |z| = 0.
Notation 5.3.2. Si |z| = 0, on a par l’encadrement précédent : 0 6
a2 6 a2 + b2 = 0, donc a2 = 0, donc a = 0. On
On note U le cercle unité complexe : procède de même pour b, donc z = 0.
3. On a λz = (λa) + i(λb), or λa et λb sont des réels,
U = { z ∈ C | |z| = 1 } , donc
24
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
Corollaire 5.3.5.
z
Si z ∈ C \ {0}, alors = 1, i.e
|z|
I(i) |z| = OM
z
∈ U.
|z| e iθ
−→
\ −−→
θ = arg(z) = OA; OM [2π]
U
Démonstration.
Immédiat avec le dernier point de la proposition précédente. O(0) Re(z)
A(1)
Définition 5.3.6.
Soit θ ∈ R. On appelle exponentielle complexe de
iθ le complexe e iθ = cos θ + i sin θ.
Figure I.15 – Interprétation géométrique du
module et de l’argument de z ∈ C∗ .
25
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
0
zz 0 = rr0 e i(θ+θ )
Ou encore, si z, z 0 ∈ C :
(
Re(zz 0 ) = Re(z) Re(z 0 ) − Im(z) Im(z 0 )
.
0 r0 z = rr0 e iθ Im(zz 0 ) = Re(z) Im(z 0 ) + Im(z) Re(z 0 )
z 0 e iθ = r0 e i(θ+θ )
Démonstration.
z = re iθ 0 0 Les deux formulations de l’énoncé sont équivalentes : dé-
z = r0 e iθ montrons la seconde.
0
Soit z, z 0 ∈ C. Notons-les z = re iθ et z 0 = r0 e iθ . Ainsi
0 i(θ+θ 0 )
θ zz = rr e
0
. Nous avons donc :
θ0 Re(zz 0 ) = Re rr0 (cos(θ + θ)0 + i sin(θ + θ0 )
O = rr0 cos(θ + θ0 )
= rr0 cos(θ) cos(θ0 ) − sin(θ) sin(θ0 )
26
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
Démonstration.
Il suffit d’écrire cela avec la définition 5.4.1, ou bien à partir 5.5 Conjugué et module d’un nombre
des formules obtenues à la proposition 5.4.3. complexe
Remarque 5.4.8.
Toutes ces propriétés des opérations + et × sur C,
font que C est appelé un corps : nous en reparle- Définition 5.5.1.
rons dans le chapitre sur les groupes, anneaux et On appelle conjugué d’un complexe z le complexe
corps. z = Re(z) − i Im(z).
Théorème 5.4.9.
Proposition 5.5.2 (Interprétation géométrique).
On a i2 = −1.
Soit M (z) un point du plan. Alors |z| = OM et z̄
est le symétrique de M par rapport à l’axe (O→
−ı )
(voir figure I.17).
Remarque 5.4.10 ( ).
Ce dernier résultat indique que la règle des signes
Démonstration.
n’est pas vraie sur C. On ne peut donc prolonger
Immédiat
la relation d’ordre 6 de R à C.
En résumé, on ne peut pas comparer deux com-
plexes (non réels). Lorsque l’on travail dans un
27
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
1
les réels, il est interdit d’écrire . De manière géné-
Proposition 5.5.3. 0
Soit z un complexe non nul, écrit z = re iθ sous rale, avant d’écrire une fraction (de complexes ou
forme trigonométrique. Alors z̄ = re −iθ . d’autre chose), on s’assurera que le dénominateur
n’est pas nul.
Démonstration.
Pour l’existence, il suffit d’utiliser l’égalité z z̄ = |z 2 | vue
Proposition 5.5.4 (Règles de calcul). précédemment. Si z 6= 0, alors |z 2 | est un réel non nul donc
Soit (z, z 0 ) ∈ C2 , on a les identités suivantes. z̄
z × 2 = 1.
|z |
z+z z−z Pour l’unicité, si z 00 est un autre inverse, alors z 0 zz 00 =
Re(z) = Im(z) = (z 0 z)z 00 = 1.z 00 = z 00 mais aussi z 0 zz 00 = z 0 (zz 00 ) = z 0 .1 = z 0 ,
2 2i
par associativité.
z + z = z + z0
0 z × z = z × z0
0
Remarque 5.6.4.
Corollaire 5.5.5.
L’inverse d’un complexe est donc
Soit z ∈ C, on a
1 a − ib
z ∈ R ⇔ z̄ = z, = 2
a + ib a + b2
z ∈ iR ⇔ z̄ = −z.
Exercice 5.6.5.
1 + 2i
Écrire sous forme algébrique.
3 − 4i
5.6 Inverse d’un nombre complexe non
5.7 Technique de l’angle moitié
nul
La méthode suivante est indispensable : elle
permet d’additionner deux complexes de même
Proposition 5.6.1. module, le tout sous forme trigonométrique.
Soit z ∈ C tel que z 6= 0. Il existe un unique
complexe z 0 tel que zz 0 = 1 : on dit que z est
Théorème 5.7.1 (technique de l’angle moitié).
inversible pour la multiplication, et que z 0 est son
1 Pour tout (x, y) ∈ R2 , on a
inverse. On notera ce dernier ou encore z −1 .
z
1 z̄ e ix
+e iy
=e i
(x+y)
e i
(x−y)
+e −i
(x−y)
De plus : = 2 . 2 2 2
z |z|
x−y
(x+y)
= 2e i 2 cos
2
Remarque 5.6.2.
Attention : 0 n’est pas inversible, et comme avec
28
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
Corollaire 5.7.2.
Soit t ∈ R, alors
t
i 2t
1+e it
= 2e cos
2
t
t
1 − e it = −2e i 2 i sin
2
Démonstration.
Il suffit de remarquer que 1 = ei0 et d’appliquer la tech-
nique.
Exercice 5.7.3.
Mettre sous forme trigonométrique les nombre
complexe e 3iπ/5 + e 4iπ/9 .
29
CHAPITRE I. TRIGONOMÉTRIE ET NOMBRES IMAGINAIRES
30
Chapitre II
Fonctions usuelles
Sommaire
1 Rappels d’analyse. . . . . . . . . . . . . 32
1.1 Régularité de fonctions. . . . . . . . . 32
1.2 Parité, imparité, périodicité. . . . . . . 33
1.3 Monotonie. . . . . . . . . . . . . . . . 34
1.4 Lecture de tableaux de variations. . . . 35
2 Effet d’une transformation sur le graphe. 36
3 Composée de fonctions, réciproque. . . 38
3.1 Rappels de dérivation. . . . . . . . . . 38
3.2 Composée de deux fonctions. . . . . . 38
3.3 Propriétés d’une composée. . . . . . . 39
3.4 Cas des bijections. . . . . . . . . . . . 40
4 Fonction valeur absolue . . . . . . . . . 41
5 Fonctions puissances entières, polyno-
miales et rationnelles . . . . . . . . . . . 43
5.1 Fonctions puissances entières . . . . . 43
5.2 Fonctions polynomiales et rationnelles 43
6 Fonctions exponentielles, logarithmes
et puissances quelconques . . . . . . . . 44
6.1 Exponentielle et logarithme . . . . . . 44
6.2 Exponentielle de base quelconque . . . 46
6.3 Racines énièmes. . . . . . . . . . . . . 47
6.4 Croissances comparées . . . . . . . . . 48
7 Fonctions circulaires réciproques . . . . 48
7.1 Arccos et Arcsin . . . . . . . . . . . . 48
7.2 Arctangente . . . . . . . . . . . . . . . 50
7.3 Coordonnées polaires . . . . . . . . . . 51
8 Fonctions hyperboliques . . . . . . . . . 51
8.1 ch, sh et th . . . . . . . . . . . . . . . 51
8.2 Fonctions hyperboliques inverses . . . 53
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
32
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
(λf + µg)0 = λf 0 + µg 0 .
Proposition 1.2.6.
2. La fonction f g est dérivable et Soit A ⊂ R, soit f : A → R dérivable.
1. Si f est paire, alors f 0 est impaire.
0 0 0
(f g) = f g + f g.
2. Si f est impaire, alors f 0 est paire.
Démonstration.
Exemple 1.1.11. Dans le cas où f est impaire, on a, pour tout x ∈ R,
d
(cos(x) sin(x)) = cos2 (x) − sin2 (x). f (x) = −f (−x).
dx La fonction f est la fonction x 7→ −f (−x) sont donc
égales, et dérivables. Leurs dérivées sont donc égales. On
dérive donc de part et d’autre : pour tout x ∈ R, f 0 (x) =
1.2 Parité, imparité, périodicité.
−(−f 0 (−x)) = f 0 (−x).
On procède de même dans le cas où f est paire.
Définition 1.2.1.
Soit A ⊂ R, soit f : A → R. Définition 1.2.7.
1. On dit que f est paire si, pour tout x ∈ A, Soit A ⊂ R, soit f : A → R, soit T > 0. On dit
que f est T -périodique si, pour tout x ∈ A,
−x ∈ A et f (−x) = f (x).
x+T ∈A et f (x + T ) = f (x).
2. On dit que f est impaire si, pour tout x ∈ A,
Dans ce cas T est appelé UNE période de f .
−x ∈ A et f (−x) = −f (x). La fonction f est périodique s’il existe T > 0
tel que f est T -périodique.
33
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
Proposition 1.2.10.
Soit A ⊂ R, T > 0 et soit f : A → R dérivable et Une fonction n’est pas toujours crois-
T -périodique. sante ou décroissante. Le contraire de croissant
Alors, f 0 est T -périodique. n’est pas décroissant.
Exemple 1.3.3.
Démonstration.
Il suffit d’écrire que, pour tout x ∈ A, f (x) = f (x + T ), La fonction carré n’est ni croissante, ni décrois-
puis de dériver de part et d’autre. sante.
Exercice 1.2.11. Exercice 1.3.4.
Déterminer l’allure de la fonction f paire, 4- Déterminer toutes les fonctions qui sont à la fois
périodique et telle que pour tout x ∈ [0, 2], croissantes et décroissantes.
f (x) = x (cela s’écrit f |[0,2] = Id[0,2] ).
Remarque 1.3.5.
Une fonction monotone strictement l’est bien en-
1.3 Monotonie. tendu au sens large.
À chaque fois que l’on vous demande d’étu-
dier la monotonie d’une fonction, on attend le
Définition 1.3.1 (Monotonie au sens large).
résultat le plus précis possible. Si la fonction est
Soit A ⊂ R, soit f : A → R.
croissante strictement mais que vous n’établissez
1. On dit que f est croissante si, pour tout que sa croissance, votre réponse ne pourra être
x, y ∈ A, : considérée comme complète.
x > y ⇒ f (x) > f (y).
2. On dit que f est décroissante si, pour tout Proposition 1.3.6 (Injectivité d’une fonction
x, y ∈ A, : strictement croissante).
Soit A ⊂ R, soit f : A → R strictement monotone.
x > y ⇒ f (x) 6 f (y).
Alors, pour tout x, x0 ∈ A, si x 6= x0 , alors f (x) 6=
3. On dit que f est monotone si elle croissante f (x0 ). Ceci est équivalent à dire que, pour tout
ou décroissante. x, x0 ∈ A, si f (x) = f (x0 ), alors x = x0 .
34
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
35
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
36
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
x 7→ f (x) + 1, 5 x 7→ 3f (x)
f : x 7→ x2
0 1 f : x 7→ x2 + 1
x 7→ f (x) − 0, 7 1
x 7→ −f (x)/10
Figure II.1 – Translation verticale du graphe. 1
0
f : x 7→ x2
1
Figure II.4 – Dilatation verticale du graphe.
0 1
x 7→ f (x + 2.9) x 7→ f (x − 1)
x 7→ f (5x) 0 1
x 7→ f (−x) f : x 7→ ·x(x − 1)
f : x 7→ x2 + 1
1
Figure II.5 – Symétrie du graphe par rapport à
x 7→ f (x/10) l’axe vertical.
0 1
Exercice 2.0.4.
Quelle symétrie la courbe d’une fonction f : R →
(plus formellement, il est invariant par la R vérifiant, pour un a ∈ R, ∀x ∈ R f (a−x) = f (x)
présente-t-elle ?
37
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
x 7→ −f (−x) d u0 (x)
(ln (u(x))) = .
dx u(x)
38
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
f (x) ∈ B
2. Si f et g sont dérivables, alors g ◦ f est déri-
vable sur A et
g
f (g ◦ f )0 = f 0 × g 0 ◦ f.
g◦f
x∈A g(f (x))
Démonstration.
Cela sera démontré ultérieurement.
Figure II.8 – Diagramme de composition de
fonctions. Exercice 3.3.2.
Dériver les expressions suivantes :
1. sin 3x2 + 2 ;
Exemple 3.2.2.
2. 1 + ln(cos(t)).
p
On peut donc écrire, sous réserve de validité,
Remarque 3.3.3.
u0
0 0
(exp ◦u) = u × exp ◦u et 0
(ln ◦u) = . Sous réserve de définition, on a donc de manière
u générale
Remarque 3.2.3. d
Pour déterminer le domaine de définition d’une (f (ax + b)) = af 0 (ax + b).
dx
composée g ◦ f , il convient de déterminer dans
l’ordre : Proposition 3.3.4.
1. le domaine de définition de f , noté ici Df ; Soit A, B ⊂ R, f : A → R et g : B → R telles que
g ◦ f soit définie.
2. puis le domaine de définition de g, noté ici
Dg ; 1. Si f est paire, g ◦ f est paire.
2. Si f est impaire et g est paire, g ◦ f est paire.
3. enfin, déterminer l’ensemble des x ∈ Df pour
lesquels f (x) ∈ Dg . 3. Si f et g sont impaires, g ◦ f est impaire.
En particulier, il est impossible de conclure sans
avoir avoir étudié l’ensemble d’arrivée de f ! Démonstration.
Soit x ∈ A. Si f est paire,
Exercice 3.2.4.
g ◦ f (−x) = g(f (−x)) = g(f (x)) = g ◦ f (x).
Déterminer le domaine de définition de
s Si f est impaire et g paire,
2 g ◦ f (−x) = g(f (−x)) = g(−f (x)) = g(f (x)) = g ◦ f (x).
x 7→ x−2− .
x−3
Si f et g sont impaires,
g◦f (−x) = g(f (−x)) = g(−f (x)) = −g(f (x)) = −g◦f (x).
3.3 Propriétés d’une composée.
39
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
40
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
Théorème 3.4.5. x a b
Soit I un intervalle de R et f : I → R continue et c
strictement monotone. f (x)
d
1. La fonction f −1 est strictement monotone,
de même monotonie que f . x d c
Démonstration.
On ne démontre que les deux premier points. par symétrie celui de f −1 possède une tangente
1. Dans le cas où f est strictement décroissante. Soit verticale au point de coordonnées (y, x).
x, y des images par la fonction f , posons a = f −1 (x)
et b = f −1 (y), de sorte que a, b ∈ I, x = f (a) et
Exemple 3.4.9.
y = f (b). On peut observer tous ces résultats sur les fonc-
Supposons que x < y. Si a 6 b, alors, par décroissance tions carré et racine carrée (voir figure II.10).
de f , f (a) > f (b), i.e. x > y : c’est impossible. La fonction carré est strictement croissante sur
Ainsi, f −1 (x) > f −1 (y), donc f −1 est strictement
R+ (mais pas sur R), est continue, 02 = 0 et
décroissante.
x2 −−−−→ +∞. Ainsi, la fonction carré réalise une
2. Soit x une image par la fonction f , on a par imparité x→+∞
de f bijection de R+ sur R+ . On appelle sa réciproque
√ √
f (−f −1 (x)) = −f (f −1 (x)) = −x. la fonction racine carrée, notée · : si x > 0, x
Ainsi, par définition, f −1 (−x) = −f −1 (x), donc f −1 est l’unique réel t > 0 vérifiant t2 = x. La fonction
est impaire. racine carrée est donc strictement croissante et
√
x −−−−→ +∞.
x→+∞
Remarque 3.4.6. d 2
On a, pour tout x > 0, (x ) = 2x, qui s’an-
Une fois que l’on sait que f −1 est dérivable, la dx
dernière formule peut se retrouver en dérivant nule exactement en 0. La fonction racine carrée
f ◦ f −1 = Id, ce qui donne : est donc dérivable sur R∗+ , mais pas en 0, et pour
tout x > 0,
(f −1 )0 × f 0 ◦ f −1 = 1. d √ 1
x = √ .
dx 2 x
Remarque 3.4.7.
Avec quelques considérations de limites, le théo-
rème précédent permet de relier les tableaux de
variations d’une fonction et de sa réciproque (voir 4 Fonction valeur absolue
figure II.9 dans le cas où f est strictement décrois-
sante).
Remarque 3.4.8. Définition 4.0.1.
Plus précisément, si f 0 (x) = 0, alors f −1 ne sera Soit x√∈ R On appelle valeur absolue de x le réel
pas dérivable en y = f (x). |x| = x2 . Il vaut x si x > 0 et −x sinon (voir la
En effet, le graphe de f possède une tangente figure II.11).
horizontale au point de coordonnées (x, y), donc
41
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
Démonstration.
Il suffit de discuter selon les signes de x et de y.
1 √
x 7→ x Proposition 4.0.6 (Inégalité triangulaire).
Soit x, y ∈ R, alors :
1. |x + y| 6 |x| + |y| ;
2. ||x| − |y|| 6 |x + y| ;
0 3. enfin, |x + y| = |x| + |y| si et seulement si x
1
et y sont de même signe.
d d = 2(|xy| − xy)
a (|x|) = 1 et si x < 0, (|x|) = −1.
dx dx > 0,
42
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
Définition 5.1.1.
Soit x ∈ R, n ∈ N. On appelle x puissance n le
réel x × . . . × x (n fois), noté xn . x 7→ x2
Par convention x0 = 1 pour tout x ∈ R, x 7→ x4
même 0. 1
Si n est un entier strictement négatif, et si x 6= 0,
1
on pose xn = −n .
x
0 1
Remarque 5.1.2.
Cela peut se définir rigoureusement par récur-
rence. x 7→ x
x 7→ x3
Proposition 5.1.3.
Soit m, n ∈ Z, de manière générale :
43
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
Démonstration.
On factorise an xn :
a0 a1 an−1
f (x) = an xn + + ··· + +1
1 an xn an xn−1 an x
x 7→ n−1
!
x2 X ak
= an x n
1+ .
1 k=0
an xn−k
0 ak
1 −−−−−→ 0.
an xn−k x→±∞
1
x 7→
x
1
x 7→ Définition 5.2.3.
x3
On appelle fonction rationnelle toute fonction de
g(x)
la forme f : x 7→ où g et h sont des fonctions
h(x)
Figure II.13 – Quelques fonctions puissance, polynomiales. Si an x et bm xm sont les monômes
n
exposants négatifs. an xn
dominants de g et h, alors f (x) et ont
bm xm
même limite en ±∞.
44
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
Proposition 6.1.2.
La fonction ln est continue, dérivable sur R∗+ ,
strictement croissante (donc injective) et bijective exp y=x
de R∗+ dans R.
1
Si x ∈ R∗+ , on a ln0 (x) = . 1
x
Démonstration.
0 1
Les outils pour cela seront vus plus tard, mais il suffit y =x+1
de dire que c’est la primitive d’une fonction continue et
positive.
ln
Définition 6.1.3.
On appelle fonction exponentielle notée exp la y =x−1
réciproque de ln. On a donc exp : R → R∗+ .
45
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
1
Démonstration. 4. a = ∈ Q, q > 0 : définie sur R+ , donc
Il suffit d’étudier les fonctions x 7→ e x − 1 − x et x 7→ ln(1 + q
x) − x, en dressant leurs tableaux de signes/variations. prolongeable en zéro, comme réciproque de
la fonction x 7→ xq . Et même prolongeable
Remarque 6.1.10.
sur R si q impair.
Ces inégalités s’observent aisément sur la fi-
gure II.14. • Pour traiter un exercice avec des puissances
Elles découlent immédiatement de la propriété quelconques, il faut quasiment toujours repasser
de convexité de l’exponentielle et de la propriété par l’écriture exponentielle.
de concavité du logarithme.
Remarque 6.1.11. Proposition 6.2.3.
Les dérivées de l’exponentielle en 0 et du loga- Soit x, x0 ∈ R∗+ et y, y 0 ∈ R, on a :
rithme en 1 donnent les limites suivantes, fort 0
utiles : 1. (xx0 )y = xy .x y .
0 0
2. xy+y = xy .xy .
exp(x) − 1
−−−→ 1, 0
3. x(yy ) = (xy )y .
0
x x→0
1 1
y
ln(1 + x)
−−−→ 1. 4. x−y = y = .
x x→0 x x
Remarque 6.2.2.
Proposition 6.2.5.
• Si a ∈ N, cette définition coïncide avec la défi-
Soit a ∈ R. On note fa : R∗+ → R∗+ .
nition donnée précédemment.
x 7→ xa
• On a alors pour tout x > 0, exp(x) = e x . La
notation e x est alors utilisée pour tout x ∈ R 1. La fonction fa est continue, dérivable et ∀x ∈
pour désigner exp(x). R∗+ , fa0 (x) = axa−1 .
2. Si a =
6 0, fa est bijective de R∗+ sur R∗+ . Sa
• Cas particuliers :
réciproque est f1/a .
1. a ∈ N : xa défini sur R. 0
3. Soit a < a0 : si x > 1, xa < xa , si x ∈]0, 1[,
2. a ∈ Z : xa défini sur R∗ . xa > xa
0
46
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
a = 1, 5
a = 0, 7
a = 0, 5
1
a = −0, 5
0
1 Définition 6.3.1.
Soit n ∈ N∗ . La fonction x 7→ xn est continue.
• Si n est pair, x 7→ xn est strictement crois-
Figure II.15 – Quelques fonctions de la forme
sante sur R+ et réalise une bijection de R+
x 7→ xa .
sur R+ . Sa réciproque sur R+ est appelée
√
« racine ne », notée n ·.
• Si n est impair, x 7→ xn est strictement
croissante sur R et réalise une bijection de
R sur R. Sa réciproque sur R est appelée
Définition 6.2.6 (Logarithme de base a). √
« racine ne », notée n ·.
Soit a ∈ R∗+ \{1}. La fonction « puissance en base
a », R → R∗+ , x 7→ ax , est bijective. Sa réciproque
est le logarithme de base a Démonstration.
Il suffit de montrer la croissance stricte. Cela peut se faire
∗ en dérivant, ou bien en factorisant xn − y n (la formule sera
R+ −→ R, vue bientôt).
loga : ln(x) Notamment, pour n = 2, x2 − y 2 = (x − y)(x + y) donne
x 7−→ .
ln(a) directement la croissance stricte de x 7→ x2 sur R∗+ .
Exemple 6.3.2. √ √
(−2)
√
3 = −8, donc −2 = 3 −8, et ( 3)4 =
√ √
Remarque 6.2.7. 1. Cas particuliers utiles : (− 3)4 = 9, donc 4 9 = 3.
log10 et log2 . Ils donnent le nombre de chiffres
dans l’écriture d’un entier en base 10 ou 2 : Proposition 6.3.3.
√
si 10p−1 6 n < 10p , alors n s’écrit avec p Soit n ∈ N∗ et x > 0, alors n x = x1/n .
chiffres en base 10 et blog10 nc = p − 1.
47
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
Exercice 6.4.1.
Montrer que ∀x ∈ R+ , exp(x) > 1 + x + x2 /2. En La fonction cosinus n’est pas bijective :
déduire la limite de exp(x)/x lorsque x → +∞. pour tout x ∈ [−1, 1], il n’existe pas un unique
t ∈ R vérifiant x = cos(t).
Proposition 6.4.2 (Croissances comparées des
exponentielles, puissances et logarithmes). Définition 7.1.1 (Arc cosinus).
Soient a, b ∈ R∗+ . Alors : Pour tout x ∈ [−1, 1], il existe un unique t ∈ [0, π]
1. l’exponentielle l’emporte sur les puissances : tel que x = cos(t). On dit que ce t est l’arc cosinus
de x (noté t = Arccos(x)).
e bx Plus formellement : la fonction cosinus est bi-
xa e bx −−−−→ 0 et −−−−→ +∞ ;
x→−∞ xa x→+∞ jective de [0, π] sur [−1, 1]. Sa fonction réciproque
est appelée arc cosinus et noté Arccos.
2. les puissances l’emportent sur les loga-
rithmes :
Démonstration.
xa La fonction cosinus est continue, strictement décroissante
xa ·|ln x|b −−−→ 0 et −−−−→ +∞ ;
x→0 (ln x)b x→+∞ sur [0, π], cos(0) = 1 et cos(π) = −1. On conclut par le
théorème de la bijection.
3. l’exponentielle l’emporte sur les logarithmes
(repasser par les deux premiers points).
Proposition 7.1.2.
La fonction arc cosinus est strictement décrois-
Démonstration. 1. On utilise le résultat de l’exer- sante, continue sur [−1, 1], dérivable sur ] − 1, 1[,
cice 6.4.1, en factorisant 1
de dérivée x 7→ − √ , c’est-à-dire que pour
1 − x2
a a
e bx e bx/a e bx/a
a
b
= = . .
xa x a bx/a tout x ∈] − 1, 1[,
2. En composant la limite de l’exercice 6.4.1 par ln(x), 1
x Arccos0 (x) = − √ .
on a directement −−−−−→ +∞. Puis, en compo- 1 − x2
ln x x→+∞
1
sant par , on obtient et x ln x −−−→ 0. Son graphe est représenté sur la figure II.16.
x x→0
Ensuite, on factorise
b b b
xa xa/b a xa/b Démonstration.
= = .
(ln x)b ln x b ln (xa/b ) Tout découle du tableau de variations du cosinus et des
théorèmes généraux précédents.
On obtient l’autre limite par composition. Comme cos0 (0) = 0 et cos0 (π) = 0, Arccos n’est pas
3. Repasser par les deux premiers points. dérivable en cos(0) = 1 et en cos(π) = −1. La dérivée du
cosinus ne s’annule pas sur ]0, π[, donc Arccos est dérivable
sur ] − 1, 1[. Ensuite, si −1 < x < 1,
Exercice 6.4.3.
1 −1
Déterminer la limite de la suite de terme général Arccos0 (x) = = .
cos0 (Arccos x) sin(Arccos x)
3n − n2 + ln2 (n) Il suffit d’utiliser√le résultat du théorème 7.1.6 pour obtenir
√ n sin(Arccos x) = 1 − x2 .
ne + e − 2 ln(n)
48
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
π Démonstration.
C’est la même chose que pour l’arc cosinus.
Pour l’imparité, si x ∈ [−1, 1], posons t = Arcsin(x),
Arccos
donc t ∈ [−π/2, π/2] et sin(t) = x. Par imparité du sinus,
y=x sin(−t) = −x, et −t ∈ [−π/2, π/2], donc par définition
π
−t = Arcsin(−x). On vient de montrer que Arcsin(−x) =
2 − Arcsin(x).
1
π
2 π
π Arcsin y=x
−1 0 1 2
cos
−1 1
1 π
2
La fonction sinus n’est pas bijective :
pour tout x ∈ [−1, 1], il n’existe pas un unique
t ∈ R vérifiant x = sin(t). −1
π
Définition 7.1.3 (Arc sinus). −
2
Pour tout x ∈ [−1, 1], il existe un unique t ∈
π π
− , tel que x = sin(t). On dit que ce t est
2 2 Figure II.17 – Fonctions sin et Arcsin.
l’arc sinus de x (noté t = Arcsin(x)).
Plus formellement : la fonction sinus est bijec-
tive de [−π/2, π/2] sur [−1, 1]. Sa fonction réci-
proque est appelée arc sinus et noté Arcsin. Exercice 7.1.5.
Déterminer les arc cosinus
√ et
√ arc sinus des valeurs
1 2 3
Démonstration. usuelles : 0, ± , ± ,± et ±1.
La fonction sinus 2 2 2
est continue, strictement
croissante sur
π π
[−π/2, π/2], sin − = −1 et sin = 1. On conclut
2 2
par le théorème de la bijection. Théorème 7.1.6.
Pour tout = x ∈ [−1, 1],
Proposition 7.1.4.
La fonction arc sinus est strictement croissante, sin(Arccos x) = cos(Arcsin x)
impaire, continue sur [−1, 1], dérivable sur ]−1, 1[,
p
= 1 − x2 .
1
de dérivée x 7→ √ , c’est-à-dire que pour
1 − x2
tout x ∈] − 1, 1[,
Démonstration.
1 On a cos ◦ Arccos = Id[−1,1] , c’est-à-dire que, par définition,
Arcsin0 (x) = √ .
1 − x2 pour tout x ∈ [−1, 1], cos(Arccos x) = x.
Ainsi, si x ∈ [−1, 1], on a
Son graphe est représenté sur la figure II.17.
sin2 (Arccos x) = 1 − cos2 (Arccos x) = 1 − x2 .
49
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
Pour finir, on remarque que le sinus est positif sur [0, π],
or la fonction Arccos prend ses valeurs dans [0, π], donc Définition 7.2.1 (Arc tangente).
sin(Arccos x) > 0.. π π
Pour tout x ∈ R, il existe un unique t ∈ − ,
2 2
tel que x = tan(t). On dit que ce t est l’arc
Arccos ◦ cos 6= IdR , on a juste que pour tangente de x (noté t = Arctan(x)).
tout x ∈ [0, π], Arccos(cos(x)) = x. Plus formellement, la fonction tangente est bi-
Exercice 7.1.7. jective de ] − π/2, π/2[ sur R. Sa fonction réci-
17π
Calculer Arccos cos . proque est appelée arctangente et noté Arctan
7 (parfois atan).
Exercice 7.1.8.
4
Résoudre l’équation Arcsin x = Arccos , d’incon-
5
nue x ∈ [−1, 1]. Proposition 7.2.2.
La fonction arc tangente est continue sur R, dé-
1
Toujours faire attention aux signes des rivable sur R de dérivée x 7→ , impaire
1 + x2
objets, et aux ensembles auxquels ils appar- et strictement croissante. Son graphe est donné
tiennent. figure II.18 (noter les asymptotes).
Proposition 7.1.9.
Démonstration.
Pour tout x ∈ [−1, 1], on a Arcsin x + Arccos x = Tout découle du tableau de variations de la tangente et
π/2. des théorèmes généraux précédents.
On a tan0 = 1 + tan2 , donc pour tout x ∈] − π/2, π/2[,
tan0 (x) > 1. La dérivée de la tangente ne s’annule pas sur
Démonstration. ] − π/2, π/2[, donc Arctan est dérivable sur R. Ensuite, si
Notons f : [−1, 1] → R, x 7→ Arcsin x + Arccos x. Il suffit x ∈ R,
de montrer que f est constante sur [−1, 1], de valeur π/2.
Pour cela on peut vérifier les trois points suivants : 1 1 1
Arctan0 (x) = = = .
1. f est constante sur ] − 1, 1[. En effet, f est dérivable tan0 (Arctan x) 1 + tan2 (Arctan x) 1 + x2
sur ] − 1, 1[ et d’après ce qui précède sa dérivée est
nulle. Notons C sa valeur sur ] − 1, 1[. L’imparité s’obtient comme pour l’arc sinus.
2. f est constante sur [−1, 1]. En effet, on a ∀x ∈] −
1, 1[ f (x) = C, donc f admet une limite à droite en
−1 et f (x) −−−−→ C. Or f est continue en −1 car
x→−1
x>−1
Arcsin et Arccos le sont. Donc f (x) −−−−→ f (−1). Proposition 7.2.3.
À nouveau, remarquer que tan ◦ Arctan = IdR ,
x→−1
x>−1
Donc f (−1) = C.
mais pas Arctan ◦ tan : ce n’est l’identité que sur
De même f (1) = C.
] − π/2, π/2[.
On a donc ∀x ∈ [−1, 1] f (x) = C.
3. La valeur de f sur [−1, 1] est π/2. En effet, en 0, f
vaut Arcsin 0 + Arccos 0, qui est égal à 0 + π/2.
Exercice 7.2.4.
Résoudre l’équation Arctan(2x) + Arctan(3x) =
π
.
7.2 Arctangente 4
Exercice 7.2.5.
Étudier la fonction
La fonction tangente n’est pas bijective :
pour tout x ∈ R, il n’existe pas un unique t ∈ R 1
vérifiant x = tan(t). f : x 7→ Arctan(x) + Arctan .
x
50
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
4
5, − Arccos .
5
tan
Remarque 7.3.3.
π y=x Trouver le module et un argument d’un nombre
2 complexe est le même problème que de déterminer
un couple de coordonnées polaires d’un point du
plan. Il se résout avec les mêmes méthodes.
0
Arctan
π 8 Fonctions hyperboliques
2
8.1 ch, sh et th
Définition 8.1.1.
On appelle :
1. Sinus hyperbolique et on note sh l’application
51
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
x −∞ 0 +∞ ch
ch(x) +
+∞
1
sh(x) 0
−∞ 0
sh(x) − 0 + 1
+∞ +∞
ch(x) sh
52
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
1 Démonstration.
On raisonne par analyse-synthèse.
þ 0 Analyse : On suppose que l’on a g et h qui conviennent
et l’on essaie d’obtenir des informations dessus. Indice
1 : si x ∈ A, calculer f (x) + f (−x).
On a en fait montré l’unicité de g et de h.
Synthèse : On vérifie que les fonctions trouvées dans la
phase d’analyse conviennent.
Figure II.21 – Fonction þ. On a alors montré l’existence de g et de h.
Exemple 8.1.11.
cercle trigonométrique C , donc (x, y) ∈ C ssi Les fonctions cosinus et sinus hyperboliques, sont
∃t ∈ R x = cos t et y = sin t. les parties paires et impaires de la fonction expo-
De même, x2 − y 2 = 1 est l’équation de l’hyper- nentielle.
bole équilatère H d’asymptotes x = ±y. Donc
(x, y) ∈ H ssi ∃t ∈ R x = ch t et y = sh t. 8.2 Fonctions hyperboliques inverses
Remarque 8.1.8. Elles sont hors-programme. :’(
Toutes les formules de trigonométrie circulaire ont Mais vous pouvez très bien les retrouver, ainsi
une analogue hyperbolique. Par exemple : que leurs propriétés, en tant qu’exercice ! :)
ch(a + b) = ch a ch b + sh a sh b,
sh(a + b) = sh a ch b + ch a sh b.
Définition 8.1.10.
Soit A ⊂ R et f : A → R. Supposons que A est
centré (∀x ∈ A, −x ∈ A). Alors, il existe deux
uniques fonctions g : A → R et h : A → R
vérifiant :
• g est paire ;
• h est impaire ;
• f = g + h.
On dit que g est la partie paire de f et h sa partie
impaire.
53
CHAPITRE II. FONCTIONS USUELLES
54
Chapitre III
Un peu de calcul
Sommaire
1 Le symbole somme : Σ . . . . . . . . . . 56
1.1 Définition d’une somme simple et pre-
mières propriétés . . . . . . . . . . . . 56
1.2 Sommes doubles . . . . . . . . . . . . 58
1.3 Somme d’une famille d’objets . . . . . 59
2 Le symbole produit : Π . . . . . . . . . 60
3 Quelques formules à connaître . . . . . 60
3.1 Sommes classiques . . . . . . . . . . . 60
3.2 Coefficients binomiaux . . . . . . . . . 61
3.3 Binôme de Newton, identités remar-
quables et sommation géométrique . . 62
4 Systèmes linéaires et pivot de Gauss . 64
4.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . 64
4.2 Interprétation géométrique . . . . . . . 64
a Dans le plan . . . . . . . . . . . . 64
b Dans l’espace . . . . . . . . . . . 64
4.3 Opérations sur les lignes d’un système 65
4.4 Algorithme du pivot . . . . . . . . . . 65
a Cas d’un système diagonal . . . . 65
b Cas d’un système triangulaire in-
versible . . . . . . . . . . . . . . . 65
c Cas d’un système triangulaire non
inversible . . . . . . . . . . . . . . 67
d Systèmes échelonnés . . . . . . . 67
e Cas général . . . . . . . . . . . . 67
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
1 Le symbole somme : Σ
Proposition 1.1.4 (Linéarité de la somme).
Soit am , . . . , an , bm , . . . , bn des nombres com-
1.1 Définition d’une somme simple et
plexes, soit λ, µ ∈ C. Alors
premières propriétés
n n n
(λak + µbk ) = λ ak + µ
X X X
bk .
k=m k=m k=m
Définition 1.1.1.
Soit m, n ∈ Z tels que m 6 n. Soit zm , . . . , zn des
nombres complexes. Leur somme est notée Démonstration.
n On le montre par récurrence sur n, après avoir fixé m.
X
zk , Il est important de savoir manipuler des sommes
k=m
écrites avec le symbole Σ. Pour cela, nous utilise-
c’est le nombre complexe que l’on peut noter de rons principalement les deux outils suivants.
manière abusive Le premier consiste à observer que la somme
k=m
la variable k est muette. En effet, on peut rempla-
cer la lettre k par un autre nom de variable non Démonstration.
encore utilisé, sans changer le sens de l’expression. On le montre par récurrence sur n, en ayant fixé un entier
n n n m.
Ainsi f (k), f (i) et f (Brandon)
X X X
Si n = m, alors
k=m i=m Brandon=m n n+1
sont synonymes. Par contre on ne peut pas écrire X
zk+1 = zm+1 =
X
zk .
n n n
f (m), f (n) ou f (f ), qui n’ont au-
X X X
k=m k=m+1
m=m n=m f =m Soit un entier n > m, supposons que l’identité soit vraie
cun sens. au rang n. Alors,
On essaiera bien entendu de garder des no- n+1 n
!
tations cohérentes avec le contexte ... et raison-
X X
zk+1 = zk+1 + zn+1+1
nables. k=m k=m
!
n+1
56
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
Ainsi, la propriété est vraie au rang n + 1 et l’on peut Ainsi, la propriété est vraie au rang n + 1 et l’on peut
conclure par récurrence. conclure par récurrence.
La seconde identité se déduit immédiatement de celle-là
Exercice 1.1.6. avec un décalage d’indice.
Soit n ∈ N, écrire comme une somme partant de
l’indice 0 : Exemple 1.1.8.
n+1 6 5 3 3
i2 = (i + 1)2 = (i + 3)2 = (6 − i)2 .
X X X X X
2
k .
k=2 i=3 i=2 i=0 i=0
Le second outil consiste à remarquer que la Le résultat suivant est fondamental. Savoir re-
somme pérer une somme télescopique et la simplifier (ou,
z0 + z1 + · · · + zn−1 + zn réciproquement, faire apparaître une somme téles-
copique à la place de la différence de deux termes)
peut s’écrire
est un savoir faire important.
zn−0 + zn−1 + · · · + zn−(n−1) + zn−n .
Théorème 1.1.9 (Simplification téléscopique).
Proposition 1.1.7 (Renversement d’indices). Soit zm , . . . , zn+1 des nombres complexes. Alors :
Soit n ∈ N, soit z0 , . . . , zn des nombres complexes. n
On a (zk+1 − zk ) = zn+1 − zm .
X
n n
zk =
X X
zn−k k=m
k=0 k=0
et
n n−1 Remarque 1.1.10.
zk =
X X
zn−k . Ceci est l’analogue discret du résultat d’intégra-
k=1 k=0 Z b
tion f 0 (t) dt = f (b) − f (a), pour les fonctions
a
f éligibles.
Démonstration.
On montre la première par récurrence sur n. Démonstration.
Si n = 0, alors Commencer par écrire la somme « à la main »avec des
n n « petits points » pour voir les simplifications apparaître.
Ensuite, par changement d’indice :
X X
zk = z0 = zn−0 = zn−k .
k=0 k=0 n n n
X X X
Soit un entier naturel n, supposons que l’identité soit vraie (zk+1 − zk ) = zk+1 − zk
au rang n. Alors, en effectuant un décalage d’indice pour k=m k=m k=m
57
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
1 − p) nombres complexes, que l’on peut représen- La somme des éléments de ce tableau situés au
ter dans le tableau suivant : dessus de sa diagonale, diagonale comprise, est
zm,p . . . zm,q
notée X
.. .. . zk,` .
. . 16k6`6n
zn,p ... zn,q
La somme des éléments de ce tableau situés stric-
Leur somme est notée tement au dessus de sa diagonale, est notée
X
zk,` .
X
zk` .
m6k6n, p6`6q 16k<`6n
58
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
Définition 1.3.4.
Démonstration.
Cela revient, à chaque fois, à sommer les éléments du Soient I un ensemble fini et (zi )i∈I une famille
tableau ligne par ligne ou colonne par colonne. indicée par I d’objets que l’on peut sommer (par
exemple : des nombres, des fonctions, des ma-
Remarque 1.2.7.
trices).
Par convention, une somme vide est nulle. On
La somme des zi , pour i parcourant l’ensemble
peut donc écrire :
I, est notée X
n X
n n j−1 zi
zij = zij =
X X X X
zij . i∈I
16i<j6n i=1 j=i+1 j=1 i=1 Dans le cas où I = ∅, on convient que
Exercice 1.2.8. X
zi = 0,
Combien y a-t-il de cases dans un tableau de i∈∅
dimension n × n ?
Retrouver cela en calculant 1. cet objet s’entendant comme le nombre zéro, la
X
Remarque 1.3.6.
Exemple 1.3.2. On pourrait formellement définir ces symboles par
Un n-uplet (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn est une famille de récurrence sur le nombre d’objets sommés.
59
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
i∈I
Par convention, un produit vide vaut 1 :
Il y a pour les produits l’exact analogue du
zi = 1 théorème 1.2.6 pour les sommes, et la démonstra-
Y
k=1
Théorème 3.1.1.
Soit n un entier naturel. Alors
Par convention, 0! = 1. n
1. 1=n+1 ;
X
k=0
Exemple 2.0.4. n
n(n + 1)
Il est bon de connaître les 5 ou 6 premières fac- 2. k= ;
X
2
torielles : 0! = 1, 1! = 1, 2! = 2, 3! = 6, 4! = 24, k=0
5! = 120 et 6! = 720. n
n(n + 1)(2n + 1)
3. k2 = .
X
Démonstration.
Proposition 2.0.5. Les trois se démontrent facilement par récurrence. Par
Pour tout n ∈ N, (n + 1)! = (n + 1) × n!. curiosité et pour s’entraîner, voici deux autres démonstra-
tions :
60
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
n
X
2. On note Sn = k. On fait un changement d’indice :
k=0
On étend cette
! définition à tout (n, k) ∈ N × Z
n n
n
en posant = 0 pour k > n ou k < 0.
X X
Sn = (n − k) et on développe : Sn = n−
k
k=0 k=0
n
X
k = n(n + 1) − Sn , d’où 2Sn = n(n + 1).
k=0 Remarque 3.2.2.
On utilisera souvent :
n
X
3. On note Sn0 = k . Pour tout k ∈ J0, nK, on a :
2
k=0 n
Y
(k + 1)3 − k3 = 3k + 3k + 1. On somme tout ça de 0 à
2
i
n × (n − 1) × · · · × (n − k + 1)
!
n, et on obtient, après simplification téléscopique du n i=n−k+1
n(n + 1) = = .
membre de gauche : (n + 1)3 = 3Sn0 + 3 + k k k × (k − 1) × · · · × 1
2
Y
n + 1. Ça se simplifie pour donner le résultat voulu. j
j=1
Remarque 3.1.2.
On pourrait montrer de la même manière que si Théorème 3.2.3 (Formule du triangle de Pas-
a, b ∈ Z tels que a 6 b, alors cal).
Soit (n, k) ∈ N∗ × Z. Alors
b
(b − a + 1)(a + b)
k=
X ! ! !
2 n n−1 n−1
k=a = + .
k k−1 k
On pourra remarquer cette somme correspond
bien au nombre de termes de la somme, fois la
moyenne du plus petit et du plus grand élément.
Démonstration.
On pourrait la calculer de la manière suivante : Se fait par un calcul direct.
b b−a
Remarque 3.2.4.
k= (a + k)
X X
k=a k=0
Cette formule permet de calculer par récurrence
b−a tous les coefficients binomiaux, en les représentant
= a(b − a + 1) + par exemple dans le triangle de Pascal.
X
k
k=0
(b − a)(b − a + 1)
= a(b − a + 1) + Corollaire 3.2.5.
2
!
n
(b − a + 2a)(b − a + 1) Soit (n, k) ∈ N × Z, est un entier.
= k
2
Il n’est toutefois par nécessaire de retenir cette
Démonstration.
formule : vous saurez la retrouver au besoin. La démonstration se fait
par
récurrence sur n, avec l’hypo-
n
thèse : « ∀k ∈ J0, nK, est un entier », en utilisant la
3.2 Coefficients binomiaux k
formule de Pascal pour l’hérédité.
61
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
Démonstration.
On le démontre par récurrence sur n, après avoir fixé a et
Proposition 3.2.7. ! ! b.
n n Pour n = 0, c’est évident :
Soit n ∈ N∗ et k ∈ J0, nK. On a = .
k n−k 0
X 0
(a + b) = 1 =
0
a0 b0 .
0
k=0
La figure 1 illustre le calcul de ces coefficients On écrit alors, avec un décalage d’indice, la première somme
pour 4 répétitions. n−1
X n
La formule suivante n’est pas exigible mais est k+1−1
ak+1 bn+1−(k+1) + an+1
fort utile. k=0
n
X n
= ak bn+1−k + an+1
k−1
k=1
+ an+1
Démonstration. n
n + 1 n+1 X n + 1 k n+1−k
Facile et laissée en exercice. = b + a b
0 k
k=1
n + 1 n+1
3.3 Binôme de Newton, identités re- + a
n+1
marquables et sommation géomé- n+1
n+1
trique
X
= ak bn+1−k .
k
k=0
62
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
E 0 succès et 4 échecs
E
S 1 succès et 3 échecs
E
E 1 succès et 3 échecs
S
E
S 2 succès et 2 échecs
E 1 succès et 3 échecs
E
S 2 succès et 2 échecs
S
E 2 succès et 2 échecs
S
S 3 succès et 1 échec
E 1 succès et 3 échecs
E
S 2 succès et 2 échecs
E
E 2 succès et 2 échecs
S
S
S 3 succès et 1 échec
E 2 succès et 2 échecs
E
S 3 succès et 1 échec
S
E 3 succès et 1 échec
S
S 4 succès et 0 échec
Figure III.1 – Chemins des succès et échecs pour 4 répétitions d’une expérience
k=0
Théorème 3.3.3.
Soient n ∈ N et a, b ∈ C. Alors :
Démonstration.
n−1
a2n+1 + b2n+1 = a2n+1 − (−b)2n+1 et on utilise le théorème
a − b = (a − b)
X
n n k n−k−1
a b . précédent.
k=0
= a − bn
n
63
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
n−1
X
• Sinon, z n − 1 = z n − 1n = (z − 1) z k 1n−1−k = On dit que le système est compatible s’il admet
k=0
n−1
X une solution.
(z − 1) zk . Le système homogène associé est le système :
k=0
+ . . . + a1p xp = 0
a11 x1
.
Remarque 3.3.6. . .
Si p 6 n sont deux entiers relatifs, et si z ∈ C\{1},
. . .
on a + . . . + anp xp = 0
an1 x1
n n
zk = zp
X X
z k−p
k=p k=p
n−p Dans la suite nous noterons S le premier
= zp système et SH son système homogène associé,
X
zk
k=0 et nous noterons Sol et SolH leurs ensembles de
z n−p+1 − 1 solutions respectifs.
= zp ×
z−1
z n+1 − z p
= .
z−1 4.2 Interprétation géométrique
a Dans le plan
La formule de sommation géométrique
revient très souvent (c’est la formule que nous Si p = 2, chaque ligne du système s’inter-
utiliserons le plus cette année), mais rarement prète comme l’équation d’une droite dans le plan.
avec les mêmes indice de début et de fin. Il faut Chaque droite y est en effet représentée par une
donc être extrêmement vigilant quant à ces deux équation cartésienne. On « sait » de plus que l’in-
indices et bien penser à factoriser par le premier tersection de deux droites est
terme pour revenir à une somme partant de l’in- • soit l’ensemble vide (droites parallèles dis-
dice zéro. tinctes) ;
• soit une droite (droites confondues) ;
4 Systèmes linéaires et pivot de • soit un point (droites non parallèles).
Ainsi, l’ensemble des solutions est soit vide, soit
Gauss un point, soit représente une droite.
4.1 Définitions
b Dans l’espace
64
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
• soit l’ensemble vide (droite parallèle au plan, Si l’on a effectué Li ← Li + λLj , il suffit d’effectuer
non incluse dedans) ; Li ← Li − λLj pour revenir au système de départ.
• soit une droite (droite incluse dans le plan) Si λ 6= 0 et si l’on a effectué Li ↔ λLi , il suffit d’effectuer
Li ↔ λ−1 Li pour revenir au système de départ.
;
• soit un point (droite non parallèle au plan).
Ainsi, l’ensemble des solutions est soit vide, soit un 4.4 Algorithme du pivot
point, soit représente une droite, soit représente
un plan. L’idée du pivot de Gauss pour résoudre un
système est de de se ramener à un système simple
4.3 Opérations sur les lignes d’un sys- à résoudre, grâce à une succession d’opérations
tème sur les lignes. Ainsi, l’on se ramène d’abord à
un système triangulaire (processus d’élimination),
puis, si cela est possible, à un système diagonal
Définition 4.3.1. (processus de remontée).
On dit que deux systèmes linéaires sont équiva- Pour étudier d’abord les cas les plus simples et
lents s’ils ont le même ensemble de solutions. finir par le cas général, étudions ces étapes à
rebours.
Si i et j sont deux indices différents compris
entre 1 et n, et λ est un scalaire, on note : a Cas d’un système diagonal
• Li ↔ Lj l’opération consistant à échanger les
ième et j ème lignes du système S ; On dit que le système S est diagonal si pour
• Li ← λLi l’opération consistant à multiplier tout i, j ∈ J1, nK, i 6= j ⇒ aij = 0. Dans ce cas le
par λ la ième ligne du système ; système se résout de manière immédiate.
• Li ← Li + λLj l’opération consistant à ajouter
Exemple 4.4.1.
la j ème ligne multipliée par λ à la ième ligne du
x = 2
système.
Résoudre les systèmes 2y = 1 et
z = −2
Il faut effectuer ces opérations sur toute x
= 2
la ligne du système sans oublier le membre de 0 = 1 .
droite. z = −2
65
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
récurrence. 0 1 0 −2
0 0 −1 2
Nous pouvons également appliquer une succes-
ce qui correspond au système
sion d’opérations sur les lignes du système pour
se ramener de manière équivalente à un système
x = 1
diagonal. y = −2
−z = 3
Ce processus est parfois appelé principe de re-
montée car l’on y fait apparaître des zéros dans qui est bien diagonal. Il vient alors directement
le haut de la matrice du système, en partant des
x = 1
lignes du bas.
y = −2 .
Cette méthode peut être présentée en utilisant
z = −3
une suite de systèmes équivalents.
66
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
e Cas général
67
CHAPITRE III. UN PEU DE CALCUL
x =
7
intéressant de choisir une variable qui apparaît 9
dans un minimum de lignes, comme cela une par- Il vient finalement y = − 13 .
tie du travail est déjà fait. = 5
z
9
Si la variable choisie est x et que la ligne conservée Exemple 4.4.9.
L est de la forme ax + by + . . . et que l’on veuille x +y +z = 1
éliminer x d’une ligne L0 de la forme cx + dy + . . .,
x −2y +z = 2
il suffit d’effectuer l’opération L0 ← L0 − ac L. La Considérons le système .
2x +y −z = 1
ligne L0 devient alors d − bc a y + . . .. 2y +z = 2
Après avoir éliminé la variable choisie dans toutes Codons-le et exécutons l’algorithme du pivot. Il
les lignes sauf celle conservée, on ne touche plus vient successivement :
à cette dernière ligne, et on réitère le procédé
1 1 1 1
avec les lignes restantes, en choisissant une autre 1 −2 1 2 L ← L − L
2 2 1
variable. On continue jusqu’à ce que le système (III.1)
2 1 −1 1 L3 ← L3 − 2L1
soit triangulaire ou trivialement sans solution.
0 2 1 2
1 1 1 1
0 −3 0 1
Exemple 4.4.8.
0 −1 −3 −1 L3 ← L3 + 3L4
x +y +z = 1
0 2 1 2
Considérons le système x −2y +z = 2
2x
−z = 1 (III.2)
que l’on écrira sous forme matricielle 1 1 1 1
1 1 1 1
0 −3 0 1
(III.3)
1 −2 1 2. Puisque y n’apparaît 0 5 0 5
2 0 −1 1 0 2 1 2
pas dans la dernière ligne, choisissons d’éliminer
y dans les deux premières lignes. Afin d’éviter Or les deuxième et troisième lignes sont contra-
de manipuler des fractions, nous choisissons de dictoires, donc le système n’a pas de solution.
conserver la première ligne, car le coefficient
devant y y est 1.
Effectuons l’opération L2 ← L2 + 2L1 : le
1 1 1 1
système est donc équivalent à 3 0 3 4.
2 0 −1 1
On choisit ensuite d’éliminer z de la seconde
ligne en utilisant la dernière ligne, car la variable
z y a un coefficient égal à −1. Après l’opération
1 1 1 1
68
Chapitre IV
Quelques fondamentaux
Sommaire
1 Propositions. . . . . . . . . . . . . . . . . 70 a Suite négative minorée par un réel
2 Connecteurs logiques. . . . . . . . . . . 70 positif. . . . . . . . . . . . . . . . . 82
2.1 Négation. . . . . . . . . . . . . . . . . 70 b n valeurs sont égales . . . . . . . 83
2.2 Conjonction « et » et disjonction « ou ». 70 c Toutes les puissances valent 1 . . 83
2.3 Implication. . . . . . . . . . . . . . . . 71
2.4 Équivalence. . . . . . . . . . . . . . . . 72
3 Quantificateurs universel et existentiel. 73
3.1 Définition. . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.2 Permutation de quantificateurs. . . . . 74
3.3 Négation d’un quantificateur. . . . . . 75
3.4 Le pseudo-quantificateur ∃!. . . . . . . 75
3.5 Quantificateurs et inégalités. . . . . . . 75
4 Raisonnements par récurrence. . . . . . 76
4.1 Principe du minimum. . . . . . . . . . 76
4.2 Principe de récurrence simple. . . . . . 76
4.3 Erreurs classiques. . . . . . . . . . . . 77
4.4 Bonne définition d’une suite définie par
récurrence. . . . . . . . . . . . . . . . . 78
4.5 Récurrence double. . . . . . . . . . . . 79
a Exemple : suite définie par récur-
rence. . . . . . . . . . . . . . . . . 79
b Énoncé du principe. . . . . . . . . 79
c Rédaction par récurrence double. 79
4.6 Récurrence triple, etc. . . . . . . . . . 80
4.7 Récurrence forte. . . . . . . . . . . . . 80
a Exemple : suite définie par récur-
rence. . . . . . . . . . . . . . . . . 80
b Énoncé du principe. . . . . . . . . 80
c Rédaction par récurrence forte. . 81
4.8 Méthodologie : choix du type de récur-
rence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
4.9 Récurrence à partir d’un certain rang. 81
4.10 Récurrence sur un intervalle fini d’entiers 82
4.11 Récurrence descendante . . . . . . . . 82
4.12 Quelques récurrences fausses. . . . . . 82
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
1 Propositions.
Définition 2.1.1.
Soit p une proposition. La proposition « non p »,
notée ¬p, est la proposition qui est vraie quand p
Définition 1.0.1. est fausse, et fausse quand p est vraie. Sa table
Une proposition est un énoncé qui peut prendre de vérité est :
deux valeurs de vérité : « vrai » (V) ou « faux »
p ¬p
(F).
V F
F V
Exemple 1.0.2.
•2>7
• Pour tout nombre réel x, il existe un entier n
tel que n 6 x < n + 1. Théorème 2.1.2 (Loi de la double négation).
Soit p une proposition, p et « non (non p) » sont
deux propositions équivalentes, ce qui s’écrit :
2 Connecteurs logiques. p ≡ ¬(¬p).
70
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
Définition 2.3.1.
Proposition 2.2.3 (Tiers exclu). Soient p et q deux propositions. On appelle p ⇒ q,
Pour toute proposition p, p ∨ ¬p est vraie. qui se dit « p implique q », ou « si p alors q », la
proposition (¬p) ∨ q. Dans l’implication p ⇒ q, p
est l’antécédent, q le conséquent.
Proposition 2.2.4 (Non contradiction).
Pour toute proposition p, p ∧ ¬p est fausse.
Exercice 2.3.2.
Construire la table de vérité de p ⇒ q.
Démonstration.
Écrire les tables de vérités de p ∨ ¬p et p ∧ ¬p. Remarque 2.3.3.
En pratique, pour démontrer une implication, on
commence toujours, bêtement, par « supposons
Théorème 2.2.5 (Lois de De Morgan). p vraie ». Il faut alors montrer que sous cette
Soit p et q deux propositions. hypothèse q est vraie.
1. ¬(p ∧ q) ≡ (¬p) ∨ (¬q).
2. ¬(p ∨ q) ≡ (¬p) ∧ (¬q).
• p ⇒ q peut être vraie même si p et q n’ont
Démonstration. 1. Construire les tables de vérité de
rien à voir. Par exemple : si 1 > 0 alors
ces deux propositions et constater que ce sont les l’eau mouille.
mêmes. • p ⇒ q est toujours vraie si p est fausse (le
2. Par le premier point et la loi de double négation, faux implique n’importe quoi) ou q est vraie.
Ainsi, si « 0 6= 0 » alors « 0 = 0 »(cela peut
¬(p ∨ q) ≡ ¬([¬¬p] ∨ [¬¬q])
paraître étonnant, on reviendra dessus à la
≡ ¬(¬[(¬p) ∧ (¬q)])
fin du paragraphe « équivalence ») .
≡ (¬p) ∧ (¬q).
• p ⇒ q n’implique ni que p est vraie ni que
q est vraie. Par exemple : Si les pommes
étaient des citrouilles, Newton serait mort
Exemple 2.2.6.
assommé. Ou bien : si je mesurais 2 m 20,
• Nier « je n’aime ni le chocolat ni la vanille ».
je serais entraîneur de basket.
• Dans R2 , dessiner l’ensemble {(x, y) ∈ R2 | x <
2 et y 6 3}, dessiner et décrire son complémen-
taire.
71
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
Remarque 2.3.9.
Remarque 2.4.5.
On peut formaliser ainsi le principe de « démons-
Le ⇔ est commutatif (si P ⇔ Q, alors Q ⇔ P ),
tration par l’absurde » : on veut montrer que p
transitif (si P ⇔ Q et Q ⇔ R, alors P ⇔ R) et
est vraie, sachant qu’une certaine proposition q
réflexif (on a toujours P ⇔ P ).
est fausse.
On suppose alors que p est fausse et si l’on Remarque 2.4.6.
arrive à montrer que q est vraie : on a obtenu En pratique, pour montrer p ⇔ q, il y a 2 mé-
une contradiction ! En fait on a montré ¬p ⇒ q, thodes :
72
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
73
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
i=1 eux.
74
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
75
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
On suppose ∀x ∈ R f (x) = 0.
Remarque 4.1.2. 1. Certains ensembles
Montrer que les coefficients a0 , a1 , . . . , aN sont
de réels n’admettent pas de minimum.
tous nuls.
Exemples : ]0, 1], ]0, 1], R, R∗+ , R− .
Indication : si ces coefficients ne sont pas tous
2. Tout ensemble de réels admet au plus un nuls, on pourra s’intéresser au plus dernier coeffi-
minimum. cient ak non nul et regarder la limite de f en +∞.
On pourra aussi considérer le premier coefficient
Lorsqu’il existe, le minimum d’un ensemble E
ak non nul et s’intéresser à une limite en zéro.
est noté min(E).
L’ensemble des entiers naturels possède la pro-
priété fondamentale suivante qu’on admettra : 4.2 Principe de récurrence simple.
76
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
k=0
2
k=0
2 k=0
2
77
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
k=0
2 mathématiquement un sens.
Montrons P (n) par récurrence.
Pour n donné, montrer que un est bien définie
Explications : on ne précise pas ici ce qu’est
est un préalable à la démonstration de toute
n. De plus, le principe de récurrence ne montre
propriété de un .
pas P (n) pour un n donné mais pour tout n. Il
convient donc d’écrire
Ici, il s’agit
√ de montrer que pour tout n l’ex-
Montrons ∀n ∈ N P (n) par récurrence pression 2 + un − 1 est bien définie, c’est-à-dire
ou une variante, comme que un −1 est positif ou nul, autrement dit un > 1.
Montrons par récurrence que pour tout
entier naturel n on a P (n). Pour n donné, on voit alors que d’une part,
pour montrer que un+1 est bien défini, il va
Mauvaise démonstration de l’hérédité falloir montrer tout d’abord un > 1 et d’autre
Forme classique de cette erreur : part, pour montrer un > 1, on va avoir besoin au
préalable de s’assurer que un est bien défini.
Supposons ∀n ∈ N P (n).
Montrons ∀n ∈ N P (n + 1).
Autrement dit : on va avoir besoin de démon-
Explications : une fois que l’on a supposé ∀n ∈ trer simultanément ces deux propriétés.
N P (n), il n’y a pas beaucoup de travail à fournir Pour n ∈ N, notons P (n) l’assertion
pour montrer ∀n ∈ N P (n) ...
Variante 1 : «un est bien défini et un > 1»
78
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
Montrons ∀n ∈ N P (n) par récurrence : De plus, pour montrer cette P à un rang donné,
• On a clairement P (0). il va falloir supposer qu’elle est vérifiée au deux
• Soit n ∈ N. Supposons P (n) et montrons rangs précédents.
P (n + 1). Il ne suffit donc pas de chercher à démontrer P
un est bien défini et un > 1. par récurrence. Pour répondre à cette question on
Donc u va utiliser un principe de récurrence double, dans
√n − 1 > 0.
Donc un − 1 est bien défini. lequel l’initialisation consiste à montrer P (0) et
Donc un+1 est bien défini, et de plus P (1) et la démonstration de l’hérédité consiste à
√ montrer
un+1 > 2 + un − 1 > 2 > 1
P (n) et P (n + 1) ⇒ P (n + 2)
∀n ∈ N
Donc on a P (n + 1).
On a donc
∀n ∈ N P (n) b Énoncé du principe.
79
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
80
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
81
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
82
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
x1 = x2 = . . . = xn
x2 = . . . = xn+1
Donc on a
x1 = x2 = . . . = xn+1
Donc on a P (n + 1).
On a donc ∀n > 1 P (n).
83
CHAPITRE IV. QUELQUES FONDAMENTAUX
84
Chapitre V
Nombres complexes
Sommaire
1 L’inégalité triangulaire . . . . . . . . . . 86
2 Propriétés supplémentaires de l’expo-
nentielle complexe et des arguments . . 86
3 Groupe U des nombres complexes de
module 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
4 Équations du second degré . . . . . . . 87
4.1 Calcul des racines carrées d’un complexe
sous forme algébrique . . . . . . . . . . 87
4.2 Résolution des équations du second degré 88
5 Racines énièmes. . . . . . . . . . . . . . 89
6 Techniques de calcul . . . . . . . . . . . 90
6.1 Formules trigonométriques . . . . . . . 90
6.2 Technique de l’angle moitié . . . . . . 90
6.3 Factorisation . . . . . . . . . . . . . . 90
6.4 Linéarisation . . . . . . . . . . . . . . 91
7 L’exponentielle complexe . . . . . . . . 91
8 Nombres complexes et géométrie plane 91
8.1 Colinéarité et orthogonalité . . . . . . 91
a Interprétation géométrique du rap-
port . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
8.2 Transformations usuelles . . . . . . . . 92
8.3 Similitudes et isométries . . . . . . . . 94
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
|z| − |z 0 | 6 |z ± z 0 | 6 |z| + |z 0 |.
2 Propriétés supplémentaires de
De plus, |z + = |z| +
z0| si et seulement s’il
|z 0 | l’exponentielle complexe et
existe (λ, λ ) ∈ (R ) tel que (λ, λ0 ) 6= (0, 0) et
0 + 2
des arguments
λz = λ0 z 0 .
Démonstration.
On montre l’encadrement pour |z + z 0 |. Pour |z − z 0 | il
Théorème 2.0.1 (Formules d’Euler).
suffit de remplacer z 0 par −z 0 . Soit θ ∈ R, alors
Pour montrer |z + z 0 | 6 |z| + |z 0 |, il suffit de montrer
2 2 2
|z + z 0 | 6 (|z| + |z 0 |) . Posons d = (|z| + |z 0 |) − |z + z 0 |
2
e iθ + e −iθ
et calculons d. On obtient successivement
cos θ = ,
2
d = |z|2 + z 0
2
+ 2|z| z 0 − z + z 0
z + z0
e iθ − e −iθ
sin θ = .
= 2|z| z 0 − zz 0 − z 0 z
2i
zz 0 + z 0 z
0
= 2 |z| z −
2
! Démonstration.
zz 0 + zz 0 Direct.
= 2 |z| z 0 −
2
= 2 zz 0 − Re zz 0
Proposition 2.0.2.
>0 Soit θ ∈ R :
On a donc |z + z 0 | 6 |z| + |z 0 |. 1. e iθ × e −iθ = e i0 = 1 ;
Pour la seconde inégalité : |z| = |(z + z 0 ) + (−z 0 )| 6 2. e iθ 6= 0 ;
|z + z 0 | + | − z 0 |, d’où |z| − |z 0 | 6 |z + z 0 |. On permute les
rôles de z et z 0 et on a |z 0 | − |z| 6 |z + z 0 |, ce qui permet 1
3. iθ = e −iθ = e iθ .
de conclure, car e
|z| − |z 0 | = max |z| − |z 0 |; |z 0 | − |z| .
Démonstration.
Montrons maintenant le cas d’égalité. Dans le cas où Direct.
z = z 0 = 0, le résultat est immédiat.
Sinon, d’après la démonstration de l’inégalité triangu-
laire, l’égalité est vérifiée si et seulement si zz 0 = Re zz 0 ,
Proposition 2.0.3 (Formule de De Moivre).
i.e. si et seulement si zz 0 est un réel positif.
Soit θ ∈ R et n ∈ N. On a
z zz 0
Dans le cas où z 0 6= 0, on remarque que 0 = ,
|z 0 |2
z n
z e inθ = e iθ ,
donc l’égalité est vérifiée si et seulement si 0 ∈ R+ si et
z
seulement si il existe λ ∈ R+ tel que z = λz 0 . cos(nθ) + i sin(nθ) = (cos θ + i sin θ)n .
En inversant les rôles de z et z 0 dans le cas où z 0 = 0
on obtient le résultat voulu.
86
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
Démonstration. R → C
Utiliser l’écriture trigonométrique. θ 7→ e iθ
Remarque 2.0.5. est un paramétrage de U, autrement dit, pour tout
L’écriture a = b [2π] signifie que a et b sont égaux nombre complexe z on a
à un multiple de 2π près, i.e. ∃k ∈ Z, a = b + 2kπ.
Les manipulations d’arguments doivent tou- z ∈ U ⇔ ∃θ ∈ R z = e iθ (V.1)
jours s’effectuer en indiquant à quel angle près
cela s’entend ([π], [2π] le plus souvent). De plus, pour tout complexe z ∈ U donné, le
paramètre correspondant est unique à 2π près,
Exercice 2.0.6.
a b autrement dit, on a
Si a = b [2π], a-t-on = [2π] ? A-t-on 2a =
2 2 0
2b [2π] ? ∀(θ, θ0 ) ∈ R2 e iθ = e iθ ⇔ θ = θ0 [2π] (V.2)
Proposition 3.0.3.
Soit z, z 0 ∈ U. Alors : 4 Équations du second degré
1. 1 ∈ U ;
4.1 Calcul des racines carrées d’un
2. zz 0 ∈ U ;
complexe sous forme algébrique
1
3. ∈ U.
z Soit z et t deux complexes. On veut résoudre
explicitement l’équation t2 = z, d’inconnue z,
87
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
a − b = x
2 2
Démonstration.
Pour tout z ∈ C, on a
2ab = y
(E) ⇐⇒
b c
q
z+
az 2 + bz + c = a z 2 +
a + b2 = x2 + y 2
2
a a
b 2 b2 c
x + x2 + y 2
p
=a z+ − 2 +
a =
2
2a 4a a
2
b2 − 4ac
2
b
(E) ⇐⇒ −x + x2 + y 2
p
=a z+ −
b2 = 2a 4a2
2
2 2
b δ
2ab = y
=a z+ −
2a 2a
b δ b δ
h ih i
=a z+ − z+ +
2a 2a 2a 2a
Exercice 4.1.1.
−b − δ
−b + δ
=a z− z−
Trouver les racines carrées de z = 3 − 4i. 2a 2a
On calcule finalement :
4.2 Résolution des équations du second −b − δ −b + δ b
+ =− ,
degré 2a 2a a
−b − δ −b + δ b2 − δ 2 c
× = = .
2a 2a 4a2 a
Proposition 4.2.1.
Soit A un polynôme en z à coefficients complexes,
Remarque 4.2.5.
admettant un complexe λ comme racine. Alors
• N’importe quelle racine carrée du discriminant
il existe un polynôme B en z à coefficients com-
convient, puisqu’elles sont égales au signe près.
plexes tel que A(z) = (z − λ)B(z).
• Si le discriminant est nul, il n’y a qu’une racine,
qui est alors dite double.
Remarque 4.2.2. • Si a, b, c ∈ R, alors le discriminant est réel. S’il
Nous admettons pour l’instant ce résultat, il sera est strictement positif, il y a deux racines réelles
démontré dans le chapitre sur les polynômes. distinctes ; s’il est nul, il y a une racine réelle
88
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
Définition 5.0.1.
Remarque 5.0.4 (Interprétation géométrique).
Soient z ∈ C et n ∈ N∗ . On appelle racine ne de
Soit n > 3. Posons zi = 2ikπ n et notons Ai le point
z tout complexe t tel que tn = z.
d’affixe zi pour i ∈ [[0, n − 1]]. Alors A0 A1 . . . An
Les racines de 1 sont appelées racines nes de
est un polygone régulier à n côtés, inscrit dans le
l’unité.
cercle unité.
L’ensemble des racines nes de l’unité est noté
Les racines deuxièmes de 1 sont −1 et 1 (racines
Un .
carrées de 1).
En posant j = e 2iπ/3 , les racines troisièmes de
Remarque 5.0.2. l’unité sont 1, j et j 2 (et on a j 2 = j). Ce sont les
√
La notation n . est interdite sur les complexes sommets d’un triangle équilatéral inscrits dans le
quelconques. En effet, elle désigne l’application ré- cercle unité.
ciproque de la fonction x 7→ xn qui n’est bijective Les racines quatrièmes de l’unité sont 1, i, −1
que considérée comme application de R+ dans R+ et −i : ce sont les sommets d’un carré inscrit
si n est pair et de R dans R si n est impair. dans le cercle unité.
Les racines cinquièmes de l’unité sont 1, e 2iπ/5 ,
Théorème 5.0.3. 1. La seule racine ne de zéro e 4iπ/5 , e −4iπ/5 et e −2iπ/5 : ce sont les sommets
est zéro. d’un pentagone régulier inscrit dans le cercle
unité.
2. Soit z ∈ C non nul, donné sous une forme
Les racines sixièmes de l’unité sont 1, e iπ/3 ,
trigonométrique z = re iθ , avec r > 0. Alors
j, −1, j 2 et e −iπ/3 : ce sont les sommets d’un
z possède exactement n racines nes, qui sont
hexagone régulier inscrit dans le cercle unité.
les nombres complexes
Tout cela est représenté dans la figure V.1.
√
r × e(n+ )
iθ 2ikπ
n n
89
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
e n = e n = 2iπ = 0.
k=0 k=0
1−e n
e −4iπ/5
La somme des racines ne de l’unité est nulle, i.e. : 6.2 Technique de l’angle moitié
n−1
2ikπ
Déjà vu. Elles permet aussi de retrouver les
ω= e = 0.
X X
n formules de factorisation du type cos(a) + cos(b).
ω∈Un k=0
90
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
1 3 Remarque 7.0.5.
cos3 x = cos(3x) + cos x L’exponentielle n’est ni surjective, ni injective, et
4 4
1 1 il n’existe pas de « logarithme complexe ».
sin (x) cos (x) = − sin(5x) + sin(x)
3 2
16 8
1
+ sin(3x)
16 8 Nombres complexes et géomé-
trie plane
7 L’exponentielle complexe
Dans toute cette partie, on considère un plan,
muni d’un repère orthonormé (O, →
−ı , →
− ).
Définition 7.0.1.
Soit z ∈ C, donné sous forme algébrique z = x+iy.
On appelle exponentielle de z notée e z le nombre 8.1 Colinéarité et orthogonalité
complexe e z = e x e iy .
a Interprétation géométrique du rapport
Remarque 7.0.2.
e z n’est toujours pas une puissance : ce n’est
qu’une notation. Théorème 8.1.1.
Soit z et z 0 deux complexes non nuls. On note
Exemple 7.0.3. →
−
u et →−
u 0 les vecteurs d’affixes respectives z et z 0 .
e 2+iπ/2 = ie 2 .
91
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
Alors
M 0 = τ−
u (M )
→
z0 k→−
u 0k
= → −
z kuk A
0
z
arg = (→
−u,→−
u 0) [2π]
z
−→ →
Démonstration. OA = −
u
Le premier point est immédiat, le second découle de
l’interprétation géométrique de l’argument. En notant M
−
→
i le vecteur d’affixe 1, et en posant θ = arg z, on a
−
→ →
z = |z|(cos θ + i sin θ), donc ( i , − u ) = arg z [2π]. De
−
→ −
même ( i , →u 0 ) = arg z 0 [2π]. D’où O(0)
−
→ →0 −
→ →
(−
→
u,−→u 0) = ( i , − u ) − ( i ,−
u) [2π]
= arg z 0 − arg z [2π]
0
z
= arg [2π]
z
→
Figure V.2 – Translation de vecteur u , OM M 0 A
est un parallélogramme.
Corollaire 8.1.2.
Soit A, B et M trois points deux à deux distincts
8.2 Transformations usuelles
d’affixes respectives a, b et z. Alors
(i) A, B et M sont alignés si et seulement si
z−a Définition 8.2.1 (Translation).
∈ R;
z−b Soit →
−
u un vecteur
(ii) (AM )⊥(BM ) si et seulement si
z−a
∈ iR. La translation de vecteur → −
u est l’application
z−b qui envoie un point M sur le point M 0 vérifiant
−−−→0 →
MM = − u (voir figure V.2). On la note souvent
Exemple 8.1.3. u.
τ−
→
i, 1 et 2 − i sont alignés, et 1 + i, 2 et −2i forment
un angle droit en 2. Remarque 8.2.2.
Exercice 8.1.4. La translation de vecteur nul est l’identité. Si →
−
u
→
−
n’est pas nul, la translation de vecteur u n’a pas
Soit A(a), B(b) et C(c) trois points du plan.
On rappelle que le centre de gravité du triangle de point fixe.
1
ABC est le point d’affixe (a + b + c).
3 Définition 8.2.3 (Rotation).
Montrer que ce centre de gravité est le point
Soit Ω un point du plan, θ ∈ R .
d’intersection des médianes de ABC.
La rotation de centre Ω et d’angle θ est l’appli-
Exercice 8.1.5. cation qui et
Soit A(a), B(b) et C(c) trois points du plan. On • fixe Ω ;
suppose que le cercle circonscrit au triangle ABC • envoie tout point M différent de Ω sur
a pour centre O(0). le point M 0 vérifiant ΩM = ΩM 0 et
Montrer que l’orthocentre de ABC a pour affixe −−→ −−→
(ΩM , ΩM 0 ) = θ[2π].
a + b + c.
92
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
hΩ,λ (M ), λ > 1
ρΩ,θ (M ) M = hΩ,1 (M )
θ Ω
Ω M
hΩ,λ (M ), −1 < λ < 0
O(0)
O(0) hΩ,λ (M ), λ < −1
93
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
94
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
Remarque 8.3.5.
On pourrait montrer que réciproquement toutes
les similitudes planes directes sont de cette forme.
Exemple 8.3.6.
Translations, rotations et homothéties vs. symé-
tries axiales.
Démonstration. 1. Direct.
2. Supposons donc que a =6 1. L’équation f (z) = z n’a
b
qu’une solution : ω = . On a alors :
1−a
95
CHAPITRE V. NOMBRES COMPLEXES
96
Chapitre VI
K désigne R ou C.
Définition 1.1.4. 1. On dit que f est continue
(resp. dérivable) en a si Re(f ) et Im(f ) le sont.
1 Résultats d’analyse Dans le cas où f est dérivable, on appelle
dérivée de f en a notée f 0 (a) le complexe
On utilise ici les notions d’analyse vues en ter-
minale : continuité, dérivabilité, intégrales. Elles f 0 (a) = (Re(f ))0 (a) + i(Im(f ))0 (a).
seront définies et travaillées ultérieurement.
2. On dit que f est continue (resp. dérivable)
1.1 Continuité et dérivabilité d’une sur un intervalle si elle l’est en tout point de
fonction à valeurs complexes. cet intervalle.
Si on ne le précise pas, I est toujours un inter- 3. On note (notations non officielles) C (I, K)
valle de R et f : I → C. et D(I, K) l’ensemble des fonctions respec-
tivement continues et dérivables de I dans
K.
Définition 1.1.1.
On appelle partie réelle de f la fonction
Remarque 1.1.5.
Re(f ) : I → R . Le premier point de la définition précédente assure
x 7→ Re(f (x)) que, si f : I → C est dérivable, alors
et Démonstration.
À chaque fois, décomposer tous les objets selon leurs par-
Im(f ) : R → C . ties réelles et imaginaires, puis revenir aux définitions en
x 7→ e x (cos(x) + 2 sin(x)) utilisant les propriétés de la dérivation réelle.
98
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
99
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
Exercice 1.2.5.
Définition 1.2.1. Déterminer l’ensemble des primitives de la fonc-
Soit A ⊂ R, soit f : A → K et F : A → K. On dit tion inverse, définie sur R∗ .
que F est UNE primitive de f si F est dérivable
sur A et si F 0 = f .
Il convient de connaître toutes les pri-
mitives du formulaire.
Théorème 1.2.2.
Soit I un intervalle de R, soit f : I → K dérivable. 1.3 Intégration de fonctions complexes.
La fonction f est constante si et seulement si
{ F + λ | λ ∈ K }. et Z b ! Z b
Im f = Im(f ).
a a
Exemple 1.3.3.
2π
L’hypothèse fondamentale est ici que
Z
(1 + i)e ix dx = 0.
l’on se place sur un intervalle. 0
Démonstration.
Soit F et G deux primitives d’une même application sur Proposition 1.3.4.
un intervalle.
Soit I un intervalle de R, a, b ∈ I, f, g : I → C
Alors, F 0 = G0 , donc (F − G)0 est nulle sur cet inter-
valle, donc F − G est constante sur cet intervalle. Donc continues et λ, µ ∈ C. Alors,
toutes les primitives d’une même application diffèrent d’une Z b Z b Z b
constante. (λf + µg) = λ f +µ g.
Réciproquement, si F est une primitive de f , il est a a a
aisé de voir que F + λ est une primitive de f pour tout
λ ∈ K.
100
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
Démonstration.
Exemple 1.3.7. Puisque u, v sont de classe C 1 , (uv)0 = u0 v + uv 0 est conti-
Refaire le calcul de l’exemple 1.3.3 en primitivant nue, donc par le théorème fondamental du calcul intégral
directement. :
Z b Z b Z b Z b
[uv]ba = (uv)0 = u0 v + uv 0 = u0 v + uv 0 .
a a a a
NotationZ 1.3.8.
x
On note f (t) dt une primitive « générique »
de la fonction f , c’est-à-dire faisant abstraction Exemple 1.4.2 (Grands classiques).
d’une quelconque constante d’intégration. Toutes ces exemples se résolvent par intégration
par parties.
101
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
b Changement de variables. s
x2 y 2 x2
+ 2 =1 y =b 1−
a2 b a2
Théorème 1.4.4. πab
Soit I, J deux intervalles de R, a, b ∈ I, ϕ ∈ b
4
C 1 (I, R) et f ∈ C 0 (J, R)
On suppose que ϕ(I) ⊂ J. Alors, a
Z ϕ(b) Z b
f (x) dx = ϕ0 (t) · (f ◦ ϕ)(t) dt.
ϕ(a) a
Figure VI.1 – Ellipse de demi-axes a et b.
On dit que l’on a effectué le changement de va-
riable « x = ϕ(t) ».
Remarque 1.4.5.
Moyen mnémotechnique : on écrit « x = ϕ(t) » Le quart supérieur
droit
s de cette
ellipse peut
(au brouillon seulement !). Alors dx = ϕ0 (t) dt, x2
Z Z être paramétré par x, b 1 − 2 , x allant de
donc f (x) dx = f (ϕ(t))ϕ0 (t) dt. Reste le pro- a
s
blème des bornes. Quand t va de a à b, x = ϕ(t) Z a
x2
va de ϕ(a) à ϕ(b). Et voilà ... 0 à a. On calcule donc I = b 1− dx.
0 a2
Démonstration.
f est continue sur I, donc y admet une primitive F . Ainsi, On effectue le changement de variable x =
F est C 1 , comme ϕ ∈ C 1 . On voit que F ◦ ϕ est C 1 , et a cos θ :
(F ◦ ϕ)0 = ϕ0 · f ◦ ϕ est continue. s
On déduit alors le résultat du théorème fondamental x2
(utilisé deux fois) : • la fonction f : [0, a] → R, x 7→ 1− est
a2
Z ϕ(b)
ϕ(b)
continue,
f (t) dt = [F ]ϕ(a) • la fonction ϕ : [0, π/2], θ 7→ a cos θ est de
ϕ(a)
102
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
Z a
et si θ ∈ [0, π/2], f (ϕ(θ)) = |sin θ|. On obtient : Démonstration. 1. On considère f (t) dt et on pose
Z 0 0
x = −t.
I = −ab |sin θ| sin θ dθ Ainsi,
π/2
Z 0 Z a Z −a
= −ab sin θ dθ
2 f (t) dt = −f (−x) dx
π/2 0 0
Z −a
Z π/2 1
− cos(2θ)
= ab dθ =− f (x) dx
0 2 Z 0
0
1 ab 1
π/2
= f (x) dx.
= πab − sin(2θ)
4 2 2 0
−a
et Z 0 Z a
f (t) dt = − f (t) dt. 1.5 Primitives de fonctions de la forme
−a 0 1
x 7→ 2
3. Soit a ∈ R et T > 0, si f est T -périodique, ax + bx + c
alors 1
Soit a, b, c ∈ R, a =
6 0, et f : x 7→ .
Z T Z a+T
+ bx + c ax2
f (t) dt = f (t) dt. Le programme demande de savoir calculer une
0 a
primitive de f à ce stade de l’année. Mais nous
reverrons cela dans le chapitre sur les fractions
103
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
1 Remarque 2.1.2.
car ∆ < 0. Donc f (x) = , dont
(x −b/2)2 + δ 2 Nous ne nous intéresserons pas dans le reste de
1 x − b/2 ce chapitre au cas plus général d’une équation
une primitive est x 7→ arctan .
δ δ
an (t)y (n) + an−1 (t)y (n−1) + . . .
Remarque 1.5.1. +a1 (t)y 0 + a0 (t)y = b(t) (E )
Ces formules ne sont en aucun cas à apprendre
par cœur, mais il convient de savoir mener ces où on a également affecté y (n) d’un coefficient
calculs sur des exemples concrets. an (t).
104
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
et f (n−1) (t0 ) = yn−1 f (n) (t) = b(t) − an−1 (t)f (n−1) (t) − . . .
− a1 (t)f 0 (t) − a0 (t)f (t).
est appelé problème de Cauchy linéaire d’ordre n
Or b, an−1 , f (n−1) , . . . , a0 , f sont des applications
continues. Donc f (n) est continue, donc f ∈ C n (I, K).
2. L’application nulle est une solution triviale de SH ,
Exemple 2.1.4. donc SH est non vide.
En physique les déplacement d’un mobile sont Pour toute application f n fois dérivable et tout t ∈ I,
notons ψf (t) le scalaire
régis par l’équation de la dynamique reliant la
dérivée seconde de la position et les forces qui f (n) (t) + an−1 (t)f (n−1) (t) + . . .
s’appliquent au mobile, qui dépendent en général + a1 (t)f 0 (t) + a0 (t)f (t).
de sa position et ou de sa vitesse. Il s’agit donc
On a alors f ∈ SH ⇐⇒ ∀t ∈ I ψf (t) = 0 (ou, de
d’une équation différentielle d’ordre 2. 1 Il est rai- façon plus concise : f ∈ SH ⇐⇒ ψf = 0KI ).
sonnable de penser que le problème de Cauchy a Soit alors f et g deux applications n fois dérivables de
alors une unique solution : une position initiale I dans K et λ et µ deux éléments de K. Alors λf + µg
et une vitesse initiale étant données, une seule est évidemment n fois dérivable. Et pour tout t ∈ I,
on a ψλf +µg (t) = λψf (t) + µψg (t) (autrement dit
trajectoire est possible.
ψλf +µg = λψf + µψg ).
En particulier, si f et g sont solutions de l’équation
1. En général linéaire dans les problèmes de prépa mais homogène, on a ψf = 0 et ψg = 0, donc ψλf +µg = 0
dans la vraie vie c’est parfois plus compliqué. donc λf + µg ∈ SH .
105
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
106
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
107
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
Soit alors t ∈ I. On a
Théorème 3.2.2.
y 0 + ay = C 0 yH + CyH
0
+ aCyH
Soit a et b deux applications continues de I dans
= C 0 yH + C yH
0
+ ayH .
C, et A une primitive de a.
Alors le problème de Cauchy y 0 + ay = b et Or yH est solution de (H ), donc yH 0
+ ayH = 0. Donc y
y(t0 ) = y0 admet une unique solution : est solution de E si et seulement si C 0 yH = b, c’est-à-dire
si et seulement si C 0 est l’application t 7→ e A(t) b(t), c’est-à-
→ K dire si et seulement si C est une primitive de t 7→ e A(t) b(t),
I Z t i.e. si et seulement s’il existe λ ∈ K tel que
t 7→ e A(t0 )−A(t) y 0 + e −A(t) e A(u) b(u) du Z t
t0
C : t 7→ λ + e A(u) b(u) du.
t0
Soit λ ∈ K et
Remarque 3.2.3. Z t
L’unicité est aisée à démontrer : si on dispose de y : t 7→ λe −A(t) + e −A(t) e A(u) b(u) du.
t0
deux solutions de ce problème, leur différence est
Remarque : On vient donc de prendre une solution quel-
une solution de l’équation homogène du problème conque de (H ).
s’annulant en t0 , c’est donc l’application nulle. Alors, y est solution du problème de Cauchy (y 0 +ay = b
On peut également assez directement montrer et y(t0 ) = y0 ) si et seulement si y(t0 ) = y0 , donc si et
que l’application donnée est solution par calcul. seulement si λ = y0 e A(t0 ) , c’est-à-dire si et seulement si y
est l’application
Nous donnons cependant ci-dessous une autre
démonstration qui a l’avantage de permettre de re- t
Z
−A(t)
t 7→ e A(t0 )−A(t)
y0 + e e A(u) b(u) du.
trouver la formule. Cette méthode est à connaître t0
108
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
4.1 Définitions.
Théorème 4.2.3 (Solutions complexes de (H )).
Une équation différentielle linéaire du second Soit a, b, c ∈ C, avec a 6= 0.
ordre est une équation de la forme y 00 +αy 0 +βy =
1. Si (EC) a deux solutions complexes distinctes
d où α, β et d sont des applications continues,
r1 , r2 , alors les solutions complexes de (H )
d’inconnue y : I → K deux fois dérivable sur I.
sont les applications de la forme
Dans la suite de ce chapitre, on ne s’intéressera
qu’au cas où α et β sont des constantes. Plus
(
R → C
généralement, on s’intéressera aux équations de t 7→ λe r1 t + µe r2 t
la forme ay 00 + by 0 + cy = d, où a, b, c sont des
constantes de K avec a 6= 0 et d ∈ C (I, K), d’in- pour (λ, µ) ∈ C2 .
connue y : I → K deux fois dérivable sur I. d est
2. Si (EC) a une unique solution complexe r,
appelé le second membre de cette équation. On
alors les solutions complexes de (H ) sont les
dit qu’elle est homogène si son second membre
applications de la forme
est nul. On appelle équation homogène associée à
ay 00 + by 0 + cy = d l’équation ay 00 + by 0 + cy = 0.
(
R → C
t 7→ (λt + µ)e rt
4.2 Résolution d’une équation homo-
gène. pour (λ, µ) ∈ C2 .
109
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
110
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
Synthèse : Soit λ, µ ∈ R et
Lemme 4.2.6.
Soit α, ω ∈ R, avec ω 6= 0. Les deux ensembles de y:
R −→ R
t 7−→ λ cos(ωt)e αt + µ sin(ωt)e αt
fonctions exposés au point 3. du théorème 4.2.5
sont égaux. D’après le théorème de structure des solutions homogène
(2.2.1 – une combinaison linéaire de solutions homogènes
est solution homogène), il suffit de montrer que
Démonstration.
Soit A ∈ R+ et ϕ ∈] − π, π], soit R −→ R
s1 :
t 7−→ cos(ωt)e αt
R −→ R
f: . et
t 7−→ A cos(ωt + ϕ)e αt
R −→ R
s2 :
Par les formules d’addition, si t ∈ R, t 7−→ sin(ωt)e αt
sont solution de (H ). Or, si t ∈ R, par les formules d’Euler,
f (t) = A cos(ϕ) cos(ωt)e αt − A sin(ϕ) sin(ωt)e αt ,
1 (α+iω)t 1 (α−iω)t
donc f est bien de la première forme. s1 (t) = e + e .
2 2
Réciproquement, soit λ, µ ∈ R. Si λ = µ = 0, il suffit
de prendre A = 0 et ϕ quelconque. Sinon, posons A = D’après le théorème 4.2.3, t 7→ e (α+iω)t et t 7→ e (α−iω)t
p λ sont solutions de (H ), donc s1 aussi. On effectue le même
λ2 + µ2 et ϕ ∈] − π, π] tel que cos ϕ = p et
λ + µ2
2 raisonnement pour s2 .
µ
sin ϕ = − p . Alors, Remarque 4.2.7.
λ2 + µ2
Dans tous les cas, les solutions sont les combi-
λ cos(ωt) + µ sin(ωt) naisons linéaires de deux solutions linéairement
indépendantes. On dit que cet ensemble a une
!
p λ µ
= λ 2 + µ2 cos(ωt) + p sin(ωt)
p
λ2 + µ 2 λ 2 + µ2 structure de plan vectoriel.
=A(cos(ωt) cos(ϕ) + sin(ωt) sin(ϕ)) Exemple 4.2.8. 1. Les solutions complexes de
=A cos(ωt + ϕ). y 00 + y 0 + 2y = 0 sont les fonctions de la forme
√ √
−1−i 7 −1+i 7
t 7→λe 2
t
+ µe 2
t
Démonstration (Théorème 4.2.5). √ √
1 −i 7 i 7
• Les cas où (EC) admet une ou deux solutions réelles se = e − 2 t λe 2
t
+ µe 2
t
traitent exactement comme le cas complexe.
• Supposons donc que (EC) admette deux solutions com-
plexes conjuguées distinctes α±iω. On raisonne par analyse- avec λ, µ ∈ C.
synthèse. 2. La solution du problème de Cauchy y 00 +2y 0 +
Analyse : Soit y : R → R solution de (H ). Alors y est
solution complexe de (H ), donc il existe λ, µ ∈ C tels que y = 0, avec y(1) = 1, y 0 (1) = 0 est la fonction
t 7→ te 1−t .
y : t 7→ λe (α+iω)t + µe (α−iω)t
111
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
tions a une structure de plan affine, car l’ensemble (E ), et donc en développant, on remarque
des solutions est l’ensemble des ỹ + y pour y par- qu’il existe deux polynômes réels R et S tels
courant un plan vectoriel. que c(x) = R(x) cos(ωx) + S(x) sin(ωx) ;
112
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
4. il existe un polynôme Q à coefficients dans premier ordre (la méthode serait la même pour le
C tel que x 7→ Im Q(x)e iωx est solution de second ordre) :
y est solution de (E )
⇔ ∀x ∈ R, (Q (x) + 2Q0 (x) + Q(x))e x
00
113
CHAPITRE VI. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
114
Chapitre VII
116
CHAPITRE VII. THÉORIE DES ENSEMBLES
117
CHAPITRE VII. THÉORIE DES ENSEMBLES
2 Définitions.
Axiome 1.2.7 (Schéma de compréhension).
Pour tout ensemble E et tout prédicat P , il existe Nous développons ici la notion d’ensemble, en
un ensemble, noté { x ∈ E | P (x) } dont les élé- partant d’une définition intuitive et peu formelle :
ments sont exactement les éléments de E vérifiant un ensemble est une collection d’objets mathéma-
P : tiques. Si un objet x est dans cette collection-
ensemble E, on note alors x ∈ E la phrase « x
x ∈ { x ∈ E | P (x) } ⇐⇒ (x ∈ E et P (x)) appartient à E ». Sa négation, « x n’appartient
pas à E », s’écrit x ∈
/ E.
Remarque 2.0.1.
Axiome 1.2.8 (Schéma de remplacement). Traditionnellement, on essaie de noter les en-
Étant donné un ensemble E et un prédicat P à sembles avec des lettres majuscules et leurs élé-
deux arguments ayant la propriété d’être fonction- ments avec des lettres minuscules.
nel, c’est-à-dire que pour tout x, il existe un et
un seul y tel que P (x, y) est vérifié, il existe un 2.1 Appartenance, égalité.
ensemble X, noté { y | ∃x ∈ E P (x, y) } dont les
éléments sont exactement les y tels qu’il existe
x ∈ E vérifiant P (x, y). Autrement dit, pour tout
Proposition 2.1.1 (Extentionnalité).
y, on a
Deux ensembles E et F sont égaux si et seulement
y ∈ X ⇐⇒ ∃x ∈ E P (x, y) s’ils ont les mêmes éléments :
118
CHAPITRE VII. THÉORIE DES ENSEMBLES
119
CHAPITRE VII. THÉORIE DES ENSEMBLES
Axiome 2.2.1 (Ensemble des parties de E). Démonstration. 1. L’existence de A∪B est assurée par
l’axiome de la réunion appliqué à la paire { A, B }.
Pour tout ensemble E, on admet l’existence d’un
2. L’existence de A ∩ B est assurée par le schéma
ensemble, noté P(E) et appelé ensemble des par- de compréhension. Il s’agit en effet simplement de
ties de E et dont les éléments sont exactement les { x ∈ A | x ∈ B }.
sous-ensembles de E. Ainsi pour tout ensemble
F , on a Exemple 2.3.2.
F ∈ P(E) ⇔ F ⊂ E. On pose E = { 0, 1, 2, 4 } et F = { 0, 1, 3, 4, 5, 6 }.
Que vaut E ∪ F ? E ∩ F ?
120
CHAPITRE VII. THÉORIE DES ENSEMBLES
n∈N
[n, n + 1] ?
\
Démonstration.
Élémentaire, revenir aux définitions. n∈N∗
2. Quel est l’ensemble de définition de tan ?
Remarque 2.3.4.
La dernière propriété signifie que A 7→ A ∩ C et 3. Que vaut chacun des ensembles ci-dessous ?
A 7→ A ∪ C sont croissantes (au sens de l’inclu-
[ε, 1] ]ε, 1] [0, ε] [0, ε[
[ [ \ \
sion).
ε∈]0,1] ε∈]0,1] ε∈]0,1] ε∈]0,1]
3. Si j ∈ I, alors Ai .
\ [
X∈E Ai ⊂ Aj ⊂
et, dans le cas où E est non vide,
\
X i∈I i∈I
X∈E
l’intersection de tous les éléments de E. Pour
tout x, on a les propriétés : Démonstration.
[ Élémentaire.
x∈ X ⇐⇒ ∃X ∈ E, x ∈ X;
X∈E
\
x∈ X ⇐⇒ ∀X ∈ E, x ∈ X. Théorème 2.3.9 (Distributivité).
X∈E La réunion et l’intersection sont distributives l’une
sur l’autre. Plus précisément, soit A, B et C trois
2. Plus généralement, si on considère[une fa-
ensembles. Alors on a les deux égalités suivantes :
mille d’ensemble (Ai )i∈I , on note Ai la
i∈I \
(A ∩ B) ∪ C = (A ∪ C) ∩ (B ∪ C);
réunion de tous les Ai pour i ∈ I et Ai
i∈I (A ∪ B) ∩ C = (A ∩ C) ∪ (B ∩ C).
121
CHAPITRE VII. THÉORIE DES ENSEMBLES
Plus généralement, soit (Ai )i∈I une famille d’en- Proposition 2.3.14.
sembles et B un ensemble, alors Si A et B sont deux parties de E, on a A \ B =
! A ∩ BC .
Ai ∪ B = (Ai ∪ B); (VII.1)
\ \
x ∈ A \ B ⇐⇒ x ∈ A et x ∈
/B
⇐⇒ x ∈ A et (x ∈ E et (x ∈
/ B))
Démonstration. ⇐⇒ x ∈ A et x ∈ E \ B
Faire un dessin pour les deux premières égalités.
Les résultats se montrent aisément par double inclusion. ⇐⇒ x ∈ A ∩ B C .
On donne la démonstration de l’égalité (VII.2).
Pour tout x :
! !
[ [
x∈ Ai ∩ B ⇔ x ∈ B et x ∈ Ai
i∈I i∈I
Proposition 2.3.15.
⇔ x ∈ B et ∃i0 ∈ I, x ∈ Ai0
Soit E un ensemble et A une partie de E, alors
⇔ ∃i0 ∈ I, x ∈ Ai0 ∩ B A = A.
[
⇔x∈ (Ai ∩ B).
i∈I
Démonstration.
C’est une conséquence de la propriété de double négation :
soit x un élément de E, on a x ∈ A ⇔ ¬(¬(x ∈ A)).
Exercice 2.3.10.
Montrer les propriétés (VII.2) et (VII.1) en rai-
Proposition 2.3.16.
sonnant par double inclusion et en prenant soin de
Soit E un ensemble et A une partie de E, alors
bien revenir aux définitions des objets manipulés.
A ∪ Ā = E et A ∩ Ā = ∅.
Cet ensemble est bien défini d’après le schéma Théorème 2.3.17 (Relations de De Morgan).
de compréhension. Soit (Ai )i∈I une famille de parties d’un ensemble
Exercice 2.3.12. E. Alors on a
Montrer que A \ B = A \ (A ∩ B). !C
[
= i ;
\
Ai AC
i∈I i∈I
Définition 2.3.13. !C
Si A ⊂ E, on appelle complémentaire de A dans \
=
[
Ai AC
i .
E noté {E A ou AC ou A quand il n’y a pas de i∈I i∈I
confusion, l’ensemble E \ A.
122
CHAPITRE VII. THÉORIE DES ENSEMBLES
Démonstration. On considère
On montre le deuxième point. Les deux termes de l’égalité
sont évidemment des sous-ensembles de E. Considérons
F0 = { n ∈ Z | n ≡ 0 [3] }
donc un x ∈ E quelconque et montrons que x appartient
au premier ensemble si et seulement s’il appartient au = { n ∈ Z | ∃p ∈ Z, n = 3p }
deuxième. On a les équivalences :
F1 = { n ∈ Z | n ≡ 1 [3] }
= { n ∈ Z | ∃p ∈ Z, n = 3p + 1 }
!C
[ [
x∈ Ai ⇐⇒ x ∈
/ Ai
F2 = { n ∈ Z | n ≡ 2 [3] }
i∈I i∈I
⇐⇒ ¬(∃i ∈ I x ∈ Ai ) = { n ∈ Z | ∃p ∈ Z, n = 3p + 2 }
⇐⇒ ∀i ∈ I x ∈
/ Ai
\
AC
⇐⇒ x ∈ i .
i∈I Alors, {F0 , F1 , F2 } est une partition de Z (en trois
parties).
Le premier se déduit de la seconde en passant au complé-
mentaire pour la famille (AC
i )i∈I .
2.4 Produit cartésien.
∀i ∈ I, Fi 6= ∅.
Définition 2.4.3.
Soient E et F deux ensembles. On admet qu’on
peut construire un ensemble noté E × F , appelé
Remarque 2.3.19. produit cartésien de E et F , dont les éléments
On pourrait bien entendu parler de recouvrement, sont les couples avec x1 ∈ E et x2 ∈ F . On défi-
mais nous n’aurons pas l’occasion d’utiliser ce nit de même le produit cartésien de n ensembles
vocabulaire cette année. E1 . . . En , noté E1 ×. . .×En , et formé des n-uplets
Nous utiliserons davantage les partitions que (x1 , . . . , xn ) avec x1 ∈ E1 , . . . , xn ∈ En . Si les Ei
les recouvrements disjoints. sont égaux à un ensemble E, on note ce produit
En.
Exemple 2.3.20.
123
CHAPITRE VII. THÉORIE DES ENSEMBLES
Remarque 2.4.4.
Attention à ne pas confondre l’ensemble {x, y}
avec le couple (x, y).
Exemple 2.4.5.
L’ensemble R2 , le rectangle [1, 3]×[−1, 4], la partie
[1, 3[×] − 1, 4] (voir figure VII.1), la bande [0, 1] ×
(x, y) ∈ R2 y = 0 (le représenter).
0 1 2 3
−1
3 Interprétation logique
Soit E un ensemble, P et Q deux prédicats. On
pose
A = { x ∈ E | P (x) } ;
B = { x ∈ E | Q(x) } .
Soit x ∈ E. On a alors les équivalences logiques
suivantes :
x ∈ A ∩ B ⇐⇒ P (x) et Q(x);
x ∈ A ∪ B ⇐⇒ P (x) ou Q(x);
/ A ⇐⇒ ¬(P (x));
x∈
A = E ⇐⇒ ∀x ∈ E, P (x);
A 6= ∅ ⇐⇒ ∃x ∈ E, P (x);
A ⊂ B ⇐⇒ ∀x ∈ E, (P (x) ⇒ Q(x));
A = B ⇐⇒ ∀x ∈ E, (P (x) ⇐⇒ Q(x)).
124
Chapitre VIII
Notion d’application
Sommaire
1 Vocabulaire. . . . . . . . . . . . . . . . . 126
2 Restriction, prolongement . . . . . . . . 127
3 Composition d’applications . . . . . . . 128
4 Injectivité, surjectivité, bijectivité . . . 128
4.1 Injectivité . . . . . . . . . . . . . . . . 128
4.2 Surjectivité . . . . . . . . . . . . . . . 129
4.3 Bijectivité . . . . . . . . . . . . . . . . 131
4.4 Un peu de vocabulaire anglais ... . . . 132
5 Image directe, tiré en arrière. . . . . . . 132
5.1 Image directe . . . . . . . . . . . . . . 132
5.2 Tiré en arrière . . . . . . . . . . . . . . 133
CHAPITRE VIII. NOTION D’APPLICATION
1 Vocabulaire.
• En toute rigueur, une application est un objet F
différent d’une fonction, mais la différence est hors
programme. On emploiera donc les deux termes E
indifféremment.
• Une application d’un ensemble E dans un en-
semble F est une relation qui, à tout élement de Figure VIII.1 – Exemple d’application – on
E associe un unique élément de F . Attention : remarque qu’une image a deux antécédents.
on a forcément unicité de l’image et les ensembles
de départ et d’arrivée sont une donnée de l’appli-
cation.
Exemple 1.0.1.
F
Les applications qui à x associe x2 , partant res-
pectivement de R et de R+ , sont différentes : la E
√
seconde permet de définir la fonction ., pas la
première. Dans les deux cas, on pourra considérer
comme ensemble d’arrivée R ou R+ . Une formule Figure VIII.2 – Cette relation n’est pas une
ne définit donc pas à elle seule une application. application.
Définition 1.0.2. F
On appelle fonction (ou application) tout triplet
y
f = (E, F, Γ) où E est un ensemble appelé en-
semble de départ ou domaine de définition, F est
un ensemble appelé ensemble d’arrivée, et Γ est E
une partie de E × F appelée graphe de f telle
que ∀x ∈ E, ∃!y ∈ F , (x, y) ∈ Γ. Si (x, y) ∈ Γ, on
note plus simplement y = f (x). On dit que x est
alors un antécédent de y, et y l’image de x. Figure VIII.3 – y a ici trois antécédents repré-
sentés.
Remarque 1.0.3.
Il peut y avoir plusieurs antécédents d’un élément
dans l’espace d’arrivée, mais une seule image d’un Remarque 1.0.4.
élément de l’espace de départ : cela se voit sur le La notation
graphe, que l’on représente comme suit.
f: E → F,
• On note une application f allant d’un ensemble
x 7→ f (x).
E dans un ensemble F de la manière suivante :
f : E → F. n’est pas informative.
• Si l’application est de plus définie par une for-
mule, on écrit alors : Remarque 1.0.5.
Si f, g : E → F , alors f = g équivaut à ∀x ∈ E,
f: E → F, f (x) = g(x).
x 7→ Formule dépendant de x.
126
CHAPITRE VIII. NOTION D’APPLICATION
Exemple 1.0.13.
R{1,2} : on peut l’identifier à R × R, que l’on note
Définition 1.0.6. opportunément R2 .
Soit E, F deux ensembles et f : E → F une ap-
plication. On appelle image de f le sous-ensemble Définition 1.0.14.
de F , noté f (E) ou Im(f ), égal à {f (x), x ∈ E}. Soit E un ensemble et A une partie de E. On
appelle fonction indicatrice de A la fonction notée
Remarque 1.0.7. 1A telle que pour tout x ∈ A, 1A (x) = 1, et pour
La notation f (E) indique bien l’ensemble tout x ∈ E\A, 1A (x) = 0.
de départ, contrairement à la notation
Im f . Cet ensemble peut aussi s’écrire Exercice 1.0.15.
{y ∈ F | ∃x ∈ E, y = f (x)}. Soit A et B deux ensembles. Calculer 1A∩B , 1Ā
Remarque 1.0.8. et 1A∪B en fonction de 1A et de 1B .
Les ensembles de départ et d’arrivée peuvent être
n’importe quoi, pas forcément de R dans R. 2 Restriction, prolongement
Notation 1.0.9.
On note F (E, F ), ou F E , l’ensemble des applica- Définition 2.0.1.
tions de E dans F . Soit E, E 0 , F , F 0 quatre ensembles, f : E → F
et f 0 : E 0 → F 0 deux applications.
Remarque 1.0.10. (i) Pour toute partie G de E, la restriction de
Comment se souvenir de cette dernière notation ? f à G est l’application
Penser que pour des ensembles finis, Card(F E ) =
Card(F )Card(E) . f|G : G → F,
En effet, il y a autant de manières de choi- x 7→ f (x).
sir une fonction f : E → F que de manières
de choisir une image pour chaque élément de E. (ii) On dit que f 0 est un prolongement de f si
Or, il y a Card(F ) choix pour chaque élément de E ⊂ E 0 , F ⊂ F 0 et ∀x ∈ E, f (x) = f 0 (x).
F et Card(E) éléments de E. Il y a donc bien
127
CHAPITRE VIII. NOTION D’APPLICATION
Remarque 3.0.4.
Nous avons vu (et nous reverrons en TD) que
Définition 3.0.1.
certaines fonctions (dans ce cas, f : N → N)
Soit E, F , G trois ensembles, f : E → F et
ne sont pas inversibles (au sens de la structure
g : F → G deux applications. On définit alors la
(E E , ◦)).
composée de f par g comme l’application
128
CHAPITRE VIII. NOTION D’APPLICATION
I
Théorème 4.1.7 (Composée d’injections.).
Soit E, F et G trois ensembles, f : E → F et
g : F → G deux applications injectives. Alors
g ◦ f est injective.
Figure VIII.8 – Graphe d’application injective
sur un segment I. Démonstration.
Soit (x, y)) ∈ E 2 , supposons que g ◦ f (x) = g ◦ f (y). Alors,
par injectivité de g puis de f , f (x) = f (y) puis x = y.
Exercice 4.1.8.
Remarque 4.1.3.
Soit E, F deux ensembles, soit f : E → F . Mon-
La donnée de l’ensemble de départ est primordiale.
trer que f est injective si et seulement s’il existe
Exemple : l’application [−π/2, π/2] → R, x 7→
g : F → E vérifiant g ◦ f = IdE .
sin(x) est injective alors que R → R, x 7→ sin(x)
ne l’est pas (le montrer et tracer les courbes re-
présentatives de ces deux applications ). On peut 4.2 Surjectivité
aussi se demander ce qu’il adviendrait de la figure
VIII.8 si l’on ne précise pas que l’espace de départ
129
CHAPITRE VIII. NOTION D’APPLICATION
J
Définition 4.2.1.
Soit E et F deux ensembles, f : E → F une appli-
cation. On dit que f est surjective (ou est/réalise
une surjection) si ∀y ∈ F, ∃x ∈ E, y = f (x). I
C \ {i} → C \ {1}
Figure VIII.12 – Graphe d’une application sur- f: z+i .
z 7→
jective d’un segment I dans un segment J. z−i
130
CHAPITRE VIII. NOTION D’APPLICATION
131
CHAPITRE VIII. NOTION D’APPLICATION
Remarque 5.1.3.
La notation f (E) utilisée pour l’image de f est
Théorème 4.3.9 (Composée de bijections.).
bien cohérente.
Soit E, F et G trois ensembles, f : E → F et
g : F → G deux bijections. Alors g ◦ f est une Remarque 5.1.4.
bijection et (g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1 . On a toujours f (A) ⊂ Im(f ).
Démonstration.
Utilise les résultats analogues sur injectivité et surjectivité.
•
Ou encore : on donne l’inverse (formule à connaître !) A• f
(g◦f )−1 = f −1 ◦g −1 , et surtout ne pas inverser les membres •
!
f (A) •
•
•
Exercice 4.3.10.
Trouver deux applications f et g toutes les deux • •
•
non bijectives, telles que g ◦ f est bijective. E F
4.4 Un peu de vocabulaire anglais ... Figure VIII.14 – Image directe d’une partie A
• Application : mapping ou map . par une application f .
• Injection : injection ou one-to-one mapping .
• Surjection : surjection ou onto mapping .
• « non injection » : many-to-one mapping . • Cela se lit aisément sur un graphe.
• Bijection : bijection ou one-to-one correspon-
Exercice 5.1.5.
dance .
Soit c : R → R , déterminer c([2, 4]) et
x 7→ x2
c(] − 1, 3]).
5 Image directe, tiré en arrière. Exercice 5.1.6.
Soit E et F deux ensembles, f : E → F une
5.1 Image directe application, A et B deux parties de E.
• Si A ⊂ B, est-ce que f (A) ⊂ f (B) ?
• Comparer f (A∪B) et f (A)∪f (B), puis f (A∩B)
Définition 5.1.1. et f (A) ∩ f (B).
Soit E et F deux ensembles, f : E → F une
application et A une partie de E. On appelle
image directe de A par f l’ensemble des images
des éléments de A (voir figure VIII.14), i.e. la
partie de F :
Proposition 5.1.7.
f (A) = { f (x) | x ∈ A } Soit E et F deux ensembles, f : E → F une
= { y ∈ F | ∃x ∈ A, y = f (x) } . application. Alors f est surjective si et seulement
si f (E) = F .
132
CHAPITRE VIII. NOTION D’APPLICATION
x ∈ f −1 (B) ⇔ ∃y ∈ B, x = f −1 (y)
⇔ ∃y ∈ B, f (x) = y
Remarque 5.2.2. ⇔ f (x) ∈ B
Le vocabulaire officiel est plutôt « image réci- ⇔ x ∈ f ← (B)
proque de B par f » et la notation officielle est :
f −1 (B).
D’expérience, cette terminologie et cette nota- Exercice 5.2.5.
tion sont une source de confusions désastreuses. Soit E et F deux ensembles, f : E → F une
Ne l’utilisez qu’une fois cette notion solidement application, A et B deux parties de F .
acquise. • Si A ⊂ B, est-ce que f ← (A) ⊂ f ← (B) ?
• Comparer f ← (A ∪ B) et f ← (A) ∪ f ← (B), puis
f ← (A ∩ B) et f ← (A) ∩ f ← (B).
•
• f
• • Proposition 5.2.6.
f ← (B) B
• Soit E, F deux ensembles non vides, soit f : E →
•
F.
• • Alors, { f ← (y) | y ∈ F } est un recouvrement
•
E F disjoint de E, tandis que { f ← (y) | y ∈ Im(f ) }
est une partition de E.
De même, si (Fi )i∈I est une partition de Im(f ),
Figure VIII.15 – Tiré en arrière d’une partie B alors { f ← (Fi ) | i ∈ I } est une partition de E.
par une application f .
133
CHAPITRE VIII. NOTION D’APPLICATION
134
Chapitre IX
Calcul matriciel
Sommaire
1 Définitions élémentaires . . . . . . . . . 136
1.1 Opérations sur les matrices . . . . . . 136
1.2 Matrices carrées . . . . . . . . . . . . . 138
1.3 Matrices inversibles . . . . . . . . . . . 139
1.4 Opérations élémentaires . . . . . . . . 140
1.5 Transposition et matrices symétriques 142
1.6 Inversion de matrices triangulaires. . . 143
2 Systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . 144
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
136
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
137
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
138
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
= 2 −1 0 + 0 1 0
Remarque 1.2.4.
0 −2 0 1 2 0
On remarque que les puissances d’une même ma-
trice commutent entre elles : = B + C.
Calculer A3 avec
Mk × Mj = M × M{z. . . × M} × M × M{z. . . × M}
3 0 0
| |
k fois j fois
= |M × M{z. . . × M} A = 0 1 −2
0 4 6
(k+j) fois
1 0 0 2 0 0
= |M × M{z. . . × M} × M × M{z. . . × M}
= 0 1 −1 + 0 0 −1
|
j fois k fois
0 1 2 0 3 4
=M ×M . j k
= B + C.
Démonstration (Unicité).
Lemme 1.2.6. Soit B, C ∈ Mn (K) deux « inverses » de A. Alors,
Soit A, B ∈ Mn (K) vérifiant AB = BA. Alors,
B = BIn = B(AC) = (BA)C = In C = C.
pour tout p, q ∈ N, Ap B q = B q Ap .
139
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
M=
X
mi,j Ei,j .
Définition 1.3.6. 16i,j6n
Le déterminant d’une matrice carrée d’ordre 2
Commençons par donner deux résultats tech-
!
a b
A= est det A = ad − bc.
c d niques, dont la maîtrise se révélera être impor-
tante : vous devrez savoir les retrouver efficace-
ment.
140
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
Démonstration.
Soit α ∈ [[1, n]]. La αe colonne de Eij × Ekh est Eij Cα où 1. l’échange de deux lignes ou deux colonnes ;
Cα est la αe colonne de Ekh .
Si α =
6 h, Cα = 0n1 , donc toutes les colonnes de Eij ×
2. la multiplication d’une ligne/colonne par un
Ekh sont nulles sauf peut-être la he. scalaire non nul ;
Cette he colonne de Ekh est égale à Eij Ch . Or, Ch = Eh 3. l’addition à une ligne/colonne d’une autre
(voir remarque 1.1.9), donc Eij Ch est la ke colonne de Eij .
Celle-ci est nulle si j 6= k. Sinon, il s’agit du ie vecteur de
ligne/colonne multipliée par un scalaire.
la base canonique de Mn,1 (K). Ces opérations sont notées respectivement :
On en déduit le résultat.
On peut également adopter une démonstration purement 1. Li ↔ Lj et Ci ↔ Cj ;
calculatoire. Notons (mab )(a,b)∈[[1,n]]×∈[[1,q]] les coefficients 2. Li ← λLi avec λ =
6 0 (idem avec des co-
du produit Eij Ekh . Alors, soit (a, b) ∈ [[1, n]] × [[1, q]]. On a
lonnes) ;
p
3. Li ← Li + λLj , avec i 6= j (idem avec des
X
mab = (δai δcj )(δck δbh )
c=1 colonnes).
= (δai δcc )(δjk δbh )
= δjk (δai δbh )
mab est donc le coefficient de la ligne a, colonne b de Définition 1.4.6 (matrices d’opérations élémen-
δjk Eih .
taires).
Soit i, j ∈ J1, nK, λ ∈ K.
Lemme 1.4.4. 1. On appelle matrice d’échange de coefficients
Soit M ∈ Mn (K), dont on note les colonnes i, j la matrice εij = In − Eii − Ejj + Eij + Eji
C1 , . . . , Cn et dont on note les lignes L1 , . . . , Ln . (la dessiner).
Soit 1 6 i, j 6 n.
2. On appelle matrice de dilatation de coeffi-
1. M Ei,j est la matrice dont toutes les colonnes cient i et de rapport λ la matrice Di (λ) =
sont nulles, sauf la j e qui vaut Ci . In + (λ − 1)Eii (la dessiner).
2. Ei,j M est la matrice dont toutes les lignes 3. On appelle matrice de transvection de co-
sont nulles, sauf la ie qui vaut Lj . efficients i, j et de rapport λ la matrice
Tij (λ) = In + λEij (la dessiner).
Démonstration. Remarquons que ces trois matrices sont inver-
Le plus efficace est de réaliser le dessin du produit matriciel. sibles.
On peut aussi effectuer un calcul :
X
M Ei,j = mk,` Ei,j Ek,`
16k,`6n Théorème 1.4.7.
Soit A ∈ Mn (K), et i, j ∈ J1, nK.
X
= mk,` δj,k Ei,`
16k,`6n
1. L’opération Li ↔ Lj est équivalente à la
n
=
X
mj,` Ei,` , multiplication de la matrice A à sa gauche
`=1 par la matrice εij .
ce qui est exactement le résultat annoncé. 2. L’opération Li ← λLi est équivalente à la
On procède de même pour l’autre produit. multiplication de la matrice A à sa gauche
par la matrice Di (λ) = In + (λ − 1)Eii .
Définition 1.4.5. 3. L’opération Li ← Li + λLj est équivalente à
Il existe trois types d’opérations élémentaires sur la multiplication de la matrice A à sa gauche
les lignes et colonnes d’une matrice : par la matrice Tij (λ) = In + λEij .
141
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
Remarque 1.4.10.
4. L’opération Ci ↔ Cj est équivalente à la Si par opérations élémentaires sur les lignes ou les
multiplication de la matrice A à sa droite par colonnes d’une matrice on arrive à In , on obtient
la matrice εij . donc rapidement l’inverse de cette matrice.
5. L’opération Ci ← λCi est équivalente à la
Exercice 1.4.11. !
multiplication de la matrice A à sa droite par 1 3
la matrice Di (λ). Avec A = , montrer que A est inver-
−2 2
6. L’opération Cj ← Cj + λCi est équivalente à sible et calculer A−1 en procédant par opérations
la multiplication de la matrice A à sa droite élémentaires sur les lignes et/ou les colonnes de
par la matrice Tij (λ) = In + λEij (attention A.
aux coefficients !).
1.5 Transposition et matrices symé-
Démonstration. triques
On appelle L1 , . . . , Ln les lignes de A. Tout est basé sur le
fait que Eij A est la matrice nulle où on a rajouté Lj à la
ième ligne (le montrer). Et c’est tout.
Définition 1.5.1.
Soit A ∈ Mn,p (K), A = (aij ). On appelle transpo-
Exemple 1.4.8. sée de A la matrice de dimension p × n notée A>
Calculer et définie par
1 0 0 1 2 3 1 0 0 1 0 0
∀i ∈ J1, pK, ∀j ∈ J1, nK, (t A)i,j = aj,i .
0 2 0 4 5 6 0 0 1 2 1 0
0 0 1 7 8 9 0 1 0 0 0 1
7 3 2
Remarque 1.5.2.
On trouve 32 12 10.
On trouvera parfois aussi la notation t A.
25 9 8 Exemple 1.5.3.
! !> !
> 4 1 0 1 2
Théorème 1.4.9 (inversion des matrices d’opé- 4 2 = et = .
2 2 3 0 3
rations élémentaires).
On a aussi In = In .
>
Soit i, j ∈ J1, nK, λ ∈ K. Alors, les trois matrices
d’opérations élémentaires introduites ci-dessus
sont inversibles et Proposition 1.5.4.
Soient A, B ∈ Mn,p (K), λ ∈ K.
ε−1
ij = εij ,
1. (A + λB)> = A> + λ B > , i.e. A 7→ A> est
Di (λ)−1 = Di (λ−1 ), linéaire.
Tij (λ)−1 = Tij (−λ). 2. Si C ∈ Mp,q (K), (AC)> = C > A> .
3. (A> )> = A.
4. Si A est inversible, alors A> est inversible et
Démonstration.
Il suffit d’utiliser le résultat précédent. Par exemple, effec- (A−1 )> = (A> )−1 .
tuer le calcul
ε2ij = εij εij In
revient à échanger deux fois les lignes i et j de In . On Démonstration. 1. Élémentaire.
revient donc à la configuration de départ, et donc ε2ij = 2. A = (aij ), C = (cij ), A> = (αij ), C > = (γij ), avec
In . αij = aji , γij = cji , et on conclut par calcul direct.
142
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
Ainsi, avec T 0 = T1 . . . Tp , on a
Démonstration.
Soit i ∈ [[1, n]], on a aii = −aii donc aii = 0. T 0 T = In .
Exercice 1.5.11. Il suffit d’observer qu’avec les mêmes opérations sur les
colonnes, dans l’ordre inverse, on obtient
Soit M ∈ Mn (R). Montrer qu’il existe un unique
couple (A, S) tel que T T 0 = In .
• M =A+S ; Comme produit de matrices triangulaires supérieures, T 0
• A ∈ An (R) ; est triangulaire supérieure. Ainsi, T est inversible et T 0 =
• S ∈ Sn (R). T −1 est triangulaire supérieure.
143
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
Réciproquement, supposons qu’il existe 1 6 i 6 n tel tricielle AX = B, avec A = (aij )16i6n, 16j6p ,
que ti,i = 0. Notons k le plus grand tel indice i. Alors, x1
b1
en effectuant les mêmes opérations que précédemment, il .. ..
existe une matrice T 0 inversible telle que X = . et B = . .
∗ ... ∗ ∗
xp bn
.. .. .. SH s’écrit alors AX = 0.
. . .
∗ ∗ ∗
...
T 0T =
0 ,
Définition 2.0.3.
1
Cette matrice A est appelée matrice du système
.. S.
.
1
les coefficients non inscrits étant nuls. Or, une matrice Théorème 2.0.4. 1. SolH contient toujours
possédant une ligne nulle ou une colonne nulle n’est pas
l’élément (0, . . . , 0) et est stable par com-
inversible : si une matrice A a sa ie ligne nulle, alors pour
toute matrice B la ie ligne de AB sera nulle, donc AB 6= In . binaison linéaire.
Ainsi, T 0 T n’est pas inversible, donc T 0 étant inversible, 2. L’ensemble Sol est :
T ne l’est pas.
• soit vide ;
• soit non vide, et dans ce cas, si X0 =
2 Systèmes linéaires (x1 , . . . , xp ) est un élément de Sol, alors
Sol= {X0 + XH , XH ∈ SolH }, ce que l’on
Rappel 2.0.1. note SolH + (x1 , . . . , xp ).
On appelle système linéaire à n équations et p Par conséquent, Sol contient 0, 1 ou une infi-
inconnues tout système de la forme : nité d’éléments.
+ . . . + a1p xp = b1
a11 x1 Démonstration.
On utilise les notations matricielles, le système S s’écrivant
. . .
S : AX = B, avec A ∈ Mn,p (K) et B ∈ Mn,1 (K). Le
. . .
système homogène associé à S est SH : AX = 0. Soit
+ . . . + anp xp = bn
an1 x1 X, Y ∈ Mp,1 (K) et λ, µ ∈ K. On a bien
où les aij et les bi sont dans K, et les xi sont les 0 0
.. ..
inconnues. A × . = . ,
On dit que le système est compatible s’il admet 0 0
une solution. donc le vecteur nul est solution du système homogène. De
Le système homogène associé est le système : plus, si X et Y sont solutions de SH , alors
0
+ . . . + a1p xp = 0
A(λX + µY ) = λAX + µAY = ... .
a11 x1
. . .
0
. . .
Notamment, si X est une solution de SH , tous les vecteurs
+ . . . + anp xp = 0
an1 x1
colinéaires à X seront aussi solution de SH , donc SH est
infini.
Dans la suite nous noterons S le premier Ensuite, soit X0 ∈ Mn,1 (K) solution de S. On a
système et SH son système homogène associé, X ∈ Sol ⇔ AX = B
et nous noterons Sol et SolH leurs ensembles de
⇔ AX = AX0
solutions respectifs.
⇔ A(X − X0 ) = 0
⇔ X − X0 ∈ SolH ,
Remarque 2.0.2. ce qui montre bien que Sol = { X0 + XH | XH ∈ SolH }.
Le système S peut aussi s’écrire sous forme ma-
144
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
Remarque 2.0.5.
Si SolH 6= {(0, . . . , 0)}, alors SolH est infini.
Exemple 2.0.6.
On considère le système
(
x + 3y = 2
2y + z = 1
Si (x, y, z) ∈ R3 , on a
( x −3
x + 3y = 0
⇔ y = y 1 .
2y + z = 0
z −2
145
CHAPITRE IX. CALCUL MATRICIEL
146
Chapitre X
148
CHAPITRE X. RELATIONS D’ORDRE ET D’ÉQUIVALENCE.
Exemple 2.0.2.
f
• L’égalité sur E est l’exemple le plus classique
de relation d’équivalence.
a c d
• La relation de congruence modulo n sur Z en
est aussi une : on fixe n ∈ Z non nul, et on dit
que deux entiers p et q sont congrus modulo n s’il Figure X.1 – À compléter (voir exercice 2.0.4).
existe k ∈ Z tel que p = q + kn, ce qui se note
p = q[n] ou p ≡ q[n].
• Si x ∈ R, on définit sur R la relation d’équiva-
lence modulo x par a ≡ b [x] s’il existe k ∈ Z tel
que a − b = kx. Proposition 2.0.5.
Attention, cette relation n’est pas compatible Soit E un ensemble et R une relation d’équiva-
avec la multiplication. lence sur E. Soit (x, y) ∈ E 2 . Alors,
• Sur Rn , on a la relation d’équivalence : M RN 1. x ∈ x.
−−→ −−→
si OM et ON sont colinéaires. C’est le point de
2. xRy ⇐⇒ x ∈ y.
départ de la géométrie projective.
• Sur Mn (K), deux matrices M et N sont dites 3. xRy ⇐⇒ x = y.
semblables si ∃P ∈ GLn (K), M = P −1 N P . Cela
définit une relation d’équivalence.
Démonstration.
• Sur Mn (K), deux matrices M et N sont dites Le premier point découle de la réflexivité. Le second découle
équivalentes si ∃(P, Q) ∈ GLn (K)2 , M = Q−1 N P . de la définition de y. Pour le troisième, il s’agit de montrer
Cela définit une relation d’équivalence. l’équivalence. Le sens direct se fait en montrant une double
• Sur un intervalle I, et parmi les fonctions de inclusion, qui découle de la transitivité. Le sens indirect
découle du premier point et du second.
classe C 1 sur I, on peut considérer la relation «
f et g sont deux primitives d’une même fonction
», i.e. f 0 = g 0 . C’est une relation d’équivalence,
qui donne son sens à la manipulation du symbole Définition 2.0.6.
x
Soit E un ensemble, (Ai )i∈I une famille de parties
Z
de primitivation générique .
de E indexée par un ensemble I. On dit que
(Ai )i∈I est une partition de E si les éléments de
Définition 2.0.3. cette famille sont tous non vides, sont disjoints et
Soit E un ensemble et R une relation d’équiva- si leur réunion vaut E.
lence sur E. Alors, pour tout élément x de E,
149
CHAPITRE X. RELATIONS D’ORDRE ET D’ÉQUIVALENCE.
Exemple 3.0.3.
Proposition 2.0.7. 1. Si R est une relation Reprendre tous les exemples précédents et repérer
d’équivalence sur E, alors l’ensemble des les relations d’ordre.
classes d’équivalences de R forme une parti-
tion de E.
2. Réciproquement, si (Ai )i∈I est une partition Définition 3.0.4.
de E, alors la relation binaire définie sur E Soit 4 une relation d’ordre sur E.
par xRy si ∃i ∈ I, (x ∈ Ai ) ∧ (y ∈ Ai ) est
1. On dit que x, y ∈ E sont des éléments com-
une relation d’équivalence.
parables si x 4 y ou y 4 x.
2. On dit que 4 est une relation d’ordre totale
Nous introduisons maintenant dans un but (ou que cet ordre est total) si tous les éléments
culturel l’ensemble quotient (hors programme). de E sont comparables deux à deux. Sinon la
relation est dite partielle (ou l’ordre est dit
partiel).
Définition 2.0.8.
Si R est une relation d’équivalence sur E, on
appelle ensemble quotient de E par R l’ensemble Exemple 3.0.5. • On définit la relation
des classes d’équivalences, noté E/R. d’ordre usuelle sur N, notée 6 par : a 6 b si
∃k ∈ N, b = a+k. C’est une relation d’ordre
totale.
Exemple 2.0.9. • La relation d’ordre usuelle 6 sur R est to-
Si f : E → F est une application, la relation tale : quand on choisit deux réels, il y en
binaire sur E définie par xRy si f (x) = f (y) a toujours un des deux qui est inférieur ou
est une relation d’équivalence. Quelle est alors la égal à l’autre.
partition qui lui est naturellement associée ? On • La relation d’ordre ⊂ sur P(E) est partielle
pourra alors se poser la question suivante : y a- (si Card E > 2) : en effet, quand on choisit
t-il un moyen naturel de construire une injection deux parties de E, il n’y a aucune raison
f˜ : E/R → F ? pour que l’une soit incluse dans l’autre.
• La relation de divisibilité sur N est une re-
Exemple 2.0.10.
lation d’ordre partielle : quand on choisit
On manipule naturellement certains ensembles
deux entiers positifs, l’un n’est pas forcé-
quotients : les vecteurs de Rn et les fractions, par
ment multiple ou diviseur de l’autre.
exemple.
Exercice 3.0.6.
Compléter le graphe suivant (voir figure X.2)
3 Relations d’ordre. avec le moins de flèches possibles de manière à
obtenir le graphe d’une relation d’ordre sur
E = {a, b, c, d, e, f, g} : la flèche x ← y signifie
Définition 3.0.1. x y. Continuer ensuite avec l’exercice 4.3.3.
On appelle relation d’ordre toute relation binaire
réflexive, transitive et antisymétrique.
4 Majorants, minorants et com-
pagnie.
Remarque 3.0.2.
L’usage est de noter 4, parfois 6, les relations Dans toute cette section, 4 est une relation
d’ordre. d’ordre sur E et A est une partie de E.
150
CHAPITRE X. RELATIONS D’ORDRE ET D’ÉQUIVALENCE.
b d f
maximum (resp. plus petit élément ou minimum)
de A si x est un majorant (resp. minorant de A)
a
ET x ∈ A.
c e g
Exemple 4.2.2.
Figure X.2 – À compléter (voir exercice 3.0.6). • I = [−1, 2[ a un plus petit élément, mais pas de
plus grand élément. En effet, −1 est un minorant
de I et −1 ∈ I. Mais supposons par l’absurde
que I ait un plus grand élément M . Alors M ∈ I,
4.1 Majorants, minorants.
donc M < 2. Ainsi il existe a ∈]M, 2[, donc a ∈ I
et M < a, ce qui est en contradiction avec le fait
que M majore I.
Définition 4.1.1. (i) On dit que A est majorée
• R n’est ni majoré ni minoré, donc n’a ni plus
(resp. minorée) pour 4 s’il existe un élément
grand ni plus petit élément.
M ∈ E tel que pour tout a ∈ A, a 4 M
(resp. M 4 a) ; on dit alors que M est UN
majorant (resp. minorant) de A ou que M
Théorème 4.2.3.
majore (resp. minore) A.
Si A a un plus grand élément, ce dernier est unique.
(ii) on dit que A est bornée si elle est à la fois Il en est de même pour un petit élément, s’il existe.
majorée et minorée. Dans le cas d’existence, le plus grand élément de
A est alors noté max A, et le plus petit élément
de A est noté min A.
En général, une partie majorée a plu-
sieurs majorants, et peut même en avoir une infi- Démonstration.
nité ! On suppose que A a deux maxima : ils sont alors récipro-
quement plus grand l’un que l’autre, et par antisymétrie
ils sont égaux.
Exemple 4.1.2.
Exemple 4.2.4.
• [1, 2] dans R est majoré par tout réel x tel que
Dans N muni de la relation d’ordre | : 0 est le
2 6 x, et minoré par tout réel y tel que y 6 1.
plus grand élément et 1 est le plus petit. En effet
• ] − ∞, 2[ est majoré mais non minoré.
tout entier divise 0, et 1 divise tout entier.
• Pour la relation ⊂, P(E) est minorée par ∅ et
majorée par E. Exercice 4.2.5.
En reprenant les notations de l’exercice 4.1.3, dé-
Exercice 4.1.3.
terminer si A possède un maximum, ainsi qu’un
On considère dans P(Z) muni de ⊂ la partie
minimum.
A = { J0, nK | n ∈ N }.
Déterminer l’ensemble des minorants et celui
des majorants de A. 4.3 Bornes supérieure et inférieure.
151
CHAPITRE X. RELATIONS D’ORDRE ET D’ÉQUIVALENCE.
3. C = { 2p + 1 | p ∈ N }
(ii) S’il existe, le plus grand élément de l’en-
4. D = { 2p | p ∈ N }
semble des minorants de A est appelé la
borne inférieure de A et noté inf A.
Proposition 4.3.6.
Soit A ⊂ E et M ∈ E.
Il y a une grosse différence entre max 1. Si A admet une borne supérieure, alors
et sup : le premier doit appartenir à A, pas le sup A 4 M ⇔ ∀x ∈ A x 4 M .
deuxième.
2. (M = sup A) si et seulement si M vérifie
deux points :
Exemple 4.3.2. (i) M majore A
I = [−1, 2[ a une borne inférieure et une borne (ii) si x ∈ E et x ≺ M , alors il existe a ∈ A
supérieure : l’ensemble des minorants de I est tel que x ≺ a 4 M .
] − ∞, −1], qui admet −1 comme maximum, et
donc −1 est la borne inférieure de I. De même
[2, +∞[ est l’ensemble des majorants de I, et il Remarque 4.3.7.
admet 2 comme minimum, donc 2 est la borne L’idée est la suivante : si on peut « caser » un
supérieure de I. élément de E entre M et A, ce qui revient en fait
à trouver un majorant de A plus petit que M ,
Exercice 4.3.3. alors M n’est pas la borne supérieure de A : la
On reprend l’exercice 3.0.6. Répondre aux ques- borne supérieure « colle » à A.
tions suivantes.
Démonstration. 1. ⇒ : car sup A est un majorant de
1. Cet ordre est-il total ? Si ce n’est pas le cas, A.
donner deux éléments non comparables. ⇐ : car sup A est le plus petit majorant de A.
2. Remarquons qu’ici, x ≺ y signifie x 4 y et x 6= y.
2. E est-il majoré ? Possède-t-il un plus grand Par définition d’une borne supérieure, il suffit pour
élément ? Une borne supérieure ? montrer cette équivalence de démontrer que le point
3. Même question avec {c, d}. (ii) équivaut à : M est le plus petit majorant de A.
Supposons que nous avons (ii). Soit alors N un ma-
4. Même question avec {d, e}. jorant de A, tel que N ≺ M . Alors avec (ii), il existe
a ∈ A tel que N ≺ a. Ceci est absurde car N majore
5. Même question avec {b, d, e}. A, donc M 4 N : M est bien inférieur à tout majo-
6. Même question avec {a, c, f }. rant de A.
Suposons réciproquement que M est le plus petit
Exercice 4.3.4. majorant de A. Soit x ∈ E tel que x ≺ M . Alors, x
En reprenant les notations de l’exercice 4.1.3, dé- étant plus petit que M , x n’est pas un majorant de
A. En prenant la négation de la phrase « x majore
terminer si A possède une borne supérieure, ainsi
A », nous obtenons : il existe a ∈ A tel que x ≺ a.
qu’une borne inférieure. Mais si de plus M majore A, alors a 4 M et nous
avons fini.
Exercice 4.3.5.
Ce dernier raisonnement sera très souvent utilisé dans
On considère la relation d’ordre | sur N. Déter- les exercices.
miner les ensembles des minorants et majorants
des parties suivantes, puis dire si ces parties sont
majorées, minorées, admettent un maximum, un
minimum, une borne supérieure ou inférieure (que Théorème 4.3.8.
l’on déterminera le cas échéant). Si A possède un maximum (resp. minimum), alors
A a une borne supérieure (resp. inférieure) et
1. A = {1}
cette borne est justement le maximum (resp. le
2. B = {2, 3}
152
CHAPITRE X. RELATIONS D’ORDRE ET D’ÉQUIVALENCE.
minimum) de A : sup A = max A (resp. inf A = d’une fonction est donc un majorant ou minorant
min A). ATTEINT.
On appelle extremum de f tout minimum ou
Démonstration.
maximum de f .
On ne donne la démonstration que pour la borne supérieure
(c’est la même pour la borne inférieure) : soit E l’ensemble
des majorants de A. Il faut montrer que E a un plus petit
élément. Par définition max A est un majorant de A, donc Les extrema sont uniques mais peuvent
max A ∈ E . Soit M ∈ E . M est plus grand que tout être atteints plusieurs fois. Considérer pas
élément de A, or max A appartient à A donc A 4 M , et exemple les fonctions continues périodiques
ce pour tout M de E : max A est donc un minorant de
comme sin ou cos.
E . De ces deux points on tire max A = min E , et donc
max A = sup A.
Exemple 4.4.3.
4.4 Application aux fonctions réelles. • x 7→ x2 admet un minimum mais pas de majo-
rant sur R.
• Arctan est majorée et minorée sur R, mais n’ad-
Définition 4.4.1. met ni minimum ni maximum.
Soient A une partie de R et f : A → R.
(i) On dit que f est majorée (resp. minorée) Définition 4.4.4.
sur A si f (A) l’est pour la relation naturelle Si l’ensemble f (A) admet une borne supérieure
sur R, i.e. : ∃M ∈ R ∀x ∈ A f (x) 6 M (resp. une borne inférieure), alors cette dernière est
(resp. M 6 f (x)). Dans ce cas on dit que M appelée la borne supérieure (resp. inférieure) de
est un majorant (resp. minorant) de f , ou f sur A. On la note sup f ou sup f (x) ([Link] f
que M majore (resp. minore) f . A x∈A A
ou inf f (x)). Ainsi sup f (A) = sup f .
(ii) On dit que f est bornée si elle est majorée x∈A A
et minorée. Ceci est équivalent à : |f | est
majorée.
Théorème 4.4.5.
Si f admet un maximum (resp. un minimum) sur
A, alors f admet également une borne supérieure
Un majorant ou minorant ne doit pas
(resp. une borne inférieure) sur A, et sup f =
dépendre de la variable de la fonction ! Ainsi sur A
R+ , x 7→ x n’est pas un majorant de sin, bien max f (resp. inf f = min f ).
A A A
que ∀x ∈ R+ , sin x 6 x. Un majorant est une
CONSTANTE.
Exercice 4.4.6.
Soit
Définition 4.4.2. f : R → R
Si l’ensemble f (A) a un maximum (resp. un x 7→ max (0, Arctan(x))
minimum), alors ce dernier est appelé le maxi-
mum (resp. minimum) de f sur A, et noté max f Déterminer les ensembles de majorants et de mi-
A
norants de f , puis si f admet un maximum, un
ou max f (x) (resp. min f ou min f (x)). Ainsi
x∈A A x∈A minimum, une borne supérieure ou inférieure (que
max f (A) = max f . Un maximum ou minimum l’on déterminera le cas échéant). Tracer l’allure
A
de la fonction
153
CHAPITRE X. RELATIONS D’ORDRE ET D’ÉQUIVALENCE.
154
CHAPITRE X. RELATIONS D’ORDRE ET D’ÉQUIVALENCE.
Remarque 6.2.4.
Il y a des formes indéterminées : + et Dans le cas d’une fonction réelle (définie sur un
× ne sont pas des lois de composition interne sur ensemble non vide), l’image de cette fonction est
R. forcément non vide.
155
CHAPITRE X. RELATIONS D’ORDRE ET D’ÉQUIVALENCE.
Ainsi, une fonction réelle majorée admet une 6.3 Caractère archimédien de R et par-
borne supérieure et une fonction réelle minorée tie entière.
admet une borne inférieure.
a Propriété d’Archimède.
On a aussi une caractérisation fort utile des
bornes supérieures et inférieures.
Proposition 6.3.1.
Soient deux réels x et y tels que x > 0. Alors il
existe un entier N tel que N x > y.
Proposition 6.2.5. 1. Soit A une partie non
vide, majorée de R. Alors, a ∈ R est la
borne supérieure de A si et seulement si • Slogan : « quelle que soit la taille de nos en-
∀x ∈ A, x 6 a et ∀ε > 0, ∃x ∈ A∩]a − ε, a]. jambées, on peut aller au bout du monde si on
2. Soit A une partie non vide, minorée de R. fait assez de pas ».
Alors, a ∈ R est la borne inférieure de A si et Démonstration.
seulement si ∀x ∈ A, x > a et ∀ε > 0, ∃x ∈ Soit A = {nx|n ∈ N}. On souhaite montrer que A n’est
pas majoré et l’on raisonne par l’absurde. Si A est majoré,
A ∩ [a, a + ε[.
comme 0 = 0x ∈ A, A est aussi non vide et par la propriété
de la borne supérieure, A admet une borne supérieure, que
nous noterons α. Remarquons que α − x < α, donc α − x
Démonstration. ne majore pas A, donc il existe n ∈ N tel que α − x < nx.
On ne démontre que la partie concernant les bornes supé- On a alors α < (n + 1)x, ce qui contredit le fait que α
rieures, l’autre en découle immédiatement. majore A. Ainsi, A n’est pas majoré.
Supposons d’abord que a est la borne supérieure de
A. Alors, a majore A et donc ∀x ∈ A, x 6 a. Soit ε > 0, Exercice 6.3.2.
a−ε < a et a−ε n’est donc pas un majorant de A. Il existe En revenant aux définitions vues en terminale,
donc x ∈ A vérifiant a − ε < x et, comme a majore A, on 1
a x 6 a, ce qui permet de conclure pour cette implication. montrer que −−−−−→ 0.
n n→+∞
Réciproquement, si a vérifie : ∀x ∈ A, x > a et ∀ε >
0, ∃x ∈ A∩]a − ε, a]. Ainsi, a est bien un majorant de A.
Montrons que c’en est le plus petit. Sinon, il existerait b Partie entière.
b ∈ R majorant A, avec b < a. Alors, ]b, a[∩A = ∅, ce qui
contredit l’hypothèse. a est donc la borne supérieure de
A.
Définition 6.3.3.
Exercice 6.2.6. Soit x ∈ R, il existe un unique entier, noté bxc
Soit (un ) une suite rélle croissante et majorée. (parfois E(x) ou E(x)) et que l’on appelle partie
Montrer que ` = sup { un | n ∈ N } existe. entière de x, vérifiant : bxc 6 x < bxc + 1.
En utilisant la définition de limite vue en ter-
minale, montrer que un −−−−−→ `. Démonstration.
n→+∞
Est-ce toujours le cas si (un ) n’est pas bornée ? Soit A = {k ∈ Z | k 6 x}.
La propriété d’Archimède implique qu’il existe k ∈ N
Remarque 6.2.7 (passage à la borne supérieure). tel que k × 1 > −x, donc −k 6 x, donc −k ∈ A. Ainsi, A
Soit A une partie non vide de R, soit M ∈ R est non vide.
Une seconde fois, la propriété d’Archimède implique
vérifiant qu’il existe ` ∈ N tel que ` × 1 > x. Ainsi, si k ∈ A, alors
∀a ∈ A, a 6 M. k 6 x 6 `, donc A est majorée par `.
Ainsi, A est une partie non vide et majorée de Z, donc
Alors, M est un majorant de A, donc sup(A) 6 A possède un plus grand élément, noté n. On a alors n 6 x
et comme n + 1 > n, n + 1 ∈ / A donc n + 1 > x, d’où
M.
l’existence.
Cet enchaînement est souvent couvert par la Soit N un entier vérifiant N 6 x < N + 1. Alors N ∈ A.
locution « par passage à la borne supérieure ». De plus, si k ∈ A, alors k 6 x < N + 1 donc k < N + 1
156
CHAPITRE X. RELATIONS D’ORDRE ET D’ÉQUIVALENCE.
Remarque 6.3.4.
On vient de montrer que bxc est le plus grand Définition 6.3.8.
entier relatif inférieur ou égal à n. On peut très Soit x un réel et ε un réel strictement positif. On
bien définir bxc de cette manière, et voir la défi- appelle valeur approchée de x à la précision ε tout
nition 6.3.3 comme une caractérisation de bxc. réel y tel que |x − y| 6 ε. Si y 6 x on dit que y
est une valeur approchée par défaut, si y > x, on
Remarque 6.3.5. dit que y est une valeur approchée par excès.
Ce résultat permet de montrer que si deux réels x
et y vérifient y −x > 1, il existe un entier n tel que
x < n < y : il suffit de prendre n = bxc + 1. On a • Souvent on cherche des valeurs approchées qui
alors x < n et aussi n 6 x + 1 < x + (y − x) = y. soient des décimaux.
Démonstration.
En vertu du théorème précédent, il existe un rationnel r
6.4 Intervalles de R.
√ √
non nul
√ entre x 2 et y 2. En effet, si 0 6 x < y, on a Il existe neuf types d’intervalles dans R (avec
r > x 2 donc r 6= 0, si x < y > 0, même raisonnement, et
si x < 0 < y, on applique le théorème précédent à 0 et y par
a, b ∈ R) :
r
exemple pour obtenir r. Il suffit alors de prendre q = √ . 1. [a, b] = {x ∈ R | a 6 x 6 b} ;
√ 2
q est forcément irrationnel, sinon 2 serait rationnel. 2. [a, b[= {x ∈ R | a 6 x < b} ;
157
CHAPITRE X. RELATIONS D’ORDRE ET D’ÉQUIVALENCE.
Théorème 6.4.1.
Soit I une partie de R. Alors les deux propositions
suivantes sont équivalentes :
(i) I est un intervalle de R ;
(ii) Pour tous u, v ∈ I et pour tout t ∈ R, on a :
u 6 t 6 v ⇒ t ∈ I.
Démonstration.
C’est trivial si I = ∅ (on a alors (ii) et (i) car I = [0, −1]).
(i)⇒(ii) Facile et connu.
(ii)⇒(i) On distingue plusieurs cas :
• Supposons d’abord que I majoré et minoré. On
pose a = inf I et b = sup I. Alors pour tout
x ∈ I, on a x 6 b et x > a, donc x ∈ [a, b], et
donc I ⊂ [a, b] (1).
• Si a = b, alors I = {a} = [a, a] (car I non
vide).
• Si a < b, alors soit x ∈]a, b[. Par définition de
la borne inf il existe u ∈ I tel que a 6 u < x. De
même il existe v ∈ I tel que x < v 6 b. Alors
x ∈ [u, v] et donc x ∈ I. Donc ]a, b[⊂ I (2)
Ainsi on a la chaîne d’inégalité : ]a, b[⊂ I ⊂ [a, b],
donc I est de de l’un des types précédents. On
détermine précisément lequel en regardant juste
si a et b appartiennent ou pas à I.
158
Chapitre XI
Définition 1.1.1.
On dit que n divise m, que n est un diviseur de Définition 1.1.6.
m ou que m est un multiple de n et on note n|m On dit que a est congru à b modulo n et on note
si et seulement s’il existe k ∈ Z vérifiant m = kn. a ≡ b [n] (voire a = b [n]) si et seulement si n
divise a − b :
a ≡ b [n] ⇐⇒ n|a − b.
Proposition 1.1.2. 1. La relation | est ré-
flexive, transitive, mais pas symétrique (sur Z
comme sur N). Elle n’est pas antisymétrique
sur Z mais l’est sur N : plus précisément on Remarque 1.1.7.
a sur Z : Pour tout entier n, la relation de congruence mo-
dulo n est une relation d’équivalence.
a|b et b|a ⇐⇒ |a| = |b| ⇐⇒ a = ±b
Proposition 1.1.8.
2. Si a divise b et c, il divise toute combinaison La relation de congruence modulo n est com-
linéaire à coefficients entiers de b et c : patible avec l’addition et la multiplication : si
a ≡ b[n] et c ≡ d[n], alors a + c ≡ b + d[n] et
a|b et a|c ⇒ a|bn + cm
ac ≡ bd[n].
3. La relation | est compatible avec le produit :
Démonstration.
a|b et c|d ⇒ ac|bd On sait qu’il existe (k, `) ∈ Z2 vérifiant a = b + nk et
c = d + n`. On a alors a + c = b + d + n(k + `), donc
En particulier, pour tout k ∈ N, a|b implique a + c ≡ b + d[n], et ac = bd + n(b` + dk + nk`), donc
ac ≡ bd[n].
ak |bk ;
4. Si c 6= 0, a|b ⇔ ac|bc. Remarque 1.1.9.
Attention, ce n’est pas le cas de la relation usuelle
de congruence modulo 2π. Ainsi, 2π ≡ 0 [2π]
Démonstration. 1. on ne montre que la dernière partie mais 4π 2 6≡ 0 [2π].
(le reste a déjà été fait dans le chapitre VIII). Soient
a, b ∈ Z tels que a|b et b|a. Alors il existe k, ` ∈ Z tels Remarque 1.1.10.
que a = kb et b = a`, donc b = bk`. Si b = 0, alors On a n|a si et seulement si a ≡ 0[n].
a = 0 également, car b|a. Si b 6= 0, alors k` = 1, et
donc k 6= 0, ` 6= 0, et |k| 6 1, ainsi que |`| 6 1. Par Exercice 1.1.11.
conséquent k = ` = 1 ou k = ` = −1, et donc a = b
Retrouver les critères de divisibilité énoncés au
ou a = −b.
collège.
2. Élémentaire.
3. Élémentaire. Exercice 1.1.12.
4. Élémentaire. Soit a ∈ Z. Montrer que a est pair si et seulement
si a2 est pair.
160
CHAPITRE XI. ENTIERS RELATIFS ET ARITHMÉTIQUE DE Z
161
CHAPITRE XI. ENTIERS RELATIFS ET ARITHMÉTIQUE DE Z
162
CHAPITRE XI. ENTIERS RELATIFS ET ARITHMÉTIQUE DE Z
Démonstration.
L’idée de la démonstration est de regarder ce qui se passe Le couple des coefficients de Bézout n’est
dans l’algorithme d’Euclide. On constate qu’à chaque étape, pas unique. Par exemple on a −1 × 2 + 1 × 3 = 1
les variables R0 et R1 sont des combinaisons linéaires de et 2 × 2 + (−1) × 3 = 1.
a et b. À la fin de l’algorithme, le pgcd R0 est donc une
combinaison linéaire de a et b.
Pour calculer les coefficients de Bézout, on aura recours à Exercice 2.1.9.
l’algorithme d’Euclide étendu. Celui-ci est un simple ajout
à l’algorithme vu précédemment ; on introduit en effet des Calculer un couple de Bézout pour 1750 et 644.
variables Ui et Vi pour i = 0, 1 qu’on va modifier au fur et
On peut alors faire la remarque suivante :
à mesure de l’exécution de façon à garantir R0 = U0 a + V0 b
et R1 = U1 a + V1 b.
Corollaire 2.1.10.
Fonction euclide_etendu( a, b ) : Soit (a, b) ∈ Z2 \ { (0, 0) }. Alors
# Précondition : a > 0 et b > 0 n o
(R0 , R1 ) ← (a, b) aZ + bZ = au + bv (u, v) ∈ Z2 = (a ∧ b)Z
(u0 , u1 ) ← (1, 0)
(v0 , v1 ) ← (0, 1)
Démonstration.
# Invariant : R0 = u0 a + v0 b et R1 = u1 a + v1 b
L’inclusion gauche-droite découle du fait que, a et b étant
TantQue R1 > 0 Faire des multiples de a ∧ b, toute combinaison linéaire de a et b
R2 ← reste de R0 ÷ R1 est également un multiple de a ∧ b.
L’inclusion droite-gauche découle du fait que a ∧ b s’écrit
q ← quotient de R0 ÷ R1 comme combinaison linéaire à coefficients entiers de a et b
(u2 , v2 ) ← (u0 − qu1 , v0 − qv1 ) (d’après le théorème de Bézout) et que tout multiple d’une
combinaison linéaire de a et b à coefficients entiers est
(R0 , u0 , v0 ) ← (R1 , u1 , v1 ) encore une combinaison linéaire à coefficients entiers.
(R1 , u1 , v1 ) ← (R2 , u2 , v2 )
Remarque 2.1.11.
FinTantQue C’est en fait une caractérisation du PGCD : pour
Renvoyer (R0 , u0 , v0 ) tout d ∈ N,
163
CHAPITRE XI. ENTIERS RELATIFS ET ARITHMÉTIQUE DE Z
i=1
De plus, on remarque que D(0) = Z, donc si l’un
Théorème 2.2.3.
des entiers de la famille (a1 , . . . , ap ) est nul, on
Soient a1 , . . . , ap des entiers tous non nuls. Alors
peut l’enlever de cette famille sans changer l’en-
il existe des entiers u1 , . . . , up tels que
semble des diviseurs de ces entiers. Par exemple,
D(a1 , a2 , 0, a3 ) = D(a1 , a2 , a3 ). Dans la suite nous u1 a1 + . . . + up ap = a1 ∧ . . . ∧ ap .
pourrons donc ne considérer que des familles d’en-
tiers tous non nuls.
Démonstration.
Proposition 2.2.1. Montrons-le par récurrence sur p.
Soient (a1 , . . . , ap ) ∈ (Z∗ )p une famille d’entiers On sait déjà que la propriété est vraie pour p = 2.
tous non nuls, avec p ∈ N∗ . Soit p > 2 tel que la propriété soit vraie, et soient
a1 , . . . , ap , ap+1 des entiers.
(i) Soit k ∈ D(a1 , . . . , ap ), alors k|a1 ∧ . . . ∧ ap . Par hypothèse de récurrence, il existe des entiers
u1 , . . . , up tels que u1 a1 + . . . + up ap = a1 ∧ . . . ∧ ap . Mais
(ii) a1 ∧ . . . ∧ ap = (a1 ∧ . . . ∧ ap−1 ) ∧ ap . a1 ∧ . . . ∧ ap ∧ ap+1 = (a1 ∧ . . . ∧ ap ) ∧ ap+1 et d’après le
théorème de Bézout pour deux entiers, il existe b, c ∈ Z
tels que b.a1 ∧ . . . ∧ ap + [Link]+1 = a1 ∧ . . . ∧ ap+1 . D’où
Démonstration. a1 ∧ . . . ∧ ap+1 = bu1 a1 + . . . + bup ap + cap+1 , et l’hérédité
Démontrons les deux résultats en une récurrence, en posant est démontrée.
pour chaque p ∈ N∗ :
Exemple 2.2.4.
(Hp ) : pour tout (a1 , . . . , ap ) ∈ (Z∗ )p , on a (i) et (ii).
Trouver trois entiers a, b, c tels que 72a + 180b +
Le résultat est connu pour p = 1 et p = 2. 120c = 12.
Soit p ∈ N∗ tel (Hp ) soit vraie.
Soient a1 , . . . , ap+1 ∈ Z∗ . Remarque 2.2.5.
Notons d = a1 ∧ . . . ∧ ap , D = a1 ∧ . . . ∧ ap ∧ ap+1 et Le corollaire 2.1.12 se généralise : soient
164
CHAPITRE XI. ENTIERS RELATIFS ET ARITHMÉTIQUE DE Z
i=1 i=1
bv = d n’implique pas a ∧ b = d, mais simplement
(a ∧ b)|d.
2.3 Nombres premiers entre eux.
Corollaire 2.3.6.
Soit (a, b) ∈ Z2 \ { (0, 0) }. Alors en posant d =
Définition 2.3.1. a ∧ b, a0 = a/d et b0 = b/d, on a
Deux entiers relatifs a et b sont dit premiers entre
eux si et seulement si (a, b) 6= (0, 0) et a ∧ b = 1. a0 ∧ b0 = 1
165
CHAPITRE XI. ENTIERS RELATIFS ET ARITHMÉTIQUE DE Z
Remarque 2.4.2.
Corollaire 2.3.11 (Forme irréductible d’un ra- |ab| est un multiple commun à a et b. De plus,
tionnel). comme a et b sont non nuls, c’est un nombre stric-
Soit r ∈ Q. Il existe un unique couple (p, q) ∈ tement positif. L’ensemble des multiples communs
p
Z × N∗ tel que r = et p ∧ q = 1. Ce couple est de a et de b strictement positifs est donc non vide.
q
appelé la forme irréductible de r. Il est évidemment minoré (par 0), donc il admet
un plus petit élément.
166
CHAPITRE XI. ENTIERS RELATIFS ET ARITHMÉTIQUE DE Z
Proposition 2.4.6.
Proposition 3.0.4.
Soient a, b, c ∈ Z. Alors :
Soit p et q sont deux nombres premiers distincts.
(i) (ac) ∨ (bc) = |c|(a ∨ b). Alors p et q sont premiers entre eux.
(ii) si (a, b) 6= (0, 0), alors |ab| = (a ∧ b).(a ∨ b).
Démonstration.
Par l’absurde, supposons p ∧ q 6= 1. Alors p ∧ q est un
Remarque 2.4.7. diviseur de p et de q autre que 1. p et q étant premiers,
Avant de calculer un PPCM, on factorisera au ce ne peut être un diviseur strict, donc p = p ∧ q = q. Or
maximum les nombres manipulés. p 6= q, donc c’est absurde.
Exercice 2.4.8.
Calculer 1750 ∨ 644. Proposition 3.0.5.
Soit a ∈ Z et p un nombre premier, si p ne divise
pas a, alors a et p sont premiers entre eux.
Corollaire 2.4.9.
Si a ∧ b = 1, alors a ∨ b = |ab|.
Démonstration.
Notamment, dans le cas où a ∧ b = 1, si a | c L’ensemble des diviseurs positifs de p est {1, p}, si p ne
et b | c, alors ab | c. divise pas a, l’ensemble des diviseurs positifs communs à a
et p est donc {1}.
167
CHAPITRE XI. ENTIERS RELATIFS ET ARITHMÉTIQUE DE Z
168
CHAPITRE XI. ENTIERS RELATIFS ET ARITHMÉTIQUE DE Z
L’ensemble k ∈ N pk |n est non vide car il contient fini, donc la valuation de a n’est non nulle que pour
0 ; de plus pk −−−−−→ +∞, donc il existe K ∈ N tel que un nombre fini d’entiers premiers. Il en est de même
k→+∞ pour b, et donc min(νp (a), νp (b)) n’est non nulle que
pK > n, donc cet ensemble est majoré. Comme c’est une pour un nombre Y finimin(ν
d’entiers premiers p.
partie de N, il admet bien un maximum. On note d = p p (a),νp (b))
. Alors :
p∈P
Exemple 3.0.10.
ν5 (50) = 2, ν3 (50) = 0. d×
Y
pνp (a)−min(νp (a),νp (b)) =
Y
pνp (a) = a
Exercice 3.0.11. p∈P p∈P
169
CHAPITRE XI. ENTIERS RELATIFS ET ARITHMÉTIQUE DE Z
170
Chapitre XII
1 Vocabulaire.
leur somme u + v, définie comme (un + vn )n∈N .
• Étant donnéune suite u et un scalaire λ, on
peut former la suite λu définie comme (λun )n∈N .
Définition 1.0.1 (Suite réelle).
• On dit que RN muni de ces deux opérations est
• Une suite à valeurs réelles ou suite réelle u
un espace vectoriel.
est une application de N dans R, u. On note en
• Étant donné deux suites u et v on peut former
général un au lieu de u(n) l’image de n par u.
leur produit uv, définie comme (un vn )n∈N .
• Étant donnée une expression e contenant la
• Étant donné deux suites u et v telles que v ne
variable n, on note (e)n∈N la suite N → R . u
n 7→ e s’annule pas, on peut former leur quotient ,
v
Ainsi, la suite u est souvent notée (un )n∈N . un
définie comme .
• La suite (un )n∈N est aussi appelée la suite de vn n∈N
terme général un . • Étant donné une suite u , on peut former la
• On note RN l’ensemble des suites réelles. suite |u| définie comme (|un |)n∈N .
• Étant donné deux suites u et v, on peut
former les suites min(u, v) et max(u, v), défi-
Remarque 1.0.2 (Représentation graphique des nie comme (min(un , vn ))n∈N et (max(un , vn ))n∈N .
termes d’une suite).
Cela peut se faire en plaçant les termes sur la
droite des réels (représentation unidimensionnelle)
ou en traçant le “graphe” de la suite (représen- Définition 1.0.5.
tation bidimensionnelle). Chacune présente des • Étant donné une propriété P sur les suites réelles
avantages et des inconvénients. et un entier n0 et une suite réelle u, on dit que P
est vraie à partir du rang n0 si la propriété P est
Remarque 1.0.3 (Modes de définition). vraie pour la suite des termes un0 , un0 +1 , un0 +2 ,
Il existe plusieurs manières de définir une suite. . . . autrement dit pour la suite v où v est définie
Définition explicite : on donne le terme géné- par ∀n ∈ N vn = un0 +n .
ral. On peut par exemple étudier la suite de • On dit que P est vraie à partir d’un certain
1 n rang s’il existe un entier n0 tel que la propriété P
terme général un = 1 + .
n est vraie à partir du rang n0 .
Définition par récurrence : on définit le pre-
mier terme, ainsi qu’une relation de récur- Remarque 1.0.6.
rence vérifiée par la suite. On peut par En général, seul le comportement des suites quand
exemple étudier la suite définie par u0 = 1 n tend vers l’infini nous intéresse, et non les pre-
et ∀n ∈ N, un+1 = sin(un ). Ces suites feront miers termes de la suite, d’où l’intérêt de la notion
l’objet d’une première étude dans la partie 6. de propriété vraie à partir d’un certain rang.
Définition implicite : on étudie souvent des
Exemple 1.0.7.
suites dont le terme général est solution d’une
• La suite (n(n − 5))n∈N n’est pas à valeurs po-
équation. On peut par exemple étudier la
sitives ou nulles mais elle est à valeurs positives
suite dont le terme général est l’unique réel
ou nulles à partir du rang 5 (ainsi d’ailleurs qu’à
solution sur R+ de l’équation x2 + x = n.
partir du rang 10, du rang 2389, . . . ).
• La suite u définie par
Définition 1.0.4 (Opérations sur les suites).
si n < 735
(
• Étant donné deux suites u et v on peut former n
∀n ∈ N un =
735 sinon
172
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
(iv) strictement monotone si la suite est stric- ∀ε ∈ R∗+ , ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n > n0 ⇒ |un − `| < ε.
tement croissante ou strictement décrois-
sante ; En pratique, on préférera souvent (mais pas tou-
(v) majorée (resp. minorée) s’il existe M ∈ R jours) utiliser des inégalités larges.
tel que pour tout n ∈ N, un 6 M (resp.
Remarque 2.1.3.
un > M ) ;
On utilise souvent les abus de notation suivant :
(vi) bornée si elle est majorée et minorée.
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 , |un − `| 6 ε.
173
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Théorème 2.1.6.
Toute suite convergente est bornée. Théorème 2.1.11 (Unicité de la limite).
Soit (un ) une suite réelle, soit `1 , `2 ∈ R tels que
Démonstration. un −−−−−→ `1 et un −−−−−→ `2 . Alors, `1 = `2 .
n→+∞ n→+∞
Soit (un ) convergeant vers ` ∈ R. Alors d’après la proposi-
tion précédente, il existe n0 ∈ N tel que pour tout n > n0 ,
|un − `| 6 1, et donc ` − 1 6 un 6 ` + 1. Par conséquent,
(un ) est bornée à partir du rang n0 . Mais les n0 premiers Démonstration.
termes de la suite étant en nombre fini, ils forment un Il convient a priori de distinguer 9 cas. Par symétrie, et
ensemble borné. L’ensemble des termes de la suite (un ) en supposant `1 6= `2 , il suffit de considérer les cas :
étant la réunion de deux ensembles bornées, il est borné • `1 ∈ R et `2 ∈ R ;
également, et donc la suite (un ) est bornée. • `1 ∈ R et `2 = −∞ ;
• `1 ∈ R et `2 = +∞ ;
Remarque 2.1.7. • `1 = −∞ et `2 = +∞.
La réciproque est évidemment fausse, comme le Nous ne détaillerons ici que les deux premiers, les deux
derniers sont laissés au lecteur.
prouve la suite ((−1)n )n∈N . 1
Si `1 ∈ R et `2 ∈ R, posons ε = |`1 − `2 | > 0. Alors, il
3
existe n1 , n2 ∈ N tels que, pour tout n ∈ N :
• si n > n1 , |un − `1 | 6 ε ;
Définition 2.1.8. • si n > n2 , |un − `2 | 6 ε.
Soit (un ) ∈ RN . On dit que (un ) tend vers +∞ si Alors, pour n > max(n1 , n2 ), on a par l’inégalité triangu-
laire
∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n > n0 ⇒ un > A.
|`1 − `2 | = |`1 − un − (`2 − un )|
On note ceci un −−−−−→ +∞, ou plus simplement 6 |`1 − un | + |`2 − un |
n→+∞ 2
u → +∞. 6 |`1 − `2 |.
3
C’est impossible !
1
Si `1 ∈ R et `2 = −∞, posons A = `1 − 1 et ε = .
Définition 2.1.9. 2
Alors, il existe n1 , n2 ∈ N tels que, pour tout n ∈ N :
Soit (un ) ∈ RN . On dit que (un ) tend vers −∞ si • si n > n1 , |un − `1 | 6 ε ;
• si n > n2 , un 6 A.
∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n > n0 ⇒ un 6 A. 1
Alors, pour n > max(n1 , n2 ), on a un 6 A < `1 − 6 un .
2
C’est impossible !
On note ceci un −−−−−→ −∞, ou plus simplement
n→+∞
u → −∞.
174
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Exemple 2.1.17.
Définition 2.1.12 (Limite).
Étudier la convergence de la suite cosn n
Soit u ∈ RN . Lorsqu’il existe un élément ` ∈ R n∈N∗
vérifiant un −−−−−→ `, on l’appelle la limite de u,
n→+∞
et on le note lim u ou lim un .
n→+∞
175
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Exemple 2.2.4.
` ∈ R∗− Déterminer les limites (si elles existent) des suites
de termes généraux suivants :
0
3n2 +n+15
1. un = n2 +sin n
+∞ 2. un = e n −3n
n2 −2n
1
n
−∞ 3. un = 1 + .
n
c Étude de
1
2.3 Limites et suites extraites.
un n∈N .
176
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Démonstration. Démonstration.
On traite le cas ` ∈ R, les deux autres cas sont laissés au 1
On pose ε = min (` − a; b − `) > 0. Soit n0 ∈ N tel que,
lecteur. 2
pour tout n > n0 , |un − `| 6 ε. On a a < ` − ε < ` + ε < b,
Soit ϕ une extractrice, soit ε > 0. Il existe donc un rang Alors, si n > n0 , on a `−ε 6 un 6 `+ε, donc a < un < b.
n0 ∈ N tel que , pour tout n > n0 , |un − `| 6 ε. Soit n > n0 ,
on a alors ϕ(n) > n > n0 et donc uϕ(n) − ` 6 ε.
Corollaire 2.4.2.
Corollaire 2.3.7. En particulier toute suite convergeant vers une
Si une suite admet deux suites extraites ne conver- limite strictement positive (resp. strictement né-
geant pas vers la même limite alors cette suite n’a gative) est strictement positive (resp. strictement
pas de limite. négative) à partir d’un certain rang.
Si une suite admet une suite extraite n’ayant
pas de limite, alors cette suite n’a pas de limite.
Corollaire 2.4.3.
Exemple 2.3.8. Soit u ∈ RN et (a, `) ∈ R2 . Supposons u −−−−−→ `.
n→+∞
Montrer que les suites ((−1)n )n∈N et cos nπ
3 n∈N 1. Si à partir d’un certain rang un 6 a, alors
ne convergent pas. ` 6 a.
2. Si à partir d’un certain rang a 6 un , alors
a 6 `.
Théorème 2.3.9.
Soit u une suite à valeurs réelles et ` ∈ R.
Si on a u2n −−−−−→ ` et u2n+1 −−−−−→ `,
n→+∞ n→+∞
alors un −−−−−→ `. Ne pas croire que si à partir d’un cer-
n→+∞
tain rang un < a, alors ` < a. En passant à la
limite dans une inégalité, les inégalités strictes
Démonstration. deviennent
des inégalités larges. (Par exemple :
On traite le cas ` ∈ R, les deux autres cas sont laissés au la suite n1 converge vers 0, et pourtant tous
lecteur. ∗
n∈N
Soit ε > 0. Il existe donc deux rangs N et N 0 tels que, les termes sont strictement positifs).
pour tout entier naturel n,
• si n > N , |u2n − `| 6 ε ;
• si n > N 0 , |u2n+1 − `| 6 ε. Corollaire 2.4.4.
Ainsi, si n > max(2N, 2N 0 + 1), on a |un − `| 6 ε (il suffit Soient u et v deux suites réelles telles que, à partir
de distinguer selon la parité de N ), d’où le résultat. d’un certain rang, un 6 vn . Si les suites u et v
convergent respectivement vers ` et `0 , alors ` 6 `0 .
2.4 Limites et inégalités.
b. Autrement dit : et 1 + 1
n −
−−−−→ 1.
n→+∞
Exercice 2.4.6.
∃n0 ∈ N ∀n ∈ N n > n0 ⇒ a < un < b n
1
!
Montrer que la suite (Hn ) = ne
X
k=1
k
n∈N∗
177
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Remarque 3.1.2.
Ce théorème est temporairement admis, la défi- b Suites monotones.
nition de convergence pour les fonctions n’ayant
pas encore été donnée.
178
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Exemple 3.2.5.
La définition et le théorème des suites
On exprime souvent le premier point du théo-
adjacentes sont fondamentaux. Le fait qu’ils
rème en disant que «toute suite croissante majorée
s’écrivent de façon très concise n’en réduit pas
converge». Soit u et v les suites définies par
l’importance mais rend en revanche inexcusable
les confusions entre ce qui relève de la définition
∀n ∈ N un = n et vn = n + n2
et ce qui relève du théorème.
La suite u est croissante, majorée par la suite v : Remarque 3.2.9.
c’est donc une suite croissante majorée. Donc u Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles ad-
converge ? jacentes, avec (un )n∈N croissante.
Notons ` leur limite commune. Alors, ∀n ∈
N, un 6 ` 6 vn et ∀(p, q) ∈ N2 , up 6 ` 6 vq .
Une suite croissante majorée converge
vers le plus petit de tous ses majorants. Le plus Exemple 3.2.10.
petit de ses majorants n’est pas nécessairement Les suites (un )n∈N∗ et (vn )n∈N∗ définies par un =
n
le plus petit de ceux que vous avez déjà trouvés ! 1
et vn = un + n.n! sont adjacentes.
X
1
Retenir : k=0
k!
179
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
180
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Le principe est relativement simple : on prend u0 le milieu de I : aucune suite à valeurs dans X ne peut
pour premier terme de cette suite extraite. On a converger vers `. En effet, en considérant ε le quart du
u0 ∈ I0 . On prend alors pour terme suivant le premier diamètre de I, on a, pour tout x ∈ X, |x − `| > ε. Ainsi,
terme suivant de u appartenant à I1 . Un tel terme X rencontre I.
existe puisque u prend une infinité de fois ses valeurs
dans I1 . On prend alors pour terme suivant le premier
terme suivant de u appartenant à I2 . Etc. Proposition 4.0.4.
Plus formellement, on définit par récurrence l’appli- Soit X une partie non vide de R. Alors il existe
cation ϕ comme suit :
une suite u à valeurs dans X de limite sup X.
(a) ϕ(0) = 0.
(b) pour tout n ∈ N, ϕ(n + 1) est le plus petit 1. Si X est majorée, sup X ∈ R et u converge.
entier k strictement supérieur à ϕ(n) vérifiant 2. Si X n’est pas majorée, alors sup X = +∞
uk ∈ In+1 . La suite u prenant une infinité de
et u tend vers +∞.
fois ses valeurs dans I(n + 1), un tel k existe.
Posons alors, pour n ∈ N, vn = uϕ(n) .
On a pour tout n ∈ N, vn ∈ In . Donc v converge. Démonstration.
La suite u admet donc bien une suite extraite conver- Si X n’est pas majorée, c’est facile : pour tout n ∈ N, il
gente. existe x ∈ X vérifiant x > n. On construit donc une suite
u à valeurs dans X vérifiant ∀n ∈ N, un > n.
Si X est majorée, revenir à la caractérisation de la borne
supérieure dans le cas réel donnée dans le chapitre VIII.
4 Traduction séquentielle de cer- Remarque 4.0.5.
taines propriétés. Un résultat analogue existe concernant la borne
inférieure.
Exercice 4.0.6.
Définition 4.0.1. Soit X une partie non vide de R majorée par un
On dit qu’une partie de R est dense dans R si elle réel a tel qu’il existe une suite u à valeurs dans
rencontre tout intervalle ouvert non vide de R. X de limite a. Montrer que a = sup X.
Proposition 4.0.3.
Soit X ⊂ R. X est dense dans R si et seulement Définition 5.1.1.
si pour tout ` ∈ R il existe une suite u à valeurs Soit α et r deux complexes. On appelle suite
dans X convergeant vers `. arithmétique de premier terme α et de raison r la
suite u définie par
Démonstration.
u0 = α,
(
Supposons que X est dense dans R, soit ` ∈ R. Alors, pour
tout entier naturel n, X∩]` −
1
,` +
1
[ est non ∀n ∈ N, un+1 = r + un .
n+1 n+1
vide et l’on peut donc construire une suite u d’éléments de
1
X telle que, pour tout entier naturel n, ` − 6 un 6
n+1
1 Remarque 5.1.2.
`+ . Par encadrement, u converge vers `.
n+1 Une suite arithmétique est à valeurs réelles si et
Réciproquement, soit une telle partie X, montrons que
X est dense dans R. Soit I un intervalle ouvert non vide seulement si son premier terme et sa raison sont
de R. Si I ∩ X = ∅, il suffit de prendre ` comme étant réels.
181
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Remarque 5.1.3.
u est arithmétique de raison r si et seulement si Définition 5.2.1.
Soit α et r deux complexes. On appelle suite
(un+1 − un )n∈N = (r)n∈N . géométrique de premier terme α et de raison r la
suite u définie par
On peut voir cela comme une équation portant
u0 = α,
(
sur une transformation linéaire de u.
Ce que l’on pourrait appeler « l’équation homo- ∀n ∈ N, un+1 = r · un .
gène associée » a pour solution toutes les suites
constantes.
Le résultat suivant montre d’ailleurs que l’en-
Remarque 5.2.2.
semble des suites arithmétiques de raison r est
Une suite géométrique est à valeurs réelles si et
de la forme « solution particulière + solutions
seulement si son premier terme est nul ou son
homogènes ».
premier terme et sa raison sont réels.
Remarque 5.2.3.
Proposition 5.1.4. u est géométrique de raison r si et seulement si
Soit r ∈ C et u une suite arithmétique de raison r.
Alors ∀n ∈ N, un = nr + u0 . De plus (un+1 − run )n∈N = (0)n∈N .
n
u0 + un On peut voir cela comme une équation homogène
uk = (n + 1)
X
∀n ∈ N .
k=0
2 portant sur une transformation linéaire de u.
Le résultat suivant montre d’ailleurs que l’en-
semble des suites géométriques de raison q a la
structure habituelle d’un ensemble de solutions
Démonstration.
n
X homogènes.
Revenir à la formule donnant k.
k=0
Démonstration.
n
X
Revenir à la formule donnant rk .
5.2 Suites géométriques.
k=0
182
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Démonstration.
∀n ∈ N, un+1 = aun + b. (AG)
Direct d’après la question précédente.
Remarque 5.3.4.
On peut aussi énoncer les résultats de conver- On peut écrire cela
gence dans C (voir la partie 7 pour une définition
précise de la notion de limite de suite de com- (un+1 − aun )n∈N = (b)n∈N .
plexes).
Ce que l’on pourrait appeler « l’équation homo-
gène associée » a pour solution toutes les suites
Proposition 5.2.6. géométriques de raison a.
Soit r ∈ C et u une suite complexe géométrique Le résultat suivant montre d’ailleurs que l’en-
de raison r, avec u0 6= 0. semble des suites solutions de AG est de la forme
• La suite u converge si et seulement si |r| < 1 « solution particulière + solutions homogènes ».
ou r = 1.
• Si |r| < 1, alors u tend vers 0.
Proposition 5.3.5.
Soit v une solution de (AG) et u une suite. Alors
Démonstration.
Il suffit de voir que |u| est géométrique de raison |q|. Le u est solution de AG si et seulement si u − v (i.e.
cas où q ∈ U \ {−1, 1} sera traité en TD. la suite de terme général un − vn pour n ∈ N) est
géométrique de raison a.
5.3 Suites arithmético-géométriques.
Démonstration.
Très facile.
Définition 5.3.1.
Une suite u est dite suite arithmético-géométrique Proposition 5.3.6.
s’il existe deux nombres complexes a et b véri- Si a 6= 1, alors il existe une unique suite constante
fiant : solution de (AG).
∀n ∈ N, un+1 = aun + b.
Démonstration.
Très facile.
Remarque 5.3.2.
Il s’agit d’une généralisation des notions de suites Remarque 5.3.7.
arithmétiques et géométriques : Si a = 1, on étudie une suite arithmétique ...
183
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
184
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
185
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
186
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
187
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Proposition 7.0.7.
Soit u, v deux suites complexes convergeant res-
Définition 7.0.3. pectivement vers ` et `0 , soit λ, µ ∈ C. Alors
On dit que u converge vers ` si λu + µv converge, vers λ` + µ`0 .
|un − `| −−−−−→ 0.
n→+∞
Définition 7.0.8.
On dit que u est bornée si son module l’est.
Démonstration.
C’est une conséquence directe de la remarque précédente.
Remarque 7.0.9.
C’est équivalent au fait que Re(u) et Im(u) soient
Remarque 7.0.4. 1. Cette définition étend la
bornées.
définition de la convergence pour les suites à
valeurs réelles.
2. Il n’y a pas de notion similaire à +∞ et −∞
Proposition 7.0.10.
sur C, donc pas de notion de limite infinie
Toute suite complexe convergente est bornée.
pour les suites à valeurs complexes (mais on
peut regarder si |u| tend vers +∞).
3. Les résultats usuels sur les suites à valeurs
réelles s’étendent naturellement aux suites à Théorème 7.0.11 (Bolzano-Weierstrass).
valeurs complexes... sauf ceux qui font appel De toute suite à valeurs complexes bornée, on
à l’ordre sur R vu qu’il n’y a pas d’ordre peut extraire une sous-suite convergente.
«raisonnable» sur C.
La proposition suivante peut être utile. Démonstration (non exigible).
Considérons une suite u à valeurs complexes bornées. No-
tons r et j respectivement les suites Re(u) et Im(u).
Proposition 7.0.5. r et j sont bornées et à valeurs réelles. D’après le théo-
rème de Bolzano-Weierstrass sur les suites à valeurs réelles,
on peut donc extraire de chacune une sous-suite conver-
u −−→ ` ⇒ |un | −−−−−→ |`| gente. Pourtant cela ne suffit pas à montrer le résultat.
+∞ n→+∞
Pourquoi ?
Considérons ϕ une extraction de r telle que r ◦ ϕ
converge.
Démonstration.
Alors j ◦ ϕ est bornée. On peut donc en trouver une
De la définition 7.0.3 et de l’inégalité triangulaire :
extraction ψ telle que j ◦ ϕ ◦ ψ converge.
∀n ∈ N ||un | − |`|| 6 |un − `| r ◦ ϕ converge donc r ◦ ϕ ◦ ψ converge vers la même
valeur.
on déduit immédiatement |un | −−−−−→ |`|, d’où le résultat. Or r ◦ ϕ ◦ ψ = Re(u ◦ ϕ ◦ ψ) et j ◦ ϕ ◦ ψ = Im(u ◦ ϕ ◦ ψ).
n→+∞
Donc u ◦ ϕ ◦ ψ converge.
188
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Proposition 8.1.1.
N
!
9 Annexe : unification des no-
Les suites (un )n∈N et (un+1 − un ) ont
X
n=0
tions de limites.
N ∈N
même nature.
Dans le cas de convergence, si un −−−−−→ `, alors On note R l’ensemble R ∪ { +∞, −∞ }.
n→+∞
Remarque 9.0.1.
N
X Nous avons étudié trois types de limites diffé-
un+1 − un −−−−−→ ` − u0 . rents : vers un point réel, vers +∞ et vers −∞.
N →+∞
n=0
Vous avez remarqué que les définitions « naïves »
de ces trois notions de limites ont une structure en
Démonstration. commun. Afin d’éviter des répétitions fastidieuses
Nous savons déjà que les suites (un )n∈N et (un+1 )n∈N ont et de mettre en avant les idées pertinentes, nous
même nature.
N
sommes ammenés à développer un vocabulaire
permettant de traiter simultanément ces trois no-
X
De plus la somme (un+1 − un ) vaut uN +1 − u0 par
n=0 tions : c’est le début de la topologie, qui fait
sommation télescopique. Elle est donc égale au terme uN +1 , intervenir la notion de voisinage. Il convient de
à une constante près, et a donc la même nature que la
suite (un+1 )n∈N . bien savoir utiliser de manière pertinent les deux
Dans le cas de convergence, il reste à passer à la limite visions, :
N
X • dans les cas où l’on sait si la limite étudiée
dans la relation (un+1 − un ) = uN +1 − u0 .
est finie, vaut +∞ ou −∞, on utilisera les
n=0
définitions naïves des limites (propositions
8.2 Séries géométriques. 9.2.4, 9.2.5 et 9.2.6) ;
• dans les autres cas, il peut être judicieux de
Soit z un nombre complexe, p un entier naturel. raisonner en termes de voisinages.
189
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
réels situés à une distance de a strictement réduit à un point) contenant a dont a n’est
inférieure à ε : pas une extrémité.
B(a, ε) = { x ∈ R | |x − a| < ε }
Démonstration.
= ]a − ε, a + ε[ Simple, une fois que l’on a remarqué que si a ∈ R et ε > 0,
ε ε
(ii) On appelle boule fermée de centre a et de B a,
2
⊂ Bf a,
2
⊂ B(a, ε).
rayon ε, et on note Bf (a, ε) l’ensemble des
réels situés à une distance de a inférieure ou
égale à ε :
Définition 9.1.3.
Bf (a, ε) = { x ∈ R | |x − a| 6 ε } Soit a ∈ R et P un prédicat sur les réels. On dit
= [a − ε, a + ε] que P est vraie au voisinage de a si l’ensemble
{ x ∈ R | P (x) } est un voisinage de a.
(iii) On appelle voisinage de a toute partie de
R contenant au moins une boule ouverte de Exemple 9.1.4.
centre a. L’ensemble des voisinages de a est Soit f : R → R. Traduire l’expression « f est à
noté V(a). valeurs positives au voisinage de a » :
n o
1. pour a ∈ R ?
V(a) = E ∈ P(R) ∃ε ∈ R+∗ B(a, ε) ⊂ E
2. pour a = +∞ ?
(iv) On appelle voisinage de +∞ toute partie 3. pour a = −∞ ?
de R contenant au moins un intervalle de la Mêmes questions pour
forme ]A, +∞[, où A est un réel. L’ensemble
1. «f est nulle au voisinage de a»
des voisinages de +∞ est noté V(+∞).
2. «f est non nulle au voisinage de a»
V(+∞) = { E | ∃A ∈ R ]A, +∞[⊂ E } Au voisinage de quels points les fonctions 1Z et
1R\Z sont-elles nulles ?
(v) On appelle voisinage de −∞ toute partie
de R contenant au moins un intervalle de la 9.2 Convergence de suite dans R
forme ]−∞, A[, où A est un réel. L’ensemble
des voisinages de −∞ est noté V(−∞).
Définition 9.2.1.
V(−∞) = { E | ∃A ∈ R ] − ∞, A[⊂ E }
Soit u ∈ RN et ` ∈ R.
(i) On dit que u tend vers `, ou que un tend vers
` quand n tend vers +∞ (noté u −−→ ` ou
+∞
Proposition 9.1.2. un −−−−−→ `), si, pour tout voisinage V de `,
n→+∞
Soit V ⊂ R et a ∈ R. Les conditions suivantes les valeurs prises par u appartiennent toutes
sont équivalentes : à V à partir d’un certain rang. Autrement
(i) V est un voisinage de a dit, si l’on a
(ii) V contient au moins un intervalle ouvert ∀V ∈ V(`) ∃n0 ∈ N ∀n ∈ N n > n0 ⇒ un ∈ V
(non vide) contenant a
(iii) V contient au moins un intervalle fermé (non (ii) Si ` ∈ R, on dit alors que u converge vers `.
190
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Démonstration.
À faire en exercice.
Remarque 9.2.2.
Si u −−→ `, on dit que ` est une limite de u. Nous
+∞ 9.3 Démonstrations des résultats pré-
montrerons bientôt l’unicité de cette limite.
cédemment obtenus
Remarque 9.2.3.
Les propriétés énoncées auparavant peuvent
Une suite qui tend vers +∞ (ou vers −∞) diverge.
maintenant se prouver plus rapidement !
191
CHAPITRE XII. SUITES RÉELLES ET COMPLEXES
Démonstration. Démonstration.
Il suffit de démontrer que u ne peut admettre deux limites ]a, b[ est un voisinage de `.
distinctes. Par l’absurde, supposons que u admette deux
limites `1 et `2 distinctes. D’après le lemme précédent, on 9.4 Suites complexes
peut choisir des voisinages V1 et V2 respectivement de `1
et `2 qui soient disjoints. u ayant pour limite `1 (resp. `2 ), Il est possible de définir la notion de limite d’une
choisissons un rang n1 (resp. n2 ) tel que les termes de u
suite complexe de la même manière que pour les
appartiennent à V1 (resp. V2 ) à partir du rang n1 (resp.
n2 ). Notons n0 le plus grand de ces deux rangs. Alors un0 suites réelles, en utilisant les voisinages. Ainsi, si
appartient à la fois à V1 et à V2 , ce qui est absurde puisque l’on définit ce qu’est une boule ouverte dans C (ce
V1 ∩ V2 = ∅. qui a été fait dans le chapitre sur les complexes),
on dira qu’un voisinage d’un complexe ` est toute
partie de C contenant une boule ouverte contenant
Théorème 9.3.4. `. La définition 9.2.1 peut alors être répétée dans
Soit u ∈ RN et ` ∈ R. Si u −−→ ` alors toute suite le cas d’une suite complexe. Faisons le bilan : dans
+∞
extraite de u tend aussi vers `. la définition 9.1.1, on change les valeurs absolues
en modules et on ne parle plus d’intervalle, on
Démonstration. exclut le cas des limites infinies qui n’ont pas de
Soit ϕ une extractrice, soit V un voisinage de `. Il existe sens dans C, et le reste est commun aux suites
donc un rang n0 ∈ N tel que , pour tout n > n0 , un ∈ V . réelles et complexes.
Soit n > n0 , on a alors ϕ(n) > n > n0 et donc uϕ(n) ∈
V.
De manière générale, dans tout ensemble sur
lequel on peut construire une distance on peut
donner les définitions de boule ouverte, voisinage
Théorème 9.3.5. et limite d’une suite de cette manière.
Soit u une suite à valeurs réelles et ` ∈ R.
Si on a u2n −−−−−→ ` et u2n+1 −−−−−→ `,
n→+∞ n→+∞
alors un −−−−−→ `.
n→+∞
Démonstration.
Soit V un voisinage de `. Il existe donc deux rangs N et
N 0 tels que, pour tout entier naturel n,
• si n > N , u2n ∈ V ;
• si n > N 0 , u2n+1 ∈ V .
Ainsi, si n > max(2N, 2N 0 + 1), on a un ∈ V (il suffit de
distinguer selon la parité de N ), d’où le résultat.
Proposition 9.3.6.
Soit u ∈ RN et (a, b, `) ∈ R. Supposons u −−→ `
+∞
et a < ` < b. Alors à partir d’un certain rang, les
192
Chapitre XIII
Définition 1.1.2.
Définition 1.2.4. 1. Soit e ∈ E. on dit que
On appelle magma tout couple constitué d’un
e est un élément neutre à gauche (resp. à
ensemble et d’une lci.
droite) pour ∗ si pour tout x ∈ E on a
e ∗ x = x (resp. x ∗ e = x). On dit que e
Exemple 1.1.3. est un élément neutre pour ∗ si c’est un élé-
(Z, −) est un magma, mais pas (N, −), car −4 6∈ N. ment neutre à gauche et à droite, i.e. pour
tout x ∈ E, e ∗ x = x ∗ e = x.
Dans toute la suite, ∗ est une lci sur E.
2. Soit e un neutre pour ∗ et soit x ∈ E. On dit
que x est inversible à gauche (resp. à droite)
1.2 Propriétés usuelles des lci. s’il existe un élément y ∈ E tel que y ∗ x = e
(resp. x ∗ y = e). Un tel élément y s’appelle
UN inverse à gauche (resp. à droite) de x.
Définition 1.2.1. On dit que x est inversible s’il est inversible
Soit (E, ∗) un magma. à gauche et à droite, i.e. il existe y ∈ E tel
194
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
Démonstration.
que y ∗ x = x ∗ y = e. Dans ce cas y est UN Soient y et y 0 deux inverses 2 de x ∈ E. Alors y ∗ x = e et
inverse de x. x ∗ y 0 = e. Donc y ∗ (x ∗ y 0 ) = y ∗ e = y et (y ∗ x) ∗ y 0 =
e ∗ y 0 = y 0 , d’où y = y 0 .
1. On pourra remarquer que dans cette démonstration 2. On pourra remarquer que dans cette démonstration
on utilise uniquement le fait que e est neutre à gauche et on utilise uniquement le fait que y est inverse à gauche et
e0 neutre à droite. Donc en fait tout neutre à gauche est y 0 inverse à droite. Donc en fait tout inverse à gauche est
égal à tout neutre à droite, d’où l’on déduit d’une part que égal à tout inverse à droite, d’où l’on déduit d’une part que
l’existence d’un neutre à gauche et d’un neutre à droite l’existence d’un inverse à gauche et d’un inverse à droite
suffit à assurer l’existence d’un neutre et d’autre part que pour x suffit à assurer l’existence d’un inverse et d’autre
ce neutre est alors le seul neutre à gauche et le seul neutre part que cet inverse est alors le seul inverse à gauche et le
à droite. Pour qu’un élément ait plusieurs neutres à gauche, seul inverse à droite de x. Pour qu’un élément ait plusieurs
il est donc nécessaire (mais pas suffisant) qu’il n’ait aucun inverses à gauche, il est donc nécessaire qu’il n’ait aucun
neutre à droite et vice-versa. inverse à droite et vice-versa
195
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
forcément !
Définition 2.1.1.
Dans toute la suite, on adoptera la notation On appelle groupe tout magma associatif, ayant
multiplicative, et on suppose que E a un un neutre, et dont tout élément est inversible.
neutre noté 1. Si un groupe est commutatif (ce qui signifie en
fait que sa loi est commutative), il est dit abélien.
2 Structure de groupe.
2.2 Sous-groupes.
2.1 Définition et exemples. Dans toute la suite, (G, ∗) est un groupe de
neutre e. On adopte la notation multiplica-
tive.
196
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
∀(x, y, z) ∈ H 3 (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z)
Proposition 2.2.3.
Donc la restriction de ∗ à H est associative, d’où le
Un ensemble H est un sous groupe de G si et
résultat.
seulement si H est un sous-ensemble non vide de
3. e est neutre pour la loi induite par ∗ sur H. En effet,
G et pour tout (x, y) ∈ H 2 , on a x−1 ∗ y ∈ H. e est le neutre de ∗, donc
Démonstration. ∀x ∈ G e∗x=x∗e=x
Montrons l’implication et sa réciproque :
D’où le résultat.
• Supposons que H est un sous-groupe de G. Alors
H contient e et n’est donc pas vide. De plus, soit 4. Tout élément de H admet un inverse pour la loi
(x, y) ∈ H. H étant stable par passage à l’inverse, induite par ∗. En effet tout élément x de H admet un
on a alors x−1 ∈ H et par stabilité par produit, on inverse x−1 dans G pour la loi ∗ et par stabilité de
a donc x−1 ∗ y ∈ H. l’inverse sur le sous-groupe H, on a x−1 ∈ H. Donc
• Réciproquement, supposons que H est non vide et tout élément de H admet un inverse dans H pour la
que pour tout (x, y) ∈ H 2 , on a x−1 ∗ y ∈ H. Mon- loi induite par ∗.
trons que H possède les trois propriétés énumérées 5. On déduit des points précédents que H muni de la
dans sa définition : loi induite par ∗ est un groupe.
(i) H étant non vide, il possède au moins un élé-
ment x0 . On a alors e = x−1
0 x0 ∈ H.
(iii) Soit x ∈ H. On a alors (x, e) ∈ H 2 , donc x−1 ∗ Remarque 2.2.6.
e ∈ H. Il est plus facile de montrer qu’un ensemble est un
(ii) Soit (x, y) ∈ H. D’après ce qui précède, on sous-groupe que de montrer que c’est un groupe
a alors x−1 ∈ H, donc (x−1 , y) ∈ H 2 , donc
−1 (pas besoin de redémontrer l’associativité, etc.).
x ∗ y = x−1 ∗ y ∈ H.
Par exemple (U, ×) est un groupe, vu comme sous-
groupe de (C∗ , ×).
Remarque 2.2.4. À chaque fois que l’on essaiera de montrer qu’un
On obtient une proposition vraie également en ensemble est muni d’une structure de groupe, on
remplaçant ci-dessus la condition x−1 y ∈ H par tentera de le voir comme un sous-groupe d’un
xy −1 ∈ H. groupe bien connu.
197
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
198
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
Théorème 2.3.9. (i) La composée de deux Théorème 2.3.12. (i) L’image d’un sous-
morphismes de groupes est un morphisme groupe par un morphisme de groupes est
de groupe. Plus précisément, soit (G1 , ∗1 ), un sous-groupe.
(G2 , ∗2 ) et (G3 , ∗3 ) trois groupes, ϕ un mor- (ii) L’image réciproque d’un sous-groupe par un
phisme de G1 dans G2 et ψ un morphisme morphisme est un sous-groupe.
199
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
200
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
Remarque 2.3.24.
Pour montrer qu’un morphisme est injectif, on Tous les éléments de A ne sont pas inver-
utilisera TOUJOURS le noyau et JAMAIS (ou sibles pour ×. Les éléments inversibles sont parfois
presque) la méthode classique pour des fonctions appelés éléments unités de A et leur ensemble est
quelconques : c’est beaucoup plus rapide ! noté U (A), A× , A∗ , voire E(A) (Einheit).
201
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
=0×b k=0
=0 d’après (1)
n(a × b) =(−n)(−(a × b)) par définition de Proposition 3.1.8 (Groupe des inversibles).
la multiplication par un entier Soit (A, +, ×) un anneau. Alors (A∗ , ×) est un
=(−n)((−a)b) d’après 2 groupe, autrement dit l’ensemble des éléments
=((−n)(−a))b inversibles de A, muni de (la loi induite par) la
d’après le cas précédent multiplication de A est un groupe.
202
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
∀(a, b) ∈ A2 ab = 0 ⇒ (a = 0 ou b = 0).
Définition 3.2.1.
Soit (A, +, ×) un anneau, soit B un ensemble.
Alors, B est un sous-anneau de (A, +, ×) si
Remarque 3.1.11.
• B⊂A ;
Pour tout anneau A, on a 0A = 1A si et seulement
• B est un sous-groupe de (A, +) ;
si A est un anneau nul. En effet, supposons 0A =
• B est stable par × : pour tout x, y ∈ B,
1A , alors pour tout x ∈ A, on a x = 1A × x =
xy ∈ B ;
0A × x = 0A , donc tout élément de A est nul,
• 1A ∈ B.
donc A est l’anneau nul. Réciproquement si A est
un anneau nul, tous les éléments de A sont égaux
(puisqu’il n’y en a qu’un !) donc 0A = 1A . Remarque 3.2.2.
Remarque 3.1.12. Le caractère de sous-groupe d’un sous-anneau B
Un élément inversible a n’est jamais un diviseur implique que B 6= ∅, la condition 1A ∈ B est
de 0. En effet, pour tout b vérifiant ab = 0, on a toutefois primordiale.
nécessairement a−1 ab = 0, donc b = 0. Par exemple, 2Z vérifie les trois premiers points,
mais n’est pas un sous-anneau de (Z, +, ×).
Exemple 3.1.13.
• Les anneaux usuels C, R, Q, Z sont intègres. Exemple 3.2.3.
• (F (R, R), +, ×) n’est pas intègre : ex : consi- Si (A, +, ×) est un anneau, alors A est un sous-
dérer f, g : R → R, f (x) = 0 si x > 0 et g(x) = 0 anneau de (A, +, ×).
si x 6 1. Z est un sous-anneau de (R, +, ×).
• Z/6Z n’est pas intègre : 2̄ × 3̄ = 0̄. De manière Exercice 3.2.4 (anneau des entiers de Gauss).
générale, Z/nZ n’est pas intègre quand n est com- On note Z[i] = { a + ib | a, b ∈ Z }.
posé. Montrer que Z[i] est un sous-anneau de
• (L (R2 ), +, ◦) n’est pas intègre. Par exemple (C, +, ×).
avec f (x, y) = (x, 0) et g(x, y) = (0, y) nous avons
f ◦ g = 0. Exercice 3.2.5.
• Mn (K) n’est pas intègre non plus, comme nous Quel est le plus petit sous-anneau d’un anneau
l’avons déjà vu en début d’année. En effet, Mn (K) (A, +, ×) ?
n’est pas un anneau commutatif, et de plus cet 3. Regarder l’ensemble des suites à valeurs entières muni
anneau possède des diviseurs de zéro non nuls. de l’addition et de la multiplication terme à terme
203
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
204
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
Remarque 4.0.4.
Un corps est un anneau qui est intègre, par contre
un anneau intègre n’est pas forcément un corps !
Trouvez un exemple ...
205
CHAPITRE XIII. GROUPES, ANNEAUX, CORPS
206
Chapitre XIV
208
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
pour x au voisinage de 0 (elle n’est vraie qu’en nombre fini d’intervalles disjoints est l’union de
0). leurs adhérences (resp. leurs intérieurs).
On va s’intéresser dans la suite à la notion de Remarque 1.0.12.
limite de fonction. Étant donné une partie E de E est dense dans R si et seulement si E = R.
R, une fonction f définie sur E et a ∈ R, sans
même connaître f , il est intuitivement clair que la
notion de limite de f n’a pas de sens dans certains
cas. Par exemple si E = R− , se questionner sur Définition 1.0.13.
la limite de f en +∞ ou en 1 n’a aucun sens. Soit I un intervalle de la forme (a, b), avec a, b ∈ R,
La définition ci-dessous va nous permettre, étant tels que a 6 b, et où les symboles ( et ) peuvent
donné E, de définir précisément en quels points prendre la valeurs [ ou ].
chercher si f admet une limite a un sens. Cet 1. On appelle intérieur de I, noté Int(I) ou
ensemble de points est appelé l’adhérence de E. ˚
I, l’intervalle ]a, b[, c’est-à-dire I privé de
ses extrémités. C’est le plus grand intervalle
Exercice 1.0.9.
ouvert contenu dans I.
Pour les ensembles E suivants, quelles sont les
valeurs sur lesquelles chercher si f admet une 2. On appelle fermeture ou adhérence de I, noté
limite a un sens ? I, l’intervalle [a, b], c’est-à-dire I augmenté
de ses extrémités. C’est le plus petit intervalle
1. R 5. ]π, 42] fermé de R̄ contenant I.
2. [0, +∞[ 6. R∗
3. ]0, +∞[ 7. ]−∞, −7]∪]6, 42]
Définition 1.0.14.
4. ]π, 42[ 8. {0}
Soit I un intervalle de R, soit a ∈ R. Si a ∈ I, on
dit que a adhère à I.
Définition 1.0.10 (HP – sera vu en MP).
Soit E un sous-ensemble de R.
1. On appelle intérieur de E et l’on note E̊ 2 Définitions de la limite d’une
l’ensemble des x ∈ R tels que E soit un
fonction.
voisinage de x, c’est-à-dire l’ensemble des
x appartenant à E tels que E contienne un Comme pour les suites, nous allons donner diffé-
intervalle ouvert centré en x. rentes définitions naïves de limites de fonctions :
2. On appelle adhérence de E et l’on note E on peut considérer la limite d’une fonction en un
l’ensemble des éléments de R limites de suites point réel, en +∞ et en −∞ ; on peut considé-
d’éléments de E. rer une limite réelle ou infinie. On traite donc
3. On appelle frontière de E l’ensemble E \ E̊ séparément neuf cas différents.
La notion topologique de voisinage, que vous
verrez l’année prochaine, permet d’unifier tout
Exercice 1.0.11. cela en un seul vocabulaire : quel gain en efficacité
Vérifier que pour les exemples de l’exercice 1.0.9, et en élégance !
cette définition donne bien la même chose.
En pratique, on pourra essentiellement se 2.1 Limite en un point.
contenter de la définition suivante, en se rappelant
que l’adhérence (resp. l’intérieur) de l’union d’un
209
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
Remarque 2.1.5.
Définition 2.1.1 (Limite en un point réel). On préférera parfois écrire x > B sous la forme
Soit a ∈ I ∩ R, soit ` ∈ R. x ∈ [B, +∞[.
• On dit que f tend vers ` en a et l’on note f −
→` Le bloc ∀x ∈ I, x > B ⇒ [...] s’écrit alors
a
ou f (x) −−−→ ` si ∀x ∈ I ∩ [B, +∞[, [...].
x→a
On remarquera la structure commune :
∀ε > 0, ∃α > 0, ∀x ∈ I, |x−a| 6 α ⇒ |f (x)−`| 6 ε.
∀[...], ∃B ∈ R, ∀x ∈ I, x > B ⇒ f (x) ∈ [...].
• On dit que f tend vers +∞ en a et l’on note
f−→ +∞ ou f (x) −−−→ +∞ si
a x→a Définition 2.1.6 (Limite en −∞).
Supposons que inf I = −∞, soit ` ∈ R.
∀A ∈ R, ∃α > 0, ∀x ∈ I, |x − a| 6 α ⇒ f (x) > A.
• On dit que f tend vers ` en −∞ et l’on note
• On dit que f tend vers −∞ en a et l’on note f −−→ ` ou f (x) −−−−→ ` si
−∞ x→−∞
f−→ −∞ ou f (x) −−−→ −∞ si
a x→a ∀ε > 0, ∃B ∈ R, ∀x ∈ I, x 6 B ⇒ |f (x) − `| 6 ε.
∀A ∈ R, ∃α > 0, ∀x ∈ I, |x − a| 6 α ⇒ f (x) 6 A.
• On dit que f tend vers +∞ en −∞ et l’on note
f −−→ +∞ ou f (x) −−−−→ +∞ si
−∞ x→−∞
Remarque 2.1.2.
∀A ∈ R, ∃B ∈ R, ∀x ∈ I, x 6 B ⇒ f (x) > A.
On préférera parfois écrire |x − a| 6 α sous la
forme x ∈ [a − α, a + α]. • On dit que f tend vers −∞ en −∞ et l’on note
Le bloc ∀x ∈ I, |x − a| 6 α ⇒ [...] s’écrit alors f −−→ −∞ ou f (x) −−−−→ −∞ si
∀x ∈ I ∩ [a − α, a + α] , [...]. −∞ x→−∞
On remarquera la structure commune :
∀A ∈ R, ∃B ∈ R, ∀x ∈ I, x 6 B ⇒ f (x) 6 A.
∀[...], ∃α > 0, ∀x ∈ I, |x − a| 6 α ⇒ f (x) ∈ [...].
Remarque 2.1.3.
On voit facilement que, si f tend vers +∞ ou Remarque 2.1.7.
−∞ en a, alors f n’est pas définie en a. On préférera parfois écrire x 6 B sous la forme
x ∈] − ∞, B].
Définition 2.1.4 (Limite en +∞). Le bloc ∀x ∈ I, x 6 B ⇒ [...] s’écrit alors
Supposons que sup I = +∞, soit ` ∈ R. ∀x ∈ I∩] − ∞, B], [...].
• On dit que f tend vers ` en +∞ et l’on note On remarquera la structure commune :
f −−→ ` ou f (x) −−−−→ ` si ∀[...], ∃B ∈ R, ∀x ∈ I, x 6 B ⇒ f (x) ∈ [...].
+∞ x→+∞
210
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
211
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
(ii) f − ` −
→0
a
Définition 2.1.17.
Soit a ∈ I. S’il existe ` ∈ R tel que f (x) −−−→ `, (iii) |f − `| −
→0
a
x→a
alors cet élément est appelé « limite de f en a » (iv) f (a + h) −−−→ `
h→0
et est noté lim f ou lim f (t).
a t→a Exemple 2.1.22.
Pour s’entraîner à manipuler la définition (mais ce
n’est pas la meilleure méthode dans la pratique),
Le symbole lim ne peut s’utiliser considérons la fonction f : R → R Mon-
x→a
qu’après avoir montré l’existence de ladite limite. x 7→ x + x 3
L’utiliser avant est une erreur grave. On préfèrera trons f (x) −−−→ 2.
x→1
systématiquement utiliser l’écriture f (x) −−−→ `. On a, pour tout x ∈ R, f (x) − 2 = (x − 1)(x2 +
x→a
x + 2).
Théorème 2.1.18. Si x ∈ [0, 2], alors |x| 6 2 et donc (inégalité
Toute fonction possédant une limite finie en a ∈ triangulaire) x2 + x + 2 68.
ε ε
R est bornée au voisinage de a. Soit ε > 0. Si x ∈ 1 − ; 1 + , alors
8 8
|x − 1| 6 8ε .
ε
Démonstration.
Comme pour les suites. Ainsi, avec α = min 1; , si |x − 1| 6 α, on
8
Remarque 2.1.19. a simultanément x2 + x + 2 6 8 et |x − 1| 6 8ε .
Si f admet une limite infinie en a ∈ R, alors f On a alors |f (x) − 2| 6 ε.
n’est pas bornée au voisinage de a. Donc on a bien
212
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
Exemple 2.2.3.
On note alors f (x) −−−−→ `, f (x) −−−→ ` ou 1 1
x→a− x→a On a −−−→ +∞ et −−−→ −∞.
x<a x x→0 x x→0
encore f −−→ `. x>0 x<0
a−
Si elle existe, la limite à gauche est unique
(puisque c’est une limite) et dans ce cas elle Théorème 2.2.4.
est notée lim f , lim f (x) ou lim f (x). Soit a un réel appartenant à I, et qui n’est pas
a− x→a− x→a
x<a une borne de I. Soit ` ∈ R. Alors f − → ` si et
a
(ii) On définit de la même manière la notion de seulement si on a simultanément
limite à droite. (i) f −−→ `
a−
(ii) f −−→ `
a+
(iii) f (a) = `.
f (a)
Dans la définition de limite à gauche, Figure XIV.2 – Fonction f ayant des limites à
c’est la fonction f |I∩]−∞,a[ qu’il faut considérer, et gauche et à droite en a égales, mais pas de limite
non la fonction f |I∩]−∞,a] (intervalle fermé en a). en a.
En effet, on veut que la fonction de la figure XIV.1
ait une limite à gauche, ce qui n’est le cas qu’avec
une restriction à un intervalle ouvert en a. Démonstration. (⇒) Supposons d’abord f −
→ `.
a
Nous avons déjà observé que f (a) = ` est néces-
Remarque 2.2.2.
saire. Il est alors immédiat d’après les définitions
Comme pour les limites, l’existence d’une limite que f −−→ ` et f −−→ `.
à gauche / droite s’écrit avec des ε. Par exemple, a− a+
(⇐) Réciproquement, supposons qu’on ait les trois
dans le cas où a, ` ∈ R, f admet ` pour limite à conditions (i), (ii) et (iii). On a f (a) = `, donc ` ∈ R.
gauche en a si et seulement si on a Soit ε > 0. Il existe α− , α+ ∈ R∗+ vérifiant
∀x ∈ I a − α− 6 x < a ⇒ |f (x) − `| 6 ε
∀ε > 0 ∃α > 0 ∀x ∈ I ∀x ∈ I a < x 6 a + α+ ⇒ |f (x) − `| 6 ε
a − α 6 x < a ⇒ |f (x) − `| 6 ε
Posons alors α = min{α− , α+ } et montrons ∀x ∈
I |x − a| 6 α ⇒ |f (x) − `| 6 ε.
On a le même genre de proposition pour les 5 Soit x ∈ I tel que |x − a| 6 α, c’est-à-dire a − α 6
autres cas (il y a au total 6 cas suivant qu’il s’agit x 6 a + α. Alors
d’une limite à gauche ou à droite d’une part et 1. si a − α 6 x < a, on a en fait a − α− 6 x < a
que la limite est réelle, égale à +∞ ou −∞ d’autre et donc |f (x) − `| 6 ε ;
part). 2. si x = a, f (x) = f (a) = ` et donc |f (x) − `| 6 ε ;
213
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
sin x
−−−−→ 0.
Exemple 2.2.5. x x→+∞
Le théorème précédent permet de montrer que, Pour les opérations usuelles (somme, produit
l’application f : R → R ( et inverse), les résultats valables pour les limites
ex si x > 0 de suites sont toujours valables pour les fonctions,
x 7→
1 − x si x < 0 et les démonstrations sont tout à fait similaires.
tend vers 1 en 0. Nous ne les redémontrerons donc pas, mais vous
Remarque 2.2.6. devez savoir les faire sans problème.
On n’utilisera la caractérisation d’une limite par Voyons le théorème sur la composition de deux
le théorème 2.2.4 que quand la fonction n’est pas fonctions ayant une limite :
définie de la même manière à gauche et à droite
du point considéré. Sinon, cela n’a aucun intérêt
et l’on travaillera directement avec la définition Théorème 3.1.2.
générale de limite, ou ses caractérisations. Soient f : I → R et g : J → R deux applications
vérifiant f (I) ⊂ J et soit a ∈ I, b ∈ J et ` ∈ R.
Remarque 2.2.7.
Si f −→ b et g →
− `, alors g ◦ f −
→ `.
On pourrait aussi définir, mais le besoin s’en a b a
fera rarement sentir, la notion de « limite époin-
tée », que l’on noterait f (x) −−−→ `, qui signifie
x→a Remarque 3.1.3.
x6=a
f|I\{a} −
→ `. L’hypothèse b ∈ J est superflue : si f : I → J a
a
une limite b en a, alors automatiquement, b ∈ J.
De même, les notations f (x) −−−→ ` et
x→a
x6a Démonstration.
f (x) −−−→ ` ne devraient pas vous faire peur. On a vingt-sept cas à distinguer, selon si a, b et ` sont
x→a chacun réel, +∞ ou −∞. Nous ne détaillerons pas tous
x>a
ces cas, le lecteur intéressé saura les retrouver facilement.
Si a ∈ R, b ∈ R et ` ∈ R. Soit ε > 0, posons V` =
[` − ε, ` + ε]. Il existe α > 0 tel que, pour tout y ∈ J ∩ Vb ,
3 Propriétés des limites de fonc- avec Vb = [b − α, b + α], on a g(y) ∈ V` . Il existe donc η > 0
tel que, pour tout x ∈ I ∩ Va , avec Va = [a − η, a + η], on
tions. a f (x) ∈ Vb . Soit x ∈ I ∩ Va . On a, d’une part, f (x) ∈ Vb
et, d’autre part, f (x) ∈ J. Donc g(f (x)) ∈ V` . On a bien
3.1 Opérations sur les limites. montré g ◦ f − → `.
a
Si a = +∞, b = −∞ et ` = +∞. Soit A ∈ R, posons
Les résultats usuels valables pour les limites de V` = [A, +∞[. Il existe B ∈ R tel que, pour tout y ∈ J ∩ Vb ,
suite restent valables : avec Vb =] − ∞, B], on a g(y) ∈ V` . Il existe donc C ∈ R
tel que, pour tout x ∈ I ∩ Vc , avec Vc = [C, +∞[, on a
1. Soit f : I → R, a ∈ I et ` ∈ R. Alors f (x) ∈ Vb . Soit x ∈ I ∩ Va . On a, d’une part, f (x) ∈ Vb
et, d’autre part, f (x) ∈ J. Donc g(f (x)) ∈ V` . On a bien
f− →0
→ ` ⇐⇒ f − ` − montré g ◦ f → +∞.
a a +∞
→ 0 ⇐⇒ |f (x)| −−−→ 0
f− Remarque 3.1.4.
a x→a
La structure de la preuve précédente ne change
→ ` ⇐⇒ |f (x) − `| −−−→ 0
f−
a x→a pas en fonction des natures de a, b et `, mais
seulement les formes des intervalles Va , Vb , V` .
214
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
1
À cause des vingt-sept cas à distinguer, cette Soit alors n ∈ N. Comme ∈ R∗+ , d’après l’as-
n+1
démonstration est un exemple typique de démons- sertion (XIV.1), il existe un ∈ I vérifiant
tration où la notion de voisinage fait gagner du (a) un ∈ [a − 1
,a + 1
]
n+1 n+1
temps. Redémontrons donc ce résultat : (b) et |f (un ) − `| > ε.
Démonstration. On a donc construit une suite u d’éléments de I. Le
Soit V ∈ V (`). Montrons qu’il existe un voisinage W de a point (a) nous assure qu’elle converge vers a, le second
vérifiant (g ◦ f )(W ∩ I) ⊂ V . que f (un ) ne tend pas vers ` (une suite minorée par
On a g −→ `, donc il existe un voisinage W 0 de b vérifiant un réel strictement positif ne saurait tendre vers 0).
b
g(W 0 ∩ J) ⊂ V .
Or f −→ b, donc il existe un voisinage W de a vérifiant
a Exercice 3.1.8.
f (W ∩ I) ⊂ W 0 .
Or f (I) ⊂ J, donc f (W ∩ I) ⊂ J, donc f (W ∩ I) ⊂
La fonction f : R∗+ → R admet-elle
W 0 ∩ J. x 7→ sin (1/x)
Donc (g ◦ f )(W ∩ I) ⊂ g(W 0 ∩ J) ⊂ V . une limite en 0 ?
On a donc bien g ◦ f −
→ `.
a
215
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
4 Théorèmes d’existence.
Ce résultat est faux avec des inégalités
larges : ainsi x2 −−−→ 0 et donc sa limite est 4.1 Théorèmes des gendarmes et de
x→0
négative. Mais dire que pour x au voisinage de 0 minoration/majoration.
on a x2 6 0 est faux.
On retrouve sur les limites de fonctions les
mêmes théorèmes d’encadrement que pour les
Corollaire 3.2.3 (Passage à la limite dans une suites.
inégalité).
Soit a ∈ I et f : I → R vérifiant f −→ `. Soit
a Théorème 4.1.1 (Théorème d’encadrement, ou
(m, M ) ∈ R2 . théorème des gendarmes).
(i) Si M majore f au voisinage de a, alors ` 6 Soit f, m, M : I → R trois applications, a ∈ I
M. et ` ∈ R.
(ii) Si m minore f au voisinage de a, alors m 6 Supposons qu’on a m − → ` et M −→ ` et qu’au
a a
`. voisinage de a on a m(x) 6 f (x) 6 M (x).
Alors, f tend vers ` en a.
Démonstration.
On traite le cas a ∈ R, les autres cas sont laissés au lecteur. Démonstration.
(i) Supposons que M majore f sur l’intersection de I et On traite le cas a ∈ R. Les autres cas sont laissés au lecteur,
d’un intervalle V1 = [a − α, a + α], avec α > 0. la structure de la démonstration de changeant pas.
Par l’absurde, supposons ` > M . D’après le théo- Soit ε > 0, posons V` = [` − ε, ` + ε]. Il existe α, β > 0
rème 3.2.1, il existe η > 0 tel que, avec V2 = tels que, pour tout x ∈ I,
[a − η, a + η], pour tout x ∈ V2 ∩ I, on a f (x) > M . • si x ∈ Va , alors m(x) ∈ V` ;
• si x ∈ Va0 , alors M (x) ∈ V` ;
Pour tout x ∈ V1 ∩ V2 ∩ I, on a alors f (x) > M et
avec Va = [a − α, a + α] et Va0 = [a − β, a + β]. Soit
f (x) 6 M .
enfin η > 0 tel que, pour tout x ∈ I, si x ∈ I ∩ Va00 ,
Or V1 ∩ V2 ∩ I est non vide, c’est donc absurde. avec Va00 = [a − η, a + η], alors m(x) 6 f (x) 6 M (x). Il
On a donc ` 6 M . suffit de remarquer que, si x ∈ I ∩ Va ∩ Va0 ∩ Va00 , alors
(ii) On constate qu’au voisinage de a, −m majore −f et m(x) 6 f (x) 6 M (x) et m(x), M (x) ∈ V` , donc f (x) ∈ V` ,
l’on applique le résultat du (i) à −f , −` et −m. car V` est un intervalle. On a donc bien f − → `.
a
Démonstration. Démonstration.
On a (g − f )(x) > 0 pour x au voisinage de a et g − f −
→ On traite le cas a = −∞. Les autres cas sont laissés au
a
lecteur, la structure de la démonstration de changeant pas.
`0 − `. Donc d’après le corollaire 3.2.3, on a `0 − ` > 0, donc
Soit A ∈ R, posons V+∞ = [A, +∞[. Il existe B ∈ R tel
` 6 `0 .
que, pour tout x ∈ I, avec Va =] − ∞, B], si x ∈ Va , alors
m(x) ∈ V+∞ . Soit enfin C ∈ R tel que, avec Va0 =] − ∞, C],
pour tout x ∈ I, si x ∈ Va0 , alors m(x) 6 f (x). Il suffit
Les inégalités strictes ne sont pas conser- de remarquer que, si x ∈ I ∩ Va ∩ Va0 , alors m(x) 6 f (x)
vées par passage à la limite. Par exemple, au voisi- et m(x) ∈ V+∞ , donc f (x) ∈ V+∞ . On a donc bien f − →
nage de +∞ on e −x > 0, mais on a e −x −−−−→ 0. +∞.
a
x→+∞
216
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
Théorème 4.1.3 (Théorème de majoration). et l’on a, pour chaque a où ces limites ont
Soit f, M : I → R deux applications, a ∈ I et un sens,
` ∈ R.
Supposons qu’on a M − → −∞ et qu’au voisi- f (x) −−−→ sup f
a x→a I∩]−∞,a[
x<a
nage de a, on a f (x) 6 M (x).
Alors, f admet une limite en a et cette limite ainsi que
vaut −∞.
f (x) −−−→ inf f .
x→a I∩]a,+∞[
x>a
Démonstration.
Il suffit d’appliquer le théorème de minoration à −f .
(ii) Soient a, b ∈ ˚
I tels que a < b. Alors,
217
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
218
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
Démonstration.
Deux démonstrations sont possibles : ou bien on utilise
le théorème 5.0.8, ou bien on reprend la démonstration
donnée dans le cas réel (il suffit alors essentiellement de
changer des R en C).
219
CHAPITRE XIV. LIMITE D’UNE FONCTION
220
Chapitre XV
Continuité
Sommaire
1 Définitions et premières propriétés. . . 222
1.1 Définitions. . . . . . . . . . . . . . . . 222
1.2 Prolongement par continuité en un point. 223
1.3 Caractérisation séquentielle de la conti-
nuité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
1.4 Opérations sur la continuité. . . . . . . 224
2 Les grands théorèmes. . . . . . . . . . . 225
2.1 Théorème des valeurs intermédiaires. . 225
2.2 Image d’un segment par une fonction
continue. . . . . . . . . . . . . . . . . . 227
2.3 Rappels concernant les fonctions stric-
tement monotones. . . . . . . . . . . . 228
2.4 Monotonie stricte, bijectivité et conti-
nuité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
3 Extension au cas des fonctions à va-
leurs complexes. . . . . . . . . . . . . . . 230
CHAPITRE XV. CONTINUITÉ
222
CHAPITRE XV. CONTINUITÉ
f (a) f
Définition 1.2.1.
Soit a ∈ I et f : I \ { a } → R. On dit que f est
prolongeable par continuité en a s’il existe une
application f˜ : I → R qui coïncide avec f sur
a I \ { a } (c’est-à-dire vérifiant f˜|I\{ a } = f ), et qui
est continue en a.
remment à gauche et à droite du point considéré. Donc f˜(a) est nécessairement la limite de f en a.
Sinon, on reviendra à la définition générale. Cette limite est donc finie. Donc f˜ est nécessaire-
223
CHAPITRE XV. CONTINUITÉ
Corollaire 1.2.5.
1 Soient a ∈ ˚I et g : I\{a} → R une application. Si
les limites de g en a, à gauche et à droite, existent,
1 1
sont égales et sont finies, alors, en notant `
x 7→ + exp − cette limite, il existe un unique prolongement par
2 x
continuité ge de g obtenu en posant ge(a) = `.
0
1
Démonstration.
C’est immédiat, puisqu’on sait que la limite de g en a
Figure XV.3 – Illustration d’une fonction pro- existe si et seulement si les limites de g en a, à gauche et
longeable par continuité en 0. à droite, existent et sont égales.
Exemple 1.2.6.
Peut-on prolonger par continuité en 0 l’application
ment l’application
f : ] − 1, +∞[\ {0} → R
I → R
si x > 0
(
sin x
f (x) si x 6= a
x 7→ x
x 7→ ln(1+x)
` si x = a x si x < 0
Donc si f admet un prolongement par continuité
Même question en −1.
alors la limite de f en a existe et est finie ; le
prolongement par continuité est alors bien celui
donné dans l’énoncé. 1.3 Caractérisation séquentielle de la
• Réciproquement, supposons que la limite de f en a
continuité.
existe et est finie, notons la `. Alors, définissons f˜
comme donné dans l’énoncé. f˜ coïncide alors avec
f sur I \ { a } et on a donc
Théorème 1.3.1.
f˜(x) −−−→ `
x→a
x6=a
Les assertions suivantes sont équivalentes :
Donc (i) f est continue en a ;
f˜(x) −−−→ f˜(a) (ii) pour toute suite (un ) à valeurs dans I véri-
x→a
1. R∗ → R ?
1 1.4 Opérations sur la continuité.
x 7→
x
2. R∗ → R ?
sin(x) Lemme 1.4.1.
x 7→ Soit g : I → R continue en a ∈ I et telle que
x
3. R → R
∗ ? g(a) > 0. Alors g est strictement positive dans un
1 voisinage de a (idem avec < 0).
x 7→ sin
x
224
CHAPITRE XV. CONTINUITÉ